Voici la suite! bonne lecture! :D


STONE HEART

CHAPITRE V

Extrait du journal de Tobio K., le 2 mai 2011:

« Ça fait un mois que je suis rentré au collège Kitagawa Daiichi. Je me sens ni nerveux, ni mal à l'aise dans cet établissement, je suis juste normal. Au début, je ne parlais à personne. Je n'avais pas envie de me faire des amis. Puis je suis entré au club de volley-ball, et j'ai fais la connaissance de beaucoup de garçons qui jouaient depuis presque plus longtemps que moi. Je n'ai pourtant pas envie de leur parler, je suis comme ça, j'ai vraiment un caractère de merde. Et puis il y a un garçon qui est venu me voir. Il s'appelle Oikawa Tooru. Il est brun, les yeux marron, plus grand que moi, et il sourit tout le temps. Il m'énerve à toujours être de bonne humeur. […] »

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Les examens de fin de trimestre approchaient déjà à grand pas. En arrivant le matin au gymnase, tous les joueurs n'avaient eu le temps de se changer que l'entraîneur Ukai et Takeda-sensei les appelèrent, et ils se rassemblèrent tous. Hinata regardait tout le monde, paniquant à l'idée d'être rappeler à l'ordre, et tous s'assirent en tailleur pour regarder Ukai qui avait les bras croisés.

- Comme vous le savez, les examens approchent bien rapidement. Et nous savons bien que vous avez tous du mal à vous concentrer à cause du match contre Shiratorizawa qui approche aussi à grand pas, et encore plus pour ceux qui ont déjà du mal avec les cours.

Hinata et Kageyama se sentirent frustrés quand le regard de l'entraîneur croisèrent les siens.

- Je ne veux pas que je vous fassiez la même erreur qu'à Tokyo: Vous mettre à réviser seulement quelques jours avant les tests étaient bien trop risquer. Il est hors de question que je me fasses encore réprimander par le directeur.

- On est désolé Ukai-sensei, ne put s'empêcher de dire Sugawara

- Mais comme le dernier match est plus tard que les examens, j'ai décidé de réduire les heures de club pour que vous puissiez révisez.

- QUOI ?! S'écrièrent Hinata, Kageyama, Noya et Tanaka à l'unisson avec effarement

- Ré-Réduire les heures ? Fit alors Shoyo en manquant de faire un malaise

- Oui. Vous aurez volley de 9h le matin, et à partir de 16h l'après-midi pour finir au plus tard à 18h. Ça fait plusieurs heures en moins, puisque vous avez l'habitude de terminer beaucoup plus tard et de commencer plus tôt, mais c'est pour votre bien, et surtout pour la santé mentale de certains...

Soudain Hinata se sentit défaillir, et il se levait en se jetant aux pieds de l'entraîneur, s'inclinant et se relevant à chaque mot qu'il prononçait un mot.

- Je vous en pris Ukai-sensei, vous ne pouvez pas nous faire ça ! Que va devenir ma vie maintenant !

- Il est vraiment timbré, commentait Tsukishima en affichant un sourire narquois au coin des lèvres

- Mais relèves-toi Hinata ! Paniquait aussitôt Ukai en levant les coudes en l'air, Ce n'est pas comme si j'avais arrêté le club ! Et puis ça voudrait dire que tu pourras jouer deux fois plus quand on reprendra le rythme normal !

- Lève toi, imbécile ! S'écria Kageyama en le tirant par le haut de l'oreille, Hinata poussant de très hauts « Aïe ! »

- Tout ça pour conclure, réprit Ukai en reprenant son souffle, Ne profitez pas de ces heures pour vous fatiguez, mais pour réussir vos examens.

- Compris sensei ! S'écrièrent tous en levant la tête

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Hinata n'écoutait pas vraiment la professeur d'anglais qui faisait cours. Il était déçu, et ronchon à l'idée de devoir jouer moins désormais. Lui qui aimait tellement le volley, il avait vraiment du mal à s'y résigner. Mordillant le bout de son stylo, il jetait un regard à la fenêtre trois rangées plus loin, et regardait les cerisiers dont les pétales tombaient doucement et qui virevoltaient dans les airs avec légèreté. C'était beau. Il n'avait jamais fait attention à ce genre de chose auparavant.

Il sourit.

- Au mieux de rêvasser, Hinata, tu voudrais bien me lire cette phrase ?

Le roux bondit sur sa chaise en sortant de ses pensées, manquant de peu de s'étouffer avec le bouchon de son stylo. Il marmonnait un instant, puis se raclait la gorge en se sentant presque aussi stresser qu'avant un match.

- Euh... euh... I... want you to... Know..

- On ne prononce pas le «K », Hinata. Pour la centième fois.

La classe rit, et le roux se passait une main confuse dans ses cheveux, balbutiant un « désolé » alors que la prof soupirait de désespoir. Alors elle se levait et annonçait à la classe qu'elle distribuait les résultats de leur devoir d'essai. J'suis mal barré, se dit Hinata en se mordant la lèvre inférieure.

Puis soudain, il pâlit et devint aussi blanc qu'un linge quand sa copie glissait devant ses yeux, la note inscrite dessus aussi rouge qu'une pompe à incendie.

« 21/40 »

Crise cardiaque.

Il fallait au minimum 30 points pour réussir les examens.

La sonnerie résonnait dans le lycée, et tous les élèves sortirent de la classe alors que Hinata semblait bloqué sur sa chaise, la bouche grande ouverte et les yeux perdus dans le vague.

Sortant de la classe l'air dépité, il marchait lentement dans le couloir en regardant au bout de ses mains son devoir. Si le capitaine Sawamura apprenait pour sa note, il se ferait réprimandé, et réellement interdit de volley jusqu'à ce que son niveau s'améliore. Non, tout sauf ça ! Pensait Hinata en sentant ses oreilles chauffer. Puis, il poussait un hoquet quand il percutait Kageyama devant lui. Il reculait d'un pas, fixant le passeur qui était dos à lui.

- Désolé, Kageyama !

Sous sa surprise, il ne bougeait pas. Hinata haussait un sourcil, et se postait devant le plus grand en s'apercevant que lui aussi était blanc.

- Kageyama !

Il aperçut entre ses mains son devoir de littérature japonaise. « 23/40 ». Et en voyant ça, Hinata ne put de s'empêcher de pouffer en plaquant une main contre sa bouche pour empêcher les rires de s'échapper. Lui qui se croyait toujours meilleur que les autres, voilà qui était bien fait pour lui ! Mais bon, tu as eu moins que lui Shoyo, se dit le roux en reprenant ses esprits et palissant à vue d'œil.

- Toi aussi... ? Dit Hinata en baissant la tête vers le bas l'air dépité

Le plus grand ne répondit pas. Puis, après un instant de silence mortuaire, la main de Kageyama se serrait et froissait la feuille de papier qu'il tenait tellement fort qu'elle finit par se pliait. Il ravalait sa salive, les veines pulsantes, et grognait avant d'écarter le nain en le poussant un peu trop fortement.

- Je vais me rattraper. Je n'échouerais pas une nouvelle fois.

Les pas lourds, il s'éloignait les poings serrés alors que Hinata se redressait en se frottant son épaule devenue douloureuse. Il aurait pu être plus doux quand même, se dit le roux en marmonnant dans son coin. Il aurait voulu le rattraper, mais il n'osait courir vers lui. Après tout, s'il était parti sans lui avoir rien demandé, c'était pour une raison, non ? Hinata avait essayé de se convaincre le fait que Kageyama était redevenu comme avant, mais malgré la discution qu'il avait eu cette nuit, à Tokyo, il était toujours aussi froid et distant qu'il était depuis peu.

« Est-ce que c'est mal, si un garçon tombe amoureux d'un autre garçon ? »

Hinata était pourtant sûr qu'après s'être confessé, le passeur deviendrait plus proche et moins maussade. Du moins, il l'avait espéré. Mais Kageyama ne semblait pas oublier cette chose qui lui faisait du mal, et ne voulait pas redevenir comme avant. Hinata avait espéré pouvoir... fracturer sa muraille.

« Cœur de pierre. »

Une boule se formait dans l'estomac du roux, fixant le numéro 9 partir.

Non. Son cœur n'est pas de pierre, je le sais. Hinata fermait les poings, et gonflait ses poumons à bloc. Je dois trouver une solution, trouver un moyen de régler son problème, se dit-il. Mais comment ? Devait-il trouver un moyen de le rassurer et de lui redonner confiance ? Un moyen de lui faire avouer ce qui n'allait pas ? Un moyen de découvrir par lui-même le problème, de manière à le régler plus facilement ? Il ne savait pas, Hinata détestait cette situation. Il regardait un instant son test d'anglais qui se trouvait dans ses mains, et il soupirait.

11h32. Kageyama appuyait sur les boutons du distributeur, et il attendait un instant avant qu'une brique de lait finisse par tomber. Il la prit, plantait la paille, et commençait à boire tout en fixant le terrain à coté, là où d'ordinaire, Hinata et Sugawara s'entraînaient en s'envoyant des passes. Il s'appuyait contre le mur à coté du distributeur, et fermait les yeux en restant silencieux, comme s'il savourait le fait d'être seul et au calme. Du coup, il se mit à réfléchir, à penser simplement, et toutes ses pensées se dirigèrent sur une seule chose. Et en pensant à l'origine de son changement de comportement, son cœur lui fit mal.

Non, n'oublie pas Tobio, tu as un cœur de pierre. Rien ne peut t'atteindre maintenant.

-Kageyama !

Le noiraud écrasait aussitôt sa brique, et il faillit s'étouffer alors que le petit Hinata courrait vers lui, la main levée en l'air. Sans réelle raison valable, Kageyama fut soulagé de ne plus se retrouver seul avec ses pensées. Seuls, lui et sa douleur.

- Qu'est-ce que tu veux encore ? Idiot.

Hinata se redressait face à lui, un grand sourire sur le visage. Comme d'habitude.

- Dis, tu es nulle en littérature japonaise ?

Aussitôt, Kageyama ouvrit grand les yeux, et les nerfs apparurent déjà sur son visage, près à s'énerver contre le roux. Et avant même qu'il puisse rétorquer quelque chose, le numéro 10 continuait de parler.

- C'est une des matières que je maîtrise le plus ! Je m'étais dis que je pourrais t'aider à améliorer ton niveau, et comme tu es vraiment doué en anglais, tu pourrais m'aider toi aussi ! Un peu comme on avait fait au premier trimestre !

Kageyama le fixait un sourcil haussé.

- Pourquoi je ferais ça ?

- Parce que si toi ou moi ne réussissons pas les examens, on sera suspendus du club de volley-ball !

À cette idée, le passeur déglutit. Il détournait les yeux, haussant les épaules.

- On a qu'à demander à Yachi de nous aider. Je suis sûr qu'elle serait d'accord.

- Euh... ouais, mais...

- Qu'est-ce qu'il y a ?

- Je m'étais dis...

Hinata se passait une main derrière sa nuque, et levait les yeux vers le ciel.

- Je n'oserais pas lui demander cette fois-ci, elle aussi elle doit réviser. Alors... on devrait se débrouiller par nous même.

- Super, dit ironiquement Kageyama en inspirant une nouvelle fois sur sa paille

- Comme on finit plus tôt aujourd'hui, tu aimerais venir chez moi pour que l'on révise ?

Le plus grand écarquillait les yeux, ne s'attendant pas du tout à cette invitation. Son cerveau un instant un mode pause, il ouvrit et fermait la bouche comme une carpe, avant de finalement reprendre son sérieux.

- Chez toi ?

- Ouais, continuait de dire Hinata avec un sourire, Pourquoi, ça te dérange ?

- Pourquoi ça me dérangerais ?! Hurlait aussitôt Kageyama sur la défensive

- Alors c'est quoi le problème ?

- Bah ! Euh...

Il ne sut vraiment répondre, en fin de compte. La sonnerie sonnait soudainement, et Kageyama regardait un instant les interphones accrochés aux piliers, et Hinata affichait un sourire saugrenu avant de donner un coup dans l'épaule du passeur, levant ensuite le point en l'air.

- Parfait alors ! Attends moi après l'entraînement, Ja-ne !

Puis il partit en sautant presque, Kageyama le regardant s'éloigner en poussant un soupir désespéré et fatigué.

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18h11. Tanaka et Noya furent les premiers à sortirent des vestiaires du gymnase, mais ils furent rapidement poursuivi par Sawamura qui hurlait contre les deux premières, le poing en l'air et les vêtements complètement trempés. Suga et Asahi rirent à son nez, essayant d'éviter la fureur de leur capitaine, et Tsukishima soupirait en levant les yeux au ciel, rapidement suivit de Yamaguchi. Kageyama et Hinata regardait la dispute avec beaucoup d'amusement -particulièrement Hinata- et après avoir parler avec le reste de l'équipe sur un bout de chemin, tous finirent par se séparer, sauf Hinata et Kageyama qui comme d'habitude continuèrent leur chemin ensemble. Sauf que cette fois-ci, ils ne séparèrent pas mais ils continuèrent leur route jusqu'à finalement arriver devant la maison de Hinata.

Kageyama fixait le temps que le roux dépose son vélo le porche de la maison, puis quand il revint, ils rentrèrent à l'intérieur. Au moment où il entrait, Kageyama sentit aussitôt une vague de chaleur recouvrir entièrement son corps, et l'atmosphère chaleureuse et confortable imprégnait déjà son humeur. Ça sentait merveilleusement bon le Mochi, un gâteau de riz, et Kageyama entendait les crépitements de la poêle, le son de la télé qui devait être allumé, et aussi des bruits de pas qui courraient dans la maison, comme ceux d'un enfant.

- Je suis rentré ! Criait Hinata en enlevant ses chaussures

Kageyama fit de même, et à peine sa voix ayant résonné, que les bruits de pas s'accélèrent pour s'approcher de l'entrée.

- Shooooooo !

Une petite tête rousse apparut et soudainement sauta aux jambes de Hinata, celui-ci râlant un instant avant de rire nerveusement.

- Natsu ! Lâche-moi s'il te plait !

La petite fille de 6 ans se séparait à contre cœur de l'adolescent. Génial, pensait le passeur, un Hinata en fille.

- Natsu, voilà Kageyama, dit Hinata en désignant le noiraud

En levant les yeux, la rousse sentit son cœur s'arrêter de battre en croisant le regard effrayant de Tobio. Elle hurlait soudainement, courant en direction du salon prise de panique. Kageyama haussait les sourcils, -légèrement vexé-, et Hinata se passait une main dans ses cheveux de feu, l'air gêné.

- Désolé, dit-il, Je n'ai pas eu le temps de lui expliquer..

- C'est rien, répondit Kageyama

Hinata sourit, puis ils se dirigèrent vers la cuisine où se trouvait la mère de Shoyo, près des fourneaux. Elle paraissait jeune pour une mère, les yeux marrons et les cheveux bruns, elle se tournait vers les deux adolescents en souriant au nouveau venu.

- Bonjour, dit-elle en s'essuyant les mains sur son tablier

- Enchanté de faire votre connaissance, fit le passeur en s'inclinant, Désolé du dérangement.

- Comment tu t'appelles ?

- Je suis Kageyama Tobio, madame.

- Oh, répondit la mère en souriant, l'ennemi mortel de Shoyo, c'est ça ?

Hinata se raidit et grognait. Oui, c'est vrai, quelle idée d'invité son ennemi mortel chez lui.

Hinata détestait Kageyama.

- Je te taquine, rit la jeune femme en pinçant la joue de son fils qui ronchonnait

Celui-ci poussait un « Aïeuh » tout en se massant la joue avant de faire un geste à Kageyama de le suivre. Il s'y résignait, et les deux garçons montèrent ensemble les escaliers avant que Hinata pousse la porte au fond du couloir pour rentrer dans sa chambre. Les mains dans les poches, Kageyama constatait que sa chambre était similaire à la sienne, le lit collé contre le mur, le bureau en face, la fenêtre au fond de la chambre, rien de spécial finalement. Il s'avançait dans la pièce, et s'assit sur le lit en bondissant un peu dessus comme pour vérifier les ressorts, un «mmh» sortant de sa bouche en scrutant chaque recoin. Hinata fermait la porte, et ce n'est que lorsque la poignée cliqueta qu'une phrase lui revint en mémoire.

« J'aime les hommes. »

Soudain, il écarquillait les yeux et devint aussi rouge qu'une pivoine. Oh merde. Pourquoi je réagis comme ça. C'est pas comme si il était attiré par moi, je suis son adversaire, se dit Hinata la main bloquée sur la poignée, Mais mince qu'est-ce que c'est embarrassant. Ce goût de nausée revint au fond de sa gorge.

- Qu'est-ce que tu fous imbécile ? J'suis pas là pour glander, lâchait Kageyama en ayant déjà sorti ses affaires

- Ah, Oui !

Pourquoi je suis aussi nerveux ?

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Extrait du journal de Tobio K., le 4 mai 2011:

« J'ai commencé à m'entraîner à faire des passes. Et comme j'avais déjà commencé peu avant mon entrée au collège, j'avais un niveau un peu avancé par rapport aux autres sixièmes. Mes passes sont rapides, précises, j'aime jouer au volley. Aujourd'hui, Oikawa et venu me voir et m'a félicité pour mon travail. Ça aurait été quelqu'un d'autre, ça m'aurait été complètement égal. Mais... Oikawa est un excellent joueur. Il m'énerve toujours autant, je crois que je le déteste, et pourtant sa façon de servir, de smasher, de réfléchir stratégiquement est fascinante. Jamais je n'arriverais à faire mieux que lui. Peut-être que je devrais m'inspirer de son travail pour réussir à devenir plus fort ? C'était bizarre comme sensation...

Le gars que j'aime le moins dans l'équipe peut devenir mon mentor. Peut-être... que je ne le déteste pas autant que ça, finalement. »

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20h54. Kageyama était assis par terre, son dos appuyé contre le lit d'Hinata, celui-ci en fasse de lui en feuilletant scrupuleusement son livre de cours, son cerveau en train de chauffer. Chaque phrase qu'il lisait semblait cogner dans sa tête, et en se massant les tempes dans un soupir, il laissait tomber le livre sur le sol.

- C'est plus dur que je ne le pensais, dit-il, Tu trouves pas que...

En levant les yeux, il vit Kageyama le nez retroussé et les sourcils froncés, ses oreilles semblant siffler comme une cocote alors qu'il tentait de comprendre tous les kanjis qu'il lisait. Il était beaucoup plus concentré et perdu que Hinata l'était. Jamais il ne l'avait vu autant embrouillé !

- Kageyama ?

Il ne répondit pas, rouge comme une tomate et marmonnant même des paroles inintelligibles, ce qui ressemblait à du charabia, et en le voyant dans cet état, Hinata affichait un rictus au coin de la bouche. Il rit légèrement, ( son rythme cardiaque montait d'un léger cran), et il se penchait en avant, à quatre pattes, et levait son bras devant lui, faisant une pichenette sur le front du plus grand, qui semblait exploser.

- Oï, dit-il simplement

Kageyama grognait quand il reprit ses esprits, attrapant le poignet du roux en tirant dessus, le rapprochant de lui en hurlant soudainement, les dents pointus et les yeux exprimant toute sa haine.

- Nan mais ça va pas imbécile ?

- Tu étais en train de bouillir, rétorquait Hinata sur la défensive

Le noiraud finit par le lâcher, se frottant le front en constatant qu'il était effectivement brûlant, et Hinata soufflait en se remettant assis, toujours penché en avant, s'appuyant sur ses poignets. Kageyama regardait une dernière fois sa feuille avant de la jeter en l'air, le papier flottant en zigzag dans les airs, et tirait une moue en détourant le regard.

- J'y comprends rien. Rien à faire.

Shoyo haussait un sourcil, puis affichait un grand sourire avant de se jeter sur le passeur et lui frapper le front à coup de paume.

- C'est parce que ça veut pas rentrer dans ta tête, crétin !

- ATTENDS TOI TU VAS-

Avant même qu'il eut finit sa phrase, Kageyama grognait et se jetait sur le roux alors que lui tentait de fuir en poussant un cri de peur, le brun enroulant son bras autour de son cou en l'immobilisant. Hinata hurlait à l'aide, gesticulant comme un vers alors que le plus grand affichait un sourire machiavélique en frottant son poing contre ses cheveux, écrasant son crâne.

- T'inquiète, moi je vais réussir à tout faire rentrer dans ta tête, tu vas voir !

- Kageyama ! Arrête, imbécile !

Au début, ce fut des cris de douleur, puis petit à petit, ses cris se transformèrent en rire pour que finalement il ne put s'arrêter, commençant à avoir des crampes à l'estomac. Kageyama lui aussi aurait voulu rire, mais il ne voulait pas montrer sa joie. Après tout, il avait un cœur de pierre. Hinata appelait à l'aide, mais en réalité, il n'avait pas envie que sa mère ou Natsu ne monte pour interrompre ce moment. Il essayait de riposter, agitant violemment ses jambes avant de lui attraper les cheveux, réussissant à trouver un point faible quand il se mit à gémir, et à détendre sa prise autour de son cou. Shoyo poussait un « ah ah ! » de victoire en réussissant à fuir, et Kageyama hurlait son nom avant de se relever et de le poursuivre dans la chambre. Le spiker courrait en sautant sur son lit avant de bondir de l'autre coté, Kageyama le suivant idiotement en évitant de justesse de s'étaler comme une crêpe en glissant sur les draps.

Hinata étouffait un rire au fond de son œsophage, glissant à cause de ses chaussettes sur les feuilles de cours à terre qui finirent par s'envoler une à une. Ce n'était pas une de leurs chamailleries ordinaires, ou une vraie bagarre, c'était... différent de d'habitude.

Et bizarrement, Hinata aimait bien ça.

Parce que en l'espace d'un instant, une nouvelle fois, Kageyama était redevenu comme avant, et même mieux encore. Mieux encore...

En montant une nouvelle fois sur le lit, Hinata attrapait son oreiller, et en redescendant sur terre, il se pressa de se retourner et de le balancer en plein dans le visage du plus grand. Celui-ci, en plein dans sa course, se stoppait automatiquement en restant droit comme un pilier alors que l'oreiller descendait le long de son visage, ses cheveux noirs aussi ébouriffés que ceux de Hinata. Mais avant même que celui-ci n'explose de rire, Kageyama contre-attaqua et lui balançait le coussin en pleine face avant de lui sauter dessus, les deux garçons tombant à terre dans un fracas qui résonnait dans toute la pièce. Il lui attrapait les poignets, et les plaquaient au sol de façon à ce que le roux ne puisse désormais plus bouger.

Hinata rit, mais quand l'oreiller sur sa tête s'enlevait et qu'il rouvrait les yeux, sa voix se bloquait aussitôt, provoquant un silence total dans la chambre, et ses pupilles rétrécirent. Kageyama était juste par dessus lui, et son visage était près du sien.

Bien trop près.

Le petit spiker aurait voulut bouger, vite se défaire de lui, mais il ne pouvait pas. Ses poignets étaient bloqués au sol, ses bras étaient paralysés, son corps étouffé par celui de Kageyama, il était faible, et impuissant. D'ici bas, Hinata scrutait le visage du plus grand en n'ayant toujours pas repris sa respiration. Ses yeux plongèrent dans son regard sombre, si bleu, si profond. C'était troublant, même bluffant, et Hinata n'arrivait pas à sortir de ses iris. Mais il était trop près, son cœur battait trop fort, cette sensation était horrible. Trop horrible, en fait gênante, non, stressante. Il ne savait plus, il était simplement tétanisé, et pendant un instant, ses yeux considérèrent sa bouche fine.

Merde.

Soudain, sa gorge se serrait et Hinata écarquillait les yeux en réussissant à se dégager de sa poigne en poussant d'une main le visage de Kageyama, le repoussant violemment avant de se relever et de courir vers les toilettes. Il glissait même un instant, mais il ouvrit brusquement la porte du cabinet avant de se jeter devant la cuvette et de vomir ses tripes. Entendant le son horripilant de ses vomissements, Kageyama se redressait en tenant son visage rougi par le coup du roux, et fixait la porte de la chambre ouverte. Tout s'était passé étonnamment vite. Tellement vite, que Kageyama n'avait même pas eu le temps de comprendre ce qu'il se passait. La nausée l'emportant, Hinata se repassait en boucle la scène qui s'était déroulée alors que sa main agrippait la lunette relevée, toussant grassement en sentant la nausée le reprendre de nouveau.

Dans la chambre, à cet instant, Kageyama comprit. Il comprit pourquoi il s'était enfui, et pourquoi il a couru vers les chiottes en dégueulant.

Toi aussi, je te dégoûte, Hinata.

Lui qui pendant un instant avait ressenti un soupçon de joie envahir son esprit, se sentit soudainement se raidir, ses sourcils se froncèrent, ses poings se serrèrent, et il ne ressentit qu'à cet instant au fond de son être de la haine, et de la déception. Putain, se dit-il en grognant, Putain. Sentant son cœur battre fort sous la colère, le noiraud se relevait et ramassait son sac en y rangeant ses cours, avant de sortir de la chambre en dévalant les escaliers. Les yeux noirs, Natsu hurlait en croisant son chemin et courait vers le salon, alors qu'il allait vers la cuisine en s'inclinant devant la mère de Shoyo.

- Merci pour votre accueil.

Il se redressait, puis sortit de la cuisine, la femme le fixant les yeux écarquillés.

- Il.. s'en va déjà ?

En entendant la porte de la maison s'ouvrir, Hinata se redressait de la cuvette en fixant un point invisible de devant ses yeux, en comprenant. Pendant un instant, il prit peur. Alors en secouant la tête de droite à gauche, il ravalait ses nausées avant de sortir des toilettes en descendant les marches en vitesse, ouvrant la porte d'entrée en la faisant claquer contre le mur en sortant à l'extérieur.

- Kageyama, attends !

Il faisait froid, il faisait nuit, il faisait sombre. En chaussettes et en t-shirt, Hinata était tellement pressé qu'il ne pensait même pas à frémir. Le passeur était déjà au portail, et avant qu'il ne l'ai franchi, Hinata attrapait son avant-bras, à bout de souffle

- Kage-

- Lâche-moi.

Avant même que Shoyo ne puisse dire quelque chose, Tobio le repoussait brusquement, le bras en l'air et fixait d'un regard noir le roux, le visage froid, maussade.

Oh non, pas encore, se dit Hinata en réalisant ce que cela signifiait.

- Écoute, je-

- Laisse, fit le brun en détournant le regard, Tu n'en vaux pas la peine.

Hinata ne sut trouver les mots par la suite. La voix bloquée, Kageyama fit claquer sa langue contre sa mâchoire avant de balancer un « Ja-ne » et de franchir le portail, et de partir sous les yeux impuissants du plus petit. Il s'effaçait dans l'ombre, et cette image horrible restait plantée dans la mémoire du roux. Cette image, de lui disparaissant dans l'obscurité était bien trop dur à regarder. Merde. Pourquoi avoir réagi de la sorte ? Ça a été plus fort que lui, son cœur battait bien trop vite, et sa tête allait explosé. Ce sentiment bizarre qu'il avait ressentit au fond de lui, était mêlé à cette phrase qui s'était répétée dans sa tête : «J'aime les hommes. ». Jamais il ne pourrait décrire ce que c'était, et la nausée l'avait soudainement prit.

Pourquoi. Shoyo, pourquoi.