voila la suite! petite annonce, la fiction est officiellement terminée! il y aura bien 15 chapitres en total, ce qui veut dire qu'après celui là il n'en restera plus que trois! j'espere que l'histoire vous plait toujours autant, j'attend vos retours! bonne lecture!
Résumé rapidos: Après que Kageyama soit venu aidé Hinata à Aoba, il semblerait que les choses se soient arrangée entre eux. Hinata réalise peu à peu ses sentiments pour lui, alors que Kageyama commence à douter de ce qui est juste à faire.
STONE HEART
CHAPITRE XII
Extrait du journal de Tobio K., le 2 mai 2016:
« Je retourne au lycée dès demain. Le râteau franc que m'a mis Oikawa m'a remis les idées en place malgré cette horrible douleur dans la poitrine. J'ai eu si mal, ça m'a tellement souffrir, que je refuse de revivre ça une nouvelle fois. Il est hors de question que ça se reproduise. Je ne veux plus être blessé par les gens, je ne veux plus pleurer, ni aimer à nouveau. Les personnes qui nous sont les plus proches sont celles qui nous font le plus souffrir. Alors j'ai pris une décision en me réveillant ce matin, je ne laisserai plus personne m'atteindre, me faire du mal, plus personne ne rentrera dans mon cœur. Je ne veux plus faire la même erreur. Alors je veux devenir encore plus dur, encore plus froid, mes grands-parents, Oikawa, mes anciens partenaires, eux tous m'ont fait souffrir.
Je ne veux plus être sociable, je veux repousser tout le monde, tous ceux qui voudront m'approcher, je construirais une muraille, un grand mur autour de moi, je veux me créer une armure qui me protégera de toutes ces souffrances.
Je veux rendre mon cœur aussi dur que de la pierre. »
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- Kageyama est absent aujourd'hui.
Absent. Il n'était pas venu. Kageyama n'était pas venu. Il y avait forcément une raison, Kageyama ne pouvait pas rater les entraînements, surtout à cinq jours du match contre Shiratorizawa. Même sans ce match, Kageyama ne pouvait pas rater volley-ball, il aimait tellement jouer, il accordait tellement d'importance au volley. La seule fois où il a été absent, c'était en fin d'avril. Il était resté une semaine chez lui, un gros rhume a ce qu'il paraissait, mais lorsqu'il était revenu, il avait changé. Et à partir de ce moment, il était devenu froid et dur.
Pourquoi il était absent aujourd'hui ? Que s'est-il encore passé ?
- Il m'a appelé, et a dit qu'il était tombé malade. Ça arrive rarement hein, mais il semblerait que c'est pas son jour.
Merde. C'était pas normal, Hinata le savait, du jour au lendemain comme ça, il ne pouvait pas se le permettre. Le roux baissait les yeux vers le sol, mille et une réflexions lui passant par l'esprit, et Daichi penchait la tête sur le côté, le fixant avec l'air inquisiteur.
- Hinata ?
- Hein ? Euh, ça va. Je ne m'y attendais pas, c'est tout.
Le capitaine hochait la tête, et le frappait amicalement sur l'épaule avant de repartir reprendre son entraînement. Le spiker s'assit sur le banc en regardant le sol, lâchant un long soupir en se passant une main dans ses cheveux roux. Il réfléchissait, se faisait toutes les théories du monde, tentait de résoudre ce nouveau problème. Peut-être que cette fois-ci c'était vrai, et qu'il s'en faisait pour rien ? Ou alors non, au contraire ? Son cœur battait fort, il n'arrivait pas à se sortir ça de la tête. Pour la première fois depuis des lustres, il était inquiet, vraiment inquiet, au point que cela pouvait le rendre fou.
Il n'a jamais été inquiet à ce point pour personne.
Il se mit tortiller nerveusement ses doigts dans tous les sens, ravalant sa salive de temps à autre, et le match se déroulait soudainement à une vitesse folle. Il se retrouvait bientôt en classe, il n'écoutait le professeur que très peu, écrivait ses cours une fois sur deux quand il n'avait pas la tête dans les nuages. Quand la sonnerie fut déclenché pour la fin des cours, Hinata fut le premier à sortir de la classe. Le midi, il avait mangé avec Katsuo à coté du gymnase, et pour une fois c'était elle qui parlait et Hinata qui écoutait. Dans les couloirs, du lycée, il avait tourné la tête sur le coté, et fut d'apercevoir de voir le siège de Kageyama vide en passant devant sa classe. Les cours de l'après-midi furent pour Hinata une véritable torture, c'était interminable, très long, la voix du prof l'endormait. Il avait mal au crâne, ses doigts lui faisaient mal, alors quelques minutes avant la fin des cours, il sortait son portable sous la table, jetait un rapide regard au prof qui ne le regardait pas, puis envoyait un message à sa mère.
« Ne viens pas me chercher ce soir. Je te redonne des nouvelles plus tard. »
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18h46.
L'orage grondait, le ciel était entièrement couvert, le vent soufflait très fort. Les cerisiers étaient secoué dans tous les sens, quelques gouttes d'eau tombaient déjà du ciel, annonçant déjà le début de l'orage qui se promettait violent. Kageyama regardait les premières gouttes s'écraser sur la vitre de sa chambre, et il soupirait lourdement avant de fermer les rideaux dans un geste brusque. La lumière allumée, le noiraud se mit par terre sur son tapis, en tailleur, le dos collé contre le sommier de son lit, et il avait un ballon de volley entre les mains. Il avait passé la journée en pyjama, en gros avec son tee-shirt blanc de l'équipe, dans sa chambre en dormant ou en jouant avec son ballon. Il n'arrivait pas à sortir, il ne voulait pas aller à Karasuno aujourd'hui, et il n'était pas malade contrairement à ce qu'il avait dit à Daichi.
Pourquoi être resté chez lui ?
Il avait peur. Peur de faire face à ses émotions, il voulait se protéger de tout ça. Et encore plus maintenant qu'il savait qu'il recommençait à apprécier quelqu'un plus qu'un autre. Pourtant il le savait, il le savait que Hinata était dangereux. Il était une véritable menace, et encore plus désormais. Il fallait qu'il oublie, il fallait qu'il arrive à se convaincre lui-même que rien ni personne ne pouvait entrer dans sa muraille. Il fallait qu'il se convainque que Hinata ne valait pas plus que n'importe qui, qu'il était son abruti de partenaire. Oui, c'est ça. C'était son partenaire. Normal qu'il puisse sentir ce besoin de possession. Après tout, il a toujours été comme ça. Hinata était débile, naïve, trop optimiste, Kageyama a toujours détesté cette partie trop joviale de lui. Ou peut-être pas, il ne sait plus en fait. C'était ridicule, pense à autre chose aujourd'hui, tant que t'es pas obligé de te le coltiner, se dit-il. Il lançait le ballon en l'air, puis le faisait rebondir à chaque fois qu'il retombait avec ses mains, le visage fixe vers le plafond. Au fond, c'était comme il s'entraînait lui aussi.
Toc toc toc.
Kageyama rattrapait le ballon mais ne le relança pas. Il restait bloqué dans sa position, attendant deux secondes en espérant avoir rêvé. On venait de toquer ? Ses parents étaient partis chez ses grands-parents pour la soirée et sûrement pour la nuit, ça ne pouvait pas être eux.
Toc toc.
Ça toquait bien, il ne rêvait pas. Il attendait un instant, puis finit par faire claquer sa langue en posant son ballon sur le lit, et se relevant. Il sortit de sa chambre et dévalait les escaliers deux à deux pour aller à la porte d'entrée. Mais ce qui le bloquait sur place, ce fut que la porte en question était grande ouverte. Kageyama eut les yeux grands ouverts, regardant un instant à l'extérieur.
- Euh... Oï ?
L'orage grondait, il commençait à faire noir et la pluie n'allait pas tarder à tomber. Il n'y avait personne non plus. Alors il fermait la porte en tentant de comprendre ce qu'il se passait, et remontait à l'étage. Merde, sans doute une mauvaise farce ? Il monta jusqu'en haut, puis ouvrit la porte de sa chambre.
- AAH !
Il faillit la crise cardiaque quand il aperçut Hinata, debout au centre de la pièce.
- Putain, mais qu'est-ce que tu fous là ?! Dit-il la main sur le cœur
- Euhm.. je.. voulais prendre des nouvelles, dit le roux en se sentant soudainement mal à l'aise
- Merde Hinata, ça va pas de rentrer chez les gens comme ça ?!
Kageyama grognait dans son coin, puis claquait la porte derrière lui en s'avançant dangereusement de Hinata, l'air menaçant. Le roux, quand à lui, mit ses mains devant lui en signe d'innocence et tirait la grimace, se penchant en arrière alors que Kageyama se penchait en avant, les poings serrés et les sourcils froncés.
- Te mets pas en colère ! Répliquait Shoyo, On m'a dit que t'étais malade, alors je suis venu te voir !
Kageyama restait ferme, gardant toujours cette expression menaçante qui avait dont de faire flipper et paniquer le pauvre roux. La tête sur le coté et les mains toujours en avant, il s'attendait à tout.
- ...Ok ?
Un instant de silence. Puis Kageyama finit par soupirer, se redressant en détournant le regard.
- Ok. Mais la prochaine fois, réfléchis à deux fois avant de rentrer comme ça !
- Promis ! Répondit Hinata en faisant un signe militaire
- Imbécile...
Kageyama levait les yeux au ciel en lançant une parole inintelligible, puis regardait le réveil sur sa table de nuit qui affichait l'heure.
19h03.
Merde, qu'est-ce qu'il faisait ici à cette heure ? Il poussait un long soupir, puis se jetait sur son lit comme si Hinata n'était pas là. Un bras cachant ses yeux, il laissait le roux planté debout au milieu de la pièce.
- Tu es vraiment malade ? Demandait le spiker
- Ouais.
- Qu'est-ce que tu as ?
- Un rhume.
- Mais t'as pas le nez bouché.
- Qu'est-ce que t'en sais ?
- T'as pas une voix de canard.
- Hinata, tu veux bien te taire, commençait à s'énerver le noiraud en tournant la tête vers lui, Tu commences à m'énerver.
- Désolé, boudait Hinata en croisant les bras, J'essaye de comprendre, c'est tout.
- Et bien comprends en silence.
- Pffff...
Alors Hinata roulait la tête sur le coté et s'assit en tailleur sur le tapis comme un enfant puni. Kageyama semblait s'endormir, alors que Hinata pianotait des doigts sur son genou, son autre main tenant sa tête. Il soufflait fortement, balançant un «Je m'ennuie» en l'air que le plus grand ne répondit pas. Alors Hinata regardait la chambre, de tous les coins, elle ressemblait à la sienne. Il y avait une pile de livres sur son bureau, des mangas également, dans un coin il y avait des alters, ses murs étaient gris, il y avait deux-trois affiches aussi, ses rideaux étaient bleus, il avait une chambre banale en fin de compte. Hinata se mit à marcher à quatre pattes jusqu'à son bureau, et il feuilletait rapidement les mangas qu'il y avait. Mais en voulant les remettre, il poussait un petit cri de peur quand la pile se renversait, et s'étalait sur le sol dans un boucan infernal.
- Oups.
- Hinata, t'es vraiment un boulet.
- Désolé..
Kageyama grognait comme un félin, et se levait à contre cœur de son lit pour ramasser le bordel mit par le roux, levant la voix.
- Je vais bien, tu sais. T'es pas obligé de rester.
Hinata le regarda un instant sans comprendre, puis il baissait les yeux avec peine. Il voulait vraiment le voir partir ? Il voulait vraiment se débarrasser de lui ? Quand il le réalisait, alors qu'il était venu pour lui, parce qu'il n'avait cessé de penser à lui, il se sentit mal, encore et toujours à la poitrine, toujours à cet endroit. Hinata avait peut-être raison, peut-être que Kageyama le détestait autant qu'il l'était supposé. Il relevait les yeux vers lui, lui finissant de ranger les livres, puis se mordit la lèvre inférieure. C'est moi qui doit toujours faire des efforts, se dit-il.
- Mmh.. t'as raison. Je.. J'ai plus rien à faire ici.
Hinata se tournait, alors que Kageyama le regardait, puis se dirigeait vers la sortie sans jeter un regard en arrière. Kageyama n'avait pas quitter ses yeux de lui, puis en serrant les poings, il se décidait de l'accompagner jusqu'à la porte d'entrée. Hinata gardait le regard fixe face à lui, puis en se trouvant face à la porte d'entrée, il l'ouvrit en grand.
VROUM.
Il poussa un léger cri quand le vent rentrait dans la maison avec brutalité. Hinata se protégeait à l'aide d'un bras, et quand Kageyama regardait à l'extérieur, la pluie était tombé en rafale dans les rues, il faisait de plus en plus noir et le vent était infernal, déracinant presque tous les arbres du coin des maisons. La tempête avait commencé, le tonnerre grondait.
- Oh merde..., murmurait Kageyama en voyant le temps
Les bourrasques continuaient de frapper, et Kageyama fit claquer sa langue avant de se mettre devant Hinata et de fermer la porte, cessant le vacarme. La main toujours sur la poignée, le noiraud soupirait, mille et une pensées lui traversant l'esprit.
- Euh..., balbutia Hinata derrière lui, Je..
- Tu vas rester ici.
Hinata restait la bouche entre-ouverte, fixant le passeur toujours dos à lui, ayant du mal à analyser ce qu'il venait de dire.
- Comment ça ?
- Tu vas pas pouvoir repartir avec ce temps, reprit Kageyama en se tournant face à lui, Tu es venu à pied, en plus t'es encore blessé. J'ai pas le droit de te laisser partir avec cette pluie.
Hinata entendait l'orage en écho de là où il se tenait, et sentant son rythme cardiaque s'accélérer, il hochait rapidement la tête. Merde, c'était censé supposer quoi tout ça ? Kageyama le contournait pour se diriger vers la cuisine, et Hinata eut pour réflexe de se tourner vers lui.
- Est-ce que ça veut dire que je dois rester dormir ?
Kageyama se stoppait aussitôt.
À ces mots, il se souvint de plein de choses. Il se souvint des visages de ses parents et de ses grands-parents aussi, des claques de sa grand-mère quand il avait annoncé qu'il souhaitait inviter Kindaichi à dormir, des regards dégoûtés et des paroles horribles qu'ils avaient dit sur les gens comme lui.
- Ouais, dit-il alors, Tu vas rester dormir.
- On pourrait s'entraîner au volley ! S'exprimait Hinata avec enthousiasme et suivant le noiraud
- Et comment ? On ne peut pas aller à l'extérieur, répondit Kageyama en se mettant derrière le plan de travail
- Bah... euh... Ici ?
- T'es spiker, et je suis passeur. Il est hors de question qu'on s'entraîne ici par risque de casser des trucs, Débile.
- On pourrait faire que des passes ?
Kageyama se tournait vers Hinata, s'appuyant sur le plan de travail, un sourcil haussé.
- Seulement des passes ? Pas de... frappes ?
- Nan.
- Mais tu adores quand... enfin.. recevoir mes passes et les frapper.
- Ouais, mais ça évitera la casse et tu t'es pas entraîné aujourd'hui !
- Toi ça fait trois jours que tu t'es pas entraîné.
- Ouais, mais moi, j'ai une raison.
Kageyama allait répliquer, mais quand il se tournait une nouvelle fois face à lui et qu'il croisait son regard, il se tut. Il ouvrit la bouche, mais Hinata lui affichait un léger sourire, ses yeux bruns étaient illuminé, il avait envie de s'amuser, ça se voyait. Peut-être qu'il avait aussi envie de rester avec lui ? Merde, d'où viennent ces pensées ? Pensait Kageyama avec frustration. Son regard fut attiré par ses bleus et la couleur pourpre autour de son orbite. Ça lui serrait immédiatement le cœur. Alors il soupirait, détournant les yeux. Lui qui n'était pas venu au lycée à cause de lui, c'était foutu maintenant.
- Ok, finit-il par dire, Ok si tu veux. Mais ne casse plus les pieds, compris ?
Hinata levait les bras haut en l'air, lâchant un cri de bonheur en tournant sur lui-même. Kageyama roulait les yeux au ciel, un rictus se dessinant sur ses lèvres. Il détestait tellement son coté trop enthousiaste.
Ou peut-être pas, il ne sait plus.
21h08.
Kageyama et Hinata étaient finalement retourner dans la chambre du noiraud, après avoir rapidement mangé un plat qu'ils ont dû partager, fait par les parents de Kageyama avant qu'ils ne partent. Par chance, c'était du Tamago, le plat préféré du roux. Il faisait bien nuit à présent, et le temps dehors ne semblait pas s'améliorer. Kageyama était en tailleur sur son lit, Hinata assis au sol à l'opposé de lui.
- Ok, commençait le passeur, Tu rattrapes juste pour l'instant.
Alors il lançait le ballon d'une passe belle et simple, et Hinata n'eut à peine le temps de réagir à la phrase qu'il venait de prononcer. Alors il poussait un gémissement incompréhensible, et lorsque la balle se trouvait devant sa tête il frappa dedans avec force, le renvoyant immédiatement vers Kageyama qui le rattrapait à quelques millimètres de son visage, son souffle coupé.
- Imbécile ! Hurlait-il à pleine voix, Je t'ai dis de la rattraper, pas de me l'envoyer dans le visage !
Hinata balbutia un « pardon » l'air naïve, et Kageyama claquait sa langue. Il lui redonnait les consignes (pourtant simples) et relançait le ballon. Le roux le rattrapait à la perfection cette fois-ci, et il sourit même de satisfaction avant de le relancer à son partenaire, recommençant une nouvelle fois. Et plus il le rattrapait, plus il semblait exagérer ses rattrapages, sautant parfois assis, s'étalant à terre comme le ferait Noya. Toujours avec le sourire, cependant. Il réussit même à le rattraper après l'avoir amorti avec son pied.
- Arrête de faire l'idiot, Idiot.
- Mais je les rattrape ! Se justifiait le roux avec une moue
Kageyama lançait une autre balle mais au mieux de la rattraper, Hinata la renvoyait du bout de ses doigts, et elle fut si haute qu'elle percuta le plafond de plein fouet, secouant l'ampoule dans tous les sens créant des jeux des lumières et d'ombres, et elle fonçait vers Kageyama, qui lui avait les yeux grands ouverts. Il prit une grande inspiration et reculait la tête lorsqu'il rattrapait la balle avec force, le faisant presque tomber en arrière sur le lit. À moitié étalé sur les draps et la balle collé contre sa poitrine, il se redressait du mieux qu'il le pouvait, et lorsque Hinata voyait sa tête effaré, la première chose qu'il fit ce fut de pouffer de rire, riant à pleine voix et se tenant les cotes.
- Tu verrais ta tête ! Dit le roux entre deux rires
- Crétin !
Alors en se redressant, Kageyama se penchait en avant, et balançait un oreiller qui se trouvait à coté de lui en plein sur Hinata. Ce fut évidemment violent, et le Soleil s'effondrait au sol avec peu de grâce.
- Tu l'as pas rattrapé celle-là, hein ?!
Hinata le relançait aussitôt et Kageyama manquait de peu de se le prendre une nouvelle fois. Hinata se remit à rire, une main sur le crâne, et Kageyama grognait avant de se mettre debout sur son lit, et de descendre de celui-ci en courant, poursuivant Hinata dans la chambre avec rage alors que celui-ci riait toujours. Le roux se relevait, puis ouvrait grand la porte de la chambre pour dévaler les escaliers en essayant de ne pas forcer sur sa jambe gauche. Kageyama était à deux doigts de glisser sur la rampe, et arrivé en bas, Hinata courrait en faisant le tour de l'îlot central, le noiraud essayant de ne pas se bouffer le plan de travail, et le roux riait encore, Kageyama affichant malgré lui un rictus amusé sur le coin de ses lèvres. Ça faisait longtemps qu'il ne s'était pas amusé ainsi. Ça lui faisait penser à la fois où il était venu chez Hinata, malgré le fait que ça s'était mal fini. Kageyama hurlait sans cesse des insultes dans son dos, grognait, Hinata lui répondait parfois, accentuant sa colère.
Shoyo continuait de courir comme il le put puis il repartit en vitesse vers les escaliers pour les remonter. La course poursuite dans la maison se poursuivait, et Kageyama perdit de la vitesse quand il faillit rater une marche lors de son escapade. Lorsqu'il réussit à reprendre sa course, il arrivait à l'étage et la porte de sa chambre était entre-ouverte. Mais lorsqu'il l'ouvrit,
VLAN.
L'oreiller que Hinata lui lança lui atterrit en plein visage. Il restait sur place quelques secondes et quand il retombait, Kageyama avait les yeux aussi ronds qu'un poisson et ses cheveux plats étaient hérissés sur sa tête. Un instant de silence se poursuivait, les respirations fortes des deux garçons s'entre-mêlant, et ils se regardaient dans le blanc des yeux avec étonnement. Hinata eut pendant un instant peur qu'il s'énerve, et il eut peur pour sa propre vie. Mais ce qui le surpris, ce fut le léger sourire qui se dessinait sur le visage de Kageyama.
Puis soudain, il se mit à rire.
Kageyama pouffait, essayant de retenir ses rires qui passaient à travers de sa gorge, et il s'enroulait de ses bras lorsque ses cotes se mirent à lui faire mal. Hinata qui avait le sourire, se mit à le regarder avec plus de fascination qu'il ne l'aurait cru. Son sourire semblait disparaître petit à petit, son visage se décontractait.
Quel son mélodieux.
Hinata pouvait fouiller dans sa mémoire, réfléchir aussi loin qu'il le pouvait, il ne souvint pas, n'avait jamais entendu Kageyama Tobio rire ainsi. Il s'était parfois imaginé comment pouvait être son rire, mais l'entendre en vrai, ce fut mille fois qu'il ne l'avait espéré. Il était prit d'un fou rire, Kageyama ne s'arrêtait plus, et Hinata le fixait toujours, sa poitrine chatouillait, c'était tout drôle.
Hinata était si heureux de le voir s'ouvrir enfin. Il était si heureux.
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Extrait du journal de Tobio K., le 26 avril 2016:
« Ça fait quelques jours depuis que j'ai avoué mes sentiments à Oikawa. Je ne suis pas venu à Karasuno depuis deux jours, Daichi m'a appelé, et j'ai dis que j'avais un gros rhume qui m'empêchait de venir. Ce mensonge est vraiment stupide. Hinata m'a harcelé de messages pour m'engueuler de ne pas venir aux entraînements. Quel boulet.
Je suis resté enfermé dans ma chambre, à penser à tout ce que Oikawa et ses potes avaient dit. Je continue à avoir très mal, j'essaie d'oublier, mais sa tête et ses paroles restent ancrés dans ma tête. Ses mots ont été tellement forts, que je commence à me demander si je suis quelqu'un de bien. Je commence à me demander, si c'est mal si un garçon tombe amoureux d'un autre garçon. Je ne suis peut-être pas normal, en fin de compte. Après tout depuis le début, je me convaincs moi-même que je suis quelqu'un de normal. Personne, jamais personne n'a dit le contraire. Je me fais peut-être des idées, je ne sais plus. »
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23h46.
La tempête avait cessé depuis plus d'une demi-heure. Les nuages étaient toujours présents, cachant les étoiles derrière eux. Kageyama était allongé dans son lit, dos aux draps, fixant le plafond alors que Hinata continuait de parler. Quant à lui, il était sur un matelas sur le tapis, à coté du lit du noiraud, dans la même position que lui tout en parlant et faisant de grands gestes avec ses bras. La lumière était éteinte, mais la lumière des lampadaires à l'extérieur se reflétait légèrement dans la chambre, les permettant de voir. Une voiture passait, les phares se reflétaient sur le mur, et Hinata en profitait pour faire des ombres chinoises, s'amusant. Il continuait de parler un instant, murmurant dans le silence alors que Kageyama l'écoutait.
- Asahi et Noya font un duo de folie quand il s'agit d'attaque et de défense. Ils ont réussi à eux deux à battre Suga et Daichi de l'autre coté du filet.
- Mmh, répondit Kageyama, Certains duos sont phénoménales.
- Ouais, dit Hinata en tournant la tête vers lui
Kageyama fermait les yeux et soupirait, les bras derrière la tête, et le roux le regardait avant de reporter son regard vers le plafond.
- C'est bête que tu n'aies pas pu venir aujourd'hui. Tout le monde a travaillé très dur.
Et pour cette fois-ci, Kageyama ne répondit pas, restant stoïque aux paroles du plus petit. Son cœur battait plus vite sans raison. Hinata repensait à la soirée qu'il passait ici, au rire de Kageyama, à tout ce qu'ils avaient fait.
- Dis, Kageyama, commençait Hinata, T'es pas vraiment malade, hein ?
Kageyama soupirait par le nez, un sourire sur le coin des lèvres.
- Non.
- Alors pourquoi t'es pas venu aujourd'hui ?
Il ne répondit rien.
- Tu détestes autant que moi louper les entraînements.
Il ne dit toujours rien, et ne parla plus. Hinata gardait le regard tourné vers lui, restant un instant ainsi avant de pousser un autre soupir et de reporter son regard face à lui. Il le savait, ça ne servait à rien de lui demander, il ne lui répondrait pas. Quoiqu'il puisse dire à présent sur ces derniers événements, il ne dirait rien, l'écouterait juste sans répliquer. Hinata détestait quand ça faisait ça, et le pire c'était qu'il ne pouvait rien y faire. Il se mordit la lèvre jusqu'au sang en y pensant, et se tournait sur le coté, dos à Kageyama, fixant le sol en plantant ses ongles fins dans son oreiller. Un silence de quelques minutes se poursuivait après cela, jusqu'à ce que le roux reprenne la parole.
- Dis Kageyama, dit-il dans un murmure, Ton changement a un rapport avec Oikawa, pas vrai ?
Le noiraud sentit son cou se raidir et une tâche froide s'étaler dans son dos à ces mots. Sa respiration se coupait étroitement, et il ne pouvait pas voir Hinata dans les yeux, il ignorait complètement ce qu'il pouvait penser, ce qu'il savait à propos de tout ça. Le roux gardait le regard fixe face à lui, il sentait sa poitrine se serrer, il savait qu'il ne répondrait pas.
Il savait que jamais il ne lui dira.
- T'es pas obligé de me répondre, dit-il alors, C'est toi qui décide si... t'en as envie ou pas. T'es pas obligé de m'en parler...
Son murmure était douloureux, pourvu que Kageyama ne l'ai pas remarqué. Il ne le saurait jamais. Il ne le voyait pas directement, et comme il ne parlait pas, Hinata avait l'impression de parler seul, il avait l'impression de tout pouvoir dire et que personne ne serait là pour l'écouter.
- Je sais pas ce qui t'ai arrivé en réalité, continuait le roux dans le vide, Tu es si froid. Si... dur, pas que tu ne l'étais pas avant, mais ces temps-ci de plus en plus, et ça devient vraiment insupportable. Insupportable dans le sens que... je n'aime pas ça, tu vois.
Ses doigts se serrèrent sur la housse de son oreiller, désormais, il priait pour qu'il ne dise rien.
- Et j'ai essayé de comprendre, j'ai essayé de savoir pourquoi ce changement soudain... J'ai jamais rien trouvé hormis ces messages, avec ce numéro inconnu.
- T'as fouillé sur mon portable ? Réagit Kageyama qui écoutait toujours
- Ouais, sifflait Hinata entre ses dents, Désolé.
Dans un sens, il aurait préféré qu'il se soit endormi. Mais Kageyama écoutait, n'en lâchait pas d'une miette. Il voulait tout entendre, tout ce que le roux pouvait dire. Il continuait de le regarder alors que Hinata était toujours dos à lui.
- Mais je comprenais toujours pas, je ne sais pas... Tu partais, puis revenais, tu t'éloignais, puis tu semblais plus proche, je n'arrive plus à te cerner du tout.
Merde. Merde je ne veux pas pleurer, ça ne servirai à rien, se dit le roux en serrant la mâchoire. Mais il repensait à tout, et il ne le voyait pas dans les yeux, comment faire pour savoir ce qu'il ressentait ? Kageyama était si cruel, si abominable.
- Kageyama, reprit-il la voix tremblante, Est-ce que tu me détestes ?
Hinata détestait Kageyama.
Depuis si longtemps il ne l'a jamais su. Le roux les considérait comme rivaux, depuis qu'ils se connaissaient, ça a toujours été comme ça. Il espérait au fond que lui, qu'il éprouverait un peu d'empathie pour lui, mais à quoi bon rêver, si lui le détestait, pourquoi ce ne serait pas son cas ?
En entendant ces mots, Kageyama ouvrit un peu plus grand ses yeux. Quelle question débile. Tout ce qu'il avait dit résonnait dans sa tête, et il pensait, un peu trop vite peut-être, et il sourit légèrement.
- Hinata.
À cet appel, Shoyo ravalait sa salive. Il attendit un instant, puis tournait la tête en arrière pour finalement croiser son regard. Kageyama le regardait sans broncher, puis il soupirait lourdement, soulevant la couette devant lui.
- Viens.
Hinata crut mal comprendre, fixant l'espace vide devant le noiraud.
- ...Quoi ?
- Viens je te dis.
Il n'insista pas plus, sa poitrine l'étouffant. Alors il hochait la tête, et se levait de son matelas en allant vers le lit de Kageyama comme un enfant ayant peur de l'orage. Il se glissait sous les draps, s'installant au près du noiraud, et celui-ci le forçait presque à se tourner de son coté. Ils furent face à face, et se regardèrent droit dans les yeux. Hinata avait la gorge serré, ses doigts tremblaient sur son oreiller, et Kageyama continuait de le fixer en repensant à tout de la soirée. Lui qui ne voulait pas le voir, merde. À quoi ça servait de toute façon ? Ses sentiments le rattrapaient toujours, quoiqu'il fasse, Kageyama était destiné à se faire briser.
« Est-ce que tu me détestes ? »
Idiot. Alors il secouait la tête de droite à gauche, soupirait, et un sourire se dessinait sur son visage.
Un vrai sourire.
Un destiné à Hinata, il n'était pas plein d'amertume ou de sarcasme comme d'habitude. Il n'était pas forcé, ni léger. Il était sincère. Comme celui qu'il avait adressé à Oikawa ce jour là, comme celui que Hinata avait tellement jalousé. Il l'avait tellement rêvé ce sourire. Il le voulait tellement.
Ce sourire, il lui était adressé cette fois-ci. À lui, et à personne d'autre.
Sa poitrine, non, il savait que c'était son cœur, son cœur se serrait, il battait fort, si fort qu'il crut qu'il s'arrêterait. Kageyama fit claquer sa langue et murmura, si proche de lui.
- Je ne te déteste pas. Baka.
Hinata soupirait par le nez, amusé. Il était heureux, si heureux de cette réponse. Il était bien à ce moment, auprès de lui, lui et son sourire, lui seulement. Il le regardait dans les yeux, profitant de ce moment que jamais il ne pourra revivre, jamais plus. Quand il sentit ses yeux le piquer, il s'approchait et se mit dans ses bras, plongeant son visage dans son pyjama emplis de son odeur.
Je t'en prie, ne me repousse pas.
Ce qui le surpris, ce fut d'entendre le cœur de Kageyama battre vite, très vite même. Il avait froid aussi, et il était tendu. Mais ses appréhensions et ses peurs disparurent lorsque Kageyama serrait ses bras dans son dos, le rapprochant de lui encore plus qu'il ne l'était déjà. Ce fut si agréable, arrêter ce moment serait si difficile. Mais il ne s'arrêta pas.
00h25, ils s'endormirent, l'un contre l'autre sans qu'aucun des deux n'ose bouger.
Durant son sommeil, Hinata souriait. Il ne détestait pas Kageyama. Son cœur battait trop fort pour le détester. Il n'avait battu aussi fort pour personne d'autre.
C'était peut-être ça, ce qu'on appelait « Aimer ».
