l'ensemble des extraits, dans l'ordre chronologique cette fois-ci...
STONE HEART
JOURNAL DE TOBIO KAGEYAMA
le 23 février 2007
« Aujourd'hui, on est allé en ville avec maman et papa pour aller chercher des affaires au magasin de vêtements. J'avais envie de prendre un uniforme de sport pour pouvoir m'entraîner au volley, mais maman avait dis que j'étais encore jeune, et que je devrais mieux me concentrer sur mes notes, et que je devais continuer à aller à l'église avec papi et mamie.
Je n'avais plus envie d'aller à l'église. La dernière fois je m'étais énervé contre le fils du prêtre, un vrai prétentieux. Je ne l'aimais pas.
En sortant du magasin avec mes parents, on avait vu dans la rue deux garçons se tenir la main. Ils se souriaient, parlaient entre eux avec douceur, j'avais jamais vu deux garçons être aussi proche. Je les avais regardé longuement, et quand maman m'avait vu, elle m'a tout de suite sermonné, en disant que c'était pas bien, et que ces personnes iront en enfer. Je n'avais pas compris pourquoi elle avait dit ça. Elle m'avait dis que ce qu'ils faisaient était mal […] »
le 2 mai 2011:
« Ça fait un mois que je suis rentré au collège Kitagawa Daiichi. Je me sens ni nerveux, ni mal à l'aise dans cet établissement, je suis juste normal. Au début, je ne parlais à personne. Je n'avais pas envie de me faire des amis. Puis je suis entré au club de volley-ball, et j'ai fais la connaissance de beaucoup de garçons qui jouaient depuis presque plus longtemps que moi. Je n'ai pourtant pas envie de leur parler, je suis comme ça, j'ai vraiment un caractère de merde. Et puis il y a un garçon qui est venu me voir. Il s'appelle Oikawa Tooru. Il est brun, les yeux marron, plus grand que moi, et il sourit tout le temps. Il m'énerve à toujours être de bonne humeur. […] »
le 4 mai 2011:
« J'ai commencé à m'entraîner à faire des passes. Et comme j'avais déjà commencé peu avant mon entrée au collège, j'avais un niveau un peu avancé par rapport aux autres sixièmes. Mes passes sont rapides, précises, j'aime jouer au volley. Aujourd'hui, Oikawa et venu me voir et m'a félicité pour mon travail. Ça aurait été quelqu'un d'autre, ça m'aurait été complètement égal. Mais... Oikawa est un excellent joueur. Il m'énerve toujours autant, je crois que je le déteste, et pourtant sa façon de servir, de smasher, de réfléchir stratégiquement est fascinante. Jamais je n'arriverais à faire mieux que lui. Peut-être que je devrais m'inspirer de son travail pour réussir à devenir plus fort ? C'était bizarre comme sensation...
Le gars que j'aime le moins dans l'équipe peut devenir mon mentor. Peut-être... que je ne le déteste pas autant que ça, finalement. »
le 24 septembre 2012:
« ça fait 1 an que je connais Kindaichi. C'est un garçon presque aussi têtu que moi, ses cheveux noirs en pics sur sa tête et il est même un peu plus grand que moi. Même s'il joue comme un pied, c'est quelqu'un que je pourrais apprécier. Alors je l'ai invité à la maison pour y passer la nuit. Mais je n'avais pas demandé à mes parents, alors quand je suis allé les voir, ils étaient avec mes grands-parents à ce moment là, puisqu'ils dorment tous les dimanches à la maison pour qu'il puissent aller à la messe par la suite. Je suis arrivé et quand j'ai demandé à ma mère que je voulais inviter un garçon à la maison, ma grand-mère s'est levé, et elle m'a frappé. Elle m'a hurlé au visage et m'a frappé deux fois encore, disant que j'étais monstrueux, que c'était mal, et qu'un jour je brûlerai en enfer par mes pêchés. Elle hurlait que j'étais frappé par la malédiction de l'homosexualité, et je ne comprenais pas où elle voulait en venir.
Elle insinuait que j'aimais les garçons ? Cette pensée m'étais bizarre, même improbable, ma mère ne m'a jamais parler d'histoires où deux hommes tombent amoureux l'un de l'autre. Quelle idée saugrenue. Mais jamais ce genre de chose ne m'avait un jour traversée l'esprit. Elle m'avait encore frappé.
Alors j'ai décidé d'annuler mon invitation, et je suis resté froid avec Kindaichi depuis ce jour, je me concentrais de plus en plus sur le volley, même si cela pouvait énerver mes partenaires. Ils doivent être jaloux, je suis bien plus fort qu'eux. Aucune personne ne pourra jamais me déstabiliser. […] »
le 17 novembre 2012:
« J'ai compris. J'ai enfin compris ce qui n'allait pas avec moi. Depuis la fois où j'ai voulu invité Kidaichi, les mots de ma grand-mère me perturbaient encore. Je ne suis jamais sorti avec quelqu'un, et les filles de ma classe, ou en général, je ne m'en préoccupe pas. Par contre je me suis déjà surpris à considérer des garçons, à même... être attiré, par certains de ces garçons. Je n'avais jamais eu ce genre de fantasme auparavant, et instinctivement, j'ai compris que je n'aimais pas les filles, mais les hommes. C'est mal, très mal. Si mes parents l'apprenaient, ce serait la fin. Surtout que je suis dans le club de volley masculin...
Mais c'est marrant, ce goût de l'interdit me donne des frissons. J'en ai rien à foutre de ce que mes parents pourraient penser, jamais je ne leur dirai. Quand je serais majeur, je m'en irai et je ferais ma vie comme bon me le semble, sans qu'on me dise que je vis dans le pêché, et que je suis quelqu'un de mauvais. Je veux juste aimer qui je veux, quitte à perdre tout le monde.
Je préfère garder le silence pour l'instant, je garderai ça pour moi. Je me demande vraiment si je suis capable d'aimer véritablement un garçon. […] »
le 30 avril 2015:
« Aujourd'hui, on a participé au tournoi inter-collège de Miyagi. On a gagné tous les matchs, demain on arrive en demi-finale. Mais bizarrement, je suis putain d'énervé. On a fait plein d'erreurs, ces andouilles ont dû mal à frapper mes passes, je ne les comprends pas, il suffit d'aller plus vite, d'être plus efficace, ils sont justes incapables, ça me fout en rogne. Pourtant, j'en suis sûr, mes passes ne sont pas si horribles que ça, ils n'ont qu'à s'entraîner, encore et encore, s'entraîner.
Je sais pourquoi je suis aussi énervé. C'est à cause de ce nain, je sais plus comment il s'appelle. Roux, pas plus grand qu'un CM2, du collègeYukigoaka je crois... Il m'a énervé.
Pourquoi ? Sa détermination, c'est une vraie boule d'énergie, et ses espoirs sont bien trop grands pour que cela se réalise. Pourtant il saute haut, il a de bons réflexes, il ne voulait pas perdre. Il m'a impressionné. Dommage que je n'ai pas retenu son nom, oh et puis tant pis.
Pourtant, sa technique, et ses mots restent ancrés dans ma tête. C'est la première fois que je suis aussi sonné, que quelqu'un d'aussi insupportable me marque autant. Je n'oublierais pas son visage, j'ai déjà hâte du jour où je le recroiserais, et que je le battrai. »
le 11 juin 2015:
« Je suis tombé amoureux de Oikawa Tooru. »
le 21 avril 2016:
« Aujoud'hui, on s'était surpassé. On a tout donné avec l'équipe, il était hors de question que l'on perde. Et puis on a gagné contre Aoba Johsai, on a gagné le match et avec Karasuno on ira se battre contre Shiratorizawa. Ce match a été vraiment éprouvant, et ça faisait longtemps que je n'ai pas autant été heureux après avoir gagné. J'ai voulu montré à Oikawa ce que je valais, et j'en suis fier. Alors à la fin du match, je l'ai regardé, et je lui ai souri. Mon cœur battait fort, et c'était peut-être la dernière fois que je le voyais vraiment. Alors ce soir, je me suis convaincu. Il faut, je dois lui avouer ce que je ressens. Alors c'est décidé, demain j'irai à Aoba Johsai, et je lui dirais tout. Je dois en avoir le cœur net... […]»
le 22 avril 2016:
« J'ai mal. J'ai si mal. ÇA FAIT TELLEMENT MAL. Je lui ai tout dis, je suis allé le voir, je lui ai avoué. Il m'a rit au nez. IL A RIT. IL S'EST MOQUÉ DE MOI. Devant tout le monde, il m'a pointé du doigt, et il me regardait de haut en bas. Il pensait qu'au début je me foutais de lui, mais quand il a compris que j'étais sérieux, il...
Je n'ai jamais vu un regard aussi écœuré que le sien. Il exprimait tellement de dégoût, d'horreur, j'avais l'impression d'être un monstre. Comme mes grands-parents n'ont cessé de me le dire. PUTAIN. PUTAIN CETTE DOULEUR. Il m'a dit tellement de choses horribles, les autres ont tellement rit. « Tu es dégueulasse, Tobio. ». « Sale pédé. ». « Merde alors, j'attire même les homos ». Pourtant j'ai voulu être honnête, pour une fois, j'ai ouvert mon cœur. « Je suis amoureux de toi, Oikawa. » C'est ce que j'ai dis. Il a rit.
Il est 23h24 au moment où j'écris ces mots. Je crois ne jamais avoir autant avoir pleuré de ma vie. La feuille du journal est parsemé de gouttes d'eau. Mince, «gouttes » à bavé. La page est aussi dégueulasse que moi maintenant.
Je me répète sans arrêt ses mots, son visage reste ancrée dans ma tête, j'ai beau essayé de l'oublier, il ne veut pas partir. Je pensais que rien ne pourrait m'atteindre. Je suis tout aussi fragile que n'importe qui, mon cœur est bien trop fragile désormais. Il peut se briser à tout instant comme du verre. Mais j'ai si mal. C'est insupportable. Ce n'est pas un chagrin d'amour, ni un rejet. J'ai l'impression de vivre quelque chose qui combine les deux, quelque chose de si fort, qui peut me détruire complètement à tout instant.
Oikawa a été si horrible. Je n'arrive plus à respirer. Ça faisait si longtemps que j'attendais de lui avouer. J'étouffe. Aidez-moi, s'il vous plait. Aidez-moi... […] »
le 26 avril 2016:
« Ça fait quelques jours depuis que j'ai avoué mes sentiments à Oikawa. Je ne suis pas venu à Karasuno depuis deux jours, Daichi m'a appelé, et j'ai dis que j'avais un gros rhume qui m'empêchait de venir. Ce mensonge est vraiment stupide. Hinata m'a harcelé de messages pour m'engueuler de ne pas venir aux entraînements. Quel boulet.
Je suis resté enfermé dans ma chambre, à penser à tout ce que Oikawa et ses potes avaient dit. Je continue à avoir très mal, j'essaie d'oublier, mais sa tête et ses paroles restent ancrés dans ma tête. Ses mots ont été tellement forts, que je commence à me demander si je suis quelqu'un de bien. Je commence à me demander, si c'est mal si un garçon tombe amoureux d'un autre garçon. Je ne suis peut-être pas normal, en fin de compte. Après tout depuis le début, je me convaincs moi-même que je suis quelqu'un de normal. Personne, jamais personne n'a dit le contraire. Je me fais peut-être des idées, je ne sais plus. »
le 2 mai 2016:
« Je retourne au lycée dès demain. Le râteau franc que m'a mis Oikawa m'a remis les idées en place malgré cette horrible douleur dans la poitrine. J'ai eu si mal, ça m'a tellement souffrir, que je refuse de revivre ça une nouvelle fois. Il est hors de question que ça se reproduise. Je ne veux plus être blessé par les gens, je ne veux plus pleurer, ni aimer à nouveau. Les personnes qui nous sont les plus proches sont celles qui nous font le plus souffrir. Alors j'ai pris une décision en me réveillant ce matin, je ne laisserai plus personne m'atteindre, me faire du mal, plus personne ne rentrera dans mon cœur. Je ne veux plus faire la même erreur. Alors je veux devenir encore plus dur, encore plus froid, mes grands-parents, Oikawa, mes anciens partenaires, eux tous m'ont fait souffrir.
Je ne veux plus être sociable, je veux repousser tout le monde, tous ceux qui voudront m'approcher, je construirais une muraille, un grand mur autour de moi, je veux me créer une armure qui me protégera de toutes ces souffrances.
Je veux rendre mon cœur aussi dur que de la pierre. »
le 16 mai 2016:
« Aujourd'hui, Hinata m'a protégé. Il m'a dit des mots, des phrases que j'ai toujours voulu qu'on me dise. Personne ne l'a fait, personne depuis que j'ai su que j'étais gay. Pourtant, lui il l'a fait, il m'a dit que j'étais tout aussi normal que n'importe qui, il m'a dit qu'il croyait en moi et qu'il serait toujours là pour moi. J'aimerais croire à ces bêtises.
Oikawa est venu à Karasuno ce matin, pour venir vérifier si j'avais abandonné tout sens moral après ce jour où je lui ai avoué mes sentiments. Quand il m'a regardé, j'ai compris deux choses. En premier temps, que je commençais à ressentir une véritable haine envers lui. Et de deux, que malgré moi, ce qu'il m'a dit me fait encore beaucoup de mal.
Mais ce soir, la seule personne qui m'a fait changé les idées, c'était Hinata. Ça faisait une éternité que je ne m'étais pas sentis bien avec une personne de mon entourage. Mais en ayant assisté à la chute d'étoiles filantes, et que j'ai sentis mon cœur de pierre battre un peu plus fort, j'ai aussi compris une chose:
HINATA EST DANGEREUX. »
le 21 mai 2016:
« Depuis peu, avant de m'endormir, j'essaie d'imaginer un monde sans Hinata.
Il fait noir. [...]»
le 27 mai 2016:
« J'ai appris aujourd'hui que Hinata avait pleuré. J'ai aussi appris que c'était à cause de moi. Je ne m'attendais pas à ça, jamais j'aurais cru qu'il se mettrait à craquer à cause de ce que j'ai dis. Après tout, il ne cesse de dire que je suis son ennemi, d'une manière ou d'une autre, il nous a toujours considéré comme rivaux, jamais j'aurais cru que dresser une autre barrière contre lui l'affecterait.
J'ai jamais voulu lui faire du mal.
J'ai jamais voulu le faire souffrir. C'est moi, qui ai peur de souffrir.
Je suis alors parti à sa recherche pour lui parler, en avoir le cœur net avec lui. Quand je suis allé chez lui après les cours, il n'était pas là. Sa mère était heureuse de me revoir, et elle m'a dit qu'il était parti voir un de ses amis à Aoba Johsai. J'ai réagi au tac au tac, je savais qui il était allé voir.
J'avais pas envie qu'il s'immisce dans mes problèmes, pas envie qu'il apprenne mon histoire avec Oikawa, je voulais pas lui en parler. Je n'avais pas de transport, alors j'ai dû y aller en courant.
Quand je suis arrivé, il faisait nuit.
Quand je suis arrivé, il n'y avait personne.
Quand je suis arrivé, Hinata était en train de se faire tabasser par des terminales.
Quand je l'ai vu à terre, je me suis senti en colère, emporté par une rage incontrôlable. Ils l'avaient amoché, il était dans un état pitoyable, si il n'était pas venu à Aoba à cause de moi, jamais ça ne se serait produit. Je les ai fais fuir, et j'ai aidé Hinata, cet imbécile.
Il n'aurait jamais dû s'immiscer dans tout ça.
Puis il m'a dit des mots, des phrases, des choses que jamais j'aurais cru entendre. Il avait peur de me perdre, moi. Le Roi égocentrique, il voulait de moi. Il ne voulait pas que je le laisse. Que faire après ça ? »
le 29 mai 2016:
« Je crois faire une erreur. Je crois que tout est en train de recommencer.
Je crois que je suis en train d'aimer Hinata. »
le 31 mai 2016:
« C'est moi qui ai peur, ça ne devrait pas être lui. J'ai eu tellement mal, j'ai tellement souffert, je ne veux plus jamais ressentir à nouveau ces sentiments. La tristesse, cette sensation d'abandon, de chagrin, c'était une combinaison abominable, je ne veux plus que ça recommence. Plus jamais.
Et pourtant, je sais que je souffrirais encore.
Parce que je suis en train d'aimer Hinata, de plus en plus, et vraiment profondément.
Je me sens bien avec lui, les mots qu'ils m'adressent signifient toujours énormément pour moi, j'aime être à ses cotés, je veux jouer avec lui pour toujours. Je ressens ce même sentiment que j'ai eu avec Oikawa, je sais parfaitement ce que cela signifie.
Merde, je veux pas tomber amoureux. Je ne le supporterai pas.
Je ne veux pas perdre Hinata non plus, c'est la seule personne qui puisse me comprendre. Je ne sais plus quoi faire. Je ne peux pas le laisser détruire mon cœur après être rentré dans ma muraille. Je ne veux pas de ça, je dois y remédier.
Je dois m'éloigner au plus vite, à nouveau. »
le 2 juin 2016:
« Hinata a dit que j'avais un cœur de pierre. Ça fait si mal. Il a toujours été le premier à croire en moi, je me souviens encore de la fois où il m'a dit qu'il croirait toujours en moi, où il m'a dit qu'il ne me laissera jamais.
Il a dit que j'avais un cœur de pierre.
L'entendre de sa bouche, ce fut bien plus douloureux que n'importe quel chagrin d'amour.
Il a aussi dit qu'il m'aimait.
Hinata. J'étais pourtant persuadé que jamais cela n'arriverait, pour moi il était différent de moi, comme tous les autres. Jamais personne ne m'avait aimé auparavant, jamais personne ne voulait du Roi du terrain, égocentrique, maussade et hautain. Pourquoi Hinata ? Il est... si important.
Je revois encore son visage, ses larmes, ce sourire brisé. Cette expression, jamais je ne l'oublierai. Ça m'a fait tellement de mal. Et ses mots, encore plus.
Merde. Merde, merde, MERDE. JE SUIS SI CON, JE ME SENS TELLEMENT DEBILE, COMMENT J'AI PU FAIRE ÇA. J'AI ENVIE DE COGNER DANS UN MUR, DE COURIR A EN PERDRE LE SOUFFLE, DE ME FRAPPER, DE HURLER, A CAUSE DE MOI J'AI PERDU HINATA.
JE L'AI PERDU, J'AI TOUT GACHÉ, PUTAIN. Je l'ai perdu... »
le 3 juin 2016:
« C'était sans doute un des plus beaux jours de ma vie. J'ai pleuré la quasi totalité de la journée, ça a été un véritable enfer. Mais ce que j'écris n'est pas ironique, parce que j'ai récupéré Hinata. Je lui ai tout avoué, j'ai tout laissé tomber pour lui. Ça a été dur, vraiment dur, j'ai eu tellement peur de le perdre en voyant son visage ravagé par la rage. Mais j'ai réussi, je ne sais pas du tout comment j'ai fais, mais j'ai réussi.
Ensuite Il était tard, mais on était resté pour rattraper notre retard au volley, et on s'était entraîné la moitié de la nuit. Ça a été pénible au début, mais on avait rapidement reprit nos habitudes. Ça faisait du bien de revenir à la normale. Ça faisait si longtemps que je ne m'étais pas senti comme ça. […] »
le 4 juin 2016 :
« Je me suis réveillé sereinement ce matin. Je m'étais endormi sans regrets, sans pensées, juste simplement. Ça m'a fait tellement de bien de ne penser à rien.
Ce matin, j'ai fais la course contre Hinata jusqu'au gymnase, et cet imbécile a gagné. J'étais heureux de le voir de bonne humeur. Il a sourit toute la journée, il s'était donné à fond, notre courte est parfaite, tout le monde avait reprit confiance et ils étaient tous prêt à remporter le match contre Shiratorizawa, et à aller aux Nationales. On est tous impatients, j'adore cet esprit d'équipe. Tout le monde était aussi content de me voir me rouvrir au monde, mais ça m'a rapidement irrité en réalité. Je resterais le même quoi qu'il arrive, j'aime pas les gens.
Noya m'a interrogé sur Oikawa, et je lui ai rapidement expliqué, comme si je racontais une vieille histoire, une anecdote qui ne m'atteignait plus du tout. Toute l'équipe était au courant pour moi, et personne ne m'a jugé. Oikawa était juste un imbécile, mes amis ne m'ont jamais abandonné.
Hinata et moi on se comporte comme tout avant ne commence, mais mes sentiments pour lui n'ont fait que grandir. […] »
le 5 juin 2016 :
« Demain est le grand jour. On est tous impatient de faire ce match, et pour nous laisser dans une immersion complète, on a pu être dispenser des cours pour la journée, et on a joué tout le matin, l'après-midi, jusqu'à 23h. On n'a fait que quatre pauses en tout, en comptant celle du déjeuner. On était tous épuisé, mais on était tellement obstiné qu'on n'arrivait plus à s'arrêter. SURTOUT Hinata qui est inépuisable. Il n'a pas arrêté de hurler « encore un ! » avec enthousiasme. On était tous exténué en fin de journée, suant comme jamais, et on était tous rentré chez nous avec l'appréhension du lendemain.
Le chemin du retour, je l'ai fais avec Hinata. Ce soir là, il était étonnement silencieux. Et au moment où on allait se séparer, il avait prit la parole. Il m'a fait part de tout ce qu'il avait pensé depuis qu'on se connaissait, il m'a dit à quel point il s'était trompé sur mon sujet, qu'il croyait qu'il me détestait alors qu'il tenait vraiment à moi.
Il s'est confessé à moi. Officiellement, je veux dire. Ce qu'il m'a dit m'a profondément touché, mais je n'ai pas su répondre. Il m'avait dit précisément « Je t'aime. Tu peux trouver ça absurde, tu peux croire que je ne suis pas comme toi, pourtant je suis sûr de mes sentiments. ». Puis il m'a dit que je n'étais pas obligé de lui répondre, surtout parce qu'il y a le match demain. Il ne voulait pas que je réponde, je crois qu'il avait peur en fait. Je pense... qu'il croit que j'ai encore des sentiments pour Oikawa.
Alors il m'a sourit et il était partit. Je n'avais pas réussi à lui dire quelque chose. Je m'étais incliné dans le vide, et j'étais parti moi aussi. […] »
le 6 juin 2016 :
« Peut-être qu'en fait, c'est aujourd'hui le plus beau jour de ma vie.
On s'était levé tôt ce matin, on était tous de bonne humeur, et on avait tous une détermination débordante. Quand on était arrivé au lieu du match, ça a été un des moments les plus importants de ma vie, je crois. Le moment le plus stressant, c'était quand on était rentré sur le terrain, et qu'on s'était retrouvé face à Ushijima, et le reste de son équipe. Hinata avait cette lueur dans ses yeux, celle qu'il avait quand il était prêt à jouer. C'était assez indescriptible en fait, il avait la rage de se battre, c'était sans doute ça.
On s'était battu si fort. On était tous épuisé, on suait comme des bêtes. On était allé jusqu'au cinquième set, et on n'a jamais abandonné.
On a gagné.
Ça a été un déchaînement d'enfer, on avait tous pleuré de jouer, on sautait partout comme des enfants, jamais je ne me suis senti comme ça de toute ma vie. La victoire contre Aoba Johsai m'a semblé si amer comparé à celle-ci. C'était incroyable. On allait Nationales. ON ALLAIT AUX NATIONALES ! Je n'y reviens toujours pas, Karasuno fait la une maintenant !
Il faisait nuit quand on avait fini de jouer, et Hinata et moi on était sorti en courant dans tous les sens, hurlant notre joie. Ce soir là, j'étais si heureux que je me sentais invincible.
Quand on s'était retrouvé ensemble, je lui ai enfin retourné mes sentiments, et on s'est embrassé.
J'étais si heureux ce soir là. J'avais l'impression que plus jamais je ne souffrirais. […] »
