Disclamer :

Rien ne m'appartient, à part les idées tordues qui, je l'espère, feront de cette fic une histoire intéressante. La trame de fond (lieux, personnages, termes magiques -sauf les miens !-) est l'entière propriété de Mrs J.K Rowling (la veinarde !), et je ne touche rien pour faire profiter les lecteurs de mon imagination débordante (dommage… é_è).


Hello !

Comme d'habitude, j'ai répondu aux reviews signée par MP et je vous remercie encore une fois Marion Snape 75 et Cinnam d'avoir pris le temps de me laisser vos impressions. C'est ma seule récompense !

Frederique : eh oui, j'aime bien faire durer le suspense ! Cela dit, l'histoire n'est pas très longue, le dénouement approche donc à grands pas ! Merci pour ton commentaire.

Bonne lecture à tous…


Chapitre 5 - Un match à hauts risques

Le lendemain au petit déjeuner, Hermione n'était toujours pas réapparue mais Harry et Ron n'étaient pas inquiets, se doutant bien qu'elle devait s'être couchée très tard.

Installés à la table des Gryffondor, ils regardaient les joueurs des équipes de Serdaigle et de Poufsouffle qui arrivaient peu à peu et qui s'apprêtaient à s'affronter dans le troisième match de la saison.

Harry adressa un sourire d'encouragement à Cho Chang lorsqu'il croisa son regard et observa aussi les Poufsouffle qui chuchotaient des stratégies qu'ils avaient patiemment mises au point en passant des heures à la bibliothèque depuis quelques jours.

Puis, tous les élèves se dirigèrent vers le stade, suivis par les professeurs, et allèrent s'asseoir dans les gradins en attendant que les joueurs se préparent. Le soleil rayonnait dans un ciel sans nuages et le vent quasiment nul promettait un match des plus intéressant, sans avantager ou nuire à aucune des deux équipes.

Lee Jordan fit un bref rappel des scores obtenus par chaque maison depuis le début de la saison, dans son mégaphone violet, et les quatorze joueurs arrivèrent enfin. Ils se mirent en position, Madame Bibine libéra les balles de leur caisse de bois et siffla le coup d'envoi du match sous des tonnerres d'applaudissements d'encouragement.

- Hermione n'est toujours pas là, fit remarquer Ron qui lui avait gardé une place.

- Tu sais bien comment elle est, répondit distraitement Harry, concentré sur le déplacement des joueurs. Elle a dû rapporter une tonne de bouquins cette nuit et elle s'est sûrement endormie dans son lit en tenant encore le dernier livre qu'elle aura ouvert.

- Si vous cherchez Hermione, s'interposa Parvati. Elle est descendue très tôt pour aller à la bibliothèque. Elle était très énervée et m'a pratiquement renvoyé balader quand je lui ai dit que les BUSE étaient encore loin et qu'elle n'avait pas besoin de descendre si tôt pour réviser.

Harry et Ron se regardèrent d'un air préoccupé.

- Tu crois qu'on devrait aller voir ? demanda Ron en grimaçant.

- Il n'y a peut-être rien de grave, mais je crois que ça vaut mieux en effet, répondit Harry en se levant.

Colin et Neville étaient trop absorbés par le match pour être dérangés et Harry et Ron décidèrent de ne pas les inquiéter pour le moment. Des protestations accompagnèrent leur parcours difficile pour sortir des gradins et ils se dépêchèrent de rejoindre la bibliothèque.

Lorsqu'ils y arrivèrent, ils trouvèrent Hermione qui rangeait ses affaires à toute vitesse dans son sac et elle leva un visage horrifié vers les deux garçons en les apercevant.

- Harry ! Ron ! C'est épouvantable ! Je viens d'avoir la confirmation de ce que j'ai découvert cette nuit ! Je sais maintenant ce que fait l'appareil photo de Colin et il faut à tout prix l'empêcher de s'en servir pendant le match !

- Calme-toi, tenta de la rassurer Ron qui ne comprenait pas pourquoi elle se mettait dans un état pareil. Il sait qu'il ne doit pas s'en servir. Et je ne crois pas que…

- Détrompe-toi ! l'interrompit Hermione. Tu sais bien qu'il ne résiste pas à tout photographier et dans l'euphorie du match, je suis sûre qu'il serait capable de l'utiliser malgré nos mises en garde !

- Mais qu'est-ce qu'il fait au juste ? demanda Harry. Enfin, l'appareil je veux dire…

- Je n'ai pas le temps de vous expliquer maintenant, répondit Hermione qui avait déjà atteint la porte de la bibliothèque. Dépêchez-vous !

Ils coururent à perdre haleine à travers les couloirs du château et se ruèrent dans le parc avant de bifurquer pour rejoindre le stade.

Ils s'arrêtèrent à proximité des tribunes de Gryffondor et repérèrent Colin dans les gradins. Hermione avait raison, il tenait son appareil photo, sous l'air réprobateur de Neville, et s'apprêtait à placer son œil dans l'objectif pour photographier une action particulièrement spectaculaire d'un poursuiveur de Serdaigle.

- Harry ! cria Hermione pour couvrir les bruits de la foule en délire. Empêche-le ! Tu es le seul à pouvoir l'atteindre avec un sortilège d'aussi loin !

Mais Harry hésita. Il restait figé à regarder Hermione comme si elle était soudain devenue folle et était incapable de faire le moindre geste, ni même de prendre une décision.

- Harry ! s'énerva Hermione en l'attrapant fermement par le bras. Plusieurs élèves vont être dans le champ de vision de l'appareil et je t'assure que, dans quelques minutes, ça ne va vraiment pas être beau à voir !

Ron était livide mais parvint à encourager Harry à son tour. Sans réfléchir, Harry sortit sa baguette magique de sa poche et la pointa enfin vers Colin.

- Stupéfix ! s'écria-t-il en se concentrant sur toute la puissance magique dont il était capable.

Un éclair d'une puissance phénoménale traversa le stade à une vitesse fulgurante et atteignit Colin de plein fouet. Tous les élèves horrifiés se levèrent d'un bond et des hurlements de terreur parcoururent les tribunes où chacun se bousculait déjà pour s'enfuir.

Les professeurs avaient réagi immédiatement et, à la plus grande stupeur des trois adolescents, le professeur McGonagall, Dumbledore et le professeur Rogue avaient sorti leurs baguettes et les pointaient sur Harry, toujours immobile à proximité du terrain.

Harry n'avait jamais vu une telle expression sur leurs visages. Ils le regardaient comme s'ils avaient Voldemort en personne devant eux. Dumbledore était effrayant de sang froid le professeur McGonagall était d'une pâleur inquiétante mais maintenait fermement sa baguette quant à Rogue, on aurait dit qu'il tenait enfin la revanche qu'il avait toujours rêvé de prendre sur Harry. Le professeur Flitwick, qui s'était précipité sur Colin, annula le sortilège et guida l'adolescent, titubant encore sous le choc, vers le château aidé de Madame Bibine.

- Mon dieu, qu'est-ce qu'on a fait ! grimaça Ron d'une voix étranglée.

Harry baissa prudemment sa baguette d'un geste lent et se tourna vers Hermione. Il entendit à peine le professeur McGonagall qui avait arraché le mégaphone magique des mains de Lee et recommandait aux élèves affolés de retourner dans leurs salles communes sans cris et sans bousculades.

- Hermione, je vais me faire renvoyer, lâcha Harry dans un souffle. Mais avant, je vais me faire passer un tel savon que je crois que vous pouvez tout de suite aller préparer ma valise à ma place parce que je vais me faire jeter dehors bien avant ce soir !

- Ne dis pas de bêtises, tenta-t-elle de le rassurer. Ils ne peuvent pas te renvoyer.

- Tu te moques de moi ! s'emporta Harry. Qu'est-ce que je vais leur dire… ?!

- ON ne va rien leur dire du tout, répondit fermement Hermione. Il n'est pas question qu'on te laisse te débrouiller tout seul. Je te rappelle que nous étions cinq à entrer dans une pièce où nous n'avions pas le droit d'aller. Je vais aller chercher les deux autres idiots qui n'ont pas su prendre mes recommandations au sérieux et on ira tous chez Dumbledore pour lui dire que c'est notre faute à nous aussi. Le seul problème, c'est qu'on ne devra en aucun cas parler de l'appareil photo parce que là, s'ils apprennent qu'on était en possession d'un truc pareil, on va être cinq à faire nos valises !

- Tu ne veux pas leur dire ?! s'exclama Harry qui n'en revenait pas. Mais comment on va s'expliquer alors ?

- On ne va rien expliquer ! rétorqua Hermione avec une telle assurance que les deux garçons en restèrent sans voix. Laisse faire les choses et je suis sûre que tout s'arrangera. Quoi que dise ou fasse Dumbledore, Harry, ne dis rien. Ne trahi pas Colin et fais moi confiance ! s'empressa-t-elle de rajouter en voyant les professeurs se précipiter vers eux. Je vais chercher Neville et Colin. Ron, viens avec moi !

Les deux adolescents partirent vers le château et abandonnèrent Harry, abasourdi par la tournure que prenaient les évènements. Dumbledore, Rogue et McGonagall vinrent se placer devant lui. Ils ne le menaçaient plus mais avaient tout de même gardé leurs baguettes à la main.

- Harry, commença Dumbledore d'une voix où perçait un ton glacial mais néanmoins rassurant. Je suis sûr que tu avais de bonnes raisons de faire ce que tu viens de faire, mais je voudrais que nous allions en discuter dans mon bureau.

- Professeur, s'interposa Rogue avec un sourire en coin. Je crois que nous devrions désarmer Potter. Une fois de plus, il vient de prouver qu'il pouvait être empreint à un comportement susceptible de mettre ses camarades en danger et…

- Je ne crois pas que ce soit nécessaire, Severus, démentit durement Dumbledore en sondant Harry par-dessus ses lunettes en demi-lune. Suis-moi, Harry. Et vous aussi, intima-t-il à l'attention des professeurs.

Les quatre sorciers se dirigèrent vers le château sans un mot et le trajet parcouru ensuite jusqu'au bureau du directeur parut d'une longueur infinie à Harry qui n'arrivait plus à réfléchir. Hermione lui avait conseillé de se taire, mais Dumbledore était quand même capable de comprendre beaucoup de choses ! Après tout, il venait sans doute de sauver la vie de plusieurs élèves si ce qu'Hermione lui avait dit était vrai… Que risquait-il pour avoir agi ainsi ?

Harry eut l'impression d'avoir été directement transporté du parc à la chaise qu'il occupait à présent dans le bureau de Dumbledore. Il ne se souvenait pas avoir marché jusque là et fut sorti de ses réflexions par le vieil homme assis en face de lui et qui l'observait d'un air grave. Le professeur McGonagall occupait la chaise voisine et Rogue était debout, les bras croisés, appuyé à une table près du bureau.

- Peux-tu me dire pourquoi tu as fait ça ? demanda enfin Dumbledore qui semblait vraiment déçu.

- Non, répondit simplement Harry en soutenant son regard.

McGonagall, qui s'était contentée jusque là de contempler ses mains, tourna la tête vers Harry d'un air étonné. Rogue eut un grognement et un mouvement agacés.

- Harry, tenta à nouveau Dumbledore. En dehors du fait que la magie soit interdite entre les cours, est-ce que tu te rends compte que tu aurais pu blesser quelqu'un ?

- Ce n'est pas le cas, professeur. Et rassurez-vous, c'est vraiment Colin que je visais…

Etait-ce un mince sourire que Harry venait de déceler sur le visage fatigué de Dumbledore ? Il n'aurait su le dire car l'expression de gravité reprit sa place aussitôt et le vieil homme se cala au fond de son fauteuil.

- Avant de poursuivre, reprit-il. Je voudrais être sûr que tu comprennes bien que, sans explication de ta part, je vais être dans l'obligation de t'interdire de reprendre les cours, Harry.

- Prenez les mesures que vous jugerez utiles, accepta l'adolescent avec résignation.

Dumbledore ne voulait pas y croire. Harry n'avait même pas réagi à la menace à peine voilée d'un renvoi de l'école. Le professeur McGonagall ouvrit la bouche pour dire quelque chose, mais aucun son n'en sortit et elle se ravisa tandis que Rogue jubilait dans son coin.

- Je vais te poser une dernière fois la question, Harry…

- Ce n'est pas la peine, professeur, je ne reviendrai pas sur ma décision, affirma l'adolescent d'un ton calme.

A cet instant, la porte du bureau s'ouvrit à la volée et Hermione, Ron, Neville et Colin entrèrent en trombe dans le bureau, faisant sursauter ses occupants qui ne s'attendaient pas à cette irruption soudaine. Seul Harry n'était pas surpris et, pour la première fois depuis qu'il était ici, il détourna les yeux de Dumbledore pour regarder ses camarades. Ron avait un visage bienveillant, ce qui était plutôt rassurant. Hermione était déterminée, comme d'habitude. Colin avait l'air d'aller beaucoup mieux et Neville ne paraissait pas impressionné malgré le fait qu'il subirait sûrement la colère de sa grand-mère s'il recevait une punition.

- Professeur ! haleta Hermione. Si vous renvoyez Harry, il faudra nous renvoyer nous aussi parce que nous sommes cinq à être impliqués dans ce qui s'est passé tout à l'heure !

- Miss Granger, siffla Rogue, au comble de l'exaspération. On ne vous a jamais appris à frapper à une porte avant d'entrer ?!

- Laissez, Severus, l'excusa Dumbledore. Peut-être qu'à présent nous obtiendrons des réponses à nos questions ? Pourriez-vous maintenant me dire ce qui vous a poussé à avoir une telle réaction envers l'un de vos camarades ?

- Non, répondirent Hermione, Ron, Neville et Colin d'une même voix.

- Monsieur le directeur, s'interposa à nouveau Rogue. Nous devrions garder Londubat et faire sortir les autres, suggéra-t-il, en connaisseur, sous le regard outré du professeur McGonagall.

- Ben voyons, lâcha Harry en foudroyant Rogue du regard. Je suis sûr que vous avez déjà tout ce qu'il faut sous la main pour réussir à le faire parler !

- Harry ! lança Dumbledore indigné. Je te prierais d'avoir un peu plus de considération à l'égard d'un professeur.

Harry reporta son attention sur le vieil homme, sans rien changer à l'expression de son visage, et n'eut pas besoin de se retourner pour comprendre que Ron souriait à sa remarque. Rogue plissa les yeux en regardant Ron d'un air féroce mais n'ajouta rien. Apparemment, les comptes se règleraient plus tard…

- Albus, dit enfin le professeur McGonagall. Je crois qu'il est inutile d'insister. Il est bien évident que mes élèves méritent des sanctions, mais il serait préférable que nous en parlions en privé, précisa-t-elle en regardant Rogue du coin de l'œil.

- Assurément, Minerva, approuva Dumbledore. Mais personne ne sortira de cette pièce pour l'instant car il y a un autre point que nous devons éclaircir. Si j'ai demandé au professeur Rogue d'être présent, c'est parce qu'il pense qu'une de ses élèves a eu à subir ce qui n'est sans doute qu'une simple plaisanterie sans importance, mais je dois m'assurer que Miss Bulstrode ne cours aucun danger et je me suis laissé dire que quelques Gryffondor n'étaient pas étrangers à la soudaine popularité de cette élève, dit-il en regardant les cinq adolescents figés de stupeur devant lui.

- Tout porte à croire en effet, enchaîna Rogue en se redressant et en arpentant la pièce pour venir se placer fièrement devant McGonagall. Que vos chers protégés, souligna-t-il avec un rictus mauvais. Ont fait avaler je ne sais quelle substance à Miss Bulstrode qui nous fait profiter d'un comportement plutôt étrange depuis quelques temps.

- Je… je la trouve très épanouie ! balbutia McGonagall en feignant la surprise.

Harry ne sut comment il parvint à ne pas éclater de rire, tout comme Hermione, Ron, Neville et Colin qu'il sentit frémir derrière lui.

- Et je ne crois pas que cette affaire ait un quelconque rapport avec la gravité des faits qui nous réunissent pour l'instant, poursuivit McGonagall d'une voix dure en refusant de se laisser impressionner.

- Sans doute, concéda Rogue en montrant les dents. Mais si l'on considère que certains d'entre eux -il adressa un regard tout particulier à Harry-, pourraient être définitivement exclus de ce collège d'ici peu, je crois au contraire que c'est le moment idéal pour éclaircir la situation.

- Est-ce que l'un d'entre vous a fait boire quelque chose à Miss Bulstrode ? demanda McGonagall à ses élèves.

- Non, répondirent-ils les uns après les autres d'un air surpris.

Rogue et McGonagall se tournèrent immédiatement vers Dumbledore pour savoir ce qu'il en pensait. Il était évident qu'il les croyait mais il sembla inquiet tout à coup. Harry sentit alors que les choses pourraient mal tourner pour eux car Dumbledore était capable de déceler le mensonge et il s'attendait au pire au cas où cet interrogatoire se prolongerait un peu trop longtemps.

- Dans ce cas, est-ce que Miss Bulstrode court un quelconque danger ? demanda Dumbledore en les regardant gravement par-dessus ses lunettes.

Les quatre garçons se tournèrent automatiquement vers Hermione qui parut surprise sur le moment. Après tout, elle n'avait pas eu le temps de leur dire ce qu'elle avait découvert à la bibliothèque et, de leur côté, ils n'avaient pas pensé à s'inquiéter du sort de Millicent en apprenant que l'appareil photo était dangereux. Hermione était donc la seule à pouvoir apporter une réponse à cette question. Elle regarda tour à tour toutes les personnes présentes dans le bureau et se décida à répondre.

- N… non, professeur.

- Très bien, dit alors Dumbledore qui semblait un peu plus rassuré. Dans ce cas, je crois que nous pourrions laisser cette affaire de côté pour l'instant, proposa-t-il en se tournant vers Rogue qui fulminait de voir les Gryffondor s'en sortir aussi facilement.

- Comme vous voudrez, lâcha Severus à contrecoeur.

Il se dirigea vers la porte d'un pas vif et sortit du bureau.

- Bien, reprit calmement Dumbledore. Harry, tu n'es toujours pas décidé à me dire ce qui t'a poussé à lancer un sortilège sur Mr Crivey ?

- Non, refusa-t-il une fois encore.

- Dans ce cas, je vais devoir t'exclure du collège pour une durée d'une semaine. Minerva, vous n'y voyez pas d'inconvénients ?

- Non, professeur, assura-t-elle.

- Nous aussi ? demanda Ron le plus naturellement du monde.

- Pas vous, Mr Weasley, précisa Dumbledore. Ni aucun autre de vos camarades d'ailleurs...

- Mais nous vous avons dit que nous étions tous responsables, intervint Hermione avec détermination. Nous aussi nous devrions être renvoyés.

- Et pour quelle raison, je vous prie ? fit semblant de s'étonner Dumbledore, apparemment ravi de les prendre à leur propre piège. Je vous rappelle que vous vous obstinez à ne pas vouloir répondre à mes questions et, pour ma part, je n'ai vu qu'un seul élève, ici, se servir de sa baguette : Harry. C'est donc lui qui recevra la seule sanction d'exclusion décidée aujourd'hui. Vous quatre, désigna-t-il en les montrant du doigt un par un. Vous aurez une heure de retenue tous les soirs de la semaine à venir et je veillerai personnellement à ce que vous soyez très occupés, croyez-moi.

- Vous allez m'envoyer chez les Dursley ? s'enquit Harry, presque indifférent à cette idée.

- Non, Harry. Maintenant que tu es en cinquième année, tu as atteint un niveau d'étude important et avec le retour de Voldemort, il n'est pas question de te faire perdre une semaine de cours. Je vais t'envoyer chez l'un de mes amis, dans le Kent, qui se chargera de ton éducation.

Harry eut une étrange impression en entendant ces mots. Dumbledore, même s'il paraissait toujours déçu de ne pas avoir réussi à gagner sa confiance, semblait presque content de lui annoncer cette nouvelle, mais il ne parvint pas à comprendre sur le moment ce qui rendait le vieil homme aussi serein.

- Tu vas partir immédiatement, Harry, poursuivit Dumbledore. Je vais demander à Hagrid de te conduire à la gare de Pré-au-Lard où ton nouveau professeur viendra te chercher. Je ferai suivre quelques-unes de tes affaires dès demain. Minerva, voudriez-vous aller prévenir Hagrid ?

- Certainement, professeur, accepta-t-elle en se levant.

- Quant à vous quatre, reprit Dumbledore. Vous pouvez retourner dans votre salle commune.

Hermione, Ron, Neville et Colin adressèrent un regard confiant à Harry et sortirent sans un mot.

Dumbledore se pencha sur son bureau, prit une plume et un morceau de parchemin et commença à rédiger une longue lettre sans prêter la moindre attention à Harry toujours assis en face de lui.

Les minutes s'écoulèrent dans un silence pesant et le vieil homme se leva enfin. Il s'avança vers la cheminée et y jeta une pincée de poudre de cheminette, puis déposa le rouleau de parchemin qu'il venait de rédiger dans les flammes vert émeraude qui disparurent en emportant la lettre.

Harry trouvait l'attente interminable et l'indifférence de Dumbledore agaçante, mais qu'aurait-il pu dire au vieil homme de toute façon ? Il regarda d'un air absent les anciens directeurs du collège dont certains avaient suivi la conversation quelques minutes plus tôt et, à présent, ils s'étaient tous endormis dans leurs cadres d'or et offraient un spectacle d'un ennui mortel.

Des coups frappés à la porte annoncèrent l'arrivée de Hagrid qui entra dans la pièce sur l'invitation de Dumbledore.

- Ah, Hagrid. Voudriez-vous conduire Harry à la gare, je vous prie ?

- Le professeur McGonagall m'a informé de votre intention de renvoyer Harry, professeur, dit Hagrid d'un ton rude. Je ne crois pas que ce soit une bonne idée, il n'a certainement pas fait…

- Ce qu'il a fait, il est pratiquement le seul à le savoir, le coupa Dumbledore avec un regard perçant. Et croyez bien que je dirige ce collège comme il se doit.

- Bien sûr…, professeur, s'excusa Hagrid d'un air gêné. Je ne voulais pas…

- Très bien, dans ce cas, l'interrompit à nouveau Dumbledore. Veuillez faire ce que je vous demande.

- Viens, mon bonhomme, se résigna Hagrid en attrapant Harry par l'épaule.


Pas de panique, la semaine d'exclusion de Harry ne sera pas si terrible !

A bientôt pour la suite…