Titre : Le Soupirant

Disclaimer : J.K Rolling

Rating : T

Genre : Romance/Mistery

Note : remerciements à Nachtfrost Yuu, qui me lit et me corrige

Dédicace spéciale à Hakuronchu qui a gagné cette histoire dans mon précédent concours

Chapitre 2 : Stalking

Theodore était un garçon discret. Il était capable de passer inaperçu dans presque n'importe quelle situation depuis son plus jeune âge. Il semblait qu'il s'agissait d'un talent familial. Son père avait la même capacité, et, d'après ce qu'il lui avait raconté, son grand-père et son arrière-grand-père avant lui. Les Nott avaient en effet la capacité, depuis autant de temps que la mémoire familiale remontait, de se draper dans un voile de magie. La barrière ainsi créée renvoyait pour chaque onde reçue une onde contraire, que l'onde soit magique, sonore ou visuelle. Le résultat était que lorsqu'il se retrouvait derrière sa protection, les gens ne le percevaient plus, tant qu'il ne pénétrait pas la sphère d'intimité d'un sorcier. À ce moment-là, la magie de l'individu le reconnaîtrait comme menace et avertirait immédiatement son hôte qui se concentrerait sur lui. Néanmoins, tant qu'il ne s'approchait pas trop, il était quasiment indétectable. Il usa de cette capacité sans vergogne dans le but de satisfaire sa passion.

Il commença à le suivre entre les cours, le matin, le soir, la nuit même une fois qu'il s'était rendu compte que Harry souffrait d'insomnies et appréciait se balader dans les couloirs après le couvre-feu. Alors, tout doucement, il s'intégrait secrètement dans son quotidien, apprenant ses passions, ses horaires, ses préférences culinaires et vestimentaires, ses places favorites dans la Grande Salle ou en classe, les personnes avec lesquelles il s'entendait bien, et tout ce qui faisait que Harry était Harry.

Il avait réussi à se procurer sans trop de difficultés son emploi du temps, mais, plus important, il avait récupéré le mot de passe de la salle commune des griffindor. Quelques semaines de planque et il avait repéré les allées et venues des occupants de la tour Est.

En parallèle, il avait fait une liste des personnes avec qui Harry entrait en contact. Il les avait classées sous les critères : Confidents, Amis Proches, Amis, Connaissances, Ennemis. Il avait relié à chaque nom un fiche détaillée comprenant -entre autres- le nom, le prénom, la date de naissance, le groupe sanguin, la généalogie, les intérêts qu'ils trouvaient à rester avec Harry, et leur plus grande peur. Theodore ayant toujours été un garçon méticuleux, chaque fiche était soigneusement codée et classée avant d'être rangée et protégée à l'abri des regards. Il avait pour ambition professionelle de devenir Langue-de-Plomb, et il savait qu'il avait les qualités pour.

Il passa à l'action peu de temps après son repérage des allées et venues de la salle des lions. Mardi, deux heures du matin, une heure totalement creuse. Personne dans les couloirs, personne debout. Il cacha son blason de slytherin et enfila l'écharpe rouge et or qu'il avait 'empruntée' à un première année un peu distrait. Il réveilla la Grosse Dame, qui râla, bien évidemment, mais lui donna rapidement accès à la pièce, pressée de se rendormir. Il se faufila dans la pièce aux tons chauds, plongée dans l'obscurité et se faufila parmi les ombres, drapé dans une nappe de magie. Il grimpa furtivement les escaliers de pierre, prenant bien garde à ne pas emprunter ceux menant au dortoir des filles en se repérant sur les enchantements placés sur ceux-ci. C'étaient les même que dans sa propre salle commune. Il s'était toujours demandé pourquoi seules les filles étaient protégées contre les intrusions du sexe opposé. Il avait eu l'heur de voir à deux reprises une fille vénale tenter de s'introduire dans son dortoir pour retrouver l'héritier Malfoy et l'obliger à l'épouser après qu'il y ait eu rapport -qu'il soit consentant, ou même conscient ne changeait rien. Heureusement, Nott avait pu discrètement lancer l'alarme, ayant le sommeil extrêmement léger. Personne n'avait jamais su que c'était lui étant donné qu'il faisait ensuite semblant de se réveiller en sursaut avec les autres, cependant, il savait que Snape et Dumbledore avaient des soupçons. Snape grâce à son passé d'espion et son incroyable sens de l'observation et Dumbledore parce que, aussi énervant cela soit-il, le vieux fou semblait toujours tout savoir.

Il arriva rapidement devant la porte du dortoir des cinquièmes années et ouvrit doucement la porte. Il avait pris soin de lancer un sort lubrifiant sur les gonds afin qu'ils ne grincent pas, et elle s'ouvrit sans bruit. Il entra furtivement et referma le panneau de bois derrière lui. L'action n'avait pas duré deux secondes, et un élève éveillé mais encore perdu dans les limbes du sommeil croirait à une illusion de son esprit et ne pourrait discerner la silhouette accroupie dans l'obscurité. Cependant, aucun des adolescents n'était conscient. Il prit quelques instants pour habituer ses yeux à l'obscurité plus profonde dans la pièce que dans les escaliers et la salle commune. Une fois accomodé, il observa, immobile, la pièce et essaya de capter les petits détails. Le dortoir n'était pas très bien rangé, mais l'on pouvait deviner à quel personne appartenait chaque lit, plus ou moins précisément. À côté du lit à sa droite se trouvait une valise béante, laissant déborder ses entrailles sur le sol. Au vu des affaires uniquement de seconde main, raccomodées et usées, il en déduisit qu'elles appartenaient à Ronald Weasley, le meilleur ami de sa proie. Continuant par la droite, le lit à baldaquin suivant avait les rideaux entrouverts, mais l'obscurité l'empêchait de discerner l'occupant. Le lit suivant était fermé, mais au sol traînaient des magazines, et s'il ne pouvait observer précisément leur contenu, il se doutait qu'il s'agissait des magazines de charmes de Seamus Finnigan, réputé pour avoir l'une des plus grandes collections du château. Les deux derniers lits étaient également fermés, et rien ne laissait vraiment d'indices pour deviner les occupants des lits. Il s'approcha souplement de celui déjà ouvert. Il murmura légèrement l'incantation, et quelques étincelles orangées sortirent de sa baguette pour s'éteindre presque aussitôt, imitant les braises d'un feu craquant. La faible lueur, insuffisante pour réveiller l'endormi, lui permit tout de même de discerner Neville Longbottom, l'un des amis proches de Harry. Il se recula tout aussi discrètement et se tourna vers le lit le plus proche dont il n'avait pas deviné l'hôte. Il s'agissait de celui juste à gauche de la porte en entrant. Il jeta quelques sorts de détection sur les tentures l'entourant, et découvrit que le lit était protégé par un sort de vérouillage, et un autre d'alarme. Il comprit alors qu'il s'agissait de celui de Harry. La guerre devait lui avoir appris une bonne dose de paranoïa. Heureusement pour lui, Harry devait se sentir relativement en sécurité à Hogwart et ses sorts n'étaient pas d'un niveau très élevé. Theodore les défit délicatement en à peine quelques minutes. Il entrouvrit les pans de tissu lourd et se glissa dans l'interstice. Prenant garde à bien répartir son poids, il se hissa sans grande difficulté sur le matelas et s'immobilisa.

Il se retrouvait à genoux au pied du lit de sa Passion. À à peine quelques centimètres de le toucher. À ressentir la chaleur produite par son corps. À écouter sa respiration, il pouvait presque sentir le léger souffle glisser sur sa peau. Il voyait à présent parfaitement bien, ayant eu le temps de s'accomoder à l'obscurité ambiante. Il distinguait parfaitement la silhouette svelte et masculine sous les draps chauds. Le coton épais épousait le corps comme un amant, et la respiration de Theodore s'emballa un instant avant qu'il ne redevienne maître de lui-même. Du haut des draps dépassaient le visage de Harry, découvert jusqu'au menton, et sa main droite, près de sa tête, légèrement fermée. Ses yeux s'agitaient sous ses paupières, signe de sommeil profond et de rêve, et sa bouche était tordue dans une moue adorable. Ses cheveux éternellement en bataille reposaient en désordre sur l'oreiller. Au bas des draps dépassait le bout de son pied doré, à peu près jusqu'à la moitié. Les orteils étaient alanguis presqu'entre les cuisses du voyeur amoureux et se recourbaient délicatement sur eux-mêmes au fur et à mesure de l'évolution des songes de leur porteur. Les ongles courts étaient propres et bien taillés. Des poils noirs ornaient le dessus des orteils et du pied en un duvet fin et épars. Il avait le pied grec, l'index plus long que le pouce, et le majeur, l'annulaire et l'auriculaire décroissants, mais cependant toujours plus courts que le pouce. Theodore aurait tant souhaité faire courir ses doigts sur la plante de pied calleuse du jeune homme, taquiner les creux et les bosses qui la décoraient, remonter jusqu'à la cheville par l'intérieur peut-être, et chatouiller l'os rond sublimant l'intérieur de sa cheville souple.

Il s'enfuit aux premières lueurs de l'aube.

NdA : Dans le chapitre précédent, j'ai mis un astérisque au mot 'méduse'. Celui ou celle qui découvre cette référence gagne l'histoire de son choix. Indice : c'est dans un manga.