Titre : Le Soupirant

Disclaimer : J.K Rolling

Rating : T

Genre : Romance/Mistery

Note : remerciements à Nachtfrost Yuu, qui me lit et me corrige

Dédicace spéciale à Hakuronchu qui a gagné cette histoire dans mon précédent concours

Chapitre 2 : Emprunts à long terme

"Harry, dépèche-toi ! On va être en retard pour le cours de McGo' !

Oui, j'arrive, j'ai perdu mon écharpe !

C'est pas grave, t'en as pas besoin, grouille !

T'es malade, il fait super froid aujourd'hui, je vais attraper la crève !

Et on va attraper une retenue si on se bouge pas. Et Mione va nous tuer si on se fait coller pendant son horrible plan de révision des NEWTS !

C'est bon, c'est bon, j'arrive... J'étais pourtant sûr..."

Finalement, Harry et Ron réussirent à arriver en cours de métamorphose juste à temps, et il ne se prirent qu'un regard noir de la part de la professeur et de leur amie. Ils s'installèrent et la leçon commença. À la fin du cours, dans les couloirs, Hermione les réprimanda sur leur presque-retard, puis houspilla Harry sur son manque d'écharpe par ce froid. Il lui répondit qu'elle avait disparu et elle lui rétorqua que s'il rangeait mieux ses affaires, ce genre de situations n'arriverait plus. Il se renfrogna et elle enchaîna en tançant Ron sur sa tenue débraillée. Finalement, elle prit pitié de lui en le voyant frissoner dans les couloirs froids aux alentours du déjeûner. Harry hérita donc d'une écharpe informe et d'une couleur... indéfinissable, à l'origine destinée aux elfes de la SALE. Cependant, le vêtement était suffisamment chaud et confortable pour faire taire toute protestation avant même qu'elle ne soit pensée. Sans compter que Harry était plutôt habitué à porter des vêtement sans vraiment de forme et trois fois trop grands, et que ça ne le gênait plus depuis longtemps. Il se demandait quand même où avait pu disparaître son écharpe...

Theodore observait son obsession depuis un coin d'ombre, la main dans la poche de la robe large de l'uniforme de Hogwart, caressant légèrement le tissu doux d'un tissu laineux de couleur rouge et or. Il continuait à visiter le brun de son coeur chaque nuit, et la soirée dernière, il avait craqué.

L'écharpe était posée innocemment sur la table de chevet, pliée rapidemment en quatre. On voyait qu'elle était usée, mais elle était en bon état et propre. On en prenait soin. Seules quelques mailles étaient lachent, et quelques franges manquaient. D'aussi loin qu'il s'en souvenait, Harry la mettait dès qu'il y avait un peu de vent. Il la chérissait. Aucune tache ne venait la souiller. Il savait qu'il devait partir, mais il ne pouvait détacher ses yeux de la relique. Il laissa glisser ses doigts délicatement le long des rangs laineux et encore serrés. L'écharpe était douce, moelleuse, et devait tenir chaud. En aucun cas elle n'était rugueuse ou piquante comme pouvaient l'être certaines étoffes semblables. Theodore se demanda si c'était à force de se frotter contre une peau aussi douce et intime que celle de la nuque d'un être aussi merveilleux que Harry qu'elle avait perdu sa rugosité... Il secoua la tête. Faire de la poésie ne lui allait pas, il ne savait pas vraiment d'où il avait sorti cela. Il devait partir. Mais il se rendit compte qu'après tant d'années passées aux côtés de Harry, elle devait s'être gorgée de son odeur, de sa présence. Ses pupilles se dilatèrent brusquement, et son champs de vision ne fut plus réduit qu'à l'étole colorée. Sans qu'il ne sache trop comment, il se retrouva à genoux, le visage enfoncé dans le tissu épais, le nez et la gorge emplis de l'odeur de sa tentation. Il sentait cette légère fragrance de menthe, de chocolat et de thé au miel. Il distinguait derrière une touche de musc. Ce ne fut que lorsque l'un des endormis grogna et se retourna dans son sommeil qu'il se rendit compte qu'il inspira bruyamment à plein poumons cette odeur enchanteresse. Il s'immobilisa aussitôt et força son coeur à calmer sa course frénétique. Il se releva ensuite et s'enfuit furtivement mais prestement. Arrivé dans la sécurité de son baldaquin, il s'autorisa à se relacher. Comment avait-il pu baisser sa garde à ce point ? Faire une telle erreur n'était même pas digne d'un débutant. Il observa sa main droite crispée sur le tissu responsable de son désarroi et le plaqua avidement contre son visage, glissant sa main gauche dans son pantalon.

Quelques temps plus tard, cependant, il dut se rendre à l'évidence. Son besoin de posséder ce qu'avait possédé Harry était maintenant implacable, une drogue dont il était incapable de se défaire. Il commença alors à subtiliser discrètement des affaires à son obsession. La plume qu'il avait mâchouillée en cours. La serviette de bain qu'il n'avait pas rangée dans la salle d'eau après s'être séché les cheveux. Le talisman offert par Luna Lovegood, une de ses amies de Ravenclaw, assez excentrique mais étonnement clairvoyante. Sa brosse à dent. Son peigne -dont il ne se servait que très peu. Un pull fait main offert par Molly Weasley, la mère de Ronald. Un livre dans lequel il avait décoré les marges. Des chaussettes offertes par Dobby, l'elfe de maison qui le vénérait. Il espaçait ses 'emprunts'. Il répugnait à dire vol. Après tout, il comptait bien capturer Harry, et à ce moment, tout ce qui serait à l'un appartiendrait également à l'autre. Il ne s'agissait donc pas de larcins mais d'avances.

De son côté, Harry commençait à se douter de quelque chose. Certes, il n'avait jamais été un professionel du rangement et de l'oraganisation, mais tout de même ! Tant d'affaires disparaissant ! Il commençait à devenir paranoïaque. Il avait déjà fait vider sa valise à Ron et Neville, dans l'hypothèse où ils auraient échangé des affaires, mais ça n'avait rien donné. Seamus et Dean avaient catégoriquement refusé, arguant qu'il disjonctait complètement et qu'il avait dû perdre ses affaires quelques part dans le château avant de se moquer de lui en lui annonçant que si Loufoca était là, elle lui dirait que les Nargles lui jouaient des mauvais tours et que sa tête était envahie de JoncheRuines. Il s'énerva à l'insulte, et Neville le soutint en tenant tête aux deux garçons, prenant sur lui pour vaincre sa timidité. Ron se contenta de secouer la tête et de se replonger dans son magazine de Quiddich.