Titre : Le Soupirant

Disclaimer : J.K Rolling

Rating : T

Genre : Romance/Mistery

Note : remerciements à Nachtfrost Yuu, qui me lit et me corrige

Dédicace spéciale à Hakuronchu qui a gagné cette histoire dans mon précédent concours

Chapitre 4 : La manière forte

Harry était habitué à être admiré, regardé, scruté et espionné. C'est pour cela qu'il était également habitué à être dénigré, et même à ce que certaines personnes aient des gestes de violence envers lui. Comme disait l'adage : on ne peut pas plaire à tout le monde. Et la célébrité ne faisait que le rendre plus vrai. De Snape le haïssant pour être le fils de celui qui avait pourri sa scolarité et épousé la femme de sa vie à Filch qui détestait tout le monde, de toute façon, et surtout les élèves, en passant par tous les ultra-conservateurs, ou tout simplement ceux auxquels sa tête ne revenait pas, il y avait quantité de personnes qui en voulaient à Harry, et il y était habitué. En revanche, il n'était pas habitué à recevoir des excuses à genoux de la part de ceux qui ne l'aimaient pas. Le premier fut Michael Corner, qui l'avait bousculé brutalement dans les couloirs pour faire son malin. Mais tout le monde savait que Corner était un con fini, alors personne ne s'était donné la peine de réagir. Enfin, c'est ce que Harry avait cru jusqu'à ce que le dit con fini ne se jette à ses pieds deux jours plus tard, en larmes et sur le point de faire une crise de panique en le suppliant de lui pardonner toutes les crasses qu'il lui avait faites depuis le début de sa scolarité, en dévoilant même certaines dont Harry n'avait pas eu connaissance. Il consola tant bien que mal le garçon effondré dans ses bras avant que Hermione ne vienne à son secours et ne l'envoie à l'infirmerie se calmer. L'ensemble des personnes présentes regarda Harry d'un air étrange, et, deux heures plus tard, la rumeur courait qu'il avait sauvagement attaqué Corner avant de le laisser à l'état de loque sanguinolente sur le sol. Il n'y prit pas garde, mais fut plus que surpris quand on lui rapporta que Michael, quand il avait eu vent de cette rumeur, avait paniqué et s'était empressé de démentir disant que tout était de sa faute et que Harry était un sauveur. Au dîner circula donc l'information que Corner avait été kidnappé et que Harry avait massacré celui qui avait pris son apparence, le laissant baignant dans son sang au milieu du couloir, avant d'aller sauver un Ravenclaw terrifié, choqué et reconnaissant à vie.

Deux jours plus tard, il eut la mauvaise surprise de découvrir Malfoy l'attendant à la fin d'un entraînement de Quidditch. Étant le capitaine, il était le dernier à sortir et se retrouvait seul devant son Némésis. Néanmoins, avant qu'il n'ait eu le temps d'ouvrir labouche pour l'insulter, le blond le prit de court.

"Ecoute, Potter, on va dire que c'est fini la petite guerre entre nous, d'accord ? Après tout, nous sommes presqu'adultes, on n'est plus des gamins... Haha..."

Ce fut à ce moment-là qu'il remarqua que Malfoy tremblait très légèrement et que son front et son philtrum étaient recouverts de sueur. De plus, son regard était fuyant... traqué.

"Malfoy ? Tu vas bien ?

Moi ? Evidemment Potty ! Euh... Potter...

Tu es sûr ? Quelqu'un te menace ?

Me... Me menacer ? Moi ? Haha ! Tu délires ! Euh... Bon, je vais y aller... On dit que c'est de ma faute tout ce qu'il s'est passé entre nous depuis sept ans, ok ? C'est pour moi, haha..."

La voix de la fouine grelotta une ultime fois avant qu'il ne s'échappe rapidement, sans laisser le temps à Harry de poser des questions plus avant.

Et cela continua pendant des semaines. Quelques fois, ceux qui venaient s'excuser arboraient des bleus ou des contusions. Certains pleuraient. Aucun ne dit qui les obligeait à faire ça, même après que Harry ait réussi à 'capturer' un deuxième année qui avait apparemment répandu une rumeur peu glorieuse sur lui. Le jeune garçon fut plus muet qu'une tombe dans ses paroles, mais plus bruyant que Peeves dans ses bons jours par ses vagissements. Harry le laissa finalement s'enfuir de peur qu'il ne se mette à vomir à force de trop pleurer.

Il ne pouvait s'ôter de la tête que les vols dont il avait été victime et les abus dont certains de ses opposants faisaient les frais étaient liés, mais il ne parvenait pas à dire en quoi. Concrètement, rien ne les rapprochait, mais son intuition lui soufflait qu'ils avaient tout à voir. Et on ne survivait pas à un mage noir pendant quinze ans sans une bonne intuition.

Cependant, la partie prit un autre tournant lorsque Filch et Snape furent touchés à leur tour. Cela commença par Filch. Alors qu'il se promenait dans les couloirs pour rejoindre Hermione et Ron à la bibliothèque, il croisa l'acariâtre concierge et son horrible chatte. Dès qu'il l'aperçut, l'aigri bonhomme serra Miss Teigne plus fort contre lui et s'écarta de son passage.

"Vous me le paierez, Potter, vous me le paierez..." siffla-t-il méchament.

Pourtant, il n'enleva pas de points à Harry, ni ne le colla. Il prit d'ailleurs bien soin de l'éviter à partir de ce moment précis.

Ce fut en cours de Potions qu'il se rendit compte que Snape aussi subissait des pressions. Depuis quelques cours, il navait pas été embêté ni interrogé, et il pensait -avec joie- que son professeur s'était lassé, jusqu'à ce que Neville, avec lequel il était en binôme, ne fasse -une fois de plus- fondre son chaudron sous la pression infernale infligée par le maître des cachots. Ce dernier se retourna brusquement vers eux et commença à vociférer :

"Potter ! Vous êtes bien le fils de votre père, un inca-"

Et à la surprise la plus totale, il se tut brusquement, fit disparaître le chaudron fondu et son contenu d'un coup de baguette avant de s'enfuir de la classe dans une brusque envolée de robes noires. Harry jurerait avoir aperçu un éclat de panique sur son visage.

Cela ne pouvait plus durer. Il se leva et sortit de la salle sous les appels de ses amis.

Il se rendit devant la gargouille gardant le bureau directorial. Heureusement, le mot de passe n'avait pas changé depuis la dernière fois qu'il était venu. Crème brûlée. Il grimpa en quatrième vitesse les marches et frappa presque frénétiquement contre le panneau de chêne épais. Il reçut rapidement la permission d'entrer.

"Harry, mon garçon, tu m'as l'air bien pressé...

C'est urgent, professeur Dumbledore, il se passe quelque chose de grave...

Comment ? Entre vite et raconte moi tout..."

Il ne sortit pas de la tour avant que la nuit ne soit bien avancée. Dans son esprit tournaient en boucle les éléments qu'il venait d'apprendre. Dumbledore avait forcé Filch et Snape à avouer les pressions pesant sur eux. On avait déposé un cadavre de chat affreusement mutilé sur le lit du concierge, assorti d'un mot lui ordonnant de s'excuser auprès de Harry et de ne plus jamais lui faire de tort s'il ne voulait pas que son chat subisse le même sort que la charogne sur ses draps. Snape avait reçu une simple lettre. Sur son oreiller. Un matin. Quelqu'un avait passé toutes les protections de ses appartements, n'avait d'éclenché aucune alarme, et était allé jusqu'à déposer quelque chose à quelques centimètres de lui, ancien espion. Les menaces étaient claires. S'il continuait à s'en prendre à Harry, Lily Potter se retrouverait sans tombe, dispersée aux quatre vents. Et si la personne ayant écrit cela avait réussi à poser la lettre de cette manière, elle passerait n'importe qu'elles barrières protégeant la tombe. Snape avait néanmoins rapporté qu'après son esclandre en classe, la tombe était toujours intacte. Soit l'envoyeur ne pouvait pas agir immédiatement -faute de moyens ou juste de la connaissance des faits- soit il considérait que Snape n'était pas allé trop loin. Il s'agissait tout de même d'une menace. Tant pour les élèves que pour les professeurs apparemment. Harry parla également des vols qu'il subissait au professeur Dumbledore. Le vieil homme paraissait très vieux et inquiet. Il finit par congédier les trois hommes longtemps après que la nuit ne soit tombée et soupira profondément. Il ne connaissait qu'une seule personne susceptible de traverser les protections d'un homme aussi paranoiaque que Severus Snape. Theodore Nott Senior. Mais s'il avait transmis ne serait-ce que le quart de son talent d'infiltration à son fils, ce dernier était le coupable tout désigné. Mais il n'avait aucune preuve. Albus priait pour que le jeune Nott ne soit pas tombé amoureux de Harry. Son père en son temps était tombé amoureux d'une jeune sorcière de son âge et avait agi à peu près de la même façon, bien que l'on n'ait jamais rien pu prouver. La sorcière en question n'était pas tombée amoureuse de lui tout de suite. Elle avait seulement succombé au syndrôme de Stockholmes après trois ans d'emprisonnement. Officieusement. Officiellement, elle avait disparu pendant trois ans après son diplôme, et était reparue épouse Nott. On avait bien mené une enquête, mais jamais aucune preuve n'avait été trouvée... Et d'après ce qu'il avait pu observer, le fils était deux fois plus calculateur que son père... Il craignait tant pour celui qu'il était venu à considérer comme le petit-fils qu'il n'avait jamais eu...