Titre : Le Soupirant

Disclaimer : J.K Rowling

Rating : T

Genre : Romance/Mistery

Note : remerciements à Nachtfrost Yuu, qui me lit et me corrige

Dédicace spéciale à Hakuronchu qui a gagné cette histoire dans mon précédent concours

Chapitre 8 : Deuxième rendez-vous

Harry avait reçu une petite carte par la poste. Elle n'était ni de Hermione, ni des Weasleys. Elle était de Théodore. Le papier rigide lui demandait simplement de se rendre disponible pour le samedi soir et de prendre un manteau. Harry espérait qu'ils n'allaient pas aller dans un endroit chic, mais Nott, pardon Théodore avait semblé le cerner. Il relut pour la trentième fois au moins le message sobrement signé et soupira. Plus que trois jours.

Les trois jours passèrent horriblement lentement, l'ennui le consumant au point où consulter ses cours de potions lui semblait une intéressante perspective. Il tenta néanmoins de se divertir en entamant les recherches pour ses futures études. Il ne savait pas vraiment ce qu'il souhaitait faire. Auror était loin de le tenter, après tout ce par quoi il était passé, et entrer au Ministère ne lui faisait vraiment pas envie après les revers qu'il avait subi de ce dernier. Son indécision avait provoqué l'ire de Hermione, qui était déjà inscrite depuis des lustres dans un cursus sur l'Histoire de la Magie. À cette pensée, Harry grimaça. Après avoir eu Binns pendant sept ans, il ne pensait pas avoir la force d'ouvrir un livre d'Histoire pendant le reste de sa vie. Ses recherches, néanmoins, n'avaient pas vraiment porté leurs fruits. Il était toujours aussi indécis. Peut-être dans l'administration ou la gestion ? Il avait toujours été plutôt bon avec les chiffres, et cela lui permettrait peut-être de rester à l'écart de la foule.

La sonnette retentit et il bondit de son lit. D'un geste, il attrapa son manteau et son porte-feuille. Descendant les escaliers quatre à quatre, il ne se donna pas la peine de prévenir sa famille qu'il sortait, ni même de les saluer. Il sortit de la maison et faillit percuter Theodore, qui l'attendait tranquillement. Ilréussit à l'éviter de justesse au prix de son équilibre et ne dut qu'à ses réflexes de ne pas se retrouver le nez dans la poussière.

"Bonjour Harry. Comment vas-tu ?

Bonjour Theodore, bien, merci et toi ?

Ca fait bon ce soir, ce qui est une bonne chose.

Nous allons en extérieur ?

Précisément. J'ai remarqué que tu appréciais particulièrement te trouver en plain air, n'ai-je pas raison ?

Euh... Si... Tu sais que tu es un peu effrayant, parfois ? On dirait que tu es la personne qui me connaît le mieux..."

Rien ne lui répondit sinon un sourire énigmatique. Nott lui prit la main et ils remontèrent Privet Drive. Harry rougit et baissa la tête sous les quelques regards dégoutés ou outrés qu'ils croisèrent quand son compagnon ne semblait pas s'en aprecevoir, toujours aussi noble dans ses mouvements. Le brun profita qu'il regardait droit devant lui pour l'étudier un peu. Il observa les traits osseux du visage, sa construction acérée et complexe. Il manqua de sursauter quand il vit deux yeux perçants fixés sur lui, et tourna la tête vivement. Gêné, il tenta de retirer sa main de celle de Theodore, mais elle semblait prise dans un étau inflexible. Le blond s'arrêta et Harry fut obligé de suivre.

"N'aie pas honte de me regarder.

Je...

J'aime te savoir concentré sur moi."

Harry ne sut quoi répondre et se contenta de continuer à avancer lorsqu'ils se remirent en route. Cette phrase lui semblait... Etrange... Et un peu gênante. Elle réveillait en lui une sorte de malaise sur lequel il n'arrivait pas à mettre de mots.

Ils prirent un taxi magique une fois dans un boulevard peu fréquenté, et roulèrent -roulaient-ils vraiment se demanda Harry- une petite dizaine de minutes avant d'arriver devant un parc ceint de murs de pierre à l'air ancien et d'une immense grille en fer forgé. Voyant qu'aucun passant ne semblait voir l'endroit, Harry en conclut qu'il s'agissait d'un lieu appartenant à la communauté sorcière. Il suivit Théo et ils flanèrent dans les allées ouvragées pendant un moment, main dans la main. Le silence entre eux commença par être un peu gênant pour Harry avant qu'il ne se détende et ne finisse par l'apprécier. Theodore ne sembla perturbé à aucun moment.

Harry fut surpris quand ils quittèrent les charmantes allées pour passer par la végétation environnante. Cependant, le paysage était encore plus magique par ici. Les arbres et buissons luxuriants, taillés délicatement de manière sphérique et conservant leur essence première étaient l'exemple parfait du jardin à l'anglaise par excellence, doux et presque vaporeux, instaurant la touche humaine sans détruire l'harmonie naturelle, la réhaussant même. Les rideaux de plantes grimpantes semblaient cacher des passages vers d'autres mondes, voiles mystérieux et colorés. Harry bouscula Theodore quand celui-ci s'arrêta, trop pris dans l'observation de ce monde sensoriel époustoufflant. Il s'étonna d'abord, avant d'apercevoir une sorte de clairière naturelle, ombragée par des branches souples. Dans l'ombre éparse s'étendait un plaid pastel sur lequel reposait quelques plats et des couverts pour deux. Il rougit profondément. C'était très joli et très romantique. Théo lefit s'asseoir avant de lui servir un jus de citrouille dans un verre en cristal et de prendre place à ses côtés.

"Qu'en penses-tu ?

Euh... C'est très beau, très joli... Le parc est splendide, j'adore la nature !

C'est pour ça que je t'ai emmené ici. Aimes-tu l'idée du pique-nique ?

Oui ! Je n'en ai pas fait beaucoup dans ma vie, mais manger en plein air m'a toujours plu... Même sans verre en cristal, rit-il."

Theodore lui renvoya un sourire discret mais tendre devant son éclat de rire. L'esclaffement mourut tout de même dans la gorge de Harry quand sa joue se fit délicatement brosser par le dos de la main de Theodore. Le silence s'intalla de nouveau entre eux, cette fois-ci intense, et ne fut briser que lorsque le blond ramena une mèche de cheveux de Harry en arrière et qu'elle reprit immédiatement sa place, le faisant faire la moue et faisant pouffer le brun.

La nourriture fut simple mais délicieuse, la conversation légère et éparse, le cadre enchanteur. Au fur et à mesure que le soleil descendait à l'horizon, de discrètes lumières illuminaient le jardin, concurrencées par les lucioles.

Sans vraiment savoir comment, Harry se retrouva allongé sur le dos, Theodore contre son flanc, à contempler la voûte céleste et en riant doucement des anecdotes qu'il lui racontait sur les membres des grandes familles sorcières ayant porté les noms des étoiles qu'ils voyaient.

Le soleil avait disparu depuis longtemps quand l'éclat de leur rire s'éteignit et qu'ils commencèrent à ranger les affaires du pique-nique. Ou plutôt, que Théo réduisit le tout et le plaça dans sa poche.

Harry s'étirait, heureux de sa soiré, quand il fut retourné et ses lèvres collées contre d'autres. Il se raidit un instant avant de se détendre et de passer ses bras autour des épaules de Theodore. Il savoura quelques instants la pression chaude sur sa bouche avant qu'ils ne se séparent presque délicatement.

"J'ai quelque chose pour toi.

Quoi ? Encore ? Mais, il ne fallait pas, tu sais, moi je n'ai rien pour toi...

Accepte-le. Je ne veux rien d'autre de toi que ta présence. Je me sentirais insulté si tu m'offrais quelque chose ou si tu refusais mes présents.

C'est un peu inégal, non ? Que tu puisses m'offrir ce que tu souhaites mais que je sois incapable de te rendre la pareille ?

Je n'ai jamais dit que j'était juste, répliqua Théo en lui volant un autre baiser papillon."

Il sortit de sa poche une petite boîte à laquelle il redonna sa taille normale avant de la tendre à Harry. D'environ 15 centimètres sur 10, et d'une dizaine de centimètres de haut, elle était en bois acajou vernis et doré aux arêtes. Les charnières cuivrées étaient finement ouvragées et fraiches au toucher en comparaison de la tiédeur du bois. Harry l'ouvrit doucement et son souffle fut coupé.

Une petite figurine animée tournait sur son socle et embrassait l'enfant dans ses bras, le faisait tournoyer et le noyait de caresses avant d'éclater de son rire silencieux. Ses yeux étaient faits démeraudes et sa peau d'opale. Pour ses cheveux, les rubis les plus fins semblaient avoir été choisis. Le bébé, minuscule et presque perdu dans l'étreinte de sa mère, avait le crâne paré d'une mince couche d'onyx dévoilant son front encore pur.

La musique accompagnant ce tableau poignant lui était inconnue mais réveillait en lui une nostalgie certaine. Il referma délicatement la boîte à musique, et, les yeux brûlant de larmes qu'il ne laisserait pas couler, il serra son compagnon dans ses bras.

"Merci."

NdA : Il y a un sondage sur mon profil, n'hésitez pas à y participer, cela ne prend que quelques secondes et m'aiderait beaucoup. Merci d'avance.