La table était froide sous son dos. Un petit cercle semblait de texture différente au contact de sa peau et Clary grimaça de dégout au souvenir des petites taches rouges qu'elle avait vue. A nouveau, elle tira sur les liens qui lui enserraient poignets et chevilles, l'empêchant de se redresser et surtout, de s'échapper. Comment avait-elle pu rester figée devant son père alors qu'e jusque là, elle avait toujours su lui tenir tête ? Elle n'avait même pas essayé de courir. Il n'avait eu qu'à lui prendre le poignet et la soulever pour l'asseoir sur la table de métal. Clary regarda le plafond fixement, cherchant à entendre un son quelconque. Valentin était sorti de la pièce pour une raison qu'il n'avait pas cru bon de lui donné, la laissant seule, attachée à cette table glacée dans une pièce sordide avec pour seul vêtement son pantalon et son soutient-gorge. Elle avait froid, à la fois de peur et de fatigue. Milles idées sur son sort lui traversait l'esprit. Toutes pires les unes que les autres. Puis les pas de Valentin se firent entendre et le cœur de Clary accéléra. Une de ses visions allait forcément se produire. L'homme apparu dans son champ de vision. Il tenait quelque chose en main, dont l'éclat sous la lumière crue effraya Clary. Il posa presque tendrement une main dans ses cheveux, qu'elle aurait retirée d'un geste si elle avait pu.
-Je ne suis pas un monstre, Clarissa, aussi vais-je t'expliquer ce qui t'attend. Tu n'es pas ici uniquement parce que je veux ma fille à mes cotés. Tu es ici parce que tu as a du sang d'ange dans les veines. En grande quantité. Tu le sais. C'est ce qui te rend si habile avec les runes. Ce sang va me permettre de tester deux trois petites choses pour mon nouveau projet. Tu n'as pas besoin de savoir de quoi il s'agit. Je ne vais pas te mentir, les expériences que je compte mener sur ne se feront pas sans souffrance. Mais songe à ceux que tu sauves en m'obesissant sagement…
Le simple rappel que la vie de sa famille ne dépendait que de son comportement bloqua la gorge de Clary d'une boule angoissée. Elle ferma les yeux, espérant se soustraire au cauchemar.
-Je te demanderais aussi de créer des runes, pour moi. A nouveau, il ne serait pas juste de te mentir en te disant que je te les demanderais gentiment, comme je te parle maintenant. Les runes que je veux doivent être créées dans la douleur. Mais en contre-partie, je prendrais soin de toi. Et les tiens seront en sécurité. Je suis près à t'en faire le serment.
-Comme si votre parole avait une quelconque valeur ! cracha la jeune fille en rouvrant les yeux pour fixer ceux de Valentin.
L'homme accusa le coup, reculant d'un pas, avant de lever le couteau qu'il avait en main. Un éclat de colère brilla dans ses yeux et Clary cru qu'il allait la tuer. Une fine douleur, semblable à une brulure, se répandit le long de son avant bras gauche. C'était douloureux, oui, mais pas assez pour la faire crier. Elle sentit son sang s'écouler, chaud, de part et d'autre de la coupure. Détournant le regard pour ne pas le voir, elle ne vit pas non plus son père approcher d'elle ce qu'il venait de négocier avec le démon qu'elle avait vu. Du venin. Pas le plus violent, mais tout venin de démon entrant en contact avec la peau d'un chasseur d'ombre avait l'effet de l'acide. Valentin sourit cruellement en voyant sa fille regarder ailleurs et laissa tomber une goutte sur la coupure qu'il venait de faire.
La coupure commençait à ne même plus déranger Clary lorsque quelque chose tomba dessus. Une goutte, comme de l'eau salée, qui picota la blessure. Mais très vite, une douleur violente prit le dessus, brulant comme un fer chauffé à banc appliquer directement sur la peau. Clary avait l'impression que le peu-importe-ce-que-c'était que son père venait de faire tomber sur son bras était en train de ronger sa peau, de chercher son chemin vers ses veines afin de les embrasser et de les dévorer aussi. Son poing se referma et la jeune fille tira sur ses liens, cherchant un moyen d'éviter la douleur, de s'en échapper. Les larmes aux yeux, elle se mordit la langue pour ne pas donner à Valentin le plaisir de l'entendre crier. Mais son cri était plus proche de franchir ses lèvres qu'elle ne l'aurait voulu. Une autre goutte tomba sur la blessure désormais brulée par le venin et le corps de la rousse se tendit de peur, près à une nouvelle vague de douleur. Mais rien ne vint. Cette fois, c'était bel et bien une goutte d'eau. Valentin reprit son couteau et répéta le processus trois autres fois, insensible aux cris de Clary, qui avait fini par ne plus pouvoir les retenir.
La jeune fille pleurait à chaudes larmes lorsqu'une brulure familière et rassurante se marqua à chaque endroit ou elle avait été touchée. Puis elle sentit les liens tombés un a un et d'un bon, elle sauta bas de la table de métal, cherchant à fuir. Son corps protesta, tendu à l'extrême et elle s'effondra sur le sol comme une poupée dont on coupe les fils. Valentin s'avança vers elle.
-Allons, Clary. A quoi joue tu ? Je ne t'attache que pour ta sécurité. Vient là.
Sans lui laisser le choix, l'homme la prit dans ses bras et la porta jusque dans le salon, à l'étage du dessus. Le soleil se levait. Valentin disparu et Clary en profita pour regarder les marques sur ses bras. Les brulures étaient assez forte, bien que peut profondes. Sa peau en garderait une marque, c'était certain. La douleur refluait déjà grace aux Iratzes, mais Clary n'en était pas rassurée pour autant. Son père reparu avec une tasse de thé entre les mains.
-Tiens. Bois ça. Hodge n'était pas très utile pour grand-chose mais au moins, niveau mixture de plantes, il était doué.
La jeune fille se tendit au souvenir de Hodge. L'homme avait été le précepteur des Lightwood et de Jace, il avait aussi été son premier contact à elle avec le monde des chasseurs d'ombre. Et malgré sa trahison, elle estimait qu'il méritait un peu plus de reconnaissance que ça.
-Il ne VOUS était pas utile, lança-t-elle à voix basse, essayant ses larmes et attrapant la tasse qu'on lui tendait.
Elle s'en serait bien méfiée, mais elle ne se sentait pas bien, l'atroce brulure du venin résonnant encore dans ses bras. Elle dévisagea Valentin de ses yeux humides, juste par défis, avant de vider la tasse à petites gorgées. Un simple thé à la camomille et à l'orange. Une infusion apaisante. Dont l'effet fut presqu'immédiat car la jeune fille sentit son corps se détendre rapidement. Elle sentait le regard de son père la bruler, l'observer, mais elle n'en avait plus grand-chose à faire. D'un mouvement hésitant, elle se redressa, se voulant forte. Mais Valentin ne lui laissa pas le temps de se mettre debout, la reprenant dans ses bras. Aillant retrouver un peu de force, Clary se débattit aussitôt, tentant de se rattraper pour son inaction de plus tôt.
-Calme toi ! gronda son père. Si tu ne veux pas de mon aide, très bien. Je serais moins attentionné lors de notre prochaine séance !
-Je ne veux pas de votre attention…
-Tu risque de regretter d'avoir dit ça d'ici quelque jour, clama l'homme aux cheveux blancs en déposant sa fille au sommet de l'escalier.
Il lui offrit un sourire carnassier dont lui seul avait le secret, avant de poursuivre.
-Si, d'ici quelques jours, lorsque ces petites expérieces commenceront vraiment à être intenable, tu changes d'avis, il te suffira de t'excuser pour aujourd'hui.
Clary sentit son cœur remonter dans sa gorge. Intenable ? Qu'avait il l'intention de lui faire ? Les milles images qu'elle avait eu en l'attendant resurgirent. L'homme se détourna d'elle.
-Valentin… rappela la petite rousse.
Mais l'homme lui adressa un simple geste de la main, accompagner d'un « bonne nuit, Clary » et il redescendit les escaliers, la laissant seule dans le couloir. La douleur suivie de la détente avait épuisé son corps, et il lui fallu bien tout pour se trainer jusqu'à son lit. Elle s'y éffondra et s'endormit aussitôt, roulée en boule, quelques larmes de peur perlant sur ses joues.
Dès qu'il eu franchit la porte de son bureau, Valentin se laissa tomber lourdement sur son siège. Ce que cette fille pouvait l'épuiser à sans cesse lui résister. Mais grace à elle, les recherches pour son projet allait avancer beaucoup plus vite. Et la vision qu'il avait créée la maintiendrait sous son contrôle. Enfin… dans la mesure ou cette furie pouvait être controlée. Elle était tout le portrait de Jocelyn. Fougueuse, insaisissable, têtue, rebelle… Elle ne se laissait pas démonter par la situation. Soupirant, Valentin prit un carnet vierge, dans lequel il nota rapidement une date et quelques mots au sujet de l'expérience du jour. Il avait déjà fait ça pour Sebastian. Il lui semblait que c'était à des années lumières de ce jour. Son stylo glissait avec agilité et rapidité sur le papier, remplissant la page au complet. Satisfait, il referma et rangea le carnet dans un tiroir de son bureau, qu'il scella d'une rune. Il se massa les tempes un moment, fatigués. Il ne s'était même pas aperçu d'a quel point l'invocation suivit de la féroce résistance de sa fille l'avait fatigué. Et pourtant, la journée ne faisait que commencer. Poussant un profond soupir, il attrapa une feuille et écrivit en hâte une lettre, qu'il envoya aussitôt. Et cela fait, l'ancien maitre du cercle décida qu'il pouvait bien s'accorder quelques heures de repos.
Le sommeil de Clary fut agiter. Elle se réveilla plus d'une fois, en sueur, épuisée de ses cauchemars. Elle voyait tour à tour son père lançant des hordes de démons sur sa famille et ses amis, la forçant à les regarder se faire déchiqueter, puis la mort qu'elle avait causée, et enfin les innombrables tortures qu'elle s'était imaginée. Et chaque fois que ce dernier sujet revenait, la douleur dans ses bras était la cause de son réveil. Bien sur, elle préférait nettement se réveiller plutôt que de subir trop longtemps son imagination terrifiée. Au bout de la sixième boucle, Clary abandonna l'idée de se rendormir et se rendit dans la salle de bain. L'eau chaude l'apaisa, remettant ses idées en place. Tandis que l'eau enveloppait son corps de toute part dans la grande baignoire, la détendant peu à peu, elle autorisa ses pensées à repartir vers Jace.
-Est-ce ainsi qu'il t'a élever ? se demanda-t-elle a voix haute. A coup de menace et de séance de torture ?
Il lui semblait découvrir une partie cachée de l'histoire de son petit ami. Elle n'avait jamais vécu avec son père. Elle n'en avait même jamais entendu parler avant… et bien… quelques mois plus tôt, lorsqu'il avait enlevé sa mère. Et à présent qu'elle le connaissait, elle s'en tenait à ce qu'elle avait toujours clamer. Luke était la seule personne dans son entourage qui mérite vraiment le titre de père.
-Autant essayer de faire profil bas… soupira-t-elle, parlant à nouveau à voix haute.
Le fait de s'entendre l'aidait à prendre les choses un tout petit peu plus sereinement.
-Je trouverais bien un moyen de m'enfuir et j'aurais peut être réussi à apprendre ce qu'il veut vraiment…
Cette idée lui redonna espoir. A présent plus détendue, Clary sortit du bain, se séchant rapidement et remettant son pyjama. Lorsqu'elle retrouva sa chambre désignée et son lit, elle était plus sereine. La fatigue de ses cauchemars à répétition la firent se rendormir, sans qu'elle remarque ni l'heure ni le fait que son père se tenait dans l'entrebâillement de la porte, l'observant avec une attention chirurgicale. Cette fois, aucun rêve ne vint la troubler.
Je suis vraiment désolée du peu de temps que j'ai a consacrer à cette fiction. Mes études me prennent énormément de temps, et je ne parviens plus a en trouver pour écrire. Ceci étant dis, j'essaye de continuer l'histoire dès que je peux, alors restez à l'affût d'une mise à jour.
Merci pour votre enthousiasme et votre désir de voir cette histoire avancer.
