Holà holà !
Ça va pour vous ? Pas trop chiant d'avoir attendu une semaine de plus ? J'suis désolée pour ça, surtout que c'était pas prévu et que j'vous ai balancé la nouvelle un peu comme on lance un frisbee ; vous vous le prenez dans la gueule sans que vous sachiez d'où ça vient ni pourquoi. M'enfin, c'est du passé maintenant puisque je vous livre, tout frais, ce fameux chapitre 4 qui s'est trop fait désiré ! Je ne dirais pas qu'il y a de l'action pure et dure, juste qu'on avance – à pas d'escargot certes mais c'est toujours ça de fait. En plus, le volume a quelque peu augmenté ! Si ça c'est pas trop-méga-ultra-super bien, j'sais pas c'que c'est franchement… J'aime me toucher, pas vous ? :)
J'ai oublié : y a des liens web donc vous savez ce qu'il vous reste à faire, n'est-ce pas ? Soit vous vous en foutez, soit vous remplacer les (point) par des « . » ou soit direction mon profil FFnet pour cliquer sur le lien de mon profil fanfic-fr où là vous vous dirigez sur l'onglet des histoires – que c'est laborieux ; ouais, j'aime faire chier mon Monde… :)
J'vous souhaite une bien plaisante lecture !
4
La sérénité peignait les traits.
Les contours du faciès paraissaient détendus. Un calme certain les parcourait. Aisé il était de percevoir cette tranquillité qui berçait le visage. Avec de l'indifférence celle-ci pourrait se confondre et pourtant, il n'y avait aucune trace placide qui y gisait. Souvent, trop souvent même, l'expression dans le quotidien s'habillait de cette formalité flegmatique. Parfois accompagné d'un air détaché, presque froid, le portrait semblait rejeter un quelconque repos. Toujours le froncement le pliait, infatigable. Alors quand enfin ce dernier se découvrait d'une pareille tenue, cela se voyait aussi clairement et sommairement que la mise à nue d'un corps dévêtu. Il n'y avait plus de masque. Seulement une peau brute de sentiment. À travers elle l'émotion tant couverte se laissait aller puis coulait en toute liberté. Était-ce voulu ? Impossible de le dire ou de le penser. L'inverse serait d'ailleurs plus tentant et dans le vrai. Simple intuition qui malgré tout s'entêtait. Faire preuve avec si peu de retenue de langueur ne lui était guère connu jusqu'alors. Qu'importait si cela ne demeurait guère coutumier. En l'instant cela se passait, se montrait. Et ça l'envoûtait ; l'excitait ; l'avivait.
Peu d'occasions les prunelles à l'encre de chine eurent ce délicieux plaisir à admirer ; à explorer en toute impunité et frivolité chaque composant du visage. Il y avait ce menton ; rond, dont l'allure dessinait une grossière fierté. Il y avait ces joues ; granuleuses, qui au touché offraient une sensation lisse et dont une légère chaleur campait sur leur peau. Il y avait cette bouche ; aguicheuse, avec ses lèvres quelque peu gercées voire pincées et dont leur apparente saveur semblait inciter quiconque la fixant à la goûter. Il y avait ce nez ; ordinaire, à l'apparence fragile, quoique mince et retroussé. Il y avait ce regard ; pénétrant, enveloppé d'un éclat vif de vie et parfumé de séduction. Il y avait ces sourcils ; broussailleux, qui par leur pelage et leur forme parfaisaient un peu plus l'attrait des yeux. Puis il y avait ces cheveux ; corbeaux, à la coupe épaisse, presque touffus où aucun ordre ne faisait loi et qui, malgré leur tenue décoiffée, possédaient une attrayante rutilance de l'ébène.
Terriblement beau, il l'était.
Des heures entières l'œil pourrait rester là, accroché inlassablement à ce portrait si captivant. Lui voguait à sonder à travers la baie vitrée cette végétation naturelle qui défilait en toute hâte. Lui ne se rendait compte de ce qu'il lui offrait, de l'effet qu'il lui faisait. Trop attaché à la vue du dehors et à la rêverie il était. Elle en revanche exerçait une activité tout à fait grisante ; elle le dévorait littéralement du regard. Avec une attention des plus minutieuses les orbes scrutaient les moindres détails de sa physionomie. Un plaisir éternel la jeune femme éprouvait à seulement l'observer. Nul besoin d'autre chose. Juste être là, avec lui, près de lui. Juste s'immerger sans fin ni limite dans ces pupilles. Jamais encore le temps ou même l'opportunité ne lui fut accordée pour jouir d'un tel loisir. Quelques miséreux mètres, voire un tout au plus les séparai(en)t l'un de l'autre. Assis face à face, une rare proximité nimbait leur corps et leur esprit.
Autour d'eux planait le silence doux des pensées. Plusieurs cliquetis matériels titillaient l'ouïe ; celui des rails grésillant ; celui des portes qui ouvraient ou fermaient un accès. Une fois le tourbillon du phonème enfui, à nouveau le son perdait de son chant. L'air (re)devenait alors paisible, comme vidangé de tout existence. Dans la chair la sensation de perdre sa présence au Monde picorait. Chacun respirait puis expirait l'oxygène dans un mouvement indolent. L'impatience n'avait guère lieu d'être en ce lieu isolé de la fougue humaine. Tout était lent ; lent d'agir, lent à ressentir. Et quel bien fou ; de ne plus courir après le temps ; de ne plus s'empresser de vivre. Parfois cependant cette bulle intime de bien-être éclatait ; un bruit sourd attrapait l'attention auditive. Sans guère plus de précaution ce dernier pénétrait de force dans cet antre des sens. S'y répandait cette résonance si caractérielle et agressive du vent fauché par la vitesse du métal.
Elle se sentait bien, incroyablement bien.
L'aiguille du temps ne l'agrippait plus. Collée à la banquette en cuir, l'anatomie ne découpait guère l'immobilité de sa posture. Pas de gestes ni d'oral. Seulement un souffle régulier, presque imperceptible ; juste une paix qui libérait. L'éclat du son ne parvenait pas lui-même à déchirer cette atmosphère de charmes dans laquelle son être se noyait ; sans résistance, avec beaucoup d'insistance. Rien n'aurait pu la soustraire ou la priver de ce moment si divinement bienfaisant.
« Le train de Fiore vient d'entrer en gare de Kinsa. Veillez à ne pas oublier vos bagages lors de votre descente. Nous vous remercions d'avoir choisi la compagnie TrainFiorety et vous souhaitons une agréable journée dans la ville du Sable de l'or ! »
Une intonation rugit ; sa hauteur se situa dans les graves. À travers y retentit l'intensité des vocables. Un timbre métallique et tout à la fois enthousiaste s'y dégagea. Aucun mot ne fut avalé, la fluidité des phrases coulait. Ni cassante ou traînante, l'élocution s'exprima avec aisance.
« C'est notre arrêt. »
À la réplique stoïque se joignit le geste ; il se leva puis quitta la cabine sans lui jeter un quelconque coup d'œil.
Elle soupira.
Trop court fut ce pur instant de contemplation. Cela commença en début d'après-midi, dès leur départ. Près d'une heure qu'ils sillonnaient les chemins de fer, la mage eut pourtant l'impression de n'avoir grignoté que de maigres minutes temporelles. Son appétit restait encore insatiable. Quand bien même la durée ne se plierait guère à la durée, parviendrait-elle à une parfaite et totale satiété ? Peut-être pas. Peut-être qu'à jamais l'insatisfaction quant à languir devant la sœur de l'âme nichera en sa carcasse.
La déception toujours gonflée, Jubia abandonna à son tour le wagon. Elle descendit du convoi sans subir de bousculades ou autres blâmes dues à sa lenteur bien trop présente pour certain(e)s. Quoi de plus normal puisque peu de passagers achevaient leur trajet. Cela fut d'ailleurs des plus agréables de ne pas être pressée comme un citron dont on tenterait avec hargne d'en extraire le jus. Une fois sortie, les yeux ne cherchèrent pas la présence du partenaire ; non. Quelque chose de beaucoup plus fascinant captura la vue : le paysage.
Une solitude de végétation.
Des sommets de dune.
Une chaleur aérienne.
Sous les pieds des milliers de grains s'entassaient. Sur les flancs, des montagnes aux formes bossues et potelées s'élevaient parfois jusqu'à la voûte céleste. Majestueux. Ébouriffant ; cette hauteur qui paraissait toucher l'inatteignable. Au-dessus la teinte ardoise colorait le ciel de cette grisaille si familière. Terre et cieux accordaient chaud et gris ; deux contraires qui poignardaient l'alentour d'une claquante beauté. Puis tout autour il y avait ce vide étendu crevant l'horizon.
Un désert, magnifique.
À quelques mètres à peine une zone urbaine trouait l'authenticité de cette nature aride. À première vue, Kinsa s'apparentait à une ville moyennement dense par rapport à l'immensité du panorama. D'ici, la reine des eaux ne put distinguer en toute clarté l'aspect propre de l'agglomération. Une chose toutefois frappa sa vision : l'absence criarde d'infrastructures au volume gargantuesque. Aucune d'entre elles ne hissait d'une fierté arrogante son exubérance. Pire, toutes semblaient inexistantes. Où étaient-ils donc tombés ? Pour qu'une cité quelque peu opulente ne dispose de telles bâtisses. Serait-ce donc ces fameuses et légendaires régions que l'on nommait « la pampa » ?
« Eh ben, c'est qu'y en a d'la foule par ici. Ça promet d'être sacrément vivant. »
Le ton composait une musicalité à la note ironique où s'y ajoutait une touche palpable d'ennui.
« Au moins nous avons un paysage resplendissant ; c'est déjà ça, voulut positiver l'amoureuse.
— Si tu l'dis. », acquiesça l'homme-caleçon, convaincu à souhait.
Pourquoi accorder tant d'importance au contexte ? À désirer que le dynamisme explose de présence ? Tout ceci demeurait tellement superficiel, inutile ! L'essentiel, c'était eux et seulement eux ; tous deux. À faire une mission, ensemble. À se (re)trouver seuls, voire en tête-à-tête ! Déjà l'imaginaire les plaçait sous la vénusté du clair de lune, retirés au milieu des cimes à plonger l'un dans l'autre leur regard éperdu. Déjà le fantasme écrivait l'histoire si romantique et sensuelle qui découlera de cette quête, la touche du divin baiser en toute fin. Ô que oui il n'y avait que ça de primordial, de vital ! Le sculpteur des glaces restait trop centré et aveuglé par ce côté matériel et fonctionnel. Il ne parvenait pas encore à saisir le véritable intérêt de la mission. Cela ne la dérangeait pourtant pas. Qu'importait car il le découvrira. Que ce soit aujourd'hui ou demain ; il le verra, d'une manière ou d'une autre. Il le comprendra ; par elle. Elle qui fera tout pour lui ouvrir les yeux ; sur eux. Elle qui se jura que rien ne l'empêchera de lui dévoiler la vérité, toute la réalité ; sur sa flamme démesurée.
« Allons trouver ce Beedle. », décréta le modeleur du givre en ouvrant la marche.
Tandis que la magicienne suivait le pas, un éclair sonore détona. Deux coups d'œil en arrière furent jetés : le train détalait, vapeur fumante. Ces brefs retours de regard leur firent prendre conscience d'un fait jusque-là ignoré : il n'y avait pas de gare à proprement parler. Le quai, si l'on pouvait appeler cela ainsi, n'était pas du tout démarqué ; il se fondait dans le décor stérile, faisant partie intégrante de ce dernier. On trouvait pour seul élément physique cette interminable route ferroviaire. Et, cerise sur le gâteau, en guise d'indication subsistait un frêle panneau rectangulaire, deux miséreux écriteaux « Montée & Descente » gravés sur le fer.
« Ouais, on a bien atterri dans le trou du cul du Monde… »
Ne prêtant pas plus d'attention à cet insignifiant détail et encore moins à la lamentation de son bien-aimé, Jubia reprit la route en direction de la ville. Quant au gémisseur, celui-ci resta en arrière, le pas quelque peu traînant. À mesure des mètres grignotés, l'architecture de la métropole s'offrit à eux. La première chose qui agrippa la prunelle fut cette ceinture de pierre. Telle une muraille, l'écharpe rocailleuse entourait tout entière la cité. Sa teinture sableuse faisait corps avec l'environnement. Sans trop de hauteur, le rempart revêtait à la fois l'armure défensive et la parure esthétique. Pourtant, à leur arrivée près de l'entrée, ce côté protecteur perdit tout à coup de son utilité. Quiconque à n'importe quel zénith du jour pouvait entrer, sortir, revenir puis repartir. Disposée en forme d'arc de cercle (1), l'entrée demeurait en total libre d'accès. Qu'importait l'identité ou l'heure ; chacun posait et retirait son pied quand il le voulait.
Alors qu'ils pénétraient à l'intérieur de Kinsa, l'ouïe fut assaillie par l'assourdissante tornade du bruit urbain. Une alliance désagréable de sons y bourdonnait : des voix nasillardes et beuglantes, du métal travaillé et transformé, l'écho lointain du râle, le feu coulant qui forge, des annonces maquillées de séduction frauduleuse, des chopes s'entrechoquant en parfaite brutalité, les rires gras et perçants des guerriers nains. Chaque timbre vouait à écraser, voire à assouvir tout autre tonalité. Véritable foire sonore qui régnait en sublime despote. Cela eut le don d'agacer l'invocatrice des mers qui ne put que ployer face au conquérant ; difficile de lutter contre un pareil envahissement.
« C'est plutôt animé pour un trou paumé, non ? glissa celle-ci, la taquinerie non feinte.
— Ouais bon ça va, répliqua avec mauvaise foi l'esquimau pour déguiser sa gêne. J'y suis allé un peu vite en besogne mais franchement y a d'quoi. Entre cet immense désert et cette gare complètement inexistante, t'es très loin de t'attendre à une ville un tant soit peu vivante. »
La mage aux boucles pastelles laissa couler les piètres justifications du fils Fullbuster. Cette dernière se contenta d'admirer cet air fripé et séduisant, un discret sourire pendu aux lèvres.
Au fouillis auditif vint s'accoler la vue qui (r)attacha ces tonalités à des représentations. La forge, bouillonnante. Des commerçants, aguicheurs. Une taverne, agitée. La foule, énergique. Quelques coups d'œil à la dérobée suffirent à l'amoureuse du naturiste pour se rendre compte de l'existence plus que prépondérante d'ateliers. Chacun d'entre eux fabriquait une spécialité telles d'étranges attirails de combat à vapeur, des machines où la matière brute du bois s'assemblait à un savoir-faire moderne, des gadgets toujours dotés de cet attrait métallique, des armes à distances (arbalètes, fusils de chasse, mines, rockets) ainsi que des armes au corps à corps (masses, épées, marteaux aux dents acérées) disposant d'une customisation personnelle. Nul besoin de s'approcher de trop près pour comprendre la passion et la rigueur artisanal qui s'exerçait.
L'experte des giboulées remarqua également le goût prononcé de ces manufactures pour l'ingénierie. Tout produit confondu s'accommodait d'une touche singulière de technologie. Il apparut évident que la plupart de ces artisans développait un amour inconditionnel pour la mécanique. Il n'y avait qu'à voir ces appareils tantôt monstrueux, tantôt normaux qui gisaient au centre même de l'affluence tandis que d'autres s'isolaient dans des coins reculés, comme abandonnés. Pour quelques uns, cela était bel et bien le cas : leurs créateurs ne les avaient guère achevés. Ceux-ci avaient plutôt laissé leur dépouille de fer pourrir sans plus de sentiment. Certains en revanche traînaient aux côtés d'habitations pour le moins curieuses. L'altérité de ces dernières se dessinait d'abord et avant tout par cette forme arrondie. Toutes sans exception conjuguaient leur nuance saharienne avec divers ornements et gravures à la teinte mandarine. Plus étrange encore subsistait : des bouts de bois finement taillés avaient été plantés le long des contours. La jeune femme trouva par ailleurs ce parti pris décoratif plus que bizarre ; c'était laid. Nombreux logis ne disposaient toutefois pas d'une telle architecture. La majorité se contentait d'un design à peu près normal si on faisait fi de la configuration géométrique. L'autre caractéristique qui agrémentait leur fantaisie était qu'aucune ne disposait d'un espace propre et délimité. Pire, les logements de l'intime se mêlaient à l'espace du commerce.
Ça paraissait aberrant et pourtant cette ville (2) ne laissait guère indifférent.
Au fil de la déambulation, Jubia réalisa que nulle magie ne jaillissait. Cette dernière demeurait totalement inexistante. Tout se faisait et se construisait à l'ancienne ; à la sueur, à la main, à l'usure. Juste et seulement par l'huile de coude. Cette atmosphère primitive du réel lui donna l'impression, pendant un instant, d'être tout entière dépouillée de pouvoirs. Durant un bref moment elle crut n'être qu'une simple humaine, aussi fragile et ordinaire que du verre. Devant ses orbes captivés le manuel composait un Monde différent du sien. Pas désenchanté ni impuissant ; non. Un Monde seulement plus sensible au corps des choses. Un Monde plus présent dans ses limites. Un Monde dont la force provenait d'un juste équilibre entre la volonté et les possibles.
« On devrait p't'être se séparer. Avec cette populace on va mettre dix plombes à le chercher, constata l'apprenti d'Ul au bout de quelques minutes de marche.
— Jubia pense qu'il serait mieux de demander aux habitants. Si nous partons chacun de notre côté, on pourrait perdre du temps à se retrouver.
— À toi l'honneur alors. »
L'accord donné, la récente fée scruta le flot d'Hommes. Son choix se porta sur l'un des ingénieurs situés tout près d'eux. Semblant habiter la ville, celui-ci saura très certainement leur indiquer où se rendre pour trouver le contact de mission. Moins de vingt pas furent faits pour arriver auprès du futur apostrophé.
« Bonjour, signifia-t-elle en toute politesse. Nous recherchons un certain Beedle ; sauriez-vous où nous pourrions le trouver ? »
L'interpellé cessa de viser son boulon et se tourna vers eux. Mine sympathique, cernes marquées, barbe mal rasée et le blanc crème de la salopette encrassé, le trentenaire fronça les sourcils.
« Pour quoi vous le cherchez ? requit celui-ci, la curiosité confondue avec la méfiance.
— Nous sommes des mages de Fairy Tail venus pour la quête des Enfants Disparus. Regardez, justifia la régente des ondées en déroulant le document sous les yeux du suspicieux. Son nom y est mentionné.
— Y en a eu d'autres des comme vous qui sont venus pour cette quête mais on ne les a jamais revus. Eux aussi, ils ont disparu, indiqua ce dernier après un court silence. Vous savez, beaucoup de choses se disent sur ces enlèvements ; des choses pas belles à entendre et qui font froid dans le dos. »
Dans la bille de l'œil y séjournait une certaine angoisse. La voix, elle, déchargeait des mots teintés de trouble. Il n'y avait guère de jeu ou de mensonge apparent. Un air grave avait tout à coup surgi sur les traits ; il était des plus sérieux.
« Vous le trouverez à l'hôtel des ventes. C'est un peu plus loin, droit devant vous.
— Et savez-vous comment on pourra le reconnaître ?
— Dès que vous le verrez, vous saurez. Y en a pas deux comme lui.
— Merci. »
Tandis que l'informateur reprenait son travail, les deux étrangers prirent la direction désignée. Muette, l'invocatrice des mers accrocha son esprit aux paroles délivrées ; cette préoccupation la laissa confuse. L'indice de mission affichait des informations tout à fait quotidiennes et ritournelles, tels le rang, le lieu, le montant, la personne à contacter ; des mots froids. Des mots dont les lettres masquaient en vérité une peur enveloppante. Bien que l'intitulé enfermait une histoire sensible, la mission n'apparut pas de prime à bord dérangeante pour l'amoureuse. L'étiquette de l'ordinaire s'y était apposée ; une quête comme il en pleuvait tous les jours, même s'il s'agissait de bambins. Rien de grandement perturbant par rapport à la vie intrépide et bousculée qu'elle menait depuis tant d'années. Or, l'expression de cet homme, enfoncée dans une douleur impalpable avait cassé cette sage banalité.
Il n'était pas question d'une besogne comme une autre.
Quelques minutes leur suffirent pour atteindre le bâtiment. Comme pour la majorité des édifices de cette ville, l'infrastructure collective ne dépassait les deux mètres quinze de hauteur. Son volume comportait un espace restreint qui au grand maximum pouvait accueillir trente personnes. Tout autour les murs s'habillaient de pierres marbrées. Sur quatre d'entre eux un vitrail à l'effigie d'une bourse crevassée d'or y était incrusté. Au devant plusieurs individus se regroupaient autour d'un seul. Ce dernier, surélevé, annonçait des prix et une diversité d'objets situés derrière lui. Bien que l'affluence n'était de mise, les voix montaient, voire s'étranglaient. Au total : trois groupes qui chacun de leur côté faisait jaillir l'éclair vocal de leurs enchères.
« J'comprends mieux pourquoi il a dit ça. »
Les dires de l'homme-caleçon orientèrent dans l'instant les prunelles féminines dans la même direction. Ils fixèrent non sans une pointe d'étonnement celui qu'ils étaient venus chercher. Petit et vigoureux, ce dernier devait mesurer dans les un mètre vingt. Oreilles, nez et menton exposaient une forme drôlement inhabituelle : pointus ils étaient. Quant aux bras et aux jambes, une minceur prononcée les constituait. Ni trop proches ni trop éloignés, les deux touristes purent admirer avec plaisir l'hygiène totalement absente des ongles qui, en plus d'être mal coupés, affichaient sans honte leur crasse.
« Nous avons une première enchère à 8 000 jewels pour ce superbe pistolet éprouvette à poudre (3) ! Une offre de 15 500 jewels et la perle est de suite à vous messieurs dames ! exclama avec ferveur l'annonceur.
— J'offr… »
Le mot fut croqué avant d'être livré en intégralité. Une tout autre parole suivit, celle responsable de ce morcellement.
« À ta place, je laisserais courir. »
Le conseil flirtait aux côtés de la défiance.
« Arrête ton char Beedle ! Cette arme doit dater de plus de trois ou quatre siècles ! Un pur objet de collection qui vaut largement le coût de surenchérir !
— Sans aucun doute mais qui te dit que c'est bel et bien un objet de collection ? Regarde attentivement l'aspect de ce pistolet, cette roue à douze dents ; qui donc aurait bien pu utiliser pareille machine ? A-t-elle même déjà servi ? Ou n'est-elle restée que l'œuvre inachevée et oubliée d'un incompris ? Quelle valeur accordée à un objet fou ? Oh bien sûr on ne peut guère nier sa portée antique mais cela justifie-t-il d'une dépense de plus de 15 500 jewels ? »
En guise de vêtements, un ensemble tout de cuir bleu marine couvrait le corps. Même le crâne disposait d'un pareil croupon, lui aussi bleu nuit et dont l'attache se trouvait au niveau du menton. Des lunettes de protections protégeaient ses yeux, l'éclat grenat des verres empêchant de voir la teinte naturelle des pupilles. Une ceinture en peau de daim et à la couleur cannelle sanglait sa taille. Autour s'y attachaient une bourse cousue main, deux sacoches à la contenance disparate ainsi que divers appareils technologiques. Pour finir, ses chevilles semblaient comme ligotées par des lanières en chamois, tandis que les pieds demeuraient les prisonniers de chaussures où la matière du plastic crayeux, et du cuir bleu outremer, s'unissaient dans un ensemble singulièrement baroque.
« 15 500 jewels messieurs dames, ce n'est pas grand-chose pour ce bijoux antique ! relança le maître des ventes, la voix haut perchée.
— Imagine une seconde tout ce qu'il est possible de faire avec cet argent alors qu'en le dilapidant pour ce pistolet, l'unique chose que tu pourras faire sera de regarder cet objet sans renom. Es-tu prêt pour ça ? Le veux-tu réellement ?
— C'est vrai que c'est une grosse somme…
— Une somme colossale qui mérite d'être écoulée pour plus de prestige que ça. Je suis dans ce business depuis un sacré bout de temps et ô combien j'en ai vu se faire plumer ! Amers et hargneux qu'ils étaient face à tout ce capital perdu pour des bricoles aussi caduques. Mais toi, tu n'es pas comme ces types naïfs, manipulables, idiots et trop avides. Toi, tu sais quand faire les choses. Toi, tu n'es pas esclave de tes désirs. Tu es maître de ton corps et de ton esprit ; tu maîtrises les choses.
— Oui, tu as totalement raison ! Je sais ce que je fais et ce que je souhaite ! Et je ne veux pas être comme tous ces imbéciles qui se vident les bourses pour une babiole aussi quelconque ! »
Jusque-là, il n'avait rien de si particulier ; juste quelques membres pointus et une malpropreté étalée. Pas de quoi se différencier foncièrement de la masse. Seulement, il y avait ce vert ; agrippant. Ce vert dont la couleur à elle seule suffisait pour capturer d'un coup d'œil le regard. Un vert brut et total qu'était sa peau. Jamais encore la jeune femme n'avait pu voir en chair et en os une telle créature. Autres mythes et dires racontaient que leur race demeurait l'une des plus anciennes d'Earthland. Certains livres contaient même leur déchéance passée et tentaient d'élucider l'histoire du pourquoi, aujourd'hui, les gobelins (4) ne représentaient plus qu'une infime, presque invisible, part de la population du cosmos.
« Personne pour renchérir ? »
Le silence qui suivit sa demande indiqua la réponse.
« Le lot 508 est donc vendu à 8 000 jewels au numéro 38 ! Je prierais à ce dernier de se rendre au guichet pour retirer son bien.
— Encore un qui s'est fait joliment avoir, hé hé. Bon eh bien je m'en vais rejoindre ma donzelle et lui annoncer ma bonne affaire ; merci à toi Beedle.
— Ce fut un réel plaisir que de t'éclairer mon cher, salua-t-il en s'inclinant.
— Passons donc à l'article suivant : un magnifique diamant forgé dans les montagnes d'Isenberg ! Nous commençons les enchères à 15 000 jewels ! Qui pour 15 500 ? Oui pour le numéro 30 ! 16 000 ! 16 500 ! Faites-vous plaisir, accordez-vous cette folie messieurs dames ! 17 000 pour la charmante demoiselle ! »
Tandis que l'homme aux boucles d'or quittait les lieux, son avenant conseiller se rendit quant à lui au guichet précédemment nommé. À la surprise de celle déclenchant les flots, ce dernier sortit de sa poche le fameux numéro 38 ainsi qu'une poignée importante de joyaux. Un sourire, malicieux, arpentait ses lèvres.
« Ah ouais, c'est un bon, approuva le brun plutôt impressionné. La prudence va être de mise, j'le sens bien. »
Sa compère, bien que n'approuvant pas dans le verbal, le fit dans la pensée. L'échange s'était déroulé sous ses mirettes. Spectatrice, elle avait tout vu, tout entendu. Pas un instant pourtant l'ancienne partisane d'une guilde noire ne perçut la duperie déguiser l'alphabet. Pas un instant elle ne distingua les brèches de l'artifice : elle avait cru au jeu, y était tombé avec un naturel déroutant. Or, la manipulation prédominait depuis le début ; la bienveillance de la voix faussait d'une habilité extrême le mensonge ; il maîtrisait son art.
La jeune femme coupa court à la réflexion et vint aborder le convoité.
« Monsieur Beedle ?
— Qui le demande ? requit celui-ci sans porter un moindre intérêt à celui ou celle l'accostant.
— Jubia Loxar et Grey Fullbuster, mages de Fairy Tail, répondit, imposant, le maître glacier qui venait de les rejoindre.
— Fairy Tail vous dites ? continua le gobelin toujours en train d'examiner son bien adroitement gagné. J'ai entendu quelques vagues propos sur cette guilde, notamment sur sa puissance qu'on dit « dévastatrice ». Pourtant, quelque chose me pose réellement question et peut-être que vous allez pouvoir m'éclairer sur ce point : comment des mages, possédant une force telle qui alloue respect et admiration peuvent à ce point agir comme de saugrenus et grossiers bourrins ? »
À la dernière question vint enfin un geste d'attention : le responsable de mission leva son regard sur eux ; y injecta sa délicieuse inconvenance ; une désinvolture guère digérée ni appréciée, en particulier pour celui dont le torse s'exhibait en toute impudeur. À peine les phonèmes achevèrent leur valse du sens que les traits composèrent la grimace laide de l'animosité. Et la voix, elle, chanta les sons bruts de la colère.
« En direct et en nature ouais j'vais te montrer comment les bourrins de Fairy Tail castre la connerie gobelin ! bouillonna le modeleur du givre, poings et molaires serrés.
— J'éprouvais un doute quant à mes suppositions sur votre guilde, confia la créature, tranquille et pas le moins du monde intimidée par la menace. Toutefois, votre réaction confirme à quel point j'étais et suis dans le vrai ; merci pour ça. »
La sincérité complètement provocante des paroles brisa les dernières chaînes de l'agressivité ; un besoin de cogner, de défoncer ce p'vre connard naquit. Irrépressible appétit qui allait sur le champ s'assouvir.
« On se moque éperdument de ce que vous pouvez bien penser de Fairy Tail monsieur Beedle, et ressentons encore moins le besoin de prouver quoi que se soit, surtout à vous, exposa avec une rare froideur la sentimentale. Nous sommes ici pour remplir une quête, non pour satisfaire vos distractions stériles et narcissiques. Si vous avez ou non des informations nous concernant faites-le nous savoir mais cessez de nous faire perdre notre temps. »
Cassante ; sa voix se faisait porteuse d'autorité. Tranchante ; son timbre révélait la retenue vive et à la fois préservée de son hostilité. Contrairement au naturiste, Jubia ne plia pas à l'envie ô combien tentatrice de décadenasser tout entière la tension. L'éclat de sa prunelle n'en demeura pas moins aussi transperçant qu'un poignard ; elle le fixait, le sondait jusque dans la profondeur de l'orbe. À son tour d'y répandre sa soif d'aigreur. À son tour de lui imposer la voracité du ressentiment. Plus délicat était ce contrôle permanent du volcan appelé émotions. À tout moment la lave pouvait inonder puis couler à n'en plus jamais s'arrêter. Or il y avait dans ce fastidieux maintient une force tout à fait fascinante : la lueur de l'œil, conjuguée aux cordes vocales suffisait pour exprimer le poids de l'émoi qui, ne débordant pas, pénétrait à l'intérieur de la chair et de la pensée pour s'y installer. Ce fut d'ailleurs ce qui se passa pour les deux mâles du groupe, chacun surpris ; sidéré de voir avec quelle facilité leur propre ressenti fut gommé puis capturé par cette autorité. Grey en resta le plus étonné, presque le plus secoué car l'orpheline ne lui avait jusqu'à ce jour que très peu dévoilé cette facette de sa personnalité ; une facette loin de la timidité et de la contenue. Oh bien sûr la mage des pluies avait ses moments de « grain » et de pure extraversion mais là, c'était différent. Il était question de quelque chose d'autre ; quelque chose de plus troublant, de plus… saisissant.
« Vous venez pour quel travail ? demanda le lilliputien, la mesquinerie amputée par la neutralité du ton.
— Pour celui des Enfants Disparus.
— Suivez-moi. », enjoint-il en quittant la salle du marchandage.
Les questions, non loin d'être absentes, se turent ; en silence le trio chemina jusqu'à l'une de ces cahutes. Une certaine appréhension avait grignoté l'esprit quant au-dedans or l'insolite du dehors, en fin de compte, ne posait son empreinte à l'intérieur. Un juste équilibre de l'espace et du mobilier s'y dégageait. Les pièces, d'un volume convenable, se distinguaient d'un coup d'œil. Ordonné, le lieu respirait le soin ménagé. Quelques bibelots défraîchis et antiques exposaient non sans une pointe d'orgueil leur essence atypique. Hormis eux, tout autour la banalité régnait tant sur l'aménagement que sur l'agencement de l'habitation.
« Les disparitions ont commencé il y a sept mois à peu près. »
Tandis que les premières indications tombées, le parleur se défit de ses effets, à savoir lunettes, ceinture, pistolet et bonnet. Puis il prit place dans l'unique fauteuil de la pièce.
« Prenez vos aises, asseyez-vous.
— On préfère rester debout, déclara le monarque du déshabillage, l'œil et le ton dur.
— Si vous le dites, haussa les épaules la créature mythique, indifférent.
— Combien y a-t-il de disparus ? enchaîna l'ancien Phantom, l'expression toujours aussi sévère.
— Neuf mais il est probable qu'il y en ait plus que ça. Au début, seuls des orphelins ont été enlevés puis il y a plus de deux mois environ, ce sont des mômes habitant dans des camps retranchés, Fuusa (5) et Akisa (6) situés à plusieurs kilomètres d'ici, qui ont disparus. Et là je ne parle que des gamins enlevés à Kinsa.
— Et les mages qui sont venus avant nous, ils n'ont rien trouvé ? interrogea le pro de l'air glacière.
— Pas vraiment car le peu qui sont venus ne sont pas restés plus d'une semaine et ne se sont guère donnés les moyens pour trouver quoi que ce soit. En fait, vous êtes le troisième binôme qui vient pour cette quête. »
Cette explication entraîna, à l'inverse de sa formulation des plus stoïques, un vif étonnement de la part des écoutants. Pour l'un cependant la confusion s'associa dans l'instant à l'agacement.
« Tu t'fous de nous encore ou quoi ? exclama le mage aux cheveux de jais, l'œillade mauvaise. La mission est de rang S et parlons pas de la récompense qui frôle l'arrêt cardiaque tant l'montant est monstrueux. Et tu veux me faire croire qu'y a des mages qui n'en ont rien a carré d'ça ?
— Qui vous dit qu'au départ la mission possédait un tel rang et délivrait une somme pareille ? révéla-t-il, un brin lassé par tant de réflexion non déployée. La mission n'a pris de l'importance qu'au fur et à mesure des disparitions. Il n'y a pas eu de réelle alerte, au début ; on mettait ça sur le compte des fugues ou des départs, chose assez courante à Kinsa. Seulement, il eut de plus en plus de disparitions et ce en peu de mois sans que les mômes ne réapparaissent. C'est lors de la huitième disparition que le maire de la ville en fit une priorité absolue : ce n'était plus des orphelins dont il était question mais des enfants issus d'une famille.
— Si je comprends bien, ça fait plus de cinq mois que des gosses ont disparus et c'n'est que maintenant que le maire se préoccupe de la chose ; juste parce que les récents gamins disparus ne sont plus des orphelins. Y a un truc que j'pige pas, conclut le mage de glace dont un sentiment d'aberration se distillait dans sa récapitulation.
— C'est pourtant simple à comprendre, rétorqua non sans une pointe de suffisance l'informateur. Vous croyez réellement qu'il se soucie de ces gamins qui ne manquent à personne et qui, surtout, ne lui rapportent rien ? Pourquoi donc remuer les esprits pour des choses aussi insignifiantes ? Du temps et de l'argent gâchés, voilà tout ce qu'il récolterait. C'est une tout autre histoire dès lors qu'on touche aux biens de ses électeurs. C'est son gagne-pain et s'il veut pour longtemps encore jouir de sa situation, il a tout intérêt à considérer les préoccupations de ses vaches à lait. La priorité n'est pas tant de retrouver ces enfants ou d'élucider leur disparition. Ce qui compte avant tout est de faire en sorte que le problème ne creuse guère trop longtemps son trou ou ne s'aggrave. Et quoi de mieux qu'une récompense scandaleusement élevée affiliée à un prestige d'action ? Aux grands maux, les grands moyens. »
Le conteur délivrait sa fable. Quelques grains du ressenti filtrèrent à certains moments dans le timbre ; l'indifférence, prédominante, importuna la jeune femme. Durant le déploiement du discours, ses prunelles scrutèrent ce visage au teint poireau qui ne déforma guère une fois la placidité des traits. La tranquillité du comportement côtoyait sans mal des faits loin d'être roses. Toutefois, la mage élémentaire ne décelait guère dans l'attitude une intention à moquer ou à nier le poids des actes. La jonction de l'insensibilité avec l'impartialité lui semblait ficeler l'agir et l'être. Ça la tarauda, d'autant plus qu'ils avaient affaire à deux réactions tout à fait dissemblables vis-à-vis de ces disparitions : l'émoi et le détachement ; où se positionner ? Qui en faisait trop ou pas assez ?
« En clair c'est un gros con, résuma congelman loin de se sentir honteux à exprimer aussi crûment sa pensée.
— C'est une juste traduction en effet.
— Vous ne savez pas non plus pourquoi ce sont des enfants non orphelins qui sont à présent enlevés ? souleva la partisane de la gente féminine.
— On ne sait que peu de choses sur cette histoire, bien que pour ma part j'y vois une sorte de trafic. Trafic de quoi, je n'en ai aucune idée. La seule chose dont je suis certain, c'est que derrière y pousse un fleurissant business. L'oseille, c'est toujours de ça dont il est question. »
À la dernière réplique s'y mêla un ton plus appuyé, plus transparent ; comme si les dires posaient une réalité empirique ; comme si, de tout temps à jamais, il avait toujours su et connaissait par cœur la chanson.
« Peut-être que le père Justin pourra vous donner d'autres informations. Il a été témoin d'un des enlèvements. Il dirige l'orphelinat qui se situe au bout de la ville.
— Et pour les familles ?
— Il vous faudra prendre nos véhicules de route pour vous y rendre mais vous ne tirerez d'eux rien de fructueux. Depuis la disparition de leur gosse, les parents se murent dans le silence. Ils ne vous apprendront rien de plus qu'on ne sait déjà. »
Un nombre suffisant d'indications ils disposaient. Le gobelin venait de leur fournir la dernière cartouche utile ; ils n'avaient guère plus besoin de lui. Nulle envie ne leur prit à dispenser un quelconque remerciement, pas même la maîtresse des pluies. D'ordinaire sa personne déployait sous l'œil jugeur du regard social une apparente amabilité. Des politesses par-ci, de la convenance par-là. Non pas que cela demeurait une contrainte ou une obligation, du tout. Établir un contact de quelque sorte que ce soit restait pour Jubia Loxar quelque chose d'assez délicat au vu de la chaîne plus qu'indésirable des eaux qu'elle traînait incessamment avec elle. Pourtant, les fois exceptionnelles où un « bon rapport » s'établissait avec l'autre, la rôdeuse appréciait, beaucoup. Seulement, là, aucun désir de partage ne naissait. Au contraire, moins d'échange il y avait, mieux cette dernière se portait. De ses mots sales il insulta Fairy Tail ; vile audace qu'il eut à vomir sur eux. Il ne méritait que des bleus douloureux ; juste et exclusivement de l'antipathie. Pour son irrespect, elle ne le considéra que comme l'objet, l'outil qui se jetait – s'oubliait – après usage. Asséché de son utilité, il n'avait plus le moindre intérêt ; il ne servait plus à rien.
Sans une once de considération, la magicienne et son partenaire lui tournèrent le dos, amorçant le pas de leur sortie.
« Une dernière chose. »
La réplique eut l'effet escompté : elle figea le mouvement et aimanta les prunelles sur le locuteur.
« Si vous comptez abandonner cette mission, faites-le nous savoir ; qu'on ne perde pas de temps à chercher des cadavres qui n'existent pas. »
Des paroles abordant le dérangeant et formées avec cette même insolence ; si irritante, si malvenue pour eux ; pour lui, l'homme dépourvu de tenues. Elle le vit venir, lui et son jeu des phalanges. Elle le vit venir, lui et sa verve raffinée. Parce qu'elle le vit venir, elle put le retenir.
« Nous n'avons plus rien à faire ici Grey-sama. Allons-y. »
Il concéda mais ne partit pas sans déposer quelques dires.
« La prochaine fois qu'on se recroisera, tu le sentiras passer, crois-moi. »
Le calme du timbre n'endigua pas pour autant le poids de l'avertissement. L'expert polaire ne rejoint pas dans l'instant sa compère. Il prit soin, avant, d'entrelacer ses lettres d'un regard tout aussi lourd d'hostilité. Par lui, le dessein devenait lisible à souhait. Le roi du nu le considéra une dernière fois puis s'en alla au dehors. À droite l'attendait sa coéquipière qui, dès qu'il fut à nouveau à ses côtés, lui fit part de son intention.
« Jubia serait d'avis d'aller interroger le prêtre. Il nous reste encore quelques heures avant que le soir ne tombe.
— Ouais si tu veux, approuva celui-ci, son entrain toujours au abonné absent. On a que ça à faire de toute façon. »
L'invocatrice de l'océan ouvrit la marche. Aux alentours l'affluence semblait s'amoindrir à vue d'oeil. Le vacarme ne jouait plus cette note grésillante et animale. À la place cependant la fée fut balayée par un nuage d'effluves. Tout comme les sons, ces derniers partaient en tout sens, se heurtaient puis s'enlaçaient tels des danseurs valsant dans l'unité. Un véritable tourbillon qui mixait à tout va des senteurs de tous les fumets. Il y avait bien entendu celles de l'alimentaire, premières à usurper les sens tant la teneur était enveloppante. Ensuite s'invitait le parfum guère attendu de l'huile de vidange et d'autres vapeurs des matières naturelles. La bonne odeur se fondait avec un arôme tout à fait contraire ; plus brut, plus piquant. Insolite alliance dont les papilles du goût s'évertuaient à éplucher.
Le chemin prit fin en quelques minutes. Contrairement aux diverses zones de la cité, ici, une tranquillité certaine faisait loi. Les commerçants semblaient comme avoir déserté cet endroit où juste trônaient avec allure plusieurs cases et l'orphelinat. C'était agréable, reposant même. Un espace en parfaite adéquation avec ceux qui l'occupaient. Calme et vaste ; quoi de mieux comme terrain de vie pour des cadets en pleine croissance ? Trop de proximité avec ces autres pouvait opprimer l'esprit et le cœur, surtout lorsque une distance indigeste planait entre l'isolé et la communauté ; l'amoureuse en savait quelque chose.
« Que puis-je faire pour vous mes enfants ? »
Un homme les accosta. Son visage, d'un ovale exemplaire, dessinait malgré tout plusieurs traits fatigués près du nez et des joues creuses. Autour des lèvres une barbe mal rasée séjournait. D'un aspect hirsute, ses cheveux mi-longs affichaient une drôle de couleur poivre et sel. Ses yeux enfoncés et vairons les scrutaient, une franche bienveillance s'y diffusant. Quant aux vêtements, une même teinture régentait ; l'ébène. Seule la matière différait : du tissu pour le pantalon ainsi que de la soie pour le gilet à manches courtes. Au niveau du cou un textile tout de blanc entourait la gorge ; un habit d'ecclésiaste.
« Père Justin ? vérifia l'ex-Phantom.
— Oui, et vous êtes ?
— Des mages de Fairy Tail. Nous sommes là pour la quête des Enfants Disparus. »
Cette réponse entraîna la courbure du faciès ; une ombre grave se posa sur le visage au teint cireux.
« Que voulez-vous ? »
Alors que Jubia s'apprêtait à rétorquer, quelque chose épingla son regard. À cinq mètres à peine, fille et garçon fourchaient leur vue. Dans leurs orbes scintillait cette boule destructrice de haine. La fillette, à la différence de son camarade, exposait une signature tout à fait reconnaissable – et bien trop connue de la mage – sur ses joues ; des gouttes, trempées de sentiments, pleuvaient des yeux rougis et gonflés. L'émoi ne se contentait guère de déborder outre mesure de l'œil, par tous les pores du corps il se révélait : les doigts qui dans leur renfermement pressaient l'aigreur, la poitrine dont le rythme détraqué altérait la respiration puis le visage, déchiré d'humidité, se courbant dans la douleur du cœur. Une brûlure, vive, insensée la marquait ; dans sa chair, dans sa tête ; dans son âme. L'être entier était touché, attaqué, fracturé.
La jeune femme le sentait, le revivait.
« On nous a dit que vous avez été témoin d'un des enlèvements et nous aurions voulu que vous nous en dites plus, répondit l'exhibitionniste sentant que sa partenaire ne comptait guère répliquer.
— Eh bien, ça s'est passé il y a maintenant plus d'un mois. Je me trouvais dans… »
Le vide mordit les syllabes ; elles n'existaient plus, pour elle. Il n'y avait que cette fillette ; que ce masque terrible de mal. Une douleur ici, à l'orphelinat. Une douleur à cause de lui, de cet autre enfant. Une boule étrangla son larynx. Un poids pourtant lointain revint tout à coup en elle. Celle chevauchant la marée ne prit pas conscience de son absence du présent. Tout ce qui tissait cette toile temporelle disparut complètement. Elle ne réalisa même pas sa projection si puissante et instantanée dans cette gamine. Elle se vit, s'identifia à cette enfant ; à ce martèlement incessant du coeur mutilé. Plus rien n'importait. Pas même Grey ; non. L'esprit déporta l'être dans un ailleurs reculé, voulu effacé.
Une image éclata ; un souvenir.
Cesouvenir qui absorba tout entière son âme.
Une nuit sombre, trop sombre pour ce mois d'été. Pas d'étoiles, que du noir dans le ciel que les yeux contemplent. Si, un faible éclat de la boule ronde, la lune, passe sur le visage. Un silence doux la tient. Les autres dorment, l'esprit rêveur. Mais pas elle. Non, pas cette nuit. Les pensées courent ; courent trop vite, courent trop longtemps. Elle n'arrive pas à les avaler, à tomber dans le sommeil. Alors la marche se fait. Tranquille. Lente. Les pieds, nus, frissonnent. Le sol est dur, froid ; comme cette nuit. Peu importe, le corps se ballade. Il n'y a pas d'envie. Ni de direction choisie. Sans but elle avance. Sans rien attendre elle traîne. Plaisir c'est, d'être là ; seule avec ce vide qui enlace. Plus de mots. Plus de vie aux alentours. C'est bien. C'est calme. C'est presque mort. Elle aime. Ça sent le rien ; pas la blessure. Oui, elle n'a pas mal à l'âme. Ils ne sont pas là. Leur voix ne l'imprègne plus. Ils disparaissent ; tous. Là-bas l'imaginaire les enferme, pour cette nuit du moins. Demain ça recommencera. Tant pis ; pas grave. Elle est là, elle est bien. Il n'y a pas de larmes. Il n'y a rien. Ça fait du bien, beaucoup de bien. Il n'y a qu'elle ; et c'est tout ce qu'elle souhaite.
« Tu fais quoi ? »
Silence brisé ; vide percé. Elle se retourne. L'un d'eux se tient là, en face. Il la fixe ; elle aussi. Quelque chose ne va pas. Pourquoi est-il ici ? Alors que durant tant de crépuscules ça n'a été qu'elle, et seulement elle, qui a demeuré éveillé à la conscience du soir. Elle ne veut pas le voir, ne veut pas entendre ; sa voix, leur voix. Le jour suffit déjà trop. Non, ils n'ont pas le droit de lui voler aussi la nuit, cette nuit.
« Et toi ? »
Elle ne répond pas : interroge. Il n'a pas sa place. De trop il est. Mais il s'en moque, se rapproche. Perdue ; elle ne bouge pas. Confuse ; elle l'observe et attend. Attendre pour voir, savoir ce qu'il veut, ce qu'il fait dans cet ennui qui est le sien. Lui ne fait que la regarder, l'air simple, l'air normal.
« J'arrive pas à dormir. »
C'est le premier, après elle. Ça la surprend. Elle n'est pas seule, comme ça ; traînant les pieds, subissant ce qui n'est pas recherché. Il n'est pas cet étranger, juste comme elle ; un marcheur du soir. L'air lui paraît plus détendu. Il ne leur ressemble pas. Non. Dans sa voix il n'y a pas le mal. Il est autre.
« Pourquoi t'es toujours toute seule ? »
Ses yeux de garçon la capturent. Elle s'accroche à ce regard, à ces mots. Ils lui font quelque chose, lui renvoient une image ; son image. Et une douleur. La solitude ; trop présente ; incomprise ; lancinante. L'éternelle et unique amie.
« Jubia sait pas. »
Comment dire, décrire ? Ce sentiment qui pique. Les lettres ne peuvent pas montrer. Le prononcer ou l'avouer ne sert pas. Ça se vit. C'est comme ça, elle est comme ça. L'enfant qu'on n'approche pas. L'enfant qui dérange le bruit par le mutisme constant de ses phonèmes. Lui non plus ne comprend pas. Son visage se pince. Il parle à nouveau.
« Tu joues et ris pas avec nous. Tu nous aimes pas ? »
Non, elle n'aime pas. Leur jeu qui frappe sa poitrine. Leur sourire laid de moquerie. Leurs paroles loin de la chaleur. Non, elle ne veut pas être avec eux, comme eux ; rire de la différence. En leur présence son mal grandit ; trop vite, trop fort. Elle ne comprend pas ; elle n'a rien fait. Mais ça ne change rien. Quelque chose elle a, quelque chose qu'eux n'aiment pas. C'est nul, désagréable ; détestable. Elle n'en veut plus ; de distance, de mur forgé dans l'incassable. Plus de ce poison quotidien, celui qui revient ; toujours.
« Ju… Jubia veut rire, jouer mais elle a mal.
— Où ça ?
— Au cœur. »
Sa main se pose à cet endroit précieux et meurtri. Sa vue se relève et la surprise la prend ; il est tout près. Elle peut sentir son souffle chatouiller la chair. Il continue, inlassable qu'il est, à noyer son orbe en elle. Mais ce n'est pas pareil. Autre chose elle ressent, une chose qui lui soulève l'âme. Il pose à son tour sa main sur cette partie fracturée du corps. Le pouls accélère. Elle a peur. Le geste, totalement nouveau et inconnu pour elle tord le fil de ses pensées.
« Tu crois que je peux le guérir si je ris et joue avec toi ? »
C'est chaud. C'est doux. Si agréable. Si fort. Les brindilles de la joie. La peur détale, galope comme jamais dans le brouillard de l'oubli. Elle sent l'organe battre, pulser avec une fougue incroyable. Elle perçoit une flamme qui brûle ses émotions. Tout entière elle s'agrippe et s'imbibe dans ce lien humain.
« O-oui. »
Le vermillon attaque ses pommettes ; découvre puis goûte la gêne. C'est particulier ; pas douloureux. Il lui sourit, elle aussi, timidement.
Le mal part, doucement.
Un morceau se recolle, lentement.
« Kazuko (7) ! T'es où !? Kazu…»
Une voix surgit ; elle la reconnaît. Ce même ton déplaisant y résonne. La grimace s'amorce. Il va léser, encore. Ce n'est pas juste. La nuit ne leur appartient pas ! C'est à elle que l'obscurité est réservée. Eux ont le jour ; il n'a pas le droit ! Un craintif regard il appose sur elle ; pas ça. Dans ces pupilles y luit le rejet ; pas maintenant. Il la fuit ; pas ici.
« Qu'est-ce que tu fais Kazuko ? Reste pas avec elle.
— Pourquoi ? »
La spectatrice elle demeure or c'est elle qui endosse le rôle premier. C'est d'elle, toujours d'elle, dont on parle. Pour l'infini elle reste l'ignorée. À part ils la mettent. De côté, pour mieux l'effacer. Elle n'est pas la composante du décor. Vivante. Présente. Humaine ; tout ce qu'ils sont. Mais elle n'existe pas, pour eux. Trop différente. Trop troublante ; effrayante. Et ils ne veulent pas de ça ; pas de place pour elle, la difforme.
« Elle est trop bizarre. »
Le mal revient de plus belle. Cette fois, elle le sait, il ne retombera plus. C'est terminé. La douceur du cœur s'écrase. Tout est fragile, si cassable en elle. Quelle rage d'être à ce point vulnérable, seule face à eux.
« Jubia est pas bizarre. »
Le ton se lève ; ils ont tord, profondément tord. La nuit est son terrain. Leur venin ne coulera pas ; non. Elle ne veut plus, ne supporte plus ce cracha. Elle l'entend, sa voix vibre avec puissance. Elle la voit, leur surprise mêlée à l'inquiétude. Tant mieux. À eux, de subir. À eux, de sentir ce bouillon d'émotion.
« Faut pas rester là, viens. »
L'eau grimpe aux yeux ; et coule, goutte à goutte. Ses perles humides poignardent. La douleur frétille. Rien ne sera réparé. Les fissures restent et s'ouvrent plus encore. Que des mots. Juste des paroles en l'air, pas vrai ? Le mal ne partira jamais. Elle est son hôte, à jamais enlacés main dans main. Les larmes chutent ; s'écroulent dans ce trou du cœur. Chacune inscrit le tracé ineffaçable de la tristesse. Elle a perdu. La nuit l'abandonne et se tourne vers eux, êtres venimeux.
« Tu as menti. »
Colère.
« J'ai mal, trop mal. »
Peine.
« Je vous aime pas. »
Rancœur.
« Partons d'ici Kazuko, elle fait peur.
— Tais-toi…»
Le murmure échappe à ses lèvres. Elle n'y arrive plus ; la plainte sort. Son corps résiste mais le pot affectif, lui, saigne. Les poings compressent du mieux possible cette vile montée de haine. Ses prunelles se ferment sur l'obscurité. Ne plus voir, les voir. Ne plus se penser là, avec eux. Sortir, partir, courir ; loin, très loin de cette cage émotionnelle. Les pleures tombent dans un silence étouffant. Elle ne cache plus rien, elle ne le peut plus. De l'intérieur elle se fait dévorer par une chose indescriptible.
Ça la ronge, partout ; dans sa chair, dans sa tête ; dans son âme.
« Allez, viens ! Elle est pas normale et a rien à faire avec toi ! Laisse-la !
— TAIS-TOI ! »
Une explosion, furieuse, jaillit tout à coup. Une vague incontrôlable d'eau sort du corps. L'enfant se reçoit l'élément de plein fouet. Il n'a guère le temps de voir ni de savoir ce qui arrive, ce qu'elle fait : il est propulsé d'une violence pétrifiante. Jusqu'au mur du fond il fuse. Sa tête tombe tandis que l'inconscience accueille son esprit.
Un choc.
Pour lui, pour eux mais surtout pour elle ; la responsable, celle qui soudain a débordé d'une force complètement nouvelle et excessive. Une boule, lourde de culpabilité, étrangle sa gorge. Ses mirettes de fillette dévisagent. Il ne bouge plus ; la respiration flotte dans l'invisible. Le chaos la saisit. Son propre souffle s'affole. Elle ne sanglote plus ; elle est terrifiée. Par son acte. Par elle-même. Son regard se tourne vers l'autre, lui qui est encore là, debout, entier. Il tremble de tous ses membres ; et la regarde, horrifié.
Un monstre.
Monstre caché qui enfin se révèle à la lumière du crépuscule.
Un instant, long et destructeur elle reste là ; pour voir, pour réaliser.
Sa faute ; sa nature.
Puis court, fuit sans retour ; il pleut dehors.
Monstre unique, monstre d'eau.
Crie son âme.
Il n'y aura plus de rire avec eux.
Se pend l'affect.
Et l'eau coule, coule et s'installe ; au fond des yeux, au fond de l'être.
Partout et à jamais.
L'eau déborde.
Il n'y aura pas de vie auprès d'eux.
Pas pour elle.
Elle, le monstre de la mer.
(1) : http(deux point)/zupimages(point) ?id=14/08/a5ux(point)jpg. Voici un lien pour vous montrer concrètement à quoi ressemble une porte en forme d'arc de cercle.
(2) : http(deux points)/www(point) /imgres?hl=fr&sa=X&tbo=d&biw=1280&bih=861&tbm=isch&tbnid=pGJXptyo4kLMLM:&imgrefurl=http(deux points)/wow(point)mondespersistants(point)com/voyage-en-azeroth-un-road-trip-hors-du-temps-partie-2-:article-925,3/&docid=e_Ry_XEFCGJxbM&imgurl=http(deux point)s/www(point)mondespersistants(point)com/images/screenshots/World_of_ &w=1336&h=835&ei=ZDf0ULKkEofB0gWmjoE4&zoom=1&iact=hc&vpx=12&vpy=536&dur=579&hovh=130&hovw=204&tx=102&ty=77&sig=106858229970991245692&page=2&tbnh=130&tbnw=204&start=30&ndsp=39&ved=1t:429,r:36,s:0,i:196. Je vous glisse le lien qui montre Kinsa comme je l'ai décrite. Ce type de paysage me plaisait beaucoup et correspondait totalement à l'image que je me faisais de cette citée. Je ne sais pas si c'est une bonne chose d'avoir mis cette illustration mais je voulais que vous vous fassiez une idée concrète de cette ville car il est difficile je trouve d'imaginer ou même de visualiser réellement ce que décrit l'auteur en matière de décors environnementaux. Pour ma part je trouve ça bienvenue car ainsi je situe mon imaginaire mais après peut-être que vous ne trouvez pas ça judicieux ou utile, n'hésitez pas à me dire ce que vous en pensez.
(3) : http(deux points)/www(point)google(point)fr/imgres?um=1&hl=fr&tbo=d&biw=1280&bih=861&tbm=isch&tbnid=mGf-Vza5ca8gJM:&imgrefurl= &docid=rsHWHo6LaUCeFM&imgurl= /images/1/produits/produit_image1_533_ &w=800&h=513&ei=OaoDUbiHEuiX0QX8-ICYAg&zoom=1&iact=rc&dur=602&sig=106858229970991245692&page=1&tbnh=124&tbnw=182&start=0&ndsp=30&ved=1t:429,r:24,s:0,i:156&tx=78&ty=60. Encore un lien vous montrant à quoi ressemble l'antiquité plus qu'insolite qu'est ce pistolet.
(4) : http(deux points)/www(point)google(point)fr/imgres?sa=X&biw=1067&bih=714&tbm=isch&tbnid=j83kDUOTG-IysM%3A&imgrefurl=http%3A%2F% %2Fgalerie%2FWorld-of-Warcraft-35% &docid=AQfjKlWEvDIKmM&imgurl=http%3A%2F% %2Fimage%2Fupload%2Fnormal%2FRender_ &w=893&h=960&ei=dn0IU4jlH8a50QXB5IDoBQ&zoom=1&iact=rc&dur=1599&page=1&start=0&ndsp=18&ved=0CGoQrQMwBA. Un lien pour vous montrer à partir de quel dessin – qui n'est pas de mon fait mais de celui de Zoulli Render – je me suis inspirée pour imaginer ce très cher Beedle.
(5) : qui veut dire « sable du vent ».
(6) : se traduit par « sable de l'automne ».
(7) : Kazuko est un prénom japonais signifiant « l'enfant de l'harmonie ». En général le nom de mes propres personnages a une signification particulière, un lien ou bien fait appel à certaines références. Si l'envie vous prend de vouloir les découvrir, j'vous souhaite bien du courage.
J'aime ce flash back et sa doucereuse fin ; comme le chapitre en son entier quoi. Je peux vous dire que j'en ai chié, grave, avec ce Beedle. Oh putain… La prise de choux que c'était, surtout pour les dialogues ! J'vous dis pas ça pour que vous soyez indulgents, du tout – n'hésitez surtout pas à me hachurer, j'suis une maso en puissance donc – mais bien parce que j'ai envie de dire que ça m'a fait chier comme il faut, ces foutues répliques de mes deux ! Une à deux semaines, quand même, à triturer dans tous les sens les dialogues de ce gobelin – p'tit con va… M'enfin, le résultat me satisfait beaucoup ; j'ai pas sué pour rien, c'est déjà ça :)
J'espère que vous n'avez pas été trop déçu(e)s du maigre « punch » on va dire de ce chapitre. Dans peu de temps, je vous assure – et là c'est pas du chiqué – que ça va swinguer, oh yeah !
Merci en tout cas à tous ceux qui suivent, lisent et les quelques un(e)s qui commentent ! Merci à vous tous de parcourir ce récit !
Rendez-vous le week-end du 7-9 mars – si tout va bien, ha ha :) – pour le chapitre 5 !
Bonnes semaines, voire vacances pour certain(e)s et encore merci de votre lecture !
P.S : comme vous l'avez remarqué, j'ai changé d'image. Pour ceux que ça intéresse, je pourrai vous expliquer le lien de la précédente image avec le récit quand on sera arrivé à la fin bien entendu. Y a du sens mais c'est un peu, comment dire, tiré par les cheveux ou du moins « juste un peu ». La nouvelle est plus parlante je trouve et puis, elle est classe non ? :) Ou l'art de se la péter alors même que l'image n'est pas de moi… Y a pas à dire, la connerie narcisse, c'est le GOOD !
