Bonjour à tous,

Aujourd'hui, c'est un texte un peu spécial qui vous attend. En effet le défi du mois d'Août à tellement inspiré l'une de nos participantes qu'une fanfiction est née. Nous avons donc droit aux quatre premiers chapitres, pour ceux qui voudraient lire la suite, la fanfiction apparaîtra dans nos favoris.

Bonne lecture,

Yunoki & Baderoh


Déploie tes ailes par Maeva Cerise.

Chapitre 1 : Un douloureux départ

Il faisait beau. Le soleil était resplendissant, le ciel d'un bleu somptueux ayant remplacé les lourds nuages de pluie qui avaient gorgé et embourbé le sol pendant la bataille. Un jeune homme aux yeux d'un vert intense, le souffle faible, regardait avec une étrange lassitude ce ciel magnifique alors que la douleur empirait en lui.

– Harry, oh Harry. Je suis désolée... Si j'étais... si je…

Il tourna à peine la tête pour voir la jeune femme brune agenouillée à ses côtés, une baguette brisée dans sa main brûlée. Il lui fit un faible sourire avant de serrer les dents. La douleur enflait par vague, lancinante, harcelante. Il aurait pu croire qu'avec Voldemort et tout ce qui allait avec, il avait déjà expérimenté bien au-delà du seuil possible de souffrance.

Et pourtant… Il découvrait de nouveaux paliers. Son corps s'arqua, un son étrange et douloureux écorchant ses oreilles avant qu'il ne réalise qu'il hurlait à présent. Surgissant à côté d'eux, maculé de boue et un bras ensanglanté, un autre jeune homme releva d'un geste pressé la jeune femme. Des mots affolés sortaient de sa bouche. Avant que la jeune femme ne comprenne ou qu'Harry ne puisse prendre conscience d'autre chose que la douleur qui l'éviscérait de toute part, les lieux se floutèrent autour d'eux.

[…]

Hermione était quelqu'un d'entêté. Elle savait ce qu'elle voulait et se donnait les moyens d'y arriver. Elle voulait toujours bien faire, pouvant se montrer parfois envahissante. Elle avait même un petit côté dictatorial et autoritaire qu'elle avait fini par admettre et réguler. Elle savait qu'elle n'était pas toujours une amie facile à supporter. Après tout, elle était humaine. Elle avait d'innombrables défauts. Mais elle avait aussi des qualités.

Et l'une de ses plus belles qualités était sa loyauté. Elle l'avait placée en Harry, l'avait soutenu même lorsque la raison et la stratégie aurait pu l'amener à se lier à ceux qui trahissaient son ami. Même face à l'homme qu'elle aimait. Car Hermione était par-dessus tout loyale envers ses convictions et ses amis. Ron les avait trahis, Dumbledore les avait utilisés, le ministère les avait salis et Voldemort avait tenté de les abattre… Encore. Le nombre de morts qui jonchait leurs vies était considérable, notamment parmi leurs alliés. Pourtant, Hermione avait gardé foi en l'avenir. Avec Neville, Luna et Harry, ils avaient avancé contre vents et marées.

Et alors qu'ils auraient dû fêter la victoire d'Harry contre Voldemort, elle et Neville devaient traverser en urgence l'océan, sécuriser le corps de leur ami en pleine transformation et se faire discret. Ils ne pouvaient plus rester en Angleterre. Pas alors que leurs vies étaient mises à prix. Hermione, juste après avoir renforcé un Silencio cruel mais nécessaire sur Harry, s'effondra en larmes dans les bras de son ami.

Celui-ci, assit sur le sol froid de la soute de l'avion dans lequel ils traversaient clandestinement, ne ressemblait en rien au jeune homme qui était entré huit ans auparavant à Poudlard. La guerre qui avait fini par faire rage ouvertement et son amitié renforcée avec Hermione, Luna et Harry avaient révélés une force d'âme impressionnante. Celle-ci se révélait physiquement dans une apparence plus confiante et un physique musclé et aguerri par les entraînements et les combats. Mais la tristesse qui suintait de son visage en cet instant mettait tout cela en arrière-plan. Il serra son amie contre lui, laissant le sommeil la gagner et réfléchissant aux décisions qu'il avait prises.

Contrairement à ce qu'on aurait pu penser, c'était lui qui avait dû déclencher en urgence le plan de secours qu'ils avaient mis en place. C'était lui également qui avait initié la réflexion de ce plan car il avait cessé de s'accrocher à un espoir vain à la mort de Luna. Il avait incité les autres à déplacer leurs fonds sous de nouveaux noms dans la branche internationale des gobelins. C'était lui aussi qui avait contacté le gouvernement sorcier américain pour leur demander de manière préventive le statut de réfugiés politiques, qu'ils avaient obtenus. Il s'était assuré que si ses craintes se confirmaient, ils auraient une solution de repli utilisable à tout instant.

Neville avait conscience que s'ils restaient, les sorciers anglais allaient se retourner contre eux par crainte du savoir et des pouvoirs qu'ils avaient acquis. Il avait conscience aussi que la mort de Voldemort n'arrangerait rien au climat de pourriture, d'intolérance et de corruption qui s'était ancré dans la société sorcière anglaise. Il avait senti que le vent qui tournait dans le pays les ravagerait si le combat n'avait pas mis fin à leurs vies.

Et il avait eu raison. À peine Voldemort vaincu, le sang sur le champ de bataille encore frais et les conflits encore en cours que les aurors étaient arrivés avec un mandat d'arrêt. Neville n'avait pas hésité dès qu'il avait compris l'intention de ces rapaces et avait utilisé le portoloin qu'il avait préparé pour embarquer Harry et Hermione. C'était une chance qu'un avion moldu pour l'Amérique soit sur le départ et avec les baguettes qu'ils avaient volés, Hermione et lui avaient usés de sortilèges pour s'y faufiler en douce.

Il s'accorda le temps de craquer aussi, pendant qu'il le pouvait encore. Une fois en territoire américain, il devrait dire adieu définitivement à leurs anciennes vies et espérances. Ils devraient trouver une solution pour s'adapter et faciliter la nouvelle condition d'Harry. L'inquiétude rongeait son esprit, aussi efficacement que la rouille ronge le fer. Il passa le reste du trajet à réfléchir à la manière dont la morsure infligée à son ami allait influencer leurs plans et leur nouvel avenir. Pas une seconde il n'envisagea d'abandonner Harry ou de considérer celui-ci uniquement en fonction de sa future nature vampirique.


Chapitre 2 : Perspective d'une nouvelle vie

Harry avait conscience de flotter. Il sentait la chaleur qui l'avait envahie et qui ne cessait de grimper effleurer sa bulle protectrice. Celle-ci était douce, chaleureuse, puissante et familière. Ce fut presque avec un soupir de reconnaissance qu'il reconnut sa magie. Encore affaiblie de la bataille, elle s'était concentrée autour de la conscience de son protégé dès qu'elle en avait eu la force. Elle ne luttait pas contre le venin, le laissant modifier, solidifier, reconstituer son corps. Cependant, elle y ajoutait sa touche personnelle tout en le protégeant et en s'imprégnant du venin. Harry compris que quelle que soit sa future nature, sa magie serait toujours là. Plus forte, plus rayonnante et toujours protectrice.

Il se laissa de nouveau dériver en toute confiance sans plus penser. Il n'avait pas conscience de son corps qui voyageait, protégé par ses deux compagnons. Ni de la distance qui s'établissait entre lui et son pays d'origine. Il resta dans cet entre-deux même pendant les négociations avec les États-Unis Sorciers et Moldus ainsi que lors de leur aménagement dans une demeure de transition. Il ignora aussi l'installation d'une chambre froide magique pour stocker du sang à son intention, ni de la dispute entre Neville et Hermione sur la meilleure manière de l'aider avec sa future nature vampirique. Il n'eut même pas conscience des évolutions touchants son corps. Harry était bien loin de tout ça, profitant de cet instant bienvenu d'inconscience.

[…]

La première chose qu'Harry perçut lorsque sa conscience réintégra son corps fut la sensation moelleuse et confortable d'un matelas sous lui. Il avait visiblement été bordé comme un enfant, un drap enroulé autour de lui, jusqu'à son cou. Même la texture du tissu contre sa peau était douce et sentait l'assouplissant. L'air était doux, et les mouvements de rideaux qu'il percevait lui indiquaient qu'une fenêtre à proximité devait être ouverte.

Puis son attention se concentra sur les bruits de pas approchant, un pas léger, rapide et nerveux suivit par un pas plus lourd mais tout aussi énergique. Ce fut ensuite le bruit caractéristique d'une clenche qu'on déclenche et d'une porte qu'on ouvre qui lui indiqua l'arrivée de deux autres personnes dans la pièce. Son esprit devint aussitôt alerte et il se redressa et se désempêtra des draps d'un même mouvement, se retrouvant en position accroupie sur le lit. Au lieu de l'étourdir, ses nouveaux réflexes le ravirent alors qu'il posait ses yeux enfin ouvert sur des silhouettes familières figées à l'entrée.

Une odeur agréable de livres, de parchemins et de vanille émanait de la jeune femme brune. Hermione avait l'élégance d'une femme déterminée, ses yeux rougis par des larmes versées lui donnant cependant un air vulnérable déstabilisant. Elle s'était figée sur la porte, le regardant d'un air incertain avant d'esquisser un sourire de joie quand il n'attaqua pas. Non pas qu'elle l'aurait laissé faire. Neville à ses côtés semblait plus prudent, attendant visiblement de voir les réactions du nouveau vampire. Son odeur était celle d'une forêt au sortir de la pluie, un mélange détonnant et apaisant d'écorce d'arbres, de fruits des bois et d'herbe fraîche. Il était aussi beaucoup plus grand que ses deux compagnons qui avaient la même taille. La posture des nouveaux arrivants n'était pas agressive ou stressée. Peut-être un peu prudente mais clairement ouverte à toutes interactions.

Harry se détendit aussitôt, s'asseyant en tailleur tout en observant ses amis. Hermione se rapprocha aussitôt, sautillant jusqu'à étreindre son ami. Harry lui était presque surpris de ne pas ressentir de faim violente inhérente à sa nouvelle condition et tapotait le dos de la jeune femme tout en posant un regard perplexe sur Neville qui lui fit un sourire complice.

– Je suppose que tu as plein de questions, non ?

Hermione essuya ses joues, lui offrant un nouveau sourire immense avant de s'asseoir à ses côtés.

– Tu en as mis du temps pour te réveiller Harry. Tu ne fais jamais rien comme les autres hein ? Enfin bon, il faut absolument que tu sois au courant des derniers événements. Là, on est…

– Eh Hermy, juste… je viens de me réveiller. On va commencer doucement hein ?

Harry avait esquissé un sourire amusé alors qu'Hermione rougissait un peu et hochait la tête. Neville prit une chaise et s'installa en face d'eux. Neville et Hermione entreprirent alors de lui expliquer de manière détaillée leur condition de réfugiés aux États-Unis, l'aide des sorciers américains et leurs nouvelles relations, les recherches qu'effectuaient les sorciers anglais pour les retrouver,…

Harry les laissa parler autant de temps qu'ils voulaient puisque les informations l'intéressaient et le touchaient de près. Sauf lorsqu'ils abordèrent la situation en Angleterre après la Grande Bataille. Cela ne le concernait plus et les autres sujets avaient été bien trop détaillés. Le suspens était intolérable et si eux avaient eu le temps de se faire et de se renseigner sur sa nature, ce n'était pas son cas. Semblant enfin remarquer l'air impatient d'Harry, Hermione expliqua pourquoi il n'avait pas soif, puis…

– Comment ça vous m'avez fait boire ?

– Euh… tu aurais dû être réveillé au bout de trois quatre jours et ça fait deux semaines Harry. On a demandé à des experts et on t'a donné des pochettes de sang humain… tous les jours. Heureusement que ton alimentation n'a aucune influence sur la couleur de tes yeux, d'ailleurs. Ça aurait été dommage. Bon le reste par contre, tu ne vas pas le regretter je pense. Tu es encore plus beau qu'avant.

Neville eut un petit sourire amusé face à la remarque enflammée d'Hermione. Il attrapa un oreiller et le conjura en miroir à pieds. Harry se leva, surpris et fasciné par sa nouvelle apparence. Il n'avait pas pris de taille, mais son corps était devenu encore plus harmonieux. Mince, toujours musclé, ses traits s'étaient adoucis un peu et sa peau était devenue d'une couleur d'albâtre.

– Par la barbe de Merlin, mon bronzage !

Un petit rire étouffé le fit marmonner auprès d'Hermione mais sans le vexer. Il s'en fichait de son bronzage, de cette apparence plus parfaite ou de sa chevelure devenue plus sage qui lui arrivait au niveau des lombaires. Il était toujours lui.

C'était cela qui l'avait inquiété mais visiblement devenir vampire n'avait pas changé ce qu'il était. Au final, sa vie n'avait cessé d'être bouleversée depuis sa première année de vie. Cette transformation n'en était qu'un de plus. Il aurait juste à apprendre ce que sa nouvelle condition entraînait.

Bonus supplémentaire, le regard que le miroir lui renvoyait était toujours le même, quoique d'un vert encore plus ensorcelant. Il était Harry, uniquement Harry. Plus Potter, plus le Survivant – vu qu'il avait trépassé – ou l'Élu – sa mission ayant été accomplie.

Se réveiller sans être soumis à une faim sanglante aidait aussi énormément à son acceptation. S'il avait attaqué son frère et sa sœur de cœur, il ne s'en serait pas remis. Il se retourna d'ailleurs avec enthousiasme vers eux.

Il s'apprêtait à parler quand le bruit d'un volatile arrivant à pleine vitesse vers eux lui fit porter son attention vers l'extérieur. Un aigle magnifique surgit peu de temps après une lettre accrochée à ses pattes. Fièrement posé sur le rebord de la fenêtre, un air orgueilleux et défiant sur le visage, il tendit sa patte.

Neville s'était déjà dirigé vers la lettre et une fois assuré qu'elle était sans danger, la récupéra.

– Oh c'est Vinh, notre spécialiste des vampires qui propose de le prévenir dès que tu es réveillé.

– Son message arrive à point nommé si tu as des questions liées à ta nature, ajouta Hermione. C'est lui qui nous a fourni l'approvisionnement et nous a expliqué comment te nourrir même si tu étais hum… en sommeil. Il a une façon de voir très progressiste sur la question.

– Euh… dit juste Harry d'un air éloquent en regardant Neville qui souriait. Bah ouais je veux bien. Vous n'avez pas l'air de vouloir entamer le sujet.

– Harry, souffla Hermione. Ce n'est pas cela mais on n'y connaît peu de choses. On ne veut pas t'induire en erreur ou s'appuyer sur des préjugés. Et il parait qu'il faut laisser aussi parler ton instinct et ne pas tenter de renier ta nature.

– Ok, alors c'est parti.

Neville entreprit alors de répondre à l'expert tandis qu'Harry tentait d'ingurgiter toute les informations que lui donnait son amie.


Chapitre 3 : Vampires moldus et vampires sorciers : une différence ?

L'odeur- pomme d'amour et barbe à papa- le percuta de plein fouet, l'attirant et le repoussant à la fois. Laissant son instinct le porter avant même de le réaliser, Harry avait déjà le corps entier penché vers le nouveau venu, sans le toucher pour autant. Il s'était approché en à peine un quart de seconde et inspirait déjà prudemment l'odeur de leur expert en vampires.

C'était l'odeur douce d'une proie juteuse noyée d'un avertissement olfactif puissant. Cette proie appartenait à un autre. Cette proie n'en était plus une, pour quiconque en dehors de son maître. En un éclair de lucidité, alors qu'il se reculait, Harry réalisa qu'il avait affaire à un calice. Vinh, son expert en vampire était clairement un calice et ses amis ne l'en avait pas informé.

– Pas de soucis, pas de soucis. Je m'y attendais, fit Vinh avec un grand sourire en s'époussetant énergiquement. Je suis un calice, après tout. C'est l'odeur de mon compagnon que vous devez percevoir. Est-ce que vous pouvez l'autoriser à transplaner ici. Il n'était pas vraiment heureux que je me présente à un autre sans autorisation. À chaque fois c'est le même cirque. Pourtant c'est mon travail d'aider les nouveaux vampires. Bon d'accord, c'est notre travail à tous les deux. Mais si je le laisse venir en premier, ça y est, il se la joue mâle dominant et finit par les braquer. Je préfère prendre les devants, je suis un sorcier après tout, je sais quand même me protéger. Enfin bon, je peux le faire venir ?

– Heu…oui ?

Harry resta étourdit un instant par le débit de paroles émise par le calice espiègle. Puis utilisant la magie sans baguette avec une étrange facilité, modifia les autorisations temporairement pour que le compagnon de Vinh puisse les rejoindre. Aussitôt dit, aussitôt fait, apparaissait un vampire sorcier clairement protecteur et dominant. Ce fut sa première rencontre avec Vinh, un calice aussi énergique que bavard et Conrad son compagnon plus taciturne et prudent.

[…]

Hermione, ses yeux pétillants de curiosité, écoutait tout attentivement. Aucun doute que ses doigts la démangeaient de prendre des notes sur la relation calice-vampire. Aucun d'entre eux n'était rebuté par le fait que celle-ci soit visiblement homosexuelle, puisque c'était souvent le cas avec les créatures magiques et le monde sorcier était étrangement plus tolérant sur la question… Sauf en Angleterre et dans d'autres pays du monde encore bloqués à une époque ancienne. Il fallait dire aussi qu'Harry s'était rendu compte rapidement que les garçons étaient bien plus intéressants que les filles, même s'il n'avait que peu eu le temps d'explorer la question.

Vinh parlait en tout cas. Il expliqua les lois sur les vampires qui se résumaient à ne pas menacer le secret auprès des humains, ne pas tuer les sorciers sauf en cas de légitime défense, limiter les interactions avec les vampires moldus si possible et prévenir son tuteur Vinh pour tout nouveau-né transformé.

Oui, oui les transformations étaient autorisées mais régulées et la personne qui transformait devenait responsable du nouveau-né et de son comportement. Il existait un organisme de surveillance des vampires et du côté des vampires moldus un système équivalent s'était créé. Aussitôt cela avait éveillé l'attention d'Hermione et d'Harry qui, ayant vécu chez les moldus, avaient voulu savoir d'où venaient les mythes, si ceux-ci étaient fondés.

– L'ail ?

– Très désagréable, répliqua Vinh. N'importe qui avec un odorat fin fuirait. Même moi ! Ça pue, ça pique le nez et les yeux… ça donne mauvaise haleine et nous prive des faveurs de nos compagnons vampires. En plus ça fluidifie trop le sang et ça lui donne un goût horrible…Toujours d'après Conrad.

– Le soleil ?

– Pas vraiment de problème pour les vampires sorciers. Juste, vous êtes des êtres nocturnes à la base. Vous êtes plus à l'aise la nuit… Par contre les vampires moldus brillent au soleil.

– …

– Oui, comme des diamants… ou des boules à disco. D'où leur nécessité de se cacher en plein jour et la légende des vampires qui se réduisent en poussière à la lumière. En même temps, ça doit casser un peu l'image du prédateur de ressembler à une statue bling bling….

– C'est une blague ?

Hermione fronçait délicatement son nez d'un air contrarié alors qu'Harry soupirait de soulagement. Au moins il n'aurait pas ce problème.

– Non non je vous assure. Il y a même des vampires moldus « végétariens »…Enfin qui ne boivent que du sang animal. Ne le faites pas pour un vampire sorcier, sauf comme friandises car ça amoindrit beaucoup les pouvoirs magiques. Après si ça ne vous gêne pas d'user que de 50% de votre potentiel magique habituel, vous pouvez vous y essayer. Ça n'aura aucun impact sur vos yeux comme pour eux mais ça sera un régime alimentaire original. D'ailleurs j'y pense, les vampires sorciers n'ont plus besoin de recourir à des baguettes. Certains choisissent de s'y restreindre mais bon. Et si vous étiez animagus, vous pourrez toujours vous transformer…

Harry et Hermione se jetèrent un regard choqué. Neville lui fronçait les sourcils, se demandant visiblement si ce calice ne se moquait pas d'eux.

– Je peux vous assurer que mon compagnon ne vous ment pas…souffla avec placidité Conrad.

– Bien sûr que non ! Pourquoi mentirais-je là-dessus ? Les vampires moldus sont vraiment…très étranges… S'insurgea Vinh avant de continuer. Les vampires peuvent chasser des humains –c'est dans leur nature après tout- ou passer par des banques de sang spécialisées. Certes, il est vivement conseillé aux vampires de chasser des humains qui ne manqueraient pas à la société. Cependant, les vampires sorciers ayant des crocs eux peuvent avoir un calice ou choisir de tuer ou non leur proie.

– Ça veut dire que je peux choisir de prendre à la source ou en pochette le sang dont j'ai besoin sans en être inquiété ? Souffla Harry songeur. Ou même que je peux transformer des personnes en vampire du moment où j'en assume la responsabilité et que je lui apprends à respecter les règles ? Pas de recensements, de marquages, de règles contraignantes ou de ségrégations ?

– C'est ça, confirma stoïquement Conrad.

Les sorciers anglais étaient extrêmement surpris de l'indépendance et de la liberté des vampires. Bien loin des mesures que Dolorès Ombrage ou que les sorciers anglais établissaient dans le pays à l'encontre des créatures magiques. Vinh loin de se douter de leurs réflexions continua avec énergie :

– Les vampires moldus ne sont pas de notre juridiction. Même s'ils sont vraiment intéressants à étudier, il y a toujours cette séparation moldus/sorciers, même chez les créatures magiques. Point positif supplémentaire pour eux, certains vampires moldus développent des dons : voir l'avenir, maîtriser les éléments, télékinésie, télépathie,… des trucs cools… et d'autres… sont juste des vampires qui brillent au soleil et à la peau d'un blanc laiteux.

– Vraiment ? Fit Hermione avec intérêt. Vous les étudiez ?

– Oui, bien sûr. J'avoue que c'est très amusant de suivre leur évolution et leur organisation. D'ailleurs, j'adore observer à la trace les faits et gestes d'un clan de vampires à Forks…les Cullen. Ceux-ci côtoient des métamorphes loups et ils leurs arrivent depuis les dernières années des choses vraiment palpitantes.

Si son compagnon soupira simplement d'un air blasé en raffermissant sa prise sur son compagnon assis sur ses genoux, Hermione et Harry tentaient toujours de réaliser. Ces différences entre vampires moldus et vampires sorciers étaient extrêmes. Il ne savait pas vraiment si Vinh divaguait ou non.

– Heu et l'histoire des cercueils ? demanda Hermione.

– Et bien vous dormez où vous voulez. Ce n'est pas comme si les vampires moldus devaient dormir, contrairement à ceux sorciers qui ont besoin d'au moins trois ou quatre heures de sommeil en journée. Enfin ça vous tuera pas de ne pas dormir, mais bon. Votre corps et votre magie en a besoin mine de rien. Un peu comme si vous vous rechargiez... ça ressemble plus à un coma d'ailleurs. Bon, pour toi Harry tout ce que tu as besoin de savoir sur les vampires, que ce soit des transformations à l'existence d'hybride. Lis tout et on reviendra pour discuter et répondre à de nouvelles questions.

Harry récupéra le gros bouquin que lui tendait Vinh et commença à feuilleter immédiatement, Hermione penchée sur son épaule.

– N'oublies pas de bien t'alimenter. Si tu veux tenter la chasse, reprit Vinh, Conrad pourra te montrer les territoires américains où tu ne risques pas de croiser des vampires moldus… enfin tu peux toujours tomber sur des nomades mais il faut les obliviater… les tuer ou les garder avec toi en les soumettant à un serment de non-divulgation de nos secrets…Et dit moi si tu veux en savoir plus sur les vampires moldus, je te montrerai ce que j'ai récolté.

Ce fut sur ces mots énergiques que Vinh et Conrad prirent congés de leurs hôtes. Le trio se regarda, enthousiaste face à la liberté d'action qu'ils goutaient et à la nouvelle vie qui s'ouvrait à eux. Il était déjà évident que l'intérêt d'Hermione avait été piqué par les vampires moldus, qu'Harry était tenté par l'envie d'expérimenter la chasse et Neville… Neville savourait simplement de ne plus avoir de pression d'aucune sorte sur les épaules. Chacun réfléchissait déjà à la manière dont ils allaient pouvoir réinventer leurs vies, sans se perdre de vue.


Chapitre 4 : Rencontre en pleine forêt

Alistair savait que se mettre à dos les Volturi lui retomberait dessus. Qu'importe que le clan des Irlandais ait réussi à le localiser –parce qu'il l'avait bien voulu pour être à jour des événements pour Renesmée-, les Volturi les avaient identifiés. Il avait suffi qu'Aro touche les membres de la famille Cullen et tous leurs souvenirs avaient été récupérés. Tous. Ainsi les secrets des autres vampires avaient été éventés quelle que soit l'assurance formulée par les Cullen. Même son repère était compromis.

Il avait bien trop souffert. Il savait la noirceur de l'âme de ses proies comme de ses congénères. Se dissimuler des Volturi était un choix assumé et à cause d'une erreur dans son plan de sauvegarde, il se retrouvait traqué. S'éloigner de l'Europe lui parut nécessaire et il choisit les États-Unis car s'il était mis au pied du mur, il ramènerait la meute auprès de son vieil ami. Après tout, Carlisle avait réussi une fois à l'aide de ses alliances à confronter les Volturi, il n'avait qu'à assumer jusqu'au bout et régler le problème une bonne fois pour toute.

Cela faisait plusieurs semaines que la chasse sur sa personne était lancée, lui laissant à peine le temps de se nourrir ou de se poser. Il n'avait pas encore traversé la totalité des États-Unis, la distance entre les Cullen et lui étant encore considérable. Il avait beau localiser les gens qu'il voulait ou plutôt les sentir, il était épuisant de fuir sans cesse devant Démétri, le traqueur des Volturi. La faim et la paranoïa commençaient à le rendre fou. Il allait devoir chasser, qu'il le veuille ou non.

[…]

Harry inspira profondément, les milles et une senteur de la forêt l'enrobant comme un cocon. Il secoua légèrement la tête, jeta un regard presque joueur à sa proie. Si chasser des humains l'avait effrayé au départ, chasser les criminels lui donnait un sentiment de satisfaction profonde. Mais là, ce n'était pas une proie habituelle qu'il suivait.

En quelques secondes, il se transforma en un magnifique faucon, prenant son envol. Il survola l'immense forêt, observant le vampire qui avait pénétré son territoire depuis quelques minutes. Voler était toujours un plaisir pur pour lui, tout comme courir sous sa forme de vampire. Surveiller les excursions de vampires nomades sur le territoire qu'il avait fait sien lui offrait des traques palpitantes.

Il le vit s'installer contre un arbre à distance raisonnable d'un village. Il admira la peau étincelante comme un parterre de diamants sous la lumière du soleil couchant. Ce n'était pas le premier vampire moldu qu'il croisait à vrai dire. Mais celui-ci lui plaisait bien. Grand et mince, les yeux d'un noir si intense qu'on pouvait deviner sa faim, il dégageait une impression de danger et de dominance. Ses cheveux noirs encadraient un visage aux traits européens mais ne cachait rien de l'expression de méfiance et de l'aura de crainte qui l'entourait. L'odeur aussi qui lui parvenait était délicieuse, une fragrance de chocolat, d'épices et de cannelle.

Intrigué, Harry alla se percher sur un arbre encore plus à proximité, devenant aussitôt la cible du regard de l'homme. Il remua mal à l'aise, peu habitué à ce que les vampires lui portent attention ou remarquent l'incongruité de sa présence dans une telle forêt. Mais le regard du vampire était étrangement curieux et perplexe. Il ne pouvait pas savoir qu'Alistair de son vivant était fauconnier et trouvait donc étrange sa présence. Lissant une de ses plumes d'un air hautain, Harry réfléchit à sa prochaine manœuvre avant de prendre son envol, tournoyer un instant puis disparaître.

Lorsque la nuit fut tombée, il revint prudemment auprès d'Alistair à présent rassasié de sa chasse dans le village. Harry avait surveillé qu'il ne trahisse pas le secret et ne fasse pas trop de dégâts sur son territoire, mais n'avait pas eu à intervenir. Le vampire moldu, les yeux fermés, était l'illusion parfaite d'un homme mort, assis contre un arbre. Prudent, Harry alla se poster sur une branche juste au-dessus, se demandant d'où venait sa fascination. Il se doutait que le vampire devait avoir relevé sa présence, mais il n'affichait absolument aucune réaction. Harry ne pouvait s'empêcher de vouloir le voir de plus près, de le sentir…peut-être même de le toucher.

Joueur et curieux, il se rapprocha à chaque fois un peu plus jusqu'à se poser devant l'homme. La tête un peu penchée, il l'observait d'un œil acéré quand Alistair ouvrit les yeux.

– Qu'est-ce que …?

Autant l'animal ressemblait à un faucon, autant son odeur – mélasse et feu de cheminée - et son comportement étaient étranges. Peut-être était-il libre et vivait-il près du village ? Harry s'insulta mentalement pour son manque de prudence avant de sautiller un peu plus loin et de pencher de nouveau la tête d'un air scrutateur.

Alistair finit par tendre le poing en avant, défiant du regard le faucon de s'approcher. Harry vocalisa un peu, hésitant face à ce défi clair et net. Se remettant les idées en place, il gonfla les ailes et ouvrit le bec d'un air menaçant, il plongea en piqué à proximité du vampire avant de rejoindre le ciel d'un mouvement rapide et agile. Le vampire n'esquissa pas un seul geste pour l'attaquer, l'observant d'un air neutre.

Harry ne cessa de se morigéner de retour chez lui. Qui que soit ce vampire, il devait quitter son territoire avant de lui tourner totalement la tête. C'était une sensation étrange que d'avoir soif d'autre choses que du sang, et le vampire aux cheveux noirs et aux yeux écarlates l'attirait terriblement.

Pourtant dès que le jour se levait, Harry survolait son territoire à la recherche de l'inconnu, qui avançait mais moins vite que ce à quoi il s'attendait. Harry le nargua à nouveau, s'approchant de lui sans jamais être suffisamment proche pour se laisser atteindre. Il filait dès que le vampire semblait vouloir l'attraper. Harry savait que cette attraction grandissait plus il passait de temps à observer le vampire méfiant et paranoïaque. Mais c'était plus fort que lui.

Et ce soir-là n'échappa pas à la règle. Harry prudemment alla se poser sur un arbre proche, lissant ses plumes tout en observant les agissements de son vampire. Le vampire semblait concentré, une expression de frustration sur son visage. Alistair tentait de localiser Démétri mais celui-ci devait être en mouvement et il l'avait perdu.

S'il ne s'était pas autant attardé et laissé entraîner dans l'étrange jeu provocateur de cet étrange faucon, il aurait pu suivre éventuellement l'évolution des mouvements du Traqueur des Volturi. Il jeta un regard noir au faucon qui le lui rendit. Il esquissa alors un sourire prédateur et bondit sur le faucon qui après quelques pirouettes aériennes s'enfuit en vitesse.

Harry revint chez lui, à la fois amusé et inquiet que le brun se décide à disparaître. Il se glissa par la fenêtre et se retransforma en vampire. Il donna ensuite par cheminette de ses nouvelles à Hermione, Neville, Vinh et Conrad avant de se servir un bol de sang. Le nez plongé dans son repas, ce fut son sixième sens et son ouïe qui le prévinrent de l'arrivée du vampire. Il plissa le nez, finissant sa gorgée en se demandant comment celui-ci avait pu le retrouver si vite.

Se changer en faucon ne servirait à rien, au vu de sa demeure. L'idée de fuir, de se rendre invisible ou de disparaître ne lui vint pas à l'esprit. Bien au contraire, il voulait que ce vampire le trouve, le rencontre. Il était sur son territoire après tout. Il avait affronté bien pire et son sixième sens, qui lui avait sauvé de nombreuses fois la vie, lui indiquait que ce vampire-là était le sien de toute façon. Il sortit donc tranquillement sur la terrasse.

A suivre...