Holà !
Au final, je livre un chouïa en avance la 2ème partie ; pourquoi vous faire attendre alors que c'est déjà écrit ? Surtout que, je tiens à vous le dire, le chapitre 12 va (as)sûrement arrivé tard (très) tard...
Bonne lecture !
Deuxième partie
Atsu entra dans sa demeure et invita l'amante du bleuet à en faire de même.
Franchissant la porte en acajou, la convive pénétra dans une pièce vaste et éclairée. Les deux grandes vitres du fond inondaient le vivoir d'une vive lumière. À la fois les meubles, les murs en pierre et les escaliers se faisaient bichonner par la lanterne du jour, polissant pour certain leur noble parure.
« Tu veux boire quelque chose ? proposa l'hôte après s'être débarrassée de sa blouse blanche, celle-ci suspendue au portemanteau à l'entrée.
Jubia veut bien un thé oui.
— Ça marche. »
Pendant que la tenancière passait la porte de droite (sans refermer cette dernière), la mage fit un rapide tour d'horizon : le salon jouissait d'ornements et d'un mobilier de coutume. L'infirmière avait beau avoir acquis une nouvelle cahutte douillette, l'agencement demeura le même à ceci près que ça semblait en effet plus grand et qu'un étage était à présent disponible. Certes la décoration s'exhibait d'autant plus et ce par diverses manières mais il n'y avait pas vraiment de nouveautés marquantes, mis à part peut-être ces deux-trois jouets éparpillés ci et là. Preuve irréfutable du statut parental, ces objets étrangement ne suscitèrent chez la jeune adulte que peu d'agitation ou de trouble. À dire vrai Jubia y resta assez insensible, n'y accordant au final que peu d'attention. Tout l'inverse se joua lorsque la spécialiste des nuées marines capta les photos encadrées, celles-ci clouées sur les cloisons ou debout sur certains ameublements. Là il eut une curiosité, là l'intérêt illico se porta sur ces images.
« Noir ou vert ton thé ? demanda en élevant quelque peu le ton la propriétaire, toujours fourrée dans sa cuisine.
— Noir s'il te plaît. », répondit-elle tout en se dirigeant vers la source de son hypnose.
Quelques pas et de nouveau les jambes se figèrent.
Dans les mains se tenait un cadre, une famille scrutée par des prunes envoûtées.
Le moment avait été immortalisé lors d'une sortie à l'extérieur, un ciel parfaitement dégagé et d'un bleu cérulé en second plan. Au centre rayonnaient des sourires, deux pour être exact : un chez la marmotte aux couettes blondes dont une dent manquait à l'appel, l'autre chez la mère en salopette-jean. La même joie débordante se vautrait sur leur visage si ressemblant ; portrait craché. Puis il y avait ce fils roux à la moue bougonne, assis dans l'herbe et sur les fesses à côté de sa sœur, enserré affectueusement par le père, le rouquin à la tignasse décoiffée et aux multiples tâches de rousseurs.
« Ils sont craquants hein ? partagea son enchantement la garde-malade en déposant un plateau sur la table basse.
— Très. », approuva sincèrement la reine des flots sans détacher sa rétine de l'image.
Profondément heureux, ils étaient. Le cliché respirait l'allégresse, celle pour laquelle tant d'années s'égrenaient pour l'acquérir, en jouir. Recherche éperdue, incessante, universelle mais qui n'en demeurait pas moins introuvable, tortueuse et implacable — pour certain(e)s. Et là, en une pellicule elle paradait, simplement, tout à son aise ; féroce dans sa présence, puissante dans sa dominance. Cela avait de quoi rendre avide, fébrile, perfide… Un peu de ça germait dans ses plantations émotives mais ce qui suscitait le plus d'appétit et de bile était cette lueur, dans les billes nitescentes du mari.
L'oriflamme d'Aphrodite, levée haut, si haut et si fort.
Des secondes Jubia contempla, fascinée, cet homme dont les lèvres déposaient l'Amour sur la joue empourprée d'Atsu.
Cliché du plus désirable.
Cliché du plus inatteignable.
Rappel déplorable.
Vérité immuable.
Photographie qui fit mal.
« Masao s'est acharné pour qu'on prenne cette photo tous les quatre. Tu me connais, moi et la photo ça fait deux donc j'étais pas partante pour être dessus mais monsieur-tête-de-mule n'est pas du genre à abandonner quand il a une idée en tête, sourit la contadine en s'asseyant dans un de ses deux fauteuils crapauds. Son obstination a fini par me faire céder et je le remercie encore pour ça car j'aime considérablement cette photo, c'est l'une de mes préférés.
— Comment ils s'appellent ? s'interrogea l'immigrée aux boucles pastelle, son regard tourné vers son aînée tandis que son index indiquait les rejetons.
— La grande Itoe, six ans et le dernier Kujaku, quatre ans, déclara-t-elle, ses lèvres trempées dans son moka fumant.
— Tu as beaucoup de chance, certifia la non-mariée, l'intonation sérieuse corrompue incognito par une mélancolie frugale.
— Énormément oui. », renchérit des plus sincères la soignante, la gorgée avalée et la tasse en terre-cuite reposée à sa place.
Jubia remit le cadre à son emplacement, sur la commode demi-lune puis vint seoir dans le canapé aux coussins teintés lie-de-vin, en face de la porteuse de soin. Jetant un œil sur le plateau disposé devant elle, la célibataire y distingua une assiette garnie des fameux petits-beurre d'Atsu Chôko en plus de son mug attitré, celui dont le compteur de vie comptabilisait à présent treize bonnes années.
L'ex partisane d'une guilde noire l'enserra dans ses mains, le scruta sous toutes ses coutures : la céramique préservant le même blanc propre, l'anse toujours noire, leurs empreintes de mains invariablement vermillonnes, leurs prénoms à perpétuité inscrits en-dessous. Il n'avait pas changé d'un iota et la magicienne eut presque l'impression de faire un bon dans le temps ; de revenir à cette période où, morveuse, elle ne s'enivrait que par ce récipient. De très agréables moments étaient liés à cet objet ; ça rappelait ces jours d'averse passée à siroter un brûlant chocolat chaud pendant qu'une fable se racontait ou qu'un trépidant quotidien se livrait. Durant ces heures où le globe se réduisait à cette bulle (sa bulle), Jubia était heureuse, profondément heureuse ; elle aurait tout fait, absolument tout donné pour perdurer l'instant, le figer pour à jamais y demeurer enfermée.
« Tu pensais que je m'en étais séparé ? supposa sa nourrice d'antan.
— Oui, acquiesça la jeune adulte en décrochant enfin ses yeux de l'ustensile.
— Tu sais Jubia, il y a des choses dont on ne se sépare jamais et ce mug fait partie de ces choses. », assura-t-elle, ses vocables truffées d'une douce honnêteté.
Ces mots soulevèrent les lippes, une envie de remercier étreignant furieusement le cœur ; merci pour ça, cette affection qui réchauffait tellement ; merci d'être toujours la même, cette femme, l'unique à raviver cette âme écorchée. Ces pensées pour autant ne s'éclipsèrent de la coque individuelle, ne s'ouvrant à l'extérieur ni ne se donnant en pâture à l'instigatrice.
À défaut de mettre à nu ses sentiments, l'invocatrice des giboulées but une première lampée de son nectar macéré au citron. Bouillonnante, la boisson diffusa une délicieuse chaleur dans toute la gorge tandis que le mélange plante-agrume resta distinctement en bouche. Le palet ainsi infusé, ne subsistait dès lors qu'une urgente appétence : celle de replonger les papilles gustatives dans la marée de l'ambroisie.
« Pourquoi t'intéresses-tu à Kimura Akito? requit d'un timbre moins détendu la plus âgée après avoir croqué, mâché puis ingurgité un biscuit entier.
— Jubia et quelques-uns de sa guilde ont fait une mission au pays de Seven, commença celle-ci une fois sa bouche éloignée du mug. Des enfants y étaient portés disparus, nous étions chargés de savoir ce qu'ils leur étaient arrivés et devions retrouver leurs kidnappeurs. On a appris que ces enfants étaient utilisés pour des expériences génétiques, lesquelles servaient à produire un sérum qui une fois ingurgité prodiguait des pouvoirs magiques. »
Pas tant le contenu qui raffermit l'air grave d'Atsu mais plutôt l'oratrice.
Les explications coulaient telle l'eau minérale versée dans un gobelet : simplement, nettement, sobrement mais pas indifféremment. Cette histoire avait de l'importance pour la fée, ça s'entendait dans son alphabet encastré, se percevait dans son coquillard solennel.
« On a retrouvés qu'un enfant, mort. On ne sait pas ce que sont devenus les autres, on pense qu'ils sont eux aussi morts à cause ou durant ces expériences, poursuivit-elle de cette sérieuse intonation. Malgré la fuite du meneur on est parvenus à stopper plusieurs des ravisseurs lors d'un combat. Durant l'affrontement, Jubia a combattu le chef du groupe et il a parlé de Kimura Akito comme étant le premier à avoir fait ces expériences.
— Tu sembles te sentir concernée par cette affaire mais… quel rapport cela à avoir avec toi ? », questionna-t-elle, troublée en dépit de l'écoute rigoureuse.
L'expatriée ne répliqua pas de suite, l'insonorité couplée avec l'entêtant effluve des breuvages.
Calme ambiant, invisible pour l'œil mais non des moins perceptibles.
Une nouvelle goulée l'accoutumée du turquin ingéra, le philtre réduit de moitié.
Le bruit caractéristique de la tasse remise à sa place tinta.
L'ardoise oculaire se leva, se planta et s'anima.
« Ça me concerne parce que j'ai moi aussi subi cette expérience. »
Les mots transpercèrent.
Le visage d'un seul jet exhiba la grimace de l'ébranlée, la rétine soudain interdite alors que dans la caboche se devinait des vagues d'interrogations s'écrasant de plein fouet.
Ça déconcerta, secoua ; coup d'électrochoc violemment inattendu.
L'exact opposé, chez la mère pluviale : le remous ne pullulait dans la lucarne, pas plus que la matière grise s'enflammait et tentait, en vain, d'y voir clair — ou plus justement d'encaisser l'information et tout ce que cela impliquait. Non, la vieille demoiselle s'affûta d'un remarquable flegme comme si, au fond, ce n'était qu'une vérité déjà su inconsciemment mais qui remontait à la surface seulement aujourd'hui ; réminiscence noire, abondante et sibylline. Il n'y avait pas d'effroi dans ce regard outremer, juste une franche et tout à la fois déroutante détermination.
« Qu'est-ce qui te fait croi...
— L'enfant qu'on a retrouvé, il avait un tatouage derrière la nuque. Le même symbole, à une différence près, se trouve sur les nuques de ceux ayant bu le sérum. J'ai ce tatouage, quand bien même il se distingue de tous les autres. »
Aux paroles se joignirent le geste : la narratrice se leva, se retourna et souleva sa chevelure pour laisser à l'air libre son épiderme, son dessin incrusté dans la peau tout entier soumis à la lumière du jour.
De loin, pas grand-chose ne s'imprimait avec netteté dans le coquillard. D'abord l'œil se faisait agresser la pupille par ce grenat pétant pour qu'ensuite se distingue une espèce de boucle aux contours grossiers, imprécis. Les globes oculaires alors se plissèrent dans l'espoir illusoire d'élargir l'acuité visuelle — peine perdue.
L'examinatrice choisit donc de s'avancer jusqu'à n'être plus qu'à un mètre du cou dénudé. Là le symbole eut une allure radicalement disparate, plus soigneuse, plus détaillée, plus mystérieuse. D'un tatouage rudimentaire on passait à un tatouage sophistiqué : tenu debout, à la verticale avec à sa tête une boucle ouverte dont les deux branches, retombant chacune d'un côté, étaient lacées tel un nœud-papillon par une sorte de ceinture. Plus qu'un pictogramme à l'effigie d'un nœud, un Homme, sans visage et tignasse, se tenant droit sur ses pieds, les deux bras le long du corps (1).
L'observation grignota encore quelques secondes avant que l'infirmière ne retourne à son siège, l'esprit loin d'être en paix — il y aurait fort à parier qu'un autre tsunami venait de s'abattre dans la caboche. La scrutée fit de même, son crin pouvant à nouveau batifoler quand bon lui semblait tandis que ses fesses regagnaient non sans célérité le contact moelleux du divan.
Atsu ne pipa mot, son membre-arc-en-ciel pointé droit sur l'assiette de gourmandises. Était-ce pour autant là où la psyché se réfugiait ? Jubia scrutait sa nurse de naguère et le regard pour sûr ne regardait pas, du tout ; juste un point de fixation, pour mieux s'enliser dans les ronces réflexives. La soignante semblait s'enfoncer dans ses pensées, dans ce quelque chose qui la tint pendant encore plusieurs minutes.
La bleue attendit donc, patiente, calme, forée par des molécules tout aussi légères, non tendues ou gonflées.
Silence, dans la pièce.
Régularité, chez le pouls.
Tempérance, dans les globules rouges.
Dans cette atmosphère que la machine orale se relança.
« Je reconnais ce tatouage, je l'ai vu à plusieurs reprises sur toi. Je me souviens d'avoir trouvé ça bizarre, surtout sur une gamine de quatre ans mais j'ai pas vraiment cherché à comprendre. »
Un monologue plus qu'une conversation à deux, les prunelles châtaignées toujours campées sur le couvert ; comme si dire rendait conscient ce qui avait été enfoui et oublié jadis, comme si par le verbe ça devenait plus réel.
« Quand je suis arrivée à Kanta j'ai acheté une maison, celle dans laquelle tu es très souvent venue jusqu'à tes treize ans. Je débarquais de la grande ville du pays, sans beaucoup d'économies en poche et j'ai pu malgré ça être propriétaire — de la bicoque la moins chère et la plus délabrée de tout le village c'est vrai mais j'ai pu l'avoir. Bien sûr y avait anguille-sous-roche mais quand on a vingt-trois ans et qu'on est fraîchement sortie des études, on ne fait pas sa difficile ; on prend ce qu'on peut sans trop se poser de questions. »
Une très courte pause le discours s'accorda, la vision des deux jeunes femmes restée inchangée — l'une plantée sur le plateau, l'autre concentrée sur la chroniqueuse.
« Je te raconte ça parce que c'est dans cette habitation que je t'ai trouvée Jubia, au sous-sol, sous des décombres, dans un gros tube en verre. », révéla la soignante, son regard cloué sur la mère des eaux.
La rythmique cardiaque se dérégla ; une embardée.
Instantanément la mage repensa à ces flashs, ceux-là ayant détonnés lors de l'exploration du repaire ennemi ; ça se rembobina, se rejoua deux ou trois fois. Le méli-mélo fut toutefois beaucoup moins tyrannique et brutal. Pas de pic de l'effroi ou un détraquement exacerbé chez la ventilation pulmonaire.
La première déglutition s'était faite (non sans mal) mais pour l'heure, malgré une inquiétude bien présente et nichée sous le manteau, l'ex-Phantom voulait avant tout savoir. Peu importait ce qu'il y avait à découvrir ou si son estomac se nouait, Jubia désirait plus que tout recouvrir les trous de son anamnèse. Ainsi son silence fit comprendre à Atsu de poursuivre son récit.
« Je t'ai emmenée à l'hôpital et c'est là-bas que tu t'es réveillée après deux mois de coma. Peu après ton réveil tu as commencé à pleurer, à crier. Au début tu n'as pas arrêté d'appeler tes parents, de les réclamer, de demander où ils étaient ; tu semblais complètement perdue et apeurée. Puis tu n'as plus prononcé un mot, tu ne parlais plus à personne. Ça n'a pas été simple ni de tout repos d'établir le dialogue avec toi tu sais. », confessa-t-elle sans reproche ou regret, un chétif sourire en coin.
Jubia eut envie de lui dire que ça n'avait pas tant changé que ça, n'en déplaisaient à toutes ces pleines lunes débitées les unes après les autres. Bien qu'à ce jour l'orpheline voyait son quota de socialisation touchait des sommets, cela n'en demeurait pas moins plus évident pour elle d'aller vers les autres ou de se lier à quelqu'un. Beaucoup moins froide oui mais pas plus accessible pour autant.
« Je suis retournée au sous-sol, l'ai mis sens dessus dessous pour y trouver des infos sur toi, n'importe quoi qui aurait pu m'indiquer qui tu étais et d'où tu venais mais je n'ai rien trouvé… »
La phrase fut mise en suspens, son oratrice partit ouvrir un tiroir pour le refermer tout aussi brièvement — celui de la commode où gisait l'illustre cadre-photo.
« … mis à part ceci. », acheva la décolorée en retournant s'asseoir.
Les doigts posèrent sur la petite table en chêne une pierre précieuse, une émeraude parfaitement polie, en forme ovale, prête à être sertie. Celle domptant les océans la prit dans ses mains, la caressa du bout des pouces et y lut deux lettres gravées dans la gemme :
K. A.
« Trois ans après ton départ j'ai su que cette maison avait autrefois appartenu à un certain K...
— Kimura Akito, compléta la bleue, ses orbes accaparés par les initiales.
— J'ai fait des recherches à son sujet et même si j'ai eu du mal à obtenir des infos, le peu que j'ai appris m'a de suite dissuader de rester dans cette casbah, déclara la mariée, sa voix témoignant de l'aversion tapie dans l'affect. Il a été condamné à la prison à vie pour avoir assassiné une dizaine de gamins. Les rares archives que j'ai consultées n'évoquent pas les raisons qui l'ont poussé à les tuer, juste que les meurtres ont été commis à son domicile et que l'affaire date de l'année X757, soit y a plus de trente-quatre ans. J'ai beau être arrivée ici dix ans après et y vivre depuis vingt-six ans, c'est tout juste si j'ai pas pris connaissance de cette histoire aujourd'hui… se déconcerta-t-elle. Il n'y a pratiquement pas de documents relatifs à cette histoire, très peu de gens sont au courant de ce qu'il s'est passé ; Kanta et ses habitants ont fait tout ce qu'ils pouvaient pour enterrer cette sanglante et tragique affaire. »
Un moment fut pris pour tout assimiler, surtout vis-à-vis de cet individu. Qu'il demeurait un meurtrier d'enfants ne choqua pas la mage ; à cette déchéance elle s'était déjà confrontée, elle en avait même eu un aperçu très précis dans la grotte. Non, ce qui la travaillait était sa propre mise en couveuse dans ce gros bloc en verre.
Un lien tangible elle entretenait avec Kimura Akito.
Pièce après pièce le puzzle se reformer et l'image que ce dernier semblait dénuder n'était pas belle à voir : un cobaye, un génome trafiqué, un objet utilisé puis jeté, le fruit d'une science damnée.
Du tout que ce fut facile à considérer, à accepter. Oui son timbre ni ne trembla ni ne s'étouffa dans la plainte lorsque la maîtresse des nuées rapporta ce fait mais d'aucune sorte ça fractura moins. Ça l'avait remuée, beaucoup. Durant la longue traversée de Fiore jusqu'au pays de Bosco, la psyché s'était torturée avec ça, avait retourné les choses dans tous les sens or la même épineuse conclusion revenait ; incontestablement elle eut du mal à la digérer avec son mal de cœur, son envie de vomir et son besoin de hurler. Bien qu'elle n'envahissait pas, la plèbe dénommée Peur restait aux aguets, là — insidieusement là —, à attendre de mordre tel un chien enragé son maître. Les interrogations elles aussi pullulaient comme les lapins forniquant lors de la pleine saison des amours. Notamment deux et obsédantes questions, qui tiraillaient.
Pourquoi était-elle la clé ? Et la clé de quoi, au juste ?
Même avec tous les renseignements rapportés, ces deux points restaient irrésolus.
Deux noyaux imperturbablement obscurs.
Ne restait qu'un seul recours pour rendre tout ça intelligible.
Il n'y avait plus qu'une chose à faire.
Un unique moyen, pour enfin se baigner (se noyer) toute entière dans le lac de ses mémoires.
« Sais-tu où est Kimura Akito aujourd'hui ? réclama la fée.
— D'après ce que j'ai cru comprendre, il verserait sa peine dans la capitale de Bosco, à la prison d'Auryaku. Tu comptes aller le voir n'est-ce pas ? comprit la maman après un court silence.
— Oui, j'ai bien l'intention d'aller lui rendre visite et de lui faire dire tout ce qu'il sait à mon sujet. », affirma la cadette en se levant du divan, une volonté intarissable logée dans sa voix et dans ses prunelles.
Indéniable détermination, semblable à ces flammes dont pas même la bourrasque ne parvenait à éteindre ; la garde-malade lui sourit de sa tendresse d'âme. Sa posture sédentaire d'ailleurs ne fut plus : elle se détacha de son fauteuil et enlaça sa protégée.
« Fais bien attention à toi Jubia, tu es précieuse tu sais, assura-t-elle en parfaite sœur de cœur.
— Merci Atsu, pour tout, gratifia la réchauffée d'une sincérité viscérale en resserrant l'étreinte.
— Tu repasseras hein ? T'as intérêt ! exigea la décolorée en s'écartant de l'embrassée. J'ai un délicieux époux et deux magnifiques chenapans à te présenter. Je leur ai tant parlé de toi, ils sont fou d'impatience de te rencontrer donc tu dois repasser nous voir.
— Jubia reviendra, promit-elle sans contrefaçon.
— Et pas dans onze ans si possible, c'est vraiment trop long d'attendre autant de temps. »
La femme au corps aqueux étira ses lèvres, sempiternellement sensible à cette attention qui malgré toutes ces saisons dépassées n'avait pas chuté d'un iota ou ne s'était altérée ; à jamais revigorante, chaleureuse, si… aimante. Ô combien ça lui avait manqué et lui manquera — à l'infini et à l'au-delà.
« Prends bien soin de toi et de toute ta famille. »
L'au-revoir, le dernier regard.
Porte qui claque.
Jubia inspira l'air printanier, l'expira, ses orbes un instant épinglés par ce dôme de fin d'après-midi.
Belle journée, ensoleillée, à l'azur plénier.
Les jambes agencèrent le pas.
De nouveau l'au-dehors, balayé et ventilé, emmaillota l'écorce, les sens.
Et l'esprit, lui, potassa — la tête en bas.
Les révélations de la contadine, à propos de leur rencontre initiale, accaparèrent la mage élémentaire. Jamais l'infirmière n'eut dit quoi que ce soit à ce sujet. À chaque fois que la rescapée l'avait harassée de demandes quant à ses parents ou comment et en vertu de quoi elle s'était retrouvée orpheline, celle l'ayant prise sous son aile rétorquait ne pas savoir. Durant ses juvéniles et naïves années, la téméraire petite fille d'antan en avait longtemps et secrètement voulu à la soigneuse de l'avoir laissée patauger dans ce tourment incisif ; avait par-dessus tout abhorré ses géniteurs pour l'avoir mise là-bas, dans cet habitacle douloureux.
La chevelure tournicota dans le vent.
Ça claironnait de voix infantiles et mûries.
La marche prit soin d'être alanguie.
Ça transpirait l'insignifiant.
À présent cette aigreur et cette colère purulentes ne fermentaient plus dans l'hémoglobine. Révéler la vérité à une petite en mal d'identité et de reconnaissance n'aurait soulagé en aucun cas. Même maintenant, malgré ses dix-huit ans et ce package d'expérience de vie qu'elle traînait derrière elle, Jubia éprouvait un certain mal à encaisser pareille réalité. En définitif ceux l'ayant mise au monde ne l'avaient pas délaissée, non, on leur avait enlevé leur petite pour faire joujou avec.
La vue contempla la route bétonnée.
Ça respirait sans vélocité.
La gorge noua sa trachée.
Ça tiraillait dans les pensées.
Ces expériences, son expérience, résultaient de ce qu'il y avait de plus malsain et de plus sinistre en l'Homme.
L'espace de jeu, où le tas de galopins avait réduit d'une bonne moitié, fut dépassé.
Nul doute que résidait en sa carne de femme des m(e)aux une cuisante appréhension quant à en découvrir plus ; véritable plongeon dans cette déliquescence humaine, celle-là qui la concernait de près — de très (trop) près.
« Bonjour Jubia. »
L'avancée se figea.
Paralysée.
La lucarne se défit du goudron routier.
Capturée.
La pompe cardiale pilonna.
Fermentée.
La respiration s'accéléra.
Agitée.
L'iris bleu klein fut tout entier aimanté, aspiré par cette rétine malachite.
Un instant la saluée crut rêver, halluciner.
Yeux saillants et en amandes, de cette couleur pers si singulière. Bouche charnue, aux lèvres sensuelles, éperdument sensuelles. Nez fin, busqué. Front dégagé, lisse, orné d'une cicatrice en forme de virgule. Sourcils broussailleux, agréables à caresser. Oreilles au lobe allongé et au goût délicieux. Menton rond, recouvert d'une barbe courte de dix jours et aux poils longs. Joues creuses, attestées rugueuses au touché. Cheveux mi-longs, bruns, rassemblés en une queue de cheval.
Ces vêtements, veste de coton blanc, hakama uni et noir, arrachés un nombre de fois.
Cette peau, hâlée, lézardée de part en part, goûtée bien des fois.
Ces deux armes, katana et wakizashi, rangées dans leur fourreau, combattues pas mal de fois.
Ce visage, ovale, épais, prit dans les mains un tas de fois.
Cette expression, revêche, avivée, séduisant tout plein de fois.
Et ce regard, perçant, qui brûla, cingla, l'embrocha, stimula — comme autrefois.
Ce n'était ni un rêve ni une hallucination.
Il était là, en chair et en os, devant elle, à plusieurs mètres.
« Ekiko… »
Voix de l'ardeur, incontrôlée, surgissant des bas-fonds pulsionnels.
Il la sonda, sans mot dire, sans rien d'autre que d'enfoncer ses orbes en elle et cela eut plus d'effet que n'importe quelle parole, sur la pétrifiée : son rythme cardiaque monta d'un cran alors que le sang, bouillonnant, afflua en trombe dans les organes, de quoi faire exploser le thermomètre de la tempérance. Guère de suite la jeune femme se rendit compte de son état — enfiévré. L'apparition, semblable à un fantôme (et il n'y avait pas plus juste expression) fut tellement inimaginable que sur le coup ça congela la raison. Pas de temps pour penser, pour être alerte ou vigilante ; seulement éprouver, se faire empaler.
Juste par sa présence. Juste par son coquillard.
Juste parce qu'il était ici, bel et bien ici.
Deux ans qu'elle ne l'avait vu ; deux longues années (sans compter les sept ans volés par Acnologia) à l'enterrer aussi profondément que possible, à ne plus songer ni à lui ni à eux — cette liaison tissée à partir de trois pelotes de laine qui, quoique charnières et dissemblables les unes des autres, avaient chacune permis à cette attache d'être la plus intense relation que connut Jubia. Violence elle se fit pour oublier, pour ne plus être rongée par les vers du passé, leur passé dont la passion d'autrefois se transforma par la suite en une gangrène, infestant chaque bout et partout — tout de l'âme qui se putréfia.
Et voilà que cet homme déboulait juste comme ça, tel un revenant, comme si de rien n'était.
Non, pas comme si de rien n'était.
Dans le coquillard luisait une animosité, certes modérée mais indéniablement coruscante.
Ce jour qui auréolait sa pupille, celui-là qui fit basculé leur histoire ; brisé, le nous, retour au un, solitaire et lacéré.
« Ne fais pas ça. Ne m'oblige pas… »
Image d'avant chantée par des cordes vocales étranglées ; journée humide ; trois égarés sous la lavasse ; une avalanche d'attaques entre les hommasses ; une spectatrice démunie et déchirée en deux.
« Je t'en prie Ekiko, arrête ! »
L'imploration.
La pluie.
Les larmes.
Le sang.
Les coups.
La détresse.
Les cris.
« ARRÊTE ! »
Jubia ferma brusquement les yeux ; effacer ces visions, les refourguer dans le tiroir des damnés — leur éternelle abyme. Ne pas se revoir, elle, en train de hurler sous ce déluge glacial. Ne plus ressentir ce désespoir quant à les voir se massacrer. Ne plus devoir faire ce choix, insupportable et cruel. Ne pas rejouer ce terrible geste, le sien, qui fit écrouler un corps, ce corps.
Lui, inerte, violacé, contusionné, mort jadis.
Lui, debout, bruni, intact, (re)vivant aujourd'hui.
« Tu ne m'as peut-être pas tué, ce jour-là, mais j'y ai perdu beaucoup et le plus important. », énonça-t-il gravement comme s'il avait lu dans ses pensées.
D'un seul jet elle ouvrit ses prunelles.
Les battements tapèrent du tambour, dans le thorax ; il s'était rapproché.
Sa lucarne de mâle brûlait ; y brillait une forte austérité radoucie quelque peu non par le timbre, puissant et rude, mais par les dires dont les lettres, en particulier les dernières, respiraient un mince mais cuisant regret.
Des mots qui injectèrent en son écorce de femme ensorcelée une ferveur entremêlée avec une certaine douleur, dans la poitrine. Ils rappelèrent son acte irrémissible mais aussi et surtout ce qu'ils avaient été et ne seraient plus. Impossible il lui était d'évincer ou même de rayer cette partie de sa biographie. Trop précieuse, trop douloureuse, trop constitutive demeurait cette écriture pour l'effacer ou l'accepter telle quelle et continuer à écrire autre chose, avec une encre différente. Elle essaya, férocement mais au bout du compte c'était l'identique calligraphie ; qu'importait l'époque, le point se trouvait toujours derrière ce final : l'exil du cœur amoureux.
Revoir cet homme, lui qui fut le premier (et probablement le dernier) à l'avoir aimée d'un amour sincère et effréné, ça exhuma, voire ravigota cette acerbe réalité.
« J'ai passé quatre ans dans le coma et cinq ans à retrouver la mémoire, en plus de réapprendre les rudiments de la vie — marcher, courir, cogner, mémoriser, parler. Neuf années que tu m'as fait perdre, accusa le mercenaire d'un ton implacablement amer. Mais c'est pas ça qui a été et qui reste le plus dur. »
Étonnamment la dernière portion de phrase regorgea moins d'aigreur or ce fut elle qui compressa la gorge de l'ex-Phantom. Pas besoin d'entendre la suite pour savoir ; ça jaillissait dans ces prunelles à la rétine tourmentée.
« J'ai essayé de reconstruire autre chose, de faire table rase mais je n'y suis pas parvenu ; je n'ai pas réussi à te sortir de ma tête, à t'arracher de mon âme, à nous oublier. »
D'abord la rancœur, puis la blessure et enfin la nostalgie.
« Dans mon sommeil, lors de mon éveil, à toutes heures et en tout temps tu es constamment là ; tu me hantes. », confia-t-il en avançant un peu plus vers la magnétisée, ne laissant que de pauvres centimètres entre eux.
L'âpreté, mixée avec la torture ; le verbe saignait, ça se voyait, s'entendait. La psyché pourrissait, comme ce fut auparavant le cas pour elle.
Les respirations se mêlaient, l'alizé témoin de leur embrassade.
Les regards se fourchaient, s'enfonçaient dans leurs êtres égratignés.
Assurément la boule dans le larynx devenait plus pesante à chaque vocable expulsé. Macérer la tambouille de naguère taraudait mais il n'y avait pas que ça, non.
La chair, autant que les sentiments, s'attisaient.
Feu ranimé, celui renaissant de ses cendres.
Chaleur dans le bas-ventre, dans les veines, dans la tête.
Ça faisait monter la température.
Cette proximité.
Ce souffle.
Ces lippes.
Cette voix.
Ce corps.
Ces souvenirs…
Eux, faisant d'abord connaissance par les combats.
Eux, au fur et à mesure des rencontres devenus non plus des ennemis mais des connaissances.
Eux, sympathisants et s'appréciant sans s'en rendre compte.
Elle, lui proposant d'intégrer les Phantom.
Elle, demandant à son maître d'en faire son nouveau partenaire.
Elle, mettant à nu ses sentiments.
Lui, qui était le premier à lui avoir fait l'amour.
Lui, qui lui avait donné le kaïken.
Lui, qui un temps l'avait pleinement comblée.
Tellement proches, ils étaient.
Pas juste des souvenirs où le délectable vira en un poison délétère. Pas juste des remords agrémentés de papillons noirs. Pas juste des plaies rouvertes. Pas juste que le mauvais et l'affligeant, qui ressurgissaient et enfilaient.
Il y avait aussi ces sensations.
Fébriles. Irrépressibles. Plantureuses. Enivrantes. Tonitruantes. Effervescentes.
L'orpheline replongeait dans ce bain chaud et pénétrant de la fièvre (d'antan).
« Pourquoi es-tu là Ekiko ? », questionna la paria des pluies dans un souffle empreint d'une fébricité domptée de justesse, sa lucarne vissée dans celle du mercenaire.
Elle aurait dû reculer. Elle devrait être sur ses gardes. Sortir son masque inamical et méfiant — natif de l'ère des Phantom Lords. S'enrôler dans la prudence. Jouer l'imperturbable. Orchestrer ses pantomimes d'insensible. De tout ça, la fomantrice de la saucée n'en fit absolument rien. Comme avec Haiko, la posture défensive passait au moulin à légume (purée du qui-vive) car ce qui régentait et gouvernait, c'était l'affect.
Le revoir, après tout ça, le sentir aussi près respirer son odeur, être à nouveau si intime avec lui, pour sûr que ça bousillait la raison et la maîtrise de soi. Pas qu'elle n'aurait voulu s'extraire de son attraction ou de ses billes dont la dureté hypnotisait. Juste qu'elle n'y arrivait pas. Juste qu'elle se laissait aller, sans plus se réprimer ou se juger, à ce que sa fibre cellulaire et émotive éprouvait. Tant pis si au long terme ça faisait plus de mal que de bien.
Là tout de suite, ce qui obnubilait était cette bouche (jadis dégustée à profusion) se rapprochant lascivement des siennes, sèches — de quoi déclencher une vraie panique chez le régulateur cardiaque.
« Je repense à ces nuits, celles de nos gémissements, à ton corps que j'ai possédé, à tes lèvres que j'ai goûtées, à ta voix qui m'a excité, à tes larmes que j'ai essuyées, à tes mimiques que j'ai observées... Tu m'obsèdes, Jubia. »
Un murmure, au creux de l'ouïe.
Un timbre, charnel.
Une phrase, électrisant.
Un pouls, déréglé.
Un bassin, enflammé.
Une mage, tout de go embrasée — soumise entièrement à sa libido qui ne demandait qu'à être libérée et assouvie.
Il pouvait la prendre ici et maintenant, s'il le voulait ; Jubia ne le retiendrait pas.
Non.
Elle se laisserait couler ; tomberait dans ce puits.
Au diable Grey. Au diable Akito Kimura. Au diable Ekiko.
Céder à la chair, à ces sentiments si anesthésiants d'éros, eux qui de tout temps se trouvèrent labourés. Une dernière fois les retrouver, les éprouver.
Et oublier, les oublier, tous ; tout oublier.
Plus de passé, de présent ou de futur.
Juste et seulement une trêve.
« Et ça ne peut plus durer. »
Avec la même lenteur les mots pénétrèrent l'antre auditif, l'intonation cependant plus tranchante ; vérité immuable, besoin vital.
Il s'écarta, son coquillard inflexible ancré dans la prune désolée.
L'ardeur chuta à pic, les degrés Celsius quasi refroidis par ces mots et ce ton intransigeants. Ça noua la gorge de sentir pareille ferveur déguerpir aussi vite et brutalement qu'elle était venue mais ce qui le plus comprima le cœur, c'était de voir à quel point leur histoire, noircie et dessaisie, les avait tous deux mortifiés. Était-le prix à payer quand on s'éprenait avec exaltation ? Sûrement, oui. À trop avoir espéré, à trop s'être enivrée, à trop avoir ressenti et donné, quand ça s'étioler, ça fracassait. Pour des écorchés comme eux, ça ne s'amenuisait ou ne s'acceptait jamais vraiment ; d'importants résidus restaient, voire pourrissaient et c'en était douloureux d'en arriver là où ils devaient en arriver pour s'en soulager.
« Alors c'est ça, tu es venu pour qu'on règle ça ici et maintenant ? conclut l'accoutumée du turquin, la résignation amère.
— Non, assura-t-il de ce même ton dur. Ça se réglera à Seven, avec Gajeel, là où tu m'as laissé. »
Ni une affliction, ni une doléance, ni une acrimonie mais une implacable évidence qui, malgré tout, eut un arrière-goût désagréable, pour Jubia.
« Je t'attends là-bas. »
Sans autre mot dit, le mercenaire laissa la mage élémentaire aux prises avec sa fidèle solitude.
Jubia le suivit des yeux, son épiderme rafraîchie par la brise légère tandis que la blessure au cœur tanguait plus fort.
Quoi qu'il se passait, quoi qu'elle faisait, qu'importait avec qui ça s'envisageait, c'était toujours pareil ; le même refrain, la même fin.
En même temps qu'Ekiko Katachi s'éloigna, ce furent ce qu'ils représentèrent naguère et ce qui n'adviendra plus qui partirent avec lui.
Des amants, auparavant éperdus et aujourd'hui perdus.
(1) : je vous mets un lien de l'illustration sur ce fameux nœud car franchement je pense que ça doit pas être très facile à l'imaginer : http(deux points)/zupimages(point)net/up/15/25/0dde(point)jpg
J'avoue, ce n'est pas une fin marquante ou quoi mais bon, c'est une fin de chapitre malgré tout hein, faut faire avec ce qu'on a !
Plus que DEUX CHAPITRES et ce sera LA FIN de chez FIN pour Aurore ! Qu'est-ce qu'il me tarde nom de Dieu... Je pourrais ENFIN passer à autre chose. Je traîne cette histoire depuis presque cinq ans donc ça commence "un peu" à faire long là.
Merci à ceux qui suivent (encore) cette fic !
À la revoyure !
