CHAPITRE 5
Rey ne savait pas ce qui se passait. Poe avait quitter le lycée comme une flèche peu après le déjeuner, et Phasma était également partie de son côté peu de temps après la sonnerie qui annonçait la fin des cours de l'après midi. La jeune fille aux cheveux bruns fut quelque peu vexée d'être aussi volontairement mise sur de côté par ses soi-disant camarades de lycée. N'étaient-ils pas tous amis après tout ?! Rey soupira en pensant à Hux. Lui aussi était parti sans prendre la peine de lui dire où il allait ou au moins de la prévenir de son départ. La jeune fille eut un pincement au cœur en se rendant compte que malgré toutes les attentions et les efforts qu'elle faisait pour lui parler ou se rapprocher du jeune homme, il semblait totalement indifférent part ces marques d'affection.
- Rey ! Attend moi !
La brune se retourna pour voir un jeune homme au teint chocolat lui faire un grand signe de la main.
- Finn ..?
Le jeune homme se stoppa à quelques centimètres de Rey et manqua par la même occasion de lui rentrer dedans. Il reprit brièvement son souffle et lui offrit son plus beau sourire de charmeur.
- Tu fais quelque chose ce soir ? ça te dit un ciné ?
Rey se sentit idiote et terriblement coupable de penser à Hux à ce moment précis. Que n'aurait-elle pas donner à Dieu pour que cette invitation vienne du jeune homme roux ?! Elle se mordilla la lèvre, ne sachant pas quoi faire et encore moins quoi répondre à cette invitation surprise. Finn de son côté jouait nerveusement avec le bord de sa veste usé au couleur brune et rouge et au logo effacé.
- Oui, pourquoi pas…
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Poe n'étais pas un coureur de haut niveau. Il était même la lanterne rouge de cette discipline. Quand il fut devant la demeure des Solo/Organa, il ne prit même pas la peine de frapper à la porte. Son souffle était saccadé et son cœur battait fort, cela résonnait jusque dans ses oreilles. Il défonça littéralement la porte, ne se posant pas plus de questions que ça. C'était étrange; même pour lui. Jamais il n'avait ressenti un tel lien envers une personne, même pas avec les membres de sa propre famille. Durant le trajet du lycée jusqu'à la maison de Ben, il avait repensé à cette vieille légende sur les âmes sœurs que sa mère aimait lui raconter avant chaque coucher. La légende parlait qu'après quarante six jours la conception d'un garçon, Dieu désignait celle ou celui qui lui serait destiné. " Dieu t'a destiné cette personne, elle est l'autre moitié de toi même, ton vrai amour. " Poe savait que sa mère était une femme trop romantique, en mal d'amour, mais cette histoire tournait en boucle dans sa tête depuis sa rencontre avec le jeune Solo. Poe savait aussi que se raisonnement pouvait être absurde, voir même grotesque, mais au fond de lui, il savait que Ben pouvait bien être celui qui le compléterait. Heureusement qu'il était déjà venu dans cette maison durant les vacances, car dans sa précipitation il n'avait même pensé à demander une quelconque adresse ! Il appela plusieurs fois son petit ami tout en grimpant l'escalier quatre à quatre et entra dans la chambre du jeune mécano. Ben était assis, son dos contre le mur de sa chambre et une jambe repliée contre son torse. Poe ferma les yeux un court instant en remerciant tous les Dieux qu'il soit encore en vie et il se mit à sa hauteur, avec des gestes lents, comme s'il ne voulait pas effrayer un animal blessé.
- Ben...
- Il ne m'a jamais aimé, tu sais ? Même pas durant la grossesse. Mon père ne voulait pas d'enfant. Juste tirer son coup et reprendre tranquillement le cours de sa si pitoyable vie. Ma mère pensait le contraire, que j'allais tout changer, provoquer un "déclic" chez lui, faire naître une fibre paternel. Mais non. J'ai compris à ce moment là qu'une personne mauvaise le restait à vie. Et ma mère elle, elle l'a compris que trop tard ! Le mal était déjà fait. Au début je le respectais, il était mon père après tout. Mais... mais ça n'a pas duré. J'ai été le seul à voir son vrai visage, ce visage manipulateur, lâche et effroyable ! Je n'ai jamais pu en parler, parce que c'était sa parole contre la mienne... Et qui aurait cru un gamin de six ans ? Personne. J'avais beau hurler "Regardez ce qu'il me fait!" Mais personne n'y faisait attention. Je n'avais pas de traces de coups, de bleus ou de blessures, mais la partie qui était endommagée ce n'était pas mon corps, mais ma tête, mon esprit. Mon équilibre mental. Ma mère me soutient que j'ai aimé mon père à une époque, mais j'ai du mal à la croire. Je ne peux plus la croire ! Comment aurai-je pu aimer un sadique tel que cet homme ?! J'ai grandi en entendant continuellement cet enfoiré me répéter que j'étais nul, faible, et que ma naissance n'était pas désirée. J'étais qu'un gosse bordel ! J'ai... j'ai arrêté de manger, j'ai perdu pas mal de poids mais le médecin mettait ça sur le compte de l'adolescence. Quand j'étais chez lui c'était pire. Il prenait un malin plaisir à me rabaisser. A mes treize ans j'en ai eu plus qu'assez. Je voulais que tout s'arrête ! Ma mère était trop préoccupée par sa foutu carrière pour remarquer les cicatrices de scarifications qui ornaient mes bras... Heureusement dans mon malheur j'ai rencontré Armitage... il m'a beaucoup aidé et... Et il m'a empêché de faire... de faire la connerie qui m'aurait privé de te rencontrer...
Ben renifla et soupira faiblement. Poe fut incapable de faire autrement que de le prendre dans ses bras et de pleurer avec lui.
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Hux Armitage avait toujours été hors norme. Que ce soit ses résultats scolaires, la couleur rousse de ses cheveux ou ses immondes tâches de rousseurs qui parsemaient son corps comme les étoiles dans l'univers. Il était un de ces enfants qui avait mûri trop vite. Il n'avait aucun problème avec ses parents, les Hux était une famille banale, presque ordinaire. Presque était le mot exact. Revan et Mallie Hux rêvaient d'une grande famille depuis toujours. Après de multiples tentatives et de fausses couches, Mallie mit au monde son unique fils, Armitage. Ce prénom lui avait été donné en l'honneur du célèbre écrivain Anglais Seth Armitage, auteur favoris de ses parents. Il fut rapidement évident qu'une autre tentative de grossesse serait vouée à l'échec, Armitage était un miracle, une lumière face à la mort. Pourtant le couple était bien décidé à agrandir la fratrie et à donner un frère ou une sœur à leur fils. Les époux Hux se tournèrent vers l'adoption, et le chemin avait été long et bien plus dur que les traitements pour la fertilité. Mais au bout de quatres longues années de démarches administratives, ils reçurent une réponse favorable. Un enfant était en attente d'adoption, un garçon de cinq ans au Nigeria. Le voyage fut bouclé en quelques semaines et le trajet en avion avait été long, surtout pour le jeune Hux, qui avait compris malgré ses six ans qu'il serait bientôt grand frère. L'enfant n'avait pas de prénom, seulement un numéro d'identification, règle de l'orphelinat. FN-2187 était un enfant calme, sa mère était morte en couche cinq ans plus tôt et sa famille n'avait pas le moyen de le garder et de nourrir cette bouche supplémentaire. Au bout de deux jours, la famille de rouquins eurent l'autorisation de rencontrer le garçon à la peau chocolat. Les auteurs célèbre aiment écrire que l'amour maternelle est capable de tous les miracles et qu'aucun mot ne peut d'écrire ce lien entre la mère et son enfant. Ce jour là, les yeux de Madame Hux parlaient pour elle, de cet amour qu'elle portait déjà pour le troisième homme de sa vie : Finn Hux.
Depuis ce jour, Armitage n'était plus l'enfant unique de la famille. Finn, bien que différent de lui, était devenu son petit frère, l'amour qui lui portait était largement supérieur au lien du sang.
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Ben s'était longuement confié sur son passé et sur ce qu'il avait vécu avec Han. Il eut des crises de larmes, de rage et des moments de tendresse entre les deux hommes. Ces confidences eurent un effet positif sur leur relation, Poe se sentait de plus en plus proche de Ben et son amour grandissait au fur et à mesure que Ben parlait. Poe avait bien entendu écouté le plus possible sans l'interrompre, mais le jeune écrivain avait eu du mal à retenir les promesses de mort et la haine qu'il ressentait pour le père Solo. Comment un père pouvait s'amuser à détruire mentalement son unique fils durant autant d'années ?! C'était ignoble. Heureusement que cette sombre histoire appartenait au passé à présent. Ben était parti prendre une douche, et Poe était allongé sur le lit de son petit ami, le cahier où il notait chaque idées et croquis pour son roman ouvert devant lui. Il dessinait des étranges symboles avec une brève explication au dessous, c'était essentiel pour la suite de son roman. Perdu dans ses pensées une fois encore, il sentit le matelas s'enfoncer ; preuve que Ben avait fini de se laver. Poe ne prit pas la peine de relever son nez de son cahier quant il sentit les mains de Ben se poser sur ses hanches et ses lèvres embrasser le bas de son dos.
- Je dessine.
Sa voix était devenue rauque en un temps record et elle eut pour effet d'encourager Ben de continuer et de mêler sa langue aux caresses buccales sur la peau devenue chaude du jeune homme.
- Je sais. Mais je t'en prie, continue tes gribouillages.
Poe fit une moue boudeuse et répliqua à voix basse que ses "gribouillages" étaient importants et que de toute façon Ben ne pouvait pas comprendre. Ben sourit, amusé part le comportement enfantin de son compagnon, Poe se vexait très vite quand on parlait mal de son œuvre. Il décida de s'allonger sur lui tout en embrassant les mèches sombre qui tombait sur son front.
- Explique moi alors... Que signifie celui-la ? Il ressemble à... une espèce de demie lune…
- C'est le logo de l'Alliance rebelle. Il a été créé par l'apprenti de Dark Vador, Starkiller. Il avait pour mission de créer l'Alliance rebelle afin de mettre à jour les opposants à l'Empire. Maisentre temps Starkiller a retrouvé le chemin du côté lumineux de la Force grâce à un vieux Jedi. Ce symbole représente l'espoir et il fut choisi afin de rendre hommage au Jedi Starkiller, mort en donnant sa vie pour sauver les sénateurs.
Ben ne comprit pas toute l'explication, mais voir son amoureux dans cette état qui frôlait la joie le rendait heureux.
- Et l'autre ? Et pourquoi il y en a deux ?
- Le symbole de l'Empire. Sur le premier croquis on remarque bien que le logo comporte huit rayons. Ce symbole représente en fait la Force qui est en harmonie avec les choses qui l'entour. Mais l'empereur Palpatine a ensuite décidé de reprendre ce symbole et de lui enlever deux rayons pour le transformer en symbole de l'Empire.
Ben caressa du bout des doigts le bras de Poe et il hocha la tête pour lui faire comprendre qu'il avait compris ses explications.
- Ton livre aura un énorme succès. J'en suis sûr.
Poe sourit en coin et il reprit là où il avait arrêté de dessiner.
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Rey se sentait nerveuse. Plusieurs fois son oncle lui avait posé des questions sur le pourquoi de son comportement angoissé, mais la jeune fille préféra l'ignorer ce qui énerva le vieil oncle. Il partit dans le salon en haussant les épaules et en ruminant que même à cette époque les femmes étaient difficile à comprendre. Ce rendez vous était une énorme erreur. Ce n'était pas son genre de se comporter comme la pire des garces, son oncle aurait tellement honte d'elle s'il apprenait ça ! Jamais elle n'avait fait de mal volontairement, ce n'était pas dans sa nature calme et douce. Au début l'idée de rendre jaloux l'aîné de la fratrie Hux lui avait effleuré l'esprit. En théorie c'était une très bonne idée, après tout, si cela marchait et qu'il se montrait jaloux, cela voulait dire qu'il l'aimait même juste un peu non ? Pourtant rien ne s'était déroulé comme prévu… Rey avait accepté l'invitation de Finn sur un coup de tête, avec la motivation qu'Armitage prendrait enfin conscience de la chance qu'il avait laissé passer en repoussant la jeune fille. Mais c'était une idée débile. Une idée stupide et puérile. Finn ne méritait pas ça, et Rey savait que s'il devait choisir, le roux choisirait toujours son frère à elle. La jeune fille réfléchit rapidement aux options qui se présentaient à elle, et la seule à prendre, qui était de loin la meilleure de toutes, était celle où il fallait dire la vérité. De toute façon Rey n'était pas dupe, quoi qu'il se passe, une personne serait blessée par ses choix de ce soir. La jeune mécano soupira et passa ses doigts fins dans ses cheveux brun lissés et mordilla sa lèvre, tic nerveux qu'elle avait pris l'habitude d'avoir pour pouvoir se calmer. Oui, elle devait le faire.
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Fin était nerveux. Chose rare et inhabituelle venant de lui. Il était le genre de garçon sûr de lui, et à avoir un large sourire collé sur son visage peu importe les situations. Il marchait dans la rue paisiblement, certaines maisons avaient encore des décorations de Noël accrochées aux fenêtres ou posés dans le jardin et les guirlandes éclairaient les rues qui se plongeait dans l'obscurité. L'air était sec mais encore un peut froid, il n'avait plus neigé mais le printemps, pourtant tellement attendu, avait toujours du mal à pointer le bout de son nez. Après quelques minutes de marches, de détours forcés et de jurons, Finn trouva enfin la maison de Rey. Ce quartier était pire qu'un labyrinthe, et son sens de l'orientation lui avait fait un peu défaut ! Une fois devant la porte en bois massif décorée d'une couronne de Noël, Finn se répéta mentalement ce qu'il dirait à la jeune fille, et les quelques blagues qu'il avait préparé la veille pour détendre l'atmosphère au cas où. Rey ne fut pas longue à ouvrir la porte et le jeune homme aux cheveux frisés fut stoppé dans son élan pour la saluer. Il remarqua en premier lieu ses cheveux en désordre, chose plutôt inhabituelle pour une fille qui avait un rendez vous, non ? Finn fronça les sourcils face au mutisme de son amie, quelque chose n'allait pas. Les secondes se changèrent en minutes et Rey se décida enfin à briser le silence.
- Finn, je... Je suis tellement désolée ! Je ne peux pas sortir avec toi... Ca ne serait pas honnête, car je…
- Je sais Rey. C'est avec mon frère que tu aimerais sortir.
Rey écarquilla les yeux, alors il le savait ? Elle baissa la tête, honteuse de son jeu tellement pitoyable. Finn posa amicalement la main sur son épaule et replaca une mèche de cheveux a l'aide de son autre main.
- Mon frère est un idiot. Mais rien ne nous empêche d'allez au cinéma. Amis ?
Finn était comme un rayon de soleil face à l'obscurité de la nuit. Un être de lumière qui rendait les gens heureux par sa simple présence.
-Oui, ami.
Finn échangea un sourire complice avec la jeune fille avant de courir dans la rue en riant comme des enfants. La vie était belle, et Rey aimait Hux.
à suivre…
