L'équipe de White avançait difficilement dans l'épave. Il y faisait sombre, et le Valkyrie était couché sur le flanc, ce qui fait qu'ils devaient marcher sur les murs et escalader les portes et ça, avec leur lampe de poche à la main. L'opération était longue et épuisante, mais ils atteignirent enfin la passerelle. Le vaisseau était remarquablement bien conserver, vue les circonstances.
Parksan avait apporté une génératrice portable qu'il s'empressa de connecter à une console, après vingt minutes de travail acharné, il réussit à faire démarrer l'ordinateur du vaisseau. Les lumières s'allumèrent et les consoles clignotèrent.
- Nous allons avoir accès aux bases de données du vaisseau.
- Y-a-t-il des journaux de bord?
Il dut faire des contorsions pour atteindre le clavier de la console qui était littéralement au mur.
- Oui, il y en a, commandeur.
- Faites-le jouer.
Après un bon moment d'effort, l'ingénieur réussit.
« Journal du bord du capitaine, 23 juin 2185. Nous pensions avoir trouvé la planète parfaite pour installer notre colonie. Mais nous n'avons pu l'atteindre, des avaries dans le moteur nous ont forcés à atterrir en catastrophe sur cette planète. Mon pilote, Tom West a réussi un atterrissage en douceur, si ce n'est que le vaisseau a basculé sur le côté. Nous n'avons qu'un minimum de pertes en vie à déplorer. Le matériel et les vivres sont intactes. Nous allons donc devoir installer la colonie ici. Cependant, nous ne serons peut-être pas seuls. Nous avons entendu des drôles de bruits après l'atterrissage. »
L'ingénieur arrêta l'enregistrement.
- À part les colons, commenta Jamar, il n'y a personne d'autre sur cette planète
- Taisez-vous, dit soudainement Parksan. J'entends quelque chose.
Tout le monde se tut, un grincement venu des profondeurs du vaisseau se fit entendre.
- Ça doit être normal pour une carcasse, enterrée depuis des siècles, dit Myriam.
- Chut! Ce n'était pas ça.
Il y encore un long moment de silence.
- Là, dit-il, l'entendez-vous?
Myriam tendit l'oreille et finit par entendre le son très lointain d'une série de cliquetis, comme si des petits objets métalliques frappaient le sol à répétition.
- Lieutenant Jamar, chuchota-t-elle, tricordeur.
Jamar ouvrit son tricordeur et scanna les environs.
- Je ne détecte rien. Ça doit être trop loin de nous.
- Le bruit se rapproche, poursuivez les scans.
Il se concentra sur l'instrument. Les seuls bruits qu'ils entendaient la vibration du tricordeur et les cliquetis qui se rapprochaient. Le lieutenant Jamar passa alors de la surprise à la peur.
- Il faut condamner les issues tout-de-suite, dit-il! Pas de temps pour les explications.
Parksan se hissa à une console, appuya sur quelques boutons et les portes se fermèrent.
- Sur ce modèle de vaisseau, la passerelle était aussi une capsule de sauvetage. Ces portes peuvent résister à une explosion et bien pire.
- Maintenant, dites-moi ce que c'est, ordonna White.
- À ce moment, ils entendirent des coups frappés en rafale sur les portes.
Les officiers de sécurités sortirent leur phaseur. Les autres se tournèrent vers Jamar, inquiets.
- Commandeur, ce sont des robots, petits, mais très rapides. Ils se dirigeaient droit vers nous.
- Commandeur, ajouta Parksan. Ce genre de technologie n'existait pas à l'époque du Valkyrie.
White frappa son communicateur.
- Équipe d'exploration à Hawking, répondez.
Le silence lui répondit.
- Nous sommes sous terre, commandeur. Le signal ne se rend pas.
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Léa marchait dans son vaisseau. Elle avait renoncé à visiter les autres laboratoires pour l'instant. Elle ne voulait pas interférer avec d'autres recherches comme elle l'avait fait en cartographie stellaire.
Elle décida de retourner dans ses quartiers. À cette heure, Matt devait être de retour de classe. Ça lui donnerait l'occasion de discuter un peu avec lui. Elle ne se berçait pas d'espoir, la dernière dont un adolescent rêvait, c'était d'un tête-à-tête avec sa mère.
Elle entra et marcha vers le réplicateur.
- Un thé glacé au citron.
Un verre apparut sur le plateau du téléporteur et elle se mit à le siroter lentement.
- Matt? Tu es là?
Elle n'obtint pas de réponse. Elle marcha vers le séjour. Il était assis sur un fauteuil avec un padd à la main et semblait très concentré.
- Matt?
Il sursauta.
- Je ne t'ai pas entendu, dit-il.
- Qu'est-ce que tu fais?
- Mes devoirs de mathématiques. Si je me dépêche, je pourrai aller faire de la moto-marine dans l'holodeck avec Henry.
Henry était son nouvel ami depuis qu'elle avait reçu le commandement du Hawking, même espèce, même âge, même genre. Ils s'entendaient à merveille.
- Je vais te laisser te concentrer dans ce cas.
Matt baissa son padd.
- Henry dit qu'il y a un archéologue sur ce vaisseau, est-ce vrai?
- Le lieutenant Lakos. Ce n'est pas un véritable archéologue, mais il a les connaissances nécessaires. Il a étudié dans ce domaine. Il travaille dans l'entrepôt le reste du temps.
- Peut-il faire des fouilles?
- Si nous avons besoin de ses connaissances dans une mission, il sera appelé à en faire. Justement, ajouta-t-elle, en cartographie stellaire, ils ont trouvés des traces d'une civilisation sur cette planète. Il va surement y travailler.
- Je veux y aller, dit l'adolescent avec aplomb.
- Je ne sais pas encore si la planète est sécuritaire.
- Ce n'est pas grave, j'irai quand même.
- Non! C'est moi qui décide.
- Mais, c'est ce que je veux faire dans la vie!
- C'est ce que tu veux faire depuis deux mois. Veux-tu que je t'énumère la liste de tout ce que tu as voulu faire avant?
- Mais c'est sérieux cette fois, se choqua l'adolescent! Tu pourrais au moins m'encourager.
- Je ne suis pas convaincu du sérieux de ton nouveau choix de carrière et même si c'était le cas, je ne peux pas envoyer un civil et encore moins un mineur sur cette planète. Que tu sois mon fils n'y change rien.
Son teint avait viré au rouge et il lui lançait un regard de braise. Il allait lui répondre, mais il fut interrompu dans son élan.
- Capitaine Roberge sur la passerelle, dit la voix de Riyax dans le communicateur.
Elle appuya sur son badge.
- J'arrive.
Elle se tourna vers Matthew.
- Nous en reparlerons.
Quand elle quitta ses quartiers, la colère de l'adolescent se mua en tristesse. Il laissa tomber son padd et alla s'enfermer dans sa chambre.
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Quand Léa arriva sur la passerelle, Riyax était toujours assis sur son fauteuil. Il se leva pour lui céder la place.
- Au rapport, dit-elle.
- Nous avons perdu le contact avec l'équipe d'exploration.
Elle s'installa dans son siège et pianota sur son clavier pour étudier les derniers relevés des communications.
- Il y a plusieurs heures qu'ils ne nous ont pas contacté à ce que je vois.
- Nous avons détecté un léger séisme dans leur secteur et nous avons tenté de les avertir sans résultats.
- Quelle est leur dernière position connue?
- La dernière fois que nous avons eu de leur nouvelles, ils entraient dans la carcasse du vaisseau enterré dans le cratère.
- Alors, ils sont sous terre, le signal ne se rend sans doute pas.
- Capitaine, dit soudain l'OPS, nous recevons un appel de la planète.
- De la colonie?
- Non. C'est une fréquence terrienne, comme on en utilisait dans les débuts de l'exploration spatiale, avant la fondation de la Fédération.
- Le Valkyrie?
- C'est possible. C'est un signal audio.
- Sur haut-parleurs.
- Ici l'équipe d'exploration au Hawking, nous recevez-vous?
- Ici le capitaine Roberge. Quelque chose ne va pas commandeur?
- Nous sommes attaqués par des robots et sommes coincés dans l'épave. Pouvez-vous nous téléporter?
- Passerelle à salle de téléportation. Verrouillez-vous sur la source de la communication et téléportez les formes de vies à bord.
Il y eut un petit délai.
- Ici la salle de téléportation un. Nous ne pouvons nous verrouiller sur eux. Ils sont trop profondément sous terre.
- Commandeur, reprit Léa, pouvez-vous vous diriger vers la surface, le plus près que le pouvez?
- Non, capitaine, nous sommes coincés sur la passerelle et encerclés par ces robots. Impossible de sortir.
Pendant un instant, Léa se sentit impuissante à les aider. C'était à elle de protéger les membres de son équipage. Elle n'allait pas perdre une équipe à sa première mission. Elle se ressaisit.
- Commandeur White, tenez le coup le plus longtemps possible. Nous allons vous sortir de là. Roberge terminée.
Dans son esprit, une liste d'actions se mit en place, par ordre de priorité.
- Contactez toutes les équipes au sol et ramenez-les tout de suite, ordonna-t-elle.
La Bajoran s'empressa d'obéir et répéta les ordres par communication à chaque équipe, après quelques instant, elle sembla hésitante.
- Capitaine, le docteur Sermak refuse de revenir.
- Roberge à Sermak. Docteur, j'ai donné des ordres.
- Capitaine, j'ai trouvé un parasite, mais je n'arrive pas à l'isoler. J'ai besoin d'un peu plus de temps.
- L'équipe d'exploration a rencontré une force hostile, vous n'êtes pas en sécurité.
- Sauf votre respect, je crois le contraire. Le gouverneur a bien averti le commandeur White que l'endroit pouvait être dangereux. Au village, cependant, ils n'ont jamais subi d'attaque.
Il était rare qu'un Vulcain se montre retissant à obéir.
- Qu'avez-vous découvert, lui demanda-t-elle?
- J'ai prélevé du liquide amniotique sur une femme enceinte. Il y a un élément étranger, mais j'ai besoin de plus de temps pour l'identifier. Ça pourrait être la cause des mutations génétiques.
- Docteur, vos travaux peuvent être téléportés et vous poursuivrez vos recherches sur le vaisseau.
- Ce qui se trouve dans ce liquide est microscopique et tant que je ne l'ai pas identifié, je ne suis pas sure que je peux le transporter sans l'altérer.
Elle soupira.
- Très bien, vous pouvez rester pour le moment, mais si la situation se détériore, vous et votre équipe serez téléportés à bord dans la seconde.
- À vos ordres, capitaine.
Quand elle ferma la communication, Léa se questionna. S'était-elle montrée faible ou compréhensive? Son plan d'action lui revint vite à l'esprit. Elle devait secourir l'équipe d'exploration.
- Enseigne Douze, Enseigne Giona, venez avec moi à la salle de téléportation et qu'un détachement de sécurité nous y rejoigne. Conseiller, je vous laisse la passerelle.
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L'endroit ressemblait à un désert brûlé. Le sol était rouge et le ciel était orange. Tout autour, ils ne voyaient que désolation et seulement à l'horizon, on pouvait apercevoir la ligne verte de la forêt. Au milieu de cette plaine, la lumière de l'étoile d'Irizia se réfléchissait sur une large plaque de métal au centre de laquelle un trou était découpé. Le silence de l'endroit fut dérangé par un léger bourdonnement. Une myriade de points scintillants déposa six personnes près de la plaque de métal avant de se volatiliser.
Le capitaine Roberge s'avança vers le trou et elle se tourna vers la Bajoran.
- Tricordeur, ordonna-t-elle.
Réa s'avança, ouvrit son tricordeur et scanna le trou.
- Je détecte beaucoup de mouvement.
- Les robots?
- Sans doute. Ils sont très petits, comme des souris, mais ils sont très nombreux et tous concentré dans le même secteur.
- Surement là où se trouve l'équipe d'exploration.
Un des officiers de sécurité s'approcha.
- Nous pouvons descendre et les ramener, capitaine, dit-il. Il nous faudra des armes d'assauts.
- Non, vous ne le pouvez pas, dit-elle. Ils sont trop nombreux.
- Mais nous ne pouvons les laisser là. Je suis prêt à en prendre le risque.
- Pas moi.
- Mais capitaine…
Cette fois, il n'y avait aucune hésitation dans son esprit. L'attaque directe n'était pas la marche à suivre et cet officier de sécurité frisait l'insubordination.
- Enseigne, dit-elle en montant le ton, votre suggestion est appréciée, mais j'ai pris ma décision. Personne ne descendra dans ce trou, est-ce clair?
Le jeune homme se retint de protester, mais il n'était visiblement pas d'accord.
- C'est très clair, capitaine.
- Nous devons d'abord étudier ces robots et trouver leur faiblesse et nous devons faire vite. Je suis consciente que le temps nous est compté.
- Capitaine, dit alors la Bajoranne qui n'avait pas quitté son tricordeur des yeux. Je crois que je sais comment nous pourrions en capturer un.
- Je vous écoute.
- Selon l'équipe d'exploration, les robots sont arrivés dès qu'ils ont activé l'ordinateur. Ils semblent donc attirés par les sources d'énergie. Le commandeur Parksan avait emmené une génératrice qu'il a branchée sur l'ordinateur.
- Sûrement une génératrice au trilium, pensa Léa. Si nous en téléportons un autre ici et que nous l'activons, nous pourrions en attirer quelques-un dans notre direction.
- Il suffira d'en téléporter un dans un champ de force au laboratoire d'exo-ingénierie, reprit la Bajoran.
- Nous pourrions utiliser des activateurs de patterns pour trianguler le signal et le téléporter à bord, suggéra un officier de sécurité.
- Bonne idée enseigne, retournez sur le Hawking et ramenez un ingénieur avec la génératrice et les activateurs.
- À vos ordres, capitaine.
Il appuya sur son communicateur et demanda une téléportation.
