En attendant l'appel du conseiller, le commandeur White préparait son équipe du mieux qu'elle pouvait. Ils avaient tous sorti leur phaseur et l'attente était longue. De l'autre côté de la porte, ils entendaient toujours le martèlement des robots. Il y avait des bosses sur les portes causées par cette attaque incessante et bientôt, il commencerait à y avoir des trous. Myriam se demandait vraiment comment son capitaine comptait les sortir de là.
- Commandeur, nous avons une autre communication du Hawking.
- Passez la communication.
- Ici le conseiller Riyax, j'ai un message de l'équipe d'assaut. Quand je le dirai, éteignez votre génératrice.
- Vous savez que sans la génératrice, les portes ne seront plus verrouillées.
- Oui, commandeur et le capitaine le sait aussi. Ça fait partie de son plan.
- Ne peut-elle pas le partager avec nous?
- Elle est plutôt occupée dans le moment. Elle ne l'a pas partagé avec moi non plus.
- Voilà qui est rassurant, dit-elle avec ironie.
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Dès qu'ils furent dans l'entrepôt, ils se préparèrent pour l'opération. L'entrepôt était vaste pour un vaisseau de cette taille et il semblait presque vide, mais il y avait encore des caisses et des conteneurs. Il était haut de trois niveaux, et c'est ce qui en faisait une vaste pièce pour un vaisseau couché sur le flanc. Il y faisait sombre, seule la lumière des lampes des phaseurs les éclairait. Ils installèrent la génératrice au milieu de l'entrepôt et se mirent en position derrière les caisses. Un officier activa la génératrice et alla se cacher. Léa activa le transmetteur qu'elle avait emmené pour pouvoir communiquer avec le Hawking malgré la profondeur où elle se trouvait.
- Roberge à Hawking. Avisez l'équipe d'exploration d'éteindre leur génératrice maintenant!
- Je relais le message, capitaine, répondit Riyax.
L'officier, caché derrière la caisse juste au côté de Léa, scannait les environs avec son tricordeur.
- C'est fait, dit-il, ils ont éteint leur génératrice. Je perçois un mouvement important. Les robots se dirigent vers nous.
- Ne faites pas un mouvement, s'écria Léa. À mon signal seulement.
Ils attendirent encore quelques minutes dans la noirceur, puis, ils entendirent un inquiétant bruit de cliquetis qui se faisait de plus en plus fort.
- Attendez, murmura Léa.
Le bruit se fit de plus en plus fort et même si Léa n'était pas Bétazoid, elle pouvait sentir la pression monter d'un cran chez ses officiers. Tout à coup, les petits robots surgirent dans la pièce et se précipitèrent vers la génératrice. L'officier voisin, sortit sa grenade à infra-rouge, se préparant à la lancer. Léa lui fit non de la tête. Il retint son mouvement. Les robots continuaient d'entrer en grande quantité dans la pièce faiblement éclairée par la lueur de la génératrice et en ce moment, seule l'appareil semblait les intéresser. Léa fit signe à l'officier qui lança la première grenade. Ils entendirent un « pouf », ils virent un flash rouge, ils sentirent une chaleur intense mais brève et tous les robots tombèrent, inactifs. Cependant d'autres robots entrèrent dans la pièce, toujours en grand nombre. Léa attendit encore qu'il y en ait un nombre suffisant et fit signe à un autre officier un peu plus loin qui lança sa grenade. Le même scénario se reproduisit.
Cependant les robots continuaient toujours d'entrer dans la pièce. Mais combien y en avait-il? Ils utilisèrent ainsi leurs cinq grenades et se trouvèrent désarmés devant une armée de robots qui continuait d'envahir les lieux alors qu'ils étaient exposés.
- Prenez vos lampes à infra-rouge et allumez-les, s'écria-t-elle.
Ils obéirent et balayèrent la pièce avec leur lampe. Les robots tombaient sous le faisceau lumineux, mais continuait d'arriver en masse.
- Capitaine, s'écria un des officiers, nous ne pourrons pas sortir par cette porte, s'ils arrivent toujours aussi nombreux.
- Ils ne sont pas en quantité illimité. Qu'est-ce que le tricordeur nous dit à ce sujet?
L'officier qui tenait le tricordeur scanna les alentours.
- Il y en a encore, mais je vois que la fin du troupeau est tout près.
- Mais il y en aura au moins un millier entre nous et la porte. Les lampes ne suffiront pas. Je veux des suggestions.
- Je pourrais détonner le génératrice.
Elle repensa à l'enseigne Tremblay.
- En aucun cas vous devez vous approcher d'eux. Je ne veux pas d'actes héroïques.
- Capitaine, reprit l'officier avec le tricordeur. Je peux le faire à distance avec le tricordeur. Cependant, la détonation sera importante et je ne crois pas que ces caisses suffiront à nous protéger.
- Nous pourrions aller derrière les gros conteneurs de l'autre côté, dit un autre officier, ils nous offrirons une meilleure protection.
- Il faudra faire vite, reprit Léa, mais passez un après l'autre, utilisez vos lampes pour couvrir ceux qui passe. J'y vais en premier!
Avant qu'elle n'entende de protestation, Léa se précipita en pointant sa lampe vers les robots qui semblaient se concentrer autour de la génératrice, mais sans l'approcher, comme s'ils l'étudiaient. Léa se demanda si ce type de génératrice émettait une radiation quelconque, quelque chose susceptible de les attirer.
Elle se jeta derrière le conteneur et balaya l'endroit de sa lampe pour s'assurer qu'il n'y ait pas de robots. Les autres ne tardèrent pas à la rejoindre. Bientôt, ils étaient tous prêts.
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Dès que Myriam éteignit la génératrice, elle entendit les robots s'agiter et s'éloigner rapidement. Elle comprit que le capitaine les attirait dans un autre secteur du vaisseau. Elle approcha la porte et fit signe à Jamar d'approcher avec le tricordeur. Il scanna la porte et soupira.
- Nous pouvons sortir, ils ne sont plus là.
- Où sont-ils allés, demanda-t-elle?
- De l'autre côté du vaisseau, dans un entrepôt.
- C'est là que le capitaine et les autres se trouvent. Nous devons leur porter secours.
- Mais comment, demanda Parksan? Je doute que nos phaseurs soient suffisants contre cette myriade de créatures.
- Nous verrons. Je dois au moins me rendre compte de la situation. Nous resterons à distance sécuritaire et nous suivrons la situation avec le tricordeur.
- Je vous rappelle qu'ils se déplacent très rapidement, dit Kirt.
- Nous ferons vite, coupa-t-elle. Venez!
Elle ressentit une étrange sensation de liberté au moment où elle passat la porte.
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Ils étaient tous derrière l'énorme caisse, prêts pour la détonation. L'officier s'acharnait sur le tricordeur, mais semblait tendu.
- Quelque chose ne va pas?
- Ça ne fonctionne pas, dit-il. Je vais relancer la procédure.
Il se frustra.
- On dirait que le programme est bloqué. La seule façon serait d'éteindre la génératrice et de la redémarrer.
- Combien de temps sera-t-elle éteinte?
- Un peu moins d'une minute.
- C'est trop long. Nous ignorons comment ils vont réagir sans la génératrice, répliqua Léa. Et vu leur agressivité quand ils ont attaqué l'enseigne Tremblay, je crains que nous soyons leur cible.
- On pourrait faire détonner la génératrice avec un phaseur en surcharge, suggéra un officier.
- Pour ça, il faudrait être en mesure de le lancer, répondit un autre. Ces conteneurs sont trop hauts et l'angle, si nous y allons par le côté, n'est pas bon. Nous ne sommes tout simplement pas bien placés pour pouvoir lancer un phaseur.
- Alors, redémarrez la génératrice, ordonna-t-elle.
Il pianota sur l'instrument. Ils entendirent le bruit de la génératrice qui s'éteignait puis un court silence s'installa. Elle entendit alors quelques cliquetis.
- Là, s'écria un officier!
Une créature venait d'apparaître derrière les conteneurs. L'officier leva sa lampe et la créature tomba. Une autre arriva et subit le même sort, puis quelques autres apparurent.
Dépêches-toi, pensa Léa, en regardant son officier travailler sur le tricordeur. Elle entendit alors un petit sifflement. Elle réalisa que c'était le bruit d'un phaseur en surcharge.
- Tout le monde à terre, s'écria-t-elle!
Le phaseur détonna et entraîna à son tour l'explosion de la génératrice. Le souffle de l'explosion fut formidable, mais tel que prévu, le conteneur les protégea. Puis, le silence se fit. Léa avait un bourdonnement dans l'oreille, sans doute un cadeau de la déflagration. Elle se leva.
- Est-ce que tout le monde va bien?
Ils répondirent tous par l'affirmative. Elle sortit de derrière sa cachette, prudemment en tenant sa lampe à infra-rouge devant elle. Il n'y avait plus rien, plus de robots, et beaucoup de fumée. Les caisses étaient en feu, ce qui projetait une lumière sautillante dans la pièce couverte de débris. Devant la porte, elle reconnue, le commandeur White et son équipe.
- Nous sommes arrivés à temps, on dirait.
- Bien joué, commandeur White. Pour faire détonner la génératrice avec un phaseur en surcharge, il fallait un lancer très précis.
- C'est un lancer du lieutenant Jamar, capitaine.
- Bien joué, lieutenant, reprit Léa.
Il marmonna une réponse inintelligible.
- Si ça ne vous dérange pas, ajouta Myriam, j'aimerais bien retourner en haut. C'est un vaisseau charmant, mais je préfère le Hawking.
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Après le retour de l'équipe au sol sur le Hawking, Léa avait décidé de réunir ses officiers pour faire le point et leur avait donnée une heure pour se préparer. Elle en profita pour retourner dans ses quartiers, se rafraîchir et prendre une douche.
Quand elle entra, elle fut accueillie par le son assourdissant de la musique des Four Stars, un groupe martien que Matthew appréciait particulièrement. Elle frappa à la porte de sa chambre et entra.
- Matt, j'apprécierais que tu baisses le volume.
- Ordinateur, dit le jeune homme. Éteint la musique.
Le silence se fit.
- Tu peux continuer de l'écouter, dit-elle.
- J'en ai assez écouté, dit-il froidement.
Elle comprit que quelque chose n'allait pas.
- Es-tu encore en colère à cause de cette histoire de fouilles?
Il ne répondit pas.
- Mon équipe d'exploration a été attaquée, j'ai dû ramener tout le monde à bord. Alors, dans le moment, il n'y aura pas de fouilles du tout.
- Ce n'est pas ça, marmonna-t-il.
- Alors quoi?
- Je veux être archéologue, et tu ne me prends pas au sérieux. J'aurais la chance d'apprendre ici-même, sur ce vaisseau, mais tu ne veux pas.
- Comment veux-tu que je te prenne au sérieux quand tu changes continuellement d'idée?
- Cette fois, c'est sérieux.
- Je crois plutôt que tu essaies d'impressionner ton grand-père et ce n'est pas la meilleure façon.
- Si je voulais l'impressionner, j'entrerais dans Starfleet, lança-t-il avec colère!
- Alors qui cherches-tu à impressionner, s'écria-t-elle!
- Toi, lança-t-il alors dans un cri chargé d'émotions! Pour toi, je n'existe plus! Tu évites de me regarder et quand tu le fais, tu ne me vois pas! Je ne suis plus rien! Je suis invisible!
Il quitta précipitamment leurs quartiers laissant Léa interdite. Elle se sentit tout à coup impuissante à s'occuper de son fils. Elle n'avait aucune idée de ce qu'elle devait faire : le poursuivre pour lui parler ou le laisser ruminer sa colère. Elle savait cependant qu'elle devrait faire quelque chose à ce sujet. Elle avait fait une bourde quelque part et n'avait pas vu qu'il y avait un problème. Au bout d'un moment, elle appuya sur son communicateur.
- Ordinateur, donne-moi la position de Matthew Elliott.
- Matthew Elliott est dans les quartiers de l'enseigne Marchall.
L'enseigne Marchall était le père d'Henry, le nouvel ami de son fils. Il était donc avec un ami, ce qui était rassurant. Elle soupira et alla prendre sa douche.
