Dans le laboratoire de biologie, le docteur Sermak chapeautait le travail de la petite équipe qu'il avait rassemblée qui comptait, à part lui, un généticien et un exobiologiste. Ils étudiaient l'ADN de l'enfant et comparaient ses mutations à celles des échantillons de sang pris sur les autres colons. La porte s'ouvrit devant le capitaine Roberge et le commander White.
- Vous avez demandé à nous voir, docteur?
- Oui, capitaine, nous avons fait une découverte inquiétante.
- Voulez-vous dire que l'enfant ne vivra pas, demanda White?
- L'enfant vivra, nous sommes intervenus à temps et il ne possède que peu de mutations. Son apparence sera plus humaine que les autres colons.
- C'est une bonne nouvelle, coupa Léa. Quelle est la mauvaise?
- Nous avons compris les intentions des nano-robots, ou plutôt des Komedos, comme les appelait les Ekosiens.
- Vous en parlez comme d'une espèce à part.
- Je crois que c'est malheureusement le cas et la situation est très inquiétante.
- Je vous écoute, docteur.
- Avez-vous remarquées que les mutations dont les colons sont affligés sont principalement de type insectoïde?
- J'en ai surtout remarqué la variété, répondit Myriam.
Sermak leur montra un écran et fit apparaître le schéma d'un Komedos.
- Ces robots ont été créés avec toutes les caractéristiques des insectes.
Il fit ensuite apparaître une chaîne d'ADN.
- Ils ont principalement visé les pseudogènes. Ce sont des gènes anciens que l'évolution a mis de côté, et dans ce cas, tous ceux qui ont des caractéristiques insectoïdes. Chez les colons, ils ont fait des essaies, activant un certain groupe de gènes et étudiant les résultats et ils se sont ensuite concentrés sur les résultats qui les rapprochaient du monde des insectes. Ils avaient trouvé les bons gênes, mais la dernière modification qu'ils tentaient de faire était trop extrême et c'est pourquoi les nouveaux-nés ne survivaient pas. Ils continuaient cependant leurs essaies et ils auraient fini par réussir.
- Vous voulez dire qu'ils tentaient de transformer les colons en insectes, pourquoi?
- Je crois plutôt qu'ils cherchent à se reproduire eux-mêmes dans un organisme biologique supérieur.
Léa en comprit tout de suite les implications.
- C'est une espèce évolutive.
- Et qui possède une intelligence redoutable, ajouta le médecin.
- Alors, les armes que nous avons trouvées contre eux ne suffiront pas.
- Ils vont éventuellement trouver une manière de s'adapter ou de les contrer.
- Les colons ne sont pas en sécurité, comprit Myriam White.
- C'est pire que ça, réalisa Léa!
- Pire, demanda le Vulcain?
- Ils ne se contenteront pas de cette planète, ils veulent évoluer et à notre contact, ils ont compris qu'il y a d'autres mondes. Nous ne pouvons pas évacuer les colons sans risquer qu'ils emmènent de petits passagers avec eux.
- C'est horrible, s'exclama White! Il y a bien quelque chose que nous pouvons faire pour les aider. Nous ne pouvons les laisser comme ça.
Léa soupira. C'était le moment de prendre une décision difficile et imparfaite, mais avant tout, elle devrait contacter Starfleet. Cette découverte dépassait sa juridiction.
- Commandeur, dit-elle à White. Je ne veux plus aucune téléportation sur cette planète jusqu'à nouvelle ordre et je veux une réunion du staff dans les plus brefs délais.
- Ce sera fait, capitaine.
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Dans la salle de réunion, l'atmosphère était tendue. En attendant l'arrivée du capitaine, les officiers avaient été informés de la découverte du Vulcain et du chef ingénieur. Ils étaient donc tous anxieux.
La porte coulissa et le capitaine Roberge entra d'un pas rapide. Elle contourna la table pour aller s'installer à extrémité.
- Je présume qu'en m'attendant, le commandeur White vous a informés de la situation.
Ils hochèrent la tête.
- Très bien, je vais aller droit au but. Je viens d'avoir une longue conversation avec l'amiral Janeway de Starfleet Command. Je peux vous garantir qu'une autre réunion a présentement lieu sur Terre sur le même sujet. En attendant qu'ils prennent une décision, cette planète est provisoirement en quarantaine, nul doute que ça deviendra permanent. Personne ne peut quitter la planète et personne ne peux y aller. Nous installerons des balises dans les limites du système planétaire qui avertira les vaisseaux de passage. Starfleet devrait envoyer des vaisseaux patrouiller le secteur pour s'assurer que la quarantaine est respectée.
- Que faisons-nous des colons, demanda le docteur Sermak? Est-ce que l'amiral nous a permis de les aider?
Léa soupira. La situation des colons était préoccupante. Ça l'étonnait que la question vienne d'un Vulcain. Ces derniers avaient tendance à se montrer froid et détachés, mais au fond, c'est lui qui les avait le plus côtoyés pendant la mission.
- Je ne vois pas comment nous pouvons les aider. L'amiral a spécifiée que nous ne pouvons pas leur envoyer notre technologie sans risquer que les Komedos ne s'en emparent et ne l'étudie. Il faut éviter de leur en apprendre d'avantage sur nous.
- Ce qui signifie que nous ne pouvons même pas leur envoyer de matériel médical.
- Exactement.
- Mais devons-nous retirer la machine à ultra-son que nous leur avons fabriqué?
- C'est l'ironie de la chose. Tout le matériel que nous avons laissé sur la planète devra y rester. Nous pourrions ramener des petits invités avec ce matériel. Ils pourront donc conserver la machine.
- Ça nous emmène à une question délicate, dit White. Qu'en est-il du personnel et du matériel qui se sont retrouvés sur la planète et qui ont été ramené ici?
- Nous avons porté des tenues environnementales pendant tout le voyage et respecté à la lettre les procédures de décontamination, répondit le Vulcain. Il faudra tout de même vérifier les biofiltres des téléporteurs, même si ces organismes ne sont pas biologique, vu leur nature étrangère, si nous en avons ramené, il y en aura une trace dans les biofiltres. Sinon, je ne crois pas que le vaisseau soit contaminé.
- Nous pourrions effectuer un balayage d'ultra-sons à l'échelle du vaisseau pour s'en assurer, ajouta le chef ingénieur. Je dois faire quelques ajustements, mais c'est tout à fait faisable.
- Bonne idée, approuva Léa. Faites-le dès que cette réunion sera terminée. Nous devons être doublement prudents.
- Que faisons-nous des spécimens que nous avons emmenés ici?
- Ils devront être détruits.
- Il est plutôt injuste que nous puissions nous en sortir aussi facilement et non les colons, ajouta le tacticien.
- L'organisme des colons est habité depuis des générations par les nano-robots, expliqua le Sermak, ce qui n'est pas notre cas. Ils restent dormants la plupart du temps, mais ils sont bien présents. S'il n'y avait que les plus gros robots, nous pourrions les évacuer, ce sont les petits qui nous causent des problèmes. Je peux cependant examiner les officiers qui sont allés sur la planète pour m'en assurer.
- C'est plus prudent, en effet, coupa Léa. Tous ceux qui sont allés sur la planète devront donc se rapporter à l'infirmerie dès que cette réunion sera terminée.
- Concernant les colons, j'ai une idée, dit alors l'archéologue. Nous ne pouvons pas les évacuer de la planète, mais nous pouvons sans doute les évacuer de cette région. Ils sont près d'une grande ville ékosienne, dans un secteur où il semble avoir beaucoup de ruines ékosiennes. Utilisons les données recueillies par la cartographie stellaire et envoyons-les dans un secteur où il n'y a pas de trace de civilisation et donc pas de Komedos. Ce n'est pas une solution parfaite, mais ça pourrait leur donner le temps de se préparer à se défendre adéquatement ou de permette à la Fédération de trouver une meilleure solution.
Léa soupira. C'était une bonne idée, mais encore là difficilement praticable.
- Nous ne pouvons pas les téléporter là-bas. Même avec une téléportation directe, ils se trouveront temporairement sur le vaisseau, dans la mémoire tampon des téléporteurs, le temps de les y renvoyer.
- Ils iront par leur propre moyen. Nous n'avons qu'à leur fournir des cartes.
- Les padds sont aussi une technologie que les Komedos pourraient étudier.
- Je proposais de répliquer des cartes sur du papier ou un support du même genre.
Elle n'y avait pas pensé. C'était simple mais efficace.
- Très bien, approuva-t-elle. Nous ferons comme ça. Je prends sur moi de leur envoyer tout aide dont ils pourraient avoir besoin tant que ça n'implique pas de la technologie. Des fournitures médicales sont donc envisageable, mais pas les équipements médicaux. On peut envoyer de la nourriture, mais pas de réplicateur. Commandeur White, dès que vous aurez été examinée, vous contacterez la colonie, expliquez leur la situation et demandez-leur ce qu'ils ont besoin.
- Bien capitaine.
- Cette réunion est terminée.
