CHAPITRE 10
New-York vers 21 heures
Esposito avait quitté le poste très tôt cet après-midi. Il avait vu Kate et Rick partir puis en avait profité pour prendre ses heures. Depuis quelques jours , il avait vu que quelque chose clochait chez Beckett. Elle se renfermait, avait quitté son mari sans aucune explication et surtout avait engagé un parfait étranger pour bosser au NYPD. Il n'avait pas vu l'analyste travailler beaucoup , pourtant à chaque fois qu'il entrait dans le bureau de Kate, la porte était fermée et le capitaine l'écoutait avec grand intérêt, son instinct de flic lui disait que quelque chose ne tournait pas rond.
Il avait déjà vu ce regard dans les yeux de Beckett, elle avait le même dès qu'il s'agissait du meurtre de sa mère. Mais ce qu'il ne comprenait pas, c'était le lien entre Vikram, Braken et Johanna Beckett.
Au fond de lui , il sentait arriver les problèmes et avec Castle en dehors du coup , il ne donnait pas cher de la vie de Kate.
Il s'inquiétait terriblement pour elle, il la considérait comme une petite soeur….elle était sa famille avec Kévin et il se devait de comprendre ce qu'il se passait.
C'est pourquoi, il était parti plus tôt hier soir. Après avoir quitté le commissariat, il était monté dans sa voiture et avait traqué le téléphone portable de l'analyste pour le découvrir dans un club de strip-tease fermé. Il devait convaincre Vikram de tout lui révéler et pour cela , il préférait jouer la carte du méchant flic plutôt que du gentil.
Soufflant un bon coup, il était entré avec une seule conviction : connaître le fin mot de l'histoire car et il était certain que Kate ne le lui dirait pas.
- NYPD ! hurla-t-il arme à la main faisant sursauter Vikram devant son ordinateur. On ne bouge plus mon gars, tu vas lever tes mains de ce clavier et me faire face !
C'est les mains tremblantes, que l'analyste fit demi-tour pour découvrir Javier Esposito.
- Bonjour, lieutenant, on se connaît , vous vous souvenez ? demanda-t-il hésitant face au regard de ce dernier
- Que faites-vous ici ? cet endroit est mis sous scellés.
- J'avais juste besoin d'un endroit…j'arrive juste de DC et…
- La ferme! le coupa Espo en s'avançant vers les moniteurs pour y découvrir qu'il traçait Castle via son téléphone portable . À quoi tu joues ?
- Je vous l'ai dit, je…
- Je ne me répéterai pas, grinça Javier en montrant de la tête son arme de service pour tenter de le faire flancher.
- Vous ne pouvez pas…vous êtes flics et…, annonçait la voix tremblante de Vikram
- Tu vois ces gens là, lui fit remarquer Javier en hochant la tête vers une photo de Kate et Rick. Ce sont ma famille, mec…et on ne touche pas à ma famille. Alors tu vas me dire exactement ce qui se passe où je ne donne pas cher de ta peau.
Javier Esposito n'avait jamais franchi la ligne entre les bons et les méchants, mais ce soir, il était poussé par l'instinct de protection envers ses amis. Il sentait au plus profond de lui que ce Vikram savait des choses et il souhaitait enfin tout connaître de cette histoire.
Vikram lui , était sous le choc. Il ne s'attendait pas à la venue du flic et se sentait totalement paniqué face à la situation. Beckett, lui avait rappelé maintes et maintes fois de garder toute cette opération secrète mais ce soir, avec Kate refusant d'enquêter, il pensait que sa meilleure option était de dire la vérité.
Il révéla donc toute la vérité à Espo, qui écoutait attentivement chaque explication donnée par l'analyste : Allison Hyde, Loksat, le départ de Kate du Loft, l'enquête et enfin l'identité de l'avocat Caleb Brown ce qui l'a mené tout droit à David Cohen.
Vikram lui parla aussi de sa théorie selon laquelle le véritable commanditaire du meurtre de Johanna Beckett serait en fait Loksat.
Esposito était abasourdi face à ce flot de révélations. Il s'attendait à tout sauf à ça. Faisant les cent pas, il tentait d'assimiler tous les propos de Vikram quand un détail attira son attention :
- Pourquoi tracer le portable de Castle ?
- Kate est introuvable et je tentais de savoir où se trouvait son mari.
- Elle est avec lui à Cancun, soupira Javier
- À Cancun ! s'indigna-t-il
Il avançait à grands pas sur l'enquête et, elle, elle partait en vacances avec son mari !
- Beckett est sur cette affaire à cause de sa mère ?
- Oui et non…l'agent MacCord et son équipe sont décédés et…
- Elle veut leur rendre justice, comprit Espo
- Beckett doit s'éloigner de son mari pour le protéger et continuer l'enquête, elle doit…
- Non . Tout ce qu'elle doit, c'est sauver son mariage.
- Elle sera vulnérable à ses côtés, insistait Vikram
- Kate est plus forte avec Castle, assura Javier en prenant quelques dossiers dans ses mains
- Que faites-vous ?
- Où habite ce David Cohen?
- En Virginie, Washington. Pourquoi ?
- C'est à quatre heures en voiture, pensa à haute voix Espo en reposant ses dossiers
- Oui et alors ! s'écria Vikram alors que le flic partait du club
- Prends ton matériel…..on va traquer quelqu'un d'autre qu'un écrivain, déclara Javier.
Il devait en avoir le coeur net. Toute cette histoire était surréaliste, il devait savoir si ce Loksat pouvait bel et bien être ce Cohen de la CIA. Assis dans sa voiture en attendant cet analyste de malheur, il réfléchissait à toute allure sur la marche à suivre….prévenir Beckett ? non, hors de question elle annulerait sa semaine de vacances à cause de lui. Ryan ? Il ne pouvait pas l'impliquer, si cette histoire se révélait exacte , Kévin devrait être auprès de sa famille….Non, il était seul sur ce coup-là et il devait exceller.
- Vous vous rendez compte que c'est extrêmement dangereux de s'attaquer à lui de front ? demanda Vikram en s'installant dans la voiture
- Vous pensiez à quoi quand vous êtes arrivé dans nos vies ? grinça amèrement Javier qui avait vu au fil des semaines Beckett retourner à ses vieux démons
- A rester en vie…et maintenant , je souhaite juste retrouver ma vie, assura Vikram
- On va jouer dans la cour des grands…alors je dois vous faire confiance
- Ok
- On ne prévient personne
- Ok
- Et à la moindre entourloupe, je vous ferai regretter d'être né, compris ?
- Heu…..oui, répondit l'analyste hésitant alors que Javier mettait le contact en se demandant comment il allait procéder.
Cancun 6 heures du matin, le lendemain
Leur nuit avait été magique , Kate l'avait vécue comme une seconde chance…..une renaissance. Avoir été dans les bras de son mari, avoir pu lui exprimer l'ampleur de ses sentiments sans contrainte , ni peur avait été une libération pour elle. Ils avaient fait l'amour plusieurs fois la nuit dernière, tantôt tendrement, tantôt sauvagement, mais à chacun de leurs ébats , elle avait ressenti tout l'amour que Castle lui portait .
Assise sur une des chaises longues du balcon de la suite et accompagnée des premières lueurs du soleil , elle buvait tranquillement son café.
Castle dormait toujours et elle ne souhaitait pas le réveiller tout de suite, il avait besoin de repos et leur nuit avait été tout sauf reposante.
En y repensant, Kate sourit en repensant à leur sortie du bain.
"Ils venaient tout juste de faire l'amour dans la baignoire, ce moment avait été tout en tendresse, tout en découverte et sans précipitation. Ils avaient pris le temps de se taquiner, de se faire languir l'un l'autre, et même dans leur étreinte , ils avaient ressenti,tous les deux, le même désir de savourer chaque minute que leur avait donné cette seconde chance.
Castle et Kate étaient ensuite sortis du bain, tout sourire et après un séchage rapide de leur corps, ils s'étaient enroulés dans une serviette de bain pour aller s'allonger sur leur lit. Le matelas était tellement exquis, que Rick poussa un long gémissement de bien-être quand il fut totalement allongé ce qui fit rire Kate :
- Tant que ça !
- Ce matelas est juste…génial ! on devrait acheter le même, répondit-il alors que Kate se mettait sur le flanc droit pour mieux le contempler
- Tu serais prêt à acheter un matelas en le testant,quoi ? dix secondes ?
- Oh oui ! s'exclama-t-il . Pas toi ?
- Non…..moi j'aimerais le tester avant, susurra-t-elle
- Oh et comment comptez-vous le tester Madame Castle ? répondit d'une voix rauque Rick en se tournant pour la contempler
Elle le regarda amoureusement , seulement vêtue de sa serviette de bain. Sentant son envie de lui réapparaître, elle se leva d'un seul coup une idée en tête.
- Où vas-tu ?
- Je reviens
Rick la vit s'éloigner et disparaître dans le salon. Allongé sur ce lit, il pensait à cette soirée. Elle n'avait pas été de tout repos, avec les révélations de Kate et leur mise à plat mais il se réjouissait du fait qu'il ait enfin trouvé un terrain d'entente.
Son esprit se mit alors à réfléchir à vive allure pour repenser à l'essentiel de leurs problèmes:Loksat. Il se demandait s'ils arriveraient à avoir le dernier mot sur lui et à l'arrêter sans se perdre au passage. Il n'avait aucune confiance en Vikram et c'est ce qui l'ennuyait le plus dans cette histoire. Du temps de Braken , il y avait les Bros et ensemble ils formaient une famille. Ce Vikram était sorti de nul part et avait bombardé son couple en quelques minutes.
Comment pouvait-il arrêter Loksat sans avoir confiance en Vikram ? Il souhaitait réellement en parler aux gars…
- Un souci ? demanda Kate en revenant avec un plateau recouvert et une bouteille de champagne
Elle avait vu son changement d'attitude et le regard de Castle perdu sur le plafond, en instant, elle eut peur qu'il ne regrette finalement leur rapprochement.
- Non….aucun. Qu'est-ce que c'est ?
- Tu es sûr…je….
- Tout va bien mon coeur, assura-t-il pour tenter de la rassurer
- Je nous ai apporté notre dessert, sourit-elle en lui donnant la bouteille et en s'asseyant sur le lit en le contemplant de nouveau.
- Quoi ? demanda-t-il tout sourire alors que sa femme le dévorait du regard
- Rien…..tu as faim ?
- Pas vraiment….
Quand Kate souleva la cloche pour que Rick découvre leur dessert de ce soir, il sourit de toutes ses dents.
- Des fraises ?
- Hum…je sais que tu les adores, murmura-t-elle
- Ce n'est pas vraiment le fruit rouge que j'aime, lui fit-il remarquer
- Je sais…..Tu aimes surtout ce qu'on fait avec les fraises, susurra-t-elle en prenant en bouche un de ces fruits pour le croquer lentement sans lâcher son mari du regard.
- Tu …..es diabolique, sourit Castle en contemplant sa femme en serviette de bain s'amuser avec une fraise entre les dents
- T'en veux, Babe ?
À la façon dont elle l'avait proposé, à l'intonation qu'elle y avait mise, Rick fit péter le bouchon de champagne sans pouvoir le retenir ce qui fit rire Kate à plein poumons. Son mari était subjugué par le sex-appeal qu'elle dégageait à ce moment-là . Sa beauté au quotidien était sans appel mais la vision de Kate ce soir, dans cette tenue et avec sa mine réjouie, ne faisait qu'attiser le désir de Rick. Il l'avait l'impression qu'il se consumait de minute en minute. Lentement sans la lâcher des yeux, il lui chuchota ravi:
- Tu as oublié les verres
- Non
- Non ?
- Je vais te montrer une chose, lui confia-t-elle en s'installant à califourchon sur lui tout en prenant la bouteille à la main
- Quoi donc ? demanda Rick subjugué
- Comment on teste un matelas….mon coeur, murmura Kate en s'avançant pour lui capturer les lèvres
Elle s'étala de tout son buste sur celui de son mari tout en ondulant du bassin pour attiser son désir. La bouteille toujours en main au-dessus de la tête de Rick, elle se mit à gémir dans sa bouche quand il empoigna ses fesses pour augmenter son ondulation sur son érection. Leurs langues se caressaient, se goûtaient quand Kate calma le jeu :
- Doucement, c'est à mon tour de jouer, souriait-elle en se décollant de lui alors que le sexe de son mari était plus que réveillé entre ses cuisses
- Ok, acquiesça-t-il les yeux pleins de malice en ouvrant la serviette de bain de Kate pour qu'elle se retrouve nue face lui. Mais on peut jouer ensemble ? sourit-il en lui caressant la poitrine
Kate adorait quand son mari se faisait joueur et coquin , leurs ébats n'en étaient que plus forts et rien qu'à cette pensée des papillons commençaient déjà à faire surface dans son bas-ventre. Elle prit une fraise sur le plateau qui se trouvait près d'eux pour la croquer à moitié. Au regard de Castle ,sous elle, face à son geste, elle savait qu'il était déjà à point mais elle voulait jouer ce soir.
Buvant une gorgée de champagne, elle se mit à gémir en demandant à Rick :
- C'est divin ? tu en veux ?
Kate était nue assise sur son érection et s'amusait à le rendre fou de désir, il ne savait plus où donner de la tête face à cette sensualité qu'elle dégageait. Il n'avait qu'une envie, lui faire l'amour sauvagement .
- Oui, répondit-il d'une voix rauque
Doucement , elle prit la bouteille en main puis bascula la tête et son buste en arrière pour laisser le liquide couler sur elle :
- Sers-toi…Babe, susurra-t-elle
Mon Dieu, il aurait pu mourir face à cette vision érotique et si coquine de Kate. Le liquide coulait de son cou à sa poitrine dont les tétons étaient durcis d'envie, pour continuer sur son ventre plat et terminer sa chute sur son pubis.
Sans se faire prier plus longtemps, il la lécha de son ventre à son cou tout en lui tirant les cheveux en arrière. Elle adorait quand Castle devenait sauvage, bestial avec elle….elle adorait quand son homme menait leurs ébats , alors quand ce dernier arriva à son cou et y posa ses lèvres pour la marquer, Kate déposa la bouteille de champagne sur la table basse et bascula sur le dos pour mieux sentir la force de son mari sur elle. Elle était en feu comme lui et ne pouvait plus attendre..
- Castle ?
- Hum, gémit-il en la marquant plus que de mesure ce qui la faisait râler
- Fais-moi l'amour "
- Kate ?
- Kate ?
- Hum ?
Elle fut sortie de ses pensées par Castle . Il se trouvait en face d'elle en caleçon un café à la main et les cheveux en bataille.
- Tu vas bien ?
- Oui, excuse-moi…..j'étais en train de réfléchir, sourit-elle pour le rassurer.
Voyant qu'elle lui souriait, Rick se rapprocha d'elle et l'embrassa tendrement.
- Bonjour
- Bonjour
- Alors à quoi réfléchissais-tu ? demanda-t-il en venant s'asseoir sur le rebord de son transat
- À cette nuit, avoua-t-elle sans préambule. J'ai adoré cette nuit et….
- Hum?
- Notre nouveau matelas
- Moi aussi, sourit-il à son allusion
Le soleil se levait sur Cancun et le paysage qui s'ouvrait sur leurs yeux était spectaculaire. La couleur de l'eau, des fleurs, la rosée du matin, tout ici avait une saveur particulière.
- Tu aimerais faire quoi aujourd'hui? demanda Rick
- Ce que tu veux
- Très bien…alors que dirais-tu d'aller visiter un temple maya puis revenir à l'hôtel cet après-midi pour profiter de la plage et de ses cocktails
- C'est un beau programme
- Et ce soir…..on pourrait chercher cette crique pour notre bain de minuit, proposa-t-il en lui caressant le visage
- Tu ne vas pas te plaindre d'avoir froid ce soir ? sourit-elle
- Il se peut que si…..j'adore ce tour de magie que tu fais pour me réchauffer
- Ah oui ?
- Et puis , tu sais à quel point j'admire tes jambes maintenant en tant que mari, j'admire ton souffle , avoua-t-il en la taquinant
Kate se mit à rire face à son allusion, ce qui fit sourire Rick. Il se sentait tellement bien avec elle qu'il l'avait l'impression que leurs problèmes étaient à des millions de kilomètres.
- Alors qu'en dis-tu ? reprit-il au bout de quelques secondes
- De la visite ?de la plage ? ou de la crique ? ou de mon sens de l'apnée ?
- De tout
- Je vote oui pour tout Castle….tant que je suis avec toi, c'est ce qui m'importe, murmura-t-elle en lui piquant un baiser qui avait le goût de café
Mon Dieu…si elle le pouvait , elle resterait ici jusqu'à la fin de ses jours.
Quelque part dans Washington :
David Cohen était un homme marié et heureux en ménage depuis plus de vingt ans, il avait deux enfants : Andrew et James. Depuis quelque temps, une rumeur circulait au sein du bureau selon laquelle John l'actuel patron de l'agence allait prendre sa retraite et, malgré son jeune âge, Cohen était pressenti pour le remplacer.
Une soirée où le nom du nouveau directeur sera annoncé est organisée dans deux semaines, et Cohen attendait avec impatience cette nomination pour atteindre enfin ses ambitions.
Il repensait à ses débuts ou l'argent devait couler à flots pour monter dans l'élite de l'agence, il s'était donc rapproché d'un certain William Braken qui, à l'époque, n'était que simple substitut du procureur.
En enquêtant sur une suspicion d'actes de blanchiment d'argent au bureau du procureur , il avait découvert en quoi consistait réellement le job de Braken, il avait donc sauté sur l'occasion pour le tenir en laisse afin de récupérer comme lui un maximum d'argent.
Le fait de récolter autant d'argent de flics corrompus l'avait projeté sur le devant de la scène de la CIA et malgré tous les meurtres qu'il avait dû commanditer , il ne regrettait pas ses actes. Grâce à ça…..il avait réussi, il était un homme puissant.
Seulement depuis le meurtre Allison Hyde, Cohen savait que sa marche à suivre était restreinte. Il connaissait le lieutenant Kate Beckett mieux qu'elle ne le pensait. Il avait toujours gardé un oeil sur elle, même quand elle avait enfermé derrière les barreaux, Braken pour le soi-disant meurtre de sa mère.
Cohen ne laisserait pas cette détective se mettre sur sa route , car à l'instar de Braken, lui n'hésiterait pas à l'écraser comme un insecte.
Il connaissait tout d'elle, sa vie personnelle, professionnelle et surtout ce qui l'animait. Et au fond de lui, il savait que la mort de toute l'équipe du FBI à laquelle elle avait été rattachée, suffirait à Beckett pour enquêter malgré les risques.
Il se devait donc de rappeler au jeune lieutenant ses priorités. Prenant son téléphone, il appela un de ses hommes de main :
- Brown
- Bonsoir, ici Cohen
- Monsieur
L'avocat Caleb Brown n'était pas une de ces petites raclures qu'on intimidait facilement. Seulement il avait appris à ses dépens, que Cohen était tout sauf un enfant de choeur et que s'il souhaitait rester en vie , lui et sa famille , il se devait d'être très méthodique et rigoureux avec ses directives .
- Je veux que vous mettiez le lieutenant Beckett hors-jeu
- Je croyais que sa mort pourrait attirer plus que de mesure les médias
- Je ne parle pas de la tuer…seulement de lui faire perdre pied et de lui rappeler où sont ses priorités
- Monsieur ? demanda l'avocat ne comprenant pas les directives
- Où en est-elle au niveau personnel ? toujours séparée ?
- Oui….ma taupe m'a assuré qu'elle était seule et désespérée depuis une semaine, elle aurait même entendu une conversation ou Mlle Beckett faisait part de son envie de tout laisser tomber pour retrouver son mari.
- Très bien…..il faut que ça perdure ainsi. Il faut qu'elle reste seule….car seule , elle est vulnérable.
- Qu'attendez-vous de moi ?
- Vous allez suivre mes directions à la lettre, Brown . Je souhaite que cet écrivain de malheur comprenne tous les enjeux qui sont ici. Si vous échouez, vous vous retrouverez comme lui, gisant au fond d'une ruelle.
- …..Bien Monsieur.
