CHAPITRE 17
One police plaza
Quand Victoria Gates avait répondu au lieutenant Kévin Ryan quelques jours auparavant, elle ne se doutait pas dans quel imbroglio politique elle mettait les pieds.
Elle avait simplement acquiescé à une demande ou plutôt une faveur d'un de ses anciens détectives. Mais quand elle avait commencé à parcourir le dossier que Montgomery avait envoyé à l'époque à Smith, elle sut qu'il s'agissait de bien plus que d'une affaire de sénateur.
De nombreux noms de personnes haut placées figuraient dans ces fichiers dont,le numéro deux de la CIA: David Cohen.
Victoria Gates n'était pas quelqu'un d'influençable ou qui avait peur. Elle se battait pour la justice avant tout…mais ces quelques lignes dans ce dossier avaient suffi à l'effrayer. Ces lieutenants savaient-ils au moins où ils mettaient les pieds ? On ne portait pas de telles accusations sur des personnes aussi importantes sans preuves…..et ces documents ne suffiraient pas à les faire plonger.
Ils comportaient seulement des numéros de comptes, des noms. Pour les faire tomber, il faudrait qu'ils enquêtent, ce qui mettrait la puce à l'oreille à tout ce beau monde.
David Cohen apparaissait un bon nombre de fois. Il était relié à William Braken. Pendant que ce dernier ramassait l'argent des flics ripoux, Cohen,lui,encaissait les mandats Cash pour la campagne de Braken mais aussi à ses fins personnelles. Gates ne comprenait pas comment le nom de Cohen n'était pas encore apparu dans l'affaire Johanna Beckett.
Il avait sans doute effacé ses traces, pensa-t-elle.
L'ancien capitaine du 12ème avait longtemps hésité avant de contacter ses anciens lieutenants. Pendant une fraction de seconde, elle s'était même imaginée leur mentir , elle aussi….pour leur protection, mais le flic ancré en elle, l'avait faite se raviser. Aucune personne n'était au-dessus des lois, même pas David Cohen.
Une part d'elle , était intriguée sur le tenant du pourquoi. Pourquoi Ryan souhaitait ce dossier? savait-il ce qui s'y trouvait? et comment?
Alors elle l'avait convoqué pour un entretien
Assise devant son bureau, elle tentait d'expliquer la situation aux deux détectives qui se trouvaient en face d'elle après qu'ils lui aient tout avoué:
- Au-delà de votre plaque, vous risquez votre vie, ces gens là ne tomberont pas sans faire de dommages, assura-t-elle d'un ton sans équivoque
- On le sait Capitaine, répondit Javier
- Pourquoi Beckett est-elle hors-jeu ? C'est son affaire, non?
- Elle a des soucis familiaux
- De quels genres ? s'inquiéta-t-elle devant les mines décomposées des gars
- Messieurs, si je dois vous suivre dans cette histoire, je dois tout savoir.
- Elle divorce, abdiqua Ryan
- Vous plaisantez là ?
- Non….elle n'est pas très bien alors…..lui avouer qu'on n'a peut-être pas terminé l'affaire de sa mère….l'achèverait certainement, expliqua Espo
- Et lui mentir rendrait les choses plus faciles ?
- Vous êtes la meilleure équipe de la criminelle, vous êtes doués dans votre job mais ce qui fait votre force c'est votre entente à tous les quatre, tenta de leur expliquer Gates.
- Mais
- Et cette complicité sera peut-être la seule solution pour résoudre l'enquête
- Beckett et Castle ne sont plus ensemble et..
- Beckett est le genre de flic qui n'abandonne pas et Castle, malgré son côté puéril et enfantin ferait tout pour votre capitaine.
- Ils divorcent!
- Et alors ? l'affaire Johanna Beckett est leur affaire à tous les deux. Si vous souhaitez avoir une chance de faire tomber David Cohen , vous aurez besoin d'eux.
- Vous pensez qu'on devrait lui dire ….à Beckett? demanda timidement Ryan en connaissant la réponse
- Il s'agit de votre capitaine…elle a le droit de savoir. Kate Beckett est tout sauf faible et même si elle traverse une mauvaise passe, elle reste la même.
- Ok, soupira Espo. Que doit-on faire ?
- Enquêter mais en restant discrets. Tous ces numéros vous mèneront à des preuves mais il vous faudra être...
- Discrets, la coupa Ryan en reprenant ses propos comme pour mieux s'en imprégner. On va voir ça avec Vikram.
- Je ne pourrai pas grand chose pour vous, mes mains sont liées. Tout ce que je peux faire c'est garder en lieu sûr une copie du dossier au cas où...
- Au cas où ?
- Au cas où on disparaîtrait Bro, expliqua Javier devant la mine livide de Ryan
Commissariat de New-York
Elle l'avait vu remontée de la morgue, elle l'avait analysée. Qu'avait-elle de plus qu'elle ? Cette question , elle se l'était posée au moment où elle avait posé son regard sur elle. Au-delà de son titre de capitaine, elle n'avait rien à lui envier. Mais Kate Beckett possédait quelque chose qu'elle convoitait, qu'elle désirait :Richard Castle et elle la détestait juste pour ça.
Prenant son manteau , elle se hâta de sortir du poste pour tenter de le voir lui….le seul homme qui avait été là pour elle.
Avec un sourire, un mot gentil , il avait pansé ses blessures. À travers ses dédicaces, elle s'était de nouveau sentie femme.
Elle avait vu dans son regard qu'il n'avait aucune idée de qui elle était mais elle n'en avait cure….Richard Castle serait bientôt sien.
Scrutant les abords du commissariat , elle le vit marcher au loin, le dos voûté comme abattu. Après quelques foulées, elle avait bifurqué sur une contre-allée pour pouvoir lui rentrer dedans à la ruelle suivante et enfin lui parler.
Castle était dans ses pensées. Il ne savait pas quel sentiment prédominait dans son cœur : la joie d'avoir pu serrer de nouveau sa femme dans ses bras, la peine qu'il ressentait devant ses pleurs ou l'angoisse qu'elle ait raison et que son père ne les sorte pas de cette affaire. Il se sentait perdu et désemparé par la situation. En quelques semaines ,sa vie entière avait basculé et dans moins de 8 jours elle allait de nouveau chavirer. Il espérait seulement que ce soit du bon côté cette fois-ci et qu'aucun drame ne les toucherait encore.
Sa relation avec Kate était précaire, il le savait, il le sentait. Sa femme culpabilisait et avait le sentiment de ne pas mériter son amour….à aucun moment de leur relation de couple , il n'avait senti Kate aussi peu sûre d'elle…..aussi peu sûre d'eux.
Fermant les yeux, il tenta de canaliser sa peine. Les mains dans les poches, les épaules affaissées, il marchait dans les rues de New-York en tentant vainement de trouver une solution à ce " carnage. " Que faire si son père échouait? Devait-il fuir comme Kate le lui l'avait suggéré ? non…..quelle vie ce serait pour eux et pour Alexis ?
Ses pas se faisaient lourds comme si le poids de ses problèmes pesait sur sa grande carcasse dégingandée. Perdu dans ses pensées, il ne la vit pas arriver. Quand ils rentrèrent en collision, Castle eut tout juste le temps de rattraper le corps de la jeune femme qui l'avait percuté sur la gauche.
Vacillant dans ses bras, elle se sentait revivre. Elle était dans les bras de Richard Castle
- Pardon, murmura-t-elle pour engager la conversation en relevant le visage pour qu'il la contemple
- Lieutenant Rodriguez ?répondit Rick intrigué en relâchant son étreinte une fois qu'elle fut stabilisée
- Monsieur Castle…..je suis désolée, mentit-elle l'air surpris de le voir. J'étais au téléphone et je n'ai pas fait attention
- Il n'y a pas de mal et je vous en prie c'est Castle ou Rick mais oubliez les « monsieur », sourit Rick devant sa gêne
- Très bien mais à deux conditions ?
- Deux conditions?
- Oui
-Lesquelles?
- Moi c'est Callie et non lieutenant Rodriguez
- Très bien Callie, abdiqua Castle en la contemplant
- Et la deuxième, laissez-moi vous offrir un café pour me faire pardonner
- C'est gentil mais...
- J'insiste, répondit-elle en remettant une mèche de cheveux derrière son oreille.
Elle n'était pas Kate mais par ses mimiques, sa façon de le regarder , Rick entrevoyait un peu sa femme dans ce jeune lieutenant. Alors las de passer ses soirées seul et désireux de se changer les idées juste le temps d'un café, il accepta. Après tout un café lui ferait certainement du bien.
Club de strip-tease
Pendant plusieurs heures, Jackson Hunt avait analysé tout le dossier monté par Vikram et ses acolytes. Ils avaient longuement discuté sur la stratégie à adopter.
Leurs preuves étaient suffisantes pour accabler David Cohen mais pas assez pour le traduire en justice. Ils avaient décidé que la meilleure façon d'arriver à leurs fins était de faire tomber le second de la CIA en tentant d'accéder à ce coffre fort de la PNC banque.
- David Cohen a presque 40 ans, il nous faut quelqu'un avec ce profil
- Change les dates de naissances et je m'y rends
- C'est pas si simple. Ces comptes sont hautement sécurisés, je ne peux pas hacher toute une identité, une photo c'est déjà le bout du monde.
- Je croyais que tu étais un Geek ?
- Oui ! mais je ne suis pas un faiseur de miracles et pourquoi tout le monde me pose cette question! s'excéda Vikram qui en avait marre qu'on doute sans arrêt de ses capacités.
- Je connais quelqu'un qui y arrivera certainement, reprit Hunt sans faire attention à ses états d'âme
- Impossible
- L'impossible n'existe pas dans mon monde. Trafique la photo et je m'occupe de l'identité. On se voit demain matin
- Demain ? s'étrangla l'analyste
- Dans une semaine, cette affaire aura pris des proportions inimaginables, il nous faut rentrer dans cette banque et voir ce que contient ce compte, si tu veux retrouver ta vie.
- Mais si vite ?
- Oui…..je préfère m'assurer qu'on n' affabule pas sur d'éventuelles preuves, assura Hunt en se relevant pour partir
- Et pour les lieutenants Esposito et Ryan, je fais quoi ? cria-t-il pour qu'il s'arrête
- Pour le moment tu ne fais rien…..je ne suis jamais venu, termina Hunt en refermant la porte du club de strip-tease.
Appartement de Lanie
Ce petit intermède avec son mari, lui avait fait le plus grand bien. Kate s'était ressourcée et se sentait mieux . Fermant les yeux , elle pouvait sentir l'odeur de Rick sur elle….son souffle dans son cou, ses baisers sur sa bouche. Cette pause dans ce calvaire avait été une bouffée d'oxygène .
Elle était rentrée , il y avait quelques minutes et après avoir salué sa meilleure amie, elle avait opté pour une douche. Kate avait besoin de relâcher la pression, de se prélasser mais surtout de se retrouver seule pour penser à son mari.
Perdue dans ses pensées, elle se délectait de ce moment.
Le dernier « je t'aime » de son mari, lui rappelait ses débuts avec Rick. Ils devaient tous les deux garder leurs relations secrètes, à l'abri des oreilles indiscrètes.
Elle se souvenait d'une des séances de dédicaces de Castle à New-York, elle avait fait la queue comme tout le monde pour avoir son autographe sur son livre, car, en dehors du commissariat, elle n'était plus le lieutenant Katherine Beckett, elle était seulement Kate….une femme amoureuse et prête à tout pour l'homme qu'elle aimait.
Après plusieurs heures d'attente, elle s'était retrouvée devant lui. Castle n'avait pas relevé la tête de ses papiers et c'est d'une voix monotone qu'il avait lancé :
- Bonjour, ce roman est pour qui ?
- Ce roman est pour Kate, avait-elle répondu à se remémorant le début de leur quatrième année de partenariat quand elle l'avait rejoint à une séance de dédicace pour s'excuser de son silence.
Au son de la voix de sa petite amie, Castle avait relevé la tête brusquement pour fondre sous le regard amoureux de Kate.
- Kate, avait-il souri comme un bienheureux en la dévorant du regard
- Castle, avait-elle déclaré en lui tendant son livre
- Tu sais que tu n'as pas besoin de faire la queue pour une dédicace, avait-il répondu amusé en lui prenant le livre des mains tout en lui caressant les doigts
- Ah bon ? je ne savais pas que j'avais droit à ce genre de faveur, l'avait-elle taquiné en se mordant la lèvre inférieure
- Tu as droit à bien plus, avait-il rétorqué sans la lâcher des yeux.
Devant le regard brûlant de son petit-ami , elle avait souri pendant qu'il apposait sa dédicace, sur l'exemplaire du livre qu'elle lui avait donné.
- Et voici
- Merci, dit-elle alors qu'il lui répondait en appuyant sur chaque parole
- Et je tiens à signaler que j'en…. pense….. chaque…. mot
-...
- Tu veux que je fasse une pause, on pourrait aller boire un café ?
Elle avait hésité quelques secondes, mais voyant la foule qui commençait à s'impatienter, elle avait déclaré en jouant au même jeu que lui :
- On boira ce….café….ce soir .
Subjugué devant son audace, il en était resté bouche bée et l'avait regardée s'éloigner doucement.
Dehors à l'abri des regards, elle avait soufflé pour reprendre contenance et pour se donner du courage. À chaque dédicace de Rick, son cœur palpitait de surprise comme si c'était la première fois.
Tous ses romans étaient signés, elle y tenait comme à la prunelle de ses yeux. Mais aujourd'hui, il le lui avait dédicacé alors qu'ils étaient ensemble, ils formaient un « nous » cette dédicace prenait déjà une place particulière dans son coeur.
Ouvrant délicatement son livre, elle avait lu à voix basse en redessinant les contours de l'écriture de Castle:
« À Katherine Beckett….la femme que j'aime , puisse notre vie être aussi merveilleuse et palpitante, que ces quatre dernières années à tes côtés, Always »
C'était la première fois depuis la fusillade, qu'il prononçait de nouveau ces trois petits mots. Même s'il ne les avait pas tenus à voix haute, leur portée était la même. Richard Castle l'aimait.
Kate se laissait bercer par ce doux souvenir quand Lanie entra sans préambule dans la salle de bain en s'écriant :
- Kate, le chinois est arrivé!
- Lanie! Je suis sous la douche! s'exclama-t-elle exaspérée par son attitude alors qu'elle tentait de cacher sa nudité derrière le rideau de douche.
- Et alors ? sourit la légiste heureuse de pouvoir taquiner sa meilleure amie
- Alors ? j'aimerais avoir un minium d'intimité si tu vois ce que je veux dire, bougonna-t-elle en prenant la serviette qu'elle lui tendait pour s'enrouler dedans
- Oh je vois…..je ne savais pas que tu étais autant en manque, et que tu avais besoin d'intimité, rigola Lanie
- Quoi ? NON!
- C'est bon Honey..c'est naturel, reprit morte de rire Lanie alors que Kate fulminait
- Je n'ai pas besoin de ça et …
- Ah bon ?
- Je…tu….laisse moi tranquille sous la douche, ronchonna-t-elle en partant rejoindre sa chambre
Même dans la salle de bain , elle était dérangée, pensa-t-elle, elle n'avait pas droit à un seul moment de répit. Et que sa meilleure amie puisse s'imaginer qu'elle se tripotait toute seule était le comble de la journée! Enfilant un bas de jogging et un débardeur, Kate la rejoignit quelques minutes après dans le salon en lui déclarant :
- Retire ce sourire satisfait de ton visage
- Oh allez…y'a pas mort d'homme, Kate
- Non…c'est vrai ..mais je prenais juste une douche, se justifia Beckett en retrouvant sa bonne humeur
- Ok, abdiqua-t-elle en lui souriant
Lanie souhaitait juste passer une bonne soirée avec Kate, elle voulait que son amie se confie à elle et l'embêter sur ce genre de chose ne donnerait que l'effet inverse, elle le savait. Prenant place en face d'elle, elle lui tendit les différentes boîtes du chinois .
Kate , les examina, en se disant que tous les plats qu'avait sélectionnés Lanie étaient les préférés de Castle. Perdant sa mine réjouie, elle en ouvrit une, et se mit à picorer en pensant à son mari.
Fatiguée de la voir se renfermer sur elle-même, la légiste tenta une nouvelle approche :
- À une époque, on se disait tout
- Hum, marmonna Kate en relevant les yeux sur la mine inquiète de son amie
- À une époque, tu me faisais confiance et aucun sujet n'était tabou
- C'est toujours le cas et je t'assure que je ne prenais qu'une douche dans cette salle de bain, s'exaspéra Kate
- Je parlais de toi et Castle
- Oh, soupira-t-elle en baissant de nouveau la tête honteuse
- Sweety, parle-moi
- Je ne peux pas
- Tu ne peux pas ou tu ne veux pas ? tenta de comprendre Lanie en s'adossant à son canapé.
Elles étaient toutes les deux sur le sol du salon , l'une en face de l'autre, simplement séparées par la table basse.
- ….
- Tu te souviens de la fois où mon petit-ami m'a demandé un plan à trois ?
- Oui, sourit Kate à l'évocation de se souvenir
- Ou quand tu m'as parlé pour la première fois du meurtre de ta mère ?
- Où veux-tu en venir? hésita-t-elle
- Je croyais qu'on était amies
- On l'est mais..
- Depuis que tu es avec Castle….j'ai l'impression qu'on s'est éloigné. C'est normal, tu as un mari et vous avez votre jardin secret. Alors plus de discussion sur l'intimité ou sur tes peurs….tu l'as lui.
- Lanie
- Mais aujourd'hui, il n'est plus là et j'aimerais juste que ma meilleure amie me fasse de nouveau confiance, ajouta-t-elle sur un ton tellement sincère que Kate en était mal à l'aise
- Je te fais confiance
- Ok…alors je vais te poser une dernière fois la question : pourquoi Castle et toi êtes-vous séparés ?
Kate ne savait plus quoi faire. Lanie venait de se livrer devant elle, son amie semblait tellement inquiète pour elle et en même temps, elle avait bien compris le message…..leurs confidences lui manquaient.
Seulement quoi faire ? lui dire la vérité et la mettre en danger ? ou mentir une nouvelle fois….pour s'enfoncer encore plus ?
Lanie qui attendait patiemment une réponse, scrutait sa meilleure amie. Elles n'avaient jamais été aussi éloignées en plus de dix ans d'amitié. Elle avait l'impression ces derniers temps, qu'un fossé s'était creusé entre elles. Attendant encore quelques minutes et ne voyant toujours pas Kate réagir, elle se leva et murmura en quittant le salon :
- On se voit demain
- Lanie, attend!
- Demain Kate, soupira la légiste en refermant sa porte blessée par ce nouveau refus
