Disclaimer : cf chapitre 1

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Gros bisous à ma beta, la merveilleuse Mistycal !

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Réponses sur mon forum, aux commentaires, pour : - Yzeute -

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La Porte De L'En…

Nuit du Samedi 1er au Dimanche 2 Mars 1997

Acte 1 : Communion Magique

Severus

Harry sourit, d'un sourire doux et paisible. Il est fatigué certes, mais serein…

J'essaye de déterminer où il se trouve, mais ses yeux sont fermés et son esprit est verrouillé sur ce secret là…

« J'espérais que vous penseriez venir me retrouver ainsi. Je vous attendais... » nous accueille-t-il, Hermione et moi-même…

« Harry, je t'en prie, il faut que tu me dises… » supplie-je vivement, craignant que notre Communion Magique cesse brusquement, ne nous laissant pas le temps de raisonner mon fils ni de savoir où se il trouve…

« Chut, Papa. Ne dis rien. » m'interrompt-il, nous enlaçant Hermione et moi-même, dans une chaude étreinte, avant d'ajouter : « Je vais vous montrer quelque chose et vous allez comprendre pourquoi je suis venu me réfugier ici. Pourquoi je ne voulais voir personne, jusqu'à ce que vous veniez me rejoindre ainsi. Ne luttez pas. Ne résistez pas. Ayez confiance. Laissez-vous faire, tout simplement… »

Sa chaleur, sa douceur, sa propre confiance me gagnent le cœur. Et j'acquiesce. Tout comme Hermione…

Et des images défilent aussitôt dans mon esprit…

Godric's Hollow…

C'est presque la fin de la Bataille. Voldemort écume de rage. Harry lui résiste depuis près d'une heure déjà et l'a fait vaciller à plusieurs reprises. Sa robe porte des accrocs. Les traits de son visage déformé par sa fureur, se marquent de fatigue.

Mais je sens la fatigue gagner du terrain également sur Harry. Une douleur sourde menace son poignet de se briser sous la force de frappe des Maléfices de son ennemi, décuplée par cette sauvage cruauté qui l'anime et lui permet de tenir debout encore, de jeter des quantités d'énergie phénoménales dans ses assauts. Les vrilles qu'il imprime à ses Maléfices sont terribles et malgré la force de son courage et de sa volonté, Harry commence à craindre de ne plus pouvoir faire face très longtemps à la fureur dévorante de Voldemort…

Un Maléfice fuse pour la énième fois de la Baguette de Voldemort, dans un hurlement de rage qui fait vibrer l'air. Un Avada Kedavra. Le quatrième de suite. Harry riposte d'un Expulsio, qui percute le Maléfice et s'accroche à lui. Les vibrations sont terribles. La douleur dans le poignet de Harry enfle par vagues cruellement mordantes et vibrantes. J'ai le sentiment que ses os vont s'effriter et tomber en poussière. Harry retient à grand peine un hurlement de douleur. Il sait que cela galvaniserait Voldemort et que celui-ci jetterait dans son Maléfice, jusqu'à ses dernières parcelles d'énergie encore disponibles, pour le vaincre et le tuer.

Alors tout son corps se tend, tous ses muscles se crispent. Il transpire à grosses gouttes. Mais son Energie file, s'échappe, malgré ses efforts pour la retenir et il est presque sur le point de flancher, quand une vague d'amour et d'énergie l'envahit soudainement. Et le visage de Ron apparait sous nos yeux. Son visage nous sourit et nous enveloppe d'un amour infini…

« Allez Harry. C'est le moment de le laminer. Tu peux y arriver… » dit-il, avec douceur, avant que son image s'efface…

Et dans un effort surhumain, Harry impose à son poignet douloureux, un petit mouvement très vif.

L'Avada Kedavra fuse vers le ciel, avec l'Expulsio, jusqu'à se perdre dans le firmament. Et dans une présence d'esprit extraordinaire, Harry jette aussi vite un autre Sortilège qui cueille Voldemort par surprise. Il est violemment propulsé en arrière et son corps percute un mur, sa tête rebondit sur la pierre et il tombe mollement. Inconscient…

C'est aussitôt la consternation, chez les derniers Mangemorts de sa garde personnelle encore en lice. Hewrey Yaxley se précipite vers son Maître, le saisit dans ses bras et l'emporte, immédiatement rejoint et cerné par ses comparses qui couvrent leur fuite.

Ils s'engouffrent dans une ruelle, poursuivis par plusieurs Membres de l'Ordre, tandis que mon fils, épuisé, tombe à genou dans la neige. Il fait froid. Il tremble. Mais son cœur est chaud. Il baigne dans l'amour de Ron…

Sa présence est toujours prégnante. Vivace. Son amour indicible…

« Regardez l'heure sur l'horloge de l'église… » murmure Harry…

Et je lève les yeux vers elle, en même temps que lui…

« Vous comprenez, maintenant ? » murmure-t-il encore, avec un sourire dans la voix…

Oui.

Oui je comprends. Et la minuscule, la microscopique lueur d'espoir s'épanouit comme une fleur, s'élève comme une flamme vive. Un fol espoir me consume maintenant …

Ron et Nally étaient censés être morts depuis au moins un quart d'heure déjà, d'après ce qu'a dit Albus. Si cela était, Ron n'aurait pas pu entrer en Communion Magique avec Harry…

Et il ne peut pas être un esprit défunt. Il n'aurait pas été aussi vivant, aussi chaleureux.

Il n'existe par ailleurs dans ce monde, aucune Porte qui permette à un esprit de s'échapper de l'Enfer…

« Tu as raison, Harry, je le sens maintenant. C'est bien Ron. Il est là. Sa présence est certes ténue, très lointaine, mais c'est bien lui… Comment est-ce possible ? » murmure Hermione, dont la douleur a reflué maintenant, pour également laisser place à un espoir aussi fou que le mien…

C'est vrai, Ron est là. Je le sens également maintenant. La chaleur de Ron est bien présente. Je la sens doucement pulser autour de moi. Comme l'a souligné Hermione, elle est ténue, lointaine, mais sereine, paisible. C'est comme s'il se reposait en fait… Comme s'il dormait…

« Je l'ignore, Hermione. Mais nous allons faire des recherches, n'est-ce pas ? Nous allons comprendre et s'ils ne trouvent pas eux-mêmes le moyen de nous revenir, nous irons les chercher où qu'ils soient… » répond Harry, avec cette confiance inébranlable qui l'habite tout entier

J'acquiesce, tout comme Hermione et Harry ouvre enfin les yeux sur le secret du lieu où il se trouve…

« Très bien. Venez, je vous attends. Vous savez où me rejoindre maintenant. Dobby vous fera passer… » sourit-il, nous étreignant une fois encore, avant de rompre notre contact…

Mon cœur et mon esprit reviennent aussitôt vers le Terrier, accrochés à ceux d'Hermione, filant dans un vertige qui me donne le tournis et me laisse épuisé, lorsque je réintègre mon corps…

Hermione se serre contre moi. Elle pleure de nouveau. Mais de soulagement et d'espoir cette fois …

Il nous faut un moment, pour retrouver notre souffle et avaler deux Potions Revitalisantes, pour réunir suffisamment de forces et parvenir à nous lever. Nous nous soutenons l'un l'autre, pour sortir enlacés et titubant du salon, puis de la maison. Les Weasley sont là, nous attendant, debout dans la neige et Molly se précipite vers nous…

« Est-ce que ça va ? Vous allez bien ? » demande-t-elle avec inquiétude…

Je hoche simplement la tête et Molly soupire de soulagement…

« Vous l'avez retrouvé ? » demande-t-elle encore, son regard exprimant de l'espoir maintenant…

« Oui. Oui Molly, nous savons où il est… » réponds-je, avec douceur.

Je lâche l'épaule d'Hermione et je serre doucement les mains de Molly dans les miennes, plongeant mon regard dans le sien…

« Vous aviez raison de garder espoir, Molly. J'ignore totalement comment cela peut s'expliquer, mais Harry a raison. Ron, n'est pas mort. Et je pense que Nally non plus… En tout cas, je vais garder cet espoir dans mon cœur moi aussi, même si je ne la sens pas. Et nous allons tout faire pour les retrouver. Tout, vous m'entendez… » déclare-je, avant de l'enlacer pour l'étreindre de toutes mes maigres forces…

Autour de nous, Arthur, ses fils, sa fille et ses belles-filles se regardent avec incrédulité. Mais elle laisse peu à peu place à un espoir vif et soulagé. Et ils tombent dans les bras les uns des autres, pleurant et riant à la fois…

Molly s'écarte de moi, elle me regarde avec confiance et hoche positivement la tête…

« Je sais, qu'ils vont revenir. J'en suis sûre. Dès que Harry est venu nous voir, j'ai su qu'il disait vrai, que mon fils n'est pas mort. Et je suis sûre que Nally est en vie également, même si vous n'arrivez pas à percevoir sa présence pour l'instant. » assure-t-elle, avec un sourire qui se brouille de larmes.

Elle est soulagée de n'être plus seule à avoir confiance et sa certitude me va droit au cœur. Renforce mon espoir, lui donne vie et m'emplit tout entier de totale certitude à mon tour.

Ma Nally, mon amour, mon Âme Sœur est en vie.

« Pourquoi Harry est-il parti ? Pourquoi n'a-t-il pas essayé de nous convaincre plus qu'il ne l'a fait ? » demande soudainement Fred, le regard empli d'incompréhension, tandis qu'Arthur enlace Molly et la serre très fort contre lui…

« Il a dû se dire que vous penseriez que sa douleur le rendait aussi fou, que vous avez pensé que j'étais folle de le croire ! » assène Molly, avec un dur reproche dans la voix, en repoussant un peu Arthur…

« Ne blâmez pas Arthur et vos enfants, Molly. Moi aussi j'ai pensé que sa douleur lui faisait perdre la raison et à vous aussi, je l'avoue humblement. Et si nous n'étions pas entrés en Communion Magique avec lui, Hermione et moi-même, je crois que j'en aurais toujours douté, même si j'avais envie de le croire de toutes mes forces. Et c'est pour cette même raison, que Harry nous a amenés à faire cela. Il savait que c'était le seul moyen de nous convaincre tout à fait… » interviens-je avec douceur

Oui, c'était le seul moyen. Son souvenir dans une Pensine n'aurait pas suffi. Il fallait que je sente la présence de Ron. Et j'explique tout cela à Arthur et sa famille…

Molly me sourit avec indulgence, puis serre brièvement ma main avec réconfort, avant de se tourner de nouveau vers Arthur. Elle le prend à son tour dans ses bras, l'embrassant sur la joue. Ils se regardent ensuite dans un regard soulagé et qui dit tout l'amour qu'ils ont l'un pour l'autre, avant de se séparer. Puis Arthur me donne une profonde accolade, avant d'attirer Hermione pour l'inclure dans notre étreinte…

« Merci, à tous les deux, d'avoir pris ce risque insensé. C'était de la folie pure de faire ça et je suis heureux que vous soyez indemnes. » déclare-t-il, nous gratifiant d'un regard reconnaissant, avant d'esquisser un sourire et d'ajouter : « Et maintenant dites-nous où est Harry, que nous vous amenions auprès de lui et que nous puissions rassurer tous les autres… »

Et sans attendre notre réponse, il nous entraîne doucement vers les limites du Terrier, pour nous faire Transplaner…

« Harry se trouve dans le Temple des Elfes de Maison. Et vous avez raison, Arthur, avant d'aller le voir, il nous faut aller rassurer les autres aussi. Alors prenons plutôt la Cheminée, pour aller à Poudlard… » réponds-je, en me disant que Harry a vraiment trouvé l'endroit idéal, pour se cacher…

Jamais je n'aurais pensé aller le chercher là-bas, alors même que j'ai demandé à Dobby d'y mettre Miho en sécurité et que je suis allé fouiller le Château de fond en comble…

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Acte 2 : L'Arcade En Questions

Harry

J'ouvre les yeux sur ma méditation. Rasséréné.

Papa et Hermione ont compris et ils sont presque tout aussi convaincus que moi, maintenant. Ils ont au moins un grand espoir. Et ils vont m'aider…

C'est pour cela que je suis venu me réfugier ici, après être passé au Terrier, puis au Département des Mystères et enfin à Godric's Hollow. Pour qu'ils me cherchent, comme ils l'ont fait lorsque j'étais emprisonné à Priest Hole Manor, quand ils auraient épuisé toutes les autres possibilités.

C'était le seul moyen de les convaincre que Ron et Maman ne sont pas morts. Il fallait qu'ils sentent tout comme moi, la présence de Ron, qu'ils constatent par eux-mêmes que je ne me berçais pas d'un fol espoir, ni d'illusions. Et pour le faire, ils ne devaient pas seulement voir mon souvenir, mais le vivre comme je l'ai vécu, avec toutes les sensations et émotions que j'ai ressenties. Et ressentir aussi ce que je ressens depuis…

Je n'ai pas cru un seul instant, que Ron était mort. Et personne n'aurait pu m'en convaincre. Jamais. Pas cette fois, non.

Je ressens sa présence si paisible, même si je ne puis entrer en contact avec lui, depuis la fin de mon Combat contre Voldemort. Mais c'est sans doute parce que ce Duel m'a épuisé et qu'il est fatigué lui aussi, qu'il a besoin de repos.

Je sais cependant qu'il est là, c'est une certitude. Il est avec moi, dans mon cœur. Il m'habite même tout entier. C'est si doux. C'est si chaud. Et si tendre aussi.

Je ne sais pas comment cela est possible, puisqu'il est passé derrière le Voile de l'Arcade. Tout ce que je sais maintenant c'est que ce n'est pas la Mort qu'il y a derrière. Peut-être est-ce un Artefact de Magie Noire qui entraîne ceux qui tombent dedans dans un monde de cauchemar imaginaire ou quelque chose comme ça. Je n'en sais rien. Et il faudra probablement arracher des réponses aux Langues-De-Plomb.

S'ils savent. Car peut-être sont-ils vraiment persuadés que c'était une Arcade de la Mort…

Mais moi je sais que ce n'est pas cela maintenant et même si elle s'est effondrée, nous trouverons ce que c'était…

Tout ce qui importe pour le moment, c'est que Ron n'est pas mort.

Il est là. Et je sens dans mon cœur que Maman n'est pas morte non plus. C'est l'amour de Ron, qui me le fait sentir, qui me le dit.

Ils sont en vie tous les deux.

Et je sais que si ce n'est pas nous qui trouvons le moyen de les faire revenir, eux vont y parvenir …

J'ai même l'espoir qu'ils ramènent Sirius avec eux…

Un espoir de plus en plus fort et vivace…

Sirius…

Je me souviens que j'ai eu beaucoup de mal à croire réellement à sa mort, en juin dernier. Je sentais sa présence à mes côtés parfois. Et il m'a fallu plusieurs semaines pour accepter qu'il puisse effectivement être mort… Puis finir par y croire et chérir sa mémoire.

Mais je crois aussi maintenant, que j'ai toujours conservé une miette d'espoir, bien cachée dans les tréfonds de mon cœur. …

Quelqu'un remue non loin, me tirant de mes pensées.

C'est Miho. Papa a complètement oublié qu'il l'a envoyée ici avec Alioth et Dyna. Tout le monde l'a oublié en fait. Et comme Papa avait demandé à Dyna de les garder là jusqu'à ce qu'il vienne les chercher lui-même, ils ont passé toute la journée d'hier ici. Heureusement, Dyna est une très bonne garde d'enfant et les deux gamins ne se sont pas ennuyés une seconde…

Je les ai beaucoup observés, dissimulé sous un Sortilège de Désillusion. Je ne voulais pas qu'ils me posent des questions et se fassent du souci à cause de mes réponses vagues. Je ne voulais pas les inquiéter…

Miho remue encore. Elle se réveille et se frotte les yeux, avant de bâiller et de regarder autour d'elle…

« Bonjour Harry ! » claironne-t-elle, d'une voie joyeuse, en m'apercevant…

Maintenant que je ne suis plus le seul à penser que Ron et Maman sont en vie, je peux me faire voir sans souci…

« Bonjour Miho… Mais tu devrais te rendormir poussinette, il n'est pas l'heure encore de te lever… » souris-je, en me levant pour aller vers elle…

Elle regarde encore autour d'elle, fronçant les sourcils, puis lève son regard vers moi, tandis que je caresse ses cheveux si doux.

« Tu es tout seul ? Ron et Hermione ne sont pas avec toi ? Parrain grognon non plus ? » demande-t-elle, en cherchant encore autour d'elle, avant de réprimer un nouveau bâillement…

« Je suis seul pour l'instant, oui. Mais Hermione et Papa vont bientôt arriver… Et il n'est pas l'heure de te lever encore, Miho, c'est à peine le milieu de la nuit. Demande donc à Plumki de te chanter une berceuse, pour t'aider à te rendormir… » souris-je, en l'incitant à se recoucher.

Elle m'obéit docilement, serrant Plumki contre son cœur. Bâillant encore à se décrocher les mâchoires. Je la borde soigneusement et lui embrasse le front…

« Mmmm… Je ne peux pas voir Plumki pour l'instant, même si je sais qu'il est là. Mais je le sens. Ça fait toujours ça, quand il se repose. Mais ça va aller, je n'ai pas besoin de berceuse… » répond-elle, avant de fermer les yeux…

Et elle se cale bien contre son oreiller, se rendormant tout aussitôt.

Je la regarde dormir, respirant si paisiblement. Elle a l'air d'une petite poupée vivante, si mignonne et si fragile. Mais je sais qu'elle a beaucoup de forces en elle. Bien plus qu'on peut le penser en la voyant ainsi, abandonnée en toute confiance dans le sommeil…

« Monsieur Harry veut-il un chocolat chaud ? » demande Dyna, en me présentant un plateau…

« Oui, je veux bien, merci Dyna. Et si tu veux, tu peux aller te reposer, tu sais ? Je veillerai sur les enfants… » souris-je, en repliant l'Editorial Spécial de la Gazette du Sorcier que Dobby m'a apporté dans la soirée…

Je tenais à savoir qui a présenté sa candidature pour les élections du nouveau Ministre. Il y a trois candidats, en plus d'Emmeline Vance. Un sombre inconnu dont le projet publié dans l'Editorial est complètement loufoque, O'Maley, qui étend donc ses ambitions politiques hors d'Irlande et enfin, le Coordinateur Adjoint du Sous-Ministère Ecossais…

Je mettrais ma main au feu que c'est ce dernier, la marionnette de Voldemort…

« Dyna a promis au professeur Severus, de bien veiller sur les petits. Et elle va tenir sa promesse. » répond Dyna, en battant doucement ses oreilles…

Je pose le journal plié sur le plateau, avant de prendre le bol de chocolat que me propose Dyna…

Elle s'assoit sur le confortable petit siège qu'elle a amené avec elle. Et prend elle aussi un bol de chocolat, avant de faire disparaître le plateau

Nous sirotons tous les deux notre boisson très chaude, à petites gorgées prudentes…

Je regarde encore un peu les enfants dormir, pensant à Jonas, Jérémy et Jodie. Il faudra que j'aille les rassurer tout à l'heure, que je leur explique pourquoi je refuse de croire à la mort de Ron. Dobby ira les chercher et les amènera ici, au Château, me dis-je.

Mon regard s'égare maintenant dans la grotte…

J'aime cet endroit. Je m'y sens bien. Apaisé. Tranquillisé. J'ai le sentiment qu'il me lave des horreurs de la guerre. Me débarrasse de ses souillures. Qu'il revitalise ma Magie, la purifie…

Mes yeux s'arrêtent sur l'autel en or et remontent vers la paroi si sombre derrière lui. Pas vraiment noire, comme je le pensais au premier abord. Mais plutôt bleu nuit. Il me semble presque voir, de temps à autre, s'y dessiner brièvement les élégantes arabesques argentées, comme au soir du mariage de Dobby et Dyna…

C'était tellement beau !

« Qu'y a-t-il, au-delà de la roche, Dyna ? D'où viennent ces jolies arabesques qu'il y avait lors de ton mariage ? » demande-je, soudainement curieux …

Dyna suit mon regard. Ses oreilles battent de nouveau doucement. Elle sourit.

« C'est la Magie, Monsieur Harry. » répond-elle, avant de reporter son attention sur Miho et Alioth.

Et elle chantonne une berceuse. D'une voix douce et tendre qui me pénètre de sa chaleureuse bonté…

Mon Miroir vibre dans ma poche, pour la millième fois au moins depuis la nuit précédente…

Naturellement. Papa doit avoir annoncé la nouvelle à tout le monde maintenant. Et ils vont tous vouloir nous aider, à déterminer où se trouvent Maman et Ron…

Je soupire…

J'aurais préféré que Papa, Hermione et moi-même commencions nos recherches tout seuls. Je réalise cependant en y repensant maintenant, que ce serait une démarche égoïste…

Molly, Arthur, Ginny et mes beaux-frères ont leur mot à dire dans tout cela. Et si c'était l'un de mes frères ou n'importe lequel de mes amis à ma place, je voudrais moi aussi lui apporter mon aide…

Je prends donc mon Miroir dans ma poche et je le porte devant mes yeux…

« Ok, Draco. Tout le monde peut venir. » déclare-je aussitôt, obtenant un sourire en retour…

Je romps le contact tout aussi vite et je regarde autour de moi.

Je me sens bien dans ce Temple. Mais je ne veux pas troubler sa quiétude, avec des retrouvailles qui risquent d'être un peu bruyantes…

« Dyna, je pense que tu peux transférer les enfants sans problème dans une chambre, maintenant. Je vais remonter moi aussi. Plus de monde que prévu va arriver et c'est pour bientôt. Papa sera là et il approuvera cette décision… » décide-je, en me levant du sol sur lequel je suis assis

Dyna penche un peu la tête sur le côté, puis elle acquiesce et elle se lève, pour aller enlacer Miho, avant de Transplaner. J'attends qu'elle revienne chercher Alioth et lorsque c'est fait, je me dirige vers le Passage qui remonte en surface…

Dobby est surpris, en me voyant sortir de derrière la cascade, auprès de laquelle il monte la garde…

« Il y aura plus de monde que prévu, Dobby. Alors il vaut mieux que nous allions dans un salon ou une salle à manger… » souris-je, avant de lui demander de m'emmener là où cela lui semble le plus adéquat…

Dobby me précède aussitôt, m'invitant à le suivre. Nous revenons vers le hall immense ouvert sur le ciel, longeant une galerie. Puis Dobby pousse l'une des portes ovales, avant d'annoncer qu'il va aller attendre les autres, auprès de la porte d'entrée, afin de les guider jusqu'ici.

La salle dans laquelle je pénètre, est magnifique, d'une élégance très raffinée. Comme à l'extérieur, les murs sont finement sculptés et décorés de fresques. Le mobilier est tout de courbes douces, en harmonie avec le décor. L'atmosphère est feutrée, reposante, propice à la quiétude.

A peine y ai-je pensé, qu'un service à thé apparait sur la table, avec des sandwichs, des pichets de jus de citrouille, des tartes et des coupes de fruits frais. Je m'aperçois alors que j'ai très faim.

Les sandwichs ont l'air délicieux. Je ne résiste pas et en mange un petit. Je me laisserai bien tenter par la tarte à la mélasse aussi, mais je décide d'attendre les autres qui auront sûrement faim également, maintenant que l'espoir est revenu dans leur cœur. Je poursuivrai mon repas avec eux. Je me sers cependant une tasse de thé que je savoure à petites gorgées…

Et soudainement je perçois un bruit de course dehors.

Hermione… Je sais que c'est elle qui court ainsi vers moi.

Alors je me lève, me dirigeant vers la porte, prêt à la recevoir dans mes bras déjà…

Sa course est titubante, lorsqu'elle entre et elle me saute littéralement dessus, sanglotant aussitôt dans mon cou…

Je la serre très fort contre moi…

« Tout va bien, ma Douce, tout va bien… » murmure-je, en la détachant de moi, pour prendre son visage en coupe dans mes mains et le caresser doucement de mes pouces…

Elle a tellement pleuré, que ses yeux sont horriblement bouffis et rouges. Ils doivent être douloureux et terriblement brûler.

« Pardon, Harry. J'aurais dû te faire confiance… » déclare-t-elle, le regard désolé…

Elle croit à mon espoir maintenant. Mais une peur sourde persiste dans son cœur. Je sais pourquoi. J'ai vu dans son esprit ce que c'est, lorsque nous sommes entrés en Communion Magique…

« Ils ne sont pas en Enfer. J'ignore ce qu'il y a derrière le Voile, Hermione, mais crois-moi, ce n'est pas l'Enfer. Ron ne pourrait pas être ici, avec moi en toute quiétude, si c'était cela… » assure-je, avec conviction, avant de me tourner vers Papa, qui est entré beaucoup plus posément qu'Hermione, suivi des Weasley, de mes frères, Remus, Albus et mes amis les plus proches…

Je lis sur le visage de Papa toute la souffrance qu'il a éprouvée. Son soulagement n'a pas pu en effacer les traces encore et il faudra sûrement plusieurs jours pour qu'il s'en remette tout à fait. Nous échangeons une longue étreinte. En silence. Puis c'est au tour de Molly, de me serrer dans ses bras. Elle est la seule à avoir cru en moi, à me faire confiance sans restriction ni hésitation. Je l'en remercie, avant qu'elle cède sa place à Arthur, à Ginny puis mes beaux-frères.

Je suis heureux, qu'ils me croient maintenant. La terrible douleur que j'ai vue dans leurs yeux hier me faisait trop mal.

Ensuite c'est Remus, qui me serre contre lui. Je sens son soulagement. Il est immense. Il a eu très peur pour moi également.

« Toi aussi, tu espères maintenant, n'est-ce pas ? » murmure-je, à son oreille…

« Oui. Et je lui dirai ma façon de penser, pour ne pas avoir trouvé le moyen de revenir, après tout ce temps. Cela ne fait guère honneur à l'ingéniosité des Maraudeurs… » répond-il, avec un sourire ému dans la voix…

Et il me serre un peu plus fort, avant de laisser la place à mes frères, mes belles-sœurs puis mes amis…

Quand c'est à son tour, Nev plonge son regard dans le mien…

« Moi aussi, j'ai pensé qu'ils étaient en Enfer. Si ce ne sont pas des Démons, ces Créatures hideuses qui ressemblent à des Gargouilles, qu'est-ce que cela peut bien être ? Il faut peut-être commencer par-là, si nous voulons avoir une idée de l'endroit où ils sont… » déclare-t-il, d'emblée…

« J'ai pas mal pensé à cela, tu sais. Et à mon avis, cette Arcade est probablement un Artefact de Magie Noire. Je pense qu'elle agit peut-être un peu comme le Maléfice de Réclusion Perpétuelle dont Miho a été victime et qu'elle transporte les personnes qui traversent le Voile, dans une sorte de monde de cauchemar… » réponds-je, tandis que Bill, Papa, Remus et Albus froncent les sourcils…

« Je n'ai jamais entendu parler d'une chose pareille, mais pourquoi pas… » murmure Papa, sous le hochement de tête des autres…

« Oui… Et dans ce cas, il suffit de trouver de quel Maléfice il s'agit et nous pourrons libérer Ron et Nally… » approuve Bill, tandis que je sens une réserve venir d'Hermione…

Je me tourne vers elle. Elle est exsangue…

« Qu'y a-t-il, Hermione ? » demande-je, en haussant un sourcil…

« L'Arcade s'est effondrée. Alors j'espère que cela n'a pas coincé définitivement Ron et Nally dans ce piège, s'il s'agissait bien d'un Artefact de Magie Noire… » répond ma sœur de cœur, d'une voix terriblement étranglée, de nouvelles larmes montant dans ses yeux

Molly pâlit considérablement…

« Un Artefact, ça se répare, Hermione. Il suffit de savoir comment il fonctionnait. Or, les Langues-de-Plombs étudient cette Arcade depuis des années et des années. Ils doivent bien avoir une idée de la manière dont elle fonctionne maintenant. Et si Tarendra ne sait rien parce qu'il ne travaille pas sur ce dossier, Foi de Bill, je t'assure qu'on tirera les vers du nez à ce propos à celles et ceux qui le font. » déclare aussitôt Bill, avec détermination…

« Ouais, Foi de Weasley, ils parleront ou ils auront affaire à nous. Nous les ferons devenir chèvre jusqu'à ce qu'ils craquent. » assurent à leur tour les jumeaux…

« Il n'y aura pas besoin d'en arriver là. Je suis le Ministre par Intérim et ils sont donc sous mes ordres directs. Je vais leur demander de me remettre leurs dossiers complets. Et s'ils rechignent, Kingsley et Maugrey auront ordre de me tout me rapporter sur Réquisition du Magenmagot… » assène Arthur, avec autant de détermination que Bill…

Je souris. Rien ne résistera aux Weasley désormais. Ils utiliseront tous les moyens possibles pour retrouver Ron, maintenant qu'ils sont convaincus qu'il est en vie…

« Très bien, nous allons faire tout cela, oui ! Mais venez donc vous mettre à table d'abord. Aucun de vous n'a mangé quelque chose de bien consistant depuis plus de 24H ! Et vous allez aussi prendre enfin une bonne douche ! » assène quant à elle Molly, poings sur les hanches…

« Molly, la voix de la sagesse et Arthur a beaucoup de chance de vous avoir épousée… » sourit Papa, en la prenant par la taille, pour l'embrasser sur la joue…

« C'est ce que je me dis chaque jour… » sourit Arthur, qui embrasse également Molly, avant de se rendre à table…

« Ouais. Et puis manger ne nous empêchera certainement pas de parler de tout cela… » acquiesce Charly, en lui emboitant le pas…

« C'est seulement dommage que je n'ai pas pensé à emmener tout ce que j'ai cuisiné aujourd'hui… » soupire maintenant Molly, en s'assoyant à côté d'Arthur…

Et à peine dit, que les sandwichs laissent place à des plats et marmites…

« Oh… Merci Byddo… » sourit aussitôt Molly, tandis que je me demande si c'est vraiment lui qui a entendu sa remarque, où qu'il soit, ou si cette pièce ne fonctionnerait pas sur un principe similaire à celui de la Salle sur Demande…

Les assiettes sont vites servies et la conversation revient tout aussitôt sur l'Arcade…

« Quel genre de Maléfice pourrait envoyer quelqu'un physiquement dans un Monde de Cauchemars ? » demande Blaise, en haussant un sourcil vers Papa…

« Je l'ignore.. » répond ce dernier, sur un soupir…

« Nous trouverons. Mais quoi que ce soit, cela doit porter le nom de Porte, puisque c'est ainsi que Maman a nommé l'Arcade. Et que le reste commence par Len ou L'En … Ou Lem ou l'Em… Ou encore Lan ou L'An ou enfin Lam ou L'Am … » réponds-je, en épelant chaque manière d'écrire ce début de réponse…

Papa pâlit aussitôt…

« Merlin… Merde ! Merde ! Merde ! J'espère de tout cœur que ce n'est pas ce à quoi je pense, soudainement ! » s'exclame-t-il, se levant brusquement de table, avant de se tourner vers Hermione et d'ajouter avec urgence : « Hermione, j'ai besoin de revoir ton souvenir. En grandeur nature, cette fois… »

Et il demande aussitôt à Dobby, d'aller chercher la Pensine d'Albus. Mais Dobby n'a pas besoin d'aller la chercher. Une Pensine apparait toute seule, entre Papa et moi…

Oui. Nous sommes bien dans une espèce de Salle sur Demande, je n'en doute plus maintenant…

« A quoi penses-tu, Papa ? » demande-je, alarmé par sa réaction, je l'avoue…

« Je te le dirai, quand j'en serai sûr…. » répond-il, tandis qu'Hermione dépose déjà son souvenir dans la Pensine…

Papa emmène l'Artefact pour le poser sur une console au milieu du salon et tout le monde le suit, délaissant son assiette pleine. Et, d'un coup de Baguette, Hermione active son souvenir. Papa le regarde complètement, avant de le faire revenir au début puis de figer l'image, juste avant que Ron et Maman ne soient projetés vers le voile…

Il examine l'Arcade, la scrute, comme à la recherche de quelque chose de très précis. Et quand il trouve, il pâlit de nouveau, à en devenir exsangue…

« Je sais où ils sont. C'est bien une Porte. Pas celle de la Mort, ni de l'Enfer, non. Pas plus celle d'un Monde de Cauchemars quelconque, imputable à un Artefact de Magie Noir. Mais ce n'est pas mieux, loin de là … » murmure-t-il finalement, avant de tourner son regard vers moi…

Un regard terriblement angoissé…

« Putain ! Sev, tu me fais peur là ! Qu'est-ce qu'il y a donc derrière ce fichu Voile ! » s'exclame Charly, en passant une main nerveuse sur sa nuque…

« L'Antre de Kogriah… Et j'espère que Nally et Ron vont parvenir à en sortir, sans trop avoir à en souffrir…» répond Papa, d'un ton étranglé, avant de reporter son regard sur l'image figée du Voile…

Et je frissonne…

L'Antre de Kogriah…

Je ne sais pas ce qu'est, ou qui est ce Kogriah, mais le ton de Papa et son regard, me suffisent pour comprendre que ce n'est vraiment pas quelque chose de bon…

Mais Ron est là. Il va bien. Il est très calme, serein.

Alors je me dis que je n'ai aucune raison de m'inquiéter…

Tout va bien…

OoOoOoO

Derrière le Voile, un peu plus de 24 Heures plus tôt…

Ron

Merde ! Je vais mourir !

C'est tout ce que j'ai le temps de penser, alors que je plonge vers l'Arcade avec Nally, avant de ressentir un terrible déchirement, qui me lacère, m'écorche vif des pieds à la tête. J'en ai le souffle coupé de douleur. Et je m'accroche plus fort au bras de Nally…

Putain. J'ai l'horrible impression qu'on vient de me déshabiller comme l'un de ces lapins que nous tuons à la chasse. A la différence qu'ils sont morts, quand nous leur enlevons la peau et qu'ils ne ressentent donc rien…

A moins que ce ne soit l'effet que ça fait, quand on meurt. Ouais, ça doit être ça. Parce que je viens de passer au travers de l'Arcade de la Mort. Merde ! Ce n'est vraiment pas le pied, me dis-je, avant de me sentir lourdement tomber.

Je ramène instinctivement Nally contre moi, un poil avant de me cogner la tête, à en voir des étoiles. Puis la puissance de l'Expulsio qui nous a fait traverser le Voile, nous amène à rouler sur nous-même, sur un sol de pierres inégales.

Ça s'arrête enfin. Et malgré mon corps tout endolori, je me relève d'un bond, Baguette au poing…

Putain ! Qu'est-ce que c'est cet endroit ? Ça schlingue sacrément ici. Il fait beaucoup trop chaud à mon goût et l'air puant est drôlement lourd à respirer…

Et mes poils se hérissent sur ma tête, mon pif chatouille furieusement…

Finalement, mort ou non, j'ai la sale impression que je n'en ai pas fini avec les emmerdes…

A moins que nous n'en ayons pas fini avec les emmerdes parce que je ne suis pas mort en fin de compte ? Les Langues de Plomb se seraient trompés dans ce cas ? Si c'est ça, où est-on alors ?

A moins que…

Putain j'ai mes cheveux hérissés et tous mes poils avec… Merlin, faites que ça ne soit pas ça s'il vous plait, me dis-je, sans même oser formuler mes craintes, même pour moi seul dans ma tête…

« Nous sommes morts ou quoi ? Et où sommes-nous, Nally ? Mais surtout, que nous soyons morts ou non, ne me dis pas que nous sommes en Enfer, s'il te plait. » murmure-je, un peu précipitamment, en regardant autour de moi, à la lueur des nombreux flambeaux et des braseros aux hautes flammes qui nous entourent …

« Non, nous ne sommes pas morts. Et non, nous ne sommes pas en Enfer. Mais ce n'est certainement pas beaucoup mieux et je t'en dirai davantage plus tard là-dessus. Il faut filer d'ici très rapidement, si nous le pouvons, Ron. Mais avant, aide moi vite à mettre bas cette fichue Porte… » répond Nally, qui se dirige déjà en courant vers l'Arcade que nous venons de traverser…

Je me rends compte au même moment, que nous ne sommes pas seuls, à être passés de ce côté du Voile ce soir. Un Mangemort nous a précédés. Il n'a pas eu notre chance. Sa tête a éclaté sur l'arête d'une grosse pierre, presque un rocher en fait…

Pas de bol pour lui, tant mieux pour nous !

Je préfère que ça ne soit pas l'inverse, que ce soient nous qui ayons bénéficié de chance.

Enfin, de chance… Si tant est que nous ayons vraiment eu de la chance Nally et moi-même, au vu de ce qu'elle vient de dire et de mon tarin qui me démange de plus en plus…

Peut-être ferions-nous mieux de ne pas attendre avant de filer et de laisser cette Arcade debout derrière nous, si nous voulons vraiment avoir de la chance, pense-je. Mais je n'exprime pas cette pensée. Nally a le même air déterminé, que lorsqu'elle a décidé de venir avec Hermione et moi-même, tout à l'heure. Alors pas la peine de perdre de précieuses secondes à discuter. Ça ne servirait qu'à laisser filer davantage notre chance et je préfère nettement la garder au max…

« Puisque nous ne sommes pas morts, ne peut-on vraiment pas retraverser de l'autre côté, avant de la fiche en l'air, cette Arcade ? » demande-je, quand je l'ai rejointe, Baguette au poing…

« Non, nous ne pouvons pas. Ce côté-ci est condamné irrémédiablement. Et range ta Baguette, c'est inutile. Il faut la renverser sur le sol pour qu'elle se brise. Et de toute façon, ta Magie est inactive ici… » répond Nally, en poussant déjà de toutes ses forces sur un pilier de l'Arcade…

Je me place de l'autre côté et je pousse moi aussi de toutes mes forces. Mais bien qu'elle paraisse sur le point de s'écrouler toute seule au moindre souffle de vent, l'Arcade s'ébranle à peine. Alors je recule de quelques pas. Et je fonce vers elle, pour balancer tout mon poids dessus, à risquer faire exploser mon épaule…

Ce n'est pas suffisant. Et mon épaule morfle salement. Mais, l'Arcade a un peu vacillé. Alors je me recule encore, plus loin et Nally en fait autant, se jetant en avant en même temps que moi…

Et cette fois, l'Arcade bascule, dans un boucan infernal, qui raisonne dans toute la caverne, quelques pierres roulant sur le sol…

« Filons ! » s'exclame aussitôt Nally, dans un murmure, saisissant ses deux épées en courant déjà, en direction d'un trou sombre…

Je l'imite aussitôt, tirant l'une de mes épées moi aussi et l'oreille aux aguets… Je perçois des frôlements, que je n'aime pas du tout, qui viennent vers nous. Et alors que nous allions atteindre la seule issue possible de cette fichue caverne, une espèce de Monstre surgit devant nous.

Et il n'est pas seul. Il y a toute une bande derrière lui. Des Créatures qui ressemblent à des Gargouilles, certaines avec des petites ailes atrophiées dans le dos. Elles sont toutes très maigres, faméliques. Et toutes aussi ont des dents très pointues, qu'elles découvrent sur des espèces de couinements qui salivent…

Putain ! Luna avait raison de me dire de faire gaffe à mes fesses ce soir ! Ces saloperies ont effectivement l'air d'avoir envie de nous bouffer et elles nous dévoreront tout crus et vivants encore, si elles nous attrapent…

Le Monstre qui est à leur tête, éclate d'un rire rocailleux. Aussi coupant et glacé, qu'une lame de rasoir sortie d'un bac à glace, dans lequel elle aurait séjourné durant au moins trois mois. Il me fait penser à une grosse araignée, avec son corps épais, aussi visqueux que celui d'une limace, sa tête ronde et chauve rentrée dans les épaules, ses petits yeux rouges et luisants comme des braises, ses quatre bras et ses trois jambes velus…

On dirait qu'il en avait une quatrième, qui aurait été coupée nette, à ras de son tronc…

« Regardez donc qui nous fait l'honneur d'une visite, mes chéris ! Nyween ! La Grande Dame en personne ! » s'exclame-t-il, dans les rires sots de ses chéris

Il éclate encore de rire. Se tenant le bide.

« C'est très gentil à toi, Nyween , d'avoir amené ce beau tas de viande ! Il a l'air gouteux et juteux à souhait ! C'est dans l'espoir de pouvoir sortir d'ici, en payant un droit de passage, que tu es venue avec ce morceau de premier choix ? Voilà de quoi nous repaitre un peu mes Servylans et moi-même ! » s'exclame encore le Monstre, se bidonnant de nouveau…

« Ne rêve pas, Kogriah. Tes faméliques Servylans et toi ne mangerez pas à votre faim ce soir. Nous allons sortir d'ici sur nos deux pieds dès que je t'aurai tranché la tête ! » répond Nally, d'un ton dur et déterminé…

Le Monstre, Kogriah, puisqu'il s'appelle ainsi, éclate encore de rire et sort l'épée du fourreau qu'il porte au côté. Il en fait briller la lame, à la lueur des flammes d'un brasero…

« Tu te souviens d'elle, n'est-ce pas, Nyween ? Tu ne risquais pas de l'oublier, après le souvenir impérissable qu'elle t'a laissé. » déclare-t-il, d'un ton ironique…

« Pas si impérissable, puisque ce soir, je vais mettre fin à sa Malédiction… » répond Nally, déjà en position de Combat…

« Tu ne manques pas d'audace, pour quelqu'un qui va mourir et nourrir mes Servylans dans quelques minutes, Nyween ! Il y a longtemps qu'ils n'ont pas eu droit à un tel festin et ils ne vont faire que quelques bouchées de toi et de ton ami si bien charnu ! » s'exclame Kogriah, en se mettant en garde lui aussi…

« Oui, j'imagine sans peine qu'ils aimeraient bien nous croquer, car effectivement pas mal de temps s'est écoulé, depuis que le dernier en date est passé par la Porte autrefois volée, n'est-ce pas ?… » répond Nally, qui a commencé à tourner un peu en rond…

Mes cheveux se dressent aussitôt sur ma tête…

Merde ! Sirius ! Comment n'ai-je pas pensé plus tôt qu'il a été projeté dans cette caverne par Bellatrix, en juin dernier !

Putain ! Sirius a servi de casse-croûte à ces horreurs !

Je vais les tuer, ces saloperies !

Et non seulement je vais toutes les tuer, mais je vais aussi les découper en rondelles, les hacher menu et foutre leurs restes au feu !

« Oui… Et encore il a fallu attendre quelques semaines pour le faire engraisser un peu, avant de le manger. Ce maigre avorton n'avait pas assez de viande, pour nous remplir seulement une dent creuse… » déclare Kogriah, tandis que j'ai le cœur soulevé par une nausée…

Je me retiens cependant de vomir. Et la brusque bouffée de haine que j'éprouve m'aide beaucoup à le faire…

« Toi, je ne vais pas attendre, pour te déguster, Nyween. Je vais te laisser vivre juste le temps que mes petits chéris aient fini de s'occuper de ton jeune ami, afin que les cris qu'il va pousser tandis qu'ils dévorent ses chairs à vif, soient la dernière chose que tu aies entendue. Puis je dévorerai moi-même ton cœur… » poursuit Kogriah, avec une ironie cruelle…

Je ne l'écoute que d'une oreille cependant, trop occupé à surveiller ses chéris qui s'avancent progressivement vers moi, salivant de plus en plus. Et comme je me mets en garde devant ces Créatures hideuses, Baguette en main droite et épée en main gauche, elles tirent elle aussi des lames de leur fourreau…

« Tes chéris vont mourir de faim longtemps encore, Kogriah. Ils n'auront pas même pas l'heur d'égratigner mon jeune ami, seulement d'une de leur griffe, ni de goûter la moindre parcelle de sa peau. Il est très redoutable à l'épée, aussi bien à main droite qu'à main gauche. Il les aura tous tué avant même que je te tranche la tête… » répond Nally, sans quitter Kogriah du regard…

Je devine cependant que ses paroles me sont davantage destinées qu'à lui. Et je repense soudainement à ce qu'a dit Luna…

Ma Magie n'aurait aucun effet sur ces Créatures. Et Nally a précisé tantôt, qu'elle est inactive ici…

Alors je range vite fait ma Baguette et je sors ma seconde épée…

« Suffit les bavardages maintenant… » gronde soudainement Kogriah…

Et en même temps qu'il s'élance vers Nally, la douzaine de ses chéris s'élance vers moi…

Ces saloperies de Servylans sont peut-être faméliques, mais ils sont sacrément vifs et dotés d'une force peu commune, dans leurs maigres bras. Et nos épées s'entrechoquent à grands bruits, le frottement du métal contre le métal produisant parfois des petites étincelles, dans les cris suraigus de mes assaillants

Mon épée droite traverse le corps d'une de ses diables de Créatures, tandis que la gauche tranche le bras d'une autre et que j'en balance une troisième vers un brasero, d'un coup de pied bien placé. Le Brasero se renverse, libérant ses braises sur le sol pierreux…

Je suis presque acculé contre la paroi de la caverne, mais cela m'arrange dans le fond. Au moins, l'une de ces Créatures ne me surprendra pas dans le dos…

Putain ! Saloperies !

Elles sont pires que les Bestioles de Voldemort ! Elles sont tellement affamées qu'elles ne peuvent s'empêcher d'aller arracher un bout de chair sanguinolente sur celles que je viens de tuer, avant de remonter à l'assaut !

Il faut que je me serve de ça…

Mes épées fendent l'air. Eventrant un Servylan, décapitant un autre. C'est aussitôt la ruée sur les cadavres et j'en profite, pourfendant deux autres Créatures, d'un seul coup d'épée, l'autre prête à réagir si une autre déboule vers moi…

Plus que six. Je m'en sors plutôt pas mal, pour le moment…

De son côté, Nally mène un combat farouche contre Kogriah. Il se déplace vite l'enfoiré et elle est souvent obligée de bondir dans des saltos arrière, pour échapper à sa lame empoisonnée.

Fente avant. Fente arrière. Cette fois j'ai raté mon coup. Mes lames ont seulement fendu l'air et j'ai bien failli me faire couper les bras. Assaut. Je virevolte et cette fois je me fais deux têtes à la fois. Elles s'envolent dans une giclée de sang qui m'éclabousse le visage, mais je ne m'attarde pas à ça, j'ai bien autre chose à foutre !

Je profite que les petits chéris de Kogriah se régalent des chairs de leurs copains morts, pour en achever trois autres.

Finalement, je m'en sors plus que pas mal !

Il n'en reste qu'un ! Et je vais me le faire aussi ce salopard !

Il me montre ses dents, se ramasse sur lui-même et commence à faire quelques allées et venues devant moi, toutes dents dehors, avec un grondement de gorge menaçant…

« Allez, viens par ici mon coco, que je te fasse ta fête, pour mon anniversaire… » l'invite-je, dans un sourire…

Et cet imbécile répond à mon invitation, bondissant vers moi à vitesse prodigieuse. Je le réceptionne sur ma lame qui le transperce de part en part…

Douze à zéro. Nally avait raison. Ces cochonneries ne m'ont même pas égratigné. Et je les ai toutes eues avant qu'elle n'en finisse avec Kogriah…

« Ron Weasley vainqueur par KO ! Bravo mon vieux ! Toutes mes félicitations ! Et bon anniversaire ! » murmure-je, ravi…

Mais je me suis réjoui trop vite…

Un bruit de course piaillant se fait entendre du côté du passage que nous devons emprunter pour sortir d'ici, Nally et moi-même…

Je cours aussitôt me poster à côté…

Et je décapite les trois premières Créatures qui déboulent dans la caverne, avant de reculer progressivement sous l'assaut des autres. Ça va pas être de la tarte, ni aussi facile cette fois, j'en ai bien peur. Elles sont au moins deux douzaines et demi…

Je frappe, je fends l'air, à droite, à gauche. Mes pieds sont de la partie aussi.

Putain ! Heureusement que nous avons subi des Entraînements serrés avec Severus ! Toutes les heures passées à souffrir sur le Tapis Roulant de la Salle d'Entrainement payent aujourd'hui !

Faudra pas que j'oublie de le remercier pour ça, quand on sera de retour à la maison…

Une des saloperies parvient à me toucher la main gauche. Du plat de sa lame heureusement. Mais je perds mon épée et c'est sacrément emmerdant ça. Mon regard suit sa chute dans un automatisme et je me dis soudainement, que dans ce malheur, je jouis finalement de chance…

Je baisse vivement la tête, pour échapper à un coup d'épée et j'en profite pour saisir ce que je viens de voir…

Le cadavre du Mangemort qui nous a précédés dans l'Antre de Kogriah…

Et dans un effort de tous mes muscles bandés, je l'envoie valdinguer vers les Servylans. Il s'empale sur quelques épées et entraine cinq ou six des Créatures dans sa chute, tandis que les autres affamés se précipitent aussitôt sur le cadavre pour lui arracher ses vêtements à grands coups de griffes rageurs, déchirant de larges bouts de viandes aussitôt sa peau mise à nue…

S'il n'avait été un Mangemort de son vivant, je l'élèverais au rang de Saint, celui-là, pour m'avoir sauvé la mise. Parce que sans son cadavre, je crois que j'étais vraiment mal barré cette fois…

Je récupère vite fait mon arme et je profite largement de la distraction des Servylans. J'ai le temps d'en dégommer une dizaine avant que les derniers se retournent contre moi…

J'en fais valser un dans un brasero de nouveau. Mais directement dans le feu cette fois. Il flambe aussitôt dans une grande gerbe de flammes et des cris plus suraigus que jamais. Et tandis que l'odeur de sa chair grillée se répand très vite dans la caverne, je pourfends ses derniers copains…

Bien…

J'espère que c'est fini cette fois. Parce que je fatigue sérieusement là. Mon épaule meurtrie par les coups de boutoir que j'ai fichus tout à l'heure dans l'Arcade pour la faire tomber, me fait un mal de chien. Et je suis essoufflé.

Oreilles tendues vers le passage. Rien d'autre n'arrive pour le moment…

Coup d'œil sur Nally…

Elle baisse la tête pour échapper à la lame empoisonnée, tout en virevoltant sur elle-même, son épée droite fendant l'air à vive allure… Et Kogriah hurle de douleur, avant de s'effondrer en arrière. Il vient de perdre deux jambes…

Il est mort…

Enfin, presque. Nally va l'achever maintenant…

« Une dernière volonté à exprimer avant de mourir, Kogriah ? » demande-t-elle, redressée de toute sa taille et le toisant d'un regard dur…

« Je ne suis pas le seul de ma race et très nombreux sont les Servylans. Mon successeur va vous poursuivre inlassablement dans ce labyrinthe ton ami et toi, Nyween. Vous n'en trouverez jamais la sortie et vous finirez vos jours dans son ventre… » crache le monstre vaincu…

« Cette volonté ne s'accomplira pas. Nous serons dehors avant que ton corps soit dévoré par les tiens… » déclare aussitôt Nally avec assurance, son regard se durcissant encore, avant qu'elle ajoute : « Et maintenant, va en Enfer ! »

Et elle lui tranche la tête, froidement, sans la moindre hésitation. Elle détourne aussitôt son regard du cadavre de son ennemi, essuie vivement son épée dans un morceau de tissu arraché à sa chemise. Puis elle jette l'étoffe souillée sur le sol, range son arme dans son fourreau et se penche pour saisir l'épée empoisonnée…

« Filons vite, maintenant. » dit-elle, en se dirigeant vers le passage.

En chemin, elle lâche l'épée empoisonnée dans un brasero. Il se produit tout aussitôt une sorte de chuintement malodorant. Et Nally serre les dents, saisissant sa cuisse de la main gauche, dans une grimace de douleur, souffle coupé et vacillant dangereusement…

« Nally ! » m'exclame-je, en l'attrapant par la taille pour la soutenir…

« Ce n'est rien, Ron. C'est le prix à payer pour la fin de la Malédiction et je le paye avec bonheur, crois-moi… » déclare-t-elle, dans un souffle, me souriant avant d'ajouter : « Cela ne va pas durer. Aide moi à avancer. Il faut partir d'ici. Les congénères de Kogriah ne vont certainement pas tarder à s'étonner de son absence prolongée et le chercher. Ils le trouveront vite. Ensuite, les prétendants à sa succession vont probablement se battre, avant que l'un d'eux ne monte enfin sur son trône, puis lance ses Servylans à notre recherche. Il faut saisir cette maigre chance. C'est peut-être la seule que nous ayons de sortir de cet Antre maudit, sans avoir davantage de ces immondes Créatures à combattre… »

Elle n'a pas fini de parler, que je l'entraîne déjà vers la sortie, la portant à demi, des millions de points d'interrogations en tête. Mais nous avons d'autres Kneazels à fouetter avant de bavarder et il sera temps plus tard, de poser toutes ces questions.

La soirée a déjà été longue et le reste de la nuit risque de l'être plus encore…

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