Disclaimer : cf chapitre 1
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Grand merci à Mistycal !
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Réponses aux commentaires anonymes sur mon forum : - Yzeute – Lion - Huguette
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Les Secrets De La Grande Dame 1 /3
Chez Nally
Acte 1 : Evasion
Draco
Putain !
Mes cheveux se hérissent sur ma tête. Je n'aime pas du tout le regard et le ton de Pa et un coup d'œil autour de moi, suffit pour me confirmer que je ne suis pas le seul…
Décidément, après le chaud de l'espoir et de la certitude de revoir Ron et Tatie Nally, revoilà le froid glacial de la peur de les perdre vraiment finalement…
« L'Antre de Kogriah ? C'est quoi ou qui, ce Kogriah ? » demande Ginny, d'un ton inquiet, tandis que Théo entoure ses épaules de son bras, dans un geste de réconfort…
« Kogriah est un Monstre, une Créature hybride et Maléfique, douée d'intelligence. Et c'est lui qui a blessé Nally, avec une épée empoisonnée. Il commande des Servylans, qui sont également des espèces de petits Monstres hybrides et ce sont ces Créatures, que Luna a dû voir dans sa Vision… » répond Pa, qui inspire profondément, avant d'ajouter, sur une grimace de dégout profond : « Tout comme Kogriah, elles ont le gout de la chair humaine. Mais ne m'en demandez pas plus à propos de ces saloperies, je ne pourrais vous renseigner davantage… »
Les copains et moi nous regardons d'un air consterné…
Putain… Ron et Tatie n'ont vraiment pas de bol, d'être tombés dans un tel endroit…
« Comment peux-tu affirmer que cette Porte ouvre sur l'Antre de ce Kogriah, Papa ? » demande Harry, d'un ton doux…
Il parait à peine inquiet. Et cela me rassure à demi. Si ce Kogriah et ses choses, ces Servylans dont Pa a parlé, avaient fait du mal à Ron et Tatie, il le saurait, n'est-ce pas ?
« Ce symbole sur cette pierre… » répond Pa, en désignant une petite zone sur le souvenir figé d'Hermione…
Il faut que je m'avance très près, pour distinguer quelque chose. Il y a effectivement une ombre légère, qui dessine comme un vague signe dans la pierre…
Pa soupire. Il fait quelques pas dans le salon, puis se passe la main dans les cheveux. Avec nervosité et inquiétude…
« Nally a cherché cette Porte durant des années et des années, pour détruire ce Monstre. Et elle était au Ministère, dans le Département des Mystères… Comment les Langues-de-Plomb l'ont-ils trouvée ? Où ? Et depuis quand, bon sang ! » murmure-t-il, se passant encore une fois la main dans les cheveux, avant de s'exclamer : « Satanés Langues-de-Plomb et leurs foutus mystères imbéciles ! S'ils avaient publié leur découverte, Nally n'aurait pas passé toutes ces années loin d'ici ! Il y a longtemps qu'elle aurait débusqué Kogriah et qu'elle n'aurait pas à souffrir à cause de cette blessure, faite par son épée empoisonnée ! »
« Et Sirius serait parmi nous… » achève Remus en détournant son regard, puis baissant la tête…
Et je devine ce qu'il ne précise pas…
Sa crainte que son ami ait été dévoré par Kogriah et ses Servylans. Et je comprends ça sérieusement. Moi aussi, j'ai peur pour Ron et Tatie Nally. Même s'ils ont des armes Moldues à disposition, il n'est pas certain qu'ils en réchappent sans avoir été croqués ici ou là…
Putain ! Dans quel état vont-ils nous revenir…
Harry s'approche de Remus et pose sa main sur son épaule…
« Sirius est malin. Je suis sûr qu'il a échappé à ces Créatures… » affirme-t-il avec douceur…
Remus ne répond pas tout de suite. Il garde la tête baissée durant quelques secondes, avant de relever les yeux sur Harry …
« Tu as raison, Harry. Notre pauvre Sirius n'était pas bien épais. Il a dû convaincre ces Créatures qu'elles auraient tout à gagner à l'engraisser un peu avant de le mettre au menu. Et profiter qu'elles le gardent au frais dans un cachot, pour fomenter un plan d'évasion… » déclare-t-il, avec un maigre sourire
Harry acquiesce, avec le même pauvre sourire. Et je le connais assez, pour deviner qu'il n'en mène pas large. Et qu'il ne saurait être aussi affirmatif sur les chances de s'en être sorti de Sirius, qu'il en a concernant Ron…
« Maintenant que l'Arcade est détruite, j'espère qu'il y a une sortie de secours que Ron et Nally pourront emprunter… » soupire Bill, en fourrageant dans sa tignasse…
« Sans aucun doute. Car l'Arcade ne permettait pas le passage dans l'autre sens… » répond Pa, avec certitude…
« Voldemort aurait donc envoyé ses hommes là-dedans les uns après les autres, sans espoir de retour… » intervient Hermione, le regard perdu dans ses réflexions…
« Ouais. De quoi remplir le garde-manger de ce Kogriah pendant un bout de temps… » commente Charly, sur une grimace…
Ça, c'est sûr. Voldemort aurait d'abord envoyé un de ses serviteurs, puis deux, puis une petite troupe et encore une autre, avant de se lasser… Ou d'y envoyer des âmes innocentes…
Et peut-être même y aller lui-même… Et mon Géniteur avec… Ouais. Il aurait fini par pousser Lucius dedans, avant de le suivre… Peut-être… Et peut-être également que nous aurions même pu le convaincre d'y aller, qui sait, avec un bon plan bien ficelé. Avec l'aide de Messire Salazar par exemple…
Merde ! Je regrette soudainement, que Dolohov n'ait pas réussi sa Mission, tiens !
« Que peut donc détenir ce Kogriah, qui intéresse tant Voldemort ? Et pourquoi le Livre qui lui a donné l'idée de voler cette Porte parle-t-il d'un Chemin des Âmes ? Serait-ce lié au fait que personne n'est jamais revenu de cet endroit ? Qu'y a-t-il, au-delà de l'Antre de Kogriah ? Où mène la ou les autres sorties de ce lieu maudit ? » demande soudainement Harry, en arquant un sourcil vers Pa…
« J'ignore ce que peut détenir Kogriah, à part son épée empoisonnée. J'ignore en quoi consiste le Chemin des Âmes. Et si Nally avait su où trouver l'Antre de Kogriah et comment y pénétrer autrement que par cette Porte longuement cherchée, il y a longtemps que Kogriah ne serait plus… » soupire Pa, qui marche de long en large dans le salon…
« Bref, cela ne mène nulle part… » conclus-je, sur un soupir également…
« Et vous, Albus, en savez-vous davantage, sur le Chemin des Âmes ? » demande Hermione, en posant son regard, bouffi par toutes les larmes qu'elle a versées pendant plus de vingt-quatre heures, sur le professeur Dumbledore…
« Hélas, Hermione, comme je vous l'ai dit lors de l'une de nos Réunions, la traduction dont nous disposons était très mauvaise. Confuse. Et les autres Ouvrages, ceux qui se trouvent dans le coffre de Draco, ne permettent pas d'avoir beaucoup plus de précisions. Ils parlent tous d'un lieu légendaire, auquel on accède par un Chemin hanté par des Âmes en peine, où serait caché un Artefact Magique d'une très grande puissance, lequel permettrait d'obtenir le pouvoir absolu sur tout le Monde Magique et l'Immortalité. Cet Artefact serait jalousement protégé, par de puissants Gardiens et pour parvenir à s'en emparer, il faudrait accomplir et réussir des épreuves, vaincre ses Gardiens et avoir la volonté, non pas de s'en servir, mais de l'offrir à celui pour lequel on est venu le chercher… » répond le professeur Dumbledore, en acceptant la tasse de thé que Molly vient de servir pour chacun de nous…
« Cette Porte, celle menant dans l'Antre de Kogriah, pourrait donc être la première étape du voyage sur ce Chemin des Âmes ? » demande alors Bill, en fronçant les sourcils
« C'est en tout cas ce que croit Voldemort… Quant à moi, je pense qu'il se fourvoie. Et que son désir d'obtenir cet Artefact légendaire, aurait causé sa perte… » répond le professeur Dumbledore, avant de tremper ses lèvres dans sa tasse de thé…
« Ouais. Dommage que l'Arcade ce soit effondrée. Finalement, vous auriez peut-être mieux fait de laisser Dolohov la prendre sans le déranger. Avec l'aide de Messire Salazar, on aurait sans doute pu le convaincre, d'accompagner Lucius dans cette quête et ça nous aurait débarrassés définitivement de ces deux monstrueux salopards. L'idée qu'ils se fassent tous les deux bouffer par ce Kogriah et ses Servylans me plait bien à moi… » déclare Blaise, en direction d'Hermione…
Il ose dire tout haut ce que j'ai pensé pour moi-même tout bas…
Hermione ne répond pas. Elle plisse les yeux, tandis que certains d'entre nous commentent et approuvent ce que vient de dire Blaise…
« Tout n'est peut-être pas perdu. Certes, l'Arcade est fichue. Mais Nally et Ron vont revenir, n'est-ce pas ? Nous pourrons alors inciter Voldemort à emprunter leur chemin de retour… » assènent quant à eux les jumeaux, l'air un brin moqueur, tandis que j'éprouve soudainement un espoir malsain…
Lucius, dévoré vif par des Créatures qui ressemblent à des Gargouilles, avant d'aller griller en Enfer pour l'Eternité, ça me convient parfaitement !
« Nous verrons cela, si vous parvenez à convaincre tout le monde que c'est la meilleure chose à faire. Car après tout, Voldemort serait foutu, en leur promettant monts et merveilles, de convaincre lui-même ce Kogriah et ses Servylans de l'aider dans sa conquête du Monde… » intervient Charly, sous les grimaces approbatrices d'un nombre non négligeable d'entre nous, fixant de nouveau l'image figée du souvenir d'Hermione, avant d'ajouter : « Et avant d'examiner sérieusement cette question, il faut déjà parvenir à sortir Nally et Ron de là… »
Et je pense soudainement au salaud qui a envoyé Tatie et Ron dans l'Arcade. Qui est-il ? Et qu'est devenu ce fumier ? Comment Hermione s'en est-elle tirée sans casse ?
Je la fixe aussitôt, mes questions au bord des lèvres. Mais je suis devancé d'un poil par Nev…
« Parkinson… Pansy Parkinson. Je l'ai tuée... A la Moldue, avec une dague… » répond Hermione, en détournant son regard vers l'image figée…
C'est Ron et Tatie qu'elle regarde, les yeux traversés de douleur et de détresse. J'imagine assez bien ce qu'elle a dû ressentir la pauvre…
Et je frissonne…
Pansy Parkinson… Cette putain de sale garce est morte… Hermione a mis fin à son existence, à sa folie haineuse et cruelle. Plus jamais elle ne fera de mal à qui que ce soit et j'en suis heureux…
« Je regrette que tu aies eu à la tuer, Hermione. Mais je ne regrette pas que cette folle furieuse soit morte. Pas plus que les autres salopards que vous avez combattus et tués la nuit dernière. Et je t'interdis de culpabiliser pour avoir volontairement éliminé les autres fumiers que tu as descendus aussi. » déclare quant à lui Théo, en venant prendre Hermione dans ses bras…
Hermione se fige soudainement dans son étreinte…
« J'ai envoyé un Mangemort dans le Voile… » murmure-t-elle, le front soucieux…
« Tant mieux ! Et j'espère qu'il était bien gras ! Parce que ce Kogriah et ses Servylans devaient déjà être occupés à le dévorer quand Nally et Ron sont arrivés, alors plus ce salopard était gras, mieux c'était ! Ron et Nally n'auront pas eu trop de mal à les vaincre, s'ils avaient l'estomac alourdi par leur bouffe grasse et à cette heure, ils sont sortis de cette Antre de malheur et doivent être sur le chemin du retour à la maison ! » s'exclament Fred et Georges, dans un relai parfait, tandis que je me dis que nous sommes tous sacrément mordants ce soir…
Enfin, mordants… Certainement pas autant que les Monstres de l'Arcade, bien sûr… Disons plutôt que nous sommes sans état d'Âme pour les salopards de Mangemorts. A la limite de la haine pure à leur encontre et même de nous réjouir de leur sort…
Ça me fout un peu les chtouilles. Je n'ai pas envie de devenir comme ces Monstres…
« Possible… Quoi qu'il en soit, je propose qu'avant de poursuivre nos réflexions sur le sujet, nous prenions enfin notre repas, avant d'aller prendre cette fameuse douche dont nous avons bien besoin. Ça nous aidera à réfléchir d'être propres et restaurés.… » soupire Pa, en passant encore une fois une main nerveuse dans sa chevelure en piteux état…
« Tu as raison, Papa. » acquiesce Harry, avant d'appeler Dobby pour lui demander de nous guider vers des salles de bains, dès que nous aurons fini de manger
Une collation, une bonne douche. J'en ressens le besoin moi aussi, pour me laver la tête de toutes les angoisses et les frayeurs que nous avons vécues depuis plus de vingt-quatre heures…
Et pour la purifier de ces vilaines pensées haineuses que je ressens trop à mon goût depuis quelques temps…
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Antre de Kogriah
Ron
Deux heures au moins déjà, que nous crapahutons …
Il fait très sombre, dans le passage que nous avons emprunté et je trébuche régulièrement sur des pierres. J'ai quasiment porté Nally sur plus de la moitié du chemin que nous avons parcouru jusqu'ici. Elle souffre toujours de sa cuisse mais elle m'a assuré dans un chuchotement que la douleur reflue progressivement et même si elle boite encore bas, elle m'a engagé à la lâcher, pour que j'aie mes deux mains libres…
Enfin, libres… D'avoir mes deux épées prêtes à entrer en action au cas où…
Un croisement. A droite ou à gauche ? demande-je dans un haussement de sourcil…
A droite, répond Nally, sur un signe de tête…
Un labyrinthe a dit Kogriah…
Là-dessus, il disait vrai. Nous n'arrêtons pas de faire des tours et des détours dans ce foutu Antre. Et nous sommes passés plusieurs fois sur la même passerelle qui surplombe de très haut, une immense salle remplie de Servylans surexcités et de Monstres ressemblant en tout point ou presque à Kogriah…
En fait, ça ne faisait que quelques minutes que nous avions quitté la caverne où nous avons combattu Kogriah et ses chéris, quand nous avons entendu un souffle rauque de rage, sortant de multitudes de gorges. Les restes sans tête de Kogriah avaient été découverts. Et depuis, dans la salle que nous avons traversée à plusieurs reprises depuis là-haut sur la passerelle, les successeurs potentiels de Kogriah se battent âprement, encouragés par les Servylans, comme l'espérait Nally…
Voilà que nous redescendons des marches… Je ne sais combien d'escaliers à la montée ou à la descente, nous nous sommes faits, depuis deux heures…
Et quand nous arrivons en bas, c'est un nouveau croisement…
Nous nous arrêtons. Nally regarde à droite, à gauche… Elle hésite. Enfin elle m'indique la gauche, mais finalement me retient par le bras et se décide pour la droite, comme la dernière fois…
J'espère que nous n'allons pas de nouveau tourner en rond. Et bordel ! Un escalier !
Nous grimpons et grimpons encore et toujours… De loin en loin, des clameurs excitées nous parviennent, dans des souffles chauds et putrides…
C'est une véritable fournaise ici. Je suis trempé de sueur. Mes jambes sont lourdes, cuisantes des quelques blessures que je me suis prises au Combat dans le Département des Mystères et quelques coups de griffes des Servylans ici. Mes bras aussi sont lourds et cuisants. Mon épaule crie grâce. Franchement, j'en prendrais bien cinq. Mais je sais que ce n'est pas dans notre intérêt. Plus le temps passe et plus nos chances de sortir d'ici vivants s'amenuisent…
Alors je pense à Harry. A sa voix, à son sourire.
Je m'inquiète un peu parce que je n'arrive pas à le trouver depuis que nous sommes ici. Mais bon, Nally a bien dit que ma Magie était inactive dans cet Antre de malheur. Alors c'est ça sans doute…
Mais merde ! Il me manque !
Dire que nous devrions fêter sa victoire sur l'affreux et mes dix-sept ans en ce moment !
Parce qu'il a gagné. Il a été victorieux, j'en suis sûr. Tout le temps que je l'ai senti, il était calme et confiant, même s'il commençait à fatiguer.
Des clameurs, des cris excités. Ils sont plus proches de nous que la dernière fois.
Bordel ! Nous allons nous faire la passerelle encore ! Plus nous cherchons à nous en éloigner, plus elle nous nargue celle-là !
Un virage. Des lueurs lointaines de flammes qui dansent sur les murs… Pas de doute, nous sommes bons pour la romaine. Nous voilà au bord du trou. Ah ! Non. La passerelle n'est pas là. Coup d'œil rapide vers le bas, en passant à peine la tête vite fait. …
Nous sommes situés un peu plus haut que la passerelle. Il nous faudrait faire un saut dans le vide, d'environ trente pieds. Trop risqué. La passerelle est instable, elle pourrait basculer sur le côté et nous tomberions dans le vide.
Demi-tour…
Mais la main de Nally me retient. Elle me fait signe de regarder vers le haut…
Je lève la tête, scrutant la voûte sombre et soudainement je vois ce qu'elle me montrait.
Une étoile me cligne de l'œil…
Putain ! Nous avons enfin trouvé une sortie ! J'avoue que je commençais sérieusement à ne plus y croire…
« Tu as ce qu'il faut ? » murmure à peine Nally, en levant un sourcil empli d'espoir…
« Tu nous as bien recommandé de prendre un équipement complet, non ? » souris-je, dans le même murmure…
« Oui. Mais cela n'incluait pas de prendre ce qu'il faut pour l'escalade… » sourit également Nally, tandis que j'ouvre ma Pochette sans fond, pour en sortir une corde, de la ficelle et un grappin…
« Pour moi, équipement complet, c'est équipement complet…. » souris-je encore, assemblant déjà mon matériel, avec des gestes rapides et sûrs.
Nally prépare son arc et une flèche à laquelle j'attache la ficelle, prenant garde à faire un nœud qui la déséquilibrera le moins possible…
Et Nally bande son arc, prenant bien le temps d'ajuster son tir, avant de lâcher sa flèche. Elle fuse vers le trou de notre liberté, entrainant la corde et le grappin dans son sillage. Je laisse la corde filer entre mes mains, prêt à la retenir avant qu'elle ne m'échappe définitivement, si elle va trop loin. C'est bon, elle s'arrête. Je la ramène vivement vers moi…
Zut ! Raté !
Le grappin chute mollement. Et je prie Merlin de toutes mes forces pour qu'il s'arrête sans bruit qui signalerait notre présence…
Il entend ma prière et je remonte la corde. Par précaution Nally change de flèche et nous recommençons notre opération…
Cette fois c'est bon, le grappin s'est agrippé. Je tire plusieurs fois sur ma corde, de toutes mes forces, pour m'assurer qu'il tiendra bien et je m'apprête à grimper, mais encore une fois Nally m'arrête…
« J'y vais la première et une fois là-haut, je m'assure que tu puisses en faire autant sans risque... » souffle-t-elle, avec son fameux regard qui ne souffre aucune contestation.
« Ok. Sois prudente.. . » acquiesce-je, assurant bien la corde autour de ma taille…
Nally m'embrasse sur la joue dans un sourire et elle se met aussitôt à grimper. Elle est agile et il ne faut pas beaucoup de temps pour qu'elle arrive là-haut, tandis que je jette de temps en temps un coup d'œil en bas…
Ça se bat toujours pour la succession de Kogriah. Et les Combats semblent de plus en plus rudes. Les clameurs sont plus sauvages et plus excitées à chacun d'eux…
Nally tire trois coups secs sur la corde. C'est à mon tour de grimper. Je m'agrippe et me balance dans le vide, attendant à peine que la corde se stabilise un peu avant de monter, serrant les dents sur la douleur de mon épaule.
Et putain ! Que ça fait du bien d'émerger à l'air libre !
Même s'il est encore vicié par une odeur putride…
Je me dépêche de sortir et d'aider Nally à remonter la corde, l'enroulant tout en regardant autour de moi, avant de la remettre dans ma Pochette sans fond, avec le grappin et la ficelle…
Nous sommes quelque part en montagne. Des montagnes arides, probablement inhospitalières de ce que je peux en voir à la lueur de la Lune très éclairante dans ce coin…
« Je me doutais qu'il se cachait quelque part par ici. Mais jamais je n'aurais pu y venir par ce chemin. Ça pue la Magie Noire… » murmure Nally, sur un soupir, tandis que j'acquiesce d'un hochement de tête…
Sûr que ça pue la Magie Noire certainement, même si je ne le sens pas. Kogriah est ses Servylans ne sont pas des Monstres naturels…
Ceci dit, j'espère que c'est parce que nous sommes encore trop à proximité de cet Antre du diable, que ma Magie ne se manifeste pas encore. Et que je ne vais pas tarder à récupérer mes pouvoirs…
« Tu sais donc où nous sommes ? » demande-je, avec un sourire empli de joie…
Nous allons bientôt rentrer à la maison et je vais pouvoir serrer Harry dans mes bras !
« Oui. Dans les montagnes de Köerkhalyne… » répond Nally, d'un ton tranquille…
« Et c'est dans quel pays, ça ? » demande-je, sourcils froncés subitement…
S'il y a bien un domaine dans lequel je ne suis absolument pas calé, c'est la géographie…
Pour toute réponse, Nally m'indique de regarder dans le ciel derrière nous. Je tourne vivement la tête, interrogatif, avant d'écarquiller les yeux, ébahi et consterné tout à la fois…
Il y a deux Lunes dans le ciel !
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Chez Nally
Acte 2 : Clefs
Harry
Personne n'est encore redescendu des chambres où Dobby nous a invités à nous installer aussi longtemps que nous souhaitions prolonger notre séjour ici et je me perds un peu dans la contemplation des flammes du feu qui a été allumé dans la cheminée.
La chambre que m'a attribué Dobby est superbe, bien sûr et aussi incroyable que cela puisse paraître, j'ai pris ma douche sous une véritable cascade, dont l'eau est chaude juste ce qu'il faut. Ce Château est définitivement extraordinaire et cela soulève plein de questions dans ma tête…
Je soupire. A rester là, installé dans la chaleur du feu, je commence à accuser un sérieux coup de fatigue. Je n'ai pas pu dormir la nuit dernière, car j'étais trop inquiet pour Papa, Hermione et les autres, j'ai à peine fait une petite sieste en début d'après-midi et cette nuit ci est plus que bien avancée déjà.
Alors je me lève et je vais vers la fenêtre, regardant distraitement la neige qui scintille sous la pâleur de la Lune, de plus en plus blafarde…
Le jour va bientôt se lever…
Ron, où es-tu ? Je sens ta présence, mais aucune des variations de tes émotions ou de ton humeur.
Es-tu en train de dormir ?
Tu me manques, mon amour. Reviens-moi vite…
Je sens le parfum d'Hermione s'approcher. Elle vient se couler contre moi.
« C'est le cadeau d'anniversaire pour Ron, j'imagine… » dit-elle d'une voix très douce, en désignant la petite boite que je tiens en main, la roulant machinalement entre mes doigts…
Je n'ai pas conscience de l'avoir sortie de ma poche. Je soupire et je la range…
« Oui. Je l'ai pris avec moi, pour aller au Combat. Comme un porte-bonheur. J'avais prévu de le lui donner dès mon retour… » explique-je, me sentant profondément attristé maintenant…
« Il va revenir bientôt. Il fera tout pour cela, franchira tous les obstacles qui pourraient se dresser sur son chemin. Maintenant cela ne fait plus aucun doute dans ma tête, Harry. Et de notre côté, nous allons tout faire pour faciliter son retour…» déclare Hermione, en me regardant droit dans les yeux…
Sa confiance est bien totale. Et je caresse sa joue, avec affection, avant de me tourner vers l'intérieur du salon, où les autres reviennent à leur tour..
Tout le monde s'attable et se sert de salade de fruits, de tarte et de boissons fraîches ou chaudes, pour le dessert, que nous avons ajourné pour aller nous doucher et nous changer, une fois nos estomacs apaisés. L'atmosphère est beaucoup plus détendue, même si l'inquiétude est encore au rendez-vous. Ça souffle un peu le chaud et froid depuis tout à l'heure, fait normal, puisque nous ne savons pas comment se passent les choses pour Ron et Maman…
Mais la confiance est là aussi. Et tout le monde est bien décidé à mettre les bouchées doubles pour les retrouver…
Comme j'aimerai que Luna ait une Vision qui nous mette sur la piste !…
Et comme si elle avait entendu ma pensée, elle tourne son visage vers moi, souriant tristement. Elle bouge à peine la tête…
Non. Elle n'a pas d'autre Vision…
Tant pis. Nous allons nous débrouiller autrement…
De toute façon, je ne sais pas pourquoi, mais je sens que je détiens des réponses en moi ou tout du moins des pistes. Que tout est là sous mes yeux. Et qu'il suffit d'un petit déclic de rien du tout, pour que le puzzle se mette en place…
Tu détiens bien des Clefs, Harry…
Je sursaute. C'est la voix de Ron !…
Est-ce mon imagination ? Ou est-ce la réalité ?
Non… Ce n'est pas imagination, je ressens plus fortement sa présence.
Oui, je suis bien là. Mais je ne peux pas me matérialiser dans ton esprit, ni rester longtemps, je ne suis pas assez reposé encore. Alors écoute-moi, Harry. Tout cela a un lien avec le Château de Peter Pan… Souviens-toi, tu es le Château de Peter Pan ! C'est pour cela que je peux être avec toi !
Je sursaute encore… Qu'est-ce que cela signifie ? Que veux-tu dire, Ron ?…
Tu n'es pas le seul. Il y en a un autre ici… Tu étais avec lui tout à l'heure...
Je ne comprends pas, Ron. Sois plus clair s'il te plait !
Je ne peux pas. Je n'en sais pas plus que toi là-dessus. C'est confus… Je dois te laisser maintenant. Je n'ai pas assez récupéré d'énergie pour rester plus longtemps. A plus tard, Harry. Je reviendrai, je te le promets, mon amour…
Il est parti. Ou plutôt non, il est encore là, mais… Eh bien je crois pouvoir dire qu'il est, en quelque sorte, en veilleuse…
« Que se passe-t-il, Harry ? » demande soudainement Hermione, sa main serrant mon poignet…
Je me tourne vers elle. Elle me regarde avec inquiétude. Puis elle soupire, semblant soulagée…
« Tu avais l'air tellement absent ! Et tu ne me répondais pas. Je te demandais si tu voulais encore un peu de thé, Harry… » dit-elle, me scrutant encore avec attention…
« Ron vient de me parler… » réponds-je, soulevant des sursauts et des questions immédiates…
Et je répète ce que Ron m'a dit, avant d'apporter bien sûr des précisions sur la conversation que nous avons eue avec Griborg il y a quelques jours…
« Un Château de Peter Pan ? Quelle drôle d'image ! Et que vient donc faire le conte préféré de Miho dans tout cela ? » demande soudainement Blaise, sourcils froncés…
Je ne réponds pas, laissant le soin à Bill de parler du merveilleux Château que Papa, Ron, lui-même et moi avons visité plus tôt dans la matinée du jour de notre conversation avec Griborg. Je me passe et repasse en boucle ce que Ron m'a dit il y a un instant…
Tu n'es pas le seul. Il y en a un autre ici… Tu étais avec lui tout à l'heure...
J'étais avec lui tout à l'heure… Mais je suis avec les mêmes personnes maintenant, me dis-je, en regardant autour de la table…
Mes yeux s'arrêtent soudainement sur Blaise et une autre phrase surgit dans ma mémoire…
« Mmmm… Je ne peux pas voir Plumki pour l'instant, même si je sais qu'il est là. Mais je le sens. Ça fait toujours ça, quand il se repose… »
Miho…
Peter Pan, le conte préféré de Miho…. J'étais avec Miho tout à l'heure. Et elle ne peut pas voir Plumki quand il se repose, même si elle sent sa présence…
Mais Miho est Médium et Plumki est un esprit, n'est-ce pas ? Alors quel rapport avec moi ? Et quel rapport avec le Château de Peter Pan ?
Je me lève. Complètement largué et éprouvant le besoin de marcher pour mettre mes idées en place…
Non, je ne suis pas un Médium. Je refuse de croire cela. Ce serait admettre que Ron est mort et que c'est seulement son esprit qui est avec moi. Ron est vivant. Vibrant. Chaleureux. J'ai ressenti son amour lorsqu'il m'a parlé…
Je fais les cent pas, sans prêter attention aux questions d'Hermione. Je perçois seulement du coin de l'œil que Papa l'arrête, lorsqu'elle se lève pour venir vers moi. Et je me concentre uniquement sur mes idées, passant et repassant ma main dans mes cheveux, comme si cela pouvait m'aider à voir plus clair dans tout cela…
Le Château de Peter Pan… Miho… Plumki… Cela ne cesse de tourner en boucle dans ma tête.
Et puis l'Arcade de la Mort, sur laquelle mon regard glisse à chacun de mes passages devant le souvenir figé d'Hermione, vient s'ajouter à l'équation et d'autres images surgissent, d'autres sensations et émotions…
Et subitement, je sais…
Ou tout au moins, j'entrevois une question, qui va sans doute aucun nous mener vers d'autres nébuleuses interrogations…
Auxquelles j'espère des réponses claires très bientôt…
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Dans Les Montagnes De Köerkhalyne
Acte 3 : Le Monde De Nally
Ron
« Nous ne sommes définitivement pas tout près de chez nous… » murmure-je, quand je retrouve la voix, baissant les yeux vers Nally, pour ajouter : « Là, tu me dois de sacrées explications… »
Mon cœur bat la chamade. Des idées folles, auxquelles je n'ose croire, me traversent la tête. Mais une clameur plus vive que toutes les autres s'élève depuis le trou par lequel nous sommes sortis de l'Antre de Kogriah et je devine instantanément que je vais devoir attendre, les fameuses explications de Nally…
Et donc pour savoir si j'ai raison ou non d'avoir des pensées folles…
« Tu les auras. Mais pour le moment, il vaut mieux que nous partions d'ici en vitesse. Le successeur de Kogriah est désigné. Ils vont sûrement mettre des heures à retrouver notre piste, puisque nous sommes passés plusieurs fois par la passerelle et les mêmes couloirs. Mais ils n'oseront pas se lancer dehors en plein jour et celui-ci ne devrait pas tarder j'espère. Alors profitons-en pour mettre le plus de distance possible entre eux et nous… » répond Nally, m'invitant à m'éloigner du trou en me tirant doucement par le bras…
Et nous nous mettons aussitôt en train, au bon trot…
Je ne sais pas pendant combien de temps Nally et moi-même courrons. Des plombes je crois…
J'ai même parfois l'impression que cela fait des jours et des jours…
Je ne sais pas. Le temps me parait instable. Il me semble parfois s'étirer en longueur, puis faire brusquement un bond en avant. Tout comme le paysage d'ailleurs. J'aurais juré à un moment donné, que nous avons sauté d'une montagne à l'autre…
Mon cerveau doit être sacrément fatigué. Il fonctionne au ralenti et je dois commencer à halluciner d'épuisement par moment…
Mais aussi longtemps que Nally ne me dira pas de m'arrêter, je n'arrêterai pas.
Une forêt se profile soudainement au loin. Et le jour se lève doucement. Je jette un coup d'œil sur ma droite…
Ouais, c'est bien ce que je pensais… Comme il y avait deux Lunes cette nuit, il y a deux Soleils maintenant, qui pointent à l'horizon, entre deux montagnes…
Je trébuche et Nally me retient instinctivement par le bras…
Il faut que je regarde devant moi, si je ne veux pas me viander…
Oh ! Putain ! La forêt s'est drôlement rapprochée tout à coup ! Cette fois il n'y a pas de doute ! Nous avons fait un bond en avant !
A moins que je ne rêve debout…
Quelques centaines de foulées encore et nous serons sous le couvert des arbres. Mes jambes sont en plomb, ma poitrine en feu. Je vais m'effondrer aussitôt que nous aurons passé les premiers arbres, je crois…
Et je suis heureux, que Nally ralentisse la cadence, puis s'arrête enfin, à peine l'orée franchie. Je m'effondre effectivement, à genoux sur un carré de mousse épais. Je ne sais pas combien de temps il me faut pour reprendre mon souffle. Je suis en nage, j'ai la bouche horriblement sèche et amère. J'aurais besoin de boire des litres d'eau pour me réhydrater…
« Tiens, bois ça… » souffle Nally, tout aussi essoufflée que moi ou presque, en me filant une fiole qu'elle vient de sortir de sa Pochette sans fond…
Je ne me fais pas prier et j'avale aussi sec le contenu de la fiole qu'elle m'a tendue. Elle m'aurait donné du poison à boire que j'en aurais fait autant. Bien sûr, en l'occurrence ça n'en est pas. Au contraire. Je ne sais pas ce que c'est, mais putain que c'est bon ! C'est aussi frais que de l'eau puisée à même une source et très désaltérant…
Energétique aussi, car je sens la fatigue refluer un peu …
« Nous sommes à l'abri, ici. Les Servylans ne nous chercheront pas aussi loin. Nous pourrons nous reposer aussitôt que nous aurons trouvé de quoi manger… » déclare Nally, en regardant tout autour d'elle…
« Ouais, j'ai la dalle et je suis pas contre l'idée de manger. Mais Nally, j'aimerai aussi savoir où nous sommes… Et comment nous allons pouvoir rentrer chez nous… » réponds-je, en massant mes cuisses douloureuses…
Je grimace. Je ressens les blessures de mon Combat contre les Mangemorts maintenant. Elles cuisent. Mon épaule me fait sacrément mal aussi…
« Retire ton blouson, ton pantalon et ton tee-shirt. Je vais désinfecter les multiples plaies que tu as reçues durant ton rude Combat contre les Loup Garous et les Servylans, ainsi que ton épaule… » déclare aussitôt Nally, en s'agenouillant auprès de moi, sortant un pot d'Onguent et deux fioles de Potion de sa Pochette…
Mais je pose une main sur la sienne, alors qu'elle allait ouvrir le pot…
« Cette fois, tu ne couperas pas à mes questions, Nally. J'ai besoin de réponses… » insiste-je, avec douceur, en fixant son regard…
Elle me sourit…
« Je n'avais pas l'intention de me défiler, Ron. Je t'ai promis des réponses dès que nous serions à l'abri et je vais tenir parole. Seulement, comme toi je suis affamée et j'aimerai autant te répondre, devant un bon repas. Ou tout au moins, pendant qu'il cuit. Qu'en dis-tu ? » répond-elle, en achevant d'ouvrir le pot d'Onguent…
« Cela me convient. A condition toutefois que le repas ne se fasse pas attendre longtemps. Et que tu me dises au moins où nous sommes, avant que nous nous mettions à sa recherche… » acquiesce-je, en ôtant mon blouson, mon froc et mon tee-shirt…
Je veux savoir si j'ai raison. Ou si je suis dingue…
« Nous sommes chez moi, dans le Monde où je suis née… » sourit Nally, me massant aussitôt l'épaule avec l'Onguent…
« Je croyais que tu étais française… » fronce-je aussitôt les sourcils…
Qu'est-ce que ça veut dire, le Monde où elle est née ? Nally serait donc… Non, c'est trop dingue. Je me suis cogné la tête dans la grotte. Je ne suis pas mort c'est sûr, mais je dois être dans une sorte de coma et halluciner. Ou alors je dors et je suis en train de rêver tout ça. L'évasion, notre course, tout ce que je viens de vivre est le fruit de mon imagination, me dis-je aussi, dans mon cerveau qui tourne gravement au ralenti…
« Et c'est la vérité. Mais je suis née dans une partie de la France invisible aux yeux des Moldus comme des Sorciers. Et ce Monde couvre aussi toute la Grande Bretagne ou presque et une petite partie du Nord de l'Europe… » explique-t-elle, tandis que je sens monter en moi une excitation fébrile…
Putain… J'ai raison… C'est trop dingue. Beaucoup trop dingue…Je suis donc… Oh putain de merde ! Mais c'est une légende, Ron ! Alors réveille-toi mon vieux ! me dis-je, déglutissant avec peine…
Et Nally, qui ne manque pas évidemment de remarquer mon état d'esprit, lève les yeux vers moi. Un sourire jusqu'aux oreilles…
« Oui, Ron. Nous sommes bien en Celtycie. Le Monde Légendaire crée par les Hauts Elfes du temps jadis est bien réel. Mais je suis seulement à moitié Elfe, par ma mère… » déclare-t-elle avec douceur, sur un sourire éblouissant…
Je suis sur le cul !
En Celtycie ! Je suis bien en Celtycie ! Un Monde de Légende !
Oh ! Bordel de nom de Merlin !
Putain ! C'est incroyable !
Et Nally est à moitié Elfe !
Mon regard glisse aussi sec vers ses oreilles et elle éclate de rire…
Puis elle passe sa main droite sur chacune d'elle et un Sort de Camouflage tombe aussi sec…
Nally a les oreilles un peu pointues…
« C'est tout à fait charmant… Et je suppose que Sev le sait depuis toujours… » commente-je, me sentant sur une sorte de nuage maintenant…
Putain, je n'en reviens pas…
« Oui… » répond Nally, en rangeant le pot d'Onguent dans sa Pochette, avant de préciser, sur une brève hésitation : « Et autant que tu le saches maintenant. Il est à moitié Elfe, lui aussi. Par son père… »
Et soudainement, le souvenir d'une conversation lointaine me saute à la mémoire, la voix douce et un peu rêveuse de Luna me chantant aux oreilles…
« Harry a raison Neville. Le professeur Snape nous laisse de plus en plus entrevoir sa part humaine. Et un jour nous verrons l'autre aussi. » affirme-t-elle.
« L'autre quoi Luna ? » lui demande Ginny, étonnée de cette affirmation un peu bizarre
« Son autre part… Son vrai visage… Il n'est pas comme nous vous savez… Et elle non plus…» répond Luna, énigmatique et repartant aussi sec dans ses rêveries (1)
C'était avant Halloween…
Et Luna avait raison…
Nally et Sev ne sont pas comme nous… Putain ! Ils sont à moitié Elfe !
Je me demande de quel type, tiens…
« Elfe Sylvestre, tous les deux. » répond Nally, à ma pensée, en désinfectant maintenant mes multiples plaies…
Je grimace un peu. Ça brûle…
« Je pense donc si fort ? » demande-je, en haussant un sourcil…
« Non, mais c'était une question logique et elle se lit un peu sur ton visage… » répond Nally, avant de désigner mes plaies de son index et d'ajouter : « On va laisser la désinfection se faire correctement avant de fermer cela. Ce serait bien de les laver à grande eau aussi, certaines sont un peu souillées. Alors allons-y, trouvons une source et quelque chose à manger… »
Elle se lève et j'en fais autant, remettant mon pantalon et mon tee-shirt, mais gardant mon blouson à la main…
« Putain, Nally… Tu es donc une Semi-Elfe… Ouais, bien sûr. Et je comprends que tu sois aussi résistante, maintenant. Tu as l'air moitié moins crevée que moi. » déclare-je, grimaçant un peu car j'ai bien du mal à me mettre en route, avant de demander : « C'est pour cela, n'est-ce pas, que les Elfes de maison t'appellent la Grande Dame ? »
« Oui. Entre autre. » sourit-elle, ajoutant très vite : « Mais pour l'heure, terminé les questions. Allons chercher notre repas. Ma moitié Humaine ne saurait plus rester très longtemps sans manger. Et ne t'en fais pas, je me charge de la chasse… »
J'acquiesce et nous poursuivons notre chemin en silence, avançant doucement sous le couvert des arbres, Nally avec son arc prêt entre les mains et prenant tous les deux la précaution de marcher dans les herbes tendres. J'écarte avec douceur les branches basses, nous enjambons les ronces rampantes et du bois mort. Nally dresse ses oreilles pointues et se dirige sans hésiter vers le Nord.
Je suis sûr qu'elle a repéré un point d'eau et que c'est vers lui qu'elle nous mène…
Nous devons avoir parcouru environ deux cent cinquante pas, quand la forêt s'éclaircit un peu et que je distingue moi-même le chant discret d'un ruisseau. Dès que nous arrivons non loin de lui, il ne faut plus longtemps, avant que Nally tire un beau couple de lapins…
Puis, nos mains, nos visages lavés du sang des Servylans et de Kogriah, mes multiples plaies débarrassées des souillures, Nally désinfecte de nouveau mes blessures et les ferme cette fois soigneusement. Enfin, notre chasse à la main et le plein fait dans nos gourdes en peau souple, nous nous éloignons, trouvant rapidement un coin idéal pour nous installer…
« Occupe-toi du feu, pendant que je prépare les lapins… » demande Nally, en se dirigeant vers un arbre, pour accrocher les lapins à une branche, le temps de les déshabiller…
Je grimace aussi sec, au souvenir de ce que j'ai ressenti en passant le Voile…
« Je ne sais pas toi, mais au moment où nous sommes passés au travers de l'Arcade, j'ai eu l'horrible impression qu'on me faisait ce que tu t'apprêtes à faire aux lapins… » déclare-je, en me penchant pour ramasser du bois mort
Il y en a en abondance dans le coin et nous n'aurons aucun mal à entretenir notre feu, le temps de manger et de nous reposer durant un moment…
« Mmmm… Oui, normal. Je t'expliquerai pourquoi tout à l'heure. Mais faisons les choses dans l'ordre et c'est le moment de préparer notre repas. J'ai vu des fruits en passant. Je vais aller en chercher quelques-uns. Il doit y avoir aussi des patates sauvages dans le coin, que nous pourrons mettre sous la braise. Et que dirais-tu d'accompagner tout cela d'un bon thé ? » répond Nally, avec un sourire dans la voix…
« Ben, j'ai pris mon équipement complet, certes, mais ça ne comprend pas de bouilloire, ni de thé, ni de gamelle tu sais. Juste une tente vide et des sous-vêtements de rechange… » fais-je remarquer sur un sourire, en disposant le bois pour le feu…
Nally l'allume puis elle dispose les lapins, sur une broche de fortune, avant de farfouiller dans sa Pochette sans fond…
« Mmmm… Ça devrait faire notre affaire ça… » dit-elle, en sortant deux gobelets en fer blanc et des sachets de thé Moldu…
« Ce n'est pas celui que je préfère, mais je m'en contenterai… » souris-je, en prenant le tout de ses mains…
« Bien. Je vais chercher les fruits et les patates. A tout de suite ! » déclare Nally, en s'en allant d'un pas guilleret…
Elle ne boite plus maintenant. Je la regarde s'éloigner en courant, de sa longue foulée légère et élégante. Et tous les souvenirs où nous avons parlé de l'énigme de la Grande Dame me reviennent en mémoire…
Maintenant que je sais qu'elle est à moitié Elfe, ça me semble d'une telle évidence ! Sa haute taille, sa légèreté, ses vêtements originaux, son mobilier, les armes exposées dans la vitrine de son bureau…
Ses capacités au Combat aussi. La fluidité de sa gestuelle, sa rapidité, son œil aigu, son ouïe fine…
Tout quoi…
Nous avions tous les indices en main…
Et pas un de nos cheveux n'a pensé à ça, car les Hauts Elfes font partie des légendes pour nous.
La Celtycie…
Le Monde Mythique créé par les Haut Elfes, pour se retirer de notre Monde à nous. Il existe vraiment…. J'y suis, Merlin ! …
Et il y avait une Porte pour y accéder depuis des centaines d'années peut-être au Ministère. Et nous ne le savions pas…
Je me demande soudainement combien il existe d'autres Portes comme celle-là et où elles se trouvent…
Nally voudra-t-elle répondre à ces questions-là ?
Elle revient rapidement, avec des fruits et des patates sauvages. Aussitôt après avoir piqués les légumes de la pointe de son couteau, elle les dispose, sous la braise et s'assoit à côté de moi, souriante…
« Nous avons la visite de petits curieux… » déclare-t-elle, dans un murmure…
Je hausse un sourcil et je regarde autour de nous, ne voyant rien…
« Allons, sortez de là dessous, vous n'avez rien à craindre, mes petits amis… » affirme-t-elle soudainement avec douceur, en fixant un buisson feuillu…
Il frémit timidement une fois, puis deux. Je ne vois cependant toujours rien et Nally rit doucement…
« Je sais que sa taille et sa stature sont très impressionnantes. Et c'est vrai, c'est un puissant et redoutable guerrier. Mais je vous assure qu'il ne vous fera aucun mal. Il est très doux et très protecteur, avec les gentilles petites Créatures comme vous… » sourit-elle d'un ton joyeux…
Le buisson frémit encore. Et je tends maintenant l'oreille, saisissant de très faibles couinements animés, presque excités...
Et soudainement, une petite chose bondit hors du buisson. Une Créature étrange qui ne fait pas plus de cinq ou six pouces de hauteur. Je ne saurais parfaitement la décrire. Elle ressemble un peu à un topinambour tout en longueur et tarabiscoté, avec un long cou, une figure toute allongée, des petits yeux noirs brillants comme du mica, des bras minces et des jambes un peu tordues. Elle semble presque faite d'écorce d'arbre moussue aussi et elle est vêtue d'un pagne et d'un chapeau fait de racines, d'herbe et de feuilles…
Une dizaine d'autres la suivent, s'arrêtant à bonne distance, pour m'observer avec prudence, en humant l'air de leur long nez crochu.
« Ce sont des Pytimouss. Des Lutins typiques de nos contrées sylvestres. Ils sont farouches et timides avec les étrangers. Mais ce sont d'adorables Créatures. Ne bouge pas. Ils vont s'approcher progressivement de toi et finiront même par te grimper dessus. Ils vont examiner de près ton visage, tes cheveux et tes mains. Peut-être même se glisseront-ils sous ton tee-shirt. Puis ils vont discuter entre eux et décider s'ils peuvent t'accorder confiance. Lorsque ce sera fait, l'un d'eux s'adressera directement à toi. Alors tu pourras parler et les toucher sans qu'ils aient peur… » explique Nally, avec douceur…
« Et comment saurais-je, qu'il s'adresse directement à moi… » murmure-je dans un souffle, en bougeant mes lèvres le moins possible, tandis que les Pytimouss approchent de quelques pas, s'arrêtant de nouveau, pour m'observer la tête penchée et les yeux avides de curiosité…
« Tu le sauras, n'aies crainte… » répond Nally dans un sourire, tout en s'occupant de faire tourner les lapins sur la broche…
Les Lutins s'approchent encore, s'enhardissant un peu plus. Et comme annoncé par Nally, ils finissent par me grimper dessus après au moins une demi-heure d'observation, durant laquelle Nally et moi-même restons silencieux. Et durant laquelle j'ai failli m'endormir deux ou trois fois aussi, tant je suis crevé…
Les Lutins m'examinent bien sous toutes les coutures, touchant ma peau, la reniflant. Ils inspectent mes ongles, mon nez, mes oreilles, soulèvent des mèches de mes cheveux. Ça me chatouille un peu tout ça et je dois faire une fois ou deux des efforts colossaux, pour ne pas éternuer, quand l'un d'eux tire un peu sur les poils de mon pif…
Puis ils se rassemblent, prenant leurs aises sur ma poitrine, mon ventre et mes jambes. Ça discutaille ferme…
« Ils ont senti l'odeur de Kogriah et des Servylans sur nous. Et bien sûr, comme tu en as tué plus de trois douzaines, elle est particulièrement forte sur toi. Alors ils sont en train de discuter pour décider quels nom et titre t'attribuer… » m'explique Nally et comme je l'interroge du regard, elle précise : « C'est une marque de reconnaissance et d'acceptation. Ils vont te baptiser selon leurs coutumes et le nom qu'ils vont te donner, se répandra comme une trainée de poudre parmi leur peuple. Demain à la même heure, tous les Pytimouss de la Celtycie sauront qui tu es, à quoi tu ressembles exactement, de quels hauts faits tu es capable… »
Ah… Je vais donc acquérir une certaine notoriété dans ce Monde. Je suis heureux de l'apprendre…
Soudainement, les petits couinements cessent et je reporte mon regard sur le groupe de Pytimouss. L'un d'eux se détache et grimpe sur mon genou replié. Puis il dirige ses petits yeux de mica sur moi et ôte son petit chapeau, me saluant profondément avant d'ouvrir la bouche…
« Salut à toi ! Althibalys, Grand Commandeur et Maréchal des Pourfendeurs de Servylans ! » entends-je soudainement une petite voix, directement dans ma tête…
Je suis surpris. Et je trouve le nom que ce petit Lutin m'a attribué ridicule. Les titres ronflants et tout aussi ridicules également…
« Oh… Euh… Oui, salut à toi aussi et à tes amis. Je suis honoré de faire votre connaissance et… Euh… Voulez-vous diner avec nous ? » demande-je, avec douceur, me sentant un peu béta…
Il y a aussitôt des petits rires et des trépignements sur mon ventre, des applaudissements aussi…
« Félicitations, Ron. Non seulement ils viennent de t'attribuer les deux plus grands titres honorifiques de notre Monde et de doter d'un très beau nom qui te correspond tout à fait, mais tu viens de plus, de gagner une réputation de générosité absolue, avec cette invitation à diner. Désormais, tu pourras demander n'importe quoi à tous les Pytimouss que tu rencontreras, ils se mettront en quatre pour te rendre service. A condition que ce soit à la mesure de leurs moyens bien sûr… » déclare Nally, avec un sourire joyeux…
« Ah… Et que signifie ce nom, Althibalys ? » demande-je, en tendant la main vers les Pytimouss…
Ils me laissent les toucher. Malgré son aspect râpeux, leur peau est très douce. Et ils sont très chatouilleux. Chaleureux également. Amicaux. L'un d'eux vient carrément me faire un câlin. Ils babillent avec vivacité, visiblement heureux.
« Althibalys signifie Noble et Fougueux Chevalier… » répond Nally, en vérifiant la cuisson des lapins et des patates sauvages…
Je me sens flatté. Bien plus que par les titres ronflants. Et, je dois l'avouer, je me prends d'affection pour ce nom que je trouvais un peu ridicule il y a un instant. Althibalys. Ça sonne bien finalement…
Nally prélève quelques petits morceaux de lapin cuit et les dispose sur une grande feuille, avec une patate douce ouverte, avant de me la tendre. Ça sent délicieusement bon et j'en salive abondamment…
« A toi l'honneur de leur offrir cette part, puisque c'est toi qui les a invités. Montre leur ce qu'ils vont manger, avant de poser la feuille sur le sol, entre nous deux. Ils se sentiront alors protégés et pourront s'attabler sans craindre de subir l'attaque d'un oiseau de proie ou de tout autre animal carnivore attiré par l'odeur de la viande… » déclare-t-elle, tandis que je prends l'assiette improvisée.
Je fais ce qu'elle dit, invitant les Pytimouss à s'installer confortablement sur l'herbe. Ils descendent aussitôt de mon ventre et prennent place tout autour de la feuille, se répartissant la nourriture avec équité, avant d'attaquer leur repas avec grand appétit…
« Ils ne se mêleront pas de notre conversation, si nous ne nous adressons pas directement à eux. » sourit Nally, en s'installant, lorsque nous sommes servis nous aussi…
« Et comment fait-on, pour qu'ils sachent qu'on s'adresse à eux ? » demande-je, avant de croquer dans ma cuisse de lapin…
Oh ! Putain que c'est bon ! J'étais plus affamé encore que je le croyais ! me rends-je compte, en mastiquant avec énergie…
« Tu les regardes tout simplement, en fixant ta pensée sur eux. Et tu vas découvrir que tu sauras le nom de celui auquel tu t'adresses, lorsque tu voudras parler spécifiquement à l'un d'eux. » répond Nally, avant de gouter un peu de patate douce…
« Pratique… » commente-je, avant d'enfourner encore de la viande dans ma bouche…
J'ai déjà mangé en deux bouchées, quasi toute la généreuse part de lapin que Nally m'a servie, et je me dis que si Hermione était là, elle me ferait les gros yeux, comme lorsque nous étions mômes et que j'étais toujours si affamé que je me goinfrais littéralement…
Hermione… ça m'amène à penser à Harry …
Et ça m'angoisse tout à coup…
Merde ! Putain, non !
Harry doit me penser mort !
Bordel ! Je suis là à me goinfrer tranquillement alors que Harry doit mourir de chagrin !
Putain ! Bordel de merde ! Non !
Comment ai-je fait pour ne pas penser à ça plus tôt !
Une main impérieuse et douce à la fois, posée sur mon bras, me tire de mon affolement…
« Tranquillise-toi, Ron. Harry sait que tu n'es pas mort. Et je suis certaine qu'il est parvenu à convaincre les autres aussi que tu ne l'es pas. Ni moi non plus… » assure Nally, avec douceur et fermeté à la fois…
« Comment peux-tu en être aussi sûre ? Il y a un Monde qui nous sépare ! Il ne doit plus ressentir ma présence, comme moi je ne ressens pas la sienne ! Et nous sommes passés derrière ce qu'ils pensent tous être l'Arcade de la Mort ! » réponds-je, l'angoisse au cœur…
Je n'ose imaginer la douleur que mon Harry doit ressentir…
« Si, Harry peut ressentir ta présence. Il est un Réceptacle et je ne doute pas un instant qu'une part de toi est avec lui en ce moment même… » insiste Nally, avec la même douce fermeté…
« Un Réceptacle ? Une part de moi est avec lui ? » demande-je, avec une surprise angoissée…
Qu'est-ce que cela signifie ?...
OoOoOoO
1) Une Bien Longue Journée 2/2 - Livre I
OoOoOoO
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