Disclaimer : cf chapitre 1

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Grand merci à Mistycal !

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Réponses aux commentaires anonymes sur mon forum : - Yzeute – Lion – Guest ( C'était qui ? Je n'ai pas reconnu cette fois…) – Huguette -

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Les Secrets De La Grande Dame 2 /3

Nuit du Samedi 1er au Dimanche 2 Mars dans le Monde des Hommes…

Acte 4 : Réceptacle

QG de Londres

Lee

Mille milliard de milles Gorgones !

Putain quelle bonne nouvelle !

Ça, ça remonte le moral en plein !

Nally et Ron, vivants ! L'Arcade de la Mort qui n'en était pas une ! Et ce n'est pas l'Enfer non plus !

Bon, c'est peut-être pas top quand même, l'endroit où ils sont, d'après ce que Bill nous a appris il y a quelques minutes, mais j'ai confiance ! Ron et Nally vont s'en sortir ! Ils vont nous revenir bientôt !

Je suis tellement heureux, que j'embrasse carrément le crâne à moitié chauve de Dedalus, de nouveau aux commandes de la Base que je viens de réaménager à Londres. Je ne pouvais pas dormir de toute façon et il fallait que j'occupe mon temps utilement au lieu de me morfondre dans mon pieu. Alors j'ai remplacé Mondingus, qui méritait bien une bonne nuit de sommeil après tout le boulot qu'il a eu hier…

« Tant pis ! Je n'y tiens plus ! Quitte à les réveiller, je vais prévenir la tante et le cousin de Harry, qu'ils peuvent se tranquilliser et se reposer sérieusement et en toute quiétude. Ensuite je préviendrai tous les autres. Personne ne m'en voudra d'avoir été réveillé pour recevoir une aussi bonne nouvelle, n'est-ce pas ? » sourit soudainement le vieux bonhomme, tandis que je reprends mes réglages…

J'acquiesce et il sort de la Base, tandis que je bidouille encore un peu mes boutons, souriant comme un malade. Et je sifflote joyeusement. Maintenant, on va pouvoir fêter la victoire de Harry sur l'affreux ! Et la nôtre, sur le Chemin de Traverse…

« La tante et le cousin de Harry sont fous de joie. Ils n'arrivaient pas à dormir et maintenant ils en sanglotent tous les deux de soulagement. » sourit Dedalus, en rentrant dans la Base, avec deux bouteilles de Bièraubeurre à la main.

Il m'en tend une et nous trinquons avant de boire à même le goulot…

Puis il lance un appel général sur le Bipper…

Et nous recevons bientôt des messages de retour en pagaille. Tous excités et soulagés aussi. Et avec des tonnes de questions auxquelles nous ne pouvons répondre. Alors Dedalus rédige un nouveau message général, promettant que nous donnerons des nouvelles dès que nous en aurons et priant chacun de laisser la voie libre au cas où il y aurait une urgence…

Et de ne rien divulguer de tout ça aussi bien sûr…

Et c'est de nouveau le silence sur le Bipper…

« Ah ! L'affreux se réveille ! » m'exclame-je, mon regard attiré sur le salon privé où est installé le lit de Voldemort…

Il est resté dans les choux durant un bon moment, avant de revenir à lui, après son échec à Godric's Hollow. Il faut dire que d'après ce que je sais, il s'est pris un bon coup sur le crâne.

Dedalus m'a dit que Preston a refermé son cuir chevelu éclaté, avant de lui faire avaler quelques Potions. L'affreux les a bues, a congédié son Médicomage et a fermé les yeux…

Il s'est endormi aussi sec pour trois bonnes heures, fait exceptionnel. D'habitude, après un échec, il tourne en rond, fumant et écumant de rage durant des heures et des heures, avant de pouvoir s'endormir…

Et depuis il alterne entre périodes de réveils, où il reste les yeux collés au plafond sans bouger un cil durant quelques heures, et courtes périodes de sommeil agité…

Il ne sait même pas encore que Bellatrix a perdu la Bataille sur le Chemin de Traverse, ni que Dolohov a échoué sa Mission au Ministère et que seuls les prisonniers ont été libérés. La plus grande part est arrivée au Manoir bien sûr. Parmi eux, des anciens élèves de cinquième année, les Thorpe et les autres jeunes arrêtés en même temps qu'eux, sauf Marsden.

Et le petit salaud qui a tué Cho aussi est là…

Voldemort avait dû laisser l'adresse écrite du Manoir pour eux à Dolohov et ce dernier aura pensé à la transmettre à ceux qui sont allés les libérer.

Ils sont fiérots, les petits cons, de se balader dans le Manoir Malfoy, avec Brutus le p'tit Merdeux. Que leur Maître ait échoué à Godric's Hollow, ayant même été sérieusement blessé, n'a pas l'air de les inquiéter. Ils sont excités d'être là. Ils se prennent déjà pour des caïds, des durs de durs, des vrais, des bientôt tatoués…

Ils se voient attaquer Poudlard et faire des dizaines de victimes, ajoutant sans cesse des noms à la liste déjà bien longue, des élèves et profs qu'ils veulent se faire un plaisir de torturer, avant de les tuer…

Et puis il y a Randy Bletchley aussi, qui a rejoint son frère Miles. Ces deux-là sont plus discrets. Après leurs retrouvailles, je crois que Randy a été un peu refroidi, par le manque d'enthousiasme de son frangin, quand il lui a posé des questions sur ses Missions, « la vie avec Le Maître qui doit être passionnante »…

Voldemort repousse Arcturus qui s'est collé contre lui dans son sommeil et se lève pour la première fois en plus de vingt-quatre heures. Il s'habille avec les fringues préparées pour lui par Carrow fils et se dirige vers le bureau. Mais contrairement à ce que je m'attendais, il ne se met pas à tourner en rond. Il va direct s'assoir sur un fauteuil devant la Cheminée, dont il fixe les flammes, l'air absent…

« Harry lui en a mis un sacré coup. Regarde la tête qu'il fait. Il est complètement apathique depuis qu'il est rentré au Manoir… » sourit Dedalus, avec satisfaction…

« Ouais. Je n'ai pas encore vu les images du Combat, mais il parait que Harry a été sacrément grandiose… » souris-je, avant de boire une nouvelle gorgée de Bièraubeurre…

« Epoustouflant ! Ce gamin en a dans le ventre et dans la tête. Il a dominé le Duel de bout en bout, avec une maîtrise et une virtuosité sans faille. Et un calme ! Une tranquillité sereine à toute épreuve ! Et pourtant, Merlin sait que Voldemort a fait tout ce qu'il a pu et même au-delà pour l'abattre ! Il était enragé. Incroyablement. Et chacun de ses Maléfices devaient peser des tonnes à repousser et détourner… » déclare Dedalus, avec une admiration palpable…

« Ouais… Harry est super. » acquiesce-je, avec des papillons désagréables dans le ventre…

Putain… On a failli quand même perdre notre Champion. Parce que Ron et Nally morts, Harry ne l'aurait pas supporté…

Et nous aurions été foutus…

Je me secoue. Faut plus penser à ça. C'est le passé cette peur-là. Ron et Nally sont bien en vie et on va bientôt les récupérer, où qu'ils soient. Ça travaille dur à ça, en Ecosse…

Et j'ai confiance. Même si ce sera peut-être pas de la tarte et que c'est peut-être aussi un long périple surchargé d'obstacles qui les attend, on va les récupérer, c'est sûr…

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Chez Nally

Harry

Mon cœur bat la chamade. Les questions se bousculent dans ma tête. Et je sais que les Clefs sont là, dans les réponses à ces interrogations.

Je me retourne, mon regard glisse sur tout le monde. Chacun a son attention tournée vers moi, certains yeux sont quelque peu anxieux, d'autres très curieux de savoir ce qu'il se passe dans ma tête…

Et il y a le regard de Papa…

Lui aussi se pose des questions. Et j'ai la conviction soudaine, qu'il détient des Clefs également. Plus précises que les miennes encore…

« Quelle heure est-il ? » demande-je, à tout le monde et personne à la fois…

« Bientôt six heures… » répond Bill, après avoir jeté un coup d'œil sur sa montre à gousset…

« Alors c'est un peu tôt encore… » murmure-je, en passant une main sur mon visage…

Je commence à être sérieusement crevé. Mais je sais cependant, que je ne parviendrai pas à dormir, aussi longtemps que je n'aurai pas un semblant de réponses satisfaisantes à mes questions…

« Un peu tôt pour faire quoi ? » demande Draco, sourcils froncés…

Il est inquiet pour moi. Théo aussi. Mes frères craignent que je tire trop sur la ficelle et qu'elle finisse par se casser je crois. Ils ont compris que je n'aurai pas de véritable repos, avant d'avoir retrouvé Ron…

Ou tout au moins, aussi longtemps que je ne saurais pas où il se trouve…

« Pour réveiller Miho. Je dois l'interroger. A propos de Plumki. Mais laissons-là dormir et se réveiller seule… » réponds-je sur un soupir, en revenant vers la table, pour me servir une tasse de thé…

Je devrais peut-être demander à Dobby de nous servir un peu de Vin de Cérémonie Elfique, pense-je… Mais aussitôt je me ravise. Ce ne serait pas raisonnable. Je ne manque pas d'Energie Magique. C'est de sommeil dont j'ai besoin, pour récupérer. Mieux vaut me contenter d'une Potion Revitalisante…

« Pourquoi, veux-tu l'interroger encore ? Elle nous a tout dit déjà à propos de Plumki, en novembre dernier… » réagit Blaise, sourcils arqués…

« Parce que je crois que c'est elle, l'autre Château de Peter Pan. Et que là réside la Clef qui nous permettra de savoir où sont Ron et Maman… » réponds-je, avant de porter ma tasse à mes lèvres…

Mon regard glisse encore une fois autour de la table…

« Que sais-tu d'autre de ce Kogriah, Papa ? Comment savais-tu que ce signe tout à l'heure, signifiait que cette Arcade menait directement dans son Antre ? » demande-je, mû par mon instinct…

Papa sursaute, sortant brusquement de ses pensées et se retourne vers moi…

« Ce que je sais de Kogriah ? » demande-t-il, soupirant, avant d'expliquer : « Eh bien, comme je l'ai dit tout à l'heure, c'est un Monstre hybride. Il a été créé à partir de plusieurs Créatures. Je sais qu'il a été condamné pour avoir trahi une promesse et commis des meurtres horribles. Il a été enfermé dans une cellule et le signe que je vous ai montré, a été gravé sur la pierre de la Porte destinée à l'empêcher de sortir de sa prison. Kogriah n'aurait jamais dû réussir à s'évader, selon ceux qui ont créé cette Porte. Mais à force de patience et peut-être une complicité externe, il y est parvenu quand même, poussant le vice jusqu'à emmener la Porte avec lui. Et il a disparu, purement et simplement durant de très longues années. Finalement il a été établi, que Kogriah était à la tête d'une petite armée de Servylans, et qu'il se terrait avec elle dans un Antre maudit, dont la Porte qui condamnait autrefois sa cellule, était l'une des entrées. Et que tous se nourrissaient de la chair des humains qu'ils piégeaient grâce à l'ancienne Porte de sa cellule. Et puis finalement Nally s'est trouvée face à lui, quelque part en Mongolie. Il l'a blessée puis s'est échappé avec nombre de ses Servylans. Et ils ont disparu, sans laisser de trace tangible ou presque de leur passage… »

« Il se pourrait donc que Ron et Nally se trouvent quelque part en Europe de l'Est ou en Asie ? » intervient Bill, yeux plissés sur la réflexion, dès la fin de l'explication de Papa…

Papa secoue la tête négativement, avec une expression qui signifie qu'il ne peut rien affirmer à ce propos…

« Kogriah peut être n'importe où. Il a blessé Nally il y a pas mal d'années déjà. Elle l'a ensuite cherché durant beaucoup de temps encore, suivant minutieusement chaque piste possible, dans l'espoir de mettre fin à la Malédiction dont elle est victime depuis qu'il l'a blessée avec son épée empoisonnée…» répond-il, sur un soupir…

Il se lève à son tour et effectue quelques pas. J'ai le sentiment que quelque chose le turlupine sérieusement… Et qu'il est loin de nous avoir tout dit de ce qu'il sait à propos de cette longue période où Maman est restée loin de l'Angleterre…

Pourquoi est-elle partie ? Que faisait-elle en Mongolie ? Pourquoi tant de mystères et de secrets sur cette période de sa vie ?

Tout cela m'intrigue et Hermione semble avoir les mêmes interrogations que moi. Elle regarde souvent vers Papa, les sourcils froncés. Et je poserai bien toutes ces questions qui envahissent ma tête, à m'empêcher de penser au présent, car je sens confusément que tout cela est étroitement lié à ce qu'il se passe aujourd'hui. Mais je n'en ai guère le temps.

« Pourquoi penses-tu que Miho pourrait être un Château de Peter Pan ? » demande en effet Papa à brûle pourpoint, en me fixant de son regard interrogateur…

Je soupire…

Comment expliquer tout cela, sans créer d'angoisse à la famille de Ron ?

« Bon, écoutez, je ne sais pas vraiment comment expliquer tout ça. Je vais essayer de le faire le plus clairement possible, mais avant tout, ne perdez surtout pas de vue, que je suis certain à cent pour cent que Maman et Ron sont vivants et que ce que je vais tenter d'expliquer, ne remet absolument pas cela en cause, compris ? » déclare-je, en regardant à la ronde…

« Il n'y a pas de souci, Harry. Ron et Nally sont vivants ! Pour nous tous c'est un fait, maintenant et rien ne pourra nous enlever cette certitude de la tête… » assure Charly, le regard convaincu, sous les hochements de tête approbateurs de tout le monde…

« Bien. Ok… Alors allons-y…. Je ressens la présence de Ron, je vous l'ai dit. Et ce que j'ai entendu tout à l'heure dans ma tête, n'était pas une hallucination, il m'a bien parlé, c'est certain. Seulement, je me rends compte maintenant, que sa présence n'est pas comme d'habitude. Elle est… En fait je ne sens pas de variation, dans ses émotions et son humeur. Alors j'ai pensé bien sûr, qu'il se reposait et devait même dormir sans doute… Mais en y réfléchissant de plus près, cela ne peut pas être ça… Ron et Maman sont passés dans l'Antre de Kogriah. Maman le savait, elle a vu le signe et l'a reconnu. C'est tout au moins comme cela, que j'interprète sa réaction quand elle regardait le Voile, à sa manière de se tenir la cuisse. Et… Bon, je me trompe peut-être à ce propos, mais je pense que c'est elle qui a détruit l'Arcade, une fois de l'autre côté, afin que plus personne ne puisse tomber dans ce piège à rat et surtout pas nous. Elle devait se douter que je foncerai droit dans l'Arcade… Bref… Cela fait, Ron et elle, ne se sont certainement pas attardés dans le coin. Mais ils ont sûrement eu à combattre Kogriah et des Servylans. Et maintenant, ils doivent être en chemin pour revenir ici… Par conséquent, Ron a dû ressentir de vives émotions depuis qu'il est passé derrière le Voile. Ron devrait chercher à me rassurer, à me dire où ils sont et comment les aider si nous pouvons le faire. Ron ne devrait pas me parler par énigme ! Alors je veux savoir ce que Plumki pourrait avoir à dire à ce propos… » explique-je, soupirant encore une fois…

Grand silence… Tout le monde semble perplexe, sauf Papa, Albus et Hermione…

Ma sœur de cœur réfléchit et elle présente ce petit tic qui la titille, lorsqu'elle a une idée qui lui trotte dans la tête sans vouloir sortir de l'ombre où elle se tapit.

Albus est plongé dans des pensées profondes et des interrogations…

Quant à Papa, il a l'air de réfléchir sérieusement lui aussi, mais comme s'il avait des décisions très importantes à prendre. Et soudainement, il semble se décider, avec détermination…

« Il faut que je vois les pierres. Les vraies pierres. … » déclare-t-il en se dirigeant vers la porte, vivement pressé…

« Quelles pierres ? » demande-je, en le retenant par le bras…

« Les pierres de l'Arcade, il faut que je les vois. Et pas seulement le souvenir de l'Arcade. Je pense à quelque chose, mais je ne pourrai être affirmatif qu'après avoir examiné de près ces fichues pierres. Et cela ne mènera à rien que je vous dise ce à quoi je pense, aussi longtemps que ce ne sera pas fait… » répond-il, avec une certaine nervosité cette fois…

« Pas la peine que tu te déplaces alors. Il n'y a qu'à demander. » souris-je avec fébrilité…

Nous tenons le bon bout, j'en ai la profonde conviction. J'aurai bientôt une réponse. Je vais très bientôt savoir où est Ron et peut-être pourrais-je l'aider à revenir très vite…

Papa lève un sourcil…

« Nous avons besoin des pierres de l'Arcade. Et qu'elles soient assemblées sur le sol, tels qu'elles se présentaient avant de s'effondrer… » déclare-je, avec assurance…

Aussitôt des pierres apparaissent. Elles sont rassemblées par terre, comme un puzzle dont les pièces sont un peu écartées les unes des autres…

« Pratique. Je ne connaissais pas ce salon. Ce Château est si grand ! » sourit Papa, en s'agenouillant…

Les autres viennent autour de nous. Papa fixe des yeux la pierre usée, sur laquelle nous devinons à peine le signe qui a été gravé dedans il y a longtemps…

« Mmmm… Oui, pourquoi pas… » murmure Papa, avant de demander en pointant une zone précise de la pierre: « Serait-il possible, de révéler ce symbole, avec des feuilles d'argent ? »

C'est aussitôt fait. L'argent permet au symbole de bien mieux ressortir, sur la pierre d'un noir bleuté.

Papa scrute le symbole attentivement, en redessine même le contour en l'effleurant d'un doigt, puis il examine chacune des autres pierres. Cela prend du temps et j'avoue que je commence à m'impatienter, tout comme les Jumeaux et Ginny, qui poussent de plus en plus de soupirs…

Lorsque Papa a enfin fini son examen, il sépare la pierre frappée du signe maintenant argenté, puis il demande…

« Hormis cette pierre, présentez l'Arcade sur l'autre face, s'il vous plait… »

Aussitôt, l'Arcade disparait, pour réapparaître l'instant d'après, sur l'autre face…

« Il y a d'autres signes quasiment effacés ! » s'exclame tout aussitôt Bill, avec la fébrilité de l'aventurier qui sommeille en lui, ses doigts effleurant une pierre, puis une autre et encore une autre…

« Précisez les symboles à la feuille d'argent s'il vous plait ! » s'exclame alors Draco, avec excitation…

Une vingtaine de symboles apparaissent aussitôt, sur le fronton et sur les colonnes de l'Arcade. C'est très joli…

« Nom de Merlin ! Diable de Kogriah ! C'est donc lui qui l'avait. Foutu salopard ! C'est donc là-bas que tu es revenu, hein ! Eh bien j'espère que Nally a enfin pu te trancher la tête cette fois !… » murmure Papa, en pinçant les lèvres avec mépris…

« Pourrais-tu avoir l'obligeance d'éclairer nos lanternes, Severus ? » demande aussi sec Charly, avec une vive impatience…

Mais c'est vers moi que se tourne Papa…

« Je comprends maintenant pourquoi tu ressens les choses différemment avec Ron. C'est parce que tu es un Réceptacle Harry… » murmure-t-il, le regard brillant d'une lueur déterminée…

« Un Réceptacle ? Qu'est-ce que c'est que cette histoire ? » demande Draco, qui se fait visiblement l'écho de nombreuses pensées…

Dont la mienne bien sûr…

Merde alors. Qu'est-ce que c'est que cette histoire encore ? Qu'ai-je donc encore de particulier ? Ce n'est donc pas assez que je sois le seul à pouvoir vaincre Voldemort ? Il faut encore que je me distingue des autres ?

« Oh Merlin ! Oh, Merlin ! Mais bon sang, mais oui ! C'est bien ce livre ! Suis-je idiote de ne pas m'en être souvenue plus tôt ! Oh ! Merlin ! C'est donc vrai ? Ce n'est donc pas une légende ? C'est donc bien vrai ? » explose quant à elle Hermione, l'air ébahie, se précipitant soudainement sur Papa et prenant son visage entre ses mains pour capter son regard avant d'ajouter : « Ils sont en Celtycie, c'est ça ? Ils sont en Celtycie ? »

« Quoi ?! » s'exclame de surprise tout le monde ou presque

Il n'y a guère qu'Albus, pour ne pas avoir poussé d'exclamation. Mais il lève les deux sourcils, signe d'une profonde surprise chez lui…

Et moi, bien sûr. J'ignore totalement ce que peut-être la Celtycie…

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En Celtycie

Ron

Putain ! Qu'est-ce que c'est cette histoire de Réceptacle ? Et pourquoi ça tombe sur Harry encore une fois ?

Nally sourit.

« Je vais tout t'expliquer, Ron. Mais je t'en prie, tranquillise-toi, tu inquiètes nos petits amis et il n'y a pas de raison à cela. Tout va bien, Ron. Il n'y a aucune crainte à avoir pour Harry. C'est une bonne chose au contraire, que Harry soit un Réceptacle… » déclare-t-elle, avec douceur…

Nos petits amis ?

Ah oui ! Les Pytimouss !

Avec tout ça, je les avais complètement oubliés…

Je baisse les yeux vers eux. Ils sont debout, serrés les uns contre les autres, me regardant effectivement avec une grosse inquiétude dans leurs yeux noirs brillants comme du mica…

Je soupire, puis j'inspire profondément, tâchant de calmer la chamade de mon cœur…

« Ce n'est rien, tout va bien. J'ai juste pensé à quelque chose qui m'a chamboulé, mais il semble que je me sois inquiété pour rien. Alors je vous en prie, installez-vous et finissez votre repas. Tout va bien à présent et il n'y a rien à craindre… » déclare-je, tâchant de sourire et d'avoir l'air convaincu…

C'est un soupir de soulagement collectif. L'un des Lutins, le plus câlin de la bande, vient se coller contre ma cuisse et frotte sa joue à plusieurs reprises dessus, en me caressant d'une de ses mains, avant d'aller rejoindre ses copains autour de la feuille et de poursuivre son repas…

« Je crois bien que tu t'es fait un ami pour la vie, avec lui… » sourit Nally, qui découpe un beau morceau de lapin et le dépose sur une feuille, avec une patate sauvage cuite, qu'elle a ouverte en deux.

Elle me tend ensuite la feuille et ajoute :

« Dans ton affolement, tu as envoyé l'autre dans les décors. Mange, il faut que tu reprennes des forces, après tout l'excès d'exercice que tu as fait. Et ne t'inquiète pas, je vais répondre à toutes tes questions, comme convenu... »

Je prends la feuille, en acquiesçant. Et pour lui montrer que je suis un jeune homme bien obéissant, je prélève un peu de viande avec la pointe de mon couteau, pour le mettre dans ma bouche…

Ce n'est pas que j'ai grand appétit. Il a été coupé, lorsque j'ai pensé à Harry. Mais je sais que Nally va veiller jalousement, à ce que je restaure mes forces…

« Il vaut sans doute mieux que je commence dans l'ordre et que je te raconte toute l'histoire de la Celtycie, telle que l'on me l'a racontée, dans ma prime enfance. Certes, elle contient quelques inexactitudes, omissions ou raccourcis simplistes, mais ce sera suffisant pour que tu comprennes ce qu'i comprendre pour l'instant. Et l'avantage, c'est qu'ainsi contée, cette histoire n'est pas très longue… » déclare Nally, qui mange un petit bout de lapin, avant de se mettre à raconter : « Autrefois, il y a très longtemps, la Magie est arrivée dans notre Monde, où elle a décidé de se fixer. En bonne entente avec Mère Nature, elle put visiter le Monde, par l'intermédiaire de Créatures comme les Fées et les Lutins. Un jour, Mère Nature et Magie Mère, décidèrent de créer les Hauts Elfes et les Centaures, afin de s'épanouir davantage. La Communauté des hauts Elfes était réduite, mais ils étaient beaux, intelligents, doués d'une très grande longévité et d'un sens artistique très prononcé, ce qui forçait l'admiration de leur entourage et les flattait. Ils apprirent à maîtriser la Magie, à la développer, à créer des Sortilèges qui permettaient de réaliser de grandes et belles choses, mais aussi de soigner les maladies des Animaux et des autres Créatures Magiques. Et bientôt ils purent bâtir de magnifiques villages où il faisait très bon vivre, en harmonie avec la Nature, dont ils prenaient grands soins. Puis les Humains apparurent. Au début, il fallut que les Elfes les apprivoisent, car ils étaient effrayés par les phénomènes naturels et par la Magie. Mais quand ce fut fait, les Hommes, qui les admiraient déjà pour leur beauté, leur intelligence et leur sens artistique, les admirèrent plus encore pour les bienfaits qu'ils leur apportaient grâce à la Magie, ce qui flatta davantage les Elfes également. Mais peu à peu, les relations entre les Elfes et les Hommes se désagrégèrent, quand un mal mystérieux frappa les premiers. L'un des Elfes, qui appartenait aux plus anciens, bien qu'il n'y ait aucune preuve pour le confirmer, accusa les Humains d'être à l'origine du mal mystérieux qui frappait les Elfes. Il expliqua cela comme l'expression de la jalousie des humains pour leurs talents, leur beauté, leur Magie et leur longévité. Ainsi, il gagna d'autres Elfes à sa cause et la Communauté Elfique se mit à l'écart des Hommes pour rester en bonne santé et jouir de la paix. Ils constatèrent aussi qu'ainsi, ils avaient davantage de temps pour se consacrer à ce qui les intéressait le plus : la musique, la littérature, la peinture et tous les autres arts, ainsi que prendre soin de la Nature. Par ailleurs, le mal qui avait frappé les Elfes, disparut avec leur éloignement, tendant donc à confirmer que les Humains en avaient bien été à l'origine. Ce qui mit les Elfes en colère contre les Hommes et les incita à les considérer avec mépris, quand le hasard voulait qu'ils en croisent un sur leur chemin. Durant de très longues années, la rupture fut presque totale. La Communauté Elfique se cantonna dans les villes qu'elle avait bâties. Puis quelques Elfes acceptèrent, avec réserve et méfiance tout de même, de côtoyer quelques Humains, venus leur proposer leurs services. En fait, ils virent là l'avantage de leur faire accomplir certaines tâches qu'ils considéraient comme ingrates car elles ne pouvaient être effectuées avec la Magie ou leur demandait trop de temps et d'énergie. Le mal mystérieux ne revint pas. Mais les Elfes restèrent tout de même méfiants. Méprisants également, envers ces êtres qu'ils considéraient comme rustauds, grossiers, dénués de véritables talents artistiques. Et ils ne fournissaient pas beaucoup d'efforts pour prendre soins d'eux-mêmes, pensaient-ils également. Bref, ils ne voyaient pas du tout, que les pauvres Humains qui étaient à leur service, travaillaient bien trop, pour avoir du temps à consacrer à l'art ou pour cultiver leurs connaissances, même pour apprendre à se soigner… »

Je suis suspendu aux lèvres de Nally, dont le visage est un peu rêveur, tandis qu'elle raconte son histoire. Son regard est perdu dans les arbres. Elle semble complètement ailleurs et hors du temps.

« La Magie fut bien évidemment très déçue par ce comportement. Elle qui voulait s'épanouir dans le Monde, voyait ses frontières limitées aux quelques villages des Elfes. Elle décida donc d'étendre son don aux Hommes, bien plus nombreux que les Elfes et dont la population s'étendait sur tous les continents. Les Elfes, qui avaient une haute opinion d'eux-mêmes, en furent fâchés et même terriblement vexés. Comment ? De simples Humains ? Qui jouissaient d'une durée de vie si ridicule ? La Magie allait leur faire don de ses pouvoirs ? Cela leur sembla insensé. Les Humains n'étaient que des animaux, imbéciles, jaloux et belliqueux, tout juste bons à cultiver des champs et de s'adonner à la cueillette. A se faire la guerre aussi. Jamais ils ne seraient capables d'élever des villages aussi beaux que ceux des Elfes et leur faible constitution ne leur permettrait pas de développer d'aussi grands pouvoirs Magiques qu'eux ! s'écrièrent même certains d'entre eux. Les plus puissants et influents, pour la plupart… » raconte encore Nally, dont le ton est tout à fait adapté à ce qu'elle narre…

« C'est drôle, mais ça me rappelle vaguement quelqu'un, ça… » interviens-je, profitant qu'elle fasse une pause dans son récit pour s'hydrater avec un peu de thé…

« Mmmm… Oui. Tu as raison. Le parallèle avec Voldemort s'impose bien… » sourit Nally, avant de poursuivre : « Les Elfes étaient donc très mécontents et essayèrent de convaincre la Magie de renoncer à son projet. Ils allaient mettre le Monde Magique en danger, le mener à sa perte ! Ils feraient tout pour anéantir les Elfes par jalousie de leur longue vie. Les hommes n'avaient-ils pas déjà essayé de le faire par le passé ? argumenta même le plus Ancien des Elfes. Mais bien sûr, la Magie faisait ce qu'elle voulait. C'était son don après tout et elle pouvait bien en doter qui elle voulait. C'est ainsi que furent créés les premiers Sorciers, au grand mécontentement des Elfes. Maintenant que les Humains avaient quelques maigres pouvoirs Magiques, le Monde allait sombrer dans le plus grand chaos déclarèrent-il. Que la Magie ne croit pas, qu'ils mettraient de l'ordre dans tout cela ! Ils ne conseilleraient pas les Hommes, ne les aideraient pas à maitriser leur pouvoir, ni à les développer ! Qu'ils se débrouillent donc ! Ils ne voulaient pas voir cela ! C'est ainsi, qu'ils décidèrent de se retirer totalement du Monde et surtout des lieux où il y aurait des Sorciers. Mais voilà, les Humains étaient partout présents dans le Monde et comme la Magie voulait s'épanouir, où qu'ils iraient, les Elfes finiraient par être obligés de côtoyer ces maudits Sorciers. Ils réfléchirent, pour trouver la solution qui leur conviendrait le mieux. Et c'est ainsi qu'est née l'idée de créer la Celtycie, un Monde invisible aux yeux de tous les Humains, qui s'étendrait sur les terres déjà habitées par les Elfes. Ainsi, les Elfes n'auraient pas besoin de bâtir de nouveaux villages. Il suffisait de les soustraire, de les dérober à la vue et de les protéger… »

Les Lutins écoutent Nally attentivement eux aussi, la regardant la tête un peu penchée sur le côté et blottis les uns contre les autres, comme des gosses à la veillée et cela me fait sourire.

C'est vrai qu'ils sont adorables, ces Pytimouss…

« Finalement, c'est ce que nous avons fait, nous aussi, avec Pré Au Lard, le Chemin de Traverse, le Village de Dublin et tous les autres… » fais-je remarquer, à la faveur d'une nouvelle pause de Nally…

« Mmmm… Pas tout à fait. Car les Elfes ont fait les choses en très grand, à la mesure de la puissance dont ils disposaient. Ils ont vraiment créé un Monde nouveau, superposé à celui qui existait déjà. Seuls, quelques lambeaux de terres rattachent ces deux Mondes, constituant pour certains, à la fois des points d'ancrage pour la Celtycie et des ponts entre les deux Mondes, qui coexistent dans ces lieux. » répond Nally, en me servant une nouvelle feuille…

Je la prends avec plaisir. J'ai retrouvé l'appétit, durant cette très intéressante histoire…

« Ah… Ok… Mais dis-moi, notre Ministère est-il situé sur l'un des ponts, pour que nous ayons pu passer dans ce Monde ? » demande-je, avec une curiosité dévorante…

Je tiens à tout savoir sur la manière dont nous avons pu arriver ici. Et pourquoi j'ai eu l'affreuse sensation d'être déshabillé comme un lapin au moment où j'y suis entré…

« Non. A moins d'être expressément invités à le faire, aucun Sorcier ne peut plus pénétrer sur les lieux qui constituent des points d'ancrage et encore moins sur les ponts. Mais je pense que le Ministère a été bâti là où était la Porte que nous avons traversée. Quand a-t-elle été trouvée par les Sorciers, je n'en sais rien, mais probablement quelques années après la construction du Ministère. La seule chose dont je sois certaine c'est qu'ils n'ont pas pu la déplacer. Seuls les êtres habitant la Celtycie peuvent le faire. Et je pense qu'elle a été placée dans l'Antre de Kogriah volontairement... » répond Nally, avant de manger un morceau de lapin avec appétit…

« Je ne comprends pas. Si ce n'est pas un point d'ancrage, ni un pont, comment cela se peut-il ? » interroge-je, en haussant un sourcil…

« Un défaut dans la structure de la Celtycie, provoqué par Kogriah, dans l'espoir de se procurer de la viande de temps en temps, peut-être. Ou l'œuvre de quelqu'un d'autre tout aussi malintentionné, qui l'aura placée là pour lui. Ce qui est plus probable à mon sens, puisque la Porte a été volée bien avant que ce Monstre de Kogriah ait été créé… » répond Nally, avec une grimace…

Je grimace aussi. C'est franchement dégueulasse. Et je chasse vite les horribles images qui me viennent en tête, reportant mon attention sur ce que vient de me raconter Nally. Et je fronce soudainement les sourcils…

« Le Village des Elfes… Il est situé sur l'un de ces points d'ancrage, n'est-ce pas ! C'est pour cela que c'est toujours le printemps là-bas ! » murmure-je, me souvenant que Severus nous a confié avoir hérité cette terre de son père…

« Oui. Et seul Severus peut y inviter qui il veut, quand il veut. Cette terre est à lui… » confirme Nally, avec un doux sourire, avant de préciser : « Elle ne constitue pas un pont cependant. Et n'en a jamais été un.… »

« Ok… A la suite de l'histoire, maintenant. Je suis impatient de la connaitre… » souris-je, avant de croquer dans une patate sauvage…

Nally émet un petit rire joyeux, avant de reprendre…

« La Celtycie maintenant créée, les Elfes s'y installèrent. Au début, ils furent très satisfaits, de vivre ainsi en autarcie. Mais ils finirent tout de même par s'ennuyer un peu, surtout ceux qui aimaient s'occuper des Créatures Magiques et des animaux. Et puis, ils découvrirent aussi, que les Humains qu'ils méprisaient, leur avaient rendu bien plus de services qu'ils s'en étaient rendu compte, en accomplissant leurs corvées. Et notamment, lorsqu'ils cultivaient les champs. Le faire était très fatigant, même avec la Magie. Et cela prenait beaucoup de temps, qu'ils ne pouvaient donc plus consacrer à leurs loisirs artistiques. Et puis encore, ce serait bien de faire commerce de temps en temps avec les Humains, leur vendre les œuvres d'art, le mobilier et les bijoux amoureusement confectionnés par leurs soins. Seulement voilà, les Elfes avaient grand orgueil et ils ne voulaient toujours pas côtoyer les Sorciers. Par conséquent, ils ne pouvaient se dédire et retourner dans le Monde d'où ils venaient. Et puis, la Celtycie était un lieu très agréable, dans lequel ils avaient investi beaucoup de leur puissance Magique. Qui en demandait aussi beaucoup pour perdurer, au point qu'ils devaient user de leur énergie Magique exclusivement pour la maintenir en équilibre. Puisqu'ils ne pouvaient retourner d'où ils venaient, ils devaient faire venir à eux ce dont ils avaient besoin. Des Elfes furent donc mandatés pour aller chercher des Créatures Magiques, des animaux et des Êtres Humains volontaires pour se retirer avec eux en Celtycie. Mais lorsque cette délégation arriva dans leur ancien Monde, le temps avait passé et des conflits étaient nés entre les Humains sans pouvoir et les Sorciers. Ceux sans pouvoir, maintenant appelés Moldus, étaient jaloux ou apeurés par la puissance des Sorciers. Et parmi les Sorciers, certains avaient peur de leurs propres pouvoirs récemment acquis et aurait préféré ne pas en avoir. Parmi ceux-là, la délégation eu la surprise d'en reconnaitre certains, qui étaient des escendants d'Homme ayant été à leur service autrefois. Ils les auraient bien emmenés avec eux, puisqu'ils savaient ce que leurs parents valaient au travail et pouvoir leur faire confiance. Mais la décision du Conseil de Celtycie avait été très claire : il ne fallait pas inviter de Sorcier à vivre en Celtycie. Alors que faire ? » narre encore Nally, avant de s'hydrater une fois de plus la bouche avec du thé…

Et les Lutins profitent de cette courte pause, pour changer un peu de position. Certains vont s'installer sur Nally, les autres viennent sur moi, grimpant vivement sur mes jambes positionnées en tailleur, pour s'appuyer contre mon ventre…

Mon petit copain câlin, vient même prendre quartier à l'intérieur de mon blouson en peau de Dragon que j'ai remis car la fatigue me file des frissons. Il ne laisse dépasser que sa tête et ses mains qui s'accrochent à ma fermeture éclair…

« Les Elfes réfléchirent intensément au problème qui se posait maintenant à eux et bientôt leur décision fut prise : ils allaient créer des Portes, qui permettraient aux Sorciers de laisser leurs pouvoirs Magiques derrière eux. Très bien, dirent les Sorciers, mais si finalement nous changions d'avis et que nous cessions d'avoir peur de notre Magie, pourrons-nous retourner chez nous et la retrouver ? Ce n'était vraiment pas le problème des Elfes cela et ils n'avaient guère envie de réfléchir encore pour trouver une solution à cela. Ils étaient donc sur le point de répondre aux Sorciers que ce ne serait pas possible, lorsque l'un des Elfes fit soudainement remarquer que cela pourrait fâcher très fortement la Magie, si on laissait perdre les pouvoirs qu'elle avait confiés à ces Sorciers. Et qui sait comment elle réagirait alors. Peut-être déciderait-elle de punir les Elfes et de leur ôter leur Magie. Ce qui reviendrait à détruire le Monde qu'ils avaient eu tant de mal à créer. Temps de réflexion fut donc de nouveau pris. Et au grand étonnement des Elfes, la solution fut suggérée par un Sorcier. Peut-être, les Sorciers pourraient-ils confier leur Magie à un autre Sorcier de confiance, qui la stockerait simplement dans son corps, jusqu'à ce que son propriétaire revienne et la reprenne ? Les Elfes, tout comme les Sorciers, furent séduits par cette proposition. Mais pour que celle-ci soit applicable, il fallait des Sorciers de solide constitution et qu'il y ait assez de place en eux, pour stocker la Magie d'un autre Sorcier, en plus de la leur. Or les Elfes ne disposaient pas des pouvoirs nécessaires, pour résoudre ce problème là… » narre Nally, de sa voix douce, tout en caressant tour à tour, les Lutins qui ont pris place sur elle

Je vais bientôt avoir mon explication concernant les Réceptacles, savoir ce qui arrive encore à mon Harry. Et je suis toute ouïe naturellement, tendu vers le récit à venir.

« Les Elfes, très proches de Mère Nature dont ils prenaient grand soin, décidèrent de lui demander d'intervenir. Elle se fit un peu prier. La Magie lui avait déjà demandé de renforcer la constitution de certains Hommes, afin qu'ils puissent jouir de son don. Ce que demandaient les Elfes, allait encore nécessiter de sa part, du travail supplémentaire. Et un travail qu'il faudrait renouveler très souvent, puisque les Humains en général, n'étaient pas doués de très longue vie. Les Elfes, lui suggérèrent alors de rallonger un peu celle des Sorciers et de limiter le nombre de ceux qui pourraient recueillir et protéger la Magie d'un autre Sorcier, en procédant à une sélection rigoureuse. Mère Nature y réfléchit. Certes, la Magie lui avait demandé service avant les Elfes. Mais les Elfes prenaient soin d'elle depuis très longtemps, bien longtemps avant que la Magie, n'ait recours à ses services, afin que ses pouvoirs puissent s'épanouir davantage, par l'intermédiaire des Hommes. Elle prit donc décision de satisfaire les deux parties. Cependant, il fallait aussi qu'elle se ménage elle-même. Il n'y avait pas de raison qu'elle ait davantage de travail qu'elle en avait déjà. Mais l'affaire ayant été conclue avec la Magie, elle ne pouvait revenir dessus. Alors puisque la demande venait d'eux, elle décida donc de limiter le nombre de Hauts Elfes qui ne pourraient plus avoir plus de trois enfants par couple. Pour ne pas froisser la Magie, qui tenait aux Haut Elfes et à la Celtycie, elle créa à la place des petits Elfes, qui vivraient dans le Monde des Hommes et pourraient recevoir une belle quantité de pouvoir, mais dont la vie serait beaucoup plus courte. Ainsi, naquirent les Elfes de maison et l'énergie économisée, permit aux Sorciers de voir rallonger un peu leur durée de vie, mais aussi de doter certains d'entre eux d'un réservoir à Magie supplémentaire. Ils furent aussitôt baptisés, des Sorciers Réceptacles. Et c'est ainsi que les Sorciers purent accéder à la Celtycie, laissant au moment de franchir la Porte, leur Magie en garde à ces Sorciers Réceptacles… » achève Nally, sur un ton doux, en me fixant de son regard…

Alors c'est donc ça, la sensation que j'ai ressentie, en passant au travers de l'Arcade… J'ai laissé ma Magie derrière moi. Et ce serait Harry qui la garderait pour moi ?…

« Comment peux-tu être certaine, que Harry est un Réceptacle ? Et comment peux-tu aussi être certaine, que c'est lui qui stocke et protège ma Magie en ce moment, alors qu'il était à quelques centaines de miles, quand nous sommes passés derrière le Voile ? Et s'il y avait eu un autre Réceptacle dans le coin ? Tiens un Mangemort par exemple ! Et celui-là même qui nous a propulsés dans l'Antre de Kogriah peut-être ? Or, telle que je connais Hermione, elle a dû le tuer de ses propres mains pour avoir fait ça ! Et si cela avait en même temps tué ma Magie ? » demande-je, avec une vive inquiétude…

Les Lutins y réagissent aussitôt, se pelotonnant contre moi et mon petit copain câlin va carrément se réfugier sous mon blouson cette fois. Je le sens trembler contre moi…

« Désolé. Je vous demande pardon de vous causer ainsi des frayeurs avec mes angoisses… » déclare-je donc, posant une main protectrice sur eux et allant à la recherche de mon petit copain de l'autre, pour lui répéter mes excuses…

En réponse, ils frottent leur tête contre moi et mon petit copain câlin vient se loger dans mon cou…

Phyas…

C'est comme cela, qu'il s'appelle, prends-je conscience, vaguement étonné, avant de me souvenir que Nally m'avait prévenu que cela arriverait, lorsque je m'adresserai à l'un d'eux en particulier…

« Une question à la fois, Ron. » sourit Nally, qui console aussi ses petits Lutins à force de caresses, « Je sais que Harry est un Réceptacle, depuis que nous sommes entrés en Communion Magique. Et je suis certaine que c'est lui qui protège ta Magie actuellement, parce que vous êtes si liés que vos Magies ne cessent de courir l'une après l'autre pour flirter. Et elles s'attirent comme des aimants. Souviens-toi que ton Grizzly est même entré en Communion avec Harry, alors que tu étais en Suède et lui à Poudlard. Alors ta Magie n'a pas hésité une seconde à filer vers Harry, pour rejoindre la sienne dès lors qu'elle t'a été arrachée, tu peux en être certain… »

Elle est sûre de son fait, sous son air malicieux. Cela ne fait aucun doute. Et cela me rassure…

Je soupçonne cependant, qu'elle a encore quelque chose à me dire. Car derrière la malice et la certitude, il y a aussi une certaine gravité…

OoOoOoO

Chez Nally

Harry

Tous les autres fixent Hermione, l'air éberlué. Puis des regards deviennent incrédules…

« Euh… Hermione. Je crois que tu fatigues sérieusement là. Il serait peut-être bon que tu ailles dormir un peu… » intervient Draco, coupant la parole à Papa qui allait répondre…

« Non ! Mais non ! Tout concorde, bon sang ! Vous n'avez donc pas compris ? » répond Hermione, qui nous regarde à la ronde, avec une excitation qui illumine d'une joie indicible ses yeux, toujours bouffis par les larmes qu'elle a versées durant des heures et des heures …

Et comme elle ne manque pas de noter les expressions dubitatives des uns et des autres, elle ajoute tout aussitôt :

« Vous n'avez donc pas lu le superbe livre de Maximus Légendarion, qui se trouve à la bibliothèque ? Bon sang ! Moi, c'est le premier livre que j'y ai emprunté ! »

Il y a un petit soupçon de reproche dans le ton de sa voix…

« Euh… Si tu veux parler de cet énorme bouquin d'au moins trois cent mille pages… Non, je ne l'ai pas lu, je l'avoue…Et franchement, à part toi, je ne connais personne à Poudlard à qui il viendrait l'idée d'emprunter ce bouquin. Surtout pas chez les Sorciers. La légende de la Celtycie se transmet par tradition orale, chez nous… » répond Blaise, avec un peu de moquerie

« Il ne fait pas trois cent mille pages, ce livre ! Il en fait à peine trois mille cinq cent ! Et vous avez bien tort de ne pas l'avoir lu ! Vous avez raté l'occasion de lire une extraordinaire histoire ! Votre tradition orale l'a sérieusement tronquée et même déformée ! Et si vous aviez pris la peine de lire ce merveilleux livre, vous sauriez ce qu'est un Réceptacle !... » s'exclame Hermione, fronçant à peine les sourcils, avant d'ajouter très vite : « Ce n'est pas comme cela que Maximus Légendarion a appelé cela, mais bon, ce doit être la même chose, j'en suis certaine… »

Puis elle lève de nouveau les yeux vers Papa, pour demander encore…

« C'est bien cela, n'est-ce pas ? Ils sont bien en Celtycie ?… »

« Expose ton idée, Hermione… » répond-il avec douceur, un sourire dans les yeux…

« J'ai raison ! J'en étais sûre ! Ça fait partie du Secret de Nally, n'est-ce pas ! Et du tien par la même occasion ! » s'exclame Hermione, serrant le cou de Papa en riant…

Papa me regarde-moi, avec profondeur. Hermione dit vrai, lis-je dans ce regard. Il va la laisser nous raconter ce qu'elle a compris, mais Hermione a bien deviné où se trouvent Ron et Maman…

« Bon ! Allez, vas-y Hermione ! Ne nous fait pas languir ! Inonde-nous te ton savoir, pauvres ignorants que nous sommes ! » l'invite Draco, avec impatience…

« D'accord ! Et soyez heureux car je suis effectivement épuisée, alors je vais vous faire la version courte ! » s'exclame Hermione, avant de nous donner les fameuses explications…

Je suis très attentif, bien évidemment. Mais bien évidemment aussi, une question me turlupine rapidement. Et je ne suis pas le seul à être tracassé. A peine Hermione a-t-elle fini son petit exposé, que Molly intervient…

« Si c'est cela, comment être sûr que Ron est encore en vie, maintenant ? » demande-t-elle, avec anxiété…

« Il n'y a pas d'inquiétude à avoir, Molly. La Magie se retire de notre Monde lorsque son hôte Sorcier meurt, qu'elle soit avec lui ou non… » répond Papa, avec douceur et d'un ton assuré…

Cela me soulage infiniment. Tout autant que Molly, bien sûr…

« Et donc, la Celtycie existe bien. C'est incroyable ! Vraiment incroyable ! Mais dis-moi, Sev, comment tu peux savoir ça et en être aussi sûr, surtout ? » demande maintenant Charly en arquant un sourcil…

« Je suis né ici, dans ce Monde, en Angleterre plus précisément. Mais mon père était un Elfe Sylvestre…. » révèle Papa, avant de passer ses mains sur ses oreilles, révélant ainsi qu'elles sont un peu pointues et qu'il dit bien la vérité…

Pour une révélation, c'est une révélation ! Pourtant je ne suis pas aussi surpris que ça dans le fond et mon regard glisse vers Luna… Elle est la seule à ne pas être surprise du tout… Ce qui ne m'étonne pas. Je suis certain au fond de moi, qu'il y a longtemps qu'elle a deviné la véritable nature de Papa… Et de Maman….

Car Maman a des origines en Celtycie elle aussi, j'en suis profondément convaincu…

Remus secoue la tête, comme pour se remettre les idées en place…

« Raconte-tout. Ou sinon tu vas avoir à répondre à des milliers de questions… » déclare-t-il, invitant Papa à se relever du sol, en le prenant par le bras, avant de l'entraîner vers la table, autour de laquelle tout le monde reprend place tout aussitôt…

Et accepte une bonne tasse de thé, sur la proposition de Molly, avant de laisser parole à Papa…

« Je n'ai pas grand-chose à vous dire, vraiment. Mon père était un Elfe Sylvestre et il était plutôt aventureux également. Après avoir visité et revisité des centaines de fois tous les recoins de la Celtycie, pour une raison que j'évoquerai peut-être un autre jour, il a décidé de venir dans notre Monde. Il a rencontré ma mère, en est tombé amoureux et a choisi de renoncer à son Elfitude, pour l'épouser. Comme il n'usait pas de Baguette pour faire de la Magie et n'en effectuait jamais en dehors de notre cellule familiale, tout le monde a pensé que Maman avait épousé un Moldu. Papa n'a pas détrompé qui que ce soit afin que le secret de la Celtycie soit préservé. En ce qui me concerne, je ne suis qu'à moitié Elfe et je ne suis allé en Celtycie qu'à quelques reprises avec lui. Vous pouvez avoir une petite idée du climat de certaines parties de ce Monde cependant, puisque vous êtes venu au Village des Elfes. C'est un des points d'ancrage de la Celtycie. Pour le reste, je vous en parlerai plus tard si vous le voulez, mais je n'ai vraiment pas grand-chose à en dire… » explique-t-il, avant de boire un peu de thé…

« Je croyais les Elfes imberbes et glabres… » fait remarquer Draco, en fronçant les sourcils, les yeux fixés sur la barbe de Papa…

« Exact. Mais je ne suis qu'à demi Elfe. J'ai donc hérité de caractéristiques humaines, dont la pilosité. Et comme je n'ai pas fait le choix de l'Elfitude, je les ai toujours. » répond Papa, avec un sourire…

« Maman non plus, n'a pas fait le choix de l'Elfitude, je suppose… » glisse-je aussitôt, coupant court à la question qu'allait poser Ginny…

Papa se tourne vers moi et toutes les oreilles se dressent, certaines surprises…

« Non, effectivement. Bien qu'elle soit une semi Elfe née en Celtycie quant à elle, tout comme moi elle préfère nettement rester ici, parmi ceux qu'elle aime. Mais de cela, c'est à elle d'en parler, de révéler pourquoi elle est venue ici, lorsqu'elle était enfant encore. Et pourquoi elle a dû partir durant de longues années, avant de revenir en Angleterre… » répond Papa, avec une grande douceur…

Il ne fait nul doute cependant, que ce n'est guère la peine de perdre du temps à insister pour qu'il en parle lui-même. Il ajoute ensuite, qu'il comprend maintenant pourquoi il ne sent plus Maman. Elle est autorisée à entrer en Celtycie avec sa Magie, contrairement à Ron…

« Eh, ben… Pour une surprise, c'est une surprise, tout ça… Pas un de mes cheveux n'aurait jamais pensé à cela. » déclare Bill, son expression confirmant bien son propos, avant d'arquer un sourcil, pour demander : « Bien… Donc, finalement, cette Porte mène en Celtycie. Mais alors pourquoi porte-t-elle la marque de ce Monstre, là, Kogriah ? Et que voulais-tu dire tout à l'heure par, je cite : c'est toi qui l'avais ? »

« Je croyais sincèrement que l'Arcade était la Porte de l'ancienne cellule de Kogriah, jusqu'à ce que je l'examine en détail. Sans doute a-t-il dû la laisser celle-là derrière lui lorsqu'il a pris la fuite après avoir blessé Nally en Mongolie. Bref, peu importe ce qu'il en a fait ou non. Sachez qu'il y avait autrefois sept Portes comme celle qui est là. » déclare Papa, désignant les pierres sur le sol, avant de poursuivre : « Trois ont été désactivées par les Elfes, lorsque leurs rapports se sont sérieusement envenimés avec les Sorciers, qui ont trouvé finalement le moyen de conserver leur Magie au moment de les franchir et en ont profité pour entrer en grand nombre en Celtycie. Mais ça c'est une autre histoire qu'il sera temps de vous raconter plus tard et Nally le fera bien mieux que moi. Trois autres Portes, ont été déplacées, dans le plus grand secret et très bien cachées. Si bien, que deux d'entre elles sont maintenant perdues aussi bien pour les Elfes que pour les Sorciers. Et la dernière a été volée. Et, comme nous le savons à présent, elle a fini par tomber entre les mains de Kogriah. Quant au signe, qui m'a permis d'identifier cette Porte comme menant dans l'Antre de Kogriah, la révélation du symbole par les feuilles d'argent, permet de constater qu'elle manque de maitrise et de précision. C'est lui, qui a dû l'apposer, comme un pied de nez à ses anciens geôliers, je suppose, avant que la Porte volée soit trafiquée, afin de ne laisser passage que dans un sens, comme le faisait celle de sa cellule… »

Papa marque ensuite un silence profond, le regard un peu perdu dans le vague, tandis que les commentaires vont bon train autour de nous. Il faut dire qu'il y a de quoi commenter…

Le Monde légendaire des grands Elfes… Il existe et Ron se trouve quelque part là-bas. C'est assez incroyable quand même…

« A toi, Harry. T'importe-t-il toujours autant de voir Miho ? » demande maintenant Papa, son regard revenant sur moi…

« Plus que jamais. Parce que si comme je le pense elle est bien un Château de Peter Pan, ou un Réceptacle, comme tu préfères, alors il se pourrait bien que Plumki ne soit pas l'esprit de Regulus, mais bel et bien la Magie de Sirius… » réponds-je, me sentant soudainement sourire jusqu'aux oreilles

Remus sursaute et son regard s'allume d'une belle lueur d'espoir, qui s'éteint cependant très vite.

« Miho a décrit Plumki comme un jeune homme d'environ ton âge ou à peu près, ce qui correspond davantage à Regulus, qui est mort alors qu'il n'avait que 19 ans. Sirius en avait 35 quand il est passé derrière le Voile… » soupire-t-il, maintenant déçu, avant d'ajouter : « Et puis, pourquoi la Magie de Sirius serait-elle allée se réfugier en Miho, alors que tu étais là, au moment où il l'a fait… »

Ses arguments se tiennent, bien sûr et j'avoue que je ne sais pas quoi répondre à cela. Pourtant, je m'accroche à mon idée. Je suis sûr que j'ai abrité sa Magie, même si effectivement j'ai cessé de ressentir la présence de Sirius au bout de quelques semaines.

« Maximus Légendarion a expliqué dans son livre, que la Magie s'imprégnait de la personnalité et de l'apparence de son Sorcier. Sirius avait 35 ans, c'est vrai. Mais il avait conservé une âme d'adolescent, malgré les épreuves de son emprisonnement à Azkaban… » intervient Hermione, sourcils froncés sur sa réflexion…

« D'accord pour cela, admettons que la Magie de Sirius apparaisse comme un Sirius adolescent aux yeux de Miho. Mais encore une fois, pourquoi se serait-elle réfugiée en Miho, plutôt qu'en Harry, qui était présent, lorsqu'elle a été arrachée à Sirius ? Pourquoi ne lui a-t-elle pas parlé ? Pourquoi ne s'est-elle pas montrée à lui ? » répond Remus, de plus en plus attristé…

« Parce qu'elle a voulu me protéger, tout comme l'aurait fait Sirius ! » réponds-je soudainement, sur une inspiration soudaine…

Je me lève, comme tout à l'heure. Et je fais quelques pas de long en large, dans le grand silence de chacun, avant de me diriger vers Remus.

« J'ai abrité la Magie de Sirius durant un temps, j'en suis certain. Mais l'idée de sa mort me causait un immense chagrin. Je me sentais horriblement coupable aussi, d'être tombé dans le piège de Voldemort et d'avoir ainsi mené Sirius droit vers ce que je croyais être sa mort. La Magie de Sirius a dû s'en trouver affectée et n'aura pas voulu en ajouter à mon trouble, en me parlant, en se montrant. Elle a dû penser, que je croirais devenir fou, comme j'en avais été accusé depuis des mois. Peut-être aussi a-t-elle compris que j'étais capable d'aller me jeter tête la première dans l'Arcade pour aller chercher Sirius, si j'avais acquis la pleine certitude qu'il était encore en vie quelque part. Ensuite, si au début, je refusais de croire à la mort de Sirius, j'ai fini par me laisser convaincre, par me faire une raison. Et maintenant plus j'y songe, plus je suis convaincu que ce moment-là, celui où j'ai commencé à accepter le fait que Sirius soit mort, correspond à celui où je n'ai plus ressenti sa présence. Et cela s'est produit, à l'époque où Miho, est arrivée avec sa famille d'accueil, dans la maison voisine de chez Tante Pétunia. Et c'est sa Magie qui est venue me rendre visite à Priest Hole, pas son esprit. Sa Magie, j'en suis sûr maintenant. Et il avait effectivement l'air plus jeune. Il ressemblait davantage au Sirius de la photo prise lors du mariage de mes parents…» explique-je, avec conviction, avant d'ajouter, sur un sourire : « Et de toute façon, ce sera facile à vérifier maintenant. Il suffit de demander à Miho de nous montrer son Plumki, tel qu'elle le voit, au travers de l'un de ses souvenirs. Ou mieux, en demandant à Plumki de venir me montrer directement ce à quoi il ressemble … »

L'espoir revient chez Remus. Je le vois dans ses yeux, même s'il n'ose pas le laisser s'épanouir totalement encore une fois. Il a perdu son ami à deux reprises déjà. La première fois lorsqu'il a cru qu'il avait trahi mes parents, ses amis et l'Ordre du Phénix. La seconde il y a maintenant près de neuf mois.

Alors je comprends qu'il ne veuille pas voir cet espoir-là déçu…

OoOoOoO

En Celtycie

Ron

Je réfléchis encore un peu à tout ce que Nally vient de me révéler.

Je me suis donc fait dépiauter de ma Magie, lorsque j'ai franchi cette fichue Porte qui nous a menés droit dans l'Antre de Kogriah. En passant, il faudra que Nally m'explique comment elle a pu se trouver dans un tel endroit cette Porte. Ce n'est tout de même pas le genre de chose qu'on laisse entre n'importe quelles pattes. Parce qu'on ne peut pas dire que c'est bon pour le tourisme et le commerce, de réceptionner les visiteurs dans un hôtel déclassé moins cent milles étoiles et dans lequel ils sont servis au dîner du propriétaire monstrueux et de ses non moins monstrueux chéris

Bref…

J'ai laissé ma Magie derrière moi. Et c'est Harry qui en est certainement le gardien provisoire.

Ben heureusement que j'ai appris à vivre comme un Moldu, moi. Ça a le mérite de ne pas trop me dépayser.

Mais tout de même. Je me sens à poil tout à coup…

« Bon… Finis ton histoire, maintenant. Je vois bien que tu as encore quelque chose à me dire… » me secoue-je, au bout d'un moment, en me penchant avec précaution, pour prendre un fruit…

Je demande à mes nouveaux potes les Pytimouss s'ils en veulent aussi. Et comme ils acquiescent avec enthousiasme, se dépêchant de regagner leur place autour de la feuille, j'entreprends de leur peler le fruit…

Nally me regarde aussitôt, avec un regard profond et grave…

Je frissonne aussi sec, me demandant ce qui va me tomber dessus cette fois…

« J'ai quelque chose à t'avouer, Ron et je comprendrai que tu sois fâché quand tu vas savoir ce que c'est. N'hésite donc pas à me faire tous les reproches que tu auras envie de me faire à ce propos. Je te demande juste de ne pas effrayer les Pytimouss quand tu le feras, car ils n'en peuvent rien, les pauvres... » déclare-t-elle, avec douceur…

« De un, utiliser les Pytimouss comme bouclier pour m'amadouer, cela ne te ressemble pas du tout, Nally. De deux, ce genre de truc, marche à tous les coups avec Harry et peut-être avec Sev, quoique j'en doute un peu pour le second, mais pas avec moi, tu le sais très bien. De trois, c'est fini l'époque où j'explosais au quart de tour, tu le sais très bien également. Alors, franchement, Nally, je me dis que si tu en viens à user de méthodes dignes de Fleur, ça rend ce que tu as à me dire encore plus effrayant à mes yeux… » réponds-je, tout en coupant le fruit en dés, pour les Lutins, avant d'ancrer mon regard dans celui de Nally pour ajouter : « Vas y, crache ta Potion. Je pense être assez solide pour l'encaisser sans faire de casse… »

Nally hésite, elle a l'air franchement mal à l'aise et bourrée de remords. A croire qu'elle a fait une sacrée bêtise et ça m'inquiète rudement…

« C'est Pansy Parkinson, qui nous a propulsés dans le Voile… » déclare-t-elle finalement tout de go, après avoir inspiré un bon coup…

Sur le moment, j'arque un sourcil, interrogatif. Pourquoi me préciser ça ? me demande-je… Mais je comprends tout aussitôt après l'implication de ce qu'elle vient de dire. Alors je pose le couteau et le nouveau fruit que j'allais peler par terre, avec lenteur, avant de fourrager avec vigueur dans ma tignasse…

Putain !

Nally savait que Parkinson menaçait notre dos ! Et elle a laissé faire !

Mais pourquoi, bordel ! Qu'est-ce qui lui a pris, foutre d'Artemus !

Une image me traverse la tête à vitesse fulgurante…

Celle où elle a tranché la tête de Kogriah…

Putain de foutre de Merlin ! Dès qu'elle a compris que l'Arcade menait dans son Antre, elle n'a eu de cesse que de vouloir le faire ! Bordel ! Elle savait quel danger cela représentait, mais elle a laissé Parkinson lui tirer dans le dos, pour pouvoir trancher la tête de cet immonde pignouf de merde !

« J'ai fait pire que ça, Ron. Je t'ai entrainé avec moi. Je me suis arrangée pour que tu parviennes à m'attraper le bras et que tu sois propulsé avec moi derrière l'Arcade, parce que j'avais besoin de toi, pour combattre les Servylans et sortir de ce fichu Antre. Je me suis servie de toi, sans ton accord et sans même t'en avoir parlé… » précise soudainement Nally, d'une voix blanche…

Merde de merde de nom de putain de foutre de Merlin !

Alors là, c'est le pompon du pompon !…

Elle m'a entraîné dans l'Antre de Kogriah, en pleine connaissance de cause ! En sachant pertinemment qu'on allait risquer sérieusement notre peau !

Mais le pire du pire, c'est qu'en faisant ça, elle a aussi laissé Hermione toute seule derrière avec cette cinglée de Parkinson ! Et si cette salope l'a tuée ?

« Hermione est en vie. Le Voile s'est un peu soulevé au moment où l'Arcade a basculé et je l'ai vue. Elle a tué Pansy Parkinson, avec l'une de ses dagues… » déclare Nally, la voix plus blanche encore…

Putain… Au moins une bonne nouvelle dans ce fatras …

Mais pauvre Hermione… Tout ce chagrin qu'elle a dû avoir bordel ! Et celui de Maman, Papa et ma famille !

Et je crois finalement, que c'est cela qui me fout le plus en rogne dans cette histoire. Dans son désir de tuer Kogriah et d'annuler la Malédiction qui pesait sur elle, Nally a provoqué le chagrin, la douleur de tous ceux que j'aime !…

Je me maitrise cependant, prenant trois ou quatre bonnes inspirations, les yeux fermés…

« Qu'Hermione ait été en danger, qu'elle et ta famille aient tant de chagrin, je savais que c'est cela qui allait te mettre en colère. Mais je ne pouvais pas emmener Hermione avec nous, car je ne savais pas vers qui pourrait aller sa Magie. Peut-être aussi serait-elle allée vers Harry, mais je n'en étais pas certaine. Et tout comme toi tout à l'heure, j'étais sûre qu'Hermione allait s'en sortir. Et elle l'a fait. Cela ne l'a sûrement pas aidée à se sentir mieux, de tuer Pansy Parkinson, c'est certain et je regrette profondément qu'elle ait eu à horriblement souffrir de nous croire morts tous les deux, jusqu'à ce que Harry parvienne à la convaincre, que nous sommes en vie. A convaincre tout le monde que nous sommes vivants tous les deux… » déclare Nally, qui exprime je le sens, de très profonds regrets…

Quant à moi, sa certitude que Harry est parvenu à convaincre Hermione et ma famille, fait doute dans ma tête, soudainement. Harry, je suis quasi certain, qu'il me sait en vie. Ma Magie est avec lui selon Nally et elle a sûrement raison. Elle doit lui réchauffer le cœur. Mais les autres ? Vont-ils se laisser convaincre ? Vont-ils vouloir y croire ? Je n'en suis pas si sûr…

Et ça me fait mal… Terriblement…

« Mais ça, Nally, ce n'est pas sûr que Harry a pu le faire. Mes parents, ma sœur, mes frères, Hermione et tous les autres, vont peut-être penser que Harry devient fou, qu'il ne peut pas accepter ma mort… Par ailleurs, Maman en est peut-être déjà devenue folle… » réponds-je, la voix nouée et douloureuse.

« Il les a convaincus, j'en suis sûre, Ron. Harry a la capacité de le faire. Il transporte les cœurs comme personne, avec ses mots, son charisme. Et puis, il y a Sev. Face aux certitudes de Harry, il a réfléchi et a deviné sûrement maintenant, ce qu'il s'est passé. Je le connais, Ron. Il a dû vouloir savoir et demander à Hermione à voir ses souvenirs. Il n'aura manqué aucun détail et il sait où nous sommes, maintenant. Et les autres doivent aussi le savoir. » insiste Nally, avec une réelle conviction…

Putain…

J'aimerai aussi être convaincu. Je voudrais pouvoir la croire, sans réserve. Mais je n'y arrive pas…

« Et il va leur dire, tu crois ? Il va leur révéler tous ces secrets bien gardés sur la Celtycie et tout le toutim ? » demande-je, très dubitatif…

« S'il ne l'a pas fait, il a mis des indices sous le nez de tout le monde. Et tu connais Hermione et Harry, ils ont deviné ou ne tarderons pas le faire. Fais-moi confiance, Ron. Severus ne les laissera pas inutilement souffrir… » affirme Nally, en venant me prendre par les épaules et me serrant contre elle.

Je ne lui rends pas son étreinte. Je suis profondément déçu, profondément attristé et en colère encore contre elle…

Ça ne lui ressemble pas. Jamais je n'aurais pu imaginer, qu'elle puisse agir comme ça sur un coup de tête. Oh, bien sûr je comprends son désir, son envie de mettre fin enfin à cette fichue Malédiction qui lui a empoisonné la vie, à cause de laquelle elle a terriblement souffert. Qui a failli lui coûter la vie, lorsque Harry était à Priest Hole Manor…

Mais bordel ! Ça ne lui ressemble pas d'avoir agi sur un coup de tête…

De se lancer comme ça dans le danger sans assurer les arrières de tout le monde…

Et je me demande soudainement à quel point elle ne chercherait pas maintenant à se convaincre elle-même, que personne ne souffre de notre absence en ce moment même, que Harry sait que je suis en vie, que Severus la sait en vie elle aussi. Que tout le monde sait également…

Pour étouffer ses propres remords à la pensée de leur souffrance…

« Comment peux-tu être aussi sûre de toi ? » demande-je donc, en la regardant droit dans les yeux…

« Parce que je connais Sev. Il est mon Âme Sœur, comme Harry est la tienne. Et parce que je connais Harry. Parce que je sais que ta famille et Hermione lui font confiance. Je le sais, Ron, avec toutes les fibres de mon cœur et avec mon Âme. Et j'ai voulu faire tomber l'Arcade, parce que je ne voulais pas qu'ils lancent une expédition de recherche à notre secours. Ce qu'ils auraient fait, dès qu'ils ont compris, si elle avait encore été debout. » affirme-t-elle encore, avec une confiance absolue…

Et cette fois, j'arrive à y croire, moi aussi… Totalement…

Alors je lui rends enfin son étreinte.

« Je suis désolée, Ron. Cela a été plus fort que moi. Il fallait que je le fasse à tout prix. Et c'est impardonnable de ma part, de t'avoir entraîné là-dedans comme ça… » déclare-t-elle, en me serrant très fort

« Ouais… Mais comment aurais-tu fait pour t'en sortir sans le Noble et Fougueux Chevalier, hein ? » réponds-je, avant de lui embrasser la joue…

« Je n'aurais pas pu. Et je ne te remercierai jamais assez pour la fière chandelle que je te dois, Ron. Tu es le plus magnifique guerrier que j'ai jamais rencontré. En quelques minutes, tu as vaincu plus de trois douzaines de Servylans à toi tout seul, alors que tu avais déjà âprement combattu une dizaine de Loups Garou peu avant cela et que tu étais blessé. C'est un exploit absolument extraordinaire, Ron. Et tu mérites largement les éloges que les Pytimouss vont répandre à ton sujet…» déclare Nally, une larme glissant sur sa joue…

Je l'essuie doucement avec mes doigts, avant de l'embrasser encore et de la serrer sur mon cœur…

Elle me sourit un peu pauvrement, lorsque nous nous séparons… Je lui ai pardonné, elle le sait bien.

Mais j'ai tout de même encore une chose à lui dire, avant que l'ardoise soit complètement effacée…

« Ok, je comprends ce qui a motivé ton impulsivité… Mais tu ne crois que tu aurais pu attendre encore un peu ? Une fois notre guerre finie, tout le monde t'aurait accompagné, armé jusqu'aux dents, pour foutre en l'air non seulement Kogriah et quelques-uns de ses chéris, mais toute la clique que nous avons laissée derrière nous aussi… » fais-je remarquer, en arquant un sourcil…

« Je le sais Ron. Mais ça, ce n'est pas votre guerre. C'est aux Elfes de réagir et de mettre fin à ces Monstres. Il faudra bien qu'ils finissent par l'admettre et s'engagent à défendre eux-mêmes leurs contrées des dangers qui les guettent, au lieu de rester dans leurs tours d'ivoire, pendant que les Humains se battent tout seuls… » souffle Nally, avec une certaine fermeté…

Je crois qu'elle aura encore des choses à me raconter sur tout cela.

Mais je suis crevé maintenant. Définitivement. Et je dois dormir un peu, avant que nous partions, vers la Porte qui va nous ramener dans notre Monde…

Qui va me ramener vers Harry…

OoOoOoO

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