Disclaimer : cf chapitre 1

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Gros Bisous à Mistycal !

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Réponses aux commentaires anonymes sur mon forum : - Chka – Lion -

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Aventures En Celtycie 1 / 3

Du Dimanche 02 Mars au Mardi 04 Mars 1997 (dans le Monde des Hommes)

Acte 1 : Mise Au Point

En Celtycie

Ron

C'est le troisième jour que les deux Soleils se lèvent pour moi en Celtycie. Nally affirme cependant que nous sommes dans une zone de temps normal pour ce Monde, c'est-à-dire que dans le temps chez nous, il ne s'est passé qu'une seule journée.

Je lui ai alors fait remarquer que le temps avait sacrément dû lui sembler long, lorsqu'elle est restée ici durant 17 ans de notre Monde. Ce à quoi elle m'a répondu que c'est relatif car une bonne partie de son séjour s'est déroulé dans une zone de temporalité où un jour ici en valait cinq ou six chez nous. Voire davantage...

Des Zones qu'elle va tâcher de nous éviter soigneusement de traverser durant notre périple, si c'est possible, quitte à faire un ou deux détours… Ce que j'approuve tout à fait…

Nally m'a aussi expliqué que durant tout le temps qu'elle a passé ici, elle avait fait la guerre à un Mage Noir issu de Celtycie, qui avait le désir d'anéantir notre Monde à nous. La dernière Bataille de cette guerre s'est d'ailleurs déroulée dans notre Monde. Dans une région désertique de l'Asie, plus précisément, raison pour laquelle nous n'en avons pas entendu parler chez nous. Et c'est au cours de cette Bataille, qu'elle a été blessée par Kogriah, qui avait refait surface à cette occasion, après avoir disparu sans laisser de trace durant quelques centaines d'années, après son évasion d'un cachot dans lequel il avait été enfermé, pour avoir mangé de la chair Humaine et de la chair Elfique…

Ensuite, après la fameuse Bataille qui a eu lieu plus exactement en Mongolie, elle a cherché Kogriah durant quelques temps encore. Un peu dans notre Monde mais surtout en Celtycie. Ce qui a prolongé son séjour loin de Poudlard.

Elle ne s'est cependant pas attardée dans le détail sur tout cet épisode de sa vie, promettant qu'elle le fera, quand nous serons de retour chez nous…

Chez nous…

J'ai hâte d'y être…

Ce n'est pas que je m'ennuie ici. Le temps est magnifique, la forêt est superbe et nous avons rencontré des tas de Créatures sympathiques, dont certaines nous accompagnent parfois durant quelques heures dans notre voyage. Des Centaures sont venus nous saluer. Et en ce moment, une Licorne vient souvent se frotter à Nally. Elle est plus timide avec moi, parce que je suis un mec, mais elle s'est tout de même laissé caresser et m'a offert des crins de sa queue. Nally les a tissés autour du bois de mon arc et sur les poignées de mes épées, affirmant que cela me porterait chance, lorsque je me servirai de mes armes contre des Créatures Maléfiques…

Bref, pour le moment, notre voyage se déroule très bien…

Mais Harry me manque. Ne pas sentir sa présence me manque terriblement également. J'ai l'impression d'avoir froid, d'être incomplet sans lui. Autant que sans ma Magie…

« Nous allons avoir de la visite….» murmure Nally, l'oreille aux aguets soudainement…

Elle pince les lèvres et son regard se durcit, avant de s'adoucir un peu.

« Reste agenouillé pour le moment. Ne te lève que lorsque je t'y inviterai. Je le ferai en posant ma main sur ton épaule. Et n'hésite pas alors à toiser notre visiteur de toute ta haute taille et de ton poids, car une petite mise au point va s'imposer. Fais lui comprendre à qui il a affaire. Sois vif et affuté, comme lors d'un Combat … » ajoute-t-elle, dans un souffle ténu

Puis elle demande aux petites Créatures qui nous accompagnent de se retirer un peu plus loin, dans les fourrées et buissons et de revenir plus tard, quand tout sera réglé avec notre visiteur. Enfin, elle se lève, accrochant un sourire sur son visage, avant de se tourner vers le sentier que nous devions reprendre dans quelques minutes. J'examine le terrain, dans cette même direction. Je ne vois rien tout d'abord, puis une silhouette, mince et grande, toute vêtue de couleur vert feuillage et de gris, se dessine peu à peu…

C'est un Elfe. Son visage est très beau constate-je lorsqu'il est bien plus proche. Je devine qu'il est coiffé comme Nally et que ses longs cheveux bruns sont retenus dans son dos, par deux petites nattes qui se rejoignent en une seule derrière sa tête. Ses yeux ont à peu près la même nuance marine que ceux de Nally aussi. Il est grand, très mince et souple.

Et il est armé, d'un arc et d'une épée…

« Bienvenu, Aldaron. Notre repas est presque terminé et nous n'avons plus ni viande, ni légumes, mais nous pouvons toujours t'offrir quelques fruits… » déclare Nally, d'un ton doux et amical…

« Mára aurë, Nyween. Elen síla lúmenn'… » répond l'Elfe, en effectuant un imperceptible salut de la tête, son regard fixé dans celui de Nally…

« Mon ami ne parle pas l'Elfique, Aldaron. Je te prie donc respectueusement de t'exprimer dans la Langue Commune… » déclare Nally, du même ton doux et amical que tantôt…

L'Elfe me toise aussitôt de sa haute taille et je reçois lourdement son regard hautain…

« C'est donc là, le Noble et Fougueux Chevalier qui t'accompagne. On en fait tant d'éloges parmi le petit Peuple, que je m'attendais à te voir en plus fière compagnie qu'un Humain, dénué de Magie qui plus est. Et maintenant je doute des extraordinaires exploits qu'on lui prête… » déclare-t-il, avec un dédain palpable qui me fait aussi sec bouillir le sang dans les veines…

Pour qui se prend-il cet avorton, pour se permettre de me toiser avec autant de mépris ? Je ne réagis cependant pas, me contentant de plisser à peine les yeux, en attendant l'invitation à me lever de Nally…

J'espère qu'elle ne tardera pas. Car j'ai très envie de montrer qui je suis à ce freluquet…

« Je ne t'autorise pas à insulter mon ami, Aldaron. Althibalys, est un très grand guerrier. Il mérite tous les honneurs qui lui sont rendus et même au-delà. Et je te demande de t'incliner devant lui, pour lui présenter tes excuses et rendre hommage à son courage… » déclare Nally, en durcissant nettement son ton…

« Et si je refuse, je suppose que tu vas réclamer le droit de croiser l'épée avec moi… » répond l'Elfe, dont les narines frémissent imperceptiblement, tandis que son regard s'assombrit de colère, se plombant davantage de mépris encore lorsqu'il m'effleure à nouveau…

« Non. C'est avec lui, que tu devras croiser l'épée, Aldaron. Et je te garantis que tu recevras la leçon de bienséance que tu mérites amplement… » répond sèchement Nally, en posant sa main sur mon épaule…

Je réponds aussitôt à son invitation, me levant avec lenteur, mon regard accroché à celui de l'Elfe. Je prends tout mon temps, pour qu'il puisse apprécier mon déploiement à sa juste mesure et se rendre compte qu'il ne fera pas le poids loin s'en faut, contre moi. Bientôt, il est obligé de lever la tête, pour soutenir mon regard. Je suis maintenant dressé de toute ma taille, mon visage penché vers le sien, l'écrasant à mon tour de mon mépris. Bien que ce ne soit pas possible, j'ai l'impression que le Grizzly gronde en moi et je le fais sentir à cet Elfe prétentieux. De tout mon poids. De toute ma détermination. S'il ne s'incline pas, je vais lui foutre la dérouillée de sa vie, lui dis-je avec mes yeux, ma mâchoire crispée et tous mes muscles tendus…

Et soudainement, l'Elfe baisse les paupières, recule d'un pas et s'incline…

« Mae govannen, Althibalys, fier et honorable guerrier, ami de Nyween Faelynae. Sois le bienvenu dans nos forêts et puisse ta vie être longue et heureuse. » dit-il, une main sur le cœur, avant de lever un regard nettement plus humble sur moi…

« C'est sa manière de te présenter ses excuses et son respect, Ron. » me sourit Nally, l'air de dire que tout va bien maintenant.

« Ok. Excuses acceptées. Sans rancune, mec… » réponds-je, tendant la main vers l'Elfe, avec un sourire amical…

L'Elfe regarde ma main avec étonnement, avant de jeter un coup d'œil vers Nally, qui hoche la tête positivement. Alors sur une hésitation, il tend la sienne et je m'en saisis vivement, la serrant brièvement, avant de brusquement tirer sur son bras puis de le retourner comme une crêpe sur le sol et de l'immobiliser de mon avant-bras gauche sur sa gorge, mon genou posé assez lourdement sur ses parties intimes, mon couteau à main droite brandi sous ses yeux éminemment surpris et apeurés…

Et je souris de toutes mes dents, tandis que surgissant du buisson dans lequel ils s'étaient réfugiés, nos petits amis Pytimouss trépignent d'excitation en applaudissant avec enthousiasme et que les Fées viennent virevolter, rieuses, au-dessus de la tête de l'Elfe, durant un bref instant…

« Tes excuses sont bien acceptées Aldaron. Si je viens de faire ça, c'est pour que tu puisses affirmer avec conviction à tous tes potes, que ma réputation n'est pas usurpée et qu'ils n'ont absolument pas intérêt à m'insulter comme tu l'as fait tout à l'heure, s'ils tiennent à leur glaouis... » déclare-je, avant de me relever d'un bond, tout en le remettant sur pied également, en le soulevant à la force d'une seule main…

Puis je brandis cette fois un fruit sous son nez et j'ajoute, un brin moqueur :

« Un petit fruit pour te remettre de tes émotions, Aldaron ? »

Et Nally éclate de rire…

L'Elfe nous regarde tous les deux, tour à tour, ne sachant visiblement plus quoi penser et il prend le fruit que je lui offre, dans un automatisme…

« Prends donc place parmi nous, pour partager la fin de notre repas, Aldaron… » invite alors Nally, avec un sourire qui fait briller ses yeux…

L'Elfe ne répond pas, mais il s'assoit à la place indiquée par Nally. Nous nous installons également et à peine suis-je assis, que mes potes les Pytimouss viennent me grimper dessus, se disputant un peu la place avec quelques Fées, tandis que la Licorne vient fourrager dans ma chevelure de son museau, avant de s'éloigner de nouveau de quelques pas…

« Quel est donc l'objet de ta visite en Celtycie, pour que tu aies choisi un compagnon de voyage si peu ordinaire, ma chère sœur ? » demande soudainement l'Elfe, en pelant le fruit que je lui ai donné…

« Kogriah a été le premier objet. J'ai trouvé son Antre et mis fin à sa vie, tandis qu'Althibalys s'occupait de quelques-uns de ses Servylans … » répond Nally, avant de lui raconter notre bref séjour dans l'Antre de Kogriah…

Enfin, bref séjour… Façon de parler. Il a été tout de même bien trop long à mon goût…

Le regard d'Aldaron glisse sur moi, lorsque Nally évoque les trois douzaines et demie de Servylans avec lesquels je me suis coltiné. Cette fois il n'y a plus de dédain du tout dans ses yeux. Je ne saurais cependant décrypter ce que ce nouveau regard signifie…

« Ainsi, la Malédiction ne pèse plus sur toi. J'en suis heureux, ma sœur. Mais dis-moi quelle est ta quête maintenant, pour que tu aies choisi de t'attarder en Celtycie… » invite Aldaron tandis que je me demande pourquoi il n'arrête pas d'appeler Nally, ma sœur

Une formule typiquement Elfique, peut-être…

« Nous allons à la recherche d'un ami, qui est entré à son corps défendant en Celtycie il y a plusieurs mois du temps de notre Monde. » répond Nally, lui donnant plus amples explications, avant de préciser : « Le Valeureux, c'est ainsi qu'on le nomme parmi les petites Créatures, peut-être en as-tu entendu parler récemment ? »

« Le Valeureux ? Tu as décidément toujours eu de curieux amis, ma chère sœur. Oui, j'ai entendu parler de lui… » répond Aldaron, avant d'enfourner un morceau de fruit et de le mâcher aussitôt avec lenteur…

Il a une gestuelle très fluide et des manières un peu précieuses. Et il n'a pas l'air décidé de s'étendre sur le sujet, à voir. Il semble plus intéressé par ma guirlande de Lutins et de Fées...

« Je te serais très obligée, si tu m'en disais davantage, mon cher frère… » réagit Nally, avec agacement, au bout de quelques secondes d'attente…

Aldaron hausse un sourcil interrogatif…

« Le Valeureux ! Dis m'en davantage à son propos ! Tout ce que tu sais ! » s'exclame Nally, d'un ton impératif…

« La patience n'est guère ton fort, décidément, ma chère Nyween. » fait remarquer l'Elfe, avec un peu de reproches dans la voix…

« En l'occurrence, non, effectivement. Car il se trouve vois-tu, que j'ai autre chose à faire que de rêvasser ou de lambiner à longueur de journée, en ce qui me concerne. Et à ce propos, il faudrait peut-être que toi et les autres, vous décidiez enfin à vous secouer sérieusement les Ciseburines, si vous ne voulez pas que votre longue et oiseuse vie prenne bientôt fin ! » répond Nally, avec un air défiant, autant qu'autoritaire…

Aldaron soupire.

« Calme donc tes ardeurs guerrières, Nyween. Elles pourraient singulièrement raccourcir le temps déjà bien court qui t'es désormais accordé… » déclare-t-il avec ennui…

« Eh, bien au moins, je mourrais en me battant aux côtés de mes amis ! Alors que vous, vous n'aurez rien fait d'autre que regarder la fin de la Celtycie venir ! Bon sang de bon sang, Aldaron ! Quand comprendrez-vous qu'il ne s'agit pas que des Sorciers et des Humains ! Balegarian vous anéantira aussitôt que leur résistance aura cédé ! Ces Hommes que vous méprisez tous avec prétention et suffisance, votre outrecuidance ridicule et mal placée, sont le dernier rempart qui se dresse sur son chemin ! » s'exclame Nally, avec colère…

« Tu es fatigante, Nyween et tu m'ennuies… » répond aussi sec Aldaron en faisant mine de se lever.

Mais Nally le retient d'une poigne de fer…

« Ne me crois pas si cela t'arrange de ne pas le faire. Mais Ron et moi-même nous avons vu l'armée de Servylans dans l'Antre de Kogriah. Ils sont des centaines et des centaines maintenant, Aldaron. Avec plusieurs Monstres hybrides tels que l'était Kogriah, à leur tête. Les Pytimouss m'ont dit qu'un Krôdhyon s'est aventuré dans la forêt déjà, s'attaquant à une Licorne. Puis cela a été un Foërlick, heureusement arrêté par un Centaure ! Combien de temps, avant que d'autres en fassent autant ? Tu sais tout comme moi ce que cela signifie, quand les Créatures Maléfiques commencent à s'attaquer aux Licornes ! Le temps de la guerre est venu, Aldaron. Et si vous ne vous battez pas, ce sera la fin de la Celtycie et des Hauts Elfes ! Vous avez une chance d'échapper à cela. Une seule chance. Alors ne la ratez pas ! Alliez-vous aux Hommes ou mourrez, tel est votre unique choix, dans cette guerre qui va déterminer votre destin et celui de la Celtycie ! » déclare Nally, d'un ton qui traduit tout son ressenti

A la fois sa colère contre l'immobilisme des Elfes et son désarroi face au destin qui attend la Celtycie s'ils ne bougent pas bientôt leurs fesses…

Aldaron soupire encore. Mais cette fois, il ne fait plus mine de se lever, au contraire, il se réinstalle tout à fait à côté de Nally…

« Ce n'est pas à moi, qu'il faut dire cela, Nyween. C'est à Anda Atar… » assure-t-il, son regard fixé dans le vague…

« Il ne m'écoute guère et tu le sais. Il ne me pardonne pas mes choix. Il ne comprend pas l'amour que je porte à Galdor Aranwë, mon renoncement à l'Elfitude, mon alliance avec le Monde des Sorciers et mon intérêt pour les Moldus. Et cela l'aveugle, le rend sourd au fait que c'est la Magie Mère elle-même qui est menacée dans cette guerre. C'est mon devoir de la protéger. C'est celui de toutes les Créatures des deux Mondes, auxquels elle a confié ses enfants, que de le faire, Aldaron ! » répond Nally, avec une indicible tristesse, s'approchant de l'Elfe, à genou, pour prendre son visage dans ses mains et plonger son regard dans le sien avant d'ajouter : « Je ressens tes tourments, ta crainte de voir les forêts que tu chéris tant, sombrer dans les flammes de la guerre et le néant, ton profond désir de les protéger. Tu peux le faire, Aldaron. Toi, il t'écoutera peut-être, au nom de notre mère bienaimée. Et si tu prends les armes, que tu t'allies aux Humains que tu ne méprises pas malgré ce que tu laisses voir, d'autres te suivront. Je t'en prie Aldaron, aide moi à vaincre Balegarian. Aide moi à sauver la Celtycie et la Magie Mère… »

Aldaron garde son regard rivé dans celui de Nally et je retiens mon souffle dans l'attente de sa réponse. Ses yeux sont insondables. Je ne saurais dire ce qu'il pense. J'ai cependant le sentiment qu'il se débat contre des désirs contradictoires…

Et soudainement, il hoche imperceptiblement la tête, une seule fois. Et Nally le serre dans ses bras.

Ce qui a l'air d'embarrasser Aldaron, qui ne sait visiblement pas quoi faire des siens…

« Maintenant, nous sommes vraiment jumeaux ! » s'exclame Nally, d'un ton joyeux…

J'en recrache brusquement la gorgée d'eau que je m'apprêtais à avaler

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Chez Nally

Harry

J'ouvre un œil, la tête lourde d'avoir dormi d'un sommeil de plomb.

Il est 15h15…

J'ai fait une belle sieste de cinq heures

Je ne m'attarde pas dans le lit. Je ne supporte pas cette place froide à côté de moi…

Ron, mon amour, quand vas-tu revenir ?

Une douche, longue et très chaude.

Je n'ai pas pris soin de moi depuis mon Combat contre Voldemort et aujourd'hui mon corps s'en ressent très fortement.

Mon poignet est douloureux. La douleur s'élance dans mes os, comme les vrilles furieuses que Voldemort imprime à ses Maléfices et je le masse longuement avec un Onguent, avant de descendre déjeuner, songeant à Remus, dont j'espère, que la nuit prochaine ne sera pas trop difficile…

Car ce sera la pleine Lune…

Hermione est installée dans un fauteuil, lisant un livre, lorsque je descends dans le salon. Aux reliefs sur la table, elle n'est pas la seule à avoir pris son déjeuner déjà…

Elle lève les yeux vers moi et me sourit. Elle est fraîche, semble bien reposée. Toutes les traces de son chagrin, sont effacées maintenant. Mais il y a une gravité dans son regard, que je n'apprécie pas. Je l'embrasse, avant de retourner vers la table et de me servir une belle assiette…

J'ai faim. Et les bonnes odeurs me mettent plus encore en appétit…

« J'ai réfléchi, Harry. Il va falloir que je remplace Nally durant quelques jours certainement. Alors je me disais que Messire Salazar pourrait me remplacer pour les traductions. Draco et Blaise sont également d'accord pour poursuivre ce travail. Ce qui nous laisserait du temps, pour… » déclare-t-elle, avant que je ne l'interrompe…

« Pour rien du tout, Hermione. Nous devons nous reposer et laisser un peu de travail aux autres. Maman et Ron risquent d'être absents pas mal de temps. Ce qui signifie que nous n'aurons pas le Temps Ralenti pour nous aider à récupérer. Or, nous devons aussi réfléchir à l'idée de Messire Salazar. Ce que nous ne pouvons faire que l'esprit frais. » réponds-je, avec douceur…

Hermione, qui est venu s'assoir en face de moi, sourit.

« C'est ce que j'allais dire… » répond-elle, avant de piquer un morceau d'ananas dans la petite coupe de salade de fruits frais, que je me suis déjà servie dans la perspective du dessert…

« Heureux que nous soyons sur la même longueur d'onde. J'aurais détesté être en désaccord avec toi à ce propos… » souris-je, avant de donner une petite tape sur sa main, qui s'avance de nouveau vers ma coupe de fruits…

Elle rit, puis son regard se fait plus sérieux…

« Il y a des tas d'autres choses auxquelles il faut que nous pensions aussi. Comme par exemple, il va falloir préparer Miho, au départ de Plumki et le retour de Sirius, aux yeux du monde. Comment allons-nous expliquer cela, sans trahir le secret de la Celtycie ? » déclare Hermione, en prenant la coupe de fruits que je viens de lui servir, avant qu'elle ne dévore complètement la mienne…

« Laissons cela de côté pour l'instant. Il sera bien temps d'en parler ce soir ou demain. Parlons plutôt de toi. Comment te sens-tu ? » demande-je, en la fixant dans les yeux…

« Je vais bien. Toutes ces émotions m'ont secouée, mais je vais bien maintenant… Et j'ai hâte d'en savoir davantage sur la Celtycie. De tout apprendre des aventures de Sirius et de Ron là-bas… » répond-elle, avec un sourire, qui me semble quelque peu factice…

C'est bien ce que je pensais. Maintenant que le gros des émotions et de l'excitation des découvertes et révélations de la nuit et de la matinée sont retombées, ma petite sœur de cœur est en train de se juger sévèrement et de culpabiliser. Une petite mise au point s'impose, là. Très sérieusement…

« Parle-moi de Parkinson… » demande-je abruptement…

Son sourire factice s'éteint aussi sec…

« Je préfère ne pas en parler, Harry… » répond-elle vivement, les yeux baissés sur sa coupe de fruits, la repoussant d'une main tremblante, qu'elle s'empresse ensuite de cacher sous la nappe…

Je me lève, pour faire le tour de la table et aller m'assoir auprès d'elle, passant mon bras droit sur ses épaules et prenant l'une de ses mains dans ma main gauche…

« Il faut le faire et tu le sais, Hermione. Tu ne dois pas rester avec cela sur le cœur… » insiste-je doucement, posant ma tête contre la sienne…

Elle hoche négativement la tête et je sens ses émotions se bousculer, l'étouffer…

« Je ne l'ai pas tuée pour me défendre. Je l'ai tuée par haine pure, Harry… Par haine pure… » souffle-t-elle brusquement, toute crispée et s'appuyant lourdement contre moi…

« Tu l'as tuée. Simplement, rapidement. Moi, je me serais acharné sur elle. Je te prie de croire qu'elle aurait souffert longuement. Alors tu vas cesser immédiatement de culpabiliser parce que tu as ressenti une bouffée de haine bien naturelle à son égard, Hermione. Quoique tu puisses en penser, c'est ton amour pour Ron et Nally que tu as retourné contre elle, dans la douleur de la perte que tu croyais légitimement venir de subir… Et tu étais en état de légitime défense également. Cette sale petite garce complètement folle, s'apprêtait à te tuer, ne l'oublie pas… » intervient Papa, depuis le pas de la porte donnant sur l'extérieur...

Il s'approche vivement et prend Hermione contre lui.

Elle le serre en retour, très fort.

« J'ai vu comment tu l'as tuée, Hermione. Si tu n'avais été que haine, tu n'aurais pas eu cette douleur dans ton regard. Tu ne t'es pas réjouie de sa mort. Alors ne va surtout pas t'imaginer maintenant, que tu ne vaux pas mieux qu'elle. Il y a un gouffre infranchissable entre ce que tu es et ce qu'elle était. Tu es une jeune fille lumineuse Hermione. Idril Aistacariel Eldalótë. Claire Aurore, Dame de la Nature, Gardienne de la Lumière. C'est ainsi que je te nommerais en langue Elfique, si tu étais ma fille… » déclare Papa, après avoir pris le visage d'Hermione en coupe entre ses deux mains…

Son regard sur Hermione est profondément affectueux. Et Hermione éclate en sanglot. Mais un sanglot qui traduit du soulagement et de l'acceptation, de la reconnaissance de sa valeur que Papa vient d'exprimer…

Je ne doute pas cependant qu'il faudra encore en parler de temps à autre avec elle, avant que les remords ne s'effacent tout à fait de son cœur et de son esprit. Je la connais assez pour le savoir. Mais pour l'heure, nul besoin d'insister. Je le sais aussi. Il faut qu'elle intègre tout à fait ce que Papa vient de lui dire auparavant. Qu'elle y pense tranquillement…

« Idril Aistacariel Eldalótë… C'est très joli… Et moi, comment m'appellerais-tu, en Elfique ? » demande-je, en haussant un sourcil…

« Toi, tu es Elrond, tout simplement, ce qui signifie Voûte Etoilée, parce que tu es le fruit de deux Etoiles. Juste Elrond, comme tu veux que l'on t'appelle juste Harry. Et que l'on a de toute façon pas encore inventé de mot Elfique, qui puisse exprimer qui tu es, ce que tu représentes à mes yeux ou pour le Monde. Ton cœur, ta vaillance, ton courage, ta bonté… La fierté et l'amour que je ressens pour toi, sont intraduisibles, inexpressibles… » déclare Papa, avec un regard plus profond encore que celui qu'il a eu pour Hermione…

« Elrond. Juste Elrond… C'est très bien et ça me plait. » réponds-je, en entrelaçant mes doigts aux siens, sur l'épaule d'Hermione, avant de demander : « Et toi ? As-tu un nom Elfique ? »

« Oui. En Celtycie, on m'appelle Galdor Aranwë, ce qui signifie Etoile d'Espoir, le Vaillant. C'est mon père, qui a choisi ce nom pour moi. Galdor à ma naissance, le complétant avec Aranwë à mon adolescence comme c'est la coutume. Quant à Nally, elle est Nyween Faelynae… Rosée parfumée, Grande Dame de Lumière… » répond Papa sur un sourire, un peu nostalgique cette fois…

Maman lui manque, bien sûr. Autant que Ron me manque… Davantage même, puisqu'il n'a pas le réconfort de sa Magie en lui, comme je porte celle de Ron en moi…

« Grande Dame de Lumière… Voilà pourquoi les Elfes de maison l'appellent la Grande Dame… Et le fait que vous êtes à demi Elfe explique également que votre odeur diffère de la nôtre… » murmure Hermione, tandis que Papa acquiesce tout simplement d'un hochement de tête…

Hermione sourit. D'un sourire encore un peu tendu, mais sincère cette fois…

« Un nouveau mystère résolu ! Voilà qui va faire de la place dans ton esprit pour tout ce que nous avons encore à penser et réfléchir ! » m'exclame-je joyeusement, enserrant Hermione dans mes bras

J'appuie ma poitrine sur son dos, ma joue sur la sienne, respirant son doux parfum…

J'aime ma sœur de cœur avec tendresse. Et je suis heureux qu'elle se sente un peu mieux…

« Oui… Et prenons un peu de vacances, aujourd'hui. J'ai envie… de simplement être avec les personnes que j'aime. De visiter ce Château, de bavarder de tout et de rien, de me promener dans la neige… » sourit Hermione, contre ma joue…

« C'est une excellente idée… » approuve-je, avant de lui embrasser la joue, ajoutant tout aussitôt : « Tu veux bien m'attendre pour faire le tour du propriétaire ? Je finis mon déjeuner en discutant d'un petit truc avec Papa, avant de te rejoindre…»

Hermione acquiesce et elle se lève. Elle nous embrasse, Papa et moi-même, avant de sortir, déclarant m'attendre dehors, dans le hall ouvert sur le ciel, où elle va faire une petite promenade…

Je réchauffe mon assiette qui a eu le temps de refroidir depuis tout à l'heure, puis je me tourne vers Papa :

« Allons dans un autre salon où il n'y aura pas de passage, tu veux bien ? » l'invite-je, le précédant vers la porte donnant sur une galerie intérieure…

J'ouvre la troisième porte au hasard et nous entrons tous les deux dans un petit salon, tout aussi élégamment décoré que celui que nous venons de quitter, mais plus intime et propice à une conversation privée…

Je m'installe sur un fauteuil, mon assiette posée sur une console et je lève les yeux vers Papa, pour lancer la seconde mise au point de cet après-midi…

« Tu sais de quoi je souhaite parler, n'est-ce pas… » déclare-je, avant d'enfourner une bouchée de rôti de bœuf dans ma bouche…

« Sirius… » soupire Papa, qui passe une main dans ses cheveux, avant de poursuivre : « Que veux-tu que je te dise. Entre nous, cela a toujours été très difficile, plus qu'avec ton père et Remus. »

« Cela va plus loin que cela. Il y a quelque chose que tu n'es pas prêt de lui pardonner. Qu'est-ce que c'est ? Qu'a-t-il fait de si terrible, à part avoir été un casse-cou, idiot et irresponsable, qui t'accusait de tous les maux de la terre, t'humiliait et t'insultait à longueur de temps ? » demande-je, en levant un sourcil…

Papa soupire encore une fois… Il réfléchit. Il décide s'il doit ou non me parler de ce contentieux là…

« Très bien, puisque tu veux tellement savoir, je vais te le dire… » déclare-t-il tout de go après une ou deux minutes, en se levant pour aller se poster à la fenêtre, avant de poursuivre : « Je ne lui pardonne pas d'avoir craché à la figure de Nally, lorsqu'il a plus ou moins compris les sentiments qui nous liaient tous les deux. Je ne lui pardonne pas non plus d'en avoir fait autant à Regulus, parce que nous étions amis. Je ne lui pardonne pas non plus, d'avoir gravement insulté Lily, lorsqu'elle a pris la défense de Nally et de Regulus… »

« Comment ça, plus ou moins compris vos sentiments à Maman et toi ? » demande-je, surpris, dès qu'il se tait…

Je croyais que seul mon Père et ma Mère savaient pour Papa et Maman…

Papa soupire encore une fois…

« Sirius avait le béguin pour Nally et il la poursuivait d'autant plus de ses assiduités, qu'elle était bien la seule fille de Poudlard à ne pas lui tomber dans les bras… A part Lily, bien sûr. Mais elle, il savait que James en était amoureux, alors jamais il n'aurait flirté avec elle… Un jour, il nous a surpris, Nally et moi-même, enfin, pas tout à fait mais presque. Il a seulement vu que nous étions très proches. Alors bien entendu, il s'est moqué de moi, il m'a raillé, méprisé plus bas que terre. J'ai répondu, comme d'habitude. Mais il est allé de plus en plus loin dans ses insultes et accusations et Nally a perdu patience. Elle a fini par le gifler pour le faire taire. Il nous a regardés tous les deux. Et je pense qu'il a compris à ce moment-là, l'amour qui nous liait. Il est devenu très pâle et il a jeté : alors c'est ça, hein ! Tu couches avec l'ennemi !, avec un mépris que je ne lui avais jamais vu envers elle. Il a ensuite tourné les talons, partant en courant. Nally m'a dit de rester là et elle l'a suivi. Lorsqu'elle l'a rattrapé, il l'a encore insultée et il lui a craché à la figure. Regulus, qui était tout près, lui a attrapé le bras et lui a demandé de s'excuser. En réponse, Sirius a empoigné le col de Regulus et lui a craché à la figure également, avant de lui dire qu'il n'était plus son frère. Plus tard, Lily, a été aussi été gravement insultée, lorsqu'elle est intervenue pour le sermonner… Tout cette histoire a profondément affecté Nally et Regulus. Vraiment profondément. Et Lily l'était tout autant… Jamais il ne s'est excusé pour cela. Et jamais je ne pourrai lui pardonner ça. Ils ont eu trop mal. Beaucoup trop… » explique Papa, le regard perdu par la fenêtre…

« Je crois que ce n'est pas à toi de lui pardonner. Mais à Maman, à ma mère et Regulus. Et à mon avis, ils l'ont déjà fait depuis longtemps. Mais passons. De toute façon, quoi que je dise, cela ne changera rien à l'affaire, n'est-ce pas ? Même s'il présentait des excuses en bonne et due forme, tu ne pardonnerais pas à Sirius, parce que tu n'as pas envie de le faire, tout simplement… Et lui n'a certainement pas envie que tu lui pardonnes non plus. Alors… » soupire-je, délaissant mon assiette, presque encore pleine, sur un haussement d'épaule…

« Que veux-tu dire ? » se retourne aussitôt Papa, sourcils froncés…

Je savais bien, qu'il était inutile de me lancer dans un plaidoyer quelconque, mais que ça, ça le ferait réagir…

« Que vous êtes tous les deux des bourriques accrochées à un passé plus que révolu, parce que vous adorez de toute façon vous détester et vous conduire l'un envers l'autre, comme au temps de votre adolescence… » réponds-je, en prenant un bouquin qui traîne sur une table basse et l'ouvrant comme si j'étais décidé à prendre connaissance de son contenu…

Mais en réalité, ce bouquin ne m'intéresse absolument pas et je guette les réactions de Papa du coin de l'œil. Il fronce toujours les sourcils…

« Je ne vois vraiment pas où tu veux en venir avec ce petit discours… » déclare-t-il au bout de de deux ou trois minutes…

« Sirius a été l'un de tes seuls objets d'amusement pendant toute ta scolarité à Poudlard. Et tu as été l'un de ses meilleurs aussi. Par la suite, toi, tu as été aussitôt Espion pour l'Ordre du Phénix et tu n'as guère eu l'occasion de t'amuser, bien au contraire. Surtout après le départ de Maman. De son côté, Sirius s'est retrouvé très vite à Azkaban. Pendant douze ans… Alors après son évasion, vous avez été l'exutoire l'un de l'autre. Et le seul objet d'amusement et de distraction l'un pour l'autre en prime. Et votre passé commun est la bonne excuse pour justifier tout ça… » réponds-je, relevant à peine les yeux de mon livre…

Cette fois, Papa hausse un sourcil plus que dubitatif…

« Voilà ce que j'appelle de la psychologie à la petite semaine… » déclare-t-il, un peu moqueur…

Je fronce les sourcils, faisant mine de réfléchir durant quelques secondes, puis je hausse les épaules…

« Tu as probablement raison. Je ne suis pas calé dans ce domaine. Et Sirius est effectivement un idiot irresponsable, incapable de se remettre en question, ou d'éprouver le moindre remord… » admets-je, effectuant une brève pause, avant d'ajouter : « Et ce n'est pas sa Magie qui pourrait nous convaincre du contraire, n'est-ce pas… »

Puis je me lève, refermant le livre dont je n'ai pas lu une seule ligne et j'ajoute encore, en mettant une petite tape sur l'épaule de Papa, qui fronce de nouveau les sourcils…

« Allez, je vais rejoindre Hermione. A plus… »

Et je sors, sur un sourire, laissant Papa réfléchir à tout cela…

Et conjurant un sandwich, parce qu'avec tout ça, je n'ai finalement pas déjeuné et que j'ai très faim !

OoOoOoO

En Celtycie

Ron

Bon… Une petite mise au point s'impose là…

Aldaron n'arrête pas d'appeler Nally Ma sœur. Nally lui a donné du Mon frère

Nally a aussi dit : Au nom de notre Bienaimée Mère

Et là, maintenant, tout de suite, elle vient bien de s'exclamer : Maintenant, nous sommes vraiment jumeaux !

Pas de doute maintenant, ils sont bien frère et sœur…

« Jumeaux ? » interroge-je, regardant Nally et Aldaron tour à tour…

Corneguidouille ! Mais c'est vrai qu'ils se ressemblent vraiment beaucoup, quand on y regarde un peu mieux !

Les mêmes yeux, la même couleur de cheveux, la même forme de visage. Et leur ressemblance serait plus franchement nette encore, si Nally n'avait pas cette cicatrice sur la joue. Ce qui ne la dépare pas du tout entre nous. Elle est très belle. Et cela donne à son visage, bien plus de caractère qu'à celui de son frère. Et même s'il est beau mec, je le trouve plutôt fadasse à côté d'elle…

« Oui. Nous n'avons pas tout à fait le même caractère et n'avons pas été élevés ensemble durant toute notre enfance, mais nous sommes bien gwenyn, c'est-à-dire jumeaux... » acquiesce Nally, avec un grand sourire…

« Ok… Ben c'est une histoire que tu nous raconteras sans doute plus tard, je suppose… » déclare-je, bien que dévoré de curiosité…

Décidément, j'en apprends plusieurs fois par jour sur Nally. Et je me demande quelles autres surprises m'attendent à son propos encore…

« Tu as raison, Ron. Ce n'est pas le moment de parler de tout cela. Nous avons fort à faire, maintenant… » répond Nally, avant de se tourner vers son frère pour ajouter : « C'est à toi de décider de la manière dont tu veux procéder… »

Le regard d'Aldaron se perd un instant quelque part dans la forêt. Il semble plutôt dans ses petits souliers, à mon avis. Pas franchement à l'aise en tout cas…

Pas tout à fait le même caractère a dit Nally ? Moi je dirais carrément qu'ils n'ont pas la même personnalité du tout. Aldaron est loin d'avoir l'énergie, le charisme, la détermination et la force de caractère de Nally, c'est visible comme le nez au milieu de la figure…

Il semble plutôt timoré et délicat…

« Anda Atar m'interdira de sortir de la Cité s'il apprend que je souhaite t'apporter mon soutien… » déclare-t-il l'air embarrassé, au bout de quelques minutes, qui me paraissent interminables.

« Alors fais comme moi et mets le au pied du mur. Affranchis-toi Aldaron. Affirme ton indépendance et engage-toi. Il est temps que tu effectues et assumes tes choix, tu ne crois pas ? Tu n'es plus un enfant que diable ! Tu n'as pas à lui obéir aveuglément, ni à te soumettre à toutes ses volontés ! » réagit Nally, avec fermeté…

Son frère, qui avait toujours le regard perdu dans la forêt, fait glisser ses yeux dans sa direction.

« Je serai banni de la Cité et de Celtycie… » souffle-t-il, avec un regard qui exprime son effarement…

« Oh ! Après tout, c'est à toi de décider si l'on veut t'appeler dorénavant Caun Aldaron Tuilalcaron ou Caun Aldaron Rána ! » s'exclame Nally, en se levant d'un bond, de la colère dans les yeux

Son frangin bondit aussitôt, l'air tout aussi furieux qu'elle…

« Ne m'insulte pas ainsi ! Je ne suis pas un lâche ! » s'exclame-t-il, ses yeux presque exorbités de colère, en attrapant le bras de Nally, qu'il serre très fort entre ses doigts …

« Alors prouve-le ! Prends exemple sur Althibalys qui n'a que dix-sept ans en âge des Hommes et se bat pourtant depuis des années déjà, contre les Ténèbres qui menacent son Monde ! » répond Nally en pointant son index dans ma direction…

C'est un affrontement de regard maintenant entre Nally et son frère jumeau. Et je sens leur puissance se déployer autour d'eux, avec défiance. Je reste stoïque cependant, caressant les Pytimouss affolés qui s'accrochent à moi…

« Très bien. Je viens avec toi, Nyween. Mais ce sera à toi de lui parler et j'appuierai chacune de tes paroles. » capitule cependant Aldaron, assez rapidement, en relâchant le bras de Nally

« Très bien. Mais es-tu certain de parvenir à appuyer chacune de mes paroles, quand tu sais que je ne mâcherai pas mes mots, Aldaron ? » demande Nally, avec douceur, une lueur ironique traversant maintenant ses yeux océan…

Nouvel affrontement de regard. Nettement moins dur cependant. Aldaron réfléchit plutôt à sa réponse avec prudence…

« Procédons autrement. Je lui parlerai et tu feras silence. Eloigne-toi-même d'ici. Et si je n'obtiens pas son accord, je m'affranchirai et je prendrai la place qui me revient à Finrod Aranarth… » finit-il par décider, plutôt fermement cette fois, avant de s'éloigner vivement vers le sentier…

Je vais pour le rappeler, car il devait nous rapporter ce qu'il sait de Sirius, cependant Nally m'interrompt d'un geste. J'arque un sourcil dans sa direction, mais elle garde les yeux sur son frangin, attendant qu'il disparaisse à notre vue, avant de se tourner vers moi…

« Il va revenir. Il a besoin de moi, pour le mettre en rapport avec les Sorciers et Humains Rebelles, pour leur proposer une Alliance. Poursuivons notre route, il va certainement nous rattraper avant la fin du jour… » murmure-t-elle, avant de se préparer à partir…

« Tu l'as manipulé comme une Serpentard… » commente-je, avec un petit sourire en coin…

« Il le fallait bien. Notre Grand père, c'est ce que signifie Anda Atar, fait peser sur lui son autorité, reculant toujours le moment de mettre fin à la régence qu'il exerce sur Finrod Aranarth et sur sa vie. Il est plus que temps, qu'Aldaron prenne enfin son envol et affirme sa personnalité. Il a toutes les qualités nécessaires pour remplir ses devoirs avec efficacité. Et il est bien plus fort et courageux qu'il n'en donne l'air. Il faut juste qu'il s'affranchisse de la tutelle d'Anda Atar et tout le monde le verra enfin tel qu'il est vraiment au fond de lui… » répond Nally, sur un soupir…

Et un attendrissement certain dans son regard. Elle aime beaucoup son frère, c'est évident…

« Que signifie Finrod Aranarth ? » demande-je, en remettant mon couteau nettoyé dans son fourreau…

« Cela signifie littéralement Sylvain Royaume. Aldaron en a hérité le titre de Caun, c'est-à-dire Prince, lorsque j'ai renoncé à mon Elfitude et à la succession de Finrod Aranarth qui devait me revenir. Et il y a longtemps qu'il devrait assumer les responsabilités de la charge que je lui ai cédée. » répond Nally, en s'équipant de ses armes…

« Tu veux dire, que tu es une Princesse ? » demande-je encore, me disant que j'avais bien raison tout à l'heure, de penser que je n'avais pas fini d'avoir des surprises…

« Je l'étais. Je suis l'aînée. Le titre m'est revenu et non à ma mère comme cela aurait dû, car elle avait abandonné son Elfitude, pour épouser mon père, un simple Sorcier. Ils ont quitté la Celtycie, pour vivre leur amour, dans la zone du point d'ancrage de Brocéliande, alors qu'Aldaron et moi-même venions de naitre. Lorsque mes parents ont été tués, j'ai fait le choix de rester là-bas, en France et de faire mes études à Poudlard, où je savais qu'était scolarisé Sev, fils d'un ami de ma Grand-mère et de ma mère, qui avait également renoncé à son Elfitude, quelques mois avant Maman et venait souvent nous rendre visite. Mon frère, quant à lui, a cédé à la pression d'Anda Atar et il a été élevé dans la Cité d'Eithils, ou Cité des Sources, si tu préfères. Lorsque j'ai épousé Sev, Anda Atar a été furieux, car il avait déjà convenu d'un mariage entre moi-même et le Seigneur Elros, le Prince des Plaines de l'Ouest. Et bien sûr, il ne pouvait pas comprendre mon amour pour un semi-Elfe, qui a été élevé exclusivement comme un Sorcier et qui plus est, comme un guerrier espion. Il a donc exigé que je renonce à mon mariage. Je n'ai pas cédé à ses pressions et il a menacé de me faire bannir de Celtycie, pour acte de désobéissance à mon Aran, c'est-à-dire à mon Roi. Alors je lui ai jeté que s'il espérait ainsi récupérer en plus du sien, le titre que m'avait délégué ma Grand-mère quelques années auparavant, il se trompait lourdement, car je préférais renoncer tout de suite à l'Elfitude, ce qui me permettait de céder le titre à qui je le souhaitais. Il n'a pas cru que je lui tiendrais tête à ce point et a convoqué le Conseil de Celtycie. Et moi, j'ai transmis mon titre à mon frère, Aldaron, avant que décision soit prise par ce Conseil. Ceci dit, j'avais déjà décidé que je renoncerai à mon Elfitude avant cela, mais il n'avait pas besoin de le savoir et c'est une autre histoire, ça… » m'explique Nally, alors que nous avons déjà repris notre chemin…

« Tu n'as donc pas été bannie ? » demande-je, fasciné par toute cette histoire et surpris que Nally me la confie, alors qu'elle avait décidé d'attendre que nous soyons revenus, pour raconter toute sa vie en bloc, à tout le monde…

Enfin tout le monde… Je veux dire Harry, Hermione et tous les Membres Décideurs de l'Ordre et nos plus proches amis…

« Si et Severus également. Mais ils n'ont pas pu m'ôter mon titre et le confier à Anda Atar et c'est ce qui comptait à mes yeux. Je voulais que ce soit Aldaron qui en assume la charge, pas lui. Concernant le reste de mes possessions et de mes charges, ils ne pouvaient rien m'enlever. Et finalement, même s'ils ont encore tenu Sev en bannissement, jusqu'à récemment, ils sont vite revenus me chercher, quand ils ont eu besoin de moi, pour mener la guerre contre ce Mage Noir dont je t'ai un peu parlé déjà… » répond Nally, sur un soupir…

« Pourquoi, toi ? » questionne-je, surpris…

« Parce que par ma mère, j'ai hérité des terres de Brocéliande et que ma Grand-mère m'avait offert le Château d'Ecosse qui se trouve également sur un point d'ancrage, ainsi que d'autres terres ici, en Celtycie, où se trouve également un Temple Elfique. Cela fait de moi la Gardienne du Temple, charge qu'on ne peut m'enlever même si je ne suis plus une Elfe, pour laquelle j'ai été formée dès mon enfance. Et par tradition, cela fait de moi une Guerrière et la Chef des Armées de Celtycie, ce qui n'est pas remis en cause par mon renoncement à mon Elfitude non plus. J'ai fait promesse de remplir cette charge, en mémoire de ma mère et de mon père… » répond Nally, le regard un peu dans le vague…

« Et le Mage Noire, c'était qui ? » demande-je encore, vivement curieux.

« Argawaen. C'était un Elfe, l'un des plus anciens et, bien que son premier objectif était d'anéantir le Monde des Sorciers, Anda Atar, a décidé que la guerre contre lui était bel et bien son affaire. En fait, il a enfin ouvert les yeux, après une petite conversation houleuse que nous avons eue tous les deux et a reconnu que ce Mage Noir avait commandité le meurtre de mes parents. De mon père, il s'en fichait. Mais ma mère était restée sa fille bienaimée, malgré sa mésalliance. Le Conseil des Elfes, bien que très mécontent à mon égard, a fini par céder également. Argawaen, a été vaincu, lors de cette terrible Bataille dans le désert de Mongolie, que j'ai déjà évoquée. Je ne sais toujours pas pourquoi il avait décidé de commencer à anéantir notre Monde là-bas. Mais bref, ce n'est pas le propos. Sache cependant, que Balegarian est sa fille… » explique Nally, en enjambant une petite source, soupirant avant d'ajouter : « Je l'avais dit au Conseil, à l'époque, qu'il fallait aussi s'occuper d'elle, mais naturellement, ma parole ne valait pas de l'or pour eux. Pas plus aujourd'hui d'ailleurs. Je suis trop indépendante à leurs yeux. Et Anda Atar n'aide pas du tout à ce que cela s'arrange. Je lui tiens trop tête, je ne lui obéis jamais et j'ose lui dire ses quatre vérités, ce qu'il n'apprécie pas du tout … Mais je serai plus précise à propos de tout cela une autre fois, si tu le veux bien. »

« Pas de problème. Nous avons des tas d'autres sujets de conversation à disposition de toute façon… » souris-je, en écartant une branche de notre passage, heureux déjà d'avoir obtenu autant de réponses de sa part…

Et notre conversation glisse sur la flore et la faune, jusqu'à l'heure du déjeuner. Ensuite, Nally me fait une leçon sur les régions que nous allons sans doute traverser, me décrivant les Créatures que nous croiserons peut-être. J'avoue qu'il y en a certaines, que je n'ai pas du tout envie de rencontrer sur mon chemin, comme ces Foërlicks dont elle a parlé à son frère dans la matinée, par exemple. Ce sont des Créatures Maléfiques, apparentées aux Grapcornes, mais en plus dangereux encore, car elles sont également dotés d'une assez longue queue épineuse, dont elles fouettent l'air, cherchant à l'enrouler autour d'un membre ou du cou de l'animal, de la Créature ou de l'être Humain ou Elfique, qu'elles attaquent, pour l'immobiliser et mieux l'encorner…

Une très gentille bestiole quoi…

« Arrêtons-nous ici pour la nuit… » décide Nally, alors qu'il y a au moins deux heures et demi de Soleil devant nous encore, selon mon estimation…

Et nous n'avons pas beaucoup avancé, car contrairement à d'habitude, nous n'avons pas couru du tout…

« Pourquoi si tôt ? » demande-je, surpris…

« D'une part parce que nous sommes presque à l'orée de la forêt, d'autre part pour laisser une chance à Aldaron de nous rattraper avant la nuit… » répond Nally, en commençant déjà à ramasser du bois pour le feu…

Je l'aide à installer le campement. Puis je décide de partir en chasse, tandis que Nally se charge des fruits et légumes. Il ne me faut pas trop longtemps, pour repérer ma proie. Un petit cochon sauvage, qui fera notre affaire pour au moins deux ou trois jours …

Quand je reviens au campement, Nally n'est pas encore revenue. Mais son frère est déjà là. Et il est accompagné d'un autre Elfe, aussi grand et élancé que lui. Mais blond aux yeux vert clair…

Il s'appelle Olórin et Aldaron a dû lui faire la leçon, parce qu'il me salue avec beaucoup de respect et de précautions. Ceci dit, une fois les présentations faites, j'avoue que je me trouve bien ennuyé, car je ne sais pas du tout comment faire pour entretenir une conversation avec des Elfes…

Je suis bien tenté de me débiner en prétextant qu'il faudrait peut-être un peu plus de viande pour le diner et le petit déj demain, maintenant que nous sommes quatre, plus les Pytimouss et les Fées, quand heureusement pour moi, Nally revient avec ses fruits et légumes…

« Oh ! Tu as fait plus vite encore que je le pensais, Aldaron. Je ne t'attendais pas avant une heure ou deux. Le Conseil n'a donc même pas pris le temps de t'écouter… » déclare d'emblée Nally, avant de saluer Olórin, dans la langue des Elfes…

« Tu savais donc que le Conseil était déjà convoqué ? » demande Aldaron, levant imperceptiblement le sourcil droit…

« Si tu m'avais simplement rendu une visite de courtoisie, Aldaron, tu n'aurais pas arboré aussi ostensiblement ton médaillon de Caun de Finrod Aranarth, ni été aussi cérémonieux que tu l'étais à ton arrivée. J'ai donc logiquement déduis que tu avais été mandaté pour te renseigner sur le motif de ma venue et sur Althibalys… » répond Nally, son regard profond fixant son frangin…

Aldaron tique un peu.

« Tu m'as donc manipulé… » assène-t-il, l'air mécontent, tandis que j'embroche le petit cochon sauvage et que je le place au-dessus du feu que je viens d'allumer…

« Si cela ne te plait pas, affirme ta personnalité, comme je t'ai toujours engagé à le faire. » répond Nally, assez durement…

Olórin regarde ailleurs. Il a l'air absent, même. Comme s'il se déconnectait, pour n'avoir pas à entendre la dispute entre Nally et son jumeau…

Affrontement de regard encore une fois entre Nally et son frangin. Que Nally gagne de nouveau haut la main, sur un soupir d'Aldaron…

« Je suis heureuse, que tu aies décidé de te joindre à moi, Aldaron. Et rassure-toi, je ne suis pas comme Anda Atar, je te fais la promesse solennelle, que tu auras la parole et le droit de décider du chemin que tu souhaites prendre. Le choix t'appartiendras de mener ou non les tiens à la Bataille, lorsque tu auras pu te faire une opinion personnelle de la situation… » déclare alors Nally, d'un ton nettement plus doux

Aldaron réfléchit durant quelques secondes. Puis il hoche imperceptiblement la tête…

« Tu voulais des renseignements sur le Valeureux. Prenons place, que je vous conte ce que je sais… » déclare-t-il, en s'assoyant sur le sol.

Son ami réagit aussitôt, s'assoyant auprès de lui, tandis que Nally et moi-même leur faisons face, les Pytimouss et les Fées confortablement installés sur nous…

« Le Valeureux a traversé la forêt d'Eithils, passant très près de la Cité sans la voir. Il s'est ensuite dirigé vers le Delta Noir et l'a franchi. Il a affronté un groupe de Soudaryons et a été fait prisonnier, durant plusieurs jours, avant de parvenir à leur échapper, je ne sais comment. » raconte Aldaron, avant que Nally grimace et l'interrompt en levant la main…

« Pour faire court, disons simplement que les Soudaryons, sont des pirates extrêmement dangereux, qui attaquent les caravanes commerciales. Ils sont à la botte de Balegarian maintenant et sont de plus en plus nombreux, selon mes sources… » explique-t-elle, pinçant brièvement les lèvres, avant d'ajouter : « Sirius a eu beaucoup de chance de leur échapper et décidément, il mériterait qu'on l'appelle Rána Ara Ciryaher, c'est-à-dire Le Valeureux Roi de l'Evasion… »

« Ça lui va comme un gant. » souris-je, un peu tristement…

Après Azkaban, l'Antre de Kogriah et maintenant ces dangereux Soudaryons...

Pauvre Sirius, il ne lui arrive que des emmerdes. Il n'a pas de bol à mon sens, mais heureusement une Etoile bienveillante doit veiller quand même sur lui pour le sortir de tous les traquenards dans lesquels il tombe sans cesse…

« C'est d'autant plus vrai, que depuis quelques mois maintenant, les Soudaryons ne font plus de prisonniers quand ils attaquent des caravanes, ne laissant que des morts dans leur sillage. Mais à l'époque où leur route a croisé celle de ton ami, Nyween, ils ont dû estimer qu'il pourrait leur être utile dans l'accomplissement de leurs corvées… » explique Aldaron, tandis que je frissonne.

« Alors Sirius l'a échappé belle encore une fois. A quelques mois près, il n'aurait pas eu l'occasion d'en réchapper. » murmure-je, sous le hochement de tête positif de Nally, qui demande ensuite à son frangin de poursuivre son récit…

« Le Valeureux s'est ensuite engagé dans l'Amrûn Lôs, en direction du Nord. » reprend-il donc, précisant à mon intention : « Amrûn Lôs signifie : Les Marais de l'Est »

« Je suppose que là, il a fait connaissance de l'Urug Egledhron… » soupire Nally, attendant que son frère hoche la tête, avant de se tourner vers moi pour préciser : « L'Urug Egledhron, autrement dit le Fantôme de l'exilé, est un Esprit Facétieux, qui peut prendre différentes apparences. Il s'amuse beaucoup, en amenant les voyageurs à s'égarer dans les Marais, leur indiquant sans cesse de fausses directions qui les font tourner en rond, durant des semaines et des semaines. Sirius a certainement dû passer un temps infini dans les Marais, avant de parvenir à en sortir. Certains n'en sortent même jamais dit-on volontiers… »

« Ton ami est resté quatre mois environ dans l'Amrûn Lôs, ce qui est un temps très court, comparativement à celui que beaucoup d'autres ont passé là-bas. Mais le Valeureux est opiniâtre et possède beaucoup de ressources. Les Bolodriens, les Lutins des Marais, racontent que le Valeureux l'a finalement rendu à moitié fou en lui tenant conversation, racontant des blagues stupides ou en chantant à tue-tête des heures et des heures durant, au point que l'Urug Egledhron, a fini par lui indiquer le bon chemin… » déclare Aldaron, nous faisant éclater de rire, Nally et moi-même.

« C'est tout à fait le style de Sirius ! » sourit Nally, tandis que j'imagine parfaitement Sirius, chantant des chants de Noël à tue-tête, comme il l'a fait la première fois que nous avons passé les fêtes au QG…

Il chantait horriblement mal…

« Sorti de l'Amrûn Lôs, ton ami est parti vers l'Eryn o Tauron. Mais il a mis plusieurs mois à atteindre, car il est passé par le col de Ninniach Aeglir et, en raison des neiges qui ont été très abondantes à cette époque, il a dû rester un trimestre plein dans les RabdurGathrod … » reprend Aldaron, avant d'être une nouvelle fois interrompu par Nally…

« Niniack Aeglir, c'est la chaine de Montagne de l'Arc en ciel et Rabdur Gathrod signifie les Grottes de Rabdur. C'est une région désertée par les Humains en raison de son climat très rigoureux. Et les Elfes qui vivent dans cette région ne se sont certainement pas préoccupés du confort de Sirius. Le pauvre a dû avoir très froid et n'a certainement pas mangé à sa faim tous les jours… » m'explique-t-elle, soupirant en levant les yeux aux cieux, avant d'ajouter en direction de son frère : « Et je suppose maintenant, que Tauron n'a pas du tout apprécié qu'un Humain ose s'aventurer sur ses terres et qu'une fois de plus, Sirius a effectué un séjour en geôle … »

« Tu supposes bien. Mais une fois de plus, ton ami a fait preuve de ressources étonnantes. Après presque six mois d'emprisonnement, il est parvenu à convaincre une servante à voler la clef de sa cellule. Il s'est échappé avec son aide et ils sont remontés vers Nann o Forod, longeant l'Eryn o Faelynaë, où il a fait brièvement face à un Dévoreur de Magie, avant de remonter vers le Nord occidental. Je ne sais rien de ce qui a pu lui arriver au cours de cette dernière étape de son voyage. Mais j'ai appris récemment, que la servante l'a mené chez les Rebelles de l'Eryn Nann Brethil et qu'il se bat fréquemment à leurs côtés, dans leurs nombreuses d'escarmouches contre les Créatures de Balegarian … » achève Aldaron, tandis que Nally fronce les sourcils…

« Des mois et des mois d'errance, à tourner en rond, à être enfermé dans différentes geôles et à traverser des terres hostiles, avant de passer si près de l'Eryn o Faelynaë, pour s'en éloigner aussitôt et se retrouver dans une poche de résistance. Ce n'est vraiment pas de chance pour Sirius ça… Et je crois comprendre maintenant, pourquoi le Dévoreur a voulu s'en prendre à Miho… » murmure-t-elle, en hochant négativement la tête…

Je suis bien d'accord avec ce qu'elle exprime…

Sirius ne joue décidément pas de chance…

Mais je suis curieux de savoir ce qu'elle a compris…

« L'Eryn o Faelynaë signifie la forêt de Faelynaë. Elle est ma propriété Ron, c'est pourquoi elle porte mon nom. Elle se trouve dans le prolongement du Paradis. Plumki a donc dû sentir sa présence et vouloir le rejoindre. Cela a déclenché une Alerte et signifie que Balegarian est à l'affût de ce qu'il se passe du côté de la Porte qui se trouve dans l'Eryn o Faelynaë… » répond Nally, à mon sourcil haussé…

Merde alors !

Vraiment pas de bol pour Sirius ! Il est passé non loin de la Porte qui l'aurait ramené à la maison …

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