Disclaimer : cf chapitre 1
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Grand merci à Mistycal !
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Réponses aux commentaires anonymes sur mon forum : - siria596 - Guest moi-mme
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Aventures En Celtycie 2 / 3
Acte 2 : Tempête De Feu
En Celtycie
Ron
Les Soleils se sont levés sur notre quatrième journée ici, il y a une bonne demi-heure maintenant. Après une rapide toilette dans un ruisseau, nous avons petit déjeuné de cochon froid et de fruits et nous nous apprêtons maintenant à partir.
Je sens le regard d'Aldaron peser sur moi, depuis que nous sommes levés. Ça commence à m'agacer sérieusement. S'il a quelque chose à me dire ou à me demander, un commentaire quelconque à effectuer, alors qu'il crache sa Potion toute de suite qu'on en finisse avec ça…
« Aldaron, Ron ne te mangera pas si tu lui poses la question qui te préoccupe depuis hier déjà. En revanche, si tu continues à le regarder ainsi, tu ne vas pas apprécier ce qui t'arrivera dans quelques minutes… » déclare soudainement Nally, en bouclant son harnachement…
Je lève aussitôt les yeux vers Aldaron. Il regarde sa frangine, l'air impassible. Puis il semble hésiter et se tourne vers moi.
« Pourrais-tu s'il te plait, avoir l'amabilité de me signifier ce que sont des glaouis … » demande-t-il, avec un sérieux infini…
Nally éclate de rire et il lui jette aussitôt un coup d'œil surpris, arquant à peine un sourcil. Putain ! Tout ce foutu cinoche rien que pour ça ? s'exclamerait Seamus s'il était là. Et il s'empresserait d'expliquer ce que sont les glaouis, en des termes bien crus …
Et il en a un sacré répertoire…
« C'est un mot d'argot pour désigner certaines de nos parties intimes et viriles. Les testicules plus précisément… » réponds-je, avec un sourire qui s'élargit en observant la réaction d'Aldaron…
Il a un sursaut et ses yeux s'écarquillent un peu, tandis qu'il baisse vivement la tête vers son entrejambe, avant de relever tout aussi vivement les yeux vers moi, l'air franchement scandalisé, que j'aie pu penser le priver de cette précieuse partie de son anatomie…
L'image de Seamus me traverse de nouveau l'esprit…
« Pour ton information, on appelle aussi ça : couilles, roubignolles, valseuses, bijoux de familles, roustons, burnes etc… Et pour le reste il y a queue, pine, manche, braquemard, popaul et autres…Je t'ai informé des termes les plus courants, mais il y a des tas de façons de désigner tout ça dans mon Monde. Et chez les Moldus plus particulièrement. Ils sont moins frileux que nous quand il s'agit de parler de sexe… » ajoute-je donc, mon sourire s'élargissant encore, sous le regard amusé de Nally, tandis que ceux d'Aldaron et de son pote Olórin, manifestent une réaction dans ce que j'appelle maintenant la pure tradition Elfique
Raideur dans les épaules, petit air scandalisé et interrogateur à la fois, souffle un peu retenu, regard qui balaye la personne de haut en bas, semblant se demander de quelle planète elle débarque…
Une attitude d'Elfe, qui a un parapluie dans le cul, face à un grossier personnage, quoi…
« Et ouais, mon pote ! Je n'ai pas la délicatesse de langage des Elfes, ni la préciosité et l'élégance gracieuse de leur manière. Mais que veux-tu, tout Sang-pur que je sois, je ne suis qu'un Humain typique de la basse classe : balourd, grossier, rustre et vulgaire… » ajoute-je, narquois, en fichant un bonne tape sur l'épaule d'Aldaron, qui l'envoie un peu valser nez en avant, lorsque je passe à côté de lui pour récupérer mon arc appuyé contre le tronc d'un arbre…
Je jette en passant un clin d'œil à Nally, qui me le rend avec un sourire…
Puis nous nous mettons en train, direction l'orée de la forêt et je me sens un peu attristé. Les Créatures qui nous ont suivis jusqu'ici, vont s'arrêter là-bas. Je me suis attaché aux Pytimouss et à ces gourgandines de petites Fées et ça va me manquer finalement, de ne plus les avoir accrochés à moi…
Nous nous arrêtons, juste avant de franchir les dernières rangées d'arbres et je m'agenouille, pour que les Pytimouss puissent descendre en toute sécurité. Ils se rassemblent, devant nous, levant la tête pour nous regarder Nally et moi-même. Ils ont l'air tout triste et je vois même briller une minuscule larme sur la joue de Phyas…
Et ça me fout illico les glandes…
Alors je leur caresse la tête à chacun, m'attardant un peu plus avec mon petit copain câlin.
« Salut les potes. J'ai vraiment été heureux de vous connaitre. Et je ne vous oublierai jamais. Vous pouvez être sûrs que je parlerai de vous à ma famille et mes amis, quand je serai de retour au pays… » murmure-je, en tâchant de leur sourire, ajoutant vivement à l'intention des Fées qui virevoltent autour de moi : « De vous aussi, je parlerai, les gourgandines... »
Elles se rassemblent alors au-dessus de ma tête, tourbillonnant plus rapidement sur elles-mêmes, pour lâcher un peu de leur poussière sur moi et quelques-unes viennent me faire un minuscule bisou sur la joue ou sur le nez…
Je les remercie et je me relève, sur un soupir, saluant la Licorne et les autres Lutins et Farfadets qui se sont joints à nous dans la dernière partie de notre traversée de la forêt, partant vivement, sur un dernier au revoir au groupe de Pytimouss…
Je me sens vraiment attristé, c'est dingue. Ils vont me manquer ces adorables Pytimouss. Ça me fait déjà sacrément drôle, de ne plus les avoir accrochés à moi…
Voilà, plus qu'un pas et je vais les laisser définitivement derrière moi, songe-je, au moment de franchir la lisière, baissant toutefois vivement les yeux sur ma jambe, car quelque chose vient de me sauter dessus…
Merde… C'est Phyas… Il s'accroche à moi, l'air désespéré et tout sanglotant…
Je le prends alors doucement dans ma main et je le lève vers mes yeux…
« Je viens avec toi Althibalys ! J'ai décidé et je veux ! Emmène-moi avec toi ! » me dit sa petite voix aigrelette dans ma tête, toute suppliante et emplie d'espoir à la fois…
Et ses petits yeux noirs brillants comme du mica, sont tout aussi suppliants et emplis d'espoir que sa voix…
Et soudainement je sens quelque chose frôler mon cou… Une petite Fée vient de s'accrocher là, puis une autre fait de même dans mes cheveux…
Et ça grimpe le long de mes jambes et ça s'accroche partout à mes vêtements.
Et j'ai le cœur gros.
Il va falloir que je leur explique que ce voyage sera dangereux. Que nous allons sûrement traverser des contrées hostiles et que leur vie sera menacée. Et que je ne veux pas que l'un d'eux meurt en chemin. Ni aucune des petites Fées…
« Eh bien. Nous allons avoir finalement de la compagnie, pour la suite de notre voyage également … » sourit Nally, en tendant la main vers une Fée qui vient se poser dessus…
C'est sacrément tentant de les emmener. Mais nous n'avons pas le droit de leur faire courir un tel risque, me-dis-je…
« Tu es sûre que c'est une bonne chose ? Ça risque d'être drôlement dangereux pour eux. Ils n'auront plus d'abri pour se mettre à couvert des oiseaux de proie… » fais-je remarquer, mon œil courant sur la plaine que nous allons maintenant traverser…
« Ils en ont décidé ainsi, Ron. En toute connaissance de cause. Et ils savent que nous les protègerons du mieux que nous le pourrons… » sourit encore Nally, avant de tourner les talons et d'attaquer la plaine à petites foulées, aussitôt suivie d'Aldaron et Olórin…
Je regarde mes petits copains et les Fées.
Ouais. Nous les protègerons…
Et je hoche la tête sur un sourire, avant d'emboiter le pas de Nally et des deux Elfes, les rattrapant, en quelques belles enjambées…
Des milliers d'insectes sont dérangés par notre course dans les herbes folles et les fleurs sauvages. La plaine semble s'étendre à l'infini, autour de nous, avec à peine un buisson ou un arbre maigrichon pour casser le paysage de temps en temps…
Je me demande ce que Sirius a bien pu penser, en traversant tout ça sans aucune compagnie. Comment il a pu se débrouiller pour survivre, sans Magie. Et je me dis soudainement, que ce type est sacrément courageux pour avoir résisté à tout ce qu'il a vécu, poursuivant sa route obstinément, malgré toutes les embûches qui se sont dressées sur son chemin…
Il faut avoir une sacrée force de caractère.
« Sirius est un Gryffondor. Un vrai de vrai et pur Gryffondor. Comme toi… » déclare soudainement Nally à mes côtés, me jetant un coup d'œil souriant
Ouais… C'est un pur Gryffondor, c'est sûr…
Et ça me met du cœur à courir, encore et toujours dans la plaine, bondissant par-dessus des ruisseaux, traversant parfois une rivière à guet. Suant sous les Soleils qui grimpent de plus en plus haut dans le ciel, nous frappant durement la caboche de leurs rayons…
« Ah… Zone de Temps Ralenti… » murmure Nally, alors que je viens de ressentir un petit frisson…
Je me demande si c'est bon ou mauvais pour nous. Mais je ne pose pas la question. Que ce soit l'un ou l'autre, je le saurai assez vite de toute façon. Et puis il vaut mieux que je garde mon souffle pour la course.
Subitement, la petite dizaine de Fées qui nous a suivis, vient se faufiler sous mon tee-shirt, tandis que les Pytimouss s'affolent sur moi, quatre d'entre eux rentrant la tête dans mes poches de jambes, les autres essayant de se glisser sous ma ceinture pour se mettre à l'abri à l'intérieur de mon froc…
Coup d'œil dans le Ciel. Il y a un minuscule point dans le lointain. Et bientôt, il se précise. C'est une buse qui arrive vers nous. Elle nous rejoint à puissants coups d'ailes et finit par tournoyer au-dessus de notre groupe, haut dans le ciel…
« Elle ne peut pas se trouver un lapin celle-là… » maugrée-je, en protégeant d'une main, les six Pytimouss qui tremblent sur mon ventre, sous mon blouson...
« Aldaron, charge-toi de cela, veux-tu ? » demande alors Nally, en désignant le ciel du doigt
Sans même ralentir la cadence et avec une rapidité dingue, Aldaron s'arme de son arc, sort une flèche et l'ajuste à la corde tendue, avant de lever les bras et tirer…
Une flèche, une seule, en courant à belle foulée. Et la Buse est fauchée en plein vol…
« Merci, Aldaron. Tu as fait de gros progrès depuis la dernière fois où j'ai eu l'occasion de te voir à l'œuvre… » apprécie Nally, tandis que j'émets un petit sifflement admiratif…
« Je suis souvent venu dans la plaine pour m'entraîner avec Olórin… » répond Aldaron, sans lui accorder un regard…
Mais quelque chose dans son ton, pourtant aussi retenu qu'habituellement, me dit qu'il est heureux du compliment de Nally…
« C'est bien ce que je pensais. Tu t'es entraîné en perspective de la guerre… Olórin a vu qu'elle arrivait à grand pas, n'est-ce pas ? » déclare Nally, sans regarder les deux Elfes…
Aldaron ne répond pas. Mais au bout d'un temps, Olórin tourne son visage vers Nally…
« Je l'ai bien vue. L'une des Lunes sera rousse et l'autre blafarde quand viendra la tempête de feu. Les épées vont s'entrechoquer dans le sang et la Magie. Beaucoup d'Hommes, de Sorciers, de Créatures et des Elfes vont mourir avant la pointe du jour. Et notre destin à tous va reposer sur tes épaules Nyween Faelynaë et sur celles d'un jeune Maedhros dont le cœur est très vaillant, mais dont je n'ai pas vu le visage. Les Maur nous engloutiront ou passeront leur chemin cette nuit-là. Ce sera la fin de la Celtycie ou une nouvelle aube pour tous ses peuples… » déclare-t-il, son regard absent, comme tourné vers cet avenir qu'il a vu…
Et je frissonne à ces paroles, tandis que Nally ne montre aucune réaction. Ses yeux sont obstinément posés sur l'horizon. Même chose pour Aldaron…
« Combien d'autres se sont préparés avec vous ? » demande Nally, d'un ton doux, après quelques minutes de silence un peu lourd
« Peu. La parole d'Olórin n'a pas reçu l'attention qu'elle méritait. Mais les Elfes du Royaume Sylvain nous rejoindront bientôt. J'ai envoyé Lindorië les prévenir qu'ils me doivent maintenant allégeance et ils honoreront leur promesse de se ranger aux décisions de leur Caun. » répond Aldaron, dont le visage et la voix sont aussi peu expressifs que ceux de Nally…
Le silence s'installe de nouveau, durant quelques minutes une fois encore, puis Aldaron dirige son regard vers Nally…
« Où sont les Roherdirons ? » demande-t-il, arquant à peine l'un de ses élégants sourcils
« Là où est leur place. Sur la ligne de crête qui surplombe le Temple, leurs yeux portés sur l'horizon, prêts à donner l'Alarme dans toute la Celtycie et à défendre leur position au prix de leur vie s'il le faut. Le moment sera bientôt là, Aldaron. Balegarian se rapproche de son but : nous anéantir tous. Et son alter ego Sorcier en fait tout autant dans l'autre Monde. Mais là-bas, nous sommes prêts à le combattre et chacune de nos Batailles voit sa fin venir. Alors qu'ici, la résistance est bien trop faible encore… » répond Nally, son regard s'emplissant d'inquiétude lorsqu'elle le porte sur son frère : « Les Elfes doivent réagir davantage, Aldaron. Maintenant que tu as décidé d'assumer ta charge de Caun de Finrod Aranarth, tu dois convaincre et allier d'autres Royaumes… »
Aldaron ne répond pas tout de suite. Il réfléchit quelques minutes, avant de le faire…
« Je vais envoyer des émissaires porter ma parole et convoquer un Conseil à Finrod Aranarth, aussitôt que tu m'auras présenté ton contact Humain. Je ne pourrai pas les convaincre, si je n'ai pas fait cette démarche et que je n'ai pas de renseignements précis concernant les forces de Balegarian… » déclare-t-il, finalement, au soulagement visible de Nally, qui l'en remercie…
C'est alors que j'entrevois la fin de la plaine à l'horizon, où une ligne jaune surplombée d'une crête noire se profile peu à peu. Mais Nally décide que nous nous arrêtions bien avant que nous nous approchions réellement de cet horizon qui se précise de plus en plus…
Un désert. Une Montagne noire…
« Il nous faut déjeuner et reprendre un peu de forces, avant de mettre le pied dans le Delta Noir… » déclare-t-elle, avant de plonger ses mains dans le ruisseau qui chantonne à nos pieds
« Tu vas donc nous faire passer par là… » constate-je, plus que je ne questionne…
Je pensais qu'elle nous aurait détournés de cette région, étant donné le danger qu'elle représente…
« C'est le chemin le plus court, pour rejoindre Sirius. Mais nous ne nous attarderons pas dans ces terres hostiles. Nous ferons étape dans l'oasis de Ninglor, puis nous poursuivrons notre chemin durant quelques heures, avant de couper par le Plateau des Aigles… » répond Nally en se rafraichissant la nuque et le visage, avec l'eau du ruisseau…
Aldaron et Olórin se retournent aussitôt vivement sur elle, leur expression typiquement Elfique verrouillée sur le visage…
« Quoi ? » demande-je, en arquant un sourcil vers eux…
A l'habitude, Aldaron pèse ses mots avant de répondre
« On dit depuis quelques mois, que le Plateau des Aigles est infesté de Créatures Maléfiques qui prennent ce chemin pour rejoindre Balegarian. Tu dois le savoir déjà, Nyween, n'est-ce pas ? » répond-il, tandis que je fais vivement volteface vers Nally…
« Ce n'est pas sérieux. » déclare-je simplement, mains sur les hanches et plissant les yeux…
« Bien sûr que ça l'est. Mais si l'une de ces Créatures ose s'approcher de nous, à nous quatre, nous l'aurons vite terrassée, tu ne crois pas ? » répond Nally, avec un sourire, jusqu'aux oreilles…
Mais quelque chose m'alerte dans son regard…
« J'espère que tu es sûre de ton fait, Nally. Parce que j'ai l'intention de rentrer entier, en ce qui me concerne… » maugrée-je entre mes dents, fronçant mes sourcils cette fois, pour manifester une mise en garde…
Si elle nous mène encore une fois tout droit et tête baissée vers une situation plus que périlleuse, cette fois, je risque de me fâcher très, très fort…
« C'est bien pour cela que je suis certaine de moi. Tu es tout à fait capable de terrasser toutes les Créatures qui grouillent là-bas à toi tout seul, pour pouvoir rejoindre Harry au plus vite, n'est-ce pas… » répond Nally, sur un clin d'œil un peu moqueur…
Je soupire...
Et je farfouille dans ma tignasse, dérangeant deux ou trois Fées au passage…
« Décidément, depuis que nous sommes ici, j'ai parfois la sensation que tu n'es plus toi-même, Nally. Tu es beaucoup plus prudente que ça d'habitude, t'assurant soigneusement que nos arrières soient bien protégés et que les risques soient minimisés au max. Ici, tu me files l'impression désagréable, que tes décisions sont hâtives et irréfléchies... » soupire-je encore, en plissant cette fois les yeux dans sa direction…
Nally se fige aussitôt, fronçant les sourcils à son tour…
« Mmmm… Tu as raison, Ron. Dès que je mets les pieds en Celtycie, mon côté rebelle se réveille, ce qui me rend plus frondeuse. » admet-elle, soupirant avant d'ajouter : « Et Sev me manque trop aussi. Je veux pouvoir le rejoindre au plus vite et cela me rend plus imprudente également je le reconnais. Mais je me sens aussi capable de tout surmonter pour le rejoindre et le serrer dans mes bras au plus vite… »
Naturellement, ça fait écho en moi. Je serai capable de soulever des montagnes si c'était nécessaire pour rejoindre Harry. Pour respirer son odeur, sentir sa chaleur sur ma peau, gouter à la douceur de ses baisers…
Alors je cède. Peu importe les dangers que nous affronterons. Je les vaincrai tous, pour le retrouver au plus vite moi aussi…
« Tu as raison, Nally. Ça vaut la peine qu'on se donnera… » murmure-je, avant de diriger mon regard en direction d'Aldaron et de son pote Olórin, pour ajouter à voix haute : « Tout va bien. Il n'y a pas de souci à se faire les gars, nous serons deux pour écrabouiller toutes les bestioles Maléfiques qui oseront se dresser sur notre chemin. Nous allons le traverser en deux temps trois mouvements, ce fameux Plateau des Aigles… »
Et je sors tranquillement la nourriture que j'ai stockée dans ma Pochette sans fond, pour le déjeuner, souriant doucement aux images de retrouvailles que j'ai plein la tête…
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QG de Londres
Lee
Après une bonne sieste, j'ai repris du Service dans la Base encore une fois, à la place de Bill, qui se trouve toujours en Ecosse…
Il ne m'a pas dit grand-chose sur l'avancée de leurs recherches concernant Ron et Nally, lorsqu'il m'a contacté pour que je le remplace. Juste qu'ils sont en très bonne voie et de ne pas me faire de mouron pour ça. Il avait l'air sacrément confiant en tout cas, alors il n'y a pas de raison que je me fasse de souci de mon côté, n'est-ce pas…
C'est grand silence dans le Manoir. Après avoir fait la fête toute la nuit, les Ânes Bâtés ont patienté jusqu'aux environs de 10H30, espérant qu'aujourd'hui ils seraient enfin reçus par leur Maître. Et finalement, ils sont partis se coucher, à la fois sacrément refroidis par le manque d'enthousiasme des Mangemorts adultes à leur égard et leur déception, que le Maître ne leur ai pas fait l'accueil grandiose qu'ils espéraient, de ne pas être encore marqués. Et là, bien qu'il soit près de 18H00, ils pioncent encore, massés dans les quelques chambres qu'ils se sont attribués d'eux-mêmes…
Les adultes eux, sont très prudents. Ils évitent de sortir de chez eux. Même dans leurs piaules ou sous les tentes, ils chuchotent à peine. Ils attendent les réactions de leur Seigneur et Maître avec anxiété. Ils semblent penser que plus elle va tarder et plus ça risque de faire mal…
Ils ont sûrement bien raison. Les punitions risquent de voler quand l'affreux va sortir de sa catatonie…
Et puis, on sent bien aussi que ça les a secoués, que leur précieux Maître se soit fait mettre une branlée maison par Harry encore une fois. Et j'ai comme l'impression que ça commence à se poser sérieusement des questions dans leur tête de piaf. Moins pour l'avenir du Ténébreux que de leurs serviles petites personnes, bien sûr …
S'il ne réagit pas bientôt, j'ai comme l'impression qu'un certain nombre d'entre eux pourrait avoir dans l'idée de déserter ses rangs…
Qu'ils le fassent. Ça nous arrangera bien…
Quant à lui, l'affreux est toujours dans le fauteuil qu'il n'a pas quitté depuis son réveil ce matin, enfermé dans des pensées plus profondes que des abysses. Il ne sait toujours pas pour l'échec de la mission de Dolohov, ni pour la présence de Lucius au Manoir.
Celui-là, est soigné dans sa chambre à l'étage par Preston. D'après ce qu'on a pu comprendre avec Dedalus, Ron ne l'a vraiment pas loupé avec ses griffes de Grizzly. Et les premiers soins qu'il a reçus, n'étaient pas de bonne qualité du tout.
Mais après ce qu'il a fait là-bas, les Guérisseurs et les Médicomages de l'hôpital Sorcier de Stockholm, n'étaient certainement pas très enthousiastes pour faire du très bon boulot sur sa personne. Alors moi, ça ne m'étonne pas pour une Noise, qu'ils se soient contentés de lui dispenser les soins indispensables pour qu'il survive et basta…
« Ah… On dirait que l'affreux sort de son apathie… » fait soudainement remarquer Olivier, qui a relevé Dedalus en fin de matinée…
Je me tourne aussi sec sur l'Ecran concerné…
Ouais. L'œil de l'affreux est plus vif. Il commence à flamboyer. La colère ne va sans doute pas tarder à lui monter à la gorge…
Voilà, il se lève et se dirige vers la porte. Le Planton sursaute en le voyant et se dépêche de se laisser tomber à genoux, se courbant presque à lui baiser les panards…
« Va me chercher Bellatrix et Dolohov tout de suite !…» aboie l'affreux, les naseaux maintenant fumant…
Le malaise du planton est immédiat et visible. Il doit certainement se retenir de se laisser aller de trouille dans son falzar...
« Monsieur Dolohov n'est pas rentré de sa Mission… » souffle-t-il du bout des lèvres, les épaules crispées et s'attendant visiblement aussitôt à des retombées sévères…
La Baguette de l'affreux crache aussi sec des étincelles. Son regard glisse sur les Gazettes d'hier et de ce matin, qui ont été posées sur un appui de fenêtre, en attendant que le Maître les réclame…
Il n'a pas ouvert sa porte de toute la journée d'hier, ni cette nuit, ni ce matin. Il n'a pas mangé, pas bu. Il est vraiment resté dans ses pensées sans en sortir une seconde. Et bien sûr, personne n'a insisté, pas même Preston qui était venu vérifier qu'il n'avait plus besoin de ses soins…
« A-t-il au moins fait ramener ce qu'il devait me rapporter ? Les prisonniers ont-ils été libérés ? Lucius est-il parmi eux ? » crache l'affreux, se contenant visiblement de sévèrement punir son serviteur, pour la mauvaise nouvelle annoncée…
« Oui, Monseigneur. Les prisonniers sont bien ici. Monsieur Malfoy est soigné dans sa chambre. Pour le reste, je ne sais pas si quelque chose d'autre a été ramené pour vous… » répond le planton, soulagé d'avoir pour le moment échappé à un Doloris ou deux, mais restant sur ses gardes, adoptant un ton très prudent…
Les naseaux de l'affreux frémissent et fument encore davantage. Ses yeux flamboient. Il résiste encore à l'envie d'exploser, c'est sûr…
Si seulement ça pouvait lui foutre une belle congestion cérébrale, ça nous arrangerait bien, tiens…
Mais bon. Ce n'est pas la peine d'espérer trop. Comme dit Dedalus, la mauvaise herbe et le chiendent, ça ne crève pas si facilement…
« Envoie-moi Bellatrix ! Et qu'on m'amène aussi Lucius ! » siffle-t-il, saisissant vivement les journaux, avant de claquer la porte derrière lui…
Il hésite maintenant à ouvrir les Gazettes… Il doit se douter que la Une d'hier annonce sa sévère défaite face à Harry, à Godric's Hollow… Et que celle d'aujourd'hui doit encore commenter l'affaire en long, en large et en travers, avec force de témoignages…
Il finit cependant par délaisser celle d'aujourd'hui, la jetant sur le bureau d'un geste sec, pour ouvrir celle d'hier, les mâchoires crispées. Son regard glisse vivement sur les gros titres et il va directement en pages intérieures, lisant rapidement l'article consacré au Département des Mystères…
Ses yeux flamboient d'autant plus, lançant des éclairs furieux. Il chiffonne soudainement le journal dans un geste rageur et le jette en poussant un grognement furieux. Il se contient vraiment difficilement, serrant ses poings crépitant d'étincelles et ses Ondes Magiques tourbillonnant autour de lui. Mais il parvient à les contrôler, sur un effort surhumain, à se faire péter la cervelle et le battant….
Bellatrix arrive, tout courant. La Folle a l'air très inquiète du sort qui l'attend, mais elle court quand même vers son Maître adoré, se jetant à ses pieds lorsqu'il l'invite à entrer…
« Retourne tout de suite auprès de Rabastan et dis-lui que je lui donne un jour de moins pour accomplir sa Mission ! Alors qu'il se dépêche et revienne au lieu de rendez-vous convenu, immédiatement sa tâche remplie ! Toi, tu vas drainer toutes les recrues que tu peux sur le chemin de retour. Parcours toute l'Europe ! Je veux pouvoir écraser l'Ordre du Phénix une bonne fois pour toute, tu m'entends ! Alors ramène-moi tous les hommes, toutes les femmes, tous les adolescents qui veulent se battre à mes côtés ! J'en veux des centaines et des centaines ! Tu m'as compris ! » aboie-t-il, sans même lui accorder un regard…
Alors là, ça sent bigrement l'attaque de très grande envergure. Ça risque de nous tomber sur le râble comme une tempête de feu et nous avons intérêt à nous préparer dare-dare à y faire face… me dis-je, en échangeant un coup d'œil inquiet avec Olivier…
On n'a pas fini de se farcir des Mangemerdes au souper semble-t-il me dire…
« Oui, Monseigneur… » acquiesce Bellatrix, osant à peine lever son propre regard sur son Maître chéri…
« Alors va tout de suite ! Et emmène Yaxley avec toi ! Il viendra me faire rapport tous les deux jours sur votre avancée ! » aboie Voldemort, ajoutant au moment où Bellatrix va passer la porte : « Et demande aussi qu'on m'apporte du thé et un repas ! »
« Oui, Monseigneur… » s'empresse de répondre la Folle sur une dernière courbette, avant de sortir prestement cette fois…
En chemin, Bellatrix rencontre Lucius, qui arrive sur un brancard que fait Léviter Preston. Mais elle ne s'attarde guère à prendre des nouvelles de son beauf, se contentant de jeter en passant à Carrow fils, en faction à la porte du Manoir, d'apporter vite ce que son Maître a demandé…
Peu après, Lucius entre à son tour dans le bureau, toujours allongé sur son brancard, sous le regard de Voldemort qui glisse sur lui. Lucius est pâle, son bras est en écharpe, épaule immobilisée étroitement. Toute sa poitrine est ceinte de bandages. Et ses flancs sont couverts d'un gros pansement. Mais il fait signe qu'on l'aide à se lever et qu'on le mette au fauteuil. L'affreux reste muet durant toute l'opération. Il regarde son second, nettement diminué par ses blessures, sans éprouver la moindre pitié. Sa colère est toujours là et rien ne compte à ses yeux que les projets qu'il a en tête, évidemment...
« Veuillez excusez l'impossibilité dans laquelle je me trouve de vous présenter mes respects comme il convient à votre grandeur, Monseigneur. Je vous présente également les humbles excuses que je vous dois, pour avoir échoué en Suède… » déclare Lucius, d'un ton humble et yeux baissés, lorsque la porte se referme sur Preston
Il prend les devants pour les reproches qui risquent de lui dégringoler sur la tête. C'est qu'il n'est pas si mal que ça alors, dirait Tonton Sev…
« Tu n'as pas échoué, nous avons été espionnés et trahis ! En Suède, comme ici ! » aboie aussi sec l'affreux, se mettant à tourner en rond dans le bureau…
On dirait un animal de foire dans sa cage. Du genre très moche et enragé, bien sûr…
« Bien que terribles, vos paroles me réconfortent, Monseigneur, car il m'aurait été insupportable de n'avoir pas été à la hauteur de votre confiance. Et elles me confortent également dans les soupçons que je nourris depuis mon réveil en prison… » souffle Lucius, soulagé visiblement que son Maître prenne lui-même le parti de penser à la trahison…
Dame ! Qu'est-ce qu'il pourrait faire d'autre, après ce que Harry lui a balancé dans la gueule à Godric's Hollow ! De quoi lui ronger le cerveau à l'affreux et lui griller ses derniers neurones encore à peu près sains !
« Il y a un traître, un infâme espion qui se cache parmi nous ! Potter l'a avoué ! Il y a partout des Espions qui surveillent le moindre de nos mouvements et déplacements ! Voilà pourquoi l'Ordre du Phénix nous devance et nous met en échec ! A chaque fois que nous en éliminons un, il y en a déjà un en place pour prendre sa relève ! Même Dolohov, dont la Mission était parfaitement secrète a échoué vendredi soir ! Or, cette Mission était capitale pour nos projets ! Capitale, tu m'entends ! » siffle l'affreux, avec fureur…
Lucius le laisse tourner en rond et se calmer relativement, durant quelques minutes, avant d'oser se risquer à parler…
« J'ai beau y penser, je ne peux arrêter mes soupçons sur un seul de vos Serviteurs, Monseigneur… » déclare-t-il, avec prudence quand même, quand il juge qu'il a suffisamment respecté le silence de son Maître…
Il va à la pèche, bien sûr. Il ne peut s'en empêcher. Il a envie de savoir qui pourrait être sur la liste des suspects et tâche de soutirer cette information à son Maître…
« Si Dolohov n'avait été tué lors de sa Mission, c'est lui que j'aurais désigné, puisqu'il était seul à en connaître l'objet. Presque tous ses hommes ont été tués. Et ce que je voulais qu'il ramène a été détruit irrémédiablement ! » crache l'affreux, qui serre une fois de plus les poings de rage
Ah… C'était donc bien l'Arcade qu'il voulait. Au moins, l'affreux ne pourra plus mettre le projet en lien avec cette chose à exécution. Les Photographies de la Gazette montre bien les dégâts qui ont été faits et l'Arcade brisée sur le sol…
Je ne sais pas où elle menait, cette fichue Arcade, mais c'est tant mieux qu'elle soit détruite, même si ça pose problème pour récupérer Tatie Nally et Ron…
L'affreux s'arrête de tourner en rond et fixe son regard de la mort qui tue sur Lucius…
« Rabastan et toi êtes les seuls sur lesquels aucun soupçon ne pèse, Lucius. Car ni l'un, ni l'autre ne saviez où j'allais attaquer ! Et je ne considère pas non plus Bellatrix capable de me trahir, elle ne faillira jamais dans sa fidélité envers moi. En revanche, les autres, Lucius, tous les autres, même ceux qui ont été faits prisonniers lors des dernières Batailles à Godric's Hollow, sur le Chemin de Traverse et au Département des Mystères, doivent être tenus pour suspects ! Surtout ceux qui étaient au Département des Mystères d'ailleurs ! Alors rétablis-toi vite, Lucius. Je veux que tu enquêtes et que tu débusques ces traîtres et ces traitresses qui parviennent toujours à nous espionner ! » déclare-t-il, sur un ton qui ne souffre aucune excuse, pour ne pas obéir sur le champ à ses ordres.
« Je vais faire diligence, Monseigneur. Je ne puis encore me déplacer, mais je peux faire venir à moi les Serviteurs que vous désignerez et les interroger, avec l'aide de Crabbe et Goyle. Ils ne peuvent non plus nous trahir, comme vous le savez… » répond Lucius, sous le hochement de tête approbateur de l'affreux…
Carrow fils, qui remplace son père pas encore rétabli de sa dernière branlée, choisit ce moment pour frapper à la porte et le Maître aboie à son chien-chien d'entrer et de servir le thé immédiatement, avant de quitter les lieux.
Carrow s'exécute avec toute la promptitude qu'il lui est possible, bien sûr. Et l'affreux s'attable pour prendre son petit déjeuner, face à Lucius…
OoOoOoO
En Celtycie
Ron
L'heure du déjeuner me semble infiniment loin et je commence à avoir sérieusement les crocs. Je comprends toutefois, que nous n'avons pas intérêt à nous attarder dans le coin pour pique-niquer…
Ça fait trois heures maintenant que nous crapahutons dans le Delta Noir, courant à petites foulées sans jamais ralentir la cadence…
A ce train-là, je serai champion de marathon avant la fin de notre voyage en Celtycie et je pourrais prétendre à m'inscrire dans les grandes compétitions Moldues…
Le Delta Noir porte bien son nom. C'est un désert de terre jaune et poudreuse, parcouru de larges bandes de roches noires, qui descendent d'une haute montagne solitaire et s'étendent depuis son pied, comme les bras d'un fleuve qui va se jeter bientôt dans la mer…
C'est sec, c'est aride. Il n'y a pas un brin d'herbe, pas une fleur. Et s'il n'y avait pas de vent, je suis sûr qu'il ferait une chaleur à crever…
Aldaron pointe soudain son doigt en direction du Nord Est à l'horizon. Je ne me fatigue pas les yeux à essayer de voir ce qu'il montre. J'ai compris que les Elfes voient bien plus loin que nous. Je me contente de lever un sourcil vers Nally…
« Un nuage de terre jaune. Et une colonne de fumée. Une caravane vient d'être attaquée par des Soudaryons, qui prennent maintenant la fuite pour regagner leur tanière. Ce n'est pas la peine d'y aller puisqu'ils ne laissent plus maintenant aucun vivant et brûlent les corps, avant de s'en aller… » soupire-t-elle avec tristesse…
Je frissonne. Quelle sauvagerie. Ces salopards de pirates ne valent pas mieux que des Mangemorts…
Nous poursuivons donc notre course, sans dévier notre direction d'un poil et il se passe encore une heure, avant que je distingue un peu de vert dans tout le jaune et le noir qui nous environne…
Je plisse les yeux pour tâcher d'identifier ce que c'est…
« Nous arrivons en vue de l'oasis où nous ferons une halte pour nous restaurer et nous rafraichir un peu. Nous y serons dans une heure et demie je pense… » déclare Nally, à mon grand bonheur…
Et celui des Lutins et des Fées.
Ils n'ont pas l'habitude d'avoir autant de Soleil au-dessus de leur tête et ils ont eu beau se réfugier le plus possible sous mes vêtements, la chaleur que dégage mon corps en plus de celle de notre environnement, ça doit leur être sacrément difficile à supporter…
Mais alors que nous arrivons presque à destination, les Pytimouss et les Fées s'affolent, Nally, Aldaron et Olórin se tendent illico et je devine qu'il va falloir qu'on se dispute la place à l'ombre…
Un signe discret de la part de Nally et je comprends. Je sors mes deux épées. Je m'inquiète néanmoins pour mes petits amis et d'un haussement de sourcils accompagné d'un signe de tête, je demande à Nally que faire avec eux…
Un geste de la main dans ma direction. Un Sortilège et les petites Créatures ont disparu. Et quand je dis disparu, ce n'est pas seulement Désillusionnées. Elles ne sont tout simplement plus là. Mais je ne m'en inquiète pas. Elles sont à l'abri, c'est sûr. Nally y a veillé…
Nally commence à ralentir la cadence, jusqu'à marcher simplement. L'oasis est là, à quelques centaines de pas maintenant. Elle est de belle taille et sa fraîcheur m'attire. Mais je suis sur mes gardes, comme Nally, Aldaron et Olórin…
Nous pénétrons sous le couvert de Palmiers, dos à dos tous les quatre, épées bien en main. Putain que ça fait du bien un peu d'ombre et de fraicheur ! Il n'y a pas un bruissement, juste le chant discret d'une source. Tout est calme, tranquille et je ne vois rien alentour d'inquiétant. Mais alors que je commençais à me demander sérieusement s'il y a vraiment du danger par ici, ça nous tombe dessus, dans une clameur guerrière…
Putain ! Qu'est-ce que c'est que ces trucs ! me dis-je, en voyant débouler vers moi des grandes et épaisses choses toutes poilues, avec deux gros yeux rouges comme des braises, des fortes dents pointues laissant passer des grognements gutturaux et qui lèvent leurs bras armés bien haut au-dessus de leur tête…
Mais je ne me pose pas plus de question que ça. Ce que je sais me suffit pour le moment. C'est dangereux et ça tient une arme qui a l'air sacrément tranchante dans ses grosses mains. Alors je les accueille comme il se doit, tranchant dans le vif, à coups d'épées bien placés.
Je croise le fer avec ces saloperies de Créatures, à grands fracas. Utilisant aussi bien mes pieds que mes épées, tâchant de bien économiser chacun de mes gestes, pour faire dans la pure efficacité. Il n'est pas question de faire de prisonnier. Il n'est pas question non plus d'en laisser un seul s'échapper, au risque de voir bientôt d'autres de ses copains débouler à nos trousses, au cours de notre voyage…
Les Créatures sont mauvaises et hargneuses, mais elles ne sont pas très habiles. Elles foncent dans le tas, lames en l'air, pour frapper sur la tête, comme si elles tenaient desmassues. Leur poitrine et leur ventre sont largement exposés et j'en profite.
J'en abats six ou sept, avant d'être blessé sur l'avant-bras par l'arme du dernier bestiau à me faire face. Ça me fout en rogne illico et sur une pirouette, je lui tranche la tête de mes deux épées à la fois, me retournant aussi vite pour voir où en sont Nally et les autres…
Et constater qu'ils m'observent tranquillement. Tout frais et dispos…
Putain ! Je me suis coltiné tout seul avec toutes ces grandes et grosses choses toutes poilues et mauvaises comme des teignes ! Mais qu'est-ce que ça veut dire ça ! A quoi ils jouent ?…
« Tu avais raison, Nyween. La réputation d'Althibalys n'est pas usurpée. C'est un très grand Guerrier… » déclare Aldaron avec tranquillité, tandis que son pote Olórin, me salue d'un respectueux signe de tête, mains jointes sous son menton…
Aldaron me salue également, dès son appréciation effectuée…
« Oui. Et je n'exagérais pas non plus lorsque j'affirmais tout à l'heure qu'il est capable de terrasser à lui tout seul toutes les Créatures Maléfiques du Plateau des Aigles. Ron est le plus magnifique Guerrier que j'ai jamais rencontré… » répond Nally, avec un sourire jusqu'aux oreilles…
« Merci ! Mais j'aurais tout de même apprécié un peu d'aide sur ce coup là ! Putain ! Mais qu'est-ce que c'est que ces choses ! Et à quoi vous jouez tous les trois à me laisser me démerder tout seul ? » m'exclame-je, scandalisé par l'attitude nonchalante de mes compagnons de voyage et de Nally en particulier…
Qu'est-ce qui lui a pris de me laisser me débrouiller seul ? Non mais vraiment !
« Ces choses sont des Trolls de Delweth. Et ils sont très loin de chez eux. Probablement en route pour aller grossir les rangs de Balegarian. » explique Nally, avant de venir vers moi et de me prendre par le bras, pour ajouter : « Viens, allons nettoyer et soigner cette vilaine plaie avant qu'elle ne s'infecte, pendant qu'Aldaron et Olórin débarrassent l'oasis des cadavres qui l'infestent … »
Et elle m'entraine vers le centre de l'oasis, tandis que je serre les dents sous la contrariété. J'avoue, je fais un peu la gueule à Nally, là… Décidément j'avais raison de lui dire tout à l'heure, que je ne la reconnaissais plus. Jamais elle ne m'aurait laissé tout seul dans l'embarras, chez nous. Et elle ne me laisserait pas non plus sans réponse à ma question, comme elle le fait maintenant…
Nous arrivons très vite à la source, en silence.
« Je comprends que tu sois fâché contre moi, Ron. Mais il fallait qu'Aldaron et Olórin constatent par eux-mêmes les capacités exceptionnelles dont tu fais preuve lors d'un Combat. Il était nécessaire qu'ils voient ce dont sont capables les Humains, pour défendre leur vie et celles de leurs compagnons et qu'ils cessent de se prendre eux-mêmes pour des guerriers hors du commun, bien plus aptes que les Hommes à mettre fin à une guerre. Je voulais aussi, qu'ils te traitent comme un égal et c'est ce qu'ils vont faire désormais. Tu les as beaucoup impressionnés, crois-moi. Tu es meilleur guerrier qu'eux, ils ne peuvent qu'en convenir… » explique Nally, avec un regard profond sur moi…
« Tu aurais pu me prévenir !… » réponds-je simplement, avec brusquerie…
Je comprends, bien sûr son désir. Pour que l'association des Elfes et des Rebelles Humains soit pleinement efficace, il faut nécessairement qu'il y ait un respect mutuel entre eux. Et cela ne pourra se faire, que si les Elfes, en reconnaissant la valeur des Hommes, descendent du même coup du piédestal sur lequel ils se sont placés …
« A quoi bon. Tu es toujours plus efficace, lorsqu'on ne te met pas la pression et comme tout s'est déroulé avec naturel, tu as été plus impressionnant que si tu avais cherché à impressionner… » sourit Nally, en nettoyant déjà ma plaie à l'eau fraîche.
Sa réponse a illico le don de faire baisser ma colère d'un sacré cran. Je soupire, secouant la tête de droite à gauche et de gauche à droite. Nally trouve toujours l'argument qui fait mouche avec moi. Car ce qu'elle dit est juste. La conscience d'un enjeu important, peut paralyser ou au contraire en faire trop faire…
Je ne commente pas cependant et Nally se contente de la victoire de mon silence. Elle me sourit de nouveau, puis reporte toute son attention sur ma blessure. J'en fais autant et je la regarde me soigner avec application, étalant un baume sur ma plaie pour lui permettre une cicatrisation ultra rapide. Lorsque c'est fait, elle se lave soigneusement les mains, tandis que je bois de l'eau avec délice…
Putain que ça rafraichit bien ! Ça me donne presque l'envie de plonger tout habillé à la flotte…
« Quel âge a donc ton frère ? En nombre équivalent d'années de notre temps à nous… » demande-je aussitôt cette question me traverse la tête…
Je ne sais même pas pourquoi elle l'a fait. Mais peu importe.
Il doit avoir au moins une centaine d'année, si l'on considère qu'il y a trois à quatre jours en Celtycie, contre un seul chez nous, me dis-je, en attendant que Nally qui boit aussi de l'eau maintenant, ait la bouche libre de me répondre…
« Mmmmm… Si l'on considère le nombre d'années que nous avons vécues dans le Temps Ralenti et celui qu'il a passé ici je dirais… aux alentours de 7800 ans en équivalent de notre temps… » répond Nally, sur un sourire malicieux…
J'en reste ébahi durant quelques secondes… Puis je réalise…
« Mais alors toi, quel âge ça te fais ? » questionne-je, en la regardant les yeux écarquillés…
« Compte tenu que j'ai passé quelques années dans notre Monde et que j'ai renoncé à mon Elfitude, je suis à peine plus jeune qu'Aldaron, bien que je reste toujours l'aînée, puisque nous sommes nés le même jour… Mmmm… J'ai entre 7550 et 7580 je dirais… J'ai cessé de compter depuis longtemps en fait et cela a peu d'importance. Je vieillis désormais au même rythme que toi, même si mon côté Elfe me préserve un peu mieux que les femmes de mon âge. Et cela me convient parfaitement.… » répond Nally, sur un haussement d'épaule…
Je me retiens de lui faire remarquer, qu'il n'y pas de femmes de son âge dans notre entourage…
Putain ! Plus de 7550 ans !
« C'est vrai que tu es bien conservée, pour une femme de ton âge… » souris-je cependant, avant d'être pris d'un fou rire nerveux…
Nally comprend bien sûr l'objet de mon hilarité et me fiche un petit coup de poing sur l'épaule, avant de rire avec moi…
« Olórin est bien plus vieux que mon frère et moi, tu sais. Au moins deux fois plus. Et c'est le maître d'arme d'Aldaron. Le salut qu'il t'a fait, signifie qu'il n'aurait rien à t'appendre à l'épée… En revanche, je pense qu'il aurait encore quelques petits trucs à te conseiller au tir à l'arc. Alors n'hésite pas à lui demander conseil… » déclare Nally, quand notre fou rire nous lâche enfin, ajoutant, sur une brève hésitation : « En retour, propose lui de lui apprendre quelques petites Techniques de Combat Moldu. Cela ne pourra que renforcer son respect envers toi, que tu lui apprennes quelque chose dans le domaine des Combats et de la guerre… »
« Mmmm… Ok, sans souci. Mais tiens, en parlant de lui, c'est un Voyant, si j'ai bien compris ? » réponds-je, en effectuant une petite toilette rapide pour me rafraichir le torse et le dos.
« Oui. Il n'est pas aussi doué que Luna, mais il lui arrive de voir des avenirs possibles. » répond Nally, qui se rafraichit également en passant un linge humide sous son haut…
« Et c'est quoi le Madros, Mandros ou je ne sais plus quoi, dont il a parlé. Et puis les Maur… c'est quoi ça ? » demande-je, en haussant un sourcil curieux.
« Maedhros. Cela signifie Guerrier d'Emeraude… Mais je n'en sais pas plus que toi à ce propos. Il peut s'agir de n'importe qui, Elfe ou Humain, même si je penche pour un Rebelle probablement issu de contrées verdoyantes. Ce qui ne manque pas en Celtycie. Ou peut-être porte-t-il une émeraude, montée sur une bague ou un pendentif. Peu importe… Olórin aura peut-être une autre vision, plus précise, à son sujet. En attendant, il est inutile de chercher à en savoir davantage, ce serait peine perdue… » déclare Nally, qui réfléchit pourtant durant quelques secondes, avant d'ajouter : « Quant aux Maur, ce sont les Ténèbres et Olórin n'a pas vu quelle sera l'issue de la Bataille… »
Il est clair que tout cela l'inquiète et qu'elle espère vivement qu'elle sera favorable…
« Ok… Et l'autre truc dont a parlé ton frère ? Les Rohermachin… » questionne-je encore, en enfilant mon tee-shirt, après l'avoir bien rincé dans l'eau…
Sa fraicheur mouillée me fait grand bien…
« Les Roherdirons. Cela signifie Sentinelles de Lumière. Ce sont des Guerriers, les meilleurs de tous, qui montent garde auprès du Temple des Elfes, le plus important de Celtycie. Celui qu'il faut protéger à tout prix de Balegarian. Si elle parvenait à s'y introduire, cela serait catastrophique pour les deux Mondes… » répond Nally, sur un long frisson…
Et à son regard, il n'y a pas de doute. Ce serait la fin de la Celtycie et du Monde Magique…
Je m'apprête à poser ma dernière question du moment, mais Nally se tourne vers moi et applique un doigt sur ma bouche…
« Je ne peux pas t'expliquer davantage maintenant. Cela prendrait trop de temps. Je le ferai lorsque l'Alliance des Hommes et des Elfes sera conclue. Et que nous serons de retour chez nous… » déclare-t-elle, avant de se lever
Puis elle me tend une jolie fleur dorée, cueillie au bord de l'eau.
« C'est cette fleur, une Ninglor, qui a donné son nom à l'Oasis. Elle a des vertus rafraichissantes. N'hésite pas à t'enduire de son essence, cela te préservera un peu de la chaleur des Soleils.. … » sourit-elle, tandis que je prends la fleur, avant de s'éloigner dans la direction par laquelle nous sommes arrivés au bord de la source.
Je la regarde partir, bien que j'aurais voulu la retenir et la harceler de questions jusqu'à ce qu'elle finisse par se lasser et me réponde.
Je suis dévoré de curiosité, depuis ce midi. Je me demande pourquoi Olórin a dit que le destin de la Celtycie reposait sur les épaules de Nally. Si cela a un rapport avec sa charge de Gardienne du Temple qu'elle a brièvement évoquée l'autre jour…
Je me demande aussi ce qu'il peut y avoir dans ce Temple qu'il faut si impérativement protéger de Balegarian. Ce qu'il peut contenir. Pourquoi ce serait si catastrophique si elle mettait un pied dedans et que cela signifierait la perte de nos deux Mondes…
Bref, je me rends compte qu'à chaque mystère résolu, il y en a de nouveaux qui surgissent.
Et je frissonne…
Une tempête de feu, a dit Olórin. Des épées qui s'entrechoquent dans le sang et la Magie…
Beaucoup de morts…
Quel que soit le moment où elle viendra, cette Bataille sera aussi sanglante, cruelle et terrible, que sera la Bataille décisive dans notre Monde, assurément…
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