Disclaimer : cf chapitre 1
.
Grand merci à Mistycal !
.
OoOoOoO
Réponses aux commentaires anonymes sur mon forum : - moi-mme – Lion - Huguette -
OoOoOoO
.
Aventures En Celtycie 3 / 3
Acte 3 : La Vision d'Olórin
En Celtycie
Ron
Nous avons achevé notre parcours dans le Delta Noir sans autre rencontre désagréable, pour pénétrer dans une vallée verdoyante et abondamment giboyeuse. Aldaron et Olórin se sont alors empressés de chasser notre repas pour ce soir, sans cesser leur course bien sûr et tirant tout simplement ce qu'il y avait devant eux.
Nous aurons donc du lapin et de la perdrix au diner.
« Le Plateau des Aigles se trouve là-haut. Nous serons à son pied dans deux heures à deux heure et demie je pense et nous monterons là-haut demain dès l'aube… » m'indique soudainement Nally, en désignant une sorte de falaise qui se profile assez loin devant nous encore.
Deux heures et demi… Merde ! J'en ai ma claque de courir pour aujourd'hui !
« Si tu nous faisais faire un de ces sauts dont tu as le secret, on pourrait y être bien plus tôt, non ? » demande-je donc en direction de Nally, qui grimace aussi sec…
« Aldaron et Olórin, risquent de ne pas apprécier… » répond-elle dans un souffle, en regardant les deux Elfes qui courent un peu devant nous…
Ils nous précédent depuis qu'ils ont temporairement accéléré la cadence pour aller récupérer leur chasse avant qu'un prédateur s'en empare…
Je hausse un sourcil en direction de Nally, qui ajoute dans le même souffle…
« Effectuer ces sauts dérange leur transit délicat et ils risquent de passer une soirée un peu pénible… »
Je pouffe aussi sec, imaginant les deux Elfes le cul vissé sur un chiotte. Puis j'éclate franchement de rire, entrainant Nally dans mon hilarité, lorsque cette pensée glisse vers deux Elfes accroupis au milieu de buissons, le nez pincé et se vidant longuement les intestins, avant d'essuyer leurs fesses délicates avec des feuilles d'arbre ou des touffes d'herbe tendre…
Je n'en peux plus de rire et je suis obligé de m'arrêter de courir. Nally s'arrête avec moi et nous tombons assis sur l'herbe épaisse…
Aldaron et son ami, se retournent soudainement et reviennent vers nous se demandant visiblement ce qu'il nous prend…
« Ce n'est rien, continuez. C'est juste une petite blague entre nous. Vous ne comprendriez pas, ça concerne quelque chose qui s'est passé dans l'autre Monde… » ment effrontément Nally, en leur faisant signe de poursuivre leur route, ajoutant très bas, dès qu'ils ont tourné le dos, qu'il vaut mieux éviter de les vexer et donc de leur avouer que nous nous moquons d'eux…
Et nous nous relevons du sol, pour nous remettre en route…
« Et pourquoi tu as ri, toi ? » demande-je, le sourire encore aux lèvres…
« Nous avons eu la même image mentale… » sourit Nally, qui ajoute à mon sourcil haussé sur une interrogation muette et quelque peu surprise : « Je capte plus fortement tes émotions depuis que nous sommes ici. Et parfois tes pensées directement. C'est la présence des Pytimouss qui me permet cela. Mais ne t'inquiète pas, mon frère et Olórin, n'ont pas le don d'Empathie et ne sont pas non plus Légilimens… »
« Ok... Pas de soucis. Mais dis-moi, que dirais-tu de les planter là, s'ils veulent encore courir. Franchement, moi j'en ai plus que marre, je n'ai pas votre résistance physique. Et s'il y a une rivière non loin du Plateau, j'aimerais bien prendre le temps d'un long bain… » déclare-je, ajoutant presque aussitôt, à l'intention des Fées : « Et cette fois ci, sans être épié par des gourgandines… »
Je récolte aussitôt une minuscule cascade de rires et les Fées viennent virevolter autour de moi, dans une petite danse joyeuse et moqueuse…
« D'accord, forçons un peu l'allure pour les rattraper et leur demander ce qu'ils en pensent. Bien que je suis prête à parier tout ce que tu veux, qu'ils refuseront… » acquiesce Nally, mettant illico ses paroles à exécution…
Forcer l'allure… J'avoue que j'ai un peu de mal à le faire. Mes jambes commencent à être dures comme du bois et plutôt lourdes…
Comme prévu par Nally, Aldaron et Olórin déclinent l'invitation, mais ils nous confient le gibier, afin que nous nous occupions du diner en les attendant. Et ils accélèrent aussitôt l'allure, tandis que Nally et moi ralentissons un peu. Puis elle frôle mon bras …
Et hop ! Un joli bond en avant. Il nous faut encore courir un peu, avant de trouver l'endroit idéal pour installer le campement, mais nous avons au moins gagné deux heures de course, ce qui me semble hautement appréciable…
« Il va pleuvoir cette nuit… » déclare Nally, en regardant le ciel, à peine nous sommes nous arrêtés, non loin d'un beau bosquet et d'une rivière…
Je me demande comment elle peut savoir ça, alors qu'il n'y a pas un nuage dans le ciel. C'est peut-être sa couleur ou l'odeur du vent ou que sais-je encore, peu importe. Je n'ai pas du tout envie de me préoccuper avec ce détail là. Tout ce à quoi j'aspire, c'est de me prélasser longuement dans de la flotte et de me masser les guibolles avec un bon Onguent…
Bon, ceci dit, je n'ai pas envie de passer la nuit sous la pluie…
« Pas de problème. Souviens-toi, j'ai une tente, quelque part dans mon barda.» réponds-je donc, en partant illico à la recherche de ma Pochette sans Fond…
« Oh, oui, c'est vrai ! Génial ! Nous allons pouvoir montrer à Aldaron et Olórin, combien les Humains peuvent être ingénieux… » sourit Nally, qui a déjà commencé à ramasser du bois dans un bosquet voisin.
« Ok. Mais je doute qu'ils puissent être si impressionnés que ça. Parce que ce n'est pas une tente complètement équipée. Je te l'ai dit, elle est vide… » rappelle-je, regrettant aussi sec que ce soit le cas…
Une bonne nuit dans un bon lit, voilà encore un confort qui me manque pas mal, pour bien récupérer…
« Mais c'est mieux que rien. Nous aurons un abri pour la nuit et c'est déjà ça… » répond Nally, positivement satisfaite
Je sors la tente, sous l'œil intéressé des Pytimouss et des Fées, toujours curieux de voir ce qu'il y a dans mon petit sac à malice. Puis je la place dans le coin qui me semble le plus approprié, avant de demander à Nally de s'occuper de la monter…
Avec la Magie, ça prend nettement moins de temps qu'à la Moldue, n'est-ce pas ?
Pendant qu'elle fait ça, je dépiaute les lapins, lui laissant le soin de s'occuper des Perdrix. Les plumer, ça va bien plus vite avec la Magie aussi. Puis je m'empresse ensuite de finir de ramasser le bois nécessaire pour faire cuire le repas et enfin, je me dirige vers la rivière.
Tout seul… Comme un grand…
Les gourgandines étaient trop curieuses de visiter l'intérieur de la tente de toute façon. Et elles m'ont certainement assez examiné sous toutes les coutures la dernière fois. Elles en ont sûrement bien assez vu…
Ça me mène à penser à Mimi Geignarde qui n'en a jamais assez quant à elle, d'espionner les mecs qui prennent leur bain dans la Salle de Bains des Préfets. Et bien sûr, mes pensées glissent illico vers Harry…
Je me demande ce qu'il peut faire en ce moment. Et ça me rend nostalgique. Je voudrais que notre voyage prenne fin tout de suite….
Allez, mon vieux. Pense plutôt à la joie que tu vas lui faire en ramenant Sirius. Ça vaut vraiment le coup de prolonger ton voyage en Celtycie. Alors secoue-toi les Ciseburines au lieu de te laisser aller à la nostalgie, me dis-je pour m'encourager, en retirant godasses et fringues…
Je me laisse aller dans l'eau avec bonheur, à l'abri d'un beau bosquet d'arbres bien touffu, me frottant énergiquement la peau pour la débarrasser du sel de ma sueur. Puis je décide de laver mon froc, mon tee-shirt, mes chaussettes et mon caleçon sales. Nally pourra toujours faire sécher tout ça d'un coup de Baguette après tout. Et demain, ce sera plus agréable de mettre du linge rafraichi, avant de reprendre la route…
Et quand ma lessive est terminée, je me laisse de nouveau aller dans la flotte. Je me prélasse et je rêvasse pendant un bon bout de temps, avant de me dire qu'Aldaron et Olórin, ne devraient plus tarder à nous rejoindre maintenant…
Peut-être sont-ils même déjà arrivés, me dis-je, en sortant de l'eau. Ils peuvent courir très vite, plus longtemps que moi, après tout. Et Nally avait estimé tantôt, le temps qui nous séparait de la falaise, en se basant sur mon rythme, non sur le leur. Je m'ébroue un peu la tête, pour égoutter mes cheveux, puis je décide de me laisser sécher aux Soleils qui se coucheront bientôt. Comme ça, je pourrais enfiler mon caleçon et mon tee-shirt de rechange, sur peau sèche. Et je reste assis dans l'herbe tendre, à poil au bord de la flotte, à regarder un peu le paysage environnant, puis la falaise…
La grimpette va être intéressante demain. Ma corde ne sera pas assez longue, pour effectuer la montée directement jusqu'en haut. Il va falloir faire une étape sur un petit surplomb. Et s'il n'y a rien là-haut pour bien assurer le grappin, j'en aurais pour une bonne heure, à escalader le reste…
Je laisse ensuite mon esprit divaguer vers des interrogations diverses. Dans combien de temps trouverons-nous Sirius ? Faudra-t-il encore que nous combattions des Créatures Maléfiques ? Aurons-nous à traverser des zones de Temps qui vont prolonger notre absence pour les nôtres ou au contraire faire durer notre attente à nous ?
Et soudainement je sursaute. Mon oreille a perçu un bruissement. Léger, très discret. Ami ou ennemi, je ne saurais dire, le vent est contraire et ne m'apporte donc pas l'odeur de ce qui vient. Alors je me lève d'un bond, ma main saisit l'une de mes épées fichée dans le sol à mes pieds et je surgis de derrière les arbres, pour faire front à ce qui vient sur le sentier…
A quelques pas, Aldaron et Olórin, s'arrêtent net. Leurs yeux s'écarquillent et ils me regardent des pieds à la tête, l'air de ne pas en croire leurs yeux…
« Bel athlète, n'est-ce pas ? A faire pâlir d'envie un Dieu Grec tant il est parfait…» déclare Nally, en débarquant soudainement à côté de son frangin et Olórin, jetant un coup d'œil appréciateur sur ma personne…
« Nally ! » m'exclame-je, sortant de ma torpeur surprise, offusqué et rougissant
Et me glissant à nouveau rapidement derrière un arbre…
« Oh, Ron ! J'ai déjà vu plus d'un homme tout nu tu sais ! Et tu n'as vraiment pas de quoi avoir honte, bien au contraire ! » s'exclame Nally en retour, un brin moqueuse…
« Tu as vu plus d'un homme tout nu ? Et il le sait, ça, Severus ? » demande-je, en enfilant vite fait mon caleçon de rechange, avant de ressortir de derrière mon arbre, poings sur les hanches…
Aldaron et Olórin, me regardent de nouveau des pieds à la tête, s'attardant sur mes cuisses, mes abdominaux et mes pectoraux, l'air de toujours ne pas y croire. Je me demande ce qui les impressionne le plus : ma musculature ou mes nombreuses cicatrices ?
« Bien sûr qu'il le sait. Et comme il sait aussi qu'aucun autre que lui ne m'intéresse, il s'en fiche royalement… » déclare Nally, en haussant les épaules, avant de préciser : « D'autant que j'ai vu ces hommes-là tout nus, parce que je soignais leurs blessures… »
Ah… Ouais, dans ces conditions. Je comprends que Sev n'ait pas été dérangé…
« Que venez-vous faire par ici ? » demande-je, en ramassant maintenant mes fringues mouillées, mon tee-thirt propre sur l'épaule…
J'ai encore envie de profiter un peu de la chaleur des Soleils sur ma peau, je le mettrai donc plus tard, quand la fraîcheur tombera dans le coin…
« Aldaron et Olórin sont également tentés par un bain et je voulais voir leur réaction lorsqu'ils te verraient en petite tenue… » sourit Nally, de toutes ses dents…
« Tu te comportes comme une gamine… » souris-je, en retour, avant de lui tendre mes fringues mouillées…
« Tu sais, ils ont beau avoir quelques milliers d'années, ils n'ont jamais eu l'occasion de voir un tas de muscles comme-toi. Alors ma curiosité a été la plus forte. Il fallait que je voie leur tête. Ça valait le coup. Leur surprise était totale et ils vont envier tes beaux muscles maintenant… Et regarde-les, eux. Ça ne les gêne pas de se montrer tout nu, même devant moi… » sourit encore Nally, en effectuant un signe de tête vers la rivière…
Malgré moi, mon regard suit le mouvement. Les Elfes se préparent à entrer dans l'eau…
Leur corps est vraiment fin et longiligne. Sans un poil de graisse c'est certain, mais ils sont très loin d'avoir des muscles aussi développés et fermes que les miens…
Et bien sûr, ils n'ont aucune cicatrice, aucune imperfection sur leur peau d'un blanc laiteux…
« Tiens, voilà tes vêtements bien secs. Et j'ai fait une découverte dans la tente. Contrairement à ce que tu as affirmé, elle est entièrement aménagée et dans la cuisine, il y a entre autre, une marmite, des casseroles, des assiettes, des couverts et une bouilloire… Et surtout, du bon thé, des biscuits, quelques boites de conserves de légumes et du chocolat… » déclare Nally, en me mettant mon froc sec sous le nez.
« Excellente nouvelle… Hermione doit être passée par-là. Je suis sûr qu'il n'y avait rien de tout ça, quand je l'ai repliée la dernière fois… » réponds-je enfilant mon treillis…
Un bon thé… J'en rêve… Et un peu de sucre ne me fera pas de mal non plus songe-je, en pensant aux biscuits et au chocolat.
Nous retournons donc vers le campement, où Nally met vite la bouilloire sur le feu. Et quand les Elfes reviennent, elle les invite à prendre le thé dans la tente…
Ils échangent aussitôt un regard dubitatif, mais n'osent pas décliner l'invitation. Et encore une fois, la surprise les prend au dépourvu quand ils entrent dans la tente et découvrent que l'intérieur est beaucoup plus spacieux et confortable, que cela semble de l'extérieur…
« Tente Moldue, aménagement Sorcier. Très pratique, n'est pas ? Au moins, ce soir, nous ne dormirons pas sous l'averse… » sourit Nally, en servant le thé…
Les Elfes s'installent sur les fauteuils confortables, autour de la table basse et examinent attentivement les lieux…
« Pratique effectivement… Mais où mettez-vous tout cela ? » demande Aldaron, en levant imperceptiblement un sourcil, tout en prenant la tasse que Nally lui présente, la humant délicatement, avant de laisser ses lèvres se risquer à se tremper dans le breuvage parfumé…
Et cela a l'air de le surprendre agréablement encore une fois. Il repique tout aussitôt au truc, avec prudence certes, mais également une gourmandise certaine, tandis que je sors ma Pochette sans Fond de la poche de jambe de mon treillis…
« C'est là-dedans, que nous mettons la tente et tout ce qu'elle contient… » déclare-je, en lui lançant mon sac à malice
Il le rattrape d'une main, l'air surpris et de penser aussi je dois me moquer de lui…
« Sortilège d'Extension, comme pour la tente. Petit de l'extérieur, mais très spacieux dedans. Et bien sûr, Sortilège d'Allègement Maximal. Ainsi, ça ne pèse pas grand-chose dans la poche… » sourit Nally, tandis que son frère pose sa tasse sur la table basse…
Puis il examine l'intérieur de mon petit sac à malice, avant de risquer une main dedans, puis tout le bras jusqu'à l'épaule, de plus en plus surpris, sous l'œil intéressé d'Olórin…
Et il commence à sortir méthodiquement tout ce que ma Pochette contient encore : corde, grappin, ficelle, briquet de rechange, trousse de secours bien sûr, trois bouquins, Parchemin, encre, plume etc… Jusqu'à sortir le petit album photo qui ne me quitte jamais…
Et qu'il ouvre, sursautant d'étonnement, en voyant Percy lui faire signe. Il se demande visiblement ce qu'il fait dans mon album et comment il est arrivé dedans…
« C'est une photographie. Une Technique Moldue permet de saisir l'image de quelqu'un, d'un animal ou d'un paysage. Les Sorciers ont perfectionné cette Technique, afin que les portraits ne soit ni figés, ni statiques, mais reproduisent une petite scène de quelques secondes… » explique Nally, avec un doux sourire…
Aldaron et son pote ont l'air bien intéressés et agréablement surpris encore une fois, par l'ingéniosité du procédé…
Ils regardent longuement la photo de mon frère…
« C'est mon frère, Percy. Il est mort juste avant le dernier Noël, durant un Combat. Il s'est jeté devant une gamine pour la protéger d'un Maléfice de Mort et l'a pris à sa place. » explique-je soudainement, avant d'approcher mon fauteuil de celui d'Aldaron et de regarder par-dessus son épaule…
Puis j'explique qui sont les autres personnes dont les photos sont présentes dans le reste de l'album. Mes parents, mes frères, ma sœur et bien sûr Harry, Hermione et quelques photos de groupe de mes amis les plus proches. Et mes gosses bien entendu. Qui me manquent terriblement eux aussi…
Je précise à chaque fois, les faits marquants. Les blessures reçues par chacun. Les tortures. Les pertes subies…
Aldaron et Olórin regardent les photos et m'écoutent avec attention.
Nally les observe en silence, sourire satisfait aux lèvres…
« Ce sont des Humains tout aussi valeureux et combattifs, que je vous présenterai bientôt. Je ne sais pas s'ils ont eu déjà à souffrir autant que mon fils Harry, certains de ses amis, Ron et sa famille, mais ils sont tout aussi prêts à faire sacrifice de leur vie, dans l'espoir de mettre fin aux terribles projets de Balegarian… » déclare-t-elle, lorsqu'Aldaron referme l'album…
Il hoche imperceptiblement la tête, l'air songeur, puis il relève les yeux vers Nally…
« Ton fils as-tu dis ? J'ignorais que tu en as un… » dit-il, arquant à peine un sourcil…
« Oui, mon fils. Je ne l'ai pas mis au monde. C'est le fils orphelin de mon amie Lily et je l'ai adopté comme mon enfant il y a quelques semaines. C'est lui… » répond Nally, en venant prendre l'album des mains d'Aldaron, pour l'ouvrir sur une photo de Harry…
Son frangin et Olórin observent de nouveau attentivement mon Harry qui sourit, avant d'éclater de rire à l'infini. Il est magnifique sur cette photo, comme sur les trois autres clichés également présents dans mon album…
« Il n'a pas dix-sept ans encore et comme Ron l'a dit tout à l'heure, il a eu beaucoup à souffrir déjà. Et c'est lui qui doit vaincre le Mage Noir du Monde Sorcier. Il s'est préparé à le faire avec autant d'acharnement que de courage. Il est très puissant et récemment, il m'a battu en Duel Sorcier. Et il est presque aussi doué à l'épée que Ron. Je te le présenterai bientôt Aldaron, si tu le veux. Et je suis sûr que tu seras impressionné par son charisme et la puissance extraordinaire de son Aura. » explique Nally, avec une fierté évidente…
Aldaron et Olórin examinent à nouveau les trois autres photos de Harry, s'attardant plus particulièrement sur celle qui est parue dans la Gazette, après la Bataille de Dublin, où l'on peut justement percevoir l'étendue de son charisme…
« Le Maedhros… Le Guerrier d'Emeraude… C'est ton fils… » murmure soudainement Olórin, relevant son regard vert clair insondable et absent vers Nally…
Elle sursaute et se lève d'un bond, tandis que je me sens devenir exsangue. Et j'écarte aussitôt les Pytimouss, suffisamment affolés déjà par l'horrible pincement de mon cœur et la vive réaction de Nally, les posant sur le bras du fauteuil, avant de me lever à mon tour…
« Non ! Harry ne viendra pas se battre ici ! Il n'a aucun lien avec la Celtycie ! Et il en a bien assez sur les épaules, à devoir se battre contre ce fou furieux de Voldemort ! Je ne permettrai pas qu'il ait à risquer sa vie ici aussi ! » s'exclame Nally, son regard assombri de désarroi
« Le jeune Maedhros détient la Gail qui scellera pour moitié notre destin à tous, Nyween Faelynaë. » répond Olórin, en se levant avec lenteur pour faire face à Nally, avant d'ajouter : « Ce sera notre fin, s'il ne vient pas… »
Nally hoche négativement la tête. Et moi avec elle.
Moi non plus je ne veux pas. Plutôt mourir que d'avoir à vivre ça en plus ! Harry a plus qu'assez souffert déjà ! Et comme l'a dit Nally, il en a bien assez sur les épaules avec l'affreux !
« Je combattrai à sa place ! Je viendrai pour lui ! Je le remplacerai ! Mais Harry ne se battra pas ici ! Je ne laisserai pas faire ça, moi non plus ! » m'exclame-je, avec détermination et fermeté, en venant me placer aux côtés de Nally
« Tu te battras, oui Althibalys. Pour l'amour de lui et à ses côtés. Mais tu ne peux combattre pour lui. Il est à égal de Faelynaë dans ce Combat qui opposera la Gail et les Maur, pour notre salut ou notre fin… » déclare Olórin, le regard plus absent que jamais
Tous mes poils sont hérissés. Mon ventre est tordu de spasmes douloureux. Ma gorge est nouée et ma poitrine trop étroite, pour contenir l'angoisse terrible qui me vrille sur place.
Et une larme glisse sur la joue de Nally…
« Cela ne se peut. Tu te trompes, Olórin. Il ne peut pas s'agir de mon fils. Le Maedhros, ce n'est pas lui. Harry a déjà son Combat à mener. Il ne peut être sur deux fronts à la fois. Il faut éclaircir cela… » murmure-t-elle, avant de tourner les talons et de s'enfuir en courant…
Je sors à sa suite, m'arrêtant net à quelques pas de la tente. Nally a disparu dans la nuit profonde qui est descendue sur nous. Les Lunes et les Etoiles sont cachées ce soir, par de gros nuages qui ont envahi le ciel, pendant que nous étions dans la tente…
Une main se pose sur mon épaule. Légère, presque aérienne…
« Ma sœur va revenir bientôt, Althibalys. Elle est partie consulter les Oracles et leur demander d'éclairer la vision d'Olórin… » déclare Aldaron, puis il presse à peine mon épaule, avant d'ajouter : « Ne reste pas ici. Viens te mettre à l'abri de la pluie qui ne va pas tarder… »
Je scrute encore la nuit profonde durant quelques secondes, avant d'acquiescer d'un hochement de tête et je suis Aldaron sous la tente. Olórin n'a pas bougé. Son regard est toujours perdu, absent. Il tourne cependant la tête vers moi, quand j'arrive à deux pas de lui…
« Tu es la force du Maedhros, Althibalys, le Naur qui réchauffe son cœur, le Meleth qui avive et nourrit son Glair. Et vos Âmes sont liées pour l'éternité. » déclare-t-il, avant de regarder de nouveau fixement devant lui…
« Le Naur est la flamme, le feu bienveillant. Le Meleth est l'amour profond. Le Glair est la lumière vive qui repousse les ombres au plus loin. » me traduit Aldaron, avant d'aller se poster à l'entrée de la tente ouverte sur la nuit
Il va probablement monter la garde là un bon moment, avant d'être relayé par Olórin...
Je vais m'allonger sur un lit, bien que je sache que je ne fermerai pas l'œil.
Je sais déjà que je vais rester les yeux fixés sur la toile, écoutant distraitement le bruit de la pluie qui tombe sur elle, toutes mes pensées tournées vers Harry, l'inquiétude au cœur et au ventre…
OoOoOoO
QG de Londres
Charly
Une heure que je suis venu prendre mon tour de garde. Il n'y avait pas de raison, pour que je reste davantage en Ecosse et que Lee se tape ma garde, comme il s'est déjà tapé celle de Bill hier. De toute façon, il n'y a pas grand-chose à faire pour l'instant, pour Ron et Nally, dans la mesure où nous ne pouvons aller les chercher à l'aveuglette. Et puis, comment entrer en Celtycie ?
Même si Sev en a probablement une idée, il n'est certainement pas autorisé à nous faire passer la Porte d'entrée…
Nous ne pouvons donc qu'attendre leur retour, en espérant qu'il soit rapide…
Et qu'il ne leur arrivera rien de fâcheux là-bas…
Putain, j'aimerai être là-bas avec eux…
Pas tant par curiosité, non. Mais pour les aider. Je ne sais pas pourquoi, mais je sais au fond de moi, que ça ne doit pas être de la tarte pour eux. Et puis je sais bien, que tant qu'ils ne seront pas de retour, nous allons tous nous faire du mouron pour eux.
Voldemort et Malfoy, qui va beaucoup mieux semble-t-il, viennent de finir leur diner. Et son Serviteur étant empêché de le faire, c'est le Maître qui sert le thé.
« J'ai acquis récemment un Livre, Lucius, dont j'ai su que l'un de tes ancêtres possédait autrefois plusieurs versions, dont les traductions étaient certainement beaucoup plus fiables. Je les ai cherchées dans la bibliothèque, mais je ne les ai pas trouvées. Je me demandais, si par hasard, tu n'aurais pas eu connaissance de ces ouvrages, qui contiennent des informations très utiles, pour l'accomplissement du Rituel auquel je t'ai convié d'assister… » déclare soudainement Voldemort, tandis que Mondingus, Nadya et moi-même dressons l'oreille, vivement intéressés…
L'affreux prend des précautions, pour tâter le terrain. Il a dû sacrément réfléchir à la manière d'aborder ce sujet délicat, sans trop risquer de questions, de la part de Lucius…
Parce que nous savons bien, nous, que ce n'est pas l'accomplissement de son foutu Rituel de Sexe et de Sang qui le préoccupe. Mais bel et bien ce fameux projet, en lien avec un Artefact Magique…
Espère-t-il que les autres versions du bouquin qu'il a en sa possession, lui apprennent comment parvenir à obtenir l'Artefact, grâce à un autre moyen que l'Arcade maintenant détruite ?
Ouais. Bien sûr, ça ne peut être que ça…
Il ne renonce pas à ce projet. Il est bien trop important pour lui…
« Il me serait fort agréable, de pouvoir vous renseigner, vous le savez, Monseigneur. Quel est le titre de ce livre ? » réagit Lucius, avec obséquiosité et arquant un sourcil…
Voldemort se lève de sa chauffeuse et il prend le dernier bouquin de la pile de livres qui traîne sur le bureau, avant de revenir à sa place et de le tendre à Lucius…
« C'est de cet ouvrage, dont il s'agit… » répond-il, tandis que Lucius prend le bouquin…
Il regarde le titre, fronçant les sourcils. Il réfléchit visiblement intensément, fouillant chaque recoin de sa mémoire minutieusement. Et il semble soudainement se souvenir de quelque chose. Et il pâlit, j'en jurerais…
« Mmmm… Oui… Je me souviens, maintenant. Il y avait effectivement des versions très anciennes de cet ouvrage, dans le coffre de ma famille. Ils étaient très abimés, nettement moins bien conservés que celui-ci. Il me semble même qu'il manquait des pages à l'un d'entre eux. Et comme ils étaient écrits en des langues que je ne lis pas, pour la plupart, je ne m'y suis pas attardé car les quelques lignes que j'ai pris le temps de lire sur une version latine, ne m'ont pas intéressé… » déclare-t-il, sourcils plus froncés que jamais, tandis que Voldemort pince les lèvres, vivement contrarié…
« Ces ouvrages sont-ils toujours dans ton coffre ? » demande-t-il, ses yeux lançant des flammes et d'un ton plus sec que précédemment…
« Non, Monseigneur. Je suis navré. Il fallait de la place dans mon coffre et j'ai transféré la caisse, avec quelques autres qui contenaient des documents ne recelant pas d'informations importantes ou compromettantes, dans celui de Draco, il y a plusieurs années déjà… » répond Lucius, la voix blanche maintenant, ajoutant sur une brève hésitation : « Croyez bien que je le regrette profondément, Monseigneur. Si j'avais su que ces livres vous aurez intéressé, je me serais fait un plaisir de vous les offrir aussitôt votre retour…»
Voldemort ne répond pas. Il fume des naseaux et réfléchit visiblement à ce qu'il doit faire maintenant. Et soudainement il se détend et son regard se radoucit un chouia, avant de se durcir de nouveau…
« Que ce soit dans ton coffre ou celui de Draco, il me faut ces ouvrages, Lucius. Et je les obtiendrai… » déclare-t-il, froid et glacé aussi bien dans son ton, que dans la lueur de ses yeux…
« Croyez bien que je ferai tout pour vous aider à les obtenir, Monseigneur… » affirme alors Lucius, en inclinant respectueusement la tête…
« Je le sais, Lucius. Et je pense effectivement que tu pourras m'aider. Mais il faut d'abord que je réfléchisse à un plan infaillible et que l'Ordre du Phénix ne pourra pas contrarier cette fois. Alors mets donc le temps nécessaire à ma réflexion à profit, pour commencer ton enquête, à propos de leurs Espions toujours si bien informés. » répond sèchement l'affreux en se levant…
Et il va vers la porte, l'ouvrant brusquement, pour demander au planton d'aller chercher Preston…
Il congédie Lucius, purement et simplement. Et un coup d'œil sur ce dernier, suffit à comprendre que cela ne le rend pas très heureux. Mais lorsque le regard sévère de son Maitre revient vers lui, il a de nouveau le visage impassible qu'il offre habituellement…
Et moi, je m'empresse de saisir le Miroir, pour informer le professeur Dumbledore…
Draco va certainement devoir garder ses fesses au chaud. Et Narcissa aussi…
Car ils sont les seuls, à pouvoir accéder aux bouquins qui sont dans le coffre de Draco à Gringotts…
OoOoOoO
En Celtycie
Ron
J'ouvre l'œil, sur Olórin, surpris de me sentir frais et dispo. De constater également, à la lumière qui passe au travers de la toile de tente, qu'il doit faire grands Soleils dehors…
J'étais pourtant sûr que je ne dormirais pas de la nuit.
Et je me souviens soudainement qu'Olórin est venu auprès de moi à peine étais-je allongé sur le lit et qu'il a posé une main sur mon front…
« Que m'as-tu fais ? » demande-je, en m'assoyant brusquement, une main sur les Pytimouss qui dorment encore sur mon ventre et ma poitrine, pour les empêcher de tomber…
« Il fallait que tu dormes pour récupérer de notre longue course de la journée et être en forme pour affronter les dangers auxquels nous aurons à faire sans doute face aujourd'hui. Mais tu étais trop troublé par de sombres pensées, alors je t'ai endormi… » répond-il, le visage impassible, à son habitude…
Je passe une main sur le mien. Je n'aime pas qu'il ait pris cette liberté sans me prévenir. Mais je comprends qu'il l'a fait, à la fois pour mon bien et celui du groupe. Poursuivre notre route aujourd'hui, après une nuit blanche, m'aurait été très pénible et je n'aurais certainement pas pu être efficace en cas d'Attaque. De quoi coûter très cher à moi-même ou à l'un de mes compagnons de voyage…
« Nally est-elle revenue ? » demande-je, en me levant…
« Elle ne va pas tarder. Le repas est prêt. Mais je ne sais pas préparer, le délicieux breuvage que Nally nous a servi hier soir. Aldaron non plus… » répond Olórin, son regard détourné
Cela doit lui coûter, d'avouer son ignorance à un Humain…
« Pas de souci, je vais le faire. Viens avec moi, je vais te montrer. Cela n'a rien de bien compliqué, tu vas voir… » déclare-je, en l'invitant à me suivre, d'un geste de la main
Olórin me suit et me regarde mettre la bouilloire à chauffer sur le feu. Puis il m'observe tandis que je rince la théière, puis que je dispose des feuilles de thé au fond…
« Voilà, il ne reste plus qu'à attendre que l'eau soit chaude et à la verser dessus, puis laisser infuser durant deux ou trois minutes… » explique-je brièvement…
Puis je songe à ce que Nally m'a recommandé hier, dans l'oasis. Et je me dis que prendre quelques leçons de tir à l'arc, pourrait être un bon dérivatif à mes pensées moroses…
« Nally m'a dit que tu es maître d'arme et que tu peux m'aider à progresser au tir à l'arc. En échange, si tu le souhaites, je pourrais t'apprendre quelques petites Techniques Moldues, qui sont fort utiles en Combat rapproché… » déclare-je donc, en guettant la réaction d'Olórin, qui fixe le feu et la bouilloire dessus…
Son visage s'éclaire illico et il tourne son regard vers moi…
« Je serai honoré de t'apprendre et d'apprendre de toi, Althibalys. » répond-il, avec un salut de la tête, un doux sourire aux lèvres…
Le premier que je lui vois, depuis qu'il nous a rejoints avec Aldaron, Nally et moi-même…
Et je me dis, que quelque chose vient de se dénouer ou de se nouer là. Que nos rapports vont être nettement plus détendus et cordiaux désormais…
Un frôlement discret. Je me retourne aussi sec dans sa direction. C'est Nally, le visage fermé…
« As-tu obtenu la réponse que tu désirais ? » demande Olórin, arquant à peine son sourcil…
« Cette fichue Bayamaë, m'a fait attendre des heures durant, avant de daigner venir à moi. Et tout ça pour me dire que tu avais porté sa parole et que c'était à moi de décrypter les énigmes qu'elle comporte. Elle n'a voulu ni confirmer, ni infirmer si mon fils est bien le Maedhros ou non. Selon elle, la réponse viendra en son temps. Elle dit que je ne dois pas me préoccuper de cela pour le moment. Que je dois davantage m'inquiéter de ce qui vient vers nous par le sud. Et naturellement, elle n'a pas voulu me préciser ce que c'est. » répond Nally, visiblement énervée et contrariée…
Elle saisit tout aussitôt la bouilloire qui chante sur le feu et verse l'eau dans la théière, tandis qu'Olórin regarde vers le sud, son œil pointu fixé très loin au-delà de l'horizon que moi je peux voir …
« Un Forlangha est venu à la pointe du jour, m'apporter la parole d'Anda Atar, Nyween. Il exige que nous nous présentions devant lui, dans les plus brefs délais. Si nous ne répondons pas à cette exigence, il nous fera intercepter et ramener de force. C'est de cela sans doute, qu'il faut s'inquiéter… » déclare quant à lui Aldaron, en sortant d'un bosquet, avant de lâcher un oiseau rouge et bleu dans le ciel…
Ce doit être ça, un Forlangha, je pense. Il file aussitôt à une vitesse extraordinaire, n'étant plus qu'un point, en à peine trois secondes…
« Quant à moi, il peut lancer tout de suite sa demande d'interception. Je n'ai pas de temps à perdre en discussion oiseuse, ni envie de me disputer avec lui encore une fois… » répond sèchement Nally, en saisissant vivement la théière, avant de se diriger vers la tente…
« Ce n'est pas en ces termes que j'ai exprimé ma réponse… » déclare Aldaron, en la suivant tout aussitôt, à l'instar d'Olórin et de moi-même
« Et que lui as-tu donc répondu ? » demande Nally, en servant déjà le thé…
« Que nous avions une tâche importante à accomplir, avant d'agréer à sa demande et que nous ferions en sorte d'abréger le délai au plus court, mais que la longueur de celui-ci dépendra des nombreux obstacles qui vont probablement se dresser sur notre chemin… » répond Aldaron, sur un haussement d'épaule, en soulevant le couvercle de la marmite posée sur la table, avant de humer délicatement le fumet qui s'en dégage…
Ça sent très bon. Et mon ventre grouille…
Je n'ai rien mangé hier soir, c'est vrai…
« Il va être furieux. Dès qu'il recevra ce message, c'est à dire dans environ cinq ou six heures, il va jeter tout ce qu'il peut à nos trousses… » déclare Nally, souriant à son frère, avant de lui embrasser la joue…
Cela surprend Aldaron, qui n'a manifestement pas l'habitude de ça…
« Effectivement. Alors mangeons et mettons-nous en chemin. Il va nous falloir conforter notre avance… » dit-il, en plongeant une louche dans la marmite…
Ragoût de lapin et perdrix. C'est très bon. Et, malgré mon inquiétude pour Harry et notre avenir à tous, je mange avec bon appétit. Puis nous levons le camp, Nally se chargeant de replier la tente, en quelques coups de Baguette précis…
La grimpette de la falaise, est comme prévue intéressante. Les Elfes sont très agiles et dans la partie que nous ne pouvons effectuer simplement en grimpant à la corde, ils me devancent largement.
Dès que nous arrivons en haut, Nally regarde Aldaron et Olórin, avec gravité…
« Vous savez que j'ai un moyen de nous faire traverser le Plateau des Aigles, plus rapidement et certainement de manière plus sécuritaire. Cela nous permettrait de prendre une avance très confortable, sur ceux qui vont très bientôt s'élancer à notre poursuite. Mais la décision vous appartient… » déclare-t-elle, tandis que les deux Elfes se raidissent un peu plus…
« Que proposes-tu ? » demande finalement Aldaron, avec réticence…
« Trois ou quatre bonds espacés de deux à trois heures chacun, nous ferons gagner deux jours et demi de voyage. Et Ron dispose d'une Potion, qui pourra sûrement vous aider à rétablir rapidement le bon fonctionnement de… » répond Nally, n'achevant pas sa phrase, mais désignant l'abdomen de son frère et Olórin, tandis que je me détourne pour sourire et même maitriser un fou rire naissant…
Aldaron et Olórin se concertent du regard. Ils hésitent, puis ils hochent finalement la tête positivement…
« A la bonne heure ! Allons-y, courons. Comme nous sommes quatre, je vous dirai quand il faudra que nous nous prenions par la main, afin de ne pas nous perdre… » sourit Nally, se mettant tout aussitôt en train…
Elle nous fait très rapidement faire un bond sur le plateau très rocheux où il pousse peu de végétation. Quelques bouquets de fleurs et d'herbes, un buisson ici ou là, parfois un arbre tout rabougri…
Nous courrons ensuite durant trois heures, avant qu'elle nous demande de nouveau de nous tenir la main et j'ai le sentiment que le bond qu'elle nous fait faire est pas mal plus long que le premier…
Et je m'arrête aussi sec me lâche-t-elle la main, tirant mes épées illico presto…
« Un moyen plus sécuritaire… » murmure Aldaron, avec un reproche manifeste dans le ton,
Il n'a pas fini sa phrase, que son arc est déjà bandé, prêt à décocher sa flèche…
« Désolée, je ne pouvais pas deviner que nous allions atterrir dans un nid de Foërlicks. Il ne devrait pas y en avoir ici. Et certainement pas autant…» répond Nally, sourcils froncés sur la contrariété et son épée en garde également, dès qu'elle a mis nos potes Pytimouss et les Fées à l'abri…
Comme hier, nous nous mettons tous dos à dos. Et cette fois, je suis certain que nous allons tous combattre…
Putain de bordel ! Ces saloperies ressemblent vraiment à des Grapcornes, mais en deux fois plus grand ! Et leur queue hérissée de petites excroissances épineuses, fouette déjà l'air de droite à gauche, tandis qu'elles avancent vers nous, toutes corne en avant et grondant sourdement…
Aldaron et Olórin en abattent cinq ou six en leur tirant une flèche dans l'œil, avant de se mettre en garde avec leur épée…
« Les yeux ou la gueule, Ron. Et nous sautons par-dessus les corps, pour surprendre les autres… » me rappelle Nally, d'un ton tendu…
« Ouais, je sais… » réponds-je, mes deux épées prêtes à accueillir les Créatures…
J'en tue deux simultanément, l'une en fichant mon épée dans son œil et l'autre dans sa gueule béante, avant de bondir par-dessus les cadavres qui s'effondrent, cueillant tout aussitôt le Foërlick qui vient dernière…
Mais une queue fouette l'air et m'agrippe le bras gauche, enfonçant très profondément ses épines dans ma chair. Je parviens néanmoins à extirper à temps mon épée de la gueule de l'autre Créature et dans un retourné qui me meurtrit l'épaule, je la flanque dans celle de mon assaillant…
Sans pouvoir éviter toutefois de me prendre un coup de corne dans la cuisse…
Putain de bordel, ça fait foutument mal !
Mais je serre les dents, et je me débarrasse vite fait de la queue qui m'enserre encore le bras, la tranchant net, pendant que Nally me protège de son corps. Puis je me porte vite fait à son côté, tuant l'un des deux Foërlicks qui viennent encore vers nous…
Et enfin nous nous portons auprès d'Aldaron et Olórin, aux prises des cinq dernières Créatures…
Bordel ! La Bataille a été courte mais intense !
Et je grimace…
Maintenant que l'adrénaline redescend, ma cuisse et mon bras me font un mal de chien, dans une brûlure si vive et élancée, qu'elle me donne envie de hurler…
« Leur peau et leur corne ! » s'exclame Nally, en direction de son frère, en élargissant déjà l'accroc de mon treillis, pour mettre la blessure de ma cuisse à jour
Elle nettoie largement la plaie, avec de l'eau fraîche de sa gourde, tandis que je prends un peu de Potion Antalgique. Puis, alors que la douleur reflue, elle désinfecte ma blessure, avant de la fermer soigneusement. Et elle en fait autant ensuite avec mon bras, ne lésinant pas sur la quantité d'Onguent cicatrisant, avant de finir de me soigner, en effectuant un pansement rafraichissant sur chacune de mes plaies refermées…
« Pourquoi ? » demande-je, en regardant Aldaron et Olórin dépiauter chacun une Créature…
« Quelle sont les caractéristiques principales des Grapcornes ? » demande Nally en retour…
« Tu veux dire que la peau et la corne de ses bestioles ont les mêmes propriétés ? » questionne-je, en effleurant d'un doigt le pansement sur ma cuisse…
Me voilà avec une nouvelle cicatrice, songe-je. Comme si je n'en avais pas assez déjà…
« Oui. Elles ont même davantage de propriétés encore. Nous pourrons donc utiliser les peaux pour nous en faire des armures légères mais très résistantes, aussi bien aux Maléfices courants, qu'aux armes blanches. Leurs cornes serviront à fabriquer des Potions de soin. Nous en donnerons quelques-unes aux Rebelles, ils en ont sûrement besoin… » acquiesce Nally, avant d'aller donner un coup de main à Aldaron et Olórin, non sans m'avoir ordonné de rester tranquillement sur place…
Je les regarde faire un peu, avant de jeter un coup d'œil à la ronde, au cas où nous aurions à redouter d'autres ennemis. Mais le plateau est net, du moins du plus loin que porte mon œil. Et j'espère que nous ne ferons pas d'autre désagréable rencontre aujourd'hui…
Nally revient avec des peaux et des cornes plein les bras…
« Je sèche les peaux et tu les roules… » déclare-t-elle, en laissant tomber son chargement sur le sol…
D'un coup de Baguette, elle étale les peaux et commence à les sécher tout aussitôt…
« Il va aussi falloir alléger tout ça, où ça va peser lourd sur nos jambes… » fais-je remarquer, en roulant déjà la première peau…
« Aldaron et Olórin, en porteront une bonne part. Après tout, il n'y pas de raison que nous soyons seuls à être chargés. Et pour l'heure, ils sont très légers, comparé à nous deux… » répond Nally, avec un sourire…
« C'est vrai. Mais dis-moi ce que tu trimballes, toi, à part des Potions, des Onguents, des vêtements de rechange et deux gobelets… » demande-je soudainement…
« Une armure et quelques armes supplémentaires… » sourit-elle, en sortant sa Pochette de Soin, pour y glisser quelques cornes, préalablement allégée grâce à un Sortilège…
Les Pytimouss et les Fées, en profitent pour en sortir…
« Ah ! C'est donc là-dedans que tu les mets à l'abri… » souris-je, tandis que Phyas me grimpe déjà dessus pour me faire un câlin…
Nally hoche simplement la tête et repart chercher les cornes et les peaux qui attendent qu'on s'occupe d'elles…
Quelques minutes plus tard, nous mangeons un morceau sur le pouce, puis nous reprenons notre route, Aldaron et Olórin, chargés des peaux roulées, assemblées en paquet serrés grâce à un morceau de ma ficelle…
Et nous courrons de nouveau. Un peu moins rapidement cependant, étant donné ma récente blessure. Nally nous refait faire un bond. Mais les Pytimouss et les Fées tremblent de nouveau, aussi sec sommes-nous arrivés à destination. Un autre danger nous guette. Nally remet donc les petites Créatures à l'abri et nous avançons avec précaution, l'œil aux aguets, sans rien voir de particulier. Cependant, après une bonne demi-heure de marche prudente, nous sommes obligés de nous arrêter…
Une très large crevasse, casse le plateau en deux…
« Peux-tu nous faire sauter par-dessus ? » demande-je à Nally, qui me retient par le bras, afin que je n'approche pas du bord…
« Non. C'est trop tôt. Et puis cette crevasse n'est pas normale. Elle a été provoquée par la Magie Noire et ça pue dangereusement. Mieux vaut ne pas s'en approcher… Ni essayer de sauter par-dessus. Nous nous ne serions pas assez haut et j'ai le sentiment que nous serions aspirés dans les profondeurs…» répond Nally, avant de se tourner vers Olórin, pour lui demander à combien il estime le temps qu'il nous faudra, pour contourner la crevasse…
« Deux jours et demi par l'Est, trois par l'Ouest… » répond-il, son regard filant vers l'horizon, avant que nous nous retournions tous d'un bond vers la crevasse…
Un bruit vient de là, qui ne me plait pas du tout…
Des bruissements, comme des griffes qui grattent la roche et instinctivement, je tire mes épées, tout en marchant à reculons….
« Des Krôdhyons…Et il y en a plusieurs dizaines. Je savais que de nombreuses Créatures Maléfiques croisaient sur le Plateau des Aigles, mais j'ignorais tout de cette crevasse. Et que les Créatures formaient d'aussi grands troupeaux… Il y en a bien plus qu'il ne devrait… » murmure Aldaron, armé lui aussi de son épée…
« L'œuvre de Balegarian. Bon sang, nous ne pourrons jamais courir assez vite pour échapper à plusieurs dizaines de Krôdhyons. Et je n'ai pas récupéré suffisamment d'énergie pour nous transporter plus loin… » murmure Nally, en garde elle aussi…
Eh bien ! Nous ne sommes pas dans la merde… pense-je, le cœur battant…
Décidément, après les cochonneries de Foërlicks, nous voilà en butte aux Krôdhyons… Nous allons pouvoir marquer cette journée d'une croix noire. C'est à croire que la poisse de Sirius s'est transférée sur nous…
Putain ! Le Destin s'acharne-t-il sur lui au point de mettre tous ces obstacles sur notre route pour nous empêcher de le retrouver ?
Nous reculons toujours, davantage pour éviter de tomber dans la crevasse au cours de notre Combat contre les Krôdhyons, que pour retarder la confrontation… Quand soudainement, Nally a un sursaut de joie. Et elle siffle entre ses doigts, yeux levés vers le ciel…
« Des Dragons ! Tu as appelé des Dragons ! » m'exclame-je, quand j'arrive à distinguer les formes qui viennent vers nous à tire d'aile…
Mon œil va des Dragons, aux premiers Krôdhyons qui avancent vers nous en rangs serrés, queue en l'air et très menaçante, crachant déjà des jets d'acide, qui font fumer la roche aussi sec tombent-ils dessus…
Ce sont les plus gros scorpions de la création assurément. Et je n'ai vraiment pas envie de sentir l'effet de leur acide sur ma peau…
« Ne t'inquiète pas. Ils sont végétariens et ne crachent pas de flamme ceux-là… Ce sont les plus gentils Dragons de l'univers ! » s'exclame Nally, qui sourit largement en voyant les Dragons approcher très vite…
« S'ils ne crachent pas de flamme, alors pourquoi les avoir sifflés ! » demande-je, surpris
Je croyais qu'elle voulait leur aide pour faire griller quelques-unes des saloperies qui avancent inexorablement vers nous…
« Pour qu'ils nous aident à nous échapper bien sûr ! » s'exclame Nally, toute joyeuse, avant de bondir sur l'un des Dragons, qui vient de se poser juste devant elle…
Et sans réfléchir plus avant, je saute sur celui qui se pose devant moi… Et il s'envole aussi sec, prenant rapidement de la hauteur, avant d'effectuer un grand virage dans le ciel et de passer très loin au-dessus de la crevasse…
Le vol est grisant, bien que je sois obligé d'adopter une position assez peu confortable, pour éviter d'être déstabilisé, par les coups d'ailes puissants de ma monture…
Nous volons vraiment très haut, très vite, durant plusieurs heures et les Soleils commencent sérieusement à descendre à l'horizon, lorsqu'ils mettent pied au sol, en bordure d'une forêt…
Et à peine sommes-nous descendus, qu'ils reprennent leur envol…
Nally est radieuse, lorsqu'elle vient vers moi…
« Ils nous ont fait gagner dix jours de voyage ! Et certainement évité d'autres confrontations avec des Créatures Maléfiques ! » s'exclame-t-elle, tandis qu'Aldaron et Olórin, se précipitent vers la forêt…
« Génial ! « réponds-je, avant de demander en désignant les deux Elfes : « Leur transit ? »
Nally acquiesce d'un hochement de tête et nous éclatons de rire…
OoOoOoO
... Votre avis m'intéresse vivement ...
...
..
.
V
