Disclaimer : cf chapitre 1

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Grand merci et gros bisous à Mistycal !

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Réponses aux commentaires anonymes sur mon forum : - Lion – Huguette -

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Alliance 1 / 4

Mercredi 05 Mars 1997

Acte 1 : Le Dévoreur De Magie

En Celtycie

Ron

Je ne saurais dire quelle peut-être la date dans notre Monde. Je suis désorienté car nous avons traversé une zone de Temps Ralenti encore, puis une de ces zones de temps instable dont m'a parlé Nally au début de notre séjour…

Nous avons encore dû faire face à quelques belles embûches aussi. D'abord une attaque par un petit groupe de Foërlicks, puis cela a été de nouveau de ces grosses choses poilues, les Trolls de Delweth, à trois reprises. Encore un petit groupe de Foërlicks et enfin, des Krôdhyons, auxquels nous n'avons pu échapper cette fois.

Par chance dans notre malheur, il n'y en avait que six et nous avons pu les avoir sans trop de dégâts, bien que nous nous soyons tous pris au moins un ou deux petits jets d'acide. Ou plutôt des éclaboussures dirais-je pour être plus précis. Et putain que ça brûle cette saloperie ! Fort heureusement, nous étions tous protégés d'une armure en peau de Foërlick, alors ce sont juste nos avant-bras, qui ont été un peu brûlés. L'essence de Dictame nous a arrangé ça en deux coups de cuillères à pot et, bien que j'espère qu'il n'y en aura pas, pour la prochaine fois, nous aurons aussi des protections sur nos avant-bras, grâces aux nouvelles peaux de Foërlick que nous avons recueillies…

Par ailleurs, nous savons avec certitude maintenant, que nous avons bien des poursuivants, jetés à nos trousses par le Grand-père de Nally et Aldaron. Un message nous est parvenu du Royaume Sylvain, pour nous prévenir…

Mais ils ont dû contourner cette crevasse qui fourmillait de Krôdhyons et ils vont être aussi ralentis par des escarmouches sûrement. Alors, bien que nous sachions qu'ils se rapprochent inexorablement, car les Elfes n'ont pas besoin de faire des pauses aussi longues que moi pour récupérer et qu'ils courent plus vite également, nous nous sommes accordés une matinée de répit quand même. Après tout, normalement, nous avons quatre à cinq jours d'avance encore…

J'en ai profité, pour donner une petite leçon de Combat au corps à corps, à Olórin, la troisième depuis que je le lui ai proposé de le faire. Il m'a aussi corrigé dans mes petits défauts au tir à l'arc et là, nous venons de prendre une douche bien méritée sous une cascade d'eau fraîche…

Et comme j'en ai pris l'habitude maintenant, je me laisse sécher à la chaleur des deux Soleils bien hauts dans le ciel…

Olórin en fait autant. Silencieux et le regard perdu dans le vague, comme d'habitude, tandis que j'admire le paysage. Ça ressemble pas mal au Paradis ici. Et bien sûr, je pense à Harry, Hermione, ma famille et tous les amis du Comité.

A nos balades en forêt avec Jonas aussi. A Jérémy et Jodie…

Merlin ! Qu'ils me manquent !

« Pourquoi toutes ces marques sur ta peau ? Est-ce ce que l'on appelle des symboles tribaux ? Qu'est-ce que cela signifie dans ce cas ? » demande soudainement Olórin, l'un de ses doigts fins désignant mes cicatrices…

« Non, ce ne sont pas des symboles tribaux. On appelle ces marques des cicatrices. Elles font suite à de très vilaines blessures provoquées par de la Magie Noire ultra vacharde… » réponds-je, avant de lui raconter comment je les ai eues…

Olórin m'écoute attentivement, même s'il ne m'accorde toujours pas un seul regard. Quand j'ai fini mon récit, il garde silence. Mais au moment où je me lève du rocher plat sur lequel nous sommes assis, pour enfiler mon caleçon et mon tee-shirt, ses yeux glissent vers moi…

« Ta vie m'est précieuse Althibalys… » déclare-t-il, son regard profond ancré dans le mien

« Je suppose, que c'est ta façon de me dire que tu me comptes désormais comme un ami ? » demande-je, en arquant un sourcil à sa façon…

C'est à dire à peine…

Il incline un peu la tête sur le côté, avant de la hocher imperceptiblement…

« Alors sache que ta vie m'est également précieuse, Olórin. Mon ami… » souris-je, en lui tendant la main…

Il répond à mon sourire et après une brève hésitation, il me serre la pince…

Le contact physique, ce n'est pas leur tasse de thé, aux Elfes. Même entre eux, ils ne se touchent pas beaucoup, en dehors de la sphère intime, m'a dit Nally…

« Maintenant que j'ai entendu ton histoire, celle de ta famille et de tes amis, Althibalys, mon cœur regrette de n'avoir pas prêté plus attention aux Hommes. Votre courage est grand. Vos valeurs sont belles. Et ce n'est plus seulement par allégeance et amitié envers Aldaron, ni dans l'espoir de sauver ma race, que je m'engage dans cette guerre. Mais parce que la vie des Humains m'est maintenant tout aussi précieuse que la nôtre…» déclare Olórin, avant de s'incliner vers moi, dans ce salut respectueux accordé par les Elfes à leurs égaux…

Ça me va droit au cœur. Mais je me sens tout même obligé de lui préciser qu'il y a aussi des Humains cruels et qui ne partagent pas les mêmes valeurs que moi, Harry, Hermione, ma famille et mes amis…

« Il en est de même chez les Elfes Althibalys. Même si c'est un fait extrêmement rare. Et Balegarian en est l'exemple malheureux... » répond-il cependant, en s'habillant à son tour…

Puis nous rejoignons Aldaron et Nally, qui se sont chargés de la chasse et de trouver des légumes sauvages et des fruits. Ils s'entendent mieux tous les deux, même s'ils se chamaillent assez souvent. Mais il y a une part de jeu, dans ces chamailleries. Car les Elfes peuvent être taquins aussi, derrière leur raideur distante, ai-je découvert, à ma grande surprise…

Et Nally m'a dit à ce propos, que lorsqu'ils sont strictement entre eux, les jeunes Elfes (sont considérés comme jeunes ceux qui ont moins de 12 000 ans, ce qui est le cas d'Aldaron et Nally) se conduisent parfois comme des gosses, s'amusant et riant d'un rien…

Notre déjeuner avalé, nous nous remettons en chemin, traversant une forêt très touffue. Nally a annoncé que c'était une étape décisive de notre voyage, car nous atteindrons très bientôt une base de Rebelles. D'après elle, même si Sirius n'est pas dans celle-là, probablement pourra-t-on nous renseigner exactement sur sa position actuelle…

Nous courrons trois jours dans la forêt, sans rencontrer aucune Créature Magique, ce qui est assez surprenant, car nous avons eu l'occasion d'en voir beaucoup, dans chacune de celles que nous avons dû traverser jusqu'ici. Nally pense que Balegarian a fait décimer le coin par ses Dévoreurs de Magie et que les Créatures survivantes ont dû partir se réfugier dans une autre forêt…

Je frissonne à chaque fois que je pense à cela. Il faut être une sacrée belle ordure, pour faire des trucs pareils…

La matinée du quatrième jour de notre périple dans la forêt est bien entamée, lorsque je sens soudainement Phyas trembler dans mon cou, puis c'est au tour des autres Pytimouss de s'affoler, s'accrochant à moi comme à une bouée de sauvetage, tandis que les Fées s'empressent de se glisser sous mon armure en peau de Foërlick…

Cela m'alarme aussi sec, naturellement. Et Nally se crispe, tandis qu'Aldaron et Olórin scrutent la forêt de leurs yeux pointus…

« Nous sommes proches du village des Rebelles. J'espère qu'il n'a pas été découvert par Balegarian et qu'il ne subit pas une attaque… » murmure Nally, ses épées tirées…

« Je ne vois rien d'alarmant du côté du village. Et aucun bruit de bataille ne parvient à mes oreilles. Mais quelque chose vient. Derrière nous… » murmure Olórin, en humant l'air alentours et oreilles tendues…

« Alors courons au plus vite vers le village. Nous y serons à l'abri. » déclare Nally, en forçant aussitôt l'allure…

Nous fonçons à travers tout, quittant parfois le sentier lorsqu'il fait un détour, nous fichant totalement des ronces et des branches basses qui nous égratignent la figure ou provoquent des accrocs dans nos vêtements, au passage.

« Ça vient très vite maintenant ! Cela a aussi forcé l'allure ! » s'exclame soudainement Olórin, alors que nous surgissons de nouveau sur le sentier, après avoir traversé un épais fourré…

Nous arrêtant aussi sec de surprise… Il y a un gosse, là, à quelques dizaines de pas.

Un petit qui doit avoir l'âge de Jonas à peu près et qui cueille tranquillement des fleurs en babillant tout seul…

« C'est un Dévoreur qui arrive ! Le petit est un Sorcier sorti de la zone protégée ! » s'écrie aussitôt Nally, en se précipitant vers l'enfant…

Elle n'a pas le temps de l'atteindre cependant, qu'un groupe d'hommes armés jusqu'aux dents et deux femmes, surgissent également d'un fourré, courant à toute allure vers l'enfant…

« Trop tard il sera sur nous dans moins de trois minutes ! » s'exclame Aldaron, tandis que les femmes font demi-tour en courant au plus vite pour emmener l'enfant vers le village, escortées par quelques-uns des Rebelles, tandis que les autres poursuivent leur chemin vers nous…

Aldaron fait volteface…

J'en fais autant, ainsi qu'Olórin et Nally…

« La gorge, c'est son point faible… » déclare-je pour nos compagnons Elfes, me campant fermement sur mes deux pieds, alors que des hommes rejoignent notre groupe…

Puis me souvenant soudainement de notre premier Combat contre le Loup Monstrueux, je me précipite pour grimper dans le premier arbre venu, me positionnant sur une branche basse, pour sauter sur le poil de la Créature Magique Maléfique. J'ai remisé mes épées et je tiens fermement, mon couteau de chasse à main droite…

A peine suis-je installé que le Monstre est là. Des flèches et des javelots inutiles foncent vers lui. Cela ne le ralentit même pas. Il enrage au contraire et Nally, qui a compris ce que je veux faire, donne l'ordre d'arrêter.

Trois bonds et le Monstre passe sous ma branche. Je saute sur son dos, jambes très serrées sur ses flancs, m'accrochant d'une main à une touffe de poil de sa tête, tirant très fort vers moi. Le Monstre se cabre tête en arrière, gueule ouverte sur un grognement de rage. Et je passe ma main armée sous sa gorge, la tranchant profondément, dans un geste vif et impitoyable…

Du sang gicle, mais la plaie n'est pas suffisamment profonde encore, pour que le Monstre cesse de se débattre et d'un coup de patte arrière, il me lacère la cuisse avec ses longues griffes acérée. La douleur est vive et je lâche mon couteau, pour mieux m'accrocher au poil de sa tête, produisant un effort colossal pour tirer en arrière à deux mains, afin d'exposer sa gorge aux autres. Olórin saute derrière moi, Nally, Aldaron et les hommes nous cernant pour titiller le Loup et attirer son attention sur eux.

Et Olórin achève le Monstre du tranchant très effilé de son épée. Je lâche alors la tête, sautant vivement à terre de concert avec mon ami Elfe et nous roulons rapidement loin du Monstre, qui se cabre encore dans les derniers sursauts de sa vie…

« Dépêchons-nous de partir avant qu'il en arrive d'autres ! » s'exclame l'un des hommes, repartant déjà vers son village avec son groupe, tandis qu'Aldaron et Olórin m'aident à me relever…

Les Elfes me soutiennent pour m'aider à courir derrière les hommes, tandis que Nally ferme notre groupe. Et quelques centaines de pas plus loin, nous arrivons face à un mur végétal, qui s'écarte, à l'ordre de l'un des hommes, pour nous laisser passage. Le type a la cinquantaine, il est râblé et dégage de l'autorité. Le Chef sûrement…

Nous nous arrêtons aussitôt derrière le mur végétal, à l'instar des Rebelles. Aldaron et Olórin m'aident alors à m'assoir sur le sol et Nally s'agenouille devant ma jambe qui pisse le sang…

Décidément, après la droite, la cuisse gauche, maintenant. J'aurais été blessé aux deux cuisses par l'un de ces Monstres Dévoreurs de Magie. J'ai été blessé lors de chacun des Combats menés ici, même. Et je dois m'estimer heureux, car cela aurait pu être bien pire…

La Protection des crins de Licornes ?

Sans doute…

« Bienvenue, Nyween… Et bienvenue à ce Guerrier que tu as amené avec toi. Il nous faudrait beaucoup d'hommes de sa trempe et de sa force, nom d'une pipe de nom d'une pipe ! Mais peux-tu m'expliquer pourquoi tu as amené ces Elfes avec toi ? » demande l'homme qui doit être le Chef du groupe de Rebelles, tandis que Nally arrache mon treillis, pour mettre mes plaies à jour…

Son ton était très aimable, jusqu'à ce qu'il parle des Elfes. De toute évidence, il éprouve un mépris hostile à leur encontre…

« Salut Gaspard. Je te répondrai lorsque j'aurai soigné Ron. » déclare Nally, en arrêtant le flot de sang qui s'échappe de ma cuisse.

« Oui, bien sûr… Prends le temps qu'il faut. Il mérite amplement que nous attendions tes explications. » accorde le dénommé Gaspard, campé sur ses deux pieds, ses hommes faisant corps derrière lui.

Ils ont remisé leurs armes, mais ils sont prêts à nous faire barrage, si nous tentons d'avancer dans leur village, sans autorisation de leur Chef…

Nally applique maintenant un désinfectant sur mes blessures et je grimace de douleur sous sa brûlure, puis elle examine soigneusement l'intérieur des plaies, pour s'assurer qu'il ne reste aucune souillure dedans, avant de les refermer, appliquant aussitôt un Onguent pour favoriser une cicatrisation rapide, avant de me bander…

Enfin, elle me tend une fiole de Potion de Régénération Sanguine et demande à son frère et Olórin, de m'aider à me relever, puis de me soutenir, m'interdisant de m'appuyer sur ma jambe jusqu'à demain matin…

« Et pas de course, ni d'effort durant au moins cinq jours. C'est la seconde fois en peu de temps que tu es blessé au même endroit. Alors cette fois, il faut sérieusement te ménager… » déclare-t-elle tandis que je grimace encore une fois…

Cela signifie que nous n'allons pas avancer très vite les jours prochains et cela va retarder encore notre retour à la maison…

« A tes ordres. Si de ton côté tu pouvais me trouver un autre froc, ça m'arrangerait bien. Parce que cette fois, mon treillis est bel et bien foutu. Il a été trop souvent réparé déjà. » réponds-je, en caressant la tête de Phyas, qui est bien sûr sorti vite fait de la Pochette sans Fond de Nally, pour venir me faire un gros câlin dans le cou…

Nally acquiesce d'un hochement de tête et se tourne vers le Chef du groupe de Rebelles…

« Gaspard, je te présente Ron. Il est récemment arrivé avec moi, de l'autre Monde et c'est son premier voyage en Celtycie. Il est cependant déjà connu ici en tant qu'Althibalys, nom de baptême qui lui a été donné par les Pytimouss. » déclare-t-elle, en me désignant.

Je tends la main vers Gaspard, qui me la serre, d'une poigne ferme, avec le sourire.

« Ravi te faire ta connaissance, Ron. Althibalys, voilà un nom qui te va comme un gant ! Il faut être aussi fougueux que noble, pour combattre ce Monstre comme tu l'as fait, alors que tu n'avais rien à craindre de lui, puisque tu n'as pas de Magie. Je suis également surpris que tu aies su comment le vaincre aussi rapidement. Balegarian n'a pas dû en lancer à votre poursuite, puisqu'elle épargne encore les Elfes pour le moment. Ainsi que les Semi-Elfes, même lorsqu'ils ont renié leur Elfitude … » me dit-il, en haussant un sourcil, avant de libérer ma main…

« Ce Dévoreur est le deuxième que je combats. Mais ce n'est pas ce qui importe pour le moment… » réponds-je, en reprenant appui sur l'épaule d'Olórin, maintenant que Gaspard m'a rendu ma main…

« Oui, tu as raison. Attendons la veillée. Les gosses seront ravis d'entendre ton histoire… » acquiesce-t-il, son regard glissant ensuite sur les Elfes, tandis que je songe que ce n'est pas du tout une histoire pour les gosses, que j'ai à raconter…

« Mon frère, Aldaron, Caun de Finrod Aranarth et son maitre d'arme et ami, Olórin. Ils m'accompagnent tous deux, car Aldaron souhaite faire Alliance avec vous et combattre Balegarian. » déclare Nally, au sursaut de surprise de Gaspard et de ses hommes…

« Nom d'une pipe ! Les Elfes ont donc enfin écouté ta parole et décidé de s'engager dans la guerre ? » réagit Gaspard, sourcil haussé…

Il semble quelque peu dubitatif…

« Aldaron a décidé de le faire et les Elfes Sylvestres du Royaume Sylvain qui lui doivent allégeance, vont s'engager avec lui. Il va également tâcher d'en allier d'autres lors du Conseil qu'il va convoquer en son Royaume. Comprends cependant, que pour le faire, il y a nécessité qu'il en apprenne davantage, sur la situation actuelle des forces de Balegarian et de l'organisation générale de la Rébellion… » répond Nally, en le fixant droit dans les yeux…

Gaspard ne répond pas immédiatement. Il jauge Aldaron et Olórin, qui restent parfaitement impassibles sous son regard. Ils sont détendus cependant et surtout n'ont pas du tout cette attitude méprisante et hautaine à laquelle j'ai eu droit lors de ma première rencontre avec Aldaron…

« Très bien. C'est bien parce qu'ils t'accompagnent, Nyween, que j'accepte d'écouter ce qu'ils ont à dire et de leur donner tous les renseignements qu'ils souhaitent. Allons au village, pour discuter de tout cela.… » décide Gaspard, au bout de quelques secondes et nous invitant d'un geste à le suivre…

« Comment l'enfant a-t-il pu sortir de la zone protégée, sans déclencher l'Alarme et comment se fait-il que vous ayez tant tardé à le rejoindre ? » demande Nally, sourcils froncés, en cheminant aux côtés de Gaspard

« Il a dû profiter de l'arrivée de la caravane de ravitaillement, pour se faufiler et on ne s'en est pas aperçu tout de suite. Gween va entendre parler du pays. Elle sait que ce gosse ne doit pas être quitté des yeux. C'est un petit aventurier… » répond Gaspard, en faisant signe à l'un de ses hommes, d'aller en avant…

Sans doute pour prévenir de notre arrivée, avec des Elfes…

« Mmmm… J'aime mieux ça. J'ai craint un instant que les Protections ne commencent à flancher ici ou là. Cela dit, si j'ai un conseil à te donner Gaspard, c'est qu'il faudrait quelqu'un pour aider Gween. Elle est bien jeune encore pour assumer une telle charge… » déclare Nally, sur un soupir de soulagement…

« C'est sa responsabilité, Nyween et Gween n'a que ça à faire toute la journée. Quant aux Protections, pas de danger qu'elles nous lâchent. Tout au moins pour l'instant. Les Roherdirons sont venus la renforcer il y a deux semaines. Merci de nous les avoir envoyés, à ce propos. Ils viennent pile tous les trois mois… » répond le Chef des Rebelles, sur un sourire…

Pas commode le gars, pense-je. Ce qu'a confirmé selon moi, la façon de pincer les lèvres de Nally, quand il parlait de Gween. Voilà un objet de désaccord entre eux, à n'en pas douter. Mais je pense que Nally ne va pas revenir dessus. Car il est évident qu'elle n'a pas son mot à dire sur les règles de vie ici…

« Pas de quoi Gaspard. C'est ma responsabilité et la leur, de protéger la Celtycie et la Magie de ce Monde…» assure-t-elle d'ailleurs, sans revenir sur le sujet de Gween, avant de tourner son regard vers lui et d'ajouter : « Ceci dit, Ron et moi-même ne sommes pas venus ici seulement pour te présenter Aldaron et Olórin. En fait, ça, c'est plutôt la cerise sur le gâteau, comme on dit chez les Moldus de chez nous. Nous sommes à la recherche d'un homme, un Sorcier qui est arrivé en Celtycie en traversant accidentellement une Porte et… »

« Ce Sorcier maintenant dépourvu de Magie ne s'appellerait-il pas Sirius par hasard ? » l'interrompt Gaspard, en s'arrêtant, mains sur les hanches et tout souriant…

« Si, c'est lui ! Vous savez où il est ? » demande-je, avec un large sourire…

Et osant espérer que Sirius est ici, bien sûr !

Putain ! S'il est là, nous allons pouvoir rentrer très bientôt à la maison !

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Acte 2 : La Magie De Ron

Chez Nally

Harry

Je suis resté chez Maman, bien que tout le monde soit parti, pour reprendre le boulot et l'école. Papa, Hermione et Charly, qui remplace Hagrid, reviennent chaque soir après le couvre-feu. Ce qui me laisse de longues journées seul pour réfléchir et fabriquer des Potions, lorsque j'ai besoin de me changer les idées, entre deux visites à l'infirmerie, pour voir Hagrid et discuter un peu avec lui…

Mon pauvre Hagrid ne va pas beaucoup mieux. Il s'est chopé une infection que Richard et Pompom ont bien du mal à soigner, car les dosages de nos Potions ne sont pas suffisants, étant donné sa condition de demi-Géant Alors Papa est en train d'en concocter une qui lui conviendra mieux…

Je l'aide comme je le peux, avec les Jumeaux et Tarendra. Et nous espérons que d'ici deux jours, nous aurons trouvé la bonne formule. Car à cause de cette fichue infection, Hagrid est trop fragile encore, trop fatigué. Richard ne peut donc pas commencer à soigner son visage pour lui enlever ces vilaines excroissances.

Et ça m'inquiète de le voir si affaibli encore.

Par ailleurs, la présence de Ron commence à cruellement me manquer, malgré la compagnie chaleureuse de sa Magie. Je n'ai plus eu de contact avec elle, depuis la fin de la Bataille à Godric's Hollow et cette toute petite conversation où elle m'a mis sur la piste à suivre pour comprendre ce qu'il se passait. Mais je pense que je vais bientôt avoir l'occasion de lui parler, car je la sens reprendre des forces.

Elle puise dans ma propre énergie pour le faire. Je l'ai encouragée à se servir autant qu'elle en avait besoin. Car j'ai compris, lors de ma conversation avec Plumki, que son frère reprendrait bien plus vite des forces ainsi…

Dobby m'apporte du thé. Il est aux petits soins pour moi, quand je suis seul. Me demandant souvent comment je vais, veillant à ce que je mange et me repose, me distrayant parfois de ses bavardages, de petites anecdotes qui se sont passées ici ou là…

Bref, il se conduit avec moi, comme un parfait ami…

« Monsieur Ronald manque à mon ami Maitre Harry Potter Monsieur, Dobby le voit bien. Et Dobby pense que son ami Harry Potter Monsieur devrait aller méditer dans le Temple. La Magie de Monsieur Ronald, reprendrait plus facilement encore des forces là-bas et cela aidera Mon Ami Maître Harry Potter à se sentir beaucoup mieux… » déclare soudainement Dobby, en me regardant la tête penchée et ses oreilles battant doucement l'air…

Et je me dis que c'est une bonne idée. J'ai moi-même récupéré bien plus vite mes forces et mon énergie Magique, après mon Combat, grâce aux quelques heures que j'ai passées dans le Temple.

J'acquiesce donc et nous sortons du salon. Dobby trottine à mes côtés, heureux d'avoir pu m'aider.

« Pourquoi neige-t-il ici, alors qu'au Village des Elfes c'est toujours le printemps ? » demande-je, en regardant les petites statues de neige que Dyna et Dobby ont faites pour amuser Miho et Alioth dimanche…

« Parce qu'ici, les Elfes ont choisi de laisser passer les saisons. Et Dobby en est bien heureux, oui, bien heureux. Dobby aime beaucoup la neige et il se réjouit à la pensée qu'il pourra jouer avec ses enfants dedans, lorsqu'ils seront nés et qu'ils auront un peu grandi…» répond Dobby, d'un ton joyeux…

Je baisse les yeux vers lui, attendri. Dobby parle de sa future paternité à chaque occasion, espérant vivement avoir des jumeaux, depuis qu'Hermione a évoqué cette possibilité. Et je prends soudainement conscience, qu'il marche pieds nus, qu'il est très peu couvert, malgré le froid vif…

« N'as-tu donc pas froid ? » demande-je, avec douceur…

« Oh non ! Les Elfes ne sentent pas le froid et le chaud comme les Sorciers ! Et Dobby aime beaucoup la sensation de la neige sous ses pieds ! » s'exclame Dobby, avec un immense sourire…

Ah… Une nouvelle chose que j'aurais apprise sur les Elfes de Maison. Et je songe qu'il faudra que je prenne le temps de parler longuement avec Dobby à leur propos. J'aimerai connaitre davantage leur mode de vie et leurs coutumes.

Dobby me fait passer la Cascade, écartant soigneusement son rideau, afin que je ne sois pas trempé par ses eaux, même si elles sont régulièrement tiédies m'a-t-il dit, afin que la glace n'ait pas prise sur elle…

Il m'accompagne de son joyeux bavardage jusqu'au Temple, s'arrêtant cependant à l'entrée et m'invitant à prendre tout le temps qui me semblera nécessaire. Il va m'attendre là, dit-il, en s'assoyant sur le sol.

Je le remercie et je m'avance dans la caverne, admirant une fois de plus les stalactites, les stalagmites et les colonnes tarabiscotées qui sont si belles. Je m'approche de l'autel, fixant mon regard sur la roche sombre durant quelques instants. Puis je m'assois sur le sol et je ferme les yeux…

Je laisse mes pensées divaguer. Ron est présent dans chacune d'elle. Puis je me concentre sur le flux d'énergie qui travaille dans mon corps. Je cherche d'abord ma Magie. Mon Soleil est lumineux. Plus doré qu'il n'a jamais été. Il rayonne davantage dans mon corps, depuis que j'ai atteint ma maturité Magique. La tresse de lumière dans mon bras et bien plus épaisse aussi…

Puis je cherche la Magie de Ron. Son Cœur est lové contre mon Soleil, qui l'enlace de quelques-uns de ses rayons, le nourrissant de son énergie. Le Cœur est jaune et vert. Un beau jaune lumineux et aussi doré que mon Soleil. Un beau vert émeraude comme mes yeux. Il pulse en produisant un murmure tendre et doux…

Il est solide et il y a beaucoup de forces dans ce Cœur. De puissance aussi. Je sens qu'il sommeille en lui des réserves qui ne demandent qu'à s'exprimer.

Il est très puissant. Autant que le Grizzly, tapi dans le jaune lumineux de sa Magie…

Ron, mon amour. Mon tendre cœur. Ma force vitale. Ton Cœur de Magie est tout imprégné de toi. Il pulse du même amour brûlant et doux que le tien.

Le Cœur bat, il respire. Inspirant plus profondément à chaque pulsation.

Je ne sais combien de temps je l'observe. J'ai perdu la notion des minutes et des heures dans ma méditation. Et soudainement, les rayons de mon Soleil se retirent sur une caresse très douce, libérant le Cœur, qui s'épanouit pleinement comme une fleur, le vert et le jaune s'écartant doucement l'un de l'autre, avant de se rejoindre à nouveau. Et un jet de leurs couleurs enlacées surgit, fusant vers mon cerveau, où elles se gonflent comme un ballon qui devient transparent jusqu'à former un halo autour de la silhouette de Ron…

« Bonjour Ron… » souris-je, éperdu d'amour et de tendresse, bien que je sache que ce n'est pas vraiment mon Ron qui se tient devant moi…

« Bonjour Harry… » répond la Magie, qui enlace la mienne avec tendresse et chaleur

« Tu as dû entendre ce qu'a expliqué la Magie de Sirius l'autre jour, n'est-ce pas ? Te sens-tu confus et désorienté, toi aussi ? » demande-je, bien que je ne ressente aucune inquiétude dans la Magie de Ron…

« Un peu. Mais beaucoup moins que mon frère l'a été. Je suis aussi uni à ta Magie, que le cœur de mon hôte est uni au tien. C'est très plaisant de m'enlacer avec elle. Et grâce à notre union, je t'ai trouvé tout de suite, lorsque j'ai été arraché à mon hôte. Et je n'avais pas à m'inquiéter. Je savais que tu le retrouverais et que je serais en sécurité avec toi. Et grâce à toi, je sais maintenant qu'il reviendra bientôt… » répond la Magie de Ron, avec un sourire éblouissant, tandis que je l'observe attentivement…

Elle ressemble trait pour trait à mon Ron, même les tempes blanchies. Cela me bouleverse. Une boule se forme dans ma gorge…

La Magie de Ron m'observe aussi. Son sourire s'efface un peu et son regard se fait tendre…

« Mon hôte te manque. Il me manque aussi. Et j'aimerai pouvoir t'apaiser comme il le fait. » déclare-t-elle, en soulevant une main jusqu'à ma joue, pour l'effleurer d'une tendre caresse…

J'appuie ma joue dessus, dans mon esprit. La main est chaude, douce. Et j'ai soudainement la sensation que Ron m'enlace, me serrant doucement contre lui. Mon visage se tend et il m'embrasse. C'est un baiser tendre, amoureux. Et cela m'apaise. Même si en réalité je sais que c'est ma Magie et celle de Ron, qui échangent ce baiser…

« Tu m'as aidé, à Godric's Hollow. » murmure-je, en appréciant la chaleur dont la Magie de Ron m'enveloppe…

« Je t'ai encouragé, comme mon hôte l'aurait fait. Et je prendrai soin de toi comme il le ferait, à chaque fois que tu en éprouveras le besoin, maintenant que toutes mes forces sont déjà revenues grâce à toi… » répond la Magie de Ron, son souffle caressant ma joue…

Je frissonne. C'est si bon de sentir la Magie de Ron enlacer la mienne, effleurer son cou de ses lèvres, caresser son corps de ses mains…

« Tu vas donc toujours rester avec moi. Tu n'iras pas explorer les alentours, comme le fait Plumki… » murmure-je, me laissant vibrer aux sensations que la Magie de Ron me procure…

« Non, je ne te quitterai pas un seul instant. Je sais ce qui est arrivé maintenant, je sais où est mon hôte et je n'ai pas besoin d'aller à sa recherche, puisqu'il va revenir. A chaque fois que tu voudras me voir, je serai là. Ferme simplement les yeux, pense à lui et tu me verras, Harry. Je ferai tout ce que souhaitent ton esprit et ton cœur, pour que tu te sentes bien. Mon amour pour toi est aussi infini que l'est le sien … » chuchote la Magie de Ron, caressante, avant de me donner la sensation de m'embrasser encore…

Mon cœur se gonfle d'amour. Et ma Magie lui rend son baiser avec passion…

C'est si puissant, que j'en soupire d'aise.

Je me laisserai bien aller ainsi des heures durant. Et j'avoue que je suis terriblement tenté d'imaginer que Ron et moi faisons l'amour. Mais une partie de moi éprouve la crainte à cette idée, que ce soit plus difficile encore pour moi d'attendre son retour…

Alors je l'éloigne de mon esprit et je repousse un peu la Magie de Ron, me saisissant de ses mains si caressantes, pour reprendre notre conversation…

« Pourquoi, ne pas m'avoir dit plus tôt, que c'est toi qui m'habite et non le cœur et l'esprit de Ron… » demande-je, en levant mon regard vers ses yeux…

« Je ne savais pas pourquoi j'avais été arraché à mon hôte, jusqu'à ce que je l'apprenne en même temps que toi. J'ai vu le chagrin des autres alors qu'ils pensaient mon hôte mort et je ne voulais pas que tu éprouves cette douleur, alors que je savais qu'il est vivant. Mais je n'étais plus assez fort, pour te parler et t'expliquer ce qui est arrivé. J'avais utilisé beaucoup d'énergie pour te rejoindre et t'encourager à Godric's Hollow. Il fallait donc que je me repose et que je me ressource… » répond la Magie de Ron, avec un doux sourire

« Mais tu as fini par me donner un indice, lorsque j'ai commencé à avoir des soupçons. Pourquoi l'avoir fait par énigme ? » fais-je remarquer, en lui rendant son sourire…

« Je n'avais pas récupéré assez d'énergie pour te parler longtemps et j'étais encore un peu confus. Alors je ne retrouvais plus le nom de Miho, dans laquelle j'ai senti la présence d'un frère, dans la même situation que moi. Et je n'ai pas non plus trouvé meilleure idée que te parler du Château de Peter Pan. Mais je savais que cette image était bonne, qu'elle aiderait ton père adoptif à trouver une réponse. » explique la Magie de Ron, en caressant mes mains de ses pouces…

Il me caresse aussi de ses yeux si bleus et amoureux…

« Tu savais donc déjà que Papa est un semi-Elfe ? » demande-je, surpris…

« Oui. Je l'ai compris, depuis que sa Magie et moi sommes entrés en Communion, pour aller t'aider dans cet horrible cachot… A Priest Hole Manor, c'est bien cela ? Je n'ai pas retrouvé tous les souvenirs de mon hôte encore et certains sont imprécis… » répond la Magie de Ron, en penchant un peu la tête, fronçant un peu les sourcils sur son incertitude…

« Oui, c'était bien à Priest Hole Manor…Mais comment as-tu pu comprendre ? » insiste-je, en serrant un peu ses mains entre les miennes…

« J'ai vu sa véritable apparence dans sa Magie. Et que le secret de son origine Elfique devait être préservé, car il avait fait le serment de ne jamais la révéler. Tout comme ta mère adoptive. Je devais respecter cela et la confiance qu'ils m'ont accordée. C'est ce qu'a fait également ta Magie. Et ma sœur, dont l'hôtesse est ta sœur de cœur… » déclare la Magie de Ron, son regard profond ancré dans le mien…

« Tu es aussi loyal que Ron… » souris-je, avant d'avoir soudainement une idée et de demander : « Est-ce toi, qui fait chatouiller son nez quand des dangers nous guettent ? »

La Magie de Ron sourit avec espièglerie et me fait aussitôt un clin d'œil

« Oui, je le fais pour attirer son attention, lorsque je comprends qu'il détient des clefs importantes, enfouies dans sa mémoire… Je ne peux les faire ressurgir à sa conscience, ni lui souffler à l'oreille de prêter attention, car on ne parle pas à son hôte, on fait juste corps avec lui… » explique-t-elle ensuite, avec amusement…

« C'est malin… » souris-je en retour

« Comme l'est mon hôte ! » répond la Magie de Ron, avant de m'enlacer de nouveau…

Elle me câline encore un peu, avant de me dire qu'il est temps de se reposer tous les deux.

J'acquiesce à contre cœur et sur un dernier baiser très tendre, elle se retire, pour aller de nouveau se lover contre mon Soleil…

Je reste encore un peu à méditer après son départ, laissant la Magie du Temple me pénétrer et me régénérer.

Puis je remonte vers le Château, Dobby tout guilleret et bavard à mes côtés. Ma conversation avec la Magie de Ron m'a fait beaucoup de bien et il n'a pas manqué de le noter….

Mais à peine avons-nous passé la Cascade, qu'Hedwige vient vers moi, se posant sur le bras que je tends aussitôt pour elle. A sa patte, est toujours accrochée la lettre destinée au père de Luna. Et cela m'inquiète aussitôt horriblement…

OoOoOoO

Acte 3 : Le Supplicié

En Celtycie

Ron

« Oui, Sirius est l'un des nôtres. Il est en Mission et ne devrait plus tarder à revenir. Dans une heure au plus il sera là… » déclare Gaspard, tandis que mon sourire s'élargit encore…

Nally aussi sourit. Mais soudainement, elle fronce les sourcils…

« Quel genre de Mission ? » demande-t-elle, avec une inquiétude qui me gagne aussi sec…

Et je frissonne…

Putain ! Ce serait bien la poisse de Sirius, s'il lui arrivait encore une fois malheur, alors que nous venons tout juste de débarquer ici pour le ramener à la maison…

« Il est parti avec quelques autres Moldus pour débusquer et éliminer un assez important groupe de Trolls de Delweth, en route pour le repère de Balegarian. J'ai su aussi qu'en chemin, ils sont tombés sur quelques Soudaryons… » révèle Gaspard, qui ajoute, en voyant nos mines maintenant très inquiètes : « Vous en faites pas, ce type est le plus couillu et le plus chanceux que j'ai jamais rencontré ! »

« Le plus chanceux ? Vous voulez plutôt dire qu'il a la poisse chevillée au corps oui ! Toutes les emmerdes lui tombent sur le poil dès qu'il bouge le petit doigt ! » m'exclame-je en retour, consterné…

« C'est bien ce que je dis. Il faut être sacrément chanceux, pour se sortir sans casse de toutes ces emmerdes, comme il le fait. Pensez donc qu'il a échappé à Kogriah et ses Servylans, aux Soudaryons et tout un tas d'autres embûches ! Faut avoir une sacrée Etoile au-dessus de la tête, pour parvenir à faire ça ! » s'exclame en retour Gaspard, en me filant un clin d'œil…

Ah… Je dois reconnaitre que de ce point de vue-là, on peut effectivement considérer que Sirius est chanceux. Ça n'empêche que je me fais du mouron pour lui. Et Nally aussi. Elle finit cependant par hausser les épaules l'air fataliste et sur un soupir, avant de se remettre en route de concert avec Gaspard…

Au bout d'une dizaine de pas, nous traversons un pont qui enjambe une rivière et tout de suite après, nous entrons dans un village de chalets en bois. Beaucoup de monde est présent dehors, massé dans la rue principale.

Nally est chaleureusement saluée par pas mal d'adultes et des gosses viennent lui faire la fête, tandis qu'Aldaron, Olórin et moi, sommes dévisagés. Avec une curiosité impressionnée en ce qui me concerne. Les Elfes, eux, suscitent plutôt du mépris, mêlé de méfiance…

A mon avis, l'Alliance ne va pas se faire sans peine…

Gaspard nous mène dans le plus grand des chalets, nous invitant à nous attabler. Aussitôt, des pichets de boissons, du pain, du fromage, des salades de tomates, patates et haricots verts, des fruits et des viandes froides sont apportés, par des adolescents, filles et garçons…

« Faites comme chez vous et servez-vous sans cérémonie. Chez nous, on fait pas de manières et on se sert sans faire de chichi. Profitez de cette abondance. Elle se fait rare ces derniers mois… » déclare Gaspard, en désignant toute la nourriture posée sur la table, tandis que l'on dépose maintenant des assiettes, des couverts et des timbales devant chacun d'entre nous.

Ils ont le sens de l'accueil par ici, me dis-je, en me servant aussi sec une belle assiette…

De l'hydromel est aussi vite versé dans mon verre, mais je grimace et décline, demandant plutôt qu'on me serve de l'eau. Aussi vite demandé, aussi vite rectifié. Ma timbale est remplacée et l'on y verse de l'eau, qui semble bien fraîche…

« Gobrian, va dire à la sentinelle Ouest de prévenir Sirius qu'il a des visiteurs et qu'il ramène ses fesses ici dès son retour. » ordonne Gaspard d'un ton bourru, a un ado qui s'empresse de filer vers la sortie…

« Eh ben, ça file doux ici… » fais-je remarquer, en coupant un morceau de la belle tranche de jambon que j'ai choisie…

« Tous ces morveux et morveuses sont surtout curieux de vous voir et d'entendre votre histoire. Ils ne sont pas si zélés d'habitude, quand il s'agit d'accomplir le service… » sourit Gaspard, avant de boire un peu de son hydromel, puis d'ajouter : « Mais sûr qu'ils ont intérêt à être disciplinés et faire ce qu'on leur dit… »

Puis il demande aux ados de nous laisser, leur promettant qu'ils pourront nous voir à la veillée et nous poser toutes les questions qu'ils voudront à ce moment-là, si nous voulons bien leur répondre.

Les ados sortent de la pièce, traînant un peu les pieds et la mine visiblement déçue, pour certains. Mais aucun n'ose rechigner quand même…

« Quelles nouvelles, depuis la dernière fois ? » demande Nally, aussitôt qu'ils sont partis…

« La dernière fois, c'était il y a un an et demi environ, c'est ça ? Lorsque tu es venue aux nouvelles des Dévoreurs ? » répond Gaspard, arquant un sourcil

Nally acquiesce du chef…

« Depuis, nous sommes parvenus à introduire trois espions chez Balegarian. Elle rameute pas mal de monde qu'elle va chercher on se sait où, la garce. C'est une véritable armée qui commence à arriver à Myrn Echoriath, Hommes et Créatures Maléfiques mêlés. Nous sommes certains qu'elle trame une Alliance, mais nos espions n'ont pas encore pu savoir avec qui ou quoi. Morvran est revenu hier, avec un prisonnier. Elle a fait torturer ce type par son Âme Damnée durant plusieurs jours, avant que Morvran parvienne à le libérer et le ramener ici, en même temps que la caravane. Mais il est en très sale état le pauvre bougre et ce sera un miracle si Riok réussi à le sauver, parce qu'à mon avis, il en a pas pour une heure encore à vivre. Nous savons pas ce que Balegarian lui voulait. Mais ça avait l'air très important pour elle en tout cas. Et il y a quelque chose de curieux à propos de ce pauvre gars. C'est qu'il a pas l'air de chez nous… Je crois fort, que Balegarian l'a ramené de l'autre Monde et que c'est là-bas aussi, qu'elle recrute la plus grosse part de ses hommes. Il y en a bien trop… Beaucoup trop… » explique Gaspard, la mine sombre…

« Cela impliquerait qu'elle a bien accès à l'une des Portes Perdues, comme je le pense depuis longtemps… » réagit Nally, une ride d'anxiété barrant son front…

« Tu veux dire la Porte Volée.» approuve Gaspard, non moins soucieux que Nally

« Non. Je parle bien d'une Porte Perdue. La Porte volée était dans l'Antre de Kogriah. Nous sommes passés par-là… » répond Nally, avant de boire un peu d'hydromel…

« Non d'une pipe ! T'es arrivée ici comme Sirius alors ! Tu lui as fait sa fête à ce foutu Monstre, j'espère ! » réagit Gaspard, en haussant un sourcil et comme Nally se contente d'acquiescer, il s'exclame : « Alors ça ! C'est de la bonne nouvelle ! »

« Pour ma jambe, oui. Pour le reste, il y a plusieurs dizaines de Créatures comme lui et des centaines de Servylans… » répond Nally, sur une grimace que partage Gaspard…

« Ouais. Fallait s'y attendre. Cette salope a pas perdu de temps ces dernières années, elle a fait grossir son cheptel de Monstres, comme on le redoutait bien… Mais bon, revenons en à la Porte. Volée ou non, ça doit être la même que nous avons toujours soupçonné son père d'utiliser autrefois et que nous avons jamais pu retrouver nous-même. » déclare Gaspard, puis il ajoute sur un soupir : « Mais j'ai aucune preuve de ça pour l'instant. Ni la moindre idée d'où elle pourrait être cette foutue Porte. Tout ce que nous savons, c'est que Balegarian disparaît parfois durant quelques jours, revenant tantôt très satisfaite, tantôt très en colère. Morvran a dit qu'Eonan l'a vue revenir vêtue d'une manière bizarre il y a quelques jours. Pas de chez nous en tout cas. Eonan est ensuite allé fouiner du côté d'où elle venait, mais il a malheureusement pas trouvé de Porte… »

« Cela n'augure rien de bon du tout, tout cela… » commente Nally, le regard assombri

Gaspard semble sur le point d'ajouter quelque chose, mais la porte du chalet s'ouvre et un grand type efflanqué entre à grands pas…

« Le pauvre gars est mort. Riok a rien pu faire. Je comprendrai donc jamais ce qu'il a essayé de me dire, le peu de temps qu'il a ouvert l'œil sur le chemin. Et Riok a pas semblé plus comprendre ce qu'il a essayé de lui dire non plus, un peu avant de mourir…. » déclare-t-il, en venant s'assoir à table…

« Qu'est-ce que tu as entendu exactement ? » demande Gaspard, en haussant un sourcil…

« Il a parlé des Lunes. Il m'a dit qu'il fallait les sauver. Et il avait l'air de sacrément tenir à ce que je lui promette de le faire… » répond le gars, que je devine être Morvran…

Et un long frisson me secoue soudainement l'échine

Putain… Mais pourquoi ?

D'autres Dévoreurs qui arriveraient ?

Sans rapport… C'est ce qu'a dit Morvran qui a provoqué ça…

« Les Lunes, t'es sûr ? » demande Gaspard, tandis que cette fois, je me sens devenir exsangue…

« Où est le corps de ce pauvre gars ? » demande-je, en me levant d'un bond, prêt à foncer vers la porte que le type a franchie il y a trois minutes.

Olórin se lève aussi sec et me retient par le bras…

« Tu ne dois pas courir, mon ami, ni encore prendre appui sur ta jambe. » dit-il, la tête un peu penchée sur le côté…

« Ouais, je sais. Mais il faut que je voie ce type Olórin ! » réponds-je, en cherchant le regard de Nally, avant d'ajouter : « Me demande pas pourquoi, ni comment Nally, mais je crois que ça pourrait bien être Xénophilius Lovegood, le père de Luna ! »

Elle pâlit et demande aussi sec à Gaspard qu'on nous emmène voir le corps. Aldaron et Olórin, s'offrent aussitôt comme appui pour moi et Gaspard nous emmène vers le chalet servant d'infirmerie…

« Par ici… » invite un gars, tout petit et fluet, aussitôt notre entrée, en indiquant le lit le plus proche…

« Ça va Riok. Nyween a déjà soigné les blessures de Ron. Nous sommes venus pour voir le corps du supplicié ramené par Morvran… » répond Gaspard, en se dirigeant vers un autre lit, où repose un corps couvert d'un drap…

Gaspard découvre le visage, avec respect, avant de me laisser la place…

Et mon sang se retire de toute ma personne. Ce visage tuméfié et mutilé, aux yeux creux et noircis par des hématomes, est bien celui de Xénophilius Lovegood…

« C'est bien le père de Luna… » murmure-je à l'intention de Nally, complètement glacé de l'intérieur, en recouvrant de nouveau le visage

Et toutes mes pensées se tournent vers mon amie. Elle a vu son père mourir dans ses Visions. Et nous allons devoir lui dire que son père est effectivement mort, lorsque nous allons rentrer chez nous…

Pauvre Luna…

La voici orpheline.

Mais pourquoi donc Balegarian a-t-elle enlevé et torturé Xénophilius Lovegood ? Que lui voulait-elle donc ?

« Morvran a dit que ce pauvre homme a essayé de te parler aussi, Riok. Qu'as-tu entendu ? » demande Gaspard, en se tournant vers le Médicomage…

« Sauve Lune… Faut sauve Lune… Vomen… Umen… Cadersaire…Sauve Lune… » répond le petit Médicomage, tandis que j'échange un regard avec Nally…

C'est donc Xénophilius Lovegood qui aurait trouvé le Volumen ? Et ce serait ça, la surprise qu'il voulait faire à Luna ? Il avait l'intention de lui en faire cadeau pour son anniversaire ?

Bordel ! Et dire qu'Algie et Rupert ont crapahuté comme des bons pour le trouver ! Et c'est le père de Luna qui l'avait !

« C'est quand, l'anniversaire de Luna ? » demande-je, pris d'une grande impatience et désireux comme jamais de retourner à la maison…

Il faut protéger Luna et je veux être présent pour le faire. Cette salope de Balegarian ne s'en prendra pas à elle, je le jure sur ma vie !

« En Juin, je crois… » souffle Nally, vivement inquiète elle aussi…

« Dès que Sirius est là, nous le chopons par la peau du cul et nous partons… » déclare-je, me tournant vers le lit, avant de demander : « Pourrons-nous ramener son corps avec nous ? »

Luna souhaiterait sans doute qu'il repose avec sa mère…

« Non. Je suis désolée. Nous aurons plusieurs jours de voyage avant d'arriver à la Porte et de gros risques d'escarmouche en chemin. Mais nous pouvons l'incinérer et ramener ses cendres à Luna… » répond Nally, avec tristesse…

« C'est mieux que rien… » soupire-je, avant de découvrir de nouveau le visage de Xénophilius Lovegood…

Et je me penche vers lui, pour lui embrasser le front, de la part de Luna…

« Ses obsèques auront lieu demain, au lever des Soleils, comme c'est coutume chez nous… » déclare Gaspard, tandis que je remonte le drap…

Et nous sortons de l'infirmerie, repartant vers l'autre chalet…

« Ce qu'il a dit à Riok, a part qu'il parlait de l'anniversaire de sa fille, vous y avez compris quelque chose ? » demande Gaspard, lorsque nous sommes de nouveau attablés…

Nally hoche positivement la tête, tandis que je repousse mon assiette, la faim coupée par le chagrin que j'éprouve pour Luna…

Et soudainement je réalise…

Le Volumen…

Balegarian le veut donc elle aussi ? Que recèle-t-il donc de si précieux à ses yeux ? Désire-t-elle la même chose que Voldemort ?

Je me sens de nouveau glacé…

Je regarde encore une fois Nally. Je ne suis pas le seul. Les yeux de Gaspard, Morvran, Aldaron et Olórin sont également fixés sur elle…

« Ce que veut Balegarian, c'est un Volumen, que Xénophilius Lovegood a dû trouver lors d'un voyage en Suède. Et ce Volumen est le Livre des Origines qui a autrefois disparu du Temple… » déclare soudainement Nally, dans un silence de plomb…

Gaspard, Morvran, Aldaron et Olórin sursautent…

« Ah nom d'une pipe de nom d'une pipe ! Sérieux ? » demande Gaspard, en arquant un sourcil

« Oui, tout ce qu'il y a de plus sérieux, Gaspard. Mais je ne pourrai le confirmer que lorsque je l'aurai vu de mes propres yeux. Tout ce que je sais, c'est que des traductions de très mauvaise qualité en ont été faites. Et qu'elles ne suffisent pas pour comprendre réellement la teneur du Livre des Origines… » répond Nally, avant de se tourner vers moi pour expliquer : « Le Livre des Origines, concerne la Magie Mère et révèle les secrets de sa puissance et de son immortalité. Il est également censé révéler comment l'asservir… La rendre Ténébreuse à jamais… »

« Paré que c'est une arme redoutable, pour les bougres de cinglés du genre de Balegarian et qui permettrait de plonger ainsi les deux Mondes dans le chao des Ténèbres et le néant… » précise Gaspard, avant de boire la fin de son gobelet d'hydromel…

« Ouais… J'imagine… » souffle-je, en pensant à ce que pourrait faire aussi Voldemort, avec une arme pareille entre les mains

Et me demandant également comment Balegarian a pu savoir que le père de Luna détenait ce satané Volumen…

Nally est tout autant que moi en pleine interrogation et chacun respecte notre silence durant quelques secondes. Puis Gaspard s'adresse à Morvran…

« Sais-tu si le pauvre gars a craqué sous la torture et a dit quoi que ce soit à Balegarian, qui lui permettrait de retrouver le Livre des Origines ? » demande-t-il, tandis que je me sens de nouveau glacé…

« Je crois pas, non. Elle était pas du tout satisfaite, quand elle sortait de sa chambre de torture. Et j'ai pu savoir par son Âme Famnée, qu'il répétait toujours la même chose à propos de ronflant corneux ou quelque chose du genre…» répond ce dernier, en hochant négativement la tête…

« Ronflacks Cornus. Ce sont des Créatures de légende, après lesquelles il courait depuis des années. C'était son hobby. Il y croyait dur comme fer. … » réponds-je machinalement, avant de demander : « A-t-il parlé de sa fille à Balegarian ? Lui a-t-il dit qu'il comptait lui offrir le Volumen ? »

« Sa fille ? Non. Mais Balegarian lui en a parlé, ça j'en suis sûr. Elle l'a menacé d'aller la chercher et de la torturer à sa place. Ça s'est passé le jour où je suis parvenu à pénétrer dans les quartiers où se situe la chambre de torture. Je suis resté planqué dans ce coin jusqu'au moment où j'ai pu sortir le pauvre bougre de là, après le départ de Balegarian et de son Âme Damnée… » répond Morvran, d'un ton précipité…

« Où est-elle partie après ? Je veux dire, a-t-elle disparu ? Pensez-vous qu'elle soit allée dans notre Monde ? » demande-je, prêt à bondir encore et à courir d'une seule traite jusqu'à Poudlard.

Mais Nally pose une main apaisante sur mon bras…

« Balegarian ne pourrait pas pénétrer à Poudlard, qui est considéré comme un sanctuaire par les Elfes de maison. Et seule, elle ne peut rien contre eux tous. Luna est protégée, aussi longtemps qu'elle restera là-bas. Et il n'y a aucune raison pour qu'elle aille ailleurs en ce moment. Et de toute façon, le père de Luna n'a certainement pas parlé. Son amour pour sa fille a été le plus fort. J'en suis convaincue.… » déclare-t-elle, d'une voix douce…

Elle a l'air si sûre d'elle, que cela m'apaise un chouia…

Et Morvran l'approuve. Il assure que Xénophilius a beaucoup crié, qu'il a supplié qu'on ne fasse pas de mal à sa fille, ne cessant de jurer que tout comme lui, Luna ne savait rien du tout à propos de ce que Balegarian voulait…

Puis Nally englobe Aldaron, Olórin, Gaspard et Morvran, dans un seul regard, avant de déclarer :

« Le Volumen n'était certainement pas chez Xénophilius Lovegood, sinon elle l'aurait déjà trouvé. Et je pense savoir peut-être où il se trouve. Et si c'est bien là, il est en parfaite sécurité… »

Elle n'en dit pas plus. Mais tout le monde s'en contente.

En ce qui me concerne, je m'en fiche pour le moment. Tout ce qui compte pour moi, c'est qu'il n'arrive rien de fâcheux à mon amie Luna…

Mais bien sûr, je ne manquerai pas de demander à Nally des précisions sur ce qu'elle pense, quand nous serons de retour à la maison…

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