Disclaimer : cf chapitre 1

.

Grand merci à Mistycal !

OoOoOoO

Réponses aux commentaires anonymes sur mon forum : - Lion -

OoOoOoO

.

Acte 4 : Sirius

En Celtycie

Ron

Le silence s'éternise un peu, tout le monde plongé dans ses propres pensées.

J'ignore ce que peuvent être celles des Elfes, mais il est évident que les autres pensent à la guerre contre Balegarian…

« Bon, je vais rejoindre mon poste d'espionnage. Si je reste trop longtemps absent, Balegarian va finir par avoir des soupçons… » déclare soudainement Morvran, en se levant, la mine sinistre…

Ça me fait penser à Severus. Et je jette un coup d'œil vers Nally. Elle aussi doit penser à lui. Et combien elle a dû se faire du souci pour lui, quand il était un Espion…

« Tu ne crois pas que tu es déjà soupçonné ? » demande Gaspard, en haussant un sourcil…

« Non. Je suis parti après que l'alerte d'évasion ait été donnée. Le pauvre gars était déjà avec la caravane et Kerron revenu de l'avoir emmené auprès d'elle. Je suis parti les mains libres et je vais revenir avec ce que je lui ai dit aller chercher. Elle n'y verra donc que du feu, à condition que je ne tarde pas trop. » répond Morvran, avant de sortir…

« Qu'est-il censé lui rapporter ? » demande Nally, en suivant l'Espion du regard par la fenêtre…

« Du ravitaillement. Il va prendre celui qu'on a chouré à une bande de Soudaryons il y a deux semaines et qui était déjà un peu avarié. Ce sera toujours bon pour les Créatures Maléfiques et tant mieux si ça leur flanque une bonne chiasse… » répond Gaspard, qui ajoute sur un sourire : « Un joli travail de Sirius cette opération, entre nous. Il a piégé les Soudaryons de main de maitre… »

« En parlant de lui, ne devrait-il pas être revenu maintenant ? » questionne-je, en fronçant les sourcils…

« Il ne va pas tarder. La ponctualité, ce n'est pas son fort. Il faut toujours qu'il trainaille en route à séduire un ou deux jupons… » sourit Gaspard, en se resservant un peu d'hydromel…

Il en propose également à Nally, qui refuse du chef, hésite un chouia, puis arque un sourcil vers Aldaron et Olórin, pot levé en une invitation. Tous deux acquiescent, d'un hochement de tête, avant de tendre leur timbale. J'ignore si c'est par politesse ou parce qu'ils ont réellement soif…

« Sirius n'a donc pas changé. Toujours aussi coureur que dans sa jeunesse… » déclare Nally, sur un sourire un peu nostalgique…

« Eh bien je ne l'ai pas connu à cette époque, mais il est effectivement plutôt volage. C'est qu'il a du temps à rattraper, après toutes ses années de disette et de sevrage forcé. Et aussi longtemps que ça plait à ces dames, ça ne me pose aucun souci, du moment qu'il ne soulève que les jupons des veuves… » répond Gaspard, qui lève soudain la tête et ajoute : « Tiens, quand on parle de l'étalon, on en voit la queue… »

Je me tourne aussi sec vers la fenêtre, mais j'ai tout juste le temps de voir passer un courant d'air vêtu de bleu, avant que la porte s'ouvre brusquement…

« Tu m'as fait deman … » commence Sirius, avant de s'arrêter net, ses yeux arrondis de surprise, posés sur Nally…

Sirius a changé. Il est toujours aussi mince que dans mon souvenir, mais il parait en bien meilleure forme, épanoui, rajeuni, heureux. Tout ce qu'il n'était pas, lorsque je l'ai connu et plus tard, quand il était coincé au QG…

« Nally ? Merlin, Nally. C'est bien toi, après toutes ces années… » murmure-t-il, la voix voilée d'émotion, en venant vivement vers la table…

Il ne quitte pas Nally des yeux. Il semble très ému et s'approche mains tendues vers elle. Nally se lève de table, souriante et prend ses mains. Sirius la regarde longuement, avant de lâcher brusquement ses mains, pour la prendre dans ses bras et la serrer très fort contre lui…

« Merlin, Nally… Je ne pensais pas te revoir un jour… Remus m'a dit qu'il ignorait totalement ce que tu étais devenue, qu'on n'avait pas de nouvelle de toi depuis que tu étais partie. C'est donc ici, en Celtycie, que tu es depuis toutes ces années ? Comment ça se fait ça ? » murmure-t-il encore, la lâchant pour la prendre cette fois par les épaules et la balayant d'un regard de la tête au pied, avant d'ajouter : « Tu es splendide, Nally. Plus que dans mon souvenir encore… »

« Merci. Tu n'es pas mal non plus. Et pour répondre à tes questions, je suis restée ici durant pas mal d'années, oui, Sirius. Mais à vrai dire, je suis revenue en Grande Bretagne, peu après ton arrivée dans ce Monde. En vérité, comme tout le monde je t'ai cru mort et ce n'est que lorsque je suis arrivée ici, en empruntant la même Porte que toi, que j'ai su que tu étais bien vivant. Nous avons donc décidé de venir te chercher... » déclare Nally avec douceur…

« La même Porte ? Et tu as bien dis, nous ? » demande Sirius, avant de regarder à la ronde…

Et cette fois encore, son regard s'arrondit de surprise, lorsque ses yeux s'arrêtent sur moi…

« Ron Weasley ?... C'est bien toi ? » demande-t-il, n'en revenant pas de surprise et me détaillant de la tête au pied lorsque je claudique vers lui, appuyé sur Olórin, le sourire aux lèvres et hochant la tête pour acquiescer…

« Mais combien d'années se sont-elles donc passées dans notre Monde ? Tu étais encore un gamin, quand j'ai été projeté ici et te voilà un homme… Et sacrément bien bâti ! Bon sang mais combien tu mesures ? » ajoute Sirius, en tâtant mes muscles, levant la tête vers moi, avant de me donner aussi une accolade amicale…

« 2m13. Et 155 kg de muscles. Cependant malgré ma croissance accélérée et mes tempes grises, il ne s'est pas vraiment écoulé beaucoup de temps, chez nous, depuis que tu es passé au travers de l'Arcade. Neuf mois environ. Mais Nally nous a fait bénéficier de quelques jolies périodes de Temps Ralenti qui nous ont été profitables… » réponds-je, la gorge nouée, par l'émotion…

Nous l'avons trouvé. Nous allons le ramener à la maison. Et Harry va être super heureux de nous voir revenir, tous sains et saufs…

« Et Harry ? Il n'est pas là ? Vous étiez inséparables, avec Hermione. Comment va-t-il ? Il ne se passe pas un jour sans que je pense à lui… » me demande Sirius avec précipitation…

« Harry et Hermione ne sont pas ici, non. Seuls Nally et moi-même sommes là. Harry va très bien. Lui aussi a beaucoup changé. Nous avons tous beaucoup changé… » réponds-je, tandis que Sirius prend Nally par la taille, la ramenant vers nous, pour former un petit cercle…

Mon cœur se pince soudainement. Je viens d'affirmer que Harry va bien, mais qu'est-ce que j'en sais, finalement ? Que peut-il s'être passé, depuis que nous sommes ici ?

Et je m'admoneste aussi sec. Il ne faut surtout pas que je commence à penser à ça, ou je vais devenir dingue. Mieux vaut me concentrer sur le présent…

« Bon sang que ça fait du bien de vous retrouver tous les deux ! » s'exclame Sirius, en me prenant maintenant par le coude, pour m'inviter à retourner à table, avant d'ajouter : « Allez, racontez-moi, comment avez-vous fait pour échapper à ces monstruosités, si vous êtes passés par le même chemin que moi ? »

« J'ai tué Kogriah et Ron s'est chargé d'en faire autant de trois douzaines et demie de Servylans. Et pendant que les autres Monstres se disputaient la succession au trône, nous avons cherché et trouvé la sortie… » répond laconiquement Nally, tandis que Sirius hausse un sourcil, effectuant un hochement de tête appréciateur…

Il nous examine de nouveau brièvement, en silence…

« C'est vrai que vous avez l'air de vrais Guerriers tous les deux… Mais comment ça se fait ? Comment des Sorciers de notre Monde, deviennent-ils des Guerriers en armure, armés jusqu'aux dents d'épées, de dagues, de couteaux de chasse et d'un arc ? » demande-t-il, en haussant un sourcil…

« Longue Histoire. Nous allons tout te raconter. Mais d'abord dis-nous comment tu as fait toi, pour t'échapper de l'Antre de Kogriah, tout seul et sans arme… » sourit Nally, avant de croquer dans une pomme…

« Oh ! Ça n'a pas été simple. Quand j'ai compris que ces Monstres voulaient faire de moi leur casse-croûte, j'ai eu la trouille de ma vie. Mais tu me connais. Gryffondor un jour, Gryffondor toujours. Alors j'ai fait le fier. J'ai fait remarquer que ma pauvre personne ne suffirait pas à nourrir tout le monde et qu'ils auraient peut-être intérêt à m'engraisser avant de me mettre au menu du jour. Leur imbécile de Chef en a ri et m'a pris au mot. Il m'a fait jeter dans un cachot et j'ai été nourri avec un immonde gruau, quatre fois par jour. C'était infâme, mais à Azkaban, tu apprends à ne plus faire la fine bouche. Il me fallait des forces et j'ai tout avalé soigneusement car je n'avais qu'une idée en tête, m'évader… Ça devenait d'autant plus urgent à chaque repas. Non seulement parce que je grossissais presque à vue d'œil, mais surtout parce que ma geôle puait pire que la bouche du diable, car ceux qui venaient m'apporter mes repas, avaient la fâcheuse habitude de pisser et chier partout dedans, pour m'emmerder aussi bien au sens propre, qu'au sens figuré du terme. Bien sûr, sans Magie, pas question, de me faire la belle, comme je l'avais fait d'Azkaban. J'ai donc réfléchi à un autre moyen, je n'avais que ça à faire de toute façon. Et j'ai fomenté un plan. J'ai gardé une gamelle et à force de la frotter contre la roche, elle est devenue coupante comme un rasoir. J'ai attendu mon repas, trucidé le Servylan qui l'a apporté et après, je me suis enduit de sa pisse et de sa merde pour masquer mon odeur et en route ma poule. Ça m'a pris des heures pour trouver une issue et encore j'ai eu de la chance, qu'un groupe sorte pour aller en chasse. Après, c'est une autre histoire. Il m'a fallu des mois et des mois pour arriver jusqu'ici, après bien d'autres embûches. Trois ans et douze jours exactement. Je les ai comptés. Et ça fait un peu plus d'un an que je suis ici, maintenant… » raconte Sirius, avant de boire une gorgée de l'hydromel que lui a servi Gaspard…

« Malin ce que tu as fait. Horriblement dégoutant, mais malin. Il faut avoir un sacré courage, pour s'enduire de pisse et de merde de Servylan…» apprécie-je, avec une grimace…

« Non, ce n'est pas une question de courage. Je tenais simplement à la vie… » répond Sirius, qui me sourit, en me donnant un petit coup de poing sur l'épaule, avant de demander, en montrant ma cuisse : « Que s'est-il passé ? »

C'est Gaspard qui se charge de lui répondre à ma place. Racontant en détail comment Olórin et moi-même avons tué le Monstre Dévoreur de Magie…

Sirius émet un sifflement admiratif…

« Tu dois avoir une sacrée force et être sacrément entraîné… Comment ça se fait, que tu es aussi grand ? Qu'est-ce qui t'a fait pousser comme ça ? Personne n'a jamais été aussi grand dans ta famille, de ce que je sais… » demande-t-il, en m'examinant encore une fois avec attention, tandis que Gaspard sort de la pièce, à la recherche d'un autre pichet d'hydromel…

« C'est à cause de mon Animagus je pense. Je suis un Grizzly… » souris-je, de toutes mes dents…

Sirius est visiblement ravi de la nouvelle et il me félicite chaudement, avant de demander en quoi se change Harry…

« Pas d'Animagus pour l'heure. Mais Harry est un Réceptacle, ce qui lui complique sérieusement l'affaire. » répond Nally, avant d'expliquer à Sirius ce qu'est un Réceptacle…

« Ma Magie n'est donc pas perdue pour toujours ? Sacré bonne nouvelle ! Et en plus, c'est Harry qui la protège alors, puisqu'il était là tout près, quand elle m'a été arrachée… » commente Sirius, ravi encore une fois, tandis que Gaspard revient et sert un gobelet d'hydromel à qui en accepte…

« Non. C'est une petite fille, qui protège ta Magie. Elle s'appelle Miho et elle est adorable. Elle appelle ta Magie Plumki. Et Plumki lui a sauvé la vie… » lui apprend Nally, avant de boire un peu d'eau…

« Plumki ? » réagit Sirius l'œil brillant, éclatant joyeusement de rire et ajoutant ensuite qu'il adore ce nom, avant de redevenir sérieux pour demander, en haussant un sourcil: « A quelle occasion Plumki a-t-il sauvé cette fillette ? Et pourquoi est-ce cette enfant qui protège ma Magie ? Pourquoi pas Harry ? » …

Nally et moi-même échangeons un regard. La nuit prochaine, risque d'être très longue. Car chaque nouvelle que nous donnons à Sirius, va amener inévitablement de nombreuses questions…

« Je pense que le mieux, c'est de tout te raconter de ce qu'il s'est passé depuis que tu es tombé derrière la Porte. Mais j'aimerai me rafraîchir d'abord. Ron a besoin aussi de prendre une bonne douche et de se changer. Et Gaspard, si on pouvait lui trouver des vêtements que je puisse mettre à sa taille, cela lui rendrait bien service, car les siens sont fichus… » répond Nally, en se levant de table…

« Le plus grand chez nous, c'est Gawain. Je vais lui demander une tenue. Vous allez tous vous installer chez moi, Nyween. Les femmes doivent t'avoir déjà fait chauffer un bain. Tu connais le chemin… » déclare Gaspard, avant de se tourner vers moi, Aldaron et Olórin, pour ajouter : « Vous aussi, vous allez venir chez moi. Mais pas de bain chaud pour vous, il faudra vous contenter de la cascade. Des gars monteront la garde sur le chemin, afin que les gosses n'aillent pas vous embêter. Sirius va vous guider là-bas… »

Sirius acquiesce, tout en dévisageant Nally avec surprise…

« C'est donc toi, Nyween ? Tu es donc une semi-Elfe ? » demande-t-il avec surprise, en se levant de table, pour suivre Gaspard qui se dirige déjà vers la porte…

« Oui. Et pendant que nous y sommes, je te présente mon frère jumeau, Aldaron et son ami, Olórin. » répond Nally, avant de préciser que Sirius aura toutes les réponses à ses questions, lorsqu'elle aura pris son bain.

Sirius acquiesce et il nous mène, Aldaron, Olórin et moi-même, jusqu'à la cascade, nous montrant en chemin, où se trouve le chalet de Gaspard. Et comme je m'étonne que ce ne soit pas chez lui que je sois invité, Sirius m'apprend que seules les familles ont des chalets privés et qu'il loge avec plusieurs autres célibataires, dans un logement commun. Et que de toute façon, la coutume ici veut que ce soit le privilège du Chef, de recevoir dans sa demeure, les invités étrangers …

La douche sous la cascade me fait un bien fou. Sirius s'est décidé à en prendre une aussi et naturellement, il s'inquiète de mes nombreuses cicatrices, lorsqu'il me voit complètement à poil…

« Si je te réponds maintenant, tu vas soulever des millions d'autres questions, Sirius. Alors attend qu'on raconte tout dans l'ordre avec Nally. » réponds-je sur un sourire, en me frottant vigoureusement la peau…

« A voir et entendre ça, il s'est passé beaucoup de choses et pas que des belles, n'est-ce pas ? » demande encore Sirius, en me tendant un flacon, contenant une sorte de savon liquide…

Il en a lui-même mis un peu sur sa tête et aussitôt ses deux mains libres, il se frictionne les cheveux avec énergie…

« Ouais, il s'est passé beaucoup de choses, effectivement. Au moins autant que pour toi, d'après ce que nous savons… » souris-je, me savonnant avec plaisir, avec le produit fourni par Sirius…

Sirius s'esclaffe, de son rire qui ressemble un peu à un aboiement, tout en acquiesçant de la tête, avant de dire qu'il se fera un plaisir de tout nous raconter et il se met ensuite à chanter à tue-tête…

Horriblement faux, comme dans mes souvenirs, au grand désarroi d'Aldaron et Olórin, qui ont visiblement leurs délicates oreilles écorchées vives…

Le savon liquide sent bon. Une odeur un peu musquée que j'apprécie beaucoup. Et c'est vachement agréable, cette mousse légère sur ma peau. Ça peut paraître con, mais ça m'a sacrément manqué, un bon savon pour me laver, depuis que nous sommes ici…

Il faudra que j'en glisse dans ma Pochette à malice, dès notre retour chez nous. On ne sait jamais…

La douche terminée, nous repartons vers la berge pour nous sécher avec de grandes serviettes que Gaspard est venu apporter, en même temps qu'une tenue complète pour moi. Un pantalon brun qui va probablement me mouler les jambes et une sorte de tunique verte qui se ferme avec un lacet et qui m'arrivera à mi-cuisse. Assez moyenâgeux comme tenue en fait. Mais très confortable à voir…

« Cicatrices ou pas, les filles doivent être folles de ton corps et j'espère que tu profites bien de ton succès, Ron… » sourit soudainement Sirius, en me tapant sur les fesses avec sa serviette, comme il arrive que les mecs le fassent dans les vestiaires de Quidditch…

Je marque aussitôt un temps d'arrêt. Dois-je lui dire ou non ?

Et puis je me dis que tôt ou tard, il faudra bien qu'il sache. Alors autant que ce soit dès aujourd'hui…

« Je ne sais pas si les filles sont folles de mon corps, je n'y prête guère attention. Mais mon mec en raffole, lui… » réponds-je donc, avec tranquillité…

Et cette fois, c'est Sirius qui marque un temps d'arrêt, les yeux écarquillés de surprise…

Et du coin de l'œil, je vois Olórin et Aldaron s'éloigner discrètement…

« Ah… Euh… Tu es donc… Hum… » commence Sirius, très mal à l'aise, visiblement…

« Homosexuel, oui. Mais en fait, mon mec pourrait aussi bien être une fille car nous sommes des Âmes Sœurs et destinés à être ensemble pour la vie. Et même au-delà. Notre amour est infini, Sirius. Si profond que nous pouvons sentir la présence l'un de l'autre, ses émotions, même lorsque nous sommes séparés par des centaines de miles. Mais pas ici et il me manque terriblement. Et indépendamment du fait que ma Magie m'a été arrachée, c'est comme s'il n'y avait ici qu'une moitié de moi-même. » explique-je, guettant ses réactions du coin de l'œil…

Il est gêné. Ne sait pas quoi dire, ne sait pas quoi penser de cela…

« Ah… Hum… Ta famille le sait ? Qu'est-ce qu'ils en pensent ? Et Harry et Hermione? » demande-t-il, d'un débit un peu trop rapide et évitant de me regarder.

« Ma famille le sait oui. Ils ont pleinement accepté ça. Hermione et mes proches amis aussi. Du moment que je suis heureux, c'est tout ce qui compte à leurs yeux. Quant à Harry, il ne veut que mon bonheur, bien sûr… C'est lui, mon Âme Sœur… » réponds-je, en le fixant, tandis qu'il enfile son pantalon…

Il sursaute et perd l'équilibre, penchant dangereusement vers la flotte.

Dans un réflexe, je le retiens par le bras et le rétablis sur ses pieds…

Il est bouche bée, yeux écarquillés, complètement estomaqué et ne s'est même pas rendu compte qu'il a failli tomber…

« Ha… Harry est… » commence-t-il, fermant et ouvrant la bouche tour à tour, incapable de finir sa phrase

« Harry est mon Âme Sœur, mon mec, mon amant. Oui, Sirius. Nous formons un couple très uni et très solide. » réponds-je avec douceur…

« Mais… » commence Sirius, s'interrompant tout aussitôt…

Il fixe l'autre rive de la rivière sans la voir, complètement tourné vers les pensées qui se bousculent de toute évidence dans sa tête. Et il se passe plusieurs minutes avant qu'il se tourne vers moi, me regardant dans les yeux durant quelques secondes sans rien dire, avant d'enfin ouvrir la bouche…

« Harry et toi … Jamais je n'aurais pensé ça. Il a pourtant eu le béguin pour une fille… » murmure-t-il, l'air de se demander ce qui a bien pu se passer pour que Harry change d'orientation sexuelle...

« Oui. C'est vrai qu'il a eu le béguin pour Cho. Mais je te l'ai dit, Sirius, fille ou garçon, cela n'a pas d'importance. Harry et moi sommes des Âmes Sœurs. » réponds-je, mon cœur se pinçant cruellement.

J'ai la désagréable sensation qu'il vient de se casser un truc là, avec Sirius. Qu'il est moins chaleureux, plus distant. S'il n'accepte pas notre relation, Harry va l'avoir très dur. Vraiment très dur…

« Et comment avez-vous découvert ça ? Vous étiez les meilleurs amis du monde, c'est sûr, mais comment… Qu'est-ce qui a fait que vous vous êtes autant rapprochés ? » questionne encore Sirius, en terminant machinalement d'enfiler son froc…

« Tout le monde a cru que tu étais mort, Sirius. Harry était vraiment malheureux de t'avoir perdu, en plus il se sentait terriblement coupable, d'être tombé dans le piège de Voldemort et se sentait donc responsable de ta mort. » réponds-je, avant de lui expliquer comment Harry et moi sommes alors devenus plus proches encore, renforçant le lien qui nouait nos vies depuis notre rencontre dans le Poudlard Express.

Puis le premier baiser, qui a fait exploser dans nos cœurs, cet amour si profond que nous éprouvions l'un pour l'autre, sans que nous en ayons eu jusqu'alors conscience…

« Alors c'est parce que vous avez cru que j'étais mort que vous… » commence Sirius, en fronçant les sourcils…

« Non. C'est parce que nous nous aimions déjà plus que tout au monde. Tôt ou tard nous en aurions pris conscience. Même sans ça. Et je pense que de toute façon, cela se serait produit l'été dernier. Nous avons beaucoup grandi et mûri en juillet et en Aout. Et nous avons encore beaucoup grandi et mûri après, Sirius. Maintenant, nous sommes des adultes à part entière. Nous avons même arrêté l'école récemment et nous bossons exclusivement pour l'Ordre du Phénix. Et plus qu'un couple, nous sommes une famille. En fait, nous avons adopté trois enfants. Des orphelins de la guerre. Leur mère est morte, tuée par des Mangemorts le 14 février à Pré-Au-Lard et peu après, nous avons su que leur père est décédé le même jour, à Dublin. Lui, c'était un Mangemort… » explique-je, mon esprit s'envolant vers Harry, Jérémy, Jodie et Jonas…

Mes enfants me manquent terriblement…

« Vous avez déjà fondé une famille ! Mais vous êtes si jeunes ! Des enfants, presque encore ! » s'étonne Sirius, tandis que je me penche pour saisir ma Pochette sans Fond…

Je sors mon album et je vais directement à la page qui contient notre photo de famille, prise par Bozo, le photographe de la Gazette, au soir de la St Valentin et que nous a fait parvenir Rita…

« Non, je te l'ai dit, Sirius. Nous sommes des adultes. La guerre s'est intensifiée et nous avons vécu des évènements qui nous ont définitivement arrachés à notre adolescence… » réponds-je, en lui tendant l'album ouvert sur la photo de famille

« Merlin… » murmure Sirius, en prenant l'album, les mains tremblantes.

Il s'assoit sur l'herbe tendre, puis pose l'album sur ses genoux et il effleure le visage de Harry d'un index hésitant. Il est partagé de toute évidence entre l'affection qu'il éprouve pour lui et sa difficulté à comprendre notre relation homosexuelle…

« Harry. Merlin, comme il a changé… » murmure-t-il, avant de fixer les enfants du regard.

Je les désigne chacun, indiquant leur prénom à Sirius. Puis il tourne les pages de l'album, examinant chaque photo de Harry avec attention, remontant ainsi peu à peu les pages, jusqu'à la première et sursautant en voyant le petit morceau de voile noir accroché au coin supérieur droit…

« Ton frère Percy est mort… » murmure-t-il, la voix nouée, en effleurant le morceau de voile noir…

« Oui. Percy est mort lors d'un Combat à Privet Drive, l'avant-veille de Noël. Il a donné sa vie, pour sauver une fillette Moldue. Toute notre famille a sacrément morflé ces derniers mois. Fred a été amputé le même soir où Percy est mort, Georges a perdu un œil en Suède la nuit précédent notre arrivée ici et il est défiguré. Entre deux, Papa et Ginny ont bien failli mourir également. Et je suis passé très près de la Grand-Porte moi aussi, tout comme Charly qui a bien failli se noyer dans l'eau glacée à Azkaban, en essayant d'empêcher l'évasion des Mangemorts. Quant à Harry, il a eu plus que son lot de souffrance et de douleur. Il s'en est fallu d'un cheveu qu'on le perde il y a quelques semaines. » réponds-je, sous l'oreille attentive et le regard douloureux de Sirius, soupirant avant d'ajouter : « Nous allons tout te raconter en détails, Sirius. Mais beaucoup de choses et de gens ont changé depuis juin dernier. Et c'est l'amour qui nous uni, toute l'amitié que nous partageons les uns les autres, qui fait notre force et nous permet de tenir dans ces terribles épreuves. De fortes alliances se sont créées, avec des personnes avec lesquelles on n'aurait pas imaginé s'entendre à ce point… Comme Draco et ta cousine Narcissa par exemple … »

Sirius hausse aussitôt un sourcil surpris et je reprends l'album de ses mains, pour lui montrer quelques-unes des photos qu'il n'a pas vues, au fond de l'album…

Les photos des copains…

On voit sur celle que je lui montre, Harry et Draco qui se tiennent par les épaules, avec Théo. Ils rient à gorge déployées à une histoire racontée par Blaise également présent sur le cliché…

Nous faisons silence maintenant, Sirius regardant les dernières photographies et n'entendant pas Nally arriver derrière nous, tant il est concentré. Et pour finir, je lui montre le dernier cliché qu'il n'a pas vu : Harry, enlacé avec Severus, Nally et Remus…

« Mon brave Remus. Le meilleur et seul véritable ami qu'il me reste dans notre Monde... » murmure Sirius, avec un sourire attendri, avant de désigner Severus, qu'il ne reconnait évidemment pas, pour demander : « Et lui, qui est-ce ? »

« Severus, sous sa véritable apparence. » répond doucement Nally, en venant s'assoir à côté de Sirius…

Il se tourne brusquement vers elle…

« Severus ? Comme Servillus Snape ? » demande-t-il, lèvres pincées et sourcils froncés…

« Severus, comme Severus Snape, oui. Et il est mon époux depuis près de 18 ans maintenant, Sirius. Connu ici, sous le nom de Galdor Aranwë. Tout comme moi, il est un Semi-Elfe. Il a été élevé dès son enfance pour devenir un Guerrier et un Espion. Et il a fait le choix de se mettre au service de l'Ordre du Phénix, sacrifiant toute son adolescence et dix-sept ans de sa vie, pour être crédible aux yeux de Voldemort et des Mangemorts. Je te prie donc de ne plus l'insulter, Sirius. Ou je te garantis que je te le ferai regretter… » déclare Nally, avec une douce fermeté…

« Merlin, mais qu'est-ce que c'est que cette histoire ?… » murmure encore Sirius, l'air de ne pas y croire…

« Elle est très longue. Et très douloureuse bien souvent. Mais tellement emplie d'amour et d'amitié aussi, que cela parvient à faire parfois oublier combien elle est cruelle, pour celles et ceux qui ont à la vivre. Mais surtout, comme l'a souligné Ron tout à l'heure, cet amour et cette amitié que nous éprouvons les uns pour les autres, nous permettent de traverser les terribles épreuves qui nous sont infligées… » répond Nally, en passant son bras sous celui de Sirius et l'invitant à se lever…

La nuit est presque tombée maintenant et nous repartons vers le village, sous le coucher des Soleils jumeaux…

OoOoOoO

Acte 5 : Cadeau d'Anniversaire

Chez Nally

Harry

J'ai envoyé Dobby dire à Papa qu'Hedwige est rentrée, avec la lettre qu'elle n'a pas pu délivrer. Et ce soir, il va revenir ici avec Luna…

Elle ne sera pas toute seule bien sûr. Neville l'accompagnera et peut-être mes frères et Ginny. Papa va vouloir qu'elle ait aussi leur soutien et je les attends. Attristé. Le cœur lourd de devoir annoncer cette mauvaise nouvelle à Luna. Mon amie ne mérite pas cela, elle qui a déjà perdu sa Maman alors qu'elle était si jeune encore…

J'entends des pas sous la galerie et je me lève. Anxieux. Papa entre le premier, suivi de Luna, que Nev tient par la main. J'avais raison de penser que mes frères et Ginny seraient là aussi.

Je m'avance vers Luna et mon regard doit parler pour moi, car elle devine aussitôt qu'Hedwige est rentrée, avec la lettre. J'acquiesce à sa question et mon amie, pâle, terriblement défaite, lâche la main de Neville pour m'enlacer, posant sa tête sur mon épaule…

« Mon Papa est mort … » dit-elle, de sa voix qui chante avec tristesse …

Elle pleure dans mon cou et je la serre contre moi.

« Je suis terriblement désolé, Luna. » murmure-je, la gorge nouée…

Car elle a raison. Si son père avait encore été en vie, Hedwige l'aurait trouvé où qu'il soit et je ne doute pas un instant qu'elle a fait demi-tour pour rentrer, à l'instant même, où le père de Luna est mort…

Luna se détache de moi et essuie ses larmes, avant de prendre ma main, puis celle de Nev…

Mes frères, Ginny, Papa, Hermione et Charly, se joignent à nous et nous chantons le Chant des Morts. Puis tout le monde présente ses condoléances à Luna et l'assure de toute son amitié, lui offre son soutien à tout moment où elle en aura besoin…

Luna remercie chacun d'entre nous, nous serrant sur son cœur, puis elle demande que nous nous assoyions avec elle sur les fauteuils. Nev et Ginny se pressent contre elle, sur le sofa. Nev passe un bras protecteur sur ses épaules et Ginny lui prend la main, tandis que Papa nous sert un thé. Nous le buvons en silence, chacun profondément affecté par le chagrin de notre si douce Luna, qui pleure silencieusement.

Puis elle se détache de Nev et Ginny, se penchant vers le sac qu'elle a laissé tomber à ses pieds. Elle en sort un gros paquet enveloppé de papier cadeau. Elle le pose sur la table, son regard fixé dessus durant quelques secondes…

« Dans sa dernière lettre, mon Papa m'a dit qu'il partait en voyage pour trois mois et qu'il ne serait donc pas là, pour m'envoyer mon cadeau d'anniversaire. Alors il me l'a fait parvenir en avance, me disant de l'ouvrir le 05 juin. Mais il n'est plus là, maintenant. Il est parti rejoindre ma Maman et je voudrais savoir ce qu'il a voulu m'offrir. » explique-t-elle, avant de lever ses yeux vers Neville pour demander : « Crois-tu que je puisse l'ouvrir maintenant ? »

« Oui, ma Luna. Je suis sûr que ton père ne t'en voudra pas de l'avoir ouvert en avance. Il va comprendre ton désir… » répond Nev avec douceur, en pressant sa main sur son épaule…

Luna penche la tête et hésite, réfléchissant encore un peu, avant d'avancer une main tremblante vers le paquet. Elle défait le ruban avec soin, avant de déplier le papier, qui couvre une boite en carton blanc un peu cabossée. Il y a une lettre sur la boite. Luna la prend et déplie le Parchemin.

Des larmes coulent sur ses joues, quand elle le lit. Puis elle pose la lettre à côté de la boite, avant d'ôter le couvercle, révélant cette fois un joli coffret ouvragé, incrusté d'un cercle de toutes petites pierres précieuses, qui abrite un symbole d'or…

Et une sensation bizarre se produit dans mon ventre, tandis qu'un petit courant d'air vient balayer mon front. Tout le monde sursaute et Luna qui s'apprêtait à ouvrir le coffret, suspend son geste, relevant ses grands yeux interrogateurs pour balayer les alentours…

L'air vibre autour de nous. Il frissonne.

Charly, se lève brusquement de son fauteuil, l'œil aux aguets…

« Tu ne devrais peut-être pas ouvrir ce coffret, Luna… » dit-il, dans un souffle doux

Luna retire sa main, fixant de nouveau le coffret, tête penchée…

« Papa ne m'aurait pas envoyé quelque chose de dangereux…» déclare-t-elle soudainement, en levant son regard sur Papa…

Tout comme Charly, il s'est levé. Ses yeux sont rivés sur le coffret. Il semble ne pas croire ce qu'il voit…

« Le Livre des Origines… » souffle-t-il soudainement, sortant de sa torpeur et se rendant auprès de Luna.

Il s'agenouille sur le sol, le regard maintenant fixé sur mon amie.

« Tu as raison, ce n'est pas dangereux et tu peux l'ouvrir, Luna… » murmure-t-il, en l'encourageant d'un signe de tête…

Et Luna acquiesce, tendant la main vers le coffret, pour en soulever le couvercle, tandis que le petit courant d'air tournoie dans l'air environnant et que cette petite sensation se produit de nouveau dans mon ventre…

« Le Volumen ! » s'exclame Hermione, en se levant d'un bond, aussitôt le coffret grand ouvert…

« Oui, c'est bien un Volumen. Mais c'est surtout le Livre des Origines, qui a été volé dans le Temple Sacré des Elfes, il y a un peu plus de 3000 ans du Temps de Celtycie. Mon père l'a cherché durant des années et des années. Comme son père l'avait été avant lui, il était l'un des Roherdirons, c'est-à-dire une des Sentinelles du Temple Sacré des Elfes en Celtycie et s'était juré de retrouver ce Volumen. Après avoir cherché partout en Celtycie, espionnant durant de longues années celui qu'il soupçonnait, il a été persuadé que le voleur avait caché le Volumen, dans notre Monde. C'est pourquoi il est venu ici. Et c'est ainsi qu'il a fait connaissance de ma mère au cours de son périple. Même après son mariage et bien qu'ayant donc transmis sa charge à un autre puisqu'il avait abandonné son Elfitude, mon père a poursuivi sa tâche, jusqu'à sa mort, cherchant partout où il pouvait. » explique Papa, le regard nostalgique…

« Que raconte ce Volumen ? Et comment a-t-il pu être volé, par qui ? » demande Hermione, visiblement très tentée de prendre le Volumen en main…

« Autrefois, le Temple sacré était ouvert à tous les Elfes, mais le Livre des Origines ne devait pas être consulté, sauf par la Grande Dame de Lumière et les Roherdirons. Les Elfes étant respectueux par nature du bien d'autrui et des règles établies, le Temple étant en principe inaccessible aux Humains, le Volumen n'a pas été protégé. Cependant, depuis le vol, les Roherdirons montent désormais la garde sur la ligne de crête qui surplombe le Temple… » révèle Papa, avant d'expliquer en quelques mots ce qu'est censé contenir le Volumen

Et des sueurs froides me dégoulinent soudainement dans le dos…

« Bien que ce soit assez différent de ce que raconte la version Grecque, il n'y a pas intérêt que ce Volumen tombe entre les mains de Voldemort… » déclare Draco, les sourcils froncés…

« Même le meilleur des Traducteurs n'aurait pu le décrypter pour Voldemort. Il est écrit en Elfique et il ne reste aucune trace de cette écriture dans notre Monde… » déclare Papa, avant de refermer le coffret, puis de regarder Luna et d'ajouter : « Je suis désolé, mais tu ne peux garder ce cadeau, Luna. Il va falloir restituer le Volumen à Nally, afin qu'elle aille le replacer dans le Temple en Celtycie… »

Luna acquiesce et je me sens de nouveau très triste pour elle. Il s'agissait du dernier cadeau de son père et elle ne peut le garder…

« Papa m'a fait cadeau de quelque chose de plus important que le Volumen. C'est sa lettre, son véritable présent. Alors il ne faut pas être désolé. » répond cependant Luna, en serrant sur son cœur, la lettre qu'elle a reprise en main.

Papa lui presse alors l'épaule, puis il l'embrasse sur la joue…

« Que va-t-on faire du coffret, en attendant le retour de Tatie ? » demande Théo, en fronçant les sourcils…

« Je propose que nous allions le mettre à l'abri, dans le Temple des Elfes de Maison… » répond Papa, en se levant.

Nous approuvons tous son idée, bien sûr. Le Volumen ne peut se trouver nulle part ailleurs en parfaite et meilleure sécurité. Et Dobby nous accompagne, Luna tenant précieusement le coffret dans ses mains.

Elle le dépose comme une offrande sur l'autel et soudainement la paroi sombre derrière, s'illumine d'arabesques argentées. Et une lumière éclatante vient frapper Luna en pleine poitrine, la soulevant de quelques centimètres du sol, avant de la reposer en douceur…

« Luna ? » demande Neville, en se précipitant vers elle…

« Tout va bien, mon Neville. La Magie m'a remercié et m'a offert un autre cadeau… » répond Luna, avec un doux sourire…

Nous sommes tous tendus vers elle, dans l'attente de la suite. Mais Luna ne précise rien du cadeau qu'elle vient de recevoir. Elle prend simplement la main de Neville et se dirige vers la sortie du Temple…

Et nous nous résignons à la suivre, sans poser de question…

La réponse viendra en son temps, lorsque Luna décidera que c'est le bon moment pour nous révéler ce qu'elle vient de recevoir….

OoOoOoO

Acte 6 : Veillée

En Celtycie

Ron

L'allée centrale du village est très populeuse, lorsque nous revenons au village. Tout le monde semble se diriger vers le même endroit…

« C'est l'heure de la veillée. Habituellement, il n'y a que les enfants, quelques adultes et personnes âgées qui s'y rendent, afin d'écouter le Conteur. Mais aujourd'hui, tout le monde va vouloir entendre vos histoires… » déclare Sirius, en suivant la foule…

« Ce ne sont pas des histoires pour les gosses, que nous avons à raconter… » fais-je remarquer, en fronçant les sourcils…

« Pour les gosses, tu n'as qu'à parler de Poudlard et de Quidditch. Une ou deux histoires suffiront, avant qu'ils s'endorment. Etant donné les circonstances, les parents vont veiller à ce qu'ils le fassent très vite…» répond Sirius, sur un haussement d'épaule…

« Dommage que je ne puisse faire de Magie. Je leur aurais plutôt raconté une histoire comme à nos veillées… » soupire-je, pensant aux regards émerveillés de Jonas…

« Cela peut s'arranger. Je ne suis pas trop mauvaise, en Illusion en trois D… » déclare aussitôt Nally, en effectuant un clin d'œil dans ma direction…

Excellente idée. Et je me mets rapidement d'accord avec elle, sur l'histoire que nous raconterons.

Ça se passera à Poudlard, bien sûr. Je vais mêler les anecdotes les plus drôles, en passant sur les détails qui n'ont pas lieu d'être pour les enfants. Harry, Hermione et moi-même en seront les héros, bien sûr…

Il y aura une arrivée à Poudlard, dans la vieille voiture volante de mon père. Hermione n'était pas avec Harry et moi, mais peu importe, nous l'inclurons. Puis nous parlerons du premier match de Quidditch de Harry, quand il a failli avaler le vif d'or. Ma fameuse partie d'échec, dans le ventre de Poudlard. Les Fantômes seront évoqués, les tableaux parlants, la Cabane Hurlante et le Saule Cogneur, dans une aventure rocambolesque qui va mêler le réel et l'imaginaire…

Je regrette bien sûr, que nous n'ayons pas eu le temps de préparer notre scénario, mais nous ferons de notre mieux…

Comme il fait bon, la veillée a lieu en plein air, dans une plaine. Tout le monde est assis sur des couvertures et des coussins. Gaspard nous fait signe de le rejoindre sur une petite estrade et tout le monde se tourne vers nous, pour nous suivre du regard.

Je m'appuie toujours sur Aldaron et Olórin et ça m'enquiquine un peu. J'aurais préféré avoir des béquilles et je regrette de n'avoir pas eu cette idée plus tôt. Nally m'en aurait sûrement fournies. Mais d'un autre côté, je me dis aussi que ce n'est pas si mal, que ces hommes et ces femmes voient des Elfes aider un Humain…

Et il me vient soudainement l'idée, que Nally a peut-être pensé aux béquilles et rejeté cette solution, justement dans ce but. Ce serait bien d'elle…

Gaspard nous présente, avant de nous inviter à nous asseoir sur des chaises et à conter notre histoire. Nally prévient que la première est destinée aux enfants et que le reste viendra après, puis je commence à raconter ce que nous avons prévu, tandis qu'elle effectue les Illusions et finalement, même si notre histoire n'est pas très au point, elle rencontre un joli succès quand même…

Et Sirius avait raison. Les plus petits s'endorment dès que les derniers applaudissements s'éteignent…

Alors Gaspard nous demande de raconter notre véritable histoire, insistant pour qu'elle débute, avec l'avènement du Mage Noir que nous combattons dans notre Monde..

Nally évoque donc brièvement la montée en puissance de Voldemort, dans les années soixante-dix, la prophétie et sa disparition durant douze ans, son retour puis les évènements qui ont suivi, conduisant Sirius à passer la Porte de l'Antre de Kogriah. Puis elle enchaine rapidement, avec Halloween, notre préparation intensive, qui a posé les bases d'une nouvelle organisation de l'Ordre du Phénix.

J'interviens peu dans l'histoire, seulement pour apporter une précision de temps en temps ou répondre à une question qui m'est directement posée. J'observe surtout Sirius, lorsque nous parlons de Harry, de sa captivité à Priest Hole Manor et comment nous sommes parvenus à communiquer avec lui et le nourrir de notre énergie Magique. Mais également comment il a pu s'évader de là-bas, avec Jérémy…

Et tous ses terribles cauchemars, qui ont failli coûter sa raison…

Et puis il y a Dublin, Pré Au Lard et la captivité de Draco, son sauvetage, l'Attaque au Terrier qui a été rondement contrée, puis celle à Poudlard par les Ânes Bâtés, la Suède et enfin, la dernière nuit et notre Combat au Ministère, pendant que d'autres se battaient sur le Chemin de Traverse ou à Godric's Hollow…

Sirius écoute notre récit édulcoré de nombreux détails, son regard se perdant parfois dans le vague durant quelques minutes, avant de revenir se fixer dans le présent. De nombreuses émotions se succèdent sur son visage et lorsque Nally narre notre arrivée dans l'Antre de Kogriah, il s'éclipse…

« Vous ne savez donc pas comment se sont terminées les autres Batailles dans votre monde ! » fait remarquer une voix, quelque part dans la foule…

« Non. Mais je suis certaine que les nôtres ont remporté la victoire sur les deux autres fronts également, car c'était très bien engagé dans ce sens, lorsque nous avons été projetés dans l'Antre de Kogriah… » répond Nally, avec un sourire confiant

« Vos Batailles sont vraiment terribles et votre guerre beaucoup plus intense que la nôtre déjà. Et c'est quoi, des Détraqueurs ? » intervient quelqu'un d'autre…

Je n'écoute pas la réponse de Nally. Je suis Sirius du regard. Il marche lentement vers le village, mains dans les poches. Il doit se passer en boucle les moments que nous venons d'évoquer. Je gage qu'il pense particulièrement à Harry. Aux terribles souffrances qu'il a subies, aux responsabilités qui lui incombent.

Je me demande si je dois aller le rejoindre, pour parler plus longuement de tout cela avec lui. Ou au contraire si je dois le laisser réfléchir dans son coin. Et je décide finalement que le mieux est de le laisser seul pour l'instant. Il viendra nous voir, Nally et moi-même, pour en reparler quand il se sentira prêt à le faire, à avoir des détails plus précis…

Nally a bien entamé le récit de notre périple, quand je fixe de nouveau mon attention sur elle. Et je sens soudainement le poids de nombreux regards sur moi…

Ah… Elle évoque mon Combat contre les Trolls de Delweth, histoire de bien enfoncer le clou sur mes mérites et de justifier pleinement le nom qui m'a été attribué par les Pytimouss…

Elle passe ensuite assez rapidement, sur les autres embûches que nous avons rencontrées en chemin. Quelques questions sont encore posées, après cela. Par des jeunes principalement, qui me demandent comment je peux déjà être aussi aguerri au Combat, alors que je ne suis pas beaucoup plus âgé qu'eux, voire du même âge.

Certains ont l'air de m'envier. Alors je leur raconte brièvement mes Entrainements, insistant sur le côté pénible et précisant que c'est loin d'être une partie de plaisir, que d'avoir à se battre et faire la guerre. La douleur de perdre un membre de sa famille et des amis qui sont chers à notre cœur, la souffrance des blessures. Et je leur dis aussi, que je les envie beaucoup, d'être relativement épargnés pour l'heure, que j'aurais aimé, qu'il n'y ait pas la guerre et avoir le temps de grandir, comme un adolescent normal…

Et je reçois des hochements de têtes, de parents qui me remercient de répondre ainsi…

Enfin, Gaspard annonce qu'il est vraiment tard maintenant et que c'est la fin de la veillée. Quelques jeunes rechignent, mais ils suivent leurs parents et finalement, la plaine se vide assez rapidement…

« C'est une organisation comme la vôtre, qu'il nous faudrait. De vos Entraînements aussi… » déclare Gaspard, en descendant de l'estrade, se tournant vers nous lorsqu'il est en bas, pour ajouter, en regardant Aldaron et Olórin : « D'apprendre à nous battre ensemble, avec les Elfes… »

« Cela se fera, lorsque notre Alliance sera conclue… » répond Aldaron, le visage impassible…

Gaspard hoche la tête et nous partons vers le village, en silence. Je ne vois nulle trace de Sirius dans les rues, où quelques groupes discutent encore. Ils nous regardent passer. Mais la curiosité a laissé place à autre chose, maintenant. Il y a du respect et de la cordialité. On nous salue. On nous sourit…

Bon, pas encore beaucoup à Aldaron et Olórin. Mais je peux affirmer sans hésiter, que les regards sur eux sont plus chaleureux quand même.

Nous sommes très bien reçus, chez Gaspard. Et je dois avouer que la perspective de dormir dans un lit, me fait rêver d'avance. Nous n'avons usé de la tente et donc d'un lit, qu'une seule fois durant notre périple et cela me semble porter loin déjà…

Ma nuit est excellente et je me lève en belle forme le matin, heureux de pouvoir m'appuyer sur ma jambe. Nous commençons notre journée, par les obsèques du père de Luna et elle se poursuit, avec Gaspard, Nally, Aldaron et Olórin, auxquels le Chef du village de Rebelles fait un compte rendu très détaillé de la situation et de son organisation…

Gaspard me pose encore pas mal de questions. Je me rends compte au bout d'un temps, qu'il désapprouve totalement que des jeunes apprennent à se battre dans notre Monde. Et plus encore, que des femmes le fassent aussi et participent aux Combats. Et tous les hommes que je rencontre sont comme lui : sympathiques, protecteurs avec les leurs, mais avec une mentalité quelque peu arriérée concernant la gente féminine…

La journée passe très vite. Mais je n'ai guère l'occasion de voir Sirius, qui de toute évidence, nous évite. Cela me chagrine bien sûr. Car cela n'augure rien de bon pour l'avenir. Je me demande même s'il va vouloir revenir avec nous en fin de compte. Et j'en passe cette fois une très mauvaise nuit, agitée sur un demi-sommeil, soucieux de la peine que cela ferait à Harry…

Et finalement, il est encore bien tôt, les Soleils se levant à peine, lorsque je décide d'aller prendre une douche sous la cascade.

Je m'habille vite fait, m'harnachant de mes armes par habitude et je sors de la chambre que je partage avec Aldaron et Olórin, une serviette sur l'épaule et un flacon de ce savon liquide à la main, que Gaspard a mis à disposition hier matin. Il n'y a personne dans la salle à manger que je traverse rapidement. J'ai seulement la surprise de voir Sirius qui attend, appuyé contre une des colonnes du petit porche du chalet, lorsque j'ouvre la porte.

Lui non plus ne se sépare pas de ses armes apparemment, car il porte une épée au côté gauche, un couteau à la ceinture et un autre glissé dans sa botte droite, exactement comme lorsqu'il est revenu de Mission…

« Je t'attendais… » dit-il, sur un sourire, en se redressant…

Je lui serre la main pour lui dire bonjour et nous partons vers la cascade, dans les rues désertes et tranquilles. Je ne dis rien, je laisse venir. Sirius me parlera quand il jugera le moment opportun…

Il prend une douche avec moi sous la cascade. Toujours silencieux. Jusqu'au moment où nous revenons vers la berge…

« J'ai à te parler, Ron… » déclare-t-il, en se penchant pour prendre sa serviette.

Il la noue autour de sa taille et s'assoit au bord de l'eau. Alors j'en fais autant…

« Je dois t'avouer, que je ne comprenais pas ta relation avec Harry et que je ne me sentais pas prêt à l'accepter, quand tu m'en as parlé. Mais j'y ai longuement réfléchi depuis avant-hier soir et je suis heureux maintenant, que votre amour soit aussi fort. Cela lui a sauvé la vie… » révèle Sirius en regardant de l'autre côté de la rivière, tournant ensuite son visage vers moi, pour ajouter : « Ce matin, cela ne me choque plus du tout, de vous imaginer ensemble et je vois tout cela d'un œil vraiment différent. Tu as raison, Ron. Garçon ou fille cela n'a pas d'importance. Ce qui compte, c'est l'amour que vous éprouvez l'un pour l'autre… »

Je souris, me sentant ému aux tripes. Infiniment soulagé aussi. Harry n'aura pas à se sentir malheureux. Je tends la main à Sirius. Mais il ne la prend pas. A la place, il me donne une profonde accolade…

« Je suis heureux qu'il en soit ainsi, Sirius. Car je crois que Harry, aurait préféré que tu sois mort en fin de compte, plutôt que d'avoir à affronter un regard désapprobateur de ta part. Ça l'aurait fait moins souffrir. Et pourtant, Merlin sait combien il tient beaucoup à toi et qu'il a plus souffert lorsqu'il a cru t'avoir perdu, que s'il avait reçu quelques dizaines de Doloris… » déclare-je, en le regardant droit dans les yeux…

« Je comprends. Et cela aurait fait de moi un bien piètre Parrain. Déjà que je suis passé à côté de tout avec lui. … » répond Sirius, soupirant avant d'ajouter : « Après avoir entendu tout ce que vous avez raconté, je regrette profondément de n'avoir pas été à ses côtés… à vos côtés à tous, durant tout ce temps. »

« Tu as eu ton lot de malheurs, Sirius. Et de souffrances aussi. Et nous non plus, nous n'étions pas là, pour te soutenir dans toutes ces épreuves…. » fais-je remarquer, en ramassant une petite poignée de cailloux, que je me mets à jeter machinalement dans la rivière, un à un…

Sirius sourit. Et il hoche négativement la tête…

« C'est vrai qu'il y a eu des moments sacrément pénibles, bien sûr, mais j'ai aussi vécu des moments très plaisants et maintenant que j'ai entendu tout ce que vous avez traversé en si peu de temps, j'ai presque l'impression d'avoir fait un voyage d'agrément et d'avoir été en villégiature depuis que je suis arrivé ici. … » dit-il, avant d'émettre un petit rire…

« Il faudra que tu nous racontes ça en détails.. » souris-je, en jetant mon dernier caillou…

« Pas tout non… Je garderai quelques détails intimes, si tu le permets… » réfute Sirius, sur un clin d'œil…

Je grimace aussi sec…

« Je permets. Car franchement, les détails croustillants de ta vie sexuelle ne m'intéressent absolument pas. Et je t'épargnerai en retour les détails de la mienne… » réponds-je, tandis qu'il éclate franchement de rire cette fois…

Nous restons ensuite silencieux durant quelques secondes, goutant la chaleur des Soleils sur nos visages...

« Quelle est l'exacte nature des relations de Harry, avec Snape maintenant… » demande soudainement Sirius, en se tournant vers moi…

« James et Lily sont très chers à son cœur et ils resteront toujours pour lui ses parents, mais au retour de Priest Hole Manor, Harry a adopté Nally et Severus comme parents de substitution. Et autant que tu le saches tout de suite, il les appelle Papa et Maman… » révèle-je avec douceur…

Sirius se prend un coup terrible au cœur, c'est plus qu'évident. Et il reste de nouveau silencieux durant quelques minutes, pour encaisser et réfléchir à ce que je viens de lui apprendre…

« Je crois que je peux comprendre ça. Ce que vous avez partagé, les Communions Magiques et tout ça, ça doit sacrément rapprocher et nouer des liens archi solides… » soupire-t-il finalement, marquant une brève hésitation, avant de demander : « Et comment est le vrai Snape ? »

« Il vaut vraiment la peine d'être connu. Et je te conseille de jeter tes vieux souvenirs aux oubliettes, parce qu'il n'a rien à voir à ce que tu as connu de lui. Severus est non seulement très intelligent et rusé, mais il est également très courageux. Et c'est un type très chic, très drôle aussi. Il fait un duo incroyable avec Croquemitaine, son jeune Labrador, depuis qu'il a dû faire croire à sa mort et révéler sa véritable apparence, pour faire son retour sous le nom de Gauthier Sylvestre… » réponds-je, expliquant ensuite, en réponse à son sourcil arqué, ce qui a motivé la mise en scène de la mort de Severus…

Sirius sourit, lorsque je raconte son arrivée en fanfare à Poudlard, que j'évoque quelques-unes de ses répliques, le lendemain, avec Bill qui avait endossé son rôle en tant que Snape la Chauve-Souris des Cachots…

« Remus a fait copain-copain avec lui, je suppose… » déclare-t-il ensuite, le regard tourné vers le ciel…

« Oui. Ils sont même très bons amis. Et franchement, si tu fais la paix avec Severus, vous devriez faire un excellent trio de potes tous les trois… » souris-je, ajoutant sur une idée soudaine : « Et je suis certain que Severus te permettra de rendre une petite visite à Pettigrew, qui tremble et dépérit lentement mais sûrement dans son vivarium… »

Eh bien sûr, là aussi je lui dois une explication…

« Saleté de rat… C'est bien fait pour sa pomme ça… Et j'espère que le Taïpan finira par le croquer, tiens… » réagit Sirius, en jetant à son tour des cailloux dans l'eau…

Une pleine poignée, un peu rageuse…

Et finalement, comme mon estomac crie famine, nous nous habillons et nous repartons vers le village.

Je dois cependant remettre mon petit déjeuner à plus tard, car une sentinelle arrive en courant chez Gaspard…

OoOoOoO

... Votre avis m'intéresse vivement ...

...

..

.

V