Disclaimer : cf chapitre 1
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Grand merci à Mistycal !
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Réponses aux commentaires anonymes sur mon forum : - Lion -
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Alliance 3 / 4
Acte 7 : Départ Précipité
En Celtycie
Ron
Sirius et moi-même accélérons le pas, pour arriver chez Gaspard peu après la Sentinelle. Et bien sûr je peste de ne pouvoir courir à cause de cette fichue blessure que m'a infligé le Dévoreur de Magie avant-hier…
« … et ils sont plusieurs dizaines, d'après Belinus… » déclare la Sentinelle essoufflée, lorsque nous entrons chez Gaspard…
« Plusieurs dizaines de quoi ? » demande-je, espérant de tout mon cœur, qu'il ne s'agit pas de Dévoreurs…
« Des Elfes armés jusqu'aux dents. Nos poursuivants seront bientôt aux Portes du Village, Ron. » répond Nally, lèvres pincées…
« Ils nous ont déjà rattrapés ? Comment est-ce possible ? Et pourquoi plusieurs dizaines ? Sommes-nous si redoutables ? » réagis-je avec surprise…
D'après notre estimation, nous devions avoir encore au moins deux ou trois jours d'avance, grâce aux bonds dans l'espace que Nally nous a faits faire et l'avance que nous ont également offerte les Dragons. Et l'amie d'Aldaron ne nous a pas signalé que nos poursuivants étaient en si grand nombre…
« Oui, nous sommes très redoutables à leurs yeux. A juste titre. Et te concernant, plus encore qu'ils ne l'imaginent assurément. Ceci dit, apparemment, Voronwë, le Seigneur desTalaths Mallen, ou Plaines d'Or si tu préfères, a mis des chevaux à leur disposition et probablement s'est-il joint à l'expédition avec une partie de ses sujets, dans le but de se distraire. Peu importe. Ils ne sont plus qu'à trois ou quatre heures d'ici, au mieux. Alors mets ton armure Ron et donnes-en une à Sirius également… » répond Nally, en bouclant déjà la ceinture de son harnachement.
Aldaron et Olórin, sont à ses côtés, visages impassibles en apparence. Mais je commence à bien les connaitre et je détecte un imperceptible signe de contrariété chez Aldaron.
« Que proposes-tu, Nally ? » demande Gaspard, poings sur les hanches et sourcils froncés…
« Nous n'avons pas le choix, Aldaron et moi-même, nous devons nous montrer ou bien ces fichus moutons de Panurge sans cervelle, mettrons bas les Protections du Village, pour forcer le passage dans l'espoir de nous capturer et nous amener de gré ou de force devant Anda Atar, comme ils en ont reçu l'ordre… » répond Nally, l'air éminemment contrariée quant à elle…
« Peu d'entre nous vont pouvoir sortir pour vous protéger, Nyween. Presque tous les hommes dépourvus de Magie sont partis en Mission ce matin. Il ne reste que ceux qui sont revenus avec Sirius avant-hier soir… » déclare Gaspard, visiblement ennuyé…
« Je sais. Mais de toute façon, je ne veux pas que tes hommes prennent le moindre risque, dans cette affaire-là, Gaspard. Nous emmenons juste Sirius pour le ramener à la maison. » répond Nally, avant de se tourner vers Olórin pour ajouter : « Dès notre sortie, tu iras prévenir les Roherdirons, Olórin. Nous pourrions avoir besoin d'eux. Tu sais où nous partons ensuite alors si tu peux nous rejoindre, fais-le, sinon retourne au Royaume Sylvain…»
Olórin adopte aussitôt son expression typiquement Elfique, tandis qu'Aldaron fixe Nally d'un air nettement réprobateur…
« As-tu réellement l'intention de mener la guerre contre les nôtres ? » demande-t-il, avec raideur, tandis que je m'équipe déjà de mon armure en peau de Foërlick et que Sirius en fait autant avec celle que je viens de lui fournir…
« Non. Je veux juste leur rappeler qui je suis et qu'ils y réfléchissent à deux fois, avant de tenter quoi que ce soit contre nous. Les Roherdirons protègerons notre fuite, s'il s'avère que nous soyons obligés d'en arriver à ficher le camp en vitesse. De ton côté, Aldaron, prépare-toi à avoir quelques petits problèmes de transit. Car je n'ai pas l'intention de ménager tes délicats intestins... » lui répond Nally, avec fermeté, avant de s'adresser à Sirius : « Si tu as des effets à prendre, fais le rapidement et rejoins nous à la Porte Sud… »
« J'ai tout ce que je possède sur moi et c'est bien plus que ce que j'avais en arrivant ici… » déclare Sirius, en écartant les bras…
« Tiens, prends ça en plus, mon ami. Tu pourrais en avoir besoin. Où que vous alliez, vous risquez de faire des tas de mauvaises rencontres… » intervient cependant Gaspard, en lui tendant une seconde épée dans son fourreau et un arc…
Sirius hésite un quart de poil, mais Gaspard lui fourre les armes dans les mains, avant de nous précéder vers la sortie. Nous nous dirigeons aussitôt vers la Porte Sud, marchant à grands pas rapides.
J'espère que je n'aurais pas à trop courir aujourd'hui, car je sens déjà ma toute récente cicatrice tirailler sur ma cuisse…
« Nous allons te regretter, Sirius. Beaucoup seront déçus de n'avoir pas pu te faire leurs adieux. Et quelques dames seront particulièrement attristées… » déclare Gaspard, avant de renvoyer d'un geste quelques gamins qui venaient vers nous, de joyeux bonjour à la bouche…
Les gosses, obéissant à Gaspard, s'arrêtent net, l'air soudainement anxieux. Ils ont dû maintenant percevoir la tension qui règne dans notre groupe. Deux ou trois femmes viennent aussitôt les rejoindre, posant leurs mains sur leurs épaules. Et dans leurs yeux, je lis la même profonde anxiété…
« Tu n'auras qu'à présenter mes amitiés pour moi à tout le monde et dire que je reviendrai vous voir si on m'en donne l'occasion. Quant aux dames, j'en connais quelques-uns qui seront heureux de les consoler… » répond Sirius, sur un clin d'œil à son ami qui éclate de rire et acquiesce du chef…
Nous atteignons très vite la Porte Sud, mais avant de nous ouvrir, Gaspard se tourne vers Aldaron…
« Nous n'avons pas eu le temps de signer l'Alliance, mais je considère que c'est chose faite. Je vous ai dit ce que j'avais à vous dire, sur nos forces et nos points de rassemblements. Mais venez ici quand vous le désirez, avec vos alliés, si vous jugez nécessaire de poser d'autres questions. Vous serez les bienvenus…. » déclare-t-il, avant de tendre sa main à Aldaron…
Aldaron la serre, en inclinant la tête avec respect…
« Je viendrai très bientôt avec les Elfes de mon Royaume au moins et nous combattrons ensemble. » déclare-t-il ensuite avant d'incliner une seconde fois la tête.
Gaspard hoche la sienne en retour et il nous ouvre la porte sur la forêt…
Olórin part aussitôt en courant à très vive allure, vers le Nord Est, coupant à travers les fourrés tandis que nous nous engageons sur le sentier, en marchant vivement et Aldaron partant en éclaireur au pas de course …
« Tu crois vraiment qu'Olórin va pouvoir nous ramener les Roherdirons à temps ? » demande-je, assez dubitatif…
« Olórin sait comment les joindre très rapidement et les Roherdirons trouveront notre position où que nous soyons. Il faut juste que notre ami se rende dans un lieu idéal pour les contacter. Sur une hauteur dégagée… » répond Nally, l'oreille tendue et l'œil balayant les alentours, avant de se tourner vers moi pour préciser : « Il va transmettre un message par code, en usant des éclats des rayons solaires sur un Miroir. C'est de la même façon que les Sentinelles Rebelles communiquent entre elles. Avec un autre code bien sûr… »
« Et comment les Roherdirons feront pour nous rejoindre ? » demande-je avec curiosité
« Ils peuvent se déplacer très vite, grâce aux Phterydrons … » répond Nally, avant de m'expliquer de quoi il s'agit…
Ce sont des Chevaux Ailés Magiques, qu'ils font surgir de la lumière des Soleils ou des Lunes. Les Roherdirons sont seuls à savoir les produire et les monter. Selon Nally, ils ne le font qu'en cas d'urgence…
« Et tu penses qu'ils jugeront notre situation urgente ? » questionne Sirius, sur un haussement de sourcil…
« Oui. Ils savent que je ne les appelle que lorsque c'est absolument nécessaire… » répond Nally, sur un sourire rassurant…
Puis nous poursuivons notre marche rapide en silence, écoutant la forêt tout aussi silencieuse que nous. Cependant, au bout d'une demi-heure, je commence à percevoir vaguement des bruits de sabots qui se rapprochent au galop dans le lointain. Il me semble même sentir la terre vibrer sous nos pieds…
« Ils ont forcé l'allure. Ils ont dû apprendre d'une façon ou d'une autre que nous n'étions plus très loin d'eux… » murmure Nally, au bout de quelques secondes…
« Que fait-on ? » demande-je, en regardant autour de moi…
L'endroit n'est pas très propice pour une esquive. Nous ne pourrons pas courir à travers les fourrés en nous tenant côté à côte, pour effectuer un bond dans l'espace…
« Il faut qu'ils nous voient de toute façon. Et qu'ils repèrent la direction que nous prenons. Je ne veux pas qu'ils aillent jusqu'au Village pour demander quelles sont nos intentions… » répond Nally, qui examine également les alentours…
« Fais nous faire tout de suite un bond sur le sentier dans ce cas, pour nous éloigner le plus possible d'ici.… » propose-je, alors qu'Aldaron revient vers nous en courant très vite…
« Anda Atar est à leur tête ! » s'exclame-t-il, lorsqu'il est à portée de voix…
Nally s'arrête de surprise…
Puis son visage se verrouille sur une expression très dure…
« Toi qui a l'œil plus perçant que moi, as-tu repéré une clairière assez grande dans les environs, de préférence dans la direction qui nous intéresse pour la suite de notre voyage ? » demande-t-elle à Aldaron, d'un ton urgent…
« Il y en a une oui, à environ cinq heures de course à pied. Mais cela ne changera rien. Avec leurs chevaux ils pourront nous atteindre en une heure et demie et nous serons toujours dans la forêt… » répond Aldaron, en arquant légèrement un sourcil dubitatif
« Oui et c'est bien ainsi. Nous allons recevoir Anda Atar comme il se doit. Concentre-toi sur cette clairière, Aldaron, je nous emmène là-bas… » décrète Nally, en prenant ma main et celle de son frère.
« Je croyais que tu voulais qu'ils nous voient d'abord… » fais-je remarquer, surpris…
« C'était avant de savoir qu'Anda Atar avait fait lui-même le déplacement. Lui va sentir que nous avons changé de direction et il prendra immédiatement route vers la clairière où nous nous rendons… » répond Nally, en me faisant signe de la tête, de prendre la main de Sirius
Je m'en saisis aussi sec, la tenant fermement. Et Nally nous fait faire un bond dans l'espace, jusqu'à l'orée d'une clairière. Nos pieds sont un peu pris dans des ronces rampantes, hormis ceux de Sirius qui s'est quant à lui carrément vautré dans l'épais buisson épineux et peste comme un bon…
« Désolée, Sirius. » s'excuse Nally, tandis que je songe que la poisse a encore frappé notre ami
Nally le dégage d'un Sortilège et nous invite à entrer dans la clairière….
« Quel est le plan ? » demande-je, en examinant le terrain…
« Aldaron, tu chasses. Ron, tu cueilles les fruits. Sirius tu fais le feu, je monte la tente et je m'occupe des légumes… Nous allons recevoir Anda Atar autour d'un bon repas. Il ne pourra pas refuser l'invitation… » répond Nally, en tendant sa main vers moi…
Je sors aussi sec ma Pochette sans fond, y pêche la tente et la lui confie, avant de partir à la recherche de fruits. Grâce aux Fées, j'en trouve rapidement et j'en cueille quelques kilos que je glisse dans mon petit sac à malice, avant de revenir vers notre campement.
Sirius, qui a fait le feu, mis la bouilloire à chauffer, préparé une marmite et rassemblé pas mal de bois tout à côté, farfouille dans la tente…
« Sais-tu où est rangé le thé ? » demande-t-il, en ouvrant la porte d'un placard du coin cuisine
« Sous ton nez, dans la grande boite en fer… » réponds-je, en ouvrant une autre porte, pour prendre un saladier…
Je sors ensuite mes fruits et j'entreprends de les peler pour en faire une belle salade…
Sirius prépare le plateau à thé et mets la table dans le coin salon, avant de me rejoindre et de me donner un coup de main…
« Ça n'a pas été trop dur, d'apprendre à te débrouiller sans Magie ? » demande-je, en coupant une belle poire en dés…
« L'enfer… Je n'étais pas du tout préparé à ça et avant que je puisse faire un feu ou manger autre chose que des fruits ou du poisson cru, il s'est passé pas mal de temps… » répond Sirius, qui marque une pause, avant d'ajouter : « Mais maintenant je suis habitué. Et je me débrouille plutôt pas mal… Au point que ça va sûrement me faire drôle de récupérer ma Magie… »
« Tu as conservé ta Baguette ? » demande-je encore, en pelant cette fois une pomme…
« Naturellement… » répond Sirius, sur un sourire.
Il laisse son couteau sur la table et sort sa Baguette de sa manche pour me la montrer…
« J'en ai pris soin. Je l'ai nettoyée et briquée chaque semaine. Cela m'aidait à entretenir l'espoir qu'un jour peut-être… » murmure Sirius, avant de remiser sa Baguette dans sa manche et de reprendre son couteau…
« Ouais… J'imagine… Et je suppose que même après être arrivé chez les Rebelles, tu as continué à chercher un moyen de revenir chez nous… » déclare-je, en chassant une mouche importune, d'un geste de la main…
« Oui, bien sûr. Gaspard m'a dit que selon les rumeurs, il y aurait probablement une Porte dans les environs. Enfin, disons à quelques jours de marches plutôt. Et il a assuré qu'une certaine Nyween, pourrait m'aider, lorsqu'elle passerait dans le coin. Il ne savait pas cependant si elle viendrait dans les mois ou les années qui suivaient. Alors j'ai cherché la Porte, partout. Sans la trouver bien entendu. » explique Sirius, qui marque encore une pause, avant d'ajouter : « Quand vous êtes arrivés, je commençais à me dire qu'il faudrait peut-être me faire une raison, penser que je pourrai ne jamais revenir chez nous et que finalement j'étais plutôt bien, chez les Rebelles. Alors pour la première fois, je n'ai pas cherché la Porte au cours de ma dernière Mission… Et voilà qu'à mon retour, vous étiez là, venus pour me ramener chez nous… »
Je le laisse songer un peu à tout ça, avant de le questionner encore…
« Et ça te fais quoi, maintenant, de penser que tu vas rentrer au bercail ? » demande-je, avec douceur…
Immense sourire de sa part, aussi sec…
« Ça me fout un peu la trouille, parce que vous avez tous tellement changé, que je ne vais plus reconnaitre personne c'est sûr ! Mais je ne peux pas être plus heureux ! » s'exclame-t-il, me prenant soudainement dans ses bras pour me donner une bonne accolade amicale
Je lui rends son étreinte, avec la même amitié...
« Merci d'être venu et d'avoir bravé tous ces dangers. D'après ce que j'ai compris, vous pourriez être rentrés à la maison depuis une bonne quinzaine du temps de Celtycie déjà. Vous auriez pu revenir plus tard pour me chercher, mais vous êtes venus, sans vous poser de questions. Et ça… Tu ne peux pas savoir comme ça me fait du bien, là. » déclare ensuite Sirius, son regard ému et posant une main sur son cœur…
« Harry m'aurait arraché la tête, s'il avait su que je t'ai laissé ici une journée de plus que nécessaire. Et Maman l'aurait sûrement aidé à le faire… » souris-je, sur un clin d'œil, tandis qu'il éclate de rire, avant d'ajouter : « Non, sérieusement, je n'ai pas eu à réfléchir, quand Nally m'a fait la démonstration par A+ B que tu étais encore en vie. Je n'aurais pas pu rentrer en te laissant derrière. Tu comptes trop pour Harry, pour Remus aussi. Et j'ai pas mal de sympathie pour toi également… »
« C'est réciproque… » répond Sirius, en me rendant mon sourire…
Et il sifflote en prenant un autre fruit pour le peler, tandis que je me tâte un peu. Dois-je lui dire ou pas, qu'il est passé à proximité de la Porte ?…
Et puis je me décide…
« Tu as bien failli la trouver la Porte, tu sais. Tu n'es pas passé loin, d'elle… » déclare-je, expliquant aussitôt après, ce qu'il s'est passé la première fois que j'ai combattu un Dévoreur…
Sirius en devient blême…
« Je me souviens de ça… Je me suis senti attiré par cette forêt et soudainement il y a eu cette chose monstrueuse qui a surgi de nulle part. J'ai poussé Myfina dans un fourré et j'ai fait face à ce Monstre, mais il m'a balayé d'un coup de queue et a poursuivi sa route vers la forêt… Alors Myfina et moi avons changé de direction… C'était à quelle époque pour toi ? » explique-t-il, tout geste suspendu…
« Mi-Novembre… » réponds-je, en essuyant mes mains dans un torchon…
J'espère qu'il y a un ruisseau ou au moins une source dans les environs, car elles sont poisseuses et nous avons davantage besoin de l'eau de nos outres, pour boire et cuisiner, que pour nous laver…
« Mi-Novembre… Bon sang. Je pourrais être rentré depuis plusieurs mois de notre Temps. Et ça m'aurait raccourci le séjour ici d'au moins moitié, ça… Myfina ne connaissait pas bien le chemin et nous avons traversé une zone d'intemporalité. Et nous sommes tombés aussi sur une embûche. Il a fallu quelque chose comme huit mois, pour que nous atteignions le Village Rebelle... » explique encore Sirius, tandis que Nally entre dans la tente et viens déposer un tas de légumes sur la table du coin cuisine, annonçant que c'est un surplus et que le reste est déjà à cuire dans la marmite…
« Et Myfina, qu'est-elle devenue ? » demande-je ensuite, me souvenant qu'Aldaron nous a raconté que Sirius l'avait séduite, afin qu'elle l'aide à s'évader…
« Elle a finalement épousé un Rebelle et ils sont partis vivre dans un autre Village, un peu plus au Sud où elle a de la famille.. » répond Sirius, qui ajoute sur un clin d'œil : « Mais je crois que son époux souhaitait surtout l'éloigner de mon aimable personne… »
Et il se remet à siffloter, tandis que Nally et moi-même échangeons un coup d'œil rieur…
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Acte 8 : Poil De La Bête
QG de Londres
Ramaya
Je me suis portée volontaire pour remplacer Harry à la Base d'Espionnage aujourd'hui et j'en suis contente, puisque cela m'a permis de passer la journée avec Tarendra, au chômage technique car le Département des Mystères est toujours fermé. Il ne rouvrira ses portes que lorsque Arthur en donnera l'ordre et il n'a pas l'air pressé de le faire…
Mon frère n'a aucune idée de ce que pouvait être l'Arcade par laquelle Nally et Ron sont passés. Il pensait qu'elle menait tout droit dans les bras de la Mort et d'après lui, ses collègues n'en savent pas plus…
Ça ne parle d'ailleurs que de l'Arcade au Ministère depuis hier, d'après Tarendra. Car la rumeur de la soi-disant mort de Ron et Nally a fini par courir, à cause d'un Auror qui ne fait pas partie de l'Ordre du Phénix. Alors en prévision des explications qu'il y aura à donner quand Ron et Nally vont revenir sains et saufs, ce dont je ne doute pas, Arthur a exigé qu'on lui remette tous les dossiers à propos de l'Arcade, affirmant qu'il allait les faire examiner par des experts dont l'œil sera neuf et qui seront peut-être à même de trouver ce qu'elle est vraiment.
Cela ne plait pas beaucoup au Chef du Département. Mais Arthur lui a dit qu'il en avait assez de ces mystères et ces secrets de polichinelles qu'on entourait de tant de solennité et d'entêtement ridicules. Qu'il était plus important d'essayer de sauver la vie de son fils et de Nally si c'était possible, que de préserver ces fichus secrets. Le Langue-de-Plomb l'a alors regardé avec compassion et lui a affirmé qu'étudier ce dossier serait inutile, car les conclusions étaient toutes en faveur d'une Arcade de la Mort.
Bref, il pensait Arthur fou de chagrin de la mort de son fils et s'est mis à lui parler comme s'il était un demeuré.
Alors Arthur s'est insurgé, mettant en cause les conclusions des Langues-de-Plombs, affirmant qu'il ne croirait cela que lorsqu'il aurait lui-même pris connaissance du dossier et aurait fait examiner leurs fameuses conclusions par les experts de sa connaissance, qui pourraient bien être d'un avis différent. Qu'il pouvait tout à fait s'agir d'un Artefact du genre Armoire à Disparaitre ou quelque chose comme ça, qui avait envoyé Nally et Ron dans un piège dont on pourrait sûrement les faire sortir.
Bien sûr, le Chef de Département a été plus compatissant encore, toujours réticent aussi. Alors Arthur s'est un peu énervé et a déclaré qu'il se demandait sérieusement s'il n'allait pas déposer une motion, pour qu'il en soit fini avec tous ces mystères, car après tout, la Communauté était en droit d'être informée sur l'avancée des travaux, effectués par les Langues-de-Plombs, sur le compte de la Trésorerie Générale…
Tarendra ne l'approuve qu'à demi à ce propos. Selon lui, il pourrait être dangereux de mettre quelques-unes des informations à disposition de chacun. Mais il reconnait que d'un autre côté, effectivement la majorité d'entre elles pourraient être révélées sans que cela pose de problème à l'avenir…
Il n'a cependant pas précisé lesquelles, car il est tenu au secret bien sûr. Et puis, dans le fond, il pense sans doute et avec raison, qu'Arthur ne déposera pas cette motion. Qu'il a juste voulu impressionner un peu le Chef de Département, pour obtenir les renseignements sur l'Arcade.
Ceci dit, cela a marché. Le Chef de Département a cédé. Et on verra après le retour de Nally et Ron quelles explications seront données à la Communauté…
Je suis moi-même curieuse de connaitre les vraies explications d'ailleurs, car pour l'heure, tout ce que nous savons, c'est que Ron et Nally sont encore en vie. Rien de plus. Pour le reste, ça reste un mystère. Mais je sais bien que dès le retour de Ron et Nally, nous serons informés par le menu…
Bref… Mieux vaut que je reporte mon attention sur le présent…
Il ne s'est rien passé d'extraordinaire au Manoir depuis ce matin. Lucius est presque parfaitement remis de ses blessures maintenant, il lui reste juste une petite raideur dans l'épaule, d'après ce que nous pouvons voir et il a interrogé les seuls à être revenus de la Bataille dans le Département des Mystères. C'est-à-dire deux clampins d'origine étrangère, qui n'ont rien pu donner comme renseignement probant.
Il a aussi écrit à la fille de la Ministre, lui racontant naturellement des fariboles énormes pour justifier leurs rendez-vous ratés. Il est sacrément culotté ce salaud. Il a rapporté à son Maitre qu'il a osé lui dire qu'il était chez des amis à Stockholm au moment de l'Attaque et il s'est fait passer pour un héros aux yeux de son Espionne malgré elle, affirmant qu'il avait été torturé par des Mangemorts, après avoir sauvé la vie des enfants de ses amis…
Et d'après la réponse qu'il a reçue par retour de courrier, cette gourde boit ses paroles comme du petit lait. Elle ne relève pas les incohérences de son récit, n'a même pas demandé pourquoi son nom d'emprunt n'était pas dans la liste des blessés. En revanche, elle lui a fait part que le Conseil des Ministres aura fort probablement lieu en Angleterre, car sa mère lui a dit qu'elles auraient très bientôt l'occasion de faire du shoping à Londres. Elle est ravie car cela lui donnera la possibilité de passer voir Lucius dans sa garçonnière, pendant que sa mère sera au Conseil et elle lui a promis de lui indiquer la date et l'heure exacte dès qu'elle la connaitra…
Bref, c'est une andouille de premier choix, la fille de la Ministre Suédoise.
Ensuite, comme on le craignait, Lucius a dit à son Maitre que le seul moyen qu'il voyait pour récupérer les Livres enfermés dans le coffre de Draco, c'était d'enlever Narcissa ou Draco et d'utiliser celui des deux qui ne serait pas captif, pour aller chercher les bouquins à Gringotts.
Ce qu'a confirmé l'affreux. Alors on sait maintenant à coup sûr, que Voldemort est en train de mijoter un plan dans ce sens. Et comme il n'est pas certain de l'endroit où se trouve actuellement Narcissa, nous savons également que Draco est sa cible d'enlèvement privilégiée. Il n'en a pas dit davantage, mais nous pensons qu'il mettra soit Latton, soit son petit Espion mystère sur l'affaire…
Ah… Ça bouge sur l'Ecran des grilles du Manoir. A voir, ce doit être un coursier qui apporte un message urgent…
Tarendra et moi-même le suivons des yeux. Il court comme un dératé jusqu'à la porte du bureau, frappe puis entre précipitamment pour s'agenouiller devant l'horrible…
« Monsieur Rabastan vous fait dire qu'il a ce que vous vouliez et qu'il est arrivé au lieu de rendez-vous, Monseigneur… » répond-il à l'interrogation de Voldemort qui le renvoie aussi sec d'où il vient…
Dès que le coursier a refermé la porte derrière lui, l'affreux se tourne vers Lucius qui le regarde d'un air impassible…
« Va rejoindre Rabastan et mène-le à la Bergerie. Ensuite tu iras chercher le Vétomage Suédois dont tu m'as parlé il y a quelques temps. Et à moins qu'il ait lui-même des assistants avec lesquels il a l'habitude de travailler, adjoints lui deux aides fiables. Rabastan et toi-même, fournissez leur tout ce dont ils auront besoin pour travailler dans les meilleures conditions et vous les bouclerez dans la Bergerie, afin qu'il n'y ait aucun risque de fuite. Cette Mission doit être ultra secrète, Lucius. Puis, lorsque ce sera fait, revenez ici. Bien entendu, tu superviseras les travaux au moins deux fois par jour. » déclare l'affreux, l'air satisfait de la bonne nouvelle reçue de Rabastan
« Bien Monseigneur. Voulez-vous que Rabastan vienne vous voir dès notre retour ? » répond Lucius, en se levant déjà de son fauteuil…
« Oui. Je tiens à le féliciter au plus vite pour la diligence dont il a fait preuve et qu'il me fasse immédiatement le compte rendu complet de sa Mission. » approuve l'horrible, qui réfléchit une ou deux secondes, puis arrête Lucius juste avant qu'il ouvre la porte du bureau
Il ne lui demande rien de plus dans l'immédiat cependant. Il se lève lui-même et se met à faire les cent pas dans le bureau, tandis que Lucius l'observe. Enfin il s'arrête et regarde le parc où la neige et les stalactites de glace qui parent les arbres et les quelques statues ou fontaines encore debout, commencent à fondre, comme partout ailleurs, maintenant que les Détraqueurs ont déserté notre ciel, pour se rendre nous ne savons où pour l'heure…
Il semble qu'ils se soient éparpillés dans la nature, pour aller se ressourcer après l'Attaque sur le Chemin de Traverse qui a dû leur coûter beaucoup d'Energie aussi, étant donné le nombre de Patronus qui ont été jetés sur eux…
Et puis ils doivent craindre que le Dragon de Feu ne soit à leur poursuite encore. Or c'est la première fois depuis qu'ils sont apparus dans le Monde Sorcier, que certains d'entre eux ont pu être tués…
Les Jumeaux sont vraiment des Génies ! Et j'espère qu'on leur élèvera une Statue quand la guerre sera finie car ils l'auront largement mérité !
Enfin, l'affreux arrête ses décisions et se tourne de nouveau vers Lucius…
« Tu es suffisamment remis je pense Lucius, pour t'acquitter de la Mission dont je t'ai parlé avant ton départ pour la Suède. Il est plus que temps de faire Alliance avec les Géants. Charge-toi de cela. Et finalement, emmène Rabastan, je le féliciterai quand vous reviendrez. Prenez soin de bien choisir les émissaires et les cadeaux qu'ils offriront au Gurg de la tribu. Je leur ferai savoir assez vite quand il faudra ramener les Géants sur notre sol. Par ailleurs, comme Bellatrix, mettez-vous en relation avec tous vos contacts européens. Je veux que l'on recrute partout avec zèle, Lucius, que des Attaques Eclaires soient menées dans toute l'Europe, que l'on frappe vite et fort, aussi bien des familles Sorcières que Moldues, peu importe. Mais que la terreur gagne le Monde et très vite ! Je veux que l'on oublie dès maintenant le fiasco que nous avons essuyé vendredi dernier à cause de ce maudit Potter et sa Potion de Force ! » déclare-t-il, avec fermeté, ses yeux flamboyant de colère froide…
« Oui, Monseigneur. » répond Lucius, en s'inclinant avec respect…
Il hésite brièvement, puis se précipite aux genoux de son Maitre…
« Vous êtes bien plus fort que Potter, Maître et il est profondément injuste, que le Monde Sorcier pense maintenant que ce morveux vous dépasse en Puissance, alors qu'il triche honteusement sur les règles de Duel. J'y ai réfléchi, Maitre, longuement. Et en plus de cette Potion de Force, je me suis certain qu'il prend également de la Potion de Chance, pour être parvenu à vous blesser. C'est impensable qu'il ait pu le faire sans cela ! Et je compte répandre cette nouvelle partout en Europe, si vous m'y autorisez, Monseigneur… » souffle-t-il, le regard brillant d'une lueur de confiance fervente et absolue…
« La Felix Felicis… Oui… J'y ai pensé également, Lucius. Potter a eu beaucoup trop de chance, durant notre Duel. Trop de forces et de chance…. » répond Voldemort, un pli contrarié aux coins de la bouche…
« Oui, Monseigneur. Et ce n'est pas juste… Peut-être… Peut-être devriez-vous prendre de la Felix Felicis également, lors du prochain Combat. Ainsi, cela rétablirait l'équilibre et Potion de Force ou non, vous le battrez, c'est une certitude absolue pour moi… » propose Lucius, avec quelques hésitations certes, mais aussi la même ferveur que précédemment…
Voldemort ne répond pas tout de suite. Il garde les yeux dans le vague durant quelques instants, avant de baisser de nouveau son regard sur Lucius…
« La Felix Felicis est extrêmement coûteuse et complexe à concocter, Lucius et si cela n'est pas correctement fait, ses effets sont désastreux. Seul un très grand Maître des Potions peut parvenir à la préparer en toute sécurité. Je n'en connais qu'un seul qui parvienne à le faire actuellement, maintenant que ce traître de Snape est mort. Il s'agit de mon ancien professeur, que tu as connu toi aussi…. » déclare-t-il, le regard flamboyant de détermination…
Il est décidé à suivre le conseil de Lucius, ça ne fait pas un pli…
« Horace Slughorn… » murmure Lucius, avec un faible sourire…
Il a compris que son Maître adhère à son idée, mais il se garde de jubiler devant lui de ce succès. Voldemort est assez froid avec lui, depuis son échec en Suède, même s'il l'a lui-même mis sur le compte des Espions inexistants…
Enfin, parmi ses rangs tout au moins. Car bien sûr, nous avons des yeux et des oreilles qui viennent ici dans la Base, pour l'espionner via les Caméras et les Micros…
« Oui. Horace Slughorn… Fais-le chercher et ramener au Manoir par Rabastan, dans le plus grand secret. Et je vais également activer Latton. Il est plus que temps qu'il se procure la recette de la Potion de Force dont usent Potter et les Membres de l'Ordre… Ceci dit, même si ton désir de répandre partout que Potter triche, est tout à fait légitime et fait honneur à ta fidélité envers moi-même, Lucius, abstiens-toi de le faire. Gardons cet atout dans notre manche. Ainsi, nous pourrons surprendre l'Ordre du Phénix, lorsque viendra le temps de la Bataille décisive : celle qui verra la fin de ce minable Harry Potter… » explique l'affreux, en incitant son Serviteur à se lever, en lui tendant une main…
Lucius la prend et obéit vivement. Il sourit carrément maintenant, devinant qu'il vient de regagner la faveur de son Maître, qui s'est montré plus chaleureux à son égard…
Et pour la première fois depuis qu'il est revenu au Manoir, Voldemort lui accorde un baiser…
« Va, Lucius. Fais vite. Et ramène nous ce jeune Ephèbe dont nous avions également parlé avant ton départ en Suède. Cela incitera peut-être Arcturus à retrouver toute l'ardeur et l'enthousiasme qui lui font défaut depuis la mort de son frère… » déclare l'affreux, avec un sourire flamboyant auquel Lucius répond de toutes ses dents…
Chassez le naturel et il revient au galop. Voldemort reprend du poil de la bête et retrouve toute sa perversité par la même occasion, pense-je avec dégoût…
Lucius s'empresse de partir et Tarendra de déclencher le Magnétophone qui enregistrera tout ce que Lucius dira dès qu'il aura quitté le Manoir. Je mets quant à moi en train, le Récepteur Radio qui lui est attaché et qui a été rendu muet depuis l'emprisonnement de Lucius. C'était inutile, de rester aux Ecoutes jusqu'à présent, puisque nous le suivions en direct, depuis qu'il a été fait prisonnier en Suède, puis après son évasion et son retour au Manoir…
Mais dès le bouton adéquat activé, je fronce les sourcils…
Il n'y a rien. Aucun son clairement audible ne nous parvient. Quelques crachouillis seulement…
Zut de zut !
« Demande à Lee de venir de toute urgence. Il y a un problème avec la réception du Micro de Lucius… » demande-je aussitôt à Tarendra. …
Mon frère sursaute immédiatement…
« Merde ! Pourvu que son Micro ne soit pas fichu, après le séjour de Lucius dans la flotte glacée du canal, là-bas en Suède ! » s'exclame-t-il, avant de composer le message pour Lee, tandis que des sueurs froides dégoulinent dans mon dos…
Nom de nom ! Pourvu que Tarendra n'ait pas vu juste ! Et qu'il s'agisse d'un simple problème de canal de réception !
OoOoOoO
Acte 9 : Anda Atar
En Celtycie
Ron
Cette fois, il n'y a pas de doute, le Grand-père de Nally ne va pas tarder à arriver. Le bruit de galop lointain se rapproche dare-dare…
La salade de fruits est prête et nous avons pu nous laver les mains au petit ruisseau qui traverse ce coin de forêt, à environ deux cent pas de la clairière. Nous attendons maintenant notre futur prestigieux invité, assis autour du feu. Le contenu de la marmite sent bon et le produit de la chasse d'Aldaron, qui a pris un Marcassin, est en bonne voie de cuisson sur la broche.
Ça me met l'eau à la bouche…
« Voilà les Roherdirons… » déclare soudainement Nally, avec un sourire dans la voix…
Elle se lève et je l'imite, tout comme Aldaron et Sirius, scrutant le ciel. Je ne vois rien cependant. Ils doivent encore être masqués par les hauts arbres…
Je sursaute cependant dans la seconde suivante, quand deux douzaines de Roherdirons se matérialisent juste devant nous, sur leurs montures de lumière…
C'est vachement beau et impressionnant.
Les Chevaux Magiques sont magnifiques. Ils ressemblent beaucoup aux Palominos de Madame Maxime, mais ils sont d'une couleur dorée de Soleil éclatant. Et je parie que s'il faisait nuit, ils seraient aussi argentés que les Lunes…
Quant aux Roherdirons, ils se tiennent assis dessus, le dos très droit. Ils sont vêtus d'un pantalon très ajusté, de couleur argent, d'une tunique à manches longues, tout aussi ajustées que leur froc, mais de couleur bleu roi, comme leur cape rejetée dans leur dos, révélant ainsi un plastron d'armure, brillant comme de l'or. Ils portent aussi une espèce de casque, or et argent, qui étincelle sous les Soleils…
Et bien sûr, ils sont armés. Chacun porte épées, arc et dagues. Mais aussi une hallebarde à lame simple et courbe, qu'ils tiennent tous à main droite, avec appui sur leur flanc…
Ils inclinent la tête vers Nally, avant de mettre pied au sol. Leurs montures disparaissent aussitôt. Et l'un des Roherdirons s'avance vers nous, enlevant son casque, tandis que les autres se déploient autour de la clairière, d'une démarche très souple et silencieuse…
« Almareä Aurë. C'est un plaisir de te voir, Nyween. » déclare celui qui est venu vers nous, en s'inclinant dans un salut profond devant Nally, puis se tournant vers Aldaron, Sirius et moi-même, nous englobant dans un seul regard profond avant d'ajouter de sa voix grave et chaleureuse : « Et c'est un plaisir également, de rencontrer ton frère et tes amis. Nous avons beaucoup entendu parler d'eux. »
« C'est également un plaisir de te voir, Merzhin. » répond Nally, en rendant le profond salut, avant de nous présenter officiellement, Aldaron, Sirius et moi-même…
« Je suis heureux que tu te sois enfin décidé à suivre l'exemple de ta Gwenyn, Aldaron et de te battre pour la survie des Elfes. Cela fait enfin de toi un Caun digne de Vána, ta vaillante mère, dont la perte a été si cruelle pour vous et pour notre peuple… » déclare Merzhin, en gratifiant Aldaron d'un salut respectueux, mais aussi d'un regard bienveillant qui appuie ses paroles.
Aldaron garde un visage impassible, mais il s'est imperceptiblement raidi. Je ne saurais dire si c'est parce qu'il est un peu vexé de la première partie de la remarque ou s'il est touché par l'évocation de sa mère…
Mais déjà, Merzhin ne prête plus attention à lui.
« Le Valeureux. Le récit de ton long voyage à travers la Celtycie, nous est parvenu. Il anime les veillées des petits Peuples de la forêt. Ton courage, ton ingéniosité et ton opiniâtreté sont à ton honneur et ton espièglerie, tes facéties, mettent les cœurs en joie. » sourit Merzhin, le regard pétillant, vers Sirius…
« Eh bien, je suis heureux que mes mésaventures dans votre Monde ait au moins servi à amuser les petits Peuples auxquels tu fais allusions. » répond Sirius, en tendant une main souriante…
Merzhin la serre sans aucune hésitation. Je ne sais d'où il sort cet Elfe, mais il est visiblement et nettement moins réticent à toucher les autres, que le sont ses congénères…
« Althibalys… Noble et Fougueux Chevalier… Tu es de l'étoffe des Héros dont les exploits sont légendaires et ils ne fait nul doute dans mon esprit que ton séjour en Celtycie, pourtant très bref, fera bientôt l'objet des chants traditionnels qui content l'histoire de notre Monde, de génération en génération… » déclare maintenant Merzhin, avec une certaine gravité dans le regard, tandis que je hausse un sourcil...
« Tu me flattes, mais n'est-ce pas un peu exagéré ? » réponds-je, en lui tendant moi aussi la main…
« J'ai plus de trente mille ans, mon jeune ami et je ne me suis jamais trompé dans mes prévisions. Ton nom sera légende et chanté, avant même la fin de notre guerre… » assure Merzhin, sur un sourire…
« A condition qu'on la gagne, cette foutue guerre… Enfin, je veux dire, que vous la gagnez. Moi j'en ai une autre sur le feu, dans mon propre Monde… Et je suis confiant sur son issue. Nous allons gagner. Que prévoies-tu pour la vôtre ? » réponds-je, haussant de nouveau un sourcil…
« Ta guerre et la nôtre sont liées, Althibalys, comme elles le sont toujours. Si vous gagnez, nous gagnerons. Et inversement. Comme il en a toujours été depuis la création de la Celtycie… » déclare Merzhin, avec un regard insondable…
Il a l'air sérieux en tout cas le bougre. Ça me fait frissonner. Et il va falloir que j'interroge Nally sur tout cela, car Merzhin n'a plus l'air d'avoir envie de me répondre. En fait, il s'est déjà détourné vers Nally…
Qui, je me souviens, est nettement moins optimiste concernant l'issue de la guerre en Celtycie, que concernant celle de la nôtre…
« Nous couvrirons ta fuite s'il le faut, Nyween. Il serait sage cependant, qu'une nouvelle tentative pour convaincre ton ancêtre soit effectuée. Il ne serait pas bon, que les Elfes soient divisés à une heure aussi grave. Et que Cuthalion se range enfin à ton avis serait un atout de poids. Convaincs le et il convaincra les autres à son tour, plus sûrement que ne le ferait Aldaron… » assure-t-il, avant de préciser en direction du frère de Nally, de ne pas voir offense dans ce qu'il vient de dire, car il est Caun depuis trop récemment pour que sa parole ait plus de poids que celle de son Grand-père, qui est roi de Celtycie depuis de très, très nombreuses années…
Aldaron acquiesce, d'un hochement de tête…
« Je sais que tu as raison, Merzhin. Mais tu connais Anda Atar bien mieux que moi encore. Tu sais donc à quel point il peut-être borné. » soupire Nally, l'air ennuyée par cet état de fait…
« Tu l'es plus que lui, Nyween. Il n'apprécie guère que tu défies constamment son autorité, mais pourtant plus tu le défies et te montres autoritaire avec lui, plus il te respecte. Alors poursuis dans cette voie que tu as choisie à bon escient. Dis-lui tous les reproches que tu as à lui faire et ses vérités. Il finira par fléchir… » répond Merzhin, sur un nouveau sourire…
« Oui… Eh bien qu'il fasse vite, parce que je commence à m'impatienter sérieusement. Et s'il ne fléchit pas cette fois, la prochaine, c'est à l'épée que je le défierai… » assène Nally, en pinçant les lèvres…
« Pourquoi ne pas le faire dès aujourd'hui ? » demande-je alors, en haussant un sourcil…
« Premièrement, il faudrait organiser le Duel en bonne et due forme, à la Cité d'Eithils, capitale de son Royaume, ce qui nécessitera au bas mot deux semaines, une fois rentré là-bas. Et compte l'aller et le retour jusqu'à la Porte dont nous ne sommes plus très loin, maintenant. Ce qui nous prendra deux mois au moins. Deuxièmement, je n'ai guère envie d'humilier Anda Atar devant tous ses sujets. Ce ne serait pas charitable de ma part. Ni correct. Et puis, indépendamment de nos différents et de son refus obstiné de m'écouter, c'est un très bon Roi pour son peuple. Et enfin, nous avons beau nous disputer comme des chiffonniers, il reste mon Grand-père et j'ai de l'affection pour lui. » répond Nally, sur un nouveau soupir…
Je comprends ses motivations. La première surtout, par laquelle je me sens particulièrement concerné. Deux mois et demi encore à passer ici, non merci. Sans compter toutes les Créatures que nous aurions encore une fois à combattre, à l'aller comme au retour…
Et j'ai trop envie de revoir Harry. De sentir sa présence chaleureuse dans mon cœur. De revoir nos gosses aussi, toute ma famille, mes amis…
« Il n'est plus temps de réfléchir à cela. Anda Atar sera là dans quelques minutes maintenant… » intervient Aldaron, en se tournant vers le Sud-Est où le bruit du galop de chevaux s'intensifie inexorablement…
« Partageras-tu notre petit déjeuner ? » demande alors Nally, en direction de Merzhin…
« Je le ferai avec grand plaisir, si Cuthalion accepte de partager votre table. Dans le cas contraire, je le partagerai avec mes frères d'arme lorsque vous serez partis…» accepte Merzhin, avec quelque malice brillant dans ses yeux…
Ouais… Ben quant à moi, j'espère que le Grand-père de Nally acceptera. Parce que j'ai les crocs depuis près de deux heures maintenant. Je commence à me sentir de mauvais poil et la perspective de courir le ventre creux n'améliore pas mon humeur, loin de là…
Cette fois, le galop est sur nous et soudainement des cavaliers surgissent dans la clairière, s'arrêtant presque illico, dans une ruade de leur monture. Ils ont fière allure, ces cavaliers. Ils ont l'air impeccablement frais, malgré quelques accrocs dans leurs vêtements, qui me font penser que leur périple n'a pas dû être de tout repos…
A leur tête, le Grand-père de Nally et Aldaron, sans doute. Je suis surpris de voir qu'il a l'air presque aussi jeune qu'eux. En fait, il parait à peine une quinzaine d'année de plus. La petite quarantaine, quoi. Il jette un coup d'œil autour de la clairière, avant de fixer son regard sur Nally, tout en descendant prestement de cheval…
Et il vient vers nous, à grands pas visiblement furax...
« Comment oses-tu me défier et m'insulter ainsi ! Faire venir les Roherdirons et te tenir auprès de ces Humains pour m'accueillir ! C'est inadmissible ! » s'exclame-t-il, en pointant son index sur Nally, le regard luisant de colère
Et pour le coup, c'est moi qui me sens insulté, par sa manière de prononcer le mot Humain.
Et soudainement, Aldaron qui se trouve à ma droite, me file un petit coup de coude. Je me tourne vers lui et il me fait un signe de tête, l'air de dire : mais qu'est-ce que tu attends pour réagir ? Alors, sans réfléchir, je me mets en mouvement. J'allonge le bras prestement et j'attrape par le col son Grand-père, qui vient de s'arrêter devant Nally pour la toiser d'un regard de plomb et je le retourne comme une crêpe sur le sol, comme je l'ai fait avec Aldaron lors de notre rencontre : mon genou sur ses couilles et lui brandissant mon couteau sous le nez…
« Ou ton petit fils ne t'a pas prévenu de ne pas m'insulter, ou tu ne tiens vraiment pas à tes glaouis, Cuthalion… » gronde-je, entre mes dents serrées, en fixant le regard scandalisé du Grand-père de Nally et Aldaron, d'un regard menaçant…
« Pour ton information, les glaouis sont les parties viriles de notre anatomie, Anda Atar… » déclare Aldaron dans mon dos, d'un ton tranquille…
Et j'ai bien sûr droit au regard typiquement Elfique de la part de son Grand-père, tandis que Sirius éclate de rire…
« Lâche-moi, Humain ou j'ordonne que l'on te tue sur le champ… » gronde alors Cuthalion, l'œil de nouveau furax…
Je serre aussi sec davantage ma prise sur son col et je rapproche mon visage du sien…
« Je m'appelle Althibalys, Cuthalion. Je te conseille de t'en souvenir à l'avenir. Par ailleurs, tu dois déjà savoir que je me suis fait plus de trois douzaines de Servylans en quelques minutes et que je suis aussi la terreur des Trolls de Delweth, n'est-ce pas ? Alors s'il te vient l'idée saugrenue d'ouvrir la bouche pour mettre ta menace à exécution, je te castre illico presto et crois-moi, malgré leur rapidité, tes gars n'auront pas le temps de tirer les flèches qu'ils pointent déjà sur moi, que ce sera fait. Et que je te tiendrai en prime devant moi comme bouclier. C'est compris ?… » gronde-je encore, en lui rendant son regard furax au centuple…
Bon, je ne le ferai pas, bien sûr. Je sais que Nally me fournirai un bouclier efficace, si son Grand-père poursuivait dans son idée. Mais ça, il n'a pas besoin de le savoir, n'est-ce pas.
Et je continue le Duel de regard sans ciller, mon couteau flirtant dangereusement avec ses couilles cette fois…
C'est le silence complet autour de nous. Tendu, épais, palpable. Et qui s'éternise. Je commence à penser que cette fois, ma technique d'intimidation ne va pas marcher. Mais je sens des encouragements à poursuivre dans mon initiative et à tenir bon, venant de Nally, d'Aldaron, de Sirius et même de Merzhin.
A moins que ce ne soit mon imagination, bien sûr, qui m'encourage ainsi, à ne pas ciller sous le regard pointu de cet Elfe, qui est un Roi, quand même…
Bordel… Après un Prince, voilà que je cherche à soumettre un Roi au respect de ma personne…
Non, pas de ma personne… Des Humains en général…
Raison de plus pour que je ne cille pas, tiens.
Mais je commence à en avoir marre là… Alors je décide d'appuyer un peu plus mon genou sur les parties si délicates et si chères aux mâles de toutes les races. Faisant un chouia peser dessus la pointe de mon couteau en prime …
Et ça marche. Cuthalion baisse les yeux et effectue un imperceptible salut de tête, qui marque sa reddition…
Bon, ça ne signifie pas qu'il me respecte. Mais au moins ne me cherchera-t-il plus des crosses aussi directement. Il faudra juste que je surveille mes arrières sans doute…
« Bien… Maintenant, je vais gentiment te relever. Et après tu vas accepter notre invitation à dîner sous ma tente. Tu écouteras attentivement ta petite fille et tu y réfléchiras à deux fois, avant de lui répondre, en prenant soin de mettre de côté les rancœurs malvenues et grotesques que tu peux nourrir à son encontre depuis des années et des années, parce qu'elle ne t'obéit pas au doigt et à l'œil, menant sa vie comme elle l'entend pour son bonheur et celui de ceux qu'elle aime et qui l'aiment en retour. Y en a marre, de tes susceptibilités et de ton orgueil mal placés, il est plus que temps que ça change et que tu diriges tes griefs contre qui le mérite vraiment. D'autant que tu as vu en chemin, que Nally ne raconte pas d'histoire et que ça commence vraiment à chauffer dur dans le coin, avec toutes ces Créatures Maléfiques qui se dirigent toutes dans la même direction. Vous en avez combattu vous aussi, tes Elfes et toi, n'est-ce pas ? Et tu es un Roi, bordel, pas un gamin capricieux. L'avenir de ton peuple et de la Celtycie dépend en partie de tes décisions. Alors joue ton rôle grandeur nature pour une fois, au lieu de te contenter d'être un roitelet despotique avec son entourage, mais qui n'a finalement pas assez d'intelligence pour comprendre où est son intérêt et celui des siens, ni suffisamment de couilles au cul pour aller botter les fesses de Balegarian…. » déclare-je encore, soutenant de nouveau son regard, avec fermeté…
Cuthalion maîtrise le sien et ses réactions durant tout le temps de mon petit discours. Mais il est clair que je ne suis pas en train de me faire un copain avec lui. Moi, le méprisable petit Humain, je me permets de lui dire trop de vérités, froissant sa susceptibilité, sans aucune diplomatie…
Mais je n'ai pas de temps à perdre avec des conneries de ronds de jambes.
J'ai les crocs et je veux rentrer très vite à la maison, pour voir mon Harry…
Dès que je cesse de parler, Cuthalion hoche imperceptiblement la tête. Alors je me relève prestement et le remets debout sur ses deux pieds par la même occasion, avant qu'il ait eu le temps de réaliser que mon poids ne pesait plus sur ses tendres parties.
« Nous pouvons aller petit déjeuner… » déclare-je aussitôt, en direction de Nally…
Elle incline alors la tête, avec un geste qui invite son Grand-père à nous précéder dans la tente…
Cuthalion passe devant elle avec raideur et avant de le suivre, elle m'adresse un clin d'œil rieur. Merzhin quant à lui, incline la tête vers moi, avec un hochement de tête appréciateur et une lueur malicieuse dans le regard. Aldaron, me sourit et me tend la main, serrant ensuite la mienne avec un signe de tête respectueux, avant d'emboiter le pas à sa sœur…
« Bien joué, Ron… » murmure enfin Sirius, qui se retient visiblement de s'esclaffer, en me filant une claque amicale sur l'épaule…
« Pas de quoi. Je connais Nally. Si elle s'était emportée, elle aurait finalement défié Cuthalion à l'épée tout de suite et on en avait encore pour des mois à rester ici… » souris-je, avant d'entrer dans la tente, tandis que l'un des Elfes qui ont accompagné leur Roi, s'occupe de disposer les morceaux de Marcassin cuits dans un grand plat et qu'un autre verse une partie du contenu de la marmite de légumes dans un autre…
Et ça sent tellement bon, que mon estomac se manifeste bruyamment…
Il va pourtant falloir qu'il patiente encore un peu, merdum ! Car apparemment et à mon grand dam, le protocole Elfique exige que nous buvions une boisson (en l'occurrence ce sera un thé, puisque nous n'avons rien d'autre à disposition à part de l'eau), avant de commencer le repas…
A ce train-là, je vais finir par défaillir !
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