Disclaimer : cf chapitre 1
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Grand merci à Mistycal !
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Réponses aux commentaires anonymes sur mon forum : - Lion - Yzeute -
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Je vous annonce que je suis en vacances durant les deux prochaines semaines et que je vais aller me mettre au vert loin de la frénésie des villes et en un lieu ou je n'aurai pas accès à internet...
En conséquence, le prochain chapitre sera disponible le 6 Mai prochain !
Bonne lecture de ce chapitre!
A tantôt !
Bisous
Me-Violine
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Alliance 4 / 4
Acte 10 : Nally VS Cuthalion
En Celtycie
Ron
Cuthalion n'apprécie visiblement pas de devoir partager sa table avec des Humains. Il ne fait cependant aucune remarque à ce propos. La leçon que je lui ai donnée a été reçue cinq sur cinq et il ne s'y risquera certainement plus aujourd'hui.
Je m'attends cependant à ce qu'il me joue un tour en vache un de ces quatre, histoire de me renvoyer le boomerang en pleine gueule. Après tout, je l'ai humilié devant quelques dizaines de ses sujets et un autre Seigneur.
J'ai intérêt à être sur mes gardes et faire gaffe à mes fesses, c'est sûr. Mais fort heureusement, je n'ai plus trop longtemps à passer en Celtycie. Ça réduit les risques pour ma pomme
Le thé enfin pris, dans une atmosphère un peu tendue naturellement, le repas débute, au grand bonheur de mon estomac affamé. Mais je me souviens soudainement que les Pytimouss et les Fées ont été invités à se réfugier dans l'un des placards vide du coin chambre, et je me lève aussi sec pour aller les chercher…
Ça ne va certainement pas plaire non plus à Cuthalion de devoir partager la table avec mes amis Lutins, mais je m'en contre balance. Je suis dans ma tente et j'invite qui je veux…
« Allez, les petits amis, à table ! » m'exclame-je, en invitant Phyas et les autres Pytimouss, à s'installer autour d'un plat à tarte vide, prévu pour eux juste à côté de mon assiette, avant de la remplir de petits bouts de marcassin et de légumes fondants à souhait…
Cuthalion leur jette aussitôt un coup d'œil surpris et désapprobateur, tandis que Merzhin rit doucement…
« Ainsi c'est bien vrai ! Nous avons de courageux Pytimouss aventuriers qui ont déserté l'Eryn Minnas Eithils pour suivre Althibalys et Nyween dans leur périple ! » s'exclame-t-il, avant d'ajouter précipitamment, lorsqu'une Fée se manifeste avec mécontentement sous son nez : « Et également de charmantes Fées courageuses et aventurières … »
« Oui. Ces Pytimouss et Fées nous ont fait le grand honneur d'égayer notre voyage de leur présence… » sourit Nally, en allongeant un bras pour flatter la tête de chacun des Pytimouss, ravis de susciter autant d'intérêt…
« Cuthalion, voici bien un signe supplémentaire, qu'il est plus que temps que les Elfes se soucient de la sécurité des petites Créatures de leurs forêts. La seule sympathie qu'ils éprouvent pour Nyween et Althibalys, n'aurait pas suffi à les décider à en partir et tu le sais aussi bien que moi… » déclare Merzhin, en soutenant le regard de Cuthalion
« Cesse donc de voir des signes dans chaque évènement, aussi insignifiant soit-il, Merzhin. Que quelques Pytimouss et Fées aient choisi de quitter l'Eryn Minnas Eithils, ne signifie pas que toutes les Créatures de nos forêts se sentent en insécurité. Ni qu'elles ont le sentiment que nous ne les protégeons pas suffisamment. Par ailleurs, tu n'as pas à intervenir dans la conversation que je dois avoir avec Nyween et Aldaron. Tu es un Roherdiron, Merzhin, pas un Membre de la famille, ni du Conseil. Ne l'oublie pas et reste donc à ta place… » répond Cuthalion, avec une raideur contrariée…
Décidément, il ne me plait pas du tout, le Grand-père de Nally et Aldaron. Et s'il continue comme ça, je sens que je vais finir par me le farcir, d'un bon coup de poing sur le pif pour lui remettre les idées en place…
« Tu persistes toujours dans tes idées erronées à mon encontre, n'est-ce pas ? » affirme plus qu'il ne questionne Merzhin, qui ne cille pas plus que moi tout à l'heure, sous le regard pointu et furax de Cuthalion
« Je te tiens toujours pour responsable de la mort de ma fille bienaimée, oui. Tu l'as contaminée avec ton amour des Homme, ce qui l'a menée à sa perte. Et cela ne t'a pas suffi, puisque tu as poursuivi ta manœuvre avec ma petite fille, l'amenant ainsi à prendre des décisions qui la perdront également… » siffle Cuthalion, qui l'a mauvaise de toute évidence…
« Ce n'est pas l'amour de Maman pour les Hommes qui l'a menée à la mort, Anda Atar ! C'est ton refus obstiné d'accepter son amour pour mon père ! C'est pour cela qu'elle a quitté la Celtycie et la sécurité de la Cité d'Eithils. C'est aussi pour cela que tu as refusé ses conseils, lorsqu'elle est venue te prévenir de la montée en puissance d'Argawaen et de ses desseins. Il l'a aussitôt fait tuer, ainsi que mon père et tu le sais fort bien, profitant qu'ils soient tous les deux sur le chemin du retour chez nous. Et même après sa mort, tu as attendu durant de très longues années, avant d'entrer enfin en guerre ! Veux-tu réellement que cela se reproduise aujourd'hui ? Que ce soit mon tour ou celui d'Aldaron d'être tué, avant d'enfin d'accepter ouvrir les yeux ? » s'insurge aussitôt Nally, en fixant son Grand-père avec reproche…
« Comment peux-tu dire cela ? Je ne voulais pas que ta mère meurt et tu le sais très bien ! Je l'aimais d'un amour infini et sa mort m'a été des plus cruelles ! Et je ne veux pas plus que tu sois tuée, ni Aldaron ! C'est bien pour cela que je ne veux pas que vous vous mêliez de cette guerre ! Pour cela aussi que je désapprouve ton union avec Galdor Aranwë qui t'a encouragée dans la voie que tu as choisie ! » aboie Cuthalion, le regard troublé…
La colère et une sorte désarroi, du moins c'est ainsi que je l'interprète, se disputent la primeur dans son regard…
« Cesse de rendre les autres responsables des choix que j'ai fait ! Pas plus que Maman je ne me suis laissée influencée par Merzhin ! Et Galdor Aranwë ne m'a nullement influencée non plus ! Certes, je t'ai fait part de ma décision alors que je défiais ton autorité, mais j'ai fait le choix de vivre comme une Sorcière et d'abandonner mon Elfitude, tout simplement parce qu'il me serait insupportable de survivre à mes amis encore et encore et encore durant des milliers et des milliers d'années ! Par ailleurs, je te rappelle que je suis la Gardienne du Temple ! C'est ma charge ! Je l'ai pleinement acceptée en connaissance de cause ! Comme Anda Amme avant moi ! Et comme Maman l'a fait elle aussi ! Et tout comme elles, je ne le fais pas seulement parce qu'il est de mon devoir de protéger le Temple et la Celtycie, mais parce qu'il me serait insupportable de regarder les autres se battre sans rien faire pour les aider ! » rétorque Nally, avec fermeté et les yeux luisant de reproches…
« Elles en sont mortes ! Et je ne veux pas te perdre aussi, Nyween ! Pas plus que je ne veux perdre ton frère ! » réplique Cuthalion, avec la même fermeté que Nally
« Tu vas me perdre, Anda Atar, ne serait-ce que parce que j'ai fait le choix d'abandonner mon Elfitude. Que tu sois d'accord ou non ne changera rien à cela. Tout ce que tu peux faire maintenant, c'est m'aider à sauver la Celtycie et peut-être ne mourrais-je pas dans cette guerre, qui nous anéantira tous de toute façon, si nous la perdons ! » répond Nally, le regard quelque peu défiant…
« Les Hommes… » commence Cuthalion, mais Nally l'interrompt aussitôt…
« Ne sont en rien responsables de cette guerre et se battent seuls depuis trop longtemps déjà ! C'est Balegarian, une Elfe pure souche, qui en est responsable ! Et si tu m'avais écoutée lorsque nous avons vaincu son père, nous n'en serions pas là ! C'est elle qui a créé Kogriah et les Servylans sous les encouragements d'Argawaen ! Et je suis certaine que c'est elle aussi qui a mis entre ses mains, l'épée empoisonnée qui a tué Anda Amme ! Je l'ai dit lors d'un Conseil déjà ! Je suis certaine que ce n'est pas un hasard, si Kogriah a mangé l'épouse et le fils nouveau-né de son demi-frère, ainsi que la servante qui s'occupait du bébé ! Je suis sûre qu'elle l'a ensuite aidé à s'évader de la prison où son demi-frère l'avait enfermé, en échange de ses bons et loyaux services ! A commencer par le meurtre de son demi-frère justement, pour pouvoir hériter de ses terres ! Et elle se sert encore de lui aujourd'hui ! Kogriah avait trouvé refuge dans les Montagnes de Köerkhalyne, qui faisaient autrefois partie des terres d'Erressaë ! Ça aussi je vous l'avais dit, qu'il fallait chercher là-bas où je ne pouvais aller moi-même, car ces Montagnes sont infestées de Magie Noire ! Mais personne ne m'a écoutée encore une fois ! Et maintenant ils sont une cinquantaine de Monstres hybrides du genre Kogriah et des centaines et des centaines de Servylans ! » s'exclame-t-elle, avec colère, avant d'enfourner une bouchée de légumes, la mâchant avec une énergie quelque peu rageuse…
« As-tu des preuves pour toutes les accusations que tu avances à l'encontre de Balegarian ? » demande aussitôt Cuthalion, avec sévérité, tandis que Nally déglutit vivement ses légumes…
« Mais bien sûr voyons ! J'ai été témoin directe de toute l'affaire ! » réplique-t-elle aussi sec, en levant les yeux au ciel d'un air exaspéré, avant de poursuivre : « Enfin, Anda Atar, comment veux-tu que j'en ai ! Je n'étais pas née lorsque la plupart de ces évènements se sont produits ! Je n'étais présente qu'en Mongolie ! Mais j'ai un cerveau et je sais l'utiliser, contrairement à d'autres ! Et j'ai lu tous les comptes rendus qui ont été faits à l'époque où Kogriah a mangé l'épouse d'Erressaë, son bébé et la servante ! Balegarian est aussi perverse et cruelle que l'était son père ! Et son laboratoire ne servait certainement pas à créer des parfums ou de nouvelles espèces de plantes ! Mais ces saletés de Créatures ! Elle a commencé par assister son père dans ses expériences puis, sous ses encouragements, les a poursuivies seule ! Et cela a donné Kogriah et les Servylans ! Tout a été mis sur le compte du Sorcier qui vivait non loin de chez eux à l'époque ! Comme c'était commode, n'est-ce pas, de pouvoir se décharger de leurs responsabilités sur lui ! Balegarian et Argawaen se sont empressés de cacher chez lui les œufs d'Acromentulas et autres charmantes Créatures du même genre, qui ont servi de base à leurs expériences, ainsi que le cahier de compte rendu de leurs travaux abominables, où il était noté cette fameuse promesse que Kogriah aurait faite de ne jamais manger autre chose que ce qu'on lui donnait ! Et comme par hasard, le Sorcier était mort, soi-disant tué et a demi- mangé par sa propre création, qui aurait échappé à son contrôle, lorsqu'une délégation s'est rendue chez lui pour l'arrêter. Et sur les conseils de qui ? D'Argawaen, bien entendu ! Après que Kogriah ait mangé l'épouse, le bébé et la servante de son fils ! Kogriah n'a pas démenti bien sûr ! Il est resté fidèle à sa créatrice, bien qu'elle ait aidé son demi-frère et Nómin, à le capturer et le livrer en justice ! Si elle a fait cela, c'est uniquement parce qu'elle devait se couvrir elle-même ! Les réponses de Kogriah aux questions qui lui ont été posées étaient suffisamment floues pour que le doute soit largement permis à propos de tout cela ! Et bon sang, qui a donné l'idée de l'enfermer pour l'éternité, soi-disant afin que la punition soit à la hauteur de son crime, au lieu de le tuer purement et simplement ? Balegarian ! Appuyée par son père ! Tu étais là, quand il a été enfermé dans sa geôle ! Tu sais donc mieux que moi ce qui a été dit alors ! Peu avant sa mort, Maman avait presque tout deviné de la vérité elle aussi ! Elle avait compris ce qu'Argawaen préparait, même si elle ne soupçonnait pas encore sa fille d'être sa complice, dans la mesure où elle n'a pas eu accès aux documents contrairement à moi ! C'est pour cela qu'Argawaen l'a tuée ! Et bien plus récemment en Mongolie, tu as bien vu que Kogriah était là et que c'est lui qui a tué Anda Amme et m'a blessée avec cette épée, qu'il a nommée Methenniel, la Dagnir Melisse autrement dit le Fléau de sa Maitresse ! Sa Maitresse ! Pas son Maitre, sa Maitresse ! Et aujourd'hui, Balegarian a de nouveau constitué une armée de Monstres hybrides du genre Kogriah et des centaines de Servylans ! Ça, je l'ai vu de mes propres yeux, Anda Atar ! Et Althibalys l'a vu aussi ! Et c'est sans compter toutes les Créatures Maléfiques qu'elle a aidé à proliférer et qui se rassemblent à Myrn Echoriath, avec les Soudaryons et tous les hommes qu'elle va probablement chercher dans l'autre Monde, en passant par l'une des deux Portes perdues ! »
« Ou celle qui a, comme je l'ai toujours soupçonné, été volée autrefois par son père … » ajoute Merzhin, lorsque Nally se tait
Cuthalion lui, ne pipe pas mot. Son visage est impassible et je suis incapable de discerner s'il réfléchit à tout ce que Nally a dit ou s'il s'en fiche éperdument ou encore s'il a décidé de camper sur ses positions par pur esprit de contradiction…
Auquel cas il est vraiment con. Irrécupérable de connerie même…
« Non, celle-là, c'était Kogriah qui en disposait. Nous sommes passés par-là, pour entrer dans son Antre et nous l'avons détruite… » glisse-je, sans préciser que je n'avais pas donné mon accord pour entrer dans cet Antre et que j'ignorais tout à fait avoir affaire à une Porte volée donnant accès en Celtycie…
« Effectivement Ron. Ceci dit, c'est sans doute Argawaen qui l'a mise à disposition de Kogriah… Tout comme on peut soupçonner d'ailleurs, que jamais les deux autres Portes n'ont été perdues, mais bel et bien dérobées elles aussi… Mais bref… Ce n'est pas le propos pour l'heure. » déclare Nally, d'un ton adouci maintenant, avant de s'adresser de nouveau à son Grand-père : « Anda Adar, je n'ai aucune preuve contre Balegarian concernant les évènements passés, mais tu ne peux continuer à fermer les yeux et nier plus longtemps ce qu'il se passe aujourd'hui. Toi aussi, tu as eu à affronter des Krôdhyons, des Foërlicks et des Trolls de Delweth, alors que tu nous poursuivais, n'est-ce pas ? Tu es passé tout comme nous par le Plateau des Aigles et tu as vu cette faille grouillante de Créatures Maléfiques, qui est l'œuvre de Balegarian. Et tu as aussi entendu parler de ces Dévoreurs de Magie qu'elle a également créés, les jetant sur les Sorciers, n'est-ce pas ? Combien de temps, avant qu'elle les lance également à la poursuite des Elfes ? C'est la Magie Mère elle-même qui est en danger, Anda Atar. Alors je t'en prie, appuie Aldaron lors du Conseil qu'il a convoqué à Finrod Aranarth, pour proposer une Alliance avec les Hommes… »
Cuthalion ne répond pas. Il reste toujours impassible et Nally soupire avec découragement au bout de quelques secondes de silence…
« J'en ai connu, des types plus têtus que des bourriques, à commencer par moi-même. Mais toi, Cuthalion, c'est le summum du summum, nom de Zeus ! Et tu vas finir par devoir vivre tout comme moi avec des sales regrets qui vont te ronger le cerveau pour le reste de ta vie. Sauf que pour moi, ça ne durera pas aussi longtemps que pour toi, puisque je ne suis pas doué de très longue vie, contrairement à toi… » intervient Sirius, les bras croisés sur sa poitrine, avec un regard réprobateur, avant de se pencher un peu en avant, dans la direction du Grand-père de Nally et Aldaron, pour ajouter : « Moi, c'est mon frère que j'ai renié, parce qu'il avait des fréquentations qui ne me plaisaient pas. Je lui ai même craché à la figure pour ça. Et il est mort sans que je me sois réconcilié avec lui, parce que j'avais une fierté et un orgueil très mal placés, tout comme toi. A la différence que lorsque tout cela s'est passé, j'étais un adolescent idiot et que je n'avais pas encore eu le temps de vraiment grandir, quand il est mort trois ans plus tard… Toi, tu n'as pas cette excuse avec tes… combien ça te fait ?… Vingt-cinq, trente mille ans ? Et le pire, c'est que tu es en train de commettre la même erreur aujourd'hui avec Nally, que celle que tu as déjà commise avec sa mère, d'après ce que j'ai compris de vos petits échanges. Moi, même si je suis resté plutôt con encore jusqu'à présent, je sais tout de même que si c'était à refaire aujourd'hui, je ne commettrais plus cette erreur que j'ai faite avec Regulus. Ma connerie l'a poussé à faire des conneries lui aussi. Ce sont elles qui ont causé sa perte. Et ce sera l'un des deux plus lourds regrets de toute ma vie, parce que j'aurais pu certainement l'empêcher de les faire, si je m'y étais pris autrement avec lui. Ton obstination t'a coûté ta fille, Cuthalion. Ton épouse également. La laisseras-tu te coûter aussi ta Petite-fille et ton Petit-fils en plus, sans lever le petit doigt pour les aider ? Laisseras-tu ton Monde s'effondrer dans les Ténèbres, parce que tu es trop orgueilleux ? Ce sont là les questions auxquelles tu as à répondre aujourd'hui. Alors réfléchis bien aux décisions que tu vas prendre… »
Sirius se lève aussi sec a t-il achevé son petit discours et il sort à grands pas de la tente. Nally le suis illico et je me doute qu'elle va lui parler de Regulus, de la raison pour laquelle il est mort. Et surtout, tâcher d'adoucir ses regrets et sa culpabilité…
« Sirius a raison. Il a seulement oublié un détail. Ça te coûte trop d'avoir à reconnaitre tes erreurs devant des Humains que tu méprises, n'est-ce pas ? Alors je vais vous laisser entre Elfes. Mais avant, je tiens à te dire ceci Cuthalion : depuis que tu les as connus, dans notre Monde, les Humains ont beaucoup évolué. Surtout ceux qui n'ont pas de Magie. Et ils font preuve d'une ingéniosité dont tu n'as pas idée. Et nous, les Sorciers, nous avons adapté pas mal de leurs Techniques. Et puis l'art, que vous affectionnez tant, vous autres les Elfes, n'est pas seulement votre apanage. La littérature, la peinture, la musique et tout ça, ça nous connait aussi. Et nos cultures ne pourraient gagner qu'à nous enrichir mutuellement, si vous acceptiez de descendre de votre piédestal et de venir voir ce qu'il se passe de temps en temps chez nous. Bordel, mais vous n'en avez pas assez, de tous vivre en vase clos ? De voir encore et toujours les mêmes têtes depuis des milliers et des milliers d'années dans vos villes et cités Elfiques ? A votre place, moi, je m'emmerderai sec ! Mais bon, ce n'est pas le moment de parler de ça. Il y a une guerre sacrément vacharde qui se profile, sans doute la dernière de votre Monde et du nôtre, qui s'effondreront et disparaîtront à jamais, si elle est perdue et tu as une décision capitale à prendre à ce propos. Alors je te laisse. Comme ça, tu pourras reconnaitre tes torts, sans te sentir humilié d'avoir à le faire devant un Humain… Et ces Créatures Magiques subalternes aussi… Allez, les potes et les filles, on y va… » déclare-je, avec mépris, avant de me lever et d'embarquer les Pytimouss et les Fées avec moi pour sortir de la tente…
Avant de surgir sous les Soleils, j'ai tout juste le temps d'entendre Merzhin faire remarquer que les petits Humains soi-disant sans cervelle, venaient de fiche une sacrée bonne leçon au grand Roi des Elfes…
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Acte 11 : Archives
Chez Nally
Harry
J'ai beau me triturer la cervelle depuis que j'ai appris la nouvelle hier en fin d'après-midi, je ne vois pas comment nous pourrions remplacer le Micro fichu, dans la Bague de Lucius…
Nous nous en voulons tous, bien sûr, de n'avoir pas pensé que son bref séjour dans la flotte pouvait l'avoir irrémédiablement détraqué. Et maintenant, nous ne pouvons plus savoir ce qu'il trame, lorsqu'il est hors du Manoir. Or, depuis hier, il n'y est pas. Rabastan non plus n'est pas encore rentré. Ils doivent encore être occupés à installer le laboratoire et les Protections de la Bergerie, comme l'a ordonné Voldemort hier soir. Ou à chercher des émissaires fiables à envoyer aux Géants ou encore peut-être déjà partis en Europe, pour contacter toutes leurs connaissances…
Se pose maintenant le problème pour nous de repérer la fameuse Bergerie….
Il va falloir fouiller les Pennines de fonds en combles…
« Mais que je suis con ! » sursaute-je soudainement, me levant prestement de mon lit…
Une idée vient de me traverser la tête comme un éclair…
J'espère que Papa, Hermione et Charly ne sont pas encore partis au boulot, tandis que j'enfile un pantalon et un pull à la hâte, avant de sortir en courant pour rejoindre la salle où nous avons établi notre quartier général…
Ouf ! Ils sont encore là, me dis-je, en pénétrant en trombe dans le salon…
« Andy va pouvoir nous aider ! Il doit y avoir un dossier dans les archives de la police ! Souvenez-vous ! Une famille Moldue a été assassinée dans cette Bergerie ! » m'exclame-je, avec fébrilité…
Papa et Charly lèvent un sourcil intéressé, mais Hermione fronce les siens…
« Peut-être… Mais ce serait bien si nous pouvions avoir une date approximative de ces meurtres à lui fournir. Et par ailleurs, il faut espérer que le dossier en question n'a pas été détruit lors des bombardements de la seconde Guerre Mondiale Moldue… » déclare-t-elle, sur un soupir
Ah merde ! Je n'avais pas pensé à cela…
Mon bel optimisme se fait la malle illico presto et je me laisse tomber assez lourdement sur ma chaise, tandis que Papa et Charly grimacent…
« Gardons espoir tout de même. Je vais voir cette question avec Albus. Il contactera King, qui contactera à son tour Andy… » déclare Papa, sous le hochement de tête approbateur de Charly et Hermione, dont le visage s'éclaire soudainement…
« Il y a aussi les archives des journaux locaux ! Ils doivent tous se trouver à la Bibliothèque Nationale ! Ou celles des grandes villes au moins ! Bien sûr, il faudra sans doute des heures et des heures de recherches, mais avec une bonne méthode d'investigation, c'est faisable ! » s'exclame-t-elle, avec enthousiasme…
« Tu as raison ! Et pendant qu'Andy se charge des archives de la police, je peux commencer l'enquête à la Bibliothèque… Je vais emmener tante Pétunia et Dudley. Ils ont toujours envie de nous aider et cela leur fera du bien d'aller faire un tour à Londres. Nous pourrons déjeuner dans un restaurant. » renchéris-je, mon optimisme retrouvé…
Si nous trouvons l'adresse de la Bergerie, nous pourrons si nécessaire et en temps voulu, aller détruire le laboratoire et les Bestioles…
« Excellente idée ! Comme ça, si les archives sont déjà sur ordinateur, Dudley sera d'une aide très précieuse puisqu'il sait s'en servir ! Cependant, il faudrait soigneusement cibler les années de recherches. » commente Hermione, avant de se tourner vers Papa pour demander : « A quelle époque cela a-t-il bien pu se passer, à ton avis ? »
Papa fronce les sourcils, réfléchissant intensément. Quand il me vient soudainement une autre idée lumineuse. Du moins, j'espère qu'elle l'est…
« Le journal de famille ! Dans le coffre de Draco ! On trouvera la date ! S'il n'y a pas de Fidelitas sur la Bergerie, on pourra peut-être même connaître son emplacement exact et finalement on n'aura pas à faire une enquête approfondie ! » m'exclame-je, joyeux cette fois…
Et mon appétit s'ouvre aussi sec. Alors je me sers copieusement une belle assiette d'œufs au bacon, avec quelques patates sautées et une saucisse en prime…
« Mais oui ! Et il n'est pas besoin que Draco ou Narcissa fasse le déplacement ! Il suffit que Draco donne son accord et Bill pourra aller chercher ce fameux journal dans son coffre. Tu n'auras donc qu'à passer dans son bureau pour le prendre…» approuve Papa, en servant une tasse de thé à chacun
« Oui, je vais voir ça avec Draco, ainsi qu'avec la Base de Londres afin que l'on contacte Bill et qu'on lui dise que j'irai à Gringotts à 9H30. Ça lui laissera le temps je pense, d'aller chercher le Journal… Et comme ça, si l'adresse de la Bergerie n'est pas dedans, j'aurai largement le temps après d'aller enquêter à la Bibliothèque… » souris-je, me demandant si j'emmène tante Pétunia et Dudley ou non, pour aller jusqu'au Chemin de Traverse…
Mmmm… Pourquoi pas ? Bien sûr il y a des dégâts qui n'ont pas été réparés encore, mais ils auront au moins une idée de ce que peut-être un Village Commercial Sorcier. Et je les laisserai dans la boutique des jumeaux ou chez Florian Fortarôme, le temps de passer à Gringotts…
Et si nos recherches s'avèrent considérablement facilitées grâce au journal de la Famille Malfoy, nous pourrons même aller faire un peu de shopping dans le Londres Moldu. Après tout, Tante Pétunia et Dudley ont bien mérité maintenant, que je leur offre quelques vêtements neufs…
« Eh bien voilà une affaire qui roule. A part ça, où en es-tu des dossiers du Département des Mystères ? » demande Charly, avant de boire un peu de son thé…
« J'ai terminé de le lire à 02H30 environ cette nuit… Les Langues-de-Plomb ont fait des tonnes d'expériences, qui n'ont rien donné, depuis qu'ils l'ont trouvée, lors des travaux d'aménagements du niveau neuf, en 1692 et cela les a amenés à conclure qu'il s'agissait tout simplement d'une Arcade de la Mort… Ce qui me pose sérieusement des questions sur la longévité de Kogriah… » réponds-je, en lorgnant vers Papa…
Il grimace aussitôt, sur un petit soupir…
« D'après le peu que je sais de lui, il a été créée il y a environ onze mille ans de nos années… Cependant, c'est à Nally qu'il faudra poser toutes les questions qui le concernent. Elle en sait beaucoup plus que moi. Mais il n'était guère son sujet de conversation favori, tu sais. Je n'ai donc pas posé de question à son propos… » répond Papa, en pelant une banane…
« Mmmm… Oui, je comprends… Ceci dit, ces idiots de Langues-de-Plomb ont envoyé plusieurs personnes dans cette Arcade. Des malheureux qui ne sont évidemment jamais revenus. Ensuite, ils ont jetés tous les Sortilèges et Maléfices qu'ils pouvaient dessus, pour essayer de déterminer comment l'Arcade fonctionnait, mais ils ont fait chou blanc et ont laissé tomber. De temps en temps, quand il y avait une nouvelle découverte de Sortilège ou de Potion, ou encore un nouvel employé zélé certain de percer le mystère, de nouvelles expériences ont été effectuées. Mais encore une fois, cela n'a rien donné. Ceci dit, ils n'ont plus jamais envoyé d'Humain dedans. Tout juste quelques animaux de temps en temps, attachés par une corde ou des chaines, sur lesquelles ils tiraient ensuite, dans l'espoir de les faire revenir. Mais bien sûr, aucun de ces animaux n'est jamais revenu non plus. La corde se coupait ou la chaine se brisait invariablement… » rapporte-je sous l'oreille attentive de Papa, Hermione et Charly, fronçant les sourcils, avant d'ajouter : « Quoique maintenant, à la lumière de ce que je sais et que les Langues-de-Plomb ignorent quant à eux, je devrais plutôt dire que corde ou chaine était coupée ou brisée par Kogriah et ses Servylans… »
« Mouais. Et à la lumière de ce que tu nous apprends là, il n'y avait vraiment pas de quoi, que Croaker fasse des difficultés pour remettre ce dossier à Papa… commente Charly, l'air de dire qu'il y a vraiment des gens qui font des fromages pour pas grand-chose….
« Non, effectivement. A moins qu'il ne se sente honteux que les mystères de cette fichue Porte n'aient pas été percés en plus de trois cents ans… Et que les premiers Langue-de-Plombs aient envoyé plusieurs personnes à la mort. Bref… Ce n'est pas mon problème. Je vais profiter de mon passage à Londres pour aller rendre ce dossier à Arthur. Il pourra le redonner aussi vite à Croaker et le rassurer à propos des menaces dont il a usées pour l'obtenir… Et tiens, je lui soufflerai à l'oreille de mettre ça sur mon compte. Il n'aura qu'à dire à Croaker, que cela m'aurait fortement contrarié de ne pas pouvoir faire tout ce que je pouvais, pour trouver le moyen de sauver la vie de ma mère adoptive et de Ron … » souris-je, avant de croquer avec plaisir dans une belle pomme…
« Ouais… Cela pourrait effectivement calmer Croaker. Il ne voudrait certainement pas contrarier le Grand Harry Potter qui a battu Voldemort encore une fois. Ceci dit, cela ne résout pas notre problème. On ne sait toujours pas quelle explication donner, quand mon frangin et Nally reviendront. Avec Sirius en prime… » soupire Charly, en se levant…
Il va être l'heure bientôt de sa première classe…
« L'idée de Harry, à propos d'une Arcade de Magie Noire qui enfermait les personnes dans un Monde de Cauchemar pourra peut-être être exploitable… » répond Hermione, en plissant les yeux…
« Nous verrons cela plus tard, avec Albus et Nally. Pour l'heure, les classes vont bientôt commencer. Alors allons-y, avant d'être en retard… » déclare quant à lui Papa, en se levant de table à son tour…
Charly, Hermione et lui s'en vont donc et je sirote mon thé à petites gorgées dans le silence qu'ils laissent derrière eux, repensant à cette rumeur qui s'est répandue comme une traînée de poudre hier, en fin de matinée. Elle n'est pas encore parvenue aux oreilles de Voldemort, mais cela se fera sans doute ce matin. Il a bien fallu qu'Arthur fasse une déclaration à ce sujet, car bien sûr des tas de Paparazzis se sont empressés d'aller le voir au Ministère.
Arthur a été bref dans sa réponse à leurs questions. Il a simplement dit qu'il ne croirait à la mort de son fils et de Maman, que lorsqu'on produirait leur corps. Bien sûr, j'imagine que cela va broder sec autour de ça, que l'on va dire qu'Arthur est dans une négation totale. On va le plaindre, naturellement. Et on risque aussi d'insinuer qu'il pourrait bien devenir fou s'il continue à nier la mort de son fils…
Bref, ce n'est pas très bon pour sa réputation. Mais Arthur s'en fiche. Comme il le dit lui-même, ce n'est pas comme s'il briguait le poste de Ministre et même si cela avait été le cas, cela n'aurait pas été important, puisque Ron et Maman vont bientôt revenir…
J'aspire hâtivement à ce retour. Car Ron me manque de plus en plus, malgré la chaleureuse présence de sa Magie dans mon corps.
Et bien sûr, je me demande comment l'affreux réagira à la nouvelle de sa mort. Je suis quasi sûr qu'il pensera que nous cherchons à nous procurer l'Artefact qu'il pensait se trouver au-delà de l'Arcade. Et ça va drôlement le contrarier ça. Finalement, Dolohov a eu de la chance, de mourir au cours de sa Mission. Ça lui a évité une punition qui l'aurait de toute façon laissé sur le carreau, après de terribles souffrances…
Je me secoue. Ce n'est pas le moment de penser à cela. J'ai du pain sur la planche qui m'attend. Première chose, contacter Draco pour qu'il fasse immédiatement parvenir à Bill, une autorisation pour aller dans son coffre. Puis contacter la Base, pour qu'ils envoient un message à mon beau-frère et préviennent tante Pétunia et Dudley que je les emmène à Londres.
Ensuite une bonne douche et zou, je me mets en route ! me dis-je, en prenant le chemin de ma chambre en sifflotant…
Je me sens de bonne humeur, malgré le manque de Ron et les problèmes que nous devons encore résoudre. Sans doute parce que ma journée va être bien remplie et que grâce à cela je ne verrai pas le temps passer. Or, chaque jour qui passe rapproche celui où Ron va rentrer, n'est-ce pas ?
Et Maman. Et Sirius…
Et j'imagine la grande fête que nous ferons pour leur retour…
Une fête dont je m'éclipserai assez vite avec Ron, pour déguster chaque centimètre carré de son corps et me repaître de ses caresses et de ses baisers…
Putain que j'ai hâte !
OoOoOoO
Acte 12 : Sirius Au Présent
En Celtycie
Ron
Je rejoins Nally et Sirius, qui sont assis un peu plus loin dans l'herbe…
« … alors j'aurais pu sauver Regulus. J'aurais pu sauver mon frère en l'empêchant d'aller là-bas… » murmure Sirius, quand j'arrive à leur hauteur…
« Non. Rien ni personne n'aurait pu empêcher Regulus de faire ce qu'il pensait devoir faire, pour sauver la vie de Perséphone. Et tel que je te connais, tu l'aurais accompagné et tu serais mort également… » répond Nally, avec une douceur infinie…
Sirius sourit pauvrement…
« Ouais. C'est vrai, j'y serais allé avec lui. Et cela aurait peut-être mieux valu pour tout le monde… Je veux dire… » commence Sirius, avant que Nally l'interrompe…
« Certainement pas, Sirius ! Certes, tu n'aurais pas alors persuadé James et Lily de choisir Pettigrew comme Gardien du Secret… Mais bon sang, que serait-il advenu ? L'autre Gardien du Secret, probablement Remus, aurait fini par se faire enlever et longuement torturer sans doute, avant de mourir. Et même si cela n'était pas arrivé, crois-tu que James et Lily auraient pu continuer à vivre longtemps à se cacher, pendant que Voldemort montait encore en puissance et tuait nombre de pauvres gens ? Certainement pas. Ils auraient fini par aller le défier encore et ils seraient morts à leur tour, alors que Voldemort s'en sortait contrairement à ce qu'il s'est passé le 31 octobre ! Et Harry, que serait-il devenu ? Dans quelles conditions aurait-il été élevé alors ? Lui auraient-elles permis de devenir l'homme qu'il est aujourd'hui ? Ou aurait-il finalement été tué avec ceux qui le gardaient, alors qu'il était encore un enfant ? » demande Nally, qui soupire avant d'ajouter : « Nul ne sait ce qui serait advenu Sirius, mais sincèrement, et bien que cela me coûte horriblement de penser cela, car cela signifie que James et Lily devaient mourir pour empêcher que ça arrive, je pense que notre Monde aurait sombré aux mains de Voldemort, si tu avais été tué en même temps que Regulus… »
Je pense exactement comme elle et je frissonne longuement. Et Sirius aussi, même s'il secoue la tête de gauche à droite et de droite à gauche…
« Quel gâchis… Et comme je regrette de ne pas m'être réconcilié avec mon frère. Je l'aimais, tu sais. Malgré tout ce que je lui ai dit, je l'aimais. Je n'ai pas su lui dire… Et ça me ronge le cœur… » murmure Sirius, les larmes lui montant brusquement aux yeux…
« Il le savait. Quoique tu puisses en penser. Regulus le savait et t'aimait tout autant. Et il comprenait parfaitement combien tu souffrais de tout cela. Il s'est lui-même senti lâche, de ne pas suivre ton exemple, de ne pas avoir ton courage de se rebeller ouvertement contre ta famille. À ses yeux, encaisser tes reproches était une bien mince punition qu'il aurait mérité au centuple, au regard de ce que tu avais à subir chez toi. Et il y a bien longtemps que Regulus t'a pardonné de lui avoir craché à la figure. Cela l'a rendu triste que l'écart se creuse encore entre vous, mais il ne t'en a pas voulu pour cela. Alors cesse toi-même de t'en vouloir, Sirius et pardonne-toi à toi même… » murmure Nally en retour, en lui pressant l'épaule…
« Non, je ne dois pas oublier. J'ai failli faire la même erreur avant-hier seulement, parce que je suis trop borné pour considérer ce que les autres pensent et vivent. Ouais. J'ai bien pensé mettre de la distance avec Harry, juste parce qu'il est homosexuel et que je ne comprenais pas ça. Alors non, je ne dois pas oublier. Je dois au contraire me souvenir, pour ne plus jamais faire une telle erreur… » refuse cependant Sirius, sur un énorme soupir…
Nally ouvre la bouche pour lui répondre, mais je ne lui en laisse pas le temps…
« Pardonner, ce n'est pas oublier tu sais. C'est passer sur la rancœur et savoir tirer parti de ce qu'il s'est passé, pour repartir sur d'autres bases, bien plus solides. Et c'est ce que tu as déjà fait d'une certaine manière, puisque justement tu as réfléchi hier et que tu viens d'entamer ton processus d'adultarisation. Bon ce mot n'existe pas, je sais, mais tu comprends ce que cela signifie n'est-ce pas ? Et maintenant que c'est entamé ça, tu ne pourras plus revenir en arrière. Alors dis adieu à ton adolescence Sirius. C'est fini ce temps. Et tu auras tout le temps de discuter de tout ça avec ton frangin et d'en rigoler quand viendra le moment de le rejoindre au Paradis. Et puis merde, si tu n'avais pas été aussi têtu et revanchard, tu crois que tu aurais pu faire front et t'en tirer, après tout ce que tu as vécu ? Azkaban, ton évasion, vivre durant des mois comme un clébard et bouffer des rats, tout ton périple ici ? Franchement Sirius, tu es sacrément courageux pour avoir résisté à tout ça. Alors pleure sur ton frère si tu as envie de le faire, je comprends ça, c'est normal et ça ne peut que te faire du bien de craquer un bon coup. Mais ne t'attarde pas plus sur ce passé, ça ne ferait que ralentir ton avancée. Ce qui serait con, parce que tu es vachement bien parti, tu viens de nous en faire démonstration sous la tente il y a un instant… » déclare-je, en regardant Sirius droit dans les yeux…
Sirius acquiesce, laissant couler quelques larmes encore, qu'il essuie ensuite d'un revers de manche, avant de se tourner vers Nally…
« Je suis désolé, de t'avoir craché dessus aussi, tu sais… » dit-il, le regard malheureux…
« Je sais. Et il y a bien longtemps aussi que je t'ai pardonné cela, Sirius. Comment aurais-tu pu comprendre mon attachement à Sev ? » répond Nally, avec un doux sourire, avant de serrer brièvement Sirius dans ses bras…
Mais lorsqu'elle s'écarte, Sirius la retient par les épaules…
« J'avais un très sérieux béguin pour toi à l'époque. Vraiment très sérieux, Nally… » souffle-t-il, avec un pauvre sourire…
« Ça aussi, je le sais. Et je sais également combien cela comptait pour toi de t'accrocher à ce béguin, car il te permettait de tenir bon contre vents et marées. » répond-elle avec sérieux, avant de sourire pour ajouter : « Ce n'était cependant qu'un béguin. Et tu sais maintenant qu'il était un peu comme un garde-fou, qui te protégeait et t'empêchait de tomber véritablement amoureux, tandis que tu papillonnais à droite et à gauche. Parce que dans le fond de ton cœur, tu craignais que cela arrive et surtout de voir tes sentiments partagés. Tu pensais ne pas mériter ce bonheur-là, d'en être indigne. Mais c'est fini maintenant et tu vas pouvoir ouvrir ton cœur pour de bon à l'amour, Sirius. Et je te souhaite du fond du cœur d'en vivre un aussi profond et aussi fort que celui que j'éprouve pour Sev. Tout comme Harry et Ron, Molly et Arthur… »
« Narcissa et Richard, Draco et Annabelle, Ginny et Théo, Charly et Nadya, Bill et Fleur, Remus et Tonks… » enchaine-je, avec le sourire, avant d'être interrompu par Sirius
« Remus et Tonks ! Remus et ma cousine ? » s'exclame-t-il, les yeux écarquillés par la surprise…
« Ben ouais, ça te dérange ? » réponds-je, arquant un sourcil…
« Non ! Bien sûr que non ! Au contraire, ça m'enchante ! Mon brave Remus ! Nom de Zeus ! Mais il mérite cent mille fois d'être enfin heureux ! Et avec ma cousine en plus de ça ! C'est formidable ! On va être cousins en plus d'être amis ! » s'exclame Sirius en éclatant d'un rire heureux, avant d'ajouter soudainement, avec espièglerie : « Le portrait de ma mère doit drôlement être furieux et vociférer à tout va, devant autant de bonheur ! »
Nally et moi échangeons aussitôt un regard. Comment va réagir Sirius, quand il va apprendre que Harry a pris possession de sa maison et qu'en plus, il a donné tout son fric à l'Ordre du Phénix, ma famille et Remus ? Bref, qu'il n'aura plus rien du tout en rentrant ?
« En fait, le portrait de Walburga est tombé en poussière… » réponds-je, sur un hochement de tête de Nally, qui s'éclipse ensuite, car Aldaron lui a fait signe de le rejoindre depuis la tente…
« Vraiment ? Formidable ! Qui est parvenu à fiche en l'air cette horrible vieille croûte ? » demande Sirius, visiblement satisfait…
« Harry. Il a pris possession de la maison en fait… » réponds-je, avant de lui raconter comment c'est arrivé, mais aussi toutes les rénovations qui ont été faites dedans, par les Dursley…
« C'est fort bien. Je détestais cette baraque de toute façon. Et même rénovée de la cave au grenier, je doute que je m'y serai réellement plu un jour… » déclare Sirius, avec un sourire, avant d'ajouter, après un bref silence : « Et tu dis que ce sont les Dursley, des Moldus donc, qui ont fait les travaux ? Ça, ça a dû achever de rendre dingue le portrait de ma mère avant qu'il ne tombe en poussière. Et Kreattur donc ! »
Il émet de nouveau un petit rire …
« Kreattur était mort déjà, lorsque c'est arrivé… » souffle-je, en le fixant dans les yeux…
Naturellement, Sirius me demande s'il est mort de vieillesse. Et je lui explique alors ce qu'il s'est produit.
« Alors ce vieux Kreattur s'est finalement racheté… » souffle Sirius, le regard dans le vague, durant quelques instants, avant de se tourner vers moi et d'ajouter : « Tu as bien fait de lui accorder pardon… Ce qu'il a fait pour Nally, le vaut largement. Ouais, c'est très bien… »
Puis il me demande de lui parler de Narcissa et de Draco, de leurs amours surtout. Et il éclate une nouvelle fois de rire, quand je lui révèle qu'Annabelle est une Moldue…
« Alors là ! De quoi foutre Lucius sacrément en rogne ! » commente-t-il, riant encore un peu, puis ajoutant avec beaucoup plus de sérieux et de gravité : « Mais sans blague, il ne faut surtout pas qu'il apprenne ça. Je ne donnerai pas cher de la peau de cette brave gosse sinon… »
« Il sait. Mais t'inquiète, Annabelle est à l'abri. Le Terrier est bien protégé et elle n'est jamais seule. Il y aura toujours quelqu'un pour la faire passer par la Cheminée, jusqu'au QG ou même à Poudlard, si cela s'avère nécessaire. Ceci dit, il faut que je te dise encore quelque chose, à propos de tes biens… » réponds-je, lui expliquant ensuite ce qui est advenu de tout son fric…
La manière dont il a été utilisé par l'Ordre, par mes parents et par Remus…
« Harry a pris la bonne décision. De toute façon, j'aurais financé l'Ordre moi aussi et aidé tes parents dans leur projet de Refuge. J'y aurais laissé jusqu'à mes dernières plumes. Et tout ça me permettra de repartir de zéro. Ce qui n'est pas plus mal… » commente Sirius, avec tranquillité…
« Pas vraiment de zéro. Maintenant que tu as été réhabilité, le Ministère va devoir te dédommager, pour t'avoir injustement enfermé à Azkaban, sans avoir mené une sérieuse enquête auparavant, ni même t'avoir donné une chance de t'expliquer sur ce qu'il s'est réellement passé… » souris-je, en offrant un peu mon visage aux Soleils…
Ça me fait un bien fou, de discuter comme ça tranquillement, à demi allongé dans l'herbe…
« Bah… Fudge et son âme damnée d'Ombrage trouveront bien un prétexte pour me filer une somme dérisoire… Et je m'en fiche de toute façon. Je préfère qu'ils me rendent mon boulot et reprendre du service en tant qu'Auror… » déclare Sirius, sur un haussement d'épaule…
« Fudge et Ombrage sont morts et c'est mon père qui assure l'Intérim jusqu'au 5 avril, jour des nouvelles élections… » lui apprends-je, avant de tout lui raconter encore une fois…
Sirius est bien sûr amusé, lorsque je lui fais part de la manière dont Ombrage a été destituée de son poste de Sous-Secrétaire d'Etat, au profit de Papa. Il est également enthousiaste lorsqu'il apprend que King est le nouveau Chef des Aurors. En revanche, le récit plus détaillé que celui que Nally a fait hier à la veillée, de ce qu'il s'est passé au Ministère et plus récemment au Vert Galois ne le fait pas rire du tout…
« C'est presque incroyable tout ça. Et je n'en reviens pas de la manière dont Harry, toi et les autres jeunes de votre âge, vous êtes impliqués dans cette guerre… Il faudra que tu me racontes le reste en détails aussi. Cette histoire de Comité à Poudlard m'intéresse beaucoup par exemple. Mais comment en êtes-vous arrivés à un tel niveau de Magie à votre âge ? Et aussi au Combat à mains nues ? Tu m'as sacrément impressionné tout à l'heure tu sais, lorsque tu as fichu Cuthalion à terre. Comment as-tu fait ça ? » murmure Sirius, avec une curiosité évidente…
« Nos Entraînements sont costauds. Ils mêlent méditation, Techniques de Combats Moldues et bien sûr Magie. Et nous faisons aussi des Simulations de Combat. Bref, tu auras l'occasion de voir ça, parce que nous t'emmènerons pour les prochains. Après tout, tu dois être bien rouillé côté Combat Magique. Alors il va falloir que tu t'entraines dur, pour rattraper ton niveau. Et peut-être même le dépasser. » déclare-je, sur un sourire
« Et améliorer aussi ma Technique de Combat sans Magie. Je ne me débrouille pas trop mal à l'épée, mais j'ai certainement beaucoup de boulot en perspective, avant d'atteindre ton niveau… » soupire Sirius, tandis que je lève les yeux vers les Soleils…
Il est largement passé midi de ce que je peux voir. Notre petit déjeuner tardif et quelque peu tronqué, commence déjà à être loin pour mon estomac. Alors je me décide à me lever et à partir en chasse, invitant Sirius à me suivre…
« Je ne suis pas très doué au tir à l'arc, tu sais… » déclare ce dernier, en se levant de bonne grâce pour m'accompagner…
« Pas grave. Ce sera l'occasion d'une première leçon… » souris-je, en lui donnant une petite claque amicale sur l'épaule…
Sirius acquiesce avec le sourire et nous pénétrons sous le couvert des arbres, dans un silence confortable…
J'aurais bien des choses encore à lui raconter et il a sans doute quelques milliers de questions à poser sur ce qu'ils s'est passé depuis qu'il est arrivé en Celtycie, mais nous aurons bien le temps de parler, lors des prochaines veillées…
Et ce dont nous n'aurons pas eu le temps de parler, il le découvrira quand nous serons de retour chez nous…
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