Disclaimer : cf chapitre 1

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Grand merci et bisous à Mistycal !

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Réponses aux commentaires anonymes sur mon forum : – Lion -

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Retour A La Maison 3 / 3

Acte 5 : Accueil à Finrod Aranarth

En Celtycie

Ron

Bon, ben finalement me voilà à Finrod Aranarth…

Elle est jolie cette Cité Sylvestre, de ce que je peux en voir pour le moment. Mais ce serait mieux encore, si tous les Elfes du Royaume, ne se rassemblaient pas autour de nous, tandis que nous faisons descendre les gosses et les jeunes filles des chariots attelés aux Phterydrons des Roherdirons, pour nous examiner comme si nous étions des bêtes curieuses…

Il y a des enfants aussi, parmi les Elfes. Et il y en a un tout petit qui me fixe la bouche-bée et les yeux écarquillés, en s'accrochant de toutes ses forces, à la jambe de son père. Bon, c'est vrai que je mesure une tête de plus que tous les habitants du Royaume et que ma carrure est bien plus large que la leur. Ça plus mon armure et toutes mes armes, ça doit l'impressionner ce mioche.

En fait, je fais toujours un effet bœuf sur tous les gosses, Elfes ou non, qui croisent mon chemin. Mais en général, ils comprennent vite que je suis une bonne pâte et que je ne leur ferai pas de mal.

Alors, le regard de ce môme, ne me gêne pas. En revanche, celui des Elfes adultes…

La plupart fixe le groupe de gosses et de jeunes filles d'un air hautain et plus ou moins méprisant. Sûr que les pauvres n'ont pas fière allure avec leurs cheveux emmêlés, leur bouille et leurs vêtements crasseux, c'est vrai. Mais ces beaux et élégants Elfes n'auraient pas plus fière allure eux-mêmes, s'ils avaient eu à subir ce que nos protégés ont vécu aux mains des Soudaryons, depuis l'attaque de leur village il y a deux nuits de cela…

Ça me démange, de leur rabattre le caquet à ces prétentieux et de leur foutre des coups de pieds au cul. Mais je ronge mon frein, par égard pour Aldaron, qui compte pas mal d'amis et d'alliés parmi eux. Je sais qu'il a prévu de leur parler tantôt, pour tâcher de les convaincre de descendre de leur piédestal et d'accueillir nos jeunes réfugiés avec un peu plus de chaleur. Or, si je m'en mêle, ça fera plus de mal que de bien à son projet…

Olórin pose le dernier môme à terre, quand soudainement, trois Elfes fendent les rangs de leurs congénères et viennent droit sur nous, épée en main. Le plus grand des trois nous darde d'un regard furieux et s'arrête alors qu'il n'est plus qu'à vingt pas environ.

« Emparez-vous de cet Humain ! » aboie-t-il à ses compagnons, en désignant Sirius du doigt.

Dans un réflexe, je me place aussi sec devant Sirius, sortant mes deux épées dans un geste vif, tout prêt à en découdre avec les deux Elfes. Mais Aldaron s'interpose vivement entre eux et moi-même, levant une main impérative pour stopper l'avancée des deux autres …

« Qu'il te plaise ou non, Rána Ara Ciryaher est mon invité Seigneur Tauron ! » s'exclame-t-il, avec fermeté, en direction du Seigneur en question…

« Il s'est évadé de mes geôles, emmenant l'une de mes servantes avec lui ! Je suis donc en droit de m'emparer de lui et de le punir comme il le mérite ! » s'exclame en retour le Seigneur Tauron, d'un ton mauvais, en effectuant un geste qui ordonne clairement à ses sous-fifres d'obéir à ses ordres

Ils avancent, mais Aldaron dresse à son tour son épée devant eux et Olórin se porte à ses côtés pour leur barrer passage également. Alors ils stoppent de nouveau, indécis visiblement…

« Rána Ara Ciryaher n'a rien fait qui justifiait que tu l'enfermes dans tes geôles et je n'admettrai pas que tu te conduises chez moi, comme tu as la fâcheuse tendance à le faire en tes terres, Tauron ! » s'exclame encore Aldaron, sous l'œil intéressé de Nally, qui s'est placée à ma droite…

Sirius est venu se porter à ma gauche. Il a également sorti ses deux épées et se tient en garde, prêt à défendre sa liberté s'il le faut. Merzhin, quant à lui, observe la scène d'un peu plus loin, posté auprès du groupe de jeunes filles et d'enfants, dont nombres ont l'air apeuré…

Et cela plus que le reste me fout salement en rogne. Ils ont eu assez de chagrin et de terreur ces derniers jours, sans que ces imbéciles d'Elfes en rajoutent, putain de bordel !

En face de nous, le Seigneur Tauron a adopté l'attitude scandalisée typiquement Elfique et son œil noir darde Aldaron d'une lueur plus que furieuse…

« Comment oses-tu me parler ainsi ! Je te… » commence-t-il, avant d'être vivement coupé

« Il suffit Seigneur Tauron ! L'heure n'est pas aux querelles ! Rána Ara Ciryaher est l'invité d'Aldaron et à ce titre, il bénéficie d'une immunité ! » l'interrompt en effet Cuthalion, d'un ton impérieux…

Il vient d'arriver de je ne sais où et tous les Elfes inclinent respectueusement la tête dans sa direction. Le Seigneur Tauron lui-même baisse pavillon, rappelant ses deux compagnons à ses côtés, d'un signe de tête un peu raide, avant de tourner les talons et de s'éloigner à grands pas pressés et l'air visiblement contrarié…

« J'aurais préféré que tu me laisses régler cette affaire, Anda Atar et que j'affirme mon autorité en tant que Caun de Finrod Aranarth. » déclare Aldaron, sur un ton bas chargé de reproches, en direction de son Grand-père…

« Le Seigneur Tauron s'est senti insulté par tes paroles et il allait te défier à croiser le fer. Tu l'aurais battu, je n'en doute pas un instant. Et bien que l'affront soit effacé, il aurait fort probablement quitté Findor Aranarth avant le Conseil. Ce qui n'est en rien souhaitable, tu le sais… » répond Cuthalion, avec tranquillité…

« Pour ce que cela aurait changé ! Jamais Tauron n'acceptera une Alliance avec les Hommes, de toute façon… » intervient alors Nally, sur un haussement d'épaule…

« Après ce qu'il vient de se passer, c'est une certitude, si c'est Aldaron qui présente ce projet. Et il ne t'accorderait pas plus son vote, Nyween, tu le sais bien… » acquiesce Cuthalion, d'un air détaché…

Nally plisse les yeux dans sa direction, tandis qu'Aldaron hausse à peine son sourcil droit…

« Aurais-tu finalement l'intention de proposer cette Alliance toi-même ? » demande Nally, dans un souffle, puis, Cuthalion ayant acquiescé d'un signe de tête quasi imperceptible, elle ajoute : « Ce n'est pas ce que tu désirais, il y a quelques jours. Tu avais uniquement décidé de le soutenir et de voter en sa faveur. Que s'est-il donc produit depuis, qui t'incite à t'impliquer davantage ? »

Son Grand-père ne répond pas tout de suite. Mais son regard glisse pour aller se fixer sur le groupe d'enfants et de jeunes filles, qui ont l'air si misérables et perdus, debout, cernés par la foule des Elfes hautains. Il les observe un instant, muet comme une tombe, puis son regard balaye ses congénères à la ronde…

« Je me souviens d'un temps très lointain, où ces enfants auraient été immédiatement emmenés dans la demeure des Elfes, pour y recevoir les soins et l'amour dont ils vont avoir besoin, pour se remettre de leurs souffrances et de la perte cruelle de leurs parents… » murmure Cuthalion, son regard venant se fixer sur Nally, avant qu'il précise : « Tu as raison, Nyween, les Elfes doivent redescendre du piédestal sur lequel ils se sont placés et retrouver les valeurs qui ont autrefois fait leur grandeur aux yeux des Hommes et de tous les peuples de notre ancien Monde. »

Nally lui adresse aussitôt un sourire lumineux et elle se jette spontanément dans ses bras pour le serrer contre son cœur. Cuthalion hésite un quart de poil, avant de lui rendre son étreinte, un sourire à peine esquissé aux lèvres.

Puis, à l'invitation d'Aldaron, nous emmenons les enfants et les jeunes filles dans la demeure princière. Des servantes Humaines s'empressent aussitôt auprès d'eux, les invitant à les suivre. Je ne doute pas un instant que dans une heure au plus, toutes et tous seront propres comme des noises neuves et solidement nourris…

Ceci dit, j'aimerai qu'il en soit de même pour moi. Je rêve surtout d'un bon bain. Je porte sur ma peau, mes vêtements et mon armure, des effluves écœurants mêlant l'odeur du sang des Soudaryons, à celle de la sueur de ma course et de mon Combat. Et je suis heureux que mon vœu soit exaucé, quand un serviteur nous invite, Sirius et moi-même, à nous rendre dans une superbe salle de bains, dotée d'une baignoire aussi grande qu'une piscine. À peine sommes-nous dévêtus, le serviteur emporte nos vêtements et armures pour les nettoyer, laissant à notre dispositions des serviettes et des peignoirs épais et moelleux.

Putain ! Ça fait des semaines que j'en rêvais de me prélasser dans l'eau chaude et la mousse discrètement parfumée ! Et ça me fait tellement de bien, que je savoure ce moment divin un bon trois-quarts d'heure, avant de sortir de la flotte…

Bien sûr, le peignoir qu'on m'a attribué est bien grand, mais pas assez quand même. Il manque beaucoup en largeur aussi. Je me contente donc de nouer une serviette autour de ma taille, en attendant de récupérer mes fringues. Heureusement, je n'ai pas à le faire longtemps. Nally a fait ce qu'il fallait, afin que Sirius et moi-même puissions vite nous rhabiller, faut-il croire, car le serviteur revient bientôt avec nos vêtements tout propres et notre armure briquée comme une noise neuve. Il nous précède ensuite dans les couloirs, pour nous ramener auprès de Nally et Merzhin, installés dans une belle salle à manger où l'on pourrait largement faire banquet à cinquante personnes pour le moins…

« Combien de temps, d'ici à la Porte ? » demande-je, en me laissant tomber sur les coussins qui constituent nos sièges autour de la table basse, sur laquelle est servie un déjeuner royal…

« Huit jours. Mais, Anda Atar désire que nous soyons présents pour le Conseil tous les trois. Sirius en tant que représentant des forces Rebelles à Balegarian auprès desquels il a combattu, toi Ron, pour exposer la situation dans notre Monde et enfin moi-même, car je suis la Guerrière Gardienne du Temple, autrement dit la Cheffe Suprême des Armées de Celtycie. Il compte vivement que nous agréons à son invitation bien sûr et ce serait grandement maladroit de notre part, de la refuser… » répond Nally un peu dépitée, tandis que je soupire à fendre l'äme…

Putain, il y a quelques heures, nous n'étions plus qu'à une journée de voyage. Et il va falloir maintenant prolonger notre séjour ici ! C'est vraiment la poisse, me dis-je, en jetant un coup d'œil vers Sirius…

J'avoue que je me demande sérieusement si ce n'est pas à cause de la Malédiction qui pèse vraisemblablement sur lui…

« Et il a lieu quand exactement ce Conseil et il durera combien de temps ? » demande-je, encore, avec une résignation fataliste…

« Il a lieu dans douze jours et durera probablement trois jours pleins au moins, afin de laisser un délai de réflexion raisonnable à tous ses Vénérables Membres… » révèle Nally, un peu grinçante, tandis que je peste intérieurement…

Bordel, nous sommes coincés en Celtycie pour trois semaines encore ! Si je calcule bien, j'aurai passé au bas mot deux mois en Celtycie, soit une bonne quinzaine, voire trois semaines du temps de notre Monde, selon les zones de Temporalité Instable, que nous avons traversées ici ou là…

Merde ! Il a pu déjà se passer un million de choses chez nous et il pourrait encore s'en passer autant !

« Si vous le voulez, je peux vous amener à la Porte. Mes Roherdirons et moi-même en profiterons pour poser les Protections supplémentaires comme nous avons convenu de le faire tantôt. Et je reviendrai vous chercher le jour du Conseil… » propose cependant Merzhin, après un petit silence…

Pour un peu, je lui sauterai au cou comme un gamin heureux du cadeau de Noël qu'il vient de recevoir…

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Chez Nally

Acte 6 : Attaque Eclair

Harry

Coup d'œil sur l'horloge. 21H30.

Que vais-je bien pouvoir faire de ma soirée, maintenant que Jérémy et Jodie sont rentrés à Poudlard et que j'ai ramené Jonas au Terrier, me demande-je, en me laissant tomber sur le fauteuil que j'ai pris l'habitude d'occuper dans le salon…

A peine ai-je pensé cette question, que mon Bipper sonne…

Al Gén Po Renf FR. Gr Com RU1 lis-je…

Autrement dit : Alerte Générale Pour Renfort, Groupe Commando Royaume Uni1. Celui dont je suis le Chef.

Je me lève aussitôt d'un bond. Je m'équipe rapidement de mes Ecouteurs et de mon Micro, saisis mon Balai et me précipite vers la porte…

C'est la troisième alerte pour mon groupe ce week-end. Je suis déjà allé en Belgique et en Allemagne, qui ont subi une série d'Attaques éclairs la nuit dernière.

Lucius, Rabastan, Bellatrix et Yaxley obéissent scrupuleusement à leur Maitre et sèment la terreur dans leur sillage en Europe Continentale. En tout, c'est à une bonne quinzaine d'alertes, que l'Ordre a répondu en 48H00…

« Attends-moi Harry ! Je suis aussi appelée ! » s'exclame Hermione, alors que j'allais sortir…

Je me retourne vers elle. Elle traverse le salon, saisit la main que je lui tends et nous courrons à perdre haleine jusqu'aux portes du Château, avant de Transplaner en direction de Peterhead.

Tous les gars et filles de nos groupes sont déjà là-bas à notre arrivée et au signal convenu, nous nous engouffrons dans la Cheminée, par trois ou quatre. Nous sommes accueillis à l'arrivée, par un vieux type qui nous donne des coordonnées de Transplanage, aussitôt sortons-nous de la Cheminée.

L'Attaque a lieu dans un village Sorcier niché dans une vallée, au Sud de la France. Depuis la petite hauteur sur laquelle nous sommes arrivés, nous pouvons voir que la plupart des Maisons sont en flamme et que c'est la panique partout dans les ruelles, où les Membres de l'Ordre Français, Italiens, Espagnol et Portugais sont déjà à pied d'œuvre, se battant avec ardeur contre un important groupe de Mangemorts, mené d'après ce que je comprends dans mes Ecouteurs, par Bellatrix Lestrange…

La salope va s'acharner et ce ne sera donc pas comme la nuit dernière, où les Mangemorts se sont carapatés à peine étions-nous arrivés …

« On se répartit en deux équipes. Olivier, Tonks, Ken et vos sous-groupes, vous venez avec moi. Hermione, tu prends la tête de la seconde équipe. On les prend en étau pour commencer. Trois passages en Balai avant de mettre pied à terre…. Allez on y va et gaffe à vos fesses tout le monde … » décide-je, immédiatement…

Nous enfourchons nos Balais et fonçons vers le village, filant en rase-motte le long des ruelles, pour lâcher des pièges au-dessus de la tête des Mangemorts. Notre intervention est accueillie avec joie par les Membres de l'Ordre déjà sur place, avec cris de rage par les Mangemorts désormais prisonniers de Mines Caméléon…

« Lestrange a réussi à entrer dans la salle du conseil du village avec pas mal de Mangemorts ! Il y a plusieurs familles qui s'étaient réfugiées dedans ! J'ai besoin de renfort ! » s'exclame soudainement Bruno Clovignac, d'un ton vivement inquiet, alors que nous venons de terminer le second passage…

« Je viens avec mon équipe ! Hermione tu nous rejoins après le troisième passage ! » m'exclame-je en retour, effectuant une large boucle pour revenir vers le cœur du village…

Je fais un tour rapide aux abords de la salle du conseil pour évaluer la situation. Elle est bien défendue par les Mangemorts, présents en nombre important et des hurlements épouvantables, proviennent de l'intérieur. Les familles prisonnières sont torturées, cela ne fait aucun doute…

« Il n'y a qu'un moyen d'entrer dans la salle sans la faire exploser et risquer la vie des familles, Bruno, c'est par le toit. Occupe les Mangemorts depuis ta place, pendant que je fais voler les tuiles avec mon groupe ! On va faire ça en silence pour surprendre ceux qui sont dans l'appartement à l'étage ! » m'exclame-je, dirigeant déjà ma Baguette vers la salle du Conseil…

Les tuiles s'envolent aussitôt, découvrant le plancher du grenier, que nous dégageons dans la foulée. Les Mangemorts qui se trouvent à l'étage réagissent aussi sec, nous canardant de Maléfices et d'Avada. Ils se prennent illico des Pétards Métamorphosants sur la tronche, tout aussi rapidement suivis de Filets de Pêche à Mangemort…

Ça se présente pas mal du tout pour nous maintenant. Quasi tous les Mangemorts qui étaient encore dehors ont été neutralisés et la salle du conseil est cernée. Bellatrix s'est finalement piégée toute seule comme une grande.

Mais je ne me leurre pas, le plus dur reste à faire quand même. Il faut maintenant neutraliser cette salope et ses salopards et surtout libérer les familles…

« Bruno, Hermione, continuez de bien occuper les salauds qui sont au rez-de-chaussée. Nous, nous allons poser pied à l'étage dans le plus grand silence. Désillusion puis nous descendons par l'escalier. » ordonne-je dans mon Micro…

Aussitôt dit, aussitôt fait. Ça canarde sec en bas et je me pose avec mon équipe dans l'appartement du Chef du Conseil du village. Nous jetons des Silencio sur les Mangemorts prisonniers des Filets, dont la Métamorphose en poissons va prendre fin dans quelques secondes, puis nous nous Désillusionnons et nous dirigeons vers l'escalier.

Avant de descendre, je recommande à mon équipe de se déployer par deux et de neutraliser les Mangemorts à coups de manchettes bien placées, si nous pouvons entrer dans la grande salle sans avoir à en ouvrir bruyamment la porte auparavant…

Puis j'entame la descente, m'arrêtant à mi-parcours, bloqué par les cadavres d'un homme et d'une femme, accrochés l'un à l'autre. Ils ont été tués d'un Vide-Entrailles et leurs intestins sont répandus sur les marches, dans une mare de sang. Je déplace les cadavres avec précaution, réprimant des nausées, à la vue des organes qui s'échappent des ventres béants, puis je nettoie les marches et nous finissons de descendre l'escalier.

Et pas de chance, quand nous arrivons en bas, le hall est vide, mais la salle du Conseil est fermée…

« Nous sommes dans la place, mais nous n'allons pas pouvoir entrer avec toute la discrétion que nous désirions… » informe-je Bruno et Hermione...

« Regarde, il y a une porte derrière l'escalier. Elle doit donner sur une cave. Ils ont peut-être descendu les prisonniers dedans… » souffle Angelina, à mes côtés.

« Ouais. Mais il n'y a plus un cri. Ça ne me rassure pas du tout ça… » renchérit Ken, quelque part derrière moi…

Il a raison. Des Maléfices fusent de part et d'autre, dans des bruits de verre brisé, de bois et de pierres explosés, mais il n'y plus un seul hurlement maintenant, pas même des gémissements. Et je crains fort que les familles aient été tuées…

« Ils les ont peut-être seulement rendu muets, pour ne plus les entendre crier... » souffle Ramaya, avec un espoir ténu dans la voix…

« Faut pas compter là-dessus. Habituellement ces fumiers se repaissent au contraire des cris de leurs victimes… » répond Olivier, d'un ton sourd, où transperce de la douleur…

Il doit penser terriblement à sa famille. Et je suis sûr au fond de moi, qu'il triture le collier de perle de sa Grand-mère, qui n'a pas quitté son cou depuis Novembre dernier…

« Qu'ils soient morts ou vivants, nous n'avons pas le choix de toute façon. Il faut entrer en force. Olivier et Tonks, la cave, Ken avec moi. On explose les portes et on fonce en baissant la tête. Tâchez de profiter le plus possible de l'effet de surprise… » décide-je, en relâchant mon Sortilège de Désillusion.

Les gars et filles en font autant autour de moi et nous allons nous placer. A mon signal, les deux portes sont fichues en l'air et nous fonçons bille en tête…

Bellatrix explose de rire en me voyant débouler dans la salle, jetant aussi sec un Avada Kedavra. Je détourne le Maléfice vers l'un des Mangemorts qui pointe sa Baguette dans ma direction, avant de riposter vers la salope, bien déterminé à lui faire très mal.

Mais la sale pute disparait de ma vue, avant que mon Expulsio l'atteigne et il s'écrase contre le mur, faisant un très gros trou dedans…

« Merde ! Elle avait prévu un Portoloin la charogne ! » explose-je, tandis que les trois ou quatre Mangemorts encore en lice, tombent comme des mouches…

Bellatrix Lestrange m'a échappé et je me sens à la fois dépité et enragé. Putain ! J'aurais dû lui renvoyer son Avada à la tronche à cette salope ! me dis-je, en regardant autour de moi, une terrible envie de pleurer montant inexorablement dans ma gorge…

Il n'y a que des cadavres ensanglantés. Les enfants sont effondrés sur les bancs du public, tandis que les corps des adultes sont amoncelés sur l'estrade où devait être autrefois disposée la table du Conseil rejetée sur le côté… Je devine confusément que les parents ont assisté, au meurtre de leurs enfants, avant d'être tués à leur tour…

« J'aurais dû lui renvoyer son Avada à la gueule… » me répète-je dans un murmure, d'un ton étranglé…

« Non. Tu te serais pris un Avada par l'autre salopard qui te menaçait aussi… » murmure Olivier, en posant une main sur mon épaule pour la serrer avec amitié, avant d'ajouter : « Ce sera pour la prochaine fois, Harry. On ne fera plus de quartier pour cette sale pute. Le premier d'entre nous qui croise son chemin la tuera. Sans sommation. Sans état d'âme… »

J'acquiesce.

Et tous les gars et filles qui sont là avec nous, acquiescent également…

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En Celtycie

Acte 7 : L'Idée De Nally

Ron

A mes côtés, Nally sursaute, puis son visage s'éclaire sur un sourire et je devine illico qu'elle a une idée en tête…

« C'est une excellente idée, Merzhin, mais j'en ai une meilleure encore… » déclare-t-elle, avant de se lever d'un bond

Elle amorce un demi-tour pour courir vers la porte, mais j'allonge le bras et lui saisis vivement la cheville, pour la retenir…

« Je ne doute pas un seul instant que ton brillant cerveau ait effectivement pondu une géniale idée, Nally, mais il est hors de question que tu nous laisses sur une faim, que ce succulent repas ne pourra guère apaiser. Alors explique-nous ce que tu as en tête, s'il te plait… » déclare-je, en la regardant avec supplique, droit dans ses yeux qu'elle a baissés sur moi…

« Tu as raison. Vous êtes tout aussi concernés que moi et je vous dois des explications… » concède Nally sur un sourire…

Elle se rassoit aussi sec à table, tandis que Sirius, Merzhin et moi-même sommes suspendus à ses lèvres… Bien que je n'oublie pas non plus de caler mon estomac qui réclame pitance bruyamment depuis un quart d'heure…

« Anda Atar souhaite que nous assistions au Conseil, pour les raisons que je vous ai exposées tout à l'heure. Ne trouvez-vous pas injuste, qu'il y ait autant de représentants Elfes et si peu de représentants Humains, alors qu'il est question de décider de l'entrée en guerre des Elfes et de signer un Traité d'Alliance avec les Humains ? Et ne pensez-vous pas que tous les Chefs et leur Etat-Major devraient être présents à cette occasion ? » demande-t-elle, en haussant un sourcil à la ronde…

« Oui, bien sûr… Tu veux donc convier Gaspard ? » réponds-je, en plissant quelque peu les yeux.

Je commence à voir confusément où elle veut en venir…

« Oui. Et son Etat-Major au complet. » répond Nally, tandis que cela se précise bien dans mon cerveau…

« Mais voilà, il y a des Sorciers parmi eux, qui ne peuvent venir ici en toute sécurité. » murmure-je, sous les hochements de tête approbateurs de Sirius et Merzhin…

« Et le Conseil n'acceptera pas de se déplacer dans le Village Rebelle… » renchérit ce dernier, un sourire pétillant dans son regard…

« Exactement ! Il faut donc que le Conseil ait lieu dans un lieu neutre, sécurisé afin que Balegarian ne puisse y envoyer ses Dévoreurs de Magie. Et quel meilleur endroit dans ce cas, que chez moi, où par ailleurs, je pourrai faire venir les Chefs de l'Ordre du Phénix et leur Etat-Major également…» sourit largement Nally…

« Pourquoi l'Ordre ? » demande-je, en fronçant les sourcils…

« Tout à l'heure, Anda Atar m'a appris qu'il est revenu à ses oreilles, que Sev a dévoilé notre existence à quelques Humains de notre Monde et qu'il va devoir s'en expliquer très bientôt. Il pourra le faire à cette occasion devant le Conseil au complet. » répond Nally, qui soupire ensuite, avant d'ajouter : « Et puis Olórin affirme toujours que Harry serait le jeune Maedhros de sa Vision et il va le dévoiler lors du Conseil. Alors, même si je persiste à penser qu'Olórin se trompe, j'estime normal et impératif que Harry soit présent… »

Je frissonne. Harry ayant un rôle à jouer dans la guerre contre Balegarian, cela ne me plait décidément pas du tout. Je refuse cette idée…

« Ok… Je comprends… Et tu crois que tu vas réussir à convaincre Cuthalion d'accepter ta proposition ? Et si tu y parviens, comment crois-tu que réagiront les Membres du Conseil, lorsqu'il leur apprendra qu'il n'a plus lieu ici, mais chez toi ? Tu n'es pas en odeur de sainteté auprès d'eux, d'après tout ce que tu m'as raconté… » demande-je, avant de croquer dans une cuisse de poulet…

« Je suis Cheffe des Armées en Celtycie, Ron. Les Elfes auront besoin de moi, pour organiser la défense, prendre la tête de leur Etat-Major et des troupes. Alors les Membres du Conseil ne m'aiment pas certes, mais ils devront obligatoirement faire avec moi à un moment ou l'autre. Et ici ou chez moi, cela ne change pas grand-chose. Par ailleurs, Anda Atar est leur Roi, il n'a qu'à ordonner que le Conseil déménage au Paradis et il sera obéi. Quant à convaincre Anda Atar, il n'y a qu'à lui demander ce qu'il en pense, puisqu'il nous écoute depuis trois bonnes minutes maintenant, ainsi qu'Aldaron et Olórin… » répond Nally, en se tournant vers une porte donnant vers l'extérieur…

Enfin une porte… Une ouverture dans le mur plutôt. Il n'y a pas de vitres aux fenêtres ni de portes, ici. Il n'y en a pas besoin. Il fait toujours beau, dans ce coin de Celtycie, nous a rapporté Aldaron, sur le chemin de notre voyage et toutes les pièces de sa demeure sont largement ouvertes sur l'extérieur…

« Tu n'as rien perdu de la finesse de ton ouïe, Nyween… » déclare Cuthalion, en pénétrant dans la salle à manger, avec Aldaron et Olórin…

Moi, je ne les ai pas entendus arriver par ici. Ça m'emmerde un peu ça. Ces Elfes sont décidément bien trop discrets dans leurs déplacements à mon goût…

« Bien sûr que non, Anda Atar. Je l'exerce toujours rigoureusement. » répond Nally, en invitant d'un geste son Grand-père, son frangin et Olórin, à prendre place à table avec nous, avant de demander : « Alors, que penses-tu de ma proposition ? »

« Que tu souhaites avant tout rejoindre Galdor Aranwë au plus vite… » répond Cuthalion, le visage impassible…

Aïe, aïe, aïe… Je n'aime pas cette réponse du tout. Cuthalion engage la conversation sur un terrain glissant là…

Et je crains fort que ça parte en cacahouète…

« C'est vrai, je l'avoue sans peine, Anda Atar. Tout comme Ron est hâtif de rejoindre mon fils, Harry. N'est-ce pas normal, de vouloir retrouver notre Âme Sœur et faire de nouveau corps et cœur avec elle ? Galdor Aranwë et moi-même avons déjà sacrifié 17 ans de notre vie commune en notre Monde, au seul profit de la Celtycie. Devons-nous sacrifier davantage encore, simplement pour ménager la susceptibilité de quelques Elfes doués de très longue vie, qui ne comprennent rien à l'amour que nous avons pour le Monde Sorcier et ne nous pardonnent pas d'avoir renoncé à notre Elfitude ? » réagit Nally, avec douceur…

Mais la douceur se cantonne au ton de sa voix, car il y a une certaine défiance dans son regard… Ou une défiance certaine, au choix. Bref, peu importe ça…

Ce qui compte, c'est que ça va partir en cacahouète sans coup férir, comme je le subodorais, car Cuthalion fixe maintenant Nally de ses yeux pointus, noircis de colère.

Putain… Ça m'emmerde profondément que nous soyons bons pour un nouveau conflit entre ces deux-là. Parce qu'alors Cuthalion est fichu de rejeter en bloc la proposition de Nally et sa décision de présenter lui-même le projet d'Alliance avec les Hommes, au Conseil…

Et ça, indépendamment du fait que cela retarderait notre retour à la maison, ce ne serait vraiment pas de bon augure pour la Celtycie. Et donc pour notre Monde non plus. Car si la Celtycie s'effondre, ce sera la cata pour notre Monde également…

Et nous en avons bien assez comme ça sur le dos déjà…

« Indépendamment des motifs personnels fort légitimes qu'elle vient de nous exposer, Nyween a parfaitement raison, Anda Atar. Le Conseil devrait réunir les Chefs de toutes les parties concernées, y compris les Sorciers de l'autre Monde. » intervient Aldaron, affichant un air plutôt neutre…

Maitrisé plus précisément.

« Je n'en doute pas Aldaron. Là n'est pas l'objet de mon mécontentement… » répond sèchement Cuthalion, sans quitter Nally du regard…

« Quel est-il dans ce cas ? Qu'ai-je encore fait ou dit qui te déplaise ? Aurais-je dû te demander audience, pour t'exposer mon idée ? C'est cela ? J'aurais dû y mettre plus de formes et me soumettre à ces ronds de jambes ridicules exigés par le protocole ? Si c'est cela, eh bien n'espère pas que je m'y plie ! J'ai autre chose à faire que de m'adonner à ces pratiques désuètes et inutiles, qui ne servent qu'à perdre un temps précieux ! » explose à demi Nally, avec brusquerie, tandis que je lève les yeux au ciel…

Décidément, en présence de son Grand-père, Nally a les réactions typiques d'une ado rebelle…

« Ce qui me mécontente, Nyween, c'est que tu ne m'aies pas appris plus tôt, que j'ai un Arrière-Petit-fils ! Ni que cet Arrière-Petit-fils est suffisamment âgé pour être déjà attaché à une Âme Sœur ! Althibalys en l'occurrence ! » siffle Cuthalion, son regard glissant brièvement sur moi, avant de revenir vers Nally et de demander, sur un ton exigeant fermement une réponse : « Quand mon Arrière-Petit-fils est-il né et pourquoi me l'avoir caché ? »

« Je ne t'ai rien caché du tout ! Harry est le fils de mon amie Lily, morte alors qu'il n'avait que 17 mois. J'étais sa Marraine et il y a un mois et demi du Temps de mon Monde, je l'ai adopté comme mon fils, répondant ainsi à son souhait et à mes propres vœux ! Althibalys est son compagnon depuis plusieurs mois du Temps de mon Monde et pour compléter ton information, sache qu'ils ont adopté trois enfants il y a quelques semaines. Tu es donc Arrière-Arrière-Grand-père maintenant ! Et si je ne te l'ai pas dit déjà, c'est parce que je n'en ai pas eu le temps, figure-toi ! Tu nous as quitté à peine tes décisions ont-elles été rendues quant à l'Alliance avec les Hommes ! Si tu avais pris le temps de déjeuner avec nous avant de partir, je t'aurais parlé de ma famille ! Maintenant, si tu veux faire la connaissance de mon Fils et de mes Petits-enfants, il ne tient qu'à toi de le faire. Accepte ma proposition et tu les verras chez moi, lorsque le Conseil se réunira. En attendant, si tu es impatient d'en savoir davantage à leur propos, Althibalys peut te montrer leurs photographies. Ainsi tu sauras au moins les reconnaitre lorsque tu les verras ! » répond Nally, avec sècheresse…

Cuthalion plisse imperceptiblement les yeux. Ça va chauffer je crois…

Alors je décide de mettre fin à l'orage qui se prépare, en lui fourrant vite fait mon album photo sous le nez. Il sursaute, en voyant surgir sous ses yeux, la photo sur laquelle mon Harry est si beau et si charismatique…

« Harry est notre Chef de Guerre et selon une Prophétie, il est celui qui détient le pouvoir de vaincre Voldemort. Par ailleurs, d'après la Vision d'Olórin, il est aussi le Maedhros sur les épaules duquel repose, en même temps que sur celles de Nally, le destin de la Celtycie… » explique-je, tandis que Cuthalion fixe toujours la photo de mon petit ami…

Il ne répond rien. Mais ses yeux se lèvent vers moi, pour me river à mon tour. Il n'a toujours pas retrouvé sa sérénité, c'est sûr. Je soutiens cependant son regard sans ciller et je décide de tenter le charme et l'humour, même si j'ai peu d'espoir que cela marche avec lui…

Ce n'est pas un marrant Arrière-Grand-Papa Cuthalion, de ce que j'ai pu voir jusqu'à présent. Mais bon, on ne sait jamais. Je peux me tromper.

« Désolé de t'avoir retourné comme une crêpe et menacé de te priver à jamais de tes royaux glaouis, sur un ton aussi peu respectueux, Arrière-Grand-Papa. J'aurais dû y mettre plus de formes. Promis, ça ne se produira plus…» déclare-je, avant de lui présenter mon sourire charmeur numéro un…

Sirius éclate aussi sec de rire. Nally et Aldaron dissimulent tant bien que mal un sourire, que Merzhin, lui, ne cache pas. Quant à Olórin, allez savoir ce qu'il pense. Il a les yeux tellement dans le vague, qu'il a l'air à des milliers de lieues d'ici…

Bon… L'atmosphère est détendue de notre côté. C'est déjà ça. Mais Cuthalion n'a pas l'air décidé à lâcher du lest. La joie de mon regard ne semble pas contaminer le sien…

Il me faut donc tenter une autre approche…

« Jonas, Jérémy et Jodie, mes enfants adoptifs, ont respectivement 3 ans, 11 ans et 14 ans. Jonas a été maltraité par son Grand-père, son père était un Mangemort et sa mère a été tuée lors d'une Bataille très sanglante le jour de la fête des amoureux. Jérémy a été torturé dans les geôles de Voldemort, en même temps que Harry, en début d'année. Ils ont bien failli mourir tous les deux, mais ils se sont relevés avec courage et ont lutté pour leur survie, en s'épaulant l'un l'autre. Jodie est engagée dans le Groupement de Défense de Poudlard, notre Ecole de Sorcellerie. Elle est bien décidée à se battre, malgré son très jeune âge. Alors tu penses bien que je m'inquiète pour eux, n'est-ce pas ? Et pour le reste de ma famille aussi. Ils se battent tous et bien que je sache que nos dernières grandes Batailles ont été gagnées, j'ignore s'ils sont tous en vie encore, en ce moment même, car il peut y avoir eu d'autres Combats depuis. Alors oui, j'ai hâte de rentrer, de les prendre dans mes bras et de leur dire que je les aime. Tu peux comprendre cela, n'est-ce pas ? Combien de fois déjà t'es-tu toi-même fait du mouron pour ta femme, pour ta fille et pour Nally, lorsqu'elles allaient se battre ? Au regard de cela, est-ce si important, que Nally n'ait pas eu le temps de te parler de sa famille ? Est-ce que cela vaut que tu te fâches avec elle encore une fois ? » déclare-je maintenant avec douceur, en haussant un sourcil vers Cuthalion…

Encore une fois, il ne répond pas. Mais il quitte mon regard, prend l'album de mes mains et il en tourne quelques pages, examinant chacune d'elle avec attention, avant de lever de nouveau les yeux vers moi…

« Je te souhaite de retrouver tous les tiens en bonne santé, Althibalys. No galu govad gen, puisse la chance vous accompagner. Nous nous verrons lors du Conseil, chez ma Petite-fille. » dit-il d'un ton plus chaleureux qu'habituellement, avant de diriger son regard vers Nally et d'ajouter pour elle : « Nul rigueur dans mon cœur pour toi, Nyween. Al diel shala,calo anor na ven (1)… »

« Hannon le, Anda Atar. Je serai très heureuse de t'accueillir chez moi et de te présenter ma famille… » répond Nally, avec un doux sourire, allongeant spontanément le bras, pour venir serrer la main de Cuthalion avec tendresse…

Son Grand-père étire à peine les lèvres et referme brièvement ses doigts sur les siens puis il se lève vivement, quittant rapidement la salle à manger…

« Merci à toi aussi, Ron. Une fois de plus, tu as dénoué les tensions qui règnent entre Anda Atar et moi-même et tu as également permis à la situation d'avancer favorablement… » ajoute Nally, dès que son Grand-père est hors de vue…

« Ouais… Mais il faudrait quand même que vous appreniez à le faire sans moi, tous les deux, tu ne crois pas ? » réponds-je, avec un soupçon de reproches dans la voix…

« Désolée, je suis trop sur la défensive, je le sais… » soupire Nally, l'air contrit…

« Mouais… Tu te comportes comme une ado rebelle, dès qu'il est dans les parages. Il est temps que tu te conduises devant lui, comme l'adulte que tu es en réalité, tu ne crois pas ?… » souris-je, en effectuant un clin d'œil dans sa direction…

« Oui, tu as raison. Il y a de vieux réflexes que je dois apprendre à gérer. Sirius et moi-même, nous allons pouvoir nous accompagner et nous épauler mutuellement dans notre processus d'Adultarisation, n'est pas ? » répond Nally, avant d'éclater de rire, de concert avec Sirius et moi-même…

Sur ce, nous nous levons de table et faisons nos adieux à Aldaron et Olórin, avant de nous mettre en route pour la maison…

Je ne saurais décrire à quel point cela me rend heureux et, bien que les Phterydrons soient archi rapides, je piaffe d'impatience dans le chariot qui nous emmène vers la Porte. Alors inutile de préciser que j'en saute bas à peine arrivons nous à destination, à l'orée d'une immense et belle forêt…

Signe au revoir à Merzhin et ses Roherdirons et hop, en route pour la maison ! Mais j'ai beau tourner la tête dans tous les sens, je ne vois pas la Porte…

« A trois cent pas environ, droit devant nous… » sourit Nally, en se pendant à mon bras, un immense sourire aux lèvres…

Elle s'accroche aussi à celui de Sirius, qui s'est placé à sa gauche et nous emmène d'un pas allègre.

Trois cent pas, juste trois cent pas et nous y sommes.

Putain ! J'espère que la poisse de Sirius ne va pas frapper, juste pour le plaisir de nous retarder encore !

J'avance le cœur battant à tout rompre, à l'écoute de chaque bruit, à l'affût du moindre bruissement dans les herbes hautes et les feuilles. Un millier d'ennemis pourraient nous attaquer, que je me sens prêt à tous les dégommer. Rien ni personne ne pourra m'empêcher de rejoindre mon Harry. Pas alors que nous sommes aussi près du but.

Et enfin je vois la fameuse Porte. Elle est bien plus engageante que celle qui nous a menés dans l'Antre de Kogriah, il y a un siècle de cela déjà, me semble-t-il. Elle est toute blanche, avec des incrustations dorées qui dessinent des symboles…

Mes mains sont moites.

Encore trois pas et je vais franchir cette fichue Porte. Et retrouver Harry. Et ma Magie…

Mais voilà soudainement que Sirius stoppe net, sourcils froncés…

Qu'est-ce qui lui prend ?

« Sirius ? » demande Nally, surprise…

Sirius sursaute et tourne son regard vers elle. Il a l'air soucieux…

« Tu crois vraiment qu'ils s'attendent à me voir revenir avec vous ? » demande-t-il, pas l'air sûr pour un rond…

« Mais bien sûr, c'est une certitude ! Et ils doivent piaffer d'impatience, tout comme nous… » répond Nally, un sourire dans la voix…

« Excuse-moi, je me suis mal exprimé. Je me doute bien que Harry, Remus et quelques autres m'attendent, effectivement, autant qu'ils vous attendent. Mais la petite qui garde ma Magie, sait-elle que je vais revenir ? Et comment cela va-t-il se passer pour elle ? Cela va-t-il lui faire du mal, quand Plumki va la quitter ? » demande-t-il maintenant, l'air plus inquiet encore…

Je n'avais pas pensé à cela, je l'avoue. Sans doute parce que jamais Miho ne nous a dit que cela lui faisait du mal, quand Plumki partait en vadrouille.…

« Non, Miho n'aura absolument pas mal, ne t'inquiète pas pour cela, Sirius. » répond Nally, en se mordillant soudainement la lèvre avec nervosité, avant d'ajouter : « En revanche, j'ignore si les autres l'ont préparée déjà à ton retour et il vaut peut-être mieux que je m'en assure, avant de te ramener. Car dès qu'elle sentira ta présence dans notre Monde, ta Magie va se précipiter vers toi et cela pourrait inquiéter Miho de ne plus la sentir avec elle, puisque nous avons recommandé vivement à Plumki de ne plus la quitter d'un pouce… »

Aïe… C'est vrai ça… Miho pourrait effectivement s'affoler.

« Qui va pouvoir la protéger de Voldemort, quand Plumki ne sera plus avec elle ? » interroge cette fois Sirius, sur un soupir, avant de déclarer avec fermeté : « Ecoute Nally, si c'est possible, avant de récupérer ma Magie, je veux parler à la petite, faire sa connaissance et la remercier. Et je suis prêt à attendre le temps qu'il faut, s'il vaut mieux que Plumki reste avec elle, pour la protéger de Voldemort. Ça ne m'empêchera pas de pouvoir rendre service à l'Ordre de toute façon, n'est-ce pas ? J'apprendrai à me servir de votre matériel de communication et j'espionnerai le Manoir par exemple. Je ferai n'importe quoi, pour que cette enfant ne soit pas en danger. Et s'il faut que je reste ici, je le ferai… »

« Si Plumki avait été un Esprit, il aurait pu aider Miho à repousser Voldemort hors du sien peut-être. Miho ne pourra pas se défendre de lui. Elle est trop jeune, pour pouvoir s'entrainer à l'Occlumancie. Mais séparée de toi, ta Magie ne sera pas suffisamment forte pour contrer celle de Voldemort, il faut nous rendre à l'évidence, Sirius. Et leur Combat pourrait faire bien plus de tort que de bien à Miho. Cela pourrait la tuer même. Il vaut donc mieux que Plumki revienne avec toi… » répond Nally avec douceur, marquant une brève pause avant d'ajouter : « Ceci dit, tu as raison sur un point : il faut que vous fassiez connaissance. Miho est très attachée à Plumki et ce sera difficile pour elle, de ne plus avoir sa compagnie. Te connaître pourrait l'aider à surmonter un peu sa peine. Et si je lui explique qu'il doit attendre que Miho soit prête pour leur séparation, je suis certaine que Plumki patientera, avant de réintégrer ton corps… »

Mon cœur se pince un poil.

Nous étions si près de rentrer…

Mais Nally et Sirius ont raison. Il faut s'assurer que Miho soit prévenue que Plumki va rejoindre son hôte. Et je ne vais pas laisser Sirius attendre tout seul au Paradis, n'est-ce pas ?

« Cela va prendre combien de temps, d'aller la voir et de lui expliquer tout cela ? » demande-je, tandis que les Protections Anti Dévoreurs de Magie posées par Merzhin et les Roherdirons, se déploient avec langueur autour de nous, dans un frémissement des arbres et de toutes les plantes de la forêt…

Il me semble même les sentir frémir sur ma peau. En tout cas, tous mes poils se redressent durant quelques secondes…

« Tout dépend quelle heure il est chez nous. Si Miho est en classe, il va falloir attendre que ses cours soient terminés. Et tout dépend aussi de ce que les autres sont en train de faire. Je ne peux pas surgir comme ça à Poudlard, pour aller chercher moi-même Miho. Nous, je ne sais pas, mais toi Sirius, tu as été déclaré mort. Il va donc falloir fournir une explication solide, pour justifier ton retour et peut-être le nôtre également. Et j'avoue que pour l'instant, je n'ai rien de plausible à proposer… » répond Nally, sur un soupir…

Ouais, bien sûr. J'y ai pensé moi aussi, à ça. Qu'est-ce qu'on va pouvoir raconter, sans trahir le secret de la Celtycie ? Et moi non plus, je n'ai pas la moindre idée qui se tienne.

« Bon, ok. Ne perdons plus de temps. Passons cette fichue Porte et toi Nally, tu nous laisses au Paradis, le temps d'aller chercher Miho. Sirius et moi-même, nous trouverons bien à nous occuper d'ici que tu reviennes avec elle… » déclare-je, soupirant moi aussi…

« C'est généreux de ta part, Ron. Mais ne t'inquiète pas pour moi, la solitude, ça me connait. Je ne t'en voudrai pas de me laisser, pour rejoindre Harry. Lui aussi, doit désespérer de te voir revenir… » intervient Sirius, avec un sourire franc…

« Ne me tente pas, Sirius. Ce n'est pas sympa de ta part. Je reste avec toi, point barre. » réponds-je, en lui claquant l'épaule.

« Oui et de toute façon, je vous envoie Harry si c'est possible, dès que je rentre à la Maison. Le reste de la troupe suivra très vite, le temps de les prévenir… » sourit Nally, avant de nous saisir par la main Sirius et moi-même, pour nous faire franchir enfin la Porte…

Cette fois, je n'ai pas l'impression d'être déshabillé comme un lapin et le Paradis s'offre à nos yeux, sous la splendide lumière rougeoyante d'un Soleil couchant…

Un seul Soleil…

Nous sommes bien revenus dans notre Monde cette fois, c'est sûr…

Il ne nous reste qu'à dégringoler la Montagne pour rejoindre le village de Yourtes. Ce qui est vite fait, car Nally nous fait Transplaner, avant de nous quitter, Sirius et moi…

« Bon, ben en attendant que Harry arrive, je te fais visiter les lieux ? » propose-je à Sirius, en fourrageant dans ma tignasse…

Sirius acquiesce et je décide de commencer la visite, en lui montrant notre Yourte d'Etat-Major…

Il faut bien commencer quelque part, non ?

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(1) Al diel shala= Bon voyage - Calo anor na ven = Puisse le soleil briller sur ta route

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