Disclaimer : cf chapitre 1

.

Grand merci à Mistycal, ma formidable beta !

.

OoOoOoO

Réponses aux commentaires anonymes sur mon forum : - Yzeute – Lion -

OoOoOoO

.

Retrouvailles 1 / 2

Acte 1 : Severus et Nally

Severus

Il est presque 23H00 lorsque Harry et Hermione rentrent chez Nally. Ils ont tous les deux le regard très grave et lourd. Et sont visiblement harassés…

« Comment allez-vous, vous deux ? » demande-je, après les avoir étreints…

Cela a été dur, je le sais, bien. Pas la Bataille. Elle n'a pas duré très longtemps d'après ce que j'en sais. Mais de ne pas avoir pu sauver les familles du village qui a été la cible de Bellatrix ce soir…

« Cette sale charogne de merde de Bellatrix nous a échappé, alors tu penses bien que ça ne va pas.. » maugrée Harry, en pinçant durement les lèvres…

« Bien sûr. Mais vas-y, décharge toi le cœur de tout ça et ça ira mieux… » acquiesce-je, en pressant l'épaule de mon fils, en un geste de réconfort…

Il soupire…

« A part ça, tous les Membres de l'Ordre Britanniques sont entiers et en vie. Nous comptons seulement quelques blessés légers. Les Français ont subi deux pertes avant que nous arrivions. Et nous avons tardé à rentrer, parce que nous avons donné la main aux Français, pour rassembler les corps des morts et chercher des survivants dans les décombres. Cette attaque a été la plus meurtrière de ces dernières 48H00, Papa. Il n'y a que quatre survivants… Quatre seulement, sur tout un village, tu te rends compte… » déclare Harry, en se laissant tomber sur un fauteuil, tandis que je sers un thé…

« Il fallait s'y attendre. C'est même étonnant que la France n'ait pas été encore touchée, au cœur de sa capitale, après les déclarations du Ministre Clovignac. Il s'est fait beaucoup d'ennemis, parmi les Pro-Voldemort de son pays et des pays limitrophes. » répond Hermione, en prenant la tasse de thé que je lui tends.

« Oui, effectivement. La France est en alerte rouge et avec Bellatrix là-bas, nous pouvons être certains que cela restera ainsi longtemps… » appuie-je, avant de tremper mes lèvres dans mon thé…

Hermione et Harry sirotent également le leur et le silence s'installe entre nous, les secondes s'égrenant sur l'horloge, en un tic-tac discret…

J'observe mon fils. Il ne va pas bien. Il a été très touché par cette boucherie et c'est bien normal.

« Tous les Membres de mon Commando, qui étaient présents lorsque nous avons investi la salle du Conseil du village pour neutraliser les Mangemorts, ont décidé de tuer Bellatrix sans sommation, la prochaine fois qu'elle croise notre route. Moi y compris … » déclare-t-il soudainement, le regard fixé sur l'âtre dans lequel des bûches flambent joyeusement, tandis que je frissonne longuement…

Puis il fait glisser ses yeux, durcis de colère vers moi et il ajoute, d'un ton déterminé :

« Je lui retournerai son Avada à la gueule, j'en fais la promesse solennelle… »

« Tu ne t'en sentiras pas mieux pour autant Harry… » soupire-je, sous le hochement de tête approbateur d'Hermione…

Elle est pâle et je suis certain qu'elle pense à cette petite teigne de Pansy Parkinson. La tuer ne lui a apporté aucun réconfort, aucun apaisement de sa douleur…

« Moi non, je le sais bien. Mais le Monde lui, s'en portera bien mieux… » soupire à son tour Harry, marquant une brève pause, avant d'ajouter : « Il ne faut pas se leurrer Papa. Le temps est bientôt venu de tuer nos ennemis, comme ils nous tuent. Ou nous ne sortirons jamais de cette spirale infernale. A chaque fois c'est la même chose. Ils se relèvent quand nous tombons définitivement. Ils s'évadent quand nous les capturons. Et à chaque Bataille, nous sommes en sous nombre… Cela ne peut pas durer, ainsi. Cela nous coûte trop cher en vies innocentes et en vies valeureuses…. »

« Tu comptes donc donner l'ordre de durcir notre riposte ? De tuer ? » demande-je, en arquant un sourcil, le cœur serré sur ma question…

« Non. Chacun doit décider de ce qu'il a à faire. Et rassure-toi, je n'ai pas l'Âme d'un assassin et en ce qui me concerne, je n'userai pas de l'Avada Kedavra. Je me contenterai de retourner ceux qui viennent vers moi ou l'un des nôtres, à leur légitime propriétaire. » déclare Harry, sur un nouveau soupir…

Sa réponse me soulage…

Oh… Je sais bien qu'il a raison. Et que tôt ou tard nous n'aurons effectivement pas d'autre choix que de durcir notre défense. Et de tuer. Des Hommes, des Créatures. Car il arrivera fatalement un moment où ce sera eux ou nous…

Mais nous ne devons pas devancer ce temps, au risque de nous perdre… La Magie Noire a trop d'emprise sur les êtres. Et il faut être très fort, pour ne pas se laisser submerger par l'attrait, par l'ascendance néfaste qu'elle exerce sur l'esprit, lorsqu'on a trop goûté à son pouvoir…

Or, l'Avada Kedavra est un Maléfice de Magie Noire. Mon fils est très fort, je le sais. Il saurait y résister. Mais combien parmi les nôtres sombreraient malgré eux, sans même s'en rendre compte, s'ils viennent à user de l'Avada ?

« Mon credo ne changera pas Papa. Et je rappellerai toujours, que c'est avec son cœur, qu'il faut se battre, non dans un esprit de haine et de vengeance. Il n'y en a aucun, dans ma décision de tuer Bellatrix. Et je veillerai toujours à ce qu'il n'y en ait aucun, chez ceux qui se battent à mes côtés… » déclare Harry, avec douceur, en posant la main sur mon bras…

Elle est chaude, réconfortante, aimante…

« Oui. Je te fais confiance pour cela, Harry. Et pour tout le reste aussi… » souris-je, rasséréné…

Harry me rend mon sourire, puis il pose sa tasse de thé vide sur la table basse qui nous fait face et se lève…

« Sinon, je confirme ce que j'ai déjà dit hier. Le Ministre Clovignac a fort bien organisé les réseaux de Transport et les délais d'intervention sont considérablement raccourcis. Ceci dit, douche et au pieu. Nous risquons fort d'être appelés encore cette nuit. Alors autant prendre le sommeil que nous pouvons en attendant… » déclare-t-il, en s'étirant un peu le dos, avant de tendre une main vers Hermione…

Celle-ci l'accepte et se lève également.

Et je m'apprête à en faire autant, quand je me sens soudainement submergé par une vague d'amour qui me coupe les jambes et le souffle…

« Nally… » murmure-je, le cœur battant à tout rompre et un immense sourire étirant mes lèvres…

Nally…

Ma Nally, mon amour, ma vie, mon Âme Sœur est de retour à la maison…

Et je bondis sur mes pieds, me précipitant à sa rencontre. Je cours vers elle, comme elle court vers moi, se jetant dans mes bras avant même que je la rejoigne tout à fait. Je virevolte sur moi-même en la serrant dans mes bras, en l'embrassant à perdre haleine…

Merlin que c'est bon de la tenir contre moi ! De ressentir à nouveau sa présence dans mon cœur et dans tout mon être ! Elle m'a tellement manqué !

« Tyë melane, Galdor Aranwë. Je t'aime, Sev…» murmure Nally, son regard océan plongé dans le mien…

« Tyë melane, Nyween Faelynae. Je t'aime Nally… » murmure-je en retour, joignant de nouveau mes lèvres aux siennes…

Mon bonheur est là et la vie bat dans mon cœur, pulse dans mes veines à un rythme effréné.

Parce que Nally, mon amour, ma vie, mon Âme Sœur est enfin revenue…

OoOoOoO

Acte 2 : Harry et Ron

Harry

« Nally… » murmure Papa, alors que j'allais me diriger vers ma chambre…

J'effectue aussitôt une volteface. Un immense sourire éclaire le visage de Papa et il se lève précipitamment, courant vers la porte du Hall découvert…

Maman est de retour, me dis-je, le cœur battant à tout rompre, les mains moites et les genoux tremblants. Car Ron est avec elle, n'est-ce pas ? Et Sirius aussi…

Alors je fonce illico derrière Papa, entraînant Hermione que je tiens par la main, dans un grand éclat de rire…

Je vais retrouver Ron, enfin !

Il m'a tellement manqué !

Mais lorsque j'arrive dans le Hall, je stoppe net, et mon rire et ma course, un trou immense se formant aussi sec dans mon cœur…

Papa et Maman sont enlacés, si serrés l'un contre l'autre, qu'ils semblent prêts à se fondre en un seul corps. Mais Ron n'est pas là. Ni Sirius…

Où sont-ils donc ? Pourquoi ne sont-ils pas là ? Que se passe-t-il ? Qu'est-ce que cela signifie ? Leur est-il arrivé quelque chose ? Ron est-il blessé ? Perdu quelque part là-bas en Celtycie ?

Vague de chaleur de la Magie de Ron. Elle m'apaise, me ramène à la raison.

Maman ne serait pas revenue sans Ron s'il s'était perdu en Celtycie. Elle ne l'aurait pas laissé blessé derrière elle. Il y a une bonne raison, si Ron et Sirius ne sont pas avec elle. Je vais le voir, les voir bientôt, très bientôt…

Et je me sens soudainement égoïste. Je devrais être super heureux pour Papa et Maman.

Mais je réalise que je le suis. Vraiment, profondément. C'est juste que je suis terriblement déçu, que Ron ne soit pas avec elle. Mais il sera bientôt là. Je pourrai le serrer contre moi, l'embrasser, lui dire que je l'aime…

Et la joie revient au galop dans mon cœur…

« Maman… Oh, Maman ! Je suis tellement heureux que tu sois de retour… » souris-je, me précipitant vers elle…

« Harry ! Tu m'as tellement manqué toi aussi ! » s'exclame Maman, en tendant un bras vers moi.

Elle m'englobe dans l'étreinte dont elle emprisonne toujours Papa. Une larme glisse sur sa joue. Elle m'embrasse et me serre très fort. Puis elle se détache de moi, me repoussant un peu, pour pouvoir plonger son regard dans le mien…

« Ron t'attend avec impatience, au Paradis. Sirius est avec lui. Va vite les rejoindre. Nous arriverons bientôt… » sourit-elle, tandis qu'Hermione laisse exploser sa joie en me sautant dessus…

Et que la Magie de Ron manifeste une impatience soudaine…

« Oui, va Harry ! Je vais chercher les Weasley ! Et Jonas, Jérémy et Jodie ! Et tout le monde ! » s'exclame Hermione, en se reculant vivement…

« Ok… » souris-je, avant de fermer les yeux…

Je vacille un peu sur mes jambes, dans le vertige qui m'emmène vers Ron, ouvrant les yeux à peine le sol est de nouveau ferme sous mes pieds. Vif regard à la ronde…

Ron n'est pas là… Mais je me sens impérativement attiré comme un aimant, vers la grotte où nous faisons la cuisine. Et je bondis en avant, l'appelant à tue-tête, riant et pleurant à la fois…

Je me sens tellement heureux ! Mon cœur est tout près d'exploser je crois.

Et soudainement Ron surgit de la grotte et il court vers moi. Plus vite qu'il n'a jamais couru, j'en suis sûr. Et je me jette sur lui dans un bond, le serrant plus fort que je ne l'ai jamais fait, de mes bras autour de son cou, de mes jambes autour de sa taille…

Oh Merlin ! Comme c'est bon de retrouver son odeur, sa chaleur. Cela m'enivre, me fait tourner la tête et chavirer…

« Harry… Mon amour, tu m'as tellement manqué, tellement manqué. Je n'étais pas complet sans toi. J'avais froid. J'avais mal de toi. De ne plus te sentir. Et je n'avais qu'une hâte, te rejoindre. J'aurais fait n'importe quoi pour revenir. J'aurais soulevé des montagnes s'il l'avait fallu… » souffle-t-il à mon oreille, se laissant glisser à genou dans l'herbe…

Et je sens des larmes couler dans mon cou, comme elles coulent sur mes joues. Et je sens le cœur de Ron battre contre le mien. Je sens son amour vibrer, me rejoindre, comme le mien vibre et le rejoint lui. De nouveau. Enfin…

« Je sais, mon amour, je sais. Tu m'as tellement manqué toi aussi… » murmure-je, prenant son visage en coupe dans mes mains, pour me repaitre de son regard si bleu, si amoureux

Et je l'embrasse, d'un baiser délicat qui effleure à peine ses lèvres, avant de poser mon front sur le sien, plongeant de nouveau dans ses yeux…

« Ta Magie est merveilleuse, Ron. Elle m'a apporté tant de réconfort, tant d'amour, pour me soutenir, pour apaiser le vide de ton absence. Sans elle je serais devenu fou de te croire perdu, de te croire mort. Et j'en serais mort. Mais elle était là. Et elle est si forte, si vibrante d'amour, si chaleureuse, si semblable à toi. C'est une merveilleuse et inoubliable expérience, de l'avoir portée en moi, de la garder pour toi… » chuchote-je, dans un souffle qui rejoint celui de Ron…

Et tous deux balayent nos deux visages, effacent nos larmes, éclairent nos sourires…

« Et c'est merveilleux pour moi de la retrouver… Elle est plus empreinte de toi qu'elle l'a jamais été, même lors de nos Communions Magiques. Je te sens davantage encore, Harry. C'est… C'est extraordinaire Harry… Incroyablement bon… Un bonheur sans pareil… » murmure Ron, remontant ses larges mains le long de mon dos, avant de tendre les lèvres vers les miennes…

Et les miennes se tendent vers elle. Réclamant le baiser que j'appelle de tous mes vœux…

Un baiser doux, chaud. Imprégné de tout l'amour que nous éprouvons l'un pour l'autre.

Un baiser exactement semblable à celui que nous avons échangé, là-bas, sur le petit pont du Village des Elfes, avant que je parte combattre à Godric's Hollow…

OoOoOoO

Acte 3 : Sirius et Harry

Sirius

Dès que Ron bondit vers la sortie de la grotte, je me précipite derrière lui. Mais je m'arrête vite, en voyant Harry courir vers nous. Naturellement il n'a d'yeux que pour Ron, qui court lui aussi à perdre haleine.

Et quand ils se jettent dans les bras l'un de l'autre, je vois nettement l'air vibrer autour d'eux, puis leur Magie tourbillonner, s'emmêler…

Merlin… Je n'avais jamais rien vu de pareil…

C'est incroyablement beau. L'or, l'émeraude et le jaune lumineux s'enlacent et se caressent dans un balai sensuel, joyeux et voluptueux, respirant le bonheur à l'état pur…

Et je lève les yeux vers le ciel, la gorge terriblement nouée…

James, mon brave James, mon ami, mon frère. Et toi aussi, Lily… J'ai terriblement honte. Si vous saviez comme j'ai honte…

J'ai failli rejeter votre fils, parce qu'il est homosexuel. Et maintenant que je le vois avec Ron, j'ai d'autant plus honte aujourd'hui, des pensées ridicules que j'ai pu avoir, de ce dégoût que j'ai éprouvé.

Ils sont beaux, ainsi enlacés, leur amour s'exprimant librement. Passionnément.

Et ils paraissent si forts, invincibles.

Leur baiser semble si doux, si tendre, si bouleversant.

Cela m'émeut, terriblement.

Une part de moi les envie, de s'aimer si fort.

Ils sont lumineux. Terriblement. A brûler les rétines du diable lui-même.

Comment n'ai-je pas vu, qu'ils étaient si liés, si unis. Faits l'un pour l'autre. Cela crève pourtant les yeux…

Et je vous promets, James, Lily, que je veillerai jalousement sur votre fils. Et sur Ron aussi. Je veillerai sur eux et sur ce qui fait leur bonheur. Comme je l'aurais fait pour vous. Au prix de ma vie s'il le faut. Ce serait un bien petit sacrifice, au regard de leur vie, de leur amour, du bonheur qui émane d'eux et me contamine le cœur…

Regardez-les comme ils sont beaux, tandis qu'ils viennent vers moi, main dans la main. Et je me sens presque intimidé par leur présence, par le charisme qu'ils dégagent. Par leur force…

« Sirius… » murmure Harry, dont le sourire ému me prend aux tripes…

Je ne peux répondre. Ma gorge est trop nouée. Alors je l'attrape par la nuque et je l'attire contre moi. Je le serre fermement contre ma poitrine trop étroite pour toutes les émotions qui se bousculent dans mon cœur.

Et je me sens heureux. De retour chez moi, enfin.

Et libre, pour la première fois depuis de très longues années. Oui, libre.

« Sirius… Si tu savais comme je suis désolé de ne pas t'avoir suivi dans l'Arcade, de ne pas être allé te chercher pour te ramener chez nous… » souffle Harry, en se détachant de moi, pour plonger son regard si vert dans le mien…

« Non. Il ne faut pas. Kogriah aurait alors estimé qu'il y avait assez de viande pour le diner et nous y serions passés tous les deux. Alors non, Harry, tu ne dois rien regretter. Comme je ne regrette rien. Crois-moi, cette longue aventure en Celtycie m'a été très profitable. J'en reviens en forme et bien meilleur homme que je l'étais... » réponds-je, en le tenant fermement par les épaules…

Harry ne dit rien. Il hoche simplement la tête et me serre de nouveau dans ses bras, plus brièvement cependant. Et je prends ensuite mon temps pour l'examiner attentivement…

« Ta ressemblance avec ton père est toujours frappante Harry, mais… Tu n'es définitivement pas James. Il y a en toi… quelque chose que je ne parviens pas à expliquer. Mais ce quelque chose te distingue, fait de toi… un être unique… Il fait de toi… » commence-je, les mots se bousculant dans ma tête mais ne me satisfaisant pas…

« Simplement Harry ? » propose mon filleul, avec un doux sourire…

« Oui… Oui c'est ça… Il fait de toi Harry, uniquement et simplement Harry… » acquiesce-je, pleinement satisfait cette fois…

Harry n'est pas James. Il n'est pas Lily non plus. Il est un admirable produit de ces deux êtres que j'ai aimés, qui s'est forgé un caractère et une personnalité qui n'appartiennent qu'à lui…

Le sourire de Harry s'élargit et il m'étreint encore brièvement, avant de me prendre par le bras et de m'entraîner vers le village de Yourtes…

« Je veux tout savoir de tes aventures en Celtycie, Sirius… » dit-il, avant de se tourner vers Ron, pour ajouter : « Et des tiennes aussi… »

Mais je dégage mon bras et je m'arrête…

« Nous avons bien le temps pour cela. Allez vous retrouver tous les deux, pendant que je prépare pour fêter nos retrouvailles, le plus fameux déjeuner que vous aurez jamais mangé ! » ordonne-je, avec fermeté…

« Mais… » proteste Harry, que je coupe aussitôt…

« Pas de mais ! Obéis à ton Parrain, jeune homme ! Je ne veux pas vous revoir avant une heure ! Allez, zou ! » m'exclame-je, en m'éloignant à grands pas vers la grotte, souriant à pleines dents, le cœur débordant de joie…

Et je sifflote…

Libre, heureux, c'est ainsi que je me sens.

Et tandis que je cuisine, je repense à ce moment exceptionnel que je viens de vivre. A ce que j'ai dit à Harry…

Je suis sincère. Je ne regrette pas mon séjour en Celtycie. Même si j'ai beaucoup souffert à certaines périodes. Du froid. De la faim. D'épuisement. De trouille même souvent. Et surtout de la solitude… Ce n'est pas cela que je retiens. J'ai beaucoup appris. Sur moi-même avant tout. J'ai compris combien je suis attaché à la vie, à quel point je suis capable pour survivre et retrouver les miens, ma liberté. Et cela m'a conforté aussi dans mes valeurs. Car pour survivre, je serais capable de beaucoup, comme je viens de le dire, mais pas du pire. Non, pas du pire…

Plutôt mourir que devenir comme les Soudaryons ou les Mangemorts… Ce que je savais déjà, bien sûr. Cependant c'est confirmé, renforcé même. Je n'ai aucun doute à ce sujet…

Mais ce que j'ai surtout appris, c'est à écouter les autres. A être plus attentif à ce qu'ils sont, ce qu'ils vivent, ressentent. A être moins impulsif, plus réfléchi avant de juger, avant de me lancer tête baissée au-devant du danger…

Je dois beaucoup à Myfina pour cela, car grâce à elle j'avais quelqu'un à protéger et je devais être prudent pour elle. Je dois à ces fichues Lyrénies aussi assurément. Je n'avais pas intérêt à baisser ma garde, si je voulais échapper aux saletés de pièges qu'elles m'ont tendus durant des semaines et des semaines…

Et enfin, je dois pas mal à Gaspard également. Sacré type ! Il m'a confié des responsabilités pile poil au moment où j'avais besoin de ça, pour digérer tout à fait l'absence de ma Magie. Et il m'a envoyé combattre les Dévoreurs qui croisaient dans le coin. Puis ces monstrueux Soudaryons…

Ça m'a beaucoup aidé à me responsabiliser tout ça…

Et plus récemment, à porter un regard critique sur moi-même… Sur ce que j'étais avant…

Je dois avouer aussi, que l'arrivée de Nally et Ron, tout ce qu'ils ont raconté à la veillée, m'a fichu un bon coup de pied au cul pour accélérer le mouvement sur mon introspection et mon Adultarisation comme dit Ron…

Introspection… Voilà un mot qui me renvoie à mon brave Remus, tiens…

Remus… J'ai hâte de le revoir. Qu'il découvre que j'y suis arrivé finalement, à effectuer cette fameuse introspection qu'il m'encourageait à faire, quand j'étais enfermé Square Grimmaurd…

Je n'en voyais pas l'utilité à l'époque. Et pourtant bon sang, que j'en avais besoin…

Non, je ne suis plus le même homme maintenant. Je pense sincèrement être bien meilleur que je l'étais. Et j'ai grand hâte de refaire connaissance avec tous ces braves gens que je vais retrouver. Molly, Arthur, leurs enfants, King…

Et avec ma Cousine Narcissa, son fils Draco, tous ces jeunes gens dont Ron m'a parlé…

Même avec Snape…

Si ce n'est pas du changement ça !

Snape…

Ça m'a foutu un sacré coup au cœur, quand Ron m'a dit que Harry l'a adopté comme père…

Severus Snape… Papa de substitution de mon filleul. De ton fils, James… Qu'est-ce que tu penses de ça, là-haut, hein ?

C'est drôle. C'est à toi que je m'adresse James et c'est la voix de ta femme qui me répond dans ma tête…

Ouais, Lily… Je sais. C'est très bien pour ton fils et j'attends de voir comment se passera le premier contact avant de juger… Et promis, je serai impartial, ma jolie. Je ferai même l'effort de lui tendre la main…

Ceci dit, le casse graine est prêt. Alors en attendant que ton fils et ton beau-fils aient fini de se papouiller et me rejoignent pour le déjeuner, je m'en vais piquer une petite tête dans la rivière, moi…

Allez, à plus les amis !

OoOoOoO

Acte 4 : Ron et sa famille

Ron

Trois jours maintenant, depuis que j'ai retrouvé Harry.

C'est incroyable comme je me sens complet. Plus qu'avant encore. Cela me procure une sensation de plénitude vertigineuse…

Et bien sûr, je suis heureux aussi d'avoir retrouvé ma Magie…

Cela m'a permis d'illustrer ce que Sirius et moi-même avons déjà raconté à Harry de notre séjour en Celtycie, avec des illusions en 3D… Ce qui a impressionné Sirius. Il n'en revient pas du niveau de Magie que nous avons atteint… Harry surtout bien sûr. Il ne lui a pourtant pas encore fait démonstration de toute sa puissance, loin s'en faut…

Et bien entendu, il a fallu que je me transforme en Grizzly. Sirius voulait absolument voir ça. J'ai cédé à ses instances, naturellement, le gratifiant par surprise d'un grognement à toute puissance, presque aussi hargneux que celui que j'ai dû pousser là-bas en Suède…

Harry a bien ri de la réaction de Sirius qui en est tombé sur les fesses…

Je suis heureux, de la façon dont les retrouvailles se sont passées entre eux deux. Simples, émouvantes… Authentiques…

C'est le mot que je cherchais, voilà, authentiques…

C'est vraiment Harry et Sirius qui se sont retrouvés, pas Sirius et un substitut de James.

Sirius et Harry…

Et putain, ça a fait dresser les poils sur mes bras, de sentir à quel point cela a fait plaisir à mon Harry. Et depuis, Harry appelle Sirius : Parrain. Ce qu'il n'avait jamais fait auparavant. Comme s'il avait senti que Sirius, est maintenant vraiment prêt à jouer ce rôle auprès de lui…

Leur relation en est changée. Enrichie. Ils sont plus proches qu'ils l'étaient déjà. Et ça me fait grandement plaisir.

Ceci dit, ce qui me ferait plaisir aussi, c'est que les autres arrivent. Ce n'est pas que je m'ennuie, avec Harry et Sirius, loin de là, mais j'ai hâte de revoir mes gosses et ma famille… Hermione aussi, bien sûr…

Harry m'a raconté quel immense chagrin elle a eu. Et qu'elle a tué Parkinson avec l'une de ses dagues… Pauvre Hermione. J'espère que ça ne la travaille plus trop, de l'avoir fait. Cette salope de Parkinson était une malade dangereuse et elle n'aurait pas hésité à tuer ma petite sœur de cœur. Alors quant à moi, je suis rassuré de savoir qu'elle n'est plus de ce monde…

Il y en a d'autres, que je serai rassuré de ne plus savoir de ce monde…

Bellatrix, Lucius par exemple. Et Voldemort aussi bien sûr.

Mais je n'ai pas envie de penser à eux maintenant. Il sera bien temps de le faire, quand mes retrouvailles avec les miens seront consommées…

Mais qu'est-ce qu'ils fichent bon sang…

« De leur point de vue, il ne s'est guère passé que six ou sept minutes depuis que Maman est revenue à la maison, tu sais. Alors le temps de prévenir ta famille, de réveiller Jonas, d'aller chercher Jérémy et Jodie à la tour Gryffondor etc… Ils ne vont pas tarder, Ron… » sourit Harry, qui a bien sûr perçu mon impatience…

« Ouais… Mais ils auraient pu prendre un Retourneur de Temps… » réponds-je, sur un soupir…

« Oui… Mais peut-être ne l'ont-ils pas fait, pour nous laisser le temps de nous retrouver en toute tranquillité, sans Jonas qui se glisse entre nous au réveil… Et de fêter dignement ton anniversaire, même si c'était avec un peu de retard… » renchérit Harry, qui effleure mes lèvres d'un baiser, avant de replonger son nez dans son livre…

Mon anniversaire…

Pour être fêté dignement, il l'a été. Dès que nous avons mis un pied dans notre Yourte, Harry m'a offert son cadeau…

Deux chevalières. L'une chiffrée à mes initiales et piquée d'une petite émeraude taillée en forme de cœur, qu'il a glissée à mon doigt, comme un anneau de mariage Moldu. L'autre, gravée de ses initiales, est sertie d'un petit cœur en diamant bleu, que j'ai glissée à son annulaire…

Cette chevalière qui symbolise notre amour ne quittera jamais mon doigt. Je l'emporterai dans ma tombe. Et je sais qu'il en sera de même pour Harry.

Sirius n'a pas manqué de les remarquer, lorsque nous l'avons rejoint pour le déjeuner. Un peu beaucoup en retard, bien sûr, car Harry et moi avions pas mal à rattraper en matière de câlins…

Bref…

Sirius a remarqué ma chevalière et celle de Harry aussi. Son regard a glissé sur elles, mais il n'a rien dit. Il nous a juste serrés dans ses bras, avant de nous engueuler, parce que le super déjeuner qu'il avait préparé, avait eu le temps de cramer dix fois en nous attendant…

Mais c'était du chiqué bien sûr. Il avait mangé sa part et laissé la nôtre de côté, au chaud, près de la cuisinière à bois.

C'est vrai qu'il cuisine bien, Sirius. Je l'avais déjà remarqué, quand nous étions en Celtycie et que nous n'avions pas grand choix pour nos menus. Mais ici, il a de quoi nous faire de vrais festins et il ne s'en prive pas. Et je suis sûr qu'il fera concurrence à Maman, lorsqu'elle va arriver ici…

Maman…

Je suis heureux qu'elle ait tout de suite cru Harry et n'ait pas sombré dans le chagrin et la folie…

« Les voilà, Ron ! » s'exclame soudainement Harry, en se levant d'un bond…

Je me lève aussi vivement. Et je cavale comme un bon, vers mon petit bonhomme, encore vêtu de son pyjama et que tout le monde laisse courir en tête… Oh putain ! Que c'est bon de le voir ! Que c'est bon de l'embrasser ! De sentir Jérémy et Jodie se presser contre moi.

De prendre dans mes bras Maman, Papa, mes frères et sœurs, de sang et de cœur…

Et Hermione… Qui pleure et rit tout à la fois…

Putain…

Ils m'ont tous manqué horriblement et je suis super heureux de les retrouver…

« Jonas a fait tout ça pour toi, Papa Ron ! » s'exclame mon bonhomme, aussitôt le plus gros de l'émotion passée, en me tendant un petit sac bien rempli, l'air heureux …

Je le prends et je n'ai pas le temps de l'ouvrir, pour savoir ce que c'est…

« Y a plein de dessins et pis des biscuits aussi ! Jonas a fait les biscuits avec Papa Harry et Jodie et Jérémy ! On les a faits exprès pour toi ! » s'exclame en effet Jonas, tout fiérot…

Je m'extasie sur les dessins bien sûr. Et je croque tout de suite dans un biscuit, affirmant que je n'ai jamais rien mangé de meilleur. Ça rend mon petit bonhomme infiniment heureux. Et moi aussi…

Puis, aussitôt que Maman le laisse respirer, je le présente à Sirius, ainsi que Jérémy et Jodie. Jonas le teste aussitôt, en lui demandant s'il veut jouer à son jeu avec lui. Sirius accepte de bon cœur et mon bonhomme lui fait un immense sourire, avant de le prendre par la main et de le mener un peu plus loin, pour s'asseoir dans l'herbe…

Voilà, Jonas a adopté Sirius comme Tonton…

J'en suis ravi…

Et Harry aussi…

Je regarde tout mon petit monde, la gorge nouée de bonheur. Maman se presse déjà vers la cuisine, pour préparer un festin. Papa a rejoint Sirius et Jonas dans leur jeu. Jérémy et Jodie posent des tas de questions sur Sirius à Harry. Hermione se presse contre mon flanc droit, Ginny contre le gauche. Mes frères préparent une blague pour Sirius, j'en jurerai. Passage obligé, s'il veut intégrer la famille comme l'un de ses membres à part entière…

« As-tu eu le temps de parler avec Nally ? » demande-je, à Hermione au bout de quelques bienheureuses secondes de silence…

« Oui. Elle m'a retenue un instant avant que j'aille prévenir tout le monde de votre retour. Elle m'a présenté ses excuses… » répond laconiquement Hermione, en se pressant davantage contre moi…

« Bien. Tu sais donc qu'elle a laissé Parkinson lui jeter cet Expulsio et qu'elle s'est arrangée pour que je l'attrape et bascule avec elle derrière ce fichu Voile. Mais aussi pourquoi elle ne t'a pas emmenée avec nous… » insiste-je, avec douceur…

« Oui. Et je la comprends. Même si j'ai eu un immense chagrin, je comprends pourquoi elle a fait cela. Je suis heureuse qu'elle l'ait fait… Et plus encore qu'elle ait agit sur une impulsion. Cela prouve combien elle est humaine. Et qu'elle n'est pas parfaite. Ce qui me ravit. C'est si ennuyeux, la perfection… » sourit Hermione, avec un peu de malice dans son regard…

« Je suis tout à fait d'accord avec toi, Hermione ! Et au moins, Maman cessera maintenant de me citer Nally comme le parfait modèle à suivre, quand il s'agit de gérer mon impulsivité ! » renchérit Ginny, avec non moins de malice…

« Attends pour ça qu'elle l'ait vue interagir avec Cuthalion, son Grand-père… Une vraie ado rebelle… En fait, Nally en Celtycie, ce n'est pas simple à gérer… Croyez-moi, j'ai eu toutes les misères du monde à l'empêcher de faire des tas de bêtises… » soupire-je, quelque peu mélodramatiquement…

J'en fais des tonnes bien sûr…

Mais c'est parce que j'adore le sourire que cela suscite chez Ginny et Hermione… J'adore les voir dévorées de curiosité et me presser de leur raconter tout cela…

J'adore être avec elles tout simplement…

Et puis quoi. Ça ne fera pas de tort à Nally, n'est-ce pas, si nous rions un peu de ses chamailleries avec son frangin, de ses réactions face à Cuthalion, de l'impulsivité de ses décisions, de son regard moqueur de gamine quand je suis revenu vers elle, avec toutes les Fées me tournant autour…

« Oh, merde ! J'allais oublier ! Désolé, mais pour les anecdotes concernant Nally, il va falloir attendre un peu les filles ! Il faut que je présente mes nouveaux copains à Jonas ! Il va en être fou, j'en suis sûr ! Et vous aussi vous allez les adorer !… » m'exclame-je, avant de bondir vers la Yourte, où j'ai laissé les Gourgandines et les Pytimouss s'amuser dans la salle de bains…

Car oui, ils ont décidé de rester avec moi. Et j'ai été trop heureux de cette décision, pour les laisser contre leur gré en Celtycie…

OoOoOoO

Acte 4 : Sirius et Remus – Andromeda – Tonks - Narcissa - Draco

Sirius

Arthur m'a dit que Remus arriverait un peu plus tard, avec une deuxième ou troisième vague d'invités pour un séjour des retrouvailles, car il était de garde à Poudlard et effectuait une ronde avec Edgar Latton, le prof Espion de Voldemort, lorsque la nouvelle de notre retour est tombée…

Je comprends qu'il ait été préférable que Remus ne soit pas informé immédiatement dans ces conditions…

Mes Cousines Andromeda et Narcissa seront présentes aussi…

J'en suis heureux. J'ai toujours considéré Andromeda comme ma Cousine préférée. Et j'ai hâte de découvrir la nouvelle Narcissa dont m'a parlé Ron. Son fils Draco également… Harry et lui sont très liés, je l'ai bien compris, même si j'ignore ce qui les a amenés à l'être autant. Un jour peut-être l'un ou l'autre me le confiera…

« Papy Arthur il a perdu son tour ! C'est à toi, Tonton Sirius ! Tu dois poser une question à Jonas sur les végétalaux ! » s'exclame Jonas, en me fourrant une carte retournée dans la main…

« Végétaux, Jonas… » reprend Arthur, avec un sourire amusé

« Vi, végétaux… » répète Jonas, avec un grand sérieux

Il est adorable ce gosse. Et quelle intelligence ! Je n'ai jamais vu un gamin de cet âge avoir une telle culture animale et végétale… Du moins, en Celtycie. Car il est vrai que je n'ai pas connu beaucoup de gosses de cet âge, dans notre Monde… Rectification, car finalement, en y réfléchissant bien, je n'en ai jamais connu aucun…

Bref…

Je comprends que Ron ait été impatient de retrouver sa famille et son petit bonhomme en particulier.

Je retourne la carte du bon côté, pour pouvoir lire la question. Et je lève les yeux vers Arthur…

« Mais ce n'est pas une question pour un gamin ça… » souffle-je, en lui montrant la question…

« Voyons ce que Jonas en pense… » répond Arthur, avec un sourire…

Je hausse un sourcil dubitatif, mais Arthur m'encourage à lire, alors je m'exécute…

« Bon, alors voyons. Quelle est la différence entre le Napel et le Tue-Loup ?…» demande-je, en fixant Jonas…

« Ah c'est facile ! Papa Harry il a dit que c'est la première question que Papy Sev lui a posé à l'école ! Et je sais que c'est la même chose et que c'est une plante qu'il faut pas manger, sinon tu peux être malade et pis même être mort ! On dit ça c'est une plante vénémeuse ! » s'exclame-t-il, avançant son pion, avant de clamer : « Gagné ! »

Il me scotche ce petit…

Et son sourire est contagieux.

« Vénéneuse, Jonas… » rectifie Arthur, en m'adressant un sourire fier et caressant la tignasse du bonhomme…

« Vi c'est ça ! Vénéneuse… » acquiesce le gosse, tout sourire, avant de clamer : « Jonas a gagné ! C'est qui va être deuxième maintenant ? »

Arthur tend la main pour prendre le dé, mais il n'a pas le temps de le jeter…

« Jonas… Regarde, bonhomme, j'ai ramené des copains avec moi… » déclare soudainement, Ron, en s'agenouillant dans l'herbe, avant d'ajouter, à l'intention des Fées qui tourbillonnent autour de sa tête : « Et des copines aussi, oui, oui, oui… Pas la peine de râler les filles, vous étiez comprises dans les copains… »

Jonas regarde Ron, la tête auréolée de Fées et les Pytimouss s'accrochant à lui, les yeux écarquillés et la bouche-bée…

Et Ron lui présente Phyas, Sorph, Lyxal et les huit autres Lutins qui ont voulu à toute fin le suivre ici. Le gamin est ravi, cela se voit dans son regard fasciné par les Créatures. Et je crois bien que Ron n'aurait pas pu lui faire plus plaisir que de lui proposer de caresser les Pytimouss…

Les adorables Lutins font la fête à Jonas, avec force caresses et câlins. Les fées également, qui viennent se poser sur lui, lui embrasser le nez ou secouer la poussière de leurs ailes au-dessus de sa tête…

Et Jonas éclate de rire…

Et je me sens attendri, comme jamais je ne l'ai été je crois bien…

C'est à vous donner envie d'avoir des mômes en pagaille, un gosse pareil.

« Je m'attendais à tout de ta part, sauf à te voir complètement gaga devant un enfant, aussi adorable soit-il… » déclare soudainement une ombre qui me tombe sur la tête…

« Remus ! » m'exclame-je aussitôt, en bondissant sur mes pieds…

Notre accolade est profonde et rieuse. Mon vieux Remus ! Mon brave Remus ! Mon seul véritable ami sur cette terre…

Pour le moment. Car tu vas t'en faire d'autres… me souffle une petite voix souriante dans ma tête. Et j'ai tendance à la croire… Oui, je vais me faire une nouvelle vie, maintenant. Rencontrer des tas de gens intéressants, j'en suis sûr…

« Tu me sembles en plutôt bonne forme. On dirait même que ce séjour en Celtycie t'a rajeuni, aussi incroyable que cela puisse sembler… » déclare Remus, en me détaillant de la tête aux pieds…

« Il parait, oui… Et j'ai autant de compliments à te faire. C'est la stabilité professionnelle ou l'amour, qui a un effet aussi bénéfique sur ton aimable personne ? » souris-je, en lui jetant un clin d'œil…

« Les deux, probablement… Mais dis voir Sirius, comment un Maraudeur de ta trempe, expert en recherche et trouvaille de Passages Secrets, n'est-il pas parvenu à dénicher une simple Porte, qui lui aurait permis de revenir plus tôt dans notre Monde ? Te serais-tu ramolli avec l'âge, malgré ton apparence presque juvénile ? » sourit Remus, le regard pétillant…

Je lui prends aussitôt le bras, l'entrainant un peu plus loin, où nous pourrons parler de Peter, sans gâcher la joie des autres…

« Ah ça, mon ami ! C'est une longue histoire ! Les embûches et obstacles de tout poil n'ont cessés de se dresser sur mon chemin. Mais tu me connais, n'est-ce pas, je les ai franchis un à un avec une vaillance farouche ! » réponds-je, sur le ton de la plaisanterie, avant de présenter un regard plus sérieux à Remus, lorsque nous nous sommes suffisamment éloignés, pour ajouter : « Et blague à part, toutes mes mésaventures pourraient être liées à une Malédiction pesant sur mes épaules… Et devine qui me l'aurait jetée ? »

Ma question provoque aussitôt une grimace sur les traits de Remus…

« Le sale Rat… » souffle-t-il, plissant les yeux sur la réflexion, avant d'ajouter : « Il est bien capable d'avoir fait cela, oui… Et nous serons vite fixés là-dessus, tu peux me faire confiance, car il se trouve… »

« Dans un vivarium, avec pour voisin un charmant Taïpan du désert, dans les appartements de ton grand ami Severus Snape… Oui, je sais… » le coupe-je, en lui mettant une claque dans le dos…

« C'est quelqu'un de très bien, tu sais… » réagit aussitôt Remus, le regard grave…

« Je te crois. Ron m'a dressé de lui un portrait très élogieux. Et Harry ne m'a pas caché son affection pour lui… Or j'ai confiance en vous trois. Vous êtes trop perspicaces pour vous laisser berner par un imposteur, hypocrite et sournois, fusse-t-il de première classe … » réponds-je, avec la même gravité…

Remus ne répond pas tout de suite. Son regard vrille le mien et j'ai la sensation de revenir des années et des années en arrière, à une époque où nous étions encore à Poudlard et qu'il prenait le temps de décider si je plaisantais ou non…

« J'ai été berné par Peter… » souffle-t-il finalement, la tête un peu penchée, jaugeant ma réaction…

« Moi aussi. Ça équilibre les plateaux de la balance, tu ne crois pas ? Et cela ne change rien au fait que tu as toujours été perspicace, Remus. Soupçonner Peter relevait du domaine de l'impossible. Ce n'est pas un imposteur hypocrite et sournois de première classe, c'est un salopard de lâche, hypocrite et sournois de première classe… Nuance de taille, ne crois-tu pas ? » réponds-je illico, sur un sourire…

Remus éclate de rire…

« Tu n'as pas changé, Sirius. Et pourtant en même temps tu as profondément changé, mon ami… » déclare-t-il, avec un sourire… ma foi, je dirais attendri…

Et cela ne m'étonne pas. Remus a toujours été facilement attendri…

« Profondément, c'est le mot juste, Remus. Tu seras heureux d'apprendre mon ami, que je l'ai faite, cette fameuse introspection que tu me recommandais si souvent. Et j'en ai conclu, qu'à l'avenir j'écouterai davantage tes sages conseils… » souris-je, en lui mettant un bonne bourrade amicale sur l'épaule…

« Alléluia ! Merlin et tous les Saints du Paradis, merci d'avoir entendu mes prières et avoir mis un peu de plomb dans la cervelle de mon ami ! » s'exclame aussitôt Remus, la tête rejetée vers le ciel, avant d'éclater de rire encore une fois…

« Ah tu te trompes, mon brave Remus. Les Saints nous observent peut-être depuis là-haut, va savoir, mais Merlin n'y est pas. Il va venir dans quelques jours avec quelques-uns de ses Roherdirons et tu vas voir, il est très sympa ! Il a gardé l'esprit très jeune, malgré son grand âge… 30 000 ans et quelques années, je ne sais pas trop combien exactement. Mais à cet âge, les quelques années ont peu d'importance, tu ne crois pas ? » réponds-je bloquant net le rire de Remus…

Il lève un sourcil et m'examine de nouveau comme autrefois…

« Tu plaisantes… » dit-il, mi interrogatif, mi dubitatif…

« Pas du tout, non… » réponds-je, juste avant de faire volteface

Une personne vient de me frapper, sur l'épaule, demandant si elle dérange…

« Andromeda ! Tonks ! » m'exclame-je cette fois, sous le sourire de Remus, qui se demande toujours visiblement si je plaisantais ou non à propos de Merlin…

J'étreins ma Cousine et ma Petite-cousine, assez surprises, car il n'a jamais été dans mes habitudes de me montrer aussi affectueux avec elles, il est vrai.

Mais je l'ai dit, mon séjour en Celtycie a fait de moi un autre homme. Et je ne crains plus de faire démonstration de mon affection dans des embrassades et des étreintes. J'ai jeté aux orties cette réserve, cette distance que je mettais dans mes rapports, hormis avec ceux qui m'étaient extrêmement proches, avec lesquels je m'autorisais quelques bonnes et franches accolades de temps à autres. Ces personnes privilégiées, c'était James, Remus… et Peter…

Lui c'est sûr, je ne l'étreindrai plus jamais.

Bref…

J'étais autrefois persuadé que cela faisait plus viril, plus sûr de soi, de se contenter d'une ferme poignée de mains avec les hommes. Et que c'était bien plus élégant, plus séduisant, d'effectuer un baisemain avec les femmes et les jeunes filles…

Connerie d'adolescent superficiel, influencé malgré lui par les préceptes traditionnels de bienséance, d'une famille qui pétait plus haut que son cul et était incapable d'éprouver une quelconque véritable affection …

J'ai raté ainsi des tonnes d'occasion d'embrasser ceux que j'aimais ou pour lesquels j'avais une affection certaine. Je me suis privé de chaleur humaine et de tendresse, par la même occasion.

Comme avec Andromeda, par exemple…

C'est une erreur que je ne commettrai plus. Une privation que je ne m'infligerai plus…

« Je suis heureux de te revoir, Andromeda. Vraiment heureux… » souffle-je, avant d'affirmer à l'intention de Tonks : « Et toi aussi, je suis heureux de te revoir, aussi splendide et rayonnante… »

« J'ose espérer que tu seras également heureux de me revoir, Sirius, même si nous n'avons jamais été proches jusqu'ici, toi et moi. En tout cas, quant à moi je suis ravie de te voir et j'ai hâte de faire véritablement connaissance avec toi… » intervient alors une autre voix…

Narcissa…

Je me tourne vers elle avec lenteur. Et j'ai bien du mal à reconnaitre la femme qu'elle est devenue…

« Nom de Zeus, Narcissa ! Cela te va fichtrement bien d'avoir quitté ce salopard de Lucius ! » m'exclame-je spontanément, en la détaillant de la tête aux pieds…

Narcissa Black, vêtue d'un pantalon de treillis et d'un sweat-shirt, je n'aurais jamais imaginé cela possible. Et cela lui va très bien. Elle arrive même à donner à cette tenue une allure élégante. Et elle aussi, est rayonnante…

« C'est ce que je me répète mille fois par jour depuis novembre dernier… » sourit ma Cousine, radieuse…

« Et bien sûr je suis ravi de te voir. Impatient également de faire la connaissance de ton fils…» souris-je en retour, avant d'ajouter : « Et celle de ton bienheureux nouveau compagnon… »

« Tu sais donc déjà pour Richard… » s'étonne Narcissa, en haussant un sourcil…

« Ron et Nally ont eu le temps de me donner quelques nouvelles de tout le monde, sur le chemin du retour chez nous. Mais tu auras assurément à me raconter encore… » réponds-je, en lui tendant les mains…

Elle les prend et je l'attire doucement à moi, pour lui embrasser la joue, scellant ainsi le départ des nouvelles relations qui s'instaurent entre nous…

« Voilà justement, Draco… » déclare ensuite Narcissa, en faisant signe à son fils de nous rejoindre…

« Salut ! » s'exclame-t-il, en me tendant la main, avec un sourire chaleureux.

Je la prends, la serrant d'une poigne franche, avant de le regarder vraiment…

Et il me plait d'emblée ce gamin. Il a l'air franc, ouvert. Sympathique, énergique aussi…

« J'avais entendu dire que tu ressemblais presque trait pour trait à Lucius. Moi je trouve que tu ne tiens pas vraiment de lui… » déclare-je, récoltant aussitôt un sourire ravi…

« Ouais. Je fais tout pour cultiver la différence. » répond Draco, en remontant ses lunettes sur son nez, dans un geste semblable à celui qu'effectue régulièrement Harry…

« Tu n'as pas trop d'efforts à fournir pour y parvenir, puisque cette différence fondamentale est naturelle chez toi, mon chéri… » sourit Narcissa, avec une tendresse infinie dans son regard posé sur son fils

« Question caractère oui. Physiquement, bien que je tienne de toi mon apparente frêle stature, il a fallu une bonne coupe de cheveux, des lunettes et une cicatrice sur ma joue pour affirmer ma dissemblance avec ce salopard... » répond Draco, sur une grimace…

« A mon avis, tu n'as pas besoin de tout ça pour te démarquer et être parfaitement dissemblable de lui. Ton intelligence a de toute évidence suffi… » interviens-je, en lui donnant une petite bourrade sur l'épaule…

Je me récolte encore une fois un grand sourire…

« Tu me plais bien et je pense que nous allons bien nous entendre, Sirius… » déclare-t-il, avant de me rendre ma bourrade sur l'épaule…

Il me présente ensuite sa petite amie. Elle est charmante, fraîche et d'une belle trempe, visiblement. En tout cas, elle dégage une belle énergie elle aussi.

Et je me dis, en me rendant avec eux vers la table où Molly vient de nous convier à déjeuner, que malgré la guerre, de beaux jours sont assurément revenus pour moi…

Et peu importe le temps que cela durera. Ils seront beaux, bien remplis de belles rencontres, enrichis d'amitié et d'affection…

C'est tout ce qui compte pour moi pour le moment…

OoOoOoO

... Votre avis m'intéresse vivement...

...

..

.

V