Disclaimer : cf chapitre 1

.

Grand merci à Mistycal !

.

OoOoOoO

Réponses aux commentaires anonymes de la semaine dernière, sur mon forum

OoOoOoO

Un peu beaucoup prise par le temps, je n'ai pas encore pu rédiger les réponses aux commentaires de la semaine dernière. Je vous prie de m'en excuser ! Elles vont arriver au plus vite ce soir, au plus tard demain soir...

Bonne lecture de ce chapitre !

Bisous

Me-Violine

OoOoOoO

.

Un Mystère Percé 1 / 3

Lundi 10 Mars 1997

Acte 1 : Retour Officiel

Ron

Il est presque 09H00 et mon estomac gronde cruellement. Mais je me garde bien de manger…

Ce matin nous sommes supposés faire notre retour officiel chez nous, après avoir vécu milles misères dans un Monde de Cauchemars et il vaut mieux que nous puissions affirmer sans mentir, que nous sommes épuisés et affamés…

« Que penses-tu de cela ? » me demande Sirius, en se présentant devant moi, bras écartés…

Je l'examine de la tête aux pieds. Il a laissé les vêtements avec lesquels il est revenu de Celtycie au vestiaire, pour en revêtir à la mode de notre Monde. Sales, déchirés. Avec même quelques trainées de sang. En outre, ses cheveux sont poisseux et emmêlés et il s'est fait pousser une barbe de plusieurs mois, tout aussi broussailleuse que sa tignasse. Il a aussi cerné ses yeux de noir pour accentuer son air fatigué par notre nuit blanche, présente une sale égratignure sur la pommette et son grimage le fait paraître très émacié…

Exit donc le Sirius en bonne forme que nous avons ramené de Celtycie…

« Pas mal… Mais tu devrais aussi endeuiller tes ongles… » commente-je, provoquant aussi sec une grimace de la part de Sirius…

« Ah zut… C'est vrai j'ai oublié ça… Je déteste avoir les ongles sales…. » soupire-t-il, l'air résigné, ajoutant très vite : « Ce serait peut-être bien aussi que mes mains soient un peu abîmées, tu ne penses pas ? »

« Tout juste auguste… Et je vais en faire autant avec les miennes tiens… » approuve-je, en saisissant ma Baguette…

« Attends. Tu fais les miennes et moi les tiennes. C'est mieux comme ça, non ? » réagit Sirius, en haussant un sourcil…

J'acquiesce du Chef. Je n'ai guère envie de me blesser moi-même…

Sirius fait du bon boulot. Il m'inflige des petites blessures qui ont l'air d'être à différents stades de cicatrisation… Un bel hématome aussi, bien noir, sur mon poignet droit…

« A ton tour. Et n'hésite pas, fais-moi une belle coupure dans la paume de ma main gauche. On la bandera après avec un morceau de ma chemise, comme si je m'étais blessé juste avant de revenir. On pourrait même affirmer qu'il a fallu sacrifier du sang pour satisfaire la Magie Noire et passer… » déclare Sirius, en tendant ses mains vers moi…

Il a l'air sérieux et déterminé…

« Dans ce cas, comme je suis supposé être le plus frais des trois, c'était à moi de sacrifier un peu de mon sang tu ne crois pas ? » demande-je, avec une grimace…

« Ah… Oui, bien sûr, tu as raison… » acquiesce Sirius, en effectuant un geste très vif…

« Outch ! » m'exclame-je en grimaçant derechef…

Malin Sirius. Il avait préparé son coup, anticipé ma réponse et a provoqué, sans que je le vois venir, une sale coupure sur la paume de ma main gauche. Nette et sans bavure …

« Parfait ! » commente-t-il, visiblement satisfait, saisissant un pan de ma chemise pour en arracher un morceau, dont il bande sommairement ma main…

Je m'occupe ensuite des siennes, juste ce qu'il faut pour que cela soit réaliste…

« Je me demande de quoi aura l'air Nally… » souris-je ensuite, en jetant un dernier coup d'œil à mon reflet dans le grand miroir sur pied, que le Salon sur Demande de Nally nous a fourni…

Je suis satisfait de l'image qu'il me renvoie. Comme ceux de Sirius, mes vêtements sont dans un piteux état. Moins que les siens cependant. Je suis resté nettement moins longtemps parti, n'est-ce pas… Aussi, n'ai-je également qu'une barbe de quelques jours et mes cheveux sont juste sales et un peu emmêlés…

J'ai également une mine fatiguée. Ce qui n'a pas été difficile à obtenir, puisque je n'ai pas dormi la nuit dernière. Car à peine étions nous rentrés chez Nally, après avoir enterré le corps de Peter Pettigrew dans la tombe de ses parents, que Harry a été appelé en renfort en Belgique. J'ai donc attendu son retour, à l'affût de ses émotions, durant plus de 2H00. Et Sirius est resté avec moi…

Cette fois, c'est à Namur qu'un Village Sorcier a été attaqué. Le Combat n'a pas duré très longtemps, mais il a fait beaucoup de dégâts, à défaut de faire beaucoup de victimes, puisque les Villageois étaient préparés et ont pu fuir pour le plus grand nombre d'entre eux…

Alors si mon attente a été longue, c'est parce que Harry est resté pour aider à éteindre les incendies et fouiller les décombres, au cas où il y aurait eu des survivants ensevelis dessous…

Quand il est rentré, il était presque 05H30… Nous avons un peu discuté puis je l'ai incité à aller dormir et je suis resté à bavarder avec Sirius…

Il fallait qu'aucun de nous deux n'ait l'air frais et dispos de toute façon, n'est-ce pas ? Une nuit blanche nous y a efficacement aidés…

« Je suis parfaite, comme d'habitude… » déclare Nally, en réponse à ma question, depuis le pas de la porte...

Je me tourne vivement vers elle…

Pour être parfaite, elle l'est… Un peu trop peut-être…

« Le bras en écharpe est-il vraiment nécessaire ? » demande-je, en fronçant les sourcils…

Nally soupire…

« Tu me croiras si tu veux, mais je suis sottement tombée et je me suis cassé le poignet. Alors puisque c'est ainsi, autant tirer parti de cette maladresse, n'est-ce pas… » répond-elle, sur une moue dépitée…

Je lève un sourcil, en parfaite synchronisation avec Sirius…

« J'étais distraite et je n'ai pas vu que quelque chose traînait par terre… Je me suis pris les pieds dedans… » soupire Nally, en évitant de nous regarder Sirius et moi-même…

Une petite lumière s'allume aussi sec dans mon cerveau…

« Oh ! Je suis prêt à parier que ce quelque chose, c'était un vêtement tombé au hasard d'une passion fiévreuse… » souris-je, en effectuant un clin d'œil vers Sirius, qui me le rend avec un sourire entendu…

« Oui… Bon… Pose-moi une attelle, au lieu de te moquer de moi, irrespectueux beau-fils ! » s'exclame Nally, d'un ton quelque peu pincé…

Démenti par un sourire pétillant dans ses yeux…

« Mmmm… Et qu'est-ce qui distrayait ainsi tes pensées ? » demande-je, après avoir posé une attelle sommaire sur son bras. Fabriquée avec des morceaux de bois grossiers et un morceau de ma chemise…

« Cela ne te regarde pas… » réplique Nally, avec vivacité…

« Tu as raison. Garde les détails de ta vie sexuelle pour toi… » rétorque-je, tandis que Sirius aboie d'un petit rire…

Nally se garde de répondre et appelle Dobby, lui expliquant qu'il va falloir qu'il nous fasse Transplaner dans l'ancienne Salle de la Mort du Département des Mystères, Sirius et moi-même, car elle ne peut le faire, étant donné sa blessure…

« Tu es certaine quant à toi, de vouloir Transplaner avec un poignet cassé ? » demande-je, en fronçant les sourcils…

« Oui. Il n'y aura pas de problème. J'aurais un peu mal, c'est tout. Et la douleur ça me connait. J'ai assez souffert de ma jambe durant des années, pour supporter celle-ci durant quelques secondes. Et au moins n'aurais-je pas à feindre d'avoir mal quelque part… » répond Nally, tenant son bras en écharpe serré contre sa poitrine avec sa main droite, avant de disparaître à nos yeux…

Dobby nous prend aussitôt par la main, Sirius et moi et nous fait Transplaner. Comme la première fois que je suis venu au Ministère par ce moyen de transport, je suis pris de vertige et j'ai la nausée à l'arrivée…

« Nom de Zeus ! Voilà une expérience que j'espère n'avoir pas à revivre de sitôt… » commente Sirius, avant de réprimer un nouveau haut-le-cœur…

« C'est ma deuxième et je dirai que c'est un chouia moins pire que la première fois… » réponds-je, en examinant les alentours…

Les dégâts de notre Bataille n'ont pas été nettoyés, ni réparés encore… Les portes explosées par Dolohov et ses Mangemorts ont été sommairement remises en place et condamnées, quelques bancs des gradins sont bien abimés, les murs portent de nombreuses traces d'impacts de Sortilèges et de Maléfices…

Et il y a pas mal de sang un peu partout sur les murs et le sol. Dont une flaque bien large non loin du socle sur laquelle était posée l'Arcade…

Je devine qu'il s'agit de celui de Parkinson…

« Ça a sacrément chauffé dur ici… » commente Sirius, en jetant un coup d'œil à la ronde…

« Ouais… Ça a été court, mais intense… » approuve-je, en détournant mon regard de la flaque du sang de Parkinson…

Dobby vient de ramener les pierres de l'Arcade et je regarde Nally, lui demandant comment les disposer dans la Salle…

« Mmmm… Il faudrait la remettre debout et la balancer de nouveau sur le sol, afin que cela semble naturel… » répond-elle, avant de se tourner vers Dobby et d'ajouter : « Assemble les pierres sur le socle, s'il te plait Dobby. La Porte ne sera plus active, mais cela n'a pas d'importance… »

Il acquiesce et s'exécute aussitôt, d'un claquement de doigts…

« A toi l'honneur, Ron. Un simple Sortilège d'Expulsion suffira cette fois. Et n'hésite pas à faire beaucoup de bruit… » déclare Nally, à peine l'Arcade en place…

Et je me fais un plaisir d'exploser cette fichue Porte, provoquant un bruit d'enfer qui fait trembler les murs…

« Avec ça, si le personnel n'est pas alerté de notre présence, je n'y comprends rien… » sourit Sirius, tandis que Dobby nous quitte vite fait…

« Ouais. Alors vite, en scène… » réponds-je, attrapant Nally et Sirius, comme si je devais les soutenir pour qu'ils tiennent debout…

Et je commence à grimper les gradins, tendant l'oreille vers l'extérieur…

« Des pas se précipitent. Mais je crois que c'est pour courir loin d'ici… » murmure-je, sous le hochement de tête approbateur de Nally…

« Il faut au moins trois à quatre minutes aux Aurors pour arriver, quand l'Alerte est déclenchée, nous a dit King. Tu pourras donc exploser une porte, si personne n'ose briser les scellés. Mais n'y va pas trop fort cette fois. Tu es sensé être plutôt épuisé… » murmure-t-elle en retour…

Je me demande soudainement pourquoi nous murmurons d'ailleurs. On ne risque pas de nous entendre, n'est-ce pas…

« Ah… On dirait qu'il y a au moins une personne pour oser se risquer à s'aventurer par ici… » murmure-je pourtant de nouveau, quelques secondes plus tard…

Nally hoche encore une fois la tête. Je prends mon temps pour monter les gradins, au cas où cette personne oserait briser les scellés avant l'arrivée des Aurors. Mais elle ne le fait pas, s'éloignant même à pas pressés, lorsque je fais mine d'appeler au secours, alors finalement, je lève ma Baguette et je fais exploser une Porte. Pas trop, comme recommandé par Nally. Tout juste est-elle un peu dégondée…

Puis je marche vers l'ouverture, trainant plus ou moins Sirius, tandis que Nally s'appuie lourdement contre moi et nous débouchons dans la Salle du Temps une dizaine de secondes plus tard…

Coup d'œil à droite et à gauche… Il n'y a personne en apparence. Mais l'odorat du Grizzly qui sommeille en moi, perçoit une odeur de peur, qui vient du côté de la Salle Circulaire…

Quelqu'un se planque dans le bureau le plus proche de la sortie, dont la porte est à peine entrebâillée…

« Il y a quelqu'un ? A l'aide s'il vous plait ! » appelle-je, d'une voix rauque et affaiblie, titubant et prenant l'air un peu hagard…

Je sens presque aussitôt, un regard peser sur moi et soudainement, la porte s'ouvre en grand…

« Oh ! Merlin ! Mais c'est bien vous Monsieur Weasley ! Votre père avait donc raison ! C'est incroyable ! Incroyable ! » s'exclame un type, très vieux et d'apparence plutôt frêle, en se précipitant le plus rapidement qu'il peut vers nous…

Dès qu'il parvient à notre hauteur, il m'aide à soutenir Sirius, tout en regardant vivement autour de lui…

« Attendez, Monsieur Weasley, les secours vont arriver… Enfin, les Aurors… Assoyez donc votre ami… » déclare-t-il un peu fiévreusement, en faisant venir un fauteuil de bureau, d'un coup de Baguette…

Le vieil homme incite Sirius à s'asseoir sur le fauteuil. Ce dernier joue parfaitement son rôle de mec épuisé, se laissant aller au fond du fauteuil, comme une poupée de chiffon toute molle, tandis que Nally gémit doucement en se laissant aller plus lourdement encore contre moi…

Et je fais comme si j'avais du mal à la retenir, la laissant un peu glisser, avant de la rattraper in extrémis…

« Tenez bon, Monsieur Weasley, je fais venir des sièges pour vous aussi ! » s'exclame le vieil homme, avec un empressement fébrile…

Et en deux coups de Baguette, il ramène deux autres fauteuils à notre hauteur, m'aidant à installer Nally qui grimace de douleur et gémit de plus bel, tandis qu'il pose son bras cassé sur un coussin.

Puis le vieil homme papillonne autour de nous. Il nous couvre de couvertures bien chaudes et fais venir de l'eau. Il nous en fiche un grand verre dans la main à Nally et moi-même, avant d'aider Sirius à boire…

« Merlin ! C'est incroyable ! Incroyable ! Tout le monde est persuadé que vous êtes morts ! Il n'y avait guère que votre famille et Monsieur Potter pour refuser d'y croire ! Merlin ! Et moi qui pensais qu'ils devenaient tous fous ! Et voilà que vous revenez ! Et avec Monsieur Black en plus ! Mais où étiez-vous donc, Monsieur Weasley ? Comment avez-vous fait pour revenir ? » s'exclame le vieil homme, sa curiosité piquée au vif

« Longue histoire et ça nous a épuisés… » réponds-je, avec une lassitude extrême, en passant une main faussement incertaine sur mon visage …

Sirius feint maintenant d'être aux trois-quarts dans les choux et à cent lieues de nos préoccupations actuelles, tandis que Nally s'affaisse un peu plus dans le fauteuil, comme si une immense fatigue l'attirait peu à peu vers le sommeil…

« Oui… Oui bien sûr… Et je suppose que vous avez juste envie tous les trois, de vous reposer et de récupérer avant de la raconter, n'est-ce pas. C'est naturel. Vous avez l'air si épuisés et mal en point. Monsieur Black surtout. Et la jeune dame semble bien avoir le bras cassé… » déclare le vieux, avant de se tourner d'un bond plutôt vif vers la Salle Circulaire et de s'exclamer : « Ah ! J'entends les Aurors qui arrivent ! »

Et il se précipite vers la porte d'entrée de la Salle du Temps, pour accueillir King et un groupe de ses hommes qui surgissent de la Salle Circulaire, Baguette au poing…

« Vite mes petits ! Dépêchez-vous ! Monsieur Weasley et la jeune dame sont de retour ! Avec Sirius Black ! Il faut les emmener à Ste Mangouste et prévenir le Ministre ! » s'exclame le vieil homme, tandis que King et ses Aurors courent vers nous…

« Va prévenir Arthur Weasley, McPherson ! Tu t'assureras aussi que l'ascenseur et le couloir du bureau du Ministre sont vides ! Nous transférerons nos rescapés à Ste Mangouste depuis là-bas ! Et pas de fuite en chemin ou je te casse définitivement cette fois ! C'est compris ! » s'exclame aussi sec King, à l'intention d'un jeune Auror…

McPherson est donc celui qui a révélé notre « mort » à Nally et moi-même, sans coup férir…

Il acquiesce vivement de la tête, avant de filer en sens inverse…

King demande ensuite à ses hommes de nous allonger sur des brancards et de s'assurer que la porte de l'ancienne Salle de la Mort soit de nouveau soigneusement scellée, puis il se tourne vers le vieux.

« Inutile de vous demander, je suppose, de garder cette affaire secrète pour le moment… » déclare-t-il, d'un ton poli…

« Je suis Langue-de-Plomb et Chef de ce Département, qui plus est ! Alors bien sûr que vous pouvez compter sur moi pour rester totalement discret ! » s'insurge presque le vieil homme

« Je n'en doutais pas, Monsieur Croaker. Assurez-vous cependant que tout le monde dans votre équipe en fasse autant… D'ailleurs, où sont-ils donc tous ? » demande King, sourcils froncés, tandis que je me demande maintenant si le vieil homme a un lien de parenté avec Stewart Croaker, un septième année de Gryffondor, qui fait partie des Neutres jusqu'à présent…

Si c'est le cas, alors c'est son Arrière-arrière-Grand-père pour le moins …

« Dès que nous avons entendu ce bruit d'explosion provenant de la Salle de la Mort, je les ai tous envoyés se boucler dans notre salle de repos, avec interdiction d'en bouger, jusqu'à ce que je vienne les chercher... » répond le Chef de Département, qui s'éponge le front, avant de murmurer : « Merlin quelle affaire extraordinaire… Inouï.. C'est inouï… Dire que ce mystère est percé maintenant… Après tout ce temps… »

Pour le coup, je vois sur le visage de Nally, que la même idée traverse son esprit et le mien. Et qu'elle s'en veut de ne pas l'avoir eue plus tôt…

Nom d'une Gargouille ! Nous sommes allés chercher des complications inutiles alors que c'était si simple !

Et, tandis que nous échangeons un coup d'œil, Nally hoche imperceptiblement la tête vers moi…

« Ouais… Il est percé ce mystère. C'est bien vrai ça… Ouais, c'est bien vrai…. Mais entre nous, il vaut sûrement mieux que ça en reste un pour le commun des mortels, histoire de ne pas mettre de mauvaise idée dans la tête de quelqu'un. Qu'on sache seulement que l'Arcade est maintenant définitivement détruite, c'est tout ce qui compte… » soupire-je, avec le même ton las que tout à l'heure…

King et le vieux sursautent…

Certainement pas pour la même raison, puisque King est parfaitement au courant de l'histoire que nous avions l'intention de révéler à la presse. Il est donc surpris de ma petite déclaration…

Le vieux Croaker, lui, est avide de curiosité…

Quant à Nally, elle m'approuve en dodelinant de la tête…

« Ron a raison. Il vaut mieux ne rien révéler. Rien du tout. Que cela reste un mystère pour tout le monde. C'est mieux ainsi. C'est trop dangereux. Beaucoup trop dangereux. Mille fois nous avons failli mourir… » insiste-t-elle, feignant parfaitement de frissonner de peur…

Elle parvient même à faire perler des larmes dans ses yeux…

« C'est juste ! Il ne faut rien révéler ! Cette affaire concerne strictement le Département des Mystères ! Et si la presse n'est pas contente, qu'elle vienne me voir ! Je lui répondrai avec plaisir, de se mêler de ce qui la regarde et de laisser les braves gens en paix ! » s'exclame le vieux Croaker, avec force gestes pour appuyer son propos…

« Bien. Qu'il en soit donc ainsi. De toute façon, le plus urgent pour l'heure, c'est de conduire nos rescapés à Ste Mangouste. Le reste on verra plus tard. Et ne vous inquiétez pas Monsieur Croaker, la presse ne les ennuiera pas. Je vais y veiller personnellement… » déclare King, en pressant l'épaule du Chef de Département, dans un geste d'apaisement…

Puis il donne l'ordre à ses hommes de faire Léviter nos Brancards vers le bureau du Ministre, d'où nous serons transférés par la Cheminée jusqu'à Ste Mangouste…

Monsieur Croaker nous raccompagne jusqu'à la sortie du Département du Mystère, nous souhaitant un bon rétablissement à tous les trois. Il nous prie aussi de bien vouloir prendre contact avec lui, dès que nous serons rétablis, afin d'éclairer sa lanterne avec toutes nos explications et qu'il puisse boucler le dossier de l'Arcade pour de bon. Naturellement il affirme que ce dossier restera ultra confidentiel…

Mais Nally et moi-même jouons la prudence et la réserve…

Est-ce bien raisonnable de consigner toutes ces choses par écrit ? Et si cela tombait un jour entre de mauvaises mains ? Après tout, au moins deux Langues-De-Plomb déjà se sont alliés à Voldemort…

« En fait je crois qu'il faudrait même réduire les pierres en poussière et éparpiller celle-ci dans le vent. Comme ça, ce sera sûr que personne ne les remettra jamais debout, ni ne réactivera cette saloperie de piège… » soupire-je, sous le hochement de tête approbateur de Nally…

Le vieux Monsieur Croaker en est déconfit, même s'il admet que nous avons raison et qu'il faut être prudent avec les Artefacts dangereux. Il souhaite tout de même que nous réfléchissions à la question. Et prendre un rendez-vous avec lui ne fera de tort à personne n'est-ce pas ? glisse-t-il avec espoir…

Nous promettons d'y réfléchir. De voir cette question avec le Ministre par Intérim…

Il acquiesce et nous souhaite encore une fois bon rétablissement, lorsque nous franchissons la dernière porte de son Département…

La suite se déroule exactement selon nos plans. Papa se précipite au devant de nous, pour donner le change aux Aurors qui ne font pas partie de l'Ordre. Puis, à Ste Mangouste, Augustus Pye et Mme Prewitt, nous prennent en charge aussitôt notre arrivée…

Leur rapport établira qu'ils ont eu à soigner des plaies, hématomes, fractures et tuméfactions en pagaille, que nous étions très fatigués, affamés et déshydratés, que tout cela ne laissera aucune séquelle physique, mais que nous risquons fort de rester psychologiquement très marqués …

Et comme nous aurons seulement à nous reposer durant quelques jours, nous sommes bien entendu autorisés à rentrer à la maison, à la joie quelque peu exubérante de ma famille, qui s'est naturellement empressée de venir à Ste Mangouste, dès la nouvelle de mon retour…

Bien sûr, il n'y a eu aucune fuite au Ministère cette fois, mais il y en a eu ici. Ce qui était prévu. Aussi, lorsque King et ses Aurors nous raccompagnent, toujours allongés sur des Brancards puisque nous sommes épuisés n'est-ce pas, c'est la ruée des journalistes et de photographes qui nous mitraillent. Les uns de questions, les autres de flashs en abondance…

« C'est une affaire qui concerne le Département du Mystère ! Aucune déclaration ne sera donc faite par nos rescapés ! » s'exclame King, tandis que des Aurors font cercle autour de nous, pour maintenir la presse à distance raisonnable…

« Mais ils ne sont pas soumis au secret eux ! » fuse une voix de femme mécontente

« Oui, c'est vrai ! Ils ont le droit de parler ! » l'appuie la voix très pressante d'un homme

« Et la Communauté est en droit de savoir ce qui leur est arrivé ! » ajoute un troisième journaliste, sous l'approbation de ses consœurs et confrères…

« Aucune déclaration ! Et inutile d'essayer d'obtenir des réponses de leur part ! Ronald Weasley, Sirius Black, ainsi que Madame De Paimpont devront porter Serment de tenir toute cette affaire secrète, dans l'intérêt de la Communauté justement ! » déclare King, sous la huée des journalistes mécontents…

Ils bloquent l'accès aux Cheminées pour nous empêcher de partir et les Aurors ont fort à faire pour les repousser loin de nous..

« Mesdames et Messieurs, du calme ! Mon fils, Sirius Black et Madame De Paimpont ne peuvent répondre à vos questions, mais je suis quant à moi disposé à faire une déclaration, au cours de laquelle je vous révèlerai tout ce que je suis en capacité de vous dire ! Mais je vous en prie, respectez le repos de nos miraculeux rescapés et les heureuses retrouvailles de ma famille ! Venez donc au Ministère cet après-midi, à 13H00 ! Je vous recevrai tous en Salle de Conférence ! » s'exclame finalement Papa, avec autorité…

Cela soulève des « Ah ! » de contentement et cette fois les journalistes s'écartent pour nous laisser passage…

Et c'est au Terrier naturellement que nous sommes emmenés…

« Et que vas-tu leur dire, aux journalistes, maintenant qu'il n'est plus question de leur raconter des bobards au sujet d'un Artefact de Magie Noire, qui nous aurait emmené dans un monde cauchemardesque ? » demande-je à Papa, en sautant bas de mon Brancard, aussitôt un pied dans la cuisine…

« Ma joie profonde que tu sois de retour à la maison… » répond Papa, ancrant son regard dans le mien…

J'y lis tout l'amour paternel qu'il éprouve pour moi et ça m'émeut aux tripes…

OoOoOoO

Acte 2 : Essais

Draco

Je jette un coup d'œil sur ma montre avec fébrilité, pour la cinquième ou sixième fois depuis le début du cours…

Après une semaine de travail acharné, dans le Passage Secret de la Liseuse, nous sommes fin prêts pour effectuer nos exercices d'évacuation et, avant notre retour à Poudlard cette nuit, j'ai convenu avec le professeur Dumbledore que nous en ferions un en toute surprise, pour tester le Groupement de Défense…

Bien sûr, nous nous sommes arrangés pour que ce soit en réalité les Membres du Comité Expert en Evacuation, qui aient la responsabilité de prendre les choses en main lors de ces exercices. Ainsi le jour où nous devrons réellement évacuer, tous les gosses leur obéiront sans se poser de question…

Il est 11H10… Le test ne devrait plus tarder…

Je m'attends à une pagaille monstre dans un premier temps. Une pagaille organisée, en fait. Car il ne faut pas que nous soyons efficaces à cent pour cent, au premier essai, naturellement. Cela paraitrait suspect.

Sonnerie stridente soudaine et je sursaute, comme tout le monde, même si je m'y attendais…

« Je prie tout le monde de garder son calme et d'évacuer Poudlard dans le bon ordre, en raison d'une Attaque de Mangemorts imminente. Je répète, gardez votre calme et évacuez Poudlard dans le bon ordre. » annonce la voix du professeur Dumbledore…

Il n'a pas fini sa première phrase, que c'est la ruée vers la porte…

« Où comptez-vous aller comme ça ! » entends-je cependant une voix s'exclamer à ma droite…

Je me retourne vivement. Robert Kean, un Serdaigle du Groupement de Défense, tient en joug les Ânes Bâtés de notre classe, avec deux de ses copains…

« Tu as entendu, non ! Faut partir ! » gronde Lars Jugson avec hargne…

« Mais tu ne viens pas avec nous, mon p'tit gars ! Débrouille-toi avec les tiens ! Allez vous planquer où vous voulez mais il est hors de questions que vous nous suiviez ! » s'exclame Kean, tandis que j'échange un coup d'œil avec Blaise.

Ça pourrait mal tourner ça…

« Va rejoindre ton poste avec tes potes, Kean ! Laisse nous gérer ça… » ordonne-je, en me dirigeant vers le groupe, Blaise, Théo, Oliver, Daphnée et Alice à mes côtés….

« Ok, Chef… » répond Kean, en filant aussitôt vers le couloir d'où nous parviennent assez nettement les bruits d'une cavalcade et des cris stridents…

Les gosses s'affolent bien sûr…

Qu'attendent les plus âgés chargés de les prendre sous leur aile, pour les calmer, dès maintenant ?

« Nous allons bien gentiment vous endormir et lorsque vous vous réveillerez, vous ferez ce que vous voulez… » déclare-je, avec fermeté…

« Ne compte pas qu'on vous lai… » commence Piers Taylor, en sortant sa Baguette…

Mais il n'a pas le temps de finir sa phrase. Nos Sortilèges d'Endormissement ont fusé et il s'effondre, comme les six autres Ânes Bâtés présents…

« Voilà une amélioration qui pourra maintenant être suggérée au Groupement de Défense… » sourit Théo, alors que nous partons déjà vers la porte…

Je me contente d'acquiescer d'un hochement de tête…

En cas d'Alerte réelle, nous serons les premiers informés et il est prévu que le Comité n'attende alors pas la sonnerie, pour neutraliser les Ânes Bâtés. Mais cette idée n'a pas été soulevée lors des Réunions du Groupement de Défense. Et comme nous voulions justement que rien ne soit parfait, nous nous sommes bien gardés de le faire…

Nous pressons le pas, pour rejoindre les autres. Soudainement, à un coin de couloir, un gamin déboule à toute vitesse, se dirigeant dans la mauvaise direction et je l'appelle de vive voix…

Il sursaute et se retourne d'un bond, se figeant l'air totalement paniqué dans un premier temps, puis soulagé en nous reconnaissant...

« Mais qu'est-ce que tu fais là, toi ? Pourquoi n'es-tu pas avec les élèves de ta classe ? » demande-je, en courant vers lui…

« J'étais aux toilettes du deuxième quand l'Alerte a sonné et les autres m'ont pas attendu. Et moi je ne sais pas où je dois aller !… » explique le gamin, avant d'essuyer d'un revers de manche les larmes coulant à flots sur ses joues rondes…

« Allons, ne t'inquiète pas, tout va bien. Tu vas venir avec nous. Et autant que tu saches maintenant, c'est une fausse Alerte, un exercice… » révèle-je, en lui tendant un mouchoir…

« Tant mieux pour aujourd'hui. Mais si on est vraiment attaqués un jour et que je suis encore une fois aux toilettes ? Et si en route je rencontre des Ânes Bâtés ? » demande le gamin, avec inquiétude, en essuyant ses joues

« Ne t'inquiète pas. Les grands auront désormais ordre de regarder partout avant de quitter un étage. Alors si tu es aux toilettes, tu y restes et tu attends que les nôtres viennent te chercher… » le rassure-je, en l'encourageant à marcher à mes côtés…

Le gosse essuie encore ses larmes, me regardant d'un air reconnaissant cette fois…

Et nous pressons le pas…

Quand nous arrivons dans le Hall, il n'y a personne…

Du moins c'est ce que je crois, jusqu'à ce que Benson surgisse devant nous, avec un groupe d'Ânes Bâtés de septième…

Mes amis et moi nous mettons aussitôt en garde et Benson ricane, ses suivants en faisant tout aussitôt autant…

« Bravo, Malfoy ! Parfaitement réussi l'exercice de ton minable petit Groupement de Défense ! » se moque Benson, en frappant dans ses mains, dans un applaudissement mou et tout aussi moqueur que son propos, avant d'ajouter, sur un ton mauvais : « Mais je vais te dire : s'il y avait vraiment une Attaque imminente, tes copains seraient tous morts maintenant, abattus sans sommation. Et toi tu serais mon prisonnier… »

Le gosse qui nous accompagne, se presse aussitôt contre moi. Il tremble de peur et j'entoure son épaule d'un bras réconfortant…

« Merci du renseignement Benson. Mais tu n'aurais peut-être pas dû révéler tes intentions, car désormais nous serons davantage sur nos gardes et tu auras plus de mal à nous surprendre… » réponds-je, avec assurance…

Et pensant qu'en cas de véritable Attaque, Benson n'aura certainement pas l'occasion de vadrouiller en toute liberté dans les couloirs. S'il n'a pas pu être endormi, car il n'y avait pas de Membre du Comité dans ses alentours, où qu'il soit, nous l'aurons à l'œil, grâce aux Cartes…

« C'est ça, fais le fier Malfoy. Mais tous les plans d'évacuation que tu pourras prévoir seront contrecarrés, tu peux compter sur moi. Et je me ferai un plaisir de livrer moi-même ton cul au Seigneur des Ténèbres… » se moque encore Benson, sous les ricanements de ses suivants…

« En attendant vire le tien de notre chemin, Benson. Nous avons autre chose à faire que de t'écouter déblatérer tes conneries… » réponds-je, en avançant résolument en direction de notre destination, imité par mon frère et mes amis…

Benson ne bouge pas d'un poil, naturellement. Il est fermement campé sur ses pieds et s'avance d'un pas, collant presque son nez sur le mien, avec un sourire en coin. J'ancre mes yeux dans les siens et un duel s'engage entre nos deux regards…

Merde ! Ce con n'a pas l'air décidé à baisser sa garde…

Alors je décide de me conduire en parfait Serpentard et de tricher sans vergogne. Puisque c'est ainsi, un bon coup de genou bien placé va lui remettre les idées en place, Foi de Draco !

Je n'ai cependant pas le temps de mettre ma décision à exécution…

« A moins que vous ne désiriez le nettoyer de fond en comble, dégagez le Hall et gagnez immédiatement la Grande Salle, Monsieur Benson ! » claque la voix de Pa, depuis l'escalier.

Benson sursaute aussi sec et se décale d'un pas, effectuant un geste vers sa suite, pour qu'elle me laisse passer. Je sens son regard peser entre mes omoplates durant trois ou quatre secondes, mais je n'en ai cure. Je sais Benson dangereux, certes. Mais il ne m'attaquera pas alors qu'il y a un prof dans le coin.

D'autant qu'il ne doit pas se mettre en position d'être renvoyé, j'en suis certain…

Tout comme je suis convaincu qu'il sera prévenu à l'avance d'une Attaque sur Poudlard et qu'il sera prêt à exécuter les ordres qu'il aura alors reçus…

Mais nous aussi nous serons prêts. Et nous l'aurons étroitement à l'œil…

Lorsque nous arrivons dans le Jardin de la Liseuse, il y a encore pas mal de monde qui piétine dans la neige, attendant son tour d'entrer dans le Passage Secret. Les grands et les petits sont mélangés et ça se bouscule…

« Ah ! Te voilà enfin ! Ça ne va pas tout ça ! Regarde-moi cette pagaille ! » s'exclame McLaggen, poing sur les hanches et œil réprobateur…

« Combien de temps depuis le début de l'Alerte, maintenant ? Et combien de petits sont encore là ? » demande-je en retour…

McLaggen fronce les sourcils…

« Ben je dirais que ça fait vingt à vingt-cinq minutes à peu près depuis la sonnerie et qu'il reste environ un tiers des gosses à évacuer… » répond-il, l'air incertain…

« Je ne veux ni d'à peu près, ni d'environ, mais des comptes précis. Tu es Chef en second de l'Intendance, McLaggen, tu dois savoir avec précision combien de temps nous avons mis pour évacuer tout le monde ! Et les plus jeunes doivent entrer dans le Passage dès leur arrivée ! Tu dois veiller à ça ! Et gérer la panique ! » fais-je remarquer avec sècheresse

McLaggen se rembrunit. Il m'a accueilli avec des reproches et je les lui renvoie à la gueule en pointant ses approximations. Cela ne lui plait pas assurément et il promet avec raideur que la prochaine fois il prendra note sérieusement de l'heure et du nombre d'élèves évacués…

« Bon, allez, te frappe pas avec ça. Ce n'est pas si grave et je suis surtout énervé à cause de Benson qui nous a fait chier en route. » soupire-je, en lui filant une claque sur l'épaule, comme pour me faire pardonner de l'avoir injustement houspillé, alors qu'en réalité, mon intention était-elle bel et bien de lui faire rabaisser son caquet…

C'est plus fort que moi, je ne supporte pas ce type et ses grands airs.

Puis je jette encore un coup d'œil à la ronde avant d'ajouter, effectuant un effort pour user d'un ton nettement plus engageant :

« Et puis, le but de l'exercice c'est bien de relever nos faiblesses, après tout. Et s'il y a bien quelque chose certaine, c'est qu'il va falloir améliorer nos performances, calculer les itinéraires les plus rapides et mieux gérer l'affolement général. Par ailleurs, nous avons trouvé un gosse perdu en chemin. Ça ne doit pas se reproduire non plus ça. Alors Réunion du bureau ce soir pour en débattre. Que tout le monde soit là à 19H30 précise. Fais passer le mot, tu veux bien McLaggen ?… »

« Pas de souci. La Salle de Réunion sera prête et je vais m'assurer aussi que les comptes rendus de chacun des responsables soient rédigés dans l'heure. J'en ferai l'analyse dans l'après-midi, afin que nous puissions d'emblée avoir une vue claire de la situation et des problèmes rencontrés lors de l'exercice. Cela nous fera gagner du temps… Enfin, si ça te va que je m'en occupe… » répond McLaggen, encore un peu sur la défensive…

« Ça me va très bien. C'est une excellente idée… » m'efforce-je de sourire…

McLaggen se rengorge cette fois…

S'il savait comme je n'en ai rien à foute, de son analyse de la situation.

Les Membres du Comité Décideurs, ont déjà une réunion à 17H00, pour faire le point. Et nous aurons une vue très nette, de ce que nous devons améliorer et comment gagner au plus vite et en toute sécurité, la Salle Commune la plus proche, si l'Alerte a lieu en journée…

Cependant, une chose est certaine déjà. Si l'évacuation de Poudlard doit avoir lieu en plein jour, il vaudrait mieux que McLaggen soit assigné à un poste où il ne pourra pas ramener sa fraise et retarder l'opération, en exhortant les gosses à aller du côté du Jardin à la Liseuse…

OoOoOoO

Acte 3 : La Base d'Espionnage

Sirius

Notre déjeuner terminé, Molly invite les enfants à aller faire la sieste. Ils obéissent plus ou moins prestement, sous la conduite d'Annabelle et Ievguenia, la protégée de Narcissa, qui m'a conté l'histoire de cette pauvre fille, quand nous étions au Paradis…

Elle l'a fait à mots couverts et pudiques, mais c'était suffisamment explicite pour que je comprenne ce qu'a subi cette malheureuse jeune fille…

Lucius est vraiment l'empereur des salauds.

Et j'ai pris conscience aussi, que ma Cousine n'a pas été à la fête durant toutes ses années de mariage. Je suis heureux pour elle, qu'elle ait aujourd'hui trouvé le bonheur, avec son Richard…

Un bien brave type. Je m'entends pas mal du tout avec lui.

« Que dirais-tu d'aller faire un tour au QG, Parrain ? » demande Harry, en haussant un sourcil vers moi…

« Bonne idée. Ça me démange de me rendre utile. Alors plus vite je serai au fait de votre matériel d'Espionnage et mieux ce sera… » souris-je, en me levant sans attendre

Harry et Ron m'imitent illico…

« Vous ne prenez pas le thé avec nous, d'abord ? » réagit aussitôt Molly, en couvant Ron du regard…

Juste avant le déjeuner, elle lui a arraché la promesse de passer quelques jours ici, avant de regagner Poudlard, plutôt que de rester chez Nally…

« Non. Mais je te promets que nous rentrerons pour le thé de 17H00… » sourit Ron, avant de lui embrasser la joue…

Molly lui rend son sourire, lui pressant la main.

Elle est fière de son grand fils, c'est le moins qu'on puisse dire. Cela se voit dans chacun des regards qu'elle pose sur lui.

Elle est fière de tous ses gosses, en fait. Et elle peut l'être. Ils sont intelligents, courageux, engagés dans la défense de leurs valeurs et de notre Communauté. A l'image de ce qu'elle et Arthur sont…

Elle m'agaçait avant, avec son angoisse permanente et sa manie de couver Harry et sa marmaille, je dois bien l'avouer. Je la comprends beaucoup mieux maintenant et je l'admire, de tenir le choc, alors que tous ses enfants risquent leur vie à chaque Combat.

Alors que l'un de ses fils a été tué, que Fred est amputé d'une jambe, que Georges est borgne, que Ginny, Bill, Charly et Ron ont bien failli passer la Grand Porte du Paradis aussi…

Et Arthur également…

Sa famille a payé lourdement son engagement jusqu'ici et j'espère de tout cœur que ça va s'arrêter là…

C'est à peine si je reconnais la cuisine, lorsque j'arrive dans l'ex Noble et très Ancienne Maison des Black. Elle a été briquée de fond en comble et repeinte. Elle est claire et gaie, maintenant. Et si tout le reste est à la même image, alors cette grande baraque que je déteste depuis toujours, doit être bien plus agréable à vivre…

« Tout à l'heure, je te montrerai ce que nous avons fait de ton ancienne chambre. Je pense que cela va te plaire… » sourit Harry, tandis que je hausse un sourcil dans sa direction…

J'ouvre la bouche pour lui demander de préciser, mais la porte de la cuisine s'ouvre et je me retourne vivement vers elle. Une grande femme brune assez sèche et d'allure chevaline, fait son entrée. Je la reconnais tout de suite. C'est la sœur de Lily…

Elle accueille Ron avec chaleur, puis Harry me la présente et elle nous propose un thé. Harry consent, précisant toutefois que nous le prendrons dans la Base d'Espionnage. Et elle s'affaire aussitôt à nous préparer un plateau, tandis que nous sortons de la cuisine…

« Nom de Zeus ! » m'exclame-je, lorsque je pénètre dans le Hall…

Je suis ébahi par la clarté, la luminosité qui règne ici…

Et je me sens attiré comme un aimant, vers l'alcôve qui abritait autrefois le portrait de ma mère. Une grande photographie, cernée de plus petites, le remplace avantageusement…

Lily et James, au jour de leur mariage. Et je suis avec eux. Nous sommes jeunes, beaux, heureux sur cette photographie…

Et je me sens ému aux tripes…

« Toute ma famille et mes amis sont sur ce mur… » déclare Harry, en se plaçant à mes côtés…

« Oui… Et c'est une bien belle famille… » réponds-je, regardant encore quelques instants les photographies, avant d'embrasser de nouveau le hall du regard et d'ajouter : « Ta Maison est très belle, Harry. On s'y sent bien… »

« Tu es de retour, Sirius. Elle est donc à toi en réalité… » sourit Harry, son regard fixé sur moi…

« Non… Elle ne l'a jamais été et ne le sera jamais. Je m'y sens bien maintenant, parce qu'elle t'appartient. Moi, je ne pourrais y faire revenir que des Fantômes du passé, que je souhaite vivement oublier pour certains d'entre eux. » refuse-je, en lui rendant son sourire…

Harry acquiesce, le regard un peu attristé, puis il m'entraîne vers l'étage, où Ron est déjà monté…

« Ah ! Nom de Zeus ! » m'exclame-je, encore une fois, en pénétrant dans la Base d'Espionnage…

J'étais loin de m'imaginer ce que je vois là…

« Sirius ! Bon sang d'bois qu'ça fait plaisir de t'revoir mon gars ! » s'exclame Mondingus Fletcher, en se levant pour venir vers moi…

J'ai bien du mal à le reconnaitre lui aussi…

Il est propre et a l'air frais comme un gardon. Heureux aussi…

« Salut, Dingue. Heureux de te revoir aussi. On dirait bien que tu t'es refait une jeunesse, dis donc ! » souris-je, en lui serrant la main…

« Ouais. Fini les conn'ries et les p'tits trafics pas nets. J'ai arrêté d'picoler. J'fume plus jamais qu'une pipe de bon tabac par jour et j'suis d'nouveau Médicomage… enfin, pas encore officiell'ment, mais pour l'Ordre du Phénix... » répond Mondingus, en se redressant avec fierté…

« Le moins qu'on puisse dire, c'est que ça te réussit tout ça. » déclare-je, en lui frappant l'épaule avec amitié, tandis qu'il acquiesce d'un hochement de tête…

Puis Hestia Jones m'accueille à son tour. Avec plus de réserve que Dingue, mais tout aussi chaleureusement. Ensuite Harry me présente son Cousin Dudley, dont il m'a brièvement parlé durant notre séjour. Le gamin a l'air un peu gauche et intimidé par ma présence, mais lorsque Harry lui demande s'il y a du nouveau au Manoir Malfoy, il retrouve de l'assurance et gonfle un peu la poitrine avant de lui répondre.

« Hormis un petit fait, pas grand-chose de neuf sous le Soleil, Harry. Tout à l'heure, Voldemort lisait tranquillement son livre préféré, tu sais, celui sur le Chemin des Âmes. A un moment il a sursauté et il a semblé lire et relire le même passage plusieurs fois. On a essayé de voir lequel, mais il était trop penché en avant. Bref, après, il a refermé le livre et il s'est appuyé sur son dossier et il a réfléchi durant plusieurs minutes. Et quand son serpent lui a grimpé dessus, il a murmuré : Je viens de comprendre enfin ce passage, Nagini. Et si rien n'a changé comme je l'espère, nous pourrions peut-être bientôt avoir de redoutables et très précieux alliés… Voilà, c'est tout… » explique-t-il, ajoutant, sourcils froncés : « Tu y comprends quelque chose ? »

« Non. Mais c'est souvent le cas. Et un jour ou l'autre nous en saurons certainement davantage… » soupire Harry, qui demande tout de même à examiner le passage concerné.

Dudley s'empresse de répondre à sa demande et quelques instants plus tard, tandis que Harry cherche désespérément à lire ne serait qu'un petit bout de phrase du bouquin de Voldemort, j'examine le matériel d'espionnage. Je suis fasciné par ces Ecrans, grâce auxquels nous pouvons voir et entendre ce qu'il se passe chez Lucius Malfoy…

« C'est quoi, ces petites lumières qui clignotent… » demande-je à Ron, en indiquant une lumière bleue, située entre deux boutons, l'un noir et l'autre blanc…

« Une très belle amélioration toute récente, qui nous rend bien des services. Elle indique qu'il n'y a pas de conversation dans la pièce correspondante, dans laquelle il n'y a qu'un Micro. Il y a un code couleur, pour indiquer l'urgence de l'écoute. Ceci est défini par les critères précis, que nous avons listés. Des mots clefs comme Seigneur des Ténèbres, Moldu, Attaque, Potter, Ordre du Phénix etc… Il y a plus de cents cinquante mots clefs en tout, car nous en ajoutons à mesure, selon les évènements et les personnes qui pourraient faire l'objet d'une conversation, alors je ne vais pas tous les énumérer, n'est-ce pas ? Bref… Jaune indique que c'est une conversation banale. Orange, au moins un mot clef a été prononcé. Si c'est rouge, c'est certainement important. Quoi qu'il en soit, si tu veux écouter, il suffit d'appuyer sur le bouton noir, pour entendre ce qui se dit, dans le haut-parleur ou les écouteurs correspondant. Si tu es déjà occupé à écouter une conversation, pas d'inquiétude, un Magnétophone enregistre tout. Tu pourras donc écouter ultérieurement en appuyant sur le bouton blanc, qui va sélectionner automatiquement les passages de Bande, sur lesquels il y a quelque chose. Dans les faits, nous écoutons tout, car les conversations jaunes pourraient receler quand même quelque chose d'intéressant. En général, elles sont passées au crible durant la nuit, lorsqu'il y a nettement moins d'activité. Et tout est consigné par écrit, dans les registres disposés sur les étagères de l'armoire située derrière nous. Les passages les plus importants, sont dupliqués sur une autre Bande. On note la date, l'heure et les minutes que cela a duré sur le boitier et dans le répertoire. Même chose avec les Bandes image et son, enregistrées sur Magnétoscope… » explique Ron, à ma grande stupeur…

C'est vraiment très ingénieux tout ça. Je suis bluffé. Et je comprends qu'il faille en permanence au moins deux à trois paires d'yeux et d'oreilles, jour et nuit…

Davantage, lorsque c'est chaud et qu'une Attaque se profile…

Ron me montre ensuite le matériel dont chacun est pourvu durant les Combats, m'explique comment cela fonctionne. Puis les Bippers, qui permettent de rameuter tout le monde en des temps record…

« Demain, nous t'emmènerons à Peterhead. Et si Papa est disponible, nous te ferons aussi visiter le Village des Elfes. C'est là-bas que se trouvent les Cartes que nous avons pu fabriquer jusqu'à présent, ainsi que la surveillance des Caméras installées à Pré Au Lard, au Ministère, sur le Chemin de Traverse et l'Allée des Embrumes. Et puis il y a Priest Hole Manor aussi. Mais là-bas, ce n'est pas la plus active et il n'y a personne pour l'heure, puisque ce n'est pas utile. Enfin, nous avons également une Base en Irlande. Elle surveille les Cavernes du Diable et le Village de Dublin, où nous redoutons toujours une nouvelle action de Voldemort… » déclare Harry, avant de boire une goutte du thé que nous a apporté Pétunia…

« Oh ! En parlant d'Dublin ! La veuve Williams s'est manifestée ç'matin, sous un nouveau déguiz'ment ! O'Grady a d'mandé qu'Charly aille le voir ç'soir à ç'propos ! Y m'a dit qu'elle s'est présentée comme une historienne Belge qu'aurait des origines Irlandaises… » explique Mondingus, à l'intention de Harry et Ron…

« Ah ! Ça faisait longtemps. Mais il fallait s'en douter, après son dernier rendez-vous avec Bertram Yaxley… Elle a donc trouvé une nouvelle idée, pour se voir confier les Clefs du Village… » sourit Harry, tandis que je hausse un sourcil vers Ron…

« Il est question-là, d'une chasse au Trésor, que nous te raconterons tout à l'heure… » me répond Ron, avec un sourire jusqu'aux oreilles…

Décidément, chaque jour me révèle son lot de surprises et j'ai encore pas mal de choses à apprendre, moi…

« Oui… Et d'un piège dans lequel nous espérons faire tomber quelques Mangemorts… » renchérit Harry, un poil avant que son Cousin attire l'attention de tout le monde sur un Ecran…

« Voilà donc Lucius et Rabastan de retour au bercail. Nous allons savoir où ils en sont de leurs Missions. Je me demande en revanche qui est le troisième homme… » déclare alors Hestia Jones, tandis que Harry, Ron et moi-même nous approchons de l'Ecran concerné…

Lucius Malfoy et Rabastan Lestrange remontent l'allée du Manoir d'un pas vif. Ils encadrent un homme encapuchonné jusqu'au menton, qui avance docilement, guidé par la main de Malfoy. Et ils ont l'air pressés de rentrer se mettre à l'abri des cordes qui tombent dans le Wiltshire…

« Sais pas… Un prisonnier probabl'ment. En tout cas, c'est quelqu'un d'nouveau, vu qu'Lucius l'a fait entrer en l'tenant par l'bras. » grimace Mondingus, tandis qu'Hestia soupire…

« Si c'est le cas, alors nous allons encore voir des horreurs… » dit-elle, sur une grimace…

« Je me demande si ce ne serait pas plutôt le jeune homme que Lucius a promis de ramener à l'affreux, pour pimenter leurs ébats… » murmure cependant Harry, sourcils froncés…

« Cela ne change rien. Que ce soit l'un ou l'autre, nous allons bien voir des horreurs… » soupire encore Hestia, sur une nouvelle grimace…

« Vous n'aurez qu'à aller faire une pause dans la cuisine, puisque nous sommes là… » déclare alors Harry, en lui pressant l'épaule…

Hestia lui jette aussitôt un coup d'œil reconnaissant, en acquiesçant, avant de préciser qu'elle partira au moment voulu et en attendant cet instant, Ron fait apparaitre trois sièges, afin que Harry, lui-même et moi puissions nous assoir, pour visionner confortablement les évènements à venir…

OoOoOoO

... Votre avis m'intéresse vivement ...

...

..

.

V