Disclaimer : cf chapitre 1
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Grand merci à Mistycal !
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Réponses aux commentaires anonymes sur mon forum : - Yzeute -
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Comme la semaine dernière, je suis en retard pour répondre. Trop de travail en ce moment ! Je le fais après avoir mis le chapitre!
Bonne lecture
Bisous
Me-Violine
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Un Mystère Percé 3 / 3
Acte 8 : Rapport Chez Le Directeur
Draco
Il est presque 21H00, lorsque Blaise, Nev, Théo et moi-même arrivons en vue du Miroir sans tain qui ouvre accès dans le Bureau de notre Directeur, vers lequel le Baron Sanglant s'est empressé d'accepter de nous guider…
Notre Réunion du Comité s'est terminée trop tardivement pour que nous puissions aller voir le professeur Dumbledore dans la foulée et il a donc fallu attendre la fin de celle du Groupement de Défense.
Ce qui n'est pas plus mal, finalement. Car ainsi, nous aurons sûrement des nouvelles de la réaction de Voldemort, lorsque l'Editorial de la Gazette est arrivé au Manoir Malfoy…
Ici, cela a fait sensation, bien sûr. Il y a même eu carrément une ovation très prolongée, lancée et animée par Seamus et Dean.
Bon, comme d'hab, les Ânes Bâtés n'étaient pas ravis, naturellement. Mais on s'en fiche de ces blattes, comme dit Colin…
Petit coup d'œil au travers du Miroir pour s'assurer que nous pouvons entrer dans le Bureau sans déranger. Il y a du monde. Harry, Ron, Hermione, Sirius, Remus, Pa, Tatie, Charly. C'est vrai que Sirius est venu voir Miho, dans les Appartements d'Hermione, après le diner. Mais tout de même. On dirait presque une mini Réunion de l'Ordre.
Je frappe discrètement sur la vitre et le professeur invite à entrer, tandis que tous les regards se tournent vers le Miroir…
« Salut ! Nous ne dérangeons pas j'espère ? Nous pouvons revenir plus tard s'il le faut…» demande-je, en passant la tête, prêt à ressortir
« Bien sûr que non, Draco, entrez donc tous… » assure le professeur Dumbledore, en me regardant par-dessus ses lunettes en demi-lunes…
Nous nous rendons donc à son invitation, allant saluer chacun d'une poignée de main ou d'une bise sur la joue…
« Que se passe-t-il ? » demande Harry, à peine les échanges de politesse terminés…
Je laisse le soin à Blaise de rapporter ce qui nous amène.
« Et ce que ne précise pas Blaise, c'est que mon cher frangin a émis l'idée stupide de servir de chèvre ! Et qu'il a fallu que je me fâche pour qu'il renonce à faire l'andouille ! » ajoute Théo, dès que Blaise ferme la bouche, ne laissant ainsi pas le temps à qui que ce soit de l'ouvrir avant lui et surtout pas à moi…
Sans doute a-t-il pensé que j'étais capable de me porter volontaire, si l'Ordre jugeait que cela valait la peine de tenter le coup… Ce en quoi il n'a pas tort…
Il m'a donc bel et bien coupé l'herbe sous le pied le petit malin…
« Et tu as bien fait de l'en dissuader, Théo. Car c'est effectivement une idée stupide… » appuie Harry, en me fixant d'un œil réprobateur…
« Je ne vois pas en quoi c'est si stupide. Dangereux, risqué, ok, je veux bien. Mais ce n'est certainement pas stupide… » réplique-je sur un soupir…
« Si, c'est stupide ! Et précisément pour les raisons que tu as précédemment citées ! Sans compter que même si ce piège marchait, on ne prendrait certainement dans nos filets, qu'un sous-fifre qui ne saurait même pas dire de qui il tient ses ordres ! » rétorque Théo, en me gratifiant de son fameux regard noir de la mort qui tue, pour la seconde fois de la soirée…
« Alors on ne fait rien à propos de cela ? On laisse courir l'affaire et ce salopard de petit Espion vadrouiller partout dans Poudlard et fomenter ses sales coups comme il l'entend ? » m'insurge-je, avec une certaine impatience…
« Tu es sûr que tu es un Serpentard, toi ? » demande aussi sec Sirius, en fronçant les sourcils vers moi…
Ses yeux pétillent. Il se fiche de moi, ouvertement…
« Pur et dur, oui ! » réponds-je, du tac au tac…
« Eh bien, étant donné ton manque de prudence et ton impatience, on ne le dirait pas. » réplique Sirius, plus moqueur que jamais…
« Peut-être parce que j'ai été contaminé à mon corps défendant par d'indécrottables Gryffondors… » rétorque-je, quelque peu narquois…
« Tut ! Tut ! N'oublie pas les multiples conversations que nous avons eues à ce propos. Nous sommes beaucoup plus prudents et moins impatients de passer à l'action qu'il semble à première vue… » intervient Ron, qui jette un coup d'œil vers Tatie Nally, avant d'ajouter avec un sourire malicieux : « Sauf peut-être une certaine Gryffondor de ma connaissance, en certaines circonstances qui la poussent à prendre des décisions impulsives et parfaitement irréfléchies. Mais bref, passons… »
Tatie Nally lui donne aussitôt un petit coup de poing rieur sur le bras…
« Oui, passons. Quoi que tu puisses penser, Draco, il est hors de question de laisser notre jeune Espion fomenter ses mauvais coups en toute liberté. Et pour commencer, tu ne te déplaceras pas sans une solide escorte, ce qui ne lui facilitera pas la tâche. » déclare Pa, avec fermeté
« Pour ce que cela va changer de d'habitude ! Je suis toujours bien accompagné et l'Espion ne peut manquer de le savoir déjà. Si on renforce ça et que j'ai une bien solide escorte, alors il fera appel à toute une équipe d'Ânes Bâtés cette fois et ils nous descendront dans le dos, comme nous en a fort aimablement averti Benson ! Ce qui sera plus risqué et dangereux encore ! Pour mes potes notamment ! » réponds-je, avec quelque peu de véhémence…
« Non, parce que si cela arrive, nous saurons grâce aux Cartes, que cette fichue équipe sera en embuscade ! Et c'est nous qui les surprendrons et les neutraliserons sans sommation ! » réplique Théo, d'un ton ferme…
« Que s'est-il passé, avec Benson ? Quand vous a-t-il menacés ? » demande quant à lui Harry, sourcils froncés…
Je lui raconte l'affaire en deux mots…
« Charmant garçon et bonne petite recrue pour Voldemort, ça… » commente Sirius, sur une grimace…
« Ouais… Et il y a tout lieu de se méfier de lui. Même s'il se conduit comme un con, il est bougrement intelligent le petit salaud. » répond Ron, en se frottant vigoureusement le pif…
Aussitôt tous les regards se fixent sur lui, avec interrogation…
« Y a rien. C'est juste une petite démangeaison naturelle… » déclare aussitôt Ron, avec un petit geste qui balaye l'air comme pour chasser un insecte insignifiant…
« Ce n'est jamais juste une petite démangeaison naturelle, Ron. » déclare aussi sec Hermione, avec un sérieux infini, le regard insistant…
« Je t'assure, il n'y a rien ma Puce. Aucune alerte ne me titille le cerveau. Pas plus que la nuque de Charly, regarde… » assure Ron, avec un sourire tranquille et désignant la nuque de Charly, qui acquiesce…
Il ne dégouline pas…
« Très bien. Mais garde tout de même cet échange en tête. On ne sait jamais. Cela pourrait faire écho plus tard… » répond Hermione, avec détermination…
Ron acquiesce d'un hochement de tête, puis il se tourne vers moi…
« Autre chose à signaler ? » demande-t-il, en levant un sourcil…
« Non… » réponds-je, en hochant négativement la tête…
« Si ! Rusard… » déclare aussi sec Théo, avant de raconter par le menu, notre rencontre avec le concierge…
Pa fronce les sourcils, fouillant de toute évidence sa mémoire…
« Non… Décidément, j'ignore ce que Lucius a pu faire qui mette Argus dans cet état… Et vous, Albus, une idée ? » réagit Pa, en levant le regard vers notre Directeur…
« Pas la moindre… Tout au moins, n'ai-je pas souvenir d'un acte d'une gravité telle, qu'Argus en garde une si profonde rancœur. » répond négativement le professeur Dumbledore…
« Le mystère reste donc entier… » soupire-je, quelque peu contrarié par cette affaire.
J'aimerai tout de même savoir ce qui me vaut tellement d'acrimonie de la part de Rusard, au point qu'il réserve également de plus en plus des rancœurs envers mes amis. Qu'ils soient de Serpentard ou de Gryffondor, de Serdaigle ou de Poufsouffle. Car je sais fort bien qu'il n'est pas chaleureux non plus envers Harry, Ron et Hermione, ni aucune des autres personnes avec lesquelles il m'a déjà vu en pleine discussion amicale. Il a pour eux le même œil méfiant, soupçonneux. Le même ton désagréable…
« J'interrogerai Argus à l'occasion, si tu le souhaites, Draco… » propose le Directeur, en me regardant par-dessus ses lunettes en demi-lunes…
« Non, merci. Il serait fichu de penser que je me suis plains à son propos et il aurait beau jeu ensuite d'affirmer que je le harcèle, ce qui justifiera à ses yeux, que je ne vaux guère mieux que Lucius. Non, non ! Autant laisser courir. Nous avons bien d'autres soucis et de plus sérieux. » réponds-je, soupirant avant de demander : « Et de votre côté, quelles nouvelles ? Pourquoi cette mini Réunion au sommet ? C'est la réaction de Voldemort à l'annonce du retour de Ron, Sirius et Tatie ? Il pense que vous avez ramené son fameux Artefact avec vous ? Il projette une Attaque pour faire passer sa colère ? »
« Mais tu es une vraie mitraillette à questions, toi… » sourit Sirius, l'air moqueur, en m'ébouriffant les cheveux avec énergie…
« Transforme-toi en mitraillette à réponses, plutôt que de déranger ma chevelure et tu auras l'air intelligent pour une fois ! » rétorque-je, avec un clin d'œil…
Sirius aboie de rire aussi sec.
Je l'aime bien. Il m'a tout de suite plu, mon Petit-Cousin. Il m'a mis à l'aise dès l'instant où il a déclaré qu'il ne voyait aucune ressemblance entre moi et mon géniteur. Et on se charrie mutuellement en toute bonne humeur, à tout bout de champ…
« Nous venions tout juste de commencer notre mini Réunion, lorsque vous êtes arrivés. » intervient Tatie, sourire aux lèvres…
« Ah ! On va tout savoir alors. C'est aussi bien… » sourit Nev, en acceptant la tasse de thé que lui propose Hermione…
« Pas tant que ça. Il y a trop de choses à dire et tout le monde est concerné. Alors nous venions de tomber d'accord pour convoquer les Membres Décideurs. Par ailleurs, Bill et Charly sont d'astreinte Commando pour la nuit et ne peuvent se faire remplacer, alors pas de Paradis et la Réunion aura lieu au Terrier, car Brian est un peu fiévreux et Maman ne veut pas le laisser seul avec Annabelle et Ievguenia…» déclare Ron, avant de croquer dans un biscuit aux amandes…
« Grand-mère n'est donc pas là ? » demande alors Nev, sourcils froncés…
« Non. Tante Augusta passe la soirée et la nuit chez ton Grand-oncle Algie. Et elle a eu la bonté d'emmener Rita avec elle, afin qu'elle nous fiche la paix. A Sirius surtout, qu'elle a mitraillé de questions à chaque occasion … » répond Ron, sur un clin d'œil…
« Quelle heureuse coïncidence… » sourit Blaise, en posant sa tasse de thé déjà vide sur le plateau…
Nev hoche la tête en signe d'approbation, tandis que je demande à quelle heure aura lieu la Réunion…
« Les jumeaux ne peuvent pas se libérer tout de suite étant donné qu'ils sont dans le Labo des Cachots Perdus de Salazar, avec le Chrono Magique. Le départ pour le Terrier sera donc à 23H45 environ… » répond Pa, qui jette un coup d'œil sur sa montre avant d'ajouter : « Ce qui me laisse tout juste le temps pour préparer le devoir sur lequel doivent plancher mes Cinquième demain. Ne m'en veuillez donc pas si je vous laisse… »
Et il se lève aussitôt, se dirigeant vers le Miroir à grands pas. Il se ravise cependant au moment de sortir, se tournant vers moi…
« Ramène-moi Croquemitaine tu veux bien ? Ça lui fera du bien de courir un peu dans le jardin du Terrier. Et comme ça, nous pourrons lui faire faire connaissance avec les Pytimouss et les Fées de la famille Potter/Weasley… » demande-t-il, partant ensuite sans même attendre de réponse de ma part…
« Ok, pas de souci ! » réponds-je néanmoins, parlant assez fort pour qu'il m'entende, avant que le Miroir ne se referme derrière lui…
« Eh bien moi, en attendant la Réunion, je vais faire un tour au QG, histoire de voir si Voldemort est calmé et Lucius rentré… » déclare Charly, en se dirigeant vers la Cheminée…
Et intérieurement, je me demande ce que moi je vais faire en attendant l'heure de partir…
Pas que le travail manque dans les Cachots Perdus de Messire Salazar. Mais le Chrono étant activé, personne ne peut entrer ou sortir avant qu'il soit revenu à zéro, sous peine d'étendre son action au-delà des Cachots… Or, étant donné où il est placé, son effet se répandrait dans tout Poudlard ou presque, via les Passages Internes où il y a toujours des Membres du Comité en mouvement. Ce qui n'est pas souhaitable bien sûr…
Bref… Que vais-je faire ? me demande-je…
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Acte 9 : La Nouvelle Piste d'Hewrey
Lee
Bon…
La colère de l'affreux semble retomber un chouia…
Tout au moins il semble décidé à cesser de ruminer, pour se remettre à son passe-temps favori : la lecture…
Enfin son passe-temps favori… Après la baise bien sûr…
En parlant de ça, il semble avoir oublié le nouveau petit cul que Lucius lui a ramené. Tant mieux. Les orgies, c'est vraiment pas ma tasse de thé…
« Ça m'étonne qu'il ne peste pas que Lucius ne soit pas encore rentré, avec les renseignements qu'il l'a envoyé chercher… » commente Olivier, qui vient de relever le nez du compte-rendu qu'il rédige, pour jeter un coup d'œil vers l'Ecran…
« Bah… Il n'est peut-être pas si pressé de les avoir, ces renseignements, s'il pense qu'ils vont être mauvais pour sa pomme… » réponds-je, en haussant les épaules…
« Ouais… Il doutait sacrément de lui tout à l'heure… » acquiesce Olivier, avant de replonger son nez dans son compte-rendu
Il concerne une conversation qui a eu lieu entre les petits cons de Brandburgy, il y a quelques minutes. Des beaux petits fumiers ceux-là. Ils n'en rêvent pas une bonne…
Ceci dit, ils commencent à s'emmerder sec au Manoir et Brandburgy est souvent obligé de remonter leur moral à bloc, en pérorant sur la grandeur de l'affreux et le bel avenir qu'ils auront grâce à lui…
La porte s'ouvre dans mon dos et je jette aussi sec un coup d'œil par-dessus mon épaule…
C'est Charly. Et il arrive avec un beau plateau de thé…
Alicia s'empresse de nous servir. Ça lui permet de se dégourdir les guiboles, tandis que nous effectuons notre rapport à Charly. Un rapport vite fait, puisqu'il ne s'est rien passé de neuf, depuis que Harry, Ron et Sirius ont quitté la Base tantôt…
« Alors, comment se présente ton prochain match, Olivier ? L'ambiance va être bonne ? » demande Charly, en prenant place sur un fauteuil…
« L'ambiance ? Elle va être lugubre… On n'a quasiment pas vendu une place et on va encore une fois jouer pour trois pelés et un tondu. » répond Olivier, qui ajoute sur un soupir : « Le championnat est vraiment pourri cette année. Les spectateurs ont trop peur d'une attaque, pour se déplacer. Alors ils préfèrent tous écouter Lee commenter les matchs à la Radio. Résultat : son taux d'audience bat des records à chaque match, tandis que les finances des équipes s'effondrent… »
« Ça ne doit pas trop donner envie de jouer, ça… » fait remarquer Charly, avant de boire une goutte de thé…
« Pas vraiment, non. Et encore moins quand tu as affaire à des joueurs qui ont aussi la trouille, qu'une Attaque leur tombe dessus. Ils passent alors plus de temps à surveiller les environs du coin de l'œil, qu'à ce qu'il se passe sur le terrain. Alors bien sûr, ça donne des matchs au rabais et encore moins envie aux spectateurs de prendre le risque de se déplacer… » soupire encore une fois Olivier, en faisant la moue…
« Le cas pour le prochain match ? » demande Charly, en haussant un sourcil…
« Ah non, pas cette fois. Nous jouons les Harpies et tu connais Gwenog Jones. Si ses joueuses ne sont pas au taquet ça chauffe pour leurs miches ! Alors l'ambiance sera lugubre dans les gradins c'est sûr, mais sur le terrain ça devrait être assez intéressant… » répond Olivier, en refusant d'un geste de la main, la part de gâteau au chocolat que lui présente Alicia…
Je le comprends. On a eu droit à un repas plantureux il y a moins d'une heure…
Moi non plus, je n'ai pas la place pour une part de gâteau. Et pourtant, Merlin sait que j'aime le chocolat ! Mais trop c'est trop n'est-ce pas. Alors je vais attendre d'avoir digéré un peu, avant de manger une part…
« Tiens… Voilà Hewrey de retour. Ce n'était pas prévu ça, n'est-ce pas ? » déclare soudainement Charly, en plissant les yeux sur l'Ecran qui suit la progression du Mangemort
« Non… Du moins pas à ma connaissance. Ce n'est pas le jour où il devait venir faire son rapport. » réponds-je, sans quitter Yaxley des yeux…
Il est pressé à voir… Et il a l'air sûr de lui aussi. C'est donc une bonne nouvelle qu'il apporte…
Il a intérêt en tout cas que ça en soit une vraie bonne. Sinon gare à son cul. Il va morfler salement.
Yaxley ne prend même pas le temps de se débarrasser de sa cape, avant de se rendre vers le bureau de son Maître. Ses pas pressés résonnent clairement sur le marbre et Voldemort dresse soudainement l'oreille, les yeux plissés en direction de la porte. Et il aboie d'entrer à peine Yaxley a-t-il frappé…
Yaxley se précipite à ses pieds, sourire aux lèvres…
« Parle ! » ordonne l'affreux, d'un ton sifflant…
Pour le coup, le sourire de Yaxley s'efface et ses épaules s'affaissent. Il a compris que son Maître est de très mauvais poil, c'est sûr…
« J'apporte d'excellentes nouvelles, Monseigneur ! » s'exclame-t-il, enchainant tout aussi sec : « J'ai obtenu des précisions, sur l'ouvrage que vous cherchez ! L'original ! Il n'est pas en possession de Lucius, Monseigneur ! Il ne l'a jamais été ! »
Et là, pour le coup, Voldemort dresse non seulement l'oreille, mais toute sa personne. Et sa colère semble oubliée, refoulée loin de ses pensées…
« Vraiment… » dit-il, l'air de ne pas y croire…
« Vraiment, Monseigneur… » assure Yaxley, qui se détend…
Il a perçu le changement d'humeur de son Maître, sans coup férir…
« Bien… Très bien Hewrey… Prends place auprès de moi et fais venir un thé, avant de me raconter tout ce que tu as appris, dans tous les détails. » répond Voldemort, en reprenant place sur le sofa…
Hewrey ne se le fait pas dire deux fois. Il se lève prestement, agite sa Baguette et un plateau à thé arrive aussi sec. Il sert son Maître avec diligence avant de se rasseoir, parfaitement détendu et décontracté…
« Avant tout, Hewrey, rapporte-moi où et comment tu as obtenu les renseignements que tu m'apportes… » demande Voldemort, lorsque son Serviteur est assis…
« C'est un pur et heureux hasard, Monseigneur, qui m'a conduit jusqu'à la personne qui m'a si bien renseigné. Nous sommes remontés dans le Nord de la France, Bellatrix et moi-même, pour brouiller les pistes, car nous sommes très activement recherchés après nos Attaques dans le Sud, en Italie et en Espagne. Et je me suis aussitôt rendu dans le Quartier Sorcier de Lille, pour vérifier si les lieux étaient aussi hautement surveillés que nous l'a affirmé l'un des contacts de Bellatrix. C'est dans ce quartier, que j'ai repéré une toute petite boutique d'antiquité. Et bien sûr, Monseigneur, j'ai pensé immédiatement à notre dernière conversation. Oh ! J'avoue que j'ai hésité à entrer, car cette boutique avait l'air très mal achalandée, au premier coup d'œil. Mais dans un coin reculé de la vitrine, mon regard a saisi le nom d'un auteur, sur un très vieil ouvrage. C'était le même nom, que celui qui figurait sur le journal que vous m'avez donné, le jour où vous m'avez fait l'insigne honneur de me confier la mission de recherche des autres traductions et de l'original… » révèle Yaxley, avec une certaine excitation, avant de tremper ses lèvres dans son thé…
L'affreux semble satisfait. Impatient également d'avoir la suite. Et Yaxley le comprend. Aussi, pose-t-il donc vite fait sa tasse sur sa soucoupe…
« Je suis donc aussitôt entré dans cette boutique, Monseigneur. Le propriétaire en était un homme très âgé et il n'avait l'air que trop heureux de bavarder. Nous avons commencé par parler de l'auteur de l'ouvrage que j'ai vu dans la vitrine et de fil en aiguille, il m'a confié avoir eu un ancêtre commun avec l'un des petits enfants de ce traducteur. Je vous fais grâce de tout ce qu'il m'a raconté à son propos, Monseigneur, mais je puis vous affirmer, qu'à force de questions, j'ai habilement orienté peu à peu la conversation vers le sujet qui vous intéresse. Et c'est ainsi que j'ai appris que l'original est un Volumen, Monseigneur. Un ouvrage extrêmement rare et précieux. Et le vieil homme était certain, que son très lointain Cousin était entré en sa possession, car un jour, il a cessé sa quête de ce Volumen, activement recherché jusqu'alors. Le vieil homme m'a également confié qu'une rumeur avait longtemps couru dans sa famille, que celui-ci l'avait caché quelque part, en Suède, où ce lointain parent s'est retiré, quand sa quête fût terminée… »
« En Suède, dis-tu… » murmure Voldemort, qui a bu les paroles de son Serviteur dans un silence tendu d'espoir…
« Oui, en Suède, Monseigneur. Et je vous assure que c'est une piste très solide. Vraiment très solide… » confirme Yaxley, avec assurance…
Inutilement. Car Voldemort ne l'écoute plus. Il est pensif et complètement tourné vers ses propres pensées…
Yaxley en profite pour enfin siroter son thé, après avoir pris soin de le réchauffer.
« Tu as fait de l'excellent travail, Hewrey. Vraiment de l'excellent travail… » finit par murmurer l'affreux, en revenant au présent…
« Ce fût un plaisir Monseigneur ! Je n'étais guère satisfait de n'avoir pu répondre à toutes vos attentes, dans l'accomplissement de cette Mission si importante. Et je serai heureux, de partir immédiatement pour la Suède, afin de poursuivre mes recherches, si c'est là ce que vous désirez… » répond Yaxley, avec un sourire suffisant et d'un ton dégoulinant de servitude
« Tu partiras sans doute en Suède, oui, Hewrey. Mais pas tout de suite. La situation là-bas est très précaire, pour mes partisans actuellement. Tu vas avoir besoin de l'appui d'un réseau fiable, pour garantir ta sécurité. Il faut donc préparer ce voyage avec soin, mon cher ami… » déclare l'affreux, son regard se plissant sous la réflexion…
« A vos ordres, Monseigneur… » répond Yaxley, en inclinant la tête, avec déférence…
Voldemort acquiesce d'un hochement de tête et demande à Yaxley de lui servir une autre tasse de thé. Et il réfléchit de nouveau durant quelques minutes, sirotant son thé brûlant à petites gorgées prudentes…
Lorsqu'il a fini son thé, il tend sa tasse à son Serviteur, pour qu'il la remette sur le plateau…
« Donne-moi ton bras, Hewrey, que j'appelle Lucius. Il a beaucoup de contacts en Suède et pourra t'offrir un abri sûr… » demande-t-il ensuite, d'un ton doux et hypnotisant…
Un petit tic anime brièvement le visage de Yaxley, quand l'affreux appuie sa Baguette sur sa Marque des Ténèbres. Sûr que la brûlure doit être cuisante…
Mais il ne bronche pas cependant…
« Vous partirez probablement demain ou après-demain au plus tard, Hewrey. Alors demande donc à ton frère, d'aller te remplacer auprès de Bellatrix, avant de préparer tes bagages… » déclare ensuite l'affreux…
Yaxley comprend qu'il est congédié. Aussi, il acquiesce et se lève, saluant son Maitre avant de quitter le bureau…
Nagini, venu se lover contre l'affreux dès que celui-ci s'est détendu, siffle avec discrétion…
« Voilà un mystère qui sera bientôt véritablement levé. Un Volumen, Nagini… L'ouvrage que je recherche depuis si longtemps est un Volumen. Et cet original va m'apporter éclairage sur les petites zones d'ombres que contient la traduction que je possède… » murmure l'affreux, avec satisfaction….
« Lee, prépare des Micros et règle les sur la fréquence qu'occupait celui de Lucius, s'il te plait… » demande soudainement Charly, en se levant…
Je hausse un sourcil vers lui…
« Mes frangins et moi, nous allons faire un tour en Suède, pour tâcher d'entrer dans la baraque de Lucius et la truffer de Micros. Au moins, on saura ce qu'il trame celui-là, quand il sera là-bas, avec Yaxley… » explique-t-il, tandis qu'Alicia sursaute et qu'Olivier recrache son thé…
« Non mais ça va pas ! Au mieux, vous allez déclencher une alarme, mais au pire, vous allez vous faire tuer par les Protections de Magie Noire ! Et connaissant Lucius, ce sera la seconde option ! » s'exclame Alicia, l'air franchement réprobateur…
« C'est une Protection de Sang qu'il a posée sur son chalet, selon Harry. Alors il y a de grandes chances pour qu'on puisse entrer sans encombre… » répond Charly, sur un haussement d'épaule, en enfilant déjà son blouson en peau de Dragon…
« Désolé, mais il est hors de question que je te file ces fichus Micros sans avoir eu l'aval de Tatie Nally ou du professeur Dumbledore… » décrète-je, en me campant poings sur les hanches devant l'armoire où se trouve le matos neuf…
Charly sourit…
« T'inquiète, je l'aurai, l'aval. Nous avons Réunion dans moins d'un quart d'heure. Dans une demi-heure je suis de retour avec mes frangins pour prendre les Micros et on y va. Alors prépare-toi, parce que tu vas venir avec nous, pour effectuer les réglages qui pourraient être nécessaires sur le Récepteur chez Gjord et Orian. Et tout compte fait, prévois aussi quelques Caméras. Peut-être aussi pourrons-nous en planquer une ou deux, on ne sait jamais…» répond-il, en se dirigeant vers la porte…
Je hoche négativement la tête, de concert avec Alicia et Olivier…
Décidément, on a à peine fini de se faire du souci pour un frère Weasley, qu'il y en a un autre qui désire se mettre en danger en entrainant ses autres frangins avec lui…
J'en bouffe aussi sec une part de gâteau au chocolat, avant de régler tout un lot de Micros et nos quatre dernières Caméras…
Va encore falloir que j'aille en acheter…
C'est mon cousin qui va être content tiens. Avec tout le matos que l'Ordre du Phénix lui rachète depuis qu'il a décidé d'ouvrir une boutique de matériel électronique, il va faire fortune…
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Acte 10 : Sirius Au QG De Poudlard
Sirius
Me retrouver dans le Bureau d'Albus me rappelle des tonnes de souvenirs. Des bons, comme des moins bons, bien sûr. Mais ce sont les premiers, que je souhaite garder dans le cœur, alors je repousse les autres…
« Et toi, en attendant la Réunion, que dirais-tu de visiter le QG du Comité et de faire connaissance avec Messire Salazar ? » demande soudainement Harry, en levant un sourcil vers moi…
« Pourquoi pas ? » souris-je, me levant tout aussitôt…
Je suis curieux de voir le QG, depuis que Ron m'en a parlé. La Carte Améliorée surtout. Et de faire la connaissance du Fantôme également, de tout savoir de son histoire…
« Super idée ! Tu vas voir comme nous sommes bien installés ! » réagit Draco, en sautant sur ses pieds…
« Je vous accompagne… » sourit Hermione, tandis que Remus décline l'invitation de Harry, car il a une ronde à effectuer bientôt…
Nous laissons donc Nally, Remus et Albus, pour nous engager dans les Passages Internes, guidé par Ron, qui prend la tête de notre groupe, jusqu'au moment où nous parvenons dans un couloir balisé d'un cordon rouge…
« Le chemin a été soigneusement jalonné pour les Membres du Comité. Ils ne s'aventurent pas ailleurs dans les Passages, sans être guidé par l'un des Fantômes des quatre Maisons… Ou Messire Salazar, à l'occasion… » m'apprend Draco, qui évoque ensuite, avec un petit sourire amusé, la petite compétition entre Messire Salazar, le Baron Sanglant et Sir Nicolas…
« Et qui gagne pour le moment ? » demande-je, avec une sincère curiosité…
« Ils sont au coude à coude, avec une très légère avance pour le Baron qui nous a guidés ce soir. Viens ensuite Sir Nicholas et enfin Messire Salazar. Mais ça, c'est parce qu'il ne comptabilise pas toujours ses points, sinon il serait très largement en tête, étant donné qu'il passe tout son temps ou presque au QG... » explique Blaise, d'un ton joyeux…
« Ça, c'est parce qu'il souhaite rester dans la compétition. Il a été convenu qu'il ne compterait pas ses points, lorsque le Baron et Sir Nicholas, doivent remplir leurs devoirs envers Poudlard et le Directeur, ni pour les Surveillances de la Carte. C'est une règle très juste. Car le Baron et Sir Nicholas ont beaucoup de travail, avec toutes les rondes et les surveillances des Ânes Bâtés qu'ils doivent effectuer… » ajoute Neville, avant d'amorcer la descente d'un escalier
Puis durant le reste du chemin, les jeunes nous font le compte-rendu rapide de leurs Réunions avec le Comité, puis le Groupement de Défense…
« McLaggen est un sot, infatué et imbu de sa personne. Il l'a toujours été et le sera toujours. Dites-lui qu'à la moindre Alerte, il doit monter en haut de la Tour d'Astronomie pour repérer les positions ennemies, en lui présentant ça comme une Mission de la plus haute importance et il le fera avec tout le zèle qui le caractérise... » soupire Hermione, lorsque ses amis demandent si quelqu'un n'a pas une idée pour occuper le Gryffondor et l'empêcher de presser les gosses vers le mauvais Passage Secret, en cas d'évacuation réelle…
« Tout juste ! Vous le verrez même s'entraîner aussi sec, pour établir un record de grimpette jusque là-haut… » renchérit Ron, avec un sourire jusqu'aux oreilles
« Ouais, d'accord, mais il va alors demander comment il fera pour nous prévenir, tout en poursuivant sa Mission de surveillance… » soupire Neville, avec une certaine lassitude
« Ça m'étonnerait qu'il y pense tout de suite. Mais lorsqu'il le fera, vous n'aurez qu'à faire comme si vous n'aviez pas pensé à cela et il n'y aura plus qu'à le charger de trouver un moyen. Ce qui lui donnera encore plus d'importance et lui occupera efficacement l'esprit… » répond Harry, alors que Draco pousse le tableau qui marque l'entrée dans le QG…
Malin ces solutions, pense-je, tandis que Harry m'invite d'un geste à passer devant lui….
Et aussitôt que je pénètre dans le QG, je me dis que Remus n'exagérait pas, en affirmant que Harry, Hermione et Ron sont des génies, pour avoir imaginé un endroit pareil…
Car Nom de Zeus ! Ça c'est du QG !
« Messire Salazar n'est pas là ? » demande Harry, à une jeune fille qui monte la garde auprès de la Carte du Maraudeur Améliorée…
« Il va revenir dans un instant. Il est parti dans les Cachots Perdus, pour demander à Dean s'il veut bien me remplacer demain soir… » répond la jeune fille, avant de me faire la démonstration des nouvelles possibilités de la Carte…
Je suis scotché encore une fois, par la créativité dont Remus et son groupe de jeunes chercheurs ont fait preuve. Et plus encore, lorsque Harry me montre le moyen de communication que ses camarades ont mis au point…
« Et ça, qu'est-ce que c'est ? » demande-je ensuite, en montrant un pan de mur couvert de noms…
« Les victimes de la guerre. Elinor a commencé par broder leurs noms sur la manche de sa robe, lorsque ses Parents et son Arrière-Grand-mère ont été tués, la nuit du fameux Samedi Noir. Mais depuis, il y en a eu bien trop de morts. Alors Nev lui a accordé le droit de noter tous les noms des victimes sur ce mur. A chaque date correspond une ou plusieurs Attaques et la liste des morts, ainsi que leur âge. Ceux suivis d'un triangle argent, étaient des Membres de l'Ordre, ceux suivis d'un triangle couleur or étaient des élèves Membres du Comité, Triangle vert, élèves tout court et triangle violet des civils, triangle rouge des Aurors non Membres de l'Ordre et enfin le triangle bleu indique des Moldus. Et comme tu peux le voir, les Attaques de Dublin et Pré Au Lard ont été les plus meurtrières… » m'explique Harry, avec de la tristesse dans la voix…
Mes yeux courent sur les listes. Le nombre de victimes est impressionnant. Des familles entières ont été décimées…
« Viktor Krum est mort ! » murmure-je, choqué, lorsque mon regard accroche le nom du fameux joueur Bulgare…
Ce garçon était génial sur un balai. Il m'avait ébloui, lors du dernier match de la Coupe du Monde de Quidditch auquel j'ai pu assister, grâce à un parfait inconnu qui m'a recueilli durant quelques jours, sous ma forme de chien. Quand Remus a su ça, il a été furieux et je me suis fait copieusement sonner les cloches durant trois jours…
Harry jette aussitôt un vif coup d'œil autour de nous, effectuant un geste qui me signifie d'être très discret, puis il se penche vers moi…
« Oui, Viktor est mort. Il était fiancé à Hermione, alors même si elle a beaucoup avancé dans son deuil grâce à nos séjours au Paradis et qu'elle a récemment ôté sa bague de fiançailles, évite d'en parler devant elle, s'il te plait. » me révèle-t-il, d'un ton très bas…
Hermione, fiancée à Viktor Krum,. Je l'ignorais. Ça a dû être terrible pour elle, qu'il soit mort le jour de la St Valentin …
Nous avons tous eu notre lots de souffrance… m'a dit Ron, en Celtycie… Quand je vois tous ces noms, parmi lesquels Harry m'indique celui de deux autres joueurs Bulgares, puis ceux de deux Bizarr' Sisters, j'en prends terriblement conscience…
« Et là, c'est la famille d'Olivier Dubois. La mère de Blaise était impliquée dans cet assassinat. Elle a fabriqué un poison très virulent, qu'elle a mis dans le gâteau du centième anniversaire de son Arrière-Grand-mère, auquel toute la famille était conviée. Ils sont tous morts en trois secondes. Seuls Olivier et son Neveu en ont réchappés. Olivier parce qu'il s'était pris un coup sur la tête lors d'un Match de Quidditch et n'était donc pas à la fête et son Neveu parce que c'était un bébé et qu'il n'a donc pas mangé de gâteau… » me raconte Harry, la gorge nouée, c'est nettement audible, ajoutant après une brève pause : « C'est depuis ce jour-là, qu'Olivier porte le collier de perles que tu n'as pas dû manquer de voir à son cou. C'était son cadeau à sa Grand-Ma… »
Nom de Zeus… Il y a plus de cinquante noms sur cette liste…
Quelle barbarie ! Et pauvre gars. Quel choc terrible ça a dû être quand il a appris la nouvelle…
« Fichue guerre… » murmure-je, sous le hochement de tête de Harry, en jetant un coup d'œil plus précis, sur tous les autres noms gravés dans les pierres du mur…
J'en reconnais inévitablement quelques-uns. D'anciens copains d'école, mais aussi d'anciens collègues Aurors. J'en ai mal au bide, de lire tous ces noms…
« Fichue guerre… » répète-je encore, avant de me détourner.
Et je me demande soudainement, combien parmi ces jeunes gens que je vois ici, ont perdu un ou plusieurs parents déjà…
« Tout le monde ici a perdu quelqu'un, Sirius. Parent ou ami. Que ce soit dans l'un ou l'autre camp. Parfois les deux…» murmure Harry, comme s'il avait lu dans mes pensées…
« Il faudra que tu me précises, que je ne commette pas d'impair… » réponds-je, sur le même ton…
Harry acquiesce, d'un simple hochement de tête…
« Quant à moi, j'ai accidentellement tué mon géniteur en l'envoyant directement sous les roues de la grosse voiture de l'oncle de Harry… » déclare soudainement Théo, en surgissant de l'alcôve auprès de laquelle nous sommes…
Il est si discret, que je ne l'avais pas vu…
« Techniquement, c'est Dudley, qui l'a tué… » répond Harry, en passant un bras autour des épaules de son frère adoptif, dans un geste de réconfort…
« Oui, mais c'est moi qui l'aies expulsé sous les roues de la bagnole que conduisait ton cousin. Je porte donc la responsabilité de sa mort… » oppose Théo, en pinçant brièvement les lèvres, avant d'ajouter : « C'était lui ou moi de toute façon. Et ce n'est pas comme si je l'avais assassiné de façon délibérée. Alors ça va Harry. J'ai eu le temps de digérer et je vis bien avec ça, maintenant. »
Et il sourit à Harry, avant de lui donner une accolade fraternelle, puis de se rendre auprès de Ginny, qui lui fait signe de le rejoindre à une table de travail…
« Aucun d'entre eux n'est plus un enfant, n'est-ce pas… Quel gâchis… » soupire-je, en embrassant tous les élèves présents…
« Non. Et ils ont tous cruellement conscience qu'ils peuvent mourir bientôt. Mais malgré cela, ils ont gardé une parcelle de leur Âme d'enfant dans leur cœur et savent tous encore rire et s'amuser, quand l'heure est à la fête. » répond Harry, qui regarde tous ses amis avec affection…
Et je comprends maintenant d'autant mieux, qu'il ait tenu à les avoir tous en photo, là-bas dans l'alcôve du QG de Londres.
Mais je suis distrait de cette pensée, car le Tableau qui bouche l'entrée des Passages Internes s'écarte et soudainement un jeune labrador en surgit. Il vient droit vers moi et me saute dessus, me faisant brusquement tomber en arrière, avant de me lécher la figure, avec un bel enthousiasme…
« Croquemitaine ! Nom de nom mais qu'est-ce qui te prend ! » s'exclame un jeune gaillard, qui a l'air solide comme un roc et saisit le chien par son collier, pour le tirer en arrière…
Mais le labrador tire en sens inverse, pas décidé pour une noise, à me laisser tranquille…
« T'inquiète, Kevin. Croquemitaine s'est juste trouvé un nouveau compagnon de jeu. Laisse donc Sirius s'arranger avec lui. Entre chiens, ils vont parfaitement s'entendre… » déclare Ron, d'un ton quelque peu moqueur…
Et je me transforme aussitôt en chien, au grand plaisir du labrador, qui m'invite alors à jouer avec lui, sautant et aboyant avec exubérance. Mais je gronde un peu, pas méchamment, juste pour qu'il comprenne que l'heure n'est pas à la frivolité. Et le jeune chien se calme aussitôt, me regardant la tête un peu penchée. Il émet des sons de gorge, pour protester, auxquels je réponds, avec fermeté. Alors le labrador pousse un petit aboiement, pour dire qu'il a compris et s'approche de moi, frotte sa tête contre mon cou, puis s'allonge à mes pattes.
Et je reprends forme Humaine…
« Bon chien, Croquemitaine… » dis-je, en lui flattant la tête, avant de me lever…
Le chien me regarde alors, l'air satisfait, avant de me lécher les doigts…
« Je comprends maintenant pourquoi Croquemitaine était si excité en revenant par ici… » me sourit le jeune Kevin, me serrant la main pour me saluer, avant de se tourner vers Harry et d'ajouter : « Nous sommes allés voir Graup. Il commence à sérieusement s'ennuyer de Hagrid et de notre côté, nous commençons à ne plus trop savoir quoi lui dire pour justifier l'absence de son frère. Il commence à ne plus croire que Hagrid est en Mission à Biriibi les Frouettes… »
« Nous tenons le bon bout et je pense que la Potion sur laquelle nous travaillons avec Papa et Tarendra devrait être la bonne cette fois. Elle mitonne jusqu'à demain matin encore. Si elle fonctionne, Hagrid sera sur pied avant la fin de la semaine je pense. Bien sûr, il aura encore un peu de ces fichues excroissances sur le visage mais Richard devrait tout de même consentir à laisser Hagrid rendre visite à Graup… » répond Harry, avec confiance…
« Ok… Bon, ben… On va tâcher de tenir bon avec lui et le garder éloigné de Poudlard en attendant… » déclare Kévin, en fourrageant dans sa longue chevelure…
« Je pense qu'il vaut mieux que Graup ne voit pas Hagrid avec ses excroissances sur le visage. S'il le faut, j'irai rester avec lui dans sa grotte... » décrète alors Vincent Crabbe, d'un ton calme et tranquille, à son habitude…
Voilà encore un gamin qui m'a épaté. Non seulement il a un don rare, mais il est aussi sacrément doué pour le dessin et la sculpture…
« Et comment expliquerons-nous ton absence de Poudlard ? » demande aussitôt Kevin, en haussant un sourcil…
« Bah, je ne vais déjà plus en cours pour pouvoir faire le travail de Hagrid et personne s'en est rendu compte. Pas même les profs… » répond Vincent, en haussant les épaules…
« Les profs savent bien que tu fais le travail de Hagrid. C'est pour ça qu'ils ne disent rien. Ils ont bien conscience que ce que tu fais est essentiel… » intervient Draco, qui nous a rejoints entre temps, en donnant une tape sur l'épaule de son ami…
« Ah… Dans ce cas, rien ne semble s'opposer à ton projet Vince, et pas de danger que Graup vienne vérifier que Hagrid n'est effectivement pas dans sa cabane. Avec toi, il se tiendra tranquille comme Baptiste aussi longtemps qu'il doive encore attendre… » réagit le jeune Kevin, l'air satisfait…
Vincent acquiesce d'un hochement de tête et se concentre sur le dessin qu'il a entrepris…
« Oh ! Bonsoir Ronald ! Comme je suis fort aise de vous revoir, mon cher ami ! » s'exclame soudainement une voix sépulcrale dans mon dos…
Je me retourne vivement pour me retrouver presque nez à nez avec un Fantôme…
Nom de Zeus ! C'est bien Salazar Serpentard !
« Bonsoir Messire Salazar ! Je suis fort aise également. Et permettez-moi de vous présenter un autre revenant… Enfin, un autre rescapé devrais-je plutôt dire… » sourit Ron, me désignant d'un geste de la main, avant d'ajouter : « Voici… »
« Sirius Black ! Ne m'en veuillez point, cher ami, si je ne vous serre la main. Même entre revenants hélas, le contact physique n'est point possible. Ce qui est fort dommage, car la gente féminine de notre population spectrale, compte quelques jolies minois qu'il m'eut été fort agréable de mignoter ! » l'interrompt le Fantôme, qui me sourit de toutes ses dents, adoptant un ton plus confidentiel, penché vers mon oreille, avant de poursuivre : « Et quelques croupions tout aussi séduisants qu'il m'eut été agréable de cajoler… Uh ! Uh ! Uh ! Uh !... »
Je n'en reviens pas de ma surprise, je dois l'avouer. Ron avait bien dit que le Fantôme de Salazar Serpentard était impayable, mais je ne m'attendais pas à ce qu'il soit aussi… grivois est le mot juste je crois…
« Je gage que vous comprenez le désappointement que j'en conçois souvent, car vous êtes n'est-il point vous-même, un grand séducteur et avez eu à votre actif, au temps où vous étiez scolarisé en ces lieux, un nombre plus qu'honorable de conquêtes féminines ! Comme j'ai eu plaisir, à vous observer tandis que vous les séduisiez ! Vous faisiez déjà malgré votre jeune âge, preuve d'une galanterie et d'une finesse dans le verbe auxquelles nulle demoiselle ne pouvait résister ! Et toutes tombaient en pamoison, à peine les effleuriez-vous de vos lèvres ! Ah ! On peut dire que vous en avez effeuillé des jouvencelles ! Et nombres de pucelles vous ont offert de cueillir leur fleur ! Que dis-je ! Elles vous ont même supplié de la cueillir ! » s'exclame encore l'intarissable Fantôme, tandis que je me sens quelque peu gêné de l'entendre évoquer ma vie sexuelle, alors que nombres de jeunes oreilles nous écoutent…
« Eh, ben… On en apprend de belles… Alors comme ça, vous êtes un voyeur, Messire Salazar… » intervient Ron, profitant que le Fantôme reprend son souffle…
« Non point, mon cher ami ! Non point ! » se défend le Fantôme, qui lui adresse ensuite un clin d'œil, avant d'ajouter, l'œil luisant et coquin : « Je me suis toujours retiré avec discrétion, bien avant que votre ami quant à lui, ne pénètre en conquérant dans la citadelle ! Uh ! Uh ! Uh ! Uh !...»
« Alors comment, dans ce cas pouviez-vous donc être certain qu'il avait vraiment conquis la citadelle ? » interroge Ron, avec un sourire en coin et l'œil plissé…
« Le chant de la victoire, mon jeune ami ! Notre fier guerrier le chantait invariablement sous la douche, lorsqu'il revenait en vainqueur du champ d'honneur ! » répond le Fantôme de Salazar, qui se tourne ensuite vers Harry pour préciser : « Je me souviens que cela amusait beaucoup votre père et son ami Remus, qui n'avaient alors point à lui poser la question de savoir si sa soirée avait été concluante ! Ah, quelle belle et sincère amitié ils partageaient ! Et combien souvent j'ai pensé à mon cher ami Godric en les observant ! Et je me plaisais à imaginer sa fierté devant des jeunes gens aussi intelligents, joyeux et conquérants ! »
Et tandis qu'il discourt ainsi, je ne peux m'empêcher de relever qu'il n'évoque pas Peter…
Mais une question me saute soudainement à l'esprit…
« Mais comment pouvez-vous nous avoir observé, sans que nous même ne nous apercevions de votre présence ? » demande-je, sourcils froncés…
« Ah ! Cela, mon cher ami, c'est une longue histoire ! Que je me ferai grand plaisir à vous conter, si vous disposez d'assez de temps pour m'écouter ! » répond le Fantôme, qui semble espérer une réponse positive…
« Nous disposons d'environ vingt-cinq minutes, Messire Salazar. Pensez-vous que ce soit suffisant ? » demande Harry, après jeté un coup d'œil sur l'horloge…
« Eh bien, cela m'obligera à prendre quelques raccourcis, mais oui, je puis m'accommoder de ce court délai… » répond le Fantôme, avant de nous inviter à nous assoir dans une alcôve…
Et il me raconte une histoire extraordinaire, avec un allant, une verve et une bonne humeur contagieuse. Il me semble clair bien sûr, qu'il aurait pu faire beaucoup plus court pour la narrer, mais il prend un plaisir évident à effectuer des circonvolutions, à préciser des détails. Les plus croustillants et coquins notamment…
« Sympa, n'est-il point ? » me demande plus tard Ron sur un clin d'œil, tandis que nous remontons vers le Bureau d'Albus…
« Assurément, très cher ami ! » réponds-je, imitant tant bien que mal la voix très grave de Messire Salazar…
Je me sens joyeux, après cette rencontre. Presque aussi insouciant que lors de mes jeunes années, à l'époque où je parcourais Poudlard avec James et Remus, la tête emplie de rêves et d'espoir, le cœur confiant en notre avenir triomphant…
Qu'en serait-il, si nous avions vécu notre scolarité à l'époque actuelle ?
Il n'y a pas de réponse possible à cela, alors ne te triture pas inutilement l'esprit, me souffle une petite voix dans ma tête…
Ma propre voix…
Et je la trouve très sage…
Non, il n'y a pas de réponse possible…
Et c'est peut-être aussi bien comme ça…
C'est sans aucun doute aussi bien comme ça…
OoOoOoO
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