Disclaimer : cf chapitre 1

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Grand merci à Mistycal !

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Réponses aux commentaires anonymes sur mon forum : - Yzeute - Darkmoonlady

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Le temps des vacances arrive pour moi. Ouf ! Enfin ! Je n'ai plus à tenir que jusque vendredi soir !

Je serai donc absente durant 4 semaines...

Alors prochaine publication le 12 Août...

En attendant, je vous souhaite de bonnes vacances !

Reposez-vous bien ! Profitez-en bien aussi !

Attention sur les routes ! Protégez votre peau et vote tête du soleil !

Et revenez en pleine forme !

Bisous

Me-Violine

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Enchainement D'Imprévus 2 / 3

Acte 3 : Le Déménagement De Marge…

Ron

Harry n'est pas dans son assiette, lorsqu'il arrive dans la Base, c'est visible comme le nez au milieu de la figure. Ceci dit, je n'avais bien évidemment pas besoin de le voir, pour le savoir. Il est préoccupé à cause de cette poison de Marge, naturellement…

Comme si nous ne rencontrions pas suffisamment d'imprévus sans qu'elle en rajoute une couche, celle-là…

« Sirius et moi avons peaufiné une idée qui se tient. Nous en avons parlé au professeur Dumbledore et il est d'accord. » déclare-je donc d'emblée, sur un sourire rassurant…

« Bien. Reste maintenant à savoir si Vernon le sera aussi. Pour Tante Pétunia je ne me fais pas de souci, je suis sûr qu'elle sera parfaitement satisfaite. Nous profiterons du déjeuner pour leur en parler. Elle dort toujours Marge ? » répond Harry, en haussant un sourcil…

« Comme un bébé ! Et avec ce que je lui ai filé comme Potion par les narines, en plus du Sortilège de Sirius, elle dormira durant au moins 24H… » affirme-je, au soulagement vif de Harry…

« Tant mieux. Ça nous fera des vacances… » sourit-il, avant de nous demander de lui expliquer en deux mots l'idée…

Sirius s'empresse de lui répondre, assez fiérot de la simplicité de sa solution.

« Mmmmm… Oui, c'est faisable effectivement. Mais encore faut-il que Vernon donne son aval, ce qui n'est pas gagné… » commente Harry, sourcils froncés…

« Faut-il vraiment lui laisser le choix ? » demande Sirius, sur un haussement d'épaule…

« Cela vaut mieux. Si c'est lui qui prend la décision, il ne pourra pas nous reprocher quoi que ce soit si la mémoire de Marge n'est plus bonne à grand-chose après nos tripatouillages… » répond Harry, sur un soupir…

« Il n'y a pas grand risque et ce serait vraiment le comble de la malchance que ça lui arrive… » réagit Sirius, en gardant résolument les yeux fixés sur les Ecrans qu'il surveille avec Adam Shore, l'oncle de Lee, ainsi que Benjamin Findley, l'ami des jumeaux qui a été amputé du bras gauche lors de l'Attaque à Dublin…

« Non, effectivement, il n'y a pas grand risque. 1/1 000 000 selon les statistiques des Oubliators. Mais étant donné la propension d'emmerder le monde de cette peau de vache, mieux vaut envisager que ça peut lui arriver. » appuie Adam Shore, qui a résidé assez longtemps au QG, après avoir été dans l'obligation de quitter son logement en Novembre dernier, pour pouvoir apprécier le caractère de Marge à sa juste valeur…

Au même moment, on frappe à la porte et aussitôt après, Dudley entre, chargé d'un plateau de déjeuner qui dégage un fumet parfaitement savoureux…

« Maman demande si tu as le temps de déjeuner avec nous, Harry ou s'il faut rajouter des couverts ici… » demande-t-il, en posant le plateau sur la table…

« Ron, Sirius et moi-même allons déjeuner en bas. Il faut que nous parlions de Marge… » répond Harry, tandis que Dudley grimace…

« Ok… On se met à table dans deux minutes alors… » déclare-t-il, sur un soupir…

« Ça va aller, Dud… » l'encourage-je, en me levant…

« Franchement j'en sais rien. Papa a le cul entre deux chaises. Il sait bien que Maman a raison et que Marge se mêle de ce qui ne la regarde pas. Mais c'est sa sœur et la seule famille qui lui reste en dehors de Maman et moi, alors il ne veut pas se fâcher avec elle. Et il dit que si Marge part maintenant, c'est ce qui va se passer… » soupire Dudley, alors que nous nous dirigeons vers l'escalier…

« Nous avons une solution pour éviter ça… » répond-je, en commençant à descendre vers la cuisine…

Dudley sourit aussi sec, ragaillardi sans coup férir…

« Si ton père est d'accord… » ajoute cependant Harry, ce qui efface le sourire de Dudley illico presto…

Pétunia est ravie, d'apprendre que nous allons déjeuner là et elle s'empresse de mettre trois couverts supplémentaires. Vernon en revanche, se rembrunit sérieusement et j'échange un coup d'œil avec Sirius et Harry… Obtenir son accord n'est pas gagné c'est sûr…

Harry attend que nous soyons servis, pour aborder le sujet qui fâche…

« J'ai appris ce qu'il s'est passé ce matin et que Marge veut absolument partir. Je pense que c'est effectivement la meilleure solution pour chacun de vous quatre et… » commence-t-il, sous l'œil de plus en plus noir de Vernon, qui finit par l'interrompre…

« Qu'est-ce que tu en sais, toi, que c'est la meilleure solution ! Tu ne vas pas t'y mettre à ton tour, de te mêler de nos affaires ! » aboie-t-il, tandis que je hausse les yeux vers le ciel…

Voilà, nous sommes bons pour la romaine. Il n'y aura pas moyen de s'expliquer dans le calme.

« Laisse Harry parler, Vernon ! » réagit aussitôt Pétunia, sur la défensive…

« Et toi cesse de me donner des ordres, Pétunia ! Ce n'est pas ce gamin qui va… » répond Vernon, rouge de colère…

« STOP ! » s'exclame Harry, d'un ton impérieux, en se levant, avant d'ajouter : « Plus un mot ! Je ne veux plus entendre un seul cri dans cette maison ! Ni une seule récrimination ou accusation ou quoi que ce soit d'autre du même acabit ! Nous allons nous expliquer dans le calme c'est compris ! Et en déjeunant tranquillement ! Nous sommes civilisés, bordel ! Pas des hommes des cavernes qui ne cessent de grogner, gronder, aboyer, vitupérer, tempêter et se bouffer la gueule à tout va ! » …

Il darde son oncle d'un regard impératif, attendant d'être sûr qu'il va l'écouter sans broncher, avant de se rassoir…

« Ecoute Vernon, je sais que tu me tiens rigueur de toutes tes difficultés actuelles. Je le comprends. Ta vie a été totalement chamboulée depuis décembre et fini ta petite routine bien huilée, dans ta petite maison bien briquée, de ta petite banlieue bien tranquille, avec ta petite femme au foyer et ton petit garçon à chouchouter… Mais c'est comme ça et il faut faire avec, en attendant que tu puisses retrouver une vie normale. Et si tu acceptais un tant soit peu d'ouvrir les yeux, tu pourrais peut-être trouver des avantages à ta situation… » déclare Harry, sur un ton doux et ferme à la fois…

« Je ne vois vraiment pas quel avantage je pourrais trouver ! » répond Vernon, un rien buté et boudeur…

Maintenant, je vois tout à fait de qui tenait Dudley avant. Il avait exactement le même air au début de son premier séjour au Paradis…

« Ben tu n'as qu'à te dire que tu as pris une année sabbatique ! Tu as toujours aimé bricoler et même si au début tu l'as fait ici par obligation, tu pourrais reconnaitre que ça te plait bien ! Tu fais ce que tu veux, quand tu veux dans cette maison et tout à ton idée ! Tu rêvais de pouvoir faire ça avant ! De plus avoir à aller t'enfermer dans un bureau et bricoler à loisir ! Reconnais-le ! » intervient Dudley, tout en coupant un morceau de son steak…

Délicieux en passant ce steak, cuit à point et tendre comme du beurre frais…

Vernon ne répond pas à son fils, il reste buté, regardant droit devant lui, les bras croisés sur la poitrine. Dudley soupire, hausse les épaules et enfourne son morceau de steak dans sa bouche avant de le mâcher avec énergie, tandis que j'échange un coup d'œil avec Sirius…

Pas gagné, vraiment…

« Peu importe que tu ne veuilles reconnaitre aucun avantage à ta situation devant moi. Sache seulement que si tu as besoin de matériel ou de quoi que ce soit d'autre, tu n'as qu'à le demander. Je ferai en sorte que tu l'aies rapidement, si c'est financièrement possible. Mais passons sur ce point et revenons à Marge. Si nous l'obligeons à rester ici, cela va vite devenir plus invivable que cela ne l'est déjà ici. Pour elle et pour vous trois. Nous avons une solution à proposer à ce sujet, si tu es d'accord, Vernon… » explique Harry, sur le même ton que précédemment…

Encore une fois, Vernon reste obstinément muet…

« Nous t'écoutons, Harry… » encourage néanmoins Pétunia, qui essuie sa bouche dans sa serviette, avant de la reposer sur ses genoux…

« Ok… Ce que nous proposons, c'est de sécuriser la maison de Marge et de la ramener chez elle, tout simplement. Mais il faut par ailleurs, que nous nous assurions qu'elle ne sortira pas de sa propriété, qu'elle pourra recevoir la visite du Colonel Courtepatt et se faire livrer des denrées etc… Et enfin, pour être certain qu'il n'y ait plus d'histoire désagréable entre vous, ni qu'elle puisse parler du Monde Sorcier à qui que ce soit, il vaudrait mieux pensons-nous, qu'elle oublie totalement notre existence… » explique cette fois Harry, avec une certaine prudence…

Pétunia et Dudley ont l'air nettement intéressés. Vernon quant à lui, se garde de trop réagir. Mais je suis prêt à bouffer mon chapeau, s'il n'est pas aussi intéressé que sa femme et son fils…

« C'est possible, qu'elle oublie tout ce qu'il s'est passé depuis décembre ? » demande Pétunia, avec un certain enthousiasme…

« C'est possible, oui. Ceci dit, il faudrait quand même qu'elle se souvienne de certains faits, comme d'être restée à Londres pendant plusieurs mois et aussi que sa maison a été cambriolée par des satanistes… » réponds-je, en posant mes couverts sur mon assiette, avant d'allonger le bras pour prendre le plat et me resservir en légumes…

« L'incendie de notre maison aussi et ce qui a été raconté au patron de Papa ? » demande Dudley, avant de prendre le plat que je lui présente et de se resservir également…

« Oui et non. L'incendie il faut, mais pas le reste. Il faut juste qu'elle oublie le Monde Sorcier, que j'en suis un et qu'elle croie à la fable que nous avons racontée aux flics, qui justifie qu'elle soit restée à Londres. Tout ce qu'elle a raconté au Colonel en fait…. » répond Harry, en regardant Vernon…

Pétunia et Dudley hochent la tête, pour signifier qu'ils comprennent, tandis que Vernon, toujours muet, fixe Harry d'un regard assez sombre. Il réfléchit cependant.

« Mais… Marge ne comprendra pas alors, qu'elle soit obligée de rester dans sa propriété. Et comment faire, pour qu'elle puisse donner son adresse et être livrée ? Je croyais avoir compris que seule la personne en garde du secret pouvait la donner ? » demande Pétunia, le regard interrogatif…

Et là, je jurerai que Vernon a imperceptiblement acquiescé à ses questions…

« Pas de problème pour son adresse. Nous n'allons pas poser un Fidelitas, mais une Illusion en trois D, qui fonctionnera pour les personnes qui n'ont pas été autorisées à aller chez Marge, par elle-même ou par l'un de nous trois. Ainsi, le Colonel Courtepatt, par exemple, verra parfaitement la maison. Mais le chaland qui passe, ne verra qu'un petit bois, un fouillis inextricables de ronces, des détritus etc… Rien qui engage à s'aventurer dedans. Naturellement, le mieux serait encore qu'un minimum de personnes seulement soit autorisé à entrer chez Marge. Mais je ne sais pas où en sont les travaux chez elle et… » répond Harry, avant d'être interrompu…

« Marge a tancé son assureur et a eu l'autorisation d'entreprendre les travaux déjà ! Et ses devis sont faits pour tout le matériel. La porte de derrière et les vitres sont réparées. Il ne reste que le ménage, les peintures, les tapisseries et les vernis à faire ! Et ça, je peux m'en occuper avec elle… » intervient en effet Vernon, avec une certaine brusquerie…

Pétunia réagit aussitôt en le dardant d'un regard à la fois étonné et angoissé…

« Je resterai juste le temps des travaux et je reviendrai ici… » ajoute alors Vernon, en se détendant un chouia…

J'échange un regard, avec Harry. Ça ne va pas le faire ça. Vernon a trop bonne mine, pour quelqu'un qui est censé avoir été malade durant trois mois. Marge pourrait trouver ça bizarre et se poser des questions.… Et puis elle risque aussi de faire tourner Vernon en bourrique, avec ses multiples questions, des remarques sur son chômage etc… Et qui sait s'il ne craquera pas et lui avouera alors la vérité. Elle ferait un scandale et tout serait à recommencer…

« Et si elle désirait faire ses travaux elle-même, avec l'aide du Colonel Courtepatt, que ferais-tu Vernon ? » demande Harry, avec douceur…

« Je resterais ici… » répond-il avec un peu de sécheresse, au soulagement visible de Pétunia.

« Bien… alors c'est ce qu'il va se passer… » déclare-je, d'un ton neutre, avant de me lever pour faire un thé …

Vernon me darde d'un regard noir, qui me signifie de me mêler de mes affaires, mais je n'en ai cure…

« Et pour l'autre question à laquelle tu n'as pas répondu ? » demande-t-il ensuite, en direction de Harry…

« Elle n'aura tout simplement pas envie de sortir. Elle sera trop occupée pour le faire : avec ses chiens, son jardin et sa maison… » répond Harry, qui soupire avant de préciser : « Et c'est pour arriver à tout cela, qu'il nous faut ton accord. Car cela suppose que nous effacions sa mémoire dans un premier temps, puis, dans un deuxième, que nous lui implantions des souvenirs, certains réels, d'autres faux, mais aussi que nous manipulions quelque peu son cerveau, pour qu'elle n'ait pas envie de sortir de chez elle. Nous devrons également manipuler un peu celui du Colonel Courtepatt, afin qu'il n'aille pas bavarder à tort et à travers au sujet de Marge et de son retour au village. Et comme je le disais tout à l'heure, si l'on pouvait éviter qu'il y ait trop de livreurs, ce serait bien. Il y a aussi certainement des choses auxquelles nous n'avons pas pensé, qui font partie de son cadre habituel, alors si vous avez une idée à ce propos, nous sommes preneurs… »

« Elle doit pouvoir voir son médecin quand même. Et le facteur doit pouvoir lui délivrer son courrier… » ajoute Pétunia, avant de froncer les sourcils et d'ajouter : « Quoique. Le facteur ce n'est pas obligé. Elle pourrait recevoir son courrier en poste restante et le Colonel irait le chercher… Il pourrait même lui faire ses courses, non ? »

Son regard interrogateur est posé sur Vernon…

« Qu'est-ce que Marge risque, dans tout ça ? Ces manipulations sur son cerveau ça va lui faire du mal ? » demande-t-il avec une franche brusquerie…

« Cela ne lui fera aucun mal, physiquement parlant. Et il y a seulement 1 risque sur 1 000 000 que ça lui détraque un peu la mémoire. Pas grand-chose en général, des trous, des petits oublis et ça s'arrange très vite. Pour que ce soit plus grave il faudrait que la personne soit déjà plus ou moins ramollie du cerveau à la base… » s'empresse de répondre Sirius, avant de boire le reste de son verre d'eau…

« 1/ 1 000 000 c'est sûr ? » demande Vernon, en plissant ses yeux suspicieux…

« Tout à fait ! Ce sont les statistiques officielles. Et ça ne rigole pas à ce sujet chez nous… » affirme Sirius, avec conviction…

Mais le regard de Vernon glisse vers Harry, pour avoir confirmation de sa part…

« 1/ 1 000 000. C'est l'exacte vérité, Vernon. Quant à la gravité de ce qui pourrait se produire pour la mémoire de Marge, tout dépend de la constitution de son cerveau et de l'habileté du Sorcier qui interviendra… . » répond Harry, en fixant son regard dans celui de Vernon, avant d'ajouter : « Et tu peux être certain que c'est au meilleur d'entre eux, que nous ferons appel. En fait, il s'agit de Richard, qui est Neuro Médicomage. C'est l'équivalent d'un Neuro Chirurgien si tu préfères. Il a une réputation internationale dans son domaine et il a sauvé la vie de plusieurs personnes de ma connaissance, dont mes frères adoptifs, Draco et Théo, mon ami Blaise également. Et c'est lui qui m'a soigné après ma captivité. C'est le meilleur des meilleurs… »

Vernon se détourne, fixant maintenant un point que lui seul voit, durant quelques minutes silencieuses, pendant lesquelles je sers le thé que j'ai préparé et le dessert. Une belle tarte aux poires…

Puis le regard de Vernon effleure Pétunia, qui s'empresse de lui faire signe d'accepter. Et il regarde ensuite Dudley, qui en fait autant que sa mère…

« D'accord. Mais je veux être là. Je veux tout voir ce qu'on va lui faire. Je veux voir aussi ce fouillis que tu as décrit. Et je veux que ce soit le Colonel qui fasse ses courses. Je veux aussi pouvoir lui rendre visite, lui téléphoner. Je veux être au courant de tout, tu m'entends ? » déclare Vernon, l'œil noir et menaçant, rivé sur Harry…

Mouais. Ça nous complique l'affaire ces exigences. Mais fallait s'y attendre. Et Harry réfléchit deux ou trois secondes, avant de répondre…

« Aucun souci. Il faudra juste te grimer un peu, pour l'accompagner, afin d'avoir l'air de relever effectivement d'une longue maladie. Nous allons écrire le scénario qui sera implanté dans sa tête et celle du Colonel, puis je te le soumettrai pour accord. Et si tu veux qu'elle oublie le passé de Dudley, pour qu'elle te fiche la paix avec ça, pas de problème, elle l'oubliera… » dit-il finalement, soutenant le regard de son oncle…

« Ça, c'est à Dudley de décider… » répond Vernon, le regard soudainement fuyant…

Dans le fond, je suis sûr qu'il est tenté…

« Et moi je ne veux pas qu'elle oublie. Ou elle m'accepte comme je suis ou elle m'accepte pas, c'est du pareil au même pour moi. Je ne veux pas renier ce que j'ai fait, mais l'assumer. » déclare Dudley, avec fermeté

« C'est bien que tu réagisses ainsi, Dudley. Ça prouve le chemin que tu as fait. Mais il va falloir tout de même, que tu attendes avant de la revoir, le temps qu'il t'aurait fallu pour maigrir de tout ce poids que tu as perdu dans le Temps Ralenti… » souris-je, en lui donnant une bonne tape sur l'épaule…

« Bah, pas grave. Il n'y a qu'à lui faire croire que je suis dans un autre pensionnat. Ste Brutus, par exemple, n'est-ce pas Harry ?… » répond Dudley sur un clin d'œil à Harry, qui éclate de rire…

En revanche, son père lui retourne un regard noir, tandis que Pétunia rougit discrètement…

« On dira plutôt que tu es en apprentissage chez un horticulteur. Qu'en penses-tu ? » propose Harry, avant de croquer dans sa part de tarte, qu'il avait délaissée jusqu'ici…

« Ouais… C'est chouette ça… » accepte Dudley, en levant le pouce…

« Bien, puisqu'on est d'accord, je retourne là-haut. Merci pour le repas, c'était bien bon. Les garçons, on se retrouve là-haut… » déclare aussitôt après Sirius, en se levant de table, en emmenant son assiette à dessert…

Pour le coup, je jette un coup d'œil sur ma montre. Avec tout ça, cet imprévu nous a sacrément mis en retard sur notre emploi du temps du jour. Et le pire c'est que ce n'est pas terminé cette affaire…

Mais bon. Ça ne change pas beaucoup de d'habitude, n'est-ce pas ?

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Sirius

L'Horloge de la base sonne 15H45 et Harry sursaute…

« Merde ! J'ai rendez-vous dans un quart d'heure avec l'Association de Défense de Glasgow, à laquelle j'ai promis de participer à la pose de Protections supplémentaires sur leur Village ! » s'exclame-t-il soupirant avant d'ajouter : « Et nous avons à peine fini de tirer nos plans pour déménager Marge… »

« Ne t'embarrasse pas de ça, Harry. Vernon a accepté notre scénario et c'était l'essentiel. Pour le reste, Ron et moi, on se débrouillera très bien… » réponds-je, d'un ton tranquillisant…

« Il n'y a pas de raison pour que vous vous tapiez ce boulot là tout seuls. Je vais abréger les civilités et dans une demi-heure, je serai de retour. Alors attendez-moi pour passer à la suite… » déclare cependant Harry, en enfilant son blouson de cuir…

« Pas question. On enchaine. Toi prends ton temps. Et n'oublie pas qu'après, tu as deux autres rendez-vous… » répond Ron, avant d'ajouter un détail à notre plan, qu'il est en train de relire…

« Ah zut ! C'est vrai, j'ai failli oublier ! » soupire encore Harry, en se tapant sur le front, avant d'ajouter en maugréant : « Peste de Marge ! Elle va me faire devenir chèvre… Bon… Ben, à plus tard, je ne sais pas quand… »

Et il part, claquant légèrement la porte derrière lui…

« Quels autres rendez-vous a-t-il ? » demande-je à Ron, sourcil haussé sur ma question…

« Le premier à l'Infirmerie, avec Severus, pour voir si la Potion qu'ils ont concoctée pour Hagrid est un succès et le second, avec Draco, Blaise et Nev entre autres. Il va leur donner un coup de main pour fabriquer les Gadgets Défensifs. Je devais y aller aussi pour les aider à finir ce qu'ils avaient prévu de faire aujourd'hui, avant la Réunion de ce soir dans le Temps Ralenti, qui elle n'était pas prévue, mais tant pis. A moins que quelqu'un d'autre se porte volontaire à ma place, ils mettront les bouchées doubles pour finir sans moi. Après tout, ce n'est pas comme si nous n'avions pas l'habitude… » répond Ron, sur un haussement d'épaule…

Sa dernière réflexion m'intrigue…

« C'est souvent comme ça ? » demande-je donc encore, avant de boire une gorgée de thé…

« Tu veux dire gérer les imprévus et tout ça ? Ouais… Cette fichue guerre nous fait vivre à deux cent à l'heure. Il y a des moments, on fait carrément des journées doubles, grâce au Chrono. » répond Ron, avant de se tourner vers la porte qui vient de s'ouvrir…

C'est la relève qui arrive. Nous allons pouvoir passer à la seconde phase de notre plan pour déménager Marge…

« Faire ça en plein jour, tu penses vraiment que c'est raisonnable ? » demande-je quelques minutes plus tard, en descendant l'escalier…

Pour la seconde ou même peut-être troisième fois, depuis que Ron a proposé d'appliquer notre plan dès aujourd'hui …

« Marge habite dans le trou du cul du monde. Hormis le Colonel Courtepatt, je ne vois pas qui on pourrait croiser dans son coin, à part peut-être un promeneur. Il n'y aura qu'à poser un Sortilège Repousse-Moldu de chaque côté de la route et un autre sur le sentier qui borde sa propriété si ça peut te rassurer, mais je n'en ai pas pour des plombes à poser cette Illusion tu sais. Et une fois ça fait, nous pourrons opérer en toute tranquillité pour le reste…» répond Ron, avec une belle conviction…

« Bon… Ok… Si tu le dis, alors je ne m'inquiète pas… » accorde-je, tandis que nous sortons sur le perron…

Et Ron nous fait aussitôt Transplaner…

« Nom de Zeus ! » m'exclame-je à l'arrivée, en effectuant un bond en arrière à la vue d'une impressionnante tête de diable grimaçant…

J'en manque aussitôt m'étaler par terre, car je trébuche sur une chaise tombée sur le côté. Ron éclate de rire, visiblement satisfait de l'effet provoqué. Je devine que le bougre a sciemment choisi de nous faire arriver à cet endroit exact et je lui flanque un petit coup de poing sur le bras…

Puis je regarde autour de moi. Il est évident que pas mal de débris ont été débarrassés déjà et je devine que les dégâts étaient considérables…

« Eh ben, vous n'y êtes pas allés de main morte… » constate-je, en me dirigeant vers la pièce suivante, en piteux état également…

« Ouais. Nous nous en sommes donnés à cœur joie… » sourit Ron, avec un immense sourire…

« M'étonne pas. Vengeance, vengeance, n'est-ce pas ? » souris-je en retour, avec un petit clin d'œil…

Ron hoche la tête, sans aucune honte…

« Allons vérifier que le Colonel n'est pas dans le coin… » dit-il ensuite, en me guidant vers la porte de derrière, qui est toute neuve…

Il l'ouvre d'un Alohomora et nous sortons sur une belle terrasse, qui donne sur un immense terrain. Nous traversons un jardin d'agrément à l'anglaise, séparé par une haie, d'un grand potager au bout duquel se trouve un petit verger. Et je me fais la réflexion que tout cela doit demander pas mal d'entretien, lorsque soudainement, alors que nous sommes au tiers du potager, une bonne douzaine de chiens aboient. Quasi aussitôt, je vois un type de taille moyenne, très sec, âgé d'une petite soixantaine d'années je dirais, coiffé d'une casquette et le visage rougeaud, débouler de derrière une autre haie, courant en slalomant entre les arbres…

« Zut… Raté pour cette partie-là. Va falloir gérer le Colonel plus tôt qu'on le désirait… » maugrée Ron, tout en affichant un sourire engageant sur son visage…

« Qui va là ! J'vous préviens que je suis armé ! » s'écrie le Colonel, d'une voix forte, en s'arrêtant dès qu'il nous aperçoit, pointant dans notre direction, un long bâton…

Nerveux le type…

« Eh ! Pas de blague avec votre fusil ! On ne vous veut pas de mal ! Vous ne me reconnaissez pas ? J'étais avec Marge l'autre jour ! » s'exclame Ron, qui s'arrête aussi, écartant les bras, pour bien montrer qu'il n'a rien de menaçant…

« Ah oui ! Vous êtes l'un des amis de son neveu c'est ça ! » s'exclame le Colonel, en baissant son bâton que Ron a appelé fusil et dont je devine maintenant qu'il s'agit de l'un de ces redoutables armes Moldues, cracheuses de plomb…

« Ouais, c'est bien ça ! » répond Ron, en allant au-devant du Colonel, qui se retourne un instant, pour crier aux chiens de se calmer, avant de se remettre en route vers nous

« Et qu'est-ce que vous venez faire ? Marjorie ne m'a pas dit que vous veniez, ce matin quand elle m'a félétoné … » dit-il, sourcils froncés…

Du moins je crois que c'est bien ce dernier terme qu'il a employé, mais je n'en suis pas très sûr…

Et puis, au tangage de sa démarche et à son haleine, pas de doute, il est sérieusement éméché. Possible donc qu'il se soit embrouillé ou que j'ai mal compris un bafouillement…

« C'est que ce n'était pas prévu. Mais en fait, elle a la nostalgie de son chez soi, alors comme son frère va beaucoup mieux et que le médecin a dit tout à l'heure qu'il est bien tiré d'affaire maintenant, elle a décidé de revenir ici. Alors Sirius et moi, on a proposé de venir voir si tout va bien dans le cottage. Parce que les Dursley s'inquiètent un peu de la savoir toute seule dans cet endroit éloigné de tout, après ce qu'il s'est passé le mois dernier, vous comprenez… » répond Ron, très à l'aise dans la comédie qu'il joue au Colonel et les mensonges qu'il lui débite…

« Ah ! Pour sûr que je comprends ! Quelle affaire ! Mais quelle affaire ! Tout le village n'a parlé que de ça pendant au moins deux semaines ! Et croyez bien que tout le monde se calfeutre soigneusement chez soi dès la nuit tombée maintenant ! Fusil à portée de main ! D'ailleurs, moi-même je ne sors plus sans le mien ! » s'exclame le Colonel, en levant son bâton (le fameux fusil), vers nous…

« Oh ! Eh ! Attention ! Faudrait pas que votre fusil crache ses balles ! » s'exclame Ron, l'air effrayé…

Et là, je ne suis pas certain que ce soit de la comédie…

« Ah non, pas de danger ! Je n'ai pas armé le chien ! » répond le Colonel, en baissant toutefois son arme…

J'avoue que je suis largué, là. Qu'est-ce que c'est cette histoire de chien armé ? Il n'a pas amené de chien avec lui. Et comment peut-on armer un chien ? Il parle par énigme peut-être ? Ou alors serait-ce un code Moldu ? A moins que ce ne soit la boisson qui ai fait fourcher sa langue encore une fois et qu'il ait voulu dire autre chose à l'origine…

Je n'ose poser de question cependant, me contentant de jeter un coup d'œil vers Ron. Il n'a pas l'air de mieux comprendre que moi et hausse les épaules…

« Ah bon… Ben si le chien est pas armé, tout va bien alors… » répond-il, cependant, tandis que le Colonel hoche la tête, l'air satisfait…

« Alors comme ça, Marjorie revient demain ! J'en suis bien content ! Elle va pouvoir reprendre ses affaires en main ! Et ça en a bien besoin ! Regardez-moi ça l'état du jardin ! Et ce n'est pas pour dire, mais son intérieur nécessite un bon coup de nettoyage aussi ! Ah les vandales ! Quand je pense qu'ils ont vidé sa cave ! Toutes ces bonnes bouteilles et cette bonne nourriture envolées ! C'est ce qui me fait le plus mal, vous voyez ! Car c'est que ces voyous n'ont sûrement même pas le palais pour apprécier la bonne chair et le bon vin ! Quelle misère tout de même ! » s'exclame le Colonel, en retirant brièvement sa casquette, pour grattouiller son crâne à demi chauve…

« Ah, ne pensez plus à tout ça. Ce sera bientôt de l'histoire ancienne. Et puis Marge va se charger de remplacer tout ça vite fait, on peut compter là-dessus. D'ailleurs, à ce propos, elle demande si vous pourriez lui faire quelques courses, pour remplir son frigo. Elle vous remboursera demain dès qu'elle arrivera… » déclare Ron, tout sourire…

« Ah mais pas de problème ! Je lui rends tous les services qu'elle veut, Marjorie ! Vous avez une liste de ce qu'elle veut ? » s'exclame le Colonel, qui a l'air ravi

« Oui, oui ! Mais je l'ai laissée à l'intérieur… » répond Ron, en invitant le Colonel à le précéder dans la maison, d'un geste de la main…

« Elle vous a confié ses clefs ! Eh bien c'est qu'elle doit avoir drôlement confiance en vous dites donc ! Même moi, je n'ai pas de double ! Et pourtant ça fait plus de trente-sept ans qu'on se connait Marjorie et moi ! Dame ! Nous nous sommes connus sur les bancs de l'école ! » s'étonne le Colonel, l'air un peu vexé maintenant…

« Oh… C'est parce que je fais partie de la famille, vous savez. Et puis, il s'agissait surtout que Sirius et moi puissions vérifier qu'il n'y a pas un voyou caché dans la maison. » répond Ron, en faisant avancer le Colonel dans le salon.

« Ah, je comprends mieux ! Je me disais aussi… » déclare le Colonel qui jette un coup d'œil à la fenêtre et s'exclame soudainement : « Mais je ne vois pas votre voiture ! Où l'avez-vous garée ? »

« Ah… Ben en fait c'est un ami qui nous a déposés. Il est parti faire des courses et va revenir tout à l'heure nous chercher… » répond Ron, avec à-propos, avant de me faire discrètement signe de contourner le bonhomme…

Nous n'avions pas prévu une telle question. A vrai dire, nous aurions nettement préféré que le Colonel ne soit pas là à cette heure de la journée. Mais on va faire avec, n'est-ce pas.…

« Bon alors ? Et cette liste de courses ? » demande maintenant le Colonel, en direction de Ron…

Et je profite qu'il me tourne le dos, pour lui jeter un Sortilège d'Endormissement…

« Bon alors, qu'est-ce qu'on fait ? On le laisse ici et on demande à Richard que s'occuper de lui tout de suite ou on le ramène chez lui et on l'endort jusque demain matin ? » demande-je, tandis que Ron installe le bonhomme dans le divan à demi-défoncé…

Mais Ron n'a pas le temps de répondre. Une voiture s'arrête devant le cottage et un vieux type en descend : cheveux gris, moustache noire, lunettes carrées, taille haute et mince…

« C'est le Médico… Non, médecin de Marge… Qu'est-ce qu'il vient foutre ici… » déclare Ron à mi-voix, sourcils froncés…

Je hausse les épaules. Comment pourrais-je savoir ?

Le type ouvre la barrière et entre, mais il ne vient pas à la porte. Il contourne la maison et nous allons voir ce qu'il trafique, en nous postant dans la cuisine. Quelques pas dans le jardin puis :

« Colonel ? Vous êtes là Colonel ? » appelle le type, les mains en porte-voix…

Naturellement, il n'obtient pas d'autre réponse que celle des chiens qui aboient. Alors il revient sur ses pas et il s'arrête brusquement, fronçant les sourcils tout en fixant le mur…

Et soudainement l'air inquiet, il se tourne de nouveau vers le jardin…

« Colonel ! Tout va bien, Colonel ? » s'écrie-t-il, plus fort, en repartant vers le jardin à pas vifs, tandis que Ron se risque à jeter un coup d'œil plus précis dehors, après avoir silencieusement entrebâillé la fenêtre…

« Zut ! Le vélo du Colonel est là ! Le médecin va croire qu'il a fait un malaise quelque part et ne le trouvant pas, il finira par rameuter la police ! » chuchote-t-il, l'air vivement contrarié face à ce nouvel imprévu, en refermant la fenêtre…

Et il se précipite vers la porte arrière, l'ouvrant à la volée et sortant rapidement…

« Le Colonel est ici ! » appelle-t-il, faisant ensuite signe au type qui s'est vivement retourné, de venir vers nous…

« Ah ! Mais je vous reconnais vous ! Difficile d'oublier un gaillard comme vous ceci dit ! Vous me semblez même encore plus grand qu'il y a trois semaines ! Marjorie est donc revenue ? » s'exclame le type, en venant vers nous, avec bonhommie…

Je le trouve d'emblée sympathique ce type-là.

« Non, Marge n'est pas là. Mais nous sommes ici pour préparer son retour. » répond Ron, en invitant le médecin à entrer…

« Ah bon ! Elle se décide enfin à revenir ! Ah ! Mais c'est notre brave Colonel qui doit être content ! Il s'ennuyait sans Marjorie ! Pensez donc, il n'avait plus personne pour le mener à la baguette ! Un comble pour un Colonel qui a commandé toute une armée n'est-ce pas ! » s'exclame le type, le regard pétillant de joie moqueuse…

« Sûr… » sourit Ron, en indiquant le salon…

Le type le précède et s'arrête sur le pas de la porte…

« Allons bon, qu'arrive-t-il donc à Walter ! » s'exclame-t-il, restant figé près de la porte…

« Nous l'avons trouvé endormi sur la terrasse. Je crois qu'il a un peu trop bu… » ment effrontément Ron…

Le type, n'arrête pas de regarder vers l'un ou l'autre d'entre nous. Impossible donc de sortir discrètement notre Baguette pour l'endormir…

« Ah ! Oui bien sûr ! Ça lui est déjà arrivé de rouler dans le caniveau. Un jour, il y laissera la vie le pauvre. Et à chaque fois, c'est quand Marjorie n'est pas là ! Quelle idée a-t-il eu de s'amouracher de cette mégère ! Remarquez, cela pourrait lui faire du bien une petite liaison à Marjorie ! Cela la mettrait peut-être de meilleure humeur ! Encore faudrait-il qu'il ose se déclarer ! Mais allez savoir pourquoi, il n'y pas plus timide avec les femmes, que ce bon Walter ! Et Marjorie qui ne voit rien ! Quoi qu'elle a peut-être vu clair et qu'elle en profite ! Je me suis parfois demandé si elle n'était pas plutôt de l'autre bord ! Mais elle est tellement bourrée de préjugés, que cela m'étonnerait quand même. A moins que justement à cause de cela, elle n'ose pas se l'avouer à elle-même… Enfin… Moi qui voulais demander au Colonel s'il pouvait passer mettre un peu d'ordre dans mon jardin à l'occasion, je suis marron. Je repasserai le voir demain. Et je profiterai d'être dans les environs, pour rendre une petite visite à Marjorie, histoire de voir si elle a enfin écouté mes conseils. Dites-lui bien le bonjour de ma part, n'est-ce pas ! Et prévenez-là de mon passage ! Je ne voudrais pas être accueilli à coups de fusils ! On ne sait jamais ! Après ce qu'il s'est passé ici ! Elle était déjà méfiante avant, mais maintenant, ça ne va pas s'arranger ! Allons ! Au revoir la compagnie ! » déclare le type, avant de se retourner et d'amorcer un pas vers la sortie

Il est sympathique de prime abord, mais nom de Zeus quel moulin à paroles !

Et il n'a pas le temps d'aller bien loin, car cette fois, c'est Ron qui l'endort, tandis que je le rattrape avant qu'il ne se casse le nez par terre…

« Si je n'avais la certitude que la Malédiction de Peter est bien levée, je mettrais ces deux imprévus là sur son compte… » maugrée-je, en installant le type sur un fauteuil en aussi piteux états que le canapé…

« Bah. Les imprévus ça ne manque jamais tu sais. On a l'habitude… » répond Ron, sur un haussement d'épaule, avant d'appeler la Base afin qu'on demande à Richard de venir ici…

« On va finir par avoir des emmerdes sérieuses, avec tous ces Moldus dont il faut modifier la mémoire. Manquerait plus qu'un troisième type rapplique dis-donc… » fais-je remarquer, à Ron, tandis que nous attendons Richard…

« Pense donc, c'est un cas de force majeure. Et personne n'en saura jamais rien de toute façon. Quant à une troisième personne, ça m'étonnerait que Marge ait encore une visite. Avec son caractère elle ne doit pas être si populaire que ça dans le coin… » répond Ron, qui sursaute à peine a-t-il fini de parler, car on sonne soudainement à la porte de devant…

Nom de Zeus ! Qu'est-ce que c'est encore !

OoOoOoO

Ron

Par les couilles de St Georges ! Mais ce n'est pas possible !

« Le trou du cul du monde, hein ? » me jette Sirius, l'œil mi-moqueur, mi-ennuyé, sur un soupir…

Je me précipite vers la fenêtre, pour jeter un coup d'œil sur l'importun qui nous dérange encore…

« Ah merde ! C'est un gosse ! » murmure-je vers Sirius…

« Alors là, non ! Cette fois, pas question de modifier la mémoire de ce gosse. Faut vite trouver un truc, pour éviter qu'il parle de notre présence ici… » répond fermement Sirius, tandis que j'acquiesce…

« On n'a qu'à pas répondre… » suggère-je, mais Sirius hoche négativement la tête…

« Il y a la voiture du type, devant le cottage… » dit-il, sourcils froncés…

« Bon… Je vais voir ce qu'il veut. Toi, Désillusionne ces deux-là… » décide-je, priant tous les saints du Paradis, pour que le gamin ne demande pas à parler au Colonel ou au médecin…

J'inspire un bon coup, en me dirigeant vers le hall et j'ouvre la porte…

« Bonjour Monsieur ! Je vends des gâteaux faits maison pour l'école ! C'est pour organiser une journée au parc d'attraction de Blackpool à la veille des prochaines vacances ! » sourit aussitôt un gamin d'environ dix ans…

Il a une bonne bouille ce môme. Et il a les yeux emplis d'espoir, tandis qu'il tend un panier rempli à bloc de grosses madeleines enveloppées individuellement à la main, dans un genre de plastique transparent…

Je ne sais pas ce que c'est un parc de traction. Peut-être un genre de musée, puisque que c'est organisé par son école. Et ce môme a l'air de tenir à y aller. Bon. Si je lui achète un gâteau, il n'aura pas de quoi le claironner sur les toits n'est-ce pas ?

« Et c'est combien tes gâteaux ? » questionne-je donc, en me demandant si j'ai ce qu'il faut dans ma Pochette…

Je dois normalement. Hermione avait dit qu'elle en prévoirait pour chacun d'entre nous au cas où cela s'avèrerait nécessaire, lors de notre dernière incursion dans le monde Moldu. Telle que je la connais elle a dû tenir sa promesse d'en mettre dans mes affaires…

« C'est vingt-cinq pence pour une, Monsieur ! C'est un peu cher je sais, mais c'est pour une bonne cause ! » répond le gosse, un rien suppliant…

« Ok… Attends-là, je vais voir si j'ai de la monnaie. Je reviens… » déclare-je, me sentant un peu nerveux soudainement…

Vingt-cinq pence… Ça fait combien ça en monnaie de chez nous ? Et surtout, ça se présente comment ?

« Oui, Monsieur ! » répond le môme, tout heureux à la pensée de faire affaire, tandis que je referme la porte, avant de me mettre en contact avec Lee, via le Micro dont j'ai pris soin de m'équiper avant de partir, à la recommandation expresse de mon pote…

« Lee ! Ça se présente comment vingt-cinq pence ! » demande-je, tandis que je fouille ma Pochette et regrettant bien soudainement, que Harry ne soit pas là.

Il n'aurait aucun problème avec ça, lui. Merde alors ! Et moi qui assurais tout à l'heure qu'on n'aurait aucun problème ici !

Lee m'explique vite fait. Une chance dans notre malheur que ce soit lui qui ait pris notre relève et qu'il ait insisté pour que je m'équipe tiens !

« Ok, j'ai compris… Le problème, c'est que je n'ai pas un radis. Je ne sais pas ce qu'Hermione a fichu de mon fric, ni même en fin de compte, si elle a mis du flouze Moldu dans mes affaires, comme elle avait l'intention de le faire… » réponds-je à Lee, vaguement affolé, en flanquant tout ce qu'il y a dans ma Pochette, sur le sol…

Le gosse qui attend à la porte doit commencer à trouver le temps long…

« Attends, j'arrive à la rescousse… » s'exclame Lee, d'une voix précipitée, tandis que Sirius commence à se bidonner…

« Ouais, mais fais gaffe ! Arrive pas dans le couloir ! Choisis la cuisine ! » réponds-je, précipitamment

Trois secondes plus tard, il y a un énorme bruit dans la cuisine et je me rue là-bas, pour découvrir Lee le cul par terre et des casseroles lui dégringolant sur la tête…

« J'ai fait une petite erreur d'appréciation, je crois bien… » déclare Lee, en se relevant sur une grimace…

« Ouais… Allez, passe-moi la monnaie, que je paye ce satanée gosse… » réponds-je, en tendant la main…

« J'ai qu'un billet de cinq livres, alors il va devoir te rendre la monnaie… » prévient Lee, en me filant un billet

« Ok, pas de souci ! » réponds-je avec fébrilité en m'accaparant du billet, avant de filer en contresens pour retourner dans le couloir…

« Voilà ! » m'exclame-je, avec un grand sourire, en ouvrant la porte

Pour me retrouver nez à nez avec un policier en uniforme…

Alors là… C'est le summum du summum… La véritable cata…

« Où est le gosse avec ses gâteaux ? » demande-je, ne laissant pas le temps au flic de dire ce qu'il s'apprêtait à dire…

« J'suis là ! » s'exclame le gosse, en sortant de derrière le policier

« J'ai cherché des pièces mais j'en ai pas. J'ai qu'un billet de cinq livres. Tu as la monnaie ?… » lui dis-je, en exhibant le fric que j'ai en main

« Non… J'ai qu'une livre et vingt-cinq pence, je commence juste ma tournée… » répond le gosse, visiblement déçu soudainement…

« Ah ben pas grave. T'as qu'à m'en mettre pour les cinq livres tiens. » déclare-je au gosse, lui arrachant un immense sourire, avant de relever les yeux vers le policier et d'ajouter, histoire de bien paraitre décontracté : « Après tout, c'est pour la bonne cause. Pensez donc, une journée dans un parc de traction à Blackpool avec ses copains d'école, c'est une belle occasion de s'enrichir l'esprit pour un gosse. Alors on va pas lui faire manquer ça par pure mesquinerie, n'est-ce pas ? »

Et je vois aussi sec le policier tiquer…

Mille milliard de milles gorgones ! Je crois que j'ai dit une connerie !

Le gosse, lui, n'a rien relevé. Il compte les gâteaux qu'il flanque dans mes mains en coupe…

« Vous voulez dire, un parc d'attraction et que ces enfants vont s'amuser… » murmure le policier, les yeux légèrement plissés…

« Ouais, c'est bien ce que j'ai dit. On s'enrichit toujours mieux l'esprit à l'école, quand on s'y amuse aussi avec ses potes, pas vrai ?… » réponds-je, sur un haussement d'épaule, sous l'œil dubitatif du flic…

« Eh, Monsieur, ça déborde ! Il y a plus de place dans vos mains et il me reste cinq gâteaux à vous donner… » déclare soudainement le gosse, tandis que le policier me regarde comme si je venais d'une autre planète…

Il commence aussi à m'examiner de la tête au pied et je n'aime pas beaucoup ça…

« T'inquiète gamin, on va arranger ça…» réponds-je, avant de me tourner vers l'intérieur du cottage, pour appeler : « Lee ! Viens chercher le reste des gâteaux ! »

J'espère que mon naturel va convaincre finalement le flic, que je n'ai rien de suspect…

Lee arrive décontracté et claironnant un salut la compagnie tout sourire, comme d'habitude. Je lui fais signe de prendre les gâteaux du gamin, dont le panier est presque vide maintenant.

Putain… ça fait un paquet de gâteaux à voir, cinq livres… Alors là, basta pour la discrétion. Le môme ne va sûrement pas manquer de se vanter d'avoir presque tout vendu au même quidam inconnu, qui se trouvait chez Marge…

Pourvu que d'autres gamins ne se pointent pas ici dans les jours prochains espérant faire la même affaire. Sinon, celui-ci passera pour un menteur, quand ils verront qu'il n'y a qu'un tas de fouillis à l'endroit indiqué…

Merde…

Je commence à penser sérieusement que notre idée n'est pas si brillante que ça…

« Merci Monsieur ! Au revoir ! » s'exclame le gosse, avant de partir tout guilleret.

Il a de quoi être heureux. Il vient de faire sa meilleure vente de cette fin d'après-midi, assurément…

« Ah ! Au fait, Ron, le patron demande que tu contactes Andy, on pourrait avoir besoin de ses services. Je le fais pour toi si tu veux… » glisse mon pote, au moment où il va repartir

Le patron ? Quel patron ? Qu'est-ce qu'il mijote ?

« Euh… Oui, ok, merci… » acquiesce-je sur un hochement de tête…

Holà ! Ça se complique sec notre affaire, me dis-je, avant de m'adresser au flic

« Qu'est-ce qui nous vaut le plaisir de votre visite ? » demande-je en regardant le gamin franchir la barrière

Il glisse son panier dans un autre panier attaché à son vélo, avant de grimper dessus et de partir en pédalant sec…

« Madame Dursley serait-elle rentrée ? » demande le policier, dont la voiture est garée derrière celle du médecin, remarque-je distraitement…

« Non. Elle doit rentrer demain. » réponds-je tout sourire, en me retournant, pour poser les gâteaux sur une console en fer forgé, qui a miraculeusement résisté à notre carnage…

« Alors que faites-vous chez elle ? » demande le policier, qui commence à me courir sur le haricot…

« Elle nous a demandé de mettre un peu d'ordre ici avant son retour. C'est que c'était drôlement chamboulé. Enfin, vous devez savoir ce qu'il s'est passé ici, n'est-ce pas, avec le cambriolage. Quelle bande de sagouins ces types ! Ils ont fichu un boxon pas possible et des saletés partout ! Pas une pièce n'a été épargnée et entre nous, même avec la meilleure volonté du monde, ce ne sera pas possible de tout avoir nickel avant le retour de Madame Dursley, je le crains fort. Elle aurait dû nous contacter bien avant, pour faire ce nettoyage. Ça aurait été plus accueillant pour elle. Mais bon, elle a peut-être attendu d'avoir l'argent pour le faire aussi, hein. Et les assurances, ça lâche pas le flouze comme ça…» réponds-je, avec le plus de décontraction possible, usant du peu de connaissances que j'ai acquis, en entendant Marge récriminer sur le sujet quand nous sommes venus ici la première fois…

Et espérant que Lee et Sirius vont avoir le réflexe de sortir des balais, des serpillières et des chiffons…

Car je sens bien qu'il ne va pas lâcher son os ce flic. Et j'espère qu'il n'a pas déjà contacté des collègues…

Quelle galère ! On aurait mieux fait d'attendre la nuit prochaine, avant de venir. Mais voilà. A quelle heure allions nous rentrer ? Faudrait-il attendre la nuit suivante alors ? Or, garder Marge endormie durant 24H00, passe encore, mais 48H00, ça faisait beaucoup… Alors j'ai pressé l'affaire et nous voilà dans la merde…

« Et vous êtes venus à pied ? » demande le flic, plus que dubitatif…

« Non. On a garé le camion à l'arrière… » réponds-je, ayant un vague souvenir de quelqu'un ayant évoqué cette possibilité à propos des soi-disant Satanistes…

« Mmmm… Le docteur Herbert aussi, met de l'ordre ? » demande maintenant le policier, à brûle pourpoint…

« Le docteur ? Ah ! Vous voulez dire le gars auquel appartient cette voiture ! Il est parti voir un certain Colonel, qui s'occupe des chiens de Madame Dursley, dans le chenil, au bout du jardin. Je crois qu'il avait un service à lui demander d'après ce que j'ai compris quand il parlait au patron tout à l'heure… » réponds-je, me disant que nous l'avons endormi un poil trop tôt celui-là…

Il aurait pu témoigner que je connais Marge…

Ou plutôt que Marge me connait…

« Puis-je le voir ? » demande le policier, tandis que j'entends une sirène au loin…

Je suis prêt à parier que ce sont des collègues du flic…

« Oh ! Mais bien sûr ! Je vous en prie, entrez… » réponds-je, avec un sourire engageant…

Par les couilles de St Georges ! On va devoir en endormir combien ? me demande-je, priant pour qu'Andy ne tarde pas à arriver. Peut-être pourra-t-il arranger la sauce, si d'autres flics arrivent ici…

Le policier entre dans le hall et il s'arrête sur le pas de la porte du salon.

Et je comprends sa surprise…

Je ne sais pas quand, ni comment ils ont fait pour arriver sans bruit, mais il y a toute une équipe de copains en tenue de travail Moldue, en train de nettoyer le salon…

Machinalement, mon regard cherche Lee. Ce serait bien de lui, d'avoir monté cette mise en scène en un temps record…

« Bien l'bonsoir gentleman ! » s'exclame Sirius, en surgissant devant nous, avant de me regarder et d'ajouter sèchement : « Ne profite pas qu'nous ayons d'la visite pour tirer au flanc, Weasley ! Si tu n'es pas en t'nue dans trois minutes, j'te défalque une heure sur ta paye ! »

« Ok, patron. Mais Monsieur ici présent, voudrait voir le Docteur Herbert… » déclare-je, en dirigeant ma main vers ma Baguette, pour la prendre et endormir le policier…

Mais le regard de Sirius me dissuade de le faire…

« Le gris de cheveu avec sa moustache noire ? Ben si vous voulez lui parler, vous avez intérêt à faire fissa ! Il vient de monter dans sa bagnole ! » s'exclame Lee, en désignant la fenêtre…

Le policier se précipite aussi sec vers elle. Il a tout juste le temps de voir la voiture démarrer, avec un type qui ressemble trait pour trait au fameux Docteur Herbert au volant…

Un pote sous Polynectar sans doute… Et qui sait conduire…

« Ah… Bien… Tant pis… » soupire le flic, en regardant maintenant « le Colonel » partir sur son vélo, non sans faire un signe au revoir à Lee qui nettoie les vitres…

Et sur ce, le flic se déclare « désolé pour le dérangement » et il sort du cottage, se dirigeant vivement vers sa bagnole…

Pourvu qu'il n'aille pas interroger le faux Colonel ! me dis-je, en allant le surveiller, discrètement dissimulé sous un Sortilège de Désillusion…

Mais non. Il contacte ses collègues par l'intermédiaire de sa radio, pour leur dire que ce n'est finalement pas la peine de venir jusqu'ici, avant de faire demi-tour et de s'éloigner lentement vers le village…

« Le trou du cul du monde, hein ? » répète Sirius, quand je rentre dans la maison…

« Ben quoi. Ça ne s'est pas si mal passé ! On aurait pu avoir beaucoup plus d'imprévus ! » réponds-je, en parfaite mauvaise foi, avant de rire de concert avec les copains…

« Ouais. Heureusement qu'on a l'habitude d'improviser tout de même ! » s'exclame Lee, tout sourire, avant de croquer dans une madeleine…

Il a l'air de bien se régaler…

« Au fait, ça fait combien en monnaie de chez nous, cinq livres ? » demande-je, en allant chercher les gâteaux que j'ai laissés sur la console, pour les distribuer aux potes…

« Ben en fait, tu me dois un Gallion… » répond Lee, en tendant la main vers moi, tout sourire…

« Ah tout de même ! » réponds-je, en fouillant dans la poche intérieure de mon blouson, à la recherche de mon porte-monnaie…

Ben elle a intérêt à être bonne, cette madeleine, au prix où elle m'a coûté, songe-je, en jetant vers Lee, le Gallion que j'ai fini par trouver, au milieu d'un tas de pièces Moldues…

Quand même ! Elle aurait pu me le dire, Hermione, qu'elle avait mis de la monnaie Moldue dans mon porte-monnaie, me dis-je en déballant la madeleine…

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