Disclaimer : cf chapitre 1

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Grand merci à Mistycal !

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Réponse aux commentaires anonymes sur mon forum : - amazonepotter -

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Rappel : J'ai mis un récapitulatif des noms Elfiques sur mon forum.

Le topic s'intitule: CELTYCIE

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Megildur 5 / 6

Acte 8 : Le Torech O Bauglir

Remus

Il est temps de détourner la conversation, me dis-je, en détachant mes yeux de Ron, pour les reporter sur Fëanturi. Le Roherdiron, dont le regard s'égarait dans le lointain, se tourne vers moi et accroche le mien, à peine l'ai-je effleuré…

« Maintenant que nous savons ce que Severus, Sirius, moi-même et les autres Guerriers aurons à combattre, sur Tyll Celwie o Agar Myrn, éclaircissons ce qui attend Théodore, veux-tu bien ? Qu'y a-t-il à savoir de l'Antre du Tyran ? » demande-je, en maîtrisant au mieux la boule qui étreint ma gorge, pour éclaircir ma voix…

« Merzhin va répondre à cette question. Il connaît mieux cette histoire que moi...» répond Fëanturi, en inclinant légèrement la tête vers le Chef des Roherdirons.

Merzhin se lève et vient se placer à ses côtés, tandis que je concentre mon attention sur lui, dans l'espoir que ce qu'il va nous raconter, va permettre de détourner mon esprit de mes préoccupations, pour quelques minutes au moins...

« Un Dragon qui a vécu sur Tyll Celwie o Agar Myrn, à l'époque où les Elfes n'étaient pas encore de ce monde et donc bien longtemps avant qu'elle ne devienne la prison des Lycanthropes, m'a raconté l'histoire que je vais partager maintenant avec vous. » commence Merzhin, avant d'être interrompu par Charly…

« Tu parles avec les Dragons ? » demande-t-il, vivement surpris…

« Il s'agissait d'une race de Dragons qui s'est éteinte il y a près de quinze mille ans. En réalité, celui qui m'a raconté cette histoire, était le dernier de son espèce. Il avait accès à un langage primaire, qui ressemblait beaucoup au Fourchelang, auquel j'ai accès, tout comme Elrond. Par la suite, les nouvelles races de Dragon, plus petites en taille que les précédentes, n'ont plus été douées d'un langage que l'on puisse parler nous-même. Ainsi l'a voulu Mère Nature… » répond Merzhin, qui sourit avant d'ajouter : « Elle a cependant permis qu'ils comprennent le langage des Elfes… »

« Oh ! Voilà qui est intéressant ! Je vais me mettre dare-dare à l'Elfique moi ! Ça me sera fort utile dans mon boulot ! » s'exclame aussitôt Charly, avec un sourire jusqu'aux oreilles…

Je comprends son enthousiasme. Pouvoir se faire comprendre des Dragons va lui ouvrir des perspectives énormes.

« Et moi je comprends soudainement l'intérêt si vif de Voldemort pour les Dragons… Il a dû lire dans sa satanée mauvaise traduction en grec du Livre des Origines, qu'ils s'exprimaient autrefois dans un langage proche du Fourchelang et espère sans doute que c'est encore le cas aujourd'hui. » intervient Harry, en plissant les yeux…

« A tous les coups. Et naturellement il doit aussi espérer pouvoir grâce à cela se rallier tous les Dragons de notre Monde, en leur promettant de leur organiser un barbecue géant, dont les Membres du Phénix et les Aurors seraient le plat principal… » renchérit Ron, sur un ton goguenard…

« Qu'il espère donc… Et puisque les Dragons ne s'expriment plus dans ce langage, nous devrions peut-être songer à laisser Lucius se faire griller quelques poils du cul, dans l'espoir de ramener un Dragon à Voldemort. Et avec un peu de chance, c'est lui qui finirait en barbecue… » déclare tout de go Draco, tout aussi goguenard que Ron…

« Charmante perspective, mais pas question ! A coup sûr ça flanquerait une indigestion à cette pauvre bête de bouffer un Lucius grillé ! Même cuit à point ! » s'exclame aussitôt Charly, d'un ton faussement réprobateur

Cela déclenche quelques rires parmi les jeunes. Et j'avoue que je goûte la plaisanterie moi aussi, même si cela ne me détend pas totalement…

« Ouais, amusant tout ça ! Mais allez, les jeunes. Ça suffit les diversions ou on s'ra encore en Réunion à la St Glin Glin ! Alors laissez Merzhin raconter son histoire ! » intervient cependant Maugrey, une lueur malicieuse démentant la sévérité de son ton…

Et il effectue un signe un peu impatient en direction de Merzhin, qui incline la tête pour le remercier, avant de reprendre son récit…

« Klyrmath le féroce, dit également le Tyran, était Gurg d'une tribu composée de plus de deux cent cinquante individus, ce qui est énorme et ne s'est jamais reproduit par la suite. Klyrmath en était arrivé à régner sur autant de Géants, en raison de sa force extraordinaire et de sa violence inouïe. Il était craint de tous, aucun autre Géant n'osait s'attaquer à lui, pour revendiquer sa place. Profitant de la peur qu'il inspirait, il exerçait un esprit tyrannique sur l'ensemble de sa tribu et s'il n'obtenait pas suffisamment vite ce qu'il désirait, ses colères étaient effrayantes. Il jetait bas des arbres, lançait des rochers aux alentours, causant des dommages considérables. Il déployait tant de force, qu'au cours de l'une de ses colères légendaires, d'un seul coup de poing sur le sol, il brisa profondément la roche et une large bande de terre se détacha du continent, créant ainsi la principale des Îles Britanniques et les îlots alentours… » raconte Merzhin, avant de reprendre un instant son souffle…

« Nom d'une pipe de nom d'une pipe ! Voilà un adversaire comme j'en voudrais pas ! » en profite pour s'exclamer Gaspard, sous le hochement approbateur de beaucoup…

« Un beau jour, Klyrmath décida de s'installer en prévision de l'hiver. C'est ainsi qu'il a élu domicile sur une île, dans une immense caverne, connue depuis comme le Torech o Bauglir. La tribu avait fait de nombreuses réserves de nourriture et tout se passa plutôt bien durant quelques semaines. Mais bientôt, Klyrmath s'ennuya et pour se distraire, autant que pour se défouler, il décida de battre avec violence quelques-uns de ses congénères. Plusieurs d'entre eux furent tués par ses coups, réduits même en bouillie. Au point que la roche fut si profondément imprégnée par leur sang d'un rouge très sombre, presque noir, qu'aujourd'hui encore, ni la pluie, ni les nombreuses sources qui s'écoulent sur l'Île, ne sont parvenus à la laver. Ce qui a valu à l'Île, d'être baptisée Tyll Celwie o Agar Myrn. L'Île des Sources de Sang Noir. Cette horrible distraction, révolta la tribu, qui décida de se soulever contre son Tyran. Elle n'osa cependant pas l'affronter de face. Même fatigué après ses débordements de violence, Klyrmath restait trop redoutable aux yeux de chacun. Il fut donc décidé d'attendre et de profiter de son sommeil, pour l'enfermer dans son Antre, en faisant rouler des tonnes et des tonnes de rocher devant l'entrée. Mais Klyrmath se réveilla avant que sa tribu ait tout à fait fini son entreprise et il parvint à se libérer de sa prison… » narre encore Merzhin.

Et cette fois, il s'interrompt de lui-même, pour s'hydrater un peu la bouche avec du thé.

« Pas besoin d'être devin, pour comprendre que sa vengeance a été terrible… » glisse alors Blaise, qui est suspendu aux lèvres de Merzhin, comme chacun d'entre nous…

« Effectivement, Ara Saeldur. Naturellement, plusieurs Géants furent encore tués en punition de cette rébellion. Mais cette fois, après son débordement de violence, Klyrmath ne se retira pas seul dans sa caverne pour se reposer. En effet, pour dissuader ses sujets de s'attaquer de nouveau à lui, il se saisit de tous les nouveaux nés et les emmena avec lui dans son Antre. C'était la consternation, parmi tous les membres de la tribu. Les mères, qui n'ont pourtant jamais été réputées pour être chaleureuses et attentives avec leurs enfants, ont tremblé toute la nuit qui suivit, car non seulement les pleurs des bébés qui parvenaient à leurs oreilles étaient déchirants, mais on entendait également de grands bruits qui faisaient trembler l'Île. Même le lac qui les cernait frémissait tout entier. Au petit matin, les bruits cessèrent, mais pas les pleurs des bébés. Klyrmath, fit alors entrer une femelle dans son Antre, afin qu'elle vienne nourrir son bébé. Il en fit de même avec toutes les mères, une à une. Et chacune était bouleversée quand elle sortait de la caverne. Car Klyrmath avait emprisonné tous les bébés dans la roche, ne laissant dépasser que leur tête. » révèle Merzhin, avec une indicible tristesse…

« Quelle horreur ! » s'exclame en chœur Molly et Narcissa, sur un long frisson qui secoue également tous les éléments féminins de l'Assemblée…

Je suis aussi horrifié qu'elles, comme un bon nombre de mâles. Klyrmath était terriblement féroce…

« Les pleurs des bébés Géants, retentirent durant des jours et des jours dans la vallée et leurs mères se lamentaient, les mamelles débordantes de lait, car Klyrmath ne les autorisait pas à venir alimenter leur enfant chaque jour. Ce chœur de lamentations et de pleurs, faisait frémir la montagne et était porté très loin par le vent. Une nuit cependant, les pleurs diminuèrent en intensité et en quelques minutes, le silence fut total. Tous les Géants, tous les Êtres et toutes les Créatures vivant alentours, comprirent alors, que las de les entendre pleurer, Klyrmath avait tué tous les bébés. Sûrement sans doute en avait-il également mangé quelques-uns, car on ne l'avait pas vu durant une semaine, même pour satisfaire son féroce appétit. Cela signa sa fin. Car considérant qu'elle n'avait plus rien à perdre, la tribu se jeta sur lui, lorsqu'il décida au petit jour de sortir de son Antre. Longtemps elle s'acharna sur lui, lui arrachant autant de cris de souffrances, que de larmes de bébés avaient été versées, avant de le réduire en charpie, éparpillant ensuite ses restes dans le Lac. Puis tous les Géants désertèrent Tyll Celwie o Agar Myrn. Il n'y avait plus âme qui vive là-bas. Cependant, longtemps encore après le départ des Géants, certaines nuits, il semblait que de grandes ombres inquiétantes se mouvaient sur l'Île et que le vent apportait sur les rivages du Lac, les pleurs de bébés mêlés aux lamentations de leur mère. Et dans les périodes de tempêtes, ont eu dit parfois, que les cris de colère de Klyrmath le féroce roulaient sur les vagues du Lac…» achève Merzhin, dans un silence absolu…

« Pas étonnant que cette Île ait si mauvaise réputation... » murmure-je, un long frisson secouant mon échine…

Car tous les lieux gardent en mémoire, les douleurs, les atrocités du passé et les Lycanthropes y sont particulièrement sensibles…

Et je crains par-dessus tout, l'influence néfaste que cela aura sur moi, dès lors que je me transformerai en Loup Garou…

Ne pas penser à cela maintenant, me secoue-je néanmoins. Il me faut revenir au temps présent, pour garder le peu de contrôle que je parviens à maintenir encore et rester jusqu'à la fin de la Réunion…

« Cela explique la réputation d'ogre que les Moldus ont faite aux Géants… » m'efforce-je donc d'écouter dire Hermione

Nally acquiesce d'un simple hochement de tête…

« Et voilà donc également l'explication du Tombeau des Lamentations… » renchérit Théodore, qui est très attentif à tout ce qui se dit ce soir…

« Pas tout à fait, non, bien que cela seul aurait pu suffire. Mais en fait, le Gorthad Nirnaethie a une autre histoire… » répond Nally, avec une tristesse palpable…

La terre est donc plus imprégnée encore de souffrance et de noirceur que je le pensais déjà, me dis-je et je me sens traversé de douleur aussitôt cette pensée. Rien ne me sera épargné ? Ce qu'a fait le Tyran n'était donc pas suffisant ?

« Ah… Et naturellement, elle n'est pas plus drôle que la précédente… » réagit Sirius, avec une petite grimace et comme Nally acquiesce d'un hochement de tête encore une fois, il ajoute aussitôt : « Ok… Bon alors, qui s'y colle cette fois, pour la raconter ? »

« Je serai le conteur… » propose Cuthalion, se levant, avant d'entamer son récit

Il vient se placer aux côtés de Fëanturi, Nally et Merzhin, tandis que je résiste à l'envie de fermer mes oreilles. Ce serait lâche de le faire. Inconscient de ma part également. Il vaut mieux que je sache. Cela me permettra au moins, de me préparer à ce que je ressentirai, quand le Loup Garou surgira…

« Klyrmath le féroce était mort depuis plusieurs milliers d'années. Les Géants s'étaient considérablement raréfiés. Les Elfes, puis les hommes étaient nés. Parmi ces derniers, des pêcheurs s'étaient installés sur les rives du Lac, bien qu'ils prennent garde à ne pas s'approcher de l'Île en raison de sa mauvaise réputation. Au moment où débute l'histoire, comme encore aujourd'hui en Celtycie, l'avènement de chaque saison était fêté et l'un des éléments naturels en était déjà le symbole. Le feu vif, représente le chaud Soleil d'été qui permet aux fruits de mûrir. La terre, est attachée à l'hiver qui lui apporte des bienfaits dans son sommeil. L'air est allié à l'automne, puisque le vent favorise la chute des feuilles. Et enfin, l'eau symbolise le printemps, puisqu'elle lave la terre des dernières neiges, permettant ainsi aux végétaux de s'épanouir. Cette année-là, l'automne arriva, doux et clément dans son premier jour. La fête battait son plein, quand des enfants Humains, trois très jeunes frères, décidèrent qu'il faisait trop beau, pour rester en intérieur. Ils trompèrent donc la vigilance de leurs parents et se rendirent auprès du Lac. Là, ils prirent place sur une frêle embarcation de fortune, pour faire une promenade sur les eaux. Mais soudainement, le vent forcit et les mena vers Tyll Celwie o Agar Myrn. Les enfants essayèrent de revenir vers leur village, mais leur frêle embarcation s'était déjà beaucoup trop éloignée du rivage et sous l'action des vents devenus soudainement violents, elle alla se fracasser sur la rive déchiquetée de Tyll Celwie o Agar Myrn. Aucun des enfants ne survécut. Les griffes des rochers s'agrippèrent cependant à leurs vêtements. Leur mère, ivre de douleur, se jeta à l'eau, lorsqu'elle comprit ce qui était arrivé. On ne sait par quel miracle, elle parvint à rejoindre l'Île. Elle arracha le corps de ses enfants aux rochers et les conduisit dans le seul abri disponible : la caverne qui fût autrefois l'Antre de Klyrmath le féroce, également dit Antre du Tyran. Et elle se lamenta sur les petits corps, jusqu'à ce que la mort la prenne elle aussi. Au printemps suivant, son époux qui avait jusqu'alors été empêché par des voisins de le faire, profita d'un jour clément, pour ramer jusqu'à l'Île. Il trouva les restes de son épouse et de ses trois enfants, et leur dressa dans l'Antre du Tyran, un magnifique tombeau de pierres blanches. Lorsque sa tâche fût accomplie, il prit place à leurs côtés et consacra ses dernières forces, à ramener sur leurs corps et sur lui-même, la pierre qui allait sceller leur tombe… Cette histoire se répandit quelques jours plus tard et parvint à mon Père, par l'intermédiaire d'une source. Il s'est alors rendu sur Tyll Celwie o Agar Myrn, pour graver le nom de cet homme, de son épouse et de leurs trois enfants sur la pierre, afin que leur souvenir demeure dans tous les esprits… » raconte Cuthalion, avec sa retenue habituelle.

Je me sens complètement bouleversé par cette histoire. Je comprends cette femme et cet homme. Il n'y a rien de pire que de survivre à ses enfants. Il y a de quoi se laisser mourir de chagrin…

Mon regard glisse vers Arthur et Molly. Je les admire tous les deux, pour le courage et la force dont ils font preuve depuis la mort de Percy.

« C'est vraiment triste, cette histoire. Tyll Celwie o Agar Myrn est décidément une Île de malheur… Je ne comprends pas que Megildur soit apparue là-bas, alors même que c'est un objet d'espoir pour nous, n'est-ce pas ? » déclare Ginny, le regard attristé…

« Moi, au contraire, je comprends très bien. Tout est en lien avec la pureté et l'innocence, Ginny… » déclare Harry, d'un ton un peu lointain…

Et je ne sais pourquoi, ce qu'il vient de dire allège un tout petit peu mon cœur…

« Vraiment ? » demande Ginny, fronçant les sourcils, avant d'ajouter : « J'ai besoin que tu m'expliques plus clairement, Harry… »

Harry tourne son regard vers elle et lui accorde un sourire aussi triste que ses yeux. Et je frissonne, car je ressens au plus profond de moi, que sa réponse revêt, une importance capitale…

Et que malgré la tristesse qui émane de lui, elle va m'apporter un peu d'espoir…

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Severus

Tyll Celwie o Agar Myrn. Je connaissais sa juste réputation. Mon père m'en a parlé autrefois, lorsque j'étais enfant. Il m'a raconté l'histoire de Klyrmath le féroce et celle de cette pauvre famille, qui gît dans le Tombeau des Lamentations. Et bien plus tard, la dernière fois que je l'ai vu, il m'a révélé également, que les Roherdirons en avaient fait une prison pour les Loups Garous de Celtycie…

Il ne m'a rien raconté cependant de ses secrets, liés à la Magie Noire Originelle. Je l'ai appris aujourd'hui, comme tous les autres Elfes présents. Et je n'ai pas manqué leurs réactions à ce propos. Ils sont plus mortifiés qu'ils ne l'ont jamais été.

Il y a de quoi. Les premiers à avoir trahi Magie Mère, sont des Elfes. Et ils l'ont fait en créant un fléau qui a tué et fait souffrir des milliers de Sorciers au fil des siècles. Par ailleurs, à cause de leurs stupides actions, aujourd'hui leur race est menacée d'extinction, dans cette guerre qu'ils croyaient pouvoir éviter

Quant à moi, je n'ai jamais éprouvé une angoisse aussi lourde.

Et ce n'est pas parce que je vais devoir affronter une meute de Loups Garous. Cela ne m'enchante pas bien sûr, mais bien plus périlleux encore à mon sens, seront les Combats de Harry et Nally…

Je l'ai toujours su. Mais c'est aujourd'hui que je mesure à quel point…

Car si j'ai vu juste, Harry va se retrouver directement face à la Magie Noire Originelle…

Pour quelle autre raison sinon, devrait-il se rendre lui aussi sur Tyll Celwie o Agar Myrn, si son rôle n'est pas d'accompagner Théo, comme Remus, Ciryaher et moi-même ?

Harry a compris. Je le vois dans son regard. Ron également le sait. Il affiche une gravité contrôlée qui ne me trompe pas. Il est terriblement angoissé, lui aussi. Tout autant que moi…

Et il est tendu tout entier, vers la réponse que Harry va apporter à la question de sa sœur…

« Quel endroit plus sécuritaire, que cet Antre, où des bébés ont versé tant de larmes, où gisent à jamais la pureté et l'innocence de trois enfants, où une mère est morte de chagrin et où se dresse un Tombeau, érigé par un homme, en souvenir de l'amour qu'il éprouvait pour son épouse et ses enfants ? Cette pureté, cette innocence et cet amour, sont le meilleur rempart à la noirceur, qui puisse exister, Ginny. Balegarian n'y mettrait certainement pas le pied, par crainte d'être consumée sur place. Il n'y a donc pas abri plus sûr, pour Megildur... » dit-il, avant de chercher le regard de Nally et d'ajouter : « Comme il n'y a pas eu jusqu'à présent, de meilleur Cerbère que ce Tombeau, pour empêcher les Loups Garous d'entrer dans cette caverne, ce qui garantira la sécurité de Théo lorsqu'il sera entré dedans. Par ailleurs, outre la mauvaise réputation de l'Île, c'est sa présence, qui a justifié le choix de Tyll Celwie o Agar Myrn, lorsqu'est venu le moment d'éloigner la Magie Noire Originelle. Elle est ancrée et contenue, au-delà de la caverne où se dresse le Tombeau, n'est-ce pas ? Et sa proximité apaise en partie la hargne de la Magie Noire contenue dans les Dômes et dans le Roc … »

« Oui, Harry… » acquiesce Nally, ses yeux profondément ancrés dans ceux de Harry…

« Et c'est Megildur, que veut Voldemort. Il pense qu'elle se trouve dans la même caverne que la Magie Noire Originelle. Et il veut se servir d'elle, pour libérer la Magie Noire Originelle, dont il pense parvenir à s'approprier et maîtriser l'immense puissance… » poursuit Harry, dans le silence profond de l'Assemblée…

Nally acquiesce cette fois d'un simple hochement de tête, tandis qu'à côté de Harry, Ron ferme les yeux, une expression de souffrance marquant son visage, d'une ferme empreinte. Et mon ventre se noue. Mes entrailles se tordent horriblement. Comme Harry et Ron, j'ai vu juste…

Bien pire encore que nous le pensions jusqu'à présent, sera ce que Harry aura à affronter…

Bien au-delà de ce que nous pensions, sont les risques qu'il encourt…

Et pourtant, mon fils accueille cela avec calme, sérénité même. Il semble avoir une confiance inébranlable. La certitude que tout se passera bien. Qu'il n'a absolument rien à craindre…

A moins qu'il ne réalise pas encore ?

« Comment diable pourras-tu faire ça, alors même que tu penses que Balegarian elle-même ne mettrait pas le pied dans l'Antre du Tyran, par crainte d'être consumée ? Voldemort va bien sentir qu'il n'est pas bon pour lui d'y pénétrer ! Et il ne passerait certainement pas devant l'Epée sans vouloir la prendre ! Alors comment pourrais-tu lui faire poursuivre sa route au-delà, pour aller dans l'autre grotte ? » s'exclame Bill, sourcils froncés…

« Nous n'aurons pas à passer devant le Tombeau. De toute façon, la caverne où se trouve la Magie Noire Originelle ne communique pas directement avec celle où se trouve le Tombeau. C'est une grotte profondément souterraine. Je mènerai donc Voldemort face au roc, en empruntant ce qu'il appelle : Le Chemin des Âmes. Mais que je l'appellerai quant à moi plus volontiers : Le Sentier Des Enfants Perdus… » répond Harry, dont le regard n'a toujours pas quitté celui de Nally…

Et une bonne quantité de sourcils, se haussent vers lui…

« Tu as compris cela aussi… » constate mon épouse, son regard pétillant brièvement de fierté, tandis que je m'admoneste intérieurement…

Comment n'ai-je pas moi-même compris ? Si la Magie Noire ne peut passer la barrière du Tombeau, alors il faut bien le contourner, pour l'emmener là où elle se trouve ! Harry va donc devoir emprunter le chemin que la Grande Dame de Lumière ou les Roherdirons parcourent, lorsqu'ils éloignent la Magie Noire, de Magie Mère…

Et il va certainement devoir affronter d'autres pièges que les nôtres, lorsqu'il va mettre pied sur ce qu'il nomme : Le Sentier Des Enfants Perdus…

« Ce n'était pas bien difficile et je pense savoir exactement où se trouve la Porte menant à ce Sentier… » répond Harry, avec modestie, avant d'ajouter : « Mais nous reparlerons de cela plus tard. Finissons-en d'abord avec les difficultés que vont rencontrer Théo, Papa, Remus et Parrain… »

« Ça peut attendre, ça ! Tes difficultés seront certainement plus grandes que les nôtres ! Alors allons-y, parlons tout de suite de ce fameux Chemin des Âmes ! Ou plutôt Sentier des Enfants Perdus, puisque tu préfères l'appeler ainsi… » réagit aussitôt Théo, vivement alarmé…

« Non, une chose à la fois, Théo. C'est mieux ainsi. Ne nous dispersons pas, poursuivons ce qui est commencé… » refuse Harry, avec douceur

« Sûr ? » demande Théo, qui n'est lui-même pas assuré du tout…

« Tout à fait. Nous avons largement le temps Théo. Alors je t'en prie, pose les questions que tu as à poser encore… » répond Harry, sur un sourire encourageant…

Théo le regarde avec intensité durant deux ou trois secondes, souffle suspendu, puis il déglutit, prend une inspiration et hoche positivement la tête, avant de diriger son regard vers Nally…

« Parle-nous du Pic du Vif Souffle, s'il te plaît… » demande-t-il, à l'approbation de Ciryaher et de Remus…

Ce dernier me semble plus détendu qu'il y a quelques minutes, bien qu'une forte inquiétude transperce encore dans son regard…

« C'est un pic rocheux, pas très élevé, que vous devrez franchir, pour pouvoir emprunter le chemin menant dans l'Imrath Gwaeren, la Vallée où se trouve l'Antre du Tyran. Des vents très violents se déchaînent sur le Pic. Si vous n'y prenez garde, vous pourriez tomber en contrebas, sur des rochers noirs, qu'on appelle les Gampie de Guruthros ou Serres de l'Ombre de la Mort, au pied des chutes d'eau. Ils sont ainsi nommés, car non seulement ils sont déchiquetés d'arêtes très coupantes, mais les vents tourbillonnent à leur affleurement et vous plaqueraient dessus sans que vous puissiez vous en arracher… » explique Nally, tandis que je plisse les yeux…

« Ce sont ces rochers, qui ont retenus les enfants. Si leurs vêtements ne s'étaient pas accrochés à eux, les vagues du Lac auraient ramené leurs corps dans l'eau… » murmure-je, certain de mon fait…

« Oui, c'est bien cela… » acquiesce Nally, Merzhin et Fëanturi hochant positivement la tête à ses côtés…

« Mouais. Comme nous n'en doutions pas, ça ne va pas être une sinécure, pour arriver à destination. Entre les chutes d'eau infranchissables, les vents violents et ces fichus rochers coupants comme des rasoirs, vous avez vraiment fait tout ce qu'il fallait, pour décourager quiconque d'aller se balader sur Tyll Celwie o Agar Myrn n'est-ce pas ? Ceci dit, je comprends largement. Mieux valait que cette prison soit inviolable et que les Loups Garous n'aient pas la moindre chance de s'évader, avec ou sans complicité… » déclare alors Charly, en direction de Fëanturi et effectuant une grimace, avant d'ajouter : « Je ne comprends pas cependant, pourquoi Théo, Sev, Sirius, Remus et les autres, vont devoir se taper le parcours à pied. Je me doute bien sûr, que la voie aérienne est impraticable, sinon il aurait suffi de chevaucher l'un de vos Dragons qui ne crachent pas de feu ou n'importe quel cheval ailé, pour accéder à Tyll Celwie o Agar Myrn. Mais ce n'est donc pas possible non plus de le faire avec l'une de ces montures dont les Roherdirons ont le secret ? Pourquoi ? »

La question de Charly est excellente. En tant que Roherdiron, il m'est donné de pouvoir produire des Phterydrons, ce qui nous permettra de franchir les chutes d'eau en toute sécurité et de sortir de l'Île. Qu'est-ce qui peut bien empêcher que nous puissions arriver directement dans la Vallée par ce moyen de transport, dont seuls les Roherdirons peuvent user ?

« Le Bragol Sûl Bregol. Le Soudain Vent Féroce, Charly. Même les Phterydrons, ne peuvent se poser sur Tyll Celwie o Agar Myrn, sans déclencher ses rafales meurtrières. En réalité, après la capture de la meute, Ancalimë et les Roherdirons ont pensé en toute bonne foi, qu'il n'y aurait jamais à retourner sur l'Île, même pour eux. Ils n'ont donc pas prévu d'intégrer une exception, pour leur propre monture, lorsqu'ils ont posé cette Protection… » répond Nally, l'air désolée…

« Ok… Mais si j'ai bien suivi toute l'affaire, ils sont tout de même parvenus à contourner la difficulté, lorsqu'ils ont emmené ce Vása, le premier des Loups Garous, après sa capture par Merzhin, n'est-ce pas ? » intervient cette fois Draco, qui a pris place derrière Théo…

« Ça c'est tout vu. Mais je suis prêt à parier ma chemise, que c'est hautement périlleux… » déclare aussitôt Blaise, d'un ton quelque peu lugubre…

Quant à moi, je ne parierais pas contre lui. Une Protection érigée par une Gardienne et des Roherdirons, ne peut être qu'extrêmement compliquée et efficace. Quasi inviolable, même pour eux…

« Kementari a longuement négocié avec le Bragol Sûl Bregol, pour obtenir la possibilité de passer sa Barrière et c'est effectivement très délicat. Galdor Aranwë devra contrôler son Phterydron, très haut au-dessus de la seule aire d'atterrissage possible, à la pointe du Pic du Vif Souffle. Et tout le monde devra descendre jusque-là, à la corde. Une corde Magique, également produite à partir des rayons Solaires ou Lunaires… » répond Fëanturi, le regard grave…

Et je frissonne derechef. Je vais tenir la vie de mes compagnons entre mes mains. Et je n'aurai pas droit à la moindre erreur. Cela m'aurait fourni une motivation supplémentaire, si j'en avais eu besoin, pour apprendre à parfaitement maîtriser les Sortilèges Spécifiques aux Roherdirons, auxquels je m'entraîne âprement depuis quelques jours déjà, avec Merzhin et Fëanturi …

« Eh bien, nom d'une pipe ! J'espère pour vous que l'aire d'atterrissage vous réservera pas quelques mauvaises surprises ! Et qu'elle sera bien visible même la nuit !… » grimace Gaspard, qui n'apprécie toujours pas les hauteurs et la voltige en Balai…

« Il n'y aura pas de mauvaise surprise. Mais elle ne sera visible que pour Severus. Remus, Sirius, Théo et les autres, ne verront où ils sont, qu'une fois pied posé à terre… » répond Nally, arrachant une nouvelle grimace à Gaspard…

Il doit s'imaginer suspendu à une corde, haut dans le ciel et balayé par le vent, sans jamais voir la terre ferme se profiler sous ses pieds. Alors lui qui déteste les hauteurs, ça doit lui flanquer un sacré vertige…

« D'accord. Maintenant on sait ce qui nous attend, pour arriver sur Tyll Celwie o Agar Myrn et durant notre périple jusqu'à l'Antre du Tyran. Mais une fois là-bas, que se passera-t-il pour Théo ? Parce que j'imagine, qu'il n'aura pas à se contenter de prendre Megildur et d'en sortir, n'est-ce pas ? » intervient maintenant Remus, sous le hochement de tête approbateur de Ciryaher…

Tout comme le mien, leur regard s'est dirigé vers Cuthalion…

« J'ignore ce qu'Arafinwë devra accomplir, pour libérer Megildur du Gador o Heledh, ni en quoi consiste, ce Donjon de Verre. La mise à l'épreuve est toujours différente. Par ailleurs, je ne suis pas en droit de révéler en quoi consistaient celles auxquelles j'ai dû me soumettre, lorsqu'il m'a appartenu de libérer Megildur, afin de la remettre à mon épouse… » répond celui-ci, le regard lointain et mélancolique…

Douloureux même. Mais il est vrai, qu'à l'échelle des Elfes, le décès de son épouse est très récent. Il en souffre terriblement, même s'il ne le montre pas. Et c'est la première fois, qu'il ne sera pas chargé de cette tâche. Raison de plus, pour en éprouver bien des regrets…

« Puisque nous en sommes là, parlons justement de Megildur. D'après ce que j'ai pu comprendre, jusqu'à présent c'est toujours l'époux de la Grande Dame de Lumière, qui la libérait, ou à défaut, la personne la plus proche d'elle par le sang. Que représente donc Megildur ? D'où vient-elle ? Quelles sont ses propriétés Magiques ? Pourquoi faut-il la libérer ? Quel est donc le sens de cette épreuve ? En quoi le fait que Sev soit Roherdiron, a t'il changé la donne et que ce ne soit donc plus lui, mais quelqu'un d'autre qui devait être désigné pour libérer cette Epée Magique ? Pourquoi Théo doit-il la remettre à Harry, au lieu de te la remettre directement, Nally ? » demande Charly, sourcils froncés sur ses questions…

« Merci, Charly. Car voilà des questions que beaucoup se posent depuis ce matin, pour la plupart d'entre elles… » réagit Arthur, sous de nombreux hochements de tête approbateurs…

Dans les rangs de l'Ordre du Phénix, mais également parmi les Rebelles, qui découvrent tout également, de Tyll Celwie o Agar Myrn, des traditions liées à la protection de Magie Mère, de l'avènement de la Grande Dame et des Roherdirons…

« Nous allons répondre à toutes ces questions, Charly. Mais si tu le permets, je pense que nous méritons tous auparavant, de faire une petite pause… » répond Nally, avec un doux sourire…

« Pas de problème. Me dégourdir un peu les jambes me fera beaucoup de bien… » acquiesce Charly, en lui rendant son sourire…

Et il se lève aussitôt, immédiatement imité d'un bon nombre d'entre nous, qui se rassemblent en petits groupes, pour commenter tout ce qui a été révélé depuis le début de la Réunion…

OoOoOoO

Sirius

Plus on en a appris jusqu'ici sur Tyll Celwie o Agar Myrn et plus je me demande ce que je viens faire dans cette affaire-là.

Galdor, c'est évident. C'est lui qui doit nous mener là-bas. Et parmi les Roherdirons, c'est normal que lui entre tous ait été désigné, puisqu'il est l'époux de Nally.

Lunard, je comprends aussi. Il représente les victimes des Loups Garous, qui sont eux-mêmes le premier haut fait de Magie Noire. Et quand ceux que nous allons combattre appartiennent aux Ténèbres, Remus est Lumineux.

Quant à Théo, il a été choisi, pour représenter tous les jeunes Sorciers du Comité. Sans doute parce qu'il a été le premier Serpentard à se rebeller ouvertement. Et il a un don rare, qui va lui permettre certainement, de passer au nez et à la barbe de tous ces Loups Garous Maléfiques…

Mais moi ? Quel lien ai-je avec tout cela ? Je ne vois pas en quoi le fait que je suis un Animagus peut-être un avantage sur Tyll Celwie o Agar Myrn. Ni le fait que je sois le Roi de l'Evasion. Et je suis très loin, d'être le meilleur combattant dans nos rangs. Ron aurait été bien plus indiqué que moi, pour faire face à tous ces Loups Garous…

Alors pourquoi moi ?

Je sais bien que Galdor ironisait, mais s'il avait raison, dans le fond et qu'il sera nécessaire d'offrir une vie, pour laisser le champ libre à Théo. Et que cette vie, ce soit la mienne ?

Si c'est ça, ok. Il n'y a pas de souci, je veux bien remplir ce rôle, si ça doit exponentiellement augmenter les chances des autres, de réussir leur Mission et de sauver notre Monde. J'aimerai seulement comprendre pourquoi je dois en arriver là de cette façon…

Est-ce pour me faire payer d'avoir, quand j'étais jeune et con, envoyé Galdor face à Remus, un soir de Pleine Lune ? D'avoir voulu qu'il devienne lui aussi un Loup Garou et qu'il ait à en souffrir, comme en souffrait mon ami ? Parce que je pensais qu'il entraînait mon frère sur le chemin des Ténèbres et que je lui en voulais pour ça ? Et surtout parce que j'étais jaloux de sa relation privilégiée avec Nally, dont je me pensais sincèrement amoureux à l'époque ?

Si c'est cela, alors je vais droit vers une punition que j'aurais méritée cent fois, au moment des faits.

Mais tout le chemin que j'ai parcouru depuis ne compte-t-il pas dans l'équation ? N'ai-je pas assez payé ma connerie, avec cette foutue Malédiction qui m'a archi pourri la vie, pendant des années et des années ?…

Et finalement, vais-je mourir sur cette foutue Île ? Ou vais-je moi-même avoir à goûter les affres d'être un Loup Garou ?

« A quoi penses-tu de si sombre, Sirius ? » me demande Remus, me sortant de mes pensées, en posant une main sur mon épaule…

Je soupire, hésitant à lui confier mes préoccupations. Il a l'air lui-même d'avoir bien assez de douloureuses inquiétudes comme ça. Je n'ai pas envie de lui en rajouter quelques-unes.

Mais je cède peu à peu, sous son regard pointu, devinant confusément que se pencher sur mes inquiétudes, lui évite de penser aux siennes. Je peux bien lui rendre ce service, me dis-je. Et je le saisis par le bras, pour l'entraîner un peu à l'écart de toute autre oreille, avant de lui déballer tout mon sac d'une traite, sans rien masquer de mes craintes et de mes interrogations…

« Même si tu as été limite dans tes actes, avec cette histoire concernant Severus, tu as toujours combattu en faveur de Magie Mère, Sirius. Jamais tu n'as usé de Magie Noire. Et si je suis resté Lumineux, tu es y pour beaucoup. Car que serais-je devenu, si James et toi ne m'aviez pas offert votre amitié ? Et combien de fois m'avez-vous aidé, à maîtriser les pulsions agressives et meurtrières du Loup Garou qui sommeille en moi, à cette époque où la Potion Tue-Loup n'existait pas ? » répond Remus, le regard dans le vague de nos souvenirs lointains…

« Je te l'accorde. Mais ça n'explique quand même pas pourquoi j'ai été choisi, Remus. Bill, Charly, Kingsley et tant d'autres, sont restés complètement clean et n'ont jamais usé de Magie Noire non plus. Alors pourquoi moi, plutôt que l'un d'entre eux ? Pourquoi pas Ron, par exemple, qui est le meilleur de tous les combattants parmi nous ? Et face aux Loups Garous, son Animagus aurait nettement plus de poids que le mien aussi ! Nom de Zeus ! J'ai besoin de comprendre, Remus. Peux-tu comprendre ça ? J'ai besoin de savoir ce qu'on attend de moi ! » réplique-je, en lui rendant son regard…

« Sirius Black inquiet de savoir ce que l'on attend de lui et de ce qu'il va devoir faire ! Ça, c'est une première ! Et tu ne peux pas savoir comme cela me fait plaisir, mon ami ! » s'exclame Remus et contre toute attente, lui qui avait l'air si inquiet il y a cinq secondes à peine, éclate d'un rire franchement joyeux.

Qu'ai-je donc bien pu dire, qui lui fasse cet effet ?

« Putain de nom de Zeus ! Il n'y a pas de quoi rire Remus ! Comment veux-tu que je me prépare correctement et que je mette toutes les chances de réussite de notre côté, si je ne sais pas quel est mon rôle dans cette histoire ? J'ai besoin de savoir, pour ne pas tout faire foirer ! Tu peux comprendre ça, non ? Alors arrête de te marrer bêtement ! Et aide moi plutôt à trouver une réponse ! » m'exclame-je dans un murmure

Mais Remus rit de plus belle. Toutes les préoccupations douloureuses qu'il affichait il y a un instant, se sont envolées de ses épaules, de son regard, de l'expression de son visage. Et il me saisit soudainement, pour me donner une profonde et franche accolade amicale, balbutiant un Merci. Mille fois merci, Sirius, entre deux éclats de rire…

Je ne comprends pas. Je me sens complètement paumé par sa réaction.

« Nom de Zeus, Rem ! Je te confie mes angoisses et toi tu te marres ! Et puis tu me remercies en prime ! Qu'est-ce que ça veut dire ? Qu'est-ce qui te prend ! Explique-toi veux-tu ! Je suis paumé là ! » m'exclame-je, un nœud dans le ventre et repoussant Remus assez vivement, pour le fixer droit dans les yeux avec ma détresse…

Et le ton de ma voix presque suppliant, mon regard désespéré ont pour effet de le calmer d'un bloc.

« Sérieusement Sirius, tout ce que tu viens de me confier, prouve combien tu as changé, mon ami. Car autrefois tu ne te serais pas préoccupé de comprendre pourquoi tu as été choisi pour accompagner Théodore, tu ne te serais posé aucune question, tu n'aurais pas craint de tout faire foirer et tu ne te serais surtout pas demandé si quelqu'un aurait plus de chances que toi de réussir. Bien au contraire, tu aurais tiré une gloire d'avoir été désigné comme l'un des Champions de Magie Mère, tu en aurais fanfaronné durant des jours et des jours, piaffant d'impatience, avec la certitude au cœur, que tout ce que tu allais entreprendre serait une réussite. Et au jour enfin venu, tu aurais foncé bille en tête dans le danger. » déclare Remus, son regard souriant vrillé dans le mien.

« Ouais. Je sais bien, Rem. Pas la peine donc, de me jeter ça à la figure maintenant. Ce n'est pas de cela dont j'ai besoin… » réponds-je, passant une main nerveuse dans mes cheveux…

Elle tremble, me rends-je compte. Comme mon autre main et mes jambes. Sans compter que ma poitrine est plus étreinte encore par l'angoisse. Pire. Par la peur. Une trouille énorme comme jamais je n'en ai ressentie…

« C'est la première fois que je te vois avoir peur, Sirius. Et paradoxalement, ça me rassure plus que tout. Car je sais maintenant, que tu es plus solide que tu ne l'as jamais été… » ajoute Remus, en pressant mon épaule d'une main chaude et ferme.

Elle cherche à me réconforter de son amitié. Mais elle n'y parvient pas…

Au contraire, la boule d'angoisse grossit dans ma gorge, m'étouffant presque…

« Non, Rem… Je n'ai jamais été aussi dans l'expectative. Aussi peu sûr de moi, que je le suis maintenant. J'ai une trouille monumentale. Pas de mourir, mais de le faire sans avoir été d'aucun secours pour Théo. Ni pour toi, ou pour Galdor et les autres. Et encore moins pour notre Monde… » réponds-je sur un soupir, dérobant mon regard au sien, pour le fixer au hasard d'un point que je ne vois pas, avant d'ajouter, dans un murmure : « Mourir, sans avoir été utile. C'est bien cela, qui me turlupine. Et pire encore, serait que l'un d'entre vous meurt, tout ça, parce que je n'aurais pas compris mon rôle dans cette Mission. Alors crois-moi, aussi longtemps que je n'ai pas compris, tu as plutôt du souci à te faire… »

Remus affermit aussitôt sa prise sur mon épaule et il se décale, pour venir capter mon regard de ses yeux, profondément graves et sérieux…

« Si j'ai ri, Sirius, c'est de soulagement. Car tes inquiétudes ont balayé mes propres peurs. Maintenant je sais avec certitude qu'elles n'ont plus lieu d'être, parce que j'aurais le meilleur des garde-fous à mon côté. C'est là ton rôle, Sirius : m'empêcher de céder à mes plus vils instincts et de rejoindre la meute, quand le Loup Garou surgira… » déclare Remus, avec un sourire, qui me rappelle ceux de notre jeunesse…

« Qu'est-ce que tu racontes, Rem ? Tu vas prendre de la Tue-Loup alors il n'y aura aucun problème. Tout va aller comme sur des roulettes pour toi. Je te l'ai déjà dit tout à l'heure. Et Nally aussi. Tout comme moi, elle est très confiante à propos de ça, tu l'as bien vu… » réponds-je, mon humeur s'assombrissant encore d'un cran, lorsque mon ami hoche négativement la tête…

Qu'est-ce qu'il a ? Pourquoi doute-t-il autant de lui ?

« Non, Sirius. J'aurais beau m'être préparé et avoir pris de la Potion Tue-Loup, il me sera très difficile de résister. Bien plus difficile qu'il n'a jamais été. Non seulement parce qu'il y aura deux Lunes. Mais surtout parce qu'il y aura l'Alpha : le tout premier Loup Garou, celui auquel tous doivent obéir, contraints et forcés par la puissance de son esprit sur ceux qu'il a créés, engendrés à travers les âges. Ton rôle, Sirius, sera de m'aider à rester du côté Lumineux, lorsque je vais me retrouver face à cette meute. Face à lui, surtout, l'Alpha… » explique Remus, avec un sérieux et une gravité tels, que je frissonne de la tête aux pieds…

« Greyback n'a jamais eu d'ascendant sur toi, alors que c'est lui, qui t'a mordu… » fais-je remarquer, dans une tentative de rassurer mon si brave ami…

Mais bien sûr, Remus hoche encore une fois négativement la tête…

« Greyback est insignifiant. Il a toujours été bestial et primaire, même avant de devenir un Loup Garou. Vása était un Elfe, très puissant et certainement beaucoup plus intelligent que Greyback… » répond Remus avec lourdeur, avant d'ajouter, sur un ton plus léger et quelque peu ironique : « Bien que je t'accorde que son intelligence puisse être remise sérieusement en question, étant donné ce qu'il a fait et ce qu'il est devenu… »

Mais je ne suis pas dupe, de son ironie. Il croit dur comme fer, à tout ce qu'il dit et qu'il lui sera très difficile de ne pas obéir à l'Alpha…

« Des milliers d'années vous séparent, Remus. Le lien que tu as avec ce Vása est largement dilué. Et tu as quelque chose qu'il n'a pas. Tu as un cœur d'or. Tu es le plus brave des braves. Par le courage et la profonde humanité qui t'animent. Il n'aura pas d'ascendant sur toi, parce qu'il ne pourra pas t'enlever ça… » déclare-je, avec une réelle conviction, lui pressant les deux épaules avec toute mon amitié…

Remus me sourit et ses mains viennent à leur tour se poser sur mes épaules, les serrant avec force…

« Non, il ne pourra pas me les enlever. Parce que tu seras auprès de moi et que ton amitié pour moi, sera la plus forte, Sirius. Pas la mienne. La tienne mon ami. Comme autrefois, lorsque la Potion Tue-Loup n'existait pas… » dit-il, avec dans le regard, cette même inébranlable confiance en l'avenir, que nous avions lorsque nous étions adolescent et que nous nous sentions invincible…

J'acquiesce et nous échangeons une longue et forte accolade, emplie d'amitié fraternelle

Ça me gonfle le cœur. Je suis soulagé d'un poids infini.

Je sais ce que j'ai à faire sur cette Île de malheur. Je dois aider mon ami.

Et on peut compter sur moi, pour y mettre tout mon cœur, toute l'amitié que j'éprouve pour lui…

Pour donner ma vie pour le sauver, s'il le faut…

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