Disclaimer : cf chapitre 1
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Grand merci à Mistycal !
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Réponse aux commentaires anonymes sur mon forum : - Lion -
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Esprit De Corps 1 / 2
Dixième jour de l'Entraînement des Elfes et des Rebelles
Acte 1 : Défaut
Harry
Un peu plus d'une semaine maintenant que l'Entraînement proprement dit a commencé. Gaspard et Cuthalion ont exposé clairement leurs attentes aux Elfes et Rebelles : développer un esprit de corps et une entente respectueuse. Mais malgré le bon exemple de l'Etat-Major qui collabore en bonne intelligence et même si les Elfes du plus gros de la troupe ont réalisé des efforts notables envers les enfants, la distance persiste avec les adultes. Avec les hommes surtout…
Ils n'échangent pas. Ne sont même pas polis les uns envers les autres. Systématiquement durant les corvées qu'ils sont sensés réaliser ensemble, ils se répartissent les tâches et, quand les Elfes ont terminé leur part, ils n'aident pas les Rebelles à finir la leur. Et inversement bien sûr…
Pire, Rebelles et Elfes se tirent parfois dans les pattes durant les Entraînements ou les corvées, provoquant des difficultés au lieu de les aplanir. Par ailleurs, comme ils sont, les uns et les autres, d'une susceptibilité à fleur de peau, des disputes éclatent souvent pour des queues de cerise. Surtout le soir, dans la clairière où ils sont forcés de cohabiter étroitement.
Oh, bien sûr, nous savions que ce serait impossible, d'obtenir une entente et une solidarité à toute épreuve entre eux, en quelques jours seulement. Nous espérions cependant une trêve durable et que chacun fasse des efforts pour s'entraider. Mais nous sommes bien forcés de constater que cela va demander beaucoup de boulot, pour obtenir ça…
Je compte sur les Simulations pour nous y aider. Et si les choses ne s'améliorent pas dans les semaines à venir, j'ai une petite idée de la manière de régler le problème. Il faut juste que j'en parle avec Maman. Et si nous tombons d'accord, alors les plus récalcitrants se prendront une leçon qui, je l'espère, portera ses fruits…
Heureusement, nous avons nettement moins de problèmes avec les ados, les enfants et les femmes, bien que leurs époux et pères ne voyant pas leur Entraînement d'un bon œil, tentent régulièrement de les décourager, à force de railleries et moqueries…
« Harry, viens voir ça ! » m'appelle soudainement Hermione, qui planche sur les documents de Godric depuis environ une heure, tandis que je peaufine mon idée…
Hermione a l'air un peu excitée et ses yeux pétillent d'une lueur triomphante qui m'intrigue. Je vais donc rapidement m'asseoir auprès d'elle, sur le canapé de la Yourte d'Etat-Major et me penche sur le Parchemin qu'elle tient en main, lisant directement ce qu'elle m'indique du doigt. Et mon cœur effectue aussitôt un bond joyeux dans ma poitrine…
Godric parle d'un tournoi amical, organisé lors d'une veillée, au cours duquel il s'est battu en Duel contre Messire Salazar et Artemus. Il reconnaît qu'Artemus est doté d'une appréciable puissance Magique, mais décrit sa Technique comme étant très approximative. Il a pourtant été surpris, d'éprouver quelques difficultés au début de leur face à face, en raison des vrilles qu'il imprime à ses Sortilèges. Puis, cette vrille étant invariablement présente, il a finalement pensé qu'il s'agissait peut-être là non d'une botte secrète, mais d'un défaut. Il a alors bien observé Artemus lors de son Duel contre Messire Salazar et a remarqué une réaction qui se produisait systématiquement dans son poignet, au moment où sa Magie passait de sa main à sa Baguette et durant tout le temps où il maintenait son Sortilège. Il décrit cela comme un tic, qui fait tressauter son poignet par minuscules à-coups, à peine perceptibles…
« Un tic ! Cette foutue vrille serait donc imputable à un tic ! Merde alors… Je croyais que Voldemort la produisait volontairement pour accentuer sa puissance…Mais si c'est un tic ça change tout… » murmure-je, mon regard revenu sur Hermione…
Elle hoche la tête, tout sourire, avant d'ouvrir la bouche…
« Oui. Et lis la suite ! Godric a trouvé comment contrer cette fichue vrille ! » s'exclame-t-elle, le regard plus pétillant que jamais…
Je lui obéis aussitôt et je découvre qu'Artemus n'étant pas conscient de ce tic systématique, il est aisé selon Godric de le contrer, dès lors où l'on a pigé le truc. Il suffit de tourner son poignet à contre sens, au même rythme et à la même amplitude, trois ou quatre fois, pour que la vrille s'efface et lorsqu'elle est neutralisée, imprimer plus de puissance à son propre Sortilège, pour renvoyer celui produit par l'adversaire, en sens inverse…
Nom de Merlin ! Ce serait donc ça ! Un défaut ! Un simple tic, qu'Artemus a transmis à son descendant et qui peut être utilisé à mon avantage avec une telle facilité, que je me demande comment aucun d'entre nous n'a pensé à ça…
Mais j'ai un doute soudainement.
« D'accord, c'est drôlement intéressant. Et ça parait vraiment simple. Mais si ce n'était qu'une théorie et que cela ne marche pas ? » demande-je donc avec prudence…
« J'ai d'abord pensé la même chose, Harry. Mais Godric a testé son idée et cela a marché. Bon d'accord, il admet qu'il a eu de la chance de réussir très vite la première fois et que ce n'est pas évident d'ajuster le rythme et l'amplitude, que ça demande beaucoup de travail pour être très précis. Mais avec un bon Entraînement, tu vas pouvoir faire la même chose que lui et acquérir de la précision ! » répond Hermione, en retournant le Parchemin, pour me faire lire un autre passage…
Et mon cœur s'emballe à nouveau. Car Godric affirme en plus, que lorsqu'il a bien accroché le Sortilège d'Artemus et appliqué sa théorie, leurs deux puissances et vitesses de frappe se sont conjuguées pour renvoyer le Sortilège vers Artemus. Et celui-ci n'a rien pu faire pour éviter son propre Stupefix…
Putain ! Je tiens enfin la solution à ce fichu problème de vrille ! Il me suffit de choper le truc !
« Donc, tout ce qu'il faut faire maintenant, c'est que j'examine des images de l'un de mes Combats contre Voldemort et que j'évalue de combien de degrés il faut tourner mon poignet. Et à quel rythme… » murmure-je, le cœur étreint par ma joie …
Je vais vaincre Voldemort ! Et surtout je vais peut-être pouvoir le faire sans trop y laisser de plumes !
Mais il faudra que je sois prudent aussi. Que j'use de cette botte secrète que m'a livrée Godric par-delà les siècles, au bon moment…
L'ultime moment…
« Oui. Et tu vas pouvoir le faire dès maintenant. Via un souvenir ! Ron, Nally et moi-même avons vu le début de ton Combat contre Voldemort à Godric's Hollow ! Via les Ecrans, c'est vrai ! Mais il suffit d'agrandir le souvenir pour le mettre à taille réelle ! » répond Hermione, avec enthousiasme…
« Oui, ça pourrait marcher. A condition que l'angle de vue soit le bon… » acquiesce-je, croisant discrètement les doigts…
Je n'ai pas envie de devoir attendre notre retour et d'avoir des tonnes de cassettes à visionner, avant de trouver la bonne image…
« On en aura forcément ! Vous vous êtes déplacés et y a donc eu des caméras différentes braquées sur vous ! Ron a été particulièrement attentif à vos Techniques de Combat ! Il les a décortiquées pour Dudley ! Je suis certaine qu'on pourra voir le tic ! Je vais le chercher ! Nally aussi ! » répond Hermione, un sourire immense aux lèvres…
Et elle s'empresse de se lever pour aller chercher Maman et Ron. Mon attente est fébrile, emplie d'images anticipatrices de ma victoire sur Voldemort. Je n'ai aucune idée de la configuration des lieux où nous nous trouverons, mais j'imagine très bien la scène quand même…
Je le défierai à la seconde où nous aurons un pied dans la grotte et Voldemort n'aura même pas le temps de réaliser qu'il va mourir. J'ai le temps de me repasser la scène sous différents points de vue au moins trente fois, avant qu'Hermione revienne, avec Ron et Maman. Elle leur a bien sûr déjà annoncé la grande nouvelle et Ron extrait des souvenirs précis de sa mémoire, avant de les glisser dans la Pensine. Et nous sortons de la Yourte, pour aller l'installer dans la plaine bien dégagée du terrain d'Entraînement, où quelques groupes sont présents…
« On devrait peut-être attendre qu'ils aient fini. Après tout, même si nous sommes pressés, ce n'est quand même pas comme s'il y avait urgence et il ne faudra guère attendre qu'un quart d'heure, avant que ce soit la fin de l'Entraînement… » déclare-je, quelques pas avant que nous n'arrivions à destination.
« Tu as raison, mais je n'ai pas envie d'attendre un quart d'heure, pour savoir si Voldemort a vraiment le même défaut qu'Artemus. » répond Ron, avant de mettre ses mains en portevoix et d'élever le ton pour ajouter : « Dégagez tous le terrain ! On a quelque chose d'important à faire ici ! »
Et il n'attend pas que tout le monde soit parti, pour avancer à grandes enjambées vers le milieu du Terrain. Maman, Hermione et moi-même le suivons plus posément et naturellement il se forme un cercle autour de nous, qui reste cependant à distance respective…
Un premier souvenir s'élève et Maman l'agrandit à la bonne échelle. Cela me cause un choc, de me voir détourner le premier Maléfice de Voldemort. Je donne l'impression de faire cela avec une facilité qui déconcerte l'affreux. Je me souviens cependant précisément que cela m'a demandé bien plus d'efforts qu'il ne parait…
« Ça va trop vite. On n'a pas le temps de voir ce qu'il se passe au niveau du poignet. Il faut ralentir l'image. » déclare Ron, sous le hochement de tête d'acquiescement de Maman
Elle remet le souvenir au début et ralentit considérablement son défilement. Le geste de Voldemort parait plus ample, ainsi ralenti. Mais je ne m'attarde pas dessus. Je fixe son poignet, dans l'attente du moment où sa Magie va entrer en action. Et à l'instant fatidique, je vois nettement la vrille se former. Mais pas ce qui la provoque…
« Ce n'est pas le bon angle de vue. » murmure Maman, qui arrête le souvenir…
« Je pense qu'on le verra sur le suivant. J'ai choisi le moment où je montrais à Dudley la différence fondamentale entre la Technique de Harry et celle de Voldemort. L'angle de vue était différent à cet instant-là… » déclare Ron, tandis que les Entraineurs, les Rebelles et les Elfes, qui étaient jusqu'alors restés à distance respective, s'approchent de nous…
« Sacrée belle défense, Harry ! Mais qu'est-ce que vous cherchez ? » demande Colin, en venant se planter à côté de moi, mains sur les hanches…
« Le défaut qui causera la perte de Voldemort… » murmure-je, tandis que Maman jette à nouveau un Sortilège sur la Pensine…
L'angle de vue a effectivement changé, Voldemort se trouve de l'autre côté et nous nous dirigeons vers lui, avant que Maman ne ralentisse le défilement de l'image…
« Là ! Vous avez vu ! » s'exclame aussitôt Hermione, un sourire dans la voix, en pointant le doigt vers le poignet de Voldemort…
Oui, je vois parfaitement l'infirme tressautement, qui se reproduit avec la régularité d'un métronome…
« Ok… Mais regardons l'ensemble. Et ce serait bien que nous puissions nous procurer le souvenir de quelqu'un qui a vu la fin de la Bataille. Je veux m'assurer que le rythme ne change pas, avec la fatigue. » déclare-je, le cœur battant de nouveau la chamade…
Certes, il va falloir que je m'entraîne dur, pour reproduire précisément le tic à l'inverse. Mais ce sera largement faisable…
« Merzhin était sur les lieux. S'il était placé du bon côté, il devrait pouvoir nous procurer ce qu'il faut… » répond Ron, en se tournant dans tous les sens, pour voir si Merzhin ne serait pas par hasard dans le coin et j'en fais autant…
Mais bien sûr, le Chef des Roherdirons n'est pas là…
« Je sais où il est ! Je vais le chercher ! » s'exclame cependant Colin, qui part aussi sec en courant comme une fusée…
Et en attendant qu'il revienne, nous regardons encore une fois le souvenir, d'abord au ralenti, puis à vitesse normale, Hermione effectuant quelques mesures, dont elle prend note sur son fameux petit carnet.
« Pour le moment, j'obtiens toujours les mêmes chiffres. Le poignet de Voldemort s'incline de quatre degrés, avant de revenir en position. Son tic dure en tout et pour tout neuf dixième de seconde et il se reproduit toutes les une seconde et cinq dixièmes. » déclare-t-elle, au bout de quelques minutes, refermant son carnet, avant d'ajouter : « Et franchement je doute que cela soit différent avec la fatigue. »
« Peut-être, mais il faut vérifier quand même. Je n'ai pas l'intention que le Duel dure, mais on ne sait jamais… » réponds-je, en regardant Merzhin venir vers nous au pas de course, Colin sur les talons…
Maman explique à Merzhin ce que nous faisons et que nous aurions besoin de son souvenir de la fin de la Bataille, pour vérifier que le tic se produit bien encore au même rythme avec la fatigue et celui-ci s'empresse d'agréer à sa demande…
Mais le souvenir qu'il extrait est très long…
« Juste la fin suffit, Merzhin… » fait remarquer Maman avec un doux sourire…
« Je sais. » répond Merzhin, qui ajoute, sur une hésitation : « Je ne suis pas le seul observateur à être venu dans votre Monde ce soir-là. Fëanturi m'a accompagné. Il est resté sur le Chemin de Traverse. Et il serait peut-être bon, que tout le monde voit nos deux souvenirs. Car il y a beaucoup de leçons à tirer sur ce que la solidarité et l'Alliance des Peuples ont de bons lors des Combats… »
Je fronce aussi sec les sourcils, saisi d'un doute…
« Tu étais là, lorsque nous avons montré nos souvenirs aux copains et copines du Comité, n'est-ce pas ? C'est pour cela que tu suggères cette idée… » affirme-je, plus que je ne demande…
Merzhin hoche simplement la tête pour acquiescer…
« Ce n'est pas une mauvaise idée. Elfes et Rebelles pourraient également ainsi juger, ce qu'est un Combat purement Magique et l'intérêt que représentent les Gadgets des jumeaux. Mais aussi en quoi l'Entraînement des femmes, des ados et des enfants est plus que nécessaire… Il faut non seulement qu'ils voient les Combats du Chemin de Traverse et de Godric's Hollow, mais aussi des souvenirs du Poudlard Express, de Dublin, Pré Au Lard et Stockholm… » déclare ensuite Maman, en plissant les yeux…
Et aussitôt son regard balaye les environs. Les Entraînements sont tous finis et tout le monde arrive pour le dîner…
« Tu as raison. Alors dînons. Puis mettons les gosses au lit et organisons une veillée spéciale pour les Elfes et les hommes. Je pense que les ados mâles à partir de quinze ans devraient également être présents et qu'on montre à leur intention quelques souvenirs bien choisis de l'Attaque du Poudlard Express. En revanche, les femmes et les jeunes filles devraient être dispensées. Elles sont bien conscientes des enjeux quant à elle… » déclare Ron, haussant un sourcil vers Maman, pour demander ce qu'elle pense de ce qu'il vient de dire…
« D'accord. Mais tu te charges toi-même de convaincre Gaspard que les ados doivent voir ça… » acquiesce Maman, sur un soupir…
« Pas de souci. Il sera d'accord avec moi, lorsque je lui dirai que c'est pour leur faire prendre tout à fait conscience que la guerre n'est pas un jeu et qu'ils perdent ainsi l'envie d'avoir à se battre réellement… » répond Ron, en effectuant un clin d'œil en direction de Maman…
Il est pourtant tout à fait sérieux, malgré son air de plaisanter. Et je ne doute pas un instant qu'il exposera son avis avec gravité à Gaspard…
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Acte 2 : Combats En Différés
Ron
Harry et moi-même, venons de laisser Jonas en garde de Maman qui n'a pas souhaité assister à la veillée des horreurs, selon sa propre expression. Narcissa va également la rejoindre d'ici quelques minutes. Elles en ont eu bien assez, de vivre les évènements en direct. Ce que je comprends tout à fait…
Nous remontons vers l'Aire d'Entraînement, avec Papa, mes frangins et Ginny, qui a livré l'un de ses souvenirs. Je ne sais pas lequel c'est, mais elle espère que cela fera réfléchir pas mal de monde. Tous les Elfes, Rebelles et ados ou presque sont arrivés et installés sur les gradins, quand nous arrivons. Chacun sait ce qu'il va se passer bien sûr. Pères et fils sont côte à côte. Les pères ne sont pas ravis que leurs fils soient là. Ils pensent à juste titre, que ce n'est pas un spectacle à leur montrer.
Mais justement, ce n'est pas un spectacle. Et c'est bien ce que j'ai expliqué à Gaspard, qui vient d'ailleurs vers moi en grimaçant…
« Nom d'une pipe ! A voir ces deux-là, j'espère que t'as raison et que j'aurais pas à regretter d'avoir suivi ton avis… » dit-il, d'un ton bas, en désignant d'un mouvement sec de la tête, deux garçons de quinze ou seize ans qui semblent passablement excités…
« Tu n'auras pas à le regretter, Gaspard. Ils vont vite se rendre compte de la violence des Combats. Il va y avoir du sang et des morts. Il va y avoir des larmes et de la souffrance. Alors crois-moi, après ça, ils ne seront plus aussi excités et pressés de se battre… » réponds-je, sous le hochement de tête de Harry…
Il est assez sombre depuis la fin du dîner et je sais qu'il a mûrement réfléchi avant de donner un souvenir à Nally. Encore une fois, j'ignore lequel, mais je pense que ce sera dur à voir…
« D'accord. Je veux bien te croire… » accorde Gaspard, avant d'aller rejoindre son fils, qui a tout juste dix-sept ans et son gendre.
Harry et moi-même allons nous installer avec les copains et Hermione, qui nous a réservé des places entre elle et Draco. Les gars et filles du Comité sont très sérieux, silencieux. Ils savent à quoi s'attendre. Même si ce ne sera pas la même chose cette fois, que lorsqu'ils ont fait l'expérience de nos souvenirs d'Halloween. Car il n'est pas question ce soir, d'immerger le public au cœur des souvenirs.
Dès qu'elle constate que tout le monde est bien là, Nally active la Pensine, avant d'aller rejoindre Severus et Cuthalion. Godric's Hollow est le premier souvenir à défiler grandeur nature. Et une clameur surprise s'élève, de la part des ados, au premier Maléfice de Voldemort, qui explose à grand bruit, lorsque Harry le détourne. Quelques-uns applaudissent même, parmi des génial ! enthousiastes, quand les Mines Caméléon se referment sur un bon nombre de Mangemorts.
Mais ça va sûrement s'arrêter là, suis-je aussitôt certain…
Et j'ai raison. L'enthousiasme laisse rapidement place à un silence impressionné et lourd d'émotions qui n'ont plus rien de joyeuses…
Putain… Quel Combat me dis-je, à chaque fois que le regard de Merzhin s'est porté sur Harry. Je suis impressionné je dois bien l'avouer et même en connaissant l'issue du Duel, je ne peux m'empêcher d'avoir le cœur qui se pince ou bat la chamade de crainte pour Harry…
Mais Merzhin ne s'est pas contenté de regarder ce Duel. Sa vue s'est aussi portée sur d'autres combattants. La lueur des incendies et le nombre faramineux des Maléfices et Sortilèges qui crépitent ou explosent, éclairent le village comme en plein jour.
Et c'est le cœur douloureux, que je vois certains des nôtres tomber définitivement.
Enfin, Voldemort est expulsé violemment contre le mur. Il est vaincu et cette Bataille-là s'achève. Un coup d'œil à la ronde, me confirme ce que je pensais. Les ados Rebelles qui l'étaient, ne sont plus du tout excités. Certains sont serrés contre leur père.
Qu'est-ce que ce sera, quand d'autres souvenirs, plus violents et sanglants encore vont être livrés à leurs yeux ? me demande-je fugacement. La réponse me semble aussitôt évidente. Certains fermeront les yeux et ne voudront plus les ouvrir avant la fin. …
Et sans aucune transition, le souvenir de Fëanturi s'élève à son tour. Le ciel du Chemin de Traverse est plombé de noir. Les Patronus doivent repousser des centaines et des centaines de Détraqueurs et mes poils se dressent sur mes bras. Je suis transis, aussi sûrement que je l'aurai été sans doute, si j'avais été là-bas…
« Putain. Bill n'avait pas exagéré, quand il nous a parlé du Dragon de Feu. Il est vraiment immense… » murmure Draco, quand le FeuxFous des jumeaux explose dans le ciel…
L'ultime cri de plusieurs Détraqueurs me vrille les oreilles et je grimace, lorsque le corps d'un Mangemort en flammes, s'écrase avec violence sur un toit. Puis vient le Combat entre Mangemorts et Membres de l'Ordre uniquement. C'est âpre et dur.
L'association des Gobelins et des Sorciers est mise en valeur à plusieurs reprises. Et l'on peut voir avec quel acharnement tout le monde se bat pour sauver aussi bien sa peau que celle des autres Membres de l'Ordre ou Gobelins…
Et quand cette Bataille-là prend fin, on voit quelques morceaux choisis, vus par d'autres yeux. Ceux de Lee, notamment, lorsqu'il a trouvé le corps sans vie de Madame Willis et son époux terriblement blessé. Ça me tord le bide, d'entendre la demande que Monsieur Willis a adressée à Lee et le visage de Lucie me traverse l'esprit…
Vient ensuite Dublin. Bataille aérienne, Bataille au sol. Les cris des gens qui meurent brûlés vifs dans les incendies ou qui se font tirer comme des lapins lorsqu'ils parviennent à sortir des maisons. Greyback qui s'apprête à mordre dans la chair tendre et potelée du bras arraché d'un bébé. Des hommes, des femmes, des enfants morts en pagaille.
Je reconnais ensuite Pré Au Lard et j'ai un sursaut d'horreur, quand les cris d'atroce douleur de Blaise explosent…
Putain… Il a livré son souvenir du moment où Ursula se faisait torturer par Thorpe. Ça me chamboule complètement. Et c'est suivi des souvenirs d'Hannah et Oliver, qui se font aussi torturer par Marsden…
Je suis heureux qu'il soit mort celui-là…
Suivent des souvenirs de Ginny, alors qu'elle découvre un enfant mort et sa mère, dans les décombres d'une maison. Tandis que Nev se charge de la mère, ma petite sœur prend l'enfant dans ses bras pour le ramener sur la place du Village avec les autres cadavres, que l'on voit au travers de son regard brouillé de larmes…
Puis on voit au travers des yeux de Théo, un Mangemort qui torture une fillette. Il dégomme le Mangemort puis se précipite pour prendre la gamine dans ses bras et va la mettre à l'abri des Maléfices qui pleuvent autour d'eux. Après, ce sont les souvenirs d'Eddy, de Justin, de Sally et quelques autres gars et filles. Ils ont tous choisi des moments où ils se portaient au secours d'hommes, de femmes ou d'enfants torturés, ou d'après Bataille, lorsqu'ils ramenaient des morts…
Draco a fait choix de montrer le moment où Gabe et lui ont trouvé Ursula et Blaise…
C'est terriblement poignant…
Ensuite je reconnais Stockholm. Bataille rangée dans les ruelles. Des Mangemorts qui se transforment en volaille. Et puis une explosion et je vois au travers des yeux de Fred, qui crie avec affolement pour demander des secours. La tête en sang de Georges, avec son œil qui pend sur sa joue, Gustavo inconscient, Bill coincé sous une poutre. Lucius qui arrive et menace mon frangin de sa Baguette sous les ricanements des Mangemorts. Et puis je me vois arriver en Grizzly, dégager les Mangemorts et Lucius à coups de griffe rageurs…
Et sans transition encore une fois, on assiste à quelques moments de la Bataille du Poudlard Express. Claryce, qui tente désespérément d'arrêter les flots de sang s'échappant du ventre ouvert de Lucie Willis, Dennis qui assomme un Vengeur d'un coup de pied en pleine tête pour me sauver la mise, Philippa qui découvre dans un wagon les cadavre d'un garçon et d'une fille de Serpentard et Jodie blessée à la jambe, puis Gabe penché sur le corps d'un garçon qu'il tente en vain de sauver, avant de voir Harry et Jérémy plus loin. Il court vers eux, mais est stoppé net dans sa course par un Maléfice qui le fait hurler de douleur…
Et sans crier gare, alors que je me faisais la réflexion que je n'avais pas vu encore le souvenir de Harry, j'ai le souffle coupé. Le cœur broyé. Jérémy, nu comme un ver, subit le Doloris de Voldemort, avant que Harry, ne le chope d'un croc en jambe. Puis le souvenir change de point de vue. Cette fois, c'est Jérémy, hoquetant de douleur et d'horreur, qui regarde Harry, tout aussi nu que lui, se faire salement torturer, pour avoir osé défier l'affreux. Puis nous voyons Jérémy venir se lover contre Harry et ce dernier tenter de le réconforter malgré son propre état pitoyable…
Enfin, le dernier souvenir défile. Celui de Bill. L'église dans le village de pêcheurs où ont été torturés et tués presque tous les habitants du village. Et quand ce dernier souvenir s'éteint, le silence tombe sur l'Aire d'Entraînement. Terriblement plombé. Douloureux …
« Pourquoi ton souvenir et celui de Jérémy ? » demande-je à Harry, dans un souffle…
« Tu voulais bien que les jeunes sachent que la guerre n'est pas un jeu, n'est-ce pas ? Moi, je voulais que Gaspard et ses Rebelles n'aient plus aucune réticence à ce que nous entraînions leurs enfants, afin qu'ils aient une petite chance d'échapper à leurs ennemis. Je voulais aussi que les Elfes comprennent toutes les horreurs que nous avons eues à vivre. Et je voulais enfin, que les Rebelles et les Elfes comprennent, quel est notre Combat. Et où nous puisons nos forces. Notre courage. Notre volonté de vaincre… » répond-il dans le même souffle…
Je comprends. Mais mon bide reste vrillé.
Et je me dis que si après avoir vu tout ça, les Elfes, les Rebelles et les ados n'ont pas compris les messages que avons voulu leur faire passer, alors c'est que leur cas est désespéré ou presque…
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Soixante-septième jour de l'Entrainement des Rebelles et des Elfes…
Acte 3 : Renvoi
Hermione
Presque deux mois, depuis la veillée des horreurs…
L'objectif concernant les ados garçons a été atteint. Ils ont beaucoup mûri en une seule soirée et ils ont développé un instinct protecteur avec les petits. Ils s'entraînent durement et avec sérieux, non plus dans le but de se battre, mais de défendre leurs petits frères et sœurs… Leurs grandes sœurs et leur mère aussi…
Par ailleurs, les Hommes ne se moquent plus des femmes et des jeunes, garçons ou filles. Ils ne cherchent plus à les décourager mais au contraire les encouragent. Bilan également très positif sur ce point donc.
Nous notons par ailleurs des progrès sensibles, dans les rapports entre les Elfes et les Hommes de Gaspard. Ils ne sont pas encore solidaires, loin de là. Mais la grande majorité ne cherche plus à se mettre les uns, les autres en difficulté. C'est déjà ça. Et nous serions déjà ravis de cette situation, s'il n'y avait quelques récalcitrants notoires, qui provoquent encore des querelles vives, allant parfois jusqu'au Duel. Même durant les corvées ou les Entraînements…
Ce qui commence à agacer sérieusement quelques-uns des Entraîneurs.
Et Harry. Qui à mon avis, va bientôt finir par ruer dans les brancards, si cela ne s'améliore pas très vite.
Pour l'heure, il espère grandement que la Simulation sur laquelle nous sommes en train de plancher avec Ron, Severus et Nally, va permettre de remettre des pendules à l'heure et de faire comprendre à ces esprits récalcitrants, qu'ils ont tout intérêt à mettre leurs réticences de côtés et à travailler en étroite collaboration, s'ils veulent avoir un espoir de s'en sortir vivant, quand viendra le temps des grandes Batailles contre les troupes de Balegarian…
Ce sera leur dernière chance ceci dit. S'ils ne changent pas leur Baguette d'épaule, ils seront renvoyés au pays, dixit Nally, qui est tout aussi agacée que Harry, par le manque d'efforts et de jugeote de ces quelques idiots…
« Je suis d'avis de prévoir déjà qu'ils aient à se battre contre au moins l'un des Monstres Mastodontes. Et même les trois finalement. Après tout, ils se targuent tous assez de n'être pas des débutants, alors allons-y, mettons toute la gomme dès cette première Simulation. Ça leur permettra de se rendre compte qu'ils ont encore à bosser dur, pour être prêts à affronter des troupes ennemies aussi nombreuses que celles auxquelles ils vont avoir à faire face… » déclare Harry, d'un ton quelque peu agacé, quand brusquement, Nally se redresse aux aguets de ce qu'il se passe dehors…
« Qu'y a t'il ? » demande Severus, sourcils froncés…
« Quelqu'un s'affole… Non, plusieurs personnes. Des enfants. Du côté de la falaise d'escalade… » répond Nally, très concentrée…
Elle est tendue et crispée, hésitant visiblement à partir là-bas. Mais finalement, elle soupire de soulagement et se tourne de nouveau vers la table de travail…
« C'est bon. Tout est rentré dans l'ordre. Ce devait être un petit accident… » dit-elle, avant de se servir une tasse de thé…
« C'est étonnant. Seamus est toujours extrêmement prudent lors des Entraînements des gosses. Veux-tu que nous allions voir ce qu'il s'est passé ? » demande Harry, avec une pointe d'inquiétude…
« Non. Nous serons informés en temps voulu. Reprenons où nous en étions… » répond Nally, en se penchant aussitôt vers notre plan…
Mais à peine sommes-nous de nouveau bien concentrés sur notre tâche, que la porte de la Yourte d'Etat-Major s'ouvre à la volée dans notre dos…
« J'en ai marre de tous ces connards à la mords moi l'nœud, putain de bordel ! » s'exclame Seamus, tandis que nous nous retournons d'un bloc et qu'il claque violemment la porte derrière lui…
Il est rouge de colère et son regard est très assombri…
« Que se passe-t-il encore ? » murmure Harry, poussant un profond soupir, avant d'ajouter haut et clair en direction de Seamus : « Ok, Seamus, exprime-toi. Que t'arrive-t-il ? »
« Il m'arrive que cette fois je rends mon tablier ! C'est décidé ! Trop c'est trop ! Je n'en peux plus ! C'est fini, terminé pour de bon ! Je ne veux plus voir ces sales cons ! Je ne veux même plus entendre parler d'eux ! Ils me sortent par les trous d'nez ! Ras le bol de chez ras le bol ! Si j'en croise un, il n'aura pas le temps de l'ouvrir que je le fous par-dessus la falaise tête la première ! » explose Seamus, marchant de long en large devant nous, poings serrés, avant de s'arrêter et de demander à Nally, d'un ton grave et presque suppliant : « Renvoie-moi à Poudlard s'il te plait Tatie ou je fais un malheur… »
« Par les couilles du bouc ! Explique donc ce qu'il s'est passé pour que tu sois dans cet état-là, mon pote…» demande Ron sourcils froncés
« Il s'est passé que ces satanés connards se sont encore frités et que trois gosses ont failli en faire les frais, sacré nom de bordel ! » explose de nouveau Seamus, tandis que la mâchoire de Harry se crispe et que Nally pince les lèvres avec dureté…
Mon regard croise celui de Severus et Ron. Cette fois, les coupables ne vont pas y couper. Que ce soit de la part de Nally ou Harry, ça va faire mal. Très mal…
Deux mois, qu'ils rongent leur frein et prennent leur mal en patience, en espérant que ça s'arrange, sans qu'ils aient à s'en mêler. Mais là, la coupe est pleine c'est certain…
« Précise, veux-tu ? » demande Harry, le regard assombri
« Ce foutu abruti de Lúcás et son non moins abruti de pote Lonan, se sont encore bagarrés avec ces cons prétentieux de Turgon et Rauros ! A l'épée et au bord de la falaise alors que j'entraînais des mômes de sept et huit ans à l'escalade ! Ils étaient si acharnés ces dégénérés du bulbe, qu'ils n'ont pas vu les cordes de sécurité et l'une d'elle a été coupée bordel ! Mayl a brusquement dégringolé, entraînant Arranz et Talwyn dans sa chute ! Ils se seraient écrasés tous les trois en bas sur les rochers, si je n'avais pas été sur la petite corniche et que je n'avais pas eu le réflexe de saisir cette fichue corde pour les retenir ! Et une chance aussi que Ginny était dans le coin ! Les mômes étaient suspendus comme des vers à l'hameçon et bien sûr complètement affolés ! Ils s'agitaient, la corde me glissait des mains ! Et je les avais secs parce que je commençais aussi à ne plus pouvoir assurer ma prise sur la roche avec mes pieds ! Sans Ginny, je basculais dans le vide avec les trois mômes, pendant que là-haut les connards qui n'ont rien vu, ni entendu, se bagarraient comme des chiffonniers ! Les gosses seraient morts putain de bordel ! Et moi avec ! Alors renvoie-moi à la maison Tatie ou je fais un massacre ! Je vais tuer ces quatre connards ! Je jure que je vais les tuer ! J'en peux plus de leur connerie ! » répond Seamus, des larmes montant brusquement dans ses yeux…
Il vient d'avoir la peur de sa vie et il est à cran. Ce que je comprends tout à fait.
Bon sang ! Comment ces quatre andouilles ont-ils pu être aussi inconscients !
« Comment vont Mayl, Talwyn et Arranz ? » demande-je, d'une voix blanche…
« Ça va. Heureusement, ils ont eu plus de peur que de mal. Arranz a un poignet foulé, Talwyn s'est cognée la tête et elle pisse un peu le sang, mais ce n'est pas trop grave, il n'y a pas de traumatisme crânien. Quant à lui, Mayl n'a que quelques égratignures. Tous les trois vont se remettre de leurs émotions. Ginny les a emmenés à l'infirmerie pour que Richard les examine, par pure précaution et pour qu'ils soient chouchoutés ...» répond Seamus, en passant une main nerveuse dans sa chevelure…
Il y laisse par la même occasion une petite trainée de sang. Merlin ! Ses mains sont terriblement abîmées, pour saigner ainsi…
« Ok. Il n'est plus temps de tergiverser. Je me fous de ce que vont dire Cuthalion et Gaspard cette fois. Nous leur avons laissé assez de temps pour régler cette affaire. Et puisque les coups de semonces et les corvées supplémentaires ne leur suffisent pas à tous ces imbéciles, je m'en mêle et pas de quartier ! Ils vont voir de quel bois je me chauffe ! Et je vous jure qu'ils vont regretter de ne pas avoir trouvé un terrain d'entente, avant aujourd'hui, ces connards de mes deux … » gronde Harry, ses Ondes Magiques tournoyant dangereusement autour de lui, avant de demander à Seamus où sont Turgon, Rauros, Lonan et Lúcás
« Au bord de la falaise. Gin les a enchaînés à un arbre. Ils ont eu de la chance qu'on donne priorité aux gosses, parce qu'elle est furieuse elle aussi… » répond Seamus une nouvelle lueur de colère traversant son regard…
« Allons-y…» décide Harry, se dirigeant aussitôt à grands pas vers la porte …
J'échange un regard avec les autres…
« Ça va chier sec… » murmure Ron, en emboîtant le pas de Harry, sous le hochement de tête de Nally, Severus et Seamus…
Et aucun d'entre nous ne va empêcher que cela arrive. C'est tout ce que ces andouilles méritent !
Habituellement, il y a peu de monde dans le village en journée. Mais quand nous sortons de la Yourte, Gaspard et Cuthalion descendent vers nous d'un pas urgent et l'air très mécontents. Un homme âgé court à demi à leurs côtés et ils sont suivis d'une petite troupe de Rebelles et d'Elfes. Je devine sans peine, que c'est le vieil homme, qui est allé prévenir Cuthalion et Gaspard de l'accident qui s'est produit à la falaise. Et que c'est là-bas qu'ils vont eux aussi…
« Laissez-moi m'occuper de ça, vous deux ! Et les autres, retournez à l'Entraînement où je vous botte le cul dans les grandes largeurs ! » gronde Harry, avant de se diriger vivement vers la falaise d'escalade…
Rebelles et Elfes font aussitôt demi-tour.
Non seulement ils ont tous vu Harry à l'œuvre contre Voldemort dans les souvenirs de Merzhin, mais la manière dont il a battu le Seigneur Elros en Duel il y a quelques semaines a fait rapidement le tour de tout le Campement et aucun ne va se risquer d'avoir à essuyer sa colère c'est certain…
« Ce sont nos gars, c'est à nous de sévir ! » déclare quant à lui Gaspard d'un ton brusque, en accélérant pour nous rejoindre.
« Non ! C'est moi l'Entraîneur en Chef et Responsable de la Sécurité du Camp ! C'est donc à moi qu'ils doivent rendre des comptes ! Que cela vous plaise ou non, je m'en contrefous ! Et si vous me faites chier à ce propos, je vous fous à la baille ! Tout Chef et Roi que vous êtes ! » rétorque Harry, sur le même ton, sans accorder un regard à Gaspard et Cuthalion…
Ce dernier exprime aussitôt ouvertement sa désapprobation en adoptant un regard offusqué, tandis que Gaspard ouvre la bouche pour protester. Mais Ron lui coupe la chique…
« Ce n'est pas une plaisanterie, Gaspard. Harry est sérieusement en pétard. Alors garde ta grande gueule fermée, si tu ne veux pas te retrouver le cul dans la rivière illico presto… » assène-t-il, d'un ton péremptoire…
Gaspard comprend son intérêt et se tait, bien que son regard parle pour lui. Pas plus que Cuthalion il n'apprécie la situation. Mais c'est le cadet de nos soucis pour le moment.
Harry mène notre marche grand train et nous arrivons rapidement à la falaise d'escalade, où il y a un petit attroupement. Naturellement, les deux groupes d'Entraînement qui se trouvaient tout près sont venus voir ce qu'il se passait ici. Ils ont pris les gosses en charge, pendant que Ginny emmenait les trois jeunes accidentés à l'infirmerie et que Seamus venait nous alerter…
« Colin, ramène les gosses du groupe de Seamus au village et fais leur servir un chocolat chaud, puis confie les ensuite aux institutrices ! Les autres retournez immédiatement à votre Entraînement ! » aboie Harry d'un ton sec et sans appel, alors que nous sommes encore à vingt pas du petit attroupement…
« A tes ordres, Chef ! » répond Colin, qui exhorte aussitôt les enfants à le suivre, tandis que les Rebelles et les Elfes obéissent prestement, courant derrière leurs Entraîneurs qui les emmènent au pas de course…
Et, sans ralentir son propre pas, Harry se porte au-devant des quatre andouilles enchaînées à leur arbre, s'arrêtant brusquement à cinq pas d'eux…
Harry fulmine et tout l'indique clairement : l'expression de son visage, sa posture, ses Ondes Magiques. Face à cela, Lúcás et Lonan n'en mènent pas large, rentrant légèrement la tête dans les épaules, yeux baissés. En revanche, Turgon et Rauros adoptent une expression neutre et se redressent avec le plus de dignité et de fierté qu'il leur est possible…
« On… » commence Lúcás, avant d'être vivement interrompu
« Ta gueule Lúcás ! Mayl, Arranz, Talwyn et Seamus ont failli mourir par votre faute à tous les quatre et rien ne saurait excuser l'inconscience criminelle dont vous avez fait preuve ! Alors ce n'est pas la peine d'essayer de vous justifier, ni les uns, ni les autres ! Je ne veux pas entendre un seul mot de votre part ! » le coupe Harry, avec une sécheresse qui claque comme un coup de fouet…
Il darde les quatre andouilles de son œil le plus noir et ses Ondes Magiques furieuses viennent les effleurer, faisant dresser leurs cheveux sur la tête. Ce qui ôte beaucoup de la dignité des deux Elfes, dont la longue chevelure forme un halo hérissé autour de leur visage, effet qui serait d'un haut comique si l'heure n'était pas aussi grave…
Puis, dans un silence pesant, Harry effectue un geste de la main. Lúcás, Lonan, Turgon et Rauros sont détachés de l'arbre. Mais ils restent enchaînés les uns aux autres. Par binôme, composé d'un Elfe et un Rebelle.
« Il est temps je crois, de sévir comme nous pensions le faire depuis quelques temps. Qu'en penses-tu, Maman ? » demande Harry, son regard assombri de colère dardant toujours les quatre andouilles…
« Que tu as raison... » gronde Nally, avant de nous ordonner de fermer les yeux, puis de les rouvrir une seconde plus tard…
Nous sommes maintenant devant la Porte de communication avec la Celtycie.
Et il n'y a pas que nous. Une bonne trentaine de Rebelles et Elfes, enchaînés par binômes sont également présents…
« Tu ne vas pas… » commence Lonan, d'une voix blanche, les yeux fixés sur la Porte éclatante de blancheur sous le Soleil, tandis que les autres échangent des regards incertains…
Je suis également surprise. Harry est vraiment très en colère et je m'attendais à ce qu'il donne une fameuse leçon aux quatre andouilles. Mais je n'imaginais pas qu'il puisse les renvoyer en Celtycie comme ça, sur un coup de tête. Ni qu'il en ferait de même, avec l'ensemble des querelleurs habituels…
« Si ! Nous vous avons laissé plus de deux mois, pour parvenir à une entente. Mais vos disputes incessantes et vos stupides Duels troublent chaque jour les Entraînements et la quiétude du Campement ! Vous mettez l'Alliance en danger ! Plusieurs personnes ont été blessées à cause de vous déjà ! Et aujourd'hui trois gosses et un Entraîneur ont bien failli être tués ! Alors cette fois la coupe est pleine ! Je renvoie tous les querelleurs et bagarreurs en Celtycie ! A pied et enchaînés. Tant pis si vous rencontrez des dizaines de Créatures Maléfiques ou de Soudaryons en chemin ! Grand bien vous fasse et démerdez-vous ! » explose Harry, en effectuant un geste de la main, qui propulse tous les enchaînés vers la Porte…
Je plisse aussitôt les yeux vers lui et Nally, à l'instar de Ron, Severus et Seamus …
« Ah nom d'une pipe de nom d'une pipe ! Mais tu te rends compte de ce que tu viens de faire ! Il y a plusieurs Sorciers parmi eux ! Les Dévoreurs vont arriver en masse pour forcer les Protections ! Ils vont tous se faire massacrer ! C'est vrai qu'ils nous ont emmerdés depuis le début du séjour et que quatre d'entre eux ont fait une sacrée connerie aujourd'hui, mais quand même, ils méritent pas ça ! Faut les laisser revenir, nom d'une pipe ! On finira bien par les mâter ! » s'exclame Gaspard, en regardant Harry d'un œil hautement désapprobateur et prêt semble-t-il, à lui flanquer un bon coup de poing sur le nez pour le faire revenir à la raison…
« Calmos Gaspard ! » intervient Ron, en posant une main sur l'épaule du Chef des Rebelles, avant de se tourner vers Harry et Nally pour demander : « Qu'est-ce que vous avez mijoté, tous les deux ? »
« Il est plus que temps qu'ils apprennent à être solidaires. Alors ils ne pourront pas ôter leurs chaînes et leur vie va dépendre des uns et des autres, ce qui ne pourra que leur faire du bien.. » répond Harry, sur un haussement d'épaule, toute colère retombée soudainement…
J'échange un sourire avec Severus, Seamus et Ron.
« D'accord, ils méritent une bonne leçon, c'est vrai ! Je suis bien d'accord là-dessus ! Mais nom d'une pipe de nom d'une pipe, c'est criminel ce que tu fais là ! Ils pourront pas s'en sortir ! Ramène-les ici et fais les raccompagner par les Roherdirons ! » explose encore Gaspard, tandis qu'à ses côtés, Cuthalion reste très calme…
« Ils ne sont pas renvoyés en Celtycie, Gaspard. Elrond n'aurait pas pu leur faire franchir la Porte, sans mon accord préalable. » déclare-t-il, avant de s'adresser à Nally pour lui demander : « Où sont-ils ? Et que va-t-il se passer pour eux ? »
« Ils sont de l'autre côté de la Montagne et ils vont vivre une Simulation grandeur nature durant quelques jours. Le temps qu'ils apprennent bien leur leçon…. » répond Nally, avec un demi sourire, effectuant un geste vers la fausse Porte, qui disparait tout aussitôt
« Ah… Y a pas vraiment de danger alors… » réagit Gaspard, l'air quelque peu soulagé…
« Pas vraiment, non. Mais il pourrait tout de même y avoir quelques blessés. Il faut bien qu'ils aient un peu la trouille et réalisent qu'ils ont tout intérêt à être solidaires les uns des autres… » répond Harry, avant d'embrasser le paysage des yeux…
Nous sommes de l'autre côté de la large rivière, à l'opposé du lieu où se trouve la vraie Porte. La Simulation va donc se dérouler sur un immense terrain, sans que cela gêne le moins du monde, l'Entraînement des autres Elfes et Rebelles…
« Ouais. Il faut. Je suis bien d'accord là-dessus. Mais tu crois pas que tu aurais pu nous prévenir Cuthalion et moi-même, au lieu de nous menacer de nous foutre à l'eau ? » maugrée Gaspard, désignant alternativement Cuthalion et lui-même du pouce.
« Certainement pas. Il fallait que tout soit naturel. Et puis j'étais vraiment salement en rogne et il fallait que ça reste comme ça. Prendre le temps de vous expliquer l'idée que Maman et moi avons eue, pour tâcher de mettre fin à ces querelles et bagarres continues, l'aurait fait retomber. Là, ils ont goûté à la fureur de mes Ondes Magiques et savent que ma colère n'était pas feinte. Et ils mettront quelques temps à comprendre qu'ils sont en Simulation et non en Celtycie. La leçon portera bien davantage comme ça… » répond Harry, les yeux pétillants de malice maintenant…
« Et grand bien leur fasse à ces cons ! Sacrée bonne idée que vous avez eue ! Merci bien ! Parce que franchement, les copains, copines et moi, on en avait sérieusement ras la casquette ! Et j'étais vraiment décidé à jeter l'éponge, après l'accident de tout à l'heure ! » s'exclame Seamus, avec un sourire très satisfait, avant d'ajouter : « Maintenant je peux envisager de poursuivre ma Mission en toute sérénité… »
« Tant mieux. Ça m'aurait ennuyé que tu partes. Mais avant de reprendre le taf, il faut te soigner les mains, mon pote. Et rassurer les gosses aussi. Ils ont eu une belle frayeur les pauvres… » répond Ron, en sortant sa Pochette de soins de sa poche.
Il a vite fait de soigner Seamus et aussitôt cela fait, nous prenons le chemin de retour vers le village. Gaspard cependant, hésite un bref instant à nous emboiter le pas…
« On va pouvoir suivre l'affaire ? » demande-t-il, à l'intention de Nally et Harry…
« Oui. Depuis l'Etat-Major. Car il n'est pas question de risquer de se faire repérer par le sensible odorat ou l'œil pointu d'un Elfe. Mais tranquillisez-vous, pour l'heure, nous ne ratons rien. Ils doivent seulement avoir un peu les chtouilles que les Protections tombent sous l'assaut des Faux Dévoreurs, qu'ils pensent bien réels, quant à eux… » répond Harry, le ton léger…
« Me tranquilliser, me tranquilliser… T'en as de bonnes toi. On voit que tu connais pas ces bougres de gaillards là. D'ici qu'ils se foutent leur fierté au cul pour faire copains avec les Elfes, y a pas mal d'eau qui va couler et ils ont le temps d'être bien amochés…» maugrée encore Gaspard, l'air renfrogné…
« On ne leur demande pas de faire ami-ami, mais d'être solidaires dans l'adversité. S'ils ne sont pas capables de comprendre ça d'ici trois ou quatre jours, alors ils n'auront vraiment plus rien à faire ici, Gaspard… » répond Nally, avec douceur…
Et le silence tombe sur notre groupe. Nous descendons le flanc de la Montagne, la rivière qui miroite sous le Soleil se rapprochant rapidement et je devine que Nally s'arrange pour que notre chemin soit court.
« Je comprends ton désir et celui d'Elrond, Nyween. Mais était-il nécessaire de les enchaîner ? Ces entraves pourraient leur coûter cher… » déclare soudainement Cuthalion, d'un ton neutre…
« S'ils n'avaient été enchainés, ils se seraient séparés. Les Elfes seraient partis d'un côté et les Rebelles de l'autre, tu le sais bien, Anda Atar. Par ailleurs, loin de leur coûter la vie, leurs chaînes pourraient la leur sauver … » répond Nally, du même ton neutre…
« Elles pourraient être une arme supplémentaire… » murmure alors Gaspard, le regard éclairé de compréhension…
« Oui effectivement. S'ils accordent leurs violons, dans certaines situations, leurs chaînes pourraient être un avantage et non une entrave … » sourit Harry, sur un hochement de tête positif
Cuthalion incline la tête, pour signifier qu'il comprend et approuve maintenant la décision de Nally et Harry…
« Ouais. Vous avez bien mijoté votre plan, tous les deux… Mais maintenant dites-moi, comment vous comptez voir ce qu'ils vont faire, depuis l'Etat-Major ? » demande Gaspard, qui a l'air nettement plus détendu maintenant…
« Bah, c'est simple ! Ils ont préparé leur coup depuis quelques temps et je suis prêt à parier jusqu'à ma dernière noise, qu'ils ont truffé le terrain de Simulation avec tout un tas de Micros et Caméras. Et maintenant, ils n'ont plus qu'à s'installer tranquillement dans un bon fauteuil et zieuter l'Ecran qui va leur montrer tout ce qu'il se passe de l'autre côté de la Montagne… » déclare Seamus, tandis que Ron et moi-même hochons la tête pour approuver sa réponse…
« Bien vu Seam… » répond Harry, tout sourire, avant d'expliquer brièvement, ce que sont les Micros, Caméras et Ecrans de télévision, à Gaspard et Cuthalion…
Ces derniers l'écoutent attentivement, mais il est clair qu'ils ne comprennent pas grand-chose et semblent sceptiques…
« Le mieux, c'est que vous voyez ce que c'est… » déclare finalement Harry
« Ouais. Et moi je pense que ce serait chic de penser aux copains et d'organiser une petite séance de visionnage des meilleurs morceaux. Ça ferait plaisir à tous les Entraîneurs, de voir ces emmerdeurs en chier un peu et reconsidérer petit à petit leur attitude les uns envers les autres… » intervient Seamus, en regardant Harry avec une pointe d'espoir…
« Genre séance de cinéma en plein air, avec Ecran géant, pop-corn et tout le tralala ? » demande Harry, avec un sourire goguenard…
« Ouais. Ça pourrait nous faire une belle petite veillée. Qu'est-ce que t'en penses ? » répond Seamus, en haussant un sourcil
« J'en pense qu'il va falloir de toute façon du monde pour surveiller la Simulation. Alors oui, vous pourrez voir ce qu'il se passe, à tour de rôle. Mais pas question de séance de cinéma, ni de morceaux choisis. Rien ne sera enregistré, on écoute ce qui se dit seulement s'il y a un risque de rififi et on respecte les moments d'intimité nécessaires à tout être Humain ou Elfique… » répond Harry, avec un zeste de sévérité et d'avertissement pour Seamus…
« T'inquiète Harry. Personne aura l'idée de zoomer sur le cul d'un Rebelle ou d'un Elfe qui fait son caca… » sourit-il, avec un clin d'œil…
Ron éclate de rire, tandis que je lève les yeux au ciel.
C'est bien Seamus, de faire ce genre de réflexion…
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