Disclaimer : cf chapitre 1

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Grand merci à Mistycal, ma merveilleuse beta !

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Réponse aux commentaires anonymes sur mon forum : - amazonepotter – Huguette - Guest - Yzeute -

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Esprit De Corps 2 / 2

Acte 3 : Première Offensive

Ron

Nally a considérablement raccourci notre retour au village.

C'est l'heure du déjeuner et beaucoup de monde converge vers le terrain où sera servi le repas. Naturellement, la nouvelle d'un accident qui aurait pu coûter la vie à trois enfants et un Entraineur, provoqués par deux Rebelles et deux Elfes, s'est répandue comme une traînée dans tout le Camp. Et tout le monde sait que Harry était furax, mais aussi que d'autres Rebelles et Elfes ont été brusquement arrachés à leur Entraînement ou corvée, sans que nul ne sache ce qu'il est advenu d'eux.

Aussi, de nombreux regards nous suivent, sans oser broncher…

« Où es mon petit-fils ? Où est Lúcás ? » demande cependant une vieille femme, au visage fripé comme une vieille pomme, en se précipitant vers nous dès qu'elle nous aperçoit…

« Rentré au pays ! A pied ! Enchaîné et sans Protection ! » répond abruptement Gaspard, jetant un coup d'œil à la ronde avant d'aboyer : « Et que ça serve de leçon aux autres ! On ne veut plus ni bagarre, ni Duel ici ! »

« Oh non ! Tu as pas fait ça, Gaspard ! Tu as pas renvoyé mon petit comme ça ! Il est tout ce qu'il me reste ! » s'exclame la vieille femme, l'air alarmé et suppliant…

« Désolé, Granna, mais c'était la seule solution. La bêtise de Lúcás aurait pu coûter la vie à trois mouflets et leur Entraîneur. Il fallait sévir ! » répond Gaspard, l'air gêné, quand la petite vieille se met à sangloter…

Il s'approche d'elle et l'entoure de son bras, tandis que je jette un coup d'œil à Harry…

Il se mordille un peu la lèvre inférieure, l'air navré pour la petite vieille…

« Allons, Granna, te mets pas dans des états pareils, ma brave. Il est costaud ton petit-fils et il va s'en retourner sans casse. » dit-il, d'un ton apaisant, puis, Granna redoublant de sanglots, il s'exclame avec plus de vigueur : « Nom d'une pipe, Granna ! Ton Lúcás c'est le plus teigneux des teigneux ! Et c'est pas comme s'il était tout seul, non plus ! Il va s'en sortir j'te dis ! Et il faudra pas long pour que tu le revoies, ton loupiot ! Alors sèche tes larmes, ma bonne vieille. Tout va bien se passer, tu vas voir… »

Autour de nous, des murmures enflent et de plus en plus de regards désapprobateurs nous fixent. Harry échange un regard avec Nally, qui hoche imperceptiblement la tête…

« Granna, votre petit-fils ne risque rien. En réalité, Lúcás et les autres sont encore ici. Nous les avons juste mis à l'écart pour…» déclare Harry, avec douceur, avant d'être interrompu…

« C'est vrai ? » réagit Granna, en levant son regard embué vers Gaspard…

Celui-ci hoche la tête pour acquiescer. Et aussitôt, l'expression de la vieille femme change à vitesse grand V…

« Et pourquoi donc tu m'as fait croire que mon Lúcás avait été renvoyé au Pays à pied et sans protection, espèce de grand menteur ! Vois dans l'état où tu m'as mise ! » s'exclame-t-elle, en tapant bon train du poing sur la poitrine de Gaspard, maintenant l'air furieuse sous ses sanglots…

Des pleurs de soulagement cette fois…

« Oh ! Du calme, Granna, du calme ! Nom d'une pipe ! Tu vas te briser les mains à me frapper comme ça ! » s'exclame Gaspard, se saisissant des poignets de la petite vieille, pour lui faire cesser ses coups, avant d'ajouter : « Désolé, Granna, mais je savais pas si je pouvais dire la vérité. C'est pas moi le grand Chef ici, c'est lui… »

Gaspard désigne Harry de la tête et Granna vient tout aussitôt vers Harry…

« Il est où, mon Lúcás ? C'est pas un mauvais bougre, tu sais. Il est juste trop impétueux. Il a pas fait exprès de faire un accident. Il aime bien les gosses, vrai de vrai et jamais il toucherait méchamment un cheveu de leur tête. Punis-le pas trop longtemps, s'il te plaît. Et dis-moi où il est. Laisse-moi le voir. Je lui tirerai les oreilles et il recommencera pas ses bêtises, c'est promis… » déclare-t-elle, agrippée au tee-shirt de Harry, son regard clair, chagriné et suppliant…

Elle parle de son petit-fils, comme s'il était encore un mioche. Ça me tirerait un sourire, si elle n'était pas aussi touchante…

« Lúcás n'est pas si loin que ça d'ici, Granna. Il est sur un grand Terrain d'Entraînement avec les autres querelleurs et bagarreurs. Il n'est pas en danger. Lui et les autres vont seulement vivre une situation, qui devrait leur permettre de développer l'esprit de corps qui leur fait défaut. Vous reverrez Lúcás dans quelques jours au plus, Granna. » répond Harry avec douceur, ses mains posées sur celles de la vieille femme

Il les caresse délicatement du pouce, dans un geste de réconfort…

« Il sera sain et sauf, tu me le promets ? » demande encore la vieille femme, avec supplique…

« Lúcás sera bien en vie à son retour, Granna. Tranquillisez-vous… » assure Harry, avec un sourire rassurant…

La petite vieille hoche la tête, mais elle ne lâche pas Harry pour autant…

« Je peux vraiment pas voir mon petit ? Je serais plus tranquille, si je voyais où il est. » insiste-t-elle, son regard de nouveau embrumé vrillé dans celui de Harry…

Harry soupire. Je le sens très mal à l'aise. Il est très touché, très ému par cette vieille femme et il a beaucoup de mal à lui dire non…

« Allons, Granna. Faut laisser Harry. Il peut pas te donner ce que tu lui demandes. Et il faudra pas long avant que tu le revoies, ton Lúcás. Et puis faut te mettre dans la tête que ton Petit-fils, c'est un homme que diable ! Il a bientôt les trente-cinq ans tout de même ! Allez, viens, Granna, tu vas déjeuner avec moi et ma bonne femme. Ça va te distraire les idées… » déclare Gaspard, en détachant doucement les mains de la vieille dame du tee-shirt de Harry, avant de l'entraîner vers les grandes tables, sans cesser de lui parler…

Harry soupire encore une fois…

« Ce n'était pas prévu ça. Je suis désolé d'avoir chagriné cette vieille femme...» dit-il, ne quittant pas Granna du regard…

« Si elle est toujours inquiète après le déjeuner, nous la ferons venir dans la Yourte d'Etat-Major et nous lui montrerons que Lúcás va bien. Mais je pense que ce ne sera pas utile. Granna commence à perdre la mémoire des faits récents et je pense qu'elle aura bientôt oublié ce qu'il vient de se passer… » déclare Nally, qui hoche la tête négativement une ou deux fois, l'air désolée, avant d'ajouter : « Cette pauvre femme a vécu trop de drames et perdu trop des siens. Et j'espère pour elle que Lúcás sera épargné par cette fichue guerre… »

« Richard ne peut-il rien faire ? Je veux dire pour sa mémoire. Parce que s'il vaut peut-être mieux qu'elle oublie certaines choses, ce doit être embêtant pour elle d'en oublier d'autres… » déclare-je, tandis que nous allons vers la Yourte d'Etat-Major…

« Richard a déjà parlé de cela avec Gaspard. Les Rebelles s'occupent de Granna, Ron. Ils font tout ce qu'ils peuvent pour l'aider. Mais on ne peut rien contre le temps qui s'enfuit et peut-être une partie de Granna veut elle se réfugier dans l'oubli, plutôt qu'affronter sa peur de voir le dernier des siens partir au-devant du danger et ne pas revenir… » répond Nally, en ouvrant la porte de la Yourte devant laquelle nous venons d'arriver…

Mmmm… Oui… Je comprends ce qu'elle veut dire…

Et je croise les doigts pour que la vieille Granna n'ait plus à souffrir. Ni à laisser fuir sa mémoire…

Aussitôt entrée dans la Yourte, Nally se dirige vers l'armoire où nous gardons un Ecran de télévision enfermé, pour les jours où il y a des Cassettes à regarder, comme cela s'est produit à plusieurs reprises, lors des Réunions de l'Ordre. Cuthalion qui nous a suivis, la regarde faire avec intérêt et hausse un sourcil dès qu'elle allume le Téléviseur. Nous ne voyons guère que des arbres sur les premières images, mais Nally actionne divers boutons et elle finit par trouver rapidement la Caméra fixée sur les Rebelles et les Elfes…

« Ce sont bien eux… » murmure Cuthalion, en relevant les yeux vers Nally…

Il a bien l'air de ne pas en revenir…

« Oui. Invention, pratique, n'est-ce pas ? » sourit Nally, qui ne manque jamais une occasion de vanter les avancées Technomagiques de notre Monde à Cuthalion…

Pour le moment, il ne se passe pas grand-chose sur l'Ecran cependant. Les binômes d'Elfes et Rebelles se font la gueule, mais ils ont pris le parti de rester groupés et c'est une bonne chose.

« Ils s'éloignent de la Barrière de Protection et des faux Dévoreurs. Laissons leur encore quelques minutes de répit, le temps de déjeuner et nous lancerons la première offensive… » déclare Harry, en faisant apparaître une table…

« Bonne idée. » approuve-je, en aidant Harry à mettre le couvert…

« Quels seront leurs premiers adversaires ? » demande Hermione, en s'installant à table, tandis que Harry passe commande du déjeuner auprès de Roi Dobby…

« Un petit groupe de Trolls de Delweth. Ce sera le plus crédible pour le moment. Et je vais facilement pouvoir leur faire croire que ce sont des vrais… » répond Nally, en servant le thé d'apéritif…

Protocole exige, étant donné la présence de Cuthalion, une boisson doit être prise avant que le dîner soit servi….

Notre déjeuner arrive cependant rapidement et nous débarrassons les reliefs de notre repas, lorsque Gaspard arrive…

« Comment va Granna ? » demande Harry, aussi sec le Chef des Rebelles a-t-il pénétré dans la Yourte d'Etat-Major…

« Ça va. On a pu la distraire suffisamment pour qu'elle oublie son Lúcás. Mais il est pas dit qu'elle va pas s'en rappeler avant la fin du jour… » répond Gaspard, avant de se figer, son regard s'arrondissant de stupeur

Il vient de voir l'Ecran, où Elfes et Rebelles viennent de chasser leur déjeuner et se préparent à le faire cuire, dans une petite trouée de la forêt, à peine assez grande pour faire un feu sans risquer de provoquer un incendie…

« Ah nom d'une pipe de nom d'une pipe ! C'est bien eux ! » s'exclame-t-il, en s'avançant, l'air fasciné.

Il effleure l'Ecran du bout des doigts, les retirant cependant rapidement, surpris par le contact éclectostrique… Euh, non… Eclectrastique… ou un truc du genre… Il faudra que je redemande précisément quoi à Papa…

« Oui, ce sont bien eux. Et ne leur laissons pas le temps de s'installer confortablement pour leur déjeuner. Prenez vos aises, je lance la première offensive… » déclare Nally, sur un sourire…

Nous nous installons sur des chauffeuses, une bonne tasse de thé à la main et Nally ferme un instant les yeux. Il ne se passe rien durant quelques petites secondes, puis un Elfe se fige et se retourne brusquement, le nez humant l'air et le regard fixé sur le sentier qui lui fait maintenant face. Et Nally met le son qui était resté coupé jusqu'à présent, tandis que Cuthalion et Gaspard sursautent…

Ils avaient été soufflés de voir les images et le sont tout autant d'entendre maintenant ce qu'il se dit…

« Man utúlien súrine, Amdir ? » demande l'un des Elfes, en direction de celui qui hume l'air en fixant le sentier de son regard pointu…

« Parle la Langue Commune ! » aboie aussitôt Marek, l'un des Rebelles, en avançant de quelques pas fougueux vers le sentier

Ce faisant, il déséquilibre son binôme d'infortune, un Elfe dont le treillis indique qu'il s'appelle Thoronir et qui était occupé à allumer le feu. Celui-ci riposte en tirant brusquement sur la chaîne le reliant à Marek, appelant ainsi son attention sur lui-même…

« Qu'est-il venu avec le vent, voilà ce que demande Hendor à Amdir, stupide et inculte Humain ! » siffle Thoronir, son regard hautement dédaigneux posé sur Marek.

Naturellement, ce dernier n'apprécie pas l'insulte et il revient vers Thoronir, l'œil mauvais…

« C'est pas le moment, Marek ! Tu régleras tes comptes plus tard ! Il se passe quelque chose ! » l'arrête cependant Braden, un Rebelle aguerri d'une trentaine d'années qui, selon Gaspard, a toujours été une tête-brûlée…

Ce qui n'est pas peu dire, quand on connaît le tempérament des Rebelles. Tous ont une très forte personnalité généralement, téméraire et prompte à l'emportement…

Marek crispe les mâchoires et pince les lèvres, dardant une dernière fois Thoronir, l'air de dire qu'il ne perd rien à attendre, avant de se détourner…

« Alors, Amdir ? Le vent t'a apporté les Effluves d'une Elfe en chaleur et c'est ça qui t'a mis le braquemart à l'arrêt ? » demande maintenant Séarlas, un autre Rebelle, sous les rires gras de ses potes…

Ce qui ne plaît pas aux Elfes, bien sûr, qui se retournent sur lui les yeux plissés et bien entendu, tous les Rebelles se redressent, faisant front, tandis que Gaspard hoche négativement la tête de droite à gauche et de gauche à droite sur un profond soupir…

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« Nom d'une pipe de nom d'une pipe… Qui est-ce qui m'a foutu une bande de bougres d'ânes pareille entre les pattes… » maugrée-t-il, d'un ton las, tandis que sur l'Ecran, les Elfes et les Rebelles semblent prêts à se rentrer dans le lard…

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Mais soudainement, Amdir se tourne vers eux avec vivacité…

« Torogs ! » s'exclame-t-il, en tirant vivement une épée de son fourreau…

Ses potes Elfes qui ont également une épée à disposition, la tirent aussi sec. Et quand ils n'ont pas d'épée, ils prennent couteau de chasse ou arc en main. Et naturellement les Rebelles les imitent, se mettant en garde devant leur binôme…

« Torogs, ce sont des Trolls, dôl cofn (1) ! Prépare-toi à te battre contre eux ! Pas contre moi ! » s'exclame Thoronir, à l'intention de Marek, tout en fichant un coup de sa lame contre celle du Rebelle qui pointe dangereusement la sienne dans sa direction …

« Il pouvait pas le dire en Langue Commune ce con ! » s'exclame aussitôt Marek, en se précipitant en avant pour faire face au sentier…

Mais naturellement, sa chaîne le rappelle brutalement à l'ordre, en s'emmêlant autour de la cheville droite de Thoronir, qui se retrouve brusquement le cul par terre dans un cri de douleur…

« Maudit imbécile ! Tu ne peux donc pas faire attention ! » hurle-t-il avec fureur…

« Oh ça va les insultes, hein ! Si tu crois que j'ai pas compris que tu m'en as balancée une aussi y a deux secondes, tu te goures du tout au tout ! Continue comme ça et je te les fais ravaler bien profond dans la gorge ! » s'exclame Marek, en retournant un œil noir à Thoronir, puis il hésite un bref instant avant de venir désentortiller la chaîne de la cheville de l'Elfe, en ajoutant : « T'avais qu'à avancer en même temps que moi, ça serait pas arrivé ! Et puis arrête de faire ta mijaurée douillette maintenant, c'est pas un moment bien choisi ! On a des Trolls à combattre ! »

Et il retourne se mettre en garde devant le sentier, tandis que Thoronir ramène son pied droit vers lui en grimaçant…

« Tu m'as blessé, nâr beleg o thû ! » s'exclame-t-il, d'un ton rageur, en palpant sa cheville …

« Ça veut dire quoi, ça ! C'est encore une insulte ? » réagit aussi sec Marek, en se tournant, l'œil noir de menaces, vers l'Elfe toujours à terre…

Thoronir ne pipe pas mot, mais son regard est suffisant pour exprimer ce qu'il pense et naturellement, Marek se précipite vers lui, pour lui balancer son poing rageur sur la gueule, exactement comme il l'avait promis. Cependant Thoronir l'attendait et il le cueille d'un coup de son pied gauche en pleine figure. Mais Marek est un solide gaillard. Le coup reçu ne lui fait pas grand effet et il se jette sur Thoronir, l'air très revanchard.

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« C'est pas gagné ç't'affaire là… Nom de nom d'une pipe, c'est pas gagné… » murmure Gaspard, en hochant de nouveau négativement la tête, son regard désabusé fixé sur l'Ecran

A ses côtés, Cuthalion tente de garder un air impassible, mais ses yeux parlent pour lui. Il est très mécontent…

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Marek et Thoronir se battent comme des chiffonniers, roulant sur le sol jusqu'au feu et renversant la broche sur laquelle cuisait un marcassin, au moment où leurs compagnons se retournent enfin vers eux…

« Sapristi ! Ils vont s'entretuer ces sottards ! Quand les Trolls seront bientôt sur nous ! Aidez-moi à les séparer vous autres ! » s'exclame Collen, rengainant son épée et entrainant à sa suite Orophin, son binôme forcé…

Collen s'empare de Marek, tandis qu'un Elfe retient Thoronir…

« Marek, garde ton énergie pour les Trolls, sacrebleu ! Tu lui foutras sa dérouillée plus tard à l'autre ! » rugit Collen, en maîtrisant tant bien que mal son compagnon Rebelle

Marek cesse aussitôt de se débattre et essuie son nez qui pisse le sang, dans la manche de son treillis, sous le regard quelque peu moqueur d'Orophin qui n'a pas bougé le petit doigt, pour aider son binôme à maîtriser son pote…

Pas plus que Gareth n'a aidé Bregolas à retenir Thoronir d'ailleurs…

« Ça va. Lâche-moi… » maugrée ensuite Marek, se défaisant de la prise de Collen, d'un mouvement d'épaule très sec, avant de se tourner de l'autre côté pour ne plus voir Thoronir…

Ce dernier, les cheveux en bataille et le nez également en sang, grimace de nouveau, une main sur sa cheville droite.

« Il m'a vraiment blessé. Ma cheville est cassée et nous n'avons pas d'Elfe Guérisseur avec nous… » dit-il, en direction de Bregolas, qui l'encourageait à se lever…

« Foutre ! Manquait plus que ça ! Comme si on n'était pas assez dans la fange comme ça ! » s'exclame Collen, en jetant un coup d'œil vers le sentier avant de demander, en direction d'Amdir : « T'as une idée de combien de Trolls rappliquent par ici ? »

« J'en ai compté cinquante-sept, mais les arbres obscurcissent ma vue et ils peuvent être davantage… » répond ce dernier, d'un ton neutre, tandis que je hausse un sourcil vers Nally…

C'est ça qu'elle appelle un petit groupe ? Pas demander si elle avait sorti le grand jeu tout de suite. Mais bon, les Trolls ne sont pas vraiment difficiles à combattre, c'est vrai. Et les Elfes auront abattu la moitié des cibles avec leurs flèches, avant qu'ils ne soient sur eux…

« Qu'est-ce que cinquante-sept trolls font dans l'Eryn o Faelynaë ? Et vous croyez que c'est la bouffe qui les attire par ici ? » demande Arzhul, le plus jeune Rebelle de la bande, en jetant un coup d'œil au marcassin écorché qui git dans l'herbe…

Arzhul a tout juste vingt ans et encore aucune expérience du terrain. Jusqu'à présent, il n'a jamais été qu'une Sentinelle et ne s'est donc pas frotté à l'ennemi. Mais c'est un petit teigneux, pressé d'en découdre…

« La bouffe ou autre chose, on s'en fout ! Et ce qu'ils foutent par ici aussi ! L'important c'est qu'ils sont au moins cinquante-sept. C'est-à-dire presque le double de nous ! Et qu'on est pas en bonne position ici et avec un blessé sur les reins en plus ! » réplique Collen, qui semble avoir décidé d'endosser le rôle temporaire de Chef des Rebelles, avant de demander à Amdir : « A quelle distance sont-y ? »

« Assez éloignés pour que les pleutres aient eu le temps de fuir, s'ils n'étaient enchaînés à des Elfes... » répond celui-ci, avec un regard dédaigneux

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Cette fois, Cuthalion exprime son mécontentement en pinçant durement les lèvres…

« Elfes ou Rebelles, aussi idiots sont-ils. Il faut que la leçon porte, Nyween. N'hésite donc pas à leur rendre la tâche plus difficile encore… » lâche-t-il, le regard rivé sur l'Ecran

Nally se contente de hocher la tête pour approuver…

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Bien entendu, la remarque d'Amdir fait immédiatement réagir les Rebelles qui serrent la garde de leur épée, couteau ou arc, les narines frémissantes. Mais Collen a levé impérativement la main et ses compagnons ne font pas mine de s'avancer vers l'Elfe…

« Sapristi, arrête de dire des conneries ! Il a jamais été question de fuir comme des lâches devant ces minables Trolls ! Je faisais juste remarquer qu'on est pas en bonne position dans cette petite trouée, surtout attachés les uns aux autres comme on est ! Les chaînes, les branches basses et les racines des arbres vont nous gêner ! Et puis on a un blessé qu'il faut mettre en position de se défendre efficacement avec son binôme ! Alors dis-nous plutôt si on aurait pas intérêt à aller au-devant d'eux, là où il y aurait une plus grande éclaircie ou même carrément une belle clairière ! » s'exclame Collen, le regard flamboyant de colère…

Amdir tourne brièvement la tête vers le sentier, avant de répondre…

« Peut-être pourrons-nous, si nous courrons vite… » dit-il, d'un ton le plus neutre possible…

Mais laissant sous-entendre quand même dans son regard, qu'il doute possible que les Rebelles soient suffisamment rapides…

« On tente le coup. Marek, t'as estropié ton binôme, tu le portes ou tu restes ici avec lui ! » décrète Collen, d'un ton impératif.

« Et depuis quand t'es le Chef toi ? » réagit aussi sec Marek, l'air vivement mécontent…

« Même si c'est pas d'beaucoup, j'suis le plus vieux et çui qu'y a le plus d'expérience ! Et si t'es pas heureux, c'est du pareil au même ! » répond sèchement Collen, avant de faire signe à Orophin de se mettre en train

Certains des Elfes rengainent leur épée ou couteau, pour s'armer de leur arc quand il en ont un, avant de démarrer à fond de train au-devant des Trolls…

« Foutre queue ! » s'exclame Marek, jetant un coup de poing rageur dans l'air, en voyant tout le monde quitter le petit campement, s'éloignant au plus vite de lui.

Il tourne en rond une ou deux fois, sous l'œil à la fois moqueur et mécontent de Thoronir, puis, après avoir donné un coup de pied coléreux au marcassin écorché et étouffé complètement les quelques braises encore rougeoyantes, il se dirige l'air décidé vers son binôme, l'attrape par le col, le soulève avec vivacité et le flanque sur son épaule, avant de courir au plus vite pour rattraper les autres…

Inutile de dire que Thoronir jure tout ce qu'il peut dans sa langue. Et je ne peux m'empêcher de rire en le voyant se débattre, dans le cliquetis des chaînes que Marek a également rejetées sur son épaule, afin d'être plus libre de ses mouvements…

Je ne suis pas le seul à me gausser de ce spectacle. Hermione, Harry, Nally et Severus se bidonnent autant que moi, tandis que Cuthalion et Gaspard tentent d'adopter un air indifférent. Mais il est clair qu'au fond, ils sont plutôt vexés par le ridicule de la situation…

Trois ou quatre bonnes centaines de foulées plus tard, c'est la rencontre avec les Trolls. Nally avait raison de dire que les autres n'y verraient que du feu. Les faux Trolls ont l'air plus vrais que nature. Bien sûr, les quelques Elfes armés d'arc ont dégommé pas mal de cibles avec leur flèches. Mais Nally n'était pas décidée à ce que la partie soit facile, alors elle a rajouté autant de cibles que nécessaires afin qu'il en reste une bonne soixantaine à combattre à l'arrivée.

La Bataille est d'abord désordonnée, complètement brouillon. Les coups volent bas et il y a rapidement quelques blessures, sans gravité heureusement, du côté des Rebelles et des Elfes. Mais certains binômes comprennent vite qu'ils ont intérêt à se synchroniser s'ils veulent limiter la casse et quelques autres les imitent. Le plus curieux à voir reste bien entendu le duo Marek et Thoronir. Ce dernier n'a pas eu le temps de descendre de l'épaule de son binôme. Il se bat donc la tête en bas et quand il voit qu'il n'aura pas le dessus étant donné sa position plus que défavorable, il crie pour que Marek se retourne et lui sauve la mise…

Ce serait comique, si ces andouilles ne risquaient pas un très mauvais coup…

Bref… Ça ferraille durant six ou sept bonnes minutes, à coup d'épées, de dagues ou couteaux de chasse, avant que toutes les cibles soient enfin à terre. Ce qui aurait dû durer bien moins longtemps, étant donné la Technique de Combat très sommaires des Trolls de Delweth. Cependant Rebelles et Elfes sont largement vainqueurs quand même. Et essoufflés. Ils regardent un instant les cadavres qui gisent sur le sol, puis Séarlas avise que son jeune frère Arzhul est blessé à la cuisse et il se dirige vers lui pour le soigner. Ça décide d'autres à en faire autant.

Naturellement, les Rebelles soignent des Rebelles et les Elfes des Elfes.

« Va falloir aussi s'occuper des cadavres. On peut pas les laisser comme ça, mais on peut pas non plus les incinérer sans foutre le feu à toute la forêt. Alors faut les enterrer… » déclare soudainement Gwenvael, en se grattant l'arrière du crâne, lorsque tous les blessés ont été soignés…

« Ouais. Mais on a pas de pelle non plus… » fait remarquer Helori, en grimaçant…

« J'ai ma Baguette. J'peux creuser. Gareth, Aneurin, Gwenvael et Rewan aussi… » répond aussi sec Taran, en sortant sa Baguette de sa manche…

« Nous allons nous occuper des funérailles de ces Créatures… » intervient cependant Caelin, l'un des Elfes, son regard plongé vers le cœur de la forêt…

« Ah… Très bien… » répond Taran, en remisant sa Baguette.

Mais il hésite soudainement et la ressort, avant de se tourner vers Thoronir…

« Je suis pas guérisseur, mais du temps que j'avais encore ma ferme, c'est toujours moi qui me suis occupé des fractures. Bête, Homme ou Elfe, c'est du pareil au même, parce qu'un os, c'est un os, non ? » dit-il, en faisant rouler sa Baguette entre ses doigts

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Pour le coup, Harry et moi-même échangeons un coup d'œil surpris et Gaspard se penche vers l'Ecran, l'air satisfait, tandis que Cuthalion hausse imperceptiblement un sourcil…

Personne parmi nous ne s'attendait à ce qu'il y ait aussi rapidement à une preuve de solidarité naissante…

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Thoronir hésite cependant à répondre. Mais finalement il hoche la tête positivement, car il n'y a pas d'Elfes Guérisseur dans leur groupe et Taran se met à l'œuvre. Lorsqu'il a terminé, l'Elfe se lève avec précaution, puis il fait quelques pas.

« Merci. » dit-il ensuite, d'un ton neutre, en direction de Taran…

« Me remercie pas. C'est pas pour toi que j'ai fait ça. C'est pour Marek. Ça m'aurait fait chier que mon ami soit obligé de se coltiner ton poids sur son épaule, pendant toute la durée de notre voyage… » répond Taran, avec brusquerie…

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Ouais. Bien sûr… C'était trop beau, me dis-je, tandis que Gaspard soupire de déception…

« Nom d'une pipe de nom d'une pipe ! Bougre de niquedouille !… » murmure-t-il, une fois de plus désabusé…

« Ne désespère pas, Gaspard. C'était une première et on ne s'attendait pas à un miracle. La plupart des binômes se sont au moins coordonnés pour l'attaque, c'est déjà ça. Et ça ne pourra aller que de mieux en mieux… » sourit Nally, avec un bel optimisme…

« Et si ça améliore pas leurs rapports ? Qu'ils deviennent pas amis ? » demande le Chef des Rebelles, en prenant la tasse de thé que Nally lui offre…

« Je te l'ai dit, je ne m'attends pas à ce qu'ils deviennent amis, Gaspard, mais qu'ils soient solidaires dans la Bataille et se tolèrent sans s'agresser à la moindre occasion. Alors soit optimiste et viens ce soir après la veillée. Nous verrons où ils en sont alors… » déclare Nally, avant de se diriger vers notre table de travail…

Et chacun comprend le message. Il est l'heure de reprendre le boulot…

Ce que, Harry, Hermione Severus, Nally et moi-même allons faire, en gardant de temps en temps un œil sur l'Ecran…

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Soixante et treizième jour

Acte 6 : Dernière Offensive

Harry

Six jours maintenant que la Simulation est commencée, pour les Rebelles et les Elfes qui ne s'entendaient pas du tout et foutaient sans cesse la zizanie dans le Campement.

Je suis satisfait, car ça prend une bonne tournure. Bien sûr, il y a quelques disputes encore, mais lors des Combats contre les Créatures que Maman met sur leur chemin, ils s'organisent de mieux en mieux et les binômes se coordonnent. Quelques-uns d'entre eux ne s'aboient plus dessus à la moindre occasion non plus. L'atmosphère commence donc à s'apaiser entre deux échauffourées contre leurs « véritables » ennemis.

Bref, on peut dire en fait, qu'une certaine neutralité s'installe progressivement…

Et finalement, notre idée d'imposer cette Simulation à ce groupe, a eu des effets bénéfiques sur tout le Campement. Cuthalion et Gaspard ont profité de l'occasion, pour inciter leurs troupes respectives, à faire preuve de plus de zèle, dans le développement de leur esprit de corps, sous peine d'être soumis au même sort que leurs camarades…

Depuis, Elfes et Rebelles qui faisaient déjà de gros efforts pour se côtoyer, s'attachent désormais à faire preuve de politesse et à échanger leurs savoir-faire guerrier. A s'entraider aussi. Durant les corvées et les Entraînements…

Et cela satisfait les Entraîneurs, qui notent désormais une rapide progression dans les objectifs que nous nous sommes fixés…

De mon côté, j'ai décidé de tester ma défense contre la fameuse vrille de Voldemort. Maman m'aide. Elle s'est attachée à reproduire le tic de Voldemort, tandis que je m'entraînais de mon côté au mouvement inverse…

Mais le rythme était bien trop court et précis, bien trop difficile à prendre donc. Et à réussir à reproduire exactement en toute circonstance. Alors nous nous sommes creusés la cervelle, pour trouver un Sortilège à jeter sur ma propre main, afin d'assurer mon affaire…

Et c'est Arthur, qui nous a soufflé l'idée géniale, d'adapter le Sortilège dont usent les Sorciers, pour régler le balancier de leurs Horloges Magiques. Après plusieurs essais infructueux, nous avons fini par trouver le bon ajustement. Et les tests que nous avons alors effectués ont été couronnés de succès….

J'en suis ravi bien sûr. Certes, je ne vais pas partir vainqueur à coup sûr, car je ne suis pas à l'abri d'une défaillance, mais j'ai un atout supplémentaire dans ma manche, dont Voldemort ne peut soupçonner l'existence…

Inutile de préciser que Ron est satisfait lui aussi. Et pas que lui. Personne n'a jamais douté de ma capacité à vaincre Voldemort, mais j'ai des chances supplémentaires de m'en sortir et surtout de limiter le coût de ma victoire. Pas seulement pour moi, mais aussi pour tout le monde. Car plus vite je gagnerai mon Combat contre lui, plus vite se terminera la Bataille pour les autres aussi.

Ce qui est bien sûr très bon à prendre. Car cela signifie moins de blessés et moins de morts dans notre Camp…

Comme j'aimerai, que nous réussissions à faire en sorte qu'il n'y ait pas de Bataille et que la guerre dans notre Monde, se termine juste entre lui et moi ! Mais, même si nous allons bien sûr essayer d'en arriver là, c'est un rêve qui a peu de chances d'aboutir. Car je crains fort que Voldemort ne veuille pas d'un Duel à huis clos, sans spectateurs. Il est en effet plutôt du genre à vouloir au contraire qu'il y ait le plus de monde possible, pour assister à son triomphe.

Ma montre sonne…

« Ah ! Voilà le moment attendu… » fait remarquer Ron, en détournant son regard des ados dont nous sommes venus évaluer la progression…

Un bon petit groupe, qui s'accorde vraiment bien et dont l'un des membres vient de réaliser une jolie performance au parcours du combattant…

« Oui. Ne faisons pas attendre Maman… » réponds-je, en faisant demi-tour pour aller vers le village et rejoindre la Yourte d'Etat-Major…

La dernière offensive va être lancée. Le test ultime, pour ceux que nous appelons entre nous les bannis….

« Je le sens bien… » sourit Ron, en répondant aux grands signes qu'effectue Jonas dans notre direction…

Vincent a décidé d'emmener un groupe de gosses faire un petit tour en forêt et bien sûr il est de la partie. Avec son nouveau petit copain, Siam. Ce dernier s'est assagi depuis quelques temps. Faire toujours le même parcours avec sa sœur l'ennuyait faut-il croire. Car maintenant qu'il a compris qu'il irait chaque jour en découverte dans différents coins de la forêt, il ne cherche plus à échapper à la vigilance des personnes âgées qui gardent les gamins en journée. Un bon soulagement pour tout le monde…

« Je suis optimiste moi aussi. » déclare-je, en répondant également aux signes de Jonas…

En chemin, nous croisons Cuthalion, qui se dirige également vers la Yourte d'Etat-Major. Il a l'air aussi détendu que possible, malgré son port royal…

« Savez-vous quelles réjouissances réserve Nyween à nos bannis ? » demande-t-il, en haussant imperceptiblement un sourcil vers Ron et moi-même…

« Oui. Mais je t'en laisse la surprise. Je ne voudrais pas gâcher ton plaisir de la découverte.. » réponds-je, avec un demi-sourire…

Je me sens nettement plus à l'aise avec lui, depuis qu'il a laissé totalement tomber son masque guindé lorsqu'il est avec nous, en stricte sphère familiale. Je n'hésite donc pas à le charrier un peu de temps en temps. A l'instar de Ron qui, quant à lui, le fait dès que l'occasion se présente. C'est à dire au moins une ou deux fois par jour…

Et tiens, à ce propos les jumeaux ont joué une farce maison à tous les Elfes et Rebelles mâles il y a quelques jours, histoire de les mettre sur un pied d'égalité dans le ridicule. Ils ont fait exploser une belle série de Pétards Métamorphosants de la gamme Volaille en Folie, alors qu'ils étaient tous rassemblés et prêts à repartir à l'Entraînement après le déjeuner…

Les gosses, qui partagent toujours ce repas avec nous, étaient ravis bien sûr. Et les ados pliés de rire… Ces derniers n'ont pas été en reste cependant. Les jumeaux leur ont fait servir des Crèmes Canaris en dessert le lendemain…

Et les gamins réclamant une farce à leur tour, ils leur ont distribués des Friandises Risanimus, à leur grand bonheur…

Depuis, les jumeaux sont les héros des gamins, bien sûr…

« Très bien. Puisqu'il en est ainsi, je découvrirai. Mais tu ne perds rien à attendre, Elrond. Un jour prochain, c'est moi qui te ferai des cachotteries ridicules… » me répond Cuthalion, en levant le nez en l'air

Faussement vexé, bien sûr…

« Pas de problème. J'adore les surprises. » réplique-je, avec un clin d'œil, en ouvrant la porte de la Yourte, avant de l'inviter d'un large geste de la main, en m'inclinant exagérément et ajoutant : « Que votre auguste Majesté veuille bien se donner la peine d'entrer… »

« Merci coquin. Mais n'espère pas de récompense pour ton service. Il laisse trop à désirer… » rétorque Cuthalion, avec une raideur et une hauteur totalement feinte…

« J'en prends note, Monseigneur. Mais méfiez-vous cependant. Il se pourrait que par vile vengeance à l'encontre de votre pingrerie, je laisse malencontreusement mon pied traîner à votre passage, un jour prochain. » réponds-je, avec les même raideur et hauteur…

« Refrène cette envie, coquin. Ou il t'en coûterait pour cette offense, un séjour prolongé dans les geôles Royales ! Et dépêche-toi donc de m'avancer un siège ! » rétorque Cuthalion, décidé semble-t-il à prolonger le petit jeu…

Eh bien, puisqu'il le désire, prolongeons, me dis-je…

« Enfin un peu de vacances et de tranquillité donc ! Suis-je sot de n'avoir eu l'idée plus tôt ! Dépêchez-vous donc de passer devant moi, je vous prie, Monseigneur, que je réalise ce rêve depuis trop longtemps inassouvi ! » réplique-je encore, d'un ton théâtral, en avançant un siège pour qu'il puisse s'assoir, avant d'ajouter : « Votre royal siège, Monseigneur est avancé. Vous pouvez donc poser votre auguste fessier… »

« Suffit ton insolence ! Et prends garde que je te prenne au mot, coquin ! Ajoutant à ton crédit, cent coups de fouet par jour, jusqu'à fin de l'accomplissement de ta peine… » répond Cuthalion, en prenant place sur la chauffeuse que j'ai avancée pour lui…

« Diantre ! J'aurais mieux fait de taire, le plaisir de la perspective d'un séjour en geôle ! Me voilà gros Jean comme devant ! Il va me falloir lui faire oublier cette affaire et jouer plus finement la prochaine fois ! » déclare-je alors, comme pour moi-même et prenant l'air faussement contrarié…

« Certes coquin ! Et prends leçon ! Tenter de faire le malin avec un Roi n'est jamais bon ! Aussi méfie-toi de me faire mauvais tour ou cachotterie à l'avenir ! Il t'en coûterait bien plus qu'il t'en rapporterait ! Et avoue dès lors, tout ce que tu me dissimules depuis tantôt ! » s'exclame Cuthalion, en se penchant légèrement, doigt tendu et œil menaçant vers moi, avant d'ajouter : « Parle te dis-je ! Et dis-moi donc tous des plans de ma Petite-fille dont je te sais le vil compère ! »…

J'éclate aussi sec de rire…

« Bien tenté Cuthalion ! Mais aucune menace vraie ou fausse ne me fera parler. Il faudra attendre que Maman arrive, pour en savoir davantage. » déclare-je, en prenant l'une des tasses de thé du plateau que Ron me présente, l'œil rieur…

« J'aurais au moins essayé… » réplique Cuthalion, avec un demi sourire, alors que la porte s'ouvre derrière nous…

Papa, Hermione et Gaspard entrent à leur tour dans la Yourte d'Etat-Major. Et ils ont à peine le temps de s'installer que Maman en fait autant…

« Quel est le programme ? » demande alors Gaspard, avec une curiosité non dissimulée

« Je n'ai pas obtenu réponse à cette même question, Gaspard. On veut nous laisser le plaisir de la découverte… » répond Cuthalion, avant de tremper ses lèvres dans son thé…

Et contre toute attente, il m'adresse un petit clin d'œil par-dessus sa tasse…

Nous l'avons vu bien à l'aise à plusieurs reprises et entendu rire aussi, mais c'est bien la première fois qu'il affiche ainsi de la complicité…

« Ah… Ben découvrons alors… » réagit Gaspard, en se tournant résolument vers l'Ecran où deux de nos bannis, arrivent bientôt en lisière de forêt

Maman allume le son, puis elle ferme les yeux…

Il ne se passe rien, durant deux ou trois minutes, puis Amdir, qui est toujours désigné d'office éclaireur de la petite bande car il a l'œil et l'ouïe les plus pointus, se raidit. Son binôme, Gwenvael se met aussitôt en garde…

« Que se passe-t-il ? » demande-t-il, sur le qui-vive, en plissant les yeux dans la même direction qu'Amdir…

« Un nuage de poussière à l'horizon de Nann o Forod. Mais je ne distingue pas ce qui le produit, en raison des arbres. Allons vite en lisière… » répond Amdir, avant de se précipiter en avant, courant vivement.

Il a cependant ajusté sa course à son binôme et Gwenvael de son côté fournit les efforts nécessaires pour qu'il soit le moins ralenti possible. Et ils arrivent très vite en lisière de forêt…

« Soudaryons ! Ils sont à cheval et seront ici dans moins d'une heure, s'ils poursuivent vers nous ! Et il y a un Kogriah et des Servylans avec eux ! » s'exclame aussi sec Amdir, les narines frémissantes…

« Merdasse ! Et regarde, là ! Il y a un village ! C'est là qu'ils vont attaquer les salauds ! Ils vont emmener les jeunes filles et les gosses, pendant que le Kogriah et les Servylans feront festin avec les cadavres des adultes ! Il faut aller chercher les autres et que quelqu'un aille dire aux villageois de venir se mettre à l'abri dans la forêt ! » répond Gwenvael, en pointant le doigt vers le sud…

« Pourquoi aller chercher les autres ? Crains-tu ne pas courir assez vite pour revenir te cacher ici à temps ? » demande Amdir, l'air quelque peu moqueur…

« Imbécile ! Je suis Sorcier ! Dès que je mets un pied hors des Protections des Roherdirons, un Dévoreur va arriver ! Et deux autres après lui, si nous le mettons bas ! Et même si nous les abattons eux aussi, la mise doublera encore après ça ! Comme la dernière fois que nous avons eu à les combattre ! Nous ne pourrons jamais arriver au village ! » répond Gwenvael, passablement énervé, en tirant sur la chaine pour entraîner Amdir en sens inverse…

Mais l'Elfe l'attrape par le bras et l'arrête…

« Attends. Nous précédons trop les autres. Si nous allons les chercher, nous ne pourrons mettre les villageois à l'abri à temps. » dit-il, en fouillant dans ses poches…

« Quoi ! Tu veux dire que c'est foutu ! Moi je ne veux pas y croire ! Je refuse de rester ici à rien faire tu m'entends ! Alors on va courir tout ce qu'on peut ! Faut sauver ces gens, les filles et les gosses ! » s'exclame Gwenvael, en tirant de nouveau sur la chaîne…

« Attends, te dis-je ! » rétorque Amdir, d'un ton impératif, avant de brandir un sifflet sous le nez de Gwenvael et d'ajouter : « Je vais les alerter ! Ainsi ils arriveront à temps ! »

Et il siffle sans attendre, dans la direction où se trouvent les autres…

« J'entends rien. T'es sûr que tes potes vont entendre eux ? » demande Gwenvael, l'air perplexe…

« Le son de ce sifflet n'est pas audible pour les oreilles des Elfes non plus. Mais les Pytimouss ont entendu et ils vont prévenir mes amis… » répond Amdir, avec assurance…

« Ah oui ? Et comment peux-tu être certain qu'il marche ton sifflet, si tu ne l'entends pas ! » rétorque Gwenvael, avec mauvaise humeur…

« Je le sais. Regarde… » répond Amdir, en désignant un buisson du doigt…

Deux petites frimousses de Pytimouss dépassent prudemment, regardant Amdir et Gwenvael, l'air intrigués et effrayés à la fois. Amdir se dirige vers eux, s'arrêtant à trois pas, avant de s'agenouiller…

« Les attaquants ne pourront venir vous faire du mal. Accès leur est défendu de ce côté. Mais le village qui se trouve tout prêt, est en grand danger et il est urgent de mettre les enfants Humains à l'abri. Pouvez-vous me dire si mes amis sont alertés maintenant ? » demande-t-il, avec douceur…

Nous n'entendons pas la réponse des Pytimouss bien sûr, mais après deux ou trois secondes, Amdir se tourne vers Gwenvael…

« Le message est reçu. Les autres arrivent en courant très vite… » déclare-t-il, avant de remercier les Pytimouss et de se lever…

Gwenvael semble quelque peu soulagé et il balbutie quelques paroles de remerciement vers les Pytimouss lui aussi. Puis le binôme revient vers la lisière, pour surveiller l'avancée de l'ennemi…

« Je ne comprends pas qu'il n'y ait pas de Protection de Roherdiron sur ce village, ni de Sentinelles dans les environs pour alerter les villageois du danger… » souffle soudainement Amdir en regardant vers le village…

Je jette illico un regard vers Maman. Nous savions bien que l'un ou l'autre des Elfes se poserait cette question. Je suis même surpris qu'aucun ne se soit jusqu'ici étonné plus qu'ils l'ont fait, que des Créatures Maléfiques aient pu pénétrer dans l'Eryn o Faelynaë. Ils ont juste supposé que des Dévoreurs avaient neutralisé la Protection des Roherdirons suffisamment longtemps pour qu'elles puissent passer…

« Il ne doit pas y avoir de Sorcier dans ce village. Et ils ont dû penser que Balegarian interdirait à ses Créatures de s'approcher si près de l'Eryn o Faelynaë. En principe ce n'est pas dans son intérêt. Cette forêt représente trop, aux yeux des Elfes. Même les Humains le savent. Bien qu'ils ne comprennent pas pourquoi… » répond Gwenvael, sur un haussement d'épaule…

Mais son œil coule vers Amdir. Je suis sûr qu'il aimerait comprendre, en quoi l'Eryn o Faelynaë est si importante pour les Elfes. Amdir garde silence cependant. Et Gwenvael hausse de nouveau les épaules

« Et les villageois ne peuvent pas savoir que la donne a changé et que Balegarian se fiche bien maintenant que les Elfes ne voient pas d'un bon œil que ses Créatures viennent par ici, puisqu'elle va très bientôt adresser un Ultimatum à votre Conseil. Se sentant en sécurité, ils ne doivent donc pas avoir posté quelqu'un en sentinelle… » poursuit-il, comme s'il ne s'était pas interrompu, avant de tourner résolument son visage vers le village.

Il semble décidé dorénavant à ne plus le quitter des yeux. Et espérer que peut-être un villageois va venir par ici, suffisamment près, pour pouvoir lui dire de courir avertir les siens du danger…

« L'Eryn o Faelynaë est la plus ancienne des forêts de ce Monde. Et c'est en son sein, qu'est né le tout premier hôte de la Magie, bien avant que les terres émergées ne soient séparées. C'est aussi l'Eryn o Faelynaë, qui abrite la Reine des Nymphes… » déclare soudainement Amdir, après deux minutes de silence, au sursaut de Gwenvael…

« Alors c'est pour ça, que la Mission Belles aux Bois Dormant doit absolument se dérouler ici et pas ailleurs ? » demande Gwenvael, en haussant un sourcil…

Il est bien au courant de la Mission, car il est un Animagus potentiel et il doit donc y participer s'il parvient à se Métamorphoser d'ici là…

« Oui. Il faudra qu'Eldalótë lui adresse sa demande, afin que la voix des Nymphes s'élève dans toute la Celtycie… » acquiesce Amdir, qui jette ensuite un rapide coup d'œil en arrière…

Sans doute évalue-t-il l'avancée des autres bannis…

« Pourquoi me révèles-tu cela ? » demande alors Gwenvael, sourcils froncés…

« Tu faisais partie de la Mission. Cela t'aurait donc été révélé afin que tu mettes toute ton énergie à défendre l'entrée de l'Eryn o Faelynaë aux Dévoreurs de Magie… » répond laconiquement Amdir…

« Pas besoin que je sache, pour mettre toute mon énergie dans le Combat. Je fais toujours ainsi. Pour l'amour des miens et de la Celtycie. Nyween le sait bien. Mais je fais plus partie de la Mission, maintenant, puisque j'ai été banni. Tout comme toi… » répond Gwenvael, avec quelque brusquerie, avant de regarder de nouveau vers Amdir pour ajouter : « Quoique je me suis souvent demandé si le fait être banni était une raison suffisante, pour rester à l'écart de cette Mission. Et même si on en a pas parlé, je sais que mes compagnons se posent la même question. Quitte à être coincés dans cette forêt, autant se rendre utile, tu crois pas ? Au moment venu, on pourrait toujours donner un coup de main…»

« Nous pourrions, oui. Pour l'amour des nôtres et de la Celtycie… » répond Amdir, en tournant son regard vers Gwenvael pour l'ancrer dans le sien…

Gwenvael sourit…

« D'accord. On parlera de ça aux autres, quand les villageois seront à l'abri… » dit-il, avec fermeté

Et Amdir hochant la tête pour acquiescer, il tend la main, pour signer l'accord. Amdir hésite un chouïa, avant de la serrer. Et lorsque c'est fait, les deux bannis reportent leur regard, l'un vers le village, l'autre vers l'horizon

o-o-o

« Ah ! Nom d'une pipe ! Ça porte ses fruits les amis ! Voilà une preuve de solidarité, enfin ! » s'exclame aussi sec Gaspard, l'air heureux…

« C'est un bon début. Mais c'est pour l'amour des leurs et de la Celtycie. » fait remarquer Papa, sous le hochement de tête approbateur de Maman..

« Effectivement. Mais nous pouvons considérer en revanche, qu'Amdir a fait preuve de solidarité envers les villageois. » glisse alors Cuthalion, avec un petit air supérieur…

« A mon avis, pas tant que ça. Il devait surtout redouter les foudres qui lui retomberaient dessus, si nous venions à apprendre qu'il avait refusé de venir en aide à un village, dont les enfants et les jeunes filles étaient en danger d'être emmenés par les Soudaryons… » assène illico Maman, en effectuant un discret clin d'œil vers Ron, Hermione et moi-même

Cuthalion remise aussitôt son petit air supérieur et se renfrogne imperceptiblement en pinçant les lèvres…

« Concède tout de même, qu'il a fait un effort, en révélant à Gwenvael ce qui rend l'Eryn o Faelynaë si précieuse à nos yeux… » dit-il, d'un ton le plus neutre possible…

« Je concède. Mais il ne s'agit pas de compter les points pour savoir qui des Elfes ou des Rebelles, donnera le plus grand nombre de preuves de bonne volonté. Ni d'un concours de la meilleure des preuves de bonne volonté, il va sans dire. Mais qu'ils fassent tous œuvre de bonne intelligence et de solidarité durant le Combat… » déclare Maman, avec un nouveau clin d'œil discret dans ma direction

« Un Combat que je ne vois guère venir pour le moment. Ne peux-tu raccourcir l'attente ? » réplique Cuthalion, avec quelque raideur…

J'ai cependant la sensation qu'elle est feinte, comme tantôt…

« Ça va venir, n'ait crainte. Mais je ne peux tout simplement pas mettre la puce à l'oreille d'Amdir, alors que nous sommes si près du but. Ce serait dommage, tu ne crois pas ? » rétorque Maman, avec un amusement ouvert…

Cuthalion se dispense de répondre et Maman émet un petit rire, avant de reporter son attention sur l'Ecran.

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Il se passe encore quelques minutes, avant que les autres bannis n'arrivent, essoufflés et demandant ce qu'il se passe de si urgent. Amdir et Gwenvael expliquent l'affaire en deux mots…

« Sacrebleu ! Combien de temps avant que les autres salauds nous tombent dessus ? » demande aussitôt Collen, en se précipitant à la lisière pour évaluer lui-même la réponse à sa question…

« Même en partant tout de suite, nous ne pouvons plus espérer pouvoir revenir ici avec femmes et enfants, sans avoir à nous battre. Mais au moins pourrons-nous couvrir leur fuite… » répond Amdir, l'œil rivé en direction des ennemis…

« Très bien. Les binômes sans Sorcier, on y va. » décide Collen, l'air résolu…

« Et nous, qu'est-ce qu'on fait ? On vous attend comme des cons ? » demande Aneurin, l'air absolument pas d'accord.

« T'as pas le choix, Aneurin. Si tu mets un pied à l'extérieur des Protections, c'est foutu pour tout le monde. Alors poste-toi au plus près et apprête-toi à nous couvrir avec ta Magie dès que tu peux… » déclare Collen, avant d'amorcer un pas en direction de la plaine.

Mais Gwenvael arrête encore une fois son chef…

« Puisque nous avons pas besoin de nos épées et de nos couteaux, autant qu'on les confie aux moins armés… » dit-il, en défaisant rapidement le baudrier qui retient son épée à son côté

Et il le tend à Salmar, un Elfe, qui n'a qu'un arc et un couteau de chasse à sa disposition. Celui-ci le regarde d'un air étonné

« Allez, prends la avant que je change d'avis ! » s'exclame Gwenvael, avec brusquerie, en fourrant carrément l'épée dans les mains de Salmas.

Puis il donne son couteau de chasse à Caenlin, tandis que j'échange un rapide coup d'œil très satisfait, avec Maman, Papa, Ron et Hermione…

A nos côtés, Gaspard et Cuthalion ne disent rien. Ils attendent notre réaction à Maman et moi-même. Aucun d'entre nous deux ne fait cependant de commentaire encore. Notre regard revient sur l'Ecran où, sur une brève, très brève hésitation, Gareth, Aneurin, Taran et Rewan se défont également de leurs armes. Les remettant indifféremment aux Elfes ou Rebelles, qui vont en avoir besoin. Et leurs binômes font la même chose.

« Dès que les gosses et les femmes sont à l'abri, on va décrocher au plus vite. Alors usez de votre Magie et de vos arcs. Et surtout, loupez pas les salauds qui tenteront de nous abattre dans le dos ! » déclare ensuite Collen, en direction des Sorciers et également des Elfes obligés de rester avec leur binôme…

« Compte sur nous. » acquiescent les Sorciers d'une même voix, tandis que les Elfes se contentent de hocher la tête…

Et Collen sonne le signal de départ…

« Je te confie mon dos, si tu le veux bien. » déclare cependant Salmas, en direction de Gwenvael, avant de suivre son binôme dans la course vers le village…

« Compte sur moi ! » lui crie Gwenvael, qui a déjà tiré sa Baguette

« Vous pouvez tous compter sur nous ! » s'exclament ses amis Rebelles

« Et sur nous ! » renchérissent leurs binômes

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« Objectif atteint… » souris-je, vers Maman…

« Oui. Ils peuvent revenir maintenant… » sourit-elle en retour…

Et elle se lève, invitant tout le monde à la suivre hors de la Yourte. Nous effectuons quelques pas sur la plaine, avant de nous arrêter. Maman ferme les yeux un bref instant et les bannis surgissent devant nous, dans un pop assez sonore…

Et ils s'écroulent par terre, l'air complètement désorientés…

« Sacre diable ! Mais qu'est-ce qui t'as pris de nous ramener maintenant, Nyween ! Un village va se faire attaquer par des Soudaryons et des Servylans dans moins de dix minutes ! Ramène-nous d'où on vient ! Faut qu'on les sauve ! » s'exclame Collen, en se relevant d'un bond…

« Il n'y a pas de village en danger, Collen. C'était une Simulation… » répond Maman avec calme…

« Quoi ? » réagissent quelques-uns des Rebelles, tandis que d'autres froncent les sourcils, se demandant visiblement si c'est du lard ou du cochon…

Les Elfes, quant à eux, plissent les yeux…

« Tout n'était donc qu'Illusion ? » demande Amdir, l'air maintenant quelque peu scandalisé…

« Oui. Et nos attentes étant satisfaites, vous allez pouvoir reprendre l'Entraînement avec les autres … » répond Maman, tandis que j'annule mon Sortilège d'Entrave

« Ben alors là, va falloir qu'on m'explique… » murmure Lúcás, sous le hochement de tête approbateur de Turgon, qui était son binôme depuis six jours…

« Tu auras tes explications, Lúcás. Mais d'abord va retrouver Granna. Elle sera bien heureuse de te voir… » réponds-je, avec douceur, le souvenir de Granna me suppliant de son regard en larmes, m'étreignant le cœur…

S'il y a bien une chose dont je ne suis pas fier, c'est d'avoir fait pleurer cette pauvre femme, à cause de mon idée de Simuler le bannissement des récalcitrants…

Lúcás hoche la tête, mais voyant que Maman s'apprête à dire quelque chose à son tour, il attend avant d'aller voir sa grand-mère.

« Allez tous prendre une douche, dans les vestiaires de l'Aire d'Entraînement, vous en avez bien besoin. Un repas vous sera servi dans une demi-heure, ici même. Nous répondrons ensuite à vos questions… » invite Maman, avec une douceur ferme…

Elfes et Rebelles acquiescent. Et ils s'en vont. Chaque binôme se mettant en train en même temps, par habitude. Et, tandis que je les regarde s'éloigner d'un même pas, je me sens entièrement satisfait.

Un solide esprit de corps est né entre ceux-là. Et cela va gagner l'ensemble de la troupe ici présente, j'en suis convaincu…

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