Disclaimer : cf chapitre 1

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Grand merci à Mistycal !

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Réponse aux commentaires anonymes sur mon forum : - lion -

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Mission Belles Aux Bois Dormant 1/4

Trois cent vingt-huitième jour du séjour

Acte 1 : Une Réunion Imprévue

Hermione

Les enfants sont couchés depuis environ une heure seulement mais la veillée des ados et adultes touche presque à sa fin déjà. Des petits groupes commencent à remonter vers le village ou la clairière. Nous n'allons pas veiller tard ce soir, en raison de la Mission Belles Aux Bois Dormant qui débutera très tôt, demain matin et à laquelle environ la moitié des effectifs Elfes et Rebelles, va participer…

Je me sens prête pour cette Mission depuis plusieurs semaines déjà et je sais que Nev et Ginny le sont aussi. Nous ne sommes seulement pas capables de dire combien de temps cela va nous prendre, pour réveiller les Nymphes. Nous nous demandons également sérieusement si leur Reine agréera à ma demande d'aide, lorsque je pourrai enfin me faire entendre d'elle, ou si elle aura tant de griefs à l'encontre des Elfes, qu'elle se fera prier longuement…

Peu m'importerait le Temps qu'il faudra pour remplir ma Mission et convaincre la Reine de nous aider, s'il n'y avait pas autant de vies en jeu. Mais ce n'est pas le cas et j'en ai cruellement conscience. Mon regard coule vers mes amis, qui rient aux éclats à une plaisanterie de Blaise. Je frissonne et mon ventre se noue. Je ne veux pas qu'ils soient blessés ou tués demain. Aucun d'entre eux.

« Bon, ce n'est pas que je m'ennuie en votre charmante compagnie les amis, mais nous avons une importante Mission demain, je vous le rappelle au cas où vous l'auriez oublié ! Alors c'est l'heure d'aller mettre la viande dans le torchon ! » s'exclame soudainement Ron, en se levant prestement…

Tout le monde acquiesce et suit le mouvement, se bousculant un peu avec bonne humeur, dans les embrassades de bonne nuit…

« Pas d'inquiétude à avoir pour demain, Hermione-Chérie, nous allons tous veiller les uns sur les autres. Je te promets que je surveillerai bien vos arrières. Aucun Dévoreur ne s'approchera de Nev, Ginny et toi à moins de trente mètres, c'est sûr… » déclare Blaise, son regard fixé dans le mien, quand vient pour lui le moment de me souhaiter bonne nuit…

Il est grave. Solennel, même. Comme il l'a été souvent ces derniers jours. C'est bien normal. La première fois que nous sommes allés en Celtycie, il a été terriblement blessé et il prend la menace des Dévoreurs d'autant plus au sérieux…

« Je sais que tu tiendras ta promesse. Je te fais hautement confiance pour cela, Blaise-Chéri. Mais surtout n'oublie pas de bien surveiller tes propres arrières également… » réponds-je, en lui rendant son regard…

« Aucun souci pour ça, Hermione-Chérie. Je tiens à ce que mon admirable fessier, reste intact. Car franchement, cela m'ennuierait que Vincent ait à apposer ses mains dessus, s'il devait être abîmé. Sur cette partie de mon anatomie, je préfère nettement les caresses d'une jolie fille… » réplique Blaise, sur un clin d'œil…

Sa réponse me ramène loin en arrière, vers le souvenir de plaisanteries, que nous avons échangées après la bagarre dans la Grande Salle de Poudlard, au soir du Samedi Noir. Cela m'arrache un sourire et je suis sur le point de le lui rappeler, lorsque je réalise que c'est ce soir-là, que Blaise a fait connaissance avec Ursula. Mon cœur se pince et je tais ce souvenir qui lui ferait certainement du mal.

Nous avions encore un peu d'insouciance adolescente à cette époque-là. Mais c'est bel et bien fini maintenant. Nos souvenirs sont chargés de trop de douleurs, de blessures et de morts, pour que nos cœurs soient aussi légers qu'alors, même lorsque nous plaisantons. D'ailleurs, le regard de Blaise conserve une grande part de gravité, malgré la plaisanterie qu'il vient de faire…

« Mmmm… Avoue que tu serais surtout terriblement déçu, si Mimi Geignarde ne pouvait plus se pâmer et déclamer à l'envie, que tu as le plus beau fessier de Poudlard, la prochaine fois qu'elle viendra te surprendre dans les douches… » réponds-je donc plutôt, en rendant son clin d'œil à mon ami

« Pauvre de moi ! Je suis découvert ! » plaisante aussitôt Blaise, d'un ton théâtral…

J'ouvre la bouche pour répliquer, mais je n'en ai pas loisir cependant, car Harry attire notre attention en posant sa main sur mon épaule et celle de Blaise…

« Papa vient de me dire que Maman convoque l'Etat-Major Guerrier. » dit-il, avec grand sérieux…

Cela m'alarme aussitôt, tout comme Blaise, dont le sourire s'éteint brusquement…

« Que se passe-t-il ? » demande-il, en fronçant les sourcils…

« Je l'ignore. Mais nous le saurons très vite… » répond Harry, sur un léger soupir…

Puis il invite Nev et Draco à se joindre également à nous et nous nous rendons dans l'hémicycle où les Elfes et Rebelles de l'Etat-Major Guerrier sont déjà présents, ainsi que les Créatures du Petit Peuple et un Roherdiron qui nous est inconnu…

« La Mission Belles Aux Bois Dormant doit être repoussée d'un peu plus d'une heure du Temps de Celtycie, soit deux à trois semaines pour nous. En effet, le troupeau de Licornes et de Centaures que nous attendions seulement à la fin de votre séjour, a accéléré le pas, galopant au plus vite et se trouve actuellement, à mi-parcours de la Talath Nórui, qui s'étend depuis Finrod Aranarth jusqu'à l'Eryn o Faelynaë. Si tout se passe bien, il devrait donc franchir la Barrière de Protection qui interdit l'accès de la forêt aux Dévoreurs, d'ici une heure, une heure-trente au plus, du Temps de Celtycie. … » déclare Nally, à peine sommes-nous installés

« D'accord ! Je comprends bien qu'il faut éviter de faire surgir des Dévoreurs avant que le troupeau soit à l'abri de la forêt. Mais tu as bien dit : si tout se passe bien ? Alors dis-nous, quel est le problème ? Ils sont poursuivis par des ennemis ? C'est pour ça qu'ils ont autant accéléré ? » demande aussitôt Gaspard, sourcil haussé sur son visage soudainement inquiet …

Ses questions sont pertinentes et je partage la même inquiétude. Nally n'aurait pas convoqué l'Etat-Major Guerrier, s'il s'agissait simplement de repousser la Mission en raison de l'arrivée imminente des Licornes et des Centaures. Elle nous aurait tout simplement fait prévenir.

« Je laisse le soin à Peragon de vous expliquer la situation… » répond Nally, en tournant son regard vers le Roherdiron se trouvant à ses côtés…

Celui-ci la salue d'un signe de tête et avance d'un pas, avant d'ouvrir la bouche pour répondre aux questions de Gaspard…

« Le troupeau a accéléré, car des troupes ennemis composés de Soudaryons, Kogriahs et Servylans, ainsi que des Créatures Maléfiques, font route par petits groupes dans toute la Celtycie, depuis quelques jours déjà. Tous convergent pour moitié vers l'Im Helw, le Vallon Brumeux et pour l'autre moitié vers l'Eru o Dúlinn Elw, le Désert du Rossignol Bleu. Une quinzaine de groupes déjà sont parvenus à destination, nous en avons été prévenus par une Sentinelle, il y a quelques minutes. Pour l'heure, Licornes et Centaures n'ont pas été repérés par nos ennemis et nous allons protéger au mieux leur avancée, dans l'espoir qu'aucun éclaireur ne les voit, depuis sa position en bordure de la Vallée ou du Désert. Mais nous ne pouvons empêcher la terre de porter loin le choc sourd de leurs sabots galopants. La situation du troupeau est donc très précaire actuellement, dans la mesure où il avance totalement à découvert et que les Poulains sont trop fatigués pour forcer encore davantage l'allure… » explique Peragon, son regard courant à la ronde, sur chacun des Membres de l'Etat-Major…

« Nom d'une pipe de nom d'une pipe ! Que peut-on faire pour aider le troupeau ? » s'exclame alors Gaspard, en arquant un sourcil…

« Rien d'autre qu'attendre pour l'heure. Révéler notre position et nos forces présentes dans les environs serait une erreur stratégique. En réalité, Licornes et Centaures ne sont pas les cibles premières des troupes ennemies… » répond Nally, avant d'être vivement interrompue par Petrock qui s'est levé d'un bond

« Morbleu ! Tu veux dire que tu avais raison et que les troupes ennemies sont là, parce que cette sacrée garce de Balegarian va bien essayer de voler ou de détruire la Porte ! » s'exclame-t-il, avec vivacité…

Nous avons évoqué cette possibilité à deux reprises, lors des Réunions de l'Etat-Major et de l'Assemblée. Voler ou détruire la Porte de l'Eryn o Faelynaë, permettrait à Balegarian de couper définitivement les ponts entre la Celtycie et le Monde Humain. Ainsi, elle-même possédant déjà une Porte Perdue (ou plutôt sûrement autrefois volée), elle pourrait mener la guerre dans notre Monde, sans que les Elfes aient moyen de venir nous aider, comme ils l'ont fait, quand Argawaen a mené ses troupes en Mongolie.

Mais elle ne pourrait desceller ou tenter de détruire la Porte, sans que les Roherdirons en soient immédiatement prévenus. En effet, il y a quelques milliers d'années, des précautions ont été prises après le vol d'une Porte (par son père le savons-nous maintenant avec certitude), pour que cela ne se produise plus. Et elle est parfaitement au courant de cela. Il était donc évident, qu'elle ne viendrait pas seule pour mettre ce projet à exécution et Nally avait également anticipé sa tactique : réunir petit à petit des troupes imposantes, dans le Désert du Rossignol Bleu et le Vallon Brumeux. Deux positions hautement avantageuses. D'une part car tout le monde évite soigneusement ces deux contrées hostiles, ce qui garantit la discrétion de sa manœuvre. D'autre part, car elles permettent à la fois de prendre Elfes et Roherdirons en étau et de lui assurer une route sûre par le Nord pour se retirer, que ce soit en emmenant ou non la Porte loin de l'Eryn o Faelynaë.

Nous pensions cependant, qu'elle exécuterait son projet, au dernier moment, lorsque l'Ultimatum sera tout juste arrivé à la Cité des Sources, histoire de prouver qu'elle ne plaisante pas. Et qu'elle ne prendrait donc pas le risque que ses troupes soient repérées, en les envoyant trop tôt sur le chemin de l'Eryn o Faelynaë. Ce qui signifiait que nous avions encore au moins une semaine et demie du Temps de Celtycie, avant que les premiers détachements arrivent dans le Désert du Rossignol Bleu et le Vallon Brumeux. Largement le temps donc, de remplir la Mission Belles Aux Bois Dormants, de déménager la Porte et d'inviter les Nymphes et leur Reine à aller se mettre à l'abri, dans la forêt la plus inaccessible à Balegarian. Ce dernier point, au cas où nous ne parviendrions pas à interdire aux troupes ennemies, de seulement mettre un pied sur la Talath Nórui (Plaine Ensoleillée), ni d'incendier l'Eryn o Faelynaë, pour assouvir sa colère, lorsque Balegarian comprendra que l'Alliance était signée depuis quelques temps déjà et que nous l'attendions de pied ferme…

« C'était couru d'avance, que Balegarian tente de voler ou détruire la dernière Porte entre nos deux Mondes, encore connue. Mais cela m'étonne d'une part qu'elle ait déjà engagé ses mouvements de troupes et, d'autre part, que nous n'ayons pas su plus tôt, que Balegarian en avait déjà envoyées par ici… » déclare quant à lui Harry, le visage chiffonné sur sa réflexion

« Morvran, Eonan et Kerron, ont eu vent incidemment des évènements en cours. En fait, ils ont eu la chance de surprendre une conversation entre Borûkdhrûl et quelques-uns de ses Soudaryons, dont certains n'étaient pas très heureux de devoir jouer les garde-chiourmes pour les Kogriahs, Servylans et autres Créatures Maléfiques. Borûkdhrûl les a remis dans le droit chemin bien sûr et à cette même occasion, il a révélé que des petits groupes étaient partis depuis quelques jours, voyageant à faveur de la nuit et se cachant en journée, afin d'éviter de se faire repérer. Il a également dit que Balegarian souhaite que toutes ses troupes soient en place, au plus dans une semaine et qu'elles soient fraîches et parfaitement disposes, quand viendra pour elle le moment de mener son action. Morvran, Eonan et Kerron ont envoyé immédiatement un messager pour nous avertir, mais les Rebelles avaient déjà quitté le village de Gaspard depuis quelques heures et la dernière Sentinelle qui a réceptionné leur message, a prévenu Peragon aussi vite qu'il lui a été possible… » répond Tatie Nally, avec douceur…

« Voilà qui pourrait sérieusement compliquer notre affaire… » murmure Draco, sur un soupir…

J'acquiesce d'un hochement de tête. Et nous échangeons un regard lourd. Notre Mission pourrait être bien plus périlleuse que prévue et coûter de très nombreuses vies, si les groupes déjà arrivés dans le Vallon Brumeux et la Vallée du Rossignol Bleu, décident de venir en renfort des Dévoreurs de Magie…

« Pourquoi ne pas se porter déjà au-devant de ceux qui sont arrivés ? Les Roherdirons pourraient se charger de nous emmener. Ce serait autant d'ennemis qui ne risqueraient pas de venir nous attaquer, quand viendra l'heure de la Mission Belles Aux Bois Dormant… » fait d'ailleurs remarquer l'un des hommes de Gaspard, en haussant un sourcil…

« Ce serait une erreur tactique, Golvan. D'une part, Balegarian pourrait alors deviner qu'elle est espionnée, ce qui mettrait sérieusement la vie de Morvran, Kerron et Eonan en danger et, d'autre part, elle ne doit pas apprendre que nous sommes au courant de ses projets imminents, ni que l'Alliance est déjà signée et que nous préparons activement notre défense. Or, elle ne manquera pas de le comprendre, si nous nous portons au-devant de nos ennemis aujourd'hui. Il suffit que l'un des Soudaryons parvienne à lui envoyer un messager que nous ne pourrions intercepter, pour qu'elle l'apprenne. Tenons-nous en donc au plan initialement prévu… » répond Tatie sous les hochements de tête approbateurs d'une grande partie des Membres de l'Etat-Major de l'Alliance…

Ce que nous avons prévu, c'est qu'au moment où le messager porteur de l'ultimatum serait en vue de la Cité des Sources, le Vallon Brumeux et le Désert du Rossignol Bleu seraient en premier lieu encerclés, puis attaqués à notre initiative. Nous espérons ainsi éviter que l'Eryn o Faelynaë soit le théâtre des représailles, qui seront hélas inévitables, lorsque Balegarian recevra notre propre message, qui lui signifiera que la Porte a été déménagée, que l'Alliance est signée et qu'elle sera attendue de pied ferme où qu'elle attaque…

Kerron, Eonan et Morvran auront quant à eux, reçu ordre de quitter Myrn Echoriath la veille et des Roherdirons placés en Sentinelle en des points stratégiques et sûrs, assureront discrètement la surveillance des mouvements des troupes ennemies…

« Je suis d'accord pour dire que c'est le mieux à faire effectivement. Mais crois-tu vraiment que les Servylans déjà arrivés, vont attendre tranquillement dans le Vallon Brumeux ou le Désert du Rossignol Bleu ? Ils sont perpétuellement affamés. Alors s'ils sentent l'odeur des Licornes et des Centaures, qu'il y ait ou non de nombreux Soudaryons et Kogriahs pour refreiner leurs ardeurs importe peu : ils se précipiteront pour dévorer le troupeau, tu le sais aussi bien que moi, Nally... » intervient cependant Ron, d'un ton qui reflète son exact sentiment pour ces horribles Créatures

J'éprouve moi-même un profond dégoût pour ces choses. Et je croise les doigts pour qu'aucune Licorne, ni aucun Centaure ne soit victime de leur faim dévorante…

« Pour l'heure, le vent nous est favorable et les Roherdirons veillent. Ils interviendront au moindre signe d'alerte. Cependant, je compte que Draco, dès notre entrée en Celtycie, obtienne la collaboration des Sylphes et Sylphides, afin que ni l'odeur du sang, ni le fracas des Combats contre les Dévoreurs de Magie, ne parviennent aux nez et oreilles des Servylans. Et que cela perdure jusqu'à la fin de la Mission Belles Aux Bois Dormant… » déclare Tatie, en fixant Draco

Celui-ci acquiesce simplement du chef…

« Ok, mais même à supposer que grâce aux Sylphes et Sylphides, les Soudaryons et les Créatures ne sentent pas l'odeur du sang, ni n'entendent le fracas des Combats contre les Dévoreurs et à supposer également qu'il n'y a pas déjà des sentinelles ennemies postés sur la ligne de la Plaine Ensoleillée, Balegarian va quand même inévitablement savoir que des Sorciers ont encore une fois franchi la Porte, puisque l'Alarme va se déclencher. Toutes ces allées et venues, ça doit commencer à l'intriguer ferme, ne crois-tu pas ? Alors, qu'est-ce qui nous dit que si elle a un moyen de contacter très rapidement ses troupes, elle ne va pas envoyer au moins un éclaireur voir ce qu'il se passe cette fois-ci ? Si c'est le cas, cet éclaireur verra alors, qu'Elfes et Hommes se battent ensemble et Balegarian comprendra que l'Alliance est déjà signée. Elle saura donc qu'elle a été trahie, pire peut-être, elle comprendra qu'elle est espionnée. Et dans ce cas, non seulement la vie de nos espions sera très menacée, mais si de plus pour se venger elle envoie ses troupes prêter main forte aux Dévoreurs ou incendier l'Eryn o Faelynaë, il leur faudra moins de deux heures pour traverser la Plaine Ensoleillée… » fait remarquer cette fois Harry, sourcils froncés…

Je frissonne longuement, échangeant un regard très lourd avec Neville. Avec tout cela, une pression supplémentaire pèse sur nos épaules.

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Neville

Nom de nom ! Il va vraiment falloir que Ginny, Hermione et moi-même nous nous surpassions, pour remplir notre Mission au plus vite, songe-je, en tendant mon attention vers la réponse de Tatie Nally.

« Ta remarque est juste, Harry et elle nous amène au point exact, que je souhaitais aborder ce soir. Effectivement, si Balegarian envoie un éclaireur déterminer avec exactitude ce qu'il se passe, il est impératif qu'il ne voit rien d'autre que des Roherdirons et des Humains. Ainsi, elle pourra penser que ce sont des Humains, Sorciers et non Sorciers, qui fuient la Celtycie en raison de la famine qui commence à sérieusement sévir dans les villages, mais également pour préserver leurs enfants et les jeunes filles des Attaques des Soudaryons, très fréquentes ces dernières semaines. Balegarian ne s'étonnera pas que les Roherdirons se soient portés à leur secours, puisqu'ils protègent tous les peuples sans distinction et peut-être alors, donnera-t-elle l'ordre à ses troupes, de rester soigneusement cachées et de se tenir tranquilles … » répond-elle à Harry, sur un léger soupir…

Aussitôt, les Elfes se raidissent et l'un d'entre eux, le Seigneur Elros pour être précis, se lève pour réclamer la parole. Ce que Tatie lui accorde d'un hochement de tête…

« Il est hasardeux, de compter sur un peut-être et, pour défendre l'Eryn o Faelynaë des Dévoreurs de Magie, ce serait folie d'envoyer uniquement un détachement restreint aux seuls Rebelles et Sorciers du Monde des Hommes doués d'un Animagus. Non que je doute de leurs capacités en Combat, ni de leur bravoure. Fort au contraire, ils ont prouvés à maintes reprises à mes yeux, leur haute valeur. Mais je crains que leur courage et leur fougue ne soient pas suffisants. En effet, nous ignorons combien de temps durera la Mission et très nombreux seront à surgir les Dévoreurs, pendant toute sa durée. La fatigue pourrait donc avoir raison de nos troupes et mettre en danger le succès de la Mission. Nous devons donc les accompagner, Nyween, afin de maintenir les Barrières de Protections le plus longtemps possible et, lorsqu'elles seront mises bas, établir un relais dans les Combats, comme nous l'avions prévu. » déclare Elros, qui lève un peu la pointe de son menton, avant d'ajouter avec fermeté : « Je propose donc que les nôtres prennent apparence Humaine, afin de maintenir la stratégie que nous avions décidée et je pense sans me tromper, qu'aucun Elfe ne se sentira insulté, ni ne formulera objection à cette idée, que ce soit aujourd'hui, ou lorsque tu en feras part demain à ceux d'entre nous qui ont eu l'honneur d'être désignés pour protéger la Mission… »

Ses compagnons Elfes présents se lèvent et hochent la tête de concert, pour affirmer leur accord avec cette proposition, tandis que Cuthalion sourit avec satisfaction, à l'instar de Tatie Nally. Ce que je comprends tout à fait. Car voilà une preuve supplémentaire, s'il en était encore besoin aujourd'hui, de la solidité de l'Alliance des Hommes et des Elfes. Elle n'a cessé de croître, depuis la Simulation imposée à ceux qui étaient récalcitrants. Et même si l'on ne peut réellement parler d'amitié encore, on peut sans hésiter affirmer que les relations entre les Rebelles et les Elfes sont maintenant plutôt cordiales …

« Je te remercie Elros. C'est exactement la proposition que j'allais formuler moi-même et j'apprécie hautement que tu m'aies devancée… » répond Tatie Nally, avant de s'incliner à la manière Elfique devant Elros et ses compagnons

« Bien. Voilà un point réglé. Maintenant, il nous faut envisager que les Soudaryons, Kogriahs, Servylans et Créatures Maléfiques viennent en renfort des Dévoreurs. Il faudra alors plus de monde que prévu, pour protéger la Mission… » intervient Harry, d'un ton grave…

« Ouais. Et sûr que nous aurons pas mal de volontaires quand on l'annoncera demain aux autres. Les Centaures eux-mêmes proposeront sans doute leur aide quand ils seront là, s'ils ne sont pas trop fatigués de leur galop effréné. Alors là n'est pas vraiment la question. Ce que j'aimerai surtout savoir, c'est combien d'ennemis sont déjà en place. Et combien d'autres pourraient les avoir rejoints d'ici la Mission… » renchérit Ron, en haussant un sourcil vers Peragon…

Question qui me noue le ventre et je suspends mon souffle, priant intérieurement, pour que la situation ne soit pas aussi dramatique que je le crains…

« A l'heure où nous parlons, ils sont une douzaine de Kogriahs qui encadrent chacun quatre douzaines de Servylans et les Soudaryons sont au nombre de quarante-six. Il faut également compter une troupe de cent vingt Créatures Maléfiques : Trolls de Delweth, Foërlicks et Krôdhyons mêlés. Par ailleurs, quatre groupes approchent encore du Vallon Brumeux et du Désert du Rossignol Bleu et les auront rejoints avant une heure du Temps de Celtycie… » répond Peragon, tandis que mes cheveux se hérissent sur ma tête…

Punaise ! Putain de punaise ! C'est pire encore que ce que je pensais ! Dix petits groupes avaient dit Peragon. Combien auraient-ils été, s'il avait dit des grands…

« Nom de Zeus ! Si tout ça vient se mêler aux Combats, ça va faire sacrément du vilain ! » s'exclame Sirius, le regard éminemment inquiet…

« Oui. Et on ne peut hélas pas reporter la Mission…. » soupire Remus à ses côtés

« Evident. Plus on attendra, plus nombreuses seront les troupes et les risques. Et il n'est pas non plus envisageable d'attendre que Balegarian ait appris que la Porte a été enlevée… » renchérit Harry, sur une grimace…

Il a raison. Nous en avons déjà longuement parlé. Dans sa colère, Balegarian serait fichue, de venir elle-même pour incendier la forêt en représailles, ce qu'elle ne fera pas aussi longtemps qu'elle n'a pas déclaré ouvertement la guerre. Raison pour laquelle nous allons vivement recommander aux Nymphes de prévoir d'aller se mettre à l'abri dans une autre forêt, si ce qui aura été mis en œuvre pour empêcher les représailles échoue.

Je frissonne de la tête aux pieds. Et j'espère de toute mon âme, que les Elfes parviendront à protéger l'Eryn o Faelynaë, de la colère de Balegarian. Il me serait douloureux, qu'elle soit dévorée par les flammes d'un incendie. Je me sens si proche d'elle, depuis que je sais que je vais devoir aller réveiller les Nymphes.

Cuthalion se lève et Tatie Nally lui adresse un signe de tête pour lui accorder parole…

« J'ai une requête à formuler auprès de Culúrien Arandur et Círyon Aerdirnaithon… » déclare-t-il, avant d'englober Georges et Fred d'un seul regard, pour ajouter : « Accepteriez-vous de faire commerce avec moi et me céder de vos Gadgets Défensifs ? Votre prix sera mien. »

Fred et Georges se concertent rapidement du regard, avant de répondre…

« Le problème, ce n'est pas de t'en céder contre espèce sonnante et trébuchante, Cuthalion. Ça, c'est parfaitement réalisable. » répond ensuite Fred, en se grattant l'arrière du crâne sur une grimace…

« Non, le problème c'est que le petit stock qu'on a pu reconstituer depuis la dernière Attaque, va y passer encore une fois… » renchérit Fred, avec les mêmes geste et grimace que son jumeau…

« Or, comme tu le sais, ça va bientôt éclater aussi bien chez nous que chez vous, dans ce qui pourrait être la der des ders grande Bataille… » relaie Fred, sur un soupir…

« Et malheureusement on ne dispose déjà pas assez de temps pour fabriquer tout ce dont on voudrait pouvoir disposer d'ici là… » achève Georges, sur le même soupir…

« Je comprends… » répond Cuthalion, en se rassoyant, l'air déçu…

Il n'est pas le seul à l'être. Les Rebelles et Elfes le sont tous.

« Ouais. On sait que tu comprends. Mais on n'a pas dit notre dernier mot, alors fais pas cette tête Cuthalion. Ni vous autres… » reprennent cependant Georges et Fred, d'une même voix, en adressant un sourire éblouissant aux Elfes et Rebelles…

Cuthalion hausse aussitôt un sourcil vers eux…

« Et quel est donc votre dernier mot ? » demande-t-il, avec une curiosité non dissimulée…

« On vous cède notre petit stock actuel à bon prix, à la condition que les meilleurs en Potions, Enchantements et Sortilèges de chez vous, Humains et Elfes, viennent pour mettre la main à la pâte chez nous, dès la fin du Séjour, pour garantir le renouvellement de notre stock et même au-delà. Ce qui permettrait aussi, que tu puisses encore nous acheter de la marchandise en vue de la der des ders. » déclare Georges, avec sérieux

« Ils ne travailleront pas gratis, bien sûr. On les payera comme nos autres employés. C'est juste que la main d'œuvre ne soit pas évidente à recruter dans un délai aussi court et nous avons déjà engagés les meilleurs Potionnistes, que nous connaissons dans tous les pays d'Europe qui nous sont alliés… » ajoute Fred, aussi sérieusement que Georges

« Sans compter tous les copains, copines, Membres du Comité et de l'Ordre qui nous aident gratos. Ça représente un paquet de monde certes, mais ça ne suffira pourtant pas pour fabriquer la quantité astronomique dont nous allons avoir besoin sous peu. Et nous n'avons jamais assez d'Enchanteurs non plus, pour pouvoir nous reposer un peu, chez nous…» renchérit Georges, appuyé par le hochement de tête positif de Fred

« Pas de problème ! Mes gars viendront ! » s'exclame aussitôt Gaspard, d'un ton ferme…

« C'est pas que des noms de gars, que nous avons sur notre liste… » sourit alors Fred, l'air malicieux…

« Nan. Le nom de ta fille y figure en bonne place, Gaspard ! » renchérit Georges, le regard pétillant…

« Nom d'une pipe de nom d'une pipe !… » soupire alors Gaspard, son regard atterré tombant brusquement sur ses chaussures et secouant la tête de droite à gauche et de gauche à droite, trois ou quatre fois, avant de relever les yeux vers Fred et Georges pour ajouter : « Et pas la peine d'espérer que vous me charriez, n'est-ce pas… »

Le ton de sa voix est néanmoins empreint d'un tout petit espoir…

« Nan ! Elle est vraiment très douée en Potions, ta fille… répondent les jumeaux, hilares…

« Rien me sera épargné, nom d'une pipe de nom d'une pipe !… » soupire encore Gaspard, tout espoir envolé et l'air plus désolé et atterré que jamais, levant les yeux au ciel, avant de poursuivre : « Très bien. Edina ira chez vous. Et tant pis si ça plaît pas à Goraidh. Il devra faire avec… »

Il grimace cependant. Sans doute à la perspective de l'opposition que son gendre ne manquera pas de manifester…

« Les Elfes dont le nom figure sur votre liste, vous accompagneront également… » affirme sans attendre Cuthalion, qui n'a pas pris la peine de masquer le sourire qu'ont fait naitre sur ses lèvres, les réactions de Gaspard

« Formidable ! Alors ça roule ! On fera affaire, Cuthalion ! » s'exclame Georges, ravi…

« Demain matin nous ferons le point sur ce que nous avons et demain après-midi, nous serons en mesure de te fournir ce que tu voudras. » enchérit Fred, tout aussi ravi.

« Et merci au Retourneur de Temps qui va permettre cette belle opération… » sourit Severus, en adressant un clin d'œil aux jumeaux…

Nul doute que cette belle opération va permettre à Fred et Georges de confortablement remonter leurs finances bien basses. Car Tatie Nally a été très stricte dans ses instructions à ce propos : les Elfes doivent payer le prix fort. Ils ont largement les moyens financiers pour le faire et les jumeaux ont bien assez sacrifié depuis Halloween…

« Oui. Espérons juste que nous n'aurons à combattre que des Dévoreurs et que nous n'aurons donc pas besoin d'user déjà de ces Gadgets. » déclare Tatie, avec une pointe d'espoir…

Bien que pessimiste à ce propos, je l'espère, moi aussi. Car plus nos ennemis seront nombreux et plus de vies seront en jeu. Même avec le précieux concours des Gadgets…

« Bon… Eh bien en attendant que nous sachions exactement ce dont nous allons disposer comme Gadgets Défensifs, je propose que nous attendions demain soir, pour discuter de la stratégie à mettre en place, si les troupes de Balegarian nous attaquent… » intervient Harry, en levant un sourcil vers Tatie Nally…

Celle-ci acquiesce et tout le monde se lève, pour quitter l'hémicycle…

« Nous n'avons décidément pas de chance. Tout se complique toujours à plaisir… » soupire-Hermione, en remontant vers le village de Yourtes…

« Ouais. Comme tout le monde, j'étais prêt pour demain et il va falloir remettre ça. Ça me gave sérieusement… » soupire Blaise, qui chemine à nos côtés, d'un ton un peu bougon…

« Hélas, il faut faire avec. Mais voyons le côté positif de la chose : les Gadgets. Les Bombes Larmoyantes sont actives sur les Dévoreurs. Grâce à cela, nous pouvons espérer qu'aucun ne parvienne à passer la première ligne de défense. Ce qui signifie, Blaise-Chéri, qu'il se pourrait fort bien que ton admirable fessier soit finalement à l'abri de leurs horribles griffes… » sourit Hermione, sur un clin d'œil à Blaise qui se déride aussitôt…

Et je croise je aussi sec les doigts, pour qu'Hermione ait raison.

« Espérons-le… » sourit Blaise, avant de se pencher vers la joue d'Hermione pour l'embrasser, puis d'ajouter : « Bonne nuit, Hermione-Chérie. Fais de beaux rêves… »

Et après que je lui ai également fait la bise, nous la laissons, pour suivre Draco vers la Yourte que nous partageons avec Théo…

Oui, espérons-le, pense-je, croisant une nouvelle fois les doigts pour qu'il n'y ait que des Dévoreurs à combattre.

Et surtout pour que chacun revienne entier de notre Mission…

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Trois cent quarante-cinquième jour du séjour

Acte 2 : Dernières Heures A Vivre

Blaise

Le Soleil s'est levé sur le jour J. Dans moins de quatre heures, nous serons à pied d'œuvre en Celtycie, pour réveiller les Nymphes.

Et j'ai une trouille d'enfer…

Mon ventre est complètement vrillé, tordu de spasmes. Je vais mourir aujourd'hui, je le sens avec une cruelle conscience. Je l'ai su, dès qu'il a été dit que je devais y aller moi aussi. Ma vie sera le prix à payer, pour qu'Hermione, Draco, Nev, Luna et Ginny réussissent cette Mission de la plus haute importance…

J'ai déjà écrit tout un tas de lettres, depuis que la Mission a été repoussée. Parce que je suis certain que les Soudaryons et compagnies vont venir se mêler des Combats et que, malgré les Gadgets Défensifs, nous ne pourrons pas leur interdire l'accès à la forêt. Raison de plus, pour être certain que ça va sacrément chauffer pour mon cul et que je vais y laisser ma peau…

J'espère juste que je ne serai plus vivant, quand les Servylans et les Kogriah se disputeront pour dévorer le plus gros de ma viande…

Frisson. Ce n'est pas le moment de penser à ça. Revenons plutôt à mes lettres. J'ai écrit à Miho, à chacun de mes amis et aux adultes dont j'ai été proche ces derniers mois. Pour leur dire à quel point j'ai été heureux de les connaître et qu'ils vont sacrément me manquer quand je serai au vrai Paradis. Mais que j'espère bien ne pas les voir de sitôt m'y rejoindre. Que je serai heureux qu'ils aient une belle et longue vie, car ils le méritent bien…

Et maintenant je suis là, dans la chambre que je partage avec Draco, Nev et Théo, avec ce gros paquet de lettres à la main, à me demander ce que je dois en faire maintenant. Est-ce que je dois le confier à quelqu'un, qui fera le Hibou quand tout le monde, hormis moi, sera revenu de notre Mission ?

Je ne veux pas demander à Dyna de faire ça. Elle se ferait beaucoup trop de mauvais sang pour moi. Ce ne serait pas bon pour son futur bébé et elle va s'en faire assez comme ça déjà. Et puis, je lui ai laissé une lettre également, pour lui dire tout ce qu'elle a représenté pour moi et que je lui ai légué une belle somme de Gallions, afin qu'elle puisse s'acheter une maison où s'installer avec Dobby et sa famille…

Alors, non, ce n'est pas une bonne idée de confier ces lettres à Dyna. Pas plus à Dobby. Il ne pourrait pas le cacher à son épouse…

Alors que faire ? A qui confier ces lettres ? A moins de les laisser ici, sur mon lit, juste avant mon départ, pour que les copains les trouvent à leur retour ? Ouais… C'est mieux de faire ça, me dis-je, en remisant le paquet dans mon armoire, le cachant bien sous mes vêtements, en attendant l'heure fatidique de les ressortir…

Me reste maintenant à écrire ma dernière lettre. La plus difficile.

Ce n'est pas que je ne sache pas déjà ce que je veux mettre dedans. C'est juste que j'ai la terrible sensation que je vais fermer le livre trop court de ma vie, en l'écrivant. Que ce sera déjà comme si j'étais mort, lorsque je mettrai le point final à cette lettre là…

Or, je veux vivre avec intensité mes dernières heures. Faire tout ce que j'ai à faire, pour partir l'esprit tranquille et satisfait du devoir accompli. Je veux ressentir pleinement tout ce qu'il y a, à ressentir, même si cela doit me faire horriblement mal…

Même si ça me fait horriblement mal déjà …

Je soupire et je me secoue la tête. Il faut que je sorte d'ici. J'étouffe soudainement.

Alors je décide d'aller écrire ma dernière lettre ailleurs, au grand air. Dans un endroit où je serai tranquille. Avec un peu de chance, le coin où nous avons nos habitudes, mes plus proches amis et moi-même, sera libre, espère-je. Et j'embarque aussi sec tout ce qu'il faut avec moi, partant à grands pas vers la rivière. …

Le Soleil est déjà chaud, alors qu'il est à peine levé d'une heure. J'entends au loin le bourdonnement des voix de toutes les personnes rassemblées pour le petit déjeuner.

Que peut bien penser tout le monde en ce moment ?

Que peuvent bien penser Hermione, Nev, Draco, Ginny et Luna ?

Je me suis réveillé très tôt ce matin. Mais je suis resté recroquevillé dans mon lit, feignant de dormir encore et j'ai laissé mes potes se lever, avant d'en faire autant. J'ai attendu qu'ils aient quitté la Yourte, pour aller me doucher. Et me voilà maintenant tout seul au bord de la rivière…

Est-ce ainsi que je veux vivre mes dernières heures, tout seul et misérable au bord de l'eau ? Ne devrais-je pas plutôt écrire ce dernier mot avec tout mon cœur et rejoindre mes amis, pour profiter de leur compagnie, me repaître de leur visage, de leur voix, de leurs rires ? me demande-je soudainement…

Non… C'est ce que j'ai fait hier soir déjà. Si je vais les rejoindre maintenant, ils vont se rendre compte de mon état d'esprit et que j'ai la trouille. Et puis, plus de temps je passerai avec eux ce matin, plus ils devineront que je suis résigné à l'idée que je vais mourir aujourd'hui et ça leur fera de la peine.

Je pourrai leur cacher ça, quand nous partirons pour la Celtycie. Tout le monde sera grave. Tout le monde aura le cœur qui bat la chamade. Chacun se demandera s'il va revenir entier. Alors personne ne fera attention à mes états d'Âme…

Mais moi, je prêterai attention aux autres. Et comme je sais que je n'aurai plus alors cette trouille qui me vrille le ventre pour l'instant, je pourrai être attentionné avec eux. Leur offrir un sourire. Les embrasser avec sérénité…

Ouais. C'est ce qu'il va se passer à ce moment-là. Je n'aurai plus peur. Je n'aurai plus que le désir de veiller sur mes amis et leur sauver la mise, en offrant ma vie pour eux.

Pour elle surtout…

Penser à elle m'emplit le cœur de tendresse et d'amour. Et je me prends à sourire au paysage devant lequel je suis assis. Je regarde les montagnes aux sommets blanchis de neige, les nuances de vert des arbres qui se dressent vers le bleu du ciel. J'admire le chatoiement du Soleil sur l'onde s'écoulant avec vivacité vers les chutes, qui vont les emporter brusquement plusieurs centaines de pieds plus bas. J'apprécie la chaleur tiède du vent qui me caresse le visage.

Je n'ai plus peur du tout soudainement. Mais la nostalgie vient me brûler les yeux, tandis que dans mon esprit, les souvenirs des plus beaux moments que j'ai vécus m'assaillent…

Ils sont emplis de Miho, de Draco, de Théo. De Harry, de Ron et de tous mes amis. De toutes les personnes que j'aime ou ai aimées…

Le visage fugace d'Ursula me sourit. Je l'ai aimée, sincèrement. Mais grâce aux longs mois passés ici au cours de nos différents séjours, mon deuil d'elle est consommé maintenant. Et même si elle conservera toujours une place privilégiée dans mon cœur et que je serai très heureux de la revoir là-haut, j'aurais aimé avoir une chance de vivre cet autre amour qui me consume à présent…

Son visage m'emplit l'esprit et des larmes coulent à flots sur mes joues.

Mon ventre se vrille à nouveau. J'aurais voulu pouvoir lui avouer que depuis quelques temps mes sentiments pour elle ont évolué. Qu'ils sont tendres. Profonds. Empli du désir de fonder une famille avec elle et vivre toute une longue vie à ses côtés.

J'aurais voulu pouvoir lui dire que je souhaite plus que tout l'embrasser, lui faire l'amour, lentement, avec volupté. Qu'elle m'emplit si fort la tête, que dans mes rêves, je vois son sourire pétiller dans ses yeux, je sens l'odeur de ses cheveux, j'entends sa voix me dire des mots d'amour. Et que cela me réveille, brûlant, haletant et gémissant du désir de la serrer dans mes bras, de la garder à jamais sur mon cœur.

Mais je ne l'ai pas fait. Parce que je vais mourir lors de la Mission Belles Aux Bois Dormant.

Et partir sans avoir goûté une fois au moins à la douceur de ses baisers, est mon seul regret…

Mais je n'avais pas le droit de le faire. Pas le droit de tenter de la séduire et moins encore de l'amener à partager mes sentiments. Pas le droit de la laisser seule avec la douleur de ma mort. Elle a bien assez souffert déjà. Bien eu assez de chagrin.

Une ombre tombe sur ma tête. J'ouvre mes yeux que je n'ai pas eu conscience de fermer sur mes pensées. Elles sont remplacées par le visage d'Hermione. Il est brouillé de mes larmes. Elle s'assoit auprès de moi, tournant le dos à la rivière et ses yeux bruns attristés me fixent avec intensité.

Sa main vient effleurer ma joue pour l'essuyer. Je la saisis de la mienne et la retiens. Mes larmes doivent vider mon cœur de mes regrets, d'avoir bientôt à quitter la vie, sans pouvoir emporter avec moi, le souvenir des baisers de celle que j'aime infiniment aujourd'hui.

Ça m'est tombé comme ça, d'un coup, il y a quelques jours. Un soir où nous plaisantions tous les deux. L'odeur de sa peau a explosé dans mes narines, son contact m'a électrisé, son sourire et son regard pétillant m'ont chamboulé le cœur. Et j'ai compris que c'était plus que de l'amitié que j'éprouvais pour elle. Depuis longtemps. Même avant de connaître Ursula, je l'aimais déjà. Je n'y ai juste pas prêté attention à cette époque-là.

Je n'étais pas prêt à souffrir de cet amour, car son cœur à elle était pris.

Est-il libre aujourd'hui ?

Je ne le sais pas.

Je ne veux pas le savoir.

Et je souffre mille morts maintenant, qu'elle soit là. De tenir sa main dans la mienne. Sans pouvoir lui dire tous ces mots qui brûlent mes lèvres. De devoir me retenir de la prendre dans mes bras et l'embrasser, avec tout l'amour que j'éprouve pour elle et que je vais emporter avec moi dans la mort…

« Blaise… » souffle mon Hermione-Chérie, ses beaux yeux bruns chocolat si attristés posés sur moi…

Mais je m'empresse de clore ses lèvres avec les doigts de ma main vivement levée sur elles.

Je ne veux pas parler. Cela m'enlèverait tout mon courage de taire mes sentiments pour elle, risquant ainsi de découvrir que son cœur n'est toujours pas libre d'aimer quelqu'un d'autre que Viktor. Je ne veux pas que cela m'ôte l'illusion, qu'elle aurait peut-être pu partager mes sentiments, comme elle le fait dans mes rêves.

C'est la seule chose qui me réchauffe un peu le cœur, maintenant.

Hermione-Chérie l'a toujours fait. Depuis le jour où nous avons fait connaissance. Sa main chaude dans la mienne m'a aidé à faire face à ma mère à Pré Au Lard. A trouver le courage d'entrer dans le tombeau de mon père. A surmonter le chagrin de la mort d'Ursula.

Elle m'aide maintenant à supporter ma douleur de l'aimer si fort et de ne pas pouvoir lui dire, parce que je serai mort bientôt. Parce que je vais donner ma vie, pour protéger la sienne…

Hermione retire mes doigts de ses lèvres, gardant ma main dans la sienne. Ses yeux glissent vers le sol, sur le Parchemin que j'ai laissé ouvert dans l'herbe. Sur la lettre d'adieu que je lui destinais. Je n'ai rien su écrire, au-delà de son prénom. Parce que la pensée de bientôt la quitter pour toujours me fait trop mal. Même si je le ferai avec plaisir et sans aucune hésitation, pour lui sauver la vie.

« Je t'interdis de penser à ça. Je t'interdis de mourir… » souffle-t-elle, laissant son regard si profondément suppliant revenir se planter dans le mien…

Et elle appuie doucement ma main sur sa poitrine. Son cœur bat la chamade. Et un espoir fou naît dans le mien…

Je ne lui réponds pas. Je ramasse le Parchemin resté dans l'herbe et je le chiffonne avant de le fourrer au plus profond de ma poche. Puis je me lève, gardant précieusement sa main dans la mienne et j'entraîne Hermione-Chérie vers le village. Nous marchons en silence, main dans la main. Nos yeux silencieux se rencontrant souvent, le souffle suspendu.

Nous pénétrons bientôt dans la chambre de la Yourte privée, que j'ai muettement prié Tatie Nally de m'accorder. Il n'y a qu'un seul grand lit. Le nôtre désormais, si mon Hermione-Chérie le veut bien. Je m'arrête juste à côté et je fais lui face.

Son regard est grave et doux. Ses yeux me disent les mots que ni sa bouche, ni la mienne n'osent encore prononcer. Ses paupières se baissent et ses lèvres se tendent vers les miennes, lorsque je penche ma tête vers elle…

Je cueille enfin sa bouche, mon cœur chevauchant comme un cheval fougueux emballé au triple galop dans ma poitrine. Et à contrario, mes baisers et mes gestes sont d'une lenteur attendrie, lorsque je la déshabille, lorsque mes doigts effleurent pour la première fois sa peau veloutée, lorsque je l'allonge sur le lit pour lui faire l'amour, mon regard plongé dans le chocolat de ses yeux, mon corps électrisé par ses caresses aériennes et si douces…

Je me perds dans l'amour de son regard. Je me perds dans son corps. Je me perds sous ses caresses, sous ses soupirs de plaisir. Dans ses baisers si tendres et langoureux. Amoureux.

Et lorsque mon bonheur explose en elle, mes doigts serrés sur les siens, mes lèvres soudées aux siennes, je sais que je vais finalement survivre à cette Mission qui nous attend tous les deux dans moins de trois heures maintenant…

Car je vais tout faire pour qu'il en soit ainsi.

Parce que je veux encore vivre ce bonheur, dans les bras aimant de mon Hermione-Chérie, à l'oreille de laquelle je murmure enfin tous ces mots d'amour, que j'ai si souvent rêvé lui dire ces derniers jours…

Je veux encore l'entendre répondre à mes Je t'aime, tandis que je bois ses larmes de bonheur dès qu'elles perlent sur ses cils, quand elle caresse mon dos, tendant son bassin vers le mien, pour que je lui fasse l'amour, avec ce désir fou, que j'éprouve pour elle…

Je veux des enfants d'elle. Je veux vivre toute une longue vie à ses côtés.

Et je ferai tout, pour que rien, ni personne, ne vienne empêcher que ce vœu se réalise…

Pour que les heures à venir, avant que nous partions en Mission, ne soient pas les dernières heures que nous ayons à vivre ensemble…

Mais soient prémices du bonheur infini, que nous allons nous construire…

OoOoOoO

Hermione

Je ne pensais pas que j'aurais le droit de vivre à nouveau un amour aussi intense…

La mort de Viktor m'a été si douloureuse.

Il a été mon amour de jeunesse. Et je ressens encore de très tendres sentiments pour lui. Il en sera toujours ainsi. Il incarnera à jamais l'amour fou à mes yeux. Un amour adolescent. Sincère. Fougueux, empressé. Passionné. Mais qui n'a pu s'approfondir par manque du temps, qui nous a été volé.

Ce que j'éprouve aujourd'hui pour Blaise n'a rien à voir avec ce que j'éprouvais pour Viktor.

Mon amour pour lui est bien plus mûr, bien plus adulte. Il a germé dans mon cœur où il s'est longuement et patiemment enraciné, avant de s'épanouir avec lenteur, mûrissant un peu plus chaque jour, jusqu'à exploser pour m'envahir pleinement. Infini. Si profond que j'en ai le vertige. Si puissant qu'il me permettrait de décrocher la Lune et le Soleil.

Je chavire sous son regard. Je chavire sous ses caresses. Je chavire sous ses mots d'amour. Mon cœur fond, pour ne faire plus qu'un avec le sien. Nos Magies frémissent, s'effleurent. Elles se font l'amour, à l'instar de nos corps, de nos Âmes…

Il n'y a aucun mot, pour décrire ce que je ressens. Notre amour est vivant. Il vibre et respire en rythme avec les battements de nos cœurs synchronisés. Mon corps se tend. Il appelle celui de Blaise à lui. Mes muscles se contractent et des étoiles explosent derrière mes paupières closes. Et c'est un bonheur si puissant, si enivrant, que j'ai la sensation que je vais mourir de plaisir.

Je veux qu'il reste là, son corps épousant le mien, ondulant pour prolonger encore un peu ce plaisir infini, sa bouche effleurant ma gorge renversée, ses mains chaudes accrochées aux miennes.

Mais son corps quitte le mien, lorsque nos bouches se rejoignent dans un baiser doux. L'une de ses mains se décroche, lorsque nos yeux se rencontrent. Elle glisse vers mon visage pour l'effleurer du bout des doigts. Et une lueur grave s'allume dans le regard de Blaise…

« J'avais raison, finalement, de penser que j'allais mourir aujourd'hui… » murmure-t-il, tandis que mon cœur rate un battement et il clôt ma bouche qui allait vivement protester d'un rapide baiser, avant d'ajouter dans le même murmure : « L'ancien moi est mort, Hermione. Et un nouveau Blaise est né, à l'instant même où nos cœurs se sont rejoints. Je suis maintenant plus serein que je ne l'ai jamais été. Pour la première fois de ma vie, je me sens à ma place. Mon passé torturé est derrière moi. Il ne me hantera plus. Car j'ai enfin rejoint le havre où je vais pouvoir couler des jours paisibles et heureux. L'amour que j'éprouve pour toi, m'apporte l'équilibre que je n'aurais pu trouver nulle part ailleurs, Hermione. Et rien ne saura m'enlever cela. Jamais. Je l'emporterai où que j'aille. Où que je sois, tu es et tu seras toujours avec moi. Dans mon cœur. Dans mes pensées. »

Je ne saurais décrire ce que j'éprouve à l'entente de ces mots. Mais ils font écho en moi. L'ancienne Hermione est belle et bien morte elle aussi. Elle a commencé à mourir, le jour où j'ai décidé de remiser la bague de fiançailles que Viktor avait passé à mon doigt. Je suis alors devenue pleinement philosophe, gagnant chaque jour en maturité. Cela a permis à mon cœur que j'avais verrouillé sur cet amour de jeunesse, de s'ouvrir à nouveau, pour accueillir celui que j'éprouve pour Blaise…

Et la nouvelle Hermione, qui n'avait pointé que le bout de son nez jusqu'à présent, est pleinement née aujourd'hui. Elle s'est épanouie sous ses caresses et ses baisers, avec sérénité et confiance.

Plus que tout, je n'ai aucun doute. Mon avenir est avec Blaise. Que ce soit dans la vie ou dans la mort. Car non seulement nos cœurs sont liés, mais nos Âmes, nos Magies le sont aussi…

OoOoOoO

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