Disclaimer : cf chapitre 1
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Grand merci à Mistycal !
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Réponses aux commentaires anonymes sur mon forum : - Lion –
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§§§ BONNES FÊTES DE LA ST SYLVESTRE §§§
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Découvertes Surréalistes 1 / 6
Mercredi 12 Mars 1997
Acte 1 : Blague…
Draco
Notre retour aurait dû être joyeux étant donné le très beau succès de la Mission Belles Aux Bois Dormant et de la solidarité née entre les Elfes et Rebelles, qui cimente solidement l'Alliance désormais. Mais en réalité, il est tout à fait morose, en raison de la Vision de Luna…
Putain de bordel ! Une Alliance entre Balegarian et Voldemort, il ne manquait vraiment plus que ça, pour nous compliquer la vie à l'extrême…
« Au diable cette fichue Balegarian ! Mais qu'est-ce qui a pris à cette salope de décider de s'allier à Voldemort ? Elle déteste les Humains et les Sorciers en particulier ! » s'exclame Ben, à peine Martha et Eloïse Midgen, qui étaient de garde cette nuit auprès de la Carte, sont-elles parties prendre leur douche.
« Ouais, ben justement. Tu as entendu ce qu'a dit Nally. C'est ça, la dernière Alliance qu'elle devait encore signer. Elle a tout simplement décidé de se servir de lui, pour précipiter notre Monde à sa perte… » répond Blaise, en jetant un coup d'œil sur l'horloge…
Il est six heures quinze. Nous avons donc du temps devant nous, avant d'aller prendre le petit déjeuner dans la Grande Salle, puis en classe…
Heureusement que nous n'avons pas Latton aujourd'hui ! Ce serait le Pompon de la journée tiens !
« Ouais, mais quand même ! Avec toutes les troupes dont elle dispose, je ne vois pas pourquoi elle a besoin de lui, pour faire ça ! » s'exclame encore Ben, en prenant la tasse de thé que Philippa nous a versée…
« Est-ce indiscret de vous demander de quoi exactement vous parlez ? » demande à ce moment Messire Salazar, haussant un sourcil interrogateur.
Blaise et moi-même sursautons, échangeant un regard à la fois surpris et quelque peu grimaçant, à l'instar de Ben et des autres… Merde ! Nous avons parlé imprudemment ! Messire Salazar ne sait rien de la Celtycie !
Zut de zut ! Le Sceau du Secret ne marche donc pas en présence des Fantômes ? Je croyais pourtant que si !
Flûte ! Flûte ! Et re flûte ! Qu'allons-nous pouvoir répondre à cette question, sans trahir le secret de la Celtycie ? me demande-je, tandis que notre bavard spectre s'approche de notre table, en poursuivant vivement son monologue…
« Qui est donc cette Balegarian ? Quel nom étrange ! J'ai pourtant le curieux sentiment de l'avoir entendu déjà. Mais de quelle origine est-il donc ? Cela sonne comme un nom de l'Est. Arménien peut-être ? Cela signifie-t-il que l'Europe de l'Est subit elle aussi la terreur d'une Magicienne Noire ? Comment se fait-il donc que nous n'en ayons point entendu parler auparavant dans ce cas ? Oh mais non ! Suis-je idiot ! Vous avez dit à l'instant qu'elle déteste les Humains et en particulier les Sorciers ! Il s'agit donc d'une Créature ou d'un Être. Un Centaure ? Les Centaures auraient décidé de s'allier à Voldemort ? Mais les Centaures ne prennent jamais partie dans les guerres ! Et ce sont des mâles qui dirigent les troupeaux. Serait-ce dans ce cas, le nom d'une Cheffe de Clan Vampire alors ? Ou d'une Harpie peut-être. Oui, c'est probablement une Reine Harpie ou une Cheffe de Clan Vampire, d'origine Arménienne ! Ai-je bien deviné ? » dit-il, son regard s'allumant d'une lueur interrogative…
Quelle merde ! Comment, répondre à ses questions sans mentir ? Ni le froisser en lui faisant des cachoteries ? me demande-je encore, échangeant un regard cette fois gêné, avec Blaise et mes amis…
« Euh… Non, Messire Salazar. Ce n'est pas une Harpie. Ni une Vampire. Et cela n'a aucun lien avec l'Arménie, non plus. Et en fait, bien que nous vous fassions entièrement confiance, soyez en tout à fait assuré, nous n'aurions pas dû parler de cela devant vous. Il y a dans cette affaire un secret qui ne concerne pas seulement l'Ordre du Phénix et nous ne pouvons vous en dire davantage pour l'instant. Il faut d'abord que nous demandions à Nally ce que nous pouvons vous révéler à propos de ce secret… » répond Blaise, tandis que je hoche la tête positivement, à l'instar de mes amis…
Et dans mon for intérieur, je remercie Blaise, d'avoir su trouver les mots appropriés…
« Oh ! Je comprends. Si c'est un secret et que vous devez d'abord consulter notre chère Madame Snape avant de… » répond Messire Salazar, l'air quelque peu déçu, mais s'interrompant soudainement.
Et son visage s'éclaire d'un sourire, comme s'il venait d'avoir une révélation, puis il se penche en avant vers Blaise, le regard pétillant d'une lueur malicieuse, pour ajouter dans un murmure :
« Oh ! Je viens de me souvenir, où j'ai entendu déjà le nom de Balegarian. C'était lors d'une conversation entièrement secrète entre les jeunes Nally et Lily. Le jeune Severus était là également, me semble-t-il… Oui, c'est bien cela. Mon souvenir se précise. Il était bien présent. Et vous avez raison, mon jeune ami. Il ne faut pas parler de cela à tort et à travers. Car qui sait comment réagirait le Monde Sorcier n'est-ce pas, en apprenant que la Celtycie existe bel et bien et que nous avons à Poudlard, deux professeurs semi-Elfes ? Uh ! Uh ! Uh ! Uh !… »
Et il se redresse, pour se bidonner à son aise, pendant que mes amis et moi échangeons des regards amusés cette fois…
« Tss… Tss… Tss… Voyons, Messire Salazar ! Ce n'est pas bien du tout, d'espionner les conversations secrètes des jeunes filles et des jeunes hommes… » assène ensuite Ben, l'air faussement réprobateur…
« Que voulez-vous, mon jeune ami ! Je n'avais guère autre chose à faire ! Pauvre de moi, auquel nul ne pouvait faire la conversation, puisque j'étais invisible aux yeux de tous ! Il fallait donc bien que j'occupe un peu ce temps qui m'a paru si long ! Une véritable éternité ! Et je vous promets d'avoir toujours été muet comme une tombe à propos de tous ces extraordinaires secrets ! Je n'en aurais même point parlé avec les deux concernés encore en vie, s'ils n'eussent eux-mêmes abordé cette question avec moi, peu après que soit tombée, la Malédiction qui m'empêchait d'être vu ! » s'exclame Messire Salazar, prenant un ton très solennel…
« Tonton et Tatie vous ont donc parlé de leurs origines ? » s'étonne Gil, sourcil haussé…
« Effectivement, mon ami. Cette chère Nally a bien deviné que je savais. J'admirais la merveilleuse facture de l'un de ces très beaux poignards, exposés en vitrine dans son Bureau, lorsqu'elle m'a révélé qu'il avait appartenu à sa mère et elle a textuellement ajouté : Inutile, que je vous précise quelle était l'origine de Maman. Car vous le savez fort bien, n'est-ce pas, Messire Salazar ? J'en ai convenu, lui avouant humblement mon indiscrétion et nous avons eu ensuite une très longue conversation à propos de la Celtycie, avec son époux, également présent dans son Bureau à ce moment… » révèle Messire Salazar, qui sourit avec une tristesse presque palpable lorsqu'il ajoute : « Comme j'eusse aimé pouvoir visiter cette contrée ! Et je suis impatient d'appendre tout, des aventures que Ronald a vécues en ces lieux ! Et celles de Sirius Black surtout ! Car après tout, le séjour là-bas de ce dernier a duré plus longuement ! »
J'éclate aussi sec de rire…
« Oh ! Merlin ! Avouez, Messire Salazar, que vous venez de vous moquer de nous ! Vous êtes parfaitement au courant de ce que nous sommes allés faire cette nuit au Paradis, n'est-ce pas ? Et c'est pour cela, que nous avons pu parler de Balegarian devant vous ! » m'exclame-je, sûr de mon fait…
Voilà qui explique que le Sceau du Secret ne s'est pas déclenché…
« J'avoue ! Peu avant leur retour, le professeur Snape m'a révélé que son épouse et Ronald n'étaient point morts comme nous l'avions pensé, qu'il en était de même pour Sirius Black et que nous aurions bientôt la joie de les voir revenir tous sains et saufs. Mais je n'ai pu résister à l'envie de plaisanter et de me gausser un peu de vous, en voyant les mines catastrophées que vous avez affichées, lorsque vous vous êtes rendus compte, que vous aviez imprudemment abordé un sujet secret devant moi ! Uh ! Uh ! Uh ! Uh ! » répond Messire Salazar, l'air plus malicieux que jamais…
« Oh Putain ! Quel soulagement ! Vous ne pouvez pas savoir comme je m'en voulais d'avoir fait la bourde de parler de tout ça ! » réagit Ben, visiblement bien mieux dans ses rangers…
« Ouais. Moi aussi. Vous êtes un sacré farceur, Messire Salazar. Et vous jouez drôlement bien la comédie ! J'ai tout à fait été convaincu par votre air de déception, lorsque je vous ai dit que nous ne pouvions pas vous révéler quoi que ce soit, avant d'en parler à Nally. Et j'ai davantage encore marché, lorsque vous avez fait mine de vous souvenir où vous aviez déjà entendu parler de Balegarian… » renchérit Blaise, avec un large sourire…
Salazar se bidonne encore, très fier de lui, visiblement. Il assure cependant que le souvenir évoqué est réel, ajoutant au passage quelques profonds regrets, que la mère de Harry et son époux soient décédés si jeunes…
« Alors comme ça, vous savez qu'en réalité, Sirius était en Celtycie et que c'est là-bas que Ron et Nally ont aussi fait un petit séjour dernièrement. Que savez-vous d'autre, Messire Salazar ? » intervient Philippa, avec curiosité…
« Hélas, pas grand-chose. J'ai juste eu l'occasion d'apprendre par la bouche même de notre chère Nally, que vous alliez tenter d'obtenir la collaboration pleine et entière des Elfes, pour faire front à l'ennemi en Celtycie. Fusse donc un succès ? » demande Messire Salazar, avec discrétion, car la porte du QG vient de s'ouvrir sur Martha, déjà de retour d'avoir pris sa douche…
« Oui. Plus que cela, même. Mais je vous suggère d'en parler plus tard, Messire Salazar. Vous pourrez venir voir Harry, Ron et Hermione, avec Blaise, Neville, Théo et moi-même, après le déjeuner. Comme nous n'avons pas cours cet après-midi, nous allons évoquer quelques questions qui vous intéresseront certainement. Ceci dit, Ben, Philippa et Gil vous raconteront en toute discrétion tout à l'heure, les grandes lignes de notre séjour. » réponds-je, avec la même discrétion, sous les hochements de tête de mes trois amis…
Eux, n'ont pas classe avant 10H30 ce matin. Ils pourront donc informer Messire Salazar tout à leur aise, confortablement installés dans l'une des discrètes alcôves du QG ou dans l'une des Salles de Réunion des Cachots Perdus…
« Avec grand plaisir… » accepte Messire Salazar, tout sourire…
Puis je me tourne vers Martha, qui a repris place face à la Carte et je lui demande s'il y a du neuf…
« Non. Il n'y a pas eu de nouveau message déposé pour Latton à la Volière. Et donc aucune de nos recherches concernant l'Espion n'a abouti encore une fois… » soupire-t-elle, avec déception…
« Ne désespère pas, Martha. Nous finirons par l'avoir ce salopard. Il ne pourra pas rester caché éternellement et quoi qu'on puisse en dire, l'étau se resserre autour de lui… » déclare Gil, avec un bel optimisme…
J'avoue que je suis loin de le partager en ce qui me concerne. Nous avons encore bien trop de candidats sur la liste des suspects. Mais je ne pipe pas mot. Ce n'est pas la peine de décourager mes amis…
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Acte 2 : Mission Intox
Severus
Nally a décidé de reprendre le travail ce matin. Et de provoquer un peu la curiosité de Latton, en s'installant à côté de lui.
« Oh ! Quel plaisir de vous revoir, très chère ! Mais êtes-vous vraiment suffisamment remise pour reprendre le travail déjà ? D'après les nouvelles que Gauthier a bien voulu me donner de votre santé, vous étiez très mal en point hier encore ! » s'exclame ce dernier, tandis que mon épouse s'assoit…
« Oui, effectivement, j'étais très loin d'être en forme hier encore, c'est vrai. Mais vous connaissez Madame Pomfresh, n'est-ce pas ? Elle a décrété que les Potions que m'a délivré Ste Mangouste n'étaient pas suffisamment efficaces et a décidé sans tambour ni trompette, que je devais prendre celles de l'Infirmerie. Ceci dit, elle devait avoir raison, car celles-ci ont fait merveille et je me suis réveillée en pleine santé ce matin ! » répond Nally, en gratifiant Latton d'un immense sourire…
Et, tandis que j'échange un coup d'œil rieur avec Charly, Latton se rengorge avec fierté, persuadé d'être celui auquel Nally doit son état de santé florissant, puisqu'officiellement, c'est lui qui fournit Pompom. Mais en réalité, ses Potions et Onguents sont d'une qualité nettement inférieure, aux remèdes que nous concoctons dans le plus grand secret du Laboratoire des Cachots Perdus. Et, pour comble, grâce au réseau d'escrocs notoires de Mondingus, nous revendons en sous-main une grande partie des Potions et Onguents de Latton, aux boutiques où nous savons que Preston, le Médicomage de Voldemort, se fournit régulièrement, pour soigner les troupes de son Maître…
Et Voldemort lui-même a été soigné avec ces remèdes de qualité inférieure aux nôtres…
« Eh bien vous m'en voyez ravi, très chère ! » s'exclame Latton, en rendant son sourire à Nally…
« Et moi donc ! D'autant que Pompom m'a également donné un Onguent, grâce auquel ma vieille douleur à la jambe a enfin totalement disparu… » déclare Nally, enfonçant le clou bien profondément pour flatter l'ego de notre Espion et soupirant avec satisfaction avant d'ajouter : « Je suis vraiment bien aise, d'être de retour à Poudlard, après toutes ces années d'absence. Maman avait raison. C'est vraiment ici que l'on trouve les meilleurs des professeurs et la meilleure des Guérisseuses… »
« Oh ! Votre mère est donc anglaise ? Voilà donc qui explique que vous soyez venue à Poudlard, alors que vous êtes de nationalité française ! » réagit Latton, vivement intéressé.
Voilà, le poisson est ferré, me dis-je et solidement encore. Car il en oublie qu'il portait sa fourchette à sa bouche, renversant son contenu sur ses vêtements, sans même s'en apercevoir. Et, comme son omelette au bacon est largement baveuse, elle laisse une vilaine trace jaune qui dégouline doucement, sur le marron foncé de sa robe, depuis le haut de sa poitrine jusqu'à hauteur de son abdomen…
C'est répugnant. Et s'il ne se rend compte de rien avant d'aller en cours, nul doute que les élèves vont largement se gausser de lui, en total irrespect et discrétion…
« Non ! Non ! Maman n'est pas anglaise ! Je suis de pure souche française... » répond Nally, avant de boire un peu de thé…
« Oh… Mais dans ce cas, pourquoi n'avez-vous donc pas été scolarisée à l'Académie de Magie BeauxBâtons ? » demande Latton, avant d'imiter mon épouse…
Mais sa tasse est vide. Il la repose donc vivement, en fronçant quelque peu les sourcils, avant de se resservir. Et comme Nally a également vidé la sienne, il la ressert galamment en premier lieu, tandis qu'elle entreprend de lui raconter une petite histoire absolument rocambolesque, où il est question de vacances alors qu'elle avait six ans. Il se serait alors produit un rarissime accident de Transport par Cheminée Internationale, au cours duquel elle a été séparée malencontreusement de sa mère et qui l'a menée droit chez Minerva. Celle-ci l'aurait alors prise sous son aile et entrepris de retrouver ses parents, car Nally ne savait guère s'expliquer en anglais, ni dire où sa famille avait l'intention de se rendre au Royaume Uni. Et, avec son efficacité coutumière, Minerva aurait bien entendu rondement mené l'affaire…
« Et c'est ainsi, que Maman et Minerva sont devenues très amies. Dès lors, Maman s'est mise en tête qu'il fallait absolument que je sois scolarisée à Poudlard, quand le moment serait venu pour moi d'intégrer une Ecole de Sorcellerie. Or, lorsque Maman a une idée en tête, croyez-moi, rien ne l'y ferait renoncer et finalement, avec l'appui de Minerva, elle a obtenu la faveur de mon admission ici. N'est-ce pas, Minerva ? » termine Nally, en se penchant vers Minerva, qui se trouve trois places au-dessus, à la droite d'Albus…
Ce que cette dernière confirme volontiers, bien qu'elle ne sache absolument pas de quoi nous parlions exactement. Je gage cependant qu'Albus, qui a toujours une oreille qui traîne partout, lui a fait signe d'acquiescer et qu'il lui expliquera plus tard de quoi il s'agissait…
« Eh bien, on peut dire que vous avez eu beaucoup de chances de ne pas être blessée au cours de cet affreux accident. Et que le hasard a bien fait les choses, en vous menant droit chez Minerva… » commente Latton, qui se sert une saucisse et un peu de haricots à la tomate, maintenant qu'il a fini ses œufs au bacon…
« Maman a vu en cela un signe du destin. Pour elle, il était indéniable que l'équilibre de ma vie serait toujours lié au Royaume Uni. Et bien que j'aie trouvé cela étrange jusqu'à présent, je dois admettre aujourd'hui, qu'elle avait sans doute raison. Car après des années et des années à courir l'aventure dans le Monde, c'est ici, à Poudlard, que je trouve enfin ma véritable stabilité professionnelle. Je compte également désormais de nombreux amis en Angleterre, en Ecosse, en Irlande, au Pays de Galles. Et comble de mon bonheur, Gauthier m'a rejointe ici… » répond Nally, en me gratifiant d'un sourire…
Et je me penche vers sa joue, pour y déposer un rapide baiser…
« J'en suis bien aise, ma tendre. Car cela m'a permis à moi aussi, de me stabiliser sur le plan professionnel… » ajoute-je, sur un sourire, tendant ainsi une perche à Latton…
Car il doit être très curieux d'en savoir davantage sur moi aussi, n'est-ce pas, afin de renseigner au mieux son Maître…
« Oh… Et qu'est-ce qui vous a donc menée à voyager ainsi de par le monde, très chère ? Et comment vous êtes-vous donc rencontrés tous les deux ? … » demande Latton, qui ajoute sur une brève hésitation : « Si ce n'est pas indiscret, bien sûr… »
« Oh ! Concernant ma vie de voyage, cela n'a rien de secret ! J'ai toujours eu une passion pour les vieilles choses ! Livres, meubles, vêtements ou bijoux ! J'avais donc décidé d'en faire mon métier et devenir antiquaire. Bien que Papa aurait préféré que je me destine à une carrière de Médicomage, comme lui, tandis que Maman espérait que je choisisse d'embrasser celle d'Auror, comme elle. Pour constituer mon fond de commerce, j'ai donc parcouru le Monde en long, en large et en travers, à la recherche de toutes les perles rares que je pouvais trouver. Mais je n'ai guère rencontré beaucoup de succès et c'est sans hésiter que j'ai tout lâché lorsqu'Albus a fait appel à mes services. D'une part car cela m'évitait de revenir tête basse au bercail et d'avouer que je m'étais fourvoyée dans mon orientation professionnelle. Et d'autre part, car je n'ai jamais oublié la faveur qu'il a faite à Maman, en acceptant que je vienne à l'Ecole à Poudlard. Ici ont été mes meilleurs jours et j'y ai fait connaissance de la meilleure amie qui soit… » répond Nally, qui ajoute, sur un soupir véritablement attristé : « Pauvre Lily… C'est aussi et surtout en sa mémoire, que j'ai accepté ce poste, je dois bien l'avouer. Je me suis toujours reproché de n'être pas restée en Angleterre, pour lutter contre Voldemort à ses côtés. Peut-être serait-elle encore en vie aujourd'hui, si je l'avais aidée à cette époque… »
Naturellement, Latton a sursauté. Deux fois. La première à l'évocation de Lily et la seconde, lorsque Nally a prononcé le nom adopté par son Maître…
« Oh ! Ainsi, vous connaissiez Lily Potter ? Car il s'agit bien d'elle, n'est-ce pas ? » demande-t-il, haussant un sourcil avide de curiosité…
« Oui. J'ai très bien connu Lily Evans. James Potter également, il va sans dire. J'ai d'ailleurs été témoin à leur mariage et j'ai assisté au baptême de leur fils. Dès lors, j'aurais dû rester en Angleterre. Après tout, je savais quelles menaces pesaient sur eux. Oui, j'aurais dû rester et les aider… » répond Nally, sur un soupir, comme nous en avions convenu…
Mêler mensonges et vérité. Telle a été notre décision, lorsque nous nous sommes entendus sur ce que nous allions raconter à Latton, dès qu'il se montrerait curieux à son égard…
« Tu n'as rien à te reprocher, Chérie. Nous en avons parlé mille fois déjà. Tu ne pouvais savoir que ce pleutre de Pettigrew les trahirait… » interviens-je d'une voix douce, serrant sa main dans la mienne, avant de l'embrasser une fois de plus sur la joue et d'ajouter : « Et ne plombons pas l'ambiance, avec ces regrets inutiles. Parlons plutôt de notre rencontre. C'est bien plus joyeux… »
Nally acquiesce, avec un pauvre sourire. Et cette fois, c'est moi qui me lance dans une histoire complètement folle, où je me dépeins également comme un chasseur de trésors en quête de la perle rare. Ce qui m'aurait mis en présence de Nally. Et nous nous serions battus comme des chiffonniers, pour obtenir à moindre coût, un objet que nous estimions tous deux d'une grande valeur, avant que je ne remporte la victoire. Pour finalement faire cadeau de cet objet à Nally, après lui avoir déclaré ma flamme…
A mes côtés, Charly retient à grande peine ses gloussements de rire. Et je ne manque pas de noter l'œil pétillant d'Albus, qui ne rate pas une miette de ce que je raconte…
« Et quel est cet objet, si ce n'est trop demander ? » demande Latton, qui ne soupçonne pas du tout que nous lui mentons sans vergogne…
Et alors que j'allais ouvrir la bouche pour répondre qu'il s'agissait d'un bijou ancien serti de diamants et façonné dans de l'or pur par les Gobelins, à l'époque très éloignée du tout début du moyen âge, Nally me coupe brusquement la chique…
« Un coffret d'or incrusté de rubis, que nul ne parvenait à ouvrir. Et pour cause. Il s'agissait d'un casse-tête comme en étaient friands les Moldus de l'époque. Et nous avions raison, de penser Gauthier et moi-même, que ce coffret avait bien plus de valeur qu'annoncé. Car j'ai eu l'excellente surprise, lorsque je suis enfin venue à bout du casse-tête, de découvrir dedans un très rare et précieux ouvrage, datant d'une époque de toute évidence très, très reculée. Et il n'y en n'a pas d'autre exemplaire au monde de ce Volumen, c'est une certitude… » déclare-t-elle, tandis que je sens mes cheveux se dresser sur ma nuque et que Charly s'en étouffe presque avec le Jus de Citrouille qu'il était en train de boire…
« Plait-il ? Comment avez-vous dit que s'appelle cet ouvrage ? » demande Latton, vivement surpris…
Une surprise non feinte. Il ignore visiblement ce qu'est un Volumen…
« Un Volumen. Il s'agit de l'ancêtre très lointain du livre. C'est un Papyrus ou un Parchemin attaché à deux rouleaux en bois ou métal plus ou moins précieux et plus ou moins ouvragés. A mesure de la lecture, le Papyrus ou Parchemin enroulé sur l'un des rouleaux, s'enroule sur l'autre. En l'occurrence, celui-ci est absolument magnifique. Les rouleaux sont en or, leurs extrémités sont délicatement ciselés et incrustés de pierres précieuses et il repose dans un coffret tout aussi superbe, frappé d'un joli symbole, dont je suis très curieuse de savoir ce qu'il peut bien représenter. » explique Nally, tandis que je me demande ce qui lui prend…
Il n'a jamais été question de raconter cela à Latton…
« Ah… Et que raconte l'histoire écrite sur ce Volumen ? » demande Latton, par pure politesse cette fois, j'en jurerai…
« Recettes anciennes de cuisine ? Ou découverte médicale ? Minutes d'un procès et ordre d'exécution publique d'un assassin ? Pièce de théâtre, contes ou légendes ? Histoire d'une grande épopée épique peut-être ? Ou d'un long voyage à travers l'Europe ? Hélas, je l'ignore. Et je l'ignorerai peut-être toujours. Car il est transcrit en code ou langage perdu depuis longtemps assurément. Un langage inconnu des différents experts que j'ai déjà consultés. Cependant, j'avais bon espoir qu'il soit déchiffré enfin, car je l'ai remis à un ami, qui m'a affirmé connaître un Linguiste exceptionnellement doué, auquel ce mystérieux code ou langage ne résisterait certainement pas. Hélas, mon ami est mort récemment et j'ignore à qui il a confié mon si précieux Volumen. …» répond Nally, avant d'ajouter, sur un ton bas, comme pour elle-même : « Si tant est qu'il ait eu le temps de le confier à ce Linguiste chevronné de sa connaissance, finalement. Peut-être pourrais-je m'en assurer auprès de ses fils. Oui, peut-être l'ont-ils trouvé dans ses effets. Ou alors ils connaissent peut-être ce Linguiste eux aussi. Oui… Ses fils sauront peut-être. Et c'est sans tarder que je vais leur poser la question. Je tiens trop à cet ouvrage… »
Et je vois soudainement où elle veut en venir. Elle doit penser que la raison pour laquelle Balegarian veut s'allier à Voldemort, c'est le Livre des Origines. Elle pense que c'est Luna qui le détient. Et comme elle ne peut accéder à Poudlard, elle va se servir de Voldemort pour l'obtenir…
Nally souhaite donc tout simplement éloigner la menace qui pèse sur les épaules de Luna, si Latton a l'intelligence de répéter ce qu'il vient d'apprendre à Voldemort…
Je ne suis pas très optimiste cependant et je crains que ce soit un coup d'épée dans l'eau. Cette histoire à propos du Volumen va sans doute paraitre anecdotique aux yeux de Latton et il pourrait la laisser de côté…
A moins que Voldemort n'exige de voir l'intégralité de son souvenir ?
Oui. Soyons confiant finalement. Nous verrons bien si Latton reparle du Volumen plus tard, cherchant à savoir si Nally a pu le récupérer.
Je décide néanmoins, de détourner la conversation. Nous en avons assez révélé comme ça pour aujourd'hui à propos de Nally et il s'agit d'appâter maintenant Latton au sujet des Commandos Internationaux.
Or, les gros titres de la Gazette, qui vient tout juste d'arriver, vont me permettre de le faire et j'entreprends d'ouvrir mon exemplaire…
« Merde ! L'Europe a encore subi une Attaque la nuit dernière ! » m'exclame-je donc, en m'empressant de dérouler totalement mon journal…
« Oui. Mais encore une fois les Commandos ont fait merveille… » commente Nally en faisant mine de parcourir rapidement des yeux, l'article de la Une, avant de relever la tête vers Albus et d'ajouter : « Sans doute vais-je me répéter pour la millième fois au moins, mais c'est vraiment une excellente idée que vous avez eue là, Albus… »
Et naturellement, une fois de plus, Latton mord à l'hameçon…
Il joue assez finement son coup cette fois, je dois l'avouer, interrogeant Albus l'air de rien. Mais ce dernier élude quasi aussitôt, car c'est l'heure des classes maintenant. Il promet néanmoins que Latton obtiendra réponse sous peu, si les évènements le permettent, précise-t-il, sur un soupir et en se levant de table…
Naturellement, Latton est déçu. Mais il ne proteste pas. Ce serait très mal venu et il le sait. Il se lève donc lui aussi, tandis qu'Albus s'en va, non sans nous avoir jeté un clin d'œil pétillant de malice à Nally et moi-même…
Notre Mission intox est remplie pour l'heure…
Un peu au-delà ce que qui était prévu, certes, puisque Nally a ajouté un détail imprévu.
Mais l'essentiel, c'est que Latton est bien ferré. Et d'ici peu, nous allons pouvoir l'intoxiquer avec d'autres informations destinées à fourvoyer Voldemort…
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Acte 3 : A chacun Ses Pénates
Sirius
Ouf ! Mission accomplie !
La Marge a regagné ses pénates !
Ça ne s'est pas fait sans mal cette affaire. Quelle vieille bique vipérine ! Elle n'a pas arrêté de dire du mal de ses concitoyens tout au long du chemin, à Vernon qui a tenu à la raccompagner jusque chez elle et s'est grimé en conséquence, pour avoir l'air qu'il aurait s'il se remettait depuis peu d'une longue maladie…
Mais le pire, c'est que lorsque Marge a vu le comité d'accueil à la gare de son village, elle est tombée dans les bras des uns et des autres avec forces minauderies mielleuses et hypocrites !
C'est tout juste si elle a dit au revoir à son frère, le congédiant sans vergogne puisqu'elle avait maintenant compagnie pour faire le chemin et porter sa valise, lui assurant qu'ainsi il était assuré de ne pas manquer le train de retour…
Que nous avons dû attendre durant 2h18…
Je ne suis pas fâché que Richard ait solidement modifié la mémoire de cette vieille bique tiens ! Au moins, ne peut-elle pas claironner du mal des Sorciers partout !
Ceci dit, heureusement que Ron était avec moi pour escorter Marge et Vernon. J'avais au moins quelqu'un à qui parler. Car aucun d'entre eux ne nous a adressé la parole à l'aller et Vernon n'a pas desserré les dents depuis que Marge nous a laissés en plan sur le quai de la gare de son village, jusqu'à notre retour au QG de Londres.
Il est resté l'œil dans le vague de ses pensées…
Ceci dit, il est soulagé dans le fond que sa sœur soit partie du QG, j'en foutrais ma main dans la gueule d'un Dragon. Quant à Pétunia et Dudley, n'en parlons pas ! Ils sont heureux comme des rois tous les deux. Et s'il n'était Vernon, je suis sûr qu'on aurait eu la fête au retour, Ron et moi-même…
« Quelles nouvelles ? » demande-je, en entrant dans la Base d'Espionnage, dans laquelle je suis maintenant de garde avec Mondingus jusqu'en début de soirée…
« Au Manoir, rien. En revanche dans la Gazette, on reparle de Bellatrix. Cette charogne a encore attaqué hier soir. En Italie cette fois. Le Village Sorcier de Palerme… » m'apprend Dedalus, se levant pour partir, puisque je suis arrivé pour le relayer…
« Beaucoup de victimes ? » demande-je, en haussant un sourcil…
« Ça aurait pu être pire. Tout le monde était sur la brèche et l'exemple du Nord de la France a porté leçon. Alors comme cela avait été le cas à Lille, tous les Sorciers des environs ont débarqué en apprenant la nouvelle de l'Attaque. Et juste après, le Ministre Italien a annoncé que quelle que soit l'heure et le lieu où les Mangemorts attaqueront, ce sera comme ça, parce que désormais, il y aura des Alarmes sur toutes les maisons et tous les villages Sorciers, qui se déclencheront dans tout le Pays... » répond Dedalus, en mettant déjà sa cape pour partir chez sa fille et il soupire avant d'ajouter : « Ceci dit, ça fera pas revenir les morts ça. Et il y a encore des pauvres gosses qui ont été tués ou sont orphelins à cette heure… »
« Ouais. Mais au moins, y a plus d'Mangemorts prisonniers que d'victimes encore une fois. Ça va pas faire les affaires d'Vold'mort ça. Il va avoir b'zoin s'd'ses troupes au complet s'il veut frapper un grand coup. Alors il finira bien par rapp'ler ses chiens tu n'crois pas ? » demande Mondingus, en détournant son regard des Ecrans, pour fixer le vieil Ange Gardien et Espion de l'Ordre…
« Il finira plutôt par donner l'ordre de les lâcher exclusivement sur des Moldus, dans des lieux retirés ou au contraire populeux, pour faire de nombreuses victimes en peu de temps ! Et il donnera surtout ordre à ses chiens enragés, de détaler dès le moindre signe de débarquement des Commandos ! » répond Dedalus, avec pessimisme, avant d'ouvrir la porte et de partir, les épaules affaissées par un poids énorme…
Il prend sacrément de l'âge ces derniers temps, le vieux Dedalus. Il semble rongé de remords, de ne pouvoir rien faire d'autre que rester installé au chaud devant des Ecrans, tandis que des pauvres gens meurent sous le coup des Attaques perpétrées par les Mangemorts…
Et je me dis qu'il a sûrement raison aussi, de penser que Voldemort pourrait donner l'ordre de n'attaquer désormais que des Moldus et de partir aussitôt notre arrivée sur les lieux. Il ferait ainsi beaucoup plus de victimes. Car même si nous sommes très bien organisés, nous sommes malheureusement loin d'avoir assez d'yeux pour surveiller l'ensemble de chaque Pays encore…
Je crains cependant qu'il n'y ait pas grand-chose à faire contre cela. Et que bientôt les Moldus nourriront sérieusement des soupçons. Car les explications plausibles de catastrophes diverses et variées s'épuisent sérieusement…
Tempêtes, inondations avec coulées de boues qui emportent ou recouvrent tout sur leur passage, fuites de gaz ou attentats terroristes qui font exploser des villages entiers, séismes et autres catastrophes naturelles ou non, se produisent trop souvent. De manière bien trop rapprochée…
Nom de Zeus ! Il doit bien y avoir une solution pour empêcher tout ça… Mais laquelle ?
« Faudrait vraiment trouver quèque chose pour arrêter tout ça… » soupire Mondingus, se faisant écho de ma pensée…
J'acquiesce simplement du chef et me sers une tasse de thé. Puis je m'installe à côté de lui, jetant un coup d'œil sur chaque Ecran tour à tour.
Comme annoncé par Dedalus, c'est calme plat au Manoir. Et il ne se passe rien de notable, jusqu'au départ de Lucius et Yaxley, aux environs de 11H30. Ils sont partis en Suède bien sûr et la seule chose qui me réjouit dans cette nouvelle, c'est qu'ils vont se geler les miches, car le grand froid persiste encore là-bas…
Leur arrivée est confirmée une demi-heure plus tard par Orian, via la Base de Peterhead. La Liaison avec Caméras et Micros est plutôt bonne pour le moment a-t-il également ajouté avec satisfaction, selon ce que l'on nous rapporte.
J'en informe aussitôt Albus, qui de son côté, me révèle que la Mission Intox a commencé avec Latton, au cours du petit déjeuner…
« Les nouvelles ne sont pas encore parvenues ici. Mais j'imagine que Latton n'a pas encore eu l'occasion de faire son rapport. » déclare-je, fronçant subitement les sourcils avant d'ajouter : « D'ailleurs, à ce propos, comment va-t-il s'y prendre pour le lui faire parvenir, croyez-vous, Albus ? …
Latton ne porte pas la Marque des Ténèbres. Il ne peut donc pas signaler qu'il a des infos par ce biais. Et je doute qu'il prenne le risque d'écrire à Voldemort, depuis Poudlard…
« Je l'ignore, Sirius. Mais j'imagine que son fils pourrait être un intermédiaire. Après tout, c'est lui qui a emmené le jeune Brandburgy jusqu'au Manoir… » répond Albus, d'un ton tranquille…
« Oui, possible… » soupire-je et je suis sur le point de couper la communication, lorsque Mondingus attire mon attention sur l'un des Ecrans…
Bulstrode arrive au Manoir. J'en informe aussitôt Albus et, avant de le quitter, lui promets un compte-rendu détaillé dès la visite terminée.
…
Bulstrode se presse dans l'allée, puis dans le couloir. Et il entre dans le bureau de son Maître, aussitôt est-il invité à le faire…
« Quelles nouvelles, Hadar ? » demande Voldemort, en haussant un sourcil inexistant…
« Les formalités concernant l'achat de votre Gentilhommière sont closes, Monseigneur et je vous apporte les Titres de Propriété… » annonce Bulstrode, sur un ton réservé
Prudent plus exactement. Il devrait pourtant être heureux, d'apporter cette nouvelle-là et je comprends donc, qu'il en a aussi une nettement moins bonne, qui va suivre…
« Parfait Hadar. Tu seras récompensé pour le zèle et la grande habileté dont tu as fait preuve pour la réalisation de cette importante affaire… » répond Voldemort, en prenant les Titres de Propriétés, avec un sourire sincèrement ravi…
Mais ce sourire est loin d'être suffisant pour rassurer son Serviteur …
« Merci, Monseigneur. Croyez que je serais pleinement heureux de vous avoir satisfait, si j'avais pu obtenir le même succès, avec les recherches qui m'ont été confiées à propos de Nally de Paimpont. Hélas, il n'y a pas de dossier la concernant au Ministère. » soupire Bulstrode, tendu et ajoutant très vite : « J'ai cependant pris contact avec l'une de mes connaissances en France et j'espère vivement être renseigné demain soir au plus tard… »
Un petit tic de contrariété agite le coin de la bouche de Voldemort. Mais il reste calme et la tension dans les épaules de Bulstrode diminue d'un cran…
« Tiens-moi informé dès que ton contact t'aura livré le fruit de ses recherches, Hadar. Par ailleurs, arrange-toi pour tout connaitre de l'emploi du temps du Chef du Département des Mystères. Je veux tout savoir des visites qu'il reçoit, des déplacements qu'il effectue, sur quoi il travaille actuellement, les dossiers qu'il consulte, les lettres qu'il écrit, celles qu'il reçoit. Tout, tu m'entends ? » déclare Voldemort d'un ton ferme, avant d'ajouter avec plus de douceur : « Tu sais comment t'y prendre, n'est-ce pas ? »
« Oui, Monseigneur. » acquiesce Bulstrode, tandis que Mondingus m'interroge du regard…
Mais je n'ai aucune réponse à lui apporter. J'ignore comment Hadar Bulstrode peut réaliser le désir de Voldemort, de quel moyen il dispose, pour espionner le vieux John Croaker … Un autre Langue de Plomb serait véreux et ferait le boulot à sa place ? C'est fort possible…
En même temps j'en doute fort, car Voldemort serait au courant dans ce cas, qu'Arthur a emprunté le dossier concernant l'Arcade, quand Ron et Nally sont passés derrière. Ce doit donc être autre chose…
Le silence de Voldemort se prolonge et sur l'Ecran, Bulstrode ronge son frein.
« Avez-vous une autre Mission à me confier, Monseigneur ? » demande-t-il cependant, après une longue hésitation …
« A la réflexion, non, pas d'autre Mission pour l'heure, Hadar. Mais peut-être en aurais-je une autre à te confier demain soir, lorsque tu viendras me rendre compte des recherches de ton contact français, à propos de cette Nally de Paimpont… » répond Voldemort, qui congédie tout aussitôt son Serviteur…
Et dès Hadar sorti, il se dirige vers le salon attenant, sollicitant Arcturus Brandburgy afin qu'il lui donne son bras. Il applique ensuite sa Baguette dessus, appuyant très fort et le jeune homme grimace en gémissant de douleur…
o-o-o
« Il a app'lé quèqu'un… » commente aussitôt Mondingus, sourcils froncés…
« Indéniable. » acquiesce-je, le regard fixé sur les grilles du portail…
Mais personne n'arrive dans l'immédiat…
« Ce quelqu'un n'est pas tout près cependant… » ajoute-je donc, après trois bonnes minutes et demi d'attente…
« Ouais. Et ça peut êt' qu'Lucius, Bellatrix ou Rabastan dans ç'cas. C'est les seuls qui sont à l'étranger avec les deux Yaxley. Mais ces deux là, j'vois pas pourquoi l'affreux les rappel'rait aujourd'hui… » renchérit Mondingus, en se levant de son fauteuil, car on vient de frapper à la porte de la Base…
« Ah ! Je vois que tu as la même idée que moi. Et si comme nous le pensons, c'est bien Lucius ou Bellatrix ou Rabastan qui a été appelé, ou même les trois, il va lui ou leur falloir du temps pour revenir de l'Etranger. Nous avons donc le temps nous-même, pour déjeuner en paix… » souris-je, en me levant moi aussi, pour aller m'installer à table…
Dudley vient d'apporter un très alléchant plateau repas et de son côté, Voldemort lui-même vient de demander au planton de faire venir son déjeuner…
« Ouais, nous avons bien l'temps d'manger. Et j'parie ç'que tu veux, qu'il va poser l'Fidelitas sur la Gentilhommière et installer ses pénates là-bas avant ç'soir, l'affreux. » déclare Mondingus, en nous servant déjà du ragoût de lapin aux champignons, et ajoutant, sur une brève hésitation : « Alors final'ment, ça m'étonn'rait pas qu'les trois r'viennent… »…
« Tout juste Auguste ! La question est plutôt, qui va-t-il emmener là-bas ? » réponds-je, me servant largement en purée et carottes fondues aux petits oignons, pour accompagner le lapin…
« Son éphèbe c'est sûr. Pour l'reste, j'parie sur son p'tit con d'frangin, les Carrow pour faire l'ménage et la cuisine. Et l'jeune Bletchley pour l'service… » suppute Mondingus, avant d'attaquer son repas…
« Sûr. Mais il voudra peut-être aussi emmener les autres jeunes, pour que le petit con ne s'emmerde pas. Et il lui faudra aussi au moins un planton … » commente-je, en versant du Jus de Citrouille dans nos verres…
« Pour l'planton, j'suis d'accord. Mais pour les aut' jeunes, penses-tu ! Du moment qu'il l'a à disposition pour l'jour J, il s'en fout pas mal qu'il s'emmerde le p'tit con !… » répond Mondingus, après avoir dégluti sa bouchée…
« Ouais. Peut-être bien. » acquiesce-je, avant de détourner la conversation sur autre chose…
Après tout, on s'en fiche de qui va emmener ou non l'horrible. Nous le verrons en temps et heure et cela ne changera pas beaucoup la donne pour nous.
Nous aurons toujours autant de monde à espionner et surveiller. Que ce soit au Manoir ou à la Gentilhommière…
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Acte 4 : Secret De Fantômes
Harry
« Sirius confirme que l'affreux est en train de préparer ses bagages. En revanche, ni Lucius, ni Rabastan, ni Bellatrix n'a encore répondu à son appel. Et personne d'autre n'est arrivé non plus… » informe-je Ron et Hermione, en entrant dans le petit Labo privé des appartements de ma sœur de cœur…
Ils se dépêchent de terminer les Potions et Onguents que nous avons commencés ce matin, car l'arrivée de Draco, Nev, Blaise, Théo et Messire Salazar est imminente maintenant…
« Bien. Heureusement nous avions prévu qu'il ne tarderait pas à s'installer là-bas et au moins, tout est prêt pour assurer sa surveillance constante. C'est seulement dommage que Messire Salazar n'ait pas pu visiter les lieux lui aussi…» répond Hermione, sur un léger soupir, en éteignant le feu sous l'Onguent auquel elle a mis la dernière main…
Il est parfaitement onctueux, comme d'habitude…
« Quels lieux est-il dommage que je n'aie point visités, très chère Hermione ? N'est-il point possible que je le fasse encore ? » demande alors Messire Salazar, en surgissant dans le Labo…
« Il s'agit de la Gentilhommière dans laquelle Voldemort va déménager sous peu. Et non, vous ne pouvez plus aller la visiter. C'est trop tard maintenant. Car elle se trouve loin d'ici et Voldemort y sera sans doute dès ce soir. Nous ne pouvons donc même pas compter que vous puissiez y aller la nuit prochaine… » répond Hermione, sur un léger soupir, avant d'ajouter, d'un ton un peu contrarié : « Nous sommes idiots de n'avoir pas anticipé. Vraiment, à quoi avons-nous pensé pour oublier de considérer cette question ! »
« Merlin sait que nous avions de nombreux autres objets de préoccupations qui le justifient, Hermione. Et nous pourrons toujours faire visiter les lieux à Messire Salazar, via les Caméras du QG de Londres et les Plans dont nous disposons. Alors ne nous flagellons pas avec ça… » l'apaise-je avec douceur…
« Et peut-être n'est-il point trop tard, malgré ce que vous pensez, très chère Hermione. Bien sûr, en général, nous nous déplaçons de préférence des deux manières que vous connaissez. C'est-à-dire qu'en temps normal, nous empruntons au plus souvent possible le même chemin que les vivants, car voyez-vous, flâner ainsi, nous permet d'avoir le sentiment d'appartenir encore à ce Monde, de partager réellement la vie des êtres qui nous entourent. Mais bien sûr, quand l'urgence se fait sentir, nous accélérons considérablement notre vitesse de déplacement et traversons les murs, comme vous n'avez point manqué de le remarquer à maintes reprises déjà. En revanche, ce que vous ignorez sans aucun doute, c'est que lorsque l'urgence est extrême ou qu'il nous prend l'envie soudaine d'aller rendre visite à une connaissance, ce qui j'en conviens aisément nous arrive de plus en plus rarement à mesure que le temps s'étire sur notre condition spectrale et que nos connaissances se meurent à leur tour, nous usons du seul petit pouvoir qui nous est encore accordé : apparaître à convenance partout où nous le désirons, en une infime fraction de seconde. Il nous suffit pour cela, de penser fortement aux lieux dans lesquels nous désirons nous rendre. En réalité, cela ressemble fort au Transplanage. A la différence que nous ne ressentons plus la désagréable sensation d'oppression que vous connaissez et que c'est beaucoup plus rapide. Et me déplacer ainsi, c'est ce qui m'a permis de longuement et régulièrement espionner mon demi-frère Artemus, durant ses nombreuses pérégrinations, jusqu'à ce que je perde finalement sa trace, comme je vous l'ai expliqué au jour de notre rencontre. Et c'est ainsi également, que je me suis enquis parfois de la santé d'élèves ou professeurs, que je trouvais particulièrement sympathiques ou pour lesquels j'éprouvais quelque sincère affection. Ne vous ai-je point affirmé d'ailleurs, mon cher Harry, que je vous ai visité chaque jour ou presque depuis que vous êtes à Poudlard ? Les seuls moments où je n'ai point pu le faire, c'était lorsque vous étiez en des lieux protégés par le Fidelitas. Hormis le Terrier, puisque j'ai eu l'heur d'être présent, lorsque votre père adoptif a clos le Sortilège et révélé l'adresse aux personnes présentes … » intervient Messire Salazar, à ma grande surprise…
Oui, je me souviens que Messire Salazar a évoqué les visites qu'il me rendait. Mais je n'imaginais pas qu'il ait pu le faire à Privet Drive ou même au Terrier. Et comme l'a supputé Messire Salazar, j'ignorais tout à fait qu'il ait pu se déplacer en une fraction de seconde pour le faire…
Hermione et Ron également, si j'en juge leurs sourcils haussés…
« Eh bien quelle surprise ! Mais c'est curieux que même Hermione n'ait jamais entendu parler de cette possibilité de déplacement des Fantômes, vous en conviendrez sûrement, Messire Salazar. Voilà cependant qui est fort pratique et va nous rendre bien service assurément… » commente Ron, avec un sourire satisfait…
« En réalité, mon cher Ronald, je viens de vous révéler un secret bien gardé des Fantômes et, même si ce n'est point là une confidence d'une extrême importance et que le dévoiler ne met la vie d'aucun en jeu, je vous saurais gré de ne point le divulguer. Car il est plaisant voyez-vous, pour la plupart de mes collègues, de garder ce petit secret et de le révéler aux nouveaux venus dans notre congrégation, au cours d'une petite cérémonie d'initiation et d'intronisation dans notre confrérie. Cela leur offre un maigre réconfort, dans la désolation immense que représente leur toute nouvelle condition de Fantôme, dénué non seulement d'une véritable vie, mais aussi et surtout de pouvoirs Magiques… » explique Messire Salazar, avec un sérieux infini…
« Ok, pas de souci. Nous garderons bien le secret, soyez en assuré. Mais il va quand même falloir le révéler au moins à Draco, Théo, Blaise et Nev qui ne devraient plus tarder et se poseront inévitablement des questions, sur la manière dont vous vous êtes pris, pour effectuer un aller et retour aussi rapide, d'ici à la Gentilhommière. Mais avec eux aussi, votre secret sera bien gardé, Messire Salazar… » répond Ron, avec grand sérieux…
Il est presque solennel même. Comme prêt à prêter serment.
« Oh ! J'ai tout à fait confiance en eux ! Et il faudra bien également, que les Membres de l'Ordre en soient informés ! Sinon comment expliquerez-vous mes apparitions soudaines dans la Gentilhommière, à vos Espions et Anges Gardiens ? » s'exclame Messire Salazar, avec un sourire tranquille
« Ah oui, bien sûr. Mais ne risquez-vous pas, dans ces conditions, d'avoir des ennuis avec votre congrégation ? » demande alors Ron, sourcil haussé vers Messire Salazar…
« Non point, mon cher ami ! Le Conseil des Fantômes a été informé de mon idée et l'a entièrement approuvée ! Applaudie même ! Et nous sommes en guerre que diable ! Alors que nous ayons été antan Chevalier, Noble Dame de la cour, Prélat, Valet ou Servante importe peu aujourd'hui et quel qu'est pu être notre bravoure ou notre lâcheté face à la mort venue, être Fantôme ne nous a point fait perdre notre honneur, notre désir de préserver notre Monde et de combattre les impies Serviteurs des Ténèbres. Alors si notre petit pouvoir peut rendre service dans la lutte contre l'ennemi, tous les spectres en tireront honneur et grande fierté ! Et vous pouvez être assuré que chacun d'entre nous usera de son petit pouvoir, quitte à dévoiler notre secret en le faisant devant témoin, si l'heure vient à être extrêmement grave à Poudlard ou dans les environs ! C'est un point que nous avons déjà décidé, sans moindre débat, ni hésitation ! » répond Messire Salazar, quelque peu enflammé dans sa diatribe, tandis que Ron, Hermione et moi-même échangeons un coup d'œil rieur…
Messire Salazar ne peut pas s'empêcher d'être grandiloquent et théâtral…
« Génial. Mais alors, si je comprends bien, la petite confidence que vous venez de nous faire, pourrait bientôt devenir un secret de Polichinelle… » commente-je, sur un sourire…
« Conscience en avons-nous, mes collègues Fantômes et moi-même, mon cher ami. Tâchons cependant de le préserver autant que faire se peut… » répond Messire Salazar, tandis que la porte s'ouvre sur Draco, Blaise, Nev et Théo…
« Préserver quoi ? » demande aussi sec Draco, avec une évidente curiosité…
Hermione se charge de le lui expliquer, tandis que je renseigne Messire Salazar, sur les coordonnées de Transplanage de la Gentilhommière. Puis je lui montre sur les plans dont nous disposons, les pièces qui seront sans doute occupées par Voldemort et enfin, après que je me sois assuré que l'affreux est toujours affairé à la préparation de ses bagages au Manoir, Messire Salazar se concentre sur sa destination et disparait d'un seul coup d'un seul, sans le moindre bruit…
« Wahow ! Discrétion totale ! Alors là, pas de doute, ça va nous rendre service ça ! » s'exclame Ron, main sur les hanches et l'air satisfait…
Au même moment, le morceau de Miroir qui me relie à Sirius vibre dans ma main…
« Le Fantôme de Salazar vient d'apparaître devant le portail de la Gentilhommière et il se dirige droit vers l'habitation maintenant ! Que peut-il bien ficher là ! » s'exclame Sirius, l'air sidéré…
« Je sais… » souris-je, avant de lui expliquer l'affaire et d'ajouter : « Et comme ça, non seulement il n'aura pas à traverser de mur, de plafond ou de sous-sol, mais en plus, à moins que Voldemort change le mobilier de place, Messire Salazar ne risque pas ainsi d'apparaitre au beau milieu d'un fauteuil ou du bureau… »
« Et surtout, ça ne nous pose plus la question de trouver comment faire pour que Messire Salazar soit rapidement sur lieux, sans avoir à déménager temporairement ses pénates dans le sous-sol ou le grenier... » renchérit Sirius, sous le hochement de tête approbateur de Ron et Hermione…
« Ouais, c'était ce qui nous préoccupait le plus… » réponds-je, avant de demander où Messire Salazar en est de son périple…
« Mmmm… A la manière dont il se déplace dans le bureau, le petit salon privé et la chambre attenante, je pense qu'il prend des mesures… » répond Sirius, dont le regard n'a cessé de faire des va-et-vient entre le morceau de Miroir et les Ecrans de la Base d'Espionnage…
« Ok… Ben il ne nous reste plus qu'à attendre qu'il ait fini et revienne ici… » souris-je, avant de couper la communication…
Plus que satisfait il va sans dire. La question résolue ce jour, me turlupinait pas mal, je l'avoue. C'était un gros point noir même, qu'il fallait résoudre avant même de réfléchir au piège dans lequel Messire Salazar amènera Voldemort à tomber.
Car il y avait gros risque, que quelqu'un d'autre que l'affreux voit aussi le Fantôme de Salazar, s'il avait dû se déplacer comme les Fantômes le font habituellement. Et cela n'était pas du tout souhaitable. Loin de là…
Mais bon. C'est fini ça. Il n'y a plus à se tourmenter sur cette question. Maintenant, il ne nous reste plus qu'à réfléchir à la manière dont nous allons mener notre affaire…
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