Disclaimer : cf chapitre 1
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Grand merci à Mistycal !
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OoOoOoO
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Découvertes Surréalistes 3 / 6
Acte 8 : Conversation Magique
Harry
Le thé en compagnie de Messire Salazar et ma famille terminé, je décide que finalement, il est plus que temps pour moi, d'avoir avec Tristan, cette conversation que j'ai bien assez longuement repoussée.
Oui. Le moment est venu. Attendre encore ne serait pas bien envers Tristan. Je me dois de le voir avant la Réunion qui aura lieu sans doute ce soir, pour évoquer les conclusions de Ron, au sujet de Salazar. S'il y a d'autres questions à poser encore à Tristan après ou au cours de cette Réunion, ce sera l'occasion d'une nouvelle discussion avec lui, c'est tout.
C'est dans le Temple des Elfes, que je choisis de venir pour lui parler. Mais la quiétude de cette belle Caverne, ne m'apaise pas autant cependant, que je l'aurais souhaité.
Cela me semble tellement injuste ! Tristan, n'a jamais été que pureté, bonté et innocence. Et pourtant, il va devoir sacrifier son existence et ses vies futures, pour garantir la fin de Voldemort et son Salazar. Oui, il va devoir payer ce prix, j'en suis convaincu. Il va devoir accepter de disparaitre à jamais, emmenant Salazar avec lui, dans les Limbes glaciales des Ténèbres, dévoreuses de vies Magiques, afin de préserver Magie Mère …
Non, ce n'est pas juste, me dis-je pour la énième fois, immobile au milieu du Temple, mon regard fixé derrière l'autel, sur la paroi bleu nuit, sur laquelle se dessine soudainement une brève arabesque argentée, qui se fond en un clin d'œil dans la roche…
Et mon cœur se pince : cette arabesque argentée, c'est l'un des enfants de Magie Mère. Son hôte est mort et il retourne en son sein.
Et je devrai passer par là, moi aussi, pour emmener Voldemort à sa fin définitive. Devrai-je donc mourir, pour y parvenir ? Ma Magie devra-t-elle s'accrocher à la sienne, avec Tristan, pour l'éloigner de Magie Mère et l'emmener sur l'autre Chemin, celui des Enfants Perdus ?
Ma Magie doit-elle donc être sacrifiée elle aussi ? Ou parviendra-t-elle à se détacher de celle de l'affreux, avant que celle-ci soit à jamais enfermée dans un Dôme et à ensuite regagner le sein de Magie Mère ?
Long frisson…
Certes, je ne crains pas la mort et si je dois mourir pour garantir notre victoire alors je le ferai. Mais j'aimerai autant l'éviter. Je n'ai pas envie de mourir déjà. Je n'ai pas envie de quitter ma famille. Pas envie de laisser Jonas, Jérémy et Jodie. Ils se retrouveraient une nouvelle fois orphelins. Car Ron donnera sa vie lui aussi et m'accompagnera sur le Sentiers des Enfants Perdus, je le sais bien. Aucun de nous deux ne peut envisager sa vie sans l'autre à ses côtés. Ni ici-bas, ni au-delà. Et je pense que c'est la même chose pour nos Magies…
Merlin…
Comment ai-je pu en arriver là, quand je n'ai jamais aspiré qu'à une vie tranquille et douce. J'aurais tant aimé être un garçon comme les autres, grandir avec mes parents pour veiller sur moi, apprendre à jouer au Quidditch avec mon père, me faire câliner par ma mère. Et même avoir avec eux, ces stupides querelles, provoquées par une adolescence rebelle et enflammée.
Pourquoi cela m'a-t-il été refusé ? Quels méandres tortueux, ont-ils amené mon destin à être ce qu'il est ?
Bien sûr, j'ai fait des choix depuis toujours, qui m'ont mené ici. Mais que s'est-il passé avant cela, qu'est-ce qui a fait que j'ai été amené à faire ces choix ?
Un nouveau frisson me parcourt soudainement l'échine, me tirant de mes pensées. Secoue-toi Harry ! Tu perds inutilement du temps ! Aucune de ces questions ne recevra réponse. Ne t'attarde donc pas plus, me dis-je alors. Mais je ne puis détacher mon regard de la paroi bleu nuit. Je me sens attiré par elle. Et sans pouvoir me retenir, je me mets en mouvement, me dirigeant vers elle, m'avançant au plus près que je ne l'ai jamais fait, avant de m'arrêter.
Des Ondes Magiques caressent mon corps maintenant et il me suffirait de tendre un peu le bras, pour pouvoir effleurer la paroi bleu nuit du bout des doigts. Mais je ne le fais pas. Je me concentre sur les Ondes de Magie pure, qui m'enveloppent d'une douce tiédeur…
Magie Mère est là. Elle a étendu ses Ondes, pour venir à ma rencontre. C'est elle qui m'a attiré ici et j'ai le sentiment qu'elle me parle, même s'il n'y a aucune voix qui le fait, que ce soit hors ou dans ma tête. J'ai le sentiment qu'elle me dit savoir qui je suis, combien elle regrette les souffrances que j'ai eues à endurer jusqu'à présent et celles que j'aurai sans doute à subir encore. Elle me dit aussi, qu'elle ne peut cependant m'aider davantage qu'elle ne l'a fait déjà, en m'offrant une puissance Magique hors du commun.
« Pourquoi moi ? » murmure-je soudainement, le cœur brusquement étreint dans ma poitrine
Et je tombe subitement à genou, vertigineux d'images qui envahissent mon esprit et fermant les yeux. Derrière mes paupières closes, des hommes et des femmes, appartenant à différentes époques de plus en plus rapprochées, mènent de durs et âpres Combats. Certains succombent devant leur ennemi, d'autres sont victorieux. Mais quoi qu'il en soit, toutes et tous se battent farouchement, avec la même détermination verrouillée sur leur visage et dans leur regard. Je ne comprends pas ce message. Pourquoi Magie Mère me montre-t-elle cela me demande-je, jusqu'au moment où les traits de quelques visages, me semblent soudainement familiers…
« Ce sont des souvenirs en fait. Vous êtes en train de me dire que j'appartiens à une longue lignée, qui s'est toujours battue contre la Magie Noire, n'est-ce pas ? » murmure-je, alors…
Aucune voix ne me répond. Mais je sais que j'ai vu juste, lorsqu'un souvenir de mes parents envahit à son tour mon esprit…
Non, ce n'est pas un souvenir de mes parents. C'est un souvenir de leur Magie, réalise-je. Un souvenir qui a été absorbé par Magie Mère, lorsqu'elle a épuré ses enfants, avant de les faire renaitre. Un souvenir qu'elle a fait sien, comme ceux de tous ses enfants depuis toujours, et qu'elle me livre aujourd'hui, en réponse à ma question…
Mes parents se battent contre Voldemort. Il y a sur leur visage et dans leur regard, la même détermination farouche que celle de leurs prédécesseurs. Et je sais. Je ressens avec acuité, qu'ils voulaient la même chose que moi. Une vie douce et tranquille. Pour eux-mêmes, pour moi et tous ceux qu'ils aimaient…
Cela a été ainsi, pour tous mes ancêtres Sorciers.
Et c'est bien pour cela que je me bats, moi aussi. Pour obtenir cette vie douce et tranquille à laquelle j'ai toujours aspiré. Et si je ne l'obtiens pas en ce Monde pour moi-même, elle sera pour Jonas, Jérémy et Jodie. Et moi je l'aurai dans l'autre Monde, auprès de mes parents, qui ont sacrifié leur vie pour sauver la mienne.
C'est dans mon sang. Un héritage de longue lignée. Voilà pourquoi Magie Mère m'a fait don d'une grande puissance Magique. Pour que le Combat de nombres de mes ancêtres n'ait pas été vain. Aujourd'hui, je ne leur dois pas que la vie. Je leur dois cette paix à laquelle ils ont aspiré. Je leur dois d'empêcher que le Monde sombre à jamais dans les Ténèbres, pour que le sacrifice de leur vie prenne tout son sens aujourd'hui…
Non. Ceci n'est pas une obligation. C'est un choix. C'est mon choix. Je l'ai fait il y a longtemps déjà. Je l'ai fait lorsque j'étais en première année et que j'ai refusé de suivre Voldemort dans sa folie et sur la voie de la Magie Noire…
Je l'avais même déjà fait avant ça. Cela a toujours été dans ma nature. Malgré toute l'injustice de ma situation, la colère et les rancœurs légitimes qu'elle faisait naître en moi, jamais je n'ai entretenu un esprit de vengeance à l'encontre de qui que ce soit. J'ai toujours refusé de devenir mauvais…
J'ai toujours refusé, de ressembler d'une quelconque manière, à l'ancien capricieux, égoïste et jaloux Dudley, qui n'hésitait pas à cogner pour exprimer sa colère, à mentir pour faire porter à autrui le chapeau de ses bêtises et de sa hargne, à brutaliser les autres, pour obtenir ce qu'il voulait. Toujours refusé de ressembler à l'ancienne Tante Pétunia, qui faisait peser sur moi toute son aigreur et sa rancœur. Et moins encore à Vernon, dont le regard posé sur moi, me reprochait perpétuellement d'exister… et me le reproche encore aujourd'hui. Me le reprochera toujours…
Et je devrais les remercier pour cela. Ils m'ont montré qui je ne voulais pas être…
Je dois en remercier Tristan aussi, qui m'a si souvent soutenu, consolé, réconforté, quand je me sentais si seul, si injustement maltraité…
Serais-je devenu celui que je suis, sans sa bienfaisante présence à mes côtés ?
N'a-t-il pas influé sur mes choix d'enfant ?
« J'ai un peu nourri ton espoir, c'est vrai. Mais tu es seul à avoir choisi, Harry… » déclare soudainement une voix à mes côtés…
Et j'ouvre mes yeux, fermés depuis tout à l'heure, d'abord sur les souvenirs des enfants de Magie Mère, puis sur mes pensées. Et je me tourne vivement vers cette voix…
Tristan…
Il est bien là, avec moi, dans le Temple. Ce n'est pas une Illusion, ni un effet de mon imagination. Ce n'est pas dans ma tête qu'il se trouve. Ce n'est pas ma Magie qui lui fait face. Il s'agit bien de lui et de moi…
Il est là, debout, souriant avec douceur, à son habitude, son regard attristé posé avec bienveillance sur moi et enveloppé d'une aura argentée, aussi blafarde que la Lune. Et sa ressemblance avec le Tom Jedusor adolescent que j'ai vu dans la Chambre des Secrets, me parait à la fois terriblement frappante et lointaine…
Il m'apparait si fragile, que j'éprouve une profonde envie de le prendre dans mes bras, de le serrer doucement sur mon cœur et de le protéger contre tous les maux de la terre. Je n'ose le faire cependant. J'ai peur que son image se brouille et qu'il disparaisse à ma vue, si je le touche.
Mais sa main se lève et se tend vers moi. Alors j'avance la mienne pour m'en saisir avec précaution, éprouvant lorsque je le touche, une sensation étrange, qui fourmille et crépite dans ma paume, mais si douce et chaude, si réconfortante…
« Bonjour Tristan… » murmure-je, profondément ému
« Bonjour Harry… » me sourit-il, la tête un peu penchée sur le côté
« Comment peux-tu être ici, avec moi ? » demande-je dans un souffle, émerveillé de pouvoir lui parler ainsi, dans un vrai tête à tête, de pouvoir le toucher…
« Mère a accédé à ma demande et permis que je me matérialise. Elle sait combien cette entrevue est importante, que nous en avons besoin tous les deux, pour accepter notre prochaine séparation et pouvoir nous dire adieu… » me répond-il, avec une indicible douceur…
Et des larmes montent brusquement dans mes yeux. Je ne les retiens pas. Elles sont faites de la douleur que j'éprouve à l'idée de perdre Tristan à jamais. Elles sont nécessaires au courage qu'il me faudra, pour aller au bout de ma Mission…
Et ma douleur se marque également sur les traits de Tristan…
« Tu devrais t'assoir plus confortablement, Harry. Notre conversation risque d'être un peu longue et tes genoux seront douloureux si tu restes ainsi, dans cette position… » me dit-il après quelques secondes d'un silence chagriné, en essuyant d'un revers de manche, la poussière dorée de ses larmes…
J'acquiesce et, sans lâcher sa main, je m'assois en tailleur face à lui. Il s'assoit lui aussi, dans la même position, son regard si doux et triste plongé dans le mien, avant de m'inviter à lui poser toutes les questions, d'aborder tous les sujets que je souhaite…
Il y en a tant. Je souhaite tout savoir de lui. De ce qu'il a vécu. De ce qu'il aurait aimé vivre. De ce qu'il pense de sa situation. De ce qu'il va devoir faire, pour préserver notre Monde et la Celtycie. Mais combien de temps va-t-il nous être accordé ? Ne vaut-il pas mieux que nous allions à l'essentiel, sous peine de passer à côté, si je tarde encore ?
Oui. Il faut aller à l'essentiel, me dis-je, le cœur serré et me reprochant d'avoir si longuement retardé notre entrevue…
« Tu ne dois avoir aucun regret, Harry. Tu avais besoin de ce temps que tu t'es accordé, pour mûrir ta réflexion et trouver le chemin menant à l'acceptation de mon destin et du tien. Et j'en avais besoin également. Je t'aurais moi-même contacté, s'il en avait été autrement… » murmure Tristan, face à mes hésitations…
Je souris. Tristan a une fois encore trouvé les mots pour me réconforter. Me déculpabiliser, en me disant que nous partageons tous deux la responsabilité d'avoir repoussé cette conversation que je m'étais promise d'avoir avec lui…
« Tu me connais si bien. Tu sais tout de moi. Et moi je sais si peu de toi… » souffle-je, avec regret…
« Tu en sais bien davantage que tu le penses à mon propos, Harry. Pour t'en rendre compte, il te suffit de laisser ta mémoire s'ouvrir, aux histoires que je t'ai racontées, lorsque tu étais un tout petit garçon enfermé dans son placard. Toutes les joies que j'ai connues, qui m'ont forgé tel que je suis, je te les ai confiées autrefois. Tous mes rêves, je les ai aussi partagés avec toi. Et tu as comblé nombre d'entre eux, depuis que je suis avec toi. Tu m'as offert plus qu'un refuge, crois-moi… » m'explique Tristan, tandis qu'un flot de souvenirs, jusqu'ici profondément enfouis, afflue soudainement à ma conscience…
Des joies enfantines, peuplées de rires et de chansons, d'illuminations de Noël, de brise tiédie par le Soleil, de visages rafraîchis par les embruns de la mer ou de flocons de neige qui tourbillonnent mollement dans l'air, un chou à la crème fouettée, une course dans un champ fleuri de coquelicots, la naissance d'un oisillon dans un nid, un papillon qui se pose sur une main…
Des petits bonheurs d'enfant… Uniquement des petits bonheurs d'enfant…
Ils ne m'appartiennent pas. Ce sont ceux de Tristan. Ceux de Tom Jedusor, lorsqu'il était petit garçon. Un tout petit garçon. Pas plus que trois à quatre ans je pense… Plus jeune donc, que semble l'être Tristan, qui en parait huit environ…
« C'est pour cela, que tu m'apparais ainsi, sous les traits d'un enfant ? Parce que tu portes en toi ces beaux souvenirs d'enfants ? » demande-je, lorsque les images s'enfuient…
Voile de tristesse douloureuse, dans le regard de Tristan…
« Je ne suis qu'une minuscule part de la Magie de Tom et j'ai l'apparence qu'il avait, lorsqu'il a fait le choix de se laisser uniquement guider par son impatience, sa colère, sa haine et ses peurs. Vois-tu, Harry, ces petits bonheurs, ces petites joies ne suffisaient pas à Tom. Il les dédaignait tout simplement. En réalité, il avait hautement conscience déjà d'être différent des autres enfants de l'orphelinat et il voulait davantage, bien davantage, toujours bien davantage, que ce que les autres enfants, plus chanceux que lui, avaient ou obtenaient. Il ne pouvait non plus se contenter de ce que la vie lui offrait, il ne voyait que ce qu'elle ne lui offrait pas. Alors inlassablement, grandissaient l'amertume, la rancœur et la colère. Elles l'envahissaient un peu plus chaque jour et ses regards sur les joies innocentes se sont faits de plus en plus rares, jusqu'à disparaitre tout à fait. Il pensait qu'il méritait bien plus, puisqu'il était spécial. Et quand j'essayais de lui montrer ces petits bonheurs, humbles certes, mais si doux pourtant, lorsque je tentais de les lui faire apprécier, il me repoussait un peu plus à chaque fois, plus loin, plus profondément. Et je n'étais pas assez fort pour lutter contre cela, pour lui donner le désir de saisir ces petits bonheurs quotidiens qui passaient à sa portée et de patiemment attendre, que vienne pour lui le moment d'obtenir la récompense de sa patience. Toujours son regard effleurait à peine ce qu'il avait, avant de se porter sur ce qu'il n'avait pas. Et croissait encore son impatience, sa colère, puis sa haine. Il en a d'abord voulu à ses parents de l'avoir abandonné, puis au Monde entier, haïssant chacun, pour ce qu'il n'avait pas. Jamais il n'a compris. Non, jamais il n'a compris, qu'il devait construire lui-même sa vie, qu'il pourrait avoir un jour ce qu'il convoitait, s'il accordait du temps à la vie et œuvrait pour l'obtenir. Il a décidé de le prendre, de le voler, de faire du mal aux autres, pour apaiser sa douleur ou se venger de ce qu'il ressentait comme des humiliations ou des injustices. Il a usé de Magie pour le faire. C'était tellement plus facile de procéder ainsi à ses yeux. Et il n'a surtout pas compris, que son désir ne pourrait jamais être satisfait ainsi, ni jamais assouvi, que le plaisir malsain qu'il retirait de ses larcins ou de ses petites vengeances, ne serait jamais qu'incomplet et tristement éphémère, car ce qu'il avait pris à autrui, ne lui appartiendrait jamais tout à fait, que le mal qu'il avait infligé à autrui, ne le consolerait jamais de la douleur qu'il avait ressentie lui-même. Et le manque, le vide immense de véritable joie, de véritable bonheur, s'est creusé chaque jour davantage en lui. Sa soif et sa faim de plaisirs jamais rassasiés, la haine a toujours davantage noirci son cœur. Il convoitait toujours autre chose, de plus grand, de plus précieux à ses yeux. Et face à l'adversité, son esprit s'est nourri de désirs de vengeance, de plus en plus cruelle. Il désirait faire de plus en plus mal aux autres, pour se venger. Et un peu plus tard à cela, s'est ajoutée une peur, de plus en plus grandissante de la mort. Et finalement la perspective de mourir l'a terrifié, obsédé, au point qu'il ne pouvait plus penser qu'à cela. Alors il a décidé d'œuvrer pour que cela n'arrive pas, pour vivre éternellement… Il était si jeune pourtant. Il avait toute une longue vie encore devant lui. » explique Tristan, sa tristesse si palpable, qu'elle m'envahit tout entier…
« Quel âge avait-il donc ? Et que s'est-il passé pour qu'il soit si effrayé par la mort ? » demande-je, désireux par-dessus tout soudainement, de comprendre le parcours de Voldemort…
C'est un point crucial, j'en suis certain. Qui m'aidera à convaincre Voldemort et par extension Salazar qui doit éprouver la même terreur, à me suivre sur ce qu'il appelle le Chemin des Âmes.
« Il n'avait pas encore huit ans. A cette époque, il vivait bien sûr à l'orphelinat et chaque dimanche, comme tous ses petits camarades, il allait à l'église du quartier. Le pasteur y tenait sermon sur la douce vie éternelle promise à l'Âme des Hommes vivant dans l'amour de leurs prochains, du respect de leurs biens et de leur vie. Et bien sûr aussi, sur les tourments éternels promis à celles et ceux vivant dans la colère et la haine et plus encore à celles et ceux qui causait grand mal à autrui ou leur prenaient la vie. Un jour, le pasteur fût particulièrement effrayant lorsqu'il évoqua l'Enfer et les milles et unes tortures, que subissaient les pauvres Âmes égarées sur les chemins tortueux du mal. Tom, y fut particulièrement sensible. Car il avait quelques jours auparavant, pour se venger d'une chicanerie d'enfant, causé un accident qui avait précipité l'un de ses camarades dans les escaliers et, à son grand plaisir malsain, la directrice avait annoncé la veille, que cet enfant ne pourrait jamais plus marcher. L'entente du sermon très virulent, fit prendre conscience à Tom, de la gravité du mal qu'il avait causé à son camarade. Et, bien qu'il ne regrette pas son geste, persuadé qu'il était que son camarade n'avait eu que ce qu'il avait mérité, il réfléchit à ce qu'avait dit le pasteur, se sentant un temps partagé, entre le doute et la frayeur. Il n'avait pas envie, d'être promis à une vie éternelle de douleur et de souffrance. Mais il n'avait pas envie non plus, de croire en la parole du pasteur et de renoncer à ses vilaines pensées, ni au plaisir procuré par ses petites vengeances. Dans le doute cependant, il décida d'effectuer quelques recherches et interrogea l'instituteur, avec lequel il entretenait de bons rapports. En effet, ce dernier ne cessait de louer son intelligence et son brillant esprit, ce qui flattait bien évidemment Tom. Face à ses nombreuses interrogations, l'instituteur se procura des livres dans une bibliothèque et encouragea Tom à les lire. Plus que les mots, se furent les illustrations qui frappèrent l'esprit de Tom et le convainquirent de l'aspect éminemment redoutable de l'Enfer. Par ailleurs, comme il avait déjà commis de nombreuses mauvaises actions et que la notion de pardon lui échappait totalement, dans la mesure où lui-même ne pouvait pardonner aux autres, il n'envisagea pas une seule seconde, que la destinée de son Âme n'était pas encore définitivement tracée. Il se mit donc à trembler, pour sa vie dans l'au-delà. Cependant, il chercha également à se rassurer et ses réflexions le menèrent donc à penser, que les propos du pasteur et des livres qu'il avait lus, ne se fondaient sur aucune certitude. Il se rappelait en effet, que quelques mois plus tôt, le concierge de l'orphelinat avait déclaré à la cuisinière, que la directrice avait tort d'obliger les enfants de son établissement à écouter les divagations trompeuses du pasteur. Il décida donc d'interroger le concierge. Celui-ci commença par se moquer de lui, puis, constatant le sérieux de Tom et son réel désir de réponses, il accéda à sa demande et finalement expliqua, qu'il n'y avait rien du tout, après la mort. Celle-ci était définitive. Le corps humain pourrissait et était mangé par les vers, c'est tout. Rien des Humains ne subsistait, pas même leur Esprit et moins encore leur Âme, puisque celle-ci n'existait pas, que c'était une invention des Hommes, que ceux-ci avaient besoin de se préserver du caractère définitif de la mort, de se sentir rassuré en croyant à une vie éternelle. Et que cela servait aussi, à empêcher les Humains de commettre de mauvaises actions, en instillant en eux, la peur de passer cette vie éternelle dans les affres de l'Enfer. Cela effraya d'autant plus Tom. Il passa des nuits blanches, à ruminer toutes ses pensées. Il ne voulait pas mourir. Il ne voulait pas disparaitre à jamais. Cela le tourmenta beaucoup. Il devait y avoir un moyen de ne pas mourir. Et puisqu'il était si intelligent, bien plus que tous ses camarades, bien plus que tous les autres êtres de la terre, avait même laissé entendre l'instituteur, il se rassura en se persuadant qu'il allait trouver ce moyen. Car après tout, plus qu'intelligent, n'était-il pas spécial, différent des autres enfants ? Il devait bien y avoir une raison à cela. Puisqu'il en était ainsi, cela devait signifier que son destin serait différent également. Il avait une espèce de pouvoir que les autres n'avaient pas. Il pouvait déplacer des objets rien qu'en y pensant, faire faire ce qu'il voulait aux animaux, parler aux serpents. Ce pouvoir là, allié à son intelligence, le destinait à faire de grandes choses, il en était convaincu. Alors non, il ne mourrait pas. Il allait soigneusement étudier la mort. Et grâce à ses mystérieux pouvoirs, il la vaincrait. Il vivrait éternellement. Ainsi, que ce soit le pasteur ou le concierge qui ait raison, qu'il y ait ou non une vie après la mort, cela n'avait pas d'importance, il gagnerait sur les deux tableaux. Il ne disparaitrait pas à jamais, ni ne vivrait toute une éternelle vie en Enfer. Cette décision prise, il retrouva un semblant de paix. Et dès lors, il se berça de rêves de puissance et de gloire. Il vivrait une éternité sur terre, gardant son secret de vie éternelle pour lui-même et cela lui permettrait d'obtenir tout ce qu'il voulait, de dominer tous les autres, ces idiots qui ne voyaient pas à quel point il était spécial et bien plus intelligent qu'eux. Car il suffirait de leur faire miroiter qu'il partagerait avec eux son secret, pour qu'ils lui vouent leur vie et lui donnent tout ce qu'il voulait. Oui, il commanderait tout le monde lorsqu'il serait grand et obtiendrait tout ce qu'il voulait. Plus personne ne se moquerait jamais de lui. Plus personne n'aurait quelque chose de plus beau que lui. Il aurait tout et les autres n'auraient rien qu'il ne puisse obtenir… » révèle Tristan, son regard triste entièrement tourné vers ses souvenirs du passé…
« Ainsi donc sont nés la mégalomanie et le sentiment de toute-puissance de Voldemort… » murmure-je, effaré, également empli de pitié soudainement, avant d'ajouter : « La peur de ce petit garçon était légitime. Pourquoi donc l'instituteur lui a-t-il donné des livres à lire sur la religion, si terriblement illustrés, au lieu de lui expliquer simplement les choses ? Et cet idiot de concierge, au lieu de le rassurer, l'a effrayé avec ses réponses sur la mort ! Pauvre gosse, s'il avait été planté dans une famille aimante, guidé par des adultes attentifs, sans doute aurait-il pu dépasser sa peur et revenir à de meilleurs sentiments… »
Je suis presque en colère maintenant. Et Tristan penche un peu la tête, souriant avec douceur.
« Je reconnais là ton grand cœur, Harry. Mais il y a eu de plus nombreuses mains tendues vers Tom, qu'il y en a eu pour toi et il n'a pas su les saisir. Bien que peu nombreux et que le concierge ne soit pas un modèle d'intelligence, le personnel de cet orphelinat, comparé à d'autre, était attentif aux enfants. Tom a été câliné par les dames de l'orphelinat. Mais très rapidement, il leur en a terriblement voulu de ne pas s'occuper exclusivement de lui, leur a tenu rancune, de faire également des câlins aux autres enfants. Alors il s'est détaché des dames, n'a plus voulu de leur tendresse qu'il considérait bien trop insuffisante. Plus tard, l'instituteur de Tom, a su reconnaitre son intelligence et il a essayé de savoir pourquoi Tom était si intéressé par toutes ces questions sur la religion. Tom lui a menti, se montrant à son habitude, sous son meilleur jour avec lui, le charmant littéralement, comme il savait si bien le faire déjà à l'époque et lui affirmant pour justifier son intérêt, qu'il voulait être pasteur lorsqu'il serait grand. L'instituteur n'a eu aucune raison de mettre en doute sa parole, ni de s'inquiéter pour lui. Quant aux autres enfants, ils n'étaient pas plus méchants avec Tom, que tes camarades d'école l'ont été avec toi. Cela se passait comme partout ailleurs en réalité, certains enfants chicanant d'autres enfants dans les dortoirs ou la cour de récréation et Tom aurait pu se faire des amis, s'il l'avait souhaité. Mais il avait déjà hautement conscience d'être différent d'eux, en raison de ses pouvoirs par lesquels il était fasciné et surtout, il les haïssait avec ferveur, puisqu'il lui avait volé la tendresse et l'amour des dames de l'orphelinat. Il s'est donc volontairement coupé de ses camarades, les méprisant et se servant de la Magie pour leur faire du mal. Son absence de cœur l'a mené à cela. Car s'il avait eu du cœur, il se serait servi de son intelligence et, en secret, de ses petits pouvoirs Magiques, avec quelques-uns des autres garçons, pour améliorer le quotidien, dispenser des petites joies autour de lui. » assure Tristan, qui ajoute sur un soupir : « J'ai essayé de lui faire prendre conscience de cela, au travers de ses rêves, mais même en rêve, il trouvait absurde d'envisager d'utiliser la Magie pour aider les autres. Pour lui, elle a toujours été destinée à dominer et rien d'autre… »
« Tu penses donc, comme je l'ai toujours subodoré, dans le fond, que Tom Jedusor fait partie de ces rares personnes qui n'ont pas la capacité d'éprouver de la compassion, qui naissent ainsi, avec une totale absence de cœur, une incapacité à aimer ou à se sentir coupable d'avoir fait mal aux autres… » murmure-je, en fronçant les sourcils…
« Oui, je le pense. Rien n'a jamais su le toucher réellement ou l'émouvoir, même lorsqu'il était un tout petit enfant. Ce qu'il a toujours voulu, c'était l'exclusivité en tout. Bien qu'il soit incapable d'en éprouver lui-même, Tom voulait l'amour et l'admiration des autres, sans avoir à les susciter. Il voulait être l'unique centre d'intérêt des personnes qui l'entouraient. Le plaisir des autres n'a jamais compté à ses yeux, seul le sien avait de l'importance et il fallait qu'il domine celui de tous les autres réunis. S'il n'était concerné, le bref intérêt qu'il avait pu ressentir, laissait aussitôt place à l'indifférence et la froideur, à la rancœur aussi. Alors la petite étincelle de bonté et d'innocence qu'il portait en lui, n'a jamais pu s'épanouir, car il était incapable de la nourrir, d'en faire une flamme ardente, comme toi tu as su le faire… » répond Tristan, visiblement lourd de peine…
« Mais alors, comment as-tu pu grandir quand même ? » demande-je, dérouté soudainement…
Il me semble impossible, que Tristan ait pu le faire, si Voldemort n'a jamais eu de bonté en lui. Il est une part de sa Magie. Comment a-t-il pu devenir lumineux, ne pas se laisser envahir par cette absence de cœur, par toute cette noirceur qui a pris si tôt racine dans le petit Tom ?
« Les Enfants de Magie Mère, sont épurés de leurs souvenirs, lorsqu'ils regagnent son sein, mais pas de la bonté, de la sagesse, de l'innocence, de la pureté qu'ils portent en eux. La lumineuse Magie de Tom a cessé de croître, lorsqu'il a commencé à se laisser guider par la colère, l'impatience et la haine. Alors s'est entamé son déclin et celui de sa Magie, vers la noirceur. Je suis ce qu'il reste de la bonté, de la sagesse, de l'innocence et de la pureté de la Magie que Mère a offerte à Tom. Je porte encore en moi, la sagesse et l'innocence qu'il n'a pas su nourrir, abritant le souvenir des joies enfantines, des petits bonheurs, pour lesquels son intérêt a rapidement laissé place à l'indifférence et à la froideur, qu'il n'a pas su apprécier, saisir et faire siens, refusant même, de seulement accorder un regard à ce que la vie lui offrait, pour ne voir que ce qu'elle ne lui offrait pas. La Magie qui est restée en lui, Harry, est à son image. Glacée, sans aucune once d'amour ou de compassion, contaminée par la folie qui a peu à peu envahi son esprit. » explique Tristan, visiblement très affecté par tout cela et qui soupire une fois de plus, avant d'ajouter : « Je n'ai pas grandi, Harry. J'ai cette apparence du Tom de huit ans, parce que c'est le moment où il a fait un choix crucial, qui a déterminé le reste de sa vie. J'ai l'apparence qu'avait toute sa Magie, lorsque sa noirceur a véritablement commencé à l'entacher et qu'une part d'elle, moi en l'occurrence, a commencé à se recroqueviller sur elle-même, pour repousser au plus loin, le moment où elle se ferait totalement absorber par cette noirceur… »
Mon cœur s'étreint dans ma poitrine. Je suis terriblement chagriné pour Tristan, dont je ressens avec acuité les regrets, la douleur…
« Etait-il encore possible, d'inverser le processus ? » demande-je dans un souffle…
« Oui, un retour est toujours possible, si la volonté du Sorcier, son désir sont réellement là, de revenir à de meilleurs sentiments. Les regrets sincères, le pardon, l'amour sont des armes puissantes contre les Ténèbres et peuvent laver aussi bien une Âme, que la Magie. » répond Tristan, tandis que je songe soudainement à Kreattur, qui a gagné son pardon en faisant sacrifice de sa vie, pour laver le déshonneur et la honte de sa trahison envers Sirius…
Je songe plus précisément à ce que Blaise a rapporté, des propos de Henko à son sujet. Que la Magie de Kreattur était emplie de sa sagesse. Que celle-ci était aussi grande, que l'avait été sa douleur et son sacrifice.
« J'ai longtemps gardé espoir qu'il en soit ainsi, pour Tom. J'espérais que lorsqu'il apprendrait qu'il était un Sorcier, qu'il saurait qu'il n'était pas unique, comme il le pensait, peut-être alors pourrait-il voir le Monde autrement. Mais ce n'est pas ainsi, que cela s'est passé. Bien au contraire, cela a attisé sa colère et ses peurs les plus vives et profondes… » précise quant à lui Tristan, le regard exprimant de profonds regrets…
« Pourquoi cela ? » m'enquiers-je, en raffermissant un peu ma prise sur la main de Tristan, pour tâcher de lui apporter un peu de réconfort…
« Quand le professeur Dumbledore est venu lui dire qu'il était un Sorcier, Tom a essayé de le séduire et de l'impressionner. Et il a été dépité, de ne pas y parvenir. Pis, le professeur Dumbledore a tout de suite démasqué Tom, su qu'il commettait de mauvaises actions, avec l'aide de la Magie. Et, bien qu'il ne lui en ait pas véritablement fait reproche, celui-ci a très lourdement ressenti sa désapprobation. Ce qui a bien sûr, rendu le professeur Dumbledore hautement antipathique aux yeux de Tom. De plus, Tom a pris conscience qu'il n'était pas aussi spécial qu'il le pensait jusqu'alors et surtout, qu'il lui faudrait travailler très dur, pour développer sa puissance Magique. Il avait très bien perçu celle du professeur Dumbledore et cela l'a enragé, car c'était là de toute évidence un obstacle à son rêve, d'être le plus grand, le plus admiré des êtres de ce Monde. En effet, se dit-il, si dans le Monde Sorcier, Albus Dumbledore n'était qu'un simple professeur, malgré toute cette puissance, cela devait signifier qu'il y avait plus puissants que lui encore, parmi les siens. Bien plus puissants même, assurément. Il lui faudrait donc balayer ceux qui feraient obstacle sur son chemin. Il en conclut alors, qu'il devait commencer tout de suite à travailler, pour y parvenir, pour prendre de l'avance sur tous les autres enfants Sorciers de sa génération et même dépasser leurs aînés. Il ne pouvait donc pas se contenter de ce qu'il y avait sur la liste de fournitures et livres, que le professeur Dumbledore venait de lui donner à lire. Sa décision fût très promptement prise. Il devait décliner l'invitation du professeur de l'accompagner sur le Chemin de Traverse et aller faire ses achats seul, avec la petite bourse qui lui avait été allouée par le Ministère de la Magie, pour faire face à ses dépenses. Ainsi, peut-être pourrait-il se débrouiller pour obtenir davantage que ce qu'il y avait sur la liste. » raconte Tristan, avant de marquer une pause dans son récit…
Il revit tous ces lointains souvenirs qu'il évoque, avec une très nette précision et parfois je capte des images, des sensations tout aussi nettes que si je les avais vécues moi-même : le regard pointu du professeur Dumbledore, qui transperce la carapace de Tom, le malaise du petit garçon, face à ce grand homme qui ne l'approuve pas, l'amertume face à la menace de voir ses rêves de grandeur brisés puis la rancune qui prend place aussitôt dans son cœur. Et sa détermination à vaincre tous les obstacles…
Rien ne pourra se dresser sur son chemin, il y est fermement décidé.
« Bien entendu, Tom ne s'est pas contenté non plus, de rester sur le Chemin de Traverse, lorsqu'il est allé faire ses achats. » reprend Tristan, la voix voilée par son chagrin : « Il s'est très vite aventuré dans l'Allée des Embrumes, par laquelle il s'est irrémédiablement senti attiré, éprouvant tout aussitôt une fascination morbide pour sa noirceur. Et c'est dans l'Allée des Embrumes, qu'il a pu se procurer un peu plus d'argent, en volant la bourse d'un homme qui s'était enivré et endormi dans une impasse. Naturellement, il a vite compris que les ouvrages qu'il a vus dans la vitrine d'une obscure petite boutique, contenaient des moyens sombres certes, mais également plus rapides, de développer sa puissance. L'un d'eux particulièrement, l'attirait très fortement et il s'est promis de se procurer ce livre, avant même la fin de l'été. Aussitôt cela fut-il décidé, il se dépêcha d'effectuer ses achats et, dès qu'il est rentré à l'orphelinat, il a dévoré les ouvrages achetés et a voulu s'exercer aussitôt à la Magie. Mais le professeur Dumbledore lui avait interdit d'user de sa Baguette à l'orphelinat, arguant qu'il devait apprendre à contrôler le flux de sa Magie à l'Ecole d'une part et, d'autre part, que si les Moldus le surprenaient en train de faire de la Magie, il serait en infraction avec la Loi et courrait le risque d'être sévèrement puni. Alors Tom a mûrement réfléchi et a décidé de faire au moins un essai, à l'abri des regards, sur le Chemin de Traverse. Et comme cela a été un franc succès, par la suite, il s'est très régulièrement rendu là-bas pour lire des livres dans la librairie, mais aussi pour s'isoler dans l'Allée des Embrumes, afin de s'exercer avec sa Baguette et concocter des Potions. Il est même allé à la Grand Bibliothèque Sorcière, où il n'a pas hésité un seul instant à voler des ouvrages. Ainsi, il était sûr, de pouvoir impressionner ses futurs professeurs. Il a aussi tenu la promesse qu'il s'était faite, d'acheter le livre de Magie Noire. Afin d'y parvenir, il s'est procuré l'argent en volant la recette de la kermesse annuelle, organisée par le pasteur de l'église où il était contraint d'aller chaque dimanche. Après avoir échangé l'argent Moldu contre des Gallions à Gringotts, il a utilisé son charme naturel, pour convaincre une femme de mauvaise vie de réaliser l'affaire pour lui, sous prétexte de faire cadeau de ce livre à son père… » narre encore Tristan, le cœur de plus en plus lourd, à l'évocation de ces souvenirs…
« Merlin… Tom avait donc déjà lu un ouvrage de Magie Noire, avant même d'entrer à Poudlard… » murmure-je, proprement effaré…
« Oui. Fort heureusement cependant, les Maléfices étaient trop complexes, il ne maîtrisait pas encore assez le latin et sa Magie pour s'y exercer. Mais c'est en toute confiance tout de même, qu'il a pris le Poudlard Express, pour se rendre à l'Ecole. Assurément il avait plus de connaissances et de talents, que ces futurs camarades de classe, pensait-il. Cependant, durant le voyage, il a commencé à déchanter. Non seulement il n'était pas le seul garçon spécial, comme c'était le cas à l'orphelinat, mais de plus, un élève de quatrième année se vanta devant lui, d'avoir des origines prestigieuses et être le descendant de deux longues lignées de Sorciers. Puis un autre s'est un peu moqué de Tom, dont il n'avait pas manqué de noter les pauvres chaussures toutes abîmées. Ce n'était pas dans un but méchant, juste une taquinerie, mais Tom en a conçu une grande rancœur. D'une part envers lui-même, s'admonestant d'avoir renoncé à s'acheter une paire de souliers neufs, pour pouvoir faire l'acquisition d'un livre supplémentaire et d'autre part contre ce garçon. Il se promit bien sûr, de se venger cruellement de lui plus tard et nota soigneusement son nom dans un coin de sa mémoire. Ensuite, à son arrivée à l'Ecole, il ne fût pas accueilli aussi chaleureusement qu'il l'espérait, à la table des Serpentards où le Choixpeau l'avait réparti. Ils n'avaient pas reconnu sa haute intelligence au premier coup d'œil, ni été impressionné par les connaissances dont il faisait déjà étalage, comme Tom l'aurait voulu. Cependant, le plus douloureux pour lui, fût l'arrivée des Fantômes dans la Grande Salle, car elle réveilla brusquement en lui la pire de ses peurs. Non seulement il avait là, la preuve que le pasteur avait raison et que nous avons une Âme, mais cela signifiait également, que la mort promettait bien une vie éternelle et donc la possibilité de réellement passer cette éternité à souffrir les affres de l'Enfer. De plus, refuser de mourir tout à fait, conduisait à un état de non existence réelle, puisque les Fantômes ne pouvaient plus ressentir la vie et ses plaisirs, ni avoir de possessions et, pour comble, qu'ils perdaient leur Magie. Refuser de mourir, c'était donc être dépossédé de tout. Et cela était inconcevable, inacceptable à ses yeux. Il méprisa donc aussitôt profondément ces Fantômes, alors même qu'ils avaient éprouvé la même peur de mourir, que lui… » raconte Tristan, l'air navré, avant de marquer une nouvelle pause…
« Mmmm… Oui. Je conçois cela. Mais connaissant mieux le petit Tom, j'imagine que même si cela lui a fait passer quelques nuits blanches, il a décidé de ne pas s'arrêter à cela et de trouver une parade à cet état de fait… » glisse-je, un long frisson parcourant mon échine…
Ce n'est pas le froid, qui me fait frissonner. C'est la lueur désespérée qui traverse le regard de Tristan. J'ai vu juste, bien sûr.
Pire même. Voldemort a trouvé cette parade, devine-je...
Merlin ! Notre victoire s'avère donc plus difficile encore à obtenir que nous l'envisageons ! Et pourtant Merlin sait combien nous sommes cruellement conscients déjà, que nous marchons sur un fil tendu au-dessus des abysses et que le moindre faux pas, peut nous précipiter dans les Ténèbres d'un vide sans fond…
« Oui, c'est ce qu'il a fait. Et j'ai malheureusement contribué à ce qu'il y parvienne… » souffle à peine Tristan, des larmes de poussière dorée dévalant maintenant ses joues à grands flots…
Je suis si terriblement, si profondément touché par sa douleur, que je me penche vers lui et le prend doucement, dans mes bras, comme je le ferai pour consoler Jonas d'un gros chagrin….
« Je suis désolé, Harry. Si désolé. Je ne voulais pas ce qui est arrivé. Mais je n'étais pas assez fort pour lutter. Je ne suis pas parvenu à résister. J'ai essayé, mais j'ai échoué. Et c'est à cause de moi, s'il a réussi. S'il a pu revenir te tourmenter et te faire tant de mal… » murmure Tristan, tandis que j'essuie la poussière dorée de ses larmes sur ses joues…
« Ne sois pas désolé, Tristan. Tu n'as rien fait de mal. Tu as fait ce que tu as pu et même au-delà, j'en suis certain. Et je suis sûr aussi, que rien n'est irréversible. Nous allons pouvoir tout arranger. Il faut avoir confiance. Ensemble, nous trouverons une solution…» réponds-je, avec une infinie douceur, lui souriant avec confiance
Je le serre tout contre moi durant quelques secondes silencieuses, ma joue posée sur ces cheveux, puis j'essuie ses larmes de poussière dorée, avant de l'encourager à tout me raconter…
« Tom a fait de nombreuses recherches à Poudlard, mais aussi à la Bibliothèque Sorcière de Londres et celle du Ministère, pour commencer. Bien sûr, il a d'abord cherché ses origines, dans l'espoir de lui aussi pouvoir se vanter d'appartenir à une très longue et prestigieuse lignée de Sorciers et il y est parvenu, après trois années de recherches minutieuses, dans les archives les plus anciennes qu'il ait pu trouver. S'il a été terriblement dépité en apprenant que son père était un Moldu, il a exulté, lorsqu'il a découvert être un descendant de celui qu'il pensait être Salazar Serpentard lui-même. Et cela a renforcé ses rêves de gloire et de puissance, le mépris qu'il éprouvait pour les autres et les Moldus en particulier. Il a décidé cependant de dissimuler son ascendance prestigieuse jusqu'au jour où cela lui servirait. Et dès lors, il s'est intéressé à la longévité des Elfes de maison, dont il avait récemment appris qu'ils vivaient plus longtemps que les Sorciers. Puis un jour, il a aussi entendu parler de la légende des hauts Elfes, dont on disait qu'ils étaient immortels. Et c'est devenu une nouvelle obsession pour lui. Il a vite été persuadé qu'il ne s'agissait pas d'un mythe et que les hauts Elfes existaient réellement, qu'ils se cachaient soigneusement. Et il s'est juré de les trouver, de percer le secret de leur Immortalité. Naturellement, il a également conclu qu'il y avait de la Magie Noire derrière cela. Alors profitant que certains professeurs soient éblouis par son talent et son intelligence, il s'est arrangé pour obtenir avant l'âge requis, l'autorisation de consulter les Livres de Magie Noire de la Réserve à Poudlard. Il a pu ainsi user de Maléfices, qui lui ont clandestinement permis aussi, d'aller lire ceux de la Réserve de Londres et même de pénétrer dans le Département des Mystères, où il pensait trouver des réponses à ses questions. C'est à cette époque, qu'il a découvert ce qu'il a cru comme tout le monde, être l'Arcade de la Mort et qu'il a tout lu à son propos dans les documents secrets des Langues-de-Plomb. Qu'ils ne soient pas parvenus à faire revenir même un animal, ne l'a pas découragé. Il se pensait hautement plus intelligent qu'eux de toute façon. Et il a poursuivi inlassablement ses recherches, dans tous les Pays qu'il est allé visiter dès qu'il a pu Transplaner, effectuant des recoupements entre chacune de ses lectures. Et un jour, il a étudié un vieux livre qui a bouleversé toutes ses pensées et connaissances. Il a vu dedans le moyen de concrétiser tous ses projets. L'auteur développait une théorie qu'il a trouvée particulièrement intéressante. Elle n'était pas aboutie à ses yeux, mais toutes ses lectures lui permettaient d'entrevoir les différentes directions qu'il pourrait emprunter. Et il a commencé à réaliser des expériences, alliant Maléfices et Potions diverses, à base de Sang de Licorne et de Venin de Basilic. Après toutes ces expériences, il ne manquait plus qu'une chose selon lui, pour parvenir à vaincre la mort… Et c'est finalement moi, qui lui ai donné, ce qui lui manquait. » raconte Tristan, dont l'angoisse est perceptible et qui hésite douloureusement à poursuivre ses révélations…
« Quelle était cette théorie, Tristan ? Et que lui manquait-il ? » demande-je avec douceur, tâchant de lui communiquer toute la chaleur et la confiance que je peux, pour l'encourager…
« Selon les conclusions de Tom, l'Âme et l'Esprit étaient indissociables et il en tenait pour preuve que les Fantômes gardaient non seulement tous les souvenirs de leur vie passée, mais également ceux des années écoulées depuis leur mort et qu'ils étaient donc encore capables d'engranger de nouvelles connaissances. Cependant, si l'Âme et l'Esprit étaient reliés ensemble, la Magie était quant à elle indépendante, puisque les Fantômes n'en ont plus. Par ailleurs, Âme, Esprit et Magie, quittaient un corps, lorsque celui-ci n'était plus fonctionnel. En conséquence, selon lui, il fallait pour gagner l'Immortalité, relier ces trois entités ensemble, les rendre indissociables. Ainsi, il suffisait de refuser de mourir et ensuite, grâce à sa Magie conservée, tout simplement s'introduire dans un corps sain et en éjecter l'Esprit et l'Âme qui l'occupaient, pour en prendre définitivement possession … » explique Tristan, infiniment triste, avant que je l'interrompe…
« Cela n'a pas de sens… » réagis-je, complètement effaré…
« Non, cela n'en a pas. Mais il avait déjà l'esprit très dérangé, Harry. Et les expériences auxquelles il soumettait son corps aggravaient sa folie. Au plus il désirait éloigner la mort, au plus il s'en rapprochait, en raison de ces expériences qui abimaient son corps. Il en avait conscience bien sûr et il avait très peur. Mais il continuait pourtant, animé par l'espoir fou de réussir son entreprise. Et finalement, bien malgré moi, j'ai fini par lui donner ce qu'il voulait. Il n'est pas mort totalement, comme il aurait dû le faire, lorsque j'ai retourné contre lui, le Maléfice qu'il a voulu jeter contre toi … » murmure à peine Tristan, infiniment peiné et tremblant…
Une fois de plus il hésite à poursuivre et je respecte son silence durant quelques temps, retenant mon souffle. La révélation qu'il doit encore me faire est la plus déterminante de toute, j'en suis hautement conscient.
« Que s'est-il passé alors, Tristan ? » m'enquiers-je, lorsque je sens ses tremblements se calmer quelque peu…
« J'ai été lâche, Harry. A son image. Comme il l'a toujours été. J'ai été lâche… » souffle-t-il, fermant les paupières, de nouvelles poussières de larmes débordant de ses yeux…
« Je suis certain que non, Tristan… » souffle-je en retour, convaincu d'avoir raison, dans le fond de mon cœur…
« Oh, si, j'ai été lâche. » insiste pourtant Tristan, qui soupire à fendre l'âme, avant de poursuivre : « Tom avait commis tant d'actes monstrueux aux cours des ans, que j'étais relégué à la plus petite parcelle qui soit, aussi minuscule en réalité, que l'étincelle de pureté et de bonté avec laquelle naissent toutes les créatures et les êtres vivants et que Tom n'a jamais nourrie. Et je savais que le meurtre qu'il allait accomplir en te tuant, allait venir à bout de ma résistance, que je serai cette fois irrémédiablement absorbé par la Noirceur. Je ne le voulais pas. Je ne voulais pas après la mort de mon hôte, errer pour l'éternité, dans les limbes glacials des Ténèbres et ne plus jamais goûter à la vie. J'étais si déterminé à le refuser, que j'ai éprouvé un regain d'énergie et j'en ai aussitôt profité pour réunir les dernières forces qui subsistaient en moi, pour me dresser devant lui et retenir son bras. S'il voyait en toi l'orphelin qu'il avait été, s'il voyait combien tu étais démuni et fragile, comme il avait pu l'être dans sa prime enfance, bébé sans défense dont la mère venait de mourir, peut-être pourrait-il éprouver de la pitié et t'épargner. Je l'espérais si fort, Harry ! Tu comprends, ainsi je garderai ma pureté. Ainsi moi, minuscule parcelle encore lumineuse, je serais sauvé et peut-être pourrais-je sauver tout le reste de la Magie de Tom aussi. Mais il ne voulait pas voir ta fragilité. Il ne voulait pas éprouver la moindre pitié. Et sa détermination était si grande, sa rage si immense, devant cette hésitation que je suis parvenu à faire naître en lui, qu'il a totalement, irrémédiablement rejeté cette minuscule étincelle de bonté et d'innocence, qu'il n'a jamais autorisé à s'épanouir et à laquelle je me raccrochais si fort. Cela m'a fait horriblement mal, Harry, mais je n'ai pas voulu la lâcher, me laisser absorber par la noirceur et j'ai été expulsé avec elle. Alors je me suis dressé devant toi et son Maléfice de Mort a rebondi sur moi, se retournant contre lui. Mais toute la Magie qu'il possédait encore s'est dressée aussi, devant lui. Elle était totalement imprégnée de lui et ne voulait pas mourir non plus. Elle a retenu sa vie. Juste avant que son corps se désagrège sous la puissance de son Maléfice, elle s'est accrochée à son Âme et à son Esprit et les a entraînés dans son serpent, qu'il possédait régulièrement, pour accomplir des meurtres ou espionner ses partisans, afin de s'assurer de leur fidélité. Il aurait suffi à ce moment-là, que je tende la main, que je me laisse absorber par la Noirceur et, dans la complétude de notre entité, de notre intégrité retrouvée, le corps de notre hôte mort, nous serions repartis vers Mère. Rien n'aurait pu l'empêcher. Aucun des Maléfices, aucune des Potions dont il avait usé contre lui-même, n'aurait pu nous retenir. Mais je ne l'ai pas fait, Harry. Car la perspective de sombrer à jamais dans les limbes me terrifiait, me faisait trop horriblement souffrir. Alors j'ai choisi de rester avec toi, heureux que le destin m'ait placé face à un Réceptacle qui pouvait me recueillir et prolonger ma vie, retarder le moment inévitable où je devrais accepter mon sort… J'aurais dû partir. J'ai eu l'opportunité de le faire durant treize ans et je ne l'ai pas fait. Il ne serait pas revenu à la vie, si je n'avais pas été lâche, Harry. » révèle Tristan, tandis que mes cheveux se dressent sur ma tête…
Comme l'a dit Sirius tantôt, c'est surréaliste… Tout ceci est complètement surréaliste…
Voldemort n'aurait pas survécu et n'aurait jamais retrouvé un corps, si Tristan ne s'était pas accroché à moi…
Merlin ! Tant de choses ne se seraient pas produites alors !
« Pardonne-moi, Harry. S'il te plait pardonne-moi ! Tu as été si bon avec moi. Tu m'as donné tout ce dont je rêvais. Ta bonté m'a procuré tant de félicité ! Contrairement à Tom, tu savais si bien saisir les petits bonheurs que la vie mettait sur ton chemin ! Ta Magie en était toute imprégnée, si belle et épanouie ! Si éblouissante de luminosité ! Me réfugier dans sa chaleur m'était si doux ! Cela aurait dû me suffire et j'aurais dû partir, dès l'instant où le destin a de nouveau placé Salazar sur mon chemin ! Il était faible encore à ce moment. Peut-être alors aurais-je eu la force de le combattre, d'apaiser sa colère et sa haine. Peut-être aurions-nous eu une chance de ne pas nous perdre à jamais dans les limbes. Mais c'était ton premier contact avec Poudlard et j'ai voulu assister à cela. J'ai voulu ressentir avec toi, ce que Tom aurait dû ressentir lorsqu'il avait ton âge. J'ai voulu te voir vivre à Poudlard, m'assurer avant de te quitter, que tu aurais enfin de nombreux amis. J'étais si heureux, Harry, que tu te lies d'amitié avec Ron dans le train. De voir vos deux Magies lier déjà des liens étroits. J'ai compris que le bonheur que tu méritais tant était enfin là, Harry. J'étais comblé et je me suis promis de saisir Salazar et de quitter ce Monde avec lui, pour que tu puisses vivre en paix, dès que j'aurais gouté avec toi, l'émerveillement des premiers jours à Poudlard. J'ai essayé de le faire. Vraiment, j'ai essayé. Mais Salazar avait plus de forces que je le pensais et il ne m'avait pas même effleuré encore, que j'ai eu su que le bonheur me serait éternellement refusé désormais. J'allais sombrer avec lui, je le savais. Et j'ai eu si cruellement mal que j'ai une fois de plus été lâche et j'ai renoncé à ma propre promesse, Harry. J'ai été lâche encore une fois, oui. Même si je me suis voilé la face, en me disant que tu allais me donner plus de forces en grandissant et que je serai alors en mesure de rendre à Salazar la lumière qui lui fait défaut… » déclare Tristan, plus culpabilisé que jamais…
Il est totalement recroquevillé contre moi et semble si misérable, qu'il me fend le cœur…
« C'est donc ta douleur, que je ressens, lorsque je suis proche de Voldemort…. » murmure-je, pensant à cette morsure si cruelle, qui me fend la tête en deux…
Tristan hoche misérablement la tête pour acquiescer…
« Oui, en quelque sorte, oui… Salazar veut que je le rejoigne. Il a besoin de moi, pour réaliser son propre rêve d'immortalité. Mais il ne tentera plus de m'arracher à toi, en s'introduisant en toi, car lui-même a eu trop mal lorsque Tom a essayé de te posséder corps et esprit en Juin dernier. Mon frère, celui que tu portes en toi, m'a protégé et a fait barrage entre nous. Sa lumière et sa pureté, tout l'amour dont tu l'as imprégné, ont brûlé Salazar. Il sait maintenant qu'il sera consumé s'il essaye encore de venir me chercher. Il a donc conclu que tu devais mourir, avant de parvenir à se saisir de moi… » m'append Tristan, dans un souffle ténu…
« Il a tout de même essayé encore de t'arracher à moi, à Priest Hole Manor… » souffle-je en retour, frissonnant au souvenir des terribles souffrances que j'ai eu à endurer là-bas…
« Oui, mais il n'est pas venu en toi, Harry. Certes, Salazar devient fou dès qu'il me sait dans les parages, mais il ne viendra plus me chercher en toi. En réalité, à Priest Hole Manor, te sachant affaibli par de graves blessures, il a essayé une autre approche, en t'affaiblissant davantage encore que tu l'étais déjà, dans l'espoir que tu en meures et il n'est pas venu en toi, Harry. Il a cherché à m'aspirer en Voldemort. J'ai eu si peur à ce moment-là, que Salazar parvienne à se saisir de moi. Mais encore une fois, ta Magie est parvenue à lui faire barrage, grâce à Ron, Hermione et tes parents adoptifs. La Magie de Sirius aussi nous a aidés. Et Salazar a échoué… A chaque fois qu'il a essayé de le faire, quand nous étions à Priest Hole Manor, il a échoué. Et parce que Tom te voulait en vie et que sa volonté a été suffisamment forte, pour retenir son bras, tu as eu la vie sauve. Salazar t'aurait tué sinon, ce jour où il t'a torturé si fort… » murmure Tristan, de sa petite voix nouée de remords…
Tant de choses, ne se seraient pas produites, si Tristan ne s'était pas accroché à moi, me dis-je, pour la seconde fois…
Et nombres de souvenirs affluent à ma mémoire. Tout ce que j'ai eu à vivre depuis que j'ai fait ma première rentrée à Poudlard défile à vitesse folle dans ma tête. Certains de ces souvenirs m'attristent profondément, tandis que d'autres éveillent de la tendresse, de la joie, dans mon cœur…
« Peux-tu me pardonner d'avoir été si lâche, Harry ? » me demande Tristan, après quelques longues secondes de silence…
Je baisse sur lui mon regard que j'avais relevé pour fixer un point invisible. Les yeux de Tristan sont suppliants et si malheureux, qu'une fois encore mon cœur se pince terriblement dans ma poitrine…
« Je n'ai rien à te pardonner, Tristan. Certes, je n'aurais pas eu à souffrir si terriblement, si tu ne t'étais pas accroché à moi. Mais je ne serais pas celui que je suis aujourd'hui et je n'aurais pas la grande famille, que j'ai réunie autour de moi. Jérémy, Jonas et Jodie ne seraient pas mes enfants, Draco et Théo ne seraient pas mes frères, Sirius serait sans doute encore à Azkaban, injustement emprisonné pour un crime qu'il n'a pas commis, Blaise ne serait pas mon ami, ni tant d'autres avec lui. Or, ils font tous mon bonheur... » réponds-je, avec gravité, avant d'ajouter sur un fin sourire : « Si l'on considère les choses sous cet angle, Tristan, au-delà de tes rêves, ce sont les miens que tu as réalisés. Alors non, je n'ai rien à te pardonner. Et face à cela, je ne peux que te promettre d'essayer de t'aider à réaliser le tien… Je refuse de te laisser te perdre dans les limbes dévoreuses de vie Magique, Tristan. Tu ne le mérites pas. Et je suis sûr au fond de moi, qu'il y a un moyen de t'épargner cela… »
Tristan me sourit et il lève une main vers moi, pour me caresser la joue. Son regard est empli de gravité et de tristesse, malgré son sourire…
« Une fois de plus, je reconnais là ton grand cœur, Harry. Mais ce rêve est impossible à réaliser. Salazar est trop noir, trop glacé, impossible à raisonner désormais. J'ai laissé passer la seule chance qui m'ait été offerte de le ramener vers Mère, sans que cela me soit préjudiciable, lorsque je l'ai rencontré à Poudlard, au jour de ta première rentrée. Tom n'avait pas recouvré toutes ses forces à ce moment-là et Salazar était certainement trop affaibli, pour résister à ma lumière. J'aurais pu l'absorber, le rendre plus lumineux et Mère nous aurait épurés. Mais c'est trop tard, maintenant. Bien trop tard… » déclare-t-il, soupirant avant d'ajouter : « Cependant je ne reculerai pas cette fois. Plus jamais je ne serai lâche. J'ai accepté mon destin, pour sauver Mère et je tiendrai cette promesse-là. C'est une certitude Harry. Je ne me dédierai pas cette fois. Non, je ne me dédierai pas… »
« Non. Il n'est pas trop tard, Tristan. Je le sens, là, dans mon cœur. Ensemble, nous allons vaincre Tom et Salazar. » assure-je, profondément convaincu…
Je sens confusément, qu'il y a autre chose, derrière tout ce que Tristan m'a appris. Quelque chose qui échappe même à Tristan. Le sentiment profond, qu'il ne détient pas toutes les réponses, sur ce qu'il s'est produit au soir d'Halloween…
« Ton espoir est si réconfortant, Harry… » sourit pauvrement Tristan, en se coulant plus étroitement contre moi…
« Cet espoir, Tristan, c'est toi-même qui m'en a nourri, lorsque j'étais un tout petit garçon seul et effrayé, enfermé dans un placard sous l'escalier. Ce n'est donc qu'un juste retour s'il te réconforte aujourd'hui… » réponds-je, avec une bouffée de tendresse…
J'aime Tristan. Cette minuscule parcelle de Magie, qui a résisté contre vents et marées, à la folie furieuse de Tom et de Salazar. Et je sens confusément, qu'il a tort de penser qu'il a été lâche. Il ne l'a pas été, ne l'a jamais été. Alors je ferai tout ce que je peux, pour empêcher qu'il se fasse emporter par le raz de marée de la haine de Tom et Salazar.
J'en fais la promesse solennelle…
Et je ne mourrai pas non plus. Magie Mère me laissera passer avec mon corps, mon Âme et mon Esprit, au travers de la paroi bleu nuit. C'est une Porte. Comme celle qui se trouve au Paradis.
Je la passerai avec ma Magie, entraînant Voldemort et Salazar à ma suite…
Et ils remonteront derrière moi, le Sentier des Enfants Perdus.
Je ne sais pas encore comment je vais m'y prendre pour faire ça, mais j'y parviendrai. C'est décidé…
Il me faut juste quelques précisions encore, avant de dessiner un plan. Des réponses à des questions, que Tristan ne pourra peut-être pas me fournir, mais que Magie Mère détient sans aucun doute…
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