Disclaimer : cf chapitre 1
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Grand merci à Mistycal !
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Réponse sur mon forum, aux commentaires de : - amazonepotter -
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Découvertes Surréalistes 4 / 6
Nuit du Mercredi 12 au Jeudi 13 Mars 1997
Acte 9 : Chatouillis
Ron
Une horloge sonne 23H15, quelque part dans le QG.
Des plombes maintenant, que Harry se trouve dans le Temple des Elfes de Maison et nous l'attendons depuis un peu plus d'une heure, dans le grenier du QG, pour partir au Paradis. Par ailleurs, je suis sur le qui-vive, car mon pif me démange depuis autant de temps ou presque, que nous sommes arrivés à Londres…
Il se trame quelque chose. Mais je ne vois absolument pas quoi…
Je suis cependant certain, que cela n'a rien à voir avec le monstrueux retard de Harry…
« Bon sang, mais que fait-il ! » s'impatiente soudainement Draco, sourcils froncés…
« Partez… Faites ce qu'il y a, à faire là-bas, les recherches concernant les saloperies de Loups de Balegarian et le reste. Harry et moi-même vous rejoindrons dès que possible… » décide-je alors, en fixant Nally…
« Tu penses donc que Harry en a encore pour longtemps ? » demande-t-elle, haussant un sourcil vers moi…
« Je n'en sais fichtrement rien. Je ne suis pas certain, mais je crois qu'un plan se dessine plus ou moins dans sa tête et qu'il est en train d'y réfléchir très sérieusement… » réponds-je, en me levant du sol, pour m'éloigner des autres…
Il vaut mieux que je sorte d'ici, pour ne pas être emporté avec eux. Et je me dirige donc vers la porte du grenier…
« Quel plan ? » demande Draco, l'air alarmé …
« Je ressens ses émotions et je sais les décrypter, mais je ne capte pas directement ses pensées, tu sais. Harry nous dira lui-même ce qu'il a en tête, lorsque ce sera mûr à point. » réponds-je, avec un demi-sourire, avant de me tourner de nouveau vers Nally pour ajouter : « Allez-y, nous t'appellerons, quand nous serons prêts à vous rejoindre… »
Nally acquiesce et elle donne l'ordre aux autres de fermer les yeux, au moment où je referme la porte du grenier derrière moi. Quitte à devoir attendre, autant que j'aille le faire dans la Base d'Espionnage, me dis-je alors, en descendant l'escalier étroit…
« Toujours pas déménagé, l'affreux ? » demande-je vers Roger Greengrass et Ralph Seymour, qui sont de garde à Londres cette nuit, lorsque j'entre dans la Base
Demande inutile, car un simple coup d'œil sur l'Ecran m'a suffi pour constater le fait par-moi-même…
« Non. Et personne n'est encore venu à son appel non plus… » répond Roger, avant de se tourner vers moi pour ajouter : « Déjà rentré ou pas encore parti ? »
« Pas encore parti. Les autres cependant viennent de le faire. Je suis resté pour attendre Harry… » réponds-je, en regardant l'affreux, installé à son bureau…
« Je me disais aussi… » commente Ralph, tandis que je fixe mes yeux sur Voldemort…
Ralph suit machinalement mon regard et nous restons silencieux durant quelques minutes, fixant l'affreux qui lit pour la millième fois au moins son vieux bouquin bouffé aux mites. Et pendant ce temps-là, je gamberge. Aux multiples émotions ressenties par Harry depuis qu'il est dans le Temple des Elfes. J'ignore ce que lui a révélé Tristan, mais c'est sûr que c'était du costaud. Que c'était souvent aussi, terriblement douloureux. Harry a cependant mis sa souffrance de côté et il réfléchit depuis plusieurs heures maintenant.
Que mijote-t-il donc ?
Je me secoue la tête au bout d'un temps, m'efforçant de revenir dans la Base. Comme je l'ai tantôt dit à Draco, on verra tout ça quand Harry sera là. Pour le moment, mieux vaut que je me concentre sur l'affreux…
Je me frotte le pif, qui démange un peu plus depuis que je suis entré dans la Base. Ce n'est pas normal, ce qu'il se passe au Manoir, voilà pourquoi mon pif chatouille, me dis-je donc dans le même temps…
Alors voyons, qu'est-ce qui peut bien m'alerter ?
Le mieux je pense, est que je fasse le récapitulatif de ce que je sais de la journée : Voldemort a reçu la visite de Bulstrode, puis il a appelé quelqu'un qui n'est toujours pas venu. Après, il a commencé à préparer son déménagement. Il s'est affairé exclusivement à cela, durant une heure et demi, remplissant plusieurs malles, avec non seulement des vêtements, mais aussi et surtout, une belle quantité de livres, de liasses de Parchemins noircis de son écriture serrée, de Potions et tout le matériel nécessaire pour en concocter d'autres, divers Artefacts Magiques, qu'il a récupéré dans une cachette ménagée derrière l'une des bibliothèques du bureau, des plumes, de l'encre, des Parchemins vierges et tout le toutim. Il a ensuite disparu durant un peu plus de deux heures dix et étant donné la tête de Latton au diner, il ne faisait pas doute qu'il est allé lui rendre une petite visite. Mais d'après le frère de Poolyocop Dreeselpyne, celle-ci n'a pas duré plus d'une demi-heure…
Qu'a t'il donc fait le reste du temps ? A t'il aussi pris contact avec son jeune Espion ? C'est possible… Mais s'il l'a fait, cela n'a pas pris beaucoup de temps non plus. Car en croisant les horaires, il n'a disposé que d'un quart d'heure pour le faire, c'est sûr. En effet il ne manquait personne au diner parmi les élèves, ce qui n'aurait pas manqué de se produire, si l'affreux était resté auprès de son jeune Espion plus longtemps…
Alors encore une fois, qu'a t'il fait durant l'heure quarante à peu près, où on l'a non seulement perdu de vue, mais aussi des oreilles ? Il n'a pas parlé à qui que ce soit. Et rien dans les Ecoutes du Micro de son Collier, n'a permis de déterminer où il a pu aller et ce qu'il a pu faire…
Et il n'est apparu sur aucune des Cartes dont nous disposons…
Putain… Il faut vraiment trouver le moyen d'en faire une du Pays complet…
C'est l'un des points qui doit être encore une fois discuté lors de la prochaine Réunion d'ailleurs…
Bref… On ne sait pas où est allé Voldemort… Tout ce que l'on sait, c'est qu'à son retour il a envoyé le planton porter un message, écrit durant son absence et qu'après cela il est resté tranquillement installé dans le bureau, où ses bagages s'entassent toujours…
Et c'est calme depuis. C'est trop calme. Voldemort devrait s'impatienter, de ne pas voir venir le ou les Serviteur(s) qu'il a appelé(s) avant le déjeuner et qui n'est (ne sont) toujours pas venu(s). Qui ça peut-être, bordel !
Mon pif chatouille furieusement soudainement…
« C'était un signal… » murmure-je presque aussi sec…
Ralph et Roger tournent illico la tête vers moi, chacun un sourcil haussé sur une interrogation muette…
« Il n'a pas appelé quelqu'un, avant le déjeuner. C'était un signal convenu avec l'un de ses Serviteurs, qui l'attendait probablement pour se mettre en train, à faire je ne sais quoi. Et ça ne peut pas être Latton puisqu'il n'a pas la marque… » déclare-je, sûr de mon fait…
Putain… Qui est cet empaffé ? Et quelle Mission doit-il remplir ? Ou devait-il remplir ? Après tout, ça s'est peut-être déjà fait…
Cependant, j'ai beau fouiller mes souvenirs, de tout ce qu'il s'est passé ces derniers mois, à la recherche de l'indice que je détiens assurément, sinon mon pif ne me démangerait plus comme il le fait encore, rien ne me vient à l'esprit. Et ça me fout les glandes.
Il s'est passé ou se passe quelque chose quelque part en ce moment même et je suis incapable de savoir quoi ou d'empêcher que cela arrive…
« Ça doit avoir affaire avec la visite de Bulstrode ce matin, tu ne crois pas ? Après tout, il a pris contact par la marque, juste après le départ d'Hadar… » propose Roger, sourcils froncés sur la réflexion…
« La visite de Bulstrode… Oui, peut-être… » réponds-je distraitement, avant d'inspirer une bonne fois pour chasser les brumes de mes pensées tournées vers d'autres idées incertaines et embrouillées, avant de demander à Ralph et Roger de me montrer la visite en question…
Qui sait. Un détail me permettra peut-être de faire surgir à ma conscience, le précieux indice que je détiens et qui s'obstine à rester caché dans les méandres profonds de ma mémoire…
Mais cela ne donne rien. Et je me dis soudainement, que je ne détiens peut-être pas la réponse exacte à ce qu'il se passe ou s'est passé. Qu'il pouvait s'agir simplement cette fois, d'une mise en alerte. Une mise en garde. Voldemort prépare quelque chose de longue date et il a déclenché la mise en route de ce plan là. Point à la ligne. Il nous faut juste être à l'affût du moindre détail qui peut paraître suspect dans les prochains jours…
Cependant, à peine ai-je pensé cela, que mon pif démange plus fortement, comme pour me rappeler à l'ordre, me dire que ce n'est pas ça, que j'en sais davantage que je le pense. Et brusquement, je peste intérieurement…
Bon sang ! Pourquoi ma Magie ne peut-elle me parler ? Si elle pouvait le faire directement, je ne perdrais pas un temps précieux à me creuser la cervelle ! Merde de merde ! Comme elle est plus intelligente que moi et a déjà deviné ce qu'il se passe, elle n'aurait qu'à me dire ce qu'elle pense et basta !
Non. Ce n'est pas ça… Elle est à mon image, mais fait les rapprochements plus vite que moi, uniquement parce qu'elle est moins parasité par tout ce qu'il se passe aux alentours et que moi je dois prendre en compte. Elle est moins parasitée aussi par les émotions de Harry. Du moins, c'est ce que nous avons finalement conclu avec Harry, Sev et Nally, lorsque nous avons parlé de cela il y a quelques temps…
Alors reprenons ce que je sais d'aujourd'hui. La clef est là… Dans l'heure quarante durant laquelle l'affreux s'est volatilisé. Qu'ont dit les gars à ce propos, quand je suis arrivé ? Allez Ron, concentre-toi là-dessus et ne te laisse pas distraire cette fois. Certes, tu n'écoutais que d'une oreille tout à l'heure, mais tu as nécessairement capté quelque chose.
Je me repasse le souvenir au ralenti, tendant l'oreille vers ce que Ralph et Roger m'ont dit alors… Oh ! Mais oui ! Quel con je suis ! Faut que je creuse cette affaire !
Chatouillis intense… C'est bien ça… Et j'aurais dû réagir tout de suite au lieu de me laisser distraire par les émotions de Harry, d'essayer de deviner ce qui le foutait dans cet état !
« Je n'ai pas rêvé, vous avez bien dit tout à l'heure, que lorsqu'on a perdu la trace de Voldemort, il y a encore eu à un moment de graves interférences, entrecoupées d'un instant de silence si profond, que vous avez même cru que le Micro du Collier avait lâché… » déclare-je, en direction de Roger et Ralph, un peu excité, car je suis certain de tenir là le moyen de dénouer le nœud Gordien…
Ils acquiescent du chef et Roger ouvre la bouche pour renchérir, mais je ne lui laisse pas le temps de le faire, demandant s'il a conservé ce passage de la Bande d'Enregistrement. Nouvel acquiescement. Interrogatif cette fois…
Je ne m'attarde pas sur cette interrogation cependant. C'est la quatrième ou cinquième fois au moins, que cela arrive ce genre de chose et je demande qu'on passe la Bande, avant de poser sur mes oreilles, les Ecouteurs qui vont me permettre d'entendre l'Enregistrement concerné…
Les crachouillis sont terribles et ils durent environ un quart d'heure, puis sont suivis effectivement d'un profond silence qui se prolonge un peu plus d'une heure, d'après ce que me précise Roger, avant de reprendre durant un temps beaucoup plus bref. Et aussitôt après, Voldemort faisait son retour au Manoir…
Mon pif chatouille de plus en plus. La réponse est bien là, quelque part. Alors j'écoute de nouveau les crachouillis, ne concentrant fortement sur eux…
« Condensé de Magie… » murmure-je soudainement, dans le silence profond de mes Ecouteurs…
« Condensé de Magie ? » demande Ralph, surpris…
« Ouais. Il me semble bien que ça fait ce genre de truc, lorsqu'on fait des essais à Poudlard. Le condensé de Magie est trop fort, plus on approche du Château et plus les conversations sont couvertes par des interférences et soudainement, il n'y a plus rien ou presque qui passe… » réponds-je, yeux plissés sur la réflexion…
« Voldemort serait donc entré dans Poudlard ? » demande alors Ralph, sur un qui-vive très alarmé…
« Non. On l'aurait tout de suite su. Mais il s'est rendu quelque part, où il y a une concentration de Magie aussi élevé qu'à Poudlard. Peut-être davantage encore. Sûrement davantage même, car à Poudlard, le silence n'est pas aussi complet. Il réside quelques grésillements… » réponds-je, mon cerveau se focalisant de nouveau sur les crachouillis…
Si seulement on pouvait les filtrer, je suis certain qu'on arriverait à obtenir des indices précieux sur ce que Voldemort trame, avec son mystérieux Serviteur. Peut-être même apprendrait-on qui il est celui-là…
« Je n'ai jamais compris pourquoi les Micros et Caméras ne marchent pas à Poudlard, alors qu'ils fonctionnent parfaitement dans d'autres lieux où il y a une belle concentration de Magie. C'est vrai quoi, il y a du peuple là-bas. Mais ils ont marché à Pré Au Lard, lors de la remise des Médailles que vous avez reçue, avec Harry, Neville, Hermione et Draco et il y avait pourtant là-bas plus de peuple qu'à Poudlard ce jour-là. Même chose à Dublin… Et sur le Chemin de Traverse lors de la dernière Attaque aussi, ils ont fonctionné, malgré les milliers de Détraqueurs ça marchait parfaitement… » déclare soudainement Roger, en pleine interrogation dubitative…
« Ouais. Mais il y a tout de même plus de Magie à Poudlard qu'il y en avait à Pré Au Lard, Dublin ou le Chemin de Traverse dans les moments dont tu parles. Les murs du Château en sont totalement imprégnés depuis plus de mille ans. Il n'y a pas non plus que des Sorciers à Poudlard. Il y a également un bon nombre d'Elfes de Maison, les Sirènes et les Tritons dans le Lac, les Centaures, les Fées, les Sombrals et toutes les Créatures Magiques qui peuplent la Forêt Interdite, des centaines de Portraits et milliers d'autres objets ensorcelés dans le Château. En plus, Poudlard est dans une vallée assez encaissée, alors les Ondes ne sont pas aussi bien balayées par les vents qu'à Londres ou Dublin. Même Pré Au Lard est mieux ventilé. Tout ça mis ensemble, voilà pourquoi les Micros, Bippers et Caméras ne marchent pas… » réponds-je, l'esprit assez distrait, par mes propres pensées…
Je détiens quelque chose, là. J'en suis certain. Faut juste que je mette le doigt sur ce que c'est…
« D'accord. Mais dans ce cas, je ne vois pas où Voldemort peut être allé. Toi-même tu l'as dit, il n'y a pas d'autre endroit que Poudlard, dans le Royaume Uni, qui réunisse ces conditions. Alors quoi, il était à l'étranger ? » fait remarquer Ralph, sous le hochement de tête approbateur de Roger…
« Mmmmm… Je ne sais pas pourquoi, mais je ne crois pas qu'il était à l'étranger. Ceci dit, on a déjà eu des problèmes de transmission à plusieurs reprises, pour d'autres raisons… » murmure-je, une idée pointant enfin le bout de son nez dans mon esprit…
Ou plutôt, mon pif chatouillant en plein…
La réponse est là… Dans ce que je viens de dire…
« Tu veux parler des conditions météorologiques, comme en Laponie Suédoise ? Ou des Aurores Boréales ? Ça confirmerait l'étranger ça. Car chez nous, pas d'Aurores Boréales et le temps est plutôt au beau fixe depuis que les Détraqueurs ont déserté notre ciel…» déclare Roger, sourcils froncés…
« Ouais, d'accord… Mais on a aussi eu droit à des interférences au Manoir Malfoy, quand Voldemort était en rage et qu'il explosait dans une débauche de Magie Noire… » réponds-je, certain maintenant de détenir la bonne réponse…
Mon pif n'a pas complètement cessé de chatouiller, mais il s'est un peu calmé. Ce qui me prouve que j'ai au moins une partie de la réponse…
« Voldemort s'est rendu dans un lieu où il y avait une quantité si impressionnante de Magie Noire, qu'il y a d'abord eu des interférences, puis un arrêt complet de la transmission… » conclus-je, sur un frisson…
Ce que Voldemort prépare doit être sacrément moche. Et nous avons intérêt de trouver ce que c'est…
Et qui est le complice qui l'aide sur ce coup. Car je suis certain qu'il a activé sa marque, pour lui annoncer sa visite…
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Acte 10 : Amour et Sacrifice
Hermione
Harry et Ron étant enfin arrivés, la Réunion de l'Ordre peut avoir lieu et j'avoue que j'en suis bien aise, car je suis très curieuse des réponses que Tristan a pu apporter à Harry.
Mais, avant que nous ne commencions à parler de cela, Ron nous relate les conclusions auxquelles il est parvenu, alors qu'il attendait Harry dans la Base d'Espionnage…
« Je suis certain qu'on obtiendrait des indices précieux, si on parvenait à filtrer ces saloperies d'interférences… » termine-t-il, en regardant plus précisément vers son père…
« Je verrai cette question avec Lee et les autres… » assure aussitôt Arthur, sourcils froncés…
« Ouais… Et faites-en une question prioritaire. Parce qu'à mon avis, ça urge… » renchérit Ron, avec fermeté…
Je frissonne longuement à ce ton. Le mauvais pressentiment de Ron est très sérieux. Et ce qu'il subodore ne nous promet assurément pas des moments joyeux.
Arthur acquiesce d'un hochement de tête grave et Ron intervient cette fois, pour affirmer qu'il n'y a plus rien à débattre autour de ce sujet maintenant. Bien qu'il n'ait pas encore décrypté toutes les informations qu'il détient à ce propos, il pense que cela ne servirait à rien de forcer sur le sujet et que nous pouvons passer au point suivant…
Bien entendu, nous avons déjà fait part à tout le monde, de l'idée qu'il a eue quand nous étions dans la Base d'Espionnage avec Messire Salazar et tous les regards se tournent donc naturellement vers Harry…
« Ron a vu juste. Salazar n'est pas une personnalité de Voldemort, mais bel et bien sa Magie… » déclare-t-il d'emblée, avant de nous montrer le souvenir de sa longue conversation avec Tristan…
« C'est effarant. Et surréaliste encore une fois… » commente Sirius, lorsque le souvenir de Harry cesse de défiler dans la Pensine…
Je partage tout à fait son opinion. Tout cela dépasse l'entendement…
« Savais-tu, qu'une telle chose pouvait se produire, Nally ? Qu'un Sorcier pouvait en arriver à converser avec sa propre Magie, se faire manipuler par elle ? » demande quant à lui Remus, son regard exprimant largement ce qu'il pense de cette situation…
Comme chacun ici, il est consterné…
« Non… Non je ne savais pas. Et je retourne sans cesse tout cela dans mon cerveau, depuis qu'Hermione, Sirius, Draco, Blaise et Neville nous ont rapporté l'idée de Ron. A mon sens, c'est la première fois qu'une telle chose se produit. Et c'est une aberration totale… » murmure Nally en réponse…
« Ouais, ben si vous voulez mon avis, Voldemort lui-même est une aberration totale depuis toujours. Il est contre nature ce type et toutes ces cochonneries d'expériences qu'il a menées sur lui-même, ne pouvaient qu'aboutir à une autre aberration… » déclare Neville, sur une grimace de dégout…
« Ouais… Il n'a pas seulement fragilisé son corps, il a aussi fragilisé sa Magie, au point qu'elle se déchire. Et qu'il est maintenant mené par le bout du nez par ce qu'il en est resté en lui. Mais comment a t'il pu en arriver là ? » murmure Blaise à mes côtés…
Encore une fois, tous les regards se dirigent vers Harry, avec la certitude qu'il détient la réponse…
« Comme l'a dit Tristan, Tom ne pouvait jamais se contenter de ce qu'il avait. Il lui fallait encore et toujours davantage. Il voulait être le plus puissant de tous et le faire savoir à chacun. Pour y parvenir, il a décidé qu'au contraire de canaliser sa Magie, comme chacun d'entre nous le fait, il devait étendre, étirer son pouvoir et son Aura à son maximum. Et c'est ce qu'il s'est attaché à faire, dès qu'il a commencé à bien maitriser sa Magie. Il l'a poussée, le plus loin possible, au risque qu'elle explose et lui avec elle. Et plus tard, ses expériences de Magie Noire, les Potions à base de Venin de Basilic et de Sang de Licorne, qui ont des effets opposés, ont d'autant plus fragilisé sa Magie, qu'il la malmenait également gravement, en imprimant des vrilles à ses Maléfices et Sortilèges. Et si tel n'avait pas été le cas, les choses se seraient sans aucun doute passées différemment quand il a voulu me tuer, au soir d'Halloween 81… » déclare de fait Harry, d'un ton doux et triste à la fois…
Confirmant l'hypothèse de Blaise par la même occasion. Voldemort a bien fragilisé sa Magie…
« C'est Tristan qui t'a expliqué tout ça ? » demande Draco, en haussant un sourcil…
« Non, Tristan ne m'a rien expliqué de cela. Je l'ai vu. Dans ses souvenirs, ceux de mes parents et dans les miens… » répond Harry, en retenant presque son souffle…
Je frissonne, tandis qu'à côté de Harry, Ron plisse les yeux…
« Ses souvenirs ? Tu veux dire ceux de Tristan, c'est bien cela ? » demande quant à lui Draco, le regard à peine interrogateur, presque distrait…
« Pas seulement non. Il veut dire aussi ceux de Voldemort… » répond Ron, dont la mâchoire se crispe avec contrariété…
« Je l'ai vu en partie dans les souvenirs de Voldemort oui. Mais contrairement à ce que tu penses, je ne suis pas allé dans sa tête aujourd'hui, Ron. C'est lui qui est venu dans la mienne à plusieurs reprises et notamment en juin dernier. Je n'avais pas conscience alors, que certains de ses souvenirs se sont imprimés dans ma mémoire. Ils étaient profondément enfouis, inaccessibles même, car ils ne m'appartenaient pas. Magie Mère m'a permis d'y accéder… » raconte Harry, dont le ton s'étrangle lorsqu'il ajoute : « Elle m'a aussi permis d'accéder à mes propres souvenirs de ce qu'il s'est passé au soir où Voldemort a cherché à me tuer, à ceux de la Magie de mes parents, qui lui appartiennent désormais. Et elle m'a également aidé à comprendre pas mal choses… »
Des larmes affleurent à ses cils, mais il les ravale, en produisant un énorme effort, tandis que Ron passe maintenant son bras autour de ses épaules, avec sollicitude et réconfort…
« J'ai conscience que c'est terriblement douloureux pour toi, Harry. Cependant, pour que nous puissions parfaitement comprendre la situation nous-mêmes et déterminer la stratégie que nous allons désormais devoir mettre en place, nous devons savoir ce qu'il s'est exactement passé quand Voldemort a tenté de te tuer… » déclare Nally, avec une douceur profondément affectée…
Elle ressent bien sûr vivement les émotions de Harry, même s'il tâche de les canaliser…
« Oui, je sais et je vais tout vous raconter. Vous montrer les souvenirs serait trop long et il y a des choses que vous ne pourriez comprendre, car il faut les voir et les ressentir, comme j'ai pu le faire. D'une part parce que je vois nettement les Auras et que je sais les décrypter et d'autre part parce que je suis un Réceptacle et que grâce à cela j'ai pu ressentir les émotions contenus dans les souvenirs de Magie Mère. Je vais commencer par le premier des souvenirs auquel j'ai accédé. Le mien. Celui que je vous ai déjà montré. Mais que je n'avais pas examiné moi-même sous l'angle des Auras, ni vécu aussi précisément que je l'ai revécu tout à l'heure… » répond Harry, qui inspire très profondément, avant de poursuivre : « Je n'étais qu'un bambin, presque bébé encore à l'époque. J'ai été réveillé par un cri de Maman. Puis j'ai entendu la voix de mon père et du bruit dans l'escalier. J'avais très peur et je me suis assis dans mon lit, pleurant très fort pour appeler Maman. Elle est presque aussitôt arrivée. Alors j'ai tendu mes bras vers elle et elle s'est penchée vers moi pour me prendre dans ses bras. Mais avant qu'elle ait eu le temps de le faire, il y a eu encore un bruit terrible qui m'a fait sursauter et Maman s'est tournée vers celui-ci. Une voix inconnue lui a dit quelque chose, puis Maman a crié avant de tomber et à sa place j'ai vu un homme que je ne connaissais pas. Il était entouré d'un halo très sombre, si sombre, presque complètement noir. Instinctivement, j'ai su qu'il voulait me faire du mal et j'ai pleuré plus fort encore. Dans mes larmes, je l'ai vu lever sa Baguette vers moi. Autour de lui, le si sombre halo qui l'entourait, son Aura bien sûr, s'est davantage étiré et distendu. On aurait dit un ballon de baudruche sur le point d'éclater. J'ai également vu une fissure grise, plus fine qu'un cheveu, qui bordait la seule petite tache argentée, éclatante de lumière, qui persistait dans tout le noir et, lorsqu'il a jeté vers moi son Avada Kedavra, une déchirure s'est produite au niveau de la fissure, Tristan jaillissant alors dans un éclat de lumière, pour se dresser entre moi-même et Voldemort. Et le halo noir s'est rassemblé précipitamment, pour faire barrage à l'éclair vert qui revenait vers lui, arrachant l'Âme et l'Esprit de Voldemort, puis plongeant à l'intérieur du serpent qui l'accompagnait à l'époque. Et au même moment une terrible explosion s'est produite. J'ai été brusquement rejeté sur le côté par son souffle et je me suis cogné le front sur les barreaux de mon lit. Cela m'a fait très mal. Et plus mal j'ai eu encore, lorsque le serpent est venu vers moi, sifflant qu'il allait me tuer. Mais encore une fois Tristan s'est dressé devant lui et la douleur, la peur du serpent ont été si immenses et terribles, qu'il s'est aussitôt enfui, tandis que Tristan a trouvé refuge en moi, pour apaiser ma propre souffrance, ma terreur et mon chagrin. Bien sûr, je ne comprenais pas ce qu'il se passait, ni que Maman était morte. Je ne comprenais pas qu'elle restait là, allongée auprès de mon lit, les yeux grands ouverts et souriant doucement, mais ne me prenant pas dans la chaleur de ses bras pour me bercer en chantonnant et me caressant le dos, comme elle le faisait habituellement, pour consoler mes pleurs, apaiser mes peines et mes peurs. Non, je ne comprenais pas… »
Mon frère de cœur est très pâle, des larmes dévalent sur ses joues maintenant et il marque un silence que chacun respecte. Autour de nous, tous les regards sont emplis de compassion douloureuse. Je ne retiens moi-même pas mes larmes. Pas plus que Nally, Molly, Narcissa, Fleur et Tonks. Sirius aussi essuie des perles aux coins de ses yeux…
Ron serre davantage Harry contre lui. Il est profondément affecté bien sûr, par les sentiments de Harry qu'il ressent de plein fouet.
Une trentaine de secondes s'écoule, puis Harry inspire et expire profondément à plusieurs reprises, avant de reprendre la parole, dans le silence épais et lourd du chagrin que nous avons partagé avec lui…
« Après avoir revécu ce terrible souvenir qui m'appartient, j'ai vu Voldemort tuer Papa et Maman, cette fois au travers des souvenirs des Magies respectives de mes parents eux-mêmes, qui ont été absorbés par Magie Mère, mais également ceux que Voldemort a laissé dans ma mémoire et celle de Tristan. Comme il l'a fait un peu plus tard devant moi, Voldemort a étendu son Aura pour impressionner Papa et Maman, avant de leur donner le choix d'échanger sa vie contre la leur, ce qui leur permettrait d'obtenir une place privilégiée à ses côtés. Bien sûr, ils ont refusé et Papa s'est battu comme un lion, pendant que Maman courait vers moi. Quand il a entendu la porte claquer à l'étage, Papa a jeté un dernier Sortilège et il a ensuite baissé sa garde imperceptiblement, laissant ainsi volontairement une ouverture à Voldemort. Et la fissure dans sa Magie, s'est produite au moment où Voldemort a jeté son Avada Kedavra vers Papa, qui est mort, le sourire aux lèvres. Ce sourire a déstabilisé Voldemort. Il ne s'est cependant pas attardé là-dessus. Il a Transplané en haut de l'escalier, avant de surgir dans ma chambre. Maman s'est alors dressée devant lui à son tour, implorant sa pitié, non pour elle, mais pour moi. Voldemort lui a encore donné le choix. Mais elle a encore refusé et quelque chose dans son regard a alerté Voldemort. Elle lui a semblé trop sereine, trop déterminée, trop prête à mourir pour me sauver. Il a senti que ce serait dangereux de la tuer, alors il a essayé de la repousser sur le côté, la traitant d'idiote. Mais Maman s'est interposée encore. Et la fissure dans la Magie de Voldemort, s'est prolongée lorsqu'il a jeté son Avada vers elle. Et comme Papa, Maman souriait dans la mort qui venait de la faucher. » raconte Harry, qui déglutit difficilement, la bouche asséchée par ses émotions…
Ron fait apparaitre un verre d'eau et le donne à Harry. Le verre tremble dans sa main, lorsqu'il le porte à ses lèvres, pour s'hydrater la bouche, avant de reprendre parole…
« Voldemort a eu très peur en constatant que tout comme Papa, Maman souriait et qu'il n'y avait aucune peur dans son regard à jamais figé. Ce n'était pas normal à son sens. Personne ne pouvait être heureux, satisfait de mourir. Et puis il sentait que quelque chose d'anormal se produisait, qu'il était dangereux de rester là. Il n'a eu qu'une hâte alors, partir. Mais il devait me tuer d'abord. Il a donc tout aussitôt levé sa Baguette vers moi pour le faire rapidement, mais il a soudainement arrêté son mouvement, me regardant véritablement pour la première fois depuis qu'il était entré dans la chambre. Et tandis qu'il me fixait de son regard, un sentiment qui lui avait toujours été étranger et qu'il n'a pas reconnu, lui a violemment comprimé le cœur. Il a interprété cela comme une profonde douleur et soudainement, il a cru être en train de mourir. Alors il a brusquement paniqué, avant de finalement rationnaliser, quand la douleur a tout aussi brusquement cessé qu'elle était venue, laissant place à un fourmillement de plus en poignant et douloureux dans sa poitrine et son ventre. Non, il ne pouvait pas mourir, ses expériences le mettaient à l'abri de cela, il s'agissait d'autre chose, s'est-il dit. Preuve en était que même s'il n'était pas dans son assiette et qu'il se passait quelque chose de bizarre et de plus en plus douloureux en lui, il était toujours debout. Il a donc conclu que Maman avait usé de Sorts de Protections et que son hésitation venait de là. Oui, Maman avait posé sur mon petit lit un Sortilège pour retenir son bras, manipuler son esprit, lui faire croire qu'il pourrait mourir s'il me tuait, en faisant naître en lui cette douleur qui lui a comprimé le cœur et se diffusait encore en lui, a t'il pensé. Et une rage sans nom s'est emparée aussitôt de lui. En réalité, il mourrait seulement s'il ne me tuait pas. Il fallait donc que je meure à tout prix, pour que la prophétie ne puisse jamais se réaliser et que sa propre vie soit préservée. Alors, pour lutter contre cette force contraire qui retenait son bras, il a rassemblé toute sa rage, toute sa détermination et il a levé sa Baguette vers moi, étendant sa puissance au maximum pour me réduire en poussière. Et lorsqu'il a jeté son Maléfice, tout s'est désagrégé autour de lui, dans un éclair blanc et une douleur insupportable et déchirante, qui a dilué sa conscience. Aujourd'hui, bien qu'il sache que l'amour de Maman pour moi, n'y est pas étranger, il n'a pas encore réellement compris ce qu'il s'est produit ce jour-là. Et il ignore toujours que l'amour de Papa était pour quelque chose aussi, dans ce qui lui est arrivé… » explique encore Harry, maitrisant à grand peine les émotions qui le taraudent et bouleversent son visage, son regard douloureux…
Merlin ! Quels terribles souvenirs ! Et comme cela doit être dur pour mon frère de cœur, d'avoir vu tout cela. D'avoir vécu ou plutôt revécu ces horribles moments. Mais je n'ai pas vraiment le temps de m'appesantir sur cela, car mon attention est requise par les réactions, questions et réflexions que cela soulève…
« Nom de Zeus… » murmure Sirius, placé en face de moi, en se levant avec lenteur, dès que Harry se tait…
Son regard également brouillé de douleur, qui fixait Harry jusqu'à présent, vient se poser sur Remus…
« Ils l'ont donc fait tous les deux… » murmure encore Sirius, tandis que Remus hoche la tête pour acquiescer, nombres d'émotions bouleversantes faisant trembler ses mains qui triturent une plume…
« Qui ? Quoi ? » réagit Draco, l'air soudainement alarmé…
« James et Lily. Nous avons toujours pensé qu'elle seule l'avait fait, mais en réalité, ils l'ont fait tous les deux… » répond Sirius, dans un souffle…
« Mais qu'est-ce qu'ils ont fait, bon sang ? » demande Draco, avec précipitation, son regard volant de Sirius à Remus et inversement, s'alarmant davantage, face à leur mutisme visiblement chamboulé…
« Papa et Maman ont tous deux usé d'un Enchantement très ancien, basé sur l'amour et le sacrifice. Ils ont volontairement sacrifié leur vie, non seulement dans l'espoir de sauver ma vie, mais aussi de rétablir la paix dans le Monde Sorcier et ainsi sauver toutes celles et ceux qu'ils aimaient. Dans les faits, Maman, dont je tiens le don de voir les Auras, avait vu cette minuscule part de Magie qui restait encore lumineuse dans celle de Voldemort, à hauteur de sa poitrine. Elle s'accrochait comme une minuscule Etoile, à la pointe de son cœur. Maman a donc pensé et Papa en était également convaincu, que Voldemort avait autrefois su ce qu'étaient l'amour, la compassion, la bonté et que si cette petite Etoile accroché à la pointe de son cœur en était de nouveau nourri, il retrouverait son humanité. Ils ont donc décidé de sacrifier leur vie, pour nourrir le cœur de Voldemort, avec tout l'amour qu'ils éprouvaient pour moi, leur famille, leurs amis, le Monde Sorcier et le Monde Moldu… » révèle Harry, avec une tristesse infinie…
« C'est donc pour cela, qu'il a hésité. Il a ressenti l'amour de tes parents… » avance-je, mon propre cœur serré…
Il faut vraiment que la noirceur de Voldemort soit immense, pour n'avoir pas été davantage touché par l'amour infini dont James et Lily Potter ont fait preuve, en sacrifiant ainsi leur vie…
« Oui. C'est cela effectivement. Mais cela n'a pas marché comme mes parents l'avaient espéré, car Maman avait mal interprété ce qu'elle avait vu. Mais comment aurait-il pu en être autrement ? Elle ignorait que la Magie que l'on reçoit à la naissance est lumineuse par essence et donc que ce qu'elle avait vu dans l'Aura de Voldemort, n'était pas l'amour qu'il avait autrefois été capable de ressentir, mais la dernière minuscule parcelle de Magie, qui n'était pas encore contaminée par sa noirceur, sa haine et sa folie. Elle ignorait, qu'en réalité, Tom n'a jamais eu de cœur, n'a jamais éprouvé le moindre amour, la moindre compassion, même dans sa prime jeunesse et qu'il en était satisfait, car il considérait cela comme une faiblesse inacceptable. Il ne pouvait donc être touché et moins encore accepter de se laisser envahir par des sentiments qui lui étaient tout à la fois étrangers et insupportables, lorsqu'ils se seraient accrochés à cette petite Etoile de pureté et de bonté à laquelle il n'avait jamais permis de s'épanouir. » explique Harry, le cœur visiblement lourd…
« James et Lily se sont donc sacrifiés en vain… » se désole alors Sirius, partageant le même regard douloureux que Remus…
« Non, Sirius. Non. Papa et Maman n'ont pas totalement échoué. Car si le cœur de Voldemort n'a pas été touché, cela a nourri la minuscule parcelle de Magie lumineuse qui restait en lui. Quand elle a essayé de faire appel à sa compassion, Maman avait vu dans son Aura que la tâche lumineuse à hauteur de son cœur, était un peu plus grande, nourrie par l'amour de Papa. Bien sûr, elle a pensé qu'il s'agissait du cœur de Voldemort et qu'il revenait à de meilleurs sentiments, comme Papa et elle-même l'avait espéré si fort. Elle a donc fait appel à sa pitié, mais il l'a repoussée et elle a compris alors, que Papa et elle-même avaient eu raison de penser que le sacrifice de Papa ne serait pas suffisant, qu'elle devrait également faire don de sa vie, offrir tout son amour. Et elle l'a fait sans hésiter une seule seconde. Et cela n'a pas été fait en vain. Cela m'a sauvé la vie. Et cela a sauvé le Monde Sorcier durant seize ans. Cela m'a donné le temps de grandir, afin que je puisse le vaincre avec ce pouvoir qu'il n'a pas, qu'il n'a jamais eu et n'aura jamais… » répond Harry avec une douceur infinie et un sourire tendre, exprimant tout l'amour qu'il éprouve pour ses défunts parents…
Sirius acquiesce, l'air un peu rasséréné, à l'instar de Remus. Leurs émotions contiennent également beaucoup de tendresse, d'amour et d'amitié, à n'en pas douter. De la douleur encore, bien sûr. Et, j'en suis convaincu, ils doivent aussi éprouver de l'admiration, pour leurs amis.
J'en éprouve beaucoup également. Profondément. Lily et James Potter ont fait preuve d'un immense courage et d'un amour infini pour leur fils et pour le Monde…
« Que s'est-il produit en réalité, Harry, le sais-tu ?… » interroge Severus, d'un ton doux et très ému…
Il serre Nally contre son flanc. Tous deux aimaient beaucoup Lily avec laquelle ils étaient très amis depuis l'enfance. Et ils aimaient bien James aussi. Tous les deux…
« Oui, Magie Mère m'a permis de le comprendre. En fait, quand l'amour et le sacrifice de Papa a nourri la petite parcelle de Magie encore lumineuse de Voldemort, toute sa Magie, déjà distendue au maximum et largement fragilisée, a été brusquement déstabilisée par cet apport de pouvoir et de puissance supplémentaire, qui l'a étirée davantage, provoquant une fissure dans son Aura, là même où cet apport a déferlé comme un raz de marée. La puissance de l'amour et du sacrifice de Maman, a aggravé cette fissure et a donné assez de force à la petite parcelle lumineuse, pour que celle-ci cherche à contaminer tout le reste de la Magie de Voldemort. Dès lors, sa Magie a été partagée entre deux désirs en totale opposition : celui d'obéir à son hôte et celui de lui résister. La petite parcelle lumineuse, a profité de son regain d'énergie, pour retenir le bras de Voldemort, lorsqu'il a voulu me tuer. A cet instant précis où, par pure coïncidence, son regard s'est fixé sur moi, Voldemort a ressenti l'immense amour de mes parents, dans une brusque bouffée provoquant cette étreinte qui lui a comprimé le cœur, et qu'il a interprété comme une douleur, si vive, qu'il a cru mourir. Ce qu'il a ressenti après, ces fourmillements poignants qui lui vrillaient peu à peu la poitrine et le ventre, c'est ce qui résultait de la lutte farouche des sentiments totalement contradictoires qui se disputaient la suprématie dans sa Magie. La haine, la folie, la cruauté impitoyable dont elle était jusqu'alors quasi totalement imprégnée et l'infini amour de mes parents, s'affrontaient de plus en plus durement et douloureusement. La fissure dans son Aura, était en train de s'aggraver encore et la souffrance qui en résultait était celle de sa Magie, qui luttait pour tâcher de rester intacte. Magie Mère m'a permis de comprendre, qu'à ce moment-là, dans la panique qu'a provoqué sa sensation de mourir, Voldemort n'a pas compris combien il était dangereux de jeter un Maléfice alors que sa Magie, déjà gravement fragilisée et fissurée, était si instable, déséquilibrée et tiraillée par des volontés en totale contradiction. Le point de rupture créé dans sa Magie, au moment où l'amour de mes parents a déferlé dedans, aurait été réparé, lorsque sa Magie aurait retrouvé sa stabilité. Mais, quand la panique de Voldemort s'est muée en rage, qu'il a fait le choix de me tuer, cela a causé sa perte. A cette instant, sa Magie s'est complètement déchirée, sous le poids des deux volontés de fer qui s'affrontaient en elle et n'ont cédé ni l'une, ni l'autre, la moindre once de terrain. Cela a donné naissance à Salazar et Tristan, deux parties se dressant désormais l'une devant l'autre. Bien sûr, Salazar porte en lui toute la haine, la cruauté, la folie de Voldemort. Et Tristan porte en lui, non seulement la bonté, la sagesse et la pureté dont il était imprégné encore, mais également l'amour et le sacrifice de mes parents… » explique Harry, avant de prendre l'une des tasses de chocolat chaud, sur le plateau que Molly fait Léviter dans nos rangs…
« Si Tristan porte en lui l'amour et le sacrifice de James et Lily, alors tu as raison de penser qu'il ne pouvait pas avoir été lâche, comme il a affirmé lui-même l'avoir été. Ce qui l'a retenu, c'est autre chose, mais certainement pas de la lâcheté… » assène Sirius, d'un ton ferme, en regardant fixement Harry…
« Effectivement, Sirius, Tristan n'a jamais été lâche, bien qu'il l'ait cru sincèrement. Il n'avait fondé ses conclusions que sur ce qu'il savait lui-même et il a découvert les souvenirs de mes parents, a compris tout ce qu'il y avait à comprendre, en même temps que moi… » répond Harry, souriant doucement…
Et au ton de sa voix, je saisis parfaitement, qu'il ne nous a pas tout révélé encore. Mais je ne dis rien, ne pose aucune question. De toute évidence, tout le monde fait le point sur ce qui a été dit jusqu'ici et je respecte le petit silence qui s'est installé…
Moi aussi, j'ai besoin de faire le point de toute façon…
OoOoOoO
Sirius
Nom de Zeus, de nom de Zeus ! …
James, Lily ! Si vous saviez combien je vous admire mes amis !
Et combien mon cœur est serré depuis tout à l'heure…
Voldemort ne vous a battu ni l'un ni l'autre. C'est vous qui avez triomphé de lui.
Mais merde, James, Lily ! Pourquoi a t'il fallu que vous donniez votre vie, en plus de votre amour ?
Bon, d'accord, je sais ce que vous allez me répondre. Si vous ne l'aviez pas fait, ça n'aurait pas marché. Mais il fallait m'en parler nom de Zeus ! Je me serais sacrifié à votre place !
Ok… ok… ça n'aurait pas été suffisant. Je sais. Il a fallu que vous soyez deux sur ce coup. Mais on en aurait aussi parlé à Remus et je suis certain qu'il se serait proposé lui aussi, pour vous remplacer. Vous aviez un môme vous, pas nous. On ne laissait rien derrière, tandis que vous, vous avez laissé Harry. Que je n'ai pas su protéger comme j'aurais dû le faire…
Bon, ouais. La Malédiction de Peter m'a embrouillé le cerveau, c'est sûr. C'est un peu pour ça, que j'ai accepté mon sort si facilement et que je suis resté douze ans à Azkaban, sans sourciller. Mais merde, James, Lily, vous auriez dû me parler de ce Sortilège. Je l'aurais fait à votre place. Et Harry aurait eu une vie douce et heureuse avec vous.
« Cesse de ruminer, Sirius et reviens avec nous… » me glisse Remus dans un chuchotement, en me mettant un petit coup de coude dans les côtes, me tirant ainsi de mes pensées…
Je me secoue la tête. Il a raison. On n'en a pas terminé. Je le sais bien. Harry n'a pas fini de nous en apprendre, c'est certain.
« Tu l'aurais fait avec moi, n'est-ce pas ? » souffle-je cependant, vers mon ami, mon regard plongé dans le sien…
« Je l'aurais voulu, oui. Du plus profond de mon cœur, je l'aurais voulu. Mais James et Lily ne nous auraient pas laissés faire. Et c'est bien pour cela qu'ils ne nous en ont pas parlé. D'autant que tels que je les connais, ils ont dû se dire et avec raison, que leur sacrifice serait plus grand que le nôtre, puisque nous, nous n'avions rien à laisser derrière nous, au contraire d'eux-mêmes qui avaient tout… » me répond Remus, le regard infiniment ému et douloureux…
Ouais… Il a raison. C'est bien ce que James et Lily auraient dit…
Mais maintenant, nous avons tous les deux quelque chose à perdre, me dis-je, songeant à Miho et à Tonks. Alors, dès ma Mission achevée, si je peux éviter à Harry de mourir, en sacrifiant ma vie pour la sienne, je le ferai.
Pour lui. Pour Miho. Pour tous mes amis…
OoOoOoO
Ron
Les émotions de Harry sont si fortes, qu'elles m'habitent presque tout entier et que je dois réaliser d'énormes efforts, pour distinguer celles qui m'appartiennent.
Je comprends pourquoi il est si profondément affecté. Ce qu'il abrite en son sein, c'est bien plus qu'une parcelle de la Magie de Voldemort. C'est aussi l'amour et le sacrifice de ses parents, qui lui sont attachés. Alors lui qui souffrait déjà d'avoir à se séparer de Tristan, doit en plus accepter maintenant, l'idée de se séparer de cet amour et de ce sacrifice dont il est porteur…
« Bon, si je fais le point sur tout ce qui a été révélé jusqu'à présent, que ce soit dans ton souvenir de ta conversation avec Tristan, mais aussi ce que tu as expliqué ensuite, Harry, il y a une chose que je ne comprends pas. Comment Voldemort pouvait-il avoir en lui ne serait-ce qu'une étincelle de pureté et d'innocence, s'il n'a jamais eu de cœur ? Je parle bien sûr, de cette étincelle dont a parlé Tristan et à laquelle il dit s'être accroché lui-même, quand la noirceur a commencé à envahir la Magie de Voldemort… » déclare soudainement Tonks, sourcils froncés…
Elle s'adresse à Harry, mais ce n'est pas lui qui répond…
« Je crois comprendre quant à moi, qu'en réalité, ce à quoi s'est accroché Tristan, c'est l'Etincelle de Vie de Voldemort, Tonks. Elle est pure, innocente et vierge. Nous naissons avec elle et il est à charge de chacun d'entre nous de l'entretenir, de lui permettre de s'épanouir et de devenir une Flamme vive, ce que Voldemort n'a pas fait. Elle est donc restée tapie en lui, attendant son heure…» explique Nally, qui était resté silencieuse et le regard très lointain, depuis pas mal de temps…
Je suis pourtant certain qu'elle n'a pas raté une miette de tout ce que Harry a raconté. Et celui-ci confirme d'un hochement de tête, ce qu'elle vient d'affirmer…
« Ok. Son Etincelle de Vie. Ça je comprends maintenant. Mais quelle heure attendait-elle ? » interroge Tonks, levant cette fois un sourcil sur sa question…
« Celle où Voldemort la nourrirait enfin, lui permettant ainsi de devenir Flamme. Ou celle où elle s'éteindrait à jamais, quand viendrait pour lui le temps de mourir. C'est la Flamme qui nous anime, qui offre à notre Âme accès au Jardin d'Eden, promesse d'une vie éternelle faite de douceur et de bonheur. Et plus la Flamme est vive, plus le chemin à parcourir avant d'en franchir les Portes, est court. En revanche, quand l'Etincelle de Vie n'a pas été nourrie, elle mène vers les Ombres épaisses des Enfers, s'éteignant à jamais lorsque des Portes en sont franchies. Et dès lors l'Âme se perd, errant pour l'éternité, dans les affres de Ténèbres désolées où règnent sans fin le tourment permanent de la solitude et la torture des regrets, des remords et de la culpabilité, qui deviennent la seule nourriture de l'Âme et de l'Esprit, qu'ils aient su ou non, ce qu'étaient ces sentiments, lorsqu'ils étaient attachés à leur hôte physique… » répond Nally qui soupire à peine, avant d'ajouter : « Telle est la croyance des Elfes et celle de nombreux peuples. Les Humains quant à eux, attribuent volontiers aux Démons, les tourments promis par l'Enfer et aux Anges la félicité promise au Paradis. Mais dans le fond, cela revient au même… »
« D'où l'expression errer comme une Âme en peine, que nous pouvons attribuer ici à l'avenir des Âmes en Enfer… Ok, je comprends maintenant ce qu'ont voulu faire James et Lily… Ils ont voulu offrir à Voldemort une chance de se réhabiliter, en nourrissant sa petite Etincelle de Vie, avec leur propre amour, espérant qu'ainsi il reviendrait à des meilleurs sentiments. En cela ils ont échoué, parce que Voldemort n'a pas pu être touché par la chance qu'ils lui offraient. Il n'a pas pu comprendre, parce qu'il ne sait pas ce qu'est l'amour… » réfléchit Tonks, relevant ses yeux qu'elle avaient baissés sur ses chaussures durant cette courte réflexion, avant d'ajouter, en cherchant confirmation dans le regard de Nally : « Et c'était d'autant plus perdu d'avance, qu'il est terrorisé à l'idée de mourir et que le concept de réhabilitation lui échappant totalement, il est donc convaincu que rien ne pourra lui épargner l'Enfer… »
Nally acquiesce d'un simple hochement de tête, tout comme le professeur Dumbledore et Severus, à ses côtés…
« Moi, ce que je ne comprends pas, c'est comment Salazar a pu retenir l'Âme et l'Esprit de Voldemort sur terre. Et en quoi le fait que la Magie de Voldemort soit séparée en deux, l'a empêché de retourner vers Magie Mère, quand le corps de son hôte a péri. Du moins, selon ce qu'a expliqué Tristan…» déclare de son côté Fleur, dont le visage exprime nettement son incompréhension…
Et naturellement, tous les regards se tournent vers Harry de nouveau, espérant que Magie Mère lui a permis de comprendre cela. En ce qui me concerne, la réponse fait brusquement irruption dans mon cerveau et je me lève avec autant de brusquerie, le souffle à demi coupé…
Putain… C'est impensable…
Mais ça ne peut-être que ça…
Je me tourne lentement vers Harry, mon regard fixant le sien, dans lequel je lis que j'ai bien deviné. J'ai bien effectué tous les liens qu'il y avait à faire, j'ai bien tout compris…
« L'Etincelle de Vie… Toute la réponse est là… » murmure-je, dans un souffle…
« C'est bien cela, Ron… » déclare Harry, dans le même souffle…
« Ouais… Ben cessez de parler par énigme vous deux et dites-nous ce qu'il en est… » intervient Blaise, avec un chouia de nervosité…
Et Harry effectue un imperceptible signe de tête vers ma pomme…
« Comme je l'ai bien deviné cet après-midi, le vrai Combat est à mener contre Salazar. Ça, tout le monde en est bien conscient maintenant. Ce qu'il faut comprendre à présent, c'est que Voldemort est déjà mort d'une certaine manière. Et finalement, ce n'est pas Tristan qui va aider Harry, c'est l'inverse… » déclare-je donc, sans cesser de fixer Harry, qui acquiesce de nouveau, d'un simplement hochement de tête cependant cette fois…
Ça déclenche aussi sec un brouhaha de murmures surpris, exprimant de l'incompréhension parfois ou au contraire une brutale prise de conscience de certains…
Moi je comprends trop bien…
Je comprends surtout à quel point mon rôle va effectivement être essentiel auprès de Harry. Il va falloir que je l'empêche d'aller trop loin, dans ce qu'il va devoir faire, pour nourrir suffisamment Tristan et que celui-ci parvienne à vaincre Salazar…
Il va devoir donner la puissance de son amour à Tristan, oui. Mais il ne devra pas faire le sacrifice de sa vie. Non, pas ça…
La Reine des Nymphes a été claire là-dessus. Je dois garder dans mon cœur, tous les espoirs qui m'animent a-t-elle dit. Or mon plus bel espoir, c'est que cette foutue guerre va se terminer sur une belle fin pour nous. Que nous pourrons jouir de la paix, avec nos gosses, notre famille toute entière et nos amis…
Alors non, Harry ne devra pas sacrifier sa vie, comme l'ont fait ses parents. Ils ne peuvent pas avoir fait ça, pour que Harry jouisse seulement d'un sursis. Il a en lui le pouvoir de vaincre Voldemort et Salazar…
Non, ce n'est pas tout à fait ça. Ce n'est pas lui, qui détient le pouvoir de vaincre Salazar, c'est Tristan. Harry devra vaincre Voldemort de sa main, puis aider Tristan à vaincre Salazar…
C'est comme cela que ça doit se passer.
« Stop ! Stop ! Stop ! Tout le monde stop ! » s'exclame soudainement Sev, d'une voix forte, avant d'ajouter, dès que toutes les autres voix se sont tues : « Ce n'est pas en parlant tous en même temps que nous allons avancer… »
« Je suis bien de ton avis. Alors allez-y, Harry et Ron. Donnez-nous davantage d'explications, afin que nous puissions y voir complètement clair nous aussi… » appuie Remus, sur un soupir…
« Ouais. Et commencez donc par nous dire comment Voldemort peut d'une certaine manière être déjà mort… » ajoute Bill, dont les sourcils sont froncés…
« Et Tristan, qu'est-ce qui l'a ret'nu en fin d'compte ? » renchérit Fol Œil, en levant les deux siens…
« Et comment tu peux aider Tristan, Harry ! Mais surtout ne répond pas à cela, que tu vas devoir sacrifier ta vie comme l'ont fait ton père et ta mère ! Parce que ça, non ! Je le refuse catégoriquement, tu m'entends ! » surenchérit Draco, vivement alarmé…
Harry et moi-même échangeons un coup d'œil rapide. Toutes ces questions sont cruciales …
« Une question à la fois. Mais je vous rassure, si tout va bien, je n'aurais pas à faire le sacrifice de ma vie…. » répond Harry, tandis que je me rassois sur un soupir…
Car pour l'heure, je ne vois vraiment pas comment nous allons pouvoir gérer tout ça et mettre au point une stratégie infaillible. Mais bon, je n'ai pas toutes les réponses encore, même si j'ai deviné l'essentiel. Lorsque je les aurais, ça devrait se mettre en place dans ma tête…
Dans celle des autres aussi. Et à nous tous, nous pourrons concocter un plan aux petits oignons…
« Si tout va bien ?… » reprend Draco, toujours aussi alarmé…
« Oui, si tout va bien. … » confirme Harry, avant d'ajouter, en pressant l'épaule de son frangin : « Comme pour chacun d'entre nous. Nul n'est à l'abri malheureusement de mourir dans cette guerre, Draco. Pas plus moi qu'un autre… »
Draco déglutit avec peine. Il semble presque désespéré durant une ou deux secondes, puis il se reprend…
« Ok… D'accord, tu as raison… » acquiesce-t-il, sur un soupir…
« Bon, passons aux réponses. En commençant par la première question : comment Voldemort peut-il être déjà mort d'une certaine manière ? » déclare aussi sec Bill, en nous regardant alternativement Harry et moi-même, bien que son regard soit plus insistant sur Harry…
Il sait bien que je n'ai fait que deviner et que Harry détient une réponse plus complète que la mienne. Ce n'est cependant pas lui qui répond. Nally et Sev ne lui en laissent pas le temps…
« Parce qu'il n'est plus en possession de sa petite Etincelle de Vie… » disent-ils, dans un bel ensemble, qui n'aurait pas été mieux synchronisé, s'ils avaient répété des heures durant…
« Plait-il ? » demande alors Bill, sourcils arqués sur sa question…
« La petite Etincelle de pureté et d'innocence avec laquelle nous venons tous à la vie, l'Etincelle de Vie, il ne la porte plus en lui, c'est pour cela qu'il est déjà mort d'une certaine manière…» précise Severus, l'air bien sûr de son fait, mais demandant tout de même d'un regard, confirmation à Harry…
« C'est bien cela, oui. Tristan s'accrochait à elle de toutes ses forces et il l'a emportée avec lui, la gardant précieusement et assurant ainsi sa pérennité, depuis toutes ces années… » répond Harry, ce qui provoque de nouveau quelques remous parmi nous…
« Bon sang d'bois ! Pourquoi il l'a pas lâchée, quand l'corps du Ténébreux s'est désagrégé sous la force du r'tour de flamme d'son Maléfice ! Il s'rait alors parti pour l'Enfer et on en s'rait pas là à ç't'heure ci ! » s'exclame alors Fol Œil tapant du poing sur sa cuisse, avec contrariété…
« Non, ne croyez pas cela, Alastor. Ce n'est pas aussi simple. Tout s'est passé en un millième de seconde à peine. Le corps de Voldemort s'est désagrégé, lorsque la séparation de sa Magie a été totale, au point que pas même un mince lambeau, un fil plus fin et ténu qu'un cheveu de bébé, ne reliait encore Salazar et Tristan. Lorsque cette séparation a été effective, son Âme, son Esprit et Salazar, avaient déjà trouvé refuge à l'intérieur de son serpent. Tristan en avait fait autant à l'intérieur de mon corps. L'Etincelle de Vie de Voldemort était donc à l'abri. Elle n'avait par conséquent aucune raison de partir. Et si Tristan, qui n'avait absolument pas conscience à quel point il était primordial qu'il ait emmené cette Etincelle de Vie, l'avait lâchée, en constatant que le corps de Voldemort s'était désagrégé, elle l'aurait rejoint dans le corps du Serpent, dont il avait déjà pris possession et nous n'aurions finalement pas été plus avancé qu'aujourd'hui. Au contraire. Même si cela ne va pas nous faciliter grandement les choses, c'est quand même un net avantage que nous avons sur Voldemort, croyez-moi... » répond Harry, sous les oreilles plus qu'attentives de chacun
« Est-ce que l'Etincelle de Vie de Voldemort serait partie, si Tristan l'avait lâché plus tard, au moment où Voldemort se trouvait dans l'obligation de changer de corps, parce que le précédent avait lâché ? » demande Neville, le front ridé de profondes rides de réflexion
« Elle l'aurait fait, oui, s'il avait été hors d'un corps. Ceci dit, Salazar en changeait, quand il sentait sa fin arriver et il aurait fallu une sacrée coïncidence, pour que Tristan lâche l'Etincelle de Vie de Voldemort, à l'exacte infime moment où son Âme et son Esprit étaient suspendus entre le corps quitté et celui qui allait être possédé à son tour. Dans le cas contraire, comme je l'ai dit précédemment, elle aurait rejoint l'Esprit et l'Âme de Voldemort, où qu'ils soient et par la suite, Salazar l'aurait gardée, comme Tristan l'a fait, l'emportant avec lui, dans chacun des rats, serpents et autres bestioles ou corps qu'il a possédés plus ou moins longtemps… » explique Harry, avec une grimace significative…
Que je comprends parfaitement. Survivre dans ces conditions, c'est une horreur totale…
« En conséquence, Tristan ne doit lâcher cette Etincelle de Vie, à aucun prix. Sauf si Voldemort n'a aucun corps à disposition dans les environs immédiat... » conclut Neville, sourcils plus froncés que jamais…
Harry grimace derechef et je devine aisément que ce n'est pas pour les même raisons que Nev. Mais il n'a pas le temps d'ouvrir la bouche pour s'expliquer, car Draco ne lui en laisse pas loisir…
« Ou à la condition, que Salazar n'ait pas compris l'importance de retenir cette Etincelle de Vie. Imaginez qu'il l'a rejette, l'empêche de rejoindre le corps dans lequel l'Esprit et l'Âme de Voldemort ont trouvé refuge, alors l'Etincelle partira et rien ne pourra retenir son Âme et son Esprit sur terre… » réfléchit-il, en plissant les yeux…
« Hélas ! Si seulement c'était aussi simple que vous le suggérez tous les deux ! Mais ce ne sera pas aussi facile que ça, de se débarrasser définitivement de Voldemort… » soupire profondément Harry…
Et bien sûr, nombres de sourcils se haussent illico presto pour l'interroger…
En ce qui me concerne, je ne le fais pas. J'ai compris où veut en arriver Harry…
Du moins, je le crois fermement…
OoOoOoO
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