Disclaimer : cf chapitre 1

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Grand merci à Mistycal !

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Réponse sur mon forum, aux commentaires de :– lion -

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Désolée pour l'erreur de date de ma publication. Il s'agissait du mardi 12 mai et non 02 mai...

Bonne lecture à toutes et tous !

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Une Nuit Pleine De Surprises 3 / 3

Acte 7 : Incroyable Recoupement de Faits

Sirius

Nom de Zeus ! Je n'en reviens déjà pas de tout ce que nous apprenons sur les origines de ma petite chouquette, et voilà que Fleur va certainement en rajouter une couche…

« Dis-donc, Fleur. Si tu nous en disais plus, au lieu de nous laisser mariner comme des harengs… » suggère-je, après avoir contemplé la mine estomaquée de Fleur, durant trois bonnes interminables secondes de silence interrogateur…

Mais si Fleur réagit enfin, ce n'est pas du tout à moi qu'elle s'adresse…

« Le mari d'Hildegarde, était-ce Albin MacBain ? » demande-t-elle en effet en direction de Rusard…

« Ouais. Mais d'où tu connais ça ? » répond Rusard, sourcils foncés et une méfiance fugace traversant son regard, avant de laisser place à l'inquiétude…

Mais Fleur n'a pas le temps de répondre, car Bill vient de se frapper le front en poussant un juron et se lève d'un bond à son tour

« Woh ! Woh ! Woh ! Mais c'est incroyable comme tout se recoupe parfois ! » s'exclame-t-il, avant d'éclater de rire, puis saisissant Fleur dans ses bras pour la faire tournoyer…

Fleur acquiesce et rit de concert avec lui…

« Eh ! Oh ! On peut savoir ce qui vous prend là ? » demande-je, sous quelques hochements de tête approuvant ma demande, quand soudainement, Harry, Ron et Severus bondissent également sur leurs pieds…

« Le Château de Peter Pan ! » tonnent-ils, dans un bel ensemble, fixant Bill et Fleur de leurs yeux luisant d'excitation joyeuse…

Et quand ils acquiescent d'un hochement de tête souriant, un petit concert d'exclamations étouffées s'élève tout autour du lit de ma chouquette….

« Ah ! Putain ! C'est géant, ça ! » s'exclame Blaise, tapant dans le plat de la main de Neville, puis étreignant Hermione à pleins bras en riant, avant que je réagisse enfin…

« Nom de Zeus ! Alors Miho serait l'héritière légitime du fameux Château dont vous m'avez parlé et qui se trouve sur l'île de Man ! » m'exclame-je à mon tour, me souvenant maintenant en bloc, de tout ce que Harry et Ron m'en ont dit…

Un merveilleux Château de conte de fée, bourré à craquer d'antiquités et de trésors. Un Château dessiné par la main d'un gosse et fait pour les gosses…

« Oui ! Et il est fait exactement pour elle ! Sacré bon sang ! Que je suis heureux qu'il soit à elle ! » s'exclame Harry, dont le regard exprime effectivement un grand bonheur…

« Qu'est-ce que c'est, que cette histoire de Château ? » demande cependant Rusard, l'air naturellement paumé…

Et c'est grand silence immédiatement. La joie retombe d'un seul coup, pour laisser place à une gravité absolue…

« Cela signifie, Argus, que l'héritage de Monsieur MacBain, était beaucoup plus conséquent que vous le pensez. Et qu'il le pensait certainement lui-même… » lui répond Albus, en regardant Rusard par-dessus ses lunettes en demi-lune…

« Il s'est fait avoir, c'est ça ? Hildegarde le pensait en tout cas, elle me l'avait dit en aparté de son mari et elle s'était promis de tirer l'affaire au clair, mais elle n'en a pas eu le temps… » déclare Rusard, qui serre soudainement son poing libre, avant de littéralement cracher : « Sal'té d'bonne femme ! Sale engeance aussi, celle-là ! »

Des regards étonnés s'échangent vivement, notamment chez les plus jeunes…

« C'est de Dolorès Ombrage dont vous parlez ? » demande Nally avec douceur

Le concierge hoche simplement la tête pour acquiescer…

« J'aurais pourtant juré que vous l'appréciez beaucoup… » glisse alors Ron, surpris…

« C'est ç'que j'ai fait croire, oui ! Mais ça, c'est parce que je n'suis pas si bête ! Déjà qu'j'étais Cracmol et donc pas grand-chose à ses yeux ! Je n'avais pas envie qu'en plus elle fasse une enquête sur moi ! Ni qu'elle vienne fouiller dans mes affaires et qu'elle découvre ce qu'il ne fallait pas ! Et encore moins qu'elle me renvoie d'Poudlard, où j'savais qu'Miho viendrai un jour ! » s'exclame Rusard, qui se calme un tant soit peu lorsqu'il ajoute : « Non, je ne suis pas si bête. Il ne fallait surtout pas qu'elle découvre ma parenté avec Hildegarde, Perséphone, Ariane et Miho. Parce qu'alors, avec sa langue de vipère, elle l'aurait dit à Malfoy, que je savais qu'elle fréquentait au Ministère ! Et on sait bien ce qu'il m'aurait fait alors, pour trouver Miho et la tuer ! Alors, j'ai fait semblant d'être de son côté, d'approuver sa façon d'faire à l'Ecole, pour qu'elle me laisse en paix. Ce n'était pas bien difficile, j'avais déjà la réputation qu'il fallait pour me faciliter la chose. Vieil homme aigri par tous ses soucis et ses chagrins, qui supportait pas les enfants et passait son temps à leur faire des misères… Mais je n'ai jamais eu à l'œil que les Malfoy, leurs parentés, leurs amis et complices ! Ce qui représentait un beau paquet de possibles mauvaises graines ! »

« Hem ! Euh… Oui… Mais il y avait aussi de la très bonne graine, parmi ceux que vous aviez à l'œil. Reconnaissez-le… » glisse Ron, sous le hochement de tête positif des jeunes dans leur ensemble et particulièrement des jumeaux qui y mettent toute leur énergie…

Rusard fait aussi volte-face vers lui…

« Toi peut-être ? Et tes jumeaux farceurs de frères ! D'abord, j'vous avais à l'œil parce que vous avez du sang en commun avec les Malfoy ! Je le sais ! Je l'ai lu dans un livre de généalogie ! Et les Black aussi ! Et toutes leurs autres parentés ! Mais qu'est-ce que j'y peux, si tous les Sorciers ou presque sont liés par le sang ? Et puis, vous m'faisiez des misères aussi ! A me répondre avec insolence, à vous moquer de moi et à ne jamais respecter les règles ! Et à exciter Peeves contre moi aussi ! Avec toutes ces Bombabouses jetées partout dans les couloirs que je venais de laver ! Et toutes les autres farces aussi ! Tu peux le reconnaitre ça de ton côté, non ? Et pour couronner le tout, cette année, toi et tes deux inséparables, vous vous êtes en plus accoquinés avec le fils Malfoy et ça a aggravé votre cas ! Surtout qu'il y avait Miho au milieu de tout ça, alors qu'elle n'avait pourtant pas l'âge déjà d'être ici ! » répond Rusard, avec une certaine hargne, avant de s'adoucir, le regard un peu désespéré, pour ajouter : « Alors oui, tout l'monde était suspect à mes yeux. Tout l'monde. Mais comment ça pouvait être autrement, quand je ne suis qu'un vieux Cracmol, qui doit protéger une petite fille d'un Sorcier pourri jusqu'à l'os, qui veut sa peau, à ma p'tite ? »

« Je comprends, Monsieur Rusard, je comprends… » assure alors Ron, d'un ton apaisant…

Mais Rusard passe déjà à autre chose…

« Et d'abord, comment ça se fait, ça, que Miho est arrivée avant l'âge ? Vous croyez que c'est un truc de Magie Noire de Lucius Malfoy, pour la repérer enfin et pouvoir la tuer ? C'est ce que je crois en tout cas. Et vous imaginez ce que ça m'a fait, de la voir aller en compagnie du fils…. J'en avais des suées froides à chaque fois. Alors, vous croyez que c'est ça ? C'est possible, non ? Après tout, vous avez bien dit qu'il a essayé de tuer une petite fille, qui ressemble à Miho et qui est dans la même famille d'accueil Moldue, à Noël dernier. C'est bien qu'il l'a retrouvée et qu'il en a après sa vie… » demande-t-il, ses yeux emplis d'inquiétude, courant à la ronde…

« Non, ce n'est pas Lucius Malfoy qui est en cause pour son arrivée prématurée à Poudlard… » commence-je à répondre, gêné, sans avoir le temps de préciser quoi que ce soit d'autre, car le concierge ne m'en laisse pas le temps…

« Ah ! Tant mieux si ce n'est pas lui ! Ça m'enlève un sacré poids, ça ! La Magie Noire n'est pas sur elle. Et dans le fond, c'est tant mieux si elle est ici. Parce que sûrement que ça lui a sauvé la vie à la p'tite, hein ? » dit-il, s'adressant encore une fois à la ronde…

« C'est certain, Monsieur Rusard. Certain… » répond Nally avec un sourire aussi doux que sa voix, avant d'ajouter : « Mais il se fait très tard maintenant. Et il serait temps je crois, de nous raconter maintenant ce que vous savez encore… »

« Ah, ouais. Le retour d'Ariane… » murmure Rusard, de nouveau très ému : « Je lui avais dit, de ne pas revenir. Mais elle l'a fait quand même. Et elle ne m'a pas contacté tout de suite. Ça faisait quasi deux mois qu'elle était revenue quand elle l'a fait. Elle m'a envoyé une lettre pour me dire qu'elle allait venir me voir et de l'attendre au train à Londres, parce qu'elle voulait que j'aille à la banque Gringotts pour elle. Elle m'a dit qu'elle amènerait pas la petite avec elle, qu'elle la laisserait chez une gentille voisine, à qui elle avait raconté son histoire en l'arrangeant un peu, parce que cette voisine était bien gentille, mais beaucoup bavarde. Oh, l'arrangement ce n'était pas grand-chose. Juste que son mari était avec sa mère, dans l'avion privé piloté par son père, qui s'est abimé en mer, alors qu'ils se rendaient pour affaire dans les Amériques. Et qu'il n'avait pas d'autre parenté vivante. Ariane a dit aussi qu'elle n'avait pas pu les accompagner, parce que la p'tite était malade et que donc elle était restée avec elle à la maison. Mais en fait, Taiyô, c'était le prénom de son mari, était avec un couple d'amis quand il est mort. Voilà, c'est tout ce qu'elle a raconté. Pas qu'elle était menteuse de nature mon Ariane, mais elle voulait plus que la vieille dame lui pose des questions sur sa belle-famille. Elle ne pouvait pas lui dire que c'était des Sorciers, n'est-ce pas, ni qu'ils avaient coupé les ponts avec son mari, parce qu'il était Cracmol et qu'ils en avaient honte. Alors il valait mieux que la vieille femme ne pose plus de questions embarrassantes, vous comprenez.. »

« Nous comprenons parfaitement, Argus, oui. Ariane a choisi le meilleur parti, pour n'avoir plus à mentir… » répond Albus, d'un ton tout à fait compréhensif…

« Oui, c'est ça. En disant qu'elle n'avait plus personne qu'un vieux parent éloigné, ici en Angleterre et qu'elle n'avait pas vu depuis longtemps, elle se mettait à l'abri d'avoir à mentir. Et pour expliquer qu'elle ne pouvait pas emmener la petite avec elle pour venir me voir et rétablir les liens, elle a dit qu'elle avait les moyens que pour un billet de train. Ce qui était un peu vrai. Parce que ce qu'elle avait reçu de son héritage Moldu a fondu dans son voyage de retour et ce qu'elle a dû racheter pour la maison où elle avait vécu avec Hildegarde et sa sœur. Et pour son héritage Sorcier, elle avait déjà fait des transactions par hibou, pour le transfert du compte de sa mère sur le sien, mais là, elle avait besoin de liquidités et elle n'osait pas aller à Gringotts, à cause de Malfoy. Elle avait vu sa photo dans des Magazines Sorciers et elle n'était pas sûre de sa propre réaction, si jamais le malheur le mettait sur sa route. Et c'est pour ça, qu'elle m'avait contacté, pour que j'aille à la banque pour elle, comme je vous l'ai dit déjà. Et dans sa lettre, elle m'avait aussi écrit, que si je voulais, comme c'était les grandes vacances, ça lui ferait plaisir que je l'accompagne par le train de retour et que je passe quelques jours avec elle et Miho. » explique Rusard, qui interrompt une fois de plus son histoire, le souffle coupé par une vive émotion.

« Mais le train pour venir à Londres, elle ne l'a jamais pris… » dit doucement Severus, avec beaucoup de tristesse…

Et je me sens secoué par un frisson, au souvenir de ce qu'il m'a raconté, les photos que l'Inspecteur Finch-Fletchley lui a montrées, de la pauvre Maman de Miho, abominablement torturée à mort et méconnaissable, l'intérieure de la maison dévastée, par une main rageuse, les impacts de Maléfices sur les murs, le plafond et le sol…

« Non, le train, elle ne l'a jamais pris. Je l'ai attendue sur le quai et quand je ne l'ai pas vue descendre du train, j'ai essayé de lui téléphoner, mais personne n'a décroché, alors je me suis dit qu'elle avait peut-être raté sa correspondance, qu'elle serait au train suivant et je l'ai attendue, mais elle n'est pas venue par celui-là non plus. Alors j'ai encore essayé de téléphoner et comme ça ne répondait toujours pas, j'ai senti l'angoisse me monter à la gorge. Et j'ai décidé d'aller voir chez elle. Mais le dernier train était parti et j'ai dû attendre le lendemain. Plusieurs fois j'ai essayé de la joindre au téléphone dans la soirée et dans la nuit. Même le matin avant de partir. Et à chaque fois l'angoisse montait d'un cran. J'ai pris le premier train en partance, me rongeant les sangs à me demander ce que j'allais trouver en arrivant. Et tout le long du petit chemin qui montait chez elle, je me sentais plus de trembler. Je n'ai pas eu à entrer pour comprendre, après avoir passé le fouillis qui masquait la maison. La porte était dégondée alors j'ai foncé dedans, en criant les noms d'Ariane et Miho et quand je suis arrivé dans l'salon… » explique Rusard, de plus en plus blême, avant d'enfouir son visage dans ses mains et d'éclater en sanglots…

Et je sens l'émotion monter pour m'étreindre sacrément le gosier. Putain de nom de Zeus, ça me fait mal pour lui. Et à côté de lui, Draco est livide, tremblant aussi. Il regarde Rusard qui laisse ses larmes couler sans les retenir et tout à coup, il passe son bras sur son épaule, se penchant vers lui…

« Je suis désolé, Monsieur Rusard. Tellement désolé. Et je vous jure que je ferai tout, pour que vous n'ayez plus à vivre une chose pareille et que vous n'ayez plus non plus, à craindre pour la vie de Miho…» murmure-t-il, avant de tendre un mouchoir propre au concierge, qui le prend avec un hochement de tête de remerciement…

« Tu n'es pas le seul, Draco, à faire cette promesse. Nous sommes nombreux ici à la faire. Lucius Malfoy ne touchera pas à un seul cheveu de Miho et il va payer pour tous ses crimes… » interviens-je, sous les hochements de tête de tout le monde.

Rusard redresse alors son visage, accrochant la main que Draco a posée sur son épaule de la sienne, pour la presser, avant de tourner son visage vers lui…

« Merci… » dit-il, pressant encore une fois sa main, avant de la lâcher et regarder à la ronde pour ajouter : « Merci à tous, pour la p'tite. »

« C'est normal, Monsieur Rusard. Nous avons tous beaucoup d'affection pour Miho. C'est une merveilleuse petite fille, qui nous apporte beaucoup de bonheur… » sourit Nally, son regard attendri posé sur ma chouquette…

Rusard hoche la tête. Puis il lâche la main de Draco, afin de se pencher vers celle de Miho, la prendre avec précaution et la porter à ses lèvres pour l'embrasser avec une tendresse infinie, avant de pousser un profond soupir…

« Ma belle petite Miho. J'lai cherchée dans toute la maison, avant d'me souvenir qu'Ariane devait la laisser chez la voisine. Alors je suis sorti et j'ai couru tout le long du chemin menant au village, en priant Merlin et tous les Saints du Paradis, pour que Malfoy ne l'ait pas trouvée. Parce que j'ai bien vu qu'il manquait une photo dans un cadre et j'ai bien compris qu'il a torturé Ariane, qu'il avait retourné toute la maison, pour essayer de savoir où la p'tite était. J'avais le cœur tordu de douleur, à l'idée qu'il avait pu tuer la p'tite chez la vieille voisine d'Ariane. Et quand je l'ai vue tout suite en arrivant à la première maison, j'ai été si soulagé, que j'ai failli me précipiter pour la prendre dans mes bras. Mais je me suis raisonné à temps et je me suis caché dans les buissons pour la regarder. Elle était si mignonne, si joyeuse ! Elle jouait dans le jardin avec la vieille dame, sans savoir que sa Maman était morte. Et je suis resté caché dans les buissons pendant quelques temps, à l'observer et réfléchir à ce que je devais faire. L'emmener avec moi, ce n'était pas possible, je ne connaissais plus personne dans le Monde Moldu que j'avais quitté depuis trop longtemps. Et j'avais trop peur de l'emmener dans le Monde Sorcier. Alors j'ai décidé que le mieux à faire, c'était de la laisser avec la voisine. Si Malfoy ne l'avait pas trouvé là la veille, il ne la trouverait pas non plus ce jour-là, ni le lendemain, quand la vieille femme finirait par appeler la police, en voyant qu'Ariane ne revenait pas chercher sa p'tite. C'était le seul moyen que je voyais. Je n'avais pas le choix, il fallait tout laisser comme ça, parce que je ne pouvais pas appeler la police moi-même, ce n'était pas possible. Comment j'aurais pu leur dire la vérité ? J'aurais fini par être suspecté et j'aurais fini mes jours en prison ou à l'asile pour un meurtre que je n'avais pas commis. Alors non, je ne pouvais pas appeler la police. Je devais partir, mais avant il fallait faire en sorte, qu'on ne sache jamais qui étaient Ariane et Miho. La p'tite serait plus à l'abri comme ça. Alors j'ai décidé d'aller chercher ce que Malfoy n'avait sûrement pas trouvé dans la maison : les papiers, les vieilles photos, tout ce qui pouvait indiquer qui étaient Ariane et Miho. Je savais où était la cachette, c'est moi qui l'avait faite, du temps d'Hildegarde. Pas dans la maison, non. Tout au fond du jardin. Une bonne cachette, dans l'ancien poulailler, masqué à la vue même depuis la maison, par les arbres et les buissons. Aucun Sorcier n'aurait eu l'idée d'aller chercher dans un endroit pareil. Et surtout pas Malfoy. Ça ne met pas les pieds dans un poulailler un Malfoy. Ça n'y prête pas attention et ça ne s'en approche même pas à moins de cent mètres… » explique Rusard, avant de tendre la main vers la tasse de thé qu'il a laissée tantôt sur le coin de la table de chevet, tandis que je me fais la réflexion qu'il se trompe…

Draco n'hésite pas à mettre les deux pieds dans un poulailler. Mais bon, comme il le dit lui-même, Draco n'est pas vraiment un Malfoy…

Le thé est largement froid maintenant, mais le concierge ne semble pas s'en soucier, buvant tout en deux gorgées, avant de reprendre, les larmes de nouveau aux yeux…

« Ça me faisait mal, de devoir laisser le pauvre corps martyrisé d'Ariane là, sur le sol du salon où elle était morte, après avoir si courageusement résisté aux tortures, pour ne pas révéler où se trouvait sa fille. Je savais qu'il lui faudrait attendre encore des heures et des heures qu'on vienne la couvrir et s'occuper d'elle, alors je ne suis plus rentré dans la maison. J'ai fait le tour, faisant attention de ne pas laisser de trace et j'ai pris la valise cachée sous les anciens nids des poules, remettant tout bien en place comme c'était, avant de partir. Et je suis retourné vers le village, prenant par les bois comme j'avais fait en arrivant, pour ne pas montrer où j'allais. Mais je n'ai pas pu partir tout de suite. Je n'y arrivais pas. Je me suis dit qu'il fallait que je reste, pour m'assurer que la p'tite serait bien prise en charge par des braves gens. Alors j'ai loué une chambre à l'auberge et j'ai attendu, surveillant toute la nuit la maison, au cas où Malfoy se pointerait quand même. Et j'ai fait la même chose la nuit suivante. J'ai veillé sur le sommeil de ma p'tite, sur sa sécurité, comme si j'avais pu empêcher Malfoy de lui faire du mal, s'il était venu. Et enfin, la voisine a appelé la police. Je me suis mêlé aux curieux, pour voir le corps de mon Ariane partir dans l'ambulance. Et après c'est Miho qui a été emmenée par les services sociaux. Ça m'a fait gros sur le cœur de la voir partir sans savoir où elle serait placée. Elle avait l'air toute perdue, toute malheureuse, serrant dans ses bras la même peluche qu'elle a maintenant encore toujours avec elle… » raconte Rusard, qui regarde Miho avec tristesse et tapote sa main, avant de poursuivre : « Alors j'ai demandé à une femme qui était à côté de moi, où on allait l'emmener à son avis. Elle m'a répondu comme elle l'aurait fait à l'idiot du village, mais ça ne faisait rien, j'avais une adresse. Et quand je suis allé voir ça de plus près le lendemain, c'était des bureaux. Alors j'ai recommencé à me ronger les sangs. Ça a duré comme ça plusieurs jours et j'ai fini par me décider. Il fallait que je sache. Et j'ai décidé d'aller y faire un tour dans les bureaux, de me cacher quelque part et d'attendre la nuit, pour fouiller dans les papiers. Et mon idée a payé. J'ai trouvé l'adresse de la famille à laquelle on avait confié Miho et c'est comme ça que j'ai pu garder un œil sur elle tous les étés. J'allais passer mes vacances à l'observer de loin, sans jamais lui adresser la parole, me déguisant chaque jour différemment pour qu'on ne me repère pas. Jusqu'à l'été dernier, où j'ai eu un coup au cœur, parce que la famille avait déménagé quand je suis arrivé. Mais là, je me suis payé le culot de demander aux voisins s'ils savaient où ils étaient partis, en me faisant passer pour un lointain cousin qui revenait de l'étranger. Et grâce à ça, j'ai obtenu leur nouvelle adresse. Et quand je suis arrivé pour la voir, j'ai vu qu'elle habitait juste à côté de Harry Potter et là, je me suis dit, elle est à l'abri. Il ne lui arrivera rien avec lui à côté. La maison doit être surveillée par le Directeur. Et puis le petit Potter, c'est un morveux insolent, mais il ne laissera pas quelqu'un faire du mal à ma p'tite sans réagir… »

« Merci de votre confiance, monsieur Rusard. Et vous avez raison, Je n'aurais pas laissé qui que ce soit faire du mal à Miho sans réagir, c'est vrai. Et j'étais également surveillé de près par l'Ordre du Phénix, qui n'aurait pas non plus laissé faire… » sourit Harry profitant que le concierge se soit interrompu

« Ouais… Mais ma confiance en toi tu l'as bien mise à mal, en t'accoquinant avec le fils Malfoy en Novembre ! » s'exclame en retour Rusard, en pointant avec reproche son index vers lui, avant de laisser brusquement retomber sa main et de se tourner vers Draco pour ajouter, avec un air d'excuse : « Mais bon, maintenant ça va. J'ai compris que je peux te faire confiance aussi. Ça a été long, c'est vrai. Mais faut me comprendre aussi. J'avais peur que ce soit une ruse, que tu fasses ami avec Potter à la demande de ton père ou de l'autre, là, tu-sais-qui. Je me disais que Potter se faisait avoir par tes beaux airs de serpent soi-disant innocent, mais qu'un jour il se rendrait compte que tu le manipulais. Et qu'alors, il se rebifferait, que ça terminerait en sale bagarre et que si elle se trouvait prise au milieu de tout ça, ça finirait mal pour ma p'tite… »

« Je comprends Monsieur Rusard. Et pour tout dire, vous n'aviez pas tout à fait tort de penser cela. Voldemort voulait effectivement que je devienne ami avec Harry et que je le mène devant lui. Et pour s'assurer que je le fasse, il a pris Maman en otage. Car il avait bien deviné, que je ne voulais pas marcher sur les traces de Lucius. Mais finalement, la situation s'est retournée contre lui et comme vous le savez, nous sommes allés libérer Maman à Halloween et depuis, je le combats ouvertement. Je les combats tous les deux… » répond Draco, qui sourit en ancrant profondément son regard dans celui du concierge avant d'ajouter : « Et s'il vous plait, ne m'appelez plus le fils Malfoy. Appelez-moi Draco ou le fils Black ou n'importe comment, mais pas le fils Malfoy, ni Malfoy. Je ne suis pas un Malfoy tel qu'on les connait actuellement dans le Monde Sorcier : une sale engeance et des assassins de père en fils. Moi, je n'ai pas de père. Je n'en ai jamais eu. Et je n'en aurais jamais. Ce que j'ai, c'est un Parrain, qui est un parfait père adoptif et qui me considère comme son fils. Et ça me rend très heureux. »

« D'accord. Mais c'est qui ton Parrain ? » demande alors Rusard, sans se dérober au regard de Draco…

« C'est moi… » répond Severus, avec un sourire dans la voix…

Je comprends qu'il sourit. Ce que vient de dire Draco à son propos est un beau compliment

« D'accord. Je t'appellerai du nom de ta mère alors. Parce que je ne peux pas décemment t'appeler du nom de ton Parrain. » déclare alors Rusard, après avoir jeté un coup d'œil vers Severus et ajoutant sur une brève hésitation : « Je sais que tu n'as pas pu le lire dans le journal de famille, tu l'as dit tout à l'heure, mais tu le connais bien Lucius Malfoy, alors est-ce que tu as une idée de comment il a pu faire pour retrouver la trace de la p'tite ? Tu crois qu'Ombrage pourrait y être pour quelque chose ? »

« Je l'ignore, Monsieur Rusard. Et je ne me hasarderai pas dans une réponse, sans m'appuyer sur au moins un indice solide… » répond Draco, l'air navré

« Je vois deux possibilités en ce qui me concerne. La première, c'est qu'Ariane a effectué des transactions par Hibou avec Gringotts, or à cette époque déjà, l'un des Gobelins était à la botte de Lucius et il a donc très pu l'informer qu'il y avait du mouvements sur les comptes de la famille McKenzie. La seconde possibilité, c'est Ombrage. Si elle l'a vue à Londres, elle peut avoir glissé dans une conversation avec Lucius, qu'Hildegarde était de retour en Angleterre après de longues années d'absence. » déclare Severus, avant de demander, comme sur un froncement de sourcil : « N'y a-t-il rien, dans la valise que avez prise dans le poulailler, qui permettrait de vérifier l'une ou l'autre de ces hypothèses ? »

« Je ne sais pas. Je n'ai jamais osé l'ouvrir. J'avais le sentiment que ça porterait malheur à la p'tite si je le faisais. Mais Ombrage, sûr que c'est possible que la fuite vienne d'elle. Mais je sais juste avec certitude, qu'Hildegarde a vu le nom de Dolorès Ombrage, sur des papiers que son mari a signés. Je ne sais pas exactement lesquels, mais c'est ça qui lui a mis la puce à l'oreille, sur la malhonnêteté de l'affaire. Elle connaissait Ombrage pour avoir été à l'Ecole avec elle et autrefois, Malachy McKenzie lui avait dit qu'il était sûr qu'Ombrage trafiquait des affaires louches, aussi bien dans le Monde Sorcier que dans le Monde Moldu. » explique Rusard, sourcils froncés…

« Confiez-nous les papiers, Monsieur Rusard. Fleur et moi, nous travaillons à Gringotts, nous connaissons bien la paperasse administrative et financière. Fleur surtout, qui est spécialisée dans ce domaine et a eu à plusieurs reprises à traiter des affaires du côté Moldu. Alors s'il y a quelque chose à dégoter dans les papiers que vous avez récupérés, vous pouvez être assuré que ça le sera… » intervient alors Bill, avec une belle détermination…

Rusard regarde Bill et Fleur alternativement, réfléchissant à ce qu'il doit faire durant quelques secondes, puis il hoche la tête positivement…

« D'accord. On va faire ça. Je vous donnerai la valise. Mais je veux attendre que la p'tite soit réveillée. Je veux pouvoir lui parler un peu. Elle doit me prendre pour un fou, après la réaction que j'ai eue tout à l'heure. Je veux qu'elle sache que je ne le suis pas. Je lui expliquerai que j'ai reçu un coup sur la tête et que ça m'a mis les idées à l'envers, mais que ça va bien maintenant, que j'ai retrouvé ma raison. Et après, je me comporterai comme d'habitude. Je la regarderai passer dans les couloirs, avec Miss Teigne dans mes bras… » dit-il, sursautant soudainement, avant de se tourner vivement vers le chevet et d'ajouter : « Miss Teigne ! Merlin, je l'ai complètement oubliée la pauvre ! Et elle est toujours Ensorcelée ! »

Il se lève et prend sa chatte dans ses bras, la caressant avec douceur et tendresse, puis relevant les yeux vers Albus…

« Vous pouvez la réveiller, Monsieur le Directeur ? Et vous croyez qu'elle ira bien, après être restée si longtemps assommée ? » demande-t-il, le regard anxieux…

« Laissez-moi faire, Monsieur Rusard. Ici, c'est moi le spécialiste des animaux. » déclare alors soudainement Vincent, en sortant de l'ombre…

Je me demande depuis quand il est là. Je me souviens que Draco avait dit que Vincent allait venir s'occuper de Miss Teigne, mais ne l'ai absolument pas vu arriver. Ceci dit, Rusard le regarde d'un œil un peu méfiant et il est évident qu'il n'est pas amateur du tout, de lui confier sa chatte…

« Vous pouvez faire confiance à Vincent, Argus. Miss Teigne ne peut être remise entre meilleures mains que les siennes… » lui assure Albus, d'un ton aimable et encourageant…

« Si vous le dites, Monsieur le Directeur… » répond alors le concierge, hésitant cependant encore un chouia, avant de laisser Vincent prendre la chatte de ses bras…

Et comme il l'avait fait lorsque Richard examinait Miho, il observe attentivement chacun des gestes de Vincent, tandis qu'il s'occupe de Miss Teigne…

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Acte 6 : Le parfait Espion

Severus

Il est 04H50 à l'horloge de l'Annexe. Et bien que Rusard ait fini de nous raconter tout ce qu'il sait de Miho et l'histoire de sa famille, je sens que nous ne sommes pas près d'aller nous coucher. Il a des questions à nous poser, des choses encore à éclaircir pour se sentir rassuré sur le sort de Miho.

Ce qui est normal. Et je ne manque pas de noter que Nally est du même avis. Car elle sort discrètement un Miroir de sa poche et contacte Priest Hole, demandant à Olivier de ne pas l'attendre pour lancer la phase suivante de l'Opération Trésor de Brian Boru, avant de reporter tout comme moi son attention sur le Concierge de Poudlard…

Pauvre Rusard. Sa vie n'a été jalonnée que de malheurs, d'inquiétudes, de peurs et de chagrins. Je comprends mieux son caractère sombre et aigri. Et comment aurait-il pu supporter la joie de vivre et la turbulence des élèves de l'Ecole, quand il avait tant de chagrin après la mort atroce de ses nièces, qu'il aimait de toute évidence, comme ses propres enfants…

Il n'avait que sa chatte, pour lui apporter un peu de chaleur dans la vie. Et celle-ci a calqué son caractère sur le sien…

« Elle ira très bien votre chatte, Monsieur Rusard, quand j'enlèverai le Maléfice. Mais avant de le faire, je vais profiter qu'elle soit figée, pour lui soigner ses rhumatismes… » déclare Vincent, lorsqu'il a terminé son examen, sous l'œil intéressé de Rusard

Il a bien sûr été surpris de voir les mains de Vincent rayonner d'une lumière douce, mais il a bien vite constaté la délicatesse de sa gestuelle et toute méfiance l'a dès lors abandonné…

« Elle a des rhumatismes ? Mais alors c'est pour ça qu'elle est un peu rouillée le matin ou qu'elle ne veut plus parfois aller se promener dans les couloirs ou faire ses rondes ? » réagit le concierge, son regard s'attristant avant qu'il ajoute : « Et moi qui lui râlait dessus la pauvrette. Je croyais que c'était à cause du chien, qu'elle en avait peur. Et je la traitais de grosse bête, alors qu'en fait elle avait mal… »

Il caresse affectueusement la tête de sa chatte, puis retire sa main et fait signe à Vincent qu'il peut faire ce qu'il a à faire. Et les mains de Vincent entrent en action encore une fois, sous les yeux fascinés du vieux concierge…

« Voilà, c'est fini. Elle a retrouvé une seconde jeunesse, votre chatte… » sourit Vincent, recommandant au concierge de la prendre dans ses bras et de la maintenir assez fermement, avant qu'il ne lève le Maléfice du Saucisson…

Et aussitôt est-ce fait, Miss Teigne se débat avec vigueur, crachant et sifflant tout en essayant d'échapper aux bras de son maître, pour sauter en direction de Miho…

« Allons ma belle, fais pas ta mauvaise tête. Te rebiffe pas comme ça, tu vas te faire mal. Et ne regarde pas la p'tite comme ça non plus. Ce n'est pas de sa faute, tu l'sais bien. Tu l'as vue toi aussi, que ce n'était pas ses yeux tout à l'heure. C'est bien pour ça, que t'as craché et sifflé vers elle. Mais r'garde, elle va bien maintenant. C'est de nouveau bien elle. Et elle dort tout tranquillement. Alors calme-toi, sois tranquille toi aussi… » la calme Rusard, d'un ton doux, paisible, tenant fermement sa chatte dans le creux de son bras et lui caressant la tête de sa main libre…

Et la chatte se calme peu à peu. Le grondement sourd de sa gorge, se muant progressivement en ronronnant de contentement…

« Voilà. C'est bien ma fille. Tout doux, tout doux… » l'encourage encore Rusard et quand Miss Teigne tend la tête vers Miho, il ajoute : « Tu veux t'assurer par toi-même qu'elle va bien, hein. D'accord. Mais ne la réveille pas, la p'tite hein. Vas y doucement… »

Et il approche précautionneusement Miss Teigne de Miho, prêt à la retirer vivement, si elle esquisse le moindre coup de patte agressif vers elle…

Miss Teigne renifle l'air, puis la main de Miho, avant de tendre la tête vers son visage. Rusard suit le mouvement avec lenteur, surveillant la patte tendue de sa chatte. Puis, assuré que les griffes sont bien rentrées, il laisse du mou à sa prise, laissant Miss Teigne se poser à côté de Miho. Et la patte de sa chatte, vient précautionneusement se poser sur la joue de ma filleule, glissant un peu comme une caresse. Puis la chatte tourne sa tête vers Rusard et pousse un petit miaulement…

Et c'est le moment que choisit Croquemitaine, pour sortir de dessous le lit et grimper de l'autre côté du matelas, pour s'allonger auprès de Miho, dans une parfaite attitude de gardien de la tranquillité de son sommeil. La réaction de Miss Teigne est bien sûr immédiate. Elle se tourne vers lui, dos arrondi, tous poils dressés et se met à siffler et cracher dans sa direction…

Croquemitaine lui répond avec un dédain parfait. Vraiment, on jurerait qu'il hausse les épaules et soupire, l'air de dire qu'elle est fatigante, avant de prendre le parti de poser le bout de son museau sur le bras de Miho et de fermer les yeux…

Et Miss Teigne se calme, ses poils se lissent et elle s'allonge de l'autre côté de Miho, se lovant tout contre elle en ronronnant…

« Bien ! Ils ont trouvé un terrain d'entente dirait-on. On finira peut-être par en faire des amis, de ces deux-là… » souris-je, en direction de Rusard…

« Peut-être. Mais tout de même, quelle idée vous avez eue là, d'amener un chien à Poudlard, professeur Snape ! Avec tous ces chats qui se promènent partout dans les couloirs ! » répond le concierge, l'œil un peu réprobateur…

« Justement, c'était le détail indispensable pour assurer le crédit total de mon personnage. Aucun Britannique n'aurait eu l'idée saugrenue de venir avec un chien à Poudlard. Seul un parfait étranger pouvait faire une telle chose. » réponds-je sur un nouveau sourire, avant d'ajouter, avec beaucoup plus de gravité : « Et je pense, Monsieur Rusard, qu'il vaudrait mieux que vous m'appeliez professeur Gauthier, même lorsque nous sommes entre nous. Un impair peut trop vite se produire… »

« Ah oui, désolé. Ça ne se reproduira pas. » répond Rusard, avec embarras…

« Pas de souci. Je vous fais confiance… » assure-je alors, sur un signe de tête appuyant ma parole.

Signe de tête que me rend Rusard, avant de regarder de nouveau vers le lit. Puis ses yeux reviennent vers moi…

« Vous êtes proche d'elle, hein. Ça se voit à la façon dont vous la regardez depuis qu'on est ici. » dit-il, l'air curieux de savoir ce qui peut bien nous lier Miho et moi-même…

« Oui, nous sommes proches. Miho avait soif d'avoir une famille. Elle s'est donc choisi un frère, des cousines et des cousins de cœur, des tantes et des oncles également. Et aussi un Parrain et un Papa adoptif. Je suis son Parrain. Officiellement. Nous avons procédé à la Cérémonie il y a peu… » explique-je, à l'affût de ses réactions…

Il a un petit coup au cœur, d'avoir été tenu à l'écart de tout cela. Mais je subodore également, qu'il comprend très bien qu'il s'agissait d'un besoin pour Miho et que nous lui avons apporté du bonheur en le satisfaisant…

« C'est bien. Elle n'avait pas de Parrain Sorcier. Et son Parrain et sa Marraine Moldus sont morts, en même temps que son Papa… » dit-il, avant de demander, en haussant un sourcil : « Elle a aussi une Marraine Sorcière ? »

« Non. Elle a adopté une Marraine Moldue. Il s'agit d'Annabelle, ma petite copine. » intervient Draco, avec un immense sourire…

Il était déjà très heureux, qu'Annabelle soit aussi parfaitement bien intégrée et reconnue dans notre monde. Mais qu'elle soit la Marraine d'une petite Sorcière a été la cerise sur le gâteau pour lui…

« Ah, bien… ça lui fait un pied dans les deux Mondes. Et le frère ce ne serait pas toi, par hasard ? » demande maintenant Rusard, en direction de Blaise

« C'est tout à fait cela. Et je suis un grand frère très, très protecteur… » acquiesce Blaise, sourire aux lèvres

« T'as tout intérêt. Et je devine que les autres ici, c'est les cousins, les cousines, les oncles, les tantes. » réagit le concierge, nous regardant tous hocher la tête positivement, avant de questionner encore, avec un évident intérêt : « Et le Papa adoptif c'est qui ? »

« C'est moi. Bien sûr, ce n'est pas officiel encore. Mais je dois bientôt déposer la demande auprès du Magenmagot… » répond Sirius, en se levant pour venir se poster plus près de Miho et tendre la main pour caresser sa joue…

« Un Black. Alors quand l'adoption sera faite, elle fera officiellement partie des vieilles familles Sorcières Britanniques. C'est bien ça, c'est juste que ça soit comme ça… » commente Rusard, en hochant positivement la tête, avant de nous regarder alternativement Sirius et moi-même et d'ajouter : « Mais tout de même. Sirius Black comme Papa, Severus Snape comme Parrain, elle a drôlement choisi la p'tite. Parce qu'on ne peut pas dire que vous êtes les meilleurs amis du monde, vous deux, pas vrai… »

« C'est du passé tout ça, Monsieur Rusard. Nous sommes en très bonne entente maintenant tous les deux et c'est Sirius, qui a organisé le Baptême… » souris-je, sous le hochement de tête de confirmation de mon récent nouvel ami..

Au soulagement visible de Rusard, dont le visage se fend d'un sourire…

« Tant mieux. Et c'est tout bon tout ça. On peut dire que ça me rassure bien. Je suis même soulagé d'un grand poids. Ma p'tite, elle s'est entourée de grands Sorciers qui vont bien la protéger. Et qui vont tout faire pour qu'elle ne soit plus prise en possession par vous-savez-qui, hein ? » dit-il, avec une belle confiance…

« Nous ferons effectivement tout ce que nous pourrons pour éviter que cela se reproduise… » affirme Sirius, qui manque cependant un peu d'assurance et masque rapidement le tremblement soudain de ses mains…

Je comprends sa réaction. Je la partage. Car nous savons parfaitement, que si Voldemort se met en tête d'utiliser encore une fois Miho en prenant possession d'elle, il le fera, sans que nous puissions l'en empêcher…

Et Rusard perçoit cela aussi. L'inquiétude se dessine de nouveau vivement dans son regard…

« J'ai la certitude quant à moi, que cela ne se reproduira pas, Monsieur Rusard. Je possède un don, qui me permet de percevoir ce que ressentent les autres. Voldemort ne se sentait pas du tout à l'aise dans le corps de Miho. Il avait beaucoup de mal à se protéger lui-même des effets de son innocence, de sa candeur, de sa joie de vivre. Certes, il ne voulait pas renoncer à son projet. Mais cela l'a soulagé de pouvoir quitter son corps, plus vite qu'il avait pensé le faire en première intention… » intervient alors Nally, au soulagement de Rusard, mais également du mien, celui de Sirius, Blaise et tout le monde en fait…

« Sûr ? » demande cependant le concierge et, aussitôt Nally a-t-elle acquiescé de la tête, son expression change, se muant en compréhension soudaine : « Alors c'était bien vous. Dans le Bureau du Directeur. Il me semblait bien d'avoir reconnu votre voix, mais je n'étais pas sûr du tout. Mais c'était bien vous, la femme qui pleurait en disant que Perséphone était morte… »

Ses yeux arrondis sont posés sur Nally avec une demande insistante de réponse…

« Oui. C'était bien moi. J'ai essayé de secourir Perséphone et Regulus. Mais j'ai échoué. J'ai trouvé trop tard l'endroit où ils avaient été emmenés… » répond Nally, avec une infinie tristesse…

« C'était où ? Et son corps, vous savez où il est ? J'aimerai pouvoir lui faire des funérailles décentes… » demande Rusard, le cœur visiblement très gros…

« C'était dans une maison, qui n'est plus aujourd'hui qu'un tas de ruine, Monsieur Rusard. Et si nous avions retrouvé le corps de Perséphone, croyez bien que nous aurions tout fait pour le rendre à sa famille. Ou, à défaut de pouvoir le faire, que nous lui aurions offert des funérailles. Et dans ce deuxième cas, sachant maintenant les liens que vous aviez avec elle, nous vous aurions déjà indiqué le lieu de son repos… » répond Nally, avec compassion…

Rusard laisse à nouveau couler quelques larmes. Puis il les essuie d'un revers de manche et se mouche, avec le mouchoir de Draco, déjà bien trempé de son chagrin…

« Vous pourrez m'emmener sur les ruines ? Comme ça, je pourrai au moins me recueillir sur les lieux de sa mort, comme je le fais de temps en temps pour Ariane… » demande encore le concierge, une supplique dans les yeux…

Nally acquiesce d'un hochement de tête et il la remercie de même…

« Je peux poser une question encore ? » questionne ensuite Rusard, en regardant plus précisément vers Albus cette fois…

« Vous pouvez poser toutes les questions que vous souhaitez Argus. Nous y répondrons si nous le pouvons… » déclare Albus, avec un fin sourire engageant…

« Pourquoi il a pris possession de la p'tite ? Qu'est-ce qu'il voulait lui faire faire ? C'était quelque chose de mal, je m'en doute bien. Il ne peut jamais rien sortir de bien avec lui. Mais qu'est-ce que c'était exactement ? » demande-t-il, avec anxiété…

« Il voulait lui faire voler un livre se trouvant dans le Bureau du professeur De Paimpont et le remettre discrètement à l'un de ses complices, qui le lui aurait ensuite rapporté… » explique Albus, en regardant Rusard par-dessus ses lunettes en demi-lune…

Et le regard de Rusard, glisse automatiquement vers Nally et moi-même

« Ah… Il voulait. Ça, ça veut dire qu'il n'a pas réussi, hein. A cause de vous. Vous n'étiez pas couchés encore et vous étiez là, dans le Bureau. Ça l'a empêché de réussir son coup. Parce que moi, je pouvais facilement être assommé par une petite Sorcière, mais pas vous deux. Alors il a été obligé de laisser tomber. J'ai raison, hein ?… » réfléchit vivement Rusard, tandis que je songe qu'il avait raison de dire tout à l'heure, qu'il n'est pas si bête…

Il sait saisir la balle au bond et possède un esprit déductif logique. Même si bien sûr, ses déductions ne peuvent qu'être limitées, étant donné qu'il dispose de très peu, voire pas d'informations du tout…

« Il a effectivement échoué à prendre le livre, par l'intermédiaire de Miho… » sourit Nally, d'un ton neutre…

« Alors il va essayer encore… » conclut Rusard, avant de froncer subitement les sourcils, puis de regarder alternativement Albus et Nally, souffle quasi suspendu, semblant soudainement comprendre quelque chose encore et ajoutant, en nous désignant Nally et moi-même du doigt : « Attendez voir… Il a échoué par l'intermédiaire de Miho, mais il a réussi d'une autre manière, hein ? C'est ça que vous voulez dire ? Et vous l'avez laissé faire ! Et ça, j'en suis sûr, parce que vous n'êtes pas assez bêtes, pour venir ici tous les deux avec Miho, alors qu'elle était possédée quand elle est entrée dans le Bureau. Et puis vous saviez qu'il voulait le livre. Vous ne l'auriez pas laissé sans protection si vous ne vouliez pas qu'il le prenne. Vous saviez aussi qu'il avait un complice qui attendait quelque part, que Miho le lui amène. Alors, c'est que vous avez voulu qu'il le prenne, parce que dans le fond, ça vous arrangeait qu'il l'ait. Mais vous n'avez pas voulu qu'il se serve de Miho pour ça. Vous l'avez obligé à quitter son corps. Mais vous lui avez aussi laissé voir un autre moyen de prendre le livre. Et vous savez maintenant qu'il n'est plus chez vous. Mais c'est quoi ce livre ? Pourquoi il est aussi important pour lui ? Et comment il a fait cette fois, pour réussir son coup ? Il s'est servi du complice c'est ça hein ? C'est qui ce complice ? C'est Latton ? Ouais je parie que c'est lui. Je ne peux pas le sentir celui-là. Il est sournois. Et quand je l'ai croisé vers les minuit et demi, à faire sa dernière ronde, il m'a demandé sous le couvert d'une conversation aimable, si j'allais encore en faire cette nuit des rondes et dans quel coin j'irai. J'ai trouvé ça louche. Alors comme en passant un peu plus tôt dans un couloir, j'avais remarqué qu'il jetait un coup d'œil insistant du côté où se trouvent vos quartiers et qu'il m'a semblé nerveux en le faisant, je lui ai menti. Je lui ai dit que j'irai du côté Pousouffle et Serdaigle, mais je me suis juré à moi-même de me concentrer sur les alentours de chez vous. Alors, c'est lui ? Il est venu voler le livre après votre départ ? »

Pas si bête, Rusard. Décidément non, pas si bête.

Et Albus glousse. Le regard pétillant d'amusement…

« J'ai toujours eu le sentiment Argus, que sous les dehors d'un manque d'instruction apparent, vous étiez beaucoup plus intelligent et cultivé que vous vouliez bien le faire croire. Et j'en ai totale confirmation maintenant, mon ami… » dit-il, satisfait de constater qu'il avait raison…

« On ne se méfie pas, des gens qui paraissent bêtes. Et ça, ça permet d'en apprendre beaucoup, sans en avoir l'air. » répond aussitôt Rusard, avec un petit sourire en coin et qui tapote sa tempe deux ou trois fois, de son index, lorsqu'il ajoute : « Y en pas mal dans ma caboche. Même sur la Sorcellerie. Je parle et je lis le latin et le grec comme si c'était ma langue de naissance. J'ai lu pleins de livres dans la bibliothèque la nuit. Je me suis même renseigné sur la Magie Noire, comment on peut la repérer et tout ça. Alors bien sûr, je suis Cracmol et c'est un sérieux handicap ça, mais j'ai quand même des bonnes bases utiles. Parce que je ne peux pas faire de Magie, mais je peux reconnaitre les noms, les gestes et les effets des Sorts. Je reconnais les couleurs, les odeurs et les effets des Potions. Et puis, je sais aussi observer et écouter. Et ça je ne m'en prive pas, vous pouvez en être sûr. Il y en a beaucoup qui parlent sans se gêner devant moi, en croyant que je ne peux pas comprendre, mais ils se trompent. Et je sais plein de choses sur eux, dont ils n'ont pas idée…»

« Le parfait Espion… » souris-je, voyant soudainement Ron sursauter

« Oui, le parfait Espion… » répète-t-il, plissant les yeux, avant de demander en direction de Rusard : « Dites-moi, Monsieur Rusard, n'auriez-vous pas par hasard, croisé parmi les élèves, un garçon qui jouerait le même genre de jeu que vous ? »

Et quelques regards et hochements de têtes appréciatifs saluent aussitôt sa question. Les miens en premier. Ron a eu un excellent réflexe, là…

« Il y en a un, oui. Un bien sournois que j'ai à l'œil depuis un bon petit bout de temps et que je finirai par prendre la main dans l'sac, croyez-moi… » acquiesce Rusard, les yeux plissés…

Et d'un seul bloc, Draco, Neville et Blaise se lèvent d'un bond…

« Qui ? » demande-t-ils dans un chœur parfait…

« Un dont vous avez le tort de ne pas vous méfier, vous. Et pourtant, vous auriez tout intérêt à le faire. C'est un petit vicelard, de la pire espèce, qui fait faire ses coups par les autres, sans jamais se salir les mains… » répond Rusard, avec un pli de dégout au coin de la bouche…

Et une expression dans le regard, qui confirme tout à fait son ressenti…

Cependant, sa réponse met de toute évidence les garçons sur des charbons ardents…

« Ecoutez, Monsieur Rusard, nous faisons de vous un Espion officiel du C.C.S.A.B.P.M. ou je ne sais quoi d'autre si vous voulez, mais je vous en prie, ne nous faites pas languir. Dites-nous le nom de ce type. Car il y a de grandes chances que ce soit lui, dont nous cherchons à connaitre l'identité, depuis des mois ! » s'exclame Draco, le regard suppliant…

Rusard plisse les yeux…

« Un Espion officiel avec un Badge de votre association, que tu portes caché là ? » demande-t-il, en pointant le côté cœur de Draco…

« Oui ! Et si vous en faites partie, vous aurez le droit de savoir enfin, tout ce que nous traficotons depuis des mois ! » ajoute Blaise, sous le hochement de tête vigoureux de Neville…

« Et on vous donnera des cours de Self Défense Moldue ! C'est drôlement utile, même contre les Sorciers ! Parce qu'ils ne s'attendent pas du tout à ce qu'on se défende comme ça ! » renchérit-il d'ailleurs, avec énergie

Rusard garde les yeux plissés, en pleine réflexion…

« Ouais. Vos Espions actuels sont assez doués dans l'ensemble, mais ils manquent encore d'expérience, hein. Alors bien sûr, ils passent à côté de certaines choses… » dit-il, se frottant maintenant le menton, dans la réflexion, tandis que j'échange un regard souriant avec Nally…

Rusard profite de l'impatience des jeunes, pour s'amuser un peu à leurs dépens. Et il y prend un réel plaisir, pour la première depuis très, très longtemps sans doute.

« Oui, vous avez raison, nos espions manquent d'expérience. Et vous pourriez partager la vôtre avec eux, leur en apprendre ! » concède Draco, piaffant littéralement…

« Ça pourrait s'faire. Mais dans ç'cas, je veux aussi apprendre votre code avec les mains, celui de la petite muette… » répond Rusard, l'air fermement décidé à camper sur ses positions

« Ça fait partie de la formation des Membre du C.C.S.A.B.P.M., Monsieur Rusard ! » s'exclame avec enthousiasme Neville…

« Ouais ! Et vous aurez aussi la possibilité de passer un marché avec Peeves ! » renchérit Blaise, suscitant bien évidemment une réaction immédiate chez notre concierge…

« Peeves ? Il accepte de passer des marchés avec les Membres de votre association ? » demande-t-il, sourcil haussé en un accent dubitatif…

Hochement de tête vigoureux des garçons. Que je soupçonne maintenant de sciemment marcher dans le jeu de Rusard…

« A la condition bien sûr, qu'il puisse alors s'amuser, et que nous n'en abusions pas… Ceci dit, depuis qu'on lui suggère de temps en temps des farces à faire aux Ânes Bâtés, il fiche une paix royale à tous les Membres du C.C.S.A.B.P.M…. » précise Neville, avec un sourire jusqu'aux oreilles…

« C'est bien tentant tout ça… » déclare alors Rusard, faisant mine de réfléchir encore…

« Ouais. Et maintenant que vous nous avez fait démonstration de vos excellents talents de comédiens, qu'est-ce que vous diriez de toper là et de nous donner enfin réponse à notre question ? » demande Draco, sous le hochement de tête approbateur de Blaise et Neville, qui, tout comme Draco, présentent leur main à Rusard…

« Banco ! » répond ce dernier…

Et il serre la main au trio, avant de révéler enfin le nom de celui qui pourrait bien être le jeune Espion de Poudlard…

Décidément, cette nuit aura été pleine de surprises…

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