Disclaimer : cf chapitre 1

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Grand merci à Mistycal !

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Réponse sur mon forum, aux commentaires de : - Yzeute – Huguette -

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Des Avancées tous Azimuts 3 / 3

Acte 6 : Les maladresses de Seam

En même temps que le volet précédent…

Ron

Tous les yeux sont braqués sur Rusard, qui recule d'un pas, sous leur hostilité flagrante…

« Calmos tout le monde ! Monsieur Rusard n'est en rien responsable de la duplicité de notre Espion, alors ne le regardez pas avec cet air agressif. Il va vous prendre pour des sauvages assoiffés de sang ! » interviens-je, un rien moqueur…

« Ouais. Montrez que vous êtes parfaitement civilisés. Faites lui une place autour de la table et servez lui un thé… » renchérit Draco, en incitant Seamus à se décaler un peu, afin de libérer une place entre lui-même et Nev…

Tout le monde se bouge et Philippa fait le service du thé, réservant la première tasse pour Rusard, qui affiche un drôle d'air. Il semble ému le bougre…

« C'est ben la première fois, que je m'assois à table, pour prendre le thé avec des élèves… » dit-il avec un peu de brusquerie, pour masquer son émotion sans doute

Puis il lève une main un peu hésitante, pour prendre la tasse de thé, que Philippa a faite Léviter jusqu'à lui…

« Il faut une première à tout et maintenant que celle-ci a eu lieu, d'autres occasions suivront, Monsieur Rusard… » répond Draco sur un sourire, avant d'ajouter : « D'ailleurs maintenant que vous connaissez le chemin, vous pourrez nous rendre visite aussi souvent que vous le voudrez. Il y aura toujours quelqu'un ici pour vous accueillir et vous offrir un thé, quelle que soit l'heure du jour ou de la nuit…»

« Ouais, vous êtes un Membre officiel du C.C.S.A.B.P.M. maintenant et quand vous aurez un moment, on vous fera visiter tout le reste de notre installation. Pas vrai les gars ? » ajoute Seamus, en regardant à la ronde…

« Et les filles, tête de nœud ! » le reprend Elinor, d'un ton lourd de menaces, en lui jetant brusquement sa serviette de table à la figure

« Mais vous étiez comprises dans les gars ! » se défend mon pote, qui a paré le coup de la serviette d'un mouvement vif, sous les sourires ironiques des copains…

Pauvre Seamus. Il est toujours fort maladroit, avec les filles…

« Eh ! Attention à ce que tu insinues, toi ! » s'exclame quant à elle Daphnée, en lui jetant à son tour sa serviette à la figure…

« Mais qu'est-ce que tu racontes ! Je n'ai rien voulu insinuer ! » se défend de nouveau Seamus, sincèrement surpris…

« Si ! En nous assimilant à des gars, tu insinues que nous n'avons rien de féminin ! Ce qui n'est pas du tout gentil envers nous ! » assène Daphnée, appuyée par les hochements de tête de toutes les filles de la tablée et les regards amusés des gars…

« Mais je n'ai jamais pensé ça ! J'vous trouve même plutôt pas trop mal dans l'ensemble ! » se défend encore maladroitement Seamus qui s'aperçoit de sa bourde en voyant le visage de Martha, assise en face de lui, se charger de menaces et s'empresse d'ajouter : « Et même plus que pas mal ! Vous êtes toutes super canon ! Je veux dire très jolies ! Très belles même ! Totalement ravissantes et élégantes ! Merveilleusement raffinées et… »

« Oh ça va, maintenant ! N'en rajoute pas des tonnes, non plus… » le coupe Elinor, en levant les yeux aux cieux…

Et Seamus soupire…

« Jamais contentes, ces filles. Elles veulent des compliments et quand on leur en fait, elles nous coupent la chique dans notre élan romantique… » bougonne-t-il ensuite, en hochant négativement la tête, avec un air d'incompréhension totale…

« Tu parles d'un romantisme ! Tout ce qui t'importait, c'était de ne pas te prendre une autre serviette dans la figure ! Alors cesse maintenant de jouer les incompris et songe plutôt à prendre des leçons de romantisme, auprès d'un gars qui sait l'être. Et je ne parle pas de ce que l'on peut lire dans les bouquins à l'eau de rose, destinés aux gamines et aux femmes sans cervelles. Je parle des gars qui ont tout compris aux femmes et sont des vrais romantiques… » assène Elinor, sous les nouveaux hochements de tête approbateurs de ses copines

« Ça existe ça, un mec qui a tout compris aux femmes ? » réagit spontanément Seamus, en levant un sourcil nettement dubitatif, sous les rires des copains, amusés par tant de maladresse spontanée et incontrôlée

« Oui, ça existe, banane ! Tu en as justement, un spécimen parfait à ta droite ! » s'exclame Elinor, en désignant le spécimen parfait du doigt, approuvée par ses copines…

« Nev ? » demande alors Seamus, sans masquer sa surprise…

« Oui, Nev ! Observe-le quand il est aux petits soins avec Luna et prends-en de la graine, si tu en es capable, pauvre tête de nœud ! » répond Elinor avec brusquerie, tandis que Nev affiche un large sourire, qu'il parvient cependant je ne sais comment, à rendre modeste…

« Merci les filles. Vous êtes des amours. Mais je n'ai pas grand mérite, je vous assure. Car on ne peut qu'être romantique, avec une fille comme ma douce et tendre Luna. » dit-il, avec un accent sincère et naturel

Et toujours son sourire large et modeste à la fois…

« Là ! Tu vois ! Ça c'est du vrai romantisme !… » s'exclame Elinor, en fixant Seam, l'air de dire qu'il a intérêt de retenir cette leçon-là à l'avenir…

Le pauvre Seam n'a pas l'air convaincu, mais cette fois il se garde bien de faire un quelconque commentaire…

« T'inquiète, Seam. Je te promets une longue discussion sur le romantisme et la meilleure manière de l'être, sans avoir à se forcer, lors de notre prochain séjour au Paradis… » intervient cependant Nev, en lui pressant l'épaule avec amitié, avant de recentrer : « Mais là, il est temps d'arrêter cette conversation. Sinon, Monsieur Rusard va finir par mettre sévèrement en doute, le caractère sérieux du C.C.S.A.B.P.M., la maturité de ses Membres et leurs capacités à organiser la défense de Poudlard… »

« Ouais. Déjà que nous n'avons pas réussi à trouver l'Espion que nous recherchions, quand lui l'a repéré sans efforts, il y a plusieurs mois déjà de ça… » renchérit Blaise, sur une grimace…

« Ok. Vous avez parfaitement raison. Maintenant que nos cervelles sont bien dérouillées et oxygénées, grâce aux rires occasionnées par ce petit intermède joyeux et que nous sommes donc désormais, en état de réfléchir posément, revenons à nos Porlocks. » convient Gabe, avant de tourner ses yeux vers le concierge de l'Ecole et demander : « Alors, Monsieur Rusard, qui est donc cet Espion ? »

« Je suis pas sûr que c'est votre Espion. Ce sont vos copains qui disent ça. Moi, je dis seulement qu'il faut se méfier de ce petit morveux, parce que ses intentions ne sont pas honnêtes du tout. » répond Rusard, l'air de dire qu'il aura prévenu son monde et qu'il ne faudra pas venir lui reprocher quoi que ce soit, si jamais il s'avère que le renseignement fourni, s'avérait être en réalité une fausse piste…

« D'accord, nous entendons bien vos mises en garde, Monsieur Rusard. Maintenant, allez-y, dites-nous son nom à cet empaffé de mes deux… » réplique Gabe, ses yeux braqués sur Rusard, comme celui de tous les copains et copines…

Il n'y a cependant plus du tout d'agressivité dedans, juste de l'intérêt légitime.

Mais pas de chance pour eux. Monsieur Rusard est sur le point d'ouvrir la bouche pour leur révéler enfin le nom de son plus que sérieux suspect, quand le tableau marquant l'entrée des Passages Internes s'ouvre, en lui coupant la chique par la même occasion…

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Acte 7 : Avancée Sur Le Chemin De La Vie

Bill

J'ai la très nette et très désagréable sensation de déranger le monde, lorsque je pénètre dans le QG des jeunes.

« Désolé de vous interrompre, mais j'ai une chose urgente à voir avec Monsieur Rusard… » déclare-je à la ronde, avant de m'adresser exclusivement au concierge de l'Ecole : « Je dois partir incessamment et cela m'arrangerait grandement, que vous me remettiez ce dont nous avons parlé tantôt… »

« Ah oui ! » s'exclame Rusard, en se levant pour se diriger vers moi…

« Eh ! Non ! Pas maintenant ! Vous ne pouvez pas partir, sans nous avoir répondu ! Ce n'est pas juste ! Nous avons la priorité ! » s'exclame Colin, en bondissant sur ses pieds, pour barrer la route à Rusard…

« Désolé, mon gars. Mais ça concerne ma p'tite. Alors c'est ma priorité entre toutes. » répond cependant le concierge, avec détermination, avant d'ajouter : « Et puis, vos copains savent de qui je parle, alors vous n'avez pas vraiment besoin de moi… »

« Bien sûr que si ! Nous avons besoin de tous les détails de ce que vous savez ! Et puis vous avez été invité à une Réunion Extraordinaire, convoquée en urgence ! Et ça ne se fait pas, de quitter une Réunion Extraordinaire… » argumente Colin, avec son petit air buté des grands jours…

Mais Rusard a l'air tout aussi buté que lui. Et je ne manque pas de noter que les jeunes l'ont parfaitement repéré et seront terriblement déçus de devoir attendre son retour. Car je connais assez Draco, Blaise et Neville, qui sont capables de faire mariner leurs potes, mêmes s'ils sont sans doute très pressés d'aller faire un tour au Paradis, pour effacer la fatigue de leur nuit blanche…

Ceci dit, je leur donne raison dans un sens. Car inviter Rusard à exposer lui-même ses observations, c'est une manière de l'intégrer au C.C.S.A.B.P.M. et, non seulement d'en faire un Membre à part entière, mais également de permettre à ses relations avec les élèves qui en font partie, d'évoluer rapidement de manière tout à fait favorable…

Car il s'agit pour eux, d'avoir un autre regard sur lui. Et pour lui d'en avoir également un autre sur eux…

« Ecoutez, si vous voulez, Monsieur Rusard, indiquez-moi seulement où je peux trouver ce que je dois emporter. Vous avez ma parole de Gryffondor, que je ne dérangerai rien, ni ne fouinerai dans vos effets personnels… » suggère-je, avec un sourire engageant, au contentement des jeunes, qui regardent maintenant Rusard avec l'espoir qu'il accepte ma proposition…

Un mince espoir cependant…

« Ta parole de Gryffondor, hein… » répond Rusard, en plissant les yeux, dans lesquels j'ai tout juste le temps de détecter une petite lueur amusée, avant qu'elle ne se perde dans l'ombre de ses cils…

Il me charrie…

« Ouais ! Sa parole de Gryffondor ! Et ça compte ça ! Jamais un Gryffondor qui se respecte et respecte ses pairs, ne trahira sa parole ! Ce serait jeter le déshonneur sur toute sa Maison et ça, jamais un Gryffondor ne le fera ! » réagit Colin, au quart de tour, à l'approbation des autres Gryffondors présents…

Hormis Ron, Hermione, Harry et Neville, qui regardent Colin l'air amusés. Ils ont compris qu'il fonce droit dans le jeu de Rusard, sans le savoir…

« Y en a pourtant quelques-uns qui l'ont fait, jeter le déshonneur sur la Maison Gryffondor. Et y a pas si longtemps que ça… » rétorque Rusard, en apparence aucunement en passe de se laisser convaincre, par les arguments de Colin…

« Vous parlez de ces enfoirés d'Ânes Bâtés ! Ce ne sont pas du tout des Gryffondors qui se respectent ! Ils n'ont jamais eu d'honneur ! Et avant ça, Pettigrew non plus ! Le Choixpeau a fait une erreur en les envoyant à Gryffondor ! Il devait espérer que ça les aiderait à trouver du courage et de l'honneur, mais il s'est trompé ! Et on ne peut pas en vouloir aux vrais Gryffondors pour ça ! Ni douter de leur parole ! Et Bill, c'est un vrai Gryffondor ! Et ça vous le savez bien tout de même ! » réplique Colin, tout bouillonnant à son habitude…

« C'est que je ne suis que Cracmol moi. J'ai du mal à m'y retrouver, entre les vrais et les faux Gryffondors, les vrais et les faux Serpentards et même chose pour les Poufsouffles et les Serdaigles j'imagine… Il y a même des faux neutres. Et des Espions par-dessus le marché, qui sont des vrais faux ou des faux vrais, selon le point de vue où on se place, par rapport à leur vrai ou leur faux camp ! Alors c'est dire la complexité de la chose ! » déclare Rusard, les sourcils froncés.

Colin soupire et s'impatiente visiblement. Mais il se contient et ne lâche pas prise…

« Ouais, c'est compliqué, je vous l'accorde ! Mais bon sang ! Bill c'est un Weasley ! » répond-il, l'air de dire qu'il est impensable de mettre en doute la parole d'un Weasley quel qu'il soit…

« Ben justement. Ils m'en ont fait voir des vertes, les Weasley. Tous autant qu'ils sont. Même lui ! Bon, ce n'était pas le pire, c'est vrai. Les pires, c'était les farceurs. Et eux, je suis sûr qu'ils ont fouiné dans mon bureau et qu'ils ont emporté quelque chose. Alors les Weasley, moi, je ne mets pas d'or sur leur tête… » réplique Rusard, pas plus prêt à lâcher le morceau que Colin…

« Ça, ce n'est pas possible ! Les jumeaux sont farceurs mais honnêtes ! » se récrie Colin, tandis que je vois Harry effectuer un clin d'œil vers Ron et Hermione, qui s'amusent beaucoup…

« Euh… Désolé, Colin, mais c'est vrai. Fred et Georges ont bien emporté quelque chose qui se trouvait dans le bureau de Monsieur Rusard. Un Parchemin qui débitait des choses étranges, autrefois confisqué à d'autres farceurs. A des maraudeurs, pour être plus précis… » déclare Harry, adoptant un air ennuyé d'avoir à faire une telle révélation…

« Ah ! Tu vois ! Je le disais bien ! Weasley ou pas, c'est du pareil au même, on ne sait pas à qui on peut faire confiance ! » s'exclame Rusard, avant de se tourner vers Harry et ajouter, en le désignant du doigt : « Même pas à lui ! Parce qu'il savait et qu'il n'a rien dit ! Il a couvert le forfait de ces jeunes vauriens de jumeaux Weasley ! »

Colin jette un coup d'œil vers Harry, l'air de dire qu'il aurait pu s'abstenir d'intervenir et son regard revient tout aussi vite vers Rusard…

« Mais c'était qu'une bêtise de gosses ! Les jumeaux ont fait du chemin depuis ! Ils sont réputés pour leur courage et leur générosité ! Vous ne pouvez plus leur en vouloir pour cette broutille vieille de l'an quarante ! Et d'abord, ça ne remet pas en question la valeur d'une parole de Gryffondor ! Et puis, vous n'en avez pas fait des bêtises, vous, quand vous étiez gosse ? » s'exclame-t-il, en haussant un sourcil sur sa question, dressé sur ses ergots comme un petit coq défiant…

« Non ! J'ai toujours respecté les règles, moi ! » répond Rusard, l'air de défier en retour Colin, de mettre sa parole en doute…

« Ah ! Ben dans ces conditions, désolé de vous dire ça, mais vous deviez être un sacré bonnet de nuit, quand vous étiez gosse. Et je vous plains de tout cœur, parce que vous n'avez pas dû vous amuser beaucoup… » commente alors Colin, avec une fraîcheur spontanée et toute sincère…

Et Rusard jette sa réserve et son air grincheux au vestiaire, pour émettre un petit rire…

« Un vrai Gryffondor casse-couille et qui a réplique à tout, qui me lâchera pas la grappe aussi longtemps que je ne cède pas, hein… » dit-il ensuite, en filant une petite bourrade à Colin…

« Nan. Et faudra vous y faire, parce que je ne suis pas prêt de changer sur ce plan là. C'est ma marque de fabrique ! » répond Colin, avec un sourire jusqu'aux oreilles…

« Alors il ne me reste plus qu'à jeter l'éponge… » déclare Rusard, sous le hochement de tête positif de Colin, ravi d'avoir emporté la manche, avant d'ajouter dans ma direction : « Viens t'en un peu plus loin par là, que je t'indique où chercher… »

Et nous nous éloignons au plus loin de la table, avant que j'entraîne Rusard dans une alcôve discrète, où il m'indique comment ouvrir la cachette ménagée dans son appartement. Et trois minutes plus tard, je cours dans les Passages Internes, en direction de sa loge qui communique avec ses quartiers.

Arrivé à destination, j'ouvre la porte d'un Alohomora et je vais directement à l'essentiel, dégotant rapidement une valise de taille respectable et bien pesante. Puis je file en direction du Bureau d'Albus, pour prendre la Cheminée vers la maison, où Fleur m'attend…

« Ah, te voilà ! Ouvre vite cette valise que nous puissions rapidement trier, ce que nous examinerons attentivement à la banque… » m'invite ma belle, en indiquant la table sur laquelle elle souhaite que je pose la valise.

J'agrée à sa demande, posant la valise avant de l'ouvrir en grand. La paperasse est classée dans des dossiers, mais ce n'est pas vers eux, que je tends la main. C'est vers un gros album de photos, que je prends le cœur un peu lourd. Et j'amorce un geste pour l'ouvrir, mais Fleur pose sa main sur la mienne, pour m'en empêcher…

« Je crois que ce ne serait pas bien. Miho est la première à avoir le droit de le regarder. Il doit y avoir des photos de sa Maman et de son Papa dedans. Et d'elle tout bébé… » dit-elle, avec douceur…

« Tu as raison. Et avant d'aller au boulot, on devrait aller déposer cet Album sur son chevet. Rusard le regardera avec elle. Et Miho nous le montrera plus tard… » souris-je, avant de déposer un baiser sur son nez.

« Bonne idée et je vais y aller tout de suite, comme ça, nous serons sûrs que c'est fait. Toi, commence à faire le tri… » répond ma belle, en prenant l'album de mes mains…

Elle me pique un rapide baiser sur la bouche et je m'installe à table, avec les dossiers, tandis qu'elle se dirige vers la Cheminée.

Le premier dossier que j'ouvre, contient des paperasses écrites en idéogrammes japonais. Je les mets aussitôt de côté, cherchant mentalement dans mes connaissances, qui pourraient les traduire. Ralph Seymour me vient en tête. J'ignore s'il parle et écrit le japonais, mais c'est un traducteur de métier et si lui n'est pas apte, il saura sans doute qui peut le faire…

Le second dossier contient des factures Moldues : eau, électricité, gaz et téléphone. Rien qui puisse nous aider dans nos recherches. Si ce n'est que les plus récentes, prouvent que la Maman de Miho était bien la propriétaire de la maison, dans laquelle elle a été assassinée. Cela permettra donc d'établir formellement son identité, lorsque Miho voudra faire mettre un nom sur sa tombe, qui est pour l'heure anonyme…

Si tant est qu'elle ait une tombe, d'ailleurs. Peut-être, sûrement même, est-elle enterrée dans une fosse commune. Et dans ce cas, Miho pourra-t-elle récupérer ses restes et leur offrir une sépulture ?

Je l'ignore. Et ce n'est pas vraiment le moment de penser à cela.

Le troisième dossier, contient des actes notariés. Je crois bien que j'ai trouvé là ce que je cherchais et je le réserve, à l'emplacement où j'ai choisi de mettre ce que Fleur et moi-même emporterons avec nous tout à l'heure, pour aller au boulot…

Le quatrième dossier contient des lettres glissées dans des enveloppes Moldues et portant des timbres postes. Elles sont classées en deux paquets, l'un serré d'un ruban rouge et adressées à la Maman de Miho, l'autre serré d'un ruban bleu, adressées à son Papa. Une rose séchée prête à tomber en poussière est posée en travers des deux paquets. Il s'agit sans aucun doute des lettres d'amour, que les parents de Miho ont échangées et je ne me sens pas le droit de les lire. Je pose donc le dossier sur l'emplacement de ce qui restera soigneusement rangé dans la valise et remis à Miho.

Le cinquième dossier renferme les dossiers Sorciers que Madame McKenzie s'est arrangée pour prendre au Ministère. Le sien et ceux de ses filles. Et je le mets sur la pile à emporter.

Quand j'ouvre le sixième dossier, je suis surpris de voir deux jeunes filles me sourire et m'envoyer un baiser. Perséphone et Ariane, songe-je, le cœur gros. Une photographie Sorcière, prise dans un jardin foisonnant et ensoleillé, probablement peu avant la mort de Perséphone…

Ariane et Perséphone sont toutes les deux très jolies, mais leur lien de sœurs jumelles, n'apparaît pas. C'est à peine si on dirait deux sœurs. En revanche, Perséphone a effectivement des traits en commun avec Lucius Malfoy. L'arc élégant des sourcils, l'implantation et la blondeur des cheveux, le dessein du visage. Cependant son nez est plus fin, sa bouche plus charnue. Elle parait infiniment plus sympathique bien sûr. Et je lui trouve un sourire chaleureux, semblable à celui de Draco…

Je pose la photo à côté du dossier, avant d'en examiner rapidement le contenu. Un nouveau paquet d'enveloppes, sur lequel est posé un Parchemin, noirci d'une écriture féminine un peu tremblante. L'encre est parfois délavée, comme si elle avait été délayée par des larmes…

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Si j'écris ces mots aujourd'hui, c'est que j'ai la certitude dans mon cœur, que ma fille bien aimée, Perséphone McKenzie, est morte, tuée par Lucius Malfoy, dont elle était une demi-sœur illégitime.

Je ne sais comment Lucius Malfoy a pu apprendre leur lien de parenté, quand j'ai pris grand soin de le cacher à son père, Abraxas Malfoy et au monde, depuis bien avant la naissance de Perséphone et Ariane sa sœur jumelle. Cependant, vous trouverez ci-jointe, une lettre écrite de la main de Perséphone, révélant que Lucius Malfoy l'a invitée à passer le week-end en son Manoir du Wiltshire, pour faire sa connaissance, car il la savait sa demi-sœur. Il lui a recommandé de me dissimuler cette invitation, affirmant que je l'empêcherai d'y répondre, en raison de vieilles querelles, entre son père et moi-même. Il lui a également affirmé, que par rancœur, j'avais dérobé à Abraxas Malfoy, l'affection de sa fille et à lui-même, l'affection de sa sœur. Et que son père et lui-même en avaient été fort chagrinés, car tous deux l'aimaient tendrement.

Mensonges éhontés ! Abraxas Malfoy n'a jamais rien su de ma grossesse ! Il n'a jamais vu ses filles ! Et Lucius Malfoy ne les avait jamais rencontrées non plus bien entendu !

Mais ma pauvre Perséphone n'a pas relevé ces mensonges. Elle n'a pas été troublée, bien qu'elle l'ait relevé, que Lucius Malfoy n'évoque pas Ariane. Peut-être a-t-elle songé qu'il n'en parlait pas car elle est Cracmolle et qu'elle sait que dans notre monde, et surtout dans les vieilles familles de Sang Purs, les Cracmols sont mal tolérés ?

Si cela est, alors il m'est vraiment d'autant plus étonnant qu'elle ait quand même voulu rencontrer Lucius Malfoy. Car Perséphone adorait Ariane, qui le lui rendait bien et pleure aujourd'hui toutes les larmes de souffrances contenues dans son cœur, tout comme je le fais.

Ma pauvre Perséphone. Ma petite fille chérie. Mais pourquoi est-elle donc partie ainsi vers sa mort, sans méfiance ? Pourquoi a-t-elle cru à ces horribles mensonges ?

Merlin ! Comme je me sens fautive ! J'aurais dû lui parler d'Abraxas, des conditions de sa naissance et pourquoi j'ai fuis… Mais tout comme Ariane, elle aimait tant Malachy, qui était son père à ses yeux. Malachy aussi les aimait comme ses filles. Je ne voulais pas leur faire de peine, en leur apprenant qu'il n'était pas leur père. Je me rends compte aujourd'hui, qu'elles l'auraient sans doute aimé davantage encore, si c'était possible, de les avoir accueillies au monde en leur offrant son nom et aimées, comme si elles avaient été ses propres enfants. Je ne voulais pas non plus que mes filles vivent dans la peur permanente. Et je dois également être honnête et avouer que je craignais de voir leur amour pour moi terni par la vérité.

Car je ne me suis pas conduite comme une jeune fille respectable. Je craignais qu'elles ne comprennent pas que j'avais succombé par amour, pour un homme qui m'a fait de belles promesses jamais tenues. Que j'ai été naïve et sotte, avant d'enfin ouvrir les yeux et de comprendre, que j'avais donné mon amour et ma pureté à un ignoble monstre sans cœur…

Combien je regrette maintenant de n'avoir pas dit la vérité à mes filles !

Combien je regrette également, de n'avoir par lâcheté, rien révélé de mes soupçons concernant la mort de Malachy. Et que Lucius Malfoy en porte très certainement la responsabilité….

Je ne l'ai pas fait parce que j'avais peur pour ma vie, de risquer laisser mes petites filles chéries complètement orphelines. Et maintenant, je n'aurais pas assez de toute ma vie pour expier cette erreur. Ni pour pleurer la mort de ma tendre et douce Perséphone…

Elle s'est rendue à l'invitation de Lucius Malfoy et n'est pas rentrée comme elle le devait hier soir. Mais je n'ai pas eu besoin d'attendre qu'elle ne rentre pas, pour savoir qu'elle est morte. Mon cœur de mère a su qu'il était déjà trop tard, lorsque j'ai trouvé sa lettre en me levant samedi matin. J'ai su dès lors que je ne reverrai jamais ma fille. Que je ne pourrai plus jamais l'embrasser sur le front, ni recevoir ses baisers sur ma joue. Que je ne pourrai plus jamais entendre sa voix chanter dans la maison. Ni la serrer sur mon cœur, au jour de son mariage, ni la voir devenir mère à son tour…

Et mon demi-frère Argus Rusard, a eu confirmation de sa mort hier, car il a entendu une femme le dire en pleurant à Albus Dumbledore, alors qu'il allait lui demander conseil et aide…

Perséphone est morte. Mon cœur est terriblement douloureux et voudrait mourir pour la rejoindre. Mais j'ai le devoir de rester, de supporter ma douleur et de protéger ma bien-aimée Ariane.

Je souhaite de tout mon cœur, que justice sera rendue à Perséphone et que son monstrueux assassin paye pour son crime. Mais je ne puis réclamer justice maintenant. Car je devrais alors révéler également l'existence d'Ariane et comment pourrait-elle seulement espérer pouvoir se défendre des sbires, que Lucius Malfoy commanditerait pour la tuer ?

Et Lucius Malfoy serait-il même sérieusement ennuyé par la justice ? Il a ses entrées au Ministère, il est puissant, retors et trouverait le moyen de prouver que les documents dont je dispose, n'ont aucune valeur, que je n'ai aucune preuve pour établir qu'il a réellement écrit à Perséphone et qu'elle s'est rendue chez lui…

Non, je ne peux rien prouver pour l'heure. Et même si j'aimerais pouvoir au moins jeter le doute dans les esprits, je dois avant tout songer à Ariane et la protéger au mieux…

Je ferai tout ce qui est en mon pouvoir pour la dérober à la mort. A la main assassine de Lucius Malfoy. Mais si toutefois je n'y parvenais pas, j'espère qu'un jour justice sera rendue à mes filles et que Lucius Malfoy payera de sa vie leur assassinat. Et celui de Malachy.

C'est pourquoi j'ai rassemblé dans ce dossier, des éléments qui pourront peut-être, si ce n'est permettre un jour de confondre ce démon malfaisant, pour le meurtre de Perséphone et Malachy, au moins d'étayer un dossier concernant une autre affaire criminelle. Car il y en a eu et il y aura d'autres assurément. Et bien qu'il soit habile à masquer ses crimes, il finira peut-être par commettre une grossière erreur qui permettra enfin son inculpation.

Je laisse donc dans ce dossier, outre la dernière lettre écrite par ma bien-aimée Perséphone, celles qui m'ont été écrites par Abraxas Malfoy. Elles prouvent notre liaison et les dates où elles ont été écrites, permettront d'établir que nous étions bien amant et amante, lorsque mes filles chéries ont été conçues. Dans l'une de ces lettres, Abraxas insiste bien à mots couverts, qu'il ne saurait tolérer que l'union de nos corps, donne naissance à un fruit adultérin. Raison pour laquelle je lui ai caché ma grossesse. Il m'aurait tuée sur le champ, j'en ai la terrible conviction, s'il m'avait sue enceinte. Et plus tard il n'a jamais appris la véritable date de naissance de mes filles, que j'ai mises au monde à l'étranger. Je craignais trop, qu'il leur arrive malheur. Avec raison, puisque son fils a entrepris ce qu'il aurait fait lui-même : mettre fin à la vie de mes chères filles et à ma vie également, sans aucun doute…

Par ailleurs, j'ai également glissé dans une enveloppe, un document prouvant que mon cher époux, Malachy McKenzie, n'était pas le père biologique de mes filles, lui-même étant malheureusement stérile. Malachy a par ailleurs attesté sur un autre document, qu'il m'a épousée, me sachant enceinte d'Abraxas Malfoy et l'avoir fait, par amour de moi, avec la volonté de protéger la vie mon bébé à venir, ainsi que la mienne.

Je laisse également les documents qui ont permis de nourrir mes soupçons contre Lucius Malfoy, quant au meurtre de Malachy.

Enfin, une photographie représentant mes filles, Ariane et Perséphone. Il sera aisé de remarquer la ressemblance troublante de Perséphone, avec Abraxas et Lucius Malfoy…

Voilà, c'est tout ce que je peux faire pour l'heure contre ce démon.

Si je viens à mourir, mon frère Argus protègera ces documents, qu'il saura où trouver.

Et j'espère qu'un jour il pourra les transmettre à qui de droit ou que quelqu'un les trouvera, si Argus vient à mourir à son tour, sans avoir pu faire triompher la justice…

Ecrit à Hampton, le 09 juillet 1979

Par Hildegarde McKenzie

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Je me sens bouleversé par cette lettre, écrite avec retenue, pudeur et dignité. Madame McKenzie aurait pu hurler sa douleur et sa haine. Elle ne l'a pas fait. Ce qui comptait pour elle alors, c'était de protéger Ariane et conserver l'espoir qu'un jour justice serait rendue à Perséphone et à son époux.

Mon regard s'égare de nouveau vers la photographie, une poigne serrant mon cœur à la vue de ces deux jeunes filles si jolies et souriantes. Leur complicité est évidente. Leur joie de vivre également…

Je fronce cependant soudainement les sourcils. Il y a quelque chose, un détail qui a accroché mon regard. Perséphone et Ariane portent toutes deux une bague à l'annulaire de leur main qui envoie un baiser vers l'objectif. Je fige l'image et examine attentivement les bagues. Elles sont originales et j'ai la conviction profonde qu'elles ont été dessinées, conçues spécialement pour Ariane et Perséphone.

J'en ai pourtant déjà vue une semblable, quelque part, il n'y a pas si longtemps. Où cela peut-il bien être ?

« Bill ? Qu'as-tu, Chéri ? » demande soudainement Fleur, me faisant sursauter.

J'étais si profondément concentré, que je ne l'ai pas entendue rentrer à la maison…

« J'ai déjà vu cette bague quelque part, mais je ne me souviens pas où. Et j'ai le sentiment que c'est important de me souvenir…» réponds-je, en montrant les bagues sur la photographie, avant de frotter ma tignasse à pleines mains…

Mes tifs se dressent. Signe indéniable que je sais et que c'est effectivement important…

« Tu vas te souvenir. N'y pense plus et ça va finir par te sauter aux yeux… » répond Fleur, comme elle le fait toujours, lorsque quelque chose me turlupine sans que je puisse mettre le doigt dessus, avant de demander en désignant la lettre d'Hildegarde : « Et ça, qu'est-ce que c'est ? »

Elle n'attend pas ma réponse cependant, prenant le Parchemin en main et le lisant aussitôt…

Quant à moi je soupire. Fleur a sans doute raison. Occuper mon esprit à autre chose, permettra peut-être à la réponse de surgir spontanément dans mon esprit…

Je prends donc le septième et dernier dossier et l'ouvre. Encore des actes administratifs et notariés. A examiner de près donc. Je le ferme et le pose sur les deux dossiers déjà sélectionnés, puis je me décide à regarder ce qui reste encore dans la valise…

Des boites de tailles différentes. J'en saisis une au hasard. La première à ma portée en fait. Des lettres encore. Adressées à Ariane. Sur les enveloppes qui ont souffert pour certaines du mauvais temps, il est dessiné l'emblème de Poudlard. Elles sont donc de Perséphone. Et mon cœur s'alourdit encore une fois. Perséphone doit raconter à sa sœur, toute sa vie d'écolière…

Je referme très vite la boite. En ouvre une seconde. Deux hochets en argent. Gravés aux prénoms d'Ariane et Perséphone. Et je referme très vite la boite encore une fois. La main tremblante…

Pourquoi suis-je aussi émotif ce matin ? Je ne connaissais ni Ariane, ni Perséphone. Et la sincère affection que j'éprouve pour Miho, ne justifie cependant pas autant d'émotions de ma part, à l'examen de ces paperasses et objets, témoins d'un passé auquel je ne suis pas moi-même lié…

Un reniflement. Je tourne mon regard vers Fleur. Elle pleure. Et je la prends aussitôt dans mes bras, pour la serrer contre mon cœur...

« Ce Lucius ! C'est vraiment le diable en personne ! » s'exclame ma belle, avant de renifler une nouvelle fois…

Et mon cœur se pince. Le souvenir vivace de la bague me sautant à la figure.

« Les Cavernes du Diable… » murmure-je, horrifié…

C'est au doigt de l'un des squelettes, que j'ai vu la bague. Perséphone McKenzie est morte dans les Cavernes du Diable, enchaînée à la paroi parmi d'autres squelettes. Cette même Caverne, dans laquelle Lucius a violé Draco, avant de le clouer à la paroi. Et dans laquelle Voldemort a puni Lucius, le clouant à son tour, après l'avoir torturé pour le punir, lorsqu'il a découvert que Draco n'était plus là…

« Que dis-tu ? » demande Fleur, en relevant son visage baigné de larmes vers moi…

« Perséphone McKenzie est morte dans les Cavernes du Diable. C'est à la main d'un des squelettes que j'ai vu la bague… » réponds-je, dans un souffle…

Et Fleur, éclate en sanglot…

Pourquoi donc se met-elle dans cet état ? La lecture de la lettre n'est pas seule cause de son chagrin. Ni le fait que les ossements de Perséphone reposent dans une Caverne maudite. J'en suis certain…

Oh… Oui, bien sûr. C'est à cause de moi. Parce qu'elle sait que je vais poser ma candidature pour faire partie des volontaires. Nous n'en avons pas encore parlé, mais elle sait bien que je vais le faire. Et lire cette lettre de Madame McKenzie, qui parle avec douleur de la mort de sa fille, n'a donc pu que la bouleverser profondément…

Que j'évoque un squelette aussi…

« Fleur, mon amour… » murmure-je, cherchant des mots pour tenter d'apaiser son chagrin…

Mais Fleur ne me laisse pas aller plus loin…

« N'y va pas, Bill ! Je t'en prie n'y va pas ! S'il s'agissait d'une Attaque comme les autres, je tremblerai bien sûr, mais je ne songerai pas à te demander de ne pas y aller ! Mais là ce n'est pas la même chose, Bill ! Ce sont plus de soixante Loups Garous à combattre ! Des Loups Garous Elfes, depuis des milliers d'années, prisonniers de leur Lycanthropie ! Leur rage, leur haine doit être monstrueuse ! Je t'en prie, Bill ! N'y va pas ! » me supplie Fleur, des larmes roulant sur ses joues à flots…

Et quelque chose dans son attitude m'alerte. Tout comme d'autres petits détails que j'ai repérés dans ses attitudes depuis hier soir et qui s'emboîtent parfaitement avec ce que je vois maintenant. Et je comprends aussi mon émotivité. Tout est lié. Oui, tout est lié….

« Merlin, Fleur… Tu es enceinte ? » demande-je, dans un murmure, mon regard fixé sur ses bras repliés sur son ventre, comme pour le protéger

Et une joie immense monte en une brusque bouffée dans ma poitrine. Alors soudainement j'éclate de rire, infiniment heureux, tandis que Fleur, ma belle Fleur se jette dans mes bras, hochant la tête pour acquiescer et sanglotant douloureusement…

« Mais c'est une merveilleuse nouvelle ! Papa ! Je vais être Papa ! Mille millions de milles Gorgones ! Je vais être Papa ! C'est la meilleure nouvelle du monde ! » m'exclame-je, riant et faisant tourbillonner Fleur, avant de m'arrêter de tourner sur moi-même, pour l'embrasser…

Mais elle me repousse brusquement et se détache de moi, essuyant ses larmes d'un revers de manche rageur, avant d'exploser

« Oui, tu vas être Papa ! Et moi je ne veux pas te perdre ! Me retrouver toute seule comme Pénélope, pour mettre au monde et élever notre enfant ! Alors je t'en prie Bill ! Ne va pas là-bas ! » s'écrie-t-elle, à la fois furieuse et horriblement malheureuse…

Et le souvenir de Percy envahit ma tête. Ron m'a raconté combien mon frère était heureux d'annoncer à Papa, qu'il allait être Papa lui-même. Et moins d'une demi-heure plus tard, il tombait pour toujours sous l'effet d'un Avada Kedavra. Pourtant, bien qu'il soit mort, son enfant portera le nom de son père, parce que mon frère avait fait le nécessaire.

Je ne pourrai faire comme lui. Pas aujourd'hui. J'ai un boulot monstre et je ne pourrai pas aller au Ministère pour déclarer ma future paternité…

« Non, je n'irai pas… » décide-je donc, car je ne veux pas risquer que mon enfant à naître, ne porte pas mon nom, si je viens à mourir.

Et que je ne veux pas plus que Fleur ne porte pas mon nom, si je viens à mourir…

Fleur, qui se jette de nouveau dans mes bras, pleurant cette fois de soulagement…

Et je la berce contre moi, je la cajole, je l'embrasse, avec tout l'amour que j'éprouve pour elle et pour mon enfant qu'elle porte en elle…

« Pourquoi ne me l'as-tu pas dit plus tôt ? » demande-je, lorsque Fleur est calmée…

« Je ne l'ai su qu'hier soir avec certitude et je voulais te le dire ici, chez nous. Et puis, il y a eu cette prédiction ce matin. Alors j'ai voulu te le dire et puis il m'est apparu que c'était déloyal de faire ainsi pression sur toi. Mais j'ai lu cette lettre et… Oh ! Bill ! Comment peut-on songer à tuer une femme enceinte ? A tuer son enfant ou sa sœur ? Et puis j'ai pensé à Pénélope ! Et… » répond Fleur, s'interrompant sur des larmes qui jaillissent de nouveau de ses yeux…

« Et tu ne m'as quand même pas dit que tu attends un enfant. Du moins, pas avec des mots… » complète-je avec douceur, souriant doucement, avant d'ajouter : « C'est la plus merveilleuse des nouvelles, Fleur. Et je suis fou de joie. Alors s'il te plaît cesse de pleurer. Car vraiment, je n'ai pas envie de me recevoir les regards assassins de tous les Gobelins de Gringotts, durant toute la journée, parce qu'il est clair que leur employée chouchoute a pleuré et que moi, son compagnon, véritable Sorcier de Cro-Magnon, j'ose afficher un sourire d'heureuse béatitude… »

« Idiot. Ce n'est pas le moment de plaisanter… » réagit Fleur, en me fichant un petit coup de poing sur la poitrine…

Mais elle sourit quand même et mon cœur se gonfle de bonheur…

« Non, ce n'est pas le moment de plaisanter, tu as raison. C'est le moment de te demander de m'épouser… » réponds-je, mon regard ancré dans le sien, qui s'illumine de joie…

« Oui… » souffle Fleur, dans un sourire éblouissant…

« Oui quoi ? Oui, c'est le moment de te demander de m'épouser, ou oui tu veux bien m'épouser ? » demande-je encore, lui rendant son sourire

« Les deux ! » répond Fleur, en se jetant pour la troisième dans mes bras…

Mais cette fois, elle ne pleure pas. Elle rit, heureuse. Et je ris avec elle, tout aussi heureux. Et songeant que je viens d'effectuer une sacrée avancée, sur le Chemin de la Vie.

Epoux et Papa. Les plus beaux rôles qu'un homme puisse endosser dans la vie. Et j'ai grand hâte de le faire maintenant…

C'est Maman, qui va être ravie…

Et Papa aussi…

OoOoOoO

Acte 8 : L'espion Dévoilé… Enfin…

Hermione

Le petit aparté entre Bill et Monsieur Rusard se termine très rapidement et, tandis que Bill s'empresse de partir par les Passages Internes, le concierge de l'Ecole revient s'assoir entre Nev et Draco…

« Bon, allez cette fois, ne perdons pas de temps ! Je n'ai pas envie que nous soyons encore interrompus, avant que vous nous ayez révélé ce que vous savez, Monsieur Rusard ! Alors allez-y, dites-nous enfin qui est votre suspect numéro un ! » s'exclame Marian, tendu vers la réponse, comme chacun des autres membres du C.C.S.A.B.P.M….

« C'est ce gars, qui a joué cette sale comédie, vadrouillant comme une Âme en peine durant des semaines, soi-disant anéanti par la mort de sa mère… » répond Monsieur Rusard, avec une moue de mépris…

« Franck Cooper ?! » s'exclament dans un bel ensemble, tous mes amis du Comité…

Ils sont estomaqués. Et dubitatifs en même temps. Ce que je comprends parfaitement, car j'ai été l'un et l'autre également, lorsque Monsieur Rusard l'a révélé tout à l'heure…

« Ouais. Et vous pouvez me croire, ce petit fumier était moins chagriné par la mort de sa mère, que moi je le suis en balayant une mouche morte sur mon parquet… » répond Monsieur Rusard, avant de boire une gorgée de son thé, qui doit être complètement froid désormais, avant d'ajouter : « La fameuse comédie qu'il a jouée, le petit saligaud ! Même si je n'ai pas de preuve matérielle contre lui, parce qu'il prend soin de ne pas se salir les mains, je suis sûr qu'il dirige secrètement sa petite association de voyous et d'assassins en herbe. Il y a trop de choses qui corroborent.…»

« Mais… Il était livide, cerné et maigrissait à force de ne pas manger… » fait remarquer Philippa, toujours nettement dubitative…

« Comédie ! Je ne sais pas comment il a fait, pour paraître amaigri à l'époque, mais moi, je peux vous dire qu'il ne s'est pas du tout laissé mourir de faim ! Bien au contraire, il s'en fichait plein la lampe, avec des provisions qu'il avait cachées dans la Tourelle Nord ! Et puis je l'ai vu de mes yeux, se jeter un Sort sur la figure, pour se dessiner des cernes et pâlir sa figure ! Il a fait ça en plein couloir, en regardant son reflet dans une vitre. Il n'avait pas vu que j'étais là, au coin du couloir, à le regarder faire. Et ça le faisait bien rire, quand quelqu'un venait pour le plaindre, vous pouvez me croire là-dessus ! Parce que ça, je l'ai aussi entendu le faire de mes propres oreilles !… » déclare Rusard, avant de désigner Benjamin et d'ajouter : « Tiens, toi ! Souviens-toi, t'étais venu lui parler et tu l'avais pris à l'écart, dans la Salle du Club d'Echec ! Moi j'étais dans la réserve, à faire les poussières sur les vieux jeux qu'on utilise plus et vous ne m'avez pas vu ! Quand t'es reparti, dès que t'as eu fermé la porte, il a dit textuellement : pauvre tâche, tu peux te la foutre au cul ta sollicitude ! Je suis bien heureux, que la vieille soit morte ! Mon seul regret, c'est que le vieux n'y soit pas passé aussi ! Mais ce n'est que partie remise ! A la première occasion, il crèvera la gueule ouverte aussi celui-là ! En attendant, moi, je vous emmerde et je vous fais tous bien marcher. Vous verrez ce que vous vous prendrez sur les lattes vous aussi, quand votre tour viendra. Et moi je piétinerai vos corps, je leur cracherai dessus. Bande de sales Traitres vendus à Potter ! Vous vous croyez bien malins, mais moi, je vous entube tous ! Tous ! Et il a ri. Comme un malade. Plié en deux qu'il était. »

« Pourquoi vous ne l'avez pas dit avant ? Si vous l'aviez dit au professeur Dumbledore, on… » commence Kate l'air de ne pas comprendre qu'il ne l'ait pas fait, avant d'être interrompue par notre concierge…

« Mais j'avais déjà essayé d'en parler au Directeur Dumbledore, bien avant d'entendre ce petit fumier parler comme ça ! Seulement, le Directeur c'est un trop brave homme, qui ne peut jamais croire qu'un gosse peut naître mauvais et pourri jusqu'à la moelle. Et je n'avais rien de sérieux en main à ce moment-là, juste mon intuition. Et il m'a dit de laisser ce petit fumier tranquille, que le chagrin l'étouffait et qu'il fallait laisser le processus de deuil se faire et patin couffin, je ne vais pas tout vous répéter… » explique Rusard, qui soupire avant d'ajouter : « Et puis, ce que j'ai entendu là, c'est arrivé un peu avant le début du Match de Quidditch, le fameux Samedi où toutes ces mauvaises nouvelles de morts sont tombées sur un paquet d'élèves. Et après ça, tout le monde avait bien d'autres choses à penser. Moi y compris. Et le Directeur était tellement occupé, que je me suis dit que j'allais le laisser tranquille avec ça et continuer à avoir l'œil sur le petit fumier moi-même. Et après la Noël, il n'a plus vadrouillé, il a repris du poil de la bête et tout a semblé revenir à la normale pour lui… »

« Il n'avait plus besoin de vadrouiller et de jouer les âmes en peine, parce qu'il avait ce qu'il voulait… » murmure Gil, le regard assombri par la colère qu'il éprouve, d'avoir été ainsi abusé…

Tout le monde l'est. A juste titre. Chacun d'entre nous est allé vers Franck Cooper, pour lui offrir un peu de réconfort et d'amitié, pour l'aider à tenir dans ce que nous pensions sa douleur.

« Ouais. S'il faisait ça, c'était pour pouvoir se balader dans Poudlard à son aise et fouiner partout. Et surtout, pour repérer l'endroit où Bletchley était enfermé, à quelle heure les professeurs allaient le voir, où et quand il allait en promenade. Il a repéré aussi les heures de rondes, les parcours habituels des uns et des autres. Je me souviens parfaitement l'avoir vu traîner dans les environs de la Tourelle Nord et de m'être enquis de sa santé (1)… » répond Ron, en pinçant les lèvres avec mécontentement…

Son pif n'a pas chatouillé une seule fois pour lui mettre la puce à l'oreille à propos de Cooper et il s'en veut…

« Et moi je me souviens d'avoir saisi du coin de l'œil, qu'une ombre se faufilait au fond du couloir menant à la geôle de Bletchley, un jour où nous revenions de l'Infirmerie. Je regrette maintenant de m'être laissé convaincre facilement, qu'il s'agissait probablement d'un Elfe de maison, travaillant à la laverie (2)… » ajoute Draco, qui soupire sur son regret…

« Ouais, je m'en souviens aussi. Et j'ai tout autant de regrets, tu peux me croire. » approuve Marian, qui renchérit en serrant les poings : « Et cet enfoiré nous a certainement vus aller et venir, nous aussi, prenant bien la précaution de ne pas faire voir où on allait aux autres, mais ne nous méfiant pas de lui. Et ça a dû bien le faire rire, ça aussi… »

« Tu peux y compter. Et quant à moi, je ne serais pas étonné, qu'il ait également repéré que nous prenions des raccourcis par les Passages Internes… » soupire Eddy, l'air soucieux…

« Ça c'est certain ouais ! Parce qu'il y a des moments, ce petit fumier semblait surgir de nulle part ! Alors je crois qu'il sait rester un petit bout de temps ni vu, ni connu, grâce à ce Sortilège, là… Le Sort de Désillusion, c'est ça ? » intervient Rusard, attendant que nous ayons acquiescé à sa question, avant de poursuivre : « Et dans ce cas, alors il a pu vous espionner tout à son aise et il connaît toutes vos ficelles, pour pénétrer dans les Passages Internes… »

« Ouais, ben ça, on va y remédier. Après en avoir ménagées d'autres, on bouchera toutes les entrées qu'il peut connaître et forcer, soit en faisant sauter les Protections, soit en volant l'un de nos badges. Et nos nouvelles entrées seront plus inaccessibles encore, pour qui ne fait pas partie du Comité… » décide Dean, notre architecte en chef pour l'élaboration de Passages Secrets…

Et je suis certaine qu'il a déjà des idées sur la question…

« Qu'est-ce qu'il peut savoir d'autres ? » demande ensuite Hugh, sourcils froncés à fois d'inquiétude et de réflexion…

« Pas mal de choses, sans doute. Il faudra y réfléchir, faire très sérieusement le point là-dessus. Ceci dit, pour étayer le fait que c'est bien lui notre Espion, je peux vous dire que le coup de la Potion de Forces qu'on prendrait soi-disant, ça peut tout à fait être lui. Il était dans le même compartiment que moi, pendant l'Attaque du Poudlard Express et je lui ai filé une Potion Revitalisante Renforcée. Il ne savait pas ce que c'était c'est certain, car il a avalé la fiole complète. Heureusement, il n'y avait plus que deux doses dedans, alors je n'ai pas commenté car il ne risquait rien. Ceci dit, deux doses en même temps, ça a dû lui donner un sacré coup de fouet. Il a dû se sentir venir des ailes avec la poussée d'Energie que cela a provoqué et avoir l'impression que ses Sortilèges étaient renforcés eux aussi. Ce qui explique qu'il ait pensé que nous usions d'une Potion de Forces… » explique Ron, qui grimace avant d'ajouter : « Bien qu'il n'en ait pas profité pour dégommer ces abrutis de Vengeurs. Parce qu'avec le recul et sachant maintenant la comédie qu'il nous a jouée, même si j'ai pensé le contraire sur le moment, on ne peut pas dire qu'il ait vraiment mis du cœur à l'ouvrage, pour défendre le train… »

« Ouais. Comme toi je pensais que ses coups étaient faiblards, parce qu'il n'était pas en très bonne santé d'une part et qu'il n'était pas connu pour être puissant d'autre part. Et dire que j'ai applaudi quand il a mis à terre cette salope d'Asterope Thorpe, alors que c'est peut-être moi qu'il a visé dans le dos et raté… » ajoute Blaise, mécontent de s'être trompé…

« La Potion de Forces, ok. Quoi d'autre ? Loo Lin peut-être ? Est-ce que ça pourrait être lui ? » demande Théo, en regardant plus spécifiquement vers Gabe…

Car c'est lui, qui a enquêté sur cette affaire…

« Non. Il n'était jamais aux environs quand on l'a Ensorcelée ou qu'on a essayé de le faire… » répond Gabe, qui plisse les yeux, réfléchissant deux ou trois secondes avant d'ajouter : « En revanche, il y avait son pote Zaccharia Smith, quand c'est arrivé du côté la Volière et la seconde fois aussi. Mais pas la troisième. Là, il y avait sa copine Ysolte Shaw. Deux Poufsouffles, Maison dans laquelle Cooper a cherché refuge… »

« Il couche avec Shaw, dans un petit coin qu'ils se sont aménagés dans une petite chambre de la Tourelle Nord où jamais personne ne va. J'en suis sûre, parce que je les ai vus s'y rendre à deux reprises en surveillant la Carte et leurs étiquettes étaient bien collées ensemble. Alors je suis allée y faire un tour, histoire de vérifier que j'avais vu juste et il y avait seulement un matelas par terre… » déclare Magda, en rosissant de gêne…

« Ouais. Mais bon, ça ne prouve rien, qu'il couche avec elle et elle peut avoir été dans les environs quand Loo Lin a été Ensorcelée, par pure coïncidence aussi. Alors il peut très bien la berner. Smith aussi. Et que ce soit quelqu'un d'autre son complice dans l'affaire Loo Lin. Je vous rappelle qu'il y avait plusieurs candidats possibles… » répond Gabe, sous le hochement de tête approbateur de Miranda et Claryce

Et aussitôt, tous les yeux se braquent sur Rusard…

« Smith et Shaw, hein ? Ben c'est banco. Je suis sûr que c'est eux, qui ont tué les Hiboux et les Chouettes. Je dis ça, pas que je les ai surpris en flagrant délit, non. Mais je les ai vus revenir ensemble de la Volière ce matin-là. Ils ne sont pas les seuls à y être allés de bon matin bien sûr, mais c'était les seuls à fréquenter Cooper, parmi tous et j'ai toujours pensé que c'était ses coursiers. Alors, même si lui y est allé aussi à la Volière, comme il y va tous les jours d'ailleurs, mais que c'est aussi le fumier à faire faire ses coups par les autres pour se couvrir, c'est eux qui l'ont fait, c'est sûr. Le coup des lettres anonymes aussi. » déclare Rusard, avec une inébranlable conviction…

« Ses coursiers avez-vous dit… » murmure Megan, avant d'ajouter plus clairement : « Oui, c'est fort possible. Et à eux deux, ils peuvent très bien transmettre des messages aux Ânes Bâtés de sixième et septième année, pendant les cours. »

« Ou les déposer dans ses boites aux lettres. Il y en a plusieurs cachées dans le Château et pour chacune, c'est un… ce que vous appelez un Âne Bâté, attitré pour chacune d'elle, qui va la consulter tous les jours, matin, midi et soir… » révèle Rusard, à l'étonnement de mes amis du Comité dans leur ensemble…

« Comment pouvez-vous savoir cela ? » demande Martha, sans cacher sa curiosité

« Vous avez vos Espions, j'ai le mien. Et il est bien efficace… » répond Rusard, un peu moqueur…

« Miss Teigne ! » s'exclament Gil, Marian, Gabe, Philippa, Miranda, Claryce, Eddy et Hugh, dans un chœur parfait…

« Ouais, ma Miss Teigne. Elle est très forte, pour dégotter ce genre de chose et après, elle me le montre et j'ai plus qu'à faire discrètement le guet. Et comme on ne se méfie pas d'un Cracmol qui fait le ménage… » répond Rusard, l'air de dire qu'il lui est plutôt facile dans ces conditions, de découvrir les petits secrets de chacun…

« Il faudra que vous nous indiquiez où se trouvent ces boites aux lettres et quel Âne Bâté la consulte. Ainsi, nous pourrons assurer une surveillance étroite, H24 et savoir exactement quand un message a été déposé et à quel moment il a été retiré. Et avec un peu de chance, nous pourrons même consulter ces messages, avant leurs destinataires… » déclare Gabe, en regardant le concierge de l'Ecole, d'un regard pointu…

« Je veux bien. Mais vous n'avez pas peur de vous faire repérer, à force de rester à proximité de ces boites aux lettres ? » demande Monsieur Rusard, en haussant un sourcil…

« Il n'y a aucun danger, Monsieur Rusard. Et pour que vous compreniez comment je peux en être aussi sûr, c'est le moment de vous dévoiler, l'un des secrets du succès de mes nombreuses vadrouilles nocturnes… » intervient Harry, sur un sourire

Un sourire, auquel Monsieur Rusard répond largement…

« Ah ! Ça, ça m'intéresse drôlement ! Parce que tu as commencé tôt à vadrouiller la nuit, toi ! Tes inséparables aussi ! Bien trop jeunes, tous les trois, pour réussir le Sort de Désillusion ! Alors je suis bien curieux de savoir comment vous faisiez ! » dit-il, l'œil brillant de contentement…

« Alors venez regarder ça… » invite Harry, en se levant…

Monsieur Rusard s'empresse de se lever également et il suit Harry vers le fond de la Salle de notre QG, qu'il ne peut voir pour le moment, puisqu'il est caché aux regards par un Sortilège…

« Oh ! Bon sang d'bois, de bon sang d'bois ! » s'exclame le concierge de l'Ecole, lorsqu'il franchit le Sortilège et qu'il découvre Greg et Millicent penchés sur la Carte…

« Ce n'est pas la Carte Originale. Celle-ci, nous l'avons fabriquée récemment et elle est nettement améliorée. Mais c'est en grande partie grâce à la Carte Originale, que Ron, Hermione et moi-même, nous pouvions circuler en toute sécurité, en évitant de se faire prendre… » explique Harry, tandis que Monsieur Rusard examine la Carte, l'air ébahi et admiratif…

Mais soudain, il fronce les sourcils, tandis qu'il déchiffre l'entête de la Carte…

« La Carte du Maraudeur Améliorée… » murmure-t-il, avant de relever les yeux vers Harry et demander : « Dis donc, ce serait pas la Carte Originale par hasard, que les farceurs ont pris dans mon bureau ? »

Il a vite fait le rapprochement, Monsieur Rusard. Il avait bien raison, tout à l'heure de dire qu'il n'est pas si bête. Et je me dis qu'il aurait assurément pu prétendre à un travail bien plus valorisant et lucratif dans le Monde Moldu, s'il n'était venu ici, pour veiller sur sa nièce…

« Effectivement, c'est bien cela. Nous en avons fait un bon moyen de surveillance des allées et venues des Ânes Bâtés. C'est également un outil fort utile, en cas d'Attaque. » répond Harry, en invitant d'un geste le concierge de l'Ecole, à revenir vers la table…

« Fort utile, ouais. J'imagine plutôt bien tous les services que ça peut rendre une chose pareille… » acquiesce Monsieur Rusard, avant de demander : « Et c'est quoi, l'autre secret de ton succès ? »

« Chaque chose en son temps, Monsieur Rusard… » répond Harry, sur un clin d'œil…

Et notre concierge ricane, en reprenant place sur sa chauffeuse…

« L'heure tourne. Il est bientôt 07H00. Il va falloir qu'on lève la séance, mais je voudrais que nous examinions un dernier point avant de le faire. Je viens de noter sur ce Parchemin, les noms des autres garçons et filles qui font partie de la petite bande habituelle de Cooper. Pouvez-vous nous dire ce que vous pensez d'eux, Monsieur Rusard ? » demande Draco, en tendant un morceau de Parchemin au concierge de l'Ecole, que celui-ci prend aussitôt…

« McLaggen : un vrai con inoffensif celui-là ! Le seul danger qu'il représente, c'est sa connerie justement ! Il gobe n'importe quoi, pourvu qu'on le flatte et l'autre se sert de lui à son insu, c'est sûr. Il doit le faire crapahuter partout, l'inciter à se donner à fond dans votre Groupement de Défense dont il est si fier de faire partie des Membres du Bureau et venir après lui rapporter tout ce qu'il sait de vos plans d'évacuation et tout le reste. » déclare Monsieur Rusard, l'air moqueur…

« Ça correspond bien à ce que je pense. Cooper est resté en dehors du Bureau, tout simplement parce qu'il a quelqu'un dedans, qui lui dit tout sans se méfier, puisqu'il fait partie du Groupement, lui aussi… » sourit Ron, avant de boire une gorgée du thé, que Philippa a de nouveau servi à chacun…

« Ouais. Ce n'est pas un champion du ciboulot, McLaggen. Mais voyons voir le suivant sur la liste. Corey Peakes, il a souvent l'air né de la dernière pluie, celui-là. Mais c'est un vrai bon. Il est généreux, toujours prêt à rendre service. De lui aussi l'autre se sert à son insu. Et m'est avis qu'il ne sera pas content du tout, s'il vient à l'apprendre et qu'il voudra lui foncer dans le lard sans crier gare. » commente Monsieur Rusard, qui désigne du doigt tour à tour deux autres noms avant de poursuivre : « Jack Lange et Elsa Barlow : un beau couple d'hypocrites ces deux-là. Ils sont forts courageux pour aller se bécoter dans la Forêt Interdite et se frotter aux bêtes dangereuses que leur présente Hagrid, mais pas pour afficher leurs opinions. Faudra bien vous méfier d'eux en cas de rififi. Ils font partie de ceux qui se réunissent souvent avec Cooper, dans la Tourelle Nord. Tiens, avec ces deux Serdaigles-là aussi, Janet Bird et Robert Kean. Les autres, Caswyn Bamford, Alba Gilroy, Eleanor Swytte et Grace Wantele, c'est comme McLaggen et Peakes, à mon avis, il les a introduits dans sa petite bande, pour s'en servir comme bureau de renseignement et de paravent surtout. Ils lui permettent d'assoir l'image honorable qu'il offre de lui… »

« Et ses airs de respectabilité outragée, pouvez-vous ajouter… » enchérit Philippa, soupirant avant d'ajouter : « Il m'a vraiment bien eue dans la Bibliothèque, avec sa comédie face à Benson, le jour de l'évasion de Bletchley ! Et moi qui étais heureuse de constater qu'il commençait à bien trouver son courage, je me suis bien faite avoir ! Il a dû bien s'amuser, en renvoyant Benson dans les brancards, lorsque celui-ci lui a demandé d'aller dire à Gabe, que le Duel était pour minuit, quand c'était lui qui avait tout organisé ! »

« Ouais… Et il a dû se marrer davantage encore, quand il a fait mine de flancher devant les menaces de Benson et que Kevin s'est dressé entre eux… » renchérit Marian, qui grimace de dégoût, avant d'ajouter : « Putain de sacré petit salopard de fumier ! Dès qu'on le peut, faudra pas le louper ! »

Marian serre les poings et il n'est pas le seul à le faire. Cooper va être dans la ligne de mire de chacun des membres du C.C.S.A.B.P.M., c'est une certitude…

« Je comprends que ça vous démange. Parce que ça me démange sec aussi, de lui faire sa fête. Mais avant de ne pas le louper, nous allons nous servir de lui, à notre avantage. Alors pas question qu'il se doute que nous savons à quel jeu il joue. Ni le reste de sa bande. C'est compris ? » intervient alors Harry, avec fermeté, en regardant à la ronde…

« Compris, Chef… » répondent Seamus et Colin, sur un soupir déçu, tandis que tous les autres acquiescent d'un hochement de tête positif…

« Bien. Il nous faut lever la séance, maintenant. Nous avons effectué une bonne avancée ce matin, mais nouvelle réunion ce soir à 19H00, au cours de laquelle nous finirons de faire le point avec Monsieur Rusard. Nous en profiterons également, pour lui faire visiter le reste du QG et répondre à ses questions. D'ici là, réfléchissez à ce que Cooper doit savoir encore, s'il peut avoir d'autres contacts discrets etc… D'accord ? » déclare Draco, à l'approbation générale…

Et tout le monde se lève, pour aller faire ce qu'il ou elle doit faire, avant d'aller prendre le petit déjeuner dans la Grande Salle…

« Voilà le moment de vous dévoiler le second secret de mon succès, Monsieur Rusard. Celui qui va vous permettre de vadrouiller dans les couloirs, sans être vu… » sourit quant à lui Harry, en dévoilant sa Cape d'invisibilité

« Oh ! Une Cape d'invisibilité ! J'y avais bien pensé, mais t'avais l'air tellement miséreux à l'époque, que je me disais que ce n'était pas possible que tu possèdes un Artefact aussi coûteux ! » s'exclame Monsieur Rusard, en touchant la précieuse étoffe d'une main précautionneuse…

« C'est un héritage de mon père, Monsieur Rusard. Le professeur Dumbledore l'a mis dans mes souliers de Noël, lors de ma première année… » répond Harry, d'une voix douce…

« Ça ne m'étonne pas de lui, tiens. Toujours à encourager les esprits aventureux… » commente le concierge de l'Ecole, avec une certaine indulgence, tandis que nous nous dirigeons maintenant vers les Passages Internes…

Et dès lors, nous faisons silence. Remontant vers l'Infirmerie. Hâtifs d'aller dormir…

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Livre LII – Chapitre : Une Quinzaine bien remplie - Acte 4

Livre LII – Chapitre : Une Quinzaine bien remplie - Acte 2

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