Disclaimer : cf chapitre 1

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Grand merci à Mistycal !

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Réponse sur mon forum, aux commentaires de : - Yzeute – Lion -

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Hello tout le monde !

Mes vacances arrivent à grand pas cette fois et je pars à la fin de la semaine !

Le prochain chapitre sera donc publié le 18 août !

Bonnes vacances à toutes et tous !

Bisous

Me-Violine

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L'Enfer De Tyll Celwie o Agar Myrn 5 / 5

Acte 6 : La Fin D'Un Enfer, Le Commencement D'un Autre

Draco

Je m'élance au côté de Théo, gagné par la conviction de mon frère, habité d'une nouvelle force, d'une nouvelle volonté, qui me donnent des ailes…

Mon cœur me souffle que la Gaurhoth ne gagnera pas. Que la Gaurhoth est d'ores et déjà vaincue. Qu'elle l'a été, dès l'instant où les Chevaliers de Tyll Celwie o Agar Myrn, comme nous a appelés Théo, ont débarqué dans la place…

Je sors de la caverne, courant à vive allure de concert avec Théo. Et les cerfs s'élancent à nos côtés.

Tout aussitôt, des Loups Garous viennent à notre rencontre. Mais un cerf s'interpose à chaque fois que l'un d'entre eux nous rejoints. Les cerfs font barrage, afin que Théo puisse passer et je cours auprès de mon frère, dans l'intention de faire barrage contre le dernier qui tentera de se mettre en travers de son chemin…

Vása. Théo va tuer Vása…

Il va tuer l'Alpha qui a compris qu'il ne pourra jamais faire fléchir la volonté de Remus, ni le vaincre seul en Combat et a décidé de l'attaquer avec deux de ses congénères.

Et je vois en leur Combat acharné, le symbole de la lutte farouche de Magie Mère, contre la Magie Noire Originelle de Círyon, Elurin et Mablung. Les premiers porteurs morts, dont les Magies Noires ont fusionné en une seule masse, attachée à un roc, au cœur le plus profond, des entrailles de Tyll Celwie o Agar Myrn…

Et tandis que nous courons vers eux, l'Alpha et les deux Loups de sa Gaurhoth, se jettent constamment sur Remus, pour le faire reculer et l'entraîner à l'écart de ses Compagnons. Remus se bat comme un lion, mais à trois contre un, ses lâches adversaires prennent le dessus.

Remus, le Loup Garou lumineux, que la puissante volonté de Vása n'est pas parvenue à briser, est blessé, cruellement assailli par l'Alpha et les deux Loups Garous de sa Gaurhoth. Il est épuisé et même si sa volonté et son courage sont intacts, il ne parvient plus à repousser les attaques incessantes, avec suffisamment d'énergie. Il va mourir, si nous ne le secourons pas…

Je ne veux pas qu'il meure. Surtout pas lui. Il ne mérite pas cette fin cruelle, ici, dans cet Enfer et je force l'allure, tout comme Théo.

Mais soudainement, alors que Vása se retourne brusquement vers nous, vers la menace de Théo armé de Megildur, un grand cerf me dépasse, bondissant aussi vite qu'il le peut, rejoignant rapidement Sirius, qui a pris sa forme de Chien et se précipite lui aussi vers Remus.

Ils sautent tous deux de concert sur les Loups Garous de la Gaurhoth, les repoussant avec acharnement loin de leur proie, à coups de sabots, de bois et de dents. Et quand les Loups Garous cèdent un peu de terrain, ils font rempart entre eux et Remus. L'un ramassé sur lui-même, grondant tous crocs dehors, dans une position d'attaque et l'autre présentant ses longs bois pointus et frappant du sabot sur le sol, comme un avertissement menaçant…

Cornedrue et Patmol, ont volé au secours de leur ami blessé et ils ne laisseront aucun Loup Garou s'approcher de lui, songe-je, me précipitant à leur côté, pour faire barrage à trois autres Loups Garous enragés, qui arrivent en renfort de leurs congénères.

« Vous n'y arriverez pas, espèces de saloperies… » murmure-je, avec une détermination profondément ancrée dans mes tripes, tandis que Narmacil et Collen viennent me rejoindre…

Armés de nos bâtons, nous faisons face à nos adversaires. Les Loups Garous ramassés sur eux-mêmes, grondant tous crocs dehors, bondissent en avant, quand retentit soudainement un hurlement.

Bref. Douloureux. Désespéré…

Vása est vaincu. Terrassé par Théo et Megildur.

Et les Loups de sa meute rompent instantanément le Combat, renversant la tête en arrière, dans un bref hurlement à la mort. Puis ils se couchent, la tête entre les pattes, en signe de soumission. Ils sont maintenant atterrés et frémissant de peur, dans le profond silence qui vient de s'abattre autour de nous. Et je ne manque pas de noter que leurs regards vaincus et apeurés, se sont fixés sur leur Alpha mourant.

Celui des Chevaliers de Tyll Celwie o Agar Myrn, se rivent quant à eux sur Théo, qui brandit Megildur vers le ciel, comme un Chevalier d'antan…

La forme d'un Loup, visqueuse et noire, s'enroule autour de la Lame d'Ithilmar, comme un serpent autour du corps de sa proie et je devine sans peine qu'il s'agit de la Magie Noire de Vása. Megildur l'a accrochée, elle la retient, l'empêche de se porter au-devant de Magie Mère, de mordre la main de Théo, vers lequel il tend la tête dans des cabrements, des sursauts furieux.

« Pour Magie Mère ! A la gloire de Greg et Inglorion ! » s'écrie mon frère, ses yeux animés d'une flamme vive et déterminée …

Et les Magies de Greg et Inglorion se matérialisent soudainement à l'endroit exactement fixé par les yeux de mon frère, tandis que mes tripes se tordent dans mon bide, avec douleur et émerveillement à la fois…

« Greg… Mon ami Greg. Ta Magie est si belle, mon ami… » murmure-je, saisissant les mains de Narmacil et Collen…

Leur émotion est aussi vive, douloureuse et émerveillée que la mienne. Je le ressens dans leurs doigts qui s'enlacent étroitement aux miens, comme le font ceux des Magies de Greg et Inglorion…

La Magie de Greg est magnifiquement lumineuse et éclatante. Et je réalise encore davantage maintenant, la profondeur de son sacrifice, à son éclat empreint d'amour, d'amitié et de courage.

Et les larmes coulent, chaudes et abondantes sur mes joues…

Mon ami Greg est mort pour me sauver. Mais aussi, pour que sa Magie, porteuse de son courage infini et de la beauté de son Âme, puisse remporter une importante victoire sur la Magie Noire…

« Pour Magie Mère ! A la gloire de Greg et Inglorion ! » s'écrient les Magies de mon ami et de l'ancien Roi des Elfes, avant de fusionner et de fondre vers la Magie Noire Originelle, retenue prisonnière, par Megildur…

Et une lutte farouche commence, dans des grondements haineux, des hurlements rageurs de la Magie Noire, qui se cabre, se tortille, s'enroule et rue, tentant d'échapper à la prise de Megildur, la tête de Loup s'effaçant soudainement, pour laisser place un visage d'Elfe, couturé de cicatrices et tordu de haine. Vása…

Théo donne également son Energie Magique sans compter. Celle-ci se mêle à celles de Megildur, Greg et Inglorion. Elles absorbent la Magie Noire pour l'épurer, tandis que Vása, qui a repris forme Elfique, pousse un cri de douleur et de haine enragée. Il a perdu. Il est vaincu. Son sang, sa vie s'échappe à flots de la plaie béante infligée sous son sein par la Lame d'Ithilmar. Il se meurt et sa folie haineuse avec lui…

Et soudainement me revient en tête un souvenir. Celui où Théo a expliqué ce que Nally lui a dit, après avoir révélé qu'il était Arafinwë et donc, celui qui devrait libérer Megildur :

« Et bien que je ne puisse l'expliquer, mon cœur me dit aussi, que ce n'est pas seulement Megildur que tu vas libérer, là-bas… »

Mon cœur bat alors à tout rompre, tandis que je comprends le sens de ces paroles…

« Non, ce n'est pas seulement Megildur que tu auras libérée ici Théo… » murmure-je et mon regard se détache de l'Epée, autour de laquelle les Magies de Greg et Inglorion fusionnées, sont en train de gagner leur Combat, pour partir à la recherche de Remus…

Remus, encadré de Patmol et Cornedrue. Remus dont les yeux brillants d'espoir sont fixés sur Megildur…

Il a compris. Tout comme moi il a compris…

Ce n'est pas seulement Megildur, que Théo aura libéré. En tuant Vása, l'Alpha, le père de tous les Loups Garous, c'est également Remus, qui va être libéré de sa Lycanthropie. Ce sont tous les Loups Garous de la terre, qui vont être libérés de la Malédiction liée au cycle de la Pleine Lune…

Et ce sera aussi la fin de l'Enfer, de cette nuit éternelle de Pleines Lunes sur Tyll Celwie o Agar Myrn, me dis-je, levant la tête vers le ciel et cherchant les Lunes du regard. Leur sourire est toujours aussi bienveillant. Mais leur éclat s'amenuise. Et le flot de mes larmes se renforce, mes mains serrent plus fort celles de Narmacil et Collen, tandis que je laisse mes yeux revenir vers Remus, pour lequel je me sens infiniment heureux…

Remus, qui a fait preuve de tant de bravoure et d'inflexible volonté. Remus, qui a su garder la luminosité de sa Magie intacte, envers et contre tout. Remus, le Loup Garou Chevalier au grand cœur et Champion désigné de Magie Mère. Comme Théo, Pa et Sirius… Et Cornedrue, me souffle mon cœur.

Remus frémit, son échine est secouée de frissons. Mais dans ses yeux, l'espoir a laissé place à un éclat vibrant de joie, de bonheur indicible. Et Sirius qui a également compris maintenant je pense, reprend forme humaine, pour passer son bras autour du cou de son ami, son regard brillant d'émotions vives, qu'il laisse glisser sur ses joues. Et je laisse moi-même à nouveau glisser mes yeux vers Théo et Megildur…

Mon regard court sans cesse, de Megildur à Vása, de Vása à Remus. Je veux tout voir, tout graver dans ma mémoire. Je veux pouvoir partager cet instant incroyablement Magique, avec celles et ceux qui attendent notre retour à la maison. Alors je n'en perds pas une miette. Je note chaque détail, je fixe chaque visage, chaque réaction dans ma mémoire.

Le Combat s'achève maintenant. Les Magies fusionnées de Greg et Inglorion pulsent autour de la lame d'Ithilmar, réduisant à rien, les résidus de la Magie Noire Originelle mourante. Et quand Vása exhale son dernier souffle de vie, au moment même où les derniers résidus de sa Magie souillée s'éteignent définitivement dans un frémissement d'air, Remus est libéré. Il retrouve forme humaine, dans l'étreinte de Sirius et sous le regard ému de Cornedrue.

« Pour la gloire de Greg et Inglorion… » murmure-je, avant de bondir vers Théo qui chancelle…

Je le rattrape juste avant qu'il ne tombe et je l'étreins, je glisse lentement avec lui à genoux sur le sol rocheux, soutenant son bras qui brandit toujours Megildur. Et je regarde avec lui, les Magies fusionnées de Greg et Inglorion, totalement épurées de la Magie Noire Originelle qu'ils ont vaincue, scintiller et se fondre peu à peu dans la lame d'Ithilmar.

Et lorsqu'elles ont totalement intégré Megildur, un formidable coup de tonnerre fait trembler l'Île entière et le voile sombre du ciel se déchire subitement, dévoilant les Soleils, qui n'ont pas brillé au-dessus de Tyll Celwie o Agar Myrn, depuis des milliers et des milliers d'années de temps suspendu…

« Pour la gloire de Greg, dont la Lumière brillera à jamais dans ma mémoire et dans mon cœur … » murmure-je, serrant Théo contre moi, pleurant à chaudes larmes, vivement heureux et ému…

« Oui, pour la gloire de Greg. Le plus brave des braves Chevaliers de Tyll Celwie o Agar Myrn, sans lequel nous ne serions pas victorieux… » murmure Théo, en laissant son bras retomber avec lenteur, pour l'enrouler autour de mon cou

Et je sens son sourire sur ma joue, tout comme je ressens à quel point il a raison. Je saisis maintenant tout le sens du sacrifice de Greg. Et de la mort d'Inglorion…

Un Sorcier, un Elfe, un Rebelle…

Collen, Narmacil et moi-même, étions ceux qui devaient mourir à l'origine.

Mais Greg s'est interposé, entre la mort et nous, en faisant le sacrifice de sa vie, ouvrant ainsi la voie à un autre avenir, un autre destin. Collen, Narmacil et moi-même avons eu la vie sauve, mais Inglorion est mort. Inglorion, dont j'ai la profonde certitude dans mon cœur, qu'il a été un Loup Garou malgré lui, qu'il a lutté sans relâche depuis des milliers d'années, pour ne pas se laisser envahir par la Magie Noire et préserver la luminosité de sa Magie et de son Âme. Car s'il n'avait pas fait cela, il ne serait pas parvenu aujourd'hui, à se soustraire à la volonté de Vása, ne se serait pas opposé à l'Alpha et sa Gaurhoth …

Oui, le destin a changé. Et comme l'a souligné Théo, il a changé pour le mieux…

Je saisis le sens de ses paroles maintenant. Le sacrifice de Greg et la mort d'Inglorion étaient nécessaires, pour pouvoir accomplir ce qui vient d'être accompli. Car Collen n'est pas Sorcier. Et bien que très lumineuses assurément, ma Magie et celle de Narmacil, ne l'auraient pas été suffisamment, pour épurer Megildur de la surpuissante Magie Noire Originelle de Vása, le premier des Loups Garous, l'Alpha de la Gaurhoth, qui a ruminé sa haine et entretenu sa noirceur durant des milliers et des milliers d'années, faisant de très nombreuses victimes, même après avoir été emprisonné, puisqu'il était directement ou indirectement, le père de tous les Loups Garous des deux Mondes…

Il fallait l'éclat du sacrifice de Greg. Et il fallait l'éclat de la lutte permanente contre la Magie Noire Originelle d'Inglorion. Et enfin, il fallait également, que Théo leur offre son énergie Magique, lumineuse de sa générosité, de sa sensibilité, de son cœur foncièrement Chevaleresque, pour parvenir à vaincre une telle surpuissance et rompre la Malédiction du Loup Garou…

Un Elfe, un Rebelle et un Sorcier. Trois morts. Telle était la prédiction de Bayamaë. Ce destin ne s'est pas réalisé. Il n'y a pas trois morts. Il y en a deux. Et pourtant, si l'on considère ses paroles sous un autre angle, on peut dire d'une certaine manière que sa prédiction était juste quand même. Que Greg est le Sorcier et Inglorion à la fois l'Elfe et le Rebelle…

Greg, mon ami n'est plus. Il est parti vers le Paradis du ciel. Il est mort et je ne le reverrai que lorsque mon heure viendra de le rejoindre au firmament. Mais sa lumière brillera à jamais. Et tous les Peuples des Mondes Magiques, chanteront ses louanges à travers les âges.

Car grâce à son sacrifice, l'Enfer de Tyll Celwie o Agar Myrn n'est plus et nombreux sont les hommes et femmes, qui n'auront plus à souffrir désormais, grâce à lui…

Oui. Grâce à lui. Mon ami. Mon Compagnon, dans la vie, dans la mort…

OoOoOoO

Remus

Avant même de reprendre forme humaine, je me sens libéré…

Je sais que je ne serai bientôt plus jamais un Loup Garou…

Mon corps tremble. Il frémit tandis que la Malédiction se lève. Je sens le poison quitter mes veines, s'exhaler peu à peu avec mon souffle. Et soudainement je redeviens entièrement moi-même…

Je ne suis plus un Lycanthrope. Je n'en serai plus jamais un…

Plus jamais je ne sentirai la morsure de la Pleine Lune comprimer mon cœur et mes entrailles, broyer mon corps…

Jamais plus je n'aurai à lutter, pour conserver mon humanité, durant ces longues et terribles nuits…

La Magie Noire ne brûlera plus dans mon sang, ne tourmentera jamais plus mon esprit, mon cœur et mon Âme…

Le voile du ciel se déchire, libérant la lumière des Soleils, réchauffant mon corps nu, désormais définitivement libéré des chaines de la Lycanthropie…

Libéré. Je suis libéré.

Je suis un Sorcier comme les autres désormais…

« Putain de nom de Zeus, Rem ! Putain de nom de Zeus ! Tu es libre, mon ami ! Tu es libre ! » s'exclame Sirius, me serrant à m'étouffer dans ses bras et pleurant de joie dans mon cou…

« Libre… Oui, je suis libre. Enfin libre… » murmure-je, goûtant, savourant pleinement ma liberté, le bonheur immense, que je n'arrive pas encore à réaliser, mais qui me submerge peu à peu…

Je suis libre, comme une étoile filante dans le ciel.

Un poisson nageant dans un océan de bonheur…

« Putain de nom de Zeus, Rem ! Je suis tellement, tellement heureux pour toi ! » s'exclame encore Sirius, qui s'est détaché de moi et me presse les deux épaules, les secouant un peu dans des saccades, qui expriment toute sa joie et sa sincérité…

Je suis heureux. Heureux moi aussi. Si heureux que cela m'étouffe presque maintenant. Mais je ne réalise pas encore vraiment. Je ne parviens pas à exprimer ma joie, mon bonheur…

« Et tu as vu ça ! Cornedrue est là aussi, mon vieux ! Il est venu de là-haut pour nous aider ! » s'exclame encore Sirius, lâchant l'une de mes épaules, pour poser sa main sur la joue du cerf qui penche la tête vers moi et la frotte vigoureusement de sa paume : « Putain de nom de Zeus ! Je suis heureux de te voir mon frère ! Ton aide a été sacrément bienvenue ! Et nous voilà réunis, comme au bon vieux temps ! Lunard, Cornedrue et Patmol, ami à la vie, à la mort ! Et Lunard est libre ! Libre ! Si ce n'est pas beau ça ! »…

Cornedrue…

Oui, c'est insensé, mais j'ai également le sentiment que l'Esprit de mon ami est descendu du Paradis pour se glisser dans celui de ce cerf, afin de m'aider, me sauver la vie, lors de l'ultime Combat contre la Gaurhoth de Vása…

Vása…

Père de tous les Loups Garous, dont la mort a brisé la Malédiction liée à la Pleine Lune…

Dont la mort de sa Magie, sa dissolution dans le néant, a brisé la Malédiction, devrai-je plutôt dire…

Je caresse la joue de Cornedrue moi aussi. Emu de plonger mon regard dans celui de ce grand cerf et d'y trouver l'Âme de mon ami. De comprendre aussi, qu'il va devoir repartir, libérer l'esprit du cerf si grand et fort, qui lui a prêté son corps…

« Merci, Cornedrue. Merci d'être venu m'aider… » murmure-je, déglutissant avec peine, mais souriant, avant d'ajouter : « Et au revoir James. Surtout, embrasse Lily de ma part. Et soyez assurés tous les deux, que je prendrai toujours grand soin de veiller sur Harry et sa famille… »

« Ouais. Merci, James, merci mon frère. Embrasse bien Lily de ma part aussi. Et si tu croises Regulus un de ces quatre matins, dis-lui que j'aurai bien des choses à lui dire, quand j'arriverai là-haut. Mais surtout qu'il ne m'attende pas trop tôt quand même. Parce que certes, je serai ravi de le revoir, mais étant donné les conditions à remplir pour que ça se fasse, je ne le ressens pas comme une urgence. C'est que j'ai une chouquette à élever, moi maintenant. Et après, ce sera des petits-enfants et même des arrière-petits-enfants. Alors qu'il ne compte pas que j'arrive avant une bonne cent-cinquantaine. Ce qui vous laisse à tous, largement le temps de préparer une petite fête pour mon arrivée.… » déclare Sirius, sur un clin d'œil et il sourit de toutes ses dents, avant d'ajouter : « Maintenant, mon frère, tu m'excuseras si j'abrège un peu nos adieux. Ce n'est pas que je ne suis pas heureux de te revoir, loin de là. Mais maintenant que nous avons sauvé la vie de notre brave Lunard et qu'il a retrouvé sa liberté totale, ce serait con de le laisser se vider de son sang ou de risquer qu'il se choppe une infection vicieuse. Alors je vais le soigner maintenant. Au revoir, mon frère. Au revoir. Moi aussi, je prendrai soin de ton fils et de sa famille. Au revoir, mon frère… »

Et Sirius embrasse les joues du cerf, comme il embrasserait celles de James. Et le cerf frotte un peu sa joue, contre celle de Sirius, avant de venir frotter la mienne et de partir. Sirius le regarde un peu s'éloigner, puis il essuie les larmes perlant aux coins de ses yeux d'un revers de manche et sort sa Pochette de soins.

Je le laisse faire et me soigner, ne quittant pas le cerf des yeux. Il se dirige droit vers Severus, qui soigne une griffure profonde sur la cuisse de Blaise et lorsqu'il est arrivé auprès de lui, il attire son attention, en frottant le bout de son museau contre son épaule. Et Severus relève vivement son regard surpris vers lui, ses yeux glissant ensuite rapidement vers Sirius et moi, avant de revenir tout aussi rapidement sur le cerf. Et son visage se fend d'un sourire franchement amical. Il salue le cerf d'un signe de tête, avant de lui dire quelques mots, puis de presser sa main sur son encolure, comme s'il avait amicalement pressé l'épaule d'un ami…

Et cela ajoute encore du bonheur, à ma liberté retrouvée. James et Severus sont amis désormais. Et je pense qu'à son retour au Paradis, James va être accueilli par une Lily très heureuse…

Le cerf va ensuite rejoindre Théo et Draco, assis côte à côte et se tenant fraternellement par l'épaule. Il fourrage affectueusement dans la chevelure de Draco, avant de frotter sa joue sur celle de Théo.

Et je me sens de trop, dans l'adieu qu'ils se font ensuite, regard plongé dans celui de l'autre. Alors je détourne les yeux, regardant à la ronde…

Quatre Elfes aussi nus que moi, sont assis non loin. Ils se tiennent voûtés, leur corps porte les stigmates visibles de leurs durs Combats. Et pas que ceux d'aujourd'hui. Ceux menés depuis qu'ils sont Lycanthropes, se lisent sur leur visage et leur peau zébrée de cicatrices. Ils ont l'air très épuisés aussi et leur regard est celui d'un être en désarroi complet, qui se réveille tout juste d'un terrifiant cauchemar…

Mais n'est-ce pas ce qu'ils ont vécu dans l'Enfer de Tyll Celwie o Agar Myrn ? Un terrifiant cauchemar permanent, durant des milliers et des milliers d'années…

Je frissonne et je me sens empli de compassion pour eux. Qui mieux que moi pourrait d'ailleurs les comprendre, quand je sais à quelles affres ils ont été soumis, durant ces milliers de si terrifiantes et infernales années ?

Même si le cauchemar n'est plus maintenant, ils ne peuvent être indemnes et je doute qu'ils puissent un jour se construire à nouveau une vie sereine.

« Lorsque tu en auras fini avec moi, va aussi les soigner, tu veux bien ? » demande-je à Sirius, qui a presque achevé de me bander le torse…

« C'est ce que j'avais l'intention de faire… » répond Sirius, en relevant son regard sur moi et qui ajoute sur un sourire : « Rappelle-toi : Compagnons dans la vie, dans la mort. Et ils en sont… »

Je lui rends son sourire et mon regard repart à la ronde…

Aldaron, Amdir, Gwenvael, Marek, Collen et Narmacil ont rassemblé une bien grosse trentaine d'Elfes à l'écart de notre groupe. Ils les surveillent de très près, affichant une expression impassible, en réponse aux nombreux regards haineux et coléreux, dégoûtés et méprisants posés sur eux…

Ces Elfes aussi, sont voûtés. Conséquence de leur Métamorphose très prolongées. Ils éprouveront sans doute beaucoup de mal, au début, pour marcher normalement. Et ils portent également les stigmates de leur Bataille, mais je sens au plus profond de mon être, qu'ils ont refusé les soins proposés. Ce qui ne m'étonne pas le moins du monde…

J'ai ressenti leur rage et leur fiel haineux, quand ils étaient Loups Garous. Ils l'ont été par choix. Ils se sont prêtés volontairement à la morsure de Vása. Et ils ont tout de suite pris goût au sang qu'ils ont versé en abondance.

J'ai également ressenti leur colère, leur fureur contre moi, quand je résistais à la volonté de leur Alpha, au pied du Pic du Vif Souffle. Leur désir de verser mon sang et celui de mes Compagnons. Nombreux cependant ont douté de la capacité de leur chef à les mener encore, après le second assaut dans la plaine qui a vu la mort de Gregory. Certains ont même pris peur et ont refusé dans un premier temps de revenir à la charge, ce qui a obligé Vása à réaffirmer sa volonté, sa suprématie sur eux.

Et enfin, j'ai ressenti leur stupéfaction, leur stupeur effrayée, lorsque Vása a été vaincu…

Et malgré la colère, la haine, le dégoût, le mépris qu'ils affichent en ce moment, ils sont désorientés, sans leur Alpha. Et je sais qu'ils craignent l'avenir et les décisions qui seront prises à leur propos. Mais avant que cela arrive et même si cela ne saurait trop tarder, ils suivront un nouveau chef déjà et feront ce qu'il voudra…

« Voilà, j'ai terminé. Tu peux voiler ta splendide et éblouissante nudité, mon brave Lunard. Il n'y a pas de Nymph à tenter dans le coin… » déclare Sirius, m'arrachant un sourire…

« Il va falloir que tu me trouves un autre surnom, j'en ai bien peur… » réponds-je, en prenant le paquet de vêtements qu'il tend vers moi…

« Certes, adieu tes petits problèmes mensuels et c'est tant mieux, mais Lunard toujours tu as été et toujours tu resteras pour moi, mon ami… » sourit Sirius, qui soupire, avant d'ajouter : « Ça va me manquer de ne plus aller gambader avec toi dans les bois les nuits de Pleine Lune. Mais bon, avec un peu de chance, tu vas découvrir que tu as des dispositions pour être Animagus maintenant et ça pourra peut-être encore se faire, qui sait ? »

« Oui, qui sait. » réponds-je, souriant à son sourcil haussé…

« Oui, qui sait… » répète Sirius, son regard pétillant de malice lorsqu'il ajoute : « Je te vois bien en agneau, qu'est-ce que tu en penses ? »

Et j'éclate de rire sur son clin d'œil…

Mon premier rire d'homme libre, pense-je, riant de plus bel…

Non plus à la plaisanterie de Sirius, mais au bonheur que j'éprouve d'être libre…

Libre ! Je suis libre ! me répète-je, encore et encore, avant de commencer à enfiler mes vêtements…

Et j'éprouve soudainement une urgence de m'habiller très vite. Car je dois aller remercier Théodore, pour cette liberté qu'il m'a offerte en tuant Vása…

Et je dois également aller remercier Gregory et Inglorion. Me recueillir sur leur dépouille et en prendre soin pour leur rendre hommage, comme nous n'avons pas pu le faire jusqu'à présent.

Car mon Âme a ressenti que leur mort a permis l'accomplissement de ce miraculeux changement du destin qui est mien aujourd'hui.

Et durant toute ma vie, j'honorerai et chérirai leur mémoire avec toute la tendresse et l'affection que j'ai éprouvée pour eux, quand j'étais pour la dernière fois sous ma forme Lycanthrope et que je les considérais comme des membres de ma Gaurhoth…

Oui, ils seront à jamais dans mon cœur. A la vie. A la mort…

OoOoOoO

Severus

L'Enfer de l'éternelle nuit de Pleines Lunes a pris fin pour les Loups Garous de la Gaurhoth de Vása.

Vása n'est plus. La Gaurhoth non plus d'ailleurs.

Il ne reste que des Elfes au cœur totalement et profondément noirci de haine.

Et surtout Remus, à jamais libéré de sa Malédiction…

Jamais je n'aurais pensé vivre un tel miracle un jour…

Et j'en suis profondément heureux pour mon ami. S'il y a bien un Lycanthrope au monde qui a mérité cette chance, c'est lui. Et jamais je ne cesserai de louer son admirable volonté. Son courage implacable.

Tous mes Compagnons lors des Combats, ont été admirables de courage et de volonté…

Des Chevaliers a dit Théo il y a quelques instants…

Il a raison. Chacun ici s'est conduit comme un Chevalier d'antan, avec générosité et vaillance et je sais qu'il n'y aura nulle forfanterie, nulle vantardise à notre retour chez nous. Nul triomphalisme non plus…

Tous auront le regard grave des hommes qui ont connu l'Enfer et ont perdus deux des leurs, dont ils pleurent cruellement la perte, même s'ils ont conscience tout comme moi, que ces morts étaient inévitables…

Et nécessaires à l'accomplissement d'un miracle de la Magie…

Nally l'avait pressenti, je m'en rends compte maintenant. Elle a gardé ce pressentiment enfermé dans son cœur, de crainte sans doute qu'il ne se réalise pas si elle l'exprimait. Et elle a eu raison…

Si nous avions su, nous ne serions pas venus ici dans le même état d'esprit et n'aurions pas combattu de la même façon. Non pas que nous aurions mis moins de cœur et de volonté à vaincre, non assurément, bien au contraire. Mais cela aurait changé la donne. Vása aurait deviné. Il aurait senti le danger, il aurait pressenti nos intentions, tandis que sa volonté affrontait pour la première fois celle de Remus, au moment où nous descendions sur Tyll Celwie o Agar Myrn…

Et au pied du Pic du Vif Souffle, une partie de sa meute nous aurait dépassés, pour s'élancer à la poursuite de Théo. Car Théo aurait alors été l'ennemi numéro un à abattre. Et ce n'est donc pas à un seul Loup envoyé à ses trousses qu'il aurait été confronté. Mais à une part importante de la Gaurhoth…

Vása n'est plus, sa Magie non plus. Et ça, c'est nouveau. Nul ne savait que cela était possible, avant que cela se produise tout à l'heure. Théo m'a expliqué en aparté, avoir compris que cela a été rendu possible, grâce à l'alliance de la Magie des Elfes et celle de Greg. Mais également car nous sommes sur Tyll Celwie o Agar Myrn, lieu sacré, où la Magie Noire peut-être diluée totalement dans les Limbes et le néant de l'oubli…

« Je ne sais pas toi, mais maintenant que je me suis reposé un peu et restauré aussi, je me sens plus pressé que jamais, de rentrer à la maison… » déclare soudainement Remus, avant de boire encore un peu de coca-cola…

La dernière canette de Blaise, qui aura finalement vu toute sa réserve bue…

« Je le suis aussi. Mais nous avons encore un détail à régler avant de partir… » réponds-je, en jetant un coup d'œil sur le groupe d'Elfes de l'ancienne Gaurhoth

« Deux détails. Il faut aider la harde à sortir de la Vallée. Elle ne parviendra pas à remonter l'escalier des Géants… » intervient Théo, en me fixant des yeux…

Son regard a beaucoup changé. Il y a dedans une gravité sereine, qui n'est pas sans me rappeler celle de Gregory, lorsque nous avons quitté ma propriété d'Ecosse, ce matin…

Ce matin. Ou il y a une minute ? Une semaine ? Un mois ? Un an ?

J'ignore combien de temps s'est passé dans notre Monde, depuis que nous l'avons quitté. Notre nuit, dans le Temps Suspendu m'a parue interminable, même si elle a pris fin maintenant…

« La Métamorphose est toujours la seule Magie que nous pouvons pratiquer ci. Mais il nous sera aisé, de modifier la forme de cet escalier… » souris-je en réponse à Théo…

Et Théo tourne aussitôt son sourire vers Cornedrue, en levant le pouce. J'ignore pourquoi, l'Esprit de James Potter est toujours avec nous…

« Ce n'est pas que je suis pressé de le voir partir, mais qu'est-ce que James attend pour retourner au Paradis ? Le sais-tu Théo ? » demande soudain Sirius, se faisant écho de ma pensée, son regard rivé sur le grand cerf

« Oui. Sur le chemin pour venir jusqu'ici, j'ai ardemment souhaité que la harde puisse connaitre autre chose que l'Enfer de Tyll Celwie o Agar Myrn. Ancalimë, Kementari, Vána et tous les Roherdirons décédés, dont la Magie est scellée à la lame de Megildur, vont exaucer mon vœu. Un passage s'ouvrira pour la harde. Alors, le départ de Cornedrue a été retardé. Il guidera la Harde dès qu'elle aura pu quitter la Vallée Etroite, afin de lui faire franchir le passage qui s'ouvrira pour elle, je ne sais où… » répond Théo, visiblement très heureux…

« Eh bien j'en suis ravi ! Parce que je dois une fière chandelle à l'un des cerfs et ça m'aurait fait mal au bide, de penser qu'il pourrait un jour servir de casse-croûte, à l'un de ces salauds… » déclare Marek, en jetant un bref coup d'œil vers les ex Loups Garous de la Gaurhoth, avant d'ajouter : « Et j'ai déjà juré sur ma vie, que plus jamais je tuerai un cerf, une biche ou un faon… »

« Même s'ils viennent bouffer tes récoltes et celles des amis et voisins ? » demande Collen, en haussant un sourcil…

Marek tourne aussitôt son regard vers lui, hochant la tête positivement…

« Même. S'ils viennent, c'est que les temps sont durs pour eux et qu'ils ont faim. Alors dorénavant, je leur réserverai un bout de terrain au cas où ils auraient besoin de venir se mettre à table chez moi et à l'hiver prochain, je construirai une barrière autour de tous les champs du village. Comme ça, les voisins et amis n'auront pas à râler… » répond-il, l'air déterminé…

« Sacré boulot en perspective, vu l'étendue à couvrir. » commente Collen, souriant avant d'ajouter : « Mais une bonne occupation aussi. A deux, ça te dit ? »

« C'est pas de refus, Compagnon… » répond Marek, en lui tendant la main pour signer l'accord…

« Jamais je n'ai construit d'enclos… » intervient alors Narmacil, son regard rivé dans le lointain…

« Il faut une première à tout. Alors t'inquiète, on ne te charriera pas, les premières fois que tu te taperas sur les doigts avec un marteau. » répond Collen, en tendant sa main vers l'Elfe

« Je ne nourrissais aucune inquiétude à ce propos… » réplique Narmacil, avant de tourner son regard vers Collen et d'avancer sa main à son tour, pour échanger la poignée de main de l'accord…

Compagnons, dans la vie, dans la mort. Et pour toujours ajoute-je intérieurement. Ce sera d'autant plus vrai pour Collen et Narmacil. Et ils auront toujours un lien spécial avec Draco également.

« Bon alors, qu'est-ce qu'on fait avec ceux-là. Parce qu'il est certain qu'ils sont diminués physiquement, mais je me méfie quand même. Ils sont assez haineux et revanchards, pour être encore capables de nous réserver un sale coup. Et ce sera déjà bien assez qu'on risque fort de rencontrer quelques-uns de leurs compères sur notre chemin du retour. Non seulement parce que ceux-là ont laissé des blessés derrière eux, mais il y a aussi les prisonniers qu'on a laissés dans les filets derrière nous. Or, votre Sortilège de Métamorphose a sûrement lâché maintenant. Et ces prisonniers étaient bien en forme. Alors ils ont probablement réussi à se dégager des filets et ils pourraient nous donner du fil à retordre, nous tendre un piège au retour. Vous avez une idée pour éviter ça ? » demande Collen, regardant les Elfes maintenant gardés par Blaise, Gwenvael et Sirius, sous leur forme Animagus…

A eux trois, ils suffisent largement, pour garder nos trente-sept prisonniers. Car dès que l'un d'entre eux ose bouger un orteil, un rugissement, un feulement ou un aboiement menaçant, le rappelle à l'ordre…

Blaise et Gwenvael, obtenant les réactions les plus méfiantes et apeurées bien sûr…

« En tant que Caun de Celtycie et héritier du Roi, quel est ton avis, Aldaron ? » demande-je, en fixant mon beau-frère du regard…

Aldaron, assis auprès de la dépouille de son arrière-grand-père, reste silencieux, durant quelques instants, visage et regard inexpressif. Puis ses yeux viennent se poser sur moi…

« Je pense, qu'il est temps pour eux, de renoncer à leur Elfitude… » déclare-t-il, sans manifester d'animosité, mais avec la fermeté d'un Roi, avant de me demander : « En tant que Roherdiron et représentant de Nyween Faelynaë, quel est ton avis, Galdor Aranwë ? »

« Je pense également, qu'il est temps pour eux, de renoncer à leur Elfitude. » réponds-je, en inclinant la tête, comme je le ferai devant Cuthalion…

Aldaron me rend mon salut, puis il regarde tour à tour Amdir et Narmacil…

« En tant que représentants du Conseil, quel est votre avis, Amdir et Narmacil ? » leur demande-t-il ensuite, haussant à peine un sourcil vers eux…

« Le renoncement à l'Elfitude apparait nécessaire et juste à nos yeux, Caun Aldaron… » déclare Amdir, après avoir obtenu l'accord muet de Narmacil…

« Ok, renoncement à l'Elfitude adopté. Mais vous croyez qu'ils vont vouloir, ces animaux-là ? Et qu'est-ce que ça changera pour nous dans l'immédiat, à part que nous aurons la certitude qu'ils vivront moins longtemps ? Ils pourront toujours nous attaquer dès qu'on aura tourné le dos… » intervient alors Marek, sous le hochement de tête de Collen…

« Comme l'a fait remarquer Collen il y a un instant, ces Elfes sont physiquement diminués, Marek. Sans leur Elfitude, ils auront plus de difficultés encore à récupérer, surtout sans les Potions et Baumes que nous leur avons proposés et qu'ils ont refusés, à leur disposition. Par ailleurs, non seulement leur Magie vient de subir de grands bouleversements, mais leur capacité à la pratiquer sera grandement affectée. Ils ne pourront donc pas se servir correctement de la Magie avant plusieurs mois et il leur en faudra encore plusieurs dès lors, pour retrouver leurs marques, étant donné qu'ils n'ont pas de Baguette pour les aider à canaliser leur Magie. Et de plus, ils seront limités aux Sortilèges liés à la Métamorphose, qui demande beaucoup d'énergie pour durer dans le temps. » réponds-je, en fixant le Rebelle dans les yeux…

« Ouais. Autant dire qu'ils vont goûter à la vie de Moldu durant pas mal de temps et qu'ils vont devoir se débrouiller sans armes et sans outils, pour survivre, dans un environnement certes moins hostile qu'avant, mais dans lequel ils vont avoir faim et soif plusieurs fois par jours. Et tant mieux pour eux s'ils connaissent les plantes comestibles, parce que d'ici qu'ils parviennent à chasser ou pêcher à la Moldue, ils vont être au régime végétalien… » apprécie le Rebelle, avec un sourire en coin, l'air de dire que la vie ne sera pas rose tous les jours, pour les Elfes déchus…

« Sans compter qu'il n'y aura certainement rien de plus insultant pour eux, que d'être réduits à l'état de simples Sorciers… » intervient Remus, qui apprécie également cet état de fait à sa juste mesure…

Avec raison. Car c'est bien leur haine envers les Hommes et les Sorciers, qui a poussé ces Elfes à commettre des actes monstrueux.

« Très bien. C'est joliment pensé. Mais reste la question cruciale : croyez-vous vraiment qu'ils vont accepter de le faire ? » demande Collen, sourcil haussé, en une expression dubitative…

« C'est une décision qui ne leur appartient pas. S'ils ne renoncent pas volontairement, leur Elfitude leur sera ôtée, sur décision collégiale du représentant du Roi, du représentant de la Gardienne de Magie Mère et des représentants du Conseil des Elfes. » répond Aldaron, avec neutralité…

« D'accord. Mais dans ce cas, que diront Cuthalion, Nyween Faelynaë et le Conseil, lorsqu'ils sauront ? » demande encore Collen, nettement inquiet à ce propos…

« Ils approuveront. C'est une décision à la fois juste et… humaine… au regard de l'éternité qu'ils auraient à passer ici, sans aucun espoir de voir d'autres horizons un jour. Et certes, les Elfes déchus seront furieux, lorsque nous allons leur rendre notre décision, mais qui sait, un jour peut-être, certains nous remercieront-ils, de l'avoir prise… » réponds-je, sous le hochement de tête approbateur de Narmacil, Amdir et Aldaron…

Un petit silence tombe sur notre groupe. Et mon regard dérive vers les quatre Elfes assis un peu plus loin. Ils sont vêtus de vêtements que les uns et les autres ont mis à leur disposition. Et même s'ils ne regardent pas vers nous, ni ne manifestent aucune réaction, je sais qu'ils nous ont attentivement écoutés…

Pas un mot, n'est sorti de leur bouche depuis qu'ils ont repris forme Elfique. Ils ont simplement incliné la tête, afin de nous remercier pour les soins reçus, les vêtements, la nourriture et l'eau.

Mais aucun d'entre nous n'a insisté pour les faire parler non plus. Ni même essayé en réalité. Remus le fera, lorsque nous serons sortis de la Vallée Etroite, à l'occasion d'une pause, nous a-t-il dit. Et aucun d'entre nous ne songerait à remettre cela en question…

Ces Elfes ont fait partie de sa meute. Il a été connecté à leur esprit. Alors qui mieux que lui, pourrait comprendre ce qu'ils ont eu à vivre, durant leur si terriblement longue nuit de Pleines Lunes ?

« Ouais. Ben en tout cas, je n'aimerai pas être à leur place. Et encore moins à celle du dernier qui restera en vie. Celui-là, aura le temps de bien regretter d'avoir massacré autant d'animaux, à la pensée que certains viendront bouffer son cadavre pas encore froid. Si tant est d'ailleurs, que certains attendent qu'il soit mort, pour commencer à le croquer ici ou là… » déclare soudainement Marek, sur une grimace…

« S'ils ont une once d'intelligence, ils prévoiront la chose et ils creuseront une tombe, dans laquelle le dernier survivant n'aura plus qu'à se glisser et refermer la pierre sur lui, quand il sentira son heure venue… » répond Collen, sur un haussement d'épaule…

Et j'avoue que je ne suis pas plus affecté que lui, par cette question. D'autant moins que je sais, que les Roherdirons seront avertis, quand la vie de l'un d'entre eux déclinera. Et que des soins seront prodigués aux malades, aux blessés et aux mourants…

Et je le dis à mes Compagnons. Ils ne font pas commentaire. Mais je pense que cela leur convient parfaitement. Car leur esprit n'aura plus jamais à songer au sort des prisonniers de Tyll Celwie o Agar Myrn…

« Bon, allez, la décision est prise, il faut se mettre en route, maintenant… » décide-je ensuite, impatient moi aussi, de quitter cette Île et de rentrer à la Maison…

Et tandis que les autres préparent le départ, Aldaron, Amdir, Narmacil, Théodore et moi-même, nous dirigeons vers les ex Loups Garous de la Gaurhoth. Ceux-ci se lèvent péniblement à notre approche. Ils ont compris pourquoi nous venons les voir. Et ils souhaitent bien évidemment, malgré leur nudité et leur aspect plus que négligé et diminué, afficher une attitude fière et défiante, face à nous qu'ils méprisent…

« Je suis Aldaron, Caun de Celtycie et héritier du Roi Cuthalion. Au nom de notre Roi, de Nyween Faelynaë, Gardienne du Temple et du Conseil des Elfes, je vous invite dès à présent, à renoncer de vous-même à votre Elfitude, ce qui vous permettra de retrouver quelque peu d'honneur… » déclare Aldaron, qui a pris la décision insultante pour des Elfes, de s'exprimer en Langue Commune…

Insulte qui est naturellement très mal accueillie par ces Elfes hautement imbus de leur personne et convaincus de leur divine supériorité sur les Hommes et les Sorciers.

« Nous n'avons que faire de savoir qui tu es ! Et nous ne reconnaissons ni l'autorité du Roi Cuthalion, ni celle de son Conseil et moins encore de cette Gardienne du Temple ! C'est vous, qui avez renoncé à votre honneur et à la grandeur des Elfes, en acceptant de vous mêler à une plèbe infâme ! Et nous considérons que vous avez trahi notre peuple, en vous associant à ces Humains infects, pour livrer Combat contre nous ! Quant à notre honneur, il sera toujours sauf, contrairement au vôtre ! Et peu importe le temps que nous aurons à passer ici ! Un jour viendra, où la grandeur de notre pensée et de nos actes, sera enfin reconnue et saluée ! Et ce jour verra notre triomphe ! Nous ne renoncerons donc pas à notre Elfitude ! Ni maintenant ! Ni jamais ! » s'exclame l'un des Elfes déchus, le regard éminemment haineux et méprisant, sous l'approbation générale de ses congénères, qui relèvent le menton avec le plus de fierté possible…

Celui qui a parlé, est bien sûr le successeur de Vása. Auto désigné probablement, mais reconnu semble-t-il par ses congénères, qui ont besoin d'un chef à leur tête. Et il était probablement un second de Vása. Il porte d'ailleurs sur le front et l'arcade sourcilière, un gros hématome en forme de sabots de cerf. Ce qui me permet de penser, qu'il était l'un des assaillants de Remus, et qu'il doit cet hématome à Cornedrue…

« Argawaen et Vása, ont bien empoisonné votre esprit. Mais ils ne sont plus, ni l'un, ni l'autre à ce jour. Et l'Alliance des Elfes et des Hommes, est solide, soudée par l'amitié et le respect. Alors renoncez dès à présent, à l'espoir vain qu'un jour, les actes ignobles que vous avez perpétrés et votre trahison envers Magie Mère, soient reconnus et plébiscités ! Car ce jour, ne viendra jamais ! » déclare Aldaron, avec sévérité et fermeté…

Les narines du nouveau chef de bande, frémissent de fureur.

« Mon esprit n'est nullement empoisonné ! Le tien et celui de tous tes pairs en revanche, manquent singulièrement d'intelligence, pour n'avoir pas perçu que vous courrez à votre perte en vous alliant aux humains hypocrites et fourbes, qui vont vous rouler dans la fange, avant de vous frapper dans le dos ! Et je te le répète, peu importe le temps que nous aurons à passer en ces lieux ! Nous ne renoncerons pas à notre fierté d'être des Elfes ! » s'exclame-t-il, avec le soutien muet de ses congénères…

« Tu as l'air de penser que le choix vous appartient entièrement. Ce en quoi tu te trompes. Si vous ne renoncez pas de vous-mêmes, sentence sera prononcée et vous perdrez votre Elfitude, non dans la sérénité de la décision personnelle, mais dans la douleur et tout honneur Elfique perdu à jamais … » interviens-je, mon regard courant ensuite à la ronde…

Mais quel que soit ce que chacun peut penser, je comprends à leur attitude, qu'ils se soumettront à la décision de leur Chef. Bande de moutons de Panurge, dépourvus de personnalité, d'intelligence et d'honneur ! songe-je, non sans ironie et avec un mépris équivalent au leur

« Traitres à votre peuple ! La honte est sur vous, quand notre honneur sera toujours sauf, quoi que vous en pensiez ! » s'exclame le Chef de la bande de moutons de Panurge, nous défiant tous du regard, avant de cracher une dernière fois : « Nous ne renoncerons jamais ! »

« Votre honneur est donc perdu à jamais. Qu'il en soit ainsi, puisque vous avez choisi. » répond Aldaron, parfaitement neutre, avant de se tourner vers moi et d'incliner la tête, pour m'inviter à exécuter la sentence…

Et je pose une main sur l'épaule de Théodore qui, depuis que nous sommes arrivés, a bien sûr eu droit à des regards assassins, plus nombreux encore que ceux que nous avons récoltés Aldaron, Narmacil, Amdir et moi-même, (qui suis déjà pourtant personnellement bien visé en tant que Semi-Elfe, d'ailleurs) et Théo en reçoit de plus assassins encore à présent.

Mais il n'y prête garde et me présente Megildur…

En tant que son libérateur et gardien jusqu'à sa remise en main à Harry, il aurait dû être celui qui exécute la sentence. Mais je ne veux, ni ne peux le laisser assumer une telle charge. Et je ressens avec acuité, que les Magies des Gardiennes et Roherdirons, ancrées à la lame de Megildur, sont d'accord avec moi…

Théodore mérite de rester sur le goût de la satisfaction, modeste et chevaleresque qui le caractérise, d'avoir été l'un des protagonistes essentiels, dans l'accomplissement d'un miracle Magique…

Et non seulement d'avoir ainsi libéré Remus, d'une terrible Malédiction, mais également, d'avoir augmenté les chances de victoire, pour notre camp…

Car je sens, dans mon cœur de Roherdiron, que les fortes pressions exercées par la Magie Noire Originelle, sur le roc qui la contient, ont très appréciablement diminué, depuis la mort de Vása et la libération de la Gaurhoth. Si tant est que l'on puisse bien entendu, parler de libération, concernant les Elfes déchus, puisqu'ils resteront emprisonnés sur Tyll Celwie o Agar Myrn, jusqu'à leur dernier souffle…

Par ailleurs, il faut compter aussi, avec la fin de la Malédiction pour de nombreux Sorciers dans notre Monde. Ce qui a également contribué à apaiser quelque peu les tensions dans le roc…

Alors oui, Théo a largement mérité, que je lui épargne la tâche ingrate, d'ôter leur Elfitude à ces êtres immondes. Car cela équivaut à une sentence de mort, chez les Elfes…

Condamnation qu'il a été jusqu'ici impensable de prononcer pour les Elfes et j'avoue sans peine, que ce n'est pas du tout de gaité de cœur, que je vais l'exécuter, même si je suis en parfait accord avec la décision que j'ai rendue au nom de Nally …

Décision la plus juste et humaine. Je le maintiens et le maintiendrai toujours…

Je salue Théodore, d'un signe de tête, puis j'empoigne Megildur et je porte la lame d'Ithilmar sur mon front, fermant les yeux et la saluant en Elfique, avant de la pointer vers les ex Loups Garous de la Gaurhoth.

Et si nombreux relèvent la tête avec front, plus haineux, défiants et méprisants que jamais, je note quelques regards traversés de peur et de doute. Mais aucun ne renonce pour autant de lui-même, malgré la dernière chance que je leur offre de le faire, en attendant quelques secondes. Alors j'inspire profondément et j'endosse mes responsabilités, en paix avec moi-même…

« Décision est rendue, sentence est prononcée : par le pouvoir de Megildur, que leur Elfitude soit ôtée à ces Elfes déchus, pour avoir trahi Magie Mère, Inglorion Roi des Elfes, leur peuple, tous les peuples de Celtycie et le Monde des Hommes, ainsi que pour avoir perpétré sans remord, de nombreux massacres et actes de Magie Noire ! » déclare-je, avec fermeté et en Langue Commune, unissant ma Magie à celle de Megildur…

Et la Magie fuse, parfaitement Lumineuse, se déployant comme une corolle, pour englober tous les Elfes déchus. Puis des rayons fusent se dirigeant au-delà de la Vallée Etroite, emportés par les Sylphes et Sylphides qui avaient également porté nos voix dans toute l'Île, afin d'aller frapper ceux qui ne sont pas venus se battre ici, car trop blessés ou prisonniers des filets.

Et tous tombent à genoux, criant ou gémissant de douleur, jusqu'à ce que la longue vie des Elfes les quitte, les laissant tremblant. Et gémissant pour quelques-uns d'entre eux…

Je n'éprouve cependant aucune pitié. Ils ont fait leur choix, il y a des milliers et des milliers d'années déjà, de suivre la voie de la Magie Noire et aujourd'hui, ils ont fait celui de lui rester fidèles…

« Nous partons maintenant. Vous ne pourrez sortir de la Vallée Etroite, que lorsque nous aurons quitté Tyll Celwie o Agar Myrn. » déclare Aldaron, en amorçant déjà un demi-tour,

« Et nous emmenons tous les animaux avec nous. Alors bon appétit, avec ce que vous trouverez pour manger… » déclare Théo, avec douceur, en glissant Megildur dans l'un des passants dorsaux de son harnachement, avant de quitter la place lui aussi

Aldaron et moi-même haussons un sourcil surpris, à l'instar de Narmacil et Amdir, mais nous ne pipons mot sur le moment…

« Tous les animaux ? » demande cependant Aldaron, après quelques pas en direction de la caverne où les autres nous attendent…

« Tous les animaux. De toute façon, avec le nombre de massacres et carnages qu'ils ont fait jusqu'ici, ils ont mangé assez de viande pour toute une vie, alors ils peuvent bien être au régime végétarien maintenant… » répond Théo, en caressant le lapereau qu'il n'a pas lâché depuis que nous sommes ici et qui ajoute sur un haussement d'épaule : « Il restera toujours des lombrics, asticots et insectes qu'ils pourront manger crus ou grillés selon leur goût, s'ils tiennent immédiatement à maintenir les protéines dans leur alimentation. Et puis les œufs dans les rivières et ruisseaux finiront par leur fournir du poisson, des écrevisses et des grenouilles. Et ce sera déjà pas mal, non ? »

Aldaron, Amdir et Narmacil, ne cachent pas plus leur amusement que moi à cette réponse…

« Grillés as-tu dis ? Et comment feront ils pour le feu ? Comptes-tu leur laisser un briquet Moldu ? » demande-je, sur un clin d'œil à mes Compagnons Elfes…

« Penses-tu ! Ils ne sauraient même pas s'en servir ! Et je ne pense même pas d'ailleurs, qu'ils chercheraient à utiliser un objet fabriqué par des Humains infects. Pas plus d'ailleurs je pense, qu'ils entretiendraient un feu que nous avons allumé. Ils ont trop la haine contre nous, pour saisir la chance que nous leur offrons de ne pas prendre froid la nuit prochaine. Et en fin de compte, pour faire griller leurs insectes, lombrics et asticots, ils seront obligés de faire comme les hommes de Cro-Magnon et utiliser des silex pour faire le feu… Ou s'arracher la peau des mains en frottant deux morceaux de bois l'un contre l'autre… » répond Théo, avec malice…

« Activités hautement indigne de leur ex grandeur… » souris-je, imaginant la scène sans mal…

« Oui. Et encore, ce n'est qu'un début. Parce qu'il va aussi falloir qu'ils apprennent à se faire un pagne avec des hautes herbes et des feuilles d'arbres, s'ils ne veulent pas se balader cul nu durant toute le reste de leur vie. » rajoute Théo, qui se pique au jeu…

« Construire des cabanes avec des branches de bois mort, pour s'abriter des intempéries… » surajoute Aldaron, avec un mince sourire…

« Confectionner les paniers en osier, qu'ils utiliseront lorsqu'ils feront cueillette de fruits … » enchérit Amdir, le regard pétillant

« Façonner des poteries d'argiles, afin de se faire assiettes, plats, gobelet et pots à eau… » surenchérit Narmacil, l'air amusé

« Tailler des couteaux en silex ou ossements, afin de vider les poissons ou couper les cuisses de grenouilles… » complète-je, avec le plus grands sérieux…

« Ouais. Et ils n'ont pas fini de regretter de n'avoir pas fait un stage de survie avec Nally. Parce qu'au moins, ils auraient déjà quelques bases pour savoir comment faire tout ça… » conclut Théo, qui embrasse du regard la Vallée Etroite, avant d'ajouter : « Bref, nous pourrons dire que sur Tyll Celwie o Agar Myrn, nous avons vécu aujourd'hui la fin d'un Enfer et le commencement d'un autre. Et tout ça, dans un décor pourtant digne du Paradis… »

Et je me dis que sa remarque est tout à fait juste…

Car si l'Enfer est terminé pour les animaux et pour nous, il se prolonge dans des conditions différentes, pour les anciens Loups Garous de la Gaurhoth…

Et ce sera bien un Enfer dans un décor de Paradis. Car c'est vrai, que Tyll Celwie o Agar Myrn est très belle, sous les éclatants Soleils éclaboussant de lumière la végétation, qui se tend vers eux, pour absorber la lumière de leurs rayons. Cela a dû tant lui manquer, durant cette longue, très longue nuit de Pleines Lunes dont le temps était jusqu'ici suspendu…

Mais désormais, jours et nuits se succéderont. La véritable vie va reprendre ses droits. La végétation va pousser et foisonner bientôt, ses couleurs vont s'aviver. Et malgré ses rives hostiles, sur lesquelles s'écrasent à grands bruits les si hautes chutes d'eau, cette Île deviendra un véritable petit bijou de verdure et de fleurs superbes…

Mais je doute, que ses prisonniers apprécient un jour leur séjour forcé en ces lieux magnifiques…

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