Disclaimer : cf chapitre 1
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Grand merci et gros bisous à Mistycal !
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OoOoOoO
Réponse sur mon forum, au commentaire de : - Huguette -
OoOoOoO
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Hello tout le monde !
J'espère que les vacances :
- se sont bien passées pour celles et ceux qui, comme moi, sont déjà revenus
- qu'elles se passent bien pour celles et ceux qui le sont encore (les veinards)
- qu'elles se passeront pas bien pour celles et ceux qui ne le sont pas encore !
Bonne lecture sur ce nouveau chapitre !
Bisous
Me-Violine
OoOoOoO
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Le Retour Des Chevaliers 1 / 2
Acte 1 : En Route Pour La Maison
Blaise
Ça y est. Severus, Théo et les autres reviennent vers nous. On va pouvoir rentrer à la maison.
Putain que j'ai hâte de serrer Hermione dans mes bras !
Et j'espère qu'on pourra passer un peu de temps au Paradis, avant de revenir à Poudlard…
Poudlard…
Même si dans l'absolu, je ne suis parti qu'hier soir de Poudlard, je ne pourrai jamais faire comme si je l'avais quitté seulement la veille et que rien n'avait changé pour moi. Non, je ne pourrai pas faire comme si depuis, je n'avais pas vécu l'Enfer et eu mille fois peur de mourir. Non, ce n'est pas possible…
Pas possible, de faire comme si je n'avais pas combattu des Loups Garous enragés.
Et encore moins, comme si Greg n'était pas mort en héros et que je n'avais pas assisté à un Miracle Magique…
Ni, comme si tout ça ne m'avait pas changé. Marqué à vie.
Ouais. Marqué à vie…
Théo et Draco le sont aussi, marqués à vie…
Les autres élèves ne pourront pas manquer de le voir. Ou alors, c'est qu'ils sont complètement aveugles et sourds. Parce que ça se voit qu'on a changé tous les trois. Dans nos yeux. Et ça s'entend aussi dans nos voix. Dans notre façon de voir la vie et le Monde…
Ouais…
Avant de venir ici, j'ai promis à Harry de revenir en vie et entier et je ne pourrai jamais faire comme si j'avais tenu cette promesse. Parce que certes, je vais bien revenir en vie, mais je ne reviens pas vraiment entier, même s'il ne manque pas un seul poil de ma queue. J'ai perdu un pote ici. Un Compagnon, dans la vie, dans la mort. Alors il y a un bout de moi qui est mort ici, en même temps que lui. Et je vais laisser un peu de mon cœur derrière moi, quand je vais quitter cette Île…
Compagnon, dans la vie, dans la mort. On ne peut pas se rendre compte de ce que c'est, à quel point c'est fort et que cela crée des liens solides, aussi longtemps qu'on ne l'a pas vécu. Et on ne peut pas s'en rendre compte non plus je pense, quand on n'a pas appartenu à un groupe de Compagnons qui a traversé l'Enfer, comme nous l'avons fait…
Putain de Gaurhoth ! Putain d'Elfes Loups Garous enragés !
Dire qu'ils vont vivre la tête au Soleil ces enfoirés ! Et dans un vrai décor de rêve ! Un petit bijou paradisiaque, idéal pour passer des belles vacances !
Bon d'accord, ça ne va pas vraiment être des vacances pour eux. Surtout au début, quand ils vont devoir apprendre tout seul à survivre, sans pouvoir se servir de la Magie. Mais merde ! C'est dans l'ombre épaisse d'un cul de basse fosse, qu'ils mériteraient tous de finir leurs jours ! Pas la tête aux Soleils. Non. Pas la tête aux Soleils…
« Ils vont avoir du mal à marcher et pas aller loin, avec leur dos voûté et leurs genoux à moitiés pliés, comme ça… » entends-je soudain Collen déclarer derrière moi…
Je tourne aussitôt mon attention vers lui et Marek. Ils jettent tous deux des coups d'œil furtifs vers les quatre Elfes, assis un peu à l'écart, tout en finissant de ramasser ce qui traîne encore de notre pause repas.
« Ouais. Mais le meilleur moyen pour qu'ils se dérouillent les jambes, c'est de marcher justement… » répond Marek, avant de mettre une canette de coca vide dans son sac
« Je sais bien, mais je suis pressé de m'en retourner moi et de voir ma famille. Or, qu'ils marchent ou qu'on les porte, ça va sacrément nous retarder… » réplique Collen, sur un soupir…
« Ils n'ont pas de bonnes guibolles, mais ils ont de bons bras. Alors file-moi quelques branches de bois mort solides et pas trop tordues, je vais les Métamorphoser pour leur faire des béquilles. Après un peu de pratique, ils pourront bien avancer… » interviens-je, désireux moi aussi, de rentrer au plus vite…
Et puis, ces Elfes nous ont aidés. Et ils s'en sont pris plein les lattes, par les Loups de Vása, qui se sont sacrément bien acharnés aussi sur eux. Surtout lors du Combat sur le plateau, au cours duquel Greg est mort et où Inglorion a été blessé à mort aussi. Tous les quatre se sont récoltés des morsures sur les cuisses et le cou, des griffures profondes sur le dos et les flancs. Alors, ils méritent bien qu'on soit aux petits soins avec eux…
« Ouais. Bonne idée. Et je vais tâcher de trouver en route, ce qu'il faut pour faire un brancard ou deux. Comme ça, ils pourront aussi se reposer tour à tour sur le chemin, entre deux étapes, à pied… » répond Collen, en farfouillant dans un petit tas de bois
Celui que nous avions rassemblé pour faire du feu, afin de cuire un petit repas plus solide que les barres de céréales et quelques sandwichs que nous avions emportés.
Il trouve son bonheur et quelques secondes plus tard, les béquilles sont faites. Puis je vais les amener aux Elfes, leur expliquant comment s'en servir. Ils évitent mon regard. Mais ça ne fait rien. Parce que ce n'est pas parce que je suis un Humain, ni par mépris. Ils ont honte et sont bourrelés de remords. De s'être trompés sur les Humains justement, d'avoir cru Argawaen et pensé que c'était les hommes qui les avaient empoisonnés. De ne pas avoir vu venir le coup de dent intentionnel de Vása. De ce qu'ils ont fait sous leur forme Lycanthrope, aussi.
C'est à cause de ça, qu'ils restent à l'écart de notre groupe. Remus dit qu'ils pensent ne pas mériter la chance qu'on leur donne, nos attentions pour eux…
Et puis, ils ont vécu aussi l'Enfer ici, durant une nuit qui a duré des milliers et des milliers d'années, sans jamais pouvoir évaluer le Temps qui passait. Alors, ils sont sacrément marqués par ça aussi. C'est bien normal…
Et franchement, je crois qu'ils ne quitteront jamais tout à fait l'Enfer, eux non plus. Car je pense fort, que quoi qu'on dise et quoi qu'on fasse pour les aider à en finir avec tout ce qu'ils ont vécu, l'Enfer sera dans leur tête à jamais et pour toujours…
Et ça me fait de la peine pour eux. Parce que certes, s'ils avaient été moins cons au départ, rien de tout ça ne leur serait arrivé et on n'en serait pas là où nous en sommes aujourd'hui, avec la menace que tout nous pète à la gueule d'ici peu dans les deux Mondes, mais ils ont déjà payé bien assez cher leur connerie, je pense. Ils se sont aussi bien rachetés, en nous donnant un bon coup de main. Alors ils mériteraient d'avoir un peu de paix et de tranquillité maintenant…
Mais hélas, ils ne l'auront pas. Je peux même affirmer, rien qu'en les regardant maintenant, que ce sera plus dur pour eux de vivre à présent, que pour les autres salauds qui viennent d'être privés de leur Elfitude et finiront leurs jours ici. Parce qu'ils ont des remords, eux. Et pas les autres, qui brûlent de rage et de rancœur et ne se remettront jamais en question. N'admettront jamais leur erreur…
Ouais… Toutes ces questions d'Enfer et de Paradis, ça peut être sacrément relatif parfois…
On se trouve en ce moment, dans un petit coin de Paradis Celtycien, où on a connu l'Enfer. Et ces quatre Elfes vont bientôt vivre un autre Enfer dans leur tête, là où ils devraient pourtant pouvoir vivre, comme au Paradis…
Quand je vais parler de tout cela avec Hermione, elle va me dire que je deviens aussi philosophe qu'elle. Et elle aura raison, mon Hermione…
Putain que j'ai hâte de la voir ! De l'embrasser, de lui faire l'amour et de chialer un bon coup dans ses bras. Parce que j'en ai bien besoin, de pleurer un bon coup. Mais pour le moment, je n'y arrive pas. Et ça ne fait pas de bien à mon Tigre ça. Ça lui donne envie de rugir un bon coup, de foutre une putain de bonne dérouillée maison à tous ces salauds là-bas. De leur faire ravaler les regards haineux et méprisants qu'ils rivent sur nous…
Ils sont assez loin de moi et je ne peux pas voir leurs regards, c'est vrai. Mais je les sens. Il pèse des tonnes sur moi, sur mon bide et sur mon cœur. Et ça me fait monter la grosse, la très grosse colère à la gorge.
J'ai envie de leur faire payer la mort de Greg, mon chagrin d'avoir perdu un ami et Compagnon, dans la vie, dans la mort. Les milles peurs que j'ai eues cette nuit. L'Enfer qu'ils ont fait vivre à des milliers de Sorciers et de Sorcières, depuis des milliers d'années qu'ils ont créé les Loups Garous. Les massacres qu'ils ont commis autrefois…
Et ça m'étouffe de plus en plus. Je n'ai pas envie de repartir avec ça. Je ne veux rien emmener d'ici qui ressemble à ça. Ce sera bien suffisant déjà, que je laisse un bout de mon cœur en partant et que je ramène ma peine à la maison, les cauchemars que je vais sûrement faire durant un bout de temps et ma nouvelle façon de voir la vie et le Monde, avec plus de nuances qu'avant encore…
« Nous y allons, Blaise… » déclare Severus, en posant une main sur mon épaule, pour m'encourager à me mettre en route…
« Ouais… Laisse-moi juste le temps de laisser une grosse colère ici, tu veux bien ? » demande-je, en le fixant dans les yeux…
« Je t'en prie… » répond-il, avec un sourire, en m'invitant d'un geste à passer devant lui…
Il y a de la confiance, dans son sourire et le regard qui l'accompagne. Il a compris, que je ne ferai rien d'irrémédiable. Ce n'est pas mon genre de toute façon et il le sait…
Alors j'y vais. J'endosse mon Tigre Royal et je pousse un rugissement du feu de Merlin, avant de foncer en grondant et rugissant sourdement vers les salauds. Et je sens leur peur suinter de me voir débouler comme ça à fond de train. Certains sont tétanisés, d'autres se barrent aussi vite qu'ils le peuvent, à quatre pattes ou sur deux, en trébuchant sans cesse à cause de leur guibolles à demi pliées…
Et je stoppe soudain, pour rugir encore avec tout mon chagrin. Et la très grosse colère que j'ai contre eux. Et je recommence à courir, je tourne autour d'eux, donnant des coups de griffes dans l'air, grondant, rugissant et manœuvrant pour rabattre les ex Loups Garous de la Gaurhoth, les uns contre les autres …
Ils sentent ma rage contre eux. Et ils sont terrifiés. Surtout quand Severus, (je suis sûr et certain au fond de moi que c'est lui et qu'il a compris mes intentions), jette un truc Métamorphosé pour ressembler à un gros quartier viande bien saignant devant moi, que je déchire en trois coups de griffes et de crocs rugissants, avant d'avancer vers eux, me ramassant sur moi-même, comme si j'allais leur sauter à la gorge, pour réduire en charpie leur petite personne…
Il y en a un cependant qui a compris que je ne le ferai pas. Je le vois et je le sens. Il me regarde d'un air de dire que je ne le trompe pas, qu'il sait que je ne leur ferai rien et qu'il n'a donc aucune peur de moi. Mais qu'en revanche, il me méprise plus que jamais…
Alors je décide de ne pas le louper celui-là et de lui faire ravaler ses certitudes. Et je bondis droit sur lui, le plaquant au sol et lui faisant bien sentir la prise de mes griffes sur ses épaules. Et je lui rugis à la gueule, aussi fort qu'il m'est possible. Et je peux vous assurer que cette fois il a très peur. Il est terrifié, même, d'autant quand je fais mine de refermer ma gueule sur sa gorge, égratignant bien sa chair quand je la mordille de mes crocs, serrant juste assez pour qu'il se sente pris dans un étau impitoyable. Il crie cette fois, il hurle sa terreur ce salaud…
Je me retire alors. Reprenant ma forme humaine, tout en me levant d'un bond…
« Maintenant, tu sais l'effet que tu faisais, aux gosses, aux femmes et aux hommes, que tu as sciemment massacrés. Alors vis avec ça dans ta tête maintenant, salopard et que ça te fasse réfléchir un peu… » déclare-je avec mépris, avant de tourner les talons
Et je pars vers mes potes, mes Compagnons, dans la vie, dans la mort, sans plus me préoccuper de l'ancienne meute de Loups Garous, le cœur et le bide allégés du gros poids de la colère qui m'étouffait…
Je me sens bien mieux maintenant. Je ne vais pas partir d'ici, avec cette colère que je ne voulais pas ramener à la maison.
« On peut y aller, maintenant… » souris-je, vers Severus, lorsque j'arrive à sa hauteur…
Il ne répond rien. Il me file juste une petite tape sur l'épaule, avec un sourire entendu…
Et mes autres compagnons en font autant, avant que je me baisse, de concert avec Draco, pour soulever le brancard sur lequel repose le corps de Greg…
Mon Compagnon, dans la vie, dans la mort, que nous ramenons à la maison…
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Théo
Voilà, nous sommes partis. En route pour la maison.
Cornedrue a pris la tête de notre cortège, menant sa harde et drainant tous les animaux de la Vallée Etroite dans son sillage. Jamais je n'ai vu autant de lapins et lièvres en même temps. Il y a aussi des cailles, un couple de blaireau, des ragondins, des canards sauvages, des écureuils, des hérissons, des campagnols et même trois ou quatre serpents, qui se faufilent entre les pattes, sans représenter une menace, pour les autres animaux…
Un drôle de cortège dont nous fermons la marche...
Et qui va s'enrichir en nombre et espèces à mesure de notre avancée, c'est sûr…
A la fin de notre voyage, ce sera une sorte d'Arche de Noé à petite échelle, a dit Severus tout à l'heure. Avant de nous expliquer que cela faisait référence à la bible, un ouvrage religieux Moldu contenant des paraboles et légendes, dont certaines sont, sans que les Moldus le sachent, liées à des événements provoqués par les Sorciers…
Bref, nous voilà partis, de retour vers chez nous.
Ça fait du bien, de marcher la tête aux Soleils.
Bien sûr, je ne peux pas m'empêcher de penser, qu'à l'aller j'étais sur le dos de Cornedrue, le cœur battant, car derrière moi, le vent m'apportait le fracas de la terrible Bataille de mes Compagnons, contre les Loups Garous…
Mais c'est terminé ça. Il n'y a plus de Loups Garous et il n'y en aura jamais plus.
Je n'arrive pas vraiment à réaliser ce que j'ai fait, avec Megildur et les Magies de Greg et Inglorion. J'ai vécu ça comme dans un rêve. Même ce que j'ai dit à Draco, avant de m'élancer vers Vása, c'était comme dans un rêve. Je me sentais porté par une force extraordinaire et puissante, presque divine, comme il est décrit, dans ce roman chevaleresque, que j'ai prêté à Greg il y a quelques jours.
Le Chevalier Greg…
Jamais je n'oublierai ce que j'ai partagé avec sa Magie. Et donc avec lui.
Et j'ai effectivement senti, quand ma Magie s'est mêlée à la sienne, qu'il est mort heureux…
Heureux d'avoir réalisé son rêve, avant de partir vers le Paradis…
Ça se voit d'ailleurs sur son visage. Il est détendu et il sourit.
Tout à l'heure, Draco et Remus ont lavé sa dépouille et lui ont mis des vêtements propres. Ils lui ont aussi remis son armure en peau de Foërlick, que Collen et Narmacil ont bien nettoyée et briquée à la main. Puis nous avons déposé sur lui des fleurs des champs, avant de refermer la cape de Roherdiron de Severus autour de lui. Et je sais que son corps ne se dégradera pas, même si le temps passe de nouveau sur Tyll Celwie o Agar Myrn. Megildur a veillé à cela.
Je suis triste, à la pensée du chagrin que vont avoir Milli et Vincent à notre retour. Ils étaient très liés tous les trois. Et je suis sûr que lorsqu'ils auront un fils, ils l'appelleront Gregory et qu'ils demanderont à Draco d'être son Parrain.
Et Draco sera très heureux d'accepter…
Je suis également triste, à la pensée du chagrin qu'aura Harry. Je connais mon frère. Il va se sentir très coupable, d'avoir envoyé Greg vers sa mort. Mais je lui rapporterai ce qu'a dit la Magie du Chevalier Greg, je lui montrerai même mon souvenir s'il le faut. Je lui dirai aussi, ce que j'ai ressenti, lorsque ma Magie s'est un peu mêlée à la sienne. Ça ne le consolera pas, ni ne lui enlèvera sa tristesse, je le sais bien. Mais je pense que cela lui fera du bien, qu'il comprendra comme moi, que le Chevalier Greg est vraiment mort heureux…
Et j'espère aussi qu'il comprendra, que quoi que nous fassions pour l'éviter, il y aura toujours des morts dans nos Batailles. Et qu'il n'a pas à culpabiliser pour cela, car il n'est en rien responsable. Les responsables, ce sont ceux qui provoquent la guerre. Et mettent les Chefs de Guerre comme Harry, dans d'obligation d'envoyer de vaillants Chevaliers affronter la mort au cours des Combats ou des Missions, des quêtes comme celle que nous avons menée…
Non. Harry ne doit pas culpabiliser. Et je ferai tout ce que je peux pour qu'il le comprenne.
Nous parlons peu. Nous marchons au plus vite. Collen a finalement fabriqué deux brancards, avec nos Bâtons griffus, pour transporter à tour de rôle les Elfes qui se sont ralliés à nous et sont très affaiblis. Une bonne façon de recycler nos armes qui ne sont plus utiles ici.
Je plains de tout cœur ces pauvres Elfes. Ils doivent beaucoup appréhender de revoir bientôt ceux qu'ils ont connus, avant de devenir des Loups Garous. Et leur famille aussi. Car ils en ont sûrement une, qu'ils vont retrouver à leur retour chez eux. Moi, je sais qu'ils seront bien accueillis. Mais eux, doivent se poser des tonnes de questions à ce propos.
« J'ai l'impression que le chemin est beaucoup plus court qu'à l'aller… » déclare soudainement Gwenvael, en regardant la falaise dont nous approchons bien vite…
« Il n'est pas plus court. On nous facilite la tâche… » répond Severus, en jetant un coup d'œil souriant vers moi…
Je lui rends son sourire. Car c'est vrai. Megildur me chatouille le dos en permanence depuis que nous sommes partis. Et en fait, depuis que nous nous sommes mis en route, nous marchons à pas de Géant ou presque…
« Oh ! Nous avons des rangers de sept lieues aux pieds c'est ça ? » réagit Sirius, en haussant un sourcil…
« Des rangers de sept lieues ? De quoi tu parles, là ? » demande Marek, visiblement très surpris et interrogateurs…
« Référence à une histoire Moldue que ma chouquette a tenu à me raconter, pour que je m'endorme plus vite à l'heure d'une sieste au soleil… » répond Sirius, ajoutant, sur un clin d'œil : « Si tu veux, je te la raconte ce soir, après t'avoir bordé pour ton dodo… »
Marek se marre, puis il répond à Sirius, que sa femme s'occupera elle-même de le border bien soigneusement lorsqu'il sera dans son lit ce soir et qu'il aimerait beaucoup mieux avoir une explication tout de suite. Et finalement, Sirius lui raconte l'histoire du chat botté, en version extra courte, avant de lui révéler qu'il y a bien un Sortilège, qui permet de franchir une belle distance en un seul pas, ou de bondir très haut et très loin…
« Ok, je comprends mieux. » commente Marek, avant de se tourner vers bibi et demander : « Alors, c'est ça, nous avons des rangers de sept lieues aux pieds ? »
Et j'acquiesce. Précisant que ce sont plutôt des rangers de cinquante pas, que les Elfes ont des béquilles de cinquante longueurs de bras et les animaux des pattes de cinquante pas…
Et en quelques pas, nous atteignons la falaise, où Aldaron et Severus transforment l'escalier façonné par la main des Géants, en une rampe qui monte en pente douce et en lacet sinueux, que nous nous empressons de grimper à la suite des animaux. Mais tout le monde se retourne lorsque nous arrivons en haut, pour regarder une dernière fois la Vallée Etroite, dans laquelle un miracle Magique s'est accompli.
Mon regard se fixe sur l'entrée du Torech de Bauglir, qui parait minuscule vue d'ici, alors qu'elle est si haute et large en réalité…
J'ai vécu dans la petite grotte qui se trouve derrière la Caverne, le moment les plus affreux de ma vie, à égalité avec celui où Pansy Parkinson m'a torturé. Mais à la différence de celui où Pansy Parkinson m'a torturé, c'était en même temps, l'un des moments les plus beaux de ma vie, quasi à égalité avec celui où j'ai échangé mon premier baiser d'amour avec Ma Ginny…
Oui, c'est un moment très beau que j'ai vécu dans la grotte, même si j'ai terriblement souffert en pensant que j'avais échoué, par lâcheté, que j'avais trahi la confiance et les espoirs de mes Compagnons et de Magie Mère, que j'étais responsable de la mort de Greg. C'est un très beau moment, car je me suis totalement trouvé dans la Grotte. Je sais qui je suis maintenant, ce que je vaux exactement et ce que je veux plus que tout dans la vie. Ce que je veux faire de ma vie aussi…
Je veux tout simplement faire quelque chose qui me ressemble et être moi-même toujours. Je veux donc être un Chevalier du quotidien, attentionné avec les autres, prenant soins d'eux. Avec les enfants notamment.
« Je serai Médicomage. Et j'aimerai bien prendre soin surtout des gosses. Alors quand Madame Pomfresh prendra sa retraite, je postulerai à son poste, même si je dois être payé comme infirmier pour décrocher le boulot. Je m'en fous, de ne pas être bien payé. Je veux simplement être heureux. Voilà, ce que je ferai de ma vie… » murmure-je, sur un sourire…
« Ouais, ben en attendant que Pompom prenne sa retraite, tu pourras toujours travailler dans l'école que je vais proposer à Claryce et Megan d'installer à Priest Hole Manor, pour que les enfants apprennent les bases, avant d'entrer à Poudlard. Notamment les petits Sorciers né-Moldus, qui seront ainsi moins perdus, en arrivant à Poudlard… » me glisse Blaise, m'encourageant en me tirant doucement par le bras, à me remettre en route…
« Je croyais que tu voulais être Médicomage, toi aussi ? » réagis-je, fronçant les sourcils avant de préciser : « Et laisser Priest Hole aux mains de la nature… »
« Je veux toujours être Médicomage. Et finalement j'ai décidé de rendre ses lettres de noblesse, à la propriété de mon père. Et quoi de mieux dans ces conditions, que d'en faire une école, où les gosses seront comme des coqs en pâte et heureux de vivre ? » répond Blaise, tandis que je regarde notre cortège s'allonger de quelques nouveaux animaux…
Un sanglier, une laie et des marcassins. D'autres lièvres et lapins, des poules d'eau, quatre renards et trois renardeaux, des belettes…
Et tout ça en bonne entente et bon ordre…
« Ah. Mais dans ce cas, pourquoi tu ne serais pas Médicomage toi-même dans cette Ecole ? » demande-je, haussant cette fois un sourcil…
« Parce que moi, c'est Médicomage de campagne que je veux être. Et me faire payer avec des œufs, un jambon ou un poulet, un panier de légumes frais…Bref, avec ce que les fermiers du coin pourront me donner en échange de mes services et des Potions que je ferai moi-même. La vraie vie de campagne, quoi… » sourit Blaise, l'air de se voir déjà rentrer à la maison, les bottes crottées de terre, avec un poulet sous le bras gauche et sa sacoche de Médicomage dans la main droite…
« Un vrai projet de vie, pour un vrai Chevalier au grand cœur… » souris-je vers mon ami…
« Ouais. Quand on est un vrai Chevalier, ce n'est pas seulement le temps d'une guerre. C'est pour toute la vie. Et c'est bien mieux encore, d'être Chevalier pour faire autre chose que la guerre, n'est-ce pas ?… » répond-il, son regard fixé sur l'horizon et sourire aux lèvres…
Et je devine qu'il imagine son avenir. Alors je le laisse à ses pensées, pour revenir aux miennes. Et ainsi va le chemin, jusqu'à ce que nous fassions une halte sur un plateau.
Je n'ai pas besoin qu'on me dise quoi que ce soit, pour savoir que c'est à cet endroit, qu'a eu lieu la seconde confrontation avec la Gaurhoth. Je le savais déjà bien avant que nous arrivions, Car l'atmosphère a changé dans notre groupe. Se faisant plus lourde à mesure qu'on avançait. Plus silencieuse aussi.
C'est aussi comme ça, que j'ai su tout à l'heure, à quel endroit Inglorion a poussé son dernier soupir. Ce n'était pas très loin de la falaise et nous avons également fait une petite halte là-bas…
Je n'ai pas non plus besoin que l'on me raconte quoi que ce soit, pour comprendre à quel point la Bataille livrée ici, a été très dure, très sauvage. L'état des lieux me l'indique bien assez clairement. L'herbe est foulée, salement piétinée et tâchée de sang. Les buissons présentent de nombreuses branches cassées ou brûlées. Quelques filets crevés pendent dans les arbres alentours ou sur le sol…
Et comme mes Compagnons le font, je vais me recueillir au bord de la ravine dans laquelle Greg a trouvé la mort.
Je sais exactement à quelle place Greg, le si vaillant Chevalier Greg, est mort. Il fait sombre au fond de la ravine, mais il y a une ombre plus sombre encore sur un rocher, que je devine être le sang de mon ami. Je sais aussi, qu'il a eu très mal, lorsque son dos s'est brisé et que l'arrière de sa tête a explosé sur la pierre si dure. Mais après cela, il n'a plus souffert. Il savait qu'il allait mourir, mais il était heureux. Parce qu'il avait accompli son rêve…
Un rêve que seul Harry connaît…
« Allons-y, ne restons plus ici. Allons un peu plus loin pour manger quelque chose et nous hydrater. Puis remettons-nous en route. Le jour ne va pas tarder à baisser… » décide soudainement Severus, parlant à voix basse et douce, troublée d'émotion
Nous hochons tous de la tête et tournons le dos à la ravine.
« Attendez, je vois quelque chose là-bas, dans l'ombre. On dirait un bout de pied… » déclare cependant Gwenvael, le doigt pointé un peu en aval de la ravine…
« C'est le pied de celui qui a entraîné Greg dans la ravine, sûrement. Il a dû très sérieusement se blesser lui aussi et ramper pour se réfugier où on ne le verrait pas, de peur qu'on l'achève… » répond Draco, la voix sourde et tremblante…
« Je vais voir… » décide Remus, descendant dans la ravine, suivi de Marek et Aldaron…
Un Sorcier, un Rebelle et un Elfe…
Je crois que tout le monde a cette même pensée, en les regardant descendre. Et dans un automatisme, nous les accompagnons sur le chemin, depuis le bord de la ravine…
« Ne vous approchez pas de moi ! » s'exclame soudainement une voix rauque, haineuse et brusque, provenant de l'ombre d'un trou creusé dans la roche, à la base de la ravine…
Vu d'ici, celui auquel elle appartient, est aux trois-quarts masqué par des rochers et le reste du quart par un buisson, seule la pointe de ses orteils dépasse un peu…
« On vient pour te soigner et t'aider à remonter là-haut ! » répond tout aussi brutalement Marek, mais d'un ton plutôt neutre…
« Je ne veux pas de vos soins ! Vous ne me toucherez pas ! » s'exclame la voix de l'ancien Elfe Loup Garou, avant de jeter une assez grosse pierre vers Remus, qui l'évite en se baissant vivement …
« Abruti ! Ça se voit d'ici que t'as la hanche et l'épaule démises ! Tu pourras jamais remonter tout seul dans cet état ! » répond Marek, soupirant avant d'ajouter : « Mais bon, après tout, si ça te chante de crever tout seul dans ton coin, je vois pas pourquoi je m'emmerderai avec toi ! D'autant que t'as tué l'un de mes braves Compagnons ! »
Et Marek fait mine de faire demi-tour, mais Remus le retient par l'épaule, en levant les yeux dans notre direction…
« Ara Saeldur, viens donc montrer ta joli dentition et tes jolies griffes au Monsieur, histoire qu'il comprenne qu'il a tout intérêt à nous laisser faire ce que nous estimons être un devoir d'être Humain, envers un autre être, qu'il soit ou non humain lui-même… » dit-il, avec le plus grand sérieux…
« Ara Saeldur arrive, Gaur Indcôl ! » répond Blaise, se reculant derrière nous puis se transformant en Tigre, avant de sauter dans la ravine …
Et il s'approche de sa démarche féline, dans une attitude menaçante, tous crocs découverts et avec un son roulant dans la gorge qui ne trompe pas. Au moindre faux mouvement, à la moindre parole fielleuse, l'autre le sentira passer. Il s'arrête cependant auprès de Remus, avançant une patte et la posant sur un petit rocher, ses griffes bien mises en valeur….
« Ou tu nous laisses te ramener à la lumière et te soigner tranquillement, où je lâche mon fauve sur toi, pour qu'il te fasse ramper hors de ton trou. Qu'est-ce tu choisis ? » demande Remus, d'un ton très sévère…
Le silence se prolonge un peu, tendu. Et Blaise qui s'impatiente quelque peu, décide de pousser un petit rugissement, en lançant un coup de patte très vif dans l'air. Avec effet immédiat…
« Très bien ! Soignez-moi, puisque vous y tenez ! Mais que ce soit un Elfe qui le fasse ! Et personne d'autre ! » s'exclame la voix, dans la ravine…
« Un Elfe ? Ainsi, maintenant que tu as perdu ton Elfitude, tu voudrais qu'un Elfe souille ses mains, en touchant l'un de ces Humains infects que tu es devenu ? » réagit Aldaron, avec une ironie mordante plus qu'évidente et imitant parfaitement l'intonation méprisante qu'a eue tout à l'heure, le nouveau Chef des ex Elfes déchus, ajoutant tout aussitôt après, d'un ton assez neutre : « Je ne suis pas suffisamment qualifié, pour dispenser les soins que ton état requiert. Ni les deux autres Elfes présents ici avec moi. Gaur Indcôl et Marek, le sont bien davantage que nous. Il est donc de ton intérêt, que ce soit eux qui te soignent… »
L'autre ne répond pas. Mais il doit avoir capitulé et hoché la tête, au nouveau grondement sourd de gorge de Blaise, car Remus et Marek s'avancent dans sa direction, pour le sortir avec précaution de sa cachette. L'autre gémit et grimace de souffrance cependant. Et il n'apprécie visiblement pas non plus d'être déposé, tête au pied du rocher sur lequel Blaise s'est installé.
Et bien sûr, mon pote réagit à son regard, penchant la tête vers son visage, en grondant avec menace. Si tu ne te tiens pas tranquille, tu auras affaire à moi, dit-il, dans son langage Tigre. Et l'autre le comprend parfaitement. Et il se laisse faire. Criant sa douleur, lorsque son épaule et sa hanche sont remises en place. Grimaçant et gémissant, quand des griffures et plaies sur son dos, ses flancs et ses fesses, sont désinfectées.
« Voilà, c'est fini. » annonce enfin Remus, avant de préciser, en direction de l'ex-Elfe : « Je te conseille d'attendre un peu et d'échauffer tes articulations, avant de remonter sur le plateau. Par ailleurs, pour ton information, la moitié des tiens se trouve encore dans la Vallée Etroite et ils y resteront certainement durant quelques temps encore. Ceci dit, que tu suives ou non mon conseil et que tu rejoignes tes pairs ou non, ce n'est pas mon problème. J'ai fait ce que j'avais à faire et j'ai la conscience tranquille. C'est tout ce qui compte pour moi. »
Et il se lève, à l'instar de Marek, tandis que Blaise penche une fois de plus sa tête de Tigre vers l'ex Elfe, avant de reprendre forme Humaine. Et il lui adresse un petit sourire en coin moqueur, avant de revenir vers nous, en compagnie de Remus, Marek et Aldaron…
Et après avoir ramassé les filets crevés que les prisonniers ont désertés avant d'aller se cacher je ne sais où, nous reprenons route, faisant une halte plus loin, pour manger et boire quelque chose. Par la suite, le reste du chemin s'effectue sans incident, ni rencontre autre que celle des animaux qui se joignent à notre cortège…
Une harde de daims, des chevreuils, d'autres sangliers, laies et marcassins, blaireaux, cailles, canards et canetons, hérissons, faisans, renards, poules d'eau, écureuils et autres petits mammifères ou rongeurs…
Tous les animaux désertent Tyll Celwie o Agar Myrn et j'en suis heureux.
C'était mon souhait. Il est exaucé. Et tant pis pour les prisonniers. Comme je l'ai dit tout à l'heure, à Aldaron, Severus, Amdir et Narmacil, ils trouveront toujours à se mettre quelque chose sous la dent. Il suffira pour cela, qu'ils se donnent la peine de chercher. Ils apprendront aussi à se débrouiller pour survivre. Et pendant ce temps-là, ils rumineront moins leurs mauvaises pensées…
Peut-être même que quelques-uns finiront par en avoir de meilleures, qui sait ?
Bref, nous avons traversé la rivière dans laquelle il n'y a plus de poissons, que les Nymphes des Ondes ont emmenés par les sources souterraines, puis le petit bois, dans laquelle nous avons fait une courte halte. Et nous arrivons bientôt au Pic du Vif Souffle, où je sais par Megildur, que les animaux qui se trouvaient au Nord Est, nous attendent.
« Comment vont ils pouvoir quitter l'Île ? » demande soudainement Draco, alors qu'il ne nous reste que quelques pas à faire…
« Je ne sais toujours pas. Nous le verrons dans quelques instants… » réponds-je, accélérant le pas, pour remonter le cortège, vers Cornedrue, auprès duquel marchent déjà Sirius et Remus…
Je veux lui dire au revoir, absolument.
Il s'arrête peu après avoir dépassé le Pic du Vif Souffle, non loin de la rive malmenée par les chutes d'eau qui s'écrasent dessus et les vents violents qui tourbillonnent autour des rochers taillés comme des rasoirs…
Les Compagnons Elfes et Rebelles, viennent le saluer tour à tour. Puis Blaise, Draco et Severus, qui lui parlent dans le creux de l'oreille, pour se faire entendre par-dessus le vacarme des eaux, avant de lui donner une tape amicale sur l'encolure, allant ensuite rejoindre les autres Compagnons un peu plus loin.
Et comme j'estime que Remus et Sirius doivent passer en dernier, je m'avance à mon tour.
« Encore merci de ton aide, Cornedrue. Embrasse Greg de ma part, tu veux. Et aussi les autres amis qui sont là-haut. Tu dois savoir lesquels, je pense, n'est-ce pas ? Embrasse aussi ma mère et ma petite sœur. Dis-leur que je les aime très fort toutes les deux. De mon côté, c'est promis, je n'oublierai pas de donner ton message à Harry. Et je veillerai sur lui autant que je peux, tu peux en être certain. » lui dis-je, avant de serrer sa tête contre ma poitrine et de l'embrasser entre ses bois si forts et solides…
Puis je laisse Remus et Sirius faire leurs adieux à leur tour à leur ami, rejoignant les autres et attendant dans le silence, comme eux…
« Pourquoi ne peut-on partir d'ici par le même chemin qu'eux ? » demande soudainement Collen, en regardant Remus et Sirius venir vers nous…
« Parce que nous devons boucler la boucle… » répond Severus, tandis que je hoche la tête pour l'approuver…
Et le silence retombe entre nous.
Nos yeux sont maintenant tous fixés sur Cornedrue, qui s'avance vers la rive et soudainement, les rochers taillés en forme de rasoirs, s'aplanissent devant lui, sur une largeur d'environ dix mètres, tandis que le vent et le rideau des chutes d'eau s'écartent en deux pans, sous l'action des Sylphides, Sylphes et Nymphes des Ondes, libérant la paroi en à-pic de la montagne et le lit profond de l'ancien océan qui cernait l'Île. Les Nymphes des Ondes ont également ménagé un pont d'eau solide et Cornedrue s'engage dessus sans hésiter, traversant sa belle longueur en drainant tout son cortège d'animaux derrière lui. Et lorsqu'il arrive devant la paroi de la très haute falaise montagneuse, un tunnel se creuse pour les laisser tous passer…
Et nous regardons les animaux quitter Tyll Celwie o Agar Myrn, pour aller vers d'autres horizons, jusqu'à ce que la roche se referme sur eux, que les chutes d'eaux et le Bragol Sûl Bregol réassurent leur rôle et que la rive reprenne son apparence déchiquetée en rasoirs menaçants…
« Et bien que je ne puisse l'expliquer, mon cœur me dit aussi, que ce n'est pas seulement Megildur que tu vas libérer, là-bas… » murmure Remus à mon côté, me souriant avant d'ajouter : « Le cœur de Nally, ne l'a pas trompée. Tu as fait bien plus que libérer Megildur, sur Tyll Celwie o Agar Myrn… »
« Oui, c'est vrai. Je suis devenu un Chevalier du quotidien… » souris-je, avant de partir avec détermination, vers le Pic du Vif Souffle…
La grimpette se passe très bien, la remontée vers le chariot attelé du Phterydron de Severus également. Le Bragol Sûl Bregol, ne cherche plus à me faire lâcher prise.
« C'est vraiment une belle Île… » murmure-je, lorsque je suis installé dans le chariot, en embrassant le paysage qui s'étend en dessous et que je peux voir grâce à Megildur…
« Oui. Mais je ne viendrai pas y passer mes vacances. Elle est hélas, bien trop mal fréquentée à mon goût… » répond Blaise, qui prend place en face de moi…
« Pour l'instant oui. Mais un jour, elle sera en mesure d'acquérir les lettres de noblesses, qui lui ont été refusées jusqu'à présent. Et ce jour-là, j'espère pouvoir venir rendre hommage à Greg et Inglorion, fleurir la tombe de la famille ensevelie dans le Torech du Bauglir et enterrer les derniers ossements des bébés Géants… » déclare-je, en fixant mon regard dans celui de mon ami…
« Et bien quand ce jour-là arrivera, compte sur nous pour t'accompagner… » répond Blaise, sous le hochement de tête de chacun de mes Compagnons…
Et comme tout le monde est bien à bord maintenant, Severus engage son Phterydron à se mettre en train
Et dès que sa monture s'élance dans le ciel, il active son médaillon de Roherdiron, pour annoncer à celles et ceux qui nous attendent, que les Chevaliers de Tyll Celwie o Agar Myrn seront bientôt de retour à la maison…
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Acte 2 : Insupportable Attente
Harry
Sept jours. Sept putains de jours sont passés.
Et aucune nouvelle…
Notre attente est de plus en plus insupportable, de plus en plus tendue.
Toutes les personnes proches de ceux qui sont sur Tyll Celwie o Agar Myrn, perdent du poids, sont pâles, cernées, tristes et angoissées. Et leurs amis sont inquiets, ne savent plus quoi faire pour essayer de leur rendre de l'espoir et adoucir l'attente…
Les veillées sont de plus en plus longues, même si nous ne parlons presque pas. Nous éprouvons juste le besoin d'être ensemble, pour nous sentir moins seuls et être prêts à partir tout de suite, si le médaillon de Maman annonce le retour des Compagnons de la Mission…
Sept putains de jours et sept putains de nuits, à ressasser les mêmes questions, à imaginer le pire, l'espoir du meilleur s'amenuisant à chaque seconde, les plats repartant de moins en moins entamés en cuisine, à dormir de moins en moins longtemps et d'un sommeil de plus en plus agité de cauchemars…
Sept putains de jour et de nuit, à espérer leur retour et le redouter en même temps…
A vouloir savoir qui est mort et ne pas le vouloir en même temps…
Et en face de moi, Maman sursaute soudainement…
« Quoi ? » demande-je, plus tendu que la corde d'un arc sur le point de se rompre…
« Je ressens un bouleversement dans la Magie… » répond-elle, la voix étranglée, le regard inquiet et tendu…
« Quel genre de bouleversement ? Bon ou mauvais ? » demande-je, sous toutes les oreilles tendues vers nous…
« Bon … » répond-elle, plus pâle que la mort…
Ce qui m'alerte profondément…
Et j'espère de toutes mes forces que personne ne demande d'explication. La réponse, je pense la connaître et je ne veux pas qu'elle soit confirmée…
Car à mon sens il n'y a qu'une seule explication. Magie Mère s'est beaucoup renforcée, ce qui apaise la Magie Noire Originelle. Or, pour que Magie Mère soit renforcée à ce point, il faut qu'un certain nombre de ses enfants très purs soient revenus en elles.
Un nombre qui dépend de la puissance de chacun des enfants.
Beaucoup, si ce sont d'innocentes victimes d'une Attaque. Peu s'il s'agit de très vaillants Combattants…
Or, étant donné l'heure dans notre Monde, il ne peut s'agir d'une Attaque. Voldemort ne lancerait pas ses troupes à l'aube. Et de toute façon, il est trop occupé à tâcher de traduire le faux Livre des Origines. Par ailleurs, nous savons que Balegarian ne tentera rien non plus, avant d'avoir la dernière pièce qui lui manque pour se lancer…
En conséquence, cela ne peut signifier qu'une seule chose à mes yeux : plusieurs des Compagnons sont morts, leur puissante et si lumineuse Magie alimentant Magie Mère de leur phénoménale Energie…
« As-tu une explication à cela, Nally ? » demande Gaspard, tandis que je ferme les yeux…
J'aurais tellement voulu qu'il ne pose pas cette question. Et je voudrais fermer mes oreilles à sa réponse. Mais je ne peux le faire. Car je souhaite de toutes mes forces avoir tort dans mes conclusions…
« Je n'ai que des questions, Gaspard. Et à vrai dire, je ne souhaite pas du tout élaborer des hypothèses à ce propos maintenant… » répond Maman, un peu précipitamment, ce qui me hérisse les poils sur tout le corps et me retire le sang des veines, car je devine qu'elle a le même genre de pensées que moi…
Et je n'en peux plus soudainement d'attendre ici, sur ce banc inconfortable et dans cette atmosphère étouffante, puante et poisseuse d'angoisse.
Alors je me lève et je pars vers la rivière à grands pas, courant même jusqu'à elle, pour me réfugier dans ce coin qui a vu toutes les plus grandes peines et les plus grandes joies de mon cercle le plus proche. Et je m'effondre en sanglot. Pour la première fois depuis que Draco, Théo, Papa, Blaise, Sirius, Remus et Greg sont partis sur Tyll Celwie o Agar Myrn.
Je pleure sur la mort certaine de l'un d'entre eux, sans savoir lequel, mais en sachant que j'éprouverai de toute façon une douleur aussi intense, qu'il s'agisse de l'un ou l'autre d'entre eux.
Je pleure sur la peur que l'un ou plusieurs d'entre eux soit mort(s) encore…
Je pleure, quelques minutes ou quelques heures, je ne le sais pas. Mais je pleure de tout mon cœur, de toute mon Âme, éperdu de chagrin…
Et puis je perçois des pas qui courent vers moi… Ron…
« Harry ! Harry, ils reviennent !... » s'exclame-t-il avant même de contourner le bosquet
Alors je bondis sur mes pieds, essuyant mes larmes et je cours vers la plaine, le ventre noué…
Je veux les voir revenir et je ne le veux pas en même temps.
« Il n'y a pas d'autre mort. Je suis sûr qu'il n'y a pas d'autre mort… » murmure Ron, en me prenant la main quand nous sommes assis…
Il la serre très fort, et j'entends ce qu'il dit comme une prière, bien plus qu'une certitude…
Vertige. Je bondis sur mes pieds et comme tous les autres, je me presse devant la Porte, dans un demi-cercle parfait. Souffle quasiment suspendu dans les secondes qui s'égrènent aussi lentement que des heures.
Et soudainement, un grand cerf passe la Porte, se décalant sur le côté, pour laisser passer une harde que je ne regarde pas, car mes yeux restent fixés sur lui, mon souffle suspendu…
« Cornedrue… » murmure-je, relâchant mon souffle et lâchant la main de Ron par la même occasion…
Je me dirige vers le cerf, irrémédiablement attiré par lui et il tourne la tête vers moi, me fixant de ses yeux bruns brillants et doux…
« Cornedrue… » murmure-je à nouveau, en m'arrêtant auprès de lui, yeux rivés aux siens, acquérant aussitôt la conviction profonde que l'Âme de mon père habite ce grand cerf…
Nous restons ainsi, durant quelques secondes, yeux rivés dans ceux de l'autre, puis Cornedrue vient poser sa tête sur mon épaule et je referme mes bras autour de son cou, éprouvant une émotion intense, qui me tord le bide et me réconforte à la fois.
Je voudrais pouvoir rester ainsi durant des heures, mais le cerf recule bientôt d'un pas, avec regret, je le sens très fort, tout comme je devine que l'Âme de mon père va devoir repartir…
Alors je prends sa tête entre mes deux mains et je plonge mon regard dans le sien, des larmes très chaudes coulant sur mes joues…
« Je t'aime Papa. Et j'aime Maman aussi. Je vous aime très fort tous les deux… » murmure-je, ému jusqu'au plus profond de mes tripes
Et le cerf approche sa tête, frotte doucement ses joues l'une après l'autre sur les miennes, pour effacer mes larmes, puis il me donne un petit coup de museau sur le menton et il s'en va, se dirigeant vers Maman…
« Bon sang, Nyween, d'où viennent donc tous ces animaux ? C'est la Celtycie qui se vide ou quoi ? » demande soudainement Gaspard, en regardant le cortège qui n'en finit pas d'entrer, se tournant ensuite vers Maman et ajoutant, en voyant Cornedrue frotter sa joue contre la sienne : « Et qu'est-ce qu'il a ce cerf ? »
Maman ne répond pas. Elle murmure quelque chose à l'oreille du cerf, le regard luisant et Cornedrue hoche la tête, comme pour acquiescer. Maman, serre alors sa tête contre sa poitrine, puis la prend entre ses mains et embrasse son front…
Cornedrue fixe ensuite Ron dans les yeux durant deux ou trois secondes, avant de lui donner un coup de museau sur le bras, que j'interprète comme affectueux. Ce qui me fait chaud au cœur, car cela signifie pour moi, que ma relation avec Ron est tout à fait comprise et acceptée, par mes parents.
Et cette fois, Cornedrue s'en va vers la forêt. Je le regarde, ému, se retourner une dernière fois vers moi et j'ai presque l'impression de l'entendre me dire, qu'il sera toujours là pour veiller sur moi, avant de pénétrer sous le couvert des arbres. Et lorsque je le perds des yeux, je sais, que l'Âme de mon père est repartie rejoindre celle de ma mère au Paradis…
« Nyween ? Ça, tu peux l'expliquer au moins ? » insiste Gaspard, sa main désignant les derniers animaux à rejoindre la forêt…
Je fixe Maman des yeux. Elle est très émue. Il s'agit cependant, d'une émotion liée à la joie, j'en suis certain, même si je pense qu'elle n'ose pas encore l'exprimer vraiment…
« Ça, ça explique pourquoi j'ai ressenti ce bouleversement positif dans la Magie tout à l'heure. Plus exactement, ça explique pourquoi il s'est produit et comment j'ai pu le ressentir…» répond-elle, visiblement heureuse de ce bouleversement maintenant…
Et cela apaise un peu, le terrible poids qui pèse sur mes épaules, mon cœur et mon ventre…
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