Disclaimer : Cf Chapitre 1
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Milles mercis à Mistycal, ma super beta!..
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Réponses sur mon forum, aux commentaires de : - Huguette – Plume -
amazonepotter – Archange déchu -
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Ô rage, ô désespoir!
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Désolée du monstrueux retard ! Mais un orage, m'a privée d'électroménager, d'ordinateur et de connexion internet. Haut désagrément bien sûr, mais soyons philosophe, cela aurait pu être bien pire, car tout aurait pu partir en fumée, n'est-ce pas.
Ceci dit, entre obligations familiales et professionnelles, j'ai eu toutes les peines du monde pour régler les différents problèmes, que cela m'a occasionné. J'ai bien sûr commencé par remplacer les éléments électroménagers indispensables dans une cuisine.
Bref, aujourd'hui tout est arrangé, mon ordinateur enfin réparé, ma live box remplacée et voilà donc le chapitre que vous attendiez.
Bonne lecture !
Bisous à toutes et tous !
Me-Violine
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Le Retour Des Chevaliers 2 / 2
Acte 3 : Les Chevaliers Sont Revenus
Harry
Tous les yeux sont fixés sur Maman dans l'attente d'explications plus précises. Les regards sont en pleine expectative, contenant à la fois inquiétude et espoir. Impatience aussi.
Personne n'ose cependant lui demander de s'expliquer davantage. Sans doute par crainte de voir son maigre espoir s'envoler, même si Maman exprime nettement qu'il s'agit vraiment d'une excellente nouvelle, qui lui coupe le souffle de joie.
Je dois savoir. Maintenant je veux savoir.
« Maman. Explique-nous s'il te plait… » invite-je donc Maman, allant reprendre place auprès de Ron, dont je saisis la main, la serrant avec de l'espoir au cœur.
Une sourde appréhension en même temps. Que cette bonne nouvelle, puisse en cacher une mauvaise dans ses replis profonds.
« En fait… En fait… » commence Maman, s'arrêtant pour inspirer et expirer à plusieurs reprises, avant de reprendre : « En fait, j'avais complètement oublié avoir eu ce pressentiment, le jour où Olórin nous a appris que Megildur serait sur Tyll Celwie o Agar Myrn et que c'était à Théo d'aller la libérer. Cependant, il m'est revenu en tête, quand j'ai vu Cornedrue et… Oh bon sang ! Je n'arrive pas à y croire, mais c'est vrai ! Cornedrue m'a confirmé que mon pressentiment était juste ! Et ça explique le bouleversement profond que j'ai ressenti dans la Magie ! »
Maman est heureuse. Profondément émue. Mais je crois que sous sa joie, son bonheur exprimé, il y a aussi une pointe d'affectueuse tristesse, qui prend corps. Et mon appréhension se renforce.
« Mais quoi ! Nom d'une pipe de nom d'une pipe ! C'était quoi ce fichu pressentiment ! » explose à demi Gaspard, sur des charbons ardents, tandis qu'un voile se déchire dans ma tête.
Je me souviens maintenant, de ce que Maman a dit à Théo.
« Comme tu l'as pressenti, Théo n'a pas libéré que Megildur sur Tyll Celwie o Agar Myrn… » réponds-je donc, en lieu et place de Maman, mon regard rivé sur le sien.
Et elle acquiesce aussitôt d'un hochement de tête, le regard brillant d'émotions mêlées…
« Putain… Il a libéré les Loups Garous… Et les animaux… C'est de là-bas que viennent les animaux… » murmure Ron, le ton estomaqué.
Et Maman acquiesce encore une fois de la tête, trop émue pour parler.
« Il a libéré les Loups Garous ! Théo a libéré les Loups Garous et ça te rends joyeuse, Nyween ! » s'exclame alors Gaspard, dans l'incompréhension totale, scandalisée.
Et cela libère la parole de Maman.
« Bien sûr, que cela me rend joyeuse ! » répond-elle, secouant la tête, comme pour remettre ses idées en place, avant d'ajouter : « Je ne veux pas dire que Théo a libéré les prisonniers de Tyll Celwie o Agar Myrn, Gaspard, mais qu'il a tué Vása avec Megildur ! Et que la Magie Noire de Vása a été vaincue également ! Et ce faisant, tous les Loups Garous sont définitivement libérés de la Malédiction de la Pleine Lune, puisqu'il était l'Alpha, celui qui a transmis directement ou indirectement à tous, cette terrible Malédiction ! Il n'y a donc plus un seul Loup Garou dans les deux Mondes ! Et c'est ça, qui a apaisé la pression dans le roc qui contient la Magie Noire Originelle et cela a permis à Magie Mère de se trouver renforcée, puisqu'elle a moins d'efforts à fournir, pour maintenir son propre équilibre ! Et ensuite, Théo a libéré les animaux ! Un passage s'est ouvert pour les laisser passer ! Et c'est l'ouverture de ce passage, qui a permis que je ressente le bouleversement qui s'est produit dans la Magie Noire Originelle, puisqu'elle est elle-même emprisonnée dans les entrailles de Tyll Celwie o Agar Myrn ! »
Plus un seul Loup Garou dans les deux Mondes, me répète-je, dans le silence estomaqué, tournant mon regard vers Tonks.
Elle ne sait pas si elle doit se réjouir ou non. Elle a de quoi le faire, si Remus est encore en vie. Elle a de quoi être affreusement et douloureusement triste et amère, s'il est mort.
Mes yeux partent ensuite à la recherche de Charly. Nadya n'est pas ici. Elle travaillait cette nuit à la Réserve de Dragon. Et je devine qu'il brûle de la voir. De partager son bonheur avec elle. Ce changement extraordinaire dans sa vie, qui va lui permettre d'avoir des enfants, de porter la vie, que Nadya regrettait tant, ne pas pouvoir donner.
Cependant, dans la joie que me procure cette nouvelle, mon appréhension se fait ressentir plus expressément. Et je mesure petit à petit ce qui a été dit depuis tout à l'heure, ce que je me suis dit à moi-même aussi. Et je me remémore la parole de Bayamaë, qu'Olórin nous a apportée il y a quelques jours.
Un Sorcier mort. Un Loup Garou Mort. Un autre Loup Garou mourra et l'équilibre sera.
Je réalise pleinement, ce que je n'ai pas réalisé jusqu'ici et mon sang se retire une fois de plus de mes veines. Car cela signifie maintenant à mes yeux, un Sorcier, un Loup Garou Lumineux et un Loup Garou Noir.
Un Sorcier, Remus et Vása.
Il y a donc deux morts, parmi les nôtres et non un seul. Remus et un autre Sorcier de notre Monde.
Je comprends en sus, qu'il fallait, pour que l'équilibre soit et que Megildur n'aie pas eu besoin de partir et revenir, les Magies Lumineuses de deux Compagnons au moins, pour empêcher que l'Epée Magique soit souillée, par celle si noire de Vása, surpuissante en raison des milliers et des milliers d'années, durant lesquelles elle a été alimentée par la haine.
Et tout le poids de l'attente insupportable me retombe sur les épaules.
Je n'en dis rien cependant. Car personne je crois, ne réalise cela et je ne veux pas ajouter à la peine, que chacun éprouve déjà. Je ne veux pas anéantir le peu d'espoir, qui réside dans les cœurs.
Seuls ont compris comme moi, que le bilan sera sans doute plus lourd que celui auquel nous sommes préparés : Maman, dont je croise le regard maintenant navré et Ron, qui a bien sûr saisi mon état d'esprit et fait la connexion dans la foulée.
Tous les autres se réjouissent de la nouvelle, dans la mesure où cela leur est possible.
« Et le cerf, dans tout ça ? Il avait l'air spécial, pour Harry et pour toi. Vous lui avez même donné le même nom : Cornedrue. » fait soudainement remarquer Gaspard, en nous regardant alternativement, Maman et moi-même.
« Cornedrue était le surnom de mon père, Gaspard. Il était un Animagus Cerf et était très lié à Remus et Sirius, avec lesquels il allait gambader dans la Forêt Interdite de Poudlard, durant les nuits de Pleine Lune. Je ne saurais pas expliquer ni comment, ni pourquoi, mais je sais, j'ai profondément ressenti, que son Âme est venue habiter ce cerf et qu'il a apporté son aide à ses amis et à leurs Compagnons, sur Tyll Celwie o Agar Myrn, amenant ensuite tous les animaux jusqu'ici, avant de repartir là-haut. » réponds-je, approuvé par Maman.
Les Maraudeurs réunis dans un Combat contre les Loups Garous. Cela me semble juste. Mon père et Sirius ont aidé Remus à lutter contre sa Lycanthropie, dès l'instant où ils ont compris son état. Il est cependant injuste, que Remus soit mort, durant cet ultime combat.
Maman cependant n'a pas confirmé ce fait. Je suis sûr même, qu'elle n'a rien demandé à mon père à ce propos. Elle n'aurait pu exploser de joie sinon. Mais je crois que comme moi, elle ne voulait pas en savoir davantage. Elle voulait pouvoir conserver un espoir, même s'il ne peut qu'être archi mince.
« Sacré nom d'une pipe ! C'est pas singulier, ça ! » commente Gaspard, qui hoche deux ou trois fois la tête, l'air époustouflé, avant d'ajouter : « Et je pense qu'on a pas fini d'en entendre d'autres du genre. Non, c'est pas singulier ce qui s'est passé là-bas, à tous les coups. »
Personne ne répond rien à cela. Que pourrions-nous dire de toute façon ? Il ne servirait à rien, de faire des commentaires, pas plus qu'il ne servirait, de poser à voix haute, les questions concernant le déroulement de la Mission, de se demander pourquoi Théo a tué Vása, alors que ce n'était pas prévu et tout le reste de ce qu'ils ont vécu là-bas.
Les seuls à pouvoir répondre avec exactitude, sont sur le chemin du retour et nous les attendons. Et lorsqu'ils seront arrivés, nous ne leur poserons aucune question. Car il leur appartient de décider ou non de nous raconter, ce qu'ils veulent ou non raconter. Et à qui.
« Bon. Eh bien, les animaux sont arrivés. Alors, puisqu'ils viennent de Tyll Celwie o Agar Myrn également, comment cela se fait-il que les Compagnons n'arrivent pas ? Ils auraient dû arriver bien avant eux. » demande Hermione, rompant ainsi le silence, en se tordant les mains d'impatience et d'appréhension à la fois.
« Seule la Magie de Megildur pouvait permettre d'ouvrir un passage pour les animaux. Et je pense qu'elle a établi une connexion quasi directe avec la Porte, ce qui explique qu'ils soient déjà arrivés. » explique Maman, qui est de nouveau aussi inquiète, qu'avant l'arrivée des animaux.
Son sentiment de joie aura été de très courte durée. Mais il est vrai que son don d'Empathie doit la malmener sérieusement. Je me demande même, comment elle peut endurer autant d'angoisse autour d'elle, en plus de la sienne.
Le silence, les yeux rivés sur la Porte, se prolonge à nouveau. Et mon cerveau est une fois de plus taraudé par les mêmes inlassables questions.
Qui est le Sorcier mort ? Est-ce mon frère ? Est-ce Blaise ? Est-ce Greg ? Est-ce Sirius ?
Je n'inclus plus Remus dans cette question. J'ai trop le sentiment qu'il est mort. Qu'il fallait la Magie d'un Loup Lumineux contre celle d'un Loup Noir. Et cela m'est très douloureux. Car au-delà de l'affection que j'avais pour lui, Remus était certainement le Loup Garou qui méritait le plus au monde, d'être à jamais libéré de sa Lycanthropie.
Et j'ignore pourquoi, mais j'exclus Sirius, maintenant. Peut-être parce qu'il me semble, qu'il faudra toujours un Maraudeur dans cette guerre, pour lutter contre la Magie Noire, en son nom et au nom de ses amis décédés.
Blaise ? Draco ? Greg ? Lequel est celui dont je vais pleurer la perte ? Dont je vais porter le lourd poids du sacrifice, toute ma vie durant ?
« Sev… » murmure soudainement Maman, avant de se jeter en avant.
Papa vient de passer la Porte, le regard grave. Il reçoit Maman dans ses bras et la serre très fort contre lui, tandis que nous nous avançons tous vers eux, resserrant les rangs au plus, en nous prenant main par la main.
« Les autres arrivent. Je suis venu en avant, pour… » commence Papa en regardant à la ronde, le ton étranglé, si ému qu'il ne peut achever tout de suite, tandis que j'accroche mon regard au sien.
Nous savons tous, ce qu'il est venu faire. Et il comprend qu'il n'a pas besoin de s'expliquer davantage.
Papa inspire profondément. Il a lu la question dans mes yeux, comme dans tous les autres. Et il se détache de Maman, pour venir poser une main sur mon épaule, la pressant fortement, tandis que mon cœur se serre en une poigne terriblement douloureuse.
« Gregory… » souffle-t-il
Et aussitôt, un terrible chagrin reste bloqué dans ma gorge, m'étouffant douloureusement, tandis qu'un sanglot éclate tout près de moi.
Et sans quitter le regard de Papa, je lâche la main de Ron, qui se décale pour me laisser passer, me détache de la prise sur mon épaule et je serre très fort contre moi, Millicent et Vincent, qui pleurent dans les bras l'un de l'autre, leur si cruel chagrin.
Le regard de Papa partage profondément ma peine et la leur. Mais il lit aussi, la question qui brûle encore mes yeux : Et Remus ? Tu n'as pas parlé de Remus. Qu'en est-il de lui ? A peine un hochement de tête négatif qui relâche mon souffle suspendu, sur une très brève surprise heureuse, puis ses yeux se détachent des miens et je suis la direction qu'ils prennent.
« Inglorion… » dit-il, en fixant Cuthalion, dont le regard exprime aussitôt une grande douleur, mêlée d'étonnement, d'incompréhension appelant une réponse.
Et moi, je commence tout juste à réaliser
Remus est en vie. Merlin, merci Remus est en vie.
Et peu à peu, la joie que j'en éprouve, se mêle à ma profonde douleur d'avoir perdu Greg. Et la totale contradiction de ces émotions me fait plus mal encore. M'étouffe littéralement.
« Inglorion s'est rallié à nous, aussitôt la Gaurhoth nous a-t-elle rejoints au pied du Pic du Vif Souffle. Il a été le premier à s'arracher à l'emprise de Vása et se ranger à nos côtés. Puis quatre autres l'ont fait également. » explique Papa, sans quitter Cuthalion des yeux, qui déglutit avec peine et baisse brièvement les siens, avant de les river à nouveau à ceux de Papa.
« Il a donc su garder sa Lumière. Et il est mort, en Roi. Avec honneur. » déclare-t-il, ses épaules affaissées se redressant un peu.
Mort en Roi, avec honneur. Cela me frappe le cerveau. Oui, c'est donc Inglorion, le Loup Garou Lumineux. Et cela me semble soudainement plus que logique. Un Loup Garou de la Gaurhoth, contre son Alpha. Un Loup qui a su garder sa Magie Lumineuse à travers les millénaires, de la nuit éternelle de Tyll Celwie o Agar Myrn.
C'est ce qu'il fallait, pour vaincre la Magie surpuissante de Vása.
« Oui, Cuthalion. Inglorion est mort en Roi. En très grand Roi. Avec honneur et dignité, sa main et son regard, dans la main et le regard d'Aldaron. » explique Papa, inclinant la tête en direction de Cuthalion, avant de laisser courir son regard à la ronde en ajoutant : « Tous les autres Compagnons sont saufs. »
Et tous les souffles encore suspendus d'angoisse et d'espoir mêlés, se relâchent, tandis que Papa vient vers Vincent, Millicent et moi-même. Il nous étreint tous les trois ensembles avec affection et Vincent et Millicent se raccrochent à lui, avec force, les épaules secouées par leur immense chagrin.
« Nous avons ramené la dépouille de Gregory. Elle sera là, dans un instant. Allez auprès de la Porte pour l'accueillir et pleurez votre ami, pleurez-le autant qu'il vous le faut. Mais écoutez aussi, ce que Draco et Théodore vous diront tout à l'heure. » murmure Papa, ses mains caressant les dos de Vincent et Milli.
Mais son regard posé sur moi, avec une profondeur insondable. Sa manière d'insister, pour que j'écoute attentivement Draco et Théo, moi aussi.
Il embrasse ensuite les cheveux de mes amis si malheureux, dont la douleur se mêle à la mienne, puis il se détache doucement de leur prise et Molly prend sa place, le visage bouleversé et baigné de larmes, ses yeux me disant qu'elle va prendre soin d'eux. Et elle les emmène, vers Bill, Arthur, Charly et Fleur, qui viennent à leur rencontre.
Alors Ron, pose sa main sur mon épaule, pour la serrer brièvement. Il ne dit rien, mais je comprends. Il me rappelle à mon devoir de Chef de Guerre. Avant de me recueillir sur la dépouille de Greg, je dois accueillir les vivants.
Je me rends donc auprès de Maman, Gaspard et Cuthalion. Et instinctivement, tout le monde se recule, laissant largement la place découverte devant la Porte. Papa n'est plus là. Il est reparti en Celtycie, dire aux autres qu'ils peuvent maintenant rentrer à la maison.
Draco et Blaise sont les premiers à revenir, portant un brancard qu'ils déposent dans l'herbe, à droite de la Porte, où se tiennent Millicent et Vincent, entourés de Molly, Arthur, Charly, Bill et Fleur. Et aussitôt que Draco et Blaise se relèvent et viennent vers nous, avec Théo qui est entré sur leurs talons, Narcissa, Annabelle, Ginny et Hermione se précipitent vers eux, les serrant à les étouffer dans leurs bras, quand elles les rejoignent.
C'est ensuite Aldaron et Narmacil qui franchissent la Porte, portant également un brancard, qu'ils déposent sur le côté gauche et les Rebelles suivent derrière eux, recevant chacun sa famille dans ses bras.
Papa revient le dernier, avec Amdir, Sirius et Remus, que Tonks rejoint en deux bonds, pour l'étreindre avec force dans un sanglot heureux. Papa, Sirius et Amdir, entourent quatre Elfes qui se déplacent avec des béquilles et vont se poster auprès du brancard, sur lequel repose leur ancien Roi, s'assoyant dans l'herbe à l'invite de Papa, la tête baissée.
Et mon cœur devine qu'ils sont en proie à de terribles tourments.
Je laisse alors mon regard revenir à l'intérieur du cercle, où Théo se détache de Ginny et Narcissa, puis vient vers moi, le regard solennel, aussitôt suivi de Draco, de Blaise et tous les Compagnons de la Mission.
Le silence est de nouveau complet dans la clairière. Tous les regards sont dirigés vers nous. Je les sens, mais ne les vois pas, car mes yeux sont tout à Théo.
Mon frère non plus, ne me quitte pas des yeux, sur le court chemin qu'il doit parcourir pour venir jusqu'à moi et lorsqu'il s'arrête à un pas environ, nous échangeons encore nos regards durant un instant, qui me semble suspendu dans le temps.
Et je lis dans les yeux de Théo, qu'il a vécu une expérience unique, qu'il est marqué à jamais de sa profonde empreinte. Une empreinte sereine cependant. Mon frère s'est intrinsèquement trouvé sur Tyll Celwie o Agar Myrn. Il sait qui il est. Il sait où il va. Et rien ne pourra ébranler, ni fissurer ses fondations. Il traversera les tempêtes, surmontera les obstacles qui se dresseront sur sa route, le front haut.
Théo me sourit maintenant et sa main se lève pour aller empoigner Megildur dans son dos. Il ramène l'Epée Magique devant lui, tenant la poignée à deux mains et il regarde la lame sur toute sa longueur, avec un sourire à la fois attendri et heureux, avant de la rabaisser à l'horizontal, pour me présenter Megildur à deux mains, son regard de nouveau rivé au mien.
Alors j'avance les miennes, pour prendre l'Epée Magique, sentant aussitôt courir sous mes doigts sa Magie chaleureuse et puissante. Elle me procure une sensation extraordinaire, emplie de bonté et de douceur. Et je la contemple durant quelques secondes, m'imprégnant de sa force valeureuse, avant de la glisser dans le fourreau, accroché dans mon dos.
Et j'étreins mon frère, dans les applaudissements qui ont éclaté autour de nous. Nous ne nous disons rien dans cette étreinte. Les mots ne sont pas nécessaires, pour exprimer l'amour fraternel que nous éprouvons l'un pour l'autre, et la joie profonde de nous revoir.
Puis Théo se détache de moi, récupère un lapereau que lui tend Draco et il va étreindre Maman, tandis que Blaise s'avance à son tour devant moi. Son regard est d'une gravité profonde et je sais que nous aurons à parler tous les deux, prochainement. Mais Blaise esquisse aussi un sourire et j'ouvre les bras, pour l'accueillir dans une étreinte amicale, profondément heureuse de son retour.
« Je suis revenu, en vie et entier, Harry. » me souffle-t-il dans l'oreille, précisant dans un autre souffle : « Physiquement… » et il me serre un peu plus fort, avant d'ajouter encore : « Mais il n'y a pas de lézard, mon ami. Parce que même si j'ai laissé un bout de mon cœur là-bas, je reviens plus fort et solide que je ne l'ai jamais été. »
Et je ressens fortement ce qu'il me dit. Dans mon bide et dans ma tête. Oui, nous aurons à parler plus longuement de tout cela bien sûr, car lui aussi porte l'empreinte profonde de son expérience sur Tyll Celwie o Agar Myrn. Je n'ai cependant, pas d'inquiétude à me faire pour mon ami. Et cela dénoue un peu mon ventre. Blaise a traversé cette épreuve. Et il va bien.
Sur une dernière tape amicale dans mon dos, Blaise se détache de moi et s'en va, comme Théo précédemment, saluer Maman, Cuthalion et Gaspard.
Et aussitôt, Draco m'étreint avec force. Lui aussi a changé, lui aussi est marqué pour la vie. Il s'est totalement trouvé. Je sens que jamais plus je n'aurai à craindre qu'il essaye de jouer au Gryffondor. Comme Théo et Blaise, rien ne pourra plus ébranler ses fondations. Et il appartient maintenant à cette catégorie de Guerriers, qui ont connu l'Enfer et garderont leur sang-froid, quoi qu'il arrive lors des Combats.
Cela m'étreint le cœur de penser cela.
Greg était taillé ainsi.
Il était le plus solide des trois à mes yeux. Et je dois m'avouer maintenant, que j'avais acquis la certitude qu'il reviendrait. Et que celui pour lequel je tremblais le plus, celui que je craignais le plus de ne pas voir revenir, c'était Draco.
Draco, dont je n'aurais pas retenu la candidature, s'il n'avait pas eu le don de pouvoir rallier à lui un grand nombre de Sylphides et Sylphes.
C'est bien pour cela, que j'ai accueilli la gifle de Narcissa, en pensant que je la méritais au centuple. Pour cela, que je n'osais plus la regarder dans les yeux depuis. Et je pense qu'elle avait compris elle aussi, tout cela. Même si elle s'est efforcée de garder de l'espoir, je pense qu'elle s'est préparée tous ces derniers jours, à ce que son fils ne revienne pas.
Alors je serre d'autant plus fort mon frère dans mes bras, avant de le laisser aller vers Maman, heureux qu'il n'ait pas été déchiqueté par la Gaurhoth, comme dans mes nombreux cauchemars.
J'étreins ensuite longuement Remus, dont le faciès est presque transfiguré, par son bonheur d'être libéré de sa Lycanthropie. Je lui exprime mon infini bonheur pour cette réjouissante nouvelle, souhaitant de toutes mes forces, que le destin ne soit pas cruel en lui ôtant enfin cet espoir de vivre une vie longue, douce et heureuse avec Tonks et la famille qu'ils vont pouvoir fonder dans la sérénité. Ce qu'il mérite au centuple. Tout comme Charly et Nadya qui peuvent désormais envisager d'avoir des enfants.
Après lui, Sirius me chuchote à l'oreille, que nous aurons à parler de mon père. Et je hoche tout simplement la tête. Vient ensuite une étreinte moins longue, mais tout aussi chaleureuse et amicale, avec Collen, Marek, Gwenvael, Aldaron, Narmacil et Amdir.
Et enfin en dernier, Papa.
Papa avec lequel je n'échange pas un mot non plus, mais avec lequel je sais également avoir à parler longuement ultérieurement. Pas de ce qu'il a vécu lui, car il le fera avec Maman, naturellement. Non, nous aurons à parler de ce que j'ai vécu moi, durant la longue et insupportable attente de leur retour, à tous. Vivants et morts. Et comment je vis ce retour.
Enfin, lorsque Papa me laisse pour étreindre longuement Maman, j'embrasse Hermione, Ginny et Narcissa. Celle-ci m'étouffe à demi, avant que nous échangions un long regard. Et j'embrasse aussi Annabelle et Tonks, si heureuses toutes les deux.
Puis j'inspire et expire profondément, avant de faire ce que je dois faire maintenant. Me rendre auprès de Greg. Ron vient me prendre alors par la main. Et c'est accompagné de Théo, Blaise et Draco, que nous avançons vers le brancard sur lequel repose sa dépouille.
Je m'agenouille auprès de lui, m'intercalant entre Milli et Vincent qui se sont écartés spontanément pour me faire une place entre eux, tandis que Ron, Draco et Blaise vont se placer en face de nous. Je me saisis de la main de Milli et Vincent, la serrant avec toute mon amitié pour eux, tout le chagrin que j'éprouve pour eux et pour la perte de Greg.
Greg, que j'ai appris à connaitre beaucoup mieux, lors des Entrainements et de l'entretien de sélection surtout.
Ce qu'il m'a dit était bouleversant. Admirable également par bien des côtés. J'ai découvert en lui, une forme de courage, que je n'ai jamais expérimenté. Et moi qui le respectais déjà, je l'ai respecté infiniment davantage, j'ai également conçu une bien plus grande estime pour lui. Et une très grande, une immense affection.
Et j'éprouve cruellement sa perte aujourd'hui.
Greg, si solide dans ses valeurs. Si solide dans ses convictions. Si solide psychologiquement. Bien plus intelligent à sa manière, que des êtres au QI beaucoup plus élevé que le sien. Plus intelligent qu'il se pensait lui-même. D'une intelligence sensible et généreuse, qui aurait fait de lui un Grand Homme, si la vie et son passé si cruel l'avaient permis.
Et il sera à jamais dans mon cœur, ce Grand Homme qu'il n'a pas pu devenir.
« Tu vas voir, il est mort heureux, ça se voit sur sa figure. » dit doucement Milli, en appuyant sa tête sur mon épaule, d'une voix emplie de larmes.
« Ouais. C'est vrai. Je ne l'ai même jamais vu paraître aussi heureux. » ajoute Vincent, la gorge tout aussi nouée que Milli.
Et ça me remue les tripes, tandis que je leur serre de nouveau très fort la main, avant de lâcher celle de Vincent et d'avancer la mienne, pour découvrir doucement le visage de Greg.
Greg sourit dans la mort qui nous a arraché sa si précieuse et belle personne. Il a l'air heureux, c'est vrai. Le même air heureux, que je lui ai vu, tandis qu'il me faisait part de son plus grand rêve. Celui qu'il voulait réaliser avant de mourir. Et je me sens profondément bouleversé.
Greg est mort heureux. Il a réalisé son rêve avant de mourir. Je le comprends parfaitement dans son sourire.
Nous nous recueillons durant un assez long silence, tous emplis par nos souvenirs, notre peine. Et je m'aperçois, lorsque je relève la tête vers mes frères, sur une question muette qu'ils comprennent, que tout le monde s'est rassemblé autour de nous. Les Compagnons au premier rang. Et que nous ne sommes plus dans la clairière en Ecosse, mais de retour dans la plaine du Paradis, où le soleil décline peu à peu.
« Greg est mort en me sauvant la vie. C'est moi, qui aurais dû mourir. Ainsi que Collen et Narmacil. Il nous a sauvé tous les trois, alors que nous n'étions plus en position de pouvoir nous défendre. Il a neutralisé à lui seul les dix Loups Garous qui nous assaillaient, après avoir proprement assommé les deux qui l'attaquaient lui-même. C'est le dernier des dix, qui lui a été fatal. Et il savait que cela le serait. Parce qu'il n'avait plus qu'un filet à disposition, accroché à sa boucle de harnachement. Greg a sacrifié sa vie, sachant qu'il la sacrifiait. Et s'il ne l'avait pas fait, s'il avait pris ne serait-ce que le temps de défaire le filet de sa boucle ou de prendre un bâton griffu en main, c'est moi, qui serais mort, car le Loup s'élançait vers moi, sans que je puisse rien faire pour l'éviter, lorsque Greg lui a sauté sur le dos. » explique Draco, à mi-voix, avec une grande tristesse, tandis que Narcissa éclate en sanglot quelque part derrière lui.
Ainsi, c'était bien Draco, c'était bien mon frère, qui devait mourir. Même si je n'ai pas voulu le reconnaitre jusqu'à présent, je l'ai su, dès qu'Olórin nous a annoncé que le destin avait changé.
Et c'est Greg, qui l'a changé. Il a sacrifié sa vie. Il a payé de sa vie, pour que le destin soit modifié.
Je sens le regard de mon frère peser sur moi. Il a encore quelque chose à me dire, mais il veut le faire, les yeux dans les yeux, je le ressens profondément. Alors je relève les miens vers les siens, si graves, si profonds.
« Avant de mourir, Greg, m'a demandé avec insistance, de te dire merci de lui avoir permis de réaliser son rêve, Harry. Il a dit que grâce à toi, il partait heureux et que tu ne dois pas t'en vouloir de l'avoir sélectionné, mais être content pour lui. » révèle Draco, tandis que mes tripes se nouent dans mon ventre.
Puis Draco ajoute en direction de Milli et Vincent, que Greg lui a demandé également de leur dire qu'il les aimait tous les deux.
C'est tellement Greg. Au moment de mourir, c'est aux autres qu'il a pensé. Et combien je regrette de l'avoir si tardivement connu plus intimement. De ne pas avoir profité de sa si belle présence. Cela me fait d'autant plus mal de l'avoir perdu.
« Greg n'a pas seulement sauvé la vie de Draco, de Collen et Narmacil. Son Sacrifice a permis la libération de Megildur et de vaincre la Magie Noire de Vása. Je vous en raconterai les détails à un autre moment. Mais il y a une chose que je dois vous dire maintenant, c'est une chose que sa Magie m'a dite. » déclare Théo, nous regardant tous à la ronde.
Puis son regard se fixe sur moi et il nous rapporte ce que la Magie de Greg a dit, sur les raisons pour lesquelles aucun d'entre nous ne devait se sentir responsable de sa mort, ni regretter de ne pas lui avoir consacré davantage de temps. Et que Greg était mort en faisant ce qu'il savait faire de mieux : veiller sur ses amis et les protéger.
Et en l'écoutant, je ressens une multitude d'émotions, dont la plus forte est sans aucun doute la tendresse. Une immense tendresse, pour ce garçon que la vie a tellement malmené, alors qu'il n'était que bonté et générosité.
Et à tout ce que Draco et Théo viennent de raconter, s'ajoute dans ma tête, tout ce que Greg m'a dit, pendant son entretien de sélection. Et je me rends compte, que si rien ne s'oppose à ce que je pleure sa mort, ce serait une insulte à sa mémoire, que de m'en imputer la responsabilité et d'en porter le poids.
Greg a choisi de mourir pour sauver la vie de Draco. Il a sacrifié sa vie, en toute conscience, respectant ainsi les valeurs sur lesquelles il fondait sa vie. Et il a réalisé son rêve. Il est parti heureux.
Alors non, je ne dois pas porter le poids de sa mort sur mes épaules. Greg, n'en serait pas heureux. Il en serait même profondément malheureux. Car le bien-être des autres était sa priorité dans la vie. Et ce serait aussi nier la valeur de son rêve. La réduire à néant, la fouler au pied. Cela reviendrait à dire que son rêve n'était qu'une vaste connerie, alors que c'est loin, très loin d'en être une. Et que ce rêve, c'est ce qui m'a fait penser, lorsqu'il m'en a fait part, que Greg avait tout, pour devenir un Grand Homme.
Qu'il a été un Grand Homme, réalise-je soudainement.
Oui, il a été un Grand Homme. Un très Grand Homme.
Un Grand Homme qui m'a beaucoup appris. Et dont je prends en ce moment même une grande et belle leçon encore. Celle que Papa avait essayé de me donner avant de partir. C'est finalement grâce à Greg, que je la comprends.
Une fameuse leçon, qui va beaucoup m'aider, dans mon rôle de Chef de Guerre.
Et qui vient renforcer en moi, la conviction que Greg a bien réalisé son rêve. Et que son rêve va se poursuivre à travers moi, puisqu'il m'accompagnera toujours dans mes pensées.
Mon regard revient sur le visage de mon ami défunt. Je lâche la main de Milli et j'embrasse son front, avant de l'engager doucement à retirer sa tête de mon épaule. Et je me penche vers Greg, je caresse sa joue, avant de l'embrasser, mon cœur se pinçant de la sentir si froide sous mes lèvres, puis j'essuie doucement mes larmes tombées sur son front.
« Je suis heureux, que tu aies réalisé ton rêve, Greg. Et je suis heureux, de t'avoir connu. Tu m'as beaucoup appris et jamais je ne l'oublierai. Un très Grand Homme, voilà ce que tu es à mes yeux, Greg. Un très Grand Homme. Et tu m'accompagneras toujours dans mes pensées, sur le chemin qu'il me reste à parcourir… » murmure-je, avant de l'embrasser encore.
Et je reviens à ma place, prenant Vincent et Milli par les épaules et les serrant contre mon flanc. Je me sens beaucoup plus serein dans ma peine. Car c'est seulement Greg que je pleure, maintenant. Mon chagrin n'est plus mêlé de mes propres tourments.
« Qu'est-ce que c'était, le rêve de Greg ? » demande Milli, sa voix chagrinée troublant à peine le silence.
Je ne réponds pas tout de suite. Cherchant comment l'expliquer au mieux, avant de le faire. Et puis je me dis, en regardant mon ami décédé, que je ne pourrai jamais mieux le faire, qu'en commençant comme il l'avait fait.
« Avant que je ne vous révèle quel était son rêve, il faut que je vous dise autre chose à son propos. » commence-je donc, rassemblant une dernière fois mes idées, avant d'expliquer : « Lors d'un précédent séjour ici, Greg s'est rendu compte un soir, qu'il avait oublié de faire quelque chose qui était pourtant très important pour lui, une chose à laquelle il a pensé durant plusieurs jours, se réjouissant que l'échéance approche. Et à cette occasion, il a pensé qu'il avait déjà eu des petits oublis ici ou là, à deux ou trois reprises, durant les semaines précédentes. Cela l'a inquiété et il est allé voir Richard, afin que celui-ci l'examine. Et après avoir pratiqué plusieurs examens, Richard lui a appris que ses problèmes de mémoire, étaient la conséquence d'une réactivation des séquelles, provoquées sur son cerveau, par le Bracelet d'Esclavage. »
« C'est pour ça, alors, que Richard a voulu nous voir, Milli et moi ? » réagit Vincent, assez vivement et avec inquiétude, tandis que Draco, Théo, Blaise et Ron échangent des regards atterrés.
« Oui. Et quand j'ai su pour Greg, j'en ai parlé à Richard, qui m'a assuré que vous allez très bien tous les deux. Il m'a expliqué, qu'il y avait toujours eu beaucoup moins de séquelles pour vous que pour Greg et vous êtes parfaitement guéris, maintenant. En fait, il vous a examinés, pour rassurer Greg, qui lui a demandé de le faire, mais lui-même ne se fait aucune inquiétude pour vous deux. Ce qui s'est produit pour Greg, ne se produira pas pour vous. Parce que Greg, n'était pas seulement beaucoup trop jeune, quand on lui a posé le Bracelet d'Esclavage. Selon Richard, il devait également être affaibli, probablement par une grippe, lorsque Lucius le lui a mis, ce qui a été un facteur très aggravant et explique que toute la Magie Noire n'a pu être totalement enlevée, ni Greg complètement guéri. Cela explique aussi que Greg a eu beaucoup plus de mal que vous deux, à sortir de sa pseudo-catatonie, quand on lui a enlevé le Bracelet. Richard m'a révélé, qu'il avait craint durant les premiers mois, que les résidus de Magie Noire se réactivent très rapidement, replongeant Greg dans cet état pseudo catatonique. Cependant il avait fini par être rassuré, pensant même s'être inquiété pour rien. Mais malheureusement, Greg a reçu un Maléfice pendant l'Attaque du Poudlard Express. Alors, certes, ce Maléfice a été neutralisé, mais pas suffisamment vite, hélas. Car selon Richard, la Magie Noire du Maléfice a été le déclencheur qui a réactivé les séquelles du Bracelet. » réponds-je, soupirant sur la terrible malchance de Greg, avant de poursuivre, la gorge nouée : « Richard a prescrit à Greg, une Potion à prendre chaque matin. Il lui a dit, que cela ralentirait beaucoup l'aggravation de ses troubles, mais que cependant, cela n'empêcherait pas leur évolution. En fait, lors des derniers examens réalisés juste avant la sélection, bien que les résultats soient satisfaisants compte tenu de la situation, Richard avait estimé, que Greg retomberait dans un état pseudo catatonique, d'ici six ou sept ans maximum et qu'il décèderait dans les deux années suivantes. »
« Putain ! C'est pas vrai ! Mais, pourquoi il nous a rien dit ? » réagit Vincent, dans un murmure, les yeux bouleversés.
Les autres aussi, sont terriblement assommés par cette révélation. Tout comme je l'ai été, lorsque Greg m'en a parlé. Et comme Vincent vient de le faire à l'instant, j'ai également demandé à Greg, pourquoi il ne nous l'avait pas dit.
« Greg, n'a pas voulu nous inquiéter. Il pensait que nous avions tous bien assez de soucis déjà, qu'il serait temps d'en parler, quand son état de santé ne pourrait plus passer inaperçu, à nos yeux. Il ne voulait pas non plus, que nous le couvions comme un enfant, que nous prenions des précautions avec lui. D'autant que la Potion fonctionnait très bien, Richard était très satisfait à chaque examen pratiqué une fois par semaine et Greg n'avait relevé aucun oubli depuis qu'il prenait la Potion. Et surtout... surtout, Greg ne voulait pas que nous ayons de la peine pour lui, que nous soyons malheureux de savoir ce qui l'attendait dans si peu d'années. » explique-je, regardant encore une fois à la ronde, avant d'ajouter la voix voilée par mes émotions : « Ce que voulait surtout Greg, c'est que nous soyons heureux, joyeux le plus souvent possible. Il voulait emplir sa mémoire, du plus grand nombre possible de bons souvenirs avec nous, durant les Entrainements, nos taquineries, nos fêtes, nos moments de rigolades que ce soit avec lui ou quand il veillait sur nous de loin. Parce que Richard lui a expliqué que sa mémoire ne se détruisait pas, mais qu'elle se voilerait petit à petit, qu'elle le retirerait peu à peu de notre monde. Mais que pendant son pseudo état catatonique, le processus s'inverserait, que cela se passerait, comme cela s'est passé juste après que le Bracelet lui a été enlevé. C'est-à-dire qu'il ne pourrait plus interagir avec les autres, ni même se rendre compte à la fin, des attentions que nous aurions pour lui, mais qu'il se souviendrait en revanche, de tout ce qu'il avait vécu, avant de plonger dans cet état. Greg voulait donc, durant ces très longs moments de solitude qui l'attendaient dans six ou sept ans, pouvoir être malgré tout heureux, en se remémorant tous ces beaux souvenirs de nous tous, emmagasinés soigneusement et précieusement dans sa mémoire. »
Mes larmes roulent sur mes joues, tandis que j'explique tout cela. Ce sont les larmes que j'ai retenues, lorsque Greg me l'avait expliqué lui-même. Je n'avais pas pleuré alors, par respect pour Greg qui avait fait un travail formidable avec Richard, pour apprendre à vivre sereinement, en toute connaissance de cet avenir inéluctable.
« Profiter des bonnes années qui lui restaient, sans s'appesantir sur son sort, pour se faire la plus belle vie possible, pendant que c'était possible. Faire le plein de petits bonheurs qui adouciraient sa longue agonie solitaire. Emplir ses yeux des beautés du monde, en chérissant ses amis et en veillant sur eux, voilà, ce que Greg voulait et pourquoi il ne nous a rien dit de son état de santé. » ajoute-je, le cœur empli de tendresse.
« Putain de Magie Noire… » murmure Ron, tandis qu'Hermione essuie les larmes qui perlent aux coins de ses yeux.
Elle n'est pas la seule à pleurer. Vincent et Millicent le font ouvertement. Théo, Draco et Blaise intériorisent, mais leur émotion est très vive et visible.
« En fait, Greg était en paix avec cela. Parce que son souci, ce n'était pas lui-même, mais les autres. Nous tous, ses amis. Ce qui lui importait, c'est que nous soyons heureux. C'est pour cela qu'il veillait sur nous. Il se tenait prêt, au cas où nous aurions besoin de son aide, de son réconfort, de son amitié. Nous savoir heureux, le rendait heureux. Il s'employait donc toujours à faire ce qu'il pouvait, afin que nous le soyons. Et ce qui le rendait le plus heureux encore, c'était de le faire dans la discrétion. Comme un Ange Gardien bienveillant. Invisible, mais toujours présent. Et deux choses seulement l'ennuyaient, dans la perspective de sa mort : la première, c'est qu'il savait que nous aurions du chagrin. Et la seconde… » explique-je encore, m'arrêtant trop ému pour continuer tout de suite.
Ma poitrine est trop comprimée. Il me faut retrouver ma respiration.
« La seconde, c'était qu'il avait un rêve à réaliser et qu'il craignait ne pas pouvoir le faire, à cause du temps si court qui lui restait à vivre. » poursuit pour moi Théo, en me fixant avec acuité.
J'acquiesce d'un simple hochement de tête, avant de reprendre.
« En fait, Greg m'a expliqué tout ce que je vous ai dit, lorsque je lui ai demandé, comme à chacun des volontaires, ce qui motivait sa candidature, malgré le risque qu'il encourait de mourir. Et c'est seulement après m'avoir révélé, qu'il lui restait si peu de temps déjà à vivre, que Greg a répondu à ma question. » commence-je, regardant durant quelques secondes mon ami décédé, avant de poursuivre en utilisant au plus possible ses propres mots : « Et quand il l'a fait, Greg m'a dit : Alors tu vois, je n'ai déjà plus beaucoup d'années à vivre, Harry et tu penses bien, que je n'ai pas du tout envie de voir ce temps encore raccourci. Et c'est sûr, que même si la mort ne me fait plus peur, et que maintenant je me suis fait à l'idée que je vais mourir jeune, je ne risque pas de faire le con et de jouer au héros qui se jette dans le danger sans réfléchir. Surtout que j'ai un rêve que j'espère bien réaliser, avant de mourir. Alors, non, je ne ferai pas le con. Parce que pour moi, c'est un beau rêve que je dois réaliser, Harry. Il va peut-être te paraitre bête à toi, mais c'est mon rêve et j'y tiens. Ce que je veux, Harry, c'est partir au Paradis, en étant content de moi. De pouvoir me dire là-haut, que j'ai fait quelque chose de bien de ma vie, même si elle a été courte. Je veux pouvoir penser que j'ai fait quelque chose de plus utile, que ce que j'ai pu faire jusqu'à maintenant, pour aider ceux que j'aime, durant cette guerre contre la Magie Noire. Je ne veux pas parler de faire quelque chose d'extraordinaire, ou d'héroïque, comme les Chevaliers du livre que Théo m'a prêté l'autre jour. Non, ce n'est pas ça. Parce que ça, je ne serais pas capable de le faire, même si je pense être assez courageux pour ce job. Mais il ne faut pas seulement du courage, il faut plus, pour être un Chevalier. Il faut savoir penser aussi. Et ça, je sais bien, que je ne sais pas toujours bien le faire, quand ça devient compliqué. Je ne veux pas non plus être un héros qu'on applaudit ou qu'on acclame à son retour. Tu me connais, ça me gênerait plutôt qu'autre chose, qu'on fasse ça. Non, moi, je veux juste être content de moi, c'est tout. En fait, si je reprends ce que je viens de dire au sujet du Chevalier, ce que je veux, quand je serai là-haut, c'est pouvoir me dire que j'ai fait quelque chose, qui a été utile au Chevalier. Même si ce n'est pas grand-chose, tu vois, mais que ce soit quelque chose qui l'a aidé à faire ce qu'il avait à faire. C'est tout. En fait, je m'en ficherai même que le Chevalier ne sache jamais que je l'ai aidé. Savoir que je l'ai fait, ça me suffirait à être heureux et content de moi. Alors aller là-bas sur cette Île, Harry, c'est dangereux, c'est vrai et ça pourrait encore plus raccourcir ma vie, c'est vrai aussi. Mais je pense que ça me permettrait de réaliser mon rêve. Parce que je sais que je pourrai être utile, là-bas, bien utile, oui. Je sais me battre et je sais veiller sur les autres aussi. C'est tout ce que je sais faire, même. Veiller sur les autres, sur leur sécurité. Et me battre. Et ça, ça aidera Théo. Et les autres Compagnons aussi. Et quand ce sera mon heure, je pourrai emporter ça avec moi. Et être content de moi. C'est pour ça, que j'ai posé ma candidature, Harry. Pour pouvoir réaliser mon rêve. »
Le silence tombe sur mes dernières paroles. L'émotion est très profonde.
Collen, guerrier très expérimenté et qui ne se laisse pas facilement émouvoir, est très pâle et sa main tremble, lorsqu'il la passe dans ses cheveux, souffle suspendu sur l'émotion qui lui étreint la poitrine. A ses côtés, Narmacil a ses yeux fixés sur Greg. Infiniment respectueux et profondément attristés.
« Greg peut être content de lui, là-haut. Parce qu'il a fait bien plus qu'être utile au Chevalier. Il a été le plus brave des braves Chevaliers de Tyll Celwie o Agar Myrn, le plus généreux et le plus modeste aussi, sans lequel notre quête n'aurait pas abouti. » déclare soudainement Théo, d'une voix douce, qui exprime beaucoup d'affection et de sincérité et, sur un sourire à peine esquissé, il ajoute: « Et son rêve se poursuivra à jamais, car sa Lumière est désormais attachée à Megildur, par le biais de sa Magie. »
La Lumière de Greg attachée à Megildur. Apprendre cela, provoque une bouffée de joie dans mon chagrin. C'est justice à mes yeux. La vie de Greg aura été plus qu'une étoile filante dans le ciel. Une part de lui, va rester éternellement vivante. Et je me sens heureux pour lui.
« Oui. Il peut se dire qu'il a eu un destin tragique et merveilleux à la fois, digne des grands Chevaliers d'antan. » enchérit Blaise, caressant les cheveux de Greg et lui baisant le front avant d'ajouter : « Soit heureux, Greg, même si nous pleurons ta mort, ne soit pas malheureux pour nous. Parce que nous sommes malheureux de t'avoir perdu, c'est sûr. Mais on sait aussi, que nous allons te revoir là-haut. Et ça, ça nous nous met du baume au cœur, Compagnon. Et de te savoir heureux, ça nous rend heureux aussi. Parce que tu le mérites bien. Et puis, te fait pas de bile pour la suite de la guerre, surtout. Parce qu'avec ta Magie attachée à Megildur, on ne peut que la gagner. »
« Ouais. Sûr que ta Magie va lui faire passer un sale quart d'heure, à Salazar et qu'il va regretter d'avoir eu des idées de grandeur. » renchérit Ron, avec affection dans ses yeux posés sur Greg.
« Et Balegarian donc. Ça va lui faire tout drôle aussi, de se prendre une dérouillée maison, par la Magie d'un Humain infect. N'est-ce pas Théo ? » ajoute Draco, en pressant l'épaule de notre frère.
« Oh, celle-là. Sûr que ça lui ferait pas de tort, de recevoir une bonne trempe par la Magie de notre Chevalier Greg. Mais, en ce qui me concerne, si on peut avoir le choix sur son sort, ça me réjouirait assez qu'on lui réserve le même qu'aux prisonniers de Tyll Celwie o Agar Myrn. Et toi qu'est-ce que tu penserais de ça ? » intervient alors Collen, en ébouriffant les cheveux de Théo.
« Un petit séjour là-bas ne lui ferait pas de tort, c'est sûr. Mais bon, elle a l'esprit tellement tordu, qu'il vaut sûrement mieux éviter quand même et plutôt laisser sa Magie aux prises avec celles de Greg et Inglorion… » répond Théo, en caressant son lapereau.
Et peu à peu, la conversation se détend, autour de la dépouille de Greg et celle d'Inglorion, que les Elfes viennent placer auprès de notre ami. Des souvenirs liés à Greg sont évoqués, dans la tendresse. Et des petits rires viennent saluer sa mémoire aussi.
La veillée se prolonge assez tard dans la nuit, avant qu'il soit décidé d'établir un relai, auprès des corps de Greg et Inglorion, afin que chacun puisse se reposer un peu.
Les Chevaliers de Tyll Celwie o Agar Myrn sont revenus.
Et, bien que nous soyons dans la peine d'avoir perdu un ami, nous allons pouvoir dormir d'un meilleur sommeil cette nuit.
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