Disclaimer: CF Chapitre 1

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Big bisous à Mistycal, ma super beta!

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Adultarisation 2 / 2

Mardi 18 Mars 1997

Acte 3 : La Fin D'Un Processus

Hermione

Le Terrier est complètement dévasté. Il ne reste pas une brique, pas une planche intacte.

Mais ce n'est pas sur les ruines de sa maison natale, que Ron fixe son regard douloureux. Ses yeux sont tournés vers l'intérieur, sur des mots qui resteront à jamais gravés dans sa mémoire, et attisent sa culpabilité. Mots, gravés par Voldemort en lettres indélébiles, sur les pavés de la rue principale d'un village Sorcier Ecossais, situé entre Poudlard et Glencoe. Village sans nul doute choisi, parce que Pettigrew en était originaire. Preuve en est que dans le petit cimetière, la tombe de ses parents a été complètement ravagée elle aussi et c'est la seule à l'avoir été.

L'Ordre et les Aurors sont vite intervenus, pour éviter que le village entier soit décimé. Pas suffisamment vite cependant, pour les trente-huit victimes décédées et les nombreux blessés ou les adultes et enfants indemnes, mais à jamais traumatisés par cette horrible Attaque, mêlant Inferi et Mangemorts.

La jeune femme que Tonks avait reconnue, grâce à son pendentif, comme sa copine Karine, lors de l'examen du souvenir de la Vision de Luna, est saine et sauve. Elle était venue résider chez sa tante, après l'Attaque sur le Chemin de Traverse. Lee a réduit en cendre l'Inferius qui allait la mordre au cou, exactement comme Luna en avait eu la Vision. Et la vieille Madame Garland, l'ancienne pâtissière du Chaudron Baveur, qui vivait chez sa fille dans ce même village depuis sa retraite, a eu elle aussi la vie sauvée.

Le destin a donc pu être changé encore une fois.

Mais je sais qu'il est inutile d'user de cet argument auprès de Ron, car il le réfutera, affirmant que c'est lui qui a changé le destin à la base, en faisant cuire les œufs de Bestioles. Qu'il n'y aurait pas eu cette Attaque et toutes ces victimes innocentes, s'il ne l'avait pas fait et que le message inscrit sur les pavés, en est bien la preuve irréfutable.

Remerciez Potter, les Weasley et les Malfoy Renégats.

Ils ont provoqué la colère de Lord Voldemort

et les habitants de ce village en ont été

l'exutoire cette nuit

C'est l'affreux lui-même, qui a gravé ces mots. Puis, tandis qu'il partait attaquer le Terrier avec une vingtaine de Mangemorts, il a ordonné à Rabastan de sommer ses autres Serviteurs et autant d'Inferi, de torturer, déchiqueter et tuer les pauvres villageois paisiblement endormis.

Je comprends ce message et cette horrible Attaque, comme une manière pour Voldemort, de nous hurler que ses monstrueux Diablotins sont peut-être détruits, mais qu'il a bien d'autres Monstres à nous opposer.

Des Inferi. Créés à partir de Mangemorts et d'innocentes victimes, tués lors des précédentes Attaques. Nous en avons eu preuve ce soir, non seulement au travers du rapport des Membres de l'Ordre, qui ont enquêté dans les cimetières, mais également pendant que nous défendions le village.

Terry par exemple, a reconnu l'un des Inferi. Il avait découvert le corps de cet homme dans les décombres de sa maison à Dublin et cela lui a été d'autant plus pénible, de le réduire en poussière, avec son Lance Mini Bombincinerus.

Et il a fallu également tuer au moins trois Mangemorts pour la seconde fois. Dont le père de Ramaya et Tarendra.

Cette guerre est horrible. De plus en plus horrible. Et j'ai grand hâte qu'elle se termine.

Un crac sonore. Harry revient enfin de Celtycie. Et il se dirige aussitôt vers Ron, prenant sa main sans dire un mot, en fixant les ruines du Terrier durant quelques secondes, avant de lui parler.

« Les Bestioles auraient fait plus de victimes, que les Mangemorts et les Inferi en ont fait ce soir, Ron. Alors si tu n'avais pas cuits ces œufs, nous serions allés à la Bergerie pour les détruire avant qu'ils n'éclosent, car ces saloperies étaient bien trop dangereuses pour qu'on les laisse seulement naître. Et les représailles qui auraient suivi, auraient sans doute été les mêmes qu'aujourd'hui. Pire peut-être. » déclare-t-il avec douceur, fixant toujours le Terrier des yeux.

« Je sais. Mais cela ne m'enlève pas mon sentiment de culpabilité, Harry. Il est tout aussi sûrement gravé à jamais dans mon cœur et ma mémoire, qu'il l'est sur les pavés du village. » répond Ron, serrant avec détresse, la main que j'ai moi aussi glissée dans la sienne.

Je ne doute pas qu'il serre tout autant celle de Harry.

« Ces pavés gravés ont été retirés par les villageois, Ron. Ils ignorent la raison réelle pour laquelle Voldemort a laissé ce message et ne veulent même pas que la Gazette en parle. Ils ont dit qu'il n'était pas question de laisser Voldemort rejeter la responsabilité de ses actes, contre ceux qui le combattent avec courage. » interviens-je, fixant également les ruines du Terrier.

Je souhaite de toute mon Âme, que les Fées reviennent dans leur cercle et que la maison puisse être rebâtie, exactement comme elle était avant.

« Ceux qui ont dit ça, n'avaient certainement pas de victime parmi les membres de leur famille. » répond Ron, la voix voilée, étranglée de culpabilité.

« Détrompe-toi. C'est une femme qui a perdu son mari et l'un de ses enfants, qui a ôté le premier pavé et demandé qu'on l'aide à retirer tous les autres. Et quand elle a vu ton père, elle s'est précipitée vers lui et lui a dit qu'elle n'en voulait pas plus aux Weasley, qu'aux Malfoy Renégats ou à Harry et qu'il fallait continuer la lutte contre Voldemort, quoi qu'il puisse en coûter, car rien ne pourrait arriver de pire, que son triomphe et sa main mise sur le Monde Sorcier. Et tous les villageois l'ont approuvée. Qu'ils soient ou non en deuil à la suite de cette horrible Attaque. » explique-je, mon regard délaissant les ruines, pour se fixer sur Ron, avant que je précise : « Bien sûr, tout le monde pense que Draco et Narcissa sont les Malfoy Renégats et comme il a rapidement été découvert que la tombe des Pettigrew a été détruite, chacun pense également que le village a été pris pour cible ce soir, parce que Peter a échoué, à enlever Draco et Harry. »

« Responsabilité qui m'incombe également, puisque c'est moi qui ait eu l'idée d'utiliser sa dépouille. » répond Ron, sa voix plus voilée et étranglée encore.

« Ne dis pas de sottise, Ron ! Tu as fait ce que tu devais faire, bon sang ! Comme Harry l'a souligné, si tu n'avais pas cuit les œufs, nous serions allés les détruire avant qu'ils n'éclosent ! Car même si nous avons de l'Antidote, encore aurait-il fallu que nous soyons certains de pouvoir secourir les personnes mordues, avant qu'elles meurent dans d'atroces souffrances ! Or, quand et où les aurait-il fait lâcher dans la nature ? Nous l'ignorons, Ron ! Et grâce à toi, il en sera toujours ainsi ! Parce que c'est terminé, il ne pourra plus recommencer le processus à zéro, étant donné que les frontières sont fermées ! Et c'est bien pour cela qu'il était dans une telle rage ce soir ! Car même s'il entretient encore un faible espoir, de pouvoir en créer de nouveau, il a au moins compris qu'il ne pourrait pas se procurer de Vervet avant longtemps et peut-être même jamais ! » m'exclame-je, avec fermeté.

« Je sais Hermione. Mais… » répond Ron dans un souffle, serrant encore une fois ma main, avec sa douleur.

Je ne le laisse cependant pas poursuivre;

« Mais rien du tout, Ron ! » explose-je à demi, « S'il n'avait pas attaqué aujourd'hui, cela aurait été un autre jour, avec ou sans prétexte pour le faire ! Sans compter qu'il ne pouvait même pas savoir avec certitude, que c'est toi qui a cuit les œufs ! Après tout, ton message s'adressait à Lucius, pas à lui ! Les œufs étaient dans une autre caverne ! Nous n'étions pas même censés savoir de quoi il s'agissait ! Et puis, les œufs auraient très bien pu être cuits à la suite d'une erreur commise par Avery ou Nott, alors qu'ils étaient fin saouls ! Mais il n'a même pas réfléchi jusque-là ! Et si toi tu le fais ne serait-ce qu'une seconde, tu comprendras comme tout le monde, que son message, c'est de la foutaise et qu'en réalité, il a sauté sur l'occasion de sa contrariété, pour fomenter vite fait une Attaque, simplement parce que cela le démangeait, depuis sa dernière défaite, de démontrer qu'il est bien le plus puissant et redoutable Sorcier au Monde ! Alors cesse de t'auto flageller bon sang ! Ce n'est pas du tout respectueux pour le courage de cette femme qui a ôté le premier pavé et demandé l'aide des autres villageois pour retirer les autres ! Ni même pour les victimes ! Le seul responsable et coupable, c'est Voldemort ! Voldemort tu m'entends ! Pas toi ! Tu ne dois pas te laisser déstabiliser par ces accusations ineptes ! Ce serait lui donner de l'emprise sur toi ! Lui reconnaitre raison ! Et bon jugement ! Quand il n'a ni l'une, ni l'autre ! »

Cela me fait mal, de voir Ron, notre habituellement si solide, pragmatique et réfléchi Ron, endosser des responsabilités et se laisser submerger par un sentiment de culpabilité? qui ne devraient pas être siens. Et puis, toutes les dures émotions que nous avons eues à vivre ces derniers temps, me tombent dessus aussi. Comme sur lui sans doute.

Et cela exacerbe bien sûr nos émotions et réactions de cette nuit.

« Hermione a raison, Ron. J'ajoute en plus, que s'il y a bien quelque chose que j'ai appris de la mort de Greg, c'est que nous sommes mis en position d'effectuer des choix, que nous préférerions ne pas avoir à faire ou que nous regrettons d'avoir à faire et que si nous sommes dans cette position, c'est parce que nous avons pris la décision de lutter contre Voldemort, qui a déclaré la guerre à notre Monde, pour lui imposer sa folie. Ce sont ses actes, ses décisions, qui provoquent les nôtres, Ron. Alors si nous avons le droit de pleurer les morts, nous n'avons pas à en porter le poids. Car ces morts, nous ne les avons pas voulus. Ces morts, nous faisons tout ce que nous pouvons et nous risquons nos propres vies, pour les éviter au maximum. Et le seul moyen de leur rendre hommage et justice, c'est de poursuivre nos efforts et notre lutte, bien que sachant que nous aurons encore à déplorer des innocentes victimes, en représailles de nos actions. Et ça, parce que ce salopard de Voldemort est un lâche, qui préfère attaquer des civils, pour faire passer sa colère, plutôt que de nous défier ouvertement dans un Combat en face à face, qu'il a bien trop peur de perdre. La preuve en est, selon ce que ton père m'a rapporté, qu'il a attendu pour attaquer le Terrier, d'être certain qu'il ne resterait plus grand monde, voire personne ici, faisant sauter les Protections et la maison dans la foulée, avec les vingt Mangemorts qu'il avait emmenés avec lui. Puis il les a emmenés dans les environs immédiats de la Bergerie, leur ordonnant de rester là désormais pour défendre la place, si cela s'avère nécessaire, avant d'aller donner l'ordre au Vétomage de reprendre le travail à zéro. Et donc de faire saillir la Dragonne, afin qu'elle ponde au plus vite des nouveaux œufs, qu'il viendra ensorceler lui-même pour les modifier. Et il est rentré ensuite tout tranquillement à la Gentilhommière. » déclare Harry, dont je soutiens la parole par des hochements de tête appuyés.

Ron ne répond pas. Il réfléchit à ce que nous venons de lui dire, ses épaules se décrispant progressivement.

« Vous avez raison. Oui, vous avez raison… » reconnaît-il finalement, poussant un profond soupir, avant de nous livrer le fruit de sa réflexion dans un débit rapide, comme pour achever de se convaincre : « Deux fois ses projets ont été contrecarrés en moins de trente-six heures, alors qu'il était persuadé de tenir le bon bout. Et en plus, Yaxley ne rentrait pas quand il espérait qu'il le fasse dans l'après-midi. Ça devait donc mijoter sec dans sa tête. Et quand Rabastan est arrivé avec son message pourri, il a dû se souvenir avoir emmené les œufs lorsqu'il est allé rechercher Lucius. De là, il a fait l'association avec le message que j'ai laissé sur la paroi de la Caverne du Diable. Et puis là-dessus, arrive la nouvelle de la mort de Peter à Poudlard, au cours d'une soi-disant tentative d'enlèvement de Draco et Harry. Il s'imagine alors quel grand pas cela lui aurait permis de faire dans ses projets, si Peter avait réussi son entreprise et il a conclu que son échec, l'empêche encore une fois d'avancer dans ses projets. Alors bien sûr, il fallait qu'il trouve un responsable à tous ses malheurs. Il en a trouvé trois : toi Harry, les Weasley et les Malfoy Renégats. Et finalement, ne pouvant punir Peter pour son échec, il a décidé d'attaquer son village, profitant ensuite de la diversion, pour venir détruire le Terrier. »

« A la manière dont tu exposes ces faits, j'ai presque l'impression qu'attaquer le Terrier n'était pas son projet premier. Tu l'as pourtant fait évacuer, dès que la nouvelle concernant les œufs fichus, lui est parvenue… » commente-je, fronçant mes sourcils sur l'incompréhension.

Car je ne vois vraiment pas ce qui peut faire penser à Ron, qu'il avait pu se tromper dans ses prévisions.

« Non, je ne pense plus qu'il avait pour projet d'attaquer le Terrier. Car comme l'a souligné Harry, Voldemort est trop lâche pour nous défier de front. Surtout après ses deux défaites cuisantes ici. L'idée lui est venue après. Il a fui le champ de Bataille et débarqué ici avec une vingtaine d'hommes, dès que l'Ordre du Phénix est arrivé au village. Il a saisi l'opportunité qui lui était offerte de trouver le Terrier vide ou quasi vide de tout occupant. » répond Ron, l'air sûr de lui.

« Mais alors, qu'avait-il l'intention de faire ? Il ne pouvait déjà avoir envisagé d'aller dans le village de naissance de Peter, puisque la Gazette est arrivée, après qu'il ait donné ses premiers ordres à Rabastan. » fais-je remarquer, tandis que Harry fronce les sourcils sur une réflexion intense.

Je suis quant à moi de plus en plus sceptique. Dès que Voldemort s'est souvenu du message, la logique veut qu'il ait voulu se venger sur les Weasley.

« Je ne saurais être affirmatif bien sûr, mais je pense qu'il avait l'intention d'attaquer un village Moldu. Il n'avait pas trop besoin de Mangemorts pour le faire, raison pour laquelle il avait demandé à Rabastan de se tenir prêt à répondre à son appel, avec une vingtaine d'hommes seulement. Mais lorsqu'il a lu la Gazette, il a décidé d'une Attaque de plus grande envergure, contre un village Sorcier. Celui où Peter Pettigrew a vu le jour, car contre lui aussi il a été très en colère. C'est après être arrivé sur place, qu'il s'est décidé à venir au Terrier. Et plus exactement, après avoir gravé son message sur les pavés. Ainsi, il lui donnait davantage de poids. Et surtout il savait aussi, qu'alors il ne rencontrerait plus de résistance ici. Car une grosse Attaque d'un Village Sorcier, assurait que la majorité des Weasley, pour ne pas dire tous, seraient sur le front. Et je pense également, que les Inferi n'étaient pas prévus au départ. Mais comme tu l'as si bien dit, Hermione, ça devait le démanger de démontrer qu'il est bien le plus puissant et redoutable Sorcier du Monde. Et quoi de mieux pour le faire et semer la terreur, que de révéler au Monde, qu'il a créé de nombreux Inferi. Il en avait l'occasion enfin et il l'a saisie. » répond Ron, en total mode stratège maintenant.

Son raisonnement se tient, mais j'ai un doute. Car je trouve très bizarre, que la colère de Voldemort soit retombée comme un soufflet, dès la destruction du Terrier. Comme Harry l'a souligné, il est rentré chez lui, replongeant tranquillement son nez inexistant dans le faux Livre des Origines, comme si rien ne s'était passé. Et je me demande soudainement, s'il n'y a pas du Salazar là-dessous.

« Mmmm… C'est possible, oui, fort possible. Et nous en reparlerons avec les autres. Ceci dit, Voldemort a à peine écouté le rapport que Rabastan est venu lui faire à la fin de l'Attaque. Et il ne semble pas inquiet de la perte d'une bonne cinquantaine de ses Monstres et de deux douzaine de ses Mangemorts. Il n'a même pas relevé le fait, que nous avons une redoutable arme anti-Inferi. » réponds-je, plus que soucieuse, je l'avoue.

Si Salazar est déjà aux commandes, tous nos plans pourraient s'effondrer.

« Pourquoi serait-il inquiet pour si peu de pertes, Hermione, en comparaison de ce qui lui reste à disposition et de la terreur qu'il a semée cette nuit ? Avec tous les partisans ramenés dernièrement d'Europe, il y a encore près de quatre cent quatre-vingt Mangemorts au Manoir et il compte que d'autres arrivent encore, malgré les mesures mises en place pour bloquer les frontières. Quant aux Inferi, il en a créés plus de six cents depuis Halloween. Sans compter ceux qu'il avait encore en réserve, de la guerre précédente. Alors avec tout ça, même s'il sait maintenant que nous avons une arme pour neutraliser les Inferi, il doit se dire que nous serons de toute façon débordés par leur nombre. » répond Ron, avec logique et d'un ton lugubre, tandis que je frissonne.

« Oui, bien sûr. Mais tout de même... » commente-je, dans un murmure.

« Tu crains que Salazar ait pris les commandes, n'est-ce pas ? » demande aussitôt Harry, en haussant un sourcil vers moi.

J'acquiesce d'un simple hochement de tête.

« Moi, je ne le pense pas. Salazar a davantage confiance en lui que Voldemort. Alors s'il avait pris les commandes, soit il aurait attaqué d'emblée le Terrier. Soit il n'y serait pas allé du tout. Mais quoi qu'il en soit, pour démontrer sa puissance, lui il aurait fait face à l'Ordre, avec toutes les troupes du Manoir. Et ce d'autant plus, qu'il a dû sentir que j'étais très loin de Grande Bretagne, tout comme moi je ne le sens plus du tout, lorsque je mets le pied en Celtycie. » répond Harry, tandis que cette fois, je sursaute intérieurement.

« C'est logique, bien sûr… » murmure-je aussitôt, m'admonestant pour n'avoir pas pensé à cela plus tôt.

« Oui, c'est logique et évident. Pourtant, ce n'est qu'après la Cérémonie des Funérailles d'Inglorion, que j'ai pris conscience que lorsque je franchis la Porte d'entrée en Celtycie, notre lien est rompu. Et Salazar n'a pas dû manquer de remarquer cette rupture, lui aussi. Cependant, je pense qu'il ne doit pas le comprendre et penser peut-être, que je suis parti à l'autre bout de la terre. Ou tout au moins, assez loin pour qu'il ne puisse plus percevoir ma présence. Et donc… » répond Harry, qui laisse sa phrase en suspens, sur un soupir.

« Et donc, il en aurait profité pour faire le maximum de dégâts et de victimes, certain de pouvoir claironner au moment de son triomphe, que tu n'as pas eu le courage de venir l'affronter, ce qui prouve bien qu'il est le plus puissant et redoutable Sorcier au Monde. » achève-je pour lui dans un murmure, tandis que Ron se frotte le nez, avec énergie.

Et naturellement, Harry et moi-même le fixons immédiatement des yeux, dans l'attente de l'idée qui lui titille le nez.

« Salazar ignore que nous savons ce qu'il est en réalité et il doit continuer à l'ignorer… » murmure-t-il, avant de nous rendre nos regards et d'ajouter sur une expression qui m'alarme vivement : « Mais nous avons fait une sacrée connerie. Et à cause de ça, il est probable… Non, pas probable. C'est bien plus que probable. En fait, il est assuré, que Salazar n'ignore plus que nous savons. Or, si cela est, il ne se laissera pas avoir par le plan que nous avons pondu. Il flairera le piège et se retirera de la partie. Il faut donc revoir nos billes. »

« Une connerie ? Quelle connerie ? Mais de quoi parles-tu ? Comment pourrait-il donc bien savoir, que nous savons ce qu'il est ? En quoi nous sommes-nous fourvoyés ? » demande-je, sourcils froncés et nettement dubitative.

« Je suis certain qu'il a compris, tout simplement, parce que Voldemort est maintenant en possession de ce qu'il croit être le Livre des Origines, volé par Latton, dans le Bureau de Nally. Or, comment Salazar pourrait-il croire, qu'elle n'a pas su le déchiffrer, alors qu'elle a des origines Elfiques et qu'il le sait parfaitement bien, puisqu'il a vu sa Magie lorsque nous étions en Communion Magique avec Harry, à Priest Hole Manor ? Et puis, Nally n'a-t-elle pas dit, que Voldemort ne pourrait pas pénétrer dans le Temple des Elfes, même en Esprit seulement ? » répond Ron, tandis que j'écarquille des yeux horrifiés. (1)

« Oh Merlin ! Quelle grossière erreur ! Bon sang de bon sang ! Mais comment avons-nous pu laisser des détails aussi importants nous échapper ! » m'exclame-je, me sentant pâlir.

Nom de Merlin ! Ron a raison, tout notre beau plan tombe à l'eau ! Salazar ne se laissera pas mener dans le Temple des Elfes comme nous l'espérions ! Il devinera tout de suite, où nous voulons en venir. Ou tout au moins, il soupçonnera que la Gardienne ou un Roherdiron est prêt à le cueillir avec Megildur, à peine aura-t-il passé la Porte.

« Oui, très, très grossière erreur… » tique Harry, le visage verrouillé sur une expression fortement contrariée.

« Comment rattraper cela ? Est-ce seulement possible de le rattraper ? » demande-je, dans un souffle, si horrifiée que j'en ai le cerveau tout ramolli.

Il me semble impossible de corriger une telle erreur. Et à mes yeux, c'est tout à fait le genre de bévue idiote, qui fait perdre une guerre.

« C'est impossible à rattraper. Il faut procéder tout à fait autrement, mettre en branle un plan totalement, radicalement différent, qui prend en compte ces données. Et ce qui importe maintenant, c'est de préserver le secret sur les points que Salazar ignore à coup sûr. Le premier, c'est que Harry est en garde de Megildur. Point crucial s'il en est. Car Voldemort peut être vaincu avant que l'on mène Salazar, prisonnier de Megildur, sur le Sentier des Enfants Perdus. Le second point, c'est que pas plus que Voldemort, il n'a compris ce que James et Lily ont fait au soir d'Halloween 81. C'est là-dessus que nous nous devons tabler maintenant. » déclare Ron, nous englobant d'un regard grave, Harry et moi-même, avant d'asséner avec conviction et détermination : « Et à cela, j'ajoute qu'il n'y a qu'un seul moyen de nous en sortir. Nous n'avons pas d'autre choix. Il faut harceler Voldemort et Salazar, jusqu'à ce que l'un ou l'autre perde les pédales et vienne sur notre terrain, sans réfléchir plus avant aux conséquences possibles et au plan que nous avons véritablement en tête. »

Harry et moi-même échangeons un regard, dans le silence épais de la nuit qui nous cerne.

« Oui. Il est temps désormais que nous cessions de rester en position de défense et que nous passions à notre tour à l'Attaque. Et nous devons le faire, avant que Balegarian le fasse elle-même en Celtycie. » approuve Harry, avec fermeté, après quelques secondes de réflexion.

« C'est ce qu'il faut faire, oui. Il n'y a plus à tergiverser. C'est ainsi que nous devons procéder. » approuve-je, également, avant d'entourer Ron et Harry de mes bras et de les serrer contre moi.

Nous restons enlacés, sans rien dire, goûtant cet instant avec gravité, durant quelques longues secondes.

« Il va falloir le dire aux autres. » murmure-je, en relevant les yeux vers Harry.

« Il va falloir oui. Mais ne nous précipitons pas. Il sera temps de le faire lors de la Réunion de ce soir. » répond-il, avec une douce fermeté.

« Ouais. Comme ça, nous n'aurons pas seulement une mauvaise nouvelle à leur annoncer, puisque cela nous laisse le temps de réfléchir jusque là, à l'organisation d'un nouveau plan, qui permettra d'appâter Voldemort et Salazar, sur notre terrain, au moment que nous aurons choisi. » renchérit Ron, sous le hochement de tête approbateur de Harry.

J'acquiesce également. Cela me convient parfaitement. C'est un prolongement logique de notre parcours, de la lutte que nous avons menée contre Voldemort, depuis notre première année à Poudlard. Et même si nous sommes désormais appuyés par l'Ordre du Phénix et le Ministère, c'est à Harry seul, de décider de la manière dont il veut le vaincre. Et il nous appartient, à Ron et moi-même, de l'aider à élaborer son plan d'action.

« Cette fois, le processus d'Adultarisation est bien terminé pour chacun de nous trois. » ajoute ensuite Harry, en resserrant un peu plus sa prise sur nous.

« Il est bien fini, oui. Nous avons tous les trois parfaitement compris maintenant, ce que cela coûte d'être un adulte et d'endosser la responsabilité, d'avoir à prendre des décisions, qui mettent l'avenir des autres en jeu. » acquiesce Ron, sur un léger soupir, que nous partageons tous les trois.

Oui, nous sommes maintenant parfaitement conscients des enjeux et conséquences possibles de nos futurs actes et décisions. Et sans aucun doute, regretterons-nous de tout cœur, d'avoir à mettre notre plan en œuvre, mais nous aurons l'esprit libéré d'un poids qui n'a pas à être nôtre. Car ce que nous entreprendrons sera nécessaire, pour sauver de plus nombreuses vies, que celles qui seront perdues.

Le regard de Ron s'égare de nouveau vers le Terrier. Et dans un automatisme, Harry et moi-même fixons également le nôtre sur les ruines.

« C'est très symbolique, n'est-ce pas. » murmure-je, avec tristesse.

Tristesse et nostalgie devrais-je plutôt dire.

« Très. Mais nous allons faire quelque chose de plus symbolique encore. » déclare Ron, en resserrant son bras sur mon épaule.

« Oui. Nous allons rebâtir le Terrier maintenant. Pour que les futures générations Weasley qui y vivront, puissent grandir dans la paix, le bonheur et l'insouciance. » sourit Harry, en sortant sa Baguette de sa manche.

« Tout à fait d'accord. Et ce sera aussi le moyen de dire à Voldemort, qu'on n'abat pas si facilement les Weasley et qu'il devra toujours compter avec eux et leurs amis. » déclare-je, avec détermination, en sortant également ma Baguette.

« Ça, c'est sûr… » sourit Ron, en ouvrant son blouson, avant d'ajouter avec douceur, en direction des Fées qui ont trouvé refuge dessous : « Allez, les Gourgandines. C'est le moment d'aller dire à vos cousines et cousins, que le Terrier va renaître de ses ruines et qu'un petit coup de main de leur part, ne sera pas de refus. »

Aussitôt sept Fées s'envolent, tournant joyeusement autour de la tête de Ron, avant de prendre la direction de la Colline de Têtafouine, tandis que Phyas pointe la tête hors de la poche de jambe de son treillis.

« Oui, Phyas, tu peux aller prévenir les Gnomes qu'ils sont invités à rentrer et à donner un petit coup de main aussi. Et si tu trouves la Goule en chemin, dis-lui qu'elle sera la bienvenue, quand le grenier sera terminé. » sourit Ron, en aidant le Lutin à poser pied à terre.

Phyas court aussitôt vers le pré le plus proche et Harry, Ron et moi-même, avançons résolument vers le Terrier, pour débarrasser les gravats, ne cherchant pas s'il y a quoi que ce soit à récupérer. Tout est en miettes de toute façon. Et puis, Arthur a depuis longtemps emmené les quelques rares biens les plus précieux de la famille, à l'abri du Village des Elfes, tandis que Molly avait préparé ce qu'il fallait emporter en cas d'urgence, dans deux malles, disposées en permanence auprès de la Cheminée.

Le reste, meubles et objets utilitaires indispensables à la vie courante ou vêtements, seront vite remplacés. En attendant de pouvoir acheter du neuf, il n'y aura qu'à aller en chercher dans l'entrepôt, où Madame Lee poursuit son action bénévole, en faveur des familles qui ont tout perdu dans des Attaques.

Bientôt, les Fées et Gnomes se mêlent à nous. Ensemble, ils débarrassant les plus petits débris incrustés dans l'herbe, entassent les branches d'arbres cassées près du garage, qui a aussi été soufflé par la colère de Voldemort, rassemblent les volailles éparpillées dans les prés voisins et le petit bois, dans un enclos de fortune, redressent la clôture, la barrière et les petites pierres blanches, marquant la mémoire des morts lors de l'Attaque d'Halloween.

Et après une heure d'efforts, la dalle de la maison est enfin mise à jour. Alors nous sondons les fondations, pour nous assurer de leur solidité.

« C'est bon. Les fondations ont tenu le choc. La reconstruction peut commencer et nous allons nous y mettre tout de suite. » sourit Ron, lorsque nous avons terminé.

Et il appelle à nous, les dernières briques décorées, qui n'ont pas été utilisées pour fabriquer le Barbecue après la Bataille d'Halloween et étaient entreposées dans le sous-sol du garage.

« Trois briques. Une pour chacun d'entre nous. C'est à croire que c'était fait exprès et qu'elles attendaient tout simplement, que nous soyons prêts tous les trois. » sourit Harry, en attrapant au vol deux des briques, tandis que Ron saisit la dernière.

Harry m'en présente une, bleu ciel avec une fleur rose, gardant pour lui, une brique vert pomme, marquée d'une fleur orange.

« Oui. Elles nous attendaient… » répond Ron, tartinant un côté de sa brique, d'un jaune criard décoré d'une fleur rouge vif, d'une épaisse couche de ciment Magique, avant de la poser sur les fondations, juste à côté de l'emplacement de la porte d'entrée.

Il l'aligne soigneusement avec la dalle puis appuie très fort dessus, pour assurer son adhésion, et enfin il grave RW sur le coin supérieur droit, avant de nous inviter à poser les nôtres à côté de la sienne. Harry et moi-même, nous exécutons avec un plaisir non dissimulé, gravant également nos initiales sur notre brique. Fées et Gnomes applaudissent, manifestant leur joie, à la vue de ce tout premier minuscule bout de mur, vivement coloré.

« Voilà. Il n'y a plus qu'à aller chercher le reste du matériel nécessaire, maintenant. » déclare Ron, qui regarde le résultat de notre petit travail de maçonnerie, avec satisfaction.

« Pas la peine. Ton père vient de m'avertir qu'il arrive avec les autres et tout ce qu'il faut. » répond Harry, en se tournant vers la barrière.

Où une multitude de plop retentit, quasiment aussitôt.

La famille Weasley et toutes celles et ceux qui ont combattu ou trouvé refuge au Terrier à un moment ou l'autre, ces derniers mois, s'avancent aussitôt vers nous, chargés de briques, de poutres, de tuiles, de planches et de vitres. Puis des Elfes de maison entament un ballet d'allers et retours, avec des dizaines de caisses, contenant tout le matériel nécessaire à la reconstruction du Terrier.

« Matt a réveillé tous les fournisseurs, avec lesquels il travaille à la reconstruction des maisons après chaque Attaque, afin que nous puissions rebâtir tout de suite notre Terrier ! » s'exclame Arthur, en réponse au sourcil haussé de Ron, avant de laisser tomber son regard sur les trois briques colorées que nous avons posées et d'ajouter : « Excellente idée. Nous ferons les trois premières rangées comme cela. Et ensuite, nous dessinerons quelques motifs colorés sur toute la partie en brique. Et les trois dernières rangées, seront comme les trois premières. »

Puis il réfléchit durant quelques secondes, avant de se tourner vers la famille et les amis présents.

« Que chacun fasse sa brique. Nous en intercalerons quelques-unes non décorées, que les enfants et les amis pour l'heure absents, pourront colorer à leur goût ce soir ou demain. » décide-t-il, s'adressant ensuite aux Fées et aux Gnomes, pour les remercier de leur aide précieuse.

Puis il prend une brique en main, la colorant vivement et la gravant à ses initiales, avant de la disposer de l'autre côté de l'emplacement de la porte, pendant que Ron pose trois briques non colorées, à l'intention de Jodie, Jérémy et Jonas, au-dessus les nôtres.

Draco s'empresse ensuite de poser la sienne et celle d'Annabelle. Puis Blaise, Vincent qui en fait une aussi pour Greg. Millicent, Terry, Marian, Lee, Olivier et Jordan, et tous les autres, posent leur brique, avant que j'en mette une pour Viktor et que Blaise en fasse une pour Ursula.

Et nous travaillons tous ensemble à rebâtir le Terrier, sans relâche, toute la nuit, aidés des Elfes de Maison, tandis que Fées et Gnomes s'occupent du jardin, avec Nev et Ginny.

Et lorsque le Soleil pointe à l'horizon, il ne reste plus que le toit à poser, ce que nous nous empressons de faire, afin que la Goule, qui attend dans le petit bois, puisse venir se mettre à l'abri du jour, dans l'ombre épaisse de la partie du grenier qui lui est destinée.

Puis nous décidons qu'il est temps de mettre en place les nouvelles Protections.

Cette fois, c'est Harry, Ron et moi-même, en Communion Magique, qui posons l'ossature du Fidélitas, avec Severus, qui sera de nouveau le Gardien du Secret.

Et un petit déjeuner de fête dans le jardin, de nouveau foisonnant grâce aux Végélines, Nev et Ginny, clôture notre nuit de travail.

Oh, bien sûr, il y a encore les vitres, les portes et les volets à poser, la véranda à dresser et du travail à faire à l'intérieur, sur les escaliers, les planchers, murs et plafonds. Mais l'essentiel est fait. Le Terrier a pu renaître de ses ruines en quelques heures seulement, grâce à l'amour que lui porte la famille Weasley et tous leurs amis.

Humains et Créatures Magiques mêlées.

OoOoOoO

Acte 4 : Projets D'Avenir

Ron

Je regarde une dernière fois le Terrier, avant de franchir la barrière.

Il n'est plus, en tant que Symbole de mon enfance.

Mais, à le voir ainsi, même inachevé, je vois très bien en lui le Symbole de la nouvelle étape de vie que j'entame.

Je suis devenu adulte bien trop tôt, bien trop vite. Et il a fallu du temps, des événements heureux et d'autres douloureux, avant que j'acquière pleinement mon équilibre.

C'est fait maintenant.

Jamais plus, Voldemort n'aura prise sur moi, ni ne pourra me déstabiliser comme je l'ai été, par son message gravé sur les pavés de la rue principale de Glencoe.

Mes fondations sont aussi solides que celles du Terrier et elles résisteront aux tempêtes qui m'assailliront. Mes fenêtres et portes sont et resteront toujours ouvertes, sur la perspective de divers horizons. Ma structure est à la fois bien robuste et flexible, pour contenir toutes mes émotions heureuses ou bouleversantes et résister à toutes les Attaques qu'elle essuiera à l'avenir.

Oui. Je suis plus fort aujourd'hui, que je l'étais déjà.

Et résolument prêt, pour affronter la dernière grande Bataille de cette guerre et m'en sortir, peut-être pas indemne, mais déterminé à me faire ensuite une belle et agréable vie.

« Allons-y… » murmure-je, sur cette dernière pensée.

Et je Transplane immédiatement au QG, avec Harry, tandis qu'Hermione part au Village des Elfes, pour donner la main aux jumeaux.

« Je peux rester encore deux ou trois heures à votre place, avec Dudley, si vous avez besoin de repos tous les deux. » déclare Dedalus, après nous avoir rendu notre bonjour.

« Merci, Dedalus. Mais ça va aller. Nous avons pris de la Potion Revitalisante et Maman va nous emmener un peu plus tôt au Paradis, ce soir. Et vous aussi, vous avez besoin de repos. » répond doucement Harry, en tendant sa cape au vieil homme.

« D'accord, puisque tu le dis. Et le Terrier ? Les travaux avancent ? » demande Dedalus, en posant sa cape sur ses épaules.

« Très bien. Ce sera entièrement fini ce soir. Passez donc faire un tour si vous avez le temps, lorsque vous vous réveillerez. Maman sera ravie de vous offrir un thé et il y a une brique qui attend que vous la décoriez. » réponds-je, avant d'apporter les précisions demandées par son sourcil haussé.

« Oh ! Alors je ne manquerai pas d'y aller avant de revenir ici ce soir. Mais qui dois-je voir avant, pour pouvoir entrer sur la propriété ? » questionne Dedalus, qui a bien sûr deviné que le Fidelitas est de nouveau en place.

« Transplanez devant la barrière. Une Alarme sonnera dans la maison et Maman viendra vous faire lire l'adresse. » réponds-je, ajoutant précipitamment avant que Dedalus s'en aille : « Oh ! Et surtout, restez bien dans la limite de la zone de Transplanage. Aussi longtemps que vous n'avez pas été officiellement invité à entrer, vous risquez d'avoir un très sale tour, parce que les jumeaux ont piégé tous les alentours, au cas où Voldemort décidait de revenir encore une fois, nous rendre une petite visite indésirable. »

Dedalus acquiesce et s'en va, tandis que Dudley décide de rester encore un peu avec nous.

« Toi aussi, il faudra que tu viennes un de ces quatre. Avec ta mère. Il y a une brique prévue pour chacun d'entre vous. » lui apprends-je, guettant sa réaction du coin de l'œil.

Il sursaute de surprise et son visage s'illumine de joie.

« Vrai ! Depuis que j'entends parler du Terrier, j'ai hâte de le voir ! Et sans même le connaître, j'étais triste qu'il ait été abattu. Alors c'est génial de penser que je vais avoir une brique à décorer, sur l'un des nouveaux murs. Mais pourquoi cet honneur ? » dit-il, en me fixant de ses yeux souriant.

« Non seulement tu es le cousin de Harry et à ce titre, tu fais donc partie de la famille Weasley maintenant, mais tu es aussi un Membre de l'Ordre du Phénix. Ce qui explique que ta mère a également une brique réservée, puisqu'elle donne aussi un coup de main. » réponds-je, lui rendant son sourire, avant d'ajouter sur une hésitation : « Et si ton père se décide avant la fin de la guerre, à cesser de nous faire la gueule et nous aider de son propre chef, on lui trouvera une brique à côté des vôtres. »

Dudley grimace aussi sec.

« Faut pas rêver. Tout ce qu'il aspire, c'est que tout se termine et pouvoir aller s'installer le plus loin possible d'ici. Dans un coin où il ne risque pas trop de rencontrer des Sorciers. Ni de revoir son ancien patron. Il pense qu'il est définitivement grillé de ce côté-là et il s'est mis en tête qu'on irait tous à Manchester ou Liverpool. Alors c'est de nouveau la bagarre avec Maman, parce que quitte à déménager de région, elle préférerait aller dans le sud et Plymouth lui plairait bien. Et moi, ça me plairait bien mieux aussi. Il parait qu'il y a de la très belle campagne par-là et ce serait bien pour réaliser mes projets d'horticulture. » déclare-t-il, le visage chiffonné.

« Plymouth… Ce n'est pas très loin de Loutry Ste Chaspoule ça. Et effectivement, il y a de la très belle campagne alentour. La terre est très bonne pour les cultures. » réagis-je, la tête emplie des paysages de mon enfance.

« Alors Papa ne voudra jamais aller à Plymouth, s'il sait que ta famille n'habite pas loin. » grimace Dudley, l'air très déçu.

« Nous sommes en pleine campagne, complètement isolés. Et puis, ton père rencontrera plus de Sorciers à Manchester et Liverpool, qu'à Plymouth, c'est sûr. Les Sorciers ont déserté cette ville, lors de la dernière guerre des Moldus, se retirant en campagne ou plus haut vers le Nord, pour échapper aux nombreux bombardements. Et comme ces derniers ont entièrement détruit le Quartier Sorcier et qu'il n'a pas pu être rebâti, parce que les protections avaient sauté et que les Moldus ont envahi le terrain en reconstruisant leurs propres quartiers, les Sorciers qui vivent encore dans le coin, comme nous, vont à Londres désormais, pour faire leurs achats. » réponds-je, lui arrachant un nouveau sourire.

« Alors sûr, là il va vouloir aller du côté de Plymouth. » déclare Dudley, souriant de nouveau largement.

Il a même l'air de piaffer d'impatience, d'aller dire à son père, que Plymouth est la ville idéale pour un Sorcierphobe comme lui. Cependant, sa réjouissance est de courte durée et son sourire s'éteint brusquement.

« Il ne voudra jamais le croire, si je n'ai pas de preuve à lui montrer. Il dira que j'ai inventé ça, pour le persuader. Et que Manchester ou Liverpool c'est plus sûr. » murmure-t-il, contrarié de nouveau.

« Tu parles ! A Manchester il y a les trois plus grosses fabriques de Balais du Royaume Uni, en conséquence, pas mal de Sorciers y travaillent et vivent dans un village réservé, en plein cœur de la ville. Et ça leur arrive d'aller faire un tour dans les commerces Moldus. Quant à Liverpool, c'est le Centre Culturel Sorcier le plus important de la Communauté Britannique. Il y a tout un quartier avec des galeries artistiques. Alors naturellement, c'est hautement touristique et beaucoup d'artistes vivent également à Liverpool ou ses environs. » souris-je, en servant un thé à chacun de nous trois.

« Et pour les preuves de tout cela, demande donc à Dedalus. Il a des dossiers sur tout. Il te dégottera donc sûrement, non seulement des tas d'articles de la Gazette qui parlent des fabriques de Balais de Manchester, du Centre Culturel de Liverpool, mais également de l'exode massif des Sorciers de Plymouth, durant la dernière Guerre Mondiale Moldue. » déclare Harry, qui ajoute sur une petite hésitation : « Et tu diras aussi à ton père, que tu pourras profiter gratuitement d'une terre qui m'appartient, pour débuter ton entreprise d'horticulture. La propriété que j'ai héritée de mes Grands-parents Potter, se trouve dans la campagne avoisinante du village de Sampford Peverell,à cinquante miles de Plymouth et le terrain est très vaste. De plus, en attendant d'avoir les moyens de vous installer ailleurs, vous pourriez bénéficier d'un logement gratuit, aussi longtemps que vous le voulez, puisque j'ai également une maison au village. C'est un cottage indépendant, très typique et situé dans la partie périphérique la plus ancienne du village, avec une belle vue sur la rivière et la campagne environnante. Il est inhabité depuis pas mal de temps et il y a des travaux à faire bien sûr, mais s'il veut, ton père pourra s'en occuper lui-même et mettre l'électricité. Je le payerai naturellement. Et ce qu'il gagnera, ça lui permettra de lancer sa propre affaire… Du moins, s'il désire monter une petite entreprise de bricolage, comme tu l'as suggéré l'autre jour. »

« Ben, il ne veut rien te devoir, tu sais. Mais je pense qu'il réfléchira quand même aux avantages que ça présente. » répond Dudley, l'air totalement confiant maintenant, avant de froncer subitement les sourcils et d'ajouter : « Mais toi, tu aurais assez d'argent, pour payer à la fois mon père et les matériaux pour les travaux ? »

« Oh oui, j'en aurais bien assez, ne t'inquiète pas. En fait, je peux maintenant t'avouer, que j'avais largement de quoi vous offrir un séjour au soleil de Majorque, pour toute la durée de la guerre et vous payer des vêtements neufs. Mais vous étiez si désagréables, que je n'ai pas eu envie de vous faire ces plaisirs. Alors j'ai menti. » répond Harry, avant de préciser : « En vérité, la fortune que j'ai hérité de mes parents est colossale. Et même si j'ai vraiment donné beaucoup à l'Ordre depuis le début de la guerre, j'ai encore bien assez, pour pouvoir vivre très confortablement avec ma famille, durant toute une année, avec seulement les intérêts que me rapporte ce que j'ai encore aujourd'hui. Et maintenant, j'ai envie de vous aider à refaire surface financièrement. Alors si ton père rechigne à accepter d'être logé gratuitement, tu n'auras qu'à lui dire que c'est un échange de bon procédé, pour les travaux qu'il a faits ici. Et que ce serait vraiment con de sa part, de refuser une opportunité pareille de se remettre à flots, sans avoir d'emprunt à effectuer, pour acheter une nouvelle maison, ni d'outils pour monter son affaire. Parce que moi, qu'est-ce que j'en ferai, des outils, quand les travaux seront terminés ici et dans le cottage ? Rien. Alors autant qu'il les garde et s'en serve, n'est-ce pas ? Comme ça, il n'aura qu'une perceuse électrique à se procurer. Et une camionnette bien sûr. Mais ça, il a les moyens de se les offrir, non ? »

« Sûr ! Il a touché l'assurance du 4x4 et de la maison la semaine dernière ! Il a râlé parce que bien sûr avec la dévaluation à cause de l'ancienneté il y a laissé des plumes, mais ça fait un beau paquet quand même. Et puis, il y a ses économies sur le livret d'épargne et celles que Maman a faites aussi. Alors pas de problème pour monter son entreprise et la mienne, puisqu'il n'y n'aurait pas de terre, ni de maison à acheter ! » répond Dudley, avec enthousiasme.

« Pas de meubles, ni vaisselle non plus. Le cottage est meublé, avec du très beau mobilier ancien. Et ce sera vraiment très coquet, quand tout aura été repeint, reverni et briqué comme une noise neuve. Le jardin aussi sera très beau. En fait, je suis sûr que ta mère se plairait là-bas. Et tout à l'heure, je demanderai à Lee, s'il veut bien aller faire quelques photos, afin que vous ayez une idée plus précise du cottage et de ses environs. » renchérit Harry, au sourire s'élargissant de plus en plus de Dudley.

« Ouais. Avec un dossier en béton pareil, je suis sûr que Maman et moi, on arrivera à convaincre Papa. » dit-il, positivement réjoui, en caressant machinalement la tête de Bonheur, qui est venu la poser sur ses genoux.

Il a bien grandi le petit chie?n en quelques semaines. Et c'est vraiment un brave animal, toujours tranquille et amical.

« Et vous, vous irez vivre où, après la guerre ? Vous allez rester ici ? » demande Dudley, rompant soudainement le silence qui s'est installé depuis quelques minutes.

« Non. La campagne nous plaît davantage. Et puis les Fées et les Pytimouss ont besoin de grand air et d'espace. Nous vivrons donc dans ma propriété de Sampford Peverell. Mais ça, ton père n'a pas besoin de le savoir, n'est-ce pas ? » répond Harry, sur un clin d'œil, ajoutant ensuite : « Et si par hasard, il venait te rendre visite sur ton lieu de travail, il ne verra pas du tout la maison, qui se trouve du côté opposé du petit bois bordant les terres, que je propose de mettre à ta disposition. »

« Tu as raison, Papa n'a pas besoin de le savoir. Mais Maman, elle, sera ravie de partager ce petit secret avec nous. » sourit Dudley, en rendant son clin d'œil à Harry, qui acquiesce d'un hochement de tête, avant de demander : « Qu'est-ce que ça va devenir, alors ici ? »

« Mmmm… J'ai ma petite idée sur la question, mais il faut que je la creuse encore. » répond Harry, rêvassant quelques secondes, avant d'expliquer : « Cette maison, c'est un lieu de passage pour beaucoup de monde. Et je pense que cela doit rester comme cela. Alors, ça pourrait être une sorte de pension de famille, d'auberge ou d'hôtel restaurant, où les Sorciers et les Moldus qui connaissent notre monde, pourraient se rencontrer facilement. Il y a bien de la place ici, alors on pourrait organiser des repas, des mariages, des fêtes quelconques. Ou simplement donner aux familles Moldues, qui viennent d'apprendre qu'il y a un petit Sorcier parmi leurs enfants, de découvrir notre mode de vie et notre Monde, avant même d'aller sur le Chemin de Traverse, où il y a de quoi être complètement perdu et étourdi, lorsqu'on y met les pieds pour la première fois. Alors ici, cela pourrait même être le point de départ d'une visite guidée dans le Londres Sorcier, pourquoi pas ? »

« Chouette idée… » approuve-je, en jetant un coup d'œil distrait vers l'Ecran, où il ne se passe absolument rien.

Voldemort est plongé dans le soi-disant Livre des Origines, comparant longuement chaque ligne avec celle correspondante de sa traduction. Mais, à moins que nous lui donnions un coup de pouce, d'ici qu'il comprenne comment il peut s'assurer de détenir une traduction exacte, on a de quoi voir venir encore, durant quelques jours, voire semaines.

« Ouais, je trouve aussi. Cela permettrait aux familles Moldues qui ont un enfant Sorcier, d'échanger leur point de vue sur la question. De pouvoir en parler avec quelqu'un surtout. Souviens-toi de ce qu'Hermione nous a dit un jour. C'était difficile parfois pour ses parents, de n'avoir personne avec qui parler ouvertement de la scolarité de leur fille. Et maintenant, ça doit être sacrément difficile pour eux, d'être si loin et n'avoir personne avec qui évoquer la guerre du Monde Sorcier et de l'angoisse qu'ils éprouvent, à la pensée qu'Hermione est engagée jusqu'au cou dans notre Combat. » renchérit Harry, tandis que je l'approuve d'un hochement de tête.

Cela doit effectivement être difficile, pour les parents d'Hermione. Et ceux de Colin, Dennis et Lilas Crivey se trouvant actuellement au Village des Elfes, ont écrit à leur fils qu'ils sont heureux, de pouvoir parler de leurs enfants avec d'autres parents, sans avoir à se mordre la langue, afin de ne pas laisser échapper un mot de trop.

Cependant, je n'ai pas envie que l'atmosphère soit plombée par la dernière réflexion de mon petit ami.

« Portraits qui parlent, Elfes de maison qui font apparaître et disparaître les plats de la table, chandelles qui Lévitent au plafond. Il ne manque qu'un Fantôme et l'ambiance serait parfaite, pour que ces familles Moldues aient une petite idée, de ce qui attend leur gosse à Poudlard. » m'empresse-je donc d'ajouter.

« Et leurs enfants qui ne sont pas Sorciers, se sentiraient moins mis à l'écart de ce monde qu'ils imaginent merveilleux. Ils pourraient aussi se rendre compte, qu'être Sorcier ne résout pas tous les problèmes, qu'il ne s'agit pas seulement d'agiter une Baguette et de marmonner une formule Magique, mais que nous avons aussi beaucoup d'efforts à faire, pour obtenir des résultats. Ils pourraient aussi se rendre compte des dangers de notre Monde. Bref, que Sorcier ou non, c'est un même combat dans la vie. » surenchérit Harry, sur un léger soupir.

« Tu as raison. Et je suis partant pour que cette idée voie le jour. Mais je suppose, qu'il faudra d'abord obtenir l'autorisation du Ministère. Et chercher dans toutes les lois poussiéreuses, s'il n'y en a pas une qui s'oppose à ce projet. Car il ne faudrait pas enfreindre le sacrosaint Code International du Secret Magique, n'est-ce pas ? » réponds-je, sur une légère grimace.

Franchement, j'espère que rien ne s'opposera à la réalisation de ce projet. Car il me botte vraiment.

« Mouais. Idée à creuser. Bien que sincèrement, je doute qu'il y ait possible infraction, à ouvrir un peu plus notre Monde aux Moldus qui ont déjà un pied dedans. Et cela ne pourrait que renforcer le lien Moldu/Sorcier. » déclare Harry, avec un sourire tout ce qu'il y a d'optimiste.

Je voudrais l'être autant que lui. Mais j'entrevois quelques raisons qui m'empêchent de l'être totalement. Ces mêmes raisons, qui ont provoqué la scission dans le Monde des Humains. Convoitise, jalousie, rancœur. Condescendance, sentiment de supériorité, mépris. Peur, incompréhension…

Ces mêmes raisons, qui ont provoqué la scission entre le Monde des Sorciers et celui des Elfes.

Ces mêmes raisons, qui provoquent la scission entre les peuples et même parfois entre les membres d'une même famille.

Nature humaine, poussée par la peur et l'instinct de survie.

Instinct de survie, qui n'a pas évolué ou si peu, depuis que le Monde est Monde.

Ouais. Quelque part au fond d'eux, les êtres humains sont restés ces hommes des cavernes, pour lesquels il était primordial d'être très vigoureux, afin de parvenir à survivre dans un monde éminemment hostile. Un Monde dans lequel il était également primordial, de détenir le terrain de chasse le plus giboyeux, le meilleur refuge pour sa tribu. Bref, d'être le plus fort et d'avoir à disposition le plus de richesses naturelles, comme il en est encore chez les animaux sauvages aujourd'hui, pour espérer avoir une chance de survivre, se reproduire et proliférer.

Oui, parfois, les Humains se conduisent encore comme tels. Avec sauvagerie, barbarie.

C'est tellement dommage d'en être encore là.

Pourrons-nous un jour faire évoluer cette mentalité, oublier totalement ces si lointains temps jadis qui ne sont plus, jusqu'à les effacer de notre mémoire inconsciente ?

Oublier ces peurs qui, à mes yeux, semblent apparentées à des peurs enfantines, basées sur le sentiment de vulnérabilité, de fragilité, d'insécurité que tous les enfants du Monde ressentent, en l'absence de leurs parents, ces adultes qui les protègent et les nourrissent.

Finalement, je crois que c'est ça, des peurs enfantines. Qui restent profondément ancrées à jamais dans les mémoires, préservant dans l'inconscient collectif, ces instincts barbares et sauvages, remontant du fond des âges farouches. Et lorsqu'elles restent à fleur de peau, elles animent à jamais certains êtres, dictent leurs actes.

Et si cela est, alors la question est : quand le Monde pourra-t-il se détacher de ces peurs ? Quand deviendra-t-il véritablement adulte ?

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(1) LIV : chapitre : Marche vers le destin 2

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