Disclaimer : cf chapitre 1

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Grand merci à Mistycal !

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OoOoOoO

Désolée, je suis un peu court en temps ce soir et je n'ai pas eu la possibilité de répondre à vos commentaires de la semaine dernière. Je le ferais avant la fun de la semaine, promis !

Bonne lecture sur ce chapitre !

Bisous

Me-Violine

OoOoOoO

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Engagement D'Une Partie Truquée 1 / 2

Mardi 18 Mars 1997 au soir

Acte 1 : Changement De Donne

Harry

Maman est consternée, lorsque Ron pointe nos erreurs, à l'ensemble des Membres Décideurs de l'Ordre. Bien plus que consternée, même. Je crois en fait, qu'il n'y a pas de mot pour décrire son état d'esprit.

« Bon sang de bonsoir ! Comment ai-je pu commettre une aussi monstrueuse et abominable erreur ! » réagit-elle avec brusquerie, le visage complètement exsangue.

« Ce n'est pas ton erreur, Nally. C'est une erreur collective. Tous autant que nous sommes, nous aurions dû penser à cela. » déclare Papa, catastrophé, à l'instar de chacun.

« Non ! C'est MON erreur ! C'est moi qui l'ai enclenchée. J'ai agi sur une impulsion et voilà le résultat ! » répond vivement Maman, nettement en colère contre elle-même maintenant.

« C'était parti d'un bon sentiment, Maman. Tu voulais protéger Luna. Et contrairement à ce que tu penses, loin de… » tente-je de l'apaiser avec douceur.

Mais c'est un monumental coup d'épée dans l'eau et Maman m'interrompt avec une rare vivacité coléreuse...

« Ne me cherche pas d'excuse, Harry ! Je n'en ai aucune ! D'autant que cette manœuvre aurait également pu coûter fort cher à Miho ! Vraiment où avais-je la tête ! » explose-t-elle à demi, ses Ondes Magiques commençant à déborder.

Papa tâche aussitôt de la calmer, en l'entourant de son bras.

« C'est très généreux de ta part, de vouloir endosser toute seule la pleine responsabilité de ce qui semble être au premier abord, un lamentable fiasco, Nally. Tu oublies cependant un détail qui a son importance. Non seulement nous avons tous donné notre aval pour exploiter ton idée, mais en plus, même mon pif n'a pas protesté. » intervient Ron, avec une pointe d'humour.

« Severus, Harry et Ronald ont raison, très chère. La responsabilité de cette erreur incombe à chacun d'entre nous. Et soyons heureux, de pouvoir la rectifier, dans la mesure où il nous a été donné que Ronald en prenne conscience, avant qu'il soit trop tard. » intercède également le professeur Dumbledore.

« Espérons effectivement qu'il soit encore possible de rectifier le tir et que notre sort ne soit pas définitivement scellé déjà ! » répond cependant Maman, qui semble presque au désespoir maintenant.

« Là, tu dramatises à l'excès, Nally et ça ne te ressemble pas du tout. Que se passe-t-il donc ? » réagit alors Papa, en fronçant les sourcils.

« Il se passe… Il se passe… » répond Maman, avec nervosité, secouant la tête sur un signe négatif, avant d'exploser à demi encore une fois : « Il se passe que j'en ai assez, de toutes ces complications successives et de devoir sans cesse marcher sur des œufs ! Et que j'ai une terrible envie de mettre un bon coup de pied dans la fourmilière ! Voilà ce qu'il se passe ! »

« Eh bien, dans ce cas, réjouis-toi, Maman. Parce que c'est ce que nous allons faire et le plus tôt sera le mieux. » assène-je, avec fermeté.

Tous les regards qui étaient jusqu'alors fixés sur Maman, convergent aussi sec vers moi et il y a un moment de flottement estomaqué dans les rangs. Il me serait poussé d'un seul coup trois autres têtes, qu'on ne me regarderait pas autrement…

« Plait-il ? » finit par demander Maman, en papillonnant un peu des yeux.

« En clair, la donne a considérablement changé et il est temps de passer à l'Attaque à notre tour. » répond Hermione, avec détermination.

« Ouais. En réalité, nous n'avons pas à nous casser la tête, pour emmener Voldemort sur le Sentier des Enfants Perdus. Seul importe que Salazar y soit mené, puisqu'il n'y a que là-bas, que nous pourrons le diluer dans les Limbes. Alors, ne laissons pas le temps à Voldemort de finaliser les accords qu'il est en train de passer avec les Géants, les Harpies et les Vampires. Ni à d'autres recrues, celui d'arriver jusqu'à lui. Il y a bien assez de Mangemorts et d'Inferi à combattre déjà. Sans compter qu'il rappellera très certainement les Détraqueurs, avant la fin. » renchérit Ron, tout aussi résolu qu'Hermione et moi-même.

Pas de réaction verbale immédiate. Mais on nous regarde à tour de rôle, Hermione, Ron et moi-même, l'air de se demander si c'est du lard ou du cochon. Puis les regards s'échangent, comme pour s'assurer que tout le monde a compris la même chose, avant de plonger à l'intérieur de soi, sur une réflexion personnelle intense.

« Il s'agit maintenant de devancer les évènements, de les provoquer et non plus de les subir. Comme nous l'avons fait à Halloween. » déclare soudainement Albus, en hochant la tête positivement.

« Cela nous a plutôt bien réussi, alors. » accorde en retour Maman, qui a retrouvé un semblant de calme et de maîtrise de soi.

« Plutôt bien, oui. » acquiesce Papa, les yeux plissés sur la réflexion.

« Oui, c'est vrai que cela nous a réussi. » réagit Arthur, sourcils froncés, avant de lever les yeux vers nous et demander : « Vous y avez pensé déjà, n'est-ce pas ? Alors quel est votre plan ? »

« En fait, nous voulons être sur notre terrain, pour la Bataille qui sonnera le glas de cet enfoiré. » répond Ron, tandis que Maman plisse les yeux.

« Ce que vous prévoyez, c'est de provoquer une Attaque irréfléchie et massive de sa part. » dit-elle, son visage s'éclairant maintenant de compréhension.

Hermione, Ron et moi-même acquiesçons de concert, d'un hochement de tête grave.

« Vous voulez donc l'amener à attaquer Poudlard. » conclut avec douceur Albus, son regard fixé dans le vague de ses pensées.

« Quoi ! Vous voulez lui faire attaquer Poudlard ! Mais c'est affreux ! » réagit Fleur, en se levant d'un bond.

« Fleur a raison, nous ne pouvons pas décider cela. Jamais la population Sorcière Britannique, ne nous pardonnerait d'avoir mis ses enfants en danger. Ce que je comprendrais parfaitement. Et je vous le dis tout net, je suis contre ce projet. » déclare alors Molly, qui nous regarde avec reproche.

Elle n'est pas la seule. En fait, à part Maman, Papa et Albus qui affichent de la neutralité teintée de tristesse, tout le monde nous désapprouve ouvertement.

Je comprends bien sûr cette vive réaction. Une école ne devrait pas être un champ de Bataille, mais un havre de paix, où les jeunes esprits peuvent s'enrichir, se cultiver dans la quiétude, entre deux parties de Bavboules ou de Quidditch. Un lieu où les enfants deviennent peu à peu adultes, s'aguerrissant au fil des périodes de stress et des petits drames qui jalonnent la vie des écoliers, éprouvant également leurs premiers émois amoureux.

Mais Poudlard n'est plus ce havre de paix, depuis plusieurs mois. La guerre y a fait son entrée, dès le lendemain d'Halloween. Des élèves préparent activement la défense de leur école depuis lors et des Attaques y ont été perpétrées déjà.

Et combien je regrette, de n'avoir pas d'autre choix que de précipiter les évènements et d'y provoquer une Attaque massive. Mais si nous essayons d'attirer Voldemort ailleurs qu'à Poudlard, le piège sera trop évident aux yeux de Salazar. Et nous risquons alors de le payer beaucoup plus cher, que les pans de murs qui s'effondreront.

Nous le payerons aussi, de bien plus nombreuses vies, que celles qui seront menacées déjà de tomber.

Mon regard parvient à accrocher celui d'Albus. Il hoche imperceptiblement la tête, comme pour me dire qu'il comprend et accepte ma décision, bien que cela lui brise le cœur.

Le mien l'est également, à l'idée que Poudlard, soit bientôt le théâtre de cette ultime Bataille. Elle sera terrible, assurément. Cela pourrait mettre en danger Jérémy, Jodie et tous les enfants, si nous commettons la moindre erreur. Cela coûtera sans aucun doute, la vie de quelques-uns de mes nombreux amis du Comité qui se battront.

Mais je suis malgré tout fermement décidé à la provoquer au plus vite.

« Nous ferons le maximum, pour que les enfants ne soient pas en danger. Hormis à Dublin où cela ne lui a pas vraiment réussi, malgré le très important nombre de victimes parmi la population, Voldemort attaque toujours de nuit et nous ferons en sorte que cela se passe ainsi cette fois encore. Ainsi, les enfants seront évacués avant même qu'il arrive et seuls les Elèves Majeurs, seront en droit de rester pour se battre s'ils le souhaitent. Tous les autres devront partir. Par ailleurs, j'ai bien l'intention qu'un appel à l'aide à la population soit lancé sur Radio Sorcière, dès que l'Alarme de Poudlard aura sonné. Et comptons également sur les habitants de Pré Au Lard, pour venir dès les premiers instants. » déclare-je, au soulagement partiel des autres, soupirant avant d'ajouter, la voix un peu voilé du chagrin que j'éprouve : « Quoi qu'il en soit, il faut se rendre à l'évidence. Où que nous cherchions à l'attirer, il ne tombera pas dans le panneau et viendra à Poudlard. Et puis, force est de reconnaître également, qu'il est souhaitable, indispensable devrais-je plutôt dire, que cela se déroule au plus proche du Temple. »

« Poudlard est aussi le seul endroit, où il attaquera sans réfléchir plus avant. Et de toute façon, nous avons toujours su qu'il y viendrait tôt ou tard, n'est-ce pas. C'est bien dans cette optique d'ailleurs, que nous avons développé le C.C.S.A.B.P.M. » renchérit Ron, qui est exactement dans le même état d'esprit que moi.

« Fondre sur Poudlard a toujours fait partie des objectifs de Voldemort, c'est vrai. Mais il comptait le faire avant de partir à la conquête du Monde. C'est à dire selon ses plans initiaux, lorsqu'il serait soi-disant réunifié et donc soi-disant invincible et immortel. » intervient Remus, le front plissé sur la réflexion.

« Exact. Mais pour être réunifié, il doit d'abord me tuer, n'est-ce pas ? » réponds-je, mon regard rivé au sien.

« Oui… Oui, bien sûr.» acquiesce Remus, sur une grimace.

« Mais pourquoi Poudlard ? Pourquoi n'irons-nous pas plutôt l'attaquer ? » demande Tonks, qui est dans l'incompréhension totale.

« Si nous attaquions la Gentilhommière ou le Manoir, que fera-t-il à ton avis ? » demande Hermione, avec beaucoup de douceur.

« Si nous attaquons la Gentilhommière, Voldemort appellera ses troupes, les Détraqueurs et les Inferi à la rescousse et nous seront encerclés, avant même que ses Protections soient complètement tombées. Et il se cassera. Puis il appellera ses troupes, pour attaquer ailleurs. Un ailleurs qui ne sera pas prêt à le recevoir. Où ça ferait très, très mal. Et il y a donc 99% de chances, que ce soit de toute façon Poudlard. » assène Bill, sur une grimace.

« Ou alors il disparaîtra pendant quelques temps, sans laisser de trace et il mettra au point un plan tordu pour avoir Harry par surprise, dans des conditions qui lui seront seules favorables. Et ce ne sera pas mieux. Car on peut compter alors, qu'il ne laissera aucune chance à Harry de s'en sortir vivant. Et le monde Sorcier sera foutu. » renchérit Sirius, sur un profond soupir.

« En conclusion, préparons-nous plutôt à le recevoir sur un terrain que nous aurons choisi, mais en prenant soin de lui faire croire que c'est lui qui le choisit. » surenchérit Maman, tandis que Ron, Hermione et moi-même hochons positivement la tête.

Un silence suit. Les souffles sont courts, presque suspendus. Je crois que chacun imagine déjà mille scénarii, de ce que nous aurons à affronter.

« Si le terrain de Poudlard est piégé quand il arrive, il partira aussi sec. » déclare soudainement Fred, au hochement de tête positif de Georges.

« Pas si nous l'empêchons de le faire. » réponds-je, avec fermeté.

« Et comment pourrions-nous réussir un tel tour de force ? Comment pourrions-nous le retenir, s'il a envie de partir ? » demande Georges, nettement dubitatif.

« En faisant du territoire de Poudlard, une prison dont il ne pourra pas s'évader. » réponds-je, à l'interrogation visible de chacun.

« Style Tyll Celwie o Agar Myrn ? » interroge alors Blaise, tout aussi dubitatif que Georges précédemment.

« Plutôt, style cellule de Kogriah. » réponds-je, mon regard partant à la recherche de celui de Maman, qui semble nettement surprise, pour ajouter : « Si c'est possible et que Cuthalion et les Roherdirons veulent bien collaborer avec nous, pour rendre ce projet possible. »

« Je verrai la question avec eux, mais oui, je pense qu'il est possible de réaliser ce projet. Et je suis certaine qu'ils accepteront de nous aider à le réaliser. » répond Maman, avant d'ajouter, en me fixant avec une acuité profonde : « Tu as conscience je suppose, que privé de corps, Salazar risque de plonger avec l'esprit de Voldemort, dans le premier venu, pour en prendre possession. »

« J'en ai parfaitement conscience. Tout comme je suis certain qu'il ne cherchera pas à posséder n'importe qui, ni n'importe quel animal cette fois. » réponds-je, lui retournant son regard.

« Je vois où tu veux en venir. Dans le meilleur des cas de figure, Voldemort tire sa révérence et tu cueilles Salazar avec Megildur, sans plus de souci. Cependant pour avoir seulement une chance sur mille que cela se réalise, il te faudra mener un combat violent et rapide, aussi bien pour l'empêcher de réfléchir, que pour le fatiguer et ainsi émousser ses réflexes. Mais tu seras alors aussi épuisé ou presque que lui, tes réflexes ne seront donc plus aussi vifs non plus. En conséquence, si par malchance ta manœuvre rate, ton plan de secours, c'est que Tristan s'accroche à Salazar le ramenant vers toi avec l'Esprit de Voldemort, n'est-ce pas. » expose Papa, qui n'attend pas de réponse de ma part, pour ajouter, le front soucieux : « Si cela se passe ainsi, ce sera douloureux, terriblement douloureux même, aussi bien pour toi, que pour Salazar et l'Esprit de Voldemort, qui sera de nouveau privé de corps. Et tu auras alors énormément de difficultés à lutter, à nourrir Tristan afin qu'il ne soit pas absorbé par Salazar, car tu auras dépensé déjà beaucoup de ton énergie. C'est un gros risque, Harry. Cela pourrait te tuer. »

« Je le sais. Et en vérité, je ne suis pas optimiste, au point de compter sur l'unique chance sur mille de vaincre Voldemort et Salazar, en toute facilité, même si je ferai le maximum bien sûr, afin que cela se passe ainsi. Mais si je n'y parviens pas, je sais aussi, que je suis bien plus résistant à la douleur, que ne le sont Salazar et l'Esprit de Voldemort d'une part, et d'autre part, je ne serai pas seul, pour nourrir l'énergie de Tristan. » réponds-je, déterminé à mener le plan que Ron, Hermione et moi-même avons sérieusement considéré et mûri cet après-midi.

« Deux Âmes Sœurs, pour achever le travail commencé par James et Lily. » intervient Sirius, d'une voix étranglée.

Son regard alterne entre Ron et moi-même. Il est chargé d'émotions contradictoires. L'espoir que cela marche, l'angoisse du prix que nous aurons à payer. Et naturellement les Weasley partagent les mêmes sentiments et émotions.

« Deux Âmes Sœurs, pour capturer Salazar avec Megildur, puis l'anéantir, lorsque l'Esprit de Voldemort suivra son Etincelle de Vie vers l'Enfer. Et nous ferons tout, pour sauver Tristan. » rectifie Ron, avec une détermination ferme.

Silence général à nouveau. Lourd, presque irrespirable. Je me sens pourtant serein. Confiant. Je sais que ce sera très dur. Je sais que ce sera terriblement douloureux. Mais j'y suis préparé. Entraîné même. Et je peux remercier Voldemort et Salazar pour cela. Toutes les tortures qu'ils m'ont fait subir, m'ont permis de repousser le seuil de l'intolérable, en matière de douleur. Aussi bien sur le plan physique, que psychologique.

« Bon. Ok. Vous allez tâcher de sauver Tristan et cela me va bien. Mais je croyais que tu devais mener Salazar sur le Sentier des Enfants Perdus, afin qu'il ne s'attaque pas à Magie Mère, Harry. Or, un enfant de Magie Mère ne doit-il pas être entier, pour pouvoir passer la Porte ? » demande maintenant Neville, sourcils froncés.

« Je dois bien mener Salazar sur le Sentier des Enfants Perdus où nous lui ferons subir le même sort qu'à la Magie Noire de Vása, car c'est là-bas, et uniquement là-bas, dans les entrailles de Tyll Celwie o Agar Myrn, que cela est possible. Et même si j'ignore encore pour l'heure, comment faire pour sauver Tristan, je le ferai. J'en ai la pleine conviction. Et la ferme intention. » réponds-je, sans pouvoir expliquer davantage ce qui me rend aussi sûr de moi

Ma conviction est là, blottie dans mon cœur, envahissant mon Esprit et mon Âme. Elle peut sembler irrationnelle, utopique et vaine aux yeux de chacun, peu m'importe. Rien ne pourra ébranler ma certitude. Tristan a un avenir prometteur. Il en a toujours été ainsi. Et je ferai en sorte que cela se réalise.

« Il n'y a pas à revenir sur tout cela, car votre décision est prise, n'est-ce pas ? » soupire Arthur, en remontant ses lunettes sur son nez, d'un geste nerveux, avant de passer son bras sur l'épaule de Molly.

Elle est exsangue, nous fixant le regard désespéré, Ron et moi-même, mais elle ne cherche pas à protester. Tout comme Arthur, elle a compris qu'il est inutile de chercher à infléchir notre décision.

« Elle est prise effectivement. » confirme-je cependant, sous le hochement de tête de Ron.

« Il n'y a vraiment pas moyen, de faire autrement que d'attirer Voldemort et Salazar à Poudlard ? » demande encore Narcissa, le regard fixé sur Albus et Maman.

« Aucun moyen, hélas, Narcissa. La mort dans l'Âme, je dois admettre que Harry, Ron et Hermione ont raison. Une Attaque sur Poudlard est inévitable. Quoi que nous tentions, quoi que nous fassions, cela ne ferait que retarder l'échéance, au risque de laisser passer notre chance de victoire. » répond Albus, les yeux empreints de douleur mélancolique.

« Oui. C'est vraiment regrettable. Mais si nous essayons de l'attirer ailleurs, Salazar flairera le piège et, comme l'a conclu Bill, il frappera de toute façon à Poudlard, avec ses forces au grand complet, faisant de très nombreuses victimes, avant que nous ayons eu le temps d'intervenir. Ou alors, comme conclu par Sirius, il partira, se fera oublier et agira dans l'ombre la plus totale. » appuie Maman, avec chagrin.

King, soupire dans le bref silence qui suit, très lourd de la peine et des regrets de chacun.

« Inévitable. Ça l'est, oui. Et dans le fond, ça l'a toujours été. Alors, puisqu'il en est ainsi et que nous appesantir sur nos regrets est vain, ne tergiversons pas davantage. Venons-en plutôt aux plans d'Attaque et de Défense. Nous devons à la fois provoquer la Bataille et nous préparer au pire, tout en tâchant de l'éviter au maximum. » dit-il, sous le hochement de tête approbateur d'Albus.

« Ok, alors commençons par éclaircir un point : pour qu'il se décide à venir te chercher à Poudlard, dans l'espoir de te tuer Harry, vous comptez tous les trois faire sortir Voldemort ou Salazar des gonds, c'est bien ça ? » affirme plus qu'il ne demande Draco, avec un calme olympien.

Acquiescement de tête collégial de Ron, Hermione et moi-même.

« Je suppose que vous y avez déjà réfléchi. Alors dites-nous pour commencer, comment vous comptez vous y prendre pour y arriver. » demande alors Blaise, tout aussi calme que Draco.

Ils le sont toujours, depuis qu'ils sont revenus de Tyll Celwie o Agar Myrn. Et je peux sans coup férir, affirmer qu'ils se préparent déjà psychologiquement, à affronter la terrible Bataille qui se profile.

« Par petites touches successives, pour bien faire monter la mayonnaise. » réponds-je, au haussement de sourcil de mon frangin.

« J'apprécierai que tu sois plus explicite. » commente-t-il, avec gravité.

« Nous allons lui fournir de quoi être de plus en plus en colère, en éventant et anéantissant chacun de ses projets et ce, dans un délai très court. » précise alors Hermione, au hochement de tête de compréhension de Maman, Papa et Albus.

« Vous avez déjà toutes les cartes en mains pour engager la partie et la gagner à coup sûr, ou vous en faut-il d'autres ? » questionne Charly, en haussant un sourcil.

« Nous en avons déjà des belles, oui. Mais il s'agit de tricher, alors quelques-unes de plus dans notre manche seront les bienvenues. » répond Hermione, avec le plus grand sérieux.

« Ouais, il faut piper la partie au max. Et surtout ne pas lui laisser le temps de trop réfléchir, si nous voulons que Voldemort et Salazar n'aient aucune chance d'éventer notre propre plan. » renchérit Ron, tout aussi grave.

« Ok, eh bien allons-y. Pipons la partie en beauté. Et pour commencer, étalez les cartes que vous avez déjà, que nous voyons ce qui manque, pour compléter votre main gagnante. » intervient Bill, en agitant sa Baguette, pour conjurer un plateau à thé.

Et il entreprend de servir une tasse pour chacun, tandis que Ron expose nos cartes.

« Ça tient déjà très bien la route votre affaire. » commente Sirius, lorsque Ron achève son exposé.

« Je suis d'accord. Ce serait mieux encore cependant, si Albus et moi-même parvenions à convaincre de ne pas s'allier avec Voldemort, les sept Chefs de Clans Vampires et les deux centaines et demi de Harpies, de Grande Bretagne et Europe, qui ont refusé nos conseils jusqu'à présent. » déclare Maman, yeux plissés sur sa réflexion.

« Ce serait effectivement une bonne chose. Surtout si Voldemort vient à l'apprendre. Car non seulement cela attiserait d'autant sa colère, mais de plus, même si nous avons des armes redoutablement efficaces à leur opposer, ce serait autant d'ennemis en moins à combattre au jour venu. » approuve Papa, en faisant rouler sa Baguette entre ses doigts.

« En vérité, nous comptions bien que vous nous fournissiez ces cartes là au plus vite. » interviens-je, mon regard fixé sur Maman et Albus.

Ils acquiescent et décident de prendre contact avec les Harpies et les Chefs de Clans Vampires concernés, dès la fin de la Réunion.

« Avec votre nouveau plan, j'imagine qu'il n'est plus question de faire intervenir Messire Salazar. Lui qui se faisait une joie de jouer un rôle important dans la chute du dernier descendant d'Artemus, en sera fort déçu. » fait ensuite remarquer Neville.

« Tu te trompes, Nev. Nous ne vous avons pas dévoilé tout notre plan encore et Messire Salazar doit intervenir dedans. C'est indispensable, car il est le seul à pouvoir persuader Voldemort à quitter définitivement ce Monde. » réponds-je, tandis que Maman sursaute et se frappe le front du plat de la main.

« Mais bien sûr ! » s'exclame-t-elle, le regard pétillant et ajoutant dans la foulée : « En réalité, il s'agit de mener l'ancien et le nouveau plan de front ! »

« Comment ça ? J'croyais qu'l'ancien plan était abandonné ! » s'exclame en retour Maugrey, sourcils froncés.

« Non. Seule la partie finale de l'ancien plan est abandonnée. Car dans les faits, ce que nous avons concocté, implique que nous persistions dans l'erreur, afin de masquer nos véritables intentions. » réponds-je, expliquant, au sourcil cette fois haussé de Maugrey : « Dans les faits, en faisant comme si nous étions totalement inconscients de notre erreur, nous amenons Salazar à commettre ou laisser Voldemort commettre, celle qui lui sera fatale, tout en lui laissant penser que c'est toujours lui qui mène la danse. »

« Ç'n'est donc plus du tout important, qu'il ait compris qu'on sait ç'qu'il est, du moment qu'il n'comprend pas, qu'on a compris qu'il a compris qu'on a compris ? » demande Fol Œil, haussant de plus bel son sourcil.

« Au contraire, Alastor, c'est très important, qu'il ait compris que nous avons compris ce qu'il est. Dans les faits, nous jouons sur deux tableaux, pour mieux rendre chèvres à la fois Voldemort et Salazar, en tirant au mieux parti de notre erreur. » rectifie-je, tandis que le visage de Maugrey s'assombrit de nouveau d'incompréhension.

« Je n'comprends pas. » avoue-t-il, en m'invitant d'un geste de la main impatient, à m'expliquer plus clairement.

« Salazar sait que nous avons compris ce qu'il est. Alors, quand nous allons éventer tous les plans de Voldemort et que dans le même temps, Messire Salazar va subitement faire son apparition dans son paysage, il conclura à juste titre, que notre but est de le piéger. Il saisira donc parfaitement, que si nous désirons l'attirer vers la Porte, c'est que nous avons le moyen de le vaincre à notre disposition et que non seulement il ne doit absolument pas nous suivre sur ce terrain, mais qu'il a tout intérêt à éventer notre plan, à nous devancer et nous surprendre, en passant à l'Attaque. Et s'il ne perd pas les pédales lui-même, il poussera Voldemort à le faire. En bref, c'est parce qu'il a compris que nous savons ce qu'il est, que d'une façon ou d'une autre, il nous aidera dans nos projets, à son corps défendant. » explique-je, aussi bien pour lui, que pour les autres et souriant vers Maman, avant d'ajouter : « Et à ce propos, je tiens à compléter ce que j'allais dire tout à l'heure, avant que tu m'interrompes Maman : la bourde que tu as commise et dans laquelle nous avons tous plongé, est finalement loin de nous desservir. »

« Ouais. C'était même une riche idée et comme je l'ai déjà dit, preuve en est que mon pif n'a pas chatouillé. Grâce à cette erreur, le plan que nous allons mettre en œuvre désormais, est bien meilleur, que celui que nous avions concocté et il a de toute évidence, beaucoup plus de chances de se réaliser à notre avantage. » enchérit Ron, affichant assurance et satisfaction.

« Vous êtes sûr d'tout ça ? Parce que l'aut' jour, on avait conclu qu'la Porte just'ment, il n'sait pas qu'tu peux la passer avec ta Magie Harry et qu'ça lui irait plutôt bien à Salazar, qu't'amène Voldemort à la franchir après toi, parce qu'il pourrait alors chopper Tristan. » fait remarquer Fol Œil, sourcils plus froncés que jamais.

Et approuvé par quelques autres, qui sont également en plein doutes.

« Certes. Mais le fait qu'il sache que nous savons ce qu'il est, change l'intérêt de cette donnée. Et la clef du succès de notre entreprise, réside désormais, dans le fait que Maman a offert à Voldemort le faux Livre des Origines sur un plateau d'argent. Vous pouvez être assuré, que cela a déjà éveillé la méfiance de Salazar. Il doit se demander où nous voulons en venir. En conséquence, lorsque le Fantôme de Messire Salazar fera sa soudaine apparition et servira la petite histoire que nous avons prévue à Voldemort, lui livrant en sus le moyen d'obtenir la clef qui lui permettra de traduire le Volumen, que croyez-vous qu'il se passera ? » réponds-je, laissant mon regard courir à la ronde, avant d'accrocher celui de Maman.

Elle a tout compris, dès que j'ai confirmé que Messire Salazar devait bien intervenir dans notre plan. Et elle se sent beaucoup mieux depuis. Bien plus sereine. Confiante. Très confiante, même.

« Salazar va deviner que c'est à lui, que nous nous adressons en réalité. Il pensera alors que nous avons deviné ses intentions et comme il est affirmé dans le faux Volumen, que la Porte du Temple des Elfes de maison, ne laisse pas un Sorcier passer avec sa Magie, hormis s'il est en possession du Bâton de Merlin, il conclura que : soit nous lui tendons un piège dans le Temple, soit il s'agit d'une fausse information et qu'en réalité Voldemort et toi-même vous passeriez tous les deux la Porte avec votre Magie, même sans être en possession de Megildur et donc, que le piège se situe de l'autre côté. En conséquence, dans un cas de figure comme dans l'autre, son intérêt sera de ne pas te suivre sur ce terrain. Et la menace envers lui-même étant très claire dès lors, il conclura également qu'il doit te tuer et réabsorber Tristan au plus vite. » répond Maman, marquant une brève pause avant d'ajouter, avec gravité : « Voilà d'ailleurs pourquoi tu es si sûr qu'il ne cherchera pas à posséder n'importe qui, ni n'importe quel animal, quand le corps de Voldemort sera détruit. Salazar a eu le temps de réfléchir depuis seize ans et il a tiré leçon de son erreur au soir d'Halloween 81. Il n'aurait pas dû laisser Tristan derrière lui. Il ne le fera donc plus. »

« Exactement. » approuve-je, appuyé d'un acquiescement de la tête de la part de Ron et Hermione.

« Pourquoi s'embêter à éventer les plans de Voldemort, dans ce cas ? Il suffit juste que Messire Salazar aille délivrer son message, non ? » demande alors Tonks, sourcils froncés.

« Non. Il faut empêcher Salazar de réfléchir plus avant. Sinon, il pourrait également conclure qu'il a intérêt à disparaître, rester tranquillement caché à l'abri quelque part et ne plus faire parler de lui, jusqu'à ce que Harry meurt, moment où il pourra récupérer bien plus facilement Tristan. Et comme il n'aura pas la patience d'attendre la mort naturelle de Harry, quel meilleur moyen pour lui, que de le faire tuer par quelqu'un d'autre ? Il pourrait par exemple posséder Miho et le tuer par son intermédiaire et par surprise, avant de chopper Tristan. » répond Ron, au frisson d'un grand nombre.

« Ouais, je vois très bien le tableau. Et le meilleur moyen d'empêcher ça de se produire, c'est de le mettre déjà dans une belle rogne, avant que Messire Salazar vienne lui servir sa petite histoire. Comme ça, il agira sur un coup de sang. » intervient Blaise, qui plante son regard dans le mien, avant d'ajouter : « Ce serait une bonne chose quand même, que l'on mette Miho hors de sa portée, on ne sait jamais. »

« C'est prévu. Avant qu'on assène le coup de grâce à Voldemort et Salazar, Miho sera emmenée en Celtycie. » réponds-je, avec un sourire rassurant pour mon pote et Sirius.

Ils me remercient d'un hochement de tête et un petit silence s'installe. Tout le monde examine notre plan à la loupe bien sûr, cherchant s'il y a une faille quelconque dans notre raisonnement.

« On ne reste pas à l'abri qu'il y ait un autre Réceptacle dans les environs immédiats, quand le corps de Voldemort sera détruit. » déclare abruptement Richard, après vingt ou trente secondes de réflexion.

« Non, effectivement, nous ne sommes pas à l'abri de cela. C'est pourquoi je tâcherai de faire en sorte d'être le plus proche de Voldemort, en l'amenant progressivement à s'éloigner du plus gros des combats. Et je ferai également en sorte, dès que nous serons engagés dans notre Duel, qu'il n'ait pas le temps de réfléchir à un moyen de s'en sortir vivant et moins encore à Salazar, celui de chercher s'il y a un autre Réceptacle dans les environs. » réponds-je, avec une douce fermeté.

« Compte sur nous pour t'aider à mettre en place la manœuvre d'isolement. » réagissent aussi sec les jumeaux.

« C'est ce que nous escomptions. » déclare Hermione, avec gravité.

« Ouais. Et le mieux, pour que vous compreniez comment nous espérons pouvoir procéder, c'est que je vous le montre. » enchérit Ron, avant de faire surgir une maquette de Poudlard et des environs.

Et je les laisse, Hermione et lui-même, exposer les différents cas de figure que nous avons déjà envisagés cet après-midi, observant les réactions de chacun. Tout le monde est aussi attentif que grave, cherchant les failles, devançant parfois la manœuvre suivante, décortiquant les avantages et inconvénients de chaque situation envisagée.

Et c'est avec une énorme boule dans la gorge, que je me demande qui parmi nous tous, sera encore en vie, à la fin de la Bataille. Mais je chasse vite cette question de mon esprit.

Je ne dois pas penser à cela et me concentrer uniquement sur mon propre combat.

OoOoOoO

Mercredi 20 Mars 1997

Acte 2 : Première Carte Gagnante

Ron

Yaxley ne devrait plus trop tarder à revenir. Et c'est par son intermédiaire, que nous espérons pouvoir abattre la première de nos cartes. Nous voulons absolument voir la réaction de Voldemort, avant de jeter la deuxième sur le tapis. Raison pour laquelle je suis venu avec Harry, rejoindre Lee et Dudley en garde dans la Base d'Espionnage.

« Regarde-moi ce petit merdeux ! Il est plus fier qu'Artaban ! Quel con, mais quel con ! » murmure Lee, sur un soupir, hochant négativement la tête, tout en observant avec mépris Brutus Brandburgy, qui se dirige tête haute et sourire aux lèvres, vers le bureau de Voldemort.

L'affreux l'a invité à prendre un thé après le déjeuner, sous le prétexte de faire un premier point sur sa progression dans l'exercice de la Magie Noire, qu'il effectue sous la houlette de Bellatrix. Mais naturellement, ce prétexte, c'est de la foutaise totale. Voldemort se contrefout bien des progrès de Brutus le p'tit merdeux, tout ce qui lui importe ce sont ses propres projets. Or ceux qu'il réserve pour lui, n'ont rien à voir avec ses performances Magiques.

Brandburgy frappe à la porte du bureau, pile poil quand l'horloge sonne 13H00 et lorsqu'il pénètre dans les lieux, l'affreux le complimente pour sa ponctualité, avant de lui demander de servir le thé et de prendre place à ses côtés sur le sofa.

o-o-o

« Bellatrix m'a informé du résultat des tests effectués hier et je te félicite chaudement, car ils sont très satisfaisants. Oh, bien sûr, tes Avada Kedavra sont un peu faibles encore et ne peuvent atteindre un ennemi au-delà d'une distance de vingt-cinq pieds, mais tu as su en jeter trois à la suite, ce qui est très prometteur, compte tenu que tu es loin d'avoir acquis ta maturité Magique. » susurre l'affreux, tandis que le petit merdeux se rengorge.

« Merci, Monseigneur. Madame Lestrange est un excellent professeur et ses conseils m'ont déjà été très précieux, durant cette phase de tests. » répond Brandburgy, qui essaye tant bien que mal, de paraître modeste.

« Certes. Mais même le meilleur des professeurs, ne saurait obtenir de bons résultats, si son élève n'est pas naturellement doué et talentueux. Or, il apparaît très clairement, que tu l'es beaucoup plus que la moyenne. » flatte encore l'affreux, sur un sourire hypocrite.

Bien hypocrite même. Car Brandburgy est loin d'avoir impressionné Bellatrix, en réalité. Sa technique est imprécise, brouillonne et sa puissance tout juste moyenne. Bref, il ne fera jamais partie des grands Sorciers. La seule chose pour laquelle il semble destiné à être doué, c'est le Transplanage. Bien sûr, il n'a pas réussi la manœuvre, mais il aurait, selon Bellatrix, une belle disposition.

Ceci dit, de cette disposition-là, l'affreux s'en fout, même s'il a ordonné à Bellatrix de la faire valoir dès cet après-midi, afin de mettre le petit con en confiance, en le valorisant un max.

Et naturellement, l'intérêt de l'affreux pour le p'tit con merdeux intrigue Bellatrix et elle a tenté de savoir pourquoi il revêtait autant d'importance pour son Maître. Mais Voldemort est resté vague, promettant qu'elle en saurait davantage en temps voulu. Ce qui n'a pas été au goût de sa Servante, même si elle a fait bonne figure devant son Maître bien entendu, réservant son expression plus que boudeuse, pour un peu plus tard, lorsqu'elle est sortie du bureau.

« J'en suis bien aise, Monseigneur. Car ainsi, je pourrai mieux vous servir. Et je vous fais solennellement promesse, de me donner corps et Âme sans restriction à mes entraînements, afin de pouvoir aller anéantir vos ennemis au plus tôt. » répond Brandburgy, avec son habituelle ferveur naïve et conne.

« Je ne doute pas un instant Brutus, que tu mettes tout ton cœur déjà, dans ton apprentissage. Ta fougue et ta persévérance ont d'ailleurs également, très favorablement impressionné Bellatrix. » déclare Voldemort, qui examine attentivement le visage de Brandburgy et adopte une expression soucieuse, avant d'ajouter : « J'avoue cependant que je suis inquiet, de te voir si visiblement fatigué. Ne travailles-tu pas trop ? As-tu suffisamment dormi la nuit dernière ? Ton sommeil a-t-il été réparateur ? »

Brandburgy se trouble aussitôt à ces questions, tandis que je songe que nous en sommes là, où Voldemort voulait vraiment en venir. Il a donc bien commencé à instiller des rêves érotiques dans l'esprit de Brandburgy les deux dernières nuits, comme le soupçonnait Dedalus.

« Mon sommeil a été un peu agité ces dernières nuits, mais tout va bien Monseigneur. Sans doute dormirai-je mieux la nuit prochaine. » répond Brandburgy, rosissant, l'œil fixé sur sa tasse de thé, tandis que le regard de Voldemort flamboie d'une brève lueur réjouie.

« Comment se fait-il que tes nuits soient agitées ? Quelque chose te préoccuperait-il, Brutus ? » demande-t-il, arquant l'un de ses sourcils inexistants.

« Ce n'est rien, Monseigneur. J'ai juste fait quelques rêves troublants. » répond Brandburgy, se dépêchant de boire sa dernière goutte de thé, pour se donner une contenance.

Mais il rougit de plus belle, sous le regard pointu de Voldemort et son demi-sourire entendu aux lèvres.

« Je peux tout entendre, mon jeune ami, alors n'aie crainte et confie-toi à moi sans réserve, ni restriction. » susurre-t-il, se penchant pour relever le visage de Brandburgy vers lui, avant d'ajouter : « J'ai été adolescent. Je peux donc aisément deviner quels genres de rêves sont venus troubler ton sommeil. Et les conséquences que cela a pour toi, compte tenu des circonstances. »

o-o-o

« Ouais, Bien sûr. Et tu peux le deviner d'autant plus aisément, que c'est toi qui a implanté ces foutus rêves dans son esprit, sale vieux vicieux pervers. » commente Lee, sur une moue très expressive, tandis que le petit merdeux blêmit cette fois, ne répondant pas à l'affreux, mais des larmes perlant dans ses yeux, malgré les visibles efforts qu'il effectue pour les ravaler.

o-o-o

« Je comprends ta peine, Brutus. Tu as honteusement été privé des plaisirs de la sexualité et de tout espoir de te reproduire, depuis que cet infâme petit Sang de Bourbe t'a frappé. Mais justement, à ce propos, une question s'impose soudainement dans mon esprit : es-tu certain que les Médicomages ont vraiment fait tout ce qui était en leur pouvoir, pour te guérir ? » poursuit l'affreux, face à l'absence de réponse de Brandburgy.

Pour le coup, celui-ci relève ses yeux baissés, l'air surpris.

« Eh bien… Oui… Enfin, je crois… » balbutie-t-il, avec incertitude, avant d'ajouter précipitamment, sous le regard grave de l'affreux : « En douteriez-vous, Monseigneur ? »

Voldemort semble hésiter. Ou plutôt, il fait mine d'hésiter.

« Eh bien, tu n'as reçu des soins qu'à Poudlard, n'est-ce pas ? » lâche-t-il finalement, le ton de sa voix insinuant clairement, que tout n'a certainement pas été mis en œuvre à l'Infirmerie de l'Ecole dirigée par son vieil ennemi, pour soigner au mieux l'un de ses partisans notoires.

Et naturellement, Brandburgy tombe dans le panneau.

« Salaud de Médicomage ! » siffle-t-il entre ses dents, serrant convulsivement son poing droit, avant de poursuivre : « Bien sûr, ce sale type est à la botte de Dumbledore ! Comme Pomfresh ! Quel idiot j'ai été, de ne pas y penser plus tôt ! »

« Tu n'es en rien un idiot, Brutus. Tes parents auraient dû y penser, quand toi tu étais bien naturellement trop affligé par le si terrible diagnostic qui t'a été délivré, pour le faire. » assure l'affreux, d'un ton apaisant.

« Oui, bien sûr. C'est vrai, Monseigneur. » se calme un peu le petit merdeux, relevant ses yeux assombris de colère vers Voldemort, avant de demander : « Est-ce trop tard, maintenant ? »

L'affreux sourit pauvrement à cette question, mais bien qu'il se maîtrise magistralement, je suis convaincu qu'il jubile intérieurement.

« Je ne saurais le dire avec certitude, Brutus. Je tiens cependant à étudier la question et effectuer quelques recherches pour m'en assurer. » répond-il, l'air de faire une grande faveur à son petit Mangemort en herbe.

« Je vous en serai extrêmement reconnaissant, Monseigneur ! » s'exclame alors Brandburgy, avec espoir.

« Tu n'as aucunement à être reconnaissant, Brutus. Tu es l'un de mes plus fidèles partisans et je fonde de grands espoirs à ton sujet. Ton bien-être est donc important à mes yeux. » répond Voldemort, qui sourit cette fois avec jubilation, en regardant le petit con se saisir prestement de sa main pour la presser contre ses lèvres.

Cependant l'affreux se recompose rapidement un visage compatissant, lorsque Brandburgy lâche sa main, relevant son regard éperdu de ferveur vers lui, pour le remercier encore de vive voix.

« Afin de t'aider au mieux, il m'est nécessaire d'évaluer précisément la situation, en te posant des questions qui pourraient te paraître quelque peu embarrassantes, Brutus. » déclare alors l'affreux ajoutant avec douceur, au rougissement immédiat du petit con merdeux : « Considère cependant que nous sommes entre hommes et répond en toute confiance, comme tu le ferais avec un Médicomage. »

Brandburgy acquiesce d'un hochement de tête, redoutant cependant visiblement les questions qui lui seront posées. Voldemort lui offre donc de se servir un autre thé, puis l'invite à s'installer au plus confortablement sur le sofa, prenant garde à adopter l'expression la plus neutre possible, avant de l'interroger.

Il demande en premier lieu, si le petit merdeux a essayé de se masturber depuis qu'il a été castré et ce qu'il a ressenti alors. Et bien sûr, Brandburgy lui répond qu'il n'éprouve absolument plus aucune sensation et qu'il a donc renoncé à se caresser désormais. Puis, l'affreux l'interroge sur ses expériences sexuelles passées et Brandburgy avoue n'en avoir aucune autre que la masturbation.

« Avais-tu eu l'occasion de lire des ouvrages portant sur la sexualité, afin de parfaire tes plaisirs solitaires ? » demande alors Voldemort, avec un détachement feint.

En réalité, pour qui sait le décrypter, cette situation l'amuse et l'excite, aussi visiblement que son absence de pif sur son visage.

« Non. Je sais que de tels ouvrages existent, mais je n'ai eu accès à aucun d'entre eux. » répond Brandburgy, qui fait de gros efforts pour dissimuler son embarras.

Je me demande ce qui le gène le plus : les questions, ou l'aveu de la pauvre étendue de son expérience sexuelle.

« Eh bien, nous allons remédier à cela et sans doute découvriras-tu que le corps des hommes possède des zones érogènes puissantes, que tu ne soupçonnes pas à ce jour. » déclare Voldemort, jetant un Accio en direction de son bureau.

Il fait ainsi venir à lui une malle emplie de bouquins, la pose sur le sol devant lui, l'ouvre et fait mine de farfouiller dedans, comme s'il n'avait pas préparé son coup bien à l'avance.

« Ah, le voilà. » dit-il, en relevant le buste, un bouquin en main, avant de se tourner vers Brandburgy et demander, semblant soudainement quelque peu incertain : « Mais j'y pense. Tu es foncièrement hétérosexuel, n'est-ce pas ? »

« Bien sûr, Monseigneur ! Je suis un Sang-Pur ! Jamais je n'ai eu, ni n'aurai des penchants abjects ! » répond Brandburgy, l'air proprement offusqué.

Voldemort parvient à sourire. Je suis pourtant convaincu qu'il s'est senti profondément heurté par la véhémence du ton et du regard de son petit con merdeux. Car un léger tic, presque imperceptible, a animé ses narines effacées.

« Je comprends ton sentiment et ta vive réaction, Brutus. La culture anglaise des Sang-Purs, n'admet pas les pratiques homosexuelles et les fustige avec véhémence, aux yeux de leurs enfants. Ton père, n'a donc bien sûr jamais abordé ce sujet avec toi et c'est bien normal. Mais il n'en est cependant pas de même dans toutes les cultures et… » dit-il, hésitant en apparence, avant de poursuivre, les yeux rivés sur son bouquin : « Je suis ennuyé, je l'avoue, car cet ouvrage ayant à l'origine été écrit par un Nordique, certaines illustrations et pratiques courantes dans son pays, risquent de te choquer profondément. »

Ces propos provoquent aussitôt une légère grimace chez Brandburgy.

« Voulez-vous dire, qu'il est courant dans les Pays Nordiques, de… enfin… L'homosexualité est donc admise chez eux ? C'est dégoûtant ! » réagit Brandburgy, le ton nettement désapprobateur.

« Ce n'est pas exactement admis. Les relations homosexuelles sont seulement permises aux jeunes gens et jeunes filles, qui font l'apprentissage du sexe, afin qu'ils ne soient pas maladroits, trop empressés ou impatients, quand viendra pour eux le moment d'honorer leur épouse ou époux. » répond Voldemort, qui sourit avec indulgence, avant d'ajouter : « Il s'agit pour eux de s'entraîner en quelques sortes. »

« C'est tout de même répugnant et indigne des Sang-Purs ! » commente aussi sec Brandburgy, avec une expression tout à fait en accord avec son propos.

« Je comprends aisément ta réaction, Brutus. Malheureusement je n'ai pas d'autre ouvrage à disposition. Or, il ne te conviendra pas, puisque certaines des illustrations impliquent des partenaires de même sexe. C'est fort dommage car il est très instructif. Et il aurait été fort utile que tu expérimentes toutes les zones érogènes du corps masculin, afin que nous puissions déterminer si tout espoir d'éprouver à nouveau du plaisir sexuel et donc une chance de te reproduire, est définitivement perdu ou non pour toi. » déclare Voldemort, qui soupire, faisant mine d'être terriblement déçu, avant de remettre le bouquin dans sa malle, tout en ajoutant : « J'aurais tellement voulu t'aider. »

Et bien sûr il guette la réaction de Brandburgy du coin de l'œil, espérant sans doute aucun qu'il cède à la curiosité, ne serait-ce que pour éviter une déception à son cher Maître.

« Peut-être pourrais-je faire abstraction de ces illustrations perverses, Monseigneur. Il suffit que je ne consulte pas les chapitres concernés. » réagit finalement Brandburgy, après une hésitation palpable.

Mais il est net bien sûr, qu'il consent à faire cet effort, afin de ne pas décevoir son Maître, exactement comme l'escomptait l'affreux, dont le regard flamboie d'une très brève lueur de triomphe.

« Je ne veux pas que ta sensibilité soit heurtée, Brutus. Or, les illustrations mettant en scène des partenaires adolescents de même sexe, ne sont pas cantonnées à un chapitre en particulier. Elles sont présentes au fil de l'ouvrage. » répond-il, l'air de véritablement hésiter à confier un tel livre au petit con merdeux.

Brandburgy tergiverse durant quelques secondes.

« Mais il est indispensable que je prenne connaissance du contenu de cet ouvrage, n'est-ce pas, Monseigneur ? » demande-t-il finalement, le souffle un peu retenu.

« Il est souhaitable effectivement, que tu t'assures que tu as bien tout essayé pour stimuler ton désir et ton plaisir. Car si tu viens à découvrir que c'est faisable encore, alors j'aurai bon espoir te pouvoir te rendre ta virilité. » assure Voldemort, le regard grave.

« Alors je ferai fi de ma répulsion, Monseigneur. » affirme Brandburgy, redressant ses épaules et son nez, avec détermination.

« C'est très courageux de ta part, Brutus. Mais es-tu sûr de toi ? » répond alors Voldemort, avec une fausse pointe d'inquiétude.

C'est vraiment un manipulateur de premier ordre, cet enfoiré !

« Certain, Monseigneur. C'est mon devoir de le faire, s'il réside un espoir pour moi, de pérenniser le nom de ma famille et notre Sang-Pur. » confirme Brandburgy, d'un ton fier et orgueilleux.

L'affreux fait mine de tergiverser encore un bref instant. Puis il sourit à Brandburgy.

« Ton sens du devoir est tout à ton honneur, Brutus. » dit-il, en ressortant le livre dans la malle, pour le tendre vers le petit merdeux.

Celui-ci s'empresse de le prendre, l'air solennel et grave. Voldemort lui conseille alors de commencer à le lire dès ce soir, mais lui recommande aussi d'attendre quelques jours, afin d'avoir bien assimilé tout ce qu'il aura appris, avant d'entreprendre de se caresser. Et naturellement, Brandburgy lui demande avec étonnement pourquoi s'accorder un délai, avant d'effectuer un essai.

« Tu ressentiras d'autant plus du plaisir, si ton corps est avide de le ressentir, Brutus. Par ailleurs, l'inconscient est une chose merveilleuse. Il s'imprègne de nos connaissances et travaille en notre faveur, à notre insu, s'exprimant au travers de nos rêves. Et il le fait d'autant davantage, lorsque nous sommes frustrés. En conséquence, plus tu tarderas à tenter de te satisfaire, plus ton inconscient fera naître ton désir et ton plaisir dans tes rêves, usant des informations dont tu auras pris connaissance, des illustrations que tu auras attentivement examinées ou même simplement effleurées du regard, pour t'indiquer les zones érogènes qu'il te faut stimuler. » répond Voldemort, avec une gravité parfaitement feinte.

o-o-o

« Jolie manœuvre pour justifier les rêves qu'il va encore lui-même implanter dans l'esprit de ce petit con, pour s'assurer qu'il ait envie de se faire enculer. » maugrée Dudley, écœuré, tandis que j'acquiesce du chef.

« Tu as tout compris. » approuve de son côté Harry, son regard rivé sur l'écran, où Brandburgy indique à Voldemort, qu'il comprend et suivra ses recommandations à la lettre.

Et maintenant que l'affreux a obtenu ce qu'il voulait, il congédie Brandburgy, sous prétexte de ne pas vouloir le retarder au RDV que lui a fixé Bellatrix, pour entreprendre son entraînement au Transplanage.

Brutus acquiesce et s'empresse de partir, son bouquin sous le bras. Et à peine a-t-il fermé la porte derrière lui, que Voldemort affiche sa pleine satisfaction, dans un rire froid.

« Rira bien, qui rira le dernier, Jedusor. » murmure alors Harry, avec une fermeté résolue.

Maintenant que nous avons pris la décision de passer à l'Attaque, je le sens prêt, vraiment prêt, à affronter Voldemort et Salazar, dans leur ultime combat.

« Ouais. Rira bien qui rira le dernier. Et réjouissons-nous dès à présent. Car ce salaud vient encore de nous donner du grain à moudre. La carte à jouer que représente Brutus, sera d'autant plus belle qu'elle l'est déjà. » commente-je, en regardant Brutus monter prestement vers sa chambre, pour aller ranger le livre que Voldemort vient de lui confier.

« Quand allez-vous la jouer, celle-là ? » demande aussi sec Lee, en haussant un sourcil curieux.

« D'ici deux ou trois jours au plus. Cela dépend de la Mission qu'Albus et Nally vont mener ce soir. » réponds-je, tandis que Harry m'approuve du chef.

Lee hausse un sourcil et ouvre la bouche pour demander des précisions, mais il a la chique coupée.

« Peterhead à Base de Londres ! » entendons-nous effectivement appeler, avec un fort accent, depuis la radio qui nous relie à l'Aberdeenshire.

C'est Gustavo, notre ami espagnol. Il s'est installé à Peterhead après la Bataille de Stockholm, décrétant qu'il y restera jusqu'à la fin de la guerre et il fait très régulièrement le point avec Gjord et Orian Berggren, nous transmettant les nouvelles tout aussi régulièrement.

Dudley s'empresse aussitôt pour lui répondre.

« Base de Londres à Peterhead. C'est Dudley. Nous vous recevons 5/5. A vous ! » dit-il, affichant un air très grave, comme à son habitude, lorsqu'il remplit cette mission.

« Salut Dudley. Ici Gustavo. Je te reçois 5/5 également. J'ai des nouvelles de Suède. Il y avait beaucoup d'interférences en Laponie Suédoise, mais ils ont compris que Yaxley va retourner comme prévu, avec les nouvelles attendues par Voldemort. Et que Lucius va tenir conseil avec certains de ses contacts vendredi. » nous apprend Gustavo, sa voix claire et nette.

« Bonjour Gustavo ! A quelle heure le conseil de Lucius vendredi, le sais-tu ? » demande Harry, d'une voix forte pour être entendu de Gustavo, car il est assez éloigné de Dudley et donc du Micro.

« Ah ! Tu es là aussi ! Salut Harry ! L'heure du RDV n'a pas été entendue. Mais vous en saurez peut-être davantage ce soir, Lucius a écrit ce matin, un long rapport de ses activités en Suède, pour Voldemort. » répond Gustavo tandis que je souris en coin.

« Ça m'étonnerait grandement qu'il lui fasse un rapport de toutes ses activités. » réagis-je, parlant fort aussi, car je suis assez loin de la radio également.

« Oh, ça ! C'est sûr que ses activités sportives avec Astérion Thorpe, il n'en parlera pas ! En revanche, il aura sûrement rapporté que le petit saligaud a pris grand plaisir de torturer à mort un jeune couple de Moldus hier soir ! » répond Gustavo, avec un fort mépris dans la voix.

Cette fois, je grimace. Ne pouvant toujours tenir Yaxley éloigné du chalet, Lucius est bien obligé d'occuper son temps, en faisant ce qu'il est supposé faire : chercher une solution aux problèmes posés par la fermeture des frontières et instruire Thorpe dans ce qu'il appelle l'Art des Forces du Mal.

Et bien sûr, Thorpe se venge de sa propre frustration, en s'en donnant à cœur joie dans son apprentissage.

« Ouais. On sait ce qu'ils ont fait hier soir. Madame Ljungström nous a fait parvenir le rapport détaillé ce matin. Et ces salauds ne perdent rien pour attendre. On ne leur laissera aucune chance de s'en tirer. » réponds-je, d'un ton ferme.

« Comptez sur moi pour donner un coup de main et leur mettre la main au collet, si vous avez besoin. Souvenez-vous que j'ai une revanche à prendre sur Lucius, moi aussi. » assène aussitôt Gustavo, avec résolution.

Naturel. Nous nous doutions bien qu'il dirait ça. Après tout, à cause de Lucius, il a failli laisser sa peau en Suède, en même temps que mes frangins.

« Tu l'auras ta revanche, Gustavo. Je t'ai déjà inscrit dans le même groupe que Bill et les jumeaux. » répond Harry, d'un ton apaisant.

« Ravi de l'apprendre. Mais maintenant, attendez un peu, car la Suède cherche à me joindre, justement. Je vous reprends tout de suite après. » déclare Gustavo, laissant notre communication en suspens durant trois minutes à peu près, avant de nous annoncer : « Lucius a reçu la mauvaise nouvelle de l'Est, juste à temps pour retenir Yaxley qui allait partir. Bien sûr, il n'a rien révélé à son complice qui est intrigué, mais il rédige une nouvelle note pour Voldemort. Yaxley ne devrait plus tarder à arriver maintenant. »

Puis, n'ayant plus d'autre information à nous délivrer pour l'heure, Gustavo met fin à la communication.

Coup d'œil sur les Ecrans. Voldemort a terminé de savourer le succès de sa manœuvre manipulatrice et il pianote maintenant sur l'accoudoir du sofa, l'œil fixé sur l'horloge. Il rumine, s'impatiente et la colère couve progressivement. Yaxley tarde beaucoup trop à revenir de Suède à son goût, naturellement.

Quant à Brandburgy, il descend maintenant l'allée avec Bellatrix, qui lui a annoncé qu'ils allaient ailleurs, dans un endroit où il pourra s'entraîner tranquillement au Transplanage, durant tout l'après-midi.

« Dommage que nous ne sachions pas où elle va. Je me serais fait un plaisir d'aller la capturer cette salope. » maugrée Lee, l'œil noir.

« Patience. Nous la prendrons dans nos filets un autre jour. » répond Harry, posant une main apaisante sur l'épaule de notre ami.

Lee acquiesce et son regard se dirige illico sur l'Ecran où Voldemort a décidé de passer ses nerfs, en mettant un peu d'ordre dans son bureau. Il vide ses quelques malles encore pleines, à coups de Baguette un peu secs, pour ranger ses bouquins sur les rayonnages.

« Voilà Yaxley ! » déclare soudainement Dudley, en désignant l'Ecran donnant vue sur le portail de la Gentilhommière, où le Portoloin ensorcelé par Voldemort a ramené le Mangemort.

Ce dernier, qui faisait déjà une tête de six pieds de long, n'est visiblement pas heureux quand il apprend devoir attendre sous une pluie battante, que le planton aille chercher Carrow père, avant de pouvoir pénétrer sur la propriété qu'il ne peut pas voir pour l'heure.

Quelques minutes impatientes passent d'un côté et de l'autre. Et enfin, Yaxley frappe à la porte du bureau, s'empressant de pénétrer dedans à l'invitation aboyée par son impatient Maître.

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« Ah ! Yaxley ! Te voilà enfin ! J'espère que tu m'apportes de bonnes nouvelles ! » s'exclame l'affreux, tandis que son serviteur se précipite à ses pieds.

« La Mission que vous m'avez confiée, progresse favorablement, Monseigneur. L'un des contacts de Lucius, m'a mis sur une piste très prometteuse, que j'ai grand hâte d'explorer. » répond Yaxley, en tendant deux rouleaux de Parchemin scellés à Voldemort, genou en terre, dans un profond salut de la tête.

Sa main est sûre, mais ses épaules sont un peu crispées. Il redoute de toute évidence, que sa réponse ne soit pas suffisamment satisfaisante aux yeux de son Maître.

« Oh, ta Mission. Oui, bien sûr. Tu as fait de l'excellent travail, Hewrey et je t'en sais gré. Inutile cependant de poursuivre cette tâche. Un heureux hasard a voulu que l'ouvrage original que je t'ai envoyé cherché, entre en ma possession le week-end dernier. » déclare un peu sèchement Voldemort, en prenant les rouleaux de parchemin.

Yaxley se détend aussi sec. Et il obéit prestement à son Maître qui l'invite à se relever et à servir un thé, précisant qu'il aura peut-être une autre Mission pour son Serviteur, lorsqu'il aura lu son courrier.

Voldemort casse le sceau d'un des rouleaux de Parchemin. C'est le plus long des deux et il semble satisfait de ce qu'il lit dans l'ensemble, même s'il tique une fois ou deux. Et ce n'est pas étonnant. Car dans son long rapport, si Lucius lui annonce qu'il reste un point essentiel à éclaircir, avant qu'il puisse se lancer dans la chasse au Trésor, il lui apprend également qu'il obtiendra avant la fin de la semaine, les plans de sécurisation des Frontières Européennes, qui permettront de déterminer les points faibles et failles de leur défense.

Un leurre bien évidemment. Les véritables plans ne lui parviendront jamais.

L'affreux pose le rouleau de Parchemin de nouveau roulé sur son bureau et il sirote son thé, le regard dans le vague. Puis il saisit une plume et en fait un Portoloin International, avant d'accorder un regard pointu à Yaxley.

« Tu vas aller en Belgique, Hewrey. A Comines, plus précisément. Et ce, afin de vérifier si une certaine Gertrude Bouillon se trouve chez elle. Si cela est, ramène-là ici immédiatement. En revanche, si elle est absente de son logement, c'est qu'elle est toujours quelque part en Irlande et dans ce cas, je veux savoir dans quelle auberge elle a pris quartier. Tâche donc d'obtenir ce renseignement en fouillant dans ses effets. Si tu ne trouves rien, alors interroge discrètement ses voisins et sa famille, ils savent peut-être où elle se trouve. Si ce n'est pas le cas, reviens ici. Et j'aviserai alors ce qu'il y a lieu de faire. Tu disposes de 24H00. Totale discrétion bien sûr. En aucun cas on ne doit s'interroger sur l'intérêt que tu portes à cette femme. Rien ne doit filtrer à ce propos. » déclare-t-il, avec insistance, en tendant la plume à Yaxley.

« A vos ordres, Monseigneur. » répond Yaxley, inclinant la tête, à la fois sans doute pour signifier à l'affreux qu'il a compris les termes de la Mission et pour le saluer, avant de saisir la plume et de disparaître à nos yeux.

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« Trop impatient de partir en quête du Trésor, l'affreux, pour attendre les prochaines nouvelles de Lucius. » commente Lee, avec satisfaction.

« C'est bien là-dessus que nous comptions. » réponds-je, en regardant Voldemort, qui casse maintenant le sceau du second Parchemin.

Et à peine a-t-il jeté un coup d'œil dessus, qu'il se lève d'un bond, les narines frémissantes et l'œil flamboyant de colère, tandis que les vitres du bureau volent en éclat.

Première carte abattue avec succès.

Et nul doute que Yaxley a eu de la chance, que l'affreux commence par lire la plus lourde des deux missives que Lucius lui a faites parvenir. Car il se serait pris un Doloris sans coup férir. Et pour cause.

Voldemort vient d'apprendre que les Commandos Internationaux d'Intervention d'Urgence, ont rendu une petite visite surprise aux émissaires envoyés pour négocier une Alliance avec les Géants. Et bien sûr, ils sont intervenus au plus mauvais moment : celui où le Gurg de la tribu considérait d'un œil très intéressé, les cadeaux et la proposition qu'on venait de lui faire. L'un des présents de Voldemort lui a pété à la figure et le résultat ne s'est pas fait attendre. Deux des émissaires ont été écrabouillés illico presto par le Gurg et les trois autres ont été assez méchamment blessés, avant de parvenir à s'enfuir.

Quoi qu'il en soit, c'est terminé. Les Géants ne voudront plus jamais recevoir d'autres émissaires de Voldemort. Il vient donc de perdre des alliés de poids, qui auraient fait de très gros dégâts sur leur passage durant leur voyage. Et surtout durant l'Ultime Bataille qui se profile.

Du moins selon ce qu'il envisageait bien sûr. Car n'oublions pas qu'il a toujours été prévu également, que nous empêchions les Géants de parvenir à destination. Nous n'avons donc fait qu'avancer l'intervention que nous aurions mise en branle dans quelques jours ou semaines, selon le temps qu'aurait pris la négociation engagée par les émissaires de Voldemort.

Bref, voilà notre partie truquée engagée, maintenant. Et j'ai soudainement hâte d'abattre notre deuxième carte gagnante.

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