Disclaimer : cf chapitre 1

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Grand merci à Mistycal !

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Réponse sur mon forum, aux commentaires de : - Guest -

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Engagement D'Une Partie Truquée 2 / 2

Mardi 18 Mars 1997 fin d'après-midi et début de soirée

Acte 3 : Cachette ou pas ?

Draco

Mon Miroir vibre sur la table et je m'en saisis prestement.

« C'est bon, je l'ai ! » déclare Théo, aussitôt ai-je établi la communication.

Puis il brandit sous mes yeux, le message qu'il est allé intercepter, dans l'une des boites aux lettres que Copper a installées un peu partout dans le Château, afin de communiquer en toute discrétion avec les Ânes Bâtés de tous horizons.

Outre celle de la Volière, trouvée grâce à Poolyocop Dreeselpyne et qui n'a pas servi depuis l'évasion de Bletchley, il y en a une dans toutes les toilettes, hormis celles où Mimi Geignarde tient quartier. Et nous en avons également dégottées dans la Bibliothèque, les Clubs de Bavboules et d'Echec, la Salle des Trophées et non loin des Serres de Madame Chourave.

Et entre nous, ça y va, la messagerie clandestine. Il ne se passe pas un jour sans qu'il y ait trois ou quatre messages au moins échangés et naturellement, nous dupliquons chacun d'entre eux systématiquement. Bien sûr, ces messages sont codés. Il nous a donc fallu un peu de temps, avant de parvenir à les déchiffrer.

Pas trop cependant. Ce qui a été le plus complexe à comprendre, c'est que le code varie selon le niveau de l'élève auquel il est adressé. Il mêle donc soit Arithmancie et Langage Runique, soit Langage Runique et Astronomie, soit Arithmancie, Langage Runique et Astronomie à la fois. Et nous pouvons affirmer maintenant, que Cooper maîtrise beaucoup mieux ces matières qu'il le laisse ou l'a laissé paraître en classe. Mais fort heureusement pour nous, il ne le fait pas aussi bien qu'Hermione, Théo, Blaise et moi-même, qui avons bénéficié de très nombreuses heures de cours supplémentaires.

Bref, en nous y collant ensemble, avec en prime Eddy, Philippa et Justin tous les trois très forts également, nous avons éventé son fameux code en quelques heures et maintenant nous lisons sa correspondance privée chaque jour. Les Ânes Bâtés s'impatientent, Vaneck en tête, Benson dans une moindre mesure. Mais en tout état de cause, Cooper se voit contraint de calmer leurs ardeurs belliqueuses, à coups de promesses de réjouissances à venir bientôt.

Mieux, cela nous a permis de découvrir qu'il y a encore une poignée d'Ânes Bâtés non déclarés à Serdaigle, Poufsouffle et Gryffondor.

Ceci dit, grand merci à Monsieur Rusard et Miss Teigne, qui nous ont bien secondés aussi dans la chasse aux boites aux lettres. Et sont donc pour beaucoup dans notre succès.

Il se régale à nous aider, Monsieur Rusard, depuis qu'il fait partie du C.C.S.A.B.P.M.. Et Miss Teigne également. Elle a fait copains-copine avec Croquemitaine et Pattenrond et ils vadrouillent ensemble partout dans le Château, au grand dam des Ânes Bâtés aux pas desquels ils s'attachent, en dehors des heures de cours et de colles, ou lorsque nous allons relever le courrier clandestin.

Intelligentes bêtes, qui ont bien compris qui sont les ennemis à surveiller ou à laisser tranquilles, selon le moment.

« Dépêche-toi de dupliquer ce message, Benson se dirige dans ta direction. A coup sûr il vient pour relever son courrier, alors ne sort pas sans ton Caméléon. » réponds-je précipitamment à Théo, sans lui laisser le temps d'ajouter quoi que ce soit.

« C'est déjà la duplication que je tiens en main. En fait, je t'appelais pour te demander si la voie est libre, du côté de l'Aile Nord. » m'informe mon frangin, tandis que je fronce les sourcils.

« Pourquoi ? » demande-je, précipitamment, un gros soupçon germant à vitesse supersonique dans mon cerveau.

« Ne fais pas comme si tu n'avais pas deviné!» répond Théo, l'air moqueur.

« Il n'est pas question que tu ailles faire un tour dans la planque de Cooper, Théo ! Tu ramènes tes fesses illico avec le message que tu as intercepté, point barre ! » assène-je, d'un ton ferme.

« On en reparle dans deux minutes, le temps de quitter ces toilettes où Benson ne devrait pas tarder à arriver, puis de trouver refuge dans un endroit tranquille. » répond calmement Théo, coupant net la communication, alors que j'allais encore protester vivement.

Je peste donc intérieurement, suivant du regard sur la Carte, la petite étiquette qui indique la position de mon frère. Il s'engouffre dans un couloir pile avant de croiser le chemin de Benson, puis dévale un escalier, emprunte un autre couloir, s'arrête durant un bref instant, puis disparaît de ma vue.

Et je porte aussi sec mon Miroir à mes yeux, pour contacter Théo, maintenant à l'abri des yeux et oreilles, dans les Passages Internes.

« Je suis sûr de trouver quelque chose d'intéressant dans la planque de Cooper car… » déclare Théo, à peine notre communication établie, avant que je l'interrompe.

« Nous en avons déjà parlé, Théo. Cooper est trop prudent, il ne laisserait rien traîner de compromettant, dans un endroit accessible à d'autres. Or, c'est dans la Tourelle Nord, qu'il organise ses rendez-vous secrets avec ses complices. Ça ne sert donc à rien d'y aller. Tout ce que tu risques, c'est d'être surpris en train de fouiner dans ce coin habituellement désert. Où qu'il y ait un mouchard dans les environs, une Alarme ou un truc quelconque, qui lui indiquera que sa planque n'est plus un lieu aussi sûr, pour fomenter ses coups bas et complots divers. Alors laisse tomber cette foutue idée et reviens au QG. » réponds-je, avec sévérité.

« Certes, Cooper est prudent. Mais nous avons assez observé ses allées et venues, pour savoir qu'il n'y a pas d'autre endroit que la Tourelle Nord, où il se rend pour s'isoler de temps à autre. Or, ce n'est certainement pas dans son dortoir chez les Poufsouffles, qu'il garde ses petits secrets. Alors ils sont dans la Tourelle, dans la chambre où il baise Shaw. J'en suis certain, car… » réplique Théo, d'un ton patient et doux, mais que je ne laisse pas terminer encore une fois.

« Dans la chambre, Magda a dit qu'il n'y a qu'un matelas. » rappelle-je, avant d'ajouter très vite : « Et s'il y reste seul, c'est toujours après avoir baisé Shaw. Il doit simplement avoir envie de dormir pour récupérer. Tu as bien vu l'autre jour, il n'a quasiment pas bougé. Par ailleurs, je ne vois de toute façon pas Cooper, garder quelque chose de compromettant à Poudlard. Il est bien trop malin pour ça. »

« Il n'est pas seulement malin. Il est aussi trop sûr de lui et de sa capacité à nous berner, trop confiant en la supériorité de son intelligence et de sa fourberie. Alors, justement parce qu'il se croit trop malin et certain que personne ne viendra jamais à se méfier de lui, il a sûrement gardé auprès de lui, quelque chose d'important à ses yeux, qui lui rappelle à quel point il est supérieur à nous tous. Et à mon avis, il garde ça caché là où il pense que personne n'ira le chercher. Alors je vais aller faire un tour dans la chambre de la Tourelle Nord, que cela te plaise ou non. » répond Théo, sans se départir de sa tranquillité.

Je soupire. Théo ne lâchera pas le morceau. Avec ou sans mon aide, il ira fouiller la chambre aménagée dans la Tourelle Nord par Cooper.

« Ok, je cède. Mais sache que ce ne sont pas tes arguments qui me font ployer, c'est ton entêtement borné de cabochard impossible ! Et il est hors de question que tu ailles là-bas tout seul. Alors va jusqu'à l'intersection qui mène vers l'Aile Nord et reste là, je te rejoins. Nev veillera sur nos arrières. » décide-je, avant de couper la communication sans laisser à mon tour, le temps à Théo de protester.

« Pour le moment il n'y a personne du côté de la Tourelle Nord, mais le temps que vous y arriviez, cela pourrait changer. Or, les couloirs et escaliers sont étroits par là et il n'y a pas d'alcôve dans laquelle vous pourriez vous tenir cois. » fait remarquer Nev, un peu soucieux.

« Exact. Mais Théo a bien choisi son moment pour partir en exploration dans la planque de Cooper. Notre misérable Espion et ses complices sont actuellement au bord du Lac et s'ils se décidaient maintenant à aller jusqu'à la Tourelle, le temps d'y arriver, il serait aussi l'heure de revenir vers la Grande Salle pour dîner. Alors je ne pense pas qu'ils aillent dans leur QG d'ici là. A mon avis, ils iront plutôt après. » réponds-je, après avoir jeté un coup d'œil sur l'horloge.

« Exact. Mais il y a un groupe d'Ânes Bâtés de sixième année en retenue dans les parages, avec Monsieur Rusard. Pour l'instant, ils sont assez loin de la Tourelle, mais s'ils font du zèle et ont fini leur boulot avant l'heure, notre cher concierge est capable de leur faire nettoyer l'allée centrale et les petits couloirs de l'Aile Nord, sur le chemin du retour vers la Grande Salle. » me retient Nev, alors que j'allais le quitter.

Je grimace aussi sec. Mon pote a raison. Monsieur Rusard ne mettra pas un pied dans la Tourelle Nord, c'est convenu avec lui. Mais nous n'avons pas parlé de la portion du couloir du sixième étage, où se situe la porte de l'escalier qui monte vers la Tourelle. Or, non seulement il est étroit, mais c'est aussi un cul-de-sac et si nous sommes déjà dedans au moment où les autres débarquent, nous serons bel et bien coincés.

« Je vais prendre un Balai. Ainsi, nous les survolerons si cela arrive. » décide-je, avant d'aviser Blaise et Messire Salazar qui reviennent des Cachots perdus et d'ajouter : « Et j'emmène Blaise et Messire Salazar avec moi. »

Nev acquiesce, tandis que Blaise et Messire Salazar haussent un sourcil, dans une demande muette. Mais après avoir saisi deux Balais, je les entraîne bien vite dans mon sillage, leur expliquant en chemin ce que nous allons faire.

« Il était temps que vous arriviez, je commençais à ronger sérieusement mon frein. » déclare Théo, se levant du sol sur lequel il était assis, lorsque nous arrivons en vue.

Il n'a pas l'air le moins du monde surpris de me voir arriver avec des renforts. Je n'en fais pas remarque cependant. Si Théo le fait de temps à autre pour aller espionner l'un ou l'autre et relever les boîtes aux lettres clandestines, sous couvert de son Caméléon, nous ne nous déplaçons jamais seuls, lorsque nous allons devoir emprunter les chemins normaux.

« Que dit le message ? » demande-je, pour toute réponse, en suivant Messire Salazar, qui nous mène déjà hors des sentiers balisés.

« Cooper promet à Benson qu'il y aura très bientôt de l'action et qu'il sera aux premières loges. Il doit surveiller nos allées et venues, chercher à dégotter nos petits secrets, se tenir prêt à saboter l'entrée du Passage Secret dans le Jardin de la Liseuse et à dégommer tous les élèves qui se présenteront pour l'emprunter. » répond Théo, sur un haussement d'épaule.

« Rien de plus que les discours habituels, en somme. » commente Blaise, sur un ton neutre.

Théo et moi-même acquiesçons d'un hochement de tête et nous poursuivons notre chemin en silence, jusqu'à la sortie du Passage.

« Je reviens très vite. » déclare alors Messire Salazar, avant de disparaître sans un bruit, tandis que j'empêche Théo de sortir.

« Messire Salazar va vérifier qu'il n'y a pas de mauvaises surprises, ni dans le QG, ni dans le baisodrome de Cooper. » réponds-je, au haussement de sourcil de mon frère, avant de demander à Nev si le terrain est toujours dégagé et sûr, du côté de la Tourelle Nord.

Aucun mouvement n'est à signaler. Les quelques Ânes Bâtés en retenue à cette heure, sont toujours occupés à nettoyer à fond la réserve à bois, qui occupe une grande pièce du sixième étage de l'Aile Nord. Et je ne peux m'empêcher de sourire, en imaginant les Ânes Bâtés de mon année, déplaçant sans Magie des tonnes de bûches, afin de nettoyer le sol et les murs qui se trouvent dessous. Voilà bien une tâche hautement indigne à accomplir pour de nobles Sang-Purs et ça doit pester sec dans les rangs. Mais à mon humble avis, ça leur fera beaucoup de bien de se remuer ainsi et cela aidera peut-être Fausto Di Marco à perdre quelques-uns de ses kilos superflus.

Et puis, ils doivent déranger pas mal de rats, souris et araignées dans leur entreprise. Et je gage qu'ils auront à prendre une bonne douche, pour se débarrasser de la poussière et des toiles d'araignées, collées à leurs cheveux et leur peau, par la sueur de leurs efforts physiques. De quoi en faire davantage pester quelques-uns, qui n'aiment pas trop l'eau et le savon.

« J'ai minutieusement inspecté les lieux, Draco. Il n'y a ni Alarme, ni piège d'aucune sorte sur les portes et fenêtres. » déclare Messire Salazar, à peine fait-il sa réapparition devant nous.

« J'en étais certain ! » s'exclame alors Théo, avec satisfaction, avant de demander : « Avez-vous repéré quelque chose d'intéressant, Messire Salazar ? Une cachette secrète par exemple ? »

« Hélas, je n'ai rien repéré d'apparent à mes yeux, Théodore. Les murs de la salle de complot de notre infâme Espion sont nus. Aucune pierre, aucune latte du parquet ne semble descellée. Même chose à l'étage inférieur. La seule chose qu'il m'a été impossible d'examiner, se trouve être le plancher situé sous le matelas posé à même le sol. » répond Messire Salazar, l'air navré.

« Eh bien, allons voir cela de plus près. Car je suis sûr que ce matelas cache quelque chose ! » déclare Théo, avec résolution, tandis que je lève les yeux aux cieux.

Théo est aussi buté qu'un Gryffondor. Je crois même que le seul mec plus entêté que lui, c'est Seamus Finnigan. Et encore. Ce n'est peut-être pas si sûr. Théo pourrait bien détenir la Palme d'Or.

« D'où vous vient donc cette certitude ? » demande quant à lui Messire Salazar, en haussant un sourcil.

« A part la Salle sur Demande où il ne va jamais, c'est le seul endroit de Poudlard où il peut s'isoler en toute tranquillité, sans risquer d'être surpris par quelqu'un, puisque jamais personne ne met les pieds dans cette partie de l'Aile Nord. » répond Théo, qui ajoute précipitamment, en me voyant ouvrir la bouche pour le contredire : « J'ai vérifié tous les parcours de Cooper et ses complices, depuis que nous les surveillons de près, c'est à dire la nuit de Samedi à Dimanche. Jack Lange, Elsa Barlow, Janet Bird et Robert Kean, n'ont pas mis un pied dans la chambre de la Tourelle Nord. Seule Ysolte Shaw l'a fait, mais elle était avec Cooper et elle est repartie à chaque fois avant lui. Et tout à l'heure, avant qu'il n'aille faire un tour au Lac avec ses sbires, il était seul dans la chambre et soudainement, il a purement et simplement disparu pendant quelques minutes. »

« Disparu ? Comment ça, disparu ? » réagis-je en sursautant, de concert avec Blaise.

« Son étiquette était présente et soudainement, plouf, plus de Cooper durant quelques minutes. Et elle a fait une réapparition tout aussi soudaine. » répond mon frangin, avant d'ajouter avec un sourire triomphant : « Toujours convaincu que je m'obstine comme un borné de cabochard impossible ? »

« Non. Tu viens d'ajouter un sacré poids à ton argumentation. Mais pourquoi ne pas l'avoir dit avant ? » demande-je, en fronçant les sourcils.

« Tu m'as coupé la chique à deux reprises, juste avant que je le fasse. » répond Théo, sur un haussement d'épaule un peu moqueur, avant d'ajouter : « Et maintenant il est plus que temps d'y aller, si on ne veut pas croiser les Ânes Bâtés sur leur chemin de retour et être également à l'heure pour le dîner. »

Puis il se faufile hors des Passages Internes, enfilant en même temps son Caméléon. Et à l'instar de Blaise, je me Désillusionne avant de sortir à mon tour, tandis que Messire Salazar annonce qu'il nous attend sur les lieux. Blaise, Théo et moi-même courrons au plus vite, afin de rejoindre la Tourelle Nord et il ne nous faut guère plus de deux minutes, pour arriver à destination.

Dans la chambre, il n'y a effectivement rien d'autre qu'un matelas à deux places, souillé de quelques tâches suspectes.

« Il ne faut pas avoir beaucoup de considération pour soi-même, pour baiser là-dessus ! » fait remarquer Blaise, d'un ton qui traduit son dégoût.

« Shaw ou Cooper amène peut-être un drap et des couvertures, pour couvrir le matelas, quand ils ont l'intention de le faire. » suggère Théo, qui affiche une mine tout aussi dégoûtée que mon pote.

« Peut-être. Ceci dit, ce n'est pas nos oignons. Voyons si nous pouvons soulever cette chose immonde, sans déclencher une Alarme ou un Maléfice de Magie Noire. » réponds-je, en sortant ma Baguette.

Et je jette illico quelques Sortilèges de détection.

« Bingo ! Je savais bien que j'avais raison ! » s'exclame Théo, au quatrième Sortilège.

Il a cependant le triomphe modeste cette fois, lorsqu'il me jette un coup d'œil. Il est seulement satisfait d'avoir tapé juste dans ses déductions.

« Tu as eu raison de t'obstiner sur ce coup, oui. Cooper cache bien quelque chose là-dessous. » réponds-je, en souriant à mon frère.

« Et ce fumier a bien protégé la place. Putain, ça c'est de la saloperie vacharde ! On ne pourra pas l'enlever nous-même ! » commente Blaise, avec contrariété.

« L'enlever, si, on pourrait. C'est remettre en place ce foutu Maléfice, qui nous poserait problème. » rectifie Théo, sur une grimace.

« Ouais, c'est ce que je voulais signifier. » répond Blaise, qui soupire avant d'ajouter : « Si nous voulons accéder aux secrets de Cooper, il faut faire appel à Severus. »

« C'est soit ça, soit on trouve une autre solution. Car rappelle-toi, il vaut mieux éviter au maximum de pratiquer la Magie Noire dans nos rangs. » déclare-je, sur un soupir profond.

Je n'ai pas la moindre idée de la manière dont nous pourrions nous y prendre autrement, qu'en faisant appel à Pa, qui saurait à coup sûr remettre en place le foutu Maléfice.

« Contourner le problème. Là réside peut-être la solution. Si on ne peut passer par ici, peut-être peut-on le faire par en dessous. » murmure soudainement Théo, sourcils froncés sur la réflexion, avant de demander en direction de Messire Salazar : « Est-il possible qu'il y ait une pièce, un genre de réserve par exemple, là-dessous ? Et pensez-vous alors, qu'il y ait un moyen d'accéder à la cachette de Cooper, sans avoir à ôter son Maléfice ? »

« Mmmm… Etant donné la taille de la Tourelle et que nous accédons ici après avoir grimpé quelques marches, il est possible effectivement qu'il y ait une petite pièce sous cette chambre. Mais je serais bien en peine d'être affirmatif, sans explorer les lieux. Je vous serai donc fort reconnaissant, de faire pleine lumière ici, en espérant que les lattes du plancher laissent filtrer quelques rayons qui perceront les ténébreuses pénombres. » répond Messire Salazar, avec amabilité.

« Excellente idée. Mais mieux vaut calfeutrer les meurtrières avant d'éclairer au maximum. Il ne faudrait pas que Cooper ou l'un de ses complices, repère la lumière depuis l'extérieur où ils se trouvent actuellement. » réagis-je, vivement.

Maintenant que nous avons la certitude que Cooper s'est aménagé une cachette secrète, ce n'est pas le moment de commettre la moindre imprudence.

Je jette vite fait un Sortilège sur les deux meurtrières qui éclairent à peine le petit local où nous nous trouvons, afin de les aveugler. Puis nous éclairons l'endroit comme en plein jour, Messire Salazar se laissant alors glisser pour traverser le plancher. Quelques secondes d'attentes et il remonte vers nous.

« Hélas, il fait beaucoup trop sombre, pour que je puisse distinguer quoi que ce soit avec précision. Cependant j'ai eu le sentiment que l'endroit est certes très bas de plafond, mais aménagé comme un bureau. » déclare-t-il, d'un ton lugubre.

« Ok. Alors je ne vois plus qu'une solution. C'est de faire appel à un Elfe de maison. » répond Théo, sourcils froncés sur la réflexion.

« Stop, Théo ! On ne va pas envoyer un Elfe de maison là-dessous, sans être certain qu'il n'y a pas de danger ! Vu d'ici, le Maléfice semble nettement localisé à une partie bien définie du parquet, cachée par le matelas. Mais il peut très bien emplir tout l'espace inférieur. » déclare-je, avec fermeté, en désignant le parquet, au hochement de tête approbateur de Blaise.

Celui-ci n'a cependant pas le temps d'intervenir pour m'appuyer en paroles.

« Je suis bien d'accord avec toi, Draco. Et je n'avais pas l'intention de précipiter l'affaire, contrairement à ce que tu as l'air de penser. Je te rappelle que mon côté Gryffondor est moins imprudent que le tien et que jusqu'à présent, de nous deux, c'est plutôt moi qui aies eu à refréner les ardeurs de l'autre. » répond Théo, en m'adressant un clin d'œil.

Et il rit, bien sûr, en me voyant lever les yeux au ciel. C'est vrai, j'admets que mon petit côté Gryffondor m'a poussé à émettre des idées imprudentes à certaines occasions. Mais c'est terminé ce temps. La Mission sur Tyll Celwie o Agar Myrn m'a remis sur les rails. Ou plutôt, elle m'a permis d'apprendre à beaucoup mieux comprendre et maîtriser le Gryffondor qui sommeille en moi.

« Ouais. Et puis, il est temps de quitter cet endroit, si nous voulons être à l'heure pour le dîner. Après, nous retournerons au QG et nous réfléchirons à la meilleure manière de nous y prendre, pour accéder aux vilains secrets de Cooper. » déclare Blaise, en amorçant déjà la retraite vers la porte de la chambre.

Et nous quittons les lieux avec lui. Cependant, avant de redescendre vers le couloir, nous allons rapidement jeter un coup d'œil à l'étage au-dessus de la Tourelle. Le QG de Cooper est très sommairement aménagé. Une simple table, des chaises dépareillées, un service à thé qui a connu des jours meilleurs et une poubelle avaleuse de détritus, c'est tout ce qu'il y a.

Par acquis de conscience, Blaise jette quand même un coup d'œil dans la poubelle, mais il n'y a rien dedans, comme il s'y attendait.

Contrairement à la chambre où il y en a quelques-unes, aucune bûche ne trône dans le petit âtre et il fait un froid de canard. Bref, l'endroit n'est pas accueillant du tout. Je comprends donc que ni Cooper, ni ses complices, ne passent beaucoup de temps ici.

Nous sommes bien mieux lotis qu'eux, dans notre QG.

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Acte 4 : Un Espion Piégé

Severus

« Il arrive, professeur. » me prévient le Moine Gras, à peine a-t-il traversé le mur de la Salle des professeurs.

Il n'attend pas ma réponse, filant droit devant lui pour me laisser seul.

Je ferme aussitôt le livre que je lisais distraitement, le range dans ma serviette, dont je sors un morceau de Parchemin froissé et me recale dans mon fauteuil. Puis, prenant l'air absorbé, je plonge mon nez vers le Parchemin que je tiens à deux mains.

Je suis tout juste en place, lorsque Latton fait son entrée.

« Bonsoir Gauthier. Je craignais être en retard, mais je constate que les autres ne sont pas là encore. » déclare-t-il, dès qu'il m'aperçoit.

Je me garde de répondre, concentré sur mon morceau de Parchemin. Je sais que cela va intriguer Latton, car je suis habituellement prompt à réagir et normalement, j'aurais dû relever mon nez vers lui, avant même qu'il ait fini d'ouvrir la porte. Ce qu'il sait parfaitement bien.

Je le laisse mariner durant quelques courtes secondes et il s'assoit en face de moi. Alors je soupire et relève enfin les yeux, faisant comme si j'étais surpris de le voir.

« Oh ! Bonsoir Egidus ! Il y a longtemps que vous êtes là ? Je ne vous ai pas entendu entrer. » déclare-je, en secouant la tête comme pour m'éclaircir les idées.

« C'est ce que j'ai constaté, oui. Ce que vous lisiez doit être bigrement passionnant, pour que vous soyez concentré à ce point et que votre esprit n'ai pas été en alerte à son habitude. » répond Latton, avec un sourire d'indulgence polie, dissimulant parfaitement sa curiosité.

Pas de question directe. Il compte sur ma volonté de me justifier en excuses volubiles. Il est vrai, que face à lui, mon personnage de Gauthier Sylvestre, n'est jamais avare en paroles et s'étale volontiers sur les pensées qui lui traversent l'esprit.

« Oh. Passionnant, non, pas vraiment. Intrigant plutôt. En réalité j'ai trouvé ce Parchemin dans ma classe. C'est sans aucun doute tombé de la poche de Philippe Vaneck. Ce qui est curieux, c'est que je ne comprends rien à ce qui est écrit. C'est du charabia sans aucun sens. Je me demande donc s'il ne s'agirait pas d'un message codé, une manière discrète et secrète de communiquer, qui permettrait aux élèves Pro-Voldemort de fomenter des coups bas, tout en trompant la vigilance des Fantômes qui les surveillent sans cesse. » réponds-je, poussant un soupir, avant d'ajouter : « Mais j'avoue que j'ai du mal à croire que ce grand escogriffe de Vaneck, possède suffisamment d'intelligence, pour communiquer ainsi avec un complice. Et je ne vois pas l'intérêt d'user d'un code compliqué pour échanger, quand tous les pro-Voldemort sont rassemblés dans le même dortoir. A moins bien sûr, qu'il s'agisse de le faire avec un Pro-Voldemort non déclaré encore ? Qu'en pensez-vous ? »

« C'est peut-être tout simplement un jeu, comme en invente parfois les élèves désœuvrés ou désintéressés d'un cours. » déclare Latton, avant de tendre la main vers le morceau de Parchemin que j'ai posé sur la table basse qui nous sépare et demander, haussant un sourcil : « Vous permettez ? »

« Oh ! Je vous en prie ! Si vous pouvez éclairer ma lanterne, je cesserai d'être distrait par ce mystérieux charabia et je pourrai me mettre sérieusement au travail ! » réponds-je, tout sourire aimable, avançant le Parchemin vers Latton.

Il s'en saisit et à peine ses yeux posés dessus, il réprime de justesse un sursaut. Ses yeux sautent de ligne en ligne. Et bien qu'il se maîtrise quasi à la perfection, je devine qu'il décrypte le message codé. Un faux bien sûr, concocté par mes soins, pour le piéger.

« Du charabia, vous avez raison. Des runes et des formules d'Arithmancie sans suite. Et je suis d'accord avec vous, s'il s'agissait là d'un message codé, ce serait trop élaboré pour l'esprit de Philip Vaneck, qui manque particulièrement de finesse. Ce dernier devait plutôt chercher à se distraire, durant un cours. Celui d'histoire peut-être. J'ai souvenir encore vivace, que nombreux sont les élèves distraits durant cette classe. J'avoue d'ailleurs, que je l'étais moi-même assez souvent, en mon temps. Et le fait que ce Parchemin soit froissé, tend à prouver qu'il représentait peu de valeur aux yeux de celui qui l'a perdu. » commente un peu fiévreusement Latton, après sa lecture, en tendant de nouveau le message vers moi.

Il parait décontracté, mais je perçois une certaine tension, dans ses épaules. Il est contrarié de devoir me rendre le Parchemin. Et surtout sans doute en premier lieu, que je l'ai trouvé.

« Mmmm… Oui. A moins que l'élève en question ait été dérangé dans sa lecture par un importun et qu'il ait froissé ce Parchemin dans la précipitation de son geste pour le fourrer dans sa poche. » réponds-je, soupirant encore, sur une lassitude feinte, avant d'ajouter : « Mais c'est vrai, ce mode de communication serait trop élaboré pour Vaneck. »

Latton se détend aussitôt, persuadé sans doute que je me range à son avis et que je vais laisser tomber l'affaire. Mais il me connaît mal le bougre. Il ne sait donc pas que je suis bien plus futé que lui et que rien ne m'amuse plus que de souffler le chaud et le froid, quand j'ai affaire à des individus comme lui.

Je me lève donc de mon fauteuil et j'amorce un pas, dans la direction de la table de réunion autour de laquelle commencent à s'assembler nos collègues, mais alors que son soulagement se fait plus net encore, je m'arrête soudainement, me frappant le front comme si je venais de réaliser quelque chose.

« Mais j'y pense ! C'est trop élaboré pour Vaneck, mais pas pour Benson ! Alors certes, j'ai trouvé la boule de Parchemin froissée à côté du siège de Vaneck, mais elle pouvait très bien être tombée de la poche de Benson et, dans la précipitation des changements de classe, un pied a pu l'avoir fait rouler là où je l'ai trouvée ! » m'exclame-je à demi, fixant Latton d'un air heureux, avant d'ajouter : « Merci de votre aide, Egidus. Vos propos ont bien éclairé ma lanterne. Je vais parler tout de suite de cette affaire à Albus. Si des élèves échangent des messages codés, il faut que nous en ayons le cœur net ! Et s'il s'agit bien d'un code, avec l'aide précieuse de Bathshebah et Septima, nous aurons tôt fait de le percer ! »

Le regard de Latton vacille nettement, mais il se reprend très vite et, je ne sais comment, parvient à conserver un visage affable.

« Bien que j'aie le sentiment de ne pas réellement vous avoir été d'un grand secours, je suis ravi d'avoir pu vous aider, mon cher. » dit-il, d'un ton qui se veut aimable.

J'ai cependant quant à moi le sentiment qu'il me voue plutôt une haine viscérale et que mon sourire toutes dents dehors, lui donne envie de hurler.

Naturellement, je soumets aussitôt l'affaire à l'avis d'Albus, comme il était convenu entre nous. Bien sûr, Remus, Nally, Charly qui remplace toujours Hagrid, ainsi que Minerva, Filius et Pomona, sont parfaitement au courant de ce qui se trame. Mais nous avons tenu Septima Vector, Rolanda Bibine, Bathshebah Babbling, Aurora Sinistra, Cuthbert Binns et Charity Burbage dans l'ignorance et ils ne savent donc pas que la réunion trimestrielle a représenté pour nous, l'occasion idéale de poser les bases d'un piège que nous tendons à Latton.

Non pas que nous ne leur fassions pas confiance, mais nous avons besoin que tout semble au plus naturel possible et nous savons pertinemment qu'aucun d'entre eux n'aurait pu l'être. Ce n'est pas dans leur nature, de jouer la comédie et ils ont bien assez de mal comme ça à feindre l'indifférence envers Latton. Alors, s'ils savaient que nous voulons le piéger, ils n'arriveraient pas à masquer leurs véritables réactions à son égard, ni à l'égard de cette fausse affaire, qui mêle le vrai et le faux.

« Je crois que vous vous faites du cinéma, comme dirait les Moldus, Gauthier. Il faut avoir l'imagination bien fertile, pour voir un message codé, dans ce ramassis de sottises sans queue, ni tête. » déclare Charity, à peine ai-je fini de lire le Parchemin à voix haute.

« Fort justement dit, Charity ! Si je voulais coder un message, je n'attirais pas l'œil et les interrogations, en le chiffrant ainsi ! Je ferais au contraire choix de le glisser dans un poème ou tout au moins dans un texte qui aurait sens et l'air parfaitement innocent. » approuve Septima, avec sa brusquerie habituelle.

« Oui, mais vous êtes une adulte, Septima. N'oublions pas que nous avons affaire à des adolescents. Or, les adolescents compliquent tout par essence. Et si je me situe du point de vue de l'adolescent que j'étais il y a peu encore, je me dis que celui qui a créé ce code, devait s'imaginer au contraire, que nul ne prêterait attention à son message, si cela avait l'air n'avoir aucun sens ! Et ça, je trouve que c'est intelligent ! Egidus également ! N'est-ce pas mon cher ? » réponds-je, avec vivacité et enthousiasme, en encourageant d'un regard Latton à m'appuyer.

Cela le rend mal à l'aise bien sûr, que je remue ainsi le couteau dans la plaie.

« Je… Oui.. Euh, non… En fait, je pense toujours qu'il s'agit plutôt de l'œuvre d'un élève distrait, mon cher Gauthier. » balbutie-t-il, avec gêne.

« Oh. Je croyais que vous vous étiez rangé à mon avis, qu'il ne pouvait pas être question de Vaneck, mais plutôt de Benson, qui est beaucoup plus intelligent que le précédemment cité. » réponds-je, prenant l'air déçu qu'il ne me soutienne pas.

« Eh bien… En fait, s'il s'agissait d'un message codé, oui, effectivement je suis d'avis que Philip Vaneck ne peut en être l'auteur et qu'Artus Benson serait mieux placé. Mais rien ne prouve que ceci soit de son fait et non celui de Philip Vaneck, auprès du siège duquel vous avez trouvé le Parchemin froissé. » déclare Latton, avec plus d'aisance cette fois.

« Peut-être, oui. Mais je suis d'avis d'enquêter. Et que ce message soit bien examiné. Alors bien sûr, je ne suis pas aussi calé que Bathshebah et Septima, mais je pense que si nous consacrons un peu de temps à la recherche du code, tous les trois ensemble, nous parviendrons à le déchiffrer. » m'obstine-je, sous le regard amusé de Nally.

« Devons-nous vraiment perdre du temps à cela ? » demande Bathshebah, en direction d'Albus.

« Oui, franchement, je n'en vois pas l'intérêt moi non plus. A moins bien sûr, que vous pensiez que cela vaille la peine, Albus ! » appuie Septima, avec un rien d'agacement.

« Je pense que cela pourrait en valoir la peine, oui. » répond Albus, d'une voix douce, au sursaut de Septima.

Et l'étonnement de quelques autres, dont Rolanda, Bathshebah, Aurora et Charity. Latton quant à lui, reste souffle bloqué durant une seconde, avant de déglutir péniblement sa gorgée de thé.

« Êtes-vous sérieux, Albus ? Vous croyez donc que ces vauriens vicieux auraient eu l'idée de mettre au point un code compliqué, dans le but de fomenter un complot ? » demande Aurora, qui semble nettement dubitative.

« Ils ont fait preuve de suffisamment de fourberie, pour mettre au point un plan complexe, dans le but de faire évader le jeune Bletchley, Aurora. Comment auraient-ils pu se mettre d'accord, avec Pollux Rosenback, s'ils ne disposaient d'un moyen pour communiquer en toute discrétion ? » répond Albus, en haussant un sourcil vers ma collègue.

« Certes ! Je suis bien d'accord pour dire que ce voyou d'Artus Benson s'est entendu avec Pollux Rosenback et que le premier a lui-même fait distraction, pendant que son complice faisait évader Randy Bletchley ! Mais n'oubliez pas que Rosenback et Benson appartenaient à la même maison, Albus. Il leur était donc tout à fait aisé de communiquer et de mettre ce plan au point, bien avant que le jour de le mettre en branle soit arrivé ! » rétorque Aurora, sous le hochement de tête approbateur de Bathshebah, Septima, Charity et, bien sûr, Latton.

« Je tremble encore à l'idée que cela a failli vous coûter la vie, très chère et je vous approuve entièrement. Rien n'était plus aisé pour ces deux garçons, que de s'entendre bien avant ce funeste événement. » déclare-t-il, avec un sourire de sollicitude apitoyée destiné à Aurora.

Chacun ici sait qu'elle fait des cauchemars, depuis la nuit où elle a failli mourir dans l'explosion qui l'a soufflée, causant des hémorragies internes qui lui auraient été fatales, si nous n'étions intervenus immédiatement pour les stopper.

Mais loin de plaire à Aurora, la fausse sollicitude de Latton la met en alerte. J'en veux pour preuve, la légère crispation de sa main droite qui jouait distraitement avec sa plume.

« Oui, il semble à première vue qu'il leur a été aisé de fomenter ce plan. Mais j'en doute soudainement. Après tout, le Groupement de Défense avait vu le jour déjà et je gage qu'Artus Benson devait être surveillé par les nombreux jeunes gens et jeunes filles qui le composent. Or, il a certainement fallu du temps pour mettre l'évasion au point. Par conséquent, si Benson et Rosenback avaient échangé ne serait-ce qu'un mot dans les jours précédents l'évasion, le Groupement de Défense l'aurait su et Rosenback n'aurait pas été lâché d'une semelle. Il n'aurait donc pas eu les coudées franches pour mener son affaire à bien. Benson devait le savoir cela. Il a donc bien fallu qu'il se montre discret. Alors oui, maintenant je suis d'avis pour affirmer qu'ils ont dû communiquer autrement. Car comment l'un aurait-il su quel jour et à quelle heure intervenir, si l'autre ne lui avait pas livré cette information ? Or, au moment où cela s'est décidé, Benson n'était plus à Serdaigle. Et même si le Duel a été annoncé quelques heures auparavant, le délai était bien court et il fallait qu'ils se soient entendus au préalable, sur les préparatifs nécessaires à la réalisation du projet ! » déclare maintenant Aurora avec une certaine raideur, avant de se tourner vers moi pour ajouter d'un ton autoritaire : « Je me range désormais à votre avis, Gauthier. Ne prenons pas cela à la légère ! Confiez-moi ce message. Si code il y a, Bathshebah, Septima et moi-même aurons tôt fait de le décrypter, n'est-ce pas Mesdames ! »

Bathshebah et Septima approuvent d'un hochement de tête, le soudain retournement d'opinion d'Aurora, n'étant pas étranger à cela. Il leur a sans doute mis la puce à l'oreille, autant que son argumentation. Cette fois encore, Latton se maîtrise plutôt bien. Mais la tournure de l'affaire ne lui plaît pas du tout et cela se manifeste dans un bref sourire forcé, qu'il adresse à mes trois consœurs.

« Bien. Je m'incline devant votre solide argumentation, très chère. Et si vous estimez que je puis vous être d'une aide quelconque, n'hésitez pas à faire appel à mes services. » déclare-t-il, avec une amabilité aussi feinte que son sourire.

Sa proposition est-elle simplement dictée par une fourbe politesse ou espère-t-il pouvoir saboter l'avancée de mes consœurs si elles acceptent son aide ? Peu importe. Car de toute façon, c'est peine perdue. Bathshebah, Septima et Aurora l'évitent comme la peste depuis son arrivée et elles vont assurément décliner son offre.

« Merci, Egidus. C'est fort aimable à vous. Cependant nous vous savons fort occupé déjà à la concoction de Potions, Onguents et Baumes de Soins et nous ne voulons pas abuser de votre sens de l'entraide aiguisé. » refuse comme je le prévoyais Bathshebah, dissimulant tant bien que mal son antipathie à l'encontre de Latton.

« Eh bien, cette question étant réglée, nous pouvons maintenant passer au sujet initialement prévu ! » interviens-je alors, affichant une satisfaction plus qu'évidente.

D'autant que je suis réellement satisfait. Il n'y a pas eu à insister beaucoup pour convaincre tout le monde, que le Parchemin soi-disant trouvé dans ma classe est un message codé. A partir du moment où Albus a orienté le débat, en évoquant l'évasion de Bletchley, Latton s'est chargé de le faire à son corps défendant.

Et je dois avouer que je savais parfaitement bien, qu'il fallait compter sur la viscérale et profonde antipathie, qu'éprouvent Aurora, Bathshebah et Septima, à l'encontre de Latton. Et qu'à partir du moment où il soutiendrait l'une de mes trois consœurs, cela suffirait pour que celle-ci fasse volteface dans son opinion et que les deux autres suivent le mouvement.

Maintenant, la réunion trimestrielle est assez rondement menée. Chacun est hâtif d'en terminer, bien sûr. Nous avons tous tellement de travail. Latton semble un peu absent cependant et il jette de fréquents coups d'œil sur l'horloge. Il espère sans doute pouvoir se rendre à la Volière bien avant le couvre-feu, afin de prévenir Cooper, que le secret sur les messages codés est éventé.

Nous ne lui laisserons cependant aucune chance de le faire. Et il ne pourra pas plus le révéler à Voldemort si celui-ci prend contact avec lui dans les jours qui suivent. Nous effacerons sa mémoire à ce propos.

Car bien sûr, Latton est la deuxième carte que nous abattons sur le tapis, pour attiser la colère de Voldemort. Cette histoire de message codé est un piège que nous lui tendons et qui va le faire tomber ce soir. Demain, la Gazette titrera sur son arrestation et, cerise sur le gâteau, apprendra en prime à Voldemort, que Slughorn a pris ses fonctions à Poudlard pour le remplacer.

Cela dit, à supposer que Voldemort prenne contact avec Latton durant les jours prochains, il serait étonnant qu'il prenne la peine de fouiller son esprit, dans le but de connaître précisément ce qui nous a permis de découvrir la duplicité de son Espion et sa trahison envers l'Ordre du Phénix. Ce sera plutôt pour le punir de lui avoir fait défaut. Mais nous ne prendrons aucun risque quand même.

21H05. Le couvre-feu est effectif et la réunion prend fin. Cuthbert Binns file aussitôt vers ses quartiers. Albus, Rolanda, Minerva, Filius et Pomona, entament une petite discussion ayant pour centre d'intérêt, le match de Quidditch qui opposera les Frelons aux Canons le week-end prochain. Bathshebah, Septima et Aurora s'empressent de s'installer autour du message codé, dans un coin reculé de la Salle des Professeurs, tandis que Remus, Nally, Charly et moi-même, proposons à Egidus Latton de se joindre à nous pour prendre un dernier thé, avant d'aller faire notre ronde dans le Château.

« Je vous remercie bien. Cela aurait été un plaisir de m'attarder en votre compagnie, mais j'ai des devoirs à corriger et une Potion sur le feu. Je vais donc m'empresser de faire ma propre ronde et rentrer. » déclare-t-il, de son habituel ton poli, accompagné d'un sourire aimable.

« Oh. Je comprends bien sûr. Alors dans ce cas, dites-nous dans quel secteur vous allez faire votre ronde, cela évitera qu'une portion du Château soit visitée à deux reprises tandis qu'une autre échappe à notre vigilance. » réponds-je, l'air parfaitement innocent.

« Voyons Gauthier. La logique veut qu'Egidus effectue sa ronde au plus proche des Cachots bien sûr. » fait remarquer Nally, en jetant un coup d'œil dans la théière, afin de vérifier si le thé est suffisamment infusé.

Elle décrète visiblement que non, car elle remet le couvercle en place et se recale confortablement sur sa chauffeuse.

« Ah, naturellement ! Où ai-je la tête ! » m'exclame-je, l'air cette fois penaud d'être pris en flagrant délit d'absence de jugeote.

Latton quant à lui, semble soudainement un peu gêné.

« En réalité, je pensais aller du côté de la Volière, car j'ai un Hibou à faire parvenir dès ce soir à mon fils. » déclare-t-il, avec le plus de décontraction possible, avant d'ajouter avec un peu de précipitation : « Mais bien sûr, au chemin du retour, je ne manquerai pas de vérifier les environs immédiats des Cachots. »

« Mmmm… La Volière est fort éloignée des Cachots, Egidus. Mes quartiers en sont bien plus proches que les vôtres. Je peux donc vous épargner le désagrément d'un long chemin, en me chargeant d'inspecter les lieux environnants et d'envoyer le Hibou à votre place. » propose Remus, avec une douce amabilité.

Cela décontenance Latton un bref instant, tandis que je jubile intérieurement. Le bougre doit maudire le ciel, pour être ainsi malmené ce soir.

Il se reprend cependant très vite.

« Votre proposition est fort tentante, mon cher ami, mais je me vois contraint hélas de la refuser. Il se trouve que mon Hibou, est un animal particulièrement farouche. Il ne laisse jamais aucun étranger l'approcher, sans lui donner de furieux coups de becs. Vous comprenez donc, que je ne voudrais pas que vous soyez blessé. Par ailleurs, étant donné la conjoncture actuelle, mon fils n'ouvrira pas la fenêtre à un Hibou qu'il ne connaît pas, alors qu'il fait nuit, puisqu'il lui faudrait pour cela ôter une Protection. Il ne prendra pas ce risque, alors qu'un Mangemort pourrait être à l'affût et profiter de l'aubaine, pour pénétrer chez nous. Or, le mot que je lui envoie, exige d'être lu dès ce soir, car j'ai sottement omis de lui passer commande d'un ingrédient dont nous aurons besoin en classe demain matin et qui fera cruellement défaut, s'il ne me parvient pas avant le début des cours. » explique-t-il, avec aplomb.

Il est plutôt bon dans le mensonge improvisé. On y croirait, si nous ne savions pas qu'il lui faut absolument aller à la Volière dès ce soir.

Car Latton n'a pas de ronde à effectuer cette nuit. Il ne prendra donc pas le risque d'être surpris par Rusard ou l'un d'entre nous. Et tout le monde sait que le matin, c'est vers sept heure, sept-heure quinze, qu'il se rend à la Volière. Sauf lorsqu'il n'est pas de garde dès six heure au petit déjeuner, auquel cas il s'y rend à huit heure. Or, la boite aux lettres de la Volière, est visitée entre six heure et six heure trente le matin et entre vingt heure et vingt heure trente le soir, par les complices de Cooper.

Il doit donc impérativement effectuer la ronde du côté de la Volière dès maintenant, s'il veut que Cooper soit averti demain dès potron-minet, que nous sommes au courant des échanges clandestins, de messages codés et qu'il serait hautement prudent de changer de code, car nous cherchons à percer celui qui est actuellement employé.

« Ah. Je comprends oui. Et franchement je n'ai pas envie d'être agressé par votre Hibou. J'irai donc faire quant à moi, ma ronde du côté de l'Infirmerie. » répond Remus, sur un haussement d'épaule, en prenant la tasse de thé que Nally vient de lui servir.

« Eh bien, sur ce, bonne soirée tout le monde. » déclare alors Latton, avant de se diriger vers la sortie de la Salle des Professeurs.

Nous lui rendons son bonsoir et, avant qu'il soit sorti, j'engage la conversation vers un sujet futile, d'un ton haut et décontracté, tout en le guettant du coin de l'œil. Et à peine est-il sorti, je me précipite aussitôt vers les Passages Internes avec Remus et Charly.

Nous courrons vers la Volière, allant au plus vite, bien que nous ayons chargé Rusard de ralentir un peu Latton, afin d'être certains d'arriver bien avant lui. Et à notre arrivée, Charly va prendre position à l'extérieur, pour couper la retraite de Latton, s'il venait à s'échapper et à s'enfuir par ce chemin. Remus quant à lui, se Désillusionne et se poste dans la galerie interne, tandis que j'entre dans la Volière.

Latton sera fait comme un rat.

« Désolé Hedwige, mais je n'ai pas de courrier à te faire porter. » murmure-je, en caressant les plumes de la Chouette Harfang des neiges de mon fils, venue se poser sur mon épaule.

Hedwige hulule aussitôt, l'air de me demander ce que je viens faire ici, si ce n'est pas pour envoyer du courrier.

« Je suis ici en Mission ma jolie, pour prendre un Espion sur le fait. Je dois donc me Désillusionner et comme je sais que tu n'apprécies pas l'être, je ne te l'imposerai pas. Alors va te poser plus loin, avec les autres, où notre Espion pourrait avoir des soupçons, en te voyant perchée dans le vide. Et ça ferait capoter notre affaire. » murmure-je encore en direction de la Chouette, qui me regarde la tête penchée.

Un bref hululement et Hedwige s'envole. Elle hulule encore, cette fois en direction des Hiboux les plus proches. Et l'un d'entre eux s'envole à son tour, pour aller se percher plus haut, tandis qu'Hedwige prend sa place, se tenant très droite, regard rivé sur moi, en poussant un nouveau hululement bref.

J'ai le sentiment qu'elle me signifie que je peux compter sur elle, si j'ai besoin d'aide dans mon entreprise.

« Merci. Tu es une bien brave fille, Hedwige. J'en ferai part à Harry. Mais maintenant, faisons silence et comme si de rien n'était. Tout doit paraître parfaitement normal et tranquille, car notre Espion ne devrait pas tarder. » murmure-je, avant de me Désillusionner.

Et aussitôt, Hedwige se ramasse un peu sur elle-même et ferme les yeux. Elle semble dormir, mais je la sais l'ouïe aux aguets et prête à intervenir. Et je me dis que c'est Latton, qui risque de se prendre de fameux coups de becs, s'il cherche à m'attaquer ou à s'échapper.

Mais je ne m'attarde pas plus sur cette pensée, car des pas feutrés se hâtent dans ma direction. Et soudainement, je me prends à espérer que son Hibou ne soit pas ici, en ce moment même. Ou du moins, qu'il n'est pas aussi intelligent qu'Hedwige. Car il ne faudrait pas qu'il alerte son maître à son arrivée.

Zut ! J'aurais dû m'assurer que son Hibou est bien un animal nocturne et qu'il est parti en chasse dès la tombée de la nuit, contrairement à Hedwige qui est une Chouette diurne. Au moins, je serais assuré de n'avoir pas de mauvaise surprise.

C'est trop tard, maintenant. Il faudra que je fasse avec, si le Hibou de Latton est présent. Et si cela est, eh bien, comptons sur Hedwige, qui ne le laissera pas s'attaquer à moi. J'ai confiance en elle pour ça. Et sur son autorité sur les autres Hiboux et Chouettes. Oui. Elle est comme Harry. Charismatique et dégageant une autorité naturelle, qui force le respect. Le Hibou de Latton ne sera pas à la fête, s'il tente de s'en prendre à moi. Et le Maitre des Potions Espion non plus.

Voilà Latton. Il se précipite vers l'une des meurtrières de la Volière, en sortant du Parchemin, une plume et de l'encre de sa poche. Et il entreprend d'écrire rapidement un message, à la lueur de la Lune, en prenant appui sur la margelle de la meurtrière. Puis il scelle son Parchemin, range plume et encre dans sa poche et, après s'être assuré que personne ne vient depuis la galerie ou l'escalier, il se dirige vers la boite aux lettres clandestine, murmurant le mot de passe pour desceller totalement la pierre qui la masque.

Le même mot de passe que sur toutes les autres boîtes aux lettres. Mais cela, nous le savions déjà.

Et je choisis le moment où il avance la main pour déposer le message au fond de la boite aux lettres clandestine, pour abattre lourdement la mienne sur son épaule.

« Pris la main dans le sac ! Ou plutôt dans la boite aux lettres clandestine, devrais-je dire, n'est-ce pas, cher ami ? » déclare-je dans le même temps, d'un ton satisfait et moqueur.

Naturellement Latton fait volteface dans un sursaut et je fais tomber mon Sortilège de Désillusion, sur mon sourire carnassier numéro un. Son visage stupéfait, se tord aussitôt de haine et il effectue un mouvement très vif pour se dégager de ma prise, me repoussant brusquement du bras gauche, tout en sortant sa Baguette de sa poche avec sa main droite. Mais il n'a pas le temps de la sortir tout à fait, car Hedwige a fondu sur lui et, tandis que j'arrache le parchemin compromettant de sa main gauche, il se prend un formidable coup de bec sur le poignet droit, qui lui fait lâcher prise dans un cri aussi douloureux que surpris.

Et bien sûr, ma Baguette durement pointée sur la chair tendre située sous son menton, le dissuade de toute nouvelle tentative de rébellion. Ce que comprend Hedwige, qui vient se poser sur mon épaule, avec un hululement tout à fait triomphant.

« Oui, Hedwige. Nous avons effectué un formidable travail d'équipe, je suis bien d'accord. Viens me voir demain matin au petit déjeuner, je te promets quelques jolis morceaux de bacon, pour fêter notre victorieuse collaboration. Va maintenant, tu mérites une soirée et une nuit tranquille. Je me charge de ce vilain Espion à la solde de Voldemort, avec Remus et Charly. » déclare-je, avec un sourire dans la voix, sous le regard haineux de Latton qui ne pipe pas mot, tandis que mes coéquipiers font leur entrée à leur tour dans la Volière.

Hedwige hulule afin de signifier son accord et s'envole pour rejoindre son perchoir. Je gage que cette fois-ci, lorsqu'elle fermera les yeux, ce ne sera plus pour donner le change, mais se reposer réellement.

« Depuis quand, savez-vous ? » ose demander Latton, lorsque j'éloigne un peu ma Baguette de son cou.

« Depuis toujours. Tu as été engagé uniquement, car nous nous sommes arrangés afin que tu puisses l'être, dans le but de nous servir de toi pour abuser Voldemort. Ainsi, par exemple, l'ouvrage que tu as volé pour lui dans le Bureau de Nally est un faux et la Potion dont tu lui as livré la recette, n'aura pas du tout les effets escomptés, bien au contraire. Ceci dit, ne te berce pas d'illusions, ce que je viens de te révéler, tu ne pourras pas le transmettre à ton Maître, s'il vient visiter tes vilaines pensées, quand tu seras en prison. Car nous allons l'effacer de ta mémoire. » réponds-je, d'un ton dur, poursuivant, en voyant la lueur brève de stupeur mêlée de peur traverser ses yeux : « Oui, nous savons comment vous faites tous les deux, pour échanger vos informations. Vois-tu, notre réseau d'espionnage est bien mieux organisé que le sien. Il est seulement dommage que cette boite aux lettres, dont tu uses pour communiquer avec son autre Espion ici, n'ait pas été découverte avant l'évasion de Bletchley. Mais maintenant nous savons. Et nous avons connaissance des autres aussi. Nous savons également qui mène la danse chez les élèves et lui aussi, sera arrêté quand cela nous arrangera de le faire. »

Le regard de Latton vacille. Il se demande comment il peut nous échapper, alerter son Maître, retourner la situation à son avantage.

« N'espère pas, tu ne nous échapperas pas. Et maintenant, tu vas faire exactement ce que l'on te dit, sinon il t'en cuira. » ajoute-je donc, avec une ferme résolution.

Latton sursaute à ces mots. Il me regarde fixement, en pleine interrogation. Puis il ricane, d'un rire un peu jaune.

« C'est du bluff ! Vous ne me ferez rien ! Tout le monde sait que vous ne vous autorisez pas la torture ! Dumbledore vous l'interdit ! » s'exclame-t-il, avec un mépris palpable.

« Oh ! Remus et Charly seront peut-être hésitants, tu as raison, Latton. Mais moi, je suis d'une autre trempe. » réponds-je, laissant tomber mon accent français et revêtant mon ancien masque tout en relevant ma manche gauche, pour lui fourrer la Marque des Ténèbres sous le nez.

« Snape ! Vous n'êtes donc pas mort ! » s'exclame alors Latton, le regard traversé d'une lueur de stupéfaction soudainement affolée.

Il connaît ma réputation d'ancien Mangemort impitoyable, bien sûr.

« Oui, Snape. Le vrai, pur et dur Snape, bel et bien vivant. Qui n'hésitera pas à te tuer s'il estime devoir le faire et qui n'a pas besoin d'user de Doloris, ni de Maléfices de Magie Noire, pour faire horriblement souffrir une victime. Il me suffit de t'administrer cette Potion de ma composition, pour te faire regretter d'être en vie. Et crois-moi, tu n'auras qu'un désir après avoir subi cette torture : m'obéir et lécher la semelle de mes bottes si tel est mon désir, pour échapper à l'Enfer ! » réponds-je, de mon ton le plus inflexible et glacial, regard noir et sourire cruel aux lèvres, tandis que je brandis une petite fiole de Potion sous le nez de Latton.

En réalité, un mélange inoffensif de tout ce qui m'est tombé sous la main, d'un aspect visqueux et d'une vilaine couleur brune. Rien qui ressemble à une Potion que Latton aurait pu reconnaître.

« Vous ne le laisseriez pas faire ! » s'exclame-t-il donc, son regard affolé courant de Remus à Charly et vice versa.

Ceux-ci échangent rapidement un regard, avant de se fixer sur Latton.

« Nous ignorons en quoi consiste cette Potion. En conséquence, il nous sera aisé d'arguer que nous pensions qu'il s'agissait de garantir que vous vous tiendriez tranquille sur le chemin du bureau du professeur Dumbledore. » déclare Charly, avec juste assez de fermeté et d'hésitation à la fois dans le ton, pour laisser penser qu'il s'agit là d'un dilemme pour lui, mais qu'il est décidé à passer outre.

« Oui. Car voyez-vous, Latton, nous en avons assez, de voir des innocents mourir, tandis que leurs bourreaux s'amusent. Assez, que nos ennemis se relèvent peu après que nous les ayons neutralisés, quand les nôtres tombent définitivement. Assez que les prisonniers que nous capturons durant les Attaques, s'échappent inlassablement de leurs geôles. Nous avons donc décidé qu'il était temps de mettre nos scrupules de côté et de nous battre à armes égales avec nos ennemis. » ajoute Remus, avec une pointe de tremblement dans la voix.

Latton nous regarde alternativement. Il a peur maintenant, même s'il persiste encore des doutes dans son esprit.

« Pourquoi toute cette mise en scène pour me surprendre en flagrant délit, si vous saviez déjà ? » demande-t-il malgré tout dans un souffle.

« D'une part parce que nous avions envie de nous amuser un peu à tes dépens. Et d'autre part, parce que nous avions besoin de t'amener ici précisément ce soir, à seule fin que tu fasses exactement ce que nous allons t'ordonner de faire, de ton plein gré, si tu veux pouvoir espérer avoir la vie sauve. » réponds-je, avec une dureté glacée.

Latton nous regarde encore une fois alternativement. Mais aucun d'entre nous, ne laisse entrevoir la moindre hésitation quant à nos intentions. Et il cède, d'un hochement de tête.

Je lui donne donc les instructions qu'il devra suivre à la lettre et il obéit.

Il prend le Parchemin que je lui donne, attend que nous nous Désillusionnions Remus, Charly et moi-même, et refait son entrée dans la Volière, se dirigeant vers un Hibou quelconque. Et au moment où il va attacher la lettre à la patte de l'animal, je surgis de nouveau de nulle part derrière lui.

« Je suis curieux de prendre connaissance de ce que vous étiez si empressé d'envoyer à votre fils, Latton. » murmure-je, sous ma véritable apparence et avec mon accent français, tandis qu'il se retourne vers moi.

Latton est pâle. Il a compris que nous jouons une comédie différente cette fois, destinée à son Maître, au cas improbable mais non exclus, où celui-ci vienne vérifier dans ses pensées, comment il a été découvert.

Oui, je sais, nous avons un peu compliqué notre affaire à l'excès. Mais avant de lui effacer certains faits de la mémoire, nous voulions qu'il sache qu'il ne nous avait jamais leurrés et que nous nous étions joués de lui, servis de lui, pour tromper son cher Maitre. Peu importe qu'il ne s'en souvienne plus par la suite.

Remus et Charly, qui ont également surgit à mes côtés, le menacent de leur Baguette, tandis que je lui prends le Parchemin des mains. Je casse le sceau, le déroule et affiche un air de mépris, en dévoilant pour mes compagnons, un second Parchemin scellé, destiné à Voldemort.

« J'avais raison, Latton est un bien Espion à la solde de Voldemort. » déclare-je, en direction de Remus et Charly qui hochent la tête, en dardant Latton d'un regard noir, avant d'ajouter, en fixant l'Espion droit dans les yeux : « Dès que Rusard nous a révélé votre manège, la nuit où le précieux Volumen de Nally a été volé, j'ai nourri des soupçons à votre égard. Ce soir-là, vous avez posé trop de questions, jeté trop de coups d'œil imprudents vers les quartiers de ma fiancée, Latton. Cela a éveillé la méfiance de notre cher concierge et la mienne. Et tout à l'heure, lorsque vous avez été aussi curieux et insistant, concernant notre réseau de surveillance et d'espionnage, j'ai eu la conviction que vous nous trahissiez. Et ce d'autant lorsque vous avez insisté pour venir faire votre ronde du côté de la Volière, qui se trouve si loin de vos quartiers. Et en voilà la preuve. Cependant vous ne pourrez jamais révéler ce que vous avez appris, Latton. Tout ce dont nous avons parlé durant la réunion de ce soir, le nom de notre Espion dans les rangs proches de Voldemort, vous allez l'oublier. Mais auparavant, je vais vous conduire chez Albus, vous avouerez votre forfaiture et demain la Gazette annoncera votre arrestation et celle de votre fils. Et après cela, vous n'aurez plus qu'à espérer que votre Maître ne vous fasse pas évader, dans le seul but d'avoir le plaisir de vous punir pour avoir échoué dans votre Mission et vos devoirs envers lui. »

« Non ! Je ne vous laisserai pas me piéger comme ça ! Non ! » souffle Latton, les yeux agrandis de peur.

Il a compris l'implication de tout ce que je viens de dire. Si son Maître vient à apprendre qu'il connaissait le nom d'un Espion parmi ses proches, il sera tué sans sommation.

« Trop tard Latton. Vous avez été pris sur le fait à nous trahir. J'en tiens la preuve dans ma main ! » réponds-je, avec dureté, brandissant le Parchemin devant son visage, en prenant bien soin de diriger le nom du destinataire sous ses yeux, tracé de son écriture soigneusement contrefaite, avant d'ajouter : « Et puis, le Veritaserum vous fera parler ! Tout ce que vous avez fait pour lui, toutes les informations que vous lui avez transmises, vous allez nous le révéler dans le moindre détail. »

« Vous nous parlerez aussi de votre rôle dans l'évasion de Bletchley, qui a bien failli coûter la vie d'Aurora. » renchérit Remus, avec sécheresse.

« Ouais, Sans compter que vous avez probablement couvert Brutus Brandburgy. Vous saviez ce qu'il allait faire, n'est-ce pas ! Vous saviez, qu'il allait partir pour rejoindre Voldemort et qu'avant de le faire, il allait Attaquer les élèves de sa classe ! Vous êtes aussi coupable que lui de la mort de Cho Chang et de Shon McGowen ! Et je n'oublie pas que ma sœur et d'autres jeunes gens que j'apprécie, ont bien failli y laisser la vie aussi ! Sans oublier Hagrid pour lequel j'ai beaucoup d'amitié ! » surenchérit Charly, l'œil noir de colère, la main maintenant agrippée au col de Latton.

« Je ne savais pas qu'il y aurait des morts ! Non je ne savais pas ! » se défend cette fois Latton.

« Eh bien, c'est ce que nous allons voir. Allez zou, on l'emmène chez Albus, ce sale pourri d'Espion ! » s'exclame Charly, forçant Latton à avancer.

La suite se passe sans surprise. Latton ploie sous le regard d'Albus et s'il n'avoue pas tout spontanément, le Veritaserum lui délie la langue. Il répond à nos questions avec docilité. Mais nous prenons soin bien sûr, de ne pas effleurer tout ce qui touche à Cooper, que nous voulons encore préserver pour l'heure.

Et naturellement nous effaçons de sa mémoire ce qui concerne les messages codés et sa première arrestation.

Ainsi, si Voldemort vient visiter son esprit, il ne verra que ce qui nous arrange.

Et tant pis pour ce qui arrivera à Latton après cela.

Car Charly avait raison. Latton savait, que Brutus Brandburgy allait Attaquer les élèves de sa classe. Certes, ce n'est pas lui qui a informé Brutus que le jour J était arrivé, mais il lui a transmis les ordres d'Attaque de Voldemort, reçus quelques jours plus tôt. Il a par ailleurs déclaré ignorer que cette Attaque serait aussi barbare, sanglante et meurtrière, mais il n'en a conçu aucun regret.

Il a au contraire avoué que cela l'avait réjoui.

Par ailleurs, il n'a pas été qu'un sous-fifre de Voldemort. Ses malversations ont été très nombreuses. Elles impliquaient des membres de sa famille, qui en ont fait les frais au prix fort. Il a entre autre, tué son jeune frère autrefois, afin d'être assuré plus tard, d'hériter seul de la boutique de leur père. Puis, à peine majeur, il a provoqué un accident qui a tué ses parents. Et quelques années plus tard, il a empoisonné son épouse, pour avoir la main mise sur sa petite fortune personnelle et ainsi régler des dettes de jeux.

Alors oui. Tant pis pour ce qui lui arrivera, si Voldemort décide de le punir.

OoOoOoO

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