Disclaimer : cf chapitre 1

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Gros bisous à Mistycal, ma super géniale Beta !

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Réponse sur mon forum, aux commentaires de : - Guest -

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Les Vilains Secrets de Cooper 1 / 4

Nuit du Mardi 18 au Mercredi 19 Mars 1997

Acte 1 : Du Lourd

Blaise

L'horloge du QG sonne 0H15 et je baille à me décrocher les mâchoires. J'espère que nous allons pouvoir bientôt passer à l'action, car j'en ai assez de rester le cul vissé sur ma chaise.

C'est presque bon du côté des Salles Communes et Dortoirs, dont des fenêtres donnent sur la Tourelle Nord. Lorsque le dernier couche-tard se décidera enfin à aller se pieuter, il ne restera que nos gars et filles, à faire le guet au cas où un Pro-Voldemort encore dissimulé dans les Maisons Poufsouffle et Serdaigle, se réveillerait et aurait la mauvaise idée de jeter un coup d'œil par la fenêtre, le premier depuis sa Salle Commune, le second depuis sa piaule.

Bref, nous n'attendons plus qu'une chose : c'est que Cooper en personne aille se coucher. En ce moment il est dans la Salle Commune des Poufsouffle. Il est tout seul et d'après Hugh qui le surveille de près, dissimulé sous Sortilège de Désillusion, il rumine ses pensées devant la Cheminée.

« Les Aurors emmènent Latton. » annonce Ginny, qui est de garde ici cette nuit, en affichant un grand sourire.

Je comprends sans peine ce sourire satisfait. Moi aussi, je suis heureux de savoir qu'il s'en va d'ici, celui-là. Ça nous fait un ennemi en moins à surveiller. Et avec Horace Slughorn, qui le remplacera dès demain matin, les cours seront très certainement un peu plus intéressants. D'après Severus, Nally et Remus, il est talentueux et ce serait également un curieux personnage, très attiré par les célébrités et les élèves brillants.

Or, nous n'avons plus de raison, maintenant, de ne plus aller en cours de Potion et je me demande donc comment il va se comporter envers Draco, Théo et toutes celles et ceux dont la photographie ou même simplement le nom, a été publié dans les journaux.

Quelques minutes passent encore. Elles me paraissent très longues. Même la partie d'Echec de Draco et Théo, pourtant engagée de manière très intéressante, n'arrive pas à me faire oublier le temps qui s'égrène. Nev quant à lui est passionné par son bouquin et n'en a même pas relevé le nez, quand Ginny a annoncé le départ de Latton.

Même Messire Salazar, est exceptionnellement silencieux ce soir.

« C'est bon ! Cooper se dirige vers son dortoir ! Vous allez pouvoir y aller ! » s'exclame soudainement Ginny.

« Il était temps ! » réponds-je, en me levant d'un bond, de concert avec Théo et Draco.

« Je vous attends sur place ! » déclare quant à lui Messire Salazar, en disparaissant illico presto sans un bruit.

« Et moi j'attends votre retour avec impatience. » intervient alors Nev, avec un sourire, en refermant son bouquin avec lenteur, dans un geste empli de regret d'avoir à mettre fin à sa passionnante lecture.

« Tu ferais aussi bien de venir avec nous. » fais-je remarquer, alors que Draco ouvre déjà la porte du QG.

Pour une fois que nous pouvons circuler par la voie normale pour aller régler nos affaires, nous n'allons pas nous en priver.

« Non. C'est une affaire de Serpentards. Alors à vous l'honneur. » décline Nev, en tendant la main vers la théière qui trône sur la table de réunion.

« De Serpentard et d'Elfes de maison… » rectifie-je, sur un sourire.

Et je sors à la suite de Draco et Théo, enfourchant mon Balai tout comme ils le font, dès que nous sommes dans le couloir. Puis nous filons très vite, passant pour sortir du Château, par la petite porte que Monsieur Rusard tient ouverte pour nous, en le remerciant d'un signe de tête et lorsque nous sommes arrivés à destination quelques secondes plus tard, Draco appelle Roi Dobby.

« Bonsoir Maître Draco. Dobby vous présente Bedrok, l'Elfe maçon qui va ouvrir le passage pour vous. » présente Roi Dobby, un sourire heureux sur son visage et les oreilles doucement agités, tandis que son compagnon Elfe a l'air très intimidé.

« Bedrok vous salue, Maîtres amis de Roi Dobby ! Bedrok est très heureux de rendre service aux amis de son Roi ! » dit-il, en s'inclinant profondément devant nous, à toucher presque terre avec son nez.

« Et nous sommes heureux de faire ta connaissance, Bedrok. » répond Draco, en inclinant légèrement la tête dans un salut respectueux, tout comme Théo et moi-même.

Et l'Elfe sourit de toutes ses dents, sautillant sur place, les oreilles vivement agitées.

« Roi Dobby avait raison ! Ses amis Sorciers sont de gentils Maîtres, exceptionnellement bons ! Aucun Sorcier n'avait jamais ainsi salué Bedrok auparavant ! » s'exclame-t-il, l'air émerveillé.

« Ça ne m'étonne pas. Et je parie qu'aucun Sorcier ne t'a jamais proposé non plus, de voler avec lui sur son Balai. Mais ça va changer tout ça. Les Elfes seront bientôt respectés comme il se doit, par le plus grand nombre… » répond Théo, qui allonge le bras pour gratifier la tête de Bedrok d'une caresse.

L'Elfe en défaille presque de plaisir. Et c'est avec excitation, qu'il répond à l'invitation de Théo, de monter devant lui, tandis que Dobby prend place sur le Balai de Draco. Et nous nous élevons de concert vers la Tourelle, à la grande joie de Bedrok, dont c'est le baptême de l'air et qui la manifeste bruyamment.

Dobby, quant à lui, a déjà volé à plusieurs reprises avec Harry, mais aussi l'un ou l'autre d'entre nous, durant les séjours au Paradis. Il est donc nettement moins démonstratif, même s'il est infiniment heureux de voler avec Draco et de nous rendre service cette nuit.

Bedrok demande timidement à Théo de s'approcher au plus près de la partie basse de la Tourelle, dont il scrute ensuite chaque pierre et jointure avec soin, à la lumière de nos Baguettes qui éclairent les environs immédiats comme en plein jour.

« Celles-ci, c'est celles-ci, que Bedrok va ôter ! Et quand le moment viendra, il les remettra en place et personne ne saura jamais qu'elles ont été enlevées ! » s'exclame l'Elfe maçon, en tapotant sur la portion de pierres concernée du bout du doigt, avant de demander à Théo de s'éloigner d'un mètre de la Tourelle.

Il pointe ensuite son index et un Sortilège d'un beau bleu électrique fuse, faisant sauter le ciment autour des pierres tantôt désignées. Le petit Elfe prend son temps pour travailler, le geste sûr et soigneux, tandis que je retiens mon souffle, en espérant que cette manœuvre ne va pas faire s'effondrer toute la Tourelle.

Mais je me suis inquiété pour rien. Bedrok savait ce qu'il faisait. Lorsque les pierres sont descellées, la Tourelle reste bien en place et Messire Salazar qui nous attendait à l'intérieur, se penche vers nous pour effectuer un salut de la main dans notre direction.

« La forte lumière de vos Baguettes, m'a déjà permis d'inspecter les lieux ! Il n'y a point de mauvaise surprise qui vous attende ici ! Et nous avons bien décidé, en ne Transplanant point directement ici ! Vous auriez été tous sérieusement blessés ! Car le plafond est si bas, que je crains fort que vous n'ayez à courber considérablement le dos ! Ces lieux devaient être une remise à bagage, et accessoirement un logement pour les Elfes de maison, appartenant aux nobles invités à séjourner dans cette Tourelle ! » dit-il, en s'écartant pour nous laisser passer.

« Je ne mets pas votre parole en doute, Messire Salazar, mais permettez que je jette tout de même quelques Sortilèges de Détections. Cooper est si fourbe, qu'il peut avoir posé un Maléfice dans un coin inaccessible à la Lumière et qui aura donc échappé à votre œil pourtant bien exercé. » déclare Draco, décidé à faire preuve d'une extrême prudence.

Ce avec quoi je suis en plein accord. Cooper a prouvé sa perfidie à maintes reprises. Et qui sait si Voldemort ne lui a pas enseigné quelques Maléfices d'origine étrangère, que Messire Salazar ne pourrait pas détecter.

« Faites, je vous en prie, mon cher ami ! Vous avez parfaitement raison, on n'est jamais trop prudent quand on a affaire à ce genre d'individu dangereux et cruel par nature ! » s'exclame Messire Salazar, qui décide de ce fait de sortir, afin de laisser le champ libre à mon pote.

« La place est-elle suffisante, pour que Dobby et Bedrok nous accompagnent ? » lui demande-je, tandis que Draco jette une série de Sortilèges.

« Etant donné la configuration des lieux, nous serons un peu à l'étroit, mais oui, ils pourront nous accompagner. » répond Messire Salazar, tout en examinant les résultats des Sortilèges de Draco d'un œil attentif.

Avec une satisfaction évidente, car ils confirment ses allégations précédentes.

« C'est bon, il n'y a aucun Maléfice, si ce n'est celui posé sur la trappe donnant accès à l'étage au-dessus. » déclare Draco, lorsqu'il en a terminé de vérifier la sécurité.

Puis il invite Théo à entrer le premier. Ce n'est que justice, puisque c'est lui qui a découvert la planque de Cooper.

« Il n'y a pas un grain de poussière ici. Tant mieux. Ainsi, nous sommes sûrs de ne laisser aucune trace dedans. Mais mieux vaut tout de même, toucher au moins de choses possibles, car tout dénote d'un esprit tatillon et je me demande si Cooper ne serait pas capable de repérer un écart aussi minime soit-il, dans la disposition de ce qui se trouve ici, entre le moment où il a quitté les lieux et celui où il y revient. » déclare Théo, après avoir jeté un coup d'œil à la ronde.

Puis il s'avance dans la place, pose pied à terre et invite Bedrok à descendre. L'Elfe maçon ne se le fait pas dire deux fois et il s'écarte vivement du passage, disparaissant de ma vue. Mais lorsque mon tour vient de pénétrer dans la planque de Cooper, je le vois plaqué contre le mur, juste à côté de l'ouverture qu'il a pratiquée pour nous et il semble décidé à rester là.

Roi Dobby est plus hardi. Il trottine à côté de Draco, qui est un peu penché en avant. Car Messire Salazar n'avait pas exagéré : le plafond est très bas. Je suis donc courbé en deux, ce qui ne rend pas ma progression aisée. D'autant que l'atmosphère ici est vachement confinée. Etouffante même, malgré le froid qui a régné en maître durant tout l'hiver dernier. Mais il est vrai qu'il n'y a aucune fenêtre, pas même une petite meurtrière. Et j'imagine que Cooper ne doit pas laisser la trappe ouverte lorsqu'il descend ici, au cas où quelqu'un entrerait dans la chambre du dessus.

Ouais. C'est ce qu'il fait assurément et l'air n'est jamais renouvelé ici.

L'endroit est sommairement aménagé. C'est un ascète, Cooper. Il ne s'embarrasse guère de choses inutiles. Des étagères courent sur une partie du mur arrondi. Elles sont bourrées de livres, pour la plus grande part de Magie Noire, à ce que je peux constater en lisant quelques titres au hasard. L'assise d'un petit banc est occupée par quelques fioles de Potion, un couteau, une spatule et une boite à ingrédients. Sous le banc, sont rangés un réchaud portable et un chaudron.

Ce nécessaire à Potion ne doit pas trop servir ici. En tout cas, pas pour concocter des Potions complexes, si j'en juge les quelques ingrédients disponibles dans la boite, dans laquelle je jette un rapide coup d'œil lorsque Draco en soulève le couvercle.

Pour le reste, il n'y a qu'une chauffeuse et un bureau. Ce dernier est disposé dans un coin et il y a dessus une plume, un flacon d'encre et un très épais livre, sans titre.

« Je crois que c'est le journal de Cooper. Mais si c'est bien cela, alors c'est curieux qu'il ne l'ait pas mieux protégé. » déclare Théo, en fixant le livre du regard, sourcils froncés, avant de lever les yeux vers la trappe à laquelle on peut accéder en montant une courte échelle et d'ajouter : « Mmmm… Peut-être a-t-il estimé que cette saloperie vacharde est suffisante pour le faire. Mais je me demande quand même s'il n'y aurait pas le même genre de cochonnerie sous ce livre. »

« Dessous ? Oui, possible. Et si c'est le cas, mes Sortilèges de Détection n'auront pas marché tout à l'heure, parce que j'étais trop loin. Laisse-moi voir ça. » répond Draco, en écartant un peu Théo du bras, pour mieux s'approcher lui-même.

Il commence par examiner soigneusement l'ouvrage, plissant les yeux, comme pour tâcher de repérer même le plus minuscule débordement de l'Aura que produirait un Maléfice, puis il jette une série de Sortilèges.

« Bien vu Théo. Il suffit de soulever ce bouquin d'un poil, pour que la saloperie vacharde te saute à la figure. Mais à malin, malin et demi. Nous allons solidement fixer la couverture inférieure au bureau, pour être certain qu'il ne glisse même pas d'un cheveu quand nous allons l'ouvrir et lorsque ce sera fait, nous pourrons vérifier s'il s'agit bien du journal de Cooper. Et si cela est, nous le dupliquerons pour le lire tout à notre aise dans notre QG. » commente Draco, lorsque son inspection est terminée.

Théo fixe aussi sec la couverture du bouquin au plateau du bureau, puis il l'ouvre sur la première page.

« Bingo, c'est bien le journal de Cooper. » dit-il, avec un sourire satisfait, tandis que Draco se tourne vers Dobby pour lui demander de nous fournir ce qu'il faut pour dupliquer ce très épais journal.

Et dans un claquement de doigts, Dobby fait apparaître un beau paquet de Parchemins, des plumes et de l'encre en pagaille. Théo se charge de la duplication du journal, tandis que j'inspecte les tiroirs, après avoir bien sûr vérifié qu'ils ne sont pas piégés.

Un paquet de biscuits à peine entamé, une petite théière, une tasse et un paquet de thé, c'est tout ce que je trouve dans le premier. Dans le second et le troisième, il y a des liasses et des liasses de Parchemins noircies de l'écriture de Cooper. Des notes sur ses lectures bien sûr. Je recommande donc à Théo de les dupliquer lorsqu'il en aura fini avec le journal de Cooper. Dans le quatrième et dernier tiroir, il y a une Pensine et rien d'autre. Je le referme donc puis je me dirige vers les étagères, pour lire plus attentivement les titres des bouquins, tandis que Draco examine les Potions, sans toucher le moins du monde aux fioles qui les contiennent…

Il n'a pas besoin de le faire, car les étiquettes des fioles alignées au millième de millimètre près, sont toutes parfaitement bien visibles et lisibles…

« Des poisons. Hormis pour une fiole, rien que des poisons. Plus que violents concernant certains. Je ne sais pas si c'est lui qui a concocté tout ça, mais il y a là de quoi tuer la totalité de la population de Poudlard. En revanche, je ne sais pas ce qu'est cette Potion-là. Pa saura peut-être. Je vais relever le nom. » déclare Draco, après quelques secondes d'examen.

« Ouais. Moi non plus je ne sais pas où il s'est procuré ces bouquins, mais ça me semble être du costaud dans le genre Magie Noire. » grimace-je, également, en poursuivant mon examen du dos de la couverture de la bonne soixantaine d'ouvrages disponibles

« Note les titres, nous en soumettrons la liste à Pa, Nally et le professeur Dumbledore tout à l'heure. Cela nous donnera au moins une idée de l'état de ses connaissances et de ce dont il est capable. » décide illico Draco, tandis que j'acquiesce du Chef

« Je pense que nous pouvons d'ores et déjà affirmer qu'il est capable de tout. Car même s'il n'a lu que la moitié de ces bouquins, m'est avis que ce n'est pas seulement depuis cette année qu'il vient se planquer ici pour les étudier. Il doit donc en connaître un sacré rayon en Magie Noire, le saligaud. » réponds-je, en sortant un Parchemin, une plume et de l'encre de ma poche.

« Je vous approuve sans restriction, Blaise. La plupart des titres sont très évocateurs et font froid dans le dos. Cela seul suffit à me convaincre que le jeune Cooper est assurément d'ores et déjà, un ennemi infiniment redoutable. » m'appuie Messire Salazar, dont la mine est sombre, avant de me proposer de m'aider à relever les titres des bouquins.

Je m'assois au sol, m'installant au mieux pour prendre note et il me dicte les titres, ainsi que les noms d'auteurs et de maison d'édition, lorsqu'il y en a.

Draco quant à lui, retourne bientôt auprès de Théo. Il inspecte encore une fois le contenu des tiroirs du bureau, cherchant un double fond, puis se met à quatre pattes, pour scruter le sol, afin de vérifier s'il n'y a pas une seconde planque dans la planque. Dobby décide aussi sec de l'aider dans son entreprise et Bedrok en fait autant, dans les environs immédiats d'où il se trouve.

« Dobby voit une latte de plancher disjointe, mon ami Maitre Draco ! Là, au fond, derrière le bureau ! Il n'y a pas de Magie ! Dobby le sent ! » s'exclame soudainement Dobby, vers lequel je dirige illico mon regard.

« Ok, mais ne touche à rien quand même ! Je vais vérifier ! On ne sait jamais avec ce salopard de petit vicieux pervers ! » s'exclame aussi sec mon pote.

Je ne vois que l'arrière train de Dobby, car il s'est glissé entre le bureau et le mur. Et à en juger à la manière dont il se tortille pour s'extirper de là et laisser place à mon pote, l'espace est plutôt étroit. D'ailleurs, pour voir lui-même derrière le bureau, Draco se met de côté, pour avancer la tête au plus loin qu'il peut. Puis il jette une série de Sortilège de Détection.

« Pas de Maléfice cette fois. Ce n'est peut-être pas une cachette secrète, mais je vais soulever la planche disjointe, par acquis de conscience. » dit-il ensuite, le son de sa voix étouffé.

« Mon ami Maitre Draco devrait laisser Dobby le faire. Dobby verra mieux s'il y a quelque chose ou non, caché sous la planche. » propose alors le Roi des Elfes, d'un ton assuré.

Draco reconnaît sans peine qu'il a raison et dégage la place aussi sec, pour le laisser faire. Et bientôt, nous entendons Dobby ôter la latte disjointe du parquet.

« Il y a une boite en carton ! Et Dobby ne sent pas de Magie. Dobby peut la retirer de sa cachette sans danger et il la remettra comme elle était après ! » s'exclame sa voix étouffée, quelques courtes secondes plus tard.

« Ok. Dans ce cas, ramène cette boite en douceur vers la lumière. Mais prends bien garde à ce que rien ne bouge à l'intérieur, Dobby. » répond Draco, un peu tendu.

Je me dépêche quant à moi de noter le titre que Messire Salazar vient de me dicter et sur un signe de tête vers lui, je laisse mon Parchemin sur le sol puis ma plume dans mon encrier, pour rejoindre Draco, au moment même où Dobby pose la boite en carton devant lui.

Théo, curieux de savoir aussi ce qu'il y a dedans, fait cesser son Sortilège de Duplication et prend place à côté de moi, alors que Draco soulève le couvercle de la boite, avec précaution…

« Qu'est-ce qu'il fout avec une photo de Ginny, ce salopard ! » s'exclame Théo, aussi sec la boite ouverte, d'un ton furieux.

« Du calme, Théo. On savait bien qu'il en pinçait pour elle. Et il y aura probablement une photo de Luna aussi, dans le tas qu'il y a sous celle de Ginny. » répond Draco, en posant une main apaisante sur l'épaule de son frangin.

« Oui, mais quand même ! Quel salaud ! Je suis sûr que ce pervers fait des cochonneries en regardant la photo de ma Ginny ! Et si je le croise, ça ira mal pour lui je te le garantis ! » réplique Théo, son poing droit se serrant à faire blanchir ses jointures, autour de sa Baguette.

« C'est avec Shaw qu'il fait des cochonneries. Et retiens-toi de casser la gueule de Cooper, Théo. Ne le regarde même pas de travers. Ce n'est pas le moment de faire des conneries de ce genre. Et en tout état de cause, souviens-toi que ce salaud va avoir sa part, dans la partie que nous jouons en ce moment contre Voldemort. » l'apaise encore Draco.

« Ouais, d'accord, d'accord. Je vais me retenir autant qu'il faut. Mais je ne le louperai pas quand le moment viendra. » maugrée Théo, accordant un bref regard rassurant à Draco, avant de laisser revenir ses yeux sur le contenu de la boite.

J'en fais autant. Il y a un sacré paquet de photos, dans la boite qui devait autrefois contenir des chaussures. Ainsi qu'un petit recueil de Parchemins roses, comme j'en déjà vu dans la boutique de Scribenpenne : un journal de petite fille. Et celui-là a l'air ancien.

J'échange un coup d'œil avec Draco. A qui peut bien appartenir ce vieux journal de gamine ? Que fout Cooper avec ça ? Pourquoi avoir planqué cette boite sous une latte du parquet, dans un coin reculé, quasi inaccessible ?

« Il faut examiner tout ça de près aussi. Et ce serait peut-être bien, si on pouvait avoir un double des photos. Qui sait, ça pourrait nous révéler des choses sur Cooper. » souffle-je, sous le hochement de tête approbateur de Draco

« Dobby, pourrais-tu aller chercher Colin. Qu'il prenne son appareil pour photographier les clichés contenus dans cette boite. » demande ce dernier, n'attendant pas la réponse de Roi Dobby pour poursuivre, en désignant le paquet de photos : « On regardera ça tout à l'heure. Je me charge de dupliquer le journal, pendant que tu finis de t'occuper de l'autre, Théo. »

Théo pince les lèvres, mais il acquiesce et repart vers sa tâche.

« Il n'y a pas assez de place pour une personne supplémentaire ici. Mais Colin n'arrivera pas avant quelques minutes, puisqu'il n'est pas en veille dans les dortoirs. Alors il doit pioncer et va devoir s'habiller. Je vais donc me dépêcher de finir de relever les titres des bouquins de Magie Noire, avec Messire Salazar. Bedrok nous donnera un coup de main aussi. Comme ça, je laisserai la place à Colin quand il arrivera… » déclare-je, en m'éloignant déjà.

Bedrok, qui m'a entendu, vient prendre place à mes côtés. Je lui file une plume et un morceau de Parchemin, puis Messire Salazar nous dicte rapidement les titres, prenant tout de même garde à ce que nous ne nous emmêlions pas les pinceaux. Et à part neuf bouquins d'assez haute voltige concernant les Runes, les Langues Anciennes, l'Astronomie et l'Arithmancie, ce ne sont que des titres évocateurs de Magie Noire qu'il nous faut noter.

Lorsque Colin arrive, chargé d'un petit sac de matériel et de son appareil photo, je viens tout juste de mettre le point final à la liste des soixante-deux bouquins de Cooper et je lui laisse la place comme convenu avec Draco tantôt. Oh, je ne vais pas loin. Je fais les cent pas au bas de la Tourelle pour attendre mes potes. Ça me fait du bien de prendre l'air frais, après avoir passé ces longues minutes dans la planque à l'atmosphère confinée de Cooper.

Quoique. Depuis tout à l'heure, ça a eu le temps de s'aérer un peu. Il ne faisait plus aussi étouffant, quand j'ai quitté la planque, me dis-je, en goûtant avec délice, la fraîcheur du vent sur mon visage.

« Merde ! L'air frais ! » pense-je soudainement, dans un sursaut….

Et je grimpe illico sur mon Balai, pour remonter vite fait vers les copains.

« On a fait une bourde les gars ! L'air était confiné quand on est arrivé, mais avec l'ouverture pratiquée dans le mur et le temps qu'on passe là-dedans, c'est en train de s'aérer bon train ! Cooper va avoir la puce à l'oreille dès qu'il mettra un pied ici ! » m'exclame-je, en me penchant vers mes potes.

« Flûte ! Tu as raison ! » réagit Draco, avec une vive contrariété.

« Bedrok arrangera ça ! Il fera redevenir l'air dans cette pièce, comme il était avant ! Bedrok sait faire ça ! Tous les Elfes maçons, charpentiers et vitriers savent le faire ! » déclare alors Bedrok, qui a repris sa place contre le mur comme tout à l'heure, si j'en juge la manière dont sa voix me parvient.

« Ouf ! Tu nous enlèves une sérieuse épine du pied Bedrok ! Merci ! » souris-je, avant de demander aux copains s'ils en ont encore pour longtemps.

Théo en a presque terminé, Draco également car le journal de petite fille n'est pas bien épais et Colin n'en a guère pour plus que cinq ou six minutes dit-il. Je décide donc de proposer à Bedrok de confirmer son Baptême de l'air, en lui faisant faire un tour plus haut dans le ciel. Il accepte aussitôt avec enthousiasme et saute vivement sur mon Balai. Alors je l'emmène vers le terrain de Quidditch et j'effectue quelques figures acrobatiques. Le petit Elfe rit, agitant ses oreilles à toutes forces et poussant de temps en temps des cris aigus, pour manifester le plaisir qu'il prend à voler.

« Merci, merci, merci Maître Blaise ! Bedrok rêvait de voler un jour dans le ciel et de faire des acrobaties comme les Sorciers lorsqu'ils jouent au Quidditch ! Bedrok pourra dire qu'il a réalisé son rêve à son épouse et ses enfants ! Et à ses amis aussi ! » s'exclame-t-il, lorsque nous revenons vers la Tourelle Nord.

« Eh, bien, je suis ravi que tu aies réalisé ton rêve, Bedrok. » souris-je avec nostalgie, le visage aux yeux fixes de Greg envahissant soudainement mon esprit.

Lui aussi, a réalisé son rêve et il est mort maintenant, me dis-je, une petite boule se formant dans ma gorge.

Je veille résonne alors la voix de Greg dans mes pensées.

Ouais. Tu veilles sur nous depuis là-haut, j'en suis sûr mon pote. Et ta Magie veillera sur Magie Mère et le Monde Sorcier pour l'éternité, réponds-je muettement, me sentant aussi sec beaucoup mieux à cette pensée.

« Oui, tu veilles sur nous pour toujours Greg. » murmure-je, en regardant vers les étoiles, prenant une bonne inspiration, avant de laisser revenir mon regard vers Bedrok et de lui demander combien il a d'enfants, leur âge et où ils sont en ce moment.

« Bedrok a trois enfants ! Deux mâles et une femelle ! Et les trois enfants de Bedrok sont grands ! Ils travaillent à Poudlard eux aussi ! Et Bedrok est très heureux ! Car il sera grand-père avant l'hiver prochain ! » m'explique-t-il, avec un rien de fierté dans la voix.

Puis, comme mes potes sortent enfin de la Tourelle, il s'apprête déjà à se mettre au boulot, pour replacer les pierres ôtées tantôt, tandis que je ne manque pas de remarquer la tête lugubre que font Colin et Draco.

« Je vais développer les photos et je vous rejoins au QG aussitôt que c'est fait. » déclare Colin, avant de filer rapidement.

« A voir vos têtes, je devine que les photos ne sont pas toutes aussi jolies que celle de Ginny… » lance-je, dans un murmure, vers Draco, lorsqu'il passe auprès de moi.

Pour toute réponse, Draco grimace.

Il n'ajoute cependant aucun commentaire, car Théo surgit à son tour de la Tourelle.

OoOoOoO

Théo

J'ai hâte de revenir au QG. Hâte surtout, de voir toutes les photographies que Colin est parti développer.

Draco s'est trop bien arrangé pour que je ne les voie pas, lorsque je me suis vivement tourné, après avoir entendu Colin pousser un juron étouffé. Je suis sûr, que cela avait un rapport avec ma Ginny.

Et quoi que ce soit, je jure sur ma vie, que Cooper n'emportera pas ça au Paradis, ni même en Enfer, dans lequel il est assurément voué à passer son éternité…

Draco me demande si j'ai pensé à ôter le sortilège qui fixait le livre au bureau. Je hoche affirmativement la tête et, tandis que Bedrok commence déjà à remettre les pierres en place, il appelle aussitôt le QG, pour prévenir que nous serons bientôt de retour. Mon frère, invite ensuite Neville à informer, Harry, Ron, Hermione, Severus, Nally et le professeur Dumbledore, que nous avons fait d'intéressantes découvertes, et qu'il serait bon qu'ils viennent voir ça au plus tôt.

Nous avions convenu que nous les appellerions, ils ne seront donc pas tirés du sommeil par cet appel et, Latton parti depuis près d'une heure maintenant, je suis prêt à parier qu'ils viendront tous illico presto. Peut-être même avec Remus et Charly en prime, s'ils ne sont pas encore partis se coucher.

Voilà, Bedrok a déjà terminé son travail. Il avait raison de dire que personne ne s'apercevrait jamais qu'une ouverture a été pratiquée au bas de la Tourelle. Même en sachant, je ne détecte absolument rien de suspect. Il annonce ensuite qu'il va retourner dans la pièce secrète, pour conférer de nouveau à l'endroit, l'ambiance confinée qu'il avait, avant notre intrusion. Et il précise également, qu'il retournera auprès des siens aussitôt son boulot terminé, avant de nous remercier encore pour notre bienveillance à son égard, puis de nous saluer dans un au revoir joyeux.

Draco a tout juste le temps de le remercier de son aide, que l'Elfe maçon nous a déjà quittés. Et Dobby nous laisse également sur un rapide au revoir, avant de claquer des doigts et de disparaître à nos yeux.

Alors nous repartons par le même chemin que nous avons pris à l'aller. Monsieur Rusard, sans doute prévenu par Neville, par le biais du Bracelet de Communication que nous lui avons donné, tient la petite porte d'entrée latérale ouverte pour nous. Il rend nos signes de salut à notre passage, tout sourire et Miss Teigne miaule à ses pieds. Un miaulement aimable. Car elle n'est plus du tout hargneuse à notre égard maintenant, hormis quand il y a un Âne Bâté dans les environs.

« A quel point votre quête a-t-elle été fructueuse ? » demande Nev, à peine avons-nous mis un pied dans le QG.

« Nous ramenons des quantités de notes personnelles et deux journaux intimes que nous avons dupliqués, une liste de Potions, une autre de Bouquins de Magie Noire et Colin est parti développer des photographies de photographies, que nous avons dégottées dans une cachette à l'intérieure de la planque. » répond mon frère, en sortant une liasse de Parchemins de sa poche.

Le journal de petite fille qu'il a dupliqué et la liste des Potions. Je sors moi-même deux gros paquets de Parchemins que j'ai soigneusement rangés dans ma Pochette de Soins et Blaise dépose sur la table les listes de bouquins.

« Colin a également pris quelques photographies de la planque elle-même. Et Dobby en a établi un plan précis. Tout le monde pourra donc avoir une petite idée de la configuration des lieux… » ajoute Draco, tandis que je me dirige vers Ginny, restée en garde de la Carte avec sa copine Sophie, pendant toute la durée où Messire Salazar est resté avec nous.

Et comme convenu, Sophie est partie se coucher dans l'intimité d'une alcôve, dès qu'elle nous a vus revenir, car elle a une grosse journée demain. Messire Salazar est donc déjà à sa place, auprès de ma Ginny.

« Il y avait au moins une photographie de toi, Ginny et à mon avis, ce n'était pas la seule. Mais Draco en sait plus que moi à ce propos. » déclare-je, d'une voix sourde, en prenant de la mienne, la main de ma Ginny, qui s'est levée pour venir vers moi.

Je serre sa main un peu trop fortement, j'en ai conscience. Cette histoire de photo me met hors de moi. Car je suis sûr que Cooper ne se contente pas, comme je le faisais quand je pensais que Ginny me serait à jamais inaccessible, de la regarder et l'embrasser avant d'aller se coucher. Lui, je parie qu'il se masturbe furieusement en la regardant.

Putain de salaud. Qu'est-ce qu'il cachait d'autre comme photos ? Pourquoi ce juron de Colin ? Quelles saloperies Cooper a-t-il faites ? Est-ce qu'il aurait trouvé le moyen d'aller espionner Ginny quand elle prend sa douche, prenant des photos en catimini ? Ça pourrait être possible. Dans les Vestiaires du terrain de Quidditch par exemple. Ou alors, quand elle se déshabille dans son dortoir.

Si c'est ça, je lui fais une tête au carré à la première occasion !

« Je comprends que cela t'ennuie, Théo, qu'il ait des photos de moi. Mais personnellement, je m'en fiche. Ce fumier peut fantasmer autant qu'il veut sur moi, grand bien lui fasse. Pendant ce temps-là, il ne prépare pas de mauvais coup. » répond Ginny, qui se penche vers moi et m'effleure les lèvres d'un baiser, avant de murmurer à mon oreille : « Dis-toi que jamais il ne posera ses sales pattes sur moi. Au contraire de toi. »

Ça me calme un peu. Mais ça ne m'enlève pas toute l'amertume que j'ai dans la bouche et dans le cœur. Car maintenant que j'ai vu la planque de Cooper, j'ai d'autant plus peur pour Ginny, de ce qu'il lui ferait, s'il décidait qu'il en a assez de seulement fantasmer sur elle. Il serait capable de l'enlever et de l'emmener dans sa planque.

Il la violerait, la souillerait. Comme il le fait dans ses vilaines pensées assurément.

Ginny effleure une nouvelle fois ma bouche, puis elle lève les yeux vers Draco.

« Je suppose qu'il y a aussi des photos de Luna ? » demande-t-elle, en haussant un sourcil.

Draco se contente d'acquiescer, tandis que Nev pince durement les lèvres.

« Il fallait s'y attendre. Je me demande juste comment il les a eues. » réagit Nev, le ton de sa voix traduisant parfaitement son état d'esprit.

Le même que le mien. Ou peu s'en faut. C'est du cent pour cent certain.

« Il en a volé deux de chacune d'entre elles à Colin, qui les a reconnues comme des photos qu'il a prises il y a un an. Après il les a dupliquées sous un autre format et il s'est servi de ça pour faire quelques mauvais montages. Mais il a dû faire ça chez lui ou ailleurs pendant les vacances, car il n'a pas le matériel nécessaire dans sa planque… » répond Draco, du ton le plus neutre possible et en évitant non seulement de croiser mon regard, mais également ceux de Ginny et Nev.

« Quel genre de montages ? » demande-je aussi sec, dans un grondement sourd de gorge, tous mes poils hérissés et une nouvelle bouffée de colère m'envahissant de la tête au pied.

Car je devine bien de quoi il s'agit. Des trucs cochons naturellement ! Ça ne peut être que ça ! Ce sale enfoiré n'a pas pu se procurer de photo de ma Ginny toute nue, alors il en a fabriqué une ou deux, pour mieux alimenter ses pervers fantasmes.

Et j'ai besoin d'entendre confirmation tout de suite, que c'est bien ça, afin de me préparer à ce que je risque de voir tout à l'heure, quand Colin reviendra. Alors je regarde avec insistance Draco, qui tarde trop à me répondre.

« Comme s'il était besoin que je confirme qu'il s'agit de mauvais montages porno ! A quoi s'attendre d'autre de la part de ce salaud à ton avis ! Mais puisque tu veux tellement avoir confirmation, et bien sache qu'il a collé les visages de Ginny et Luna, sur celui d'autres filles avec lesquelles il s'est photographié lui-même en train de les baiser ! » répond finalement mon frangin, d'un ton brusque et son regard me reprochant de l'avoir forcé à révéler cela aussi abruptement.

Et je vois rouge encore une fois, tous mes poils se hérissant de plus bel, tandis que mes poings se serrent très fort. Putain de couille ! C'est encore pire que ce que j'imaginais ! Cette fois c'est sûr ! Je vais casser la gueule de Cooper ! Et j'ai intérêt à faire vite. Avant Nev. Et surtout, avant Ron. Parce que quand il va savoir ça, mon beau-frère, son Grizzly va aller mettre ce salopard de gros pervers en charpie !

J'amorce un pas en avant, déterminé à me rendre illico chez les Poufsouffles, mais la main de Ginny me retient fermement et elle me fait les gros yeux, m'intimant muettement de me calmer.

« Ok. Eh bien, avec ça, on sait qu'il est encore plus dérangé de la tête qu'on le pensait déjà. Et je suis certaine de ne pas me tromper, en supposant que Colin n'a pas photographié ces foutus montages cochons, n'est-ce pas… » dit-elle, d'un ton admirablement calme, en direction de mon frère.

Mon souffle se bloque net dans ma gorge, tandis que je fixe Draco à nouveau.

« Non, effectivement il ne l'a pas fait. Tout comme moi, Colin a jugé que ce n'était pas nécessaire. Et quand ce sale pervers de Cooper sera mis hors d'état de nuire, j'irai moi-même détruire ces cochonneries. Ainsi, personne d'autre ne les verra jamais. » répond mon frère, d'un ton radouci, avec un regard rassurant pour Ginny.

Ouf ! Au moins, je n'aurai pas à poser mes yeux sur ces images immondes, me dis-je, soupirant profondément d'un demi-soulagement. Et Draco tourne tout aussi vivement les yeux vers moi.

« Quoi ! Tu ne croyais tout de même pas qu'on allait ramener ces choses immondes avec nous et les montrer à tout le monde ! C'est déjà bien suffisant que l'on sache ce qu'il a fait, non ! » s'exclame-t-il, visiblement nettement offusqué que j'ai pu penser que Colin et lui-même, avaient dupliqué des montages cochons mettant en scène Cooper avec Ginny et Luna.

« Ce sont des preuves contre Cooper. » réponds-je en excuse.

« Il y en a bien assez avec tout le reste ! Et nous ferons en sorte qu'il ne puisse rien emporter s'il venait à se sentir menacé et à décider de ficher le camp de Poudlard ! » déclare mon frère, en saisissant la théière d'un geste un peu brusque.

Et je me sens mal soudainement, vis-à-vis de mon frère.

Mon excuse était mauvaise, maintenant que je suis capable de mieux penser, je dois le reconnaître. Car je connais assez Colin et mon frangin pour savoir qu'ils n'auraient jamais pu commettre une telle indélicatesse. Aucun d'entre eux, aucun même de mes amis, ne ferait rien qui puisse mettre Ginny ou Luna mal à l'aise devant tout le monde. Et j'aurais fait comme eux, s'il s'était agi d'Annabelle, de Daphnée ou de la copine de n'importe lequel de mes potes. Je suis même sûr, que ni Draco, ni Colin n'ont examiné ces montages de près, par égard pour Ginny et Luna. Ils les ont à peine effleurées du regard et mises illico presto à l'écart, c'est certain.

« Désolé, Draco. Je n'aurais pas dû penser que Colin et toi aviez photographié ces montages cochons. Je sais que vous êtes des mecs biens et respectueux. » lâche-je donc, dans un nouveau soupir, en passant une main nerveuse dans mes cheveux.

« Ce n'est rien. Je comprends ta réaction. Si Annabelle avait été concernée, j'aurais réagi salement moi aussi. Ça m'aurait embrouillé les idées autant que les tiennes le sont. Je ne peux pas non plus jurer que je ne serais pas déjà allé sortir Cooper du lit pour lui flanquer une bonne dérouillée. Et je te promets qu'il a fallu que je me retienne déjà pour ne pas y aller. » répond Draco, avant de porter sa tasse de thé à ses lèvres.

« Ouais. Moi aussi le doute m'a effleuré, Théo. Et je peux t'assurer mon pote, que je fais toujours de gros efforts pour me retenir, pour ne pas aller lui flanquer cette bonne dérouillée qu'il mérite au centuple.» intervient Nev, le regard sombre et la voix sourde de colère.

« Pareil pour moi. S'il s'était agi d'Hermione, le Tigre aurait déjà déchiqueté ce sale vicieux, tu peux en être sûr. » appuie Blaise, avant de croquer dans un biscuit.

Un énorme soupir attire alors notre attention vers ma Ginny.

« Ah ! Ces mecs ! Tous pareils et prompts à s'emporter pour pas grand-chose ! » s'exclame-t-elle, poings sur les hanches, en nous regardant alternativement mes potes, mon frère et moi-même.

« Quoi ? Ça ne te fait rien de savoir ce que ce salopard a fait avec ta photo ? » demande-je, fronçant les sourcils vers elle.

Je suis surpris de sa réaction. Dubitatif aussi. Ginny n'est pas le genre à avaler ce genre de couleuvre sans réagir.

« Bien sûr, que ça me fait quelque chose ! Je suis écœurée à l'idée qu'il fantasme à ce point sur moi ! Par ailleurs, il n'a pas le droit de disposer de mon image comme ça et s'il venait à faire circuler ces cochonneries, je serais la première à aller lui casser la figure ! » répond Ginny, assez vivement, mais elle ajoute ensuite d'un ton nettement plus calme « Cependant il n'y a pas urgence en l'occurrence. Et si je lui casse prochainement la figure, ce ne sera pas à cause de ça, mais parce qu'il a fait bien pire déjà et fera pire encore, si nous le laissons faire. Et dites-vous bien tous les quatre, que Cooper ne doit pas être pourvu d'une grande imagination, s'il a besoin de ces montages pornos, pour fantasmer tout seul dans sa planque lugubre. Et puis, ce n'est pas mon corps sur ces fichus photos. Alors franchement, il n'y a vraiment pas de quoi se mettre dans tous ses états pour cette affaire. Surtout pas de votre part. C'est aux personnes concernées de réagir à ce propos, pas à vous. Et je suis certaine que Luna serait d'accord avec moi à ce sujet. Ça ne vaut pas la peine d'en parler autant. Ça ne mérite même pas qu'on y pense. »

« Mais vous êtes nos petites amies ! Tu ne comprends donc pas notre réaction ? » demande Neville, avec un vif étonnement, avant d'ajouter avec un peu de précipitation : « Imagine que ce soit une fille, qui ait fait ça avec la photo de Théo, ça ne te ferait rien ? Tu n'aurais pas envie de lui arracher les yeux pour avoir osé faire ça ? »

« Je me dirais qu'elle a bon goût et je la plaindrais de tout cœur, car elle n'aura jamais l'occasion de concrétiser ses fantasmes avec l'original, contrairement à moi. Et si je devais en vouloir à quelqu'un, ce serait à Théo, s'il se sentait flatté de l'intérêt que lui porte cette fille et se rengorgeait comme un paon. Mais connaissant mon Théo, je sais que ça le gênerait plutôt qu'autre chose, ce genre de situation. » répond Ginny, avec un grand sourire, avant de m'attirer vers elle, pour me donner un formidable baiser.

Et là, Merlin, quasi toute ma colère fond comme neige au soleil.

Ginny a raison et j'en viendrais presque à plaindre cet immonde salopard de Cooper, qui ne connaîtra jamais le bonheur exquis que j'éprouve à être embrassé ainsi par ma Ginny.

« Vu comme ça… » lui souris-je, lorsque nous interrompons notre baiser.

J'aimerai par-dessus tout pouvoir prolonger ce moment, l'emmener dans l'intimité d'une chambre et découvrir enfin son corps, que je rêve de tenir nu dans mes bras, depuis trop longtemps. Mais je me suis juré d'attendre qu'elle fasse le premier pas dans ce sens. Je lui ai dit et je n'insisterai pas là-dessus. Je ne veux pas lui mettre de pression, paraître trop impatient. D'autant moins que je sais, je lis dans son regard, que cela ne tardera pas à se produire.

« Mmmm… Je suppose qu'Hermione penserait la même chose que toi à propos de tout ça, Ginny. » déclare de son côté Blaise, en prenant la théière pour se servir une autre tasse de thé…

« Tu peux en être certain. » répond Ginny, en avançant une tasse vers Blaise pour qu'il la serve également.

« Bien. Sujet clos dans ce cas. » intervient Nev, ajoutant sur une grimace : « Du moins pour le moment. »

« Pourquoi pour le moment ? Il ne faut plus en parler, point barre ! » réponds-je avec fermeté…

Je n'ai pas envie de sentir ma colère revenir au triple galop.

« Mais il faudra bien que je le dise à Luna. Je ne pourrai pas la tenir dans l'ignorance. Et elle est en droit de savoir. » déclare alors Neville, sur un soupir, en passant une main lasse sur son visage.

Je devine sans peine que cela ne va pas lui être facile, de révéler à sa délicate Luna, ce que Cooper a fait avec sa photo.

« Ça oui, il faut lui dire. Mais tu n'as pas d'inquiétude à avoir Neville. Luna est bien plus solide qu'elle en a l'air. Et comme moi, elle s'en fichera bien, que Cooper fantasme sur elle. Je suis même prête à parier que ça va la faire éclater de rire et qu'elle va regretter de ne pas pouvoir jeter un coup d'œil sur ces montages ! Et j'imagine très bien le genre de commentaire qu'elle aurait à faire en les regardant…» assure Ginny, avant d'ajouter, en imitant Luna : « Je comprends que Franck ait tenu à garder ces photographies bien cachées. Pauvre garçon ! Elles ne sont pas du tout à son avantage. On voit parfaitement bien qu'il n'a pas grand-chose d'excitant entre les jambes et qu'il ne sait pas du tout comment s'y prendre pour satisfaire sa partenaire ! Cela explique qu'Ysolte Shaw semble toujours aussi frustrée et renfrognée, après qu'ils soient allés tous les deux dans la chambre de la Tourelle Nord ! »

Draco et Baise pouffent de rire et je ne suis pas loin d'en faire autant. Ginny a même arraché un sourire à Neville, avec son imitation de Luna, qui est d'un réalisme étonnant.

« Oui, Luna serait capable de faire ce genre de commentaire, c'est vrai. » reconnaît d'ailleurs mon pote, avec une nette diminution de tension, dans le ton de sa voix.

« Tout à fait d'accord. » sourit Draco, dont le sourire s'éteint vite cependant et qui soupire, avant d'ajouter : « Ceci dit, elle n'est pas la seule à qui il va falloir révéler l'existence de ces clichés. »

Je fronce aussi sec les sourcils.

« Je ne vois pas à qui. Ni en quoi cela te semble nécessaire. » réponds-je, avec une pointe de contrariété.

Je ne veux pas que cette histoire-là se répande comme une traînée de poudre dans nos rangs. Je ne veux pas surtout, que les copains guettent mes réactions, ni celles de Ginny. Ou qu'on vienne à la plaindre devant moi, d'être l'objet des fantasmes pervers de ce salaud de Cooper.

Ouais, j'avoue. Malgré tout ce que Ginny a dit, je ne parviens pas à me détacher totalement de ça.

« Cela n'a rien de nécessaire. Mais penses-tu vraiment que nous pourrons cacher qu'il y avait plus que ce que vous avez ramené ici, à des personnes aussi observatrices et intuitives que Ron, Harry et Nally, pour ne citer qu'eux, lorsque nous allons leur montrer ce que nous avons trouvé dans la planque de Cooper ? » répond Draco, en haussant un sourcil vers moi.

« Oui. C'est vrai. On peut compter sur eux pour flairer qu'il y a quelque chose de plus et nous tirer les vers du nez. Et je n'ose imaginer la réaction que Ron va avoir. » commente-je, sur une grimace.

J'ai un très précis souvenir d'une certaine petite conversation que nous avons eue au Paradis tous les deux, lors de mon séjour de convalescence là-bas, après que Parkinson nous ait torturés, mon frère et moi-même.

« Je me charge de remettre les idées de mon frère en place, si c'est nécessaire. Mais à mon avis ce ne sera pas utile. Ron n'a plus rien d'un adolescent sanguin. Il connaît trop bien les enjeux actuels, pour perdre son sang-froid et commettre une action irréfléchie qui pourrait être très lourde de conséquences pour notre avenir à tous. Ce qui est une grande chance pour Cooper, car sinon, il n'aurait pas eu le temps de répertorier ses abattis avant de se faire salement laminer. » assure Ginny, avec décontraction.

« D'accord avec ça. On n'a pas de bile à se faire, quant aux réactions de Ron. Ceci dit, je me demande ce qu'ils font tous. Ils devraient déjà être là…» déclare Blaise, en jetant un coup d'œil vers l'horloge.

J'en fais autant machinalement. Il est 02H11. La nuit va être courte pour nous. Si tant est que nous ayons l'occasion de dormir d'ailleurs, étant donné tout ce dont nous avons à prendre connaissance encore.

« Ils étaient encore avec Rita et Barnabas Cuffe, lorsque vous êtes rentrés, à régler les derniers détails de l'article à faire paraître demain dans la Gazette, sans doute. Mais ils doivent être en route maintenant, non ? » répond Neville, jetant un coup d'œil interrogateur vers Messire Salazar, avant de boire une gorgée de sa tasse de thé.

« Oui, effectivement ils sont en chemin. Cela fait quelques minutes qu'ils sont entrés dans les Passages Internes. Ils devraient arriver d'un instant à l'autre. » répond Messire Salazar, depuis la table du fond, auprès de laquelle il est soigneusement resté depuis notre retour.

Bien que ne perdant pas une miette de ce que nous disons, bien entendu.

« Alors attendons-les bien tranquillement. De toute façon, nous ne sommes plus à une ou deux minutes près, n'est-ce pas… » décrète Draco, sous nos hochements de tête approbateurs.

Il a à peine fermé la bouche cependant, que le tableau libère l'accès aux Passages Internes et Colin fait son entrée, avec un beau paquet de photographies fraîchement développées dans la main.

« Elles sont toutes réussies ! » dit-il, en les donnant à Draco, avant d'annoncer qu'il retourne au pieu, car sa journée est chargée demain.

Exactement la même chose qu'a dite Sophie tout à l'heure, songe-je. Je tourne alors mon regard vers Ginny. Elle est de la même année que Colin et Sophie. Sa journée sera donc aussi lourde que la leur.

« Pas question que j'aille dormir maintenant. Je suis trop curieuse. Tant pis si la journée me semble longue demain. Je ferai avec. » me sourit-elle, en pressant doucement ma main.

« Etant donné le paquet de lecture qui nous attend, Nally nous emmènera peut-être au Paradis… » me prends-je aussitôt à espérer à voix haute, tandis que Blaise hoche la tête, tout en continuant à feuilleter distraitement, la copie du journal de petite fille, posé devant lui.

De temps à autre, son regard saute rapidement de ligne en ligne, dans une lecture en diagonale ultra rapide.

« Il y en a donc autant à lire que cela ? » demande aussi sec la voix de Nally dans mon dos, tandis que face à moi, Blaise sursaute soudainement.

Mais ce n'est pas Nally, qui l'a fait sursauter. Ses yeux se sont brusquement arrêtés sur un passage précis du journal. Il a tellement pâli, qu'il en est gris et ses yeux s'écarquillent sur une expression qui indique clairement, sa stupeur et son dégoût horrifié.

« Oui, il y a beaucoup à lire. Le Journal de Cooper est très épais. Nous devrions en apprendre pas mal sur lui et sur ce qu'il mijote. Sans compter toutes les notes annexes qu'il a prises pendant son étude de la Magie Noire et que nous avons également dupliquées. » répond de son côté Draco à Nally, tandis que je ne quitte pas mon pote des yeux…

Son regard ne saute plus de ligne en ligne, maintenant. Il lit attentivement les derniers feuillets et ses yeux sont de plus en plus emplis d'une horreur douloureuse.

« Alors ne perdons pas de temps et attelons-nous à la tâche. Comment procède-t-on ? On se répartit la lecture et ensuite chacun d'entre nous effectue un résumé du plus intéressant de ce qu'il a lu, où quelqu'un fait lecture à voix haute, afin que nous prenions connaissance de tout, tous en même temps ? » demande Ron, en prenant place à table.

« Moi je propose de commencer par le journal trouvé dans la deuxième planque de Cooper. Car on dirait que Blaise vient de tomber sur quelque chose de bien terrible, n'est-ce pas Blaise ? » interviens-je, en attirant l'attention de mon ami, qui n'a visiblement rien entendu de ce que j'ai dit précédemment, d'une main sur son bras, avant d'insister pour lui seul : « On dirait que tu viens de lire quelque chose de bien terrible. »

« Terrible ? Ouais, c'est rien de le dire. Parce que c'est du lourd, du très, très lourd, dans le genre… » répond Blaise dans un souffle, nous regardant tous à la ronde, de son regard toujours aussi douloureusement horrifié, avant d'asséner d'un ton sourd : « Figurez-vous que Cooper est en réalité le fruit d'un viol perpétré par Voldemort ! »

J'en ai la mâchoire qui tombe sur la table.

Alors là, pour du lourd, c'est du lourd.

OoOoOoO

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