Disclaimer: cf chapitre 1

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Gros bisous à Mistycal, ma super béta!

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D'Irruption en Irruption 1 / 4

Mercredi 19 Mars 1997

Acte 1 : Réactions A L'Arrestation De Latton

Draco

La nouvelle de l'arrestation de Latton n'a pas transpiré en dehors du cercle fermé des professeurs et des Membres décideurs du C.C.S.A.B.P.M. qui ont été mis dans la confidence. Et bien que son absence soit assez remarquable à la table des profs, aucun élève ne semble s'en émouvoir. Pas même Cooper, sur lequel je garde discrètement un œil, depuis qu'il est arrivé en compagnie de ses coursiers Smith et Shaw.

Mais bon. Je sais qu'il ne faut pas se fier à la mine de ce sale type, car il y a longtemps qu'il est passé Maître dans l'art de la dissimulation. Et sachant maintenant exactement tout ce qu'il a en tête, je me garderai bien sûr, de le sous-estimer. Cooper est très dangereux. Plus encore que son maudit paternel à mon avis. Et tout comme nous le faisons avec Voldemort, nous devrons peut-être un jour ou l'autre le pousser à la faute, à agir sur un coup de sang. Car certes, il est habitué à refréner ses impulsions belliqueuses et meurtrières, c'est instinctif chez lui, mais en le titillant suffisamment, nous parviendrons à le faire exploser de colère et exposer ainsi sa noirceur aux yeux de chacun.

Ah ! Voilà le professeur Dumbledore. Le seul absent jusqu'ici, avec Latton. L'heure de l'annonce officielle a donc sonné. Et tandis que chacun reporte l'attention qu'il réclame sur lui, je reste discrètement fixé sur le trio composé par Cooper, Smith et Shaw. Je ne veux rater leur réaction pour rien au monde.

Luna en fait autant, sous couvert de son air rêveur. Ainsi que le Moine Gras, très vexé que sa Maison abrite en son sein, ce suppôt de Satan et ses deux diables bras droits, selon sa propre expression.

Ainsi en avons-nous convenu. Chacun d'entre nous trois observe l'un des membres du trio infernal et nous échangerons nos points de vue. Ce soir, lors de la réunion du C.C.S.A.B.P.M., si nous estimons qu'il n'y a rien d'urgent à considérer la question. Dès la fin du petit déjeuner, si nous estimons le contraire…

Mais cela m'étonnerait que cela soit le cas. Quelle mesure immédiate pourrait avoir à prendre Cooper de toute façon ? Il ne fera rien de lui-même sur ce coup là. Ce n'est pas dans son intérêt. Alors à moins qu'il ne reçoive des ordres de Voldemort, il n'y aura pas de représailles à craindre. Nous espérons même, qu'il n'y en aura pas du tout.

Ceci dit, nous allons garder Cooper à l'œil durant chaque cours et repas. Et son étiquette sera étroitement surveillée sur la Carte, en dehors de ces moments là. C'est tout ce que nous pouvons faire…

Ça, et la surveillance de ses écrits dans son journal. Maintenant que nous connaissons la configuration des lieux, Dobby m'emmènera dans sa planque à chaque fois qu'il y sera passé et je dupliquerai tout ce qu'il écrira désormais, afin de suivre le cheminement de ses pensées, prendre connaissance des ordres qu'il aura peut-être reçus de Voldemort…

« L'ensemble du corps professoral et moi-même, avons tenu à vous annoncer, avant l'arrivée de la Gazette, qu'Egidus Latton a été arrêté cette nuit par les Aurors, pour faits de meurtres, vol, complicité de meurtres, tentatives de meurtre, coups et blessures graves, espionnage en faveur de Voldemort et complicité dans l'évasion de Randy Bletchley… » annonce le professeur Dumbledore, provoquant immédiatement des remous à toutes les tablées.

Cooper pâlit perceptiblement et je ne manque pas de noter la réaction vive de Smith à son côté. Cependant, d'un seul regard, Cooper l'empêche d'ouvrir son clapet. En revanche, je n'ai pas eu le temps d'observer Shaw, mais je compte sur Luna, bien mieux placée que moi, pour l'examiner tout à loisir et n'avoir rien manqué à son propos.

« Alors comme ça, c'est ce sale porc de Latton, qui… » s'exclame une voix masculine parmi les Gryffondors, avant d'être vivement interrompue.

« Mon grand-père n'est pas un sale porc ! » le coupe effectivement une autre voix masculine, venant de derrière nous tous.

Arnold Latton, à tous les coups. Qu'est-ce qu'il fiche ici ? Hugh a pourtant dû l'emmener chez Chourave à la première heure ce matin, ainsi que Megan devait conduire sa sœur Kateryn chez McGo, me dis-je, jetant un vif coup d'œil vers lui, tandis que le professeur Chourave se lève avec brusquerie.

« Je vous avais dit de rester dans mon bureau, Monsieur Latton ! » s'exclame-t-elle, avec une autorité outrée, avant d'aller vers lui, à grandes enjambées précipitées.

« Pour qu'on puisse tout à son aise insulter et salir mon Grand-père et toute ma famille ! Eh bien non, je ne suis pas d'accord ! Grand-père ne porte pas la Marque ! Les Aurors ont bien dû le voir ! Alors s'il a fait quelque chose de mal, c'est qu'il était sous Imperium et ça, je veux que tout le monde le sache ! » s'écrie Arnold Latton, le ton de sa voix au bord des larmes, en avançant dans la Grande Salle, adoptant le regard le plus défiant qu'il lui soit possible.

A mon avis, il est sincère. Il méconnaît totalement son grand-père, ignorant que celui-ci a mis son propre fils et sa belle-fille sous Impérium depuis plusieurs semaines, afin qu'ils lui obéissent au doigt et à l'œil. Ainsi, ils pouvaient lui servir de coursiers auprès de Voldemort, quand cela s'avérait nécessaire et conduisaient par ailleurs son commerce comme il le faisait lui-même depuis toujours. A savoir : en usant d'ingrédients périmés ou en passe de l'être, pour confectionner Potions et Onguents et en sous-payant du personnel ni déclaré, ni qualifié.

« Je suis désolée, Monsieur Latton. Je comprends votre réticence à croire en la culpabilité de votre Grand-père. Ce dernier a été habile à cacher à vos yeux et ceux de chacun, sa véritable personnalité et ses allégeances envers Voldemort. Mais il va falloir vous faire une raison, il n'était pas sous Imperium. Il a agi de son propre chef et en toute connaissance de cause. En revanche, comme je vous l'ai expliqué, vos parents sont bel et bien innocents. Certes, il sera sans doute révélé dans la Gazette, qu'ils ont été contraints et forcés, par votre Grand-père, à faire des choses dont ils ne sont pas fiers, mais il n'y a pas lieu de les tenir pour responsables et toute personne possédant un tant soit peu d'intelligence le comprendra… » répond Madame Chourave, avec fermeté et l'air navrée, mais adoucissant le ton de sa voix lorsqu'elle rejoint Arnold Latton, pour ajouter : « Allons, venez, rejoignons votre jeune sœur, mon garçon. Elle a besoin de votre soutien. Par ailleurs, vos parents devraient arriver sous peu, pour vous expliquer au mieux et au plus juste, la vérité à propos de votre Grand-père. »

Arnold Latton, qui était déjà très pâle, est maintenant exsangue. Il semble proche de défaillir et j'ai pitié de lui lorsqu'il baisse la tête sur ses chaussures, l'air profondément mortifié.

« Eh, Arnold ! » s'exclame impérativement la même voix masculine que tantôt, à la table des Gryffondors et, Arnold Latton n'osant pas relever les yeux vers celui qui l'interpelle, cette voix poursuit : « N'oublie pas que tu n'es pas ton Grand-père. Alors quoi que ce sale porc ait pu faire, tu n'en es pas responsable et personne ici, ne t'en tiendra rigueur ! »

Arnold Latton acquiesce d'un hochement de tête, gardant toujours tête basse cependant et il se met en train auprès de Madame Chourave qui l'attendait, un regard compatissant posé sur lui.

« Marvin a raison, Arnold ! Tu n'as rien à te reprocher toi, tu es un brave gars et on le sait tous chez les cinquièmes toutes Maisons confondues ! Alors redresse la tête ! » s'exclame aussi sec une autre voix.

Celle de Griffin Swan, le Préfet de cinquième année des Gryffondors.

« Ouais ! On s'en fout que ton Grand-père soit un salaud ! Tu es notre pote Arnold ! » s'exclame alors Nicholas Spycer, un cinquième année de chez Poufsouffle

« Et ta sœur est notre amie ! Il faudra bien lui dire, Arnold ! Elle aussi c'est quelqu'un de bien ! Il ne faut pas qu'elle craigne de revenir dans notre dortoir ! Elle sera bien accueillie ! On sera là pour lui remonter le moral ! » renchérit Camilla Faucett, sous le hochement de tête approbateur de quelques-unes de ses voisines de table…

Des quatrièmes de Gryffondor, comme elle et Kateryne Latton, naturellement.

Et sous tous les yeux braqués sur lui, Arnold Latton qui avait stoppé net dès l'interpellation de Nicholas, redresse la tête cette fois et se retourne avec lenteur. Il ne dit rien. Mais son regard parle pour lui. Il remercie cette preuve de solidarité de la part de ses congénères de cinquième et ceux de sa sœur…

« Ouais ! Quoi qu'ait fait votre Grand-père, vous n'y êtes pour rien et on est tous solidaires de vous deux ! Tout le Groupement de Défense est avec vous ! N'est-ce pas les filles et les gars ! » s'exclame alors McLaggen, avec fièvre, sous les applaudissements qui se mettent soudainement à crépiter, à l'initiative des quatrièmes et cinquièmes années Gryffondor et Poufsouffle confondus.

Je lève brièvement les yeux aux cieux. McLaggen n'en loupe pas une dans le genre esbroufe. Les cinquièmes et quatrièmes étaient très bien dans leurs réactions, il n'était pas nécessaire d'en rajouter davantage.

Et je ne manque pas de noter le bref sourire en coin que Smith adresse à Cooper, l'air de dire que McLaggen est vraiment un connard de première. Cooper ne répond pas à ce sourire. Il se contente d'applaudir, comme chacun, y mettant juste l'énergie nécessaire, pour faire croire qu'il partage l'enthousiasme collectif. Son air sérieux ne me dit rien qui vaille cependant. Et malgré moi, je frissonne.

J'espère qu'il ne cherchera pas à s'en prendre à Arnold et Kateryne Latton, pour venger la perte de l'espion de Voldemort. Punir les petits-enfants, pour l'incompétence de leur Grand-père, c'est tout à fait le genre des descendants d'Artemus Serpentard…

Madame Chourave incite maintenant Arnold à la suivre. Celui-ci ne se fait pas prier. Il a l'air plutôt gêné par la tournure des événements. Et dès leur sortie les applaudissements cessent, les regards se reportant sur la table professorale, où le professeur Dumbledore est toujours debout.

« Je vous remercie pour cette belle preuve de solidarité envers vos deux camarades, mes enfants. Et maintenant, permettez-moi de vous présenter le nouveau professeur de Potion. L'un de mes très vieux amis : Horace Slughorn. » déclare-t-il, en désignant de la main un type chauve, petit, très rond et avec une moustache en brosse épaisse, qui est entré discrètement tandis qu'on applaudissait Arnold Latton…

Visiblement débonnaire et, surtout, annoncé comme un très vieil ami du professeur Dumbledore, Slughorn est accueilli sans méfiance, bien qu'il soit évident que tout le monde se demande s'il sera meilleur prof de Potion que son prédécesseur.

Mais je m'en fiche de tout cela. Ce qui m'intéresse, c'est la réaction de Cooper. A aucun moment il n'évoque Horace Slughorn dans son journal. Nous pensions donc, que Voldemort ne lui a pas parlé de son ancien professeur de Potion, ni qu'il souhaitait l'avoir dans ses rangs, afin qu'il lui concocte de la Felix Felicis, qu'il nous soupçonne de prendre lors des combats.

Cela ne fait plus aucun doute, maintenant. Cooper ne sait pas qui est Horace Slughorn. Il est parfaitement indifférent à ce nouveau professeur avec lequel il n'aura pas cours. Il semble concentré sur son petit déjeuner, jetant des coups d'œil furtifs vers les ouvertures actuellement fermées, qui laissent passages aux Chouettes et Hiboux. Hâtif est-il sans doute, d'en savoir davantage sur l'arrestation de Latton. Il doit se demander si celui-ci a dévoilé communiquer avec un autre Espion à Poudlard, via les boites aux lettres clandestines. Et si oui, s'il a livré leur code.

Et si Voldemort va le contacter à ce propos, dans les heures qui viennent.

Mais tout ça, nous n'en aurons la certitude que lorsque j'irai dupliquer ce qu'il aura écrit à ce propos dans son journal. Pas avant la nuit prochaine donc …

Bruissements d'ailes par centaines. Les Chouettes et Hiboux ont été autorisés à entrer. L'un des nombreux oiseaux se pose devant moi, pour me délivrer la Gazette. Je dépose son dû dans la bourse accrochée à sa patte et il me laisse prendre le journal, avant de s'envoler aussi sec, pour aller prendre du repos dans la volière…

« Je n'ai rien noté d'urgent, ni Mademoiselle Luna… » me glisse le Moine Gras, qui a surgi derrière moi, lorsque j'ai déployé largement la Gazette pour masquer son arrivée…

« Moi non plus. RDV ce soir, donc. Et merci pour votre service… » réponds-je, avec autant de discrétion qu'il en a fait preuve…

« Ce fut un plaisir. A ce soir, à moins d'une urgence soudaine… » murmure le Moine Gras, avant de se retirer dans un petit courant d'air qui me glace les chevilles…

« Bon. Ben je n'ai plus qu'à attendre la récréation du matin, pour savoir comment ça s'est passé du côté du Manoir… » déclare alors Blaise, avant d'ajouter sur un soupir : « Dire qu'il va falloir que je me farcisse un cours d'histoire maintenant… »

« Tu n'avais qu'à faire comme nous et arrêter ce cours inutile pour ce que tu veux faire plus tard. Et au moins, tu aurais pu nous donner un coup de main pour la fabrication des Gadgets… » souffle Théo, avant de finir sa tasse de thé…

« Ouais. Mais fallait bien que l'un d'entre nous reste dans cette classe, pour veiller au grain des Ânes Bâtés en cas d'Alerte. Sinon, tu penses bien que j'aurais laissé tomber aussi… » réplique Blaise, avant de saisir son cartable et se lever de table…

Et il s'en va rejoindre les copains qui ont comme lui gardé l'option histoire dans leur emploi du temps, tandis que je replie la Gazette que je lirai plus tard. Car il est l'heure de me rendre dans le Labo des Cachots Perdus, avec Théo et quelques autres de nos amis…

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Ron

L'affreux est remis de sa contrariété de la perte de ses alliés de grand poids. Mais il est clair qu'il commence à être agacé, de ne pas parvenir à déchiffrer le Volumen, malgré l'avantage apparent d'en posséder une traduction.

« Accidentellement ou non, il va finir par y ficher le feu, si cela continue… » murmure-je, en fixant la main de Voldemort qui crépite d'étincelles, tandis qu'il triture sa plume entre ses doigts…

« Tant pis si ça arrive. On fera avec. De toute façon, Salazar en sait assurément assez déjà, pour se méfier de ce que nous mijotons… » répond Harry, sur un haussement d'épaule fataliste…

« Oui. Et au besoin, nous avons toujours Messire Salazar, qui pourra glisser des allusions arrangeantes pour nous… » renchérit Hermione, avec une sérénité parfaite…

J'acquiesce d'un hochement de tête. Quoi qu'il puisse arriver désormais, nous sommes de toute façon engagés dans une partie dont nous ne pouvons nous retirer et qui aboutira d'une manière ou d'une autre, à notre ultime Bataille contre cet enfoiré. La seule chose dont nous devons nous préoccuper, ce sont les atouts que nous avons dans notre manche. A nous de les jouer au bon moment et de parer au plus juste, à ceux que Voldemort jettera sur le tapis…

« Voilà la Gazette. En avance pour une fois. » annonce quasi aussi sec Lee, qui tient à rester le plus souvent possible dans la Base, depuis que nos plans sont arrêtés…

Ça libère des gars ou filles qui sont doués pour la fabrication de Potions, Onguents et Gadgets Défensifs. Ou même simplement pour leur emballage et transport. Lee craint trop que ses maladresses provoque des dégâts qui nous seraient préjudiciables, s'il s'occupait même seulement de ces deux dernières tâches. Il effectue donc des doubles gardes quotidiennes…

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Nos regards se reportent tous sur Randy Bletchley. Il a ouvert la porte au planton qui a réceptionné la Gazette au portail et prend le journal. Puis, tandis que le planton repart déjà, il la déroule pour jeter un coup d'œil sur les gros titres et il soupire nettement, fermant les yeux.

Il a compris bien entendu, que cela risque d'être très douloureux pour lui et il met un petit temps, avant de se décider à avancer dans le couloir menant dans les quartiers de son Maître…

Il doit bien regretter sa geôle dans la Tourelle Est, celui-là. Et je suis prêt à parier qu'il préférerait nettement avoir à briquer encore et encore l'armure de Godric Gryffondor, qu'à apporter le journal à Voldemort…

« Mauvaises nouvelles, hein ? » souffle le planton en attente à la porte du bureau, en fixant Bletchley, l'air d'entretenir un maigre espoir de se tromper…

Mais Bletchley acquiesce, déglutissant difficilement et le planton soupire, se rencognant contre le mur, comme s'il espérait maintenant pouvoir se fondre tout entier dedans et ainsi pouvoir échapper à l'œil de son Maître, si celui-ci vient lui-même ouvrir la porte, lorsque son Serviteur cognera dessus. Car il risque lui aussi de prendre une volée, si son Maître comprend aussitôt en voyant Bletchley, que les nouvelles sont mauvaises pour lui…

« Qu'est-ce que c'est ! » aboie cependant Voldemort, lorsque Bletchley, qui s'est composé le visage le plus neutre possible, se décide à frapper.

Bletchley et le planton sursautent. Puis le premier ouvre la porte, restant respectueusement sur son pas…

« Je vous apporte le journal, Monseigneur… » annonce-t-il, le ton plutôt assuré, malgré son visage assez pâle…

Par chance, Voldemort ne daigne pas relever les yeux vers lui…

« Je le lirai un peu plus tard ! Va le poser sur la table du salon ! Et apporte-moi du thé ! Celui-ci est froid ! » aboie-t-il, désignant distraitement la théière de sa plume triturée…

« Bien Monseigneur… » répond Bletchley, qui s'empresse d'obéir, les épaules soulagées d'un grand poids…

Et quand il referme la porte, le planton pousse un soupir de soulagement souriant que Bletchley partage, avant de filer en cuisine. Et c'est presque en courant, qu'il revient avec le thé demandé par son Maître.

Hélas pour lui, avant qu'il ait eu le temps de se décharger de son plateau sur la table de salon, comme ordonné par Voldemort, celui-ci a jeté sa plume au feu, avant de se décider à se lever. Et Bletchley n'a pas le temps de refermer la porte derrière lui, avant de se prendre entre les épaules, l'inévitable Doloris auquel tout apporteur de mauvaise nouvelle a droit…

Il tombe au sol, au pied du planton, se tortillant et hurlant de douleur durant quelques longues secondes, avant que Voldemort décide de lever le maléfice et de claquer la porte sur lui…

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« Il n'a même pas jeté un coup d'œil sur le journal, pourtant… » murmure Lee, lorsque le long cri douloureux de Randy Bletchley cesse…

« Non. Mais Bletchley devait suinter la peur et cela lui a suffi pour deviner que les nouvelles sont mauvaises pour lui… » réponds-je, fixant l'affreux qui déroule maintenant la Gazette…

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Il fulmine aussi sec, naturellement. Et sa première réaction est de jeter le journal par terre. Puis il saisit la théière et l'envoie valser contre le mur, avant de se précipiter vers la porte et de l'ouvrir avec brusquerie. Et il jette de nouveau un Doloris sur Bletchley qui vient à peine de parvenir à se relever avec l'aide du planton. Ce dernier recule d'un bond, mains plaquées contre le mur, regrettant plus que jamais sans doute, de ne pas posséder le pouvoir de se fondre dedans.

Bletchley hurle sa douleur durant de longues secondes, avant que Voldemort cesse son Maléfice.

« Donne-moi ton bras ! » siffle-t-il ensuite vers le planton, le regard flamboyant et la colère couvant plus que jamais…

Le planton obéit avec réticence. Voldemort s'empare de son bras à peine tendu vers lui, avec brutalité, déchirant la manche de la robe pour mettre la Marque des Ténèbres à nue et appuie sa Baguette avec force dessus. Et planton hurle à son tour, tandis que Bletchley se recroqueville sur lui-même en sanglotant…

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« Il appelle Rabastan. Et ça va être sa fête aussi… » déclare Harry, un poil avant que le Miroir de la Base vibre

Je tends la main vers lui, plus rapidement qu'Hermione.

« Oui, Ralph ? » demande-je, après avoir activé le mot de passe…

« Rabastan vient d'être brutalement tiré du sommeil. Il ronflait comme un bon et il s'est tout à coup mis à hurler de douleur… » explique Ralph, haussant un sourcil avant de demander : « Appel de Voldemort ? »

« Oui. La Gazette est arrivée plus tôt que d'habitude… » réponds-je, au hochement de tête de compréhension de Ralph.

« Ok. Il ne devrait pas tarder à débouler de sa chambre alors. A entendre, il s'agite bon train pour enfiler sa robe et ses bottes… » dit-il, avant de couper la communication…

« Ben il a tout intérêt à faire vite. Au plus il va tarder et au plus la colère de l'affreux contre lui va monter en flèche… » commente Lee, sans quitter l'Ecran du regard…

Je suis bien d'accord avec lui.

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D'autant que l'affreux vient de claquer la porte sur Bletchley et le planton qui a finalement eu droit à un Doloris lui aussi, et qu'il tourne maintenant comme un lion en cage…

Rabastan ne met pas plus de trois minutes trente pour arriver et bien qu'il n'en mène visiblement pas large, il se presse de remonter vers le bureau de son Maître, directement sur son Balai, frappant à la porte après avoir grimacé et enjambé Bletchley, toujours recroquevillé sur lui-même…

Le planton, lui, a pu se relever. Et il boitille vers la cuisine, vraisemblablement à la recherche d'une Potion pour faire passer ses crampes résiduelles. Je ne comprends d'ailleurs pas que les plantons et Bletchley n'en aient pas en permanence sur eux. Ils savent pourtant qu'ils vont trinquer à chaque mauvaise nouvelle reçue par leur Maître…

« As-tu lu les nouvelles, Rabastan ? » demande Voldemort, d'un ton sourd, quand son Serviteur pénètre dans le salon…

Il darde Rabastan d'un œil plus flamboyant de colère que jamais, détaillant avec mépris ses cheveux défaits et sa mise à demi-débraillée. Il a deviné bien sûr, au premier coup d'œil, que son Serviteur vient d'être tiré du lit par son appel impérieux …

« Non, Monseigneur… » avoue Rabastan, avant de se prendre la Gazette en pleine poire…

Elle gisait sur le sol il y a un quart de seconde encore et Voldemort la lui a balancée, d'un geste brusque de la main…

Dans un réflexe vif, Rabastan rattrape le journal avant qu'il ne glisse à nouveau sur le sol et ses yeux courent sur les gros titres. Il pâlit bien sûr, lorsqu'il avise l'encart annonçant qu'Horace Slughorn remplace d'ors et déjà Latton dans la classe de Potion de Poudlard…

« COMMENT AS-TU PU LAISSER SLUGHORN T'ÉCHAPPER ! TU DEVAIS ME LE RAMENER ! » hurle l'affreux, dont le teint foncé indique clairement qu'il est écarlate de colère…

Ça doit drôlement le changer, lui d'habitude si blafard…

Et naturellement, Rabastan se prend un Doloris du tonnerre. Mais il s'y était déjà préparé, Rabastan. Car il le reçoit en serrant les dents sur la souffrance, gémissant à peine. Ce qui lui sauve sans doute la mise, car Voldemort lève plutôt rapidement le Maléfice…

« Je suis… désolé… Monseigneur… » souffle Rabastan, se roulant en boule, pour mieux parvenir à se mettre à genou devant son Maître…

« DÉSOLÉ ! TU ES DÉSOLÉ ! CE N'EST PAS SUFFISANT D'ÊTRE DÉSOLÉ, QUAND JE PERDS DURANT LA MÊME NUIT, UN ESPION DANS L'ORDRE DU PHÉNIX ET UN EXCELLENT POTIONNISTE QUI M'AURAIT GARANTI LA VICTOIRE SUR POTTER ! » hurle encore Voldemort, jetant un nouveau Doloris, plus appuyé cette fois…

Rabastan fait de son mieux pour seulement gémir. Mais sa plainte enfle peu à peu et il finit par crier, se tordant de douleur sur le tapis. Alors seulement Voldemort lève le Maléfice qu'il faisait lourdement peser sur son Serviteur…

Il laisse Rabastan récupérer son souffle et se redresser sur ses genoux, marchant de long en large devant lui, sans lui accorder un seul regard. Son Serviteur tâche de faire diligence pour retrouver une attitude, à la fois humble et aussi digne que possible, mais il est totalement contracté, visiblement très douloureux encore. Son visage transpire à grosses gouttes, qu'il essuie maladroitement de sa manche et il grimace à chaque geste.

« Comment Slughorn a-t-il pu t'échapper ? » siffle Voldemort, après quelques longues minutes lourdes de son silence rageur…

« Je l'ignore, Monseigneur. J'étais proche du but à plusieurs reprises, mais il s'est volatilisé, m'a filé entre les doigts. On eût dit, qu'il était averti de mon arrivée imminente, à chaque fois. Je n'ai pourtant parlé à personne de cette Mission et j'ai toujours pris la précaution de changer les hommes que j'engageais à m'accompagner. … » répond Rabastan, la tête courbée

Je tique, tout comme Voldemort…

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« Malin. Il joue la carte d'un Espion qui l'a doublé… » murmure-je, au hochement de tête positif de Harry, Hermione et Lee…

« Ouais. Mais réjouissons-nous, car ça va faire monter la mayonnaise à notre avantage… » répond Lee, tandis que sur l'Ecran, Voldemort, les yeux plissés, fixe la nuque de son Serviteur agenouillé devant lui…

« Sûr. Mais il ne faut quand même pas qu'elle monte trop vite. N'oublie pas que Samedi est l'échéance idéale pour que nous soyons au mieux préparés… » déclare Harry, les yeux rivés sur Voldemort…

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Il est suspicieux, l'affreux. Il se demande si Rabastan lui raconte des cracs, ou s'il est sincère.

« Montre-moi… » finit-il par siffler, en se penchant vivement pour saisir le menton de Rabastan…

Il lève son visage et Rabastan ouvre grand les yeux pour lui laisser accès à ses souvenirs, que Voldemort fouille sans aucune précaution, durant quelques secondes…

« Toujours et encore cette confusion ! » siffle-t-il soudainement, repoussant si brusquement le visage de son Serviteur, que celui-ci doit se rattraper vivement, pour ne pas basculer en arrière…

« Oui, Monseigneur. J'en souffre toujours. J'effectue pourtant d'incommensurables efforts, pour éviter de penser à cela, comme vous me l'avez recommandé. Mais ma mémoire se troue inexorablement sur certains faits. Et je me demande s'il ne vaut pas mieux que je reste ici, auprès de vous, plutôt que retourner au Manoir, où je suis certain que quelqu'un s'acharne sur moi pour me faire perdre la tête, à chaque fois que vous me confiez une Mission… » répond Rabastan, avec humilité et prière dans la voix…

« Et qui veillera sur mes troupes en ton absence ? » demande l'affreux avec brusquerie…

« Bellatrix peut s'en charger, Monseigneur. Bien qu'ayant également subi des désagréments, sa mémoire ne se désagrège plus comme le fait la mienne. Et je m'occuperais du jeune Brandburgy… » répond Rabastan, presque suppliant maintenant…

Ouais, bien sûr. Bellatrix a baigné moins longtemps que Rabastan dans notre Sortilège combiné. Il est entré dedans une seconde fois lui et il serait resté dedans, si elle ne l'en avait pas tiré. Et puis, comme elle est à moitié folle, elle ne doit plus penser à cette histoire, tandis que Rabastan, malgré ses affirmations, ne doit pas cesser de chercher ce qui a bien pu se produire…

L'affreux ne réagit pas immédiatement. Il réfléchit et Rabastan l'observe à la dérobée, tandis que Harry attire mon attention sur le Portail. Un coursier vient d'arriver, portant deux rouleaux de Parchemin qu'il confie au planton, avant de repartir aussi sec. Le planton se précipite alors vers son Balai et remonte l'allée, filant à toute vitesse. Aussitôt son entrée, Carrow père l'informe qu'il n'y a personne pour porter ce courrier au Maître.

Il est vrai que Bletchley vient tout juste de parvenir à se traîner dans le quartier des domestiques et il ne pourra certainement pas reprendre du service avant un bon bout de temps encore.

Alors c'est sur une grimace, que le planton se décide à apporter le courrier lui-même et il frappe à la porte, au moment où Voldemort allait se décider à ouvrir son clapet…

« Entrez ! » aboie-t-il, contrarié d'avoir la chique coupée…

« Un coursier vient d'apporter votre courrier, Monseigneur… » annonce le planton, après avoir ouvert la porte

Il s'est agenouillé en tendant les Parchemins vers Voldemort, qui les prend et le renvoie à son poste dans un nouvel aboiement, mais non sans avoir au préalable demandé qu'on lui fasse porter du thé.

Puis il casse un premier sceau, déroulant vivement le Parchemin et pinçant les lèvres en prenant connaissance de son contenu. Sa lecture terminée, il laisse le Parchemin s'enrouler à nouveau et le jette sur la table de salon, avant de casser le sceau de sa seconde lettre, qu'il lit avec le même pincement de lèvres. Et c'est dans un grognement de rage, qu'il jette également cette missive sur la table de salon…

« Quatre Chefs de Clans Vampire et cent vingt Harpies seulement. C'est tout ce qui va se joindre à moi ! Les autres larves de leur espèce ont trop peur de Potter et Dumbledore ! Et avec les Frontières fermées, seulement la moitié de ces précieux effectifs, parviendra peut-être sur notre territoire ! » s'exclame-t-il, bouillonnant de fureur…

Pour le coup, les vitres du salon et le lustre en cristal tremblent.

Et bien sûr, Rabastan rentre la tête dans ses épaules…

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« Quatre Chef de Clans, ça mène à combien de Vampires environ ? » demande Lee, en haussant un sourcil…

« Ça dépend de la taille des Clans. » répond Harry, en saisissant le Miroir…

Il va contacter Albus bien sûr. Il a dû recevoir une réponse lui aussi maintenant. Sinon, cela ne saurait tarder…

« Au mieux pour nous et si les Clans alliés à Voldemort viennent au complet, il faudra compter cent soixante-dix-sept Vampires. Au pire, cela ferait neuf cent quarante-trois… » précise Hermione, en croisant les doigts pour que ce ne soit pas les plus importants Clans qui ont décidé de rallier l'affreux…

Je les croise moi aussi. Car même si nous avons une arme redoutablement efficace à leur opposer, nous aurons affaire à de très rapides et forts adversaires, qui pourraient faire de nombreux dégâts avant que nous les ayons éliminés…

Alors je tends soigneusement l'oreille vers le Miroir et donc la réponse d'Albus…

Trois Clans importants venant d'Europe et le plus petit qui se trouvent déjà en Angleterre…

« Donc au pire, nous serons face à six cent trente-deux Vampires. » conclut Hermione, qui a déjà calculé ce nombre, en références au nom des Chefs des Clans

« Beaucoup moins, s'ils ne parviennent pas à passer les frontières. A peine quatre-vingt en fait… » calcule rapidement Harry de son côté, sourcils froncés…

« Alors croisons les doigts…. » répond Lee, que j'approuve du chef…

Et comme les autres, je reporte vite fait mon regard sur l'Ecran. Car l'affreux vient de ricaner…

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« Tu as raison, Rabastan. Il vaut mieux t'éloigner du Manoir pour quelques temps. » dit-il, en fixant son Serviteur du regard, pour lui demander : « Sais-tu confectionner un Portoloin International ? »

Je grimace aussi sec, de concert avec Harry, Hermione et Lee. Nous avons peut-être commis une belle erreur finalement, en laissant cette faille dans nos plans de fermeture des Frontières. Et il est certainement trop tard maintenant, pour la corriger. Ça boufferait beaucoup trop d'Energie pour seulement interdire l'accès sur une courte distance. Alors sur toute la longueur des Frontières, c'est Mission quasi impossible à réaliser, dans le si peu de temps dont nous disposons à présent. Et mieux vaut garder l'Energie des Membres de l'Ordre Britanniques et Européens, pour le jour J…

« Je regrette, Monseigneur, je ne sais pas en produire. » répond Rabastan, l'air navré et ajoutant précipitamment : « Mais peut-être parmi les hommes qui faisaient partie du Département des Transports au Ministère… »

« Non ! » le coupe vivement Voldemort, reprenant d'un ton plus doucereux : « Non, je ne veux pas mêler qui que ce soit d'autre à la Mission que je vais te confier, Rabastan. Tu vas rester ici et apprendre à faire un Portoloin International. Ce n'est pas si compliqué et tu y parviendras dès ce soir, j'en suis certain. »

Et comme Carrow fils arrive avec le thé, il invite Rabastan à se lever et à prendre un thé avec lui, le temps de lui expliquer quelle sera sa Mission…

Elle est très simple : Rabastan doit apprendre à faire un Portoloin, en se servant comme cobaye, de Carrow Père qui ne sert plus à grand-chose, dixit l'affreux qui semble avoir oublié qu'il s'agit là de son Gardien du Secret. Puis Rabastan ira en Europe, non seulement pour mettre des Portoloins Internationaux à disposition des Vampires et Harpies, mais également pour ramener les troupes fraîches promises tantôt. Et tout ce petit monde doit arriver au Manoir Malfoy pour vendredi minuit dernier carat. Car Voldemort souhaite avoir terminé de marquer son nouveau bétail bien avant potron-minet…

Il faut croire qu'il projette un grand coup prochainement lui aussi. Ou qu'il subodore que la fin de la guerre approche à grands pas. Et tout ça n'arrange pas nos billes. Pas du tout, du tout. Nous gardions un espoir au cœur, que Vampires et Harpies ne soient pas présents à temps en Angleterre, pour participer à l'Ultime Bataille, mais cet espoir vient de voler en éclat.

Quelle putain de merde ! Nous aurons vraiment du très, très lourd en nombre, à combattre !

Mais je ne m'attarde pas sur cette pensée pour l'instant. J'y reviendrai quand j'aurai le temps de l'examiner à loisir. Car à peine Rabastan quitte-t-il le salon, se tenant plus au moins au mur dès que la porte est refermée sur lui, que Voldemort s'installe confortablement dans son fauteuil et ferme les yeux…

Le salopard prend contact avec son non moins salopard de fils. J'en mettrais ma main à couper…

Qu'est-ce qu'il mijote encore, bordel ? Des représailles ?

Probablement…

OoOoOoO

Acte 2 : Course Contre La Montre

Harry

« Quelle gourde ! Je te parie que dans moins d'une heure, elle sera installée dans une autre auberge du coin… » soupire-je, en sortant du Farfadet Dansant de Kildare…

« Je sais, mais nous aurons fait ce que nous aurons pu pour la tirer de là. Nous ne pouvions pas prévoir qu'elle nous filerait ainsi entre les doigts. Il nous reste à espérer qu'elle aura l'intelligence de changer de nom et d'apparence, là où elle résidera la prochaine fois… » répond Ron, en enfourchant son Balai, pour aller vers l'aire de Transplanage la plus proche…

La gourde, c'est la Veuve Williams. Nous étions venus la prévenir que Voldemort a jeté Hewrey Yaxley à ses trousses, aussitôt ce dernier revenu de Belgique avec la photographie de Gertrude Bouillon. Il convoite trop le Trésor de Brian Boru pour attendre les nouvelles de Suède et il veut donc la fausse Gertrude, soi-disant détentrice des Clefs du Village de Dublin. Notre intention était aussi de la persuader qu'elle ferait mieux de venir avec nous si elle veut garder ses fesses au chaud. Malheureusement, elle se trouvait dans la salle à manger bourrée à craquer de clients, lorsque nous sommes arrivés et elle a profité que certains soient venus nous saluer Ron et moi-même, pour se précipiter soudainement vers la Cheminée de la salle à manger de l'auberge, sauter vivement dedans et disparaître à nos yeux…

« Nous aurions dû envoyer quelqu'un d'autre pour la prévenir… » soupire-je encore, avec regret…

« Comment aurions-nous pu deviner qu'elle serait dans la salle à manger à notre arrivée, qu'elle prendrait peur et s'enfuirait en nous voyant ? Nous n'étions pas censés la reconnaître sous son déguisement. Mais par acquis de conscience, allons voir si elle est retournée chez elle. On ne sait jamais… » répond Ron, en pénétrant dans la Zone Anti Transplanage.

Et sans attendre, il Transplane. Je le suis aussitôt, arrivant à destination au moment où il se met en train déjà, en direction de la ruelle où la Veuve Williams loue un logement. Nous arrivons devant chez elle en moins de deux minutes. Aucune lumière ne brille aux fenêtres. Et je crains que nous fassions chou blanc…

« Si elle est là tapie dans le noir et que nous frappons à la porte nous-même, elle ne viendra pas ouvrir… » murmure Ron, tandis que j'acquiesce d'un hochement de tête…

« Charly a mis des micros chez elle. Appelons la Base d'Ecosse. Si elle est là, il y aura eu au moins un peu de bruit. Et si c'est le cas, alors nous demanderons à Matt de venir. A lui, elle ouvrira… » réponds-je, après avoir rapidement réfléchi…

Aussitôt dit, aussitôt fait. Mais comme je le subodorais, la Veuve Williams n'a pas mis un pied chez elle aujourd'hui.

« Zut ! » réagis-je, avec contrariété.

« Allons voir Rita. Elle connaît bien la Veuve Williams et aura peut-être une idée de l'endroit où elle peut se planquer… » propose alors Ron, m'entraînant déjà vers la Zone de Transplanage…

Nous la gagnons au plus vite et Transplanons au Terrier, volant vers la maison aussitôt notre arrivée…

« Désolée les gars, elle vient d'arriver au Manoir Malfoy. Elle n'y a pas ses entrées, mais un planton est parti prévenir Bertram qu'elle est là… » entendons-nous Ralph dans nos écouteurs, alors que nous sommes à mi-chemin de la porte d'entrée du Terrier…

« Merde ! » réagis-je, stoppant net…

« Ne loupe rien de ce qu'il lui dira. Ça pourrait la sauver en fin de compte… » répond quant à lui Ron, qui s'est également arrêté

« Je croyais que c'était tant pis pour Bertram et ses greluches. Alors pourquoi vous donnez-vous autant de mal pour celle-ci, tout à coup ? … » s'étonne Ralph, dans l'attente de l'arrivée de Bertram au Portail du Manoir, tandis que Ron et moi-même avons fait demi-tour dans un bel ensemble, sans même nous concerter…

« La conjoncture a changé, Ralph. Voldemort va faire revenir ses troupes par Portoloin International et il n'était pas censé avoir de nouvelles qui le mettraient sur la piste du Trésor, avant vendredi matin. Alors s'il trouve la fausse Gertrude Bouillon trop tôt, ses problèmes de Transports Internationaux à demi-résolus, dans sa colère de la trahison de Bertram il pourrait bien faire revenir Lucius de Suède. Or, tu connais nos projets pour lui. Alors comme la colère de l'affreux est déjà bien montée, nous avons décidé qu'il suffit désormais, qu'il soit informé que j'ai trouvé le Trésor… » répond-je, avant de lui préciser que Ron et moi-même arrivons à la base d'Ecosse…

Je veux voir de mes propres yeux et entendre de mes oreilles, la rencontre entre Bertram et la Veuve Williams. Et c'est juste à temps pour y assister, que Ron et moi-même pénétrons dans la Base d'Espionnage du Village des Elfes…

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« Qu'est-ce que tu fiches ici ! Tu sais bien qu'on ne doit pas se montrer ensemble ! » gronde Bertram d'un ton très bas, en entraînant la Veuve Williams à l'écart du planton qui a repris sa place au portail…

« J'ai hésité à venir ! Et j'ai bien réfléchi avant de le faire, mais il y avait urgence, figure-toi ! Potter et Weasley sont venus à l'Auberge du Farfadet ! Je suis sûre qu'ils étaient là pour moi ! Et toi qui n'étais pas là, alors que tu m'avais pourtant promis de venir ce midi ! Ils étaient là pour moi, j'en suis sûre ! Ils venaient me chercher ! » répond la Veuve Williams, nettement affolée…

« Ne dis pas de conneries ! Espèce d'idiote ! Comment pourraient-ils te reconnaître, sous ton déguisement ! » réplique Bertram, avec colère…

« Je ne sais pas ! Mais je sens qu'ils étaient là pour moi ! C'est instinctif ! Ça ne s'explique pas, mais c'est comme ça ! Je le sens ! » rétorque la Veuve, toujours aussi affolée…

Bertram Yaxley soupire. Il est plus qu'en colère et se retient visiblement de flanquer une bonne raclée à sa complice…

« T'as emporté tes affaires ? » demande-t-il soudainement, avec brusquerie…

« Non ! Qu'est-ce que tu crois, je suis partie sans demander mon reste ! Tout est resté là-bas. Mes vêtements, mes soi-disant notes pour déchiffrer le code de la Clef, tout ! Je n'ai même pas une cape sur mes épaules, tu le vois bien ! » répond la Veuve, d'un ton larmoyant maintenant, ajoutant tout aussitôt : « Pourquoi tu n'es pas venu ? »

Bertram soupire, agacé, énervé.

« J'ai eu autre chose à faire ! Sur ordre du Seigneur des Ténèbres ! Je devais bien lui obéir ! » lâche-t-il brutalement, mentant avec aplomb, avant d'ordonner : « Bouge pas d'ici. Je reviens dans trois ou quatre minutes… »

Et il plante Una Williams, sans même attendre sa réponse, Transplanant je ne sais où…

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« Fais chier. On ne peut même pas aller la chercher devant le Manoir, sans que le planton nous voie. » maugrèe-je, entre mes dents…

« Bah, le planton, on pourrait toujours l'emmener avec nous aussi. A supposer qu'on s'aperçoive qu'il n'est plus là, il compterait pour un déserteur et personne ne s'en retournera outre mesure. Ceci dit, le temps pour nous de sortir du Village et de Transplaner jusqu'au Manoir, Bertram serait fichu de revenir déjà et nous tomber dessus à l'arrivée. Pas que je craigne ce connard, je n'en ferai qu'une bouchée. Mais il faudrait alors, qu'on l'emmène aussi. Et lui, son absence inexpliquée ne compterait pas pour du beurre. Or deux disparitions le même soir, ça poserait forcément questions… » réagit Ron, sourcils froncés sur la réflexion…

« Sans compter que le planton n'a pas été discret pour informer Bertram qu'il avait de la visite d'une part et que d'autre part, juste avant que vous n'arriviez, Bellatrix est rentrée au Manoir et n'a pas manqué de détailler la visiteuse. Alors si Hewrey venait à se décider à mener enquête sur la disparition de son frangin et qu'il apprend que sa visiteuse ressemblait à Gertrude Bouillon, allez savoir comment il réagira… » ajoute Roger Greengrass, qui fait équipe avec Ralph, comme très souvent…

Ils sont devenus très amis tous les deux, depuis qu'ils se sont rencontrés, après Halloween. Leur rapprochement était inévitable, étant donné le point commun de leur enrôlement forcé dans les rangs de Voldemort et la manière dont ils ont réagi tous deux, refusant de combattre et se mettant en situation d'être gravement blessés, l'espoir de mourir au cœur, plutôt qu'avoir à commettre des actes qu'ils réprouvent, au nom d'un idéal auquel ils n'adhèrent pas…

Bertram revient déjà, pile dans les délais promis. Ron avait donc raison de penser qu'il nous serait tombé dessus, si nous étions allés chercher la Veuve Williams au Manoir…

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« Je reviens du Farfadet Dansant. Potter et Weasley n'ont fait que passer là-bas ! Ils cherchaient l'un de leurs amis, qui leur avait dit qu'il descendrait peut-être déjeuner là ! Ils sont repartis aussitôt ! Alors tu vois, que tu t'es affolée pour rien ! » s'exclame-t-il, avec une vivacité profondément irritée, en laissant tomber le grimage qu'il a adopté pour aller au renseignement…

J'échange un rapide coup d'œil avec Ron. Riche idée qu'il a eue, d'expliquer ainsi notre rapide incursion au Farfadet Dansant. D'ici que Bertram renvoie la Veuve Williams là-bas, il n'y a pas des kilomètres et cela nous faciliterait grandement la tâche…

« Tu es allé au Farfadet poser des questions sur Potter et Weasley ? » s'étonne quant à elle la Veuve, en écarquillant les yeux …

« Non ! Je n'ai pas eu à poser de questions, puisque tout le monde ne parlait que de ça ! Tu as de la chance, j'ai juste été bon pour avaler vite fait un Pur Feu ! Et heureux pour toi ! Sinon, tu aurais été bonne pour une rouste ! D'ailleurs, il n'est pas dit que tu n'en réchappes pas, si tu continues comme tu es partie ! » répond Bertram, serrant le poing et le levant devant le visage de la Veuve, dans une menace plus qu'évidente…

Elle s'écarte aussitôt d'un pas, rentrant la tête dans les épaules et levant les bras repliés, pour se protéger la figure.

« Fous le camp ! Retourne là-bas et prends désormais tes repas dans ta chambre, puisque tu crois voir des ennemis à ta poursuite dans chaque client ! » aboie maintenant Bertram, tandis que sur un signe de tête, Ron et moi-même filons hors de la Base…

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Cette fois nous allons la cueillir, la Veuve Williams.

« Procédons avec plus de discrétion que tout à l'heure, entrons par derrière et rendons-nous directement dans sa chambre… » déclare-je, tandis que Ron et moi-même volons déjà vers la sortie du Village…

« Tout à fait d'accord. Nous lui dirons de laisser un mot à l'intention de l'Aubergiste, payant grassement le service et basta. Et tant pis pour Bertram s'il la cherche durant les prochains jours. Il comprendra ce qu'il voudra, quand la Gazette fera les gros titres sur la découverte du Trésor de Brian Boru, par le Survivant en personne… » acquiesce Ron, avant de freiner, car nous sommes arrivés au petit Pont

Je prononce le mot de passe et le fouillis s'écarte pour nous laisser passage, puis nous Transplanons à Kildare, filant rapidement vers l'Auberge. Par chance, il n'y a personne dans l'arrière-cour, lorsque nous arrivons à pied d'œuvre et j'entrouvre la porte de derrière, jetant un rapide coup d'œil dans le petit couloir sombre. Des rires et des éclats de voix proviennent de la salle à manger et, de bien plus proche, nous pouvons entendre les bruits de vaisselle, poêles et casseroles qui s'entrechoquent parmi les ordres aboyés d'un ton vif et dur, caractéristiques d'une cuisine où l'on s'active avec célérité…

« Personne. Désillusionnons-nous et allons-y… » murmure-je vers Ron…

Aussitôt dit, aussitôt fait : nous nous faufilons discrètement par la porte, que Ron referme sans bruit derrière nous. Quelques secondes suffisent, pour trouver l'escalier de service et commencer à monter à pas feutrés et rapides, jusqu'au cinquième étage où se situe la chambre de la Veuve Williams, alias Gertrude Bouillon. Mais alors que nous mettons le pied sur le palier du troisième, un hurlement retentit au-dessus de nos têtes…

« Putain ! Yaxley est déjà dans la place ! » s'exclame Ron, en accélérant considérablement sa montée, tandis que nous entendons nettement le bruit d'un corps qui s'écrase brutalement contre un mur et de la porcelaine qui se brise.

Je le suis au plus vite possible et nous déboulons au cinquième, nous arrêtant devant la porte ouverte de la chambre de la Veuve Williams, auprès d'un client, sorti de la sienne, Baguette en main. Tout ça, pour constater que la chambre de la veuve Williams est sens dessus, sens dessous. Les tiroirs de la commode et les portes de son armoire sont grandes ouvertes, tous ses vêtements sont répandus sur le sol, le matelas est éventré, des Parchemins vierges jonchent le sol, un miroir, un pot et une bassine de porcelaine sont brisés. Et la fenêtre est grande ouverte également…

Je me précipite vers elle, mais bien sûr, l'oiseau s'est envolé avec sa proie…

Zut ! Zut ! Triple Zut !

Nous avons perdu notre course contre la montre, engagée contre Yaxley il y a moins d'une demi-heure…

Comment a-t-il pu trouver la Veuve Williams si rapidement, quand il ignorait dans quelle auberge elle séjournait ? Un coup de chance ? Le hasard aurait-il voulu qu'il vienne ici en premier lieu ? Etait-il déjà ici, dans ce cas, lorsque nous sommes arrivés à l'Auberge la première fois ?

« C'était un Mangemort, Monsieur Potter ! Je suis sorti de ma chambre quand j'ai entendu crier ! Il a enlevé la femme qu'il avait assommée ! Elle était dans le couloir et il l'a ramenée dans la chambre, avant que j'aie eu le temps de réagir ! Il a dû filer avec elle par la fenêtre ! » s'exclame le client, pâle et défait…

C'est un type plus vieux que Mathusalem, qui ne pouvait de toute façon certainement pas faire le poids face à Yaxley…

« Merlin, la pauvre femme ! C'était une étrangère. Elle était si gentille ! Toujours un mot aimable, quand je la rencontrais. Que va donc lui faire ce salaud, Merlin. Que va-t-il donc lui faire….» ajoute le vieil homme, sur un soupir navré…

Echange rapide de coup d'œil avec Ron. Ce pauvre homme va culpabiliser. A cause de nous. Parce que nous n'avons pas rempli correctement notre Mission.

« Ecoutez, Monsieur, vous avez fait ce que vous avez pu et c'était très courageux de votre part, d'être sorti de votre chambre pour aider cette femme. Mais en toute confidence, bien que je ne puisse vous en dire davantage maintenant, je peux vous assurer qu'elle n'était pas aussi gentille qu'il y paraissait. En réalité, elle était même plutôt malveillante… » explique-je en quelques mots, au vieil homme qui semble tour à tour touché par mes louanges, puis surpris par mes propos à l'encontre de la cliente qu'il lui arrivait de croiser de temps à autre…

« Malveillante, vraiment ? Je ne l'aurais pas cru… » réagit-il, s'en voulant certainement maintenant, de n'avoir pas percé à jour la véritable personnalité de sa voisine d'étage, si j'en juge son expression faciale…

« Elle l'était, je vous l'assure. Mais s'il vous plaît, n'ébruitez pas cette affaire. C'est déjà miraculeux, que personne d'autre n'ait été alerté et nous préférons nettement que personne ne sache que nous sommes revenus à l'Auberge. » insiste Ron, avec douceur…

Miraculeux, c'est le mot juste. Je m'attendais à ce qu'un monde fou débarque à l'étage…

« C'est la fête en bas. Tout le monde est descendu en espérant que vous allez repasser plus tard. Mais moi, je vous ai déjà serré la main tout à l'heure et puis, tout ce bruit du diable qu'ils font, ça me casse les oreilles. J'ai préféré finir de déjeuner tranquillement dans ma chambre du coup. Et j'étais en train d'écrire à ma fille, que je vous ai vus ce midi et serré la main à tous les deux… » répond le vieil homme, un peu embrassé soudainement…

« Eh bien, plus tard, quand la guerre sera finie, vous allez aussi pouvoir lui dire que nous avons partagé un petit secret. » répond Ron, avec son sourire éblouissant numéro un, avant de tendre la main au vieil homme pour ajouter : « Nous devons partir maintenant. Nous allons fermer la porte et les Aurors viendront tout à l'heure. Et si vous êtes d'accord, nous dirons que c'est vous, qui les avez alertés. De toute façon, c'est ce que vous auriez fait si nous n'avions pas été ici, n'est-ce pas ? Et c'est ce qu'il faudra dire aussi, à Rita Skeeter, quand elle viendra vous interviewer plus tard… »

« Entendu, Monsieur Weasley, entendu. On va faire comme vous venez de le dire. En toute confidence. Motus et bouche cousue, vous pouvez compter là-dessus, comme on dit chez les Moldus dont je suis issu… » affirme alors le vieil homme, avec un infini sérieux, tandis que je m'occupe déjà de refermer la porte de la chambre, la scellant d'un puissant Sortilège…

« Merci beaucoup, Monsieur… ? » dis-je, alors, lui tendant la main à mon tour…

Le vieil homme lâche aussitôt celle de Ron, qu'il n'en finissait pas de serrer des deux siennes, pour prendre la mienne…

« Falcon. Léonard Falcon… » répond-il à ma question, secouant ma main avec toute l'énergie qui lui est sans doute possible…

Et toujours infiniment sérieux, sous sa fierté évidente.

« Alors merci, Monsieur Falcon. Au plaisir de vous revoir… » souris-je, en desserrant moi-même ma poigne autour de sa main…

« Au plaisir, Monsieur Potter. Je vais attendre les Aurors dans ma chambre. C'est la 503. » répond le vieil homme, en me rendant mon sourire.

Et sans attendre davantage, Ron et moi-même enfourchons nos Balais. Puis nous filons par la fenêtre du couloir, prenant soin de la refermer sur nous, avant de prendre la direction de la Zone de Transplanage.

En route pour le QG bien sûr, où il est urgent maintenant que nous allions. Car la prisonnière d'Hewrey Yaxley, sera bientôt face à Voldemort…

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